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Zaun d'ombre | Feat Farore



Zaun d'ombre

Les origines. Beaucoup apportent une importance significative à leur lignée. Au sang, comme ils aiment à l’appeler -bien que le liquide vital n’ait pas grand-chose à voir avec la choucroute et que la plupart d’entre eux tournerait de l’œil à sa vue-. Héritage par ci, patrimoine par là, comme si les choses des générations passées et futures prenaient le pas et que leur propre vie n’avait aucune valeur dans le grand ordre des choses. Mon bien-aimé géniteur est de cette catégorie de gens, comme il n’a cessé de me le rabâcher pendant mon enfance, me rappelant inlassablement à quel point mon absence d’attributs masculins signait la disparition de son si précieux nom.

Un homme d’une attention rare, vous dis-je.

Mais moi, de tout ça, je m’en tamponne l'oreille comme de mon premier esclave. Alors comment diable me suis-je retrouvée dans une telle situation ?

Revenons quelques temps en arrière, voulez-vous.

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Voilà quelques mois maintenant que j’ai mis les voiles de mon île natale. Et si mes aventures n’ont pour l’instant pas été à la hauteur de mes espérances, je dois bien avouer que la sensation de liberté dont je jouis à présent vaut tout l’or du monde. J’ai appris et vu bien plus en ces quelques mois que dans mes dernières années sur Carninomia -il faut dire que la concurrence n’est pas bien rude-. Et il s’avère que mes pérégrinations m’ont portée par un hasard -je vous laisserai juger de s’il est heureux ou non en découvrant mes péripéties- non loin de Zaun, île de mes ancêtres -toujours selon les dires de mon estimé père-. Et moi, chevronnée aventurière que je suis, de me dire : « Qu’à cela ne tienne, allons donc voir la terre de mon arrière-arrière-arrière-arrière-grand-père, quel mal cela pourrait-il bien faire ? ».

Beaucoup de mal, Charlie.

Leçon numéro douze de la navigation en mer : il n’est pas interdit de se renseigner sur une île avant d’y accoster.

Car en arrivant il y a quelques semaines sur Zaun, je me suis vite rendu compte que l’île partageait un certain nombre de points communs avec Carninomia, et plus particulièrement avec mon secteur d’origine Virus. Malheureusement, pas nécessairement les points les plus reluisants : une insécurité assez effrayante, un maintien de l’ordre tout relatif et une xénophobie omniprésente.

Joli tableau.

Cela étant, l’île jouit cependant d’une certaine prospérité, principalement basée sur l’industrie. Prospérité dont le secret -du peu que mon pauvre cerveau peu attentif a pu constater- n’a d’ailleurs rien de très honorable. Ici, la compétition est reine. C’est la loi du plus fort, mais pas celle dont on a l’habitude. Ce qui, tout bien considéré, m’arrange plutôt. Car il y a bien un domaine où j’excelle -et non, ce n’est pas « raconter ta life », je vous vois venir-. Alors, j’ai commencé à jouer du violon dans les troquets les soirs, entre mes visites de l’île et mes recherches de nouvelles aventures à raconter. Les habitants de cette île ont beau être des requins arrivistes, ils n’en sont pas pour autant incivilisés et mon génie -en toute humilité- a bien vite été reconnu à sa juste valeur. En quelques jours je me retrouvai à jouer dans les bars les plus huppés de Zaun. Mais cette toute nouvelle popularité n’était apparemment pas au goût de tout le monde.

Et ceci, mesdames et messieurs, est l’explication de comment diable je me suis retrouvée dans une telle situation.

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On dirait que la ruelle dans laquelle j’ai trouvé refuge s’avère être une impasse. Une fois n’est pas coutume, ma bonne étoile m’a joué un tour. Quatre types à l’air patibulaire s’approchent de moi. C’est ennuyant. Je viens à peine de finir de jouer au Gentlemen’s agreement et pour être tout à fait franche avec vous, j’ai plus envie de rentrer à mon hôtel et me reposer que de me faire agresser dans une ruelle obscure par quatre arsouilles -chacun ses goûts, comme on dit-. Si je leur offre mon plus beau sourire, je peux peut-être les amadouer.

-Messieurs bonsoir. Je pense que vous vous êtes trompés de chemin. Figurez-vous que c’est une impasse par ici.  Incroyable, n’est-ce pas ? On croit connaître la ville comme sa poche et pouf ! J’ai dû abuser du houblon ce soir ahah.

L’un des quatre -sans doute le mâle alpha, comme ils l’appellent dans les meutes de vilaines bestioles- s’avance vers moi.

-Hubert Van Zomart a un message pour toi.

Je cille. Une fois, puis deux.

-… Qui ?

Son visage belliqueux se fend de surprise.

-… Hubert Van Zomart. Tu n’as jamais entendu parler de lui ? C’est le meilleur violoniste de Zaun. Et il n’apprécie pas spécialement qu’une gamine lui fasse de l’omb…

-A votre avis, pourquoi ils ont inventé les impasses ?

-… Pardon ?

-Je veux dire, je vois pas trop l’intérêt quoi. Je vois l’intérêt des avenues, je vois l’intérêt des ports, je vois l’intérêt des places, mais je vois pas l’intérêt des…

-Eh !

-Oh pardon. Tu disais ?

- Hubert Van Zomart a un message pour toi. Tu dois arrêter de jouer sur son territoire.

-Mhm… et si j’ai pas envie ?

-C’est là qu’on entre en jeu. Comment tu comptes jouer avec tous les doigts fracturés ?

-Ça m’a l’air passablement compliqué, en effet.

-Il a mis des années à construire sa réputation et son public, et il ne va pas laisser une gamine sortie de nulle part ruiner ses efforts en quelques…

-C’est marrant.

-Hein ?

-Je disais, c’est marrant. C’est moi la musicienne, et pourtant c’est toi qui me joues du violon.

-Espèce de petite…

Alors que l’homme s’avance d’un air menaçant, je me dis que ceci pourrait être la leçon numéro treize, si seulement il y avait la moindre chance que je m’y tienne.

La provocation, c’est mieux quand on a une voie de sortie.
  • https://www.onepiece-requiem.net/t25006-charlie-la-drole-de-dame
  • https://www.onepiece-requiem.net/t24969-terminee-charlie-et-la-reverie
Zaun n’était pas spécialement le lieu de prédilection de Farore, même si elle connaissait l’île grâce à certains réseaux de Manshon, l’île en question n’avait jamais été une de ses destinations favorises. Forcément, Rilas avait trouvé bon de l’y envoyé car elle est inconnue là-bas sous son nom de super-héroïne « Fenice », il avait donc trouvé cette idée saugrenue de l’envoyer ici pendant qu’il s’occupait de la formation de Captain Thunderbolt. Farore détestait être un héros et encore plus pour la solde de Rilas, mais il fallait poursuivre le fait de tromper les apparences pour garder une couverture parfaite sur Manshon, du moins, pour le moment. Car Farore avait un plan pour prendre la totalité de Manshon dans un coup d’éclat qu’elle révélerait le moment venu.
Elle était donc vêtue de sa combinaison, faites sur mesure par le magnat héroïque qu’était Rilas. Elle était loin de se douter que ce dernier disparaîtrait en mer après leur première mission officielle avec la Marine. Elle était donc sur le clocher de l’église la plus haute, comme à son habitude, quoi de mieux qu’un clocher pour voir l’ensemble de la ville ? D’ailleurs, non loin, dans une ruelle sombre, comme de celle que l’on sait si bien faire sur Manshon, semblait se dérouler un début d’altercation. Visant la botte de foin en dessous du clocher, elle saute pour se réceptionner et se dirige vers les lieux du méfait pour apercevoir plusieurs hommes et sa proie. Farore soupire un grand coup de désespoir en repensant aux éléments de langages fournis par Rilas, des phrases tout bonnement stupide qu’elle s’était engagée à prononcer. Elle entonne donc tout haut.

« La justice frappe toujours deux fois, veillez donc à ce que je ne doive pas vous mettre un coup ! »

Les malfrats étouffent un rire tout en lorgnant du regard la femme en combinaison et en la sifflant, l’un d’eux s’approche d’elle avec une assurance défiant les plus grands pirates.

« Alors ma jolie tu t’es perdue ? »

« Oui, je suis une fille de trente ans dans une combi’ faites pour une fille de seize. »


Nouvel éclat de rire dans l’assemblée, fatiguée par ce cirque, Farore sait d’ores et déjà pertinemment comment vont se dérouler les choses, alors pourquoi tergiverser et ne pas aller droit au but comme l’Olympique de Manshon ? Sa jambe s’enflamme, éclairant son visage déformé par la colère, le premier coup part, l’homme le plus proche est propulsé contre l’un de ses amis tandis que le troisième homme sort un couteau, il est lui aussi reçu par un coup de pied de feu en pleine mâchoire. L’agilité féline de Farore lui a permis de mettre hors d’état de nuire l’adversité. Comme elle connaît aussi la suite des événements, car ils se déroulent toujours ainsi, elle tourne les talons et fait demi-tour, car la victime prends toujours ses jambes à son cou sans jamais dire merci ni se retourner. Blasée, Farore sort sa phrase de clôture.

« Une fois de plus, les flammes du Fenice l’emportent… Putain c’est naze. »