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[Quête] L'île hivernale en alerte générale !

La neige tombe à gros flocon, le froid extérieur est mordant. Le jeune étudiant qui nous a mené jusqu’ici, ouvre la marche pour nous guider à travers la foule jusqu’à l’entrée des urgences. Entrée véritablement bouchée par des blessées de skis et autres urgences, je sens Jyll me tenir fort par la taille.

[Quête] L'île hivernale en alerte générale ! Marc_d10

« Mademoiselle Elisabeth, monsieur Hyde, je vais tenter de vous faire entrer rapidement. Attendez-moi dans la file d’attente s’il vous plaît. »

Le jeune Marc pu faire jouer ses relations en interne dans l’hôpital pour nous accorder une consultation rapide et un lit où je pourrais m’installer au moins jusqu’à ce que ma consultation montre l’étendue de mes dégâts internes. Je ne sais absolument pas comment le jeune étudiant s’est débrouillé mais les faits sont là, nous sommes dans l’hôpital, en train de le suivre pour rejoindre un lit de libre où je m’installe. Cet endroit me donne la chaire de poule, je me sens si petite parmi tout ce monde. Une farandole d’infirmiers et de médecins courent à droite à gauche. Les cris résonnent dans toutes les urgences, des blessés passent sur des civières, d’autre dans des fauteuils roulants. J’attrape rapidement Marc par la manche pour le tirer vers moi. Sa perception du genre humain lui permet de distinguer rapidement que je ne suis pas à l’aise, et je le sens, il parle de manière calme et posée, en m’aidant à m’installer dans le lit. Suis-je donc si affaiblie que ça ? Je ne connais définitivement rien de ce monde si tant de personnes dans un hôpital de renommée mondiale me font peur.

Je reste allongée sur ce lit, tentant de faire le vide dans mon esprit, regardant de temps à autre Jyll qui reste à mon chevet tout en gardant un œil sur toutes les personnes passant par là. Après finalement deux longues heures d’attentes, Marc laissa la place à ce qui semblait être l’un de ses professeurs qui gratifia le jeune homme de nombreux titres et marques de respect qui semblèrent gêner le jeune érudit. Le vieil homme mesurait bien dans les un mètre quatre-vingt, vêtu d’une longue blouse blanche et d’une tenue de médecin bleue marine, il ajusta ses grosses lunettes noires en me regardant de bas en haut, jugeant à ma simple vue que je couvais un mal interne profond. Il daigna enfin fermer le rideau entourant mon lit … ce rideau eu un véritable effet acoustique, semblant créer une certaine sphère d’intimité entre le médecin, moi, Jyll et Marc.


« Déshabillez-vous mademoiselle. Messieurs, veuillez sortir s’il vous plaît. »

Une fois les deux hommes sortis de ma zone d’intimité, je retire ma cape et mes vêtements pour me retrouver en sous-vêtements devant ce médecin pour le moins … intimidant. Il fait le tour de toutes mes ecchymoses, de toutes mes blessures, de toutes les coutures que Jyll a fait avec ma peau. Je n’ose pas regarder mon corps, il me fait honte. Ce monstre du Cipher Pole s’est déchainé sur moi. D’intenses flashs me reviennent en mémoire, à l’instant où le médecin pose sa main sur mon épaule. Je me retourne vivement, le faisant reculer d’un pas.

« Eh bien ? Je ne vous veux aucun mal, je suis médecin … Elisabeth c’est ça ? C’est ce que votre inscription à l’accueil dit sur vous. »

J’avale péniblement ma salive avant de me ré-installer sur mon lit, un filet de sang se profile sur le coin de ma bouche. Me voilà finalement prise d’une quinte toux qui se finit par une nouvelle gerbe de sang que je crache sur le sol.

« Voilà qui est fâcheux, on dirait que je ne vais pas avoir le temps de vous poser toutes les questions que je voudrais. Je laisse votre dossier au jeune De Merle. Veuillez vous installer dans votre lit. »

« Qu’allez-vous faire ? »

« Eh bien ? Vous soigner voyons ! Vous avez été emmenée par mon plus brillant élève, et votre état est terrible, c’est même un miracle que vous soyez parvenue jusqu’ici en vie, vous deviez avoir un médecin admirable avec vous. »

J’ai à peine le temps de me remettre dans mon lit que le vieil homme actionne un bouton qui fait rappliquer une véritable petite armée d’infirmiers tous au garde à vous prêt à m’administrer un médicament pour me faire dormir et m’emmener en salle d’opération. Je les vois alors s’atteler à m’apporter un confort irréprochable, j’en serais presque gênée d’avoir tant d’attention. Une première perfusion est faites dans mon bras droit tandis que sur le gauche, un jeune infirmier prend ma tension. En même temps, je vois le médecin donner des papiers administratifs à Jyll qui semble un peu … perdu, face à tout ce remue-ménage beaucoup trop rapide.

« Ils ne perdent jamais de temps ici ? »

« En effet, ici ce sont les urgences du plus grand hôpital au monde. La moindre blessure diagnostiquée pouvant être guérie le plus rapidement possible, sera guérie. Je vous ai recommandé au meilleur médecin de garde aujourd’hui. Il a semble-t-il concouru auprès d’un membre des Toubibs 20 pour obtenir sa place. Les deux sont toujours restés à égalité et … »

« Très intéressant Marc, mais Elisabeth a besoin de calme. »

C’est là les dernières paroles que je pu entendre de mon acolyte avant de sentir la fatigue m’envahir, je ne sais pas ce qu’ils ont passés dans les transfusions mais tout semble sous contrôle. Je sens alors mon corps se détendre complètement avant que mes yeux se referment.

******

Du point de vue de Jyll …

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Lise a été emmenée par une pléthore de médecins et d’infirmiers en salle d’opération, tout le monde grouille ici. Je devrais me sentir à mon aise dans un hôpital, je devrais me sentir bien parmi tous mes confrères, mais voir Lise s’éloigner, inconsciente sur un lit d’hôpital ça n’a rien de rassurant. Marc se montre alors comme un véritable adulte, tentant de poser sa main sur mon épaule malgré le fait qu’il soit plus petit que moi. Son sourire me redonne le mien, et je le suis au travers des couloirs de cet hôpital. On dirait qu’il n’a pas envie de me laisser subir ça seul, à traverser cet endroit parfois lugubre. Je profite de ce temps passé avec lui pour qu’il m’enseigne ce qu’il apprend dans ses cours, autant profiter de ce long moment passé seul pour me perfectionner en médecine.

Tout cela me ramène si loin … les cours de médecine que je potassais étaient bien moins avancés que ceux qui sont appris dans cette école, c’est un niveau stratosphérique, bien plus élevé. Toutes les notions du corps humain, toutes les veines, toutes les artères, tous les organes. Tout est répertorié dans les manuels. Manuels que je passe plusieurs heures à lire, ce temps passe si vite. Je me suis installé dans la cafétéria avec les livres que Marc m’a laissé pour potasser un peu, malgré le fait que j’ai l’esprit dans la médecine, je n’arrête pas de me demander si Lise va bien. Toutes les deux heures, une infirmière vient me voir pour me tenir au courant de l’avancée de l’opération.

Lise est considérée comme une reine dans ce bloc, tout le monde donne son maximum pour la soigner. Comme mon diagnostic a visé juste, elle avait de nombreuses hémorragies internes, d’où ses gerbes de sang et sa difficulté à se tenir debout seul, sa difficulté à rester concentrée et éveillée. Tout cela, je le perfectionne dans les livres que je lis. Et c’est maintenant plusieurs heures qui sont passées, la nuit est tombée depuis un moment, Lise n’est toujours pas sortie du bloc, et malgré cela, la fatigue m’emporte. Je me retrouve seul dans cette cafétéria, me remémorant de bons moments passés sur notre navire, avec Lise, avec Meira.


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Du côté de Meira, à bord de Vaillant, quelques heures auparavant.

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« Cet Éternal … j’espère qu’il nous a guidé vers un endroit assez sûr pour que nous puissions repartir en vie. »

Je suis assise dans notre cuisine, affalée sur la table, l’Éternal Pose de Drum posé devant moi, mon index droit jouant avec. Je me demande bien si Lise a été prise en charge, si Jyll va bien et tient le choc. Il s’agit tout de même de sa meilleure amie qui va se trouver sur une table d’hôpital. Et quelle chance qu’elle puisse être amenée dans cet hôpital, notre médecin a bien joué son coup. Tomber sur un étudiant aussi naïf, ce n’est pas donné à tout le monde franchement. J’ai tant l’impression d’être inutile. Jyll doit être en train de se perfectionner en médecine, Lise donne le meilleur d’elle-même pour survivre … et moi ?!

« Arrête un peu Meira ! C’est grâce à toi qu’ils sont arrivés en vie ici. »

Et c’est vrai. Je me relève d’un coup, d’un air victorieux en posant le pied sur ma chaise, le regard levé. Avant de retomber les fesses par terre, la nuit vient de tomber et j’ai passé la journée à m’occuper du navire, ranger le ravitaillement dans la cale, retirer notre pavillon pour ne pas paraître louche aux yeux de la milice locale si jamais il leur viendrait de faire un tour des côtes. Je ne dois prendre aucun risque, Jyll m’a donné rendez-vous dans cinq jours au port de Bighorn, si toutefois j’ai besoin de les contacter je n’aurais qu’à m’introduire quelque part et voler un den-den pour appeler l’hôpital. S’il n’est pas trop bête, il a dû s’enregistrer sous le nom de Hyde. Pour la suite … je peux m’adapter, ils ont vraiment intérêt à être au lieu de rendez-vous dans cinq jours. Je quitte alors la cuisine en éteignant la lanterne que j’y ai allumé pour rejoindre la chambre d’Elisabeth et me glisser dans le lit, le bruit des vagues va m’emporter, il est encore tôt et malgré cela, ma journée m’a épuisé.
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Deux jours plus tard … en pleine après-midi ensoleillée, au marché ouvert de Bighorn, du côté de Meira.

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Le soleil est légèrement caché derrière les nuages blancs et épais de ce ciel hivernal. J’ai décidé de profiter de cette petite éclaircie pour faire le marché en ville que j’ai pu observer hier lorsque j’ai fait une petite ronde … intéressante dirons-nous. Dans cette ronde j’avoue avoir volé quelques étalages, mais je n’ai pas pu rester bien longtemps pour ne pas me faire remarquer les poches pleines. Aujourd’hui j’y suis, vêtue d’une grosse doudoune d’hiver volée hier et d’un pantalon collé au corps, noir. Je ne saurais décrire précisément mes sentiments, mais en passant à travers ce marché au centre de la ville, sur la place principal, je dois bien avouer ressentir un certain sentiment de chaleur. Le monde qui s’y bouscule, tous les vendeurs qui hurlent leurs prix, des personnes buvant un coup ensemble. Il y fait bon vivre, et les gens sont chaleureux entre eux.

« Ne pas s’attacher à ce peuple. »

Je dois me raisonner. Ce peuple peut devenir un danger pour nous autres pirates, surtout dans ce Royaume. Il s’agit d’un Royaume affilié au Gouvernement, on ne peut pas compter ni sur eux ni sur leurs représentants. Ici, nous sommes des parias, rien que de me promener au milieu d’eux est un danger. Je ne suis personne, mais malgré tout, c’est dangereux. J’ai laissé la réplique de Mono Oshi sur Vaillant, mes seules armes à disposition sont mes poignards, tâchons de rester discrète. Je continue ma marche à vitesse modérée entre les civils, tout en observant les ventes locales, et glissant quelques articles dans mon sac à dos. Profitant de la foule pour créer des bousculades contrôlées, tout en gardant un œil sur chacun d’eux, je me faufile entre tout le monde et tournoie sur moi-même en faisant glisser mes mains sur les étalages afin de voler tout ce qui passe sous mes paumes, et entre mes doigts. Alors que je m’amusais à faire ce que je fais de mieux, après la navigation. Des haut-parleurs se mettent en marche un peu partout dans les rues, les ruelles et avenues de la ville étudiante. Je m’arrête dans mon élan chapardeur pour regarder ces haut-parleurs, ils comptent faire quoi ? Mettre de la musique ? Faire une annonce ? Je me glisse tel un chat entre un groupe de jeune étudiant en pause pour écouter ce qui se dit.

« Les visio-escargophone vont se mettre en route. Regarde les écrans. »

« C’est qui ? Qui va parler ? Le Roi ? »

« Non non, j’ai un pote qui est au palais en stage avec les médecins du Roi, il m’en aurait parlé. »

« Hé les gars, c’est la Marine ? »

« Quoi ? La commodore Ayame ? »

« Oui elle ! Pourquoi est-ce qu’elle parlerait ? »

Oh ça … je n’aime pas beaucoup ça. Si c’est ce que je crois, ça risque de sentir mauvais pour nous. Je l’avais pressentie, cette île est sous contrôle du gouvernement, c’était évident que l’étau allait se resserrer autour de nous.

« Hé les gars venez ! Y’a une estrade qui a été monté là-bas. »

Un jeune étudiant vient d’interpeller le groupe auquel je viens de me greffer. Il accoure vers eux et les emmène rapidement vers une rue bondée de monde, j’ai du mal à suivre les jeunes parmi tout ce monde. Je laisse tomber, autant rester en arrière, tant que j’entends ce qui se trame. Je m’adosse alors à un mur d’une grande bâtisse. Étant plus grande que la majorité des étudiants qui représente une bonne partie de la population de cette ville, je n’ai pas de mal à apercevoir l’estrade au bout de cette rue. Qui va se présenter ? Cette fameuse Commodore ?

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De retour au CHU de Drum, deux jours après l’opération d’Elisabeth. Au même moment que ce qui se trame dans Bighorn.

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« Lise reste couchée. »

« C’est bon ! Je vais beaucoup mieux, les médicaments font effets, puis deux jours c’est bon pour s’être remise non ? »

« Restez tranquille, mademoiselle Elisabeth. »

Mon médecin chirurgien entre dans ma chambre avec un grand sourire. Voilà maintenant deux jours qu’il me suit matin, midi et soir, il fait son possible pour sortir de nouvelles analyses de mes constantes, deux à trois fois par jour. Grâce à cela je peux avoir une avancée claire et correcte de mon état, et c’est favorable, très favorable. J’ai été prise en considération et soignée comme une patiente en or et … mon dieu que ça fait du bien d’être si bien prise en compte. J’ai été installée dans une grande chambre avec un unique lit, l’endroit est lumineux, j’ai même vue sur le palais des glaces au loin, je ne connais pas du tout la géographie de cette île, mais j’avoue avoir déjà entendu parler de ce palais.

Jyll est assis dans un fauteuil en soie installé dans le coin de la chambre, juste devant la fenêtre. En face du lit, il y a une petite pièce faisant office de salle de bain avec une grande baignoire. Je ne sais pas par quel miracle Marc a réussit à nous faire avoir tant de droits dans cet hôpital, mais je peux estimer avoir été surclassée pour le coup. Un hôpital au service du gouvernement qui surclasse une pirate primée ponéglotte, c’est assez drôle. Je dispose même d’un Den-Den personnel dans ma chambre pour recevoir des appels. Marc d’ailleurs, ce jeune étudiant, entre dans ma chambre avec un grand sourire, en même temps que mon chirurgien.


« Elisabeth, je suis ravi de vous annoncer que votre corps guérit vite. Vos deux jours passés au fond du lit avec nos meilleurs médicaments et onguents vous ont bien servis. Je vous laisserais sortir d’ici deux jours, que vous puissiez être sûre de retourner braver les mers pour faire votre travail de commerçante itinérante. »

Commerçante itinérante … quel brave menteur de Jyll. Il nous invente des vies aussi vite que la lumière.

« Elisabeeeth ! Je suis trop content de vous voir remise sur pied, vous avez un très beau sourire quand vous êtes en bonne santé. Hyde coucou ! Vous avez déjà terminé les livres que je vous ai prêté ? Vous êtes un rapide vous ! Dites docteur, est-ce qu’ils peuvent sortir ? J’aimerais bien aller me promener dans les jardins suspendus avec Elisabeth et Hyde. C’est un endroit super pour étudier. »

« Oui bien sûr, je vais juste refaire une série d’analyse sur Elisabeth. Pourrais-tu aller chercher une infirmière avec un chariot d’instruments stériles s’il te plaît ? »

« Oh oui bien sûr, je reviens les amis ! »

Les amis ? Ce jeune homme a un grand cœur, trop grand pour affronter la dureté de ce monde, j’espère qu’il n’aura pas à l’apprendre de sitôt. Le voilà qui quitte ma chambre, laissant le vieux médecin s’installer sur le rebord de mon lit pour commencer à prendre ma tension. Je remonte délicatement la manche en soie de mon pyjama noir, offert par l’hôpital, après avoir attaché mes cheveux en queue de cheval haute.

« Tenez, monsieur Hyde ? Veuillez allumer le visio escargophone s’il vous plaît. J’ai cru entendre des collègues me prévenir que la Marine souhaitait faire un discours à écouter absolument. C’est peut-être important. »

Mon cœur s’accélère, je lève les yeux vers Jyll, qui fait de même.

« Eh bien Elisabeth ? Vous avez mangé du sucre ce midi ? Votre pouls est très rapide d’un coup. »

Mince, je tâche de me concentrer sur le médecin qui prends mes constantes pour me calmer.

« Désolée, j’ai eu un petit coup de stress. La Marine va se produire où ? »

« Oh à Bighorn je pense, c’est la plus grande ville de notre Royaume. Leur message devrait être retransmit dans toute l’île. »

Ok … là, on est mal, s’il s’avère que James a réussit à s’extirper de Little Garden, qui sait ce qu’il aurait pu transmettre au gouvernement pour les prévenir que nous risquerions de débarquer sur Drum. Je savais que cette rencontre n’allait pas se terminer si facilement, les choses sérieuses ont commencées, le monde va apprendre à nous connaître, et ça risque de se faire plus subitement que nous nous y attendions. Et si cela se passe à Bighorn, nul doute que Meira va assister au discours, j’espère qu’elle ne fera rien d’insensé. Le temps semble alors suspendu dans cette chambre d’hôpital, mon regard reste plongé dans celui de Jyll qui est immobile sur son siège, les jambes croisés. Qu’allons-nous devoir faire pour sortir vivant d’ici ? Ce temps qui semble durer une éternité est alors brisé par Marc qui entre, tout souriant, avec un infirmier assez baraqué et une palette d’instruments stérilisés. J’espère que nous n’aurons pas à nous battre dans cette pièce … elle est de taille respectable, mais sacrément belle pour être abîmée.

« Tâchons de respecter la vie privée de notre patiente, Marc, veuillez fermez les volets donnant sur le couloir s’il vous plaît. »

L’ambiance semble tout à fait normale à leurs yeux, mais là, je ne sens qu’une tension qui s’installe. Le visio escargophone s’est mit en marche, plus personne ne parle dans la pièce, mon médecin commence la préparation de ses ustensiles tout en écoutant attentivement ce qui va se dérouler sur le petit écran retransmetteur.
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De retour à Bighorn, le ciel s’est couvert de nuages blancs, la neige commence à tomber. Sur la place centrale de la ville, la Commodore Ayame monte sur une estrade. Son discours sera retransmis à travers tout le Royaume via visio-escargophone. Reprenons, du côté de Meira, cachée dans une ruelle pour écouter le discours.

******

Je reste adossée à un mur d’une ruelle tout en gardant un coin d’œil attentif à ce qui se trame près de l’estrade. Mon regard se fixe alors sur une femme, grande, élancée, fine et vêtue d’une tenue sombre, d’une robe cintrée blanche, une cravate noire et une longue cape noire avec ses grades cousus aux épaules. C’est la Commodore. Tout le monde la suis du regard et hurle son prénom, j’entends certains chuchoteurs qui parlent de sa réputation, mon oreille furète un peu partout, j’essaye d’en extirper tout ce qui pourrait m’intéresser.

« La Commodore c’est elle ! »

« AYAMEEEE ! Oh mon dieu qu’elle est belle ! »

[Quête] L'île hivernale en alerte générale ! Ayame10

La foule est littéralement en délire devant cette femme. Tant par son regard, que par sa démarche, elle impose le respect et l’autorité. En seulement quelques secondes, ses troupes se sont glissées un peu partout en ville pour délimiter des périmètres. Tout semble calculé à la seconde près, cette femme jouit d’une réputation qui la précède, on dirait qu’elle a su passer au-dessus pour prendre des initiatives. En même temps, en tant que représentante du gouvernement sur un Royaume aussi puissant et important que Drum, il faut au moins ça pour réussir à gérer les troupes.

La jeune femme monte sur l’estrade avec une aisance et une maîtrise de ses gestes qui sont parfaites. Sa chevelure noire est impeccable, elle s’avance jusqu’à son micro sur pied et commence à parler. Sa voix est fluette, douce mais forte de caractère. À l’instant où le premier son de sa voix, s’échappe de sa bouche, tout le monde s’est arrêté de parler, seuls quelques enfants présents continuèrent et se firent remettre à leur place par leurs parents. Une foule s’était amassée dans les rues de la ville entière, comme si tout s’était arrêté de tourner. Nous l’écoutons à présent.


« Très chers habitants et habitantes de notre beau Royaume enneigé. Je suis dans le regret de vous informer de la mise en place de procédures particulières destinées à protéger l’île d’une invasion de pirates. »

Premier brouhaha dès le mot pirate prononcé. Le calme revient relativement rapidement.

« S’il vous plaît, un peu de calme. Nous nous efforçons de vous protéger et d’assurer cette île comme étant un havre de paix, malheureusement, une nouvelle nous est parvenue ce matin par den-den au gouvernement. Un équipage pirate aurait réussi à échapper au Cipher Pole 9, l’une de nos branches d’investigations et d’espionnage. »

C’est bien ce que je pensais, ça va se corser. Je me tourne de coté pour observer un peu mieux l’estrade, la suite risque d’être intéressante. Où qu’ils soient, Jyll et Lise doivent au moins écouter cette retransmission, et ça ne doit pas les arranger, au contraire.

« Ainsi, le Cipher Pole 9 nous a indiqué que ces pirates auraient pu s’introduire ou devraient s’introduire dans notre Royaume grâce à un Éternal Pose volé. De ce fait, à partir de maintenant jusqu’à la fin de l’état d’urgence, mes troupes veilleront à toutes les entrées et sorties de ce port. De plus, un contrôle d’identité sera fait à l’entrée et à la sortie du Dalton Express, les fouilles seront instaurées également et des patrouilles à toute heure de la journée, ratisseront toute l’île. »

Nouveau brouhaha, bien plus bruyant cette fois. Tout le monde se demande qui sont les pirates qui ont échappés au Cipher Pole, et ce qui brûle les lèvres de tout le monde, c’est sans aucun doute, la raison pour laquelle ils sont recherchés, le peuple ne le sait pas et la Commodore ne semble pas déterminée à dévoiler cette information. Par contre le souci qui va se poser pour moi … ce sont les troupes de la Marine. S’ils font le tour de l’île, ils vont finir par venir jusqu’au navire, et là, je vais devoir me débrouiller pour gagner du temps.

« S’il vous plaît ? Un peu d’attention. Je comprends que cette annonce fasse un effet … comment dire. Inquiétant ? Mais nous sommes là pour vous protéger, et je ne suis pas seule avec mes hommes. Nous disposons du soutien indéfectible de la 33ème garnison de la Marine. Le Roi nous a autorisé à faire appel à eux pour arrêter les vils forbans qui oseraient s’attaquer à notre patrie des cerisiers. Les troupes de géants de la 33ème garnison sont en route vers l’île et devraient accoster d’ici demain midi. »

Cette fois, le brouhaha laisse place à d’énormes et intenses acclamations à destination du gouvernement. En plus de la Commodore et de ses troupes il y a la garnison des géants de Drum ? C’est une vaste blague ! Il va falloir fuir, et rapidement. Avant d’être pris dans une bataille qui risque de nous dépasser. Je dois rester de marbre, malgré mon stresse qui grimpe en flèche, je reste de marbre et je ne m’enfuie pas, et pourtant ce n’est pas l’envie qui manque de fuir quelque part où je pourrais contacter l’hôpital pour avoir Lise ou Jyll à l’appareil.

« Je sens que vous brûlez d’impatience de connaître l’identité de ces pirates. Les voici. »

Mon sang ne fait qu’un tour en ne voyant pas un mais deux avis de recherches. Que la Commodore sort de sous sa cape, pour les dévoiler à tout le Royaume.

Elisabeth L. Gray67.000.000

« La première est la capitaine de ce groupe de trois forbans. Il s’agit d’une femme extrêmement dangereuse, appelée la Sorcière Climatique. Il s’agit d’Elisabeth L. Gray, primée et recherchée activement par le CP9 pour ses connaissances dangereuses liées aux Ponéglyphes. Sa prime est de 67.000.000 de Berrys ! Si vous la croisez, n’essayez pas de la combattre, prévenez les autorités compétentes le plus rapidement possible. »

Sa prime a sacrément grimpée, je reste sur le cul un moment avant de voir la deuxième affiche qui m’arrache presque un cri de stupeur.

Jyll10.000.000

« Le second est le médecin de bord et bras-droit de la sorcière climatique. Il s’agit de Jyll le CP9 le recherche également activement. Sa prime est de 10.000.000 de Berrys. Tout comme sa capitaine, n’essayez pas de le combattre, prévenez les autorités compétentes le plus rapidement possible. Alliée à cela, il y aurait un troisième membre d’équipage dont l’identité est inconnue, mais d’après les informations du CP9, elle serait navigatrice et serait celle qui les auraient menés jusqu’ici. »

Elle parle de moi ? Le gouvernement ne compte donc pas nous lâcher la grappe maintenant. James Larson s’est bien gardé de donner toutes les informations on dirait, sur ce qu’il a apprit de la révolution et des ponéglyphes je suppose. En tout cas, cette annonce semble faire comprendre à tout le peuple, qu’un trio de dangereux pirate s’est introduit sur l’île. Tous commencent à paniquer et à ne plus savoir quoi faire, la bombe a été larguée, le gouvernement va devoir se débrouiller à présent. Je profite de l’état d’alerte générale et des vagues de personnes qui commencent à vouloir quitter la place centrale pour me glisser parmi eux et m’extirper des axes principaux de Bighorn.

J’entends malgré tout la Commodore qui continue d’annoncer ses nouvelles règles, des enceintes, des contrôles, des barrières, des appels aux structures les plus importantes et influentes du Royaume. Ok, ça commence sérieusement à se corser, je dois contacter Lise et Jyll pour les prévenir que tout est en train de bouger. J’ai cru voir un hôtel de ville à l’entrée de Bighorn, je suis sûr que d’ici, je pourrais contacter l’hôpital et demander la chambre de Lise. Je dois me hâter, il n’y a pas une minute à perdre. Le son de la voix de la Commodore se perd peu à peu dans le brouhaha de la foule, je me faufile du mieux possible entre tout le monde en continuant de piller leurs poches en passant, rien n’échappe à mes mains baladeuses. Me voilà enfin arrivée à l’hôtel de ville déjà lourdement gardé. Et merde … c’est bien ma veine. Je dois paraître affolée.


« Messieurs ! Messieurs les gardes ! »

« Approchez-vous mademoiselle, nous ne vous entendons pas d’aussi loin. »

Ce que je fais, en me montrant naturellement potiche et déstabilisée.

« Na… navrée ! Je ne voulais pas paraître impolie. J’aurais besoin de contacter mon mari malade qui est à l’hôpital de Drum. Nous n’avons pas de Den-Den et l’annonce de la Commodore m’a fait très très peur, j’ai besoin d’être rassurée. »

Une minute d’attente qui parut durer des heures me fit presque perdre la face sérieuse et peinée que je tenais face à ces deux hommes qui se regardèrent et débâtèrent durant ce temps. Temps que je me permis de couper d’un air affolée.

« Messieurs … je … je vous en prie, je ne sais pas quoi faire d’autre. Rester seule chez moi m’angoisse. »

« Nous vous accompagnons, entrez. »

Ils vont me suivre, je dois réussir à les gruger. J’entre alors dans l’hôtel de ville bondé pour attendre bien patiemment mon tour dans la queue et pouvoir atteindre le seul Den-Den de disponible, toutes les autres personnes sont observées et surveillées de près, l’ambiance est pesante. Certains se plaignent qu’ils sont fliqués injustement et que ça va trop loin, je ne dois pas faire de vagues. Deux nouveaux Marines sont postés à l’entrée pour réguler les entrées et sorties, autant dire que la Commodore ne perd pas de temps, elle a lancé ses troupes plus vite que la lumière à travers tout le Royaume. Mon stresse n’a jamais grimpé aussi vite, Jyll et Elisabeth sont recherchés à travers tout Drum, dans quelle merde est-ce que je me suis foutue. J’aurais presque envie d’en rire, cette situation m’amuserait presque.

Vient finalement mon tour de décrocher ce foutu Den-Den qui se tient devant moi. À sa droite, il y a une fiche avec les numéros importants du Royaume que l’on peut contacter de manière gratuite. J’entre alors le contact du CHU de Drum, espérant tomber rapidement sur Jyll. Si je suis assez maligne et que lui aussi, il se sera enregistré au nom de Hyde, accompagnant de la patiente Elisabeth et je pourrais ainsi les retrouver. Espérons juste qu’ils n’aient pas d’ennuis là où ils sont, le combiné continue de sonner … il sonne vraiment très longtemps alors que je le tiens à mon oreille. Un garde s’approche alors de moi.


« Mademoiselle, laissez votre tour à présent, vous voyez bien que personne ne répond. »

Merde Jyll … réponds !

« Non non, je dois contacter mon mari, j’ai très peur. »

L’angoisse peut alors se lire sur mon visage, mais ce n’est aucunement l’angoisse de ne pas avoir mon mari au téléphone, c’est l’angoisse de ne pas savoir ce qui arrive au CHU à ce moment. Le bruit de l’appel en attente s’arrête, je me fous de la présence insistante du garde et réitère mon appel, malgré le rappel à l’ordre du garde qui s’avance d’un pas nerveux vers moi. Une voix résonne alors dans mon oreille, Jyll ! Jyll ? L’homme des forces de l’ordre n’a pas le temps de m’attraper le poignet que je m’exclame.

« HYDE ! Enfin ! »
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Quelques minutes plus tôt … dans la chambre de la patiente n°326, Elisabeth. Au sein du CHU de Drum.

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Le Den-Den est en route, il diffuse le discours de la Commodore, cette femme qui semble avoir tant de fans qui scandent son nom. C’est dingue la notoriété que peut avoir une pauvre fille tout juste bonne à se tenir debout sur une estrade. À en juger par ses jambes fines et sa tenue taillée bien cintrée, je me demande vraiment comment est-ce qu’elle en particulier, a pu obtenir ce titre. Soit elle est effrayante et a grimpé les échelons en faisant fuir ses adversaires ou bien elle cache bien son jeu et dispose d’une force étonnante.

Dans tous les cas, je suis allongée là, dans mon lit d’hôpital, remise en forme mais toujours observée et analysée par mon médecin qui sort tous ses outils et fait son travail habituel, sous le regard concentré de Marc et de l’infirmier dessiné comme une armoire à glace qui l’accompagne. Jyll est toujours assis sur le fauteuil du coin de la pièce, les jambes et les bras croisés. Un faux air concentré domine sur son visage, mais nous échangeons malgré tout de brefs regard complices. Cette Commodore va faire une annonce dangereuse, je le sens. Et c’est là que tout commence.


« S’il vous plaît ? Un peu d’attention. Je comprends que cette annonce fasse un effet … comment dire. Inquiétant ? Mais nous sommes là pour vous protéger, et je ne suis pas seule avec mes hommes. Nous disposons du soutien indéfectible de la 33ème garnison de la Marine. Le Roi nous a autorisé à faire appel à eux pour arrêter les vils forbans qui oseraient s’attaquer à notre patrie des cerisiers. Les troupes de géants de la 33ème garnison sont en route vers l’île et devraient accoster d’ici demain midi. »

Tandis que mon toubib range ses outillages, un sourire se dessine sur son visage.

« Eh bien, avec la 33ème garnison en place, ces pirates n’ont aucune chance. »

« Ah ? De quels genres de Marines est composée cette garnison ? »

« Eh bien ! De géants ! Des véritables machines de guerres, venant tout droit du pays des géants sur le Nouveau Monde. Depuis peu ils sont le moyen de défense le plus aboutis de notre Royaume, quiconque oserait nous attaquer serai… »

Le médecin s’arrête d’un coup, comme pétrifié dans son mouvement, le regard vide, fixant avec peur et désarroi le visio Den-Den qui retransmet le discours de la Commodore. Je n’ai pas besoin de voir ce qu’il y a à l’écran qu’en un instant je sors de mon lit pour récupérer mon climat-tact dans mes effets personnels et le pointer vers les trois hommes du corps médical. Me glissant discrètement vers la porte que je ferme à clé dans mon dos, un grand sourire sur mon visage, en voyant les affiches de primes sur le visio Den-Den.

« Jyll ? Bravo pour ta prime. »

Mon allié et bras-droit se lève doucement de son fauteuil en faisant craquer ses doigts. La tension s’est libérée, et le médecin devant nous est en panique totale, il s’accroche à son infirmier digne d’un garde du corps qui semble vouloir nous tenir tête. Mais c’est sans compter sur Marc, qui sort de l’ombre, en agitant les bras.

« HEP HEP HEP ? Vous faites quoi les amis ? Elisabeth ? Que faites-vous avec ça ? C’est dangereux vous devez rester au lit. »

« MARC ! NE VOUS APPROCHEZ PAS D’EUX ! »

« Hein ? »

« Quelle naïveté. »

Je fais pivoter la partie de mon bâton climatique que je tiens dans ma main droite pour venir donner un coup violent sur le crâne du jeune homme qui tombe les fesses au sol, légèrement sonné, le front bien entaillé. Son regard oscille alors vers le visio Den-Den et nous. Il décide alors de prendre la parole en se tenant le front, tout sanglotant et en pleurs.

« Noo… nooon ! J’peux pas y croire ! Hyde ! Vous êtes qu’un menteur ! »

« Je ne ment pas. »

« Vous … vous êtes un pirate ! »

« Et alors ? M’as-tu seulement posé la question de savoir si je suis un pirate ? »

« Non … non ! Mais … »

À cet instant, Marc se refait l’intégralité de la scène de sa rencontre avec Jyll, découvrant par cette même occasion nos véritables identités et nos primes via ce visio Den-Den, la panique le gagne alors. Le voilà qui se met en boule dans un coin de la pièce en hurlant.

« Fais le taire. »

« Oh non ! Sales pirates, vous n’en ferez rien. »

Jyll se fait arrêter dans son avancée par l’armoire à glace d’infirmier qui jouait les gardes du corps pour le médecin qui se tenait tout tremblotant derrière lui. Se jurant à lui-même de se couper les mains pour avoir soigné d’ignobles pirates. Ce qu’ils sont ennuyants. Un seul regard suffit à Jyll pour comprendre que je n’ai pas de temps à perdre. Il assène alors un violent coup de paume aux tempes de l’infirmier qui se raidit de stupeur en ne voyant plus rien devant lui, perdant peu à peu l’équilibre, j’en profite pour me glisser un chemin vers le médecin. Je dégaine d’une traite mon bâton foudroyant pour lui asséner une Thunder Ball à bout portant. Le choc est terrible, le vieil homme se tord de douleur et finit par se raidir en tombant au sol, laissant derrière lui, une désagréable odeur de pourri et de cramé en même temps, une légère fumée noire sortant de sa bouche et de ses yeux révulsés.

« Aaah … AAAAH AAAAAAAAAH DOCTEUR ! »

« Ferme la maintenant. »

Je m’élance sans réfléchir vers le jeune garçon en lui attrapant le menton pour qu’il ferme sa grande bouche. Tandis que Jyll termine l’infirmier digne d’une armoire à glace en le frappant à divers points vitaux pour terminer de lui faire perdre l’équilibre et finalement le plonger dans un sommeil forcé en le frappant violemment au niveau de la nuque. Sa chute fit presque trembler le sol, c’est pour dire la posture et la place imposante qu’il prenait dans la pièce. Plus personne n’osait bouger.

« À …. A l’aide … »

« Ferme la. »

Dis-je fermement avant de serrer mon étreinte autour de la mâchoire de l’étudiant apeuré et impuissant qui cherchait à me repousser avec ses pauvres mains toutes faibles.

« Pulupulupulupu … »

Mon regard se déporte alors sur le Den-Den accroché juste à côté de la porte d’entrée de ma chambre d’hôpital. Il sonne ? Je regarde rapidement le visio Den-Den pour remarquer que le discours de la Commodore est terminé. Qui est-ce ? L’accueil ? Les forces de l’ordre ? Ils nous ont déjà repérés, et merde ! On va devoir fuir en creusant dans le tas.

« Lise, on doit répondre. »

« Non ! Jyll ! Ne bouge pas. »

Le Den-Den s’arrête alors … le temps de quelques secondes qui semblent durer des heures. Avant de finalement reprendre, peut-être une minute après. Jyll ne semble pas décidé à rester à sa place, il s’élance alors sur l’appareil pour le décrocher, tombant vraisemblablement sur l’hôtesse d’accueil qui lui transmet quelqu’un, une voix qui résonne à travers le combiné. Et cette voix je la reconnaîtrais entre milles.

« HYDE ! Enfin ! »

« MEIRA ! »

« Chut ! Enfin ! »

« Meiraa … c’est bien toi ? »

La voix à l’autre bout du combiné semble gênée, mais c’est bien Meira. Nous pouvons entendre un certain brouhaha derrière elle, nul doute que des gardes doivent surveiller ou pister ses appels.

« Hyde ! C’est super, oh mon chéri comme j’ai eu peur que tu ne répondes pas. Tu as entendu ? La 33ème garnison serait en chemin pour l’île, elle sera là d’ici demain matin. Penses-tu qu’ils vont réussir à nous protéger ? »

« Elle est écoutée et observée. »

« Tout à fait, ils vont réussir. Reste bien au chaud ma chérie, ne t’aventures pas au port. »

« Non, je resterai chez nous. J’avais prévu d’aller au port demain en fin de matinée pour le marché de poisson, mais ça risque d’être trop dangereux. Mais comment vas-tu ? Penses-tu pouvoir être rentré demain ? »

« Oui ne t’en fait pas. Je suis totalement soigné, prêt à rentrer dès ce soir, mais les médecins ne me laissent pas sortir. Donc se sera demain en fin de matinée, si je peux je passerais te prendre du poisson au port. »

« Vous êtes … ridicules. »

Jyll agite nerveusement sa main vers moi.

« On se dit à demain alors ? Et reste prudente. Ne sors sous aucun prétexte. Allez rentre vite, je dois te laisser, mon médecin va arriver pour les soins. »

« Très bien chéri, je t’aime fort fort ! J’ai hâte de te revoir, mon corps n’en peux… »

Gotcha.

« Ah … oh vous savez il est souvent comme ça, il n’aime pas les déclarations passionnelles comme ça. Ahah. »

Jyll a raccroché rapidement le Den-Den d’un air gêné, un long frisson le parcours alors qu’il se rapproche de moi. Tandis que je maintiens toujours ma main devant la bouche du jeune apprenti médecin, je vais devoir tâcher d’être claire avec lui, d’après tout ce que me dit mon acolyte, nous allons devoir rester là une nuit en ne passant pas pour des suspects. Cet hôpital est si grand qu’un médecin et un infirmier disparus une nuit ne devraient pas poser de problèmes. Nous sommes en fin d’après-midi, le gros de notre plan sera de sortir d’ici vivants pour rejoindre Meira au port, demain, en fin de matinée.

« Compris. Bon … Marc, je vais retirer ma main. Tu dois hocher la tête pour me dire que tu me comprends. »

Il hoche la tête.

« Je … je n’ai posé aucune question. Bon, je suppose que tu as compris. »

Je retire alors délicatement ma main et comme prévu … le jeune étudiant se met à vouloir hurler, sans réfléchir je le frappe de nouveau avec mon arme climatique, et le voilà sonné, étalé au sol à côté du corps mort de l’infirmier armoire à glace, et du corps cramoisi de son professeur médecin. Son réveil risque d’être un peu brutal mais bon … au moins nous voila tranquille pour un bon moment. Je me relève alors en m’étirant, avant de regarder ma tenue.

« Je dois me changer, tu as pris des changes ? »

« Oui, ils sont dans ta salle de bain. Prépare-toi, je vais faire le ménage ici et réorganiser un peu les corps. »

« Réorganiser les corps. Et c’est moi qui ait la plus haute prime. »

Ce moment de légèreté et de complicité avec mon meilleur ami me fit oublier le temps d’un instant que tout un Royaume sous la protection du Gouvernement Mondial, en a après nous. Et que nos avis de recherches se dissipent un peu partout dans ces contrées enneigées. Demain nous serons les ennemis publics à abattre et notre visage sera affiché partout. Il va falloir se préparer pour ça, et honnêtement ça me fait peur. Je ne pensais pas devenir une ennemie du gouvernement à une telle ampleur et si rapidement. Tout ça, cogite dans ma tête en même temps que je suis en train de m’habiller, d’un pantalon noir serré, de bottines noires à talons hauts et d’un pull coll roulé blanc. Je réajuste mon collier par-dessus mon pull en prenant une longue inspiration, le moment le plus compliqué va arriver ... et très vite. Mon regard se perd alors à travers la fenêtre de ma salle de bain, dans cette neige qui tombe à gros flocons, une tempête est en approche.
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