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Présentation de Kant

Kant  

Age : 22 ans
Sexe : Masculin
Race : Homme  
Métier : Sculpteur essentiellement, botaniste et faussaire à ses heures perdues.
Groupe : Civil
But : Rester en vie
Équipement : Un large sac contenant : une dizaine d’ouvrages, une cotte de fines mailles, deux ciseaux à bois, un arc, trois pièges à mâchoires en fer forgé, un couteau, du fil de pêche, une binette, un herbier, un mortier, une loupe, des pinceaux, de la peinture, plusieurs pigments, plusieurs fioles et quelques slips de rechange.
Parrain : \
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Si oui, quel @ l'a autorisé ? \
Codes du règlement :  

Description physique

 

Par rapport aux autres êtres humains, Kant se considère comme minuscule. En vérité, il exagère. Du haut de son mètre soixante, le jeune homme à la silhouette longiligne tente de paraître un peu plus imposant en arborant divers uniformes, déguisements et apparats. Ainsi, il n’est pas rare de le croiser affublé de longs manteaux, d’imposants chapeaux et autres bijoux qui appartenaient jadis aux victimes de ses larcins. Lorsqu’il ne souhaite pas attirer l’attention sur lui, Kant porte une chemisette blanche en laine, qu’il accompagne d’un ensemble brun assez sobre. Habillé ainsi il passe inaperçu, certes, mais ce sont ses plus vieux vêtements et portent, de fait, quelques stigmates : tâches sanguinolentes, rapiècements divers et odeurs incommodantes -qu’il nie percevoir-.

Lorsqu’on le voit approcher de loin, on le prend parfois pour un marchand ambulant en raison de l’énorme sac qu’il porte sur son dos. D’un similicuir grossier, cet unique bagage lui permet de stocker tout ce qu’il juge nécessaire pour « poursuivre ses activités ». En vérité, il y trimballe ses guenilles, tout un tas de vieux livres, d’outils rouillés et de matériaux hétéroclites. Des poches latérales, pleines à craquer, dépassent quelques pinceaux qui parfois laissent à penser qu’il s’agit d’un peintre itinérant. C’est, dit-il, la meilleure façon de « jouer sur tous les tableaux ».

Bien qu’il y tienne énormément, tout ce barda demeure assez encombrant. Bien plus agile et rapide que fort et robuste, Kant doit se défaire de son attirail pour jouir pleinement de sa liberté de mouvement. C’est un bon sprinteur ainsi qu’un excellent grimpeur, ce qui, couplé à son habileté pour le larcin, fait de lui un excellent voleur à l’arraché. Plusieurs fois il s’est essayé aux vols plus discrets, mais il est difficile de faire les poches des badauds quand ces derniers vous soupçonnent (à raison) d’être un voyou. D’ailleurs, même s’il s’habillait un peu plus élégamment, Kant dégage telle odeur d’éthanol -en raison de son attrait viscéral pour la boisson-, qu’il suscite presque toujours une méfiance excessive. Cependant, bien qu’ivre un jour sur deux, il nie tituber et préfère dire qu’il « circule avec panache ».

Ces aléas mis de côté, il s’avère que Kant est assez joli garçon, et il le sait. Ses longs cheveux noirs soulignent les traits de son visage fin et ses yeux en amendes sont, dit-il, « une arme de séduction massive ». Il joue de la curiosité et de l’attrait que suscitent ses grandes oreilles, ornées de jolies boucles plaquées or. Il apprécie aussi la compagnie des filles et sait mettre son arrogance de côté pour faire sa toilette et atténuer le dégout olfactif qu’il suscite. Ainsi lavé, coiffé, pouponné, Kant peut, dans un but bien précis et lorsque la sobriété le permet, être élégant, aimable et courtois. Si vous avez de la chance, vous le croiserez peut-être dans ces circonstances en train de chanter la mélopée à la fenêtre d’une demoiselle ou sur le chemin d’un rendez-vous galant, bouquet de fleur à la main.

Sans être ni maudit ni spécialement gâté par dame Nature, Kant ne jouit pas d’une allure très atypique. Mais à ses yeux il n’existe pas d’être plus original que lui-même, il trouvera même un malin plaisir à vous rappeler vos mauvais goûts vestimentaires et à critiquer votre physique disgracieux dès que l’occasion se présentera.

Description psychologique


Malicieux, arriviste, manipulateur… c’est certainement par là que nous devrions commencer. Kant n’est pas quelqu’un de mauvais, même s’il lui est arrivé de commettre des actes que l’on pourrait aisément qualifier de « criminels ». Non, il n’est pas mauvais, mais il considère, selon l’adage, que « la fin justifie les moyens » et a une approche très machiavélienne des relations à autrui. Sans trop nous étendre, disons simplement que ce jeune homme n’hésite pas à séduire, mentir et tromper lorsque cela lui permet d’obtenir ce qu’il convoite. Il n’est pas encore maître dans l’art de la manipulation, loin de là, mais il considère que c’est une discipline très utile dans laquelle il doit sans cesse se perfectionner. Pour gagner le pain de sa vie Kant multiplie les fourberies et tente, car sa nature magnanime l’y contraint, de ne pas grièvement nuire à ceux qui l’entourent. En matière d’amitié, Kant considère qu’il peut se fier à ceux qui le supportent et les invite par conséquent à se fier à lui. Malgré son esprit malicieux et son goût du mensonge, il considère la confiance de ses intimes comme précieuse et ne la trahie guère.

Fort heureusement, quelques qualités viennent tempérer ce caractère magouilleur qui fonde sa personnalité. Optimiste, joyeux et blagueur, Kant est l’antithèse d’une personne morose. Les quelques compagnons qu’il eut en témoignent : il est assez rare de le voir adopter un air concentré ou de l’entendre proclamer d’intelligentes tirades. La plupart du temps, il adopte une attitude nonchalante, espiègle et détachée, et il n’en change que lorsqu’il s’apprête à commettre quelques roublardises bien pensées ; là et seulement là, le sérieux prévaut. N’allez pas croire que ce trait de caractère soit le reflet de son ignorance, car en vérité, Kant est quelqu’un de curieux et d’instruit. C’est un grand lecteur et il sait la nécessité d’être averti quant à la manière dont fonctionne le monde afin de pouvoir y occuper une réelle position. Il ne croit pas que la liberté soit l’apanage des Pirates, pas plus que le souci d’autrui ne soit celui des Révolutionnaires ou que la justice n’appartienne qu’à la Marine. Héritier de ces mêmes valeurs sans avoir besoin d’être affilié à l’un de ces groupe, Kant perçoit sa propre façon d’être bienveillant et juste envers son monde, en y demeurant infiniment libre.

Léger bémol, deux choses auxquelles Kant est très sensible viennent mettre à mal la pérennité du portrait que l’on vient de dresser : l’alcool et les femmes. Oui, comme nous l’avons déjà évoqué, il n’est pas très atypique. L’appétence du jeune loustic pour la boisson est telle qu’il ne parvient pas toujours à se contrôler ; lorsqu’il boit, il boit beaucoup trop. De ce fait, il lui arrive souvent de perdre de vue ses objectifs et sa capacité à mentir et jouer la comédie. Une goutte de trop, et le gaillard calculateur et malicieux se transforme en un ivrogne pleurnichard et grossier capable de se mettre en danger grave. Pour ne citer que quelques exemples, il lui arrive de provoquer des bagarres perdues d’avance, de s’effondrer en pleurs au petit matin après s’être fait rembarrer par une passante ou bien de s’endormir dans son vomi. L’élégance. Kant n’assume absolument pas son problème et voit, à travers chaque goulot, la promesse d’une bonne journée.

Son second travers, bien moins fâcheux mais tout aussi irrésistible, est son extraordinaire fascination pour la gent féminine. À 22 ans bien tassés, Kant se rêve en Don Juan, séducteur irrésistible aux multiples conquêtes. En vérité, même s’il jouit d’une certaine facilité à aborder les filles -lorsqu’il est sobre-, le gaillard n’est au fond qu’un petit garçon éblouit par le charme, la grâce, l’allure et la beauté des femmes. Ce sont elles qui entretiennent, depuis son adolescence, son romantisme et sa sensibilité. Aussi, s’il n’hésite pas à jouer la comédie et use de stratagèmes en tout genre pour susciter les faveurs et l’attendrissement de celles qu’il convoite, ce n’est jamais avec d’arrières pensées lubriques. Il est touchant, parfois, de l’entendre déclamer des poèmes à n’en plus finir ou de l’apercevoir courant sous la tempête pour rejoindre sa belle. Enfin, bien entendu, Kant reste lui-même très influençable et facile à tromper. Il n’a pas l’œil pour repérer les briseuses de cœur ni le recul pour s’apercevoir qu’il est parfois tourné en bourrique. Tout comme avec l’alcool, Kant se refuse à voir que son attrait pour le sexe opposé peut modifier considérablement ses croyances, son comportement et, de fait, sa personnalité.

Biographie


Sculpte-moi un mouton
Notre histoire commence à North Blue, sur une île peu fréquentée en raison de l’ennui profond qu’elle suscite chez les quelques touristes mal informés qui s’y rendent. Cette motte de terre flottant à la surface de l’océan, c’est Tanuki. Plus que pour son cruel manque de distraction, l’île est connue pour ses nombreuses bergeries où sont élevés des moutons. Pas du vulgaire bétail, loin de là, mais de somptueux moutons chéris et reconnus pour l’exceptionnelle qualité de leur toison, douce et délicate. C’est d’eux que Tanuki tire son authenticité. Ils évoluent par centaines dans un merveilleux paysage et occupent les pâturages verts émeraude qui s’étendent jusqu’aux pieds de sublimes montagnes. C’est dans ce décor idyllique que grandi Kant, qui, à ce moment de l’Histoire, se fait appeler simplement Tanuki.
*
Ce n’était pas dans une bergerie mais dans le village portuaire de l’île qu’habitait Pan, la mère de Tanuki. C’était une femme douce, élégante et dotée d’une force extraordinaire. Depuis qu’elle avait débarqué sur l’île, elle s’était forgé une réputation de matelot exceptionnel. Expérimentée dans l’art de la navigation, Pan passait l’essentiel de ses journées en mer, parfois pour prêter main forte aux pêcheurs, d’autres fois pour transmettre son savoir-faire aux moussaillons. Elle fût une mère très attentionnée pour Tanuki, enfin, jusqu’à ce qu’il apprenne à marcher, lire et compter, car elle estimait qu’une fois ces facultés acquises, le jeune homme pouvait amplement se débrouiller seul. Lorsqu’il eut sept ans, Tanuki dut passer l’essentiel de ses journées seul. Sa mère refusait de l’amener au port où elle travaillait quotidiennement.

Au réveil, Tanuki avait l’habitude de se plonger dans les nombreux livres de la bibliothèque que sa mère mettait un point d’honneur à garnir. Il s’intéressait à tout et n’importe quoi, excepté la navigation, domaine exclusif de sa mère, dont il refusait d’apprendre les ficelles par esprit de contradiction. Histoire, géographie, zoologie, botanique : tout y passait. Mais plus que l’érudition, le jeune garçon consacrait son temps à l’apprentissage de la sculpture d’armes auprès d’une célèbre figure de l’île, Hojimo Kanemitsu. Ce forgeron de renommé, qui travaillait depuis plus d’une décennie à la garnison de la marine, s’était pris d’affection pour le jeune Tanuki. Il était lui-même le père très attentionné d’une jeune fille à qui il transmettait son savoir-faire. Lorsque cette dernière s’absentait, Tanuki en profitait pour lui piquer sa place et apprendre du génie de Kanemitsu. Pendant près de trois ans, le jeune apprenti s’essayait à la sculpture de lances, d’arcs et de flèches, qui parfois s’avéraient être particulièrement réussis. Sculpteur de génie, Kanemitsu tint d’abord à transmettre au petit Tanuki l’art de faire naître des armes du bois, avant de lui enseigner l’usage de la forge. Le jour de ses dix ans, alors qu’il s’évertuait à tailler les meilleures flèches possibles, Tanuki fut interrompu par le maître forgeron.

« J’ai examiné l’arc que tu as terminé hier. Il est robuste et puissant, tu n’as pas négligé un seul détail. C’est du bon travail. »

A ces mots, le vieil homme tendit dans ses mains quelque chose, emballé dans un doux chiffon blanc, tissé avec la laine locale. Tanuki s’en saisit et découvrit avec émerveillement deux superbes ciseaux à bois, longs de soixante centimètres, munis d’une lame d’acier trempé de qualité et finement travaillée sur un manche en noyer. Comme pour le gratifier de ses efforts, Kanemitsu offrait ces superbes outils de sa conception au jeune disciple, qui ne s’en séparera plus. Après l’avoir grandement remercié, Tanuki prit le chemin de sa maison, sans se douter qu’il saluait son maître pour la dernière fois.

Alors que la nuit commençait à tomber, Tanuki arrivait tranquillement chez lui à l’heure du dîner, comme d’habitude. Lorsqu’il ouvrit la porte, il fut soudain saisi d’une terreur fulgurante devant le corps de sa mère qui gisait sur le sol. Il eut à peine le temps de s’écrier qu’il entendit derrière lui la voix d’un homme, murmurant quelques mots inaudibles et sombra brusquement dans le noir total de l’inconscience.
Stupeur et bêlements
 Le soleil se lève sur la mer et dans la lumière se dessine les contours d’une fière caravelle, battant les flots en direction du Nord. Sur ce superbe navire peint d’un bleu qui n’est pas sans rappeler la couleur de l’océan, s’affaire un équipage qui ne compte pas plus d’une dizaine de membres, mais dont l’habileté et l’expérience se devinent. Sur le pont, deux hommes discutent. L’un d’eux est le capitaine. Richement vêtu, il arbore de nombreux bijoux, une cape noire et un sombre tricorne qui le distinguent aisément des autres marins. Son allure n’est pas sans rappeler celle d’un pirate, mais il suffit de lever les yeux vers le pavillon pour s’apercevoir qu’il ne s’agit pas là d’un navire de forban. Aux pieds des deux hommes, un petit garçon étendu, se réveille péniblement
*
 Le dixième anniversaire de Tanuki était sans comparaison possible le plus … mémorable. Lorsqu’il ouvrit les yeux, il ne parvint pas tout de suite à comprendre où il se trouvait, ni même à se souvenir de comment il y était parvenu. Après quelques secondes, l’image de sa mère étendue sur le sol de son foyer lui fit l’effet d’une gifle à étourdir un âne. Tandis que des larmes ruisselaient sur ses joues, il fut saisi de terreur une seconde fois : deux parfaits inconnus se tenaient devant lui. L’un d’entre eux s’approcha. C’était un homme ventripotent, affublé d’un long manteau gris rapiécé, d’une grosse paire de lunettes loupe et qui portait à la ceinture d’étonnants d’objets comme des fioles à potion, des pinces coupantes et des pièges à loups. Il dégageait une forte odeur d’alcool, son teint rougeaud et ses yeux vitreux ne laissaient planer aucun doute sur son rapport à la boisson. Titubant légèrement, il s’accroupit à hauteur de l’enfant.

« Eh ben, petiot… ! En v’la une mine de dé… de déconfi… Déconfite ! que tu nous tires ! C’est l’air marin qui t’fait cet effet ? Tiens, v’la la cure. »

A ces mots, il tendit une bouteille de vin au jeune garçon effrayé. Bien qu’il ne semblât pas empreint de mauvaises intentions, l’homme avait une telle allure qu’il terrorisa un peu plus Tanuki qui se mit à pleurer bruyamment, ce qui eut l’air d’agacer le second individu qui lui faisait face. C’était un homme grand, élégant, au visage dur. Ses vêtements sombres et son chapeau lui donnaient un aspect des plus menaçants et son regard perçant et réprobateur glaçait davantage le sang du jeune garçon.

«  Oh, Xa ! » s’exclama-t-il « C’est pas par le goulot que tu comptes débuter ton enseignement j’espère ? J’ai bien assez d’un ivrogne sous mes ordres ! ».  

Dans un élan de courage, ou plutôt d’abandon, Tanuki laissa s’échapper ces mots :

« C’est vous, c’est vous qui avez tué ma mère !? »

Xa l’ivrogne se redressa tant bien que mal et semblait attendri par le désespoir de l’enfant. Il recula d’un pas tandis que l’homme au tricorne, visiblement amusé, se fendit d’une longue tirade.

« Tué qui ? Pan ? Qu’est-ce que tu peux être sinistre ! Ahah, non, non,  c’est elle qui va finir par me buter … pas l’inverse ! » Il sortit de sa poche une petite fiole étiquetée, l’observa quelques instants, avant de reprendre : « C’est de l’extrait de Nemuri … une plante … très rare, aux propriétés soporifiques. Une seule petite goutte suffit à faire ronfler n’importe qui pendant des heures. Tuer ? Non, j’ai simplement fait sombrer Pan dans un sommeil profond pour pouvoir lui dérober tranquillement son stock de laine. Faut dire qu’elle sait s’y prendre, la frangine. Quand j’ai eu vent des trafics fructueux qu’elle organisait au port de Tanuki, je me suis dit qu’en plus de te récupérer, j’allais profiter pour taper un peu dans ses recettes. »

Bien qu’il fût fort impressionné, Tanuki était assez lucide pour comprendre ce que son ravisseur lui révélait. Immanuel Don, c’était son nom. Capitaine de la caravelle, il était le jumeau de Pan, qui sous ses allures d’honnête navigatrice, était en fait, comme son frère, une contrebandière.

« Tanuki ? C’est le nom qu’elle t’a donné ? Ahaha ! Elle s’est pas emmerdée ! Tu t’appelles Immanuel Kant, et tu es mon … enfin, non, rien.  Je l’ai payé une fortune en échange de quoi elle a accepté de t’élever jusqu’à ce que t’aie l’âge de nous être utile. Arrête de pleurnicher ! Déjà que t’es pas bien épais… je commence à douter d’un jour avoir retour sur investissement … Fin, mon sang coule dans tes veines, tu feras surement un contrebandier…potable. Xa va t’amener dans ta piaule, bienvenue à la maison. »

A ces mots, Don lança ce qui semblait être un balluchon aux pieds du jeune garçon fraîchement rebaptisé. Kant, hésitant, ouvrit le sac et y découvrit plusieurs de ses effets ; quelques livres, ses habits en laine de mouton, ses ciseaux à bois et d’autres babioles personnelles. Cela lui fit soudainement chaud au cœur et même s’il était encore sous le choc, cette attention suffit à le convaincre qu’il n’était pas en danger de mort. Xa l’aida à se relever et tentait d’avoir l’air rassurant en le menant tranquillement à l’intérieur du navire. Devant une cabine, ils s’arrêtèrent :

«  Voilà p’tiot. C’est là que c’est chez toi. J’y suis juste à côté moi, là, passe-moi voir ce soir pour te dé.. déshy, t’hydrater ! Tu verras bin, c’une bonne chose que tu nous y rejoignes. N’faut pas pleurer comme ça, tu m’y fais de la peine. »

Il posa chaleureusement sa main sur l’épaule de Kant, avant de s’éloigner vers sa propre cabine dans un tintamarre infernal, causé par le cliquetis des pièges à loups qui pendaient à sa ceinture. Chamboulé, le jeune enfant s’empressa d’ouvrir la porte devant laquelle on venait de l’arrêter, pressé de pouvoir se réfugier seul entre quatre murs. Lorsqu’il entra, il s’aperçut avec effroi qu’une jeune fille, qui semblait un peu plus âgée que lui, était attachée et bâillonnée au sol. En détresse, son regard implorait à l’aide. D’un bond, Kant se jeta vers elle pour la libérer, ciseau à la main. Mais à l’instant même où il s’apprêtait à trancher ses liens, ces derniers se desserrèrent d’eux-même et la jeune femme, libre de ses mouvements, porta un violent coup de genou au menton du pauvre enfant qui s’effondra. Elle se saisit alors du cordage pour ligoter sa victime, en arborant un sourire narquois et satisfait. Complètement déboussolé, ficelé et muselé, Kant fixait du regard l’élégante et effrayante jeune femme qui s’emparait de son balluchon.

« Ça, c’est pour moi. Hihihi, première leçon ! Il ne faut pas prendre l’habit du moine avant de l’avoir tué !  Nyaaaah, mais t’es encore plus mauvais que t’en a l’air, tu survivras pas une semaine sur Zaun ! »
Voyage au bout de la meute
Après quelques escales et un long voyage, la caravelle d’Immanuel Don le « commerçant », s’approche enfin de l’île où est basé son quartier général, l’île où il est né : Zaun. Lugubre, brumeuse, inquiétante : tout le contraire de Tanuki. L’île est bordée par de hautes falaises escarpées et semble inhospitalière à première vue. Lorsqu’on y pénètre, on s’aperçoit qu’elle l’est : l’espace, saturé comme l’air, manque. L'expansion urbaine démesurée dévaste le paysage et la pollution s'installe durablement à cause de la multiplication des usines d'armement. C'est dans ces ruelles sombres, encombrées et asphyxiantes que débute la nouvelle vie de Kant, au milieu d’inconnus zélés et au sein d’une nouvelle famille, qui n’en a que le nom.  
*
Aux abords de l’unique coin de verdure de Zaun, à l’orée d’une forêt sombre et dense qui subsiste miraculeusement sur l’île polluée, se trouvait le quartier général d’Immanuel Don. Cet immense repère tout de pierre et d’acier comportait une grande salle avec de nombreuses machines destinées à la production d’armes, une forge, une menuiserie ainsi qu’un espace dédié à l’artisanat. Au premier étage, on y trouvait un laboratoire, un cabinet médical, plusieurs espaces aménagés en ateliers et même une boutique. Enfin au dernier étage, des cabines étaient réservées aux membres de « l’Affaire ». C’est là, loin du port, des montagnes et des moutons, que Kant vécut pendant des années.

L’Affaire était une structure hiérarchique présidée par Immanuel Don, spécialisée dans la contrebande, la fraude et l’escroquerie. Afin de proposer différents services et d’être apte à profiter de tout type d’opportunité, le maître contrebandier s’était entouré d’un large panel de Zauniens réputés parmi les meilleurs dans leur domaine. Le premier lieutenant de cette organisation, le Professeur Xa, était un brillant botaniste qui excellait aussi dans de nombreuses disciplines, telles que l’alchimie, l’ingénierie ou la médecine. Pilier de l’Affaire, Xa s’était vu confié la mission primordiale de superviser la formation du second lieutenant. N’étant lui-même qu’un piètre combattant, il s’agissait de doter l’Affaire d’un nouveau pilier offensif, fidèle et dévoué. Le premier espoir était Kaétra, une jeune esclave que Don s’était offert et qui s’était révélée être une excellente combattante. Une fois libre, elle prêta allégeance au maître contrebandier et lui offrit ses services. Ce n’est que quelques années plus tard qu’elle eut connaissance de l’existence de Kant, le fils de Don, dont il s’était débarrassé lors d’une escale sur Tanuki.

Sur Zaun, tout le monde semble habité par la même idéologie inébranlable, l’extrême nécessité d’être le meilleur. Le sens de la compétition et l’idée que la place des individus est avant tout déterminée par leurs choix sont omniprésents. Certes, cette philosophie pousse les Zauniens à se surpasser dans tous les domaines, mais elle fait peser sur eux une atmosphère oppressante où l’empathie et l’indulgence s’effacent. C’est dans ce milieu que grandit Kant pendant plus de dix ans, se révélant parfois à la hauteur de la tâche qu’il serait peut-être amené à occuper. C’est auprès du Professeur Xa qu’il en apprit le plus et c’est à son contact qu’il développa la même maladie que lui : l’alcoolisme. Dans son laboratoire, au quartier général de l’Affaire, le premier lieutenant inculquait avec rigueur tout son savoir sur la flore présente dans la forêt Zaunienne et dans le monde, sur les multiples propriétés des plantes et surtout sur les moyens d’en user. Kaétra ne s’intéressa qu’aux bases nécessaires en la matière, tandis que Kant lui semblait privilégier l’enseignement du professeur au détriment des disciplines martiales. Sabreur redoutable, Immanuel Don s’était procuré deux lames d’exceptions et en avait fait cadeaux aux deux concurrents pour pouvoir leur dispenser un entraînement rigoureux. Lorsqu’il reçut ce sabre, Kant s’en débarrassa dans la foulée à l’un point de vente de la ville, indifférent au courroux de son géniteur. Le jeune homme refusait catégoriquement tout entraînement au sabre ou à l’épée, cette discipline suscitant en lui un dégout similaire à celui qu’il entretenait pour la navigation. Cependant, sa progression en tant que combattant était surveillée de près. Jamais Kant ne se sépara ni de ses ciseaux à bois ni de sa passion pour la sculpture, il continua pendant des années à parfaire sa maîtrise. S’il devînt capable de sculpter de magnifiques figures de proue, il développa aussi son talent pour la confection d’arcs en bois puissants et robustes, dont il se servait avec adresse. Son style de combat, hétéroclite, avait déjà fait ses preuves.

Les années s’écoulèrent au gré des différentes opérations commerciales, des vols et des recels que menait l’Affaire pour prospérer. Ces dix années passées sur Zaun forgèrent en grande partie la personnalité de Kant, il y développa sa curiosité, ses talents, son savoir, ses vices... Et surtout, il fût heureux. Au contact du Professeur Xa, de Kaétra, mais aussi de tous les associés de l’Affaire avec qui il partagea des expériences significatives, il fût heureux. Le matin de son vingt-et-unième anniversaire, des hurlements sortirent le jeune-homme de son sommeil pour le plonger tout aussi vite dans une effroyable gueule de bois.

« Nyaaaah l’Agneau, debout ! Debout ! Debout ! Tu dormiras plus tard sur les deux oreilles de Morphée, on est attendus ! »

Kant ne comprenait pas comment Kaétra pouvait être si pimpante et si matinale, elle qui la veille s’était tant saoulée. Et plus d’être réveillé de cette manière, il détestait qu’elle le surnomme « l’Agneau » en raison de son origine, de sa petite taille et de sa fragilité supposée. Sans se presser, le jeune homme se glissa hors de son lit et enfila son bonnet, avant de descendre, tranquillement, jusqu’à la cabine du capitaine. A peine eut-il le temps d’entrer que Kaétra lui porta un coup violent au thorax avec le pommeau de son sabre. Agenouillé et le souffle coupé, Kant releva difficilement la tête pour la défier regard. Assis à son bureau, Immanuel Don prit la parole :

« C’est de ma part. Tu es pathétiquement lent, en plus d’être ridiculement petit. Écoute … tu n’es pas sans savoir que chacun d’entre nous ici occupe sa place parce qu’il est le meilleur. Même si tu passais ta vie aux côtés de Xa, jamais tu ne deviendras meilleur botaniste. J’ai à mes côtés l’un médecin d’Ord Mantell, l’un des meilleurs peintres, des meilleurs faussaires, des meilleurs artificiers, des meilleurs ingénieurs et j’en passe… Et toi ? Dans quoi excelles-tu, au juste ? » Il marqua une pause, pendant laquelle Kant se releva.

« Tu n’es pas là pour sculpter du bois, Immanuel Kant. Le temps est venu de faire vos preuves. L’Affaire a besoin d’un second lieutenant pour mener des opérations sur des îles dangereuses et nous attendons tous de savoir lequel de vous deux est le plus à même d’occuper cette position. Demain, à l’issue de votre affrontement, l’un d’entre vous sera exilé à Nar Shadaa ».
La louve et l’agneau
Le soleil se couche et Zaun est encore en pleine ébullition, tous ici luttent pour la première place, seuls les lâches et les indétrônables premiers prennent du repos. Cependant, on trouve dans les ruelles enfumées en bordure du port quelques établissements proposant boissons et distractions. Au comptoir d’une gargote, un jeune homme enchaîne les verres à une vitesse folle. Face à lui, une jeune demoiselle qui n’est pas en reste, s’enfile des canons.
*
«  Hihihihi ! Tu vas m’manquer quand tu seras là-dessous, chez les pouilleux. Nyaaaah eh, dis-moi ! Tu vas pas te servir de tes petits couteaux à bois j’espère ? C’est la taille qui compte, pas comment qu’on s’en sert ! »

Elle était belle. Malgré toute la cruauté qui l’habitait, malgré ses combines, ses accès de violence, Kaétra était une magnifique jeune femme. Auprès d’elle, Kant était devenu un génie dans l’art de la manipulation. C’est elle qui lui enseigna comment se faire plus menaçant qu’il n’y parait ou au contraire, comment faire le dos rond pour obtenir ce qu’il convoite. Pendant les nombreuses missions qu’ils eurent à accomplir ensemble, les deux camarades rivaux s’étaient sauvés mutuellement de nombreuses fois. Sans jamais se l’être avoué, ils s’appréciaient.

« Si tu lisais un peu plus… Tu saurais qu’il existe des bretteurs si puissants, qu’ils peuvent vaincre n’importe quel sabreur avec une lame… minuscule. » répondit Kant, sèchement.

« Nyaaaah n’yaaaa … Bon ! Je retourne à l’Affaire. A demain suffit sa peine, à plus l’Agneau ! » lança Kaétra en se dirigeant vers la sortie du bistrot.

S’il avait toujours détesté ses dictons erronés, ses airs hautains et sa violence gratuite, Kant ressentait pour Kaétra une tendresse infinie qui, il en était conscient, l’empêcherait de gagner le duel qui les opposerait. Quelques verres plus tard, il reprit à son tour le chemin du quartier général et monta directement dans sa cabine, sans s’adresser à personne. C’est alors que son regard fut attiré par un objet brillant posé sur sa paillasse : une cotte de maille. Un objet magnifique d’une blancheur écarlate, léger et résistant, que Kant n’eut aucun mal à reconnaître. Il s’agissait là d’un des plus précieux trésors jamais dérobé par Kaétra et qui lui avait valu les félicitations de tous les membres de l’Affaire. Ce présent, qui était sans aucun doute le gage le plus sincère de leur amitié, émut le jeune homme aux larmes. Une lettre était posée à côté.
« Cher Kant,
Ces verres que nous venons de boire, c’était pour fêter ta promotion : te voilà second lieutenant de l’Affaire, félicitations. Je te confie ce petit bijou pour marquer le coup, j’espère qu’elle te servira. Je n’ai pas eu le courage de t’annoncer que je renonçais à t’affronter pour seconder Don. Je n’en ai tout simplement pas la force.
Je ne peux rester sur Zaun car même si « tuer tue le business », Don n’hésitera pas à me faire assassiner pour m’être lâchement dérobée et je refuse d’aller vivre en bas, à Nar Shadaa, au milieu des pouilleux et des perdants. Je partirai demain au crépuscule. J’ai trouvé un emploi à bord d’un navire marchand.
A plus,
Kaétra »

Kant lut la lettre avec une telle consternation que ses larmes s’arrêtèrent soudain de couler. Jamais il n’aurait pu s’imaginer que Kaétra soit capable de prendre une telle décision, elle qui avait tant de volonté et d’ambition. D’un bond, il sortit de sa cabine et se mit à courir à travers les couloirs de l’Affaire, montant les escaliers jusqu’à parvenir devant la porte de la chambre de sa rivale, qu’il enfonça violemment. La cabine était totalement vide.

La nuit sembla défiler à toute vitesse. Dès qu’il eut compris l’irrévocabilité de la décision de Kaétra, Kant fit le choix de déserter également. Cette lettre était finalement une aubaine pour lui, tant il redoutait d’avoir à affronter celle qu’il considérait affectueusement comme une amie, bien plus que comme une simple concurrente. Il s’imaginait maintenant qu’ils partiraient tous les deux loin de Zaun, peut-être même sur Tanuki ? La nuit filait. Kant n'en finissait pas de rassembler toutes ses affaires et tandis qu’il rangeait son mortier, son herbier et ses pièges à loup, il eut une pensée tendre pour le Professeur Xa, à qui il ne pouvait raisonnablement pas se permettre de dire au revoir. Quand, au petit matin, l’Affaire aura eu vent de leur départ, tous ceux dont ils avaient été les disciples se lanceraient à leurs trousses sur ordre de Don, qui ne tolérerait pas un tel affront. Avant l’aube, Kant se glissa à travers les couloirs de l’Affaire en marchant à pas de loup et s’en alla sans se retourner.

La forêt tout près du repère d’Immanuel Don semblait être le meilleur endroit pour se cacher pendant la journée, mais Kant craignait de louper le départ de Kaétra. Il était angoissé à l’idée de ne pas la retrouver à temps, de ne pas pouvoir s’enfuir avec elle ou pire, qu’ils soient découverts et empêchés de quitter Zaun. Il décida alors de passer la journée tout près du port, n’hésitant pas un instant à se délester d’une large part de ses économies pour soudoyer le propriétaire d’un des bistrots dans lequel il avait l’habitude d’aller. Le tenancier s’engagea à cacher Kant dans sa cave jusqu’à la fin de la journée et jura, contre une généreuse rémunération, de ne pas le dénoncer si un quelconque membre de l’Affaire venait le chercher jusqu’ici. Contrairement à la nuit passée, cette journée d’attente semblait ne jamais vouloir se terminer.

Quand les rayons du soleil s’étaient enfin affaissés, Kant remercia le patron du bar et prit la direction du port. Chargé comme une bourrique, il craignait d’attirer l’attention avec son énorme sac à dos, sans compter le fait qu’il tanguait irrémédiablement du fait d’avoir vidé quelques précieuses bouteilles planquées dans la cave. Il ne restait à quai que deux embarcations qui semblaient devoir lever l’ancre dans la soirée. Tandis que le soleil descendait à l’horizon, Kant s’installa tout près des navires et ouvrait l’œil, impatient de retrouver Kaétra. Soudain, il l’entendit hurler :

«  Nyaaaah Tadaaa ! Alors, il est pas génial vot’ second lieutenant ? J’étais sûre qu’il serait là ! »

En se retournant vers elle, Kant s’aperçu, interloqué, qu’elle était accompagnée de ses nombreux pairs de l’Affaire.

« Tel est la prise qui croyait se prendre ! » Lança Kaétra, s’esclaffant, avant de reprendre : « Mais comment j’te connais trop l’Agneau ! Par contre là, j’pensais vraiment pas que ça marcherait ! T’as vu comment qu’elle était écrite la lettre, sérieux ?! Nyaaaah, j’arrive pas à croire que tu t’es douté de rien ! c’est trop fou ! »

Kant était prostré, assis par terre adossé à son énorme sac. Peppy H, faussaire de génie, qui avait enseigné tout son art aux deux jeunes disciples, s’avança dans un silence empreint de dignité. Il était au courant de l’entourloupe de Kaétra, pour la simple et bonne raison qu’il avait lui-même rédigé la fausse lettre d’adieu et s’il s’était tant appliqué à l’écrire, c’était sans nul doute pour mettre la puce à l’oreille de Kant afin que ce dernier ne tombe pas dans le panneau. D’un ton compatissant mais ferme, il lança :

« Tu ne t’es pas présenté à l’affrontement aujourd’hui, Kant. En conséquence, tu es déclaré perdant. Nous t’amenons à l’Affaire, où l’on y décidera de ton sort. »
Le sauveur des agneaux
Loin, très loin sous la surface du sol réchauffée par les rayons du soleil, l’obscurité qui règne à Nar Shadaa fait presque oublier à ceux qui peuplent ce dédale souterrain qu’ils sont sur l’île de Zaun. Immense, méconnu et surtout hostile, cet endroit regorge de créatures abominablement dangereuses. C’est ici que terminent les Zauniens qui ne sont pas « numéro 1 », autrement dit, une part non négligeable de la population. Aux abords de rustres cabanons rongés par la pourriture, un jeune garçon est assis, ciseaux à bois à la main, prêt à défendre ses biens des nombreux charognards qui l’épient dans l’obscurité.
*
Quelques semaines s’étaient écoulées depuis ce fameux jours où Kant s’était une nouvelle et dernière fois fait piéger par Kaétra. Cette dernière, en l’absence d’adversaire, s’était vue promut « second lieutenant d’Immanuel Don » et « pilier offensif de l’Affaire ». Titres honorifiques aux maintes prérogatives et responsabilités qui laissaient Kant indifférent. Cependant, le jeune homme commençait à penser qu’il aurait été préférable d’exercer cette fonction plutôt que de croupir à Nar Shadaa, dans les entrailles souterraines de Zaun. En ce jour où il fut arrêté et amené de force à l’Affaire pour y être jugé pour désertion, Kant pensait qu’il ne survivrait pas jusqu’au lendemain. Or, c’était sans compter sur l’appui de Kaétra, de son ancien précepteur le Professeur Xa, ainsi que de celui de tous les autres membres de l’Affaire. Ils s’étaient unanimement opposés à son exécution et à l’issue d’un vote majoritaire, Kant fut condamné à se terrer parmi les « loosers ». Avec sa fortune personnelle, le Professeur Xa avait acquis tous les biens que possédait Kant pour gracieusement les lui remettre. Dans son sac à dos, garnit de livres, d’outils et d’armes en tout genre, il découvrit une lettre estampillée du sceau du second lieutenant :
«  PS : arete de chialé
bon chance avec les looser louzeur amuse toi bien- jai fé mettre disse boutt bouteye bouteille de pinard de dans ton sac.
PS : Tou vien a poin a qui Toute l’attente vient a qui sait à point
Kaétra »

Durant sa première semaine à Nar Shadaa, Kant a frôlé la mort plus d’une fois. Entre les attaques de scorpions géants et les tentatives de meurtres des locaux, il avait dû se servir de ses armes à de nombreuse reprises, et parfois même tuer, toujours à contrecœur. Grâce à ses précieux pièges à loups, il avait su capturer d’énormes rongeurs qu’il partageait avec les habitants les plus faibles. Aider les autres « numéros 2 » qui, comme lui, avaient été condamnés à habiter dans l’immondice était devenue sa seule raison de poursuivre son existence. Les journées et les nuits se distinguaient à peine les unes des autres et rien à part les efforts nécessaires à sa survie n’occupaient Kant, qui songeait sérieusement à en finir. Jusqu’au jour où, lors d’une énième attaque de scorpions, une étrangeté tout à fait singulière attira son attention. Un homme qui semblait tout juste descendu de la surface vînt à bout de trois énormes scorpions en manipulant ce qui semblait être de la terre, modelée en plusieurs gros cônes pointus. Ces puissants pieux transpercèrent la carapace des scorpions qui périrent en un instant. S’il n’en avait jamais vu de ses propres yeux, Kant savait qu’il avait devant lui un utilisateur de Fruit du démon, ces puissantes sources de pouvoirs que l’Affaire s’échignait à dénicher, sans succès. Grâce à l’enseignement du Professeur Xa, le jeune homme connaissait l’existence de plusieurs de ces étranges pouvoirs, mais celui-là lui était complètement inconnu. Il prêta une attention toute particulière au discours de cet étrange homme venu de la surface. Il s’agissait d’un pirate du nom de Clotho, qui selon ses dires, dirigeait une île entière du nom de Rokade sur South Blue. Dans un long discours, il présenta à la fois sa vision étrangère à Zaun, qui ne donnait pas de valeur uniquement aux numéros 1, mais aussi sa volonté de recruter les habitants de Nar Shadaa afin de leur donner du travail sur son île. Dès lors qu’il eut terminé, Kant, comme une centaine d’autres locaux, prit la décision de se joindre à lui.
Tandis que Clotho patientait le temps que ses nouveaux ouvriers ramassent toutes leurs affaires, Kant s’était rué sans attendre à travers les galeries souterraines afin de regagner la surface. Eprit d’un nouveau sentiment de liberté et engaillardit d’espoir, il parvînt à la surface en moins de deux heures, lui qui pensait ne jamais y retourner. Très rapidement, il griffonna quelques mots au dos de la lettre de Kaétra et s’élança à toute vitesse vers le bar où elle et lui avaient l’habitude d’aller avant les récents évènements. Contre sa maigre bourse, il remit au patron du bistrot une lettre à l’intention du second lieutenant de l’Affaire. Puis, sans perdre un instant, il regagna le port où Clotho et ses hommes venaient de dérober un large navire. En compagnie des Zauniens de second rang, sous les ordres d’un pirate, Kant voguait maintenant vers South Blue. Il quittait Zaun le sourire aux lèvres et emportant avec lui une vive douleur encombrant sa poitrine.
«  Félicitations pour ta promotion,
Habile tricheuse, reine de l'incartade.
Ce n'est pas sans une certaine émotion,
Que je mets les voiles vers l'île de Rokade.  
Car malgré les coups bas, les maintes perfidies,
Je ne suis pas de bois, rien qu'un humble sculpteur,
Et quitter tes jupons m'est une tragédie,
Qui sème la peine dans mon âme et mon cœur.
PS : Prends soin de Xa et transmets-lui mes remerciements.
PPS : Arrête de chialer.
L’Agneau »

L’insoutenable légèreté de laine
Qu’elles sont loin, les plaines verdoyantes s’étendant à perte de vue, où les ouailles oisives broutent paisiblement l’herbe de Tanuki. C’est ce que semble murmurer la roche froide dont est constituée l’île de Rokade. Ce caillou perdu au milieu de la mer semble, aux premiers abords, inhospitalier. Et il l’est. Bordée de récifs menaçants, l’île est difficilement accessible pour les navires, sans compter sur les nombreuses créatures marines qui rôdent aux alentours. Pourtant, c’est sans trop de difficultés que parvient à accoster un bateau venu de North Blue, mené par le pirate Clotho avec à son bord une centaine de Zauniens, dont un jeune homme enivré, qui tâche de se faire discret.
*
Tandis que Clotho débarquait ses nouveaux hommes, ses derniers découvraient non sans surprise qu’ils venaient d’arriver sur une île assez sombre et rocailleuse. Mais l’air qui y régnait avait le parfum de liberté, ce qui, pour ces anciens habitants de Nar Shadaa, était merveilleux. Très rapidement, ils furent conduits au centre de l’île pour décider de leur future affectation. N’étant ni un brillant médecin ni un agriculteur, Kant fut affecté au chantier naval. Après quelques jours de repos et d’acclimatation, il fut conduit avec d’autres Zauniens sur son nouveau lieu de travail. Près du port, l’immense chantier naval réhabilité sous la houle de Clotho comptait de nombreux entrepôt, dont un dans lequel Kant officiait en tant de sculpteur. Pendant plusieurs semaines, il s’attela à sculpter plusieurs figures de proues ainsi que diverses pièces nécessaires aux charpentiers pour l’assemblage des mâts, des quilles et des allonges. Très formatrices, ces semaines permirent à Kant de reprendre du poil de la bête. Mais ces journées de labeur à répétitions commençaient à peser sur son moral, d’autant que Will, le directeur du chantier, n’était pas tendre avec ses ouvriers lorsqu’ils arrivaient bourrés comme des coings.

Une nuit, Kant empaqueta ses affaires et quitta l’habitation qu’on lui avait gracieusement mise à disposition. Soigneusement planifiée, sa désertion était minutieusement préparée car il n’avait aucune envie de tomber nez à nez avec Will ou pire encore, Paul Ochon, le représentant de Clotho sur Rokade. Depuis son arrivée, il avait ouïe dire qu’il existait sur l’île un village plutôt tranquille nommé Algeria dont il fit sa destination. Arrivé sur place, il se mit au service d’une petite bande de voyous qui vivaient de rapines en tout genre. Là encore, il put mettre ses talents à l’œuvre et n’eut aucun mal à se hisser dans la hiérarchie de la piteuse organisation.

L’année de sa libération de Nar Shadaa, de son installation sur Rokade et de sa nouvelle fonction de truand du dimanche arrivait à son terme. Kant n’avait pour autant pas le sentiment que son périple devait s’achever à Rokade et que cette île ne constituait qu’une étape sur sa longue route. Un jour, alors qu’il se promenait légèrement ivre en début de soirée dans les rues étroites d’Algeria, il trébuchât et renversa son verre de rouge sur son habit de laine, ce cher vêtement dont il ne s’était jamais séparé depuis son départ de Tanuki. Ce fut la goutte de vin qui fit déborder le vase et Kant s’effondra en pleurs. Il eut une pensée pour Pan, Kaétra et le Professeur Xa qui lui manquaient terriblement. En séchant ses larmes, il prit la décision de préparer sans attendre son départ pour ….

Informations IRL

  • Votre prénom / pseudo : Don
  • Êtes-vous majeur ? oui
  • Vous aimez / n'aimez pas : J'aime le soir, je n'aime pas le matin
  • Votre personnage préféré (de One Piece) : Franky
  • Vous vous définiriez comme : Idéaliste
  • Vous faites du RP depuis : Pas depuis des années
  • Vos disponibilités (approximatives) : deux soirs par semaine et le week end
  • Comment avez-vous connu le forum ? J'ai demandé à mère Google
  • https://www.onepiece-requiem.net/t25513-fiche-technique-de-kant
  • https://www.onepiece-requiem.net/t25484-presentation-de-kant
Hello Kant ! Présentation de Kant  3966657152

Je viens pour la validation de ta présentation. Présentation de Kant  1433839424

C'est une belle présentation que tu nous proposes là !

Concernant la forme rien à dire, tu as une belle plume et tes récits sont vraiment intéressants. Personnellement j'ai vraiment pris plaisir à te lire. Rien que pour ça bravo, le texte est fluide, drôle et émouvant, tu peux être fier de toi.

Pour ce qui est du fond c'est toujours agréable de voir des joueurs qui prennent le temps de se balader sur le forum et qui s'intéresse au contexte de certaines îles. Merci d'avoir pris ce temps !

On va toutefois avoir un problème concernant ta validation...
À un moment tu écris : « une arme de séduction massive »
Or je suis désolé mais les armes de destructions massives ne sont pas autorisées sur le forum.

Blague à part, bienvenue parmi nous !

Je te valide civil à 800 dorikis. J'ai hâte de voir ce que tu vas nous proposer pour la suite.

Prochaines étapes : le recensement de ton avatar et la confection de ta fiche technique.

N'hésite pas à passer nous voir sur le discord si tu as des questions,

Autrement envoie moi un MP sur le forum et j'y répondrai avec plaisir.
À bientôt sur les mers !  Présentation de Kant  545924882


Présentation de Kant  Unknown
  • https://www.onepiece-requiem.net/t24389-ft-d-hitoshi#255717
  • https://www.onepiece-requiem.net/t24342-manger-5-champignons-et-legumes-par-jour-hitoshi#255347