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L'odyssée de la jungle | Feat. Robibi



L'odyssée de la jungle

Un jour, un homme -fort sage- a dit « vous savez, je crois pas qu'il y ait de bonne ou de mauvaise situation ». Et, s'il n'avait pas foncièrement tort, je me dis que cette affirmation reste à prendre avec des pincettes.

Prenez moi, par exemple.

Techniquement, ma situation n'a rien de mauvaise. Pour autant, peut-on affirmer qu'elle accomplit le concept inverse et qu'elle est bonne ? Loin s'en faut. Au mieux, elle est chiante. Ce qui n'est jamais bon, pour une situation, n'est-ce pas ? J'ai connu assez peu de situations qui se vantaient allègrement d'être chiantes. Ça n'est pas chose que l'on attend d'une situation de bonne famille, voyez-vous. Et c'est faire preuve d'un manque d'égard affligeant pour ma personne. Et si ces considérations ne vous émeuvent pas, le verre désespérément vide posé devant moi, lui, me comprend.

*Shting...klash*

Me comprenait.

Cela fait presque une semaine déjà que le capitaine Raynolds -un brave bougre, nonobstant le fait qu'il n'ait pas la lumière à tous les étages- a honoré sa part du marché, me déposant au premier port -si tant est que ce vieux ponton rafistolé mérite telle appellation- que nous avons croisé sur notre route. Et, aussi plaisante que fut la traversée de West Blue à bord de ce navire marchand, je dois avouer qu'une part de moi -infime, je vous rassure- l'a déjà maudit sur quatre générations. Et pour cause. Il a fallu que ma nouvelle terre d'accueil soit l'endroit le plus désert de toutes les Blues confondues.

L'Archipel Vert. On ne pourra pas lui enlever qu'il porte bien son nom. Pour être vert, il est vert. Un peu trop, si vous voulez mon avis. A part une flore -certes agréable à l’œil, mais là n'est pas la question- bigrement sauvage, il n'y a rien sur ce caillou. Nada. Si l'on excepte, bien entendu, cette gargote plantée comme un cheveu sur la soupe au beau milieu d'un village en construction dans laquelle je suis -ou plutôt j'étais, si l'on considère le cadavre de mon verre éclaté en morceaux au sol- en train de déguster une bière somme toute passable, quoique très amère comme on pouvait s'en douter. Rien à se mettre sous la dent pour une conteuse en quête de folles péripéties telle que moi.

Une île aussi creuse que le cœur du paternel.

Même les quelques pirates amarrés à ce hameau sont d'un calme insolent, comme pour me faire un mesquin pied de nez, ayant compris depuis belle lurette que cette île, à défaut d'être celle qui leur permettrait d'assouvir leur soif de conquête, d'aventure, de richesse ou que sais-je encore -je ne suis pas dans la tête de ces fieffés malfrats-, était l'endroit idéal pour se mettre au vert.

Hilarant.

Seule lueur d'espoir, seule lumière dans mes ténèbres d'ennui, la rumeur que j'ai déjà entendue à plusieurs reprises selon laquelle un immense et immortel monstre mécanique garderait l'entrée d'une grotte située à quelques kilomètres de la côte. Voilà qui me convenait plus. Campagne épique et récit homérique en perspective. Seulement voilà, personne ici bas ne se sent les tripes d'aller affronter une telle abomination, et ce n'est pas moi, armée de mon violon et de deux mains droites, qui vais m'y coller, coupant court à mes aspirations de grandeur. Et comme je n'ai à l'heure actuelle aucun moyen -ni matériel, ni pécuniaire- de quitter cet endroit, me voilà coincée pour une durée indéterminée sur une île qui ne chante pas.

Mon regard vide se posait tristement à l'endroit où se trouvait quelques secondes plus tôt feu le -non moins vide- verre qui vient de malencontreusement m'échapper des mains, lorsque soudain et tout à coup mon ineffable bonne étoile me fit un grossier appel du pied, sous la forme d'un homme franchissant la porte du boui-boui hors d'haleine.

-A... A l'en... à l'entrée du village... Parvient-il à articuler dans la douleur. C'est... Jasker, il vient de se faire déchiqueter par... Mon regard -plus si vide que ça- se relève, à l'instar de l'un de mes sourcils. par un... Par un putain de tigre !

Mon séant quitte promptement son support, et une étincelle nouvelle fait son apparition au fond de mes yeux noisettes. D'aucuns diront que mon esprit, rongé par l'ennui, aura affabulé à cet instant précis. Mais moi je maintiens, cet homme vient de dire « C'est Jasker qui vient de se faire dévorer par un gigantesque monstre mécanique ! ».

Mot pour mot.

La voilà enfin, mon épique épopée. En à peine une minute je me retrouve à l'entrée du village, d'où survient un terrible rugissement à vous glacer le sang, ce qui m'arrache un ricanement qui, selon les points de vue, pourrait être considéré comme au moins aussi effrayant. Seulement voilà, les Dieux du hasard sont capricieux et ce ne sont pas une seule, mais bien deux déconvenues qui m'attendent sur place. D'une part, mes traîtres de pieds qui s'embourbent, percutant avec élan la planche sur mon chemin qui avait échappé à ma vigilance -pourtant irréprochable-, m'envoyant valdinguer pour me retrouver nez-à-nez avec l'autre part, qui n'a strictement rien d'un monstre mécanique mais s'avère en définitive n'être qu'un vulgaire tigre.
Vulgaire certes, mais avec la vraisemblable intention
Au vu du regard qu'il me sert
De me réserver le même sort qu'à ce pauvre Jasker.

La déception est de taille et moi, j'ai le fondement bien profondément enfoncé dans les ronces.

-Gentil minou.


Dernière édition par Charlie O. Valentine le Mar 13 Déc - 21:26, édité 2 fois
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La nouvelle capitaine sortait d’East Blue, elle avait entendu parler d’une île sur West Blue qui lui permettrait de se préparer pour la route de tous les périls, l’archipel Vert. Une île sauvage où rien n’était dompté et où la nature sauvage dominait tout. Elle n’était cependant pas venue pour jouer les aventurières, mais les bûcheronnes, une hache dans la main, et son sabre d’abordage dans l’autre, elle leva son instrument d’abattage et frappa de toute ses forces contre le tronc d’arbre.

L’arme se stoppa après quelques centimètres après avoir mordu dans les fibres du bois, les vibrations de cette dernière remontèrent dans les bras de la cuisinière. Elle n’avait jamais dû faire ce travail, elle lâcha le manche et se frotta les avant-bras avant de reprendre l’instrument de travail. Ils devaient faire une réserve pour les futures réparations qui les attendaient sur la mer la plus dangereuse du monde.

Les colons de l’île n’avaient pas de port pour le galion de la cuisinière, il se trouvait au large, des Glaciers s’occupant de lui. Un roulement avait déjà été mis en place pour que chacun puisse avoir les pieds sur la terre ferme. Robina leva la tête et s’épongea le front avec sa manche, elle était en train de travailler pour tailler des arbres depuis plusieurs heures déjà. Elle ne rechignait pas à la tache, montrant l’exemple à suivre à tous les membres de son navire, elle devait être le porte-étendard des Glaciers.

Capitaine ! Oh eh, capitaine ! Voilà de l’eau, allez-y, vous semblez en avoir besoin. La femme qui lui tendait une outre d’eau était une femme-poisson de l’équipage, sauvée sur l’Îlot Flottant.

Elle travaillait avec d’autres membres de l’Iceberg pour construire un port à la ville qui était en train de s’implanter près de la mer. Ainsi le galion pourrait s’amarrer quand il serait fini, elle ruisselait d’eau de mer alors qu’elle apportait de quoi se désaltérer à sa capitaine.

Vous êtes trempées ! La chasseresse de primes releva l’incongruité de la situation en l’énonçant à haute voix.

Oui, je viens de l’Iceberg, j’apporte les vivres et je vous ai vu au loin en train de transpirer, je me suis dit que j’allais vous apporter à boire. Un petit sourire sur son visage écailleux, révélant ses dents pointues, mit légèrement mal à l’aise la Sanderrienne qui prit une gorgée.

Je vous remercie. Elle essayait de ne pas montrer qu’elle ne se sentait pas bien en voyant les dents de requins qui garnissaient la bouche de son interlocutrice. La construction du port pour le village avance bien ?

Difficile à dire, avec toute la mise en place et l’ossature que doit-être installer avant de commencer à clouer les planches pour que tout prenne forme. Je ne me rends pas bien compte.

La jeune femme aux longs cheveux bleus tendit la gourde à la Glacier et se leva, elle avait encore du travail à finir. Elle attrapa la hache et leva son instrument  avant de redescendre pour frapper dans les fibres, quand son interlocutrice arriva à capter son attention.

Vous avez une sacrée concentration capitaine. J’essaie d’attirer votre attention depuis que vous avez attrapé votre hache, mais rien n’y a fait. Un petit sourire, elle semblait avoir remarqué que ses dents mettaient mal à l’aise sa supérieure. Je prends le relais, c’est aussi pour ça que je suis là. Il faut plus de bois pour le chantier et vous, il vous faut du repos.

Mais… Elle était la commandante, elle devait montrer l’exemple.

Pas de, mais, ce sont les ordres de Apolo, il vous faut une pause pour ne pas vous épuiser. En plus vous sortez d’un combat très violent contre ce pirate, il faut vous ménager. La voix s’était faite plus fluette vers la fin, la femme ne voulait pas remuer le couteau dans la plaie.

Rendant les armes, Robina déposa la tête de l’outil de bûcheronnage à terre et laissa le manche sur le tronc qu’elle avait déjà attaqué. C’est d’accord, je vais aller en ville, voir où en sont les villageois.

Reposez-vous bien ! La Glacier attrapa le manche et se mit au travail alors que la capitaine attachait son baudrier dans le dos pour garder Libertalia ainsi qu’un deuxième couteau de cuisine avec elle.

Elle prit son temps, des habitants creusaient à la pelle pour enlever les souches d’arbres autour de la ville. D’autres travaillaient à la construction de bâtiments, maisons, bibliothèque, mairie et que savait-elle encore. Tout prenait un air de petit village, certes il manquait encore de beaucoup de choses, mais la vie prenait racine et les gens s’habituaient au climat. Le calme de cette vie en dehors du temps se vit pourtant stoppé par la course effrénée de plusieurs villageois qui allaient vers la forêt.

Curieuse, la chasseresse de primes accéléra et se retrouva à l’orée de la forêt, un énorme tigre s’approchait lentement d’une jeune femme qui était coincée dans les ronces. N'écoutant que son courage, elle fit siffler le fil de la lame de son sabre d’abordage pour frapper au creux des reins de la bête. Sentant la morsure froide et violente de l’acier qui mordit dans sa chair, le prédateur se tourna vers son attaquante, il siffla et cracha dans sa direction.

Cheeee… Rkaaaa. Un chat, qui faisait bien trois cents kilogrammes de muscles, lui sifflait et crachait dessus, elle aurait pu presque rire si elle ne mettait pas sa vie en danger.

La cuisinière se baissa un peu, pour faire une moins grosse cible à la bête. Elle sortit son couteau de cuisine et se prépara à l’attaque du félin.


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L'odyssée de la jungle

Bon. Oubliez ce que j’ai dit au sujet des mauvaises situations. S’il y avait un barème, celle dans laquelle je me trouve actuellement oscillerait quelque part entre « en pleine chute libre du haut d’une falaise » et « en train de se faire emmerder par des junkies de la Jungle en manque de leur dose ». Autant dire pas incroyablement folichonne. Certaines de mes connaissances sur Carcinomia disaient de moi à l’époque que je n’étais pas tout à fait finie -ce qui m’amusait énormément, là où d’autres s’en seraient offusqués- et qu’entre autres choses, je n’avais pas été dotée du sentiment de peur. Mais je dois bien avouer qu’à cet instant précis je n’en mène pas large, comme en témoigne le rythme des battements de mon cœur qui s’est sensiblement accéléré. D’un côté, l’animal en face de moi a l’air particulièrement féroce, potentiellement affamé et avec un peu de malchance il a mal dormi cette nuit. D’un autre… Non rien, j’ai rien de l’autre côté.

Ah bah si.

À l’instant même où cette pensée peu engageante me traverse l’esprit, de ce fameux autre côté une lame traverse quant à elle le corps du félin dans un bruit de succion qui m’arrache une grimace. Mon regard croise celui de ce dernier sur le chemin de son agresseur, et je suis à peu près certaine d’y déceler la même surprise que dans le mien. Je tourne mes iris noisette en direction de mon sauveur, qui s’avère être une sauveuse en l’occurrence. De longs cheveux bleus, un air teigneux sur le visage, un corps frêle et pourtant couvert de cicatrices en tout genre, j’ai du mal à estimer à quel genre d’individu j’ai à faire.

Mais je suis bien contente qu’une fois de plus ma bonne étoile ne m’ait pas abandonnée.

-Et soudain surgit face aux dents,
L’héroïne au couteau à dents !


Silence horrifié.

-Oh non ! J’ai fait rimer « dents » avec « dents ». C’est une catastrophe. Un drame. Un fiasco.

Soyons honnête, ce désastre lyrique ne semble affecter ni le tigre, ni la nouvelle arrivante autant que moi. Celle-ci paraît bien trop occupée à se concentrer sur le fait de ne pas se faire déchiqueter par la bête passablement agacée de s’être pris un coup entre les côtes. Elle sort alors un autre couteau pour y faire face, et je m’étonne de constater qu’elle est capable d'en utiliser deux d'un coup. Voyez-vous, vous en avez eu un parfait exemple plus tôt, je ne suis moi-même pas exactement un modèle d'habileté. Manier un sabre tiendrait déjà de la prouesse en ce qui me concerne. Certains ont deux mains gauches. Étant gauchère, mes parents avaient coutume de dire que j'ai deux mains droites. Mais la panthère ne semble clairement pas aussi impressionnée que je le suis par l'ambidextrie de ma sauveuse et s'avance toujours d'un air menaçant dans sa direction. Cela signifie que je vais devoir lui filer un coup de main ?

Hélas, trois fois hélas.

Malheureusement, pour ce faire je vais avoir besoin de me décoincer de cette foutue ronce. Ce que je m’attelle à faire tant bien que mal. Mais figurez-vous que c’est bien plus facile à dire qu’à faire. Si, pour une raison ou pour une autre, vous êtes un jour à la recherche d’une personne capable de s’intriquer dans des racines sans être capable d’en sortir, n’hésitez pas à me faire signe. Bon. On dirait qu’il me sera difficile de me dépêtrer avant qu’il ne soit trop tard pour servir à quoi que ce soit. Heureusement qu’il me reste un tour dans mon sac. Et le tour en question est un masque noir aux allures de citrouille que je m’empresse d’enfiler.

-Eh, le gros matou !

Laisse-moi t’introduire à mon alter égo plus effrayante que toi. Celle qui a pour compagnon de route un Shinigami en personne, le mal incarné se matérialisant dans mon dos sous la forme d’une ombre cauchemardesque. Et accessoirement le mieux que je puisse faire.

Les yeux du diable.

En espérant que cela l’effraie suffisamment pour laisser le temps à ma partenaire d’infortune de terminer le travail.


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Robina ne lâchait pas le tigre du regard. Elle n’était clairement pas dans sa meilleure forme. La jeune femme, qu’elle avait sauvée, était toujours coincée dans les ronces. La cuisinière allait devoir lui faire gagner du temps, ou tuer la bête. Les deux solutions étaient valables toutes les deux. Resserrant sa prise sur Libertalia dans sa main gauche, elle se mit en garde croisée. La bête faisait bien cinq à six fois son poids, elle était plus puissante et ne semblait pas avoir de prédateur dans cette jungle.

La Sanderrienne mit tout cela de côté, elle n’avait pas le temps de penser à tout cela. Elle attendit que le prédateur attaque avant de rouler sur le côté. Elle devait le fatiguer avant de pouvoir l’abattre. Le bon côté était que ce genre de carnassier n’avait pas d’endurance, ou très peu. Tant que le combat durait, elle pourrait gagner. Encore fallait-il que le combat dure. Le félin se mit à faire des cercles. Ne voulant pas se retrouver à s’emmêler les jambes dans les racines, la chasseresse de primes tourna en utilisant une de ses jambes en pivot.

Ses yeux ne quittaient pas le félin qui feulait de rage. Il avait perdu l’effet de surprise. Il aurait pu être en train de manger en ce moment si cette jeune femme aux longs cheveux bleus n’était pas intervenue. Il reviendrait plus tard. Se tournant vers l’intérieur de la forêt, il croisa le regard de Charlie. Les yeux du diable.

Elle paraissait impressionnante pour la majorité du monde. Sauf pour une bête prédatrice qui avait décidé d’en faire son repas. La créature se stoppa tout de même un instant, sentant que cette femme pouvait être un danger. Il avait mal choisi sa proie cette fois-ci et se retrouvait à s’en mordre les coussinets. Malheureusement pour lui, ce simple instant signa sa perte.

Sentant l’hésitation du tigre, Robina en profita pour lui sauter dessus. Plongeant profondément son sabre d’abordage dans sa gorge. La bête, la gorge ouverte, tituba vers Charlie. Elle marchait encore, vivante pour encore quelques secondes, consciente de sa propre fin. Elle fit un dernier pas avant de perdre la force qui la caractérisait. S’écrasant au sol, le félin leva les yeux vers la musicienne. Il avait perdu et c’est sur cette pensée qu’il rendit l’âme d’un profond souffle de son museau. Fermant les yeux pour la dernière fois, s’endormant à tout jamais.

Le combat avait été bref, mais intense. La cuisinière s’épongea le front avant de ranger son couteau de cuisine dans son étui. Elle garda son arme de premier rang à la main et trancha les ronces qui encerclaient Charlie. Il ne lui resterait plus qu’à enlever ce qui dépassait.

Vous devriez faire attention, cette île est dangereuse. Robina parlait lentement, à bout de souffle. Elle se passa une main sur le visage, passant ses cheveux derrière sa tête. Je m’appelle Robina. Vous avez eu de la chance que je sois dans le coin.


Charlie. La jeune femme blonde enleva son masque pour se présenter.

La Sanderrienne se sentait maintenant en sécurité. Elle remit l’arme à la garde en forme de coquillage dans son fourreau de cuir. Elle allait encore se faire remonter les bretelles par Apolo pour avoir risqué sa vie. Encore une fois. Elle ne les comptait plus depuis un certain temps.

Vous devriez venir avec moi, mon médecin de bord va vous examiner. Elle se retourna vers la musicienne qui n’avait pas encore réagi. Ne vous inquiétez pas, il n’a encore mangé personne. Il est un peu bougon, mais il fait bien son travail.

Ouvrant la voie, les deux jeunes femmes retournèrent au village. Là, l’Iceberg pouvait être vu au large. Les Glaciers étaient en train de camper non loin de la construction de la petite ville. Entrant à l’intérieur du campement avec une étrangère, les anciens givrelames se demandèrent qui était la nouvelle arrivante. Pourtant, les discussions s’arrêtèrent bien vite en voyant que cette dernière semblait blessée.

Tel un feu de forêt, la rumeur circula vite. Si vite que le médecin était déjà à l’extérieur de sa tente quand les deux blessées arrivèrent devant elle. Il avait les bras croisés, il ne disait rien pourtant son attitude en disait long. Elle était sa supérieure, il ne pouvait pas lui faire de remontrance, pourtant il n’en pensait pas moins. De petits rires s’échangèrent dans les rangs de l’équipage de la commandante de l’Iceberg. Personne n’aurait osé dire quoi que ce soit à Apolo.

Entrez. Toutes les deux. Je vais m’occuper de vous. Le ton était sec, elles n’avaient pas véritables le choix dans la suite.

La jeune femme aux longs cheveux bleus ne se démonta pas et s’assit sur un tabouret. Elle connaissait Apolo, il n’était pas réellement en colère, principalement soucieux. Sans Robina, son rêve de tour du monde s’arrêtait. Et la perdre alors qu’ils faisaient tout juste connaissance aurait été un crève-cœur pour lui.

Je vous avais dit que vous ne deviez pas faire d’efforts. Il attrapa sa trousse pour les premiers secours. Et la première chose que vous faites ? Vous vous lancez dans les ennuis et vous mettez en danger. Il se tourna vers Charlie. Qu’est-ce qui s’est passé cette fois ?
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L'odyssée de la jungle

Très honnêtement, la bête ne semble pas particulièrement impressionnée par ma technique. C’est ma foi fort ennuyeux. Jusqu’à présent, cette dernière avait fait des merveilles. C’était même pour ainsi dire la meilleure arme à ma disposition pour éviter les ennuis, lorsque les rudiments de combat que m’a enseignés Louli s’avèrent insuffisants -ce qui se produit étrangement souvent, à croire que j’ai un don pour m’attirer les foudres de gens peu fréquentables-. Il faut donc imaginer que le fauve possède une force mentale supérieure à la plupart des bullies de Carcinomia. Si le constat m’amuse, m’arrachant un petit sourire, ce n’est pas le cas de l’animal, dont nous nous disputons désormais l’attention avec ma sauveuse à la chevelure bleue.

Je pense que cela ne l’amuse pas parce qu’il ne comprend pas l’ironie de la situation.

Mais mon illusion aura au moins le mérite de le déconcentrer l’espace d’un instant, suffisamment long pour lui coûter la vie. La guerrière aux deux sabres s’engouffre dans la brèche et lui transperce le palais de l’une de ses deux lames, me tirant un petit « Oh ! » impressionné et une moue approbatrice. Déjà, je ressens de l’intérêt pour la jeune femme. Finalement quelqu’un digne de mon attention sur cette foutue île. J’ôte mon masque tandis que la jeune femme aux cheveux bleus extirpe son sabre de la gueule ensanglantée du félin.

-C’est-à-dire que c’est ce que j’espère un peu, oui. Si elle pouvait être un poil plus dangereuse, ça m’arrangerait.

Ma réponse est distraite, et pour cause. Il me faut moins de dix secondes pour cesser de l’écouter, trop occupée que je suis à la décortiquer du regard, mes prunelles scintillant d’excitation alors que j’examine -du haut de toutes mes connaissances en la matière- les katanas à sa ceinture. Je mettrais ma main à couper qu’elle a des histoires palpitantes à me raconter à leur sujet. Et en parlant de main, un détail attire mon attention : si le reste de son corps semble plutôt bien se porter, ses mains sont quant à elles dans un état désastreux, couvertes de brûlures et de coupures, ce qui ne fait qu’attiser ma curiosité. J’emboîte le pas en claudiquant légèrement à la dénommée Robina après que celle-ci m’a libéré de ma prison végétale, sans vraiment écouter où elle m’emmène.

-Tu n’as fait qu’une bouchée de ce tigre ! Et ce avant qu’il ne fasse qu’une bouchée de moi. Ce qui m’arrange plutôt, quand même. T’es une pirate ? T’es déjà allée sur Grand Line ? C’est quoi ces cicatrices sur tes mains ?

Les questions s’enchaînent ainsi sans discontinuer tout le long du trajet, mais on dirait que Robina n’est pas la plus loquace des camarades. Qu’à cela ne tienne, j’attendrai son prochain post pour savoir si elle daigne me répondre. En attendant, nous arrivons finalement à un campement, et à voir l’attitude des hommes présents envers ma sauveuse, j’ai comme l’impression qu’elle en est la cheffe, ce qui me vaut une nouvelle surprise et un regard sondeur dans ses yeux azurés.

-C’est toi la ch…

Je n’ai pas le temps de finir ma question qu’un homme nous intercepte et nous force à rentrer dans sa tente. J’ai connu des invitations moins grotesques, mais Robina ne semble pas s’en formaliser plus que ça alors je lui emboîte le pas. Et voilà que le vieux monsieur se met à râler avec véhémence, avant de se tourner vers moi et de me demander ce qu’il s’est passé. Je cligne des yeux et les regarde tour à tour sans trop comprendre, n’ayant pas fait attention à la trousse de secours dont il vient de se saisir.

-T’es son psy ? Qu’est-ce qu’il s’est passé... genre d’un point de vue philosophique ? Si ça peut te rassurer, elle a pas été en danger bien longtemps. De toute façon, vu la taille des crocs de la bestiole, ça aurait dans tous les cas pas duré. Une bouchée et hop, plus de Robina ! Remarquez ça m'aurait fait une histoire effrayante à raconter. Encore que, il m'aurait sûrement... aïe ! Ah c'est que j'me suis pas loupée en fait.

Je grimace alors que l'homme -qui s'avère finalement visiblement être un médecin- commence à examiner la plaie au niveau de ma jambe tout en me regardant d'un air particulièrement réprobateur. Allons bon, je l'ai déjà agacé ?

-Alors, vous faites quoi dans le coin avec tout ce beau monde, à part découper des tigres de deux mètres ?
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Robina se rendit très vite compte que son binôme aimait parler, Elle n’était pas particulièrement fermée, mais un flot incessant de paroles était une sensation étrange. Comme si la personne à côté d’elle n’arrivait pas à se concentrer plus de quelques instants. Les jeunes apprentis demandaient beaucoup de choses, c’était normal, mais quand on rencontrait quelqu’un pour la première. La règle sociale était de ne pas les assommer de questions sans s’arrêter. Ici, la jeune femme qu’elle venait de sauver ne connaissait pas cette règle en observant bien.

Elle avait attendu que le débit de parole de la musicienne se calme pour lui répondre, mais ça n’était pas arrivé tout de suite. Il avait fallu attendre qu’elles arrivent sous la tente médicale et qu’Apolo s’occupe d’elles pour que le monologue s’arrête.

— Je ne suis pas une pirate, je suis une cuisinière en voyage vers la route de tous les périls pour devenir la meilleure dans mon domaine. Elle passa ses cheveux derrière ses oreilles avant de continuer. Nous n’y sommes jamais allés, nous sommes sur le départ, il ne nous manque qu’un bon navigateur qui puisse lire un log pose.

Quand elle entendit la remarque sur ses cicatrices de travail, elle releva ses bras pour les observer. C’est vrai qu’ils n’étaient pas particulièrement en bon état.

— Des cicatrices de travail. Elle les tourna pour que la musicienne puisse bien les voir. Je fais ce travail depuis maintenant plusieurs années. Il nous arrive de nous brûler, couper de temps en temps, c’est normal.

Après qu’Apolo commençait à s’occuper de la plaie de Charlie, il se tourna vers sa supérieure hiérarchique.

— Vous avez combattu un tigre ?! Il la fusilla du regard. Vous sortez encore de convalescence après avoir combattu Edward Minaro sur Orange Town. Et vous remettez ça en combattant une bête sauvage ? N’avez-vous donc aucun instinct de survie ? Il fit non de la tête en attrapant du coton et de quoi stériliser la blessure. Vous êtes notre capitaine, et nous avons tous et toutes compris que vous étiez la plus forte. Mais si vous mourez, l’aventure s’arrêtera là pour vous, comme pour nous.

— Je sais, Apolo. Elle détacha Libertalia de son étui dans le creux de ses reins et posa le sabre d’abordage sur le lit où elle était assise. Mais ça n’arrivera pas, je fais attention et j’ai préféré sauver cette jeune femme plutôt que de la laisser mourir. Vous auriez préféré le contraire ?

— Non… Il souffla en tapotant la blessure de Charlie. Je suis content que vous ayez sauvé quelqu’un. Mais faites attention à vous d’accord ?

— Bien sûr. Elle lui sourit avant de continuer. Et puis, je ne suis pas blessée, vous avez pu le voir, non ? Je suis en pleine forme.

Le médecin de bord grommela dans sa barbe avant de reprendre son travail.

La capitaine des Glaciers reporta alors son attention sur celle qu’elle avait sauvée un peu plus tôt. Elle en savait très peu sur elle, elle devait creuser un peu, après tout, elle s’était présentée, mais ça n’avait pas été réciproque.

— Et vous alors, qui êtes-vous ? Elle se pencha en avant, posant ses coudes sur ses genoux, assise sur le lit toujours. Je ne connais toujours pas votre nom. Comme je vous l’ai dit plus tôt, je suis Robina, Robina Erwolf. Je suis la capitaine et commandante des Glaciers. L’Iceberg est mon navire, le galion que vous pouvez voir au large. Je suis ravie de faire votre connaissance.

Cette fois, c’était le tour de la cuisinière de poser les questions.

— Et que faisiez-vous face à un tigre là-bas ? Elle détailla la musicienne de pied en cape et reprit. Je veux dire, vous ne ressemblez pas vraiment à une native de l’Archipel Vert, sans vouloir vous manquer de respect.
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