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Master & Commander : Le calme avant la tempête !

Durant des jours, j’avais l’impression de vivre en plein dans un délire psychotique, j’avais perdu tout sens de la réalité, ne sachant plus si je me trouvais dans un rêve ou la réalité… Parfois j’avais l’impression d’émerger, mais au final je retombais aussi tôt dans mon subconscient.
Le visage de Belhomme me hantait jour et nuit, ses yeux rouges et son absence totale d’humanisme faisaient de lui l’un de mes cauchemars favoris. Je revivais en boucle la scène de notre duel, avec les terribles blessures infligées, je n’étais qu’un simple spectateur, observant impuissant, pour la énième fois de ma défaite contre lui.  Cette sensation de n’être qu’un enfant face à un adulte me hantait ! J’avais l’impression de revivre mes combats lorsque je n’étais qu’un vulgaire môme à Last End ! Sa voix me sortait de torpeur, j’entendais sa maudite voix m’appelait à travers l’épais nuage de brume qui régnait dans mon esprit.

Puis j’ouvris finalement les yeux ! La première chose que j’entre aperçu fût le plafond qui trônait au-dessus de ma tête. La lumière pénétrait dans la pièce par les interstices d’un volet mal fermé. J’étais bien incapable de dire combien de temps j’avais déliré… Alors que je m’apprêtais à me redresser, une intense douleur parcourra tout mon corps. D’un rapide coup d’œil, je remarquais que j’étais recouvert de bandage sur la quasi-totalité de mon corps, à peu de chose près, je ressemblais à une vulgaire momie !
Les idées se bousculaient dans ma tête, petit à petit je refaisais le puzzle des derniers évènements. Tout s’était arrêté lorsque le plafond du palais s’était effronté sur ma tronche, depuis je n’avais plus aucun souvenir. J’étais vraiment curieux de connaître la suite des évènements et ce qu’il était advenu de Belhomme. Mais pour ça, il fallait encore que j’arrive à sortir de mon lit. Pur une fois, je notais, je n’étais pas enchaîné des pieds à la tête dans une geôle humide et puante la pisse. À ma deuxième tentative, je parvenais à me redressais, mes muscles me faisaient un mal de chien. Combien de temps j’avais passé dans cet état ?!!
À côté de mon lit se trouvait une petite table de chevet sur laquelle trônait un pichet d’eau ainsi qu’un verre, j’avais la gorge aussi sèche que le désert d’Alabasta. M’épargnant des mouvements inutiles, je décidais d’engloutir directement tout le pichet d’une traite.

Après plusieurs essais infructueux, je parvenais finalement à me mettre debout, j’avais d’horribles vertiges et ce fut un miracle que je ne m’étale pas de tout mon long sur le sol. Heureusement pour moi, la pièce était exigüe, et une âme charitable avait pensé à me mettre à disposition une canne en bois.
Clopinant vers la seule sortie de la pièce, je franchissais la porte sans la moindre appréhension, pour arriver dans un modeste salon illuminé de toute part.  La porte qui menait à l’extérieur était grande ouverte, je pouvais entendre dehors le bruit des mouettes et du vent sur les amarres. À peine j’avais fait deux, trois pas dans le salon, qu’un jeune adolescent se redressa subitement de sa chaise et détala à l’extérieur sans demander sa chaise.

« Qu’est-ce qu’il lui prend à ce gamin ?! »

Bien décidé à aller voir dehors pour avoir le fin mot de l’histoire, je continuais mon périple en me trainant comme un grabataire. J’avais d’ailleurs une faim de loup, j’aurais été capable de dévorer un sanglier entier, je pense. Mais les échos de pas dans ma direction me stoppèrent. Un petit groupe d’hommes entra dans la pièce, je n’eus pas de mal à reconnaitre Trembol et quelques vétérans.

« Capt’ain Jack ! Déjà debout ?! Je ne devrais plus être surpris depuis le temps, entre toi et Olek c’est un concours de monstruosité ! »

« Hein ?! Je me souviens juste d’avoir été enseveli sous une tonne gravas ! »

« Une tonne ?! Tu plaisantes, c’est toute la bâtisse qui t’est tombée sur la gueule ! N’importe qui à ta place serait déjà mort depuis bien longtemps. Sans parler des blessures infligées par ce Belhomme ! »

« Ah ! Il est où lui d’ailleurs ? Vous l’avez retrouvé ?! »

« Pas de trace dans les décombres, après on n’avait pas non plus le temps de tout déblayer… Mais je ne vois pas comment il aurait pu survivre là-dedans. Si nous ne t’avions pas sortie de là rapidement, monstruosité ou pas, tu aurais bouffé les pissenlits par la racine ! »

Je repensais subitement à son visage, ses yeux rouges et son effroyable puissance.

« Ça va Jack ?! « 
« Ouais, ouais, tu inquiètes… »


« Cela n’en a pas l’air en tout cas… Tu es blanc comme un cul ! »

« J’ai besoin de prendre l’air et le soleil ! Où sommes-nous ? Et j’ai faim bordel de dieu ! Tu as du rhum aussi ? Cela fait une éternité que je suis obligé à boire de l’eau ! »

« Nous sommes sur Mandrin Island, c’est une petite ile où transitent principalement des contrebandiers et quelques pirates, c’est tranquille ici, l’endroit idéal pour s’informer des dernières rumeurs et surtout pour se refaire une santé ! »

« Bien… Il y’a des femmes j’espère ! je vais finir par rentrer dans les ordres à ce rythme-là ! »

« Tu constateras par toi-même, en attendant le doc à qui était très clair te concernant, du repos ! »

« J’emmerde le doc, j’ai des escarts au cul à force de croupir dans le lit ! »

À ce moment-là, un petit bonhomme de l’âge de mon géniteur entra dans la pièce, il s’appuyait lui aussi sur une béquille pour se déplacer.

« Mais ?! Qu’est-ce qu’il fait debout celui-ci ?!! J’avais bien dit du repos ! »

« Du calme papi, je vais bien ! Assis  toi et bois un coup cela te fera du bien ! »

Il appuya le bout de sa canne sur mes côtes, me provoquant une vive douleur, m’obligeant à me tordre en deux !

« Je n’appelle pas ça allez bien ! Allez au lit la tête de bourrique ! Je n’ai jamais vu un patient avec autant de blessures survivre, c’est déjà un miracle d’être encore en vie, alors ne poussons pas le bouchon trop loin non plus ! »

« Certainement pas le vieux ! »

Je prenais sa canne par l’extrémité pour lui taper sur la caboche ! Celui-ci tomba immédiatement dans les pommes.

« Bordel Jack, mollo c’est le doc de l’ile, c’est lui qui t’a rafistolé ! »

« Rien à foutre ! Je n’aime pas qu’on me dise ce que je dois faire ! »

Après un moment d’hésitation, prenante conscience de ce que je venais de faire.

« Et puis merde, qu’on l’embarque ensuite sur notre navire, après tout, on a personne pour nous soigner. »

« Il ne voudra jamais ! Surtout après ce que tu viens de faire !! »

Je sortais finalement sur le perron, pour observer les alentours. Nous étions en hauteur, une flopée d’habitations et d’entrepôts en bois recouvraient tout le flanc de l’ile. Au centre se trouvait un port où mouillaient une dizaine de navires de ligne. Cela s’agitait comme dans une fourmilière tout autour de moi,  mais je pouvais sentir de plus en plus de regards craintifs à mon égard, les passants préférant faire un grand détour que venir à me rencontre. J’entendais ici et là, le mot « Supernova ».
Cela faisait un moment que je n’étais plus au fait des dernières nouvelles dans le monde de la piraterie.

« Trembol, c’est quoi cette histoire de Supernovas ?! Il y a une à proximité ? »

Après avoir rencontré l’un des lieutenants de Ravrak, je m’étais donné comme objectif de pouvoir me mesurer avec l’une de ces fameuses Supernovas, ce n’était ni plus ni moins que des pirates ayant une prime supérieure à cent-millions, de mémoire je n’étais plus très loin pour arriver moi aussi à ce statut.

« Comment ça tu n’es pas au courant ?! Ah oui merde, bah figures toi qu’il y’a deux supernovas sur ce petit bout de cailloux ! »

« Quoi ?!!! Deux ?!!! Qui ça ??!! Bordel, faut que je me remette vite sur patte, je rêve d’en éclater une ! »

« Du calme Jack… l’une des deux n’est autre que toi… »

« Comment ça ?!! Moi ? Qu'est ce que j'ai fais ?! »

« Regarde ça ! »

Master & Commander : Le calme avant la tempête ! Prime10


« Et la deuxième ?! »

« Bah c’est Olek ! »

Master & Commander : Le calme avant la tempête ! Prime_10

« Quoi ? Il a une prime supérieure à la mienne ce con ?! Comment cela se fait ?!! En plus il à une sale gueule sur sa photo ! Il doit avoir une erreur, pas possible qu'il soit plus recherché que moi ! Il à fait quoi pour avoir autant ?! Il est où d'ailleurs j'ai deux mots à lui dire sur sa ponctualité ! Rien que pour ça, le Gouvernement doit lui retirer au moins 19 millions !! »
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- Alors comme ça on est jaloux ?

Olek arrivait derrière Jack avec une caisse remplie de bouteilles de rhum, à ses côtés, Cechan et quelques autres le suivaient avec des cargaisons similaires: beaucoup de Whiskey de Drum et des litres de Tequila d'Alabasta. Tous avaient bien meilleure mine que quelques jours auparavant, mais aucune de leurs blessures n'était encore guérie, des poches sous les yeux, des cannes sous le bras, des attelles et des bandages sur tout le corps. Si ce n'était leurs sourires et regards pétillants de malice, on les prendrait pour des patients en phase terminale. Ça riait et ça s'insultait gaiment avec l'euphorie de ceux ayant échappés de peu à la mort. Le colosse poussa Jack du bout du pied pour l'inciter à avancer. Les mains pleines, il pointa de la tête une cabane en contrebas, la plus grosse bâtisse de l'île, ce qui ne voulait pas dire grand-chose. Mais des beuglements d'ivrognes en échappés, couplés avec quelques rires cristallins et aguicheurs.

- Tu vois la baraque sur la plage là-bas ? Là où y'a les cocotiers et les filets de pêcheur ? C'est là qu'on va ! J'ai cru t'entendre dire que tu voulais de l'alcool et des femmes ! Ça fait une semaine que tu dors et que nous on s'amuse ! Je vais te présenter la grosse et belle Berta ! Je suis sûr que c'est ton style !

Olek éclata de rire en lui emboitant le pas. Ils marchèrent tranquillement, sans se presser, profitant du soleil et du vent marin qui caressaient leur visage. Aucun d'eux ne se rappelait de la dernière fois qu'ils avaient pu se laisser aller comme ça, à profiter de l'instant présent sans risquer de se prendre une balle ou une lame. Probablement jamais. Des accolades fraternelles, des clins d'œil, une complicité née de plusieurs mois en mer et en guerre à se sauver mutuellement la peau. La troupe de criminelles n'était plus un groupe dépareillé de chiens galeux, incapables de passer cinq minutes sans regarder derrière leurs épaules. Ils étaient enfin une équipe, connaissant les forces et faiblesses de chacun, mais surtout ils savaient qu'ils pouvaient compter les uns sur les autres. Cet équipage, cette camaraderie, était probablement le plus beau cadeau qu'un pirate pouvait espérer avoir au long de sa carrière, et eux l'avaient enfin trouvé.

Ils ouvrirent en grand et d'un coup sec les portes battantes qui claquèrent bruyamment. Un silence de plomb se fit entendre et tous fixèrent les nouveaux venus, la tension sembla monter instantanément. Des perles de sueur coulèrent sur le front des habitués, des bouches se crispèrent, puis se fut la débâcle totale, les gens hurlèrent de joie et trinquèrent de leurs verres à moitié vides, applaudirent et sifflèrent les nouveaux venus comme s'ils étaient l'équipage de Mugiwara réincarné.

- Regarde comme ils t'acclament Jack ! C'est ça d'être des SUPERNOVAS mon salop !

En vérité, ce qu'ils acclamaient et attendaient tous, c'était les dizaines de caisses d'alcool qu'Olek et les autres transportaient. Mais loin de lui l'idée de gâcher un si bon moment à son pote. Pour le coup cependant, certains étaient vraiment impressionnés de voir enfin la paire réunie, le duo qui commençait à faire trembler les îles et royaumes. Tout doucement, mais surement, semblable aux prémices d'un tremblement de terre qui ne fait sursauter que quelques cailloux, pour finalement détruire des villes entières.

Une table immense était libre au milieu de la pièce, avec dessus des dizaines de cadavres de bouteilles et deux trois gars de l'équipe déjà ivres morts en train de roupiller. Olek claqua fortement sa caisse sur la table, autant pour les réveiller que pour faire taire les bruits et attirer l'attention.

- MESSIEURS ! MES BONNES DAMES ! AUJOURD'HUI ET COMME DEPUIS UNE SEMAINE, C'EST OPEN-BAR !!

Les hurlements reprirent et les bouteilles furent distribuées comme des petits pains. Le colosse blond s'assit en face de Jack, récupéra deux des meilleures fiasques de rhum qu'il avait pu dénicher et en tendit une à son frère de guerre.

- Cul sec mon grand  ! À nous et à notre histoire qui ne fait que débuter !


Dernière édition par Olek le Sam 11 Fév - 10:11, édité 1 fois
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J’avais rapidement oublié le fait que je devais passer un savon à cet enfoiré d’Olek. Je retrouvais enfin, après tout ce temps, les joies des plaisirs simples de la vie. Des femmes, de l’alcool et de la camaraderie ! En revanche, je n’oubliais pas une chose, ma récente défaite contre Belhomme. Je portais encore sur l’ensemble de mon corps les stigmates de notre rencontre. Bordel de chiotte, je souffrais le martyre à chaque bouffée d’air, et mes plaies nécessitaient un soin régulier sous peine de s’infecter rapidement. D’ailleurs, j’avais dû retrouver un nouveau médecin, car le doc ne voulait plus m’approcher à moins de dix mètres et passait son temps à m’insulter d’assassin et de brute épaisse !


J’essayais de faire de mon mieux pour cacher l’étendue réelle de mes blessures aux autres, hors de question pour moi de paraitre diminuer, surtout qu’Olek affichait lui une forme olympique… Même si j’avais beau avoir un métabolisme hors norme, qui était d’ailleurs l’unique raison de ma survie jusqu’ici, j’avais tout de même besoin de beaucoup de repos. D’ailleurs, je ne devais pas faire grande illusion, mes journées étaient entre coupées de siestes. Une fois la nuit tombée, je m’éclipsais rapidement pour m’écrouler sur mon plumard. Les nuits étaient parfois un enfer, je transpirais à grosses gouttes, j’avais des poussées de fièvre du diable.

J’avais dû attendre plus d’une semaine pour enfin montrer mes nouveaux pouvoirs au père Olek, ainsi qu’au reste de l’équipage. Je mourrais d’envie de le faire depuis le premier jour, mais j’étais bien trop faible pour pouvoir sortir le grand jeu. J’avais rapidement compris que cela me demandait un véritable effort pour pouvoir être réellement efficace. Pour ne pas faire un immense flop, je m’étais tout de même exercé dans mon coin à l’abri des regards. Nous restions une curiosité pour les autochtones tout comme les pirates et contrebandiers de passage. Toutefois, les jours passaient, et nous avions davantage de liberté. Je n’irais pas jusqu’à dire que nous faisions partie du décor, mais presque !

J’avais compris tout seul les bases de mon nouveau pouvoir, je pouvais attirer ou repousser les objets métalliques à ma guise. Toutefois, je présentais un plus grand pouvoir, mais qui nécessitait un véritable travail de réflexion en amont. Une fois que je serais en pleine possession de mes moyens, je comptais bien demander l’avis de certains pour parfaire ce pouvoir. J’avais déjà eu un petit aperçu, j’étais capable de renvoyer un boulet de canon sans trop de soucis notamment. Dans ma tête défilée mille et une technique toutes aussi farfelue les unes que les autres ! Je me demandais jusqu’où j’étais capable de pousser les limites de mon fruit.  


J’avais trouvé à quelques encablures du port, un petit coin tranquille dans la jungle, où je pouvais m’exercer librement avec plusieurs objets en métal à ma disposition. Rien de grandiose, mais j’étais tout de même capable de les faire tournoyer du bout des doigts. Je comprenais que je n’étais pas obligé de faire d’immenses gestes dans le vide pour que cela bouge. Il me suffisait de braquer mon doigt dans la bonne direction pour des cibles ayant une faible masse. Je parvenais sans difficulté à repousser les objets plus ou moins violemment. Je désirais à présent refaire l’espèce de tornade qui m’avait été fort utile contre mon précédent adversaire. Mais cela me demandait encore bien trop de ressources. Qu’importe, c’était l’heure du show !  


Je me pontais le torse bombé en direction du port avec comme seul objectif, faire ce que je savais le mieux, c’est-à-dire épater la galerie !


Le plus compliqué, c’était déjà de réunir les gars, nul doute qu’Olek devait être en train de décuver dans une paire de gros Robert ! Je crois qu’il n’avait pas décollé sa tronche du décolleté de sa grosse Berta depuis son arrivée ici, quel gros pervers.  


Je finissais par foutre le grappin sur deux ou trois gars et les envoyer réunir le reste de la troupe. Pendant ce temps-là, je m’étais accoudé à la façade d’une bâtisse à l’ombre pour préserver mes forces. Combien de temps me faudrait-il encore avant d’avoir récupéré entièrement ? Heureusement que nous avions réussi à trouver ce petit coin de paradis pour nous remettre sur pattes. Mais pourtant, je ne me faisais guère d’illusion, Trembol me l’avait dit depuis le début, il n’était pas bon pour des pirates comme nous de rester trop longtemps au même endroit, surtout une ile avec si peu de défense. Nos récentes primes allaient attirer la convoitise de beaucoup, que ce soit des rivaux ou bien la Marine, sans parler des redoutables Corsaires, la liste de nos ennemies s’agrandissait de jour en jour. La principale crainte de Trembol était de se faire balancer par un voyageur de passage, nous n’avions même pas de navire à nous pour quitter ce lieu en l’état. D’ailleurs, je comptais bien choper Olek entre deux copulations, pour lui faire part de nos priorités à venir. Notamment pouvoir être en moyen de foutre les voiles loin d’ici assez rapidement.


Finalement au bout d’une dizaine de minutes, la majorité de l’équipage était devant moi. Même ce gros sac d’Olek était là, totalement débrayé, il menait une vie de débauche à outrance. Autant dire que vu sa tronche, il ne semblait pas particulièrement heureux d’être ici.


Mais c’était l’heure du Jack à présent !


Je faisais signe à tous de s’écarter pour me laisser un accès directement sur le port qui se trouvait en contrebas.


« Bon, les nazes ! Il est temps d’ouvrir grand vos yeux imbibés d’alcool ! Le Grand Jack va vous faire un petit numéro de ses nouveaux pouvoirs. »


Faisant totalement abstraction des remarques de chacun, j'empoignais l'une de mes monstrueuses haches à pleine main. J’avais prévu au début quelque chose de plus simple, mais au final, autant jouer dans le sensationnel directement ! C’était une façon aussi pour moi de montrer à tous qui était le véritable maitre à bord !


Après avoir armé mon coup, je tranchais l'air devant moi avec une brutalité coutumière, provoquant une énorme lame d'air devant moi qui fendit l'eau en deux jusqu'à percuter de plein fouet un navire qui mouillait dans le port.

Derrière moi je pouvais entendre les gars qui hurlaient leur stupéfaction !


Et ce n’était pas terminé, je décidais de recommencer le numéro une seconde fois, achevant définitivement le navire. 


« Alors vous en dites quoi ?!! Il est pas beau et fort votre capitaine adoré ?! »


Toutefois, je n'avais pas prévu de déguster autant, mes cicatrices venaient de s'ouvrirent à nouveaux ! Le toubib allait me faire la peau ce coup-ci ! J’avais réussi à rameuter au final bien plus de spectateurs que prévu. Notamment tous les manutentionnaires présents en bas qui ne comprenaient strictement rien de ce qu’il se passait.


« JACK !!! Tu fous quoi ?! Tu veux  tous nous tuer ?! »

Je constatais avec stupeur que je venais de couler un bateau en deux coups de lame. envoyant tous ses occupants nageaient dans le port.

« Cela ne devait pas faire partie du spectacle !!! Je me suis laissé emporté par mon numéro."


Je venais de foutre malgré moi, un sacré bordel dans le coin. Mais mon corps ayant atteint ses limites pour aujourd'hui. Je laissais le reste de l’équipage gérer cette merde, qui avait bien failli raser toute l’ile, mon lit m’attendait.


« Olek ! Je te laisse gérer ce merdier le magicien à besoin de faire une sieste ! Ah oui, et si jamais tu peux recruter quelques gars de confiance, nos rangs se sont vidés depuis notre départ d’Alabasta ! »


Je faisais un signe de la main envers les badauds qui étaient encore sous le choc. À première vue je n’avais tué personne, un ou deux navires de couleur, rien de bien méchant !


Dernière édition par Jack R. Skellington le Ven 14 Avr - 22:35, édité 1 fois
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Olek avait regardé son collègue jouer avec des boulets de canon de la même manière que lui jouait avec ses boules depuis plusieurs jours, enfin presque. Il était incapable de les faire tourner aussi haut et les siennes n'étaient ni aussi nombreuses ni aussi lourdes. Du coup une pointe de jalousie naquit dans l'estomac de notre colosse, lui aussi voulait impressionner la galerie et se promit de mettre la main sur un de ces fruits magiques. En attendant il avait d'autres chats à fouetter, Jack pouvait bien faire le beau et faire semblant, Olek et le reste de l'équipage n'étaient pas dupes, tous voyaient les gouttes de sueur perler sur son front après le moindre effort. Et même s'il faisait de son mieux pour ne pas les inquiéter, tous remarquaient lorsqu'il s'éclipsait pendant des heures.

C'était le rôle d'Olek d'assurer pendant que son pote reprenait des forces. Aucun ne doutait qu'il reviendrait encore plus puissant et ce nouveau pouvoir leur offrait des possibilités innombrables. Leur petite troupe venait de gagner quelques niveaux dans la hiérarchie de la piraterie, deux supernovas, dont un détenteur d'un fruit du démon. Et après le bordel qu'ils avaient laissé à Whiskey Peak il était impensable que personne ne les ait encore pris en chasse. Le colosse dissimulait ses inquiétudes par des sourires ou des accolades rassurantes, et les oublier dans les litres d'alcool qu'il buvait.

Le port était en piteux état, mais fort heureusement, leur lieu de débauche n'avait subi que le souffle de l'explosion et tenait encore fièrement debout. Ils s'excusèrent du bordel en promettant de rembourser les capitaines ayant perdu leur navire et d'aider à reconstruire les baraques détruites, ce qui leur prit quelques jours, mais leur fit gagner le respect des locaux et de nombreux pirates. Alors que Jack roupillait, en plein milieu de journée comme à son habitude, Olek eut une petite idée. Accoudé au bar à sa place favorite, il se releva et attira l'attention de tout le monde.

- Maintenant qu'on a fini de bosser ! J'ai bien envi d'organiser un petit tournoi de beuverie dans les jours qui viennent ! On fait moi et mes gars contre tous ceux qui sont intéressés, de près ou de loin, à nous rejoindre ! Les règles sont très simples ! En duel ou en groupe, si vous parvenez à boire plus que l'un de nous, vous êtes des nôtres !

L'on pourrait penser que cette méthode de recrutement était incohérente et irresponsable, mais Olek était persuadé que la capacité d'un homme à boire et à se maitriser sous les effets de l'alcool en disait long sur sa force de caractère. Sans oublier que la boisson déliait les langues et que ce genre d'événements vous en apprenait plus sur le passé de potentielles recrues que n'importe quelle autre approche. C'est ainsi que débuta l'une des compétitions les plus ardues de Grand Line et un nouveau rite de passage qui deviendrait une célèbre tradition chez eux.

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Au même moment, sur Whiskey Peak.

Les voiles blanches de la Marine envahissaient l'horizon, en quelques minutes seulement des centaines d'hommes en bleu déferlaient dans les rues pour évaluer l'ampleur des dégâts et des pertes humaines. À leur tête, le Vice-Amiral Jurgen Phillip et trois contre-amiraux, une force de frappe conséquente réunis pour retrouver un homme mystérieux qui se faisait appeler "le Commodore". Sa potentielle affiliation avec la marine en faisait une cible prioritaire pour le gouvernement et après plusieurs mois de chasse, c'est ici que les indices avaient fini par mener.

Cependant aucune des mouettes ne s'était attendue à cette scène de désolation, la ville était en reconstruction, mais les signes d'un combat titanesque étaient encore bien visibles. Des cactus géants s'étaient effondrés sur les habitations, des éboulis et gravats bloquaient encore de nombreuses ruelles, mais ce qui choquait plus que tout était l'odeur nauséabonde de centaines de cadavres en décomposition. Ils apprirent des locaux survivants que les responsables étaient les deux nouvelles supernovas, les infameux Jack et Olek. Une rumeur circulait qu'ils n'avaient pas pu aller bien loin sur leur petit navire de pêche et Jurgen, en homme d'honneur et de justice, ne pouvait laisser un tel crime impuni. Il réunit ses hommes et donna ses ordres, le contre-amiral Jagger resterait sur place pour enquêter sur leur véritable mission et aider les habitants. Lui et les autres repartaient en chasse, ces deux raclures de pirate étaient liées au commodore d'une façon ou d'une autre et le vice-amiral comptait bien leur mettre la main dessus.
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J’avais mis plusieurs jours à me remettre de mon petit numéro de claquettes ! Au final, je ne sais pas qui avait le plus morflé, moi ou le navire ?

Quoiqu’il en soit, une fois de plus, ma curiosité l’emporta sur la raison, à peine rétabli, j’étais déjà repartie m’entrainer secrètement dans la jungle à la recherche de nouvelles combinaisons à sortir. Chose qui n’était pas coutume chez moi, j’avais même commencé la lecture de plusieurs livres traitants des techniques de combats à l'épée. D’ailleurs j’ai profité de l’occasion pour me fournir une fois encore, de nouvelles armes. J’avais la fâcheuse tendance de tout perdre dès le début d’un combat, alors il fallait prévoir un minimum de réserve. Heureusement, mes deux haches n'étaient pas faciles à perdre.

D’autant plus que je n’avais pas renoncé à devenir un bretteur un jour ou l’autre digne de ce nom, surtout que j’avais Trembol à disposition, ce dernier était devenu un redoutable épéiste depuis notre première rencontre, il avait d’ailleurs au-dessus de la caboche, une prime dépassant les 20 millions, ce n’était pas n’importe qui !

Même si je prenais du plaisir à progresser avec ma lame, je gardais en tête qu’une bonne ancre de navire restait pour moi l’arme par excellence. Certes, ce n’était pas pratique à transporter et encore moins à manier, mais bordel qu’est ce que c’était jouissif de voir le résultat sur un champ de bataille. J’avais d’ailleurs récupéré discrètement un modèle sur l’un des navires que j’avais malencontreusement coulés lors de mon spectacle, de toute façon, vu que le rafiot était à présent au fond de l’eau, ils n’avaient plus besoin de ça. Cependant, bien conscient que mon état de nécessité encore bien du repos, je me gardais bien de faire mu-muse avec cette dernière, sous peine de voir mes blessures s’ouvrirent une nouvelle fois pour de la merde.

J’avais décidé de lever le pied sur les activités annexes pour me concentrer sur mon apprentissage, je commençais à ne plus me reconnaitre. Mais j’avais compris qu’il fallait que je me sorte les doigts du cul pour pouvoir m’imposer sur le Grand Line sous peine de finir dans une fosse commune oubliée de tous. Ce qui était sans aucun doute ma pire crainte, avec celle de devenir impuissant.

Rien que de penser à telle chose à me filer des sueurs froides dans la nuque !

Une semaine auparavant : 

Depuis quelques temps je m’étais focalisé sur la maniement du sabre avec Trembol, ce dernier m’apprenait enfin des techniques intermédiaires, j’avais enfin passé le niveau de base, je me sentais bien moins ridicule à présent. Il était toutefois, persuadé que j’avais les capacités d’apprendre une technique d’un tout autre niveau, la lame d’air.

« C’est quoi encore cette trouvaille ?! »


Durant toute une journée, il s’obstina à ce que je donne des coups de lame dans le vent sans me dire pourquoi. Je ne voyais absolument pas où il voulait en venir avec ça… Mais plus les heures passées plus je m’énervais sur mon arme. Pendant ce temps, Trembol était assis contre un arbre les bras en croix en me répétant inlassablement, « Encore ! »


Excédé par la lassitude de cet exercice complètement débile, je hurlais de rage en envoyant un millième coup de lame dans le vent. Sans que je puisse comprendre le pourquoi du comment, une extension de mon attaque se propagea à vitesse grand V contre un arbre positionné à quelques mètres devant moi. L’attaque trancha de façon nette et précise le tronc en deux à ma plus grande surprise !

« JE LE SAVAIS ! JE LE SAVAIS ! »

Trembol fit un bond de joie, on aurait dit l’espace d’un instant un gamin et non un des pirates les plus froids que j’avais eu l’occasion de rencontrer.

Tout content, je lâchais mon arme pour exploser de rire face à cette situation. J’étais pour le coup éreinté d’avoir passé autant d’heures à trancher l’air devant moi.

Le temps d’un clin d’œil, un énorme tigre bondi hors d’un fourrer pour se foutre devant nous la gueule grande ouverte avec ses énormes crocs. Trembol était déjà passé à l’offensive dans mon dos, mais je fis un geste de mon bras pour le stopper.

Je ne savais pas comment l’expliquer, mais j’avais l’intime conviction, que je pouvais me débarrasser de ce gros chat sans avoir à utiliser la violence.

« Qu’est-ce que tu fous ?! Tu ne vas pas te battre à main nue contre un tigre ? Tu viens à peine de sortir de convalescence… ! »

Je fixais le gros matou droit dans les yeux et lui ordonna de déguerpir de ma vue !

« Dégages le chat, sinon je te fracasse ! »

Je ressentais une nouvelle fois cette étrange sensation que j’avais sentie lors de mon combat contre Belhomme. Quelque chose qui venait du plus profond de mon âme, encore plus indescriptible que les pouvoirs de mon fruit.

Le tigre détala illico presto, à la grande surprise de Trembol qui n’en revenait pas !

« Comment tu as fait ça ?!!! »

« Je ne sais pas.. J’ai tellement de choses à apprendre encore, rentrons, je suis épuisé. »

« Mais Jack !! Tu ne peux pas partir ! Tu viens de faire fuir un putain de tigre par de simples mots ?!! Tu te fous de ma gueule !!  JACK ! REVIENS !  »


Sur le chemin du retour, je croisais un ancien qui me fixa longuement avec un sourire malicieux, les bras croisés au niveau du torse :
« Diantre ! Le haki des rois, cela fait belle lurette que je ne l'avais pas vu en action ! Tu as un sacré pouvoir mon gamin.  »

Je ne relevais même pas ce qu'il venait de dire, bien trop épuisé pour essayer de déchiffrer ce qu'il racontait. 

***

Cette nuit-là mon sommeil fût troublé comme toujours par les yeux luisants de Belhomme, je revivais une nouvelle fois notre combat. Toutefois, même dans mon subconscient j’étais bien décidé à me battre et ne plus subir, je me refaisais donc notre combat en essayant d’analyser le plus de choses possible pour venir à bout de lui lors de notre prochaine rencontre. Et je me rendais compte que le chemin allait être encore long avant de pouvoir faire jeu égal avec lui !

Au petit matin, alors que le soleil était bien timide, la cloche indiquant une alerte immédiate retentit. C’était la seconde fois que cette saloperie me tirait de mon sommeil. Je pouvais entendre depuis ma chambre que cela s’agitait aux alentours. Sortant du lit à reculons, je me dirigeais vers ma fenêtre pour voir ce qu’il se passait dehors. J’espérais ne pas être tiré du lit pour une fausse alerte, la semaine précédente j’avais eu le droit à un réveil similaire, pour un simple navire de la Marine qui passait non loin…

J’ouvrais donc grand mes volets la gueule encore enfarinée, pour me retrouver avec le soleil face à moi.

« Fais chier ! Je ne vois rien ! Et toi là-bas, pourquoi l’autre abruti s’excite comme ça sur la cloche ?!! »

« La… La… La Marine !!! Ils sont partout ! Ils sont partout ! Il faut fuir ! »

« Hein ?! Où ça la bleusaille ?! Tu as une tête à ne pas boire beaucoup d'eau mon garçon ! »

Je sortais de ma demeure en caleçon, c’était le branlebas de combat ici. Tout le monde courait partout comme des poulets sans tête pour rejoindre l’embarcation la plus proche.

Finalement, je tombais sur une personne censée, en la personne de Trembol Blake.

« C’est quoi ce foutoir ?! »

« Jack ! Bouge-toi le cul, la Marine, ils sont là ! Faut qu’on se casse maintenant ! »

« Vous me faites chier avec la Marine, je ne vois rien du tout moi avec ce foutu soleil ! »

« Là-bas !!! Qu'est ce que tu fous en calbute putain !! »

Je regardais dans la direction indiquée par Trembol en utilisant ma main pour me protéger des rayons du soleil.

« OH BORDEL DE CHIOTTE ! LA MARINE !!! »

Je pouvais voir de façon distincte une quinzaine, si ce n’était pas plus, de bâtiments de guerre de toutes tailles qui se dirigeaient droit sur nous ! Depuis mon passage au QG de South Blue, je n'avais jamais vue autant de navires de guerre. 

« BLAKE  !!! DIS-MOI QU’ON A UN PLAN POUR SE BARRER D’ICI ?! » 



Dernière édition par Jack R. Skellington le Ven 14 Avr - 22:53, édité 2 fois
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L'aube se levait tranquillement sur l'île des contrebandiers, les quelques coqs étant aussi fatigués que les habitants après une énième soirée trop bruyante, personne n'accueillit le soleil comme il se devait, ni ne remarqua les navires poindre leur nez à l'horizon. Il fallut plusieurs longues minutes, pourtant cruciales pour les défenseurs, avant que l'alarme ne soit finalement donnée. Et là encore, tant la vitesse de réaction que l'organisation laissaient à désirer. La moitié des hommes capables de se battre était encore ivre mort, l'autre moitié courrait en tous sens, cherchant une lance, un mousquet ou de la poudre à canon. Ils se réunissaient en petits groupes disparates n'ayant nulle part où fuir, mais bien décidés à vendre chèrement leur peau.

Il n'y avait ni maire ni chef du village, personne pour les mener et les regrouper, sans parler des défenses du port qui avaient explosé en fumée quelques jours auparavant, merci Jacky ! En temps normal, l'île n'aurait déjà eu aucune chance de survivre à un assaut frontal de la Marine et à leurs salves de canons, mais là c'était carrément une exécution qui les attendait. La peur était palpable dans l'air, aussi pesante que l'alarme qui leur détruisait les tympans. Dos au mur, acculés comme ils étaient, ils n'avaient d'autre choix que de mourir en guerriers.

Les navires commençaient à manœuvrer tranquillement, à montrer leur flan et à pointer leurs dizaines de canons vers l'île. Ils formaient une ligne tristement connue sur les mers, qui bloquait toute retraite et annonçait un bombardement impitoyable. Après seulement viendraient le débarquement et la mise à mort des survivants, s'il y'en avait. Pour la Marine, nul besoin de faire le tri, toutes les personnes présentes sur l'île étaient jugées coupables, quant aux femmes et enfants, pour le peu qu'ils étaient, seraient au même titre que le bétail : des dommages collatéraux.

Olek, lui, se réveilla avec son mal de crâne quotidien, amplifié ce matin à son paroxysme par le son discordant de la vigie et du système d'alarme automatique. Il sortit de sa hutte le zgeg à l'air bien décidé à leur fermer leur gueule. Au même moment, un boulet de canon frappa la minable tour de garde et la tête du malheureux guetteur vint s'écraser aux pieds du colosse. Un silence de mort s'abattit sur l'île, des secondes qui semblèrent des heures, qui fut subitement interrompu par l'arrivée de Jack et ses hurlements pour essayer d'organiser les ridicules défenses.  Olek reprit ses esprits en se cognant la tronche contre un mur, rien de mieux pour décuver rapidement. Alors que la maison s'effondrait, il enfila une serviette autour de la taille et articula à son tour quelques encouragements aux hommes en pleine torpeur autour de lui.

- Vous allez pouvoir faire vos preuves bande de petits bâtards ! Celui qui ramènera le plus de casquettes de mouettes pourra prendre ma place de co-capitaine !  

La petite tirade ironique ne fit pas mouche et il vit dans leurs regards qu'aucun n'était vraiment convaincu, tous déjà à moitié vaincus. Le colosse ne pouvait leur en vouloir, lui aussi s'imaginait mal survivre à la journée et n'avait jamais vu de sa vie autant de navires ennemis. Il se devait cependant de raviver la flamme dans leur cœur, leur rappeler que la mort faisait partie de leur quotidien et que ces quelques jours de paix n'avaient été qu'un doux rêve éphémère dont il était tant de se réveiller.

Olek attrapa une bouteille de rhum pleine qu'il siffla comme un remède de grand-mère avant de la jeter à la mer avec désinvolture. Sans un mot, il arracha le mat planté au milieu du port, en haut duquel flottaient accrochés des dizaines de drapeaux pirates et s'avança devant tout le monde sur le ponton fraichement réparé. Il entendit Jack lui hurlait de revenir derrière les protections de fortunes, mais préféra l'ignorer. L'excitation le gagnait au fur et à mesure qu'il avançait et une fois arrivée à la dernière latte de bois, il s'arrêta net. Il brandit théâtralement le mât au-dessus de sa tête tandis qu'un coup de vent emportait subitement sa serviette, ce qui ne l'empêcha pas de continuer. Son bâton, ou plutôt ses deux bâtons, dressés fièrement en signe de provocation face aux envahisseurs, il hurla aussi fort que ses poumons le lui permettaient, sa voix portant sur la mer et la terre, aux oreilles de tous.

- VOUUUUUUUUUUUUUUUUUUS NEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEE PASSEREEEEEEEEEEEZ P... !     BOUM

Oui, l'alcool des derniers jours lui était probablement monté à la tête, oui, c'était bien un boulet de canon de Destroyer qu'il venait de se prendre en pleine poire et l'avait envoyé valser dans les bungalows. Mais les spectateurs n'eurent pas le loisir de réfléchir à cette scène étrange, déjà des dizaines de tirs de canons suivaient le premier et ce fut une pluie d'obus qui s'abattit sur eux.
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C’était le bordel général par ici, cela courait dans tous les sens, le renard venait de rentrer dans le poulailler !

J’essayais tant bien que mal de donnait une dynamique et une cohérence à ce merdier, mais en vain, je n’avais d’ailleurs pas récupéré mes affaires, je me voyais mal devoir affronter une armée en caleçon ! J’avais réussi à réunir un petit groupe de notre équipage pour coordonner notre retraite. J’avais beau être toujours partant pour une castagne avec les bleus, mais cette fois-ci j’étais moyennement chaud. Sans doute à cause du nombre, les enfoirés, ils avaient mis le paquet et c’était peu dire. Je pouvais voir d’ici trois navires géants de la Marine, j’avais déjà eu l’occasion de voir ces saloperies à l’œuvre au QG de South blue, ils étaient tout simplement terrifiants ! Je ne donnais pas cher de notre ile si jamais ils décidaient de passer à l’action, ce bout de cailloux serait instantanément réduit en tas de cendres.

Les premiers navires sortaient du port à la hâte dans un bordel sans nom !

« Bande d’abrutis, vous allez vous faire ratiboiser la gueule ! »

Comme il fallait s’y attendre, la Marine n’était pas là pour enfiler des perles, un coup de canon de sommation, puis une volée stoppa net les fuyards dans leurs courses. Qu’est-ce qu’ils pensaient faire ces couillons avec leurs navires de contrebande contre le fleuron de la Marine ?

Cette attaque fut le signal ! Il fallait fuir maintenant, je pouvais voir des dizaines et dizaines de chaloupes mises à la mer qui ramaient dans notre direction. Pendant un bref instant l’idée de me mesurer à la bleusaille me titilla, mais Trembol déboula à mes côtés en me faisait de grands signes :

« Jack, j’ai trouvé un capitaine qui est d’accord pour nous embarquer avec lui ! Son navire se trouve de l’autre côté de l’ile ! »

« Parfait ! Je vais chercher mes affaires et j’arrive ! »

Au même moment une nouvelle volée de boulets se dirigea droit sur le port ! Décidément, ils étaient sacrément en rogne !

Ma petite bâtisse fût rayée de la carte, les salopards ! Non seulement je venais de perdre toutes les armes que je venais d'acquérir ainsi que nombre d'effets personnels ! Heureusement mes deux gros jou-jou étaient parfaitement intacts. Le seul point négatif dans l'histoire, c'était que j'étais à présent condamné à fuir en caleçon !

Alors que nous remontions en direction du seul chemin praticable pour rejoindre l’autre extrémité de l’ile, j’apercevais ce gland d’Olek braillait des choses totalement incompréhensibles avant qu’un boulet ne vienne s’écraser dans sa gueule ! Je ne sais pas qui était l’artilleur, mais un joli coup !

Trembol pointa la scène du doigt totalement effaré :

« Merde ! C’est Olek ! »

« C’était, je crois, oui ! Quel couillon lui aussi ! Il faut aller le chercher ! »

Mais le déluge de boulets ne s’arrêta pas là, la Marine avait clairement l’intention de nous exterminer, les sans-cœurs !

Cela volé dans tous les sens, cette ile qui était paradisiaque l’instant d’avant était devenue un champ de ruine, en un seul claquement de doigts. Mon regard tomba sur le vieux type que j’avais rencontré la veille après la démonstration de mon pouvoir, il était en train de porter des assistances à un jeune gamin qui avait la jambe salement amochée. Le pauvre fou, il allait finir en pâté pour chien s’il restait là un instant de plus. Mon regard croisa finalement le sien.

« Fais chier ! Blake va porter assistance à Olek, j’arrive tout de suite ! »

« Jack ?! Tu es irrécupérable, merde ! »

Je me précipitais à la rencontre du papi pour faire écran grâce à mon pouvoir, parvenant non sans mal à dévier l’ensemble des projectiles qui leur étaient destinés.

« Décidément mon garçon, tu es plein de surprise ! »

« La ferme l’ancien, dépêche-toi de déguerpir d’ici, suis mes gars vers l'autre côté de l'île si tu veux survire. »

Il me remercia d’un hochement de tête et s’en alla avec la jeune victime sur les épaules. Un boulet de canon échappa à ma vigilance et se dirigea droit vers lui !

« MERDE ! À COUVERT ! »

Il dévia le boulet à l’aide de son poing qui était devenu subitement tout noir.

« Hein ?! C'est quoi.. non bon.. rien.. »

Quelque chose se dégager de ce type, mais quoi ? En tout cas il cacher bien son jeu l’ancien… 


Je me retournais pour voir que les premières chaloupes n’étaient qu’à quelques encablures de pouvoir débarquées ses troupes. L’occasion était trop belle, je faisais tournoyer mes haches dans mes mains à pleine vitesse avant de les envoyer horizontalement fendre l'air à toute vitesse. Le lancé était pour le moins propre, la hauteur était parfaite pour trancher du soldat imprudent. 
Le résultat dépassa d'ailleurs mes attentes ! Mes lames coupèrent les chaloupes et leurs occupants dans un brouhaha d'éclat de bois et d'os. L’eau était passée du bleu turquoise au rouge sang une fois le calme revenu. Un nombre important de corps flottaient à la surface, tandis que les survivants nageaient en direction des embarcations encore en état.

Mais malgré mon petit numéro, l'ennemie était trop nombreux pour que je puisse le repousser à moi seul. D'autant plus que le temps que mes lames reviennent à leur bercail je faisais une cible dès plus faciles.

Une chaloupe traversa les débris et les corps sans ralentir, à sa proue se tenait un homme coiffé d’un masque d’acier et brandissant fièrement un sabre. Qui pouvait il bien être ? Il n’avait, en tout cas, pas la tenue du soldat de base…

Alors que ma conscience me disait de fuir, je n'avais qu'une envie, lui tailler un costume digne de ce nom !

Je réarmais ma lame droite pour l'envoyer de façon verticale droit sur le pingouin encostumé. Le projectile d'acier décolla sans plus attendre dans sa direction ! Au moment de l'impact, le soldat dévia ma lame sans la moindre des difficultés d'un simple revers de son épée. 

« Ah… bon, il est temps de te casser Jack, cela ne sent pas bon cette histoire ! »

Je quittais les lieux sans demander mon reste courant récupérer au passage ma lame qui avait terminée sa course dans une habitation, alors que les échos de violents combats résonnaient partout sur l’ile. La situation était dramatique, si la Marine était déjà parvenue à nous encercler, il fallait s’attendre au pire !


Dernière édition par Jack R. Skellington le Dim 16 Avr - 21:56, édité 2 fois
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Le calme, le silence, le noir absolu, une inconscience bienvenue dépourvue de rêve, puis vint la douleur, une souffrance soudaine et à en crever. Il se serait arraché la peau et fracassé le crâne contre un rocher s'il avait pu. C'était la première fois de sa vie qu'il se prenait un obus de pleine face et il se promit que ce serait la dernière. Trembol l'avait réveillé à grands coups de gifles dans sa gueule noircie par l'explosion, il avait de la chance de n'être brulé qu'au deuxième degré et pouvait remercier sa constitution exceptionnelle d'être encore en vie.

Le colosse était méconnaissable, recouvert de cendres, de pus, de cloques et de sang séché, il semblait tout droit sorti des enfers. S'il n'avait pas grogné dans son sommeil alors que Trembol était dans le coin, celui-ci serait passé à côté de lui sans le voir. Ainsi allongé au milieu de gravats, il ressemblait à un énième pan de mur en bois calciné, mais en un peu plus moche. Le colosse se redressa aidé des bras puissants de son ami à la peau noire et observa les alentours. L'île était méconnaissable, le village entièrement rasé et la petite forêt en prises à des flammes titanesques. La fumée omniprésente empêchait de discerner les silhouettes qui se battaient autour et le vrombissement incessant du feu étouffait les cris. Entre deux quintes de toux, Trembol hurla pour se faire entendre par-dessus le vacarme.

- Ça fait quinze minutes que j'essaie de te réveiller putain ! On a un moyen de se tirer d'ici ! De l'autre côté de l'île, y'a un navire par les rochers ! Jack et les autres sont déjà en route ! Faut qu'on se bouge avant que la Marine nous contourne !

Olek hocha de la tête, un mouvement ridicule qui lui fit pourtant voir des étoiles blanches. Il était salement amoché et n'avait pas encore récupéré de l'impact du boulet, il s'estimait cependant heureux d'être en vie et suivit Trembol qui ouvrait la marche.

- Vous n'irez nulle part ! Merci d'avoir crié aussi fort, je ne pouvais que tomber sur deux abrutis de Pirates en suivant cette voix !

Un homme blond à la queue de cheval et aux allures de dandy se mit en travers de leur route, à ses côtés une douzaine de soldats les tenaient en joue. Trembol sortit ses katanas sans un mot, la mine grave, le contre-amiral beau-gosse répondit de la même manière en tirant ses sabres. Ils se jetèrent l'un sur l'autre dans un ballet de lames impressionnant. Olek, lui, ne perdit pas une seconde, d'un coup de pied dans le sable, il tenta d'aveugler les tireurs et plongea sur le côté alors qu'une salve le manquait de peu. Il attrapa un immense caillou qu'il balança des deux mains, la moitié des assaillants creva écrasés tandis que l'autre rechargeait dans la hâte, les mains tremblantes de peur. Le colosse leur tomba dessus aussi lourdement que le rocher sur leurs camarades, broyant des nuques et fracassant des crânes sans un seul geste parasite.

Son échauffement terminé, il se retourna pour venir en aide à Trembol et fut presque paniqué par ce qu'il découvrit. Trembol pissait le sang par une dizaine de blessures différentes, son adversaire le dominait tant pas sa puissance que par sa technique et le pirate peinait à tenir la cadence. Olek comprit que c'était un miracle qu'il ait pu tenir aussi longtemps et s'interposa immédiatement dans un plongeon suicidaire. Il percuta son ami qu'il tint fermement contre lui avant de partir en roulé-boulé à l'abri. Le tranchant des armes ennemies ne perdit pas une seule seconde pour venir caresser les côtes du colosse qui se redressa un peu plus loin dans un grognement de colère.

Deux longues balafres lui traversaient le côté droit, une des épées était rentrée suffisamment profonde dans les muscles pour mettre à nu quelques côtes. Olek voulait se battre, se venger, réduire ce misérable en chair à saucisse, mais il se savait incapable de le vaincre, pas dans son état et encore moins avec Trembol à moitié mort. Il fit ce qu'il n'avait encore jamais fait dans sa vie, il prit ses jambes à son cou et partit dans un sprint olympien avec Trembol sur l'épaule. La honte lui rougissait son visage de crasseux et sa fierté lui hurlait de mourir ici et maintenant, en combattant. Olek, fils de Druss, ne pouvait être vaincu, il ne pouvait fuir, il ne DEVAIT fuir devant rien ni personne.

Sauf que notre colosse courait bel et bien comme un forcené, non pas avec la peur au ventre, mais avec le feu aux fesses, littéralement. Quelque chose avait commencé à changer chez lui, depuis ces derniers jours, depuis qu'il voyageait avec Jack et ces criminels de seconde zone à vrai dire. Il ne pensait plus comme avant, il n'était plus seul dans l'équation à présent, il se sentait responsable de Trembol et se voyait incapable de l'abandonner pour ne penser qu'à sa gueule.

Mais le glaiseux d'Amerzone n'avait pas dit son dernier mot, il ne reculait que pour mieux sauter. Il traversa la forêt enflammée à une vitesse ahurissante et même s'il perdait des litres de sang, il ne ralentit pas. Les jambes prêtes à exploser sous l'effort et la vision floue, il manqua de peu de percuter un type aussi grand que lui, ce bon vieux Jack et tout le reste de l'équipe. Le soulagement fut visible sur son visage et entre deux tentatives pour reprendre sa respiration il lui tendit Trembol:

- Tiens ! J'ai un compte à régler, on se retrouve plus tard, si je suis pas revenu dans dix minutes, partez sans moi ! Je vais vous faire gagner un peu de temps !
- Hein ?

L'idée d'occuper l'ennemi n'était qu'une minable excuse pour se faire bien voir. Sans élaborer ni perdre une seconde de plus, Olek repartait en sens inverse comme un possédé, vers le village et l'armée Marine, bien décidé à venger Trembol et massacrer le sabreur.
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Je courais à travers les décombres en évitant le plus possible de me faire tirer comme un vulgaire lapin de garenne ! Il faut dire que j’avais eu la super bonne idée de parcourir un champ de bataille en portant uniquement qu’un vulgaire bout de tissue tout juste assez grand pour cacher mes glorieux attributs ! Je pouvais entendre tout autour de moi l’écho de violent combat rythmé au son des canons de la Marine. Décidément, ils avaient sorti les gros moyens, je ne sais pas si je devais prendre ça comme de la flatterie ou non. La Marine devant sortir le grand jeu pour venir à bout des redoutables Jack & Olek ?!

J’espérais au moins finir dans un livre d’histoire, quelle que soit l’issue de cette journée !


Le chemin vers la liberté était simple, droit devant en serrant les fesses, je croisais ici et là des corps ou des âmes en peine, mais j’avais déjà fait ma bonne action de la journée en sauvant ce foutu vieux !
Ce n’était pas mon genre, mais quelque chose m’avait troublé dans son regard, comme quoi, même un monstre comme moi pouvait faire preuve d’humanité parfois.


Comme il fallait s’y attendre, je commençais à tomber sur les premiers soldats avec leur casquette ridicule. Et rapidement, mes soupçons étaient bel et bien confirmés, ils étaient là pour nous. Ils se lancèrent à ma poursuite en hurlant mon nom, comme si cela allait changer quoique ce soit de connaitre mon identité. Le petit groupe d’une dizaine de soldats qui me collait aux fesses se retrouva bien vite dans le décor avant de comprendre ce qu’il venait de leur arriver. Un autre groupe me barra le chemin quelques encablures plus loin, il fallait absolument que je maintienne ma cadence de course sous peine de me retrouver submergé par le nombre, sachant que vu la masse de bleus-bites présente ici, leurs officiers ne devaient pas être loin. J’avais déjà eu un premier aperçu avec l’autre dingue portant un casque sur la tête qui ne m’avait pas l’air d’être un mec marrant.


Cette fois-ci, pour me débarrasser de la vermine, je décidais de faire entrée mes lames en action, fauchant mes adversaires comme de vulgaires épis de blés. Je n’avais jamais vu des soldats détaler aussi vite, ils se dispersèrent comme des rats poursuivent par un gros chat.


J’arrivais enfin à une zone de combats, mêlant la Marine, des civils et des pirates, bref un joyeux bordel. Grâce à un sabre, j’arrivais à me frayer un chemin non sans mal dans le tas ! Je restais toujours surpris du nombre de soldats engagés pour cette mission. Et pour mon plus grand bonheur, j’attirais tout ce petit monde, comme une merde bien fraiche face à une nuée de mouches affamées ! Que ce soit les pirates qui venaient se protéger à proximité ou le truffion de base qui pensait réellement venir à bout d’une Supernova avec son cure-dent, j’étais garni pour l’occasion !  


« Bordel ! Pires que des sangsues ! »


Comprenant que je ne pouvais échapper à mon rôle central, je me retrouvais donc bien malgré moi à la tête d’une petite troupe composée avec quelques gars de mon équipage. Mais surtout une grosse partie de parfaits inconnus en tout genre.


Face à nous se constitua derrière un petit groupe d’officiers, un peloton entier de bleus. J’avais l’impression de me retrouver sur South Blue, à l’époque où je m’étais fait capturer, les conditions étaient similaires, notamment cette capacité de la Marine à mobiliser de la chair à canon en nombre conséquent, sauf qu’à présent j’étais devenu bien plus puissant et surtout j’avais un fruit du démon !

Pendant que l’officier en chef beuglait des ordres à tout va à ses troupes, j'essayais de mon côté de filer à l'anglaise.


« C’est quoi ce guignol ? C’est une supernova ça ?! Il doit avoir une erreur, le QG a encore merdé sur l'avis de recherche. »



« Bon, trêve de plaisanterie, ne faisons pas attendre le Vice amiral, pas de quartier ! »


Merde, j’avais l’air de quoi dans l’histoire moi ? Je passais pour une grosse quiche. Ce n’était pas leur assaut ridicule qui allait faire quoique ce soit. Sentant que la mayonnaise me montait au nez, je lançais une dernière fois l’attaque sans me rendre compte que le premier Marine était déjà à porter d’épée. Ma lame le trancha comme une motte de beurre, j’étais à présent en plein cœur de la mêlée à faucher les soldats comme des épis de blé. Complètement enivré par la castagne, je n’avais même pas remarqué le sillon que je venais de creuser qui m’avait totalement isolé du reste de mes compagnons de fortunes. Pour finalement me retrouver nez à nez avec le Commandant, qui lui savait parfaitement se servir de son sabre.  


C’était typiquement le genre d’erreur dont j’étais le spécialiste et qui pouvait causer ma perte. Foncé tête baissée dans la mêlée sans se souciait de ce qu’il se passait autour, le combo idéal pour finir dans l’autre monde. Je me retrouvais donc comme prévu rapidement noyé dans la masse…


Même si je n’avais pas encore totalement récupéré, j’étais tout de même en mesure de tenir bon face au flot d’ennemies. J’avais réussi à faire un petit cercle autour de moi délimité par les cadavres et les blessés qui s’empilaient. De sorte, que je puis avoir un peu de repos, en attendant la prochaine vague. Mon corps était déjà couvert de blessures, mais rien qui ne semblait alarmant, j’avais eu l’occasion de connaitre bien pire récemment. Voyant que c’était une pure folie de se frotter à moi, plusieurs tireurs se mirent en position et firent feu dans ma direction. Quelques minutes auparavant je repoussais sans aucune peine des boulets de canon, alors de simples munitions de fusils, un jeu d’enfant.  
La quinzaine d’ogives se stoppa net à quelques centimètres de moi pour repartir avec encore plus de vigueur vers leurs expéditeurs. L’effet de surprise fut garanti !  

Le commandant fulmina, comprenant qu’il avait affaire à un utilisateur du fruit de démon et que pour le moment aucun renfort digne de ce nom ne semblait pointer le bout de son nez. Mais le temps jouait contre moi, je me devais de rejoindre au plus vite la côte sous peine de finir une nouvelle fois aux mains de la Marine. Pour cela, pas d’autres options que d’utiliser pleinement les pouvoirs de mon fruit, seule solution pour se dépatouiller de cette merdasse. Mais pour ça, il me fallait un minimum de temps pour préparer mon attaque, un luxe que je n’avais malheureusement pas à cet instant. Autre solution, un coup en force, en attirant toutes leurs armes sur moi pour leur balancer dessus, mais cela allait me rendre totalement vulnérable aux attaques par derrière pendant un bon moment..

C’est alors que Olek décida de ramener sa fraise avec  Blake et plusieurs de nos hommes. Comme il fallait s'y attendre, ils optèrent pour une technique d'approche similaire à la mienne, à savoir bourrer dans le tas. Mais alors que je m'apprêtais à saluer chaleureusement Olek, car nous avions du pain sur la planche, celui semblait avoir d'autres projets en tête.
« Tiens ! J'ai un compte à régler, on se retrouve plus tard, si je ne suis pas revenu dans dix minutes, partez sans moi ! Je vais vous faire gagner un peu de temps ! »

« Hein ? »
Son passage était totalement lunaire, qu'est ce qu'il allait fabriquer ce con, alors que d'ici peu, plus un centimètre carré de cette foutue île ne serait pas piétinée par un Marine ?
Je me retournais vers Blake pour avoir de plus amples informations, mais alors que je m'attendais à retrouver mon fidèle bras droit au sommet de son art. Je n'avais qu'une pâle copie de lui en piteux état. 
« Mais ? C'est quoi ce merdier ? il est parti où ?!!! Et toi Trembol, c'est quoi cet état ? C'est la guerre tu es où courant ? Et tu te pointes à moitié mort !  »

« Enfoiré ! Tu crois que j'ai fait quoi jusqu'ici ?! Concernant Olek, pas la moindre idée.. De toute façon, nous avons déjà de quoi nous occuper ici pour le moment...  Tu devrais plutôt nous remercier, capitaine Skellington. »


« Ouais, mais au vu de ton état, je vais devoir prendre les choses en main. J’ai  une idée pour nous sortir de là. Contentez-vous de maintenir à distance ces enfoirés un bref instant. »


Ils se positionnèrent en arc de cercle autour de moi, avec Blake en son centre qui n'avait plus qu'un seul bras valide. Aucun d'entre eux ne posèrent de question concernant ce que j'avais en tête, enfin des gens qui croyaient réellement en moi, cela me faisait plaisir. Avec Trembol et les gars qui faisaient office de bouclier, j’avais le temps qu’il me fallait pour m’organiser et tenter un truc que je n’avais expérimenté qu’une seule fois. En espérant que ce soit plus concluant que cette saloperie de lame d’air à la con ! Le reste de mes alliés poussaient fort sur les lignes qui étaient derrière moi, j’avais le champ libre.  


« BLAKE, ACCROCHES TOI A TES SABRES, ÇA VA SWINGUER ! »

Je faisais tournoyer mes lames dans mes mains à limite décoller du sol.  Il avait compris mon idée à temps pour éviter de finir lui aussi couper en deux par mes lames. En totale improvisation, j’avais décidé d’utiliser mes lames comme une moissonneuse géante, avec comme unique objectif, faucher tout ce qui se trouvait devant moi. Le résultat, fût pour le moins satisfaisant, je venais d’envoyer valser par moins d’une cinquantaine de truffions en un clin d’œil.
« Espèce de gros malade, tu as bien failli nous découper nous aussi !! »

« T’inquiètes, je gère ! Ah ah ah ! Sur ce en route ! Où est Olek ?! »


« Il est partie faire des singeries comme toi ! Je n'ai pas la moindre idée, mais je ne m'en fais pas pour lui. »

Prenant mon Blake sous le bras, je me frayais sans difficulté un chemin vers la liberté, avec à mes côtés  plusieurs dizaines de survivants. Mais nous avions déjà perdu beaucoup de temps, je commençais à craindre le pire. Et puis cette histoire de Vice amiral ne me plaisait guère…


Sur le chemin devant nous mener vers l’embarcadère, la Marine ne nous lâchait pas d’une semelle, cela déboulait de tous les côtés. Nous avions retrouvé au passage plusieurs autres membres de notre équipage, ainsi qu’une poignée de locaux ainsi que de pirates, était présents parmi eux, le vieux et son clébard, il avait refilé son colis encombrant à un gaillard bien plus jeune que lui.


« Encore de ce monde l’ancien ?! »  


« J’ai toujours eu une bonne étoile au dessus de ma tête. »  


Devant nous se présentait enfin la fameuse crique en contrebas et ce que je redoutais était en train de se produire. Plusieurs navires de la Marine filaient toutes voiles dehors pour barrer la route à l’embarcation des contrebandiers avant qu’elle puisse sortir de sa zone de mouillage. Au loin se profilait la silhouette titanesque d’un cuirassé, mais combien d’hommes avaient-ils mobilisés pour cette opération ?!


À présent une course contre la montre était engagée, il fallait pouvoir rejoindre l’embarcation avant que celle-ci quitte définitivement les lieux ou pire, que celle-ci soit coulée !


Sur notre flanc un énorme contingent de Marine déboula au pas de charge pour nous prendre à revers… C’était le pire scénario possible, nous allions rester enliser dans une confrontation pendant que notre unique chance de quitter les lieux aller s’évaporer sous nos yeux.

C’est à lors que le papi se planta entre eux et nous, le vieux avait donc décidé de se sacrifier pour nous faire gagner du temps ? Mais ce n’était pas avec sa vieille carcasse usée qu’il allait retarder quoique ce soit cet abruti.

« Attention aux plus faibles, cela risque d’être violent ! »


Une mystérieuse onde se propagea autour de lui, me filant un sacré mal de tête, et faisant s’écrouler la plupart des soldats l’instant d’après. Plusieurs de nos gars tombèrent eux aussi. Je n’avais jamais vu un tel pouvoir à ma connaissance.


« C’EST QUOI CE DÉLIRE LE VIEUX  ?!!! »


« Désolé pour l’effet de surprise, ils sont simplement inconscients, filons immédiatement ! »


Il se retourna vers moi avec un sourire en coin :


« Le Haki des rois et tu le possèdes aussi gamin sans le savoir, si tu arrives à nous sortir d’ici vivants, je pourrais t’apprendre à le maitriser et à devenir quasiment invincible. »


Dernière édition par Jack R. Skellington le Dim 16 Avr - 22:04, édité 1 fois
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Repartir se jeter dans la gueule du loup n'avait pas été la meilleure des décisions, mais il ne pouvait renier sa nature, Olek était un homme d'instinct et non de raison. Le voilà donc en train de courir le sourire aux lèvres vers ce qui était probablement une mort certaine. Les bombardements avaient cessé et l'intégralité de l'île était en proie aux flammes, il n'y avait plus grand monde de vivant de  ce côté-ci et les quelques cris de lamentations des blessés étaient rapidement suivis d'une exécution froide. Il y avait de la miséricorde dans les gestes de la Marine, s'il avait été à leur place, Olek les aurait laissés crever à petit feu, une mort rapide devait se mériter, et aucun des criminels ici présents n'en était digne. Cela en disait long cependant sur les capitaines responsables de cette expédition punitive, ces gradés étaient des hommes d'honneur et de justice, une aubaine pour notre pirate en chasse.

Il finit par retrouver le sabreur blondinet, celui-ci essuyait ses lames pleines de sang sur la tunique d'un mort. Des cris d'alertes retentirent aussi tôt qu'Olek sortit du couvert des arbres, des dizaines d'armes à feu furent pointées dans sa direction et des lances brandies contre lui. Il ne fit rien d'autre qu'avancer, les mains et le zgeg à l'air. Le contre-amiral le vit approcher et sourit généreusement, dévoilant une rangée de dents magnifiques, dont deux canines prédominantes. Cet homme avait tout un prédateur et le sang d'Olek, pour le peu qu'il lui restait, bouillonnait d'excitation.

- Te voilà enfin, mon petit doigt me disait que tu n'étais pas du genre à fuir la queue entre les jambes.
- Et le mien m'a dit que tu serais du genre à apprécier un bon combat ! Si tu pouvais dire à tes gars de baisser leurs armes !

Ulrik éclata d'un rire presque amical, cela faisait longtemps que personne ne l'avait provoqué en duel et la sincérité du pirate était rafraichissante.

- À une seule condition, que tu couvres le serpent que tu as entre les jambes, ça risque de me déconcentrer.

Pour appuyer ses propos, il lui jeta au même moment un vieux drap délavé à moitié cramé qu'il venait d'arracher d'un geste vif des décombres. C'était au tour d'Olek de rigoler bruyamment, son vœu était exaucé, il aurait le droit à son combat sans que personne ne vienne s'en mêler. Il accrocha le tissu autour de sa taille tandis que le marine distribuait des ordres à ses hommes, personne ne devait intervenir au risque qu'Ulrik lui-même écorche vif le responsable. La bleusaille s'écarta le plus possible, formant un périmètre de sécurité autour des deux adversaires. Le silence se fit et Olek, en forban qui se respectait, ne put s'empêcher de pousser le bouchon un peu plus loin en demandant une faveur.

- Tu crois que je pourrais boire un petit coup avant qu'on commence ? Peut-être même, manger un petit morceau ?
- Il faut toujours que vous gâchiez tout, vous les pirates...

Sans un mot de plus ni un seul avertissement, il lui plongea dessus, sabres en avant. Olek frappa du pied pour faire trembler le sol et le déstabiliser dans son assaut, il parvint à éviter le premier coup destiné à lui trancher la tête en reculant légèrement, mais n'avait rien d'autre que son avant-bras pour bloquer le second. La lame lui trancha le muscle et frotta l'os sans le sectionner, dans un hurlement de douleur, le colosse pivota sur sa jambe droite pour envoyer un coup de pied bas et prendre de la distance. Ulrik sauta hors de portée et fouetta son arme dans les airs pour en nettoyer le sang frais, son sourire se fit légèrement plus menaçant. Le pirate ne perdit pas une seule seconde et ramassa au sol deux cadavres, un de contrebandier et un de marine, les tenant chacun par le tibia, il les fit tournoyer dans les airs pour tester les accroches articulaires. De bonnes dépouilles qui feraient office de massues.

- Repose-le tout de suite !
- Non !

Le sourire du contre-amiral avait complètement disparu tandis que celui du pirate ne faisait que s'agrandir, c'était tellement simple de provoquer un homme aux valeurs ennuyeuses. Olek en profita pour passer à l'offensive, il se servit du cadavre du soldat comme protection et usa de l'autre pour attaquer. Sa méthode fonctionna un temps, Ulrik était décontenancé, il s'agissait d'une première pour lui et il se refusait à découper la dépouille d'un de ses hommes, son code de conduite le lui interdisait. Il hurla au pirate de cesser son immonde petit jeu tout en découpant en morceaux l'autre corps pour se protéger. Le pirate dut rapidement admettre que contre des sabres, sa technique morbide n'avait aucune puissance offensive. Il jeta nonchalamment le bout de jambe qui restait dans sa main gauche et balança aussi fort qu'il put de l'autre main le cadavre du marine sur le contre-amiral furieux.

- Maudit sois-tu !

Celui-ci hésita une fraction de secondes entre esquiver la dépouille ou l'attraper pour ne pas causer plus de honte au défunt, il choisit la seconde option en lâchant subitement ses sabres. Un laps de temps et une décision stupide qui permirent à Olek de l'atteindre et de lui bourriner la gueule à grand coup de poing. Le pirate sentit avec satisfaction quelques dents se briser sous ses phalanges, puis ce fut ses propres doigts qui craquèrent sous l'impact, la sensation fut similaire à celle de cogner de l'acier trempé, peut-être même plus douloureuse.

- Putain c'est quoi encore ce bordel ?

Il recula devant cette diablerie, ses poings en charpie. Ulrik se redressa, le visage à présent noir de jais et devant la mine surprise du colosse il ne put s'empêcher de ricaner vicieusement.

- On appelle ça le "haki", sale merde, je ne voulais pas l'utiliser contre quelqu'un d'aussi faible que toi, mais tu ne me laisses pas le choix !

Le contre-amiral déposa tendrement le corps de son subalterne, récupéra ses armes qui prirent la même teinte dangereuse que son visage et repartit à l'assaut. Olek dut réévaluer ses plans, il battit en retraite dans les arbres et se servit de la protection précaire des flammes et des branches pour esquiver les assauts de son adversaire. Tout ce que le pirate mettait en travers de la route pour se protéger, Urik le coupait en morceaux et le pire dans tout ça était que le salopard prenait son temps, marchant au pas sans jamais ralentir ni lâcher sa cible des yeux. Le colosse reculait encore et encore, balançant des arbres entiers, des murs et des cailloux aussi gros qu'un navire, sans succès, le marine avançait inlassablement alors que lui s'épuisait à chaque pas.

Arriva un temps où Olek ne put plus céder un seul millimètre de terrain et manqua de tomber dans le vide en réalisant qu'il était arrivé au bout. Ainsi à dos de falaise, sur le point le plus haut de l'île, plus d'une centaine de mètres de vide le séparait de la mer et de la liberté, il était fait comme un rat. Il haussa les épaules en voyant Ulrik s'arrêter à quelques mètres de lui, bloquant toute retraite.

- J'imagine que c'est la fin ?
- Perspicace le pirate !

Ce n'était pas la première fois que le colosse se retrouvait dans une impasse, mais ce serait peut-être bien la toute dernière. La mort ne lui faisait pas peur et cet endroit était aussi bien qu'un autre, il s'autorisa un petit regard aux alentours et remarqua en contre bas, dans une crique, que les pirates n'avaient pas encore dit leur dernier mot, il reconnut même Jack au milieu en train de se battre comme un possédé. Cette vision le fit sourire, cet homme qui était devenu un ami était plus large que la vie, le colosse eut une dernière pensée pour lui et espéra qu'il réussirait là où lui venait d'échouer. Son regard finit par se perdre au loin, sur la célèbre ligne où les nuages rencontraient la mer, oui, c'était un bon endroit et avec une belle vue, bien plus que ce que son âme de forban méritait.  

- Tu sais que je vais pas te laisser m'embrocher sans rien faire ?
- J'y compte bien !

Aux antipodes l'un de l'autre, ils sourirent cependant de la même manière avant de se lancer dans une dernière rixe. Armé seulement de son courage et de sa démence, Olek ne fit pas long feu, ses plaies ouvertes s'agrandirent un peu plus alors que d'autres apparaissaient sur une peau déjà meurtrie et brulée. Il n'était plus qu'un charbon ardent de douleur pure qui soudainement ne sentit plus rien, son corps ne répondit plus, il ne pouvait plus bouger le moindre muscle. Il baissa le regard vers son ventre et y vit avec amusement un sabre rentré jusqu'à la garde, c'était donc ça. Le pirate trébucha en arrière, et alors qu'il tombait dans le vide, il croisa le regard du contre-amiral qui affichait une mine sombre et victorieuse, dénuée de plaisir. Il n'y avait que les criminels pour prendre de la joie à ôter une vie et aujourd'hui ils étaient quelques uns en moins sur les mers.
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«  Le Jaki ?!! »

Je regardais autour de nous, plusieurs contrebandiers et même des gars de notre équipage étaient tombés inconscients. Je n’avais jamais entendu parler d’un tel pouvoir jusqu’à présent. Rien que le fait de me remémorer la sensation que cette déferlante d’énergie avait provoquée en moi me donnait des frissons. Quel pouvoir terrifiant, et le vieux disait que j’étais capable de faire ça moi aussi ? Intrigant..


« Dépêchons gamin, ce n’est pas le moment de rêvasser, je crois que notre seule échappatoire est en train de se faire la belle ! »

En contrebas le bateau des contrebandiers avait jeté les amarres, il ne pouvait plus se permettre d’attendre davantage des survivants. D’un instant à l’autre sa route serait bloquée par plusieurs embarcations de la Marine.

C’était sans aucun doute un plan totalement délirant, que seul un cerveau malade pouvait échafauder. D’un rapide coup d’œil, la situation me paraissait très claire, il fallait absolument bloquer d’un moyen ou d’un autre la progression du croiseur qui longeait la côte pour couper la route à notre navire. Je connaissais très bien ce genre d’embarcation utilisée par les contrebandiers. De véritables feuilles de papier, mais inégalables en termes de vitesse, elles étaient faites pour fuir le plus rapidement possible et non attaquées de front.

J’envoyais tout le monde descendre à toute berzingue la falaise escarpée pour monter à bord du navire qui longeait cette dernière, il ne lui restait plus qu’une centaine de mètres avant de sortir de la crique et de se retrouver nez à nez avec le croiseur. Certains souhaitaient rester avec moi, mais il était hors de question d’entrainer quiconque dans mon aventure, de toute façon ils me gêneraient plus qu’autre chose. Seuls des types comme Olek ou Blake pouvaient se montrer à la hauteur, mais aucun des deux n’était disponible à cet instant.


De mon côté je me m’étais à courir comme fou en direction du bâtiment de guerre ennemie avec un seul objectif en tête, sauter à bord et ensuite ce sera l’improvisions totale ! J’entendais derrière moi l’écho de combats qui se rapprochaient, mais je n’avais plus le temps pour m’en préoccuper. J’arrivais finalement au bord de la falaise, le navire de la Marine était toutes voiles dehors et c’était le branlebas de combat sur son pont, je distinguais un nombre incalculable de soldats courir dans tous les sens.

« Bordel, il y a facilement quinze mètres… »

En relevant la tête, je pouvais voir que le navire des contrebandiers se rapprochait dangereusement.

« Et puis merde… »

Je faisais quelques pas en arrière pour assurer un minimum, avant de me jeter dans le vide, les pieds en avant comme un rocher. Durant la chute, la seule pensée qui me venait à l’esprit, c’est qu’il fallait vraiment un grain pour agir de la sorte ! Surtout en ayant bouffé un fruit du démon, si la rumeur disait vrai, j’étais bon pour un aller simple avec les coraux en cas de loupe.

Je m’écrasais sur le navire tel un météorite hors de contrôle, m’éclatant une première fois sur le mât principal, avant de dégringoler le long de la grande voile que je déchirais en tentant de me raccrocher à elle. La tronche dans la voile, je ne voyais absolument rien, je tentais par tous les moyens possible de me retenir à quelque chose de dur, mais en vain. Finalement au bout de secondes interminables, je me retrouvais ficelé par les cordages qui s’étaient enroulés autour de mon corps, me balançant comme une pinata de droite à gauche au-dessus du pont principal.

Une fois la stupéfaction passée, les soldats percutèrent que le débile qui était ficelé comme un rosbif au-dessus de leur tête, n’était autre que l’une des raisons de leur présence ici.

« C’est la Supernova Jack Skellington qui nous tombe dans les bras ! A nous la prime promise par le Vice Amiral ! »

Ils explosèrent de rire en me voyant dans cette situation grotesque.

« Très drôle les bleus-bites ! Attendez que je descente ! On verra qui rigolera ! 
»

Le commandant du navire ordonna à ses hommes de me descendre immédiatement avant que je ne cause plus de dommage. Il ne savait décidément pas à qui il avait à faire le bougre.

M’appuyant sur le mât, je poussais de toutes mes forces avec mes jambes pour m’élancer en direction de la barre du gouvernail pour faire dévier le cap du navire droit dans la falaise. Le premier essaie s’avérer un échec total, j’étais à un bon mètre de pouvoir atteindre ma cible. Profitant du gain de vitesse, je me relancer une nouvelle fois avec plus de vigueur.

Le commandant voyant où je voulais en venir hurla à ses hommes de m’abattre sur le champ sans sommation. Mais j’avais j’avais mis tellement d’en train dans mon mouvement, que le mât déjà bien mal en point avait fini par céder. Obligeant les soldats à s’écarter sous peine de finir en pâté en croute. De mon côté, je filais comme un missile sur ma cible, embarquant non seulement la barre, mais aussi le timonier avec moi pour le balancer par-dessus bord.
Maintenant que le mât était brisé, mes liens avaient plus de jeux, m’expédiant ainsi la tronche contre le pont principal.

Je me relevais difficilement le temps de retirer l’amas de cordage qui m’entravait de toute part.

Mon petit numéro avait réussi à mettre hors de lui le pacha du navire. Il éructait des choses incompréhensibles à l’attention de ses hommes en me pointant ostensiblement du doigt.

« Et maintenant, il va falloir se sortir les doigts, mon bon Jack ! »

Le croiseur était sorti de son axe grâce à mon action de la dernière chance. Alors que tous les regards étaient braqués sur moi, j’étais le seul à pouvoir voir que nous allions percuter la falaise d’un instant à l’autre. Même si j’aurais préféré envoyer le navire droit dessus, l’impact fut tout de même au rendez-vous lorsque sa coque frotta contre la caillasse, déstabilisant une bonne partie des soldats.

Grâce à cette anticipation, j’étais parvenu à m’agripper à la rambarde au tout dernier moment, histoire d’éviter une fin ridicule en basculant par-dessus bord. Je voyais à présent le navire des contrebandiers qui nous frôlait à quelques centimètres de la proue. Je n’avais plus une seconde à perdre sous peine de rester planté là pendant que les autres se faisaient la belle.

Une fois remis de leurs émotions, et voyant l’embarcation prendre la poudre d’escampette. Les soldats étaient plus motivés que jamais de mettre le grappin sur moi. Le commandant lança la charge en personne, suivi par une centaine de ses hommes encore en état d’en découdre et surtout armée jusqu’aux dents.

Pas question de me ridiculiser une nouvelle fois en essayant cette connerie de lame d’air, d’ailleurs Blake allait m’entendre à ce sujet !

J’allais donc au plus simple, m'en remettre une fois encore à mes précieuses lames, les dédoublant pour les convertir en double lames dans chaque main. Ce que j’aimais par-dessus tout, c’était de voir dans un premier temps leurs gueules pleines de confiances en se croyant avantagés par leur surnombre. Mais le summum pour moi, c’était leurs réactions lorsqu’ils comprenaient que mes deux copines étaient de véritables armes de destruction massive. 

Et en effet, le spectacle valut le détour, même si j’avais peut-être exagéré dans l’entrain mis dans mon attaque. Car parcourant le navire d'une extrémité à une autre en découpant tout sur mon passage. j'avais malencontreusement sectionné le mât principal sur mon chemin ! Sa chute fit exploser le pont principal engloutissant avec lui bon nombre de militaires. Le navire ne tarda pas à se briser en deux sous l’effet du choc.


Voyant que mon embarcation était bonne pour couler lentement mais surement, je n’avais d’autres choix pour rejoindre le navire des contrebandiers qui se trouvait encore à porter que de briser à la force de mes bras le mât se situant derrière moi pour m’en servir de passerelle. Alors que j’ai traversé cette dernière, un énorme splash attira mon attention, je jetais un coup d’œil dans la direction d’où venait les remous, mais en vain. En haut de la falaise se trouvaient plusieurs soldats de la Marine, mais hors d’atteinte.

Une fois à bord, seuls mes hommes étaient venus me féliciter, le reste de l’équipage me voyait comme un monstre. Ils avaient tous vu ce que je venais de faire, cela n’avait absolument rien d’humain, même sur le Grand Line.

Mais pas le temps de se reposer sur mes lauriers, une caravelle de la Marine venait de débouler dans notre dos, je n’avais pas prévu qu’un navire puisse arriver de l’autre côté de la crique. Bien moins impressionnante que le croiseur, elle avait l’avantage d’être d’une rapidité redoutable, même pour nous.

Alors que je m’apprêtais à lui envoyer une volée d’objets en tout genre pour les ralentir comme je pouvais. Je m’aperçus que la partie avant du bâtiment de guerre que j’avais endommagée était à la dérive juste à côté de nous… et son acre me tendait les bras grand ouverts. J’étais déjà en train de cracher mes poumons, mais je ne voulais pas avoir fait tout ça pour rien, pas si prêt du but !

Alors puisant dans mes ultimes réserves, j’agrippais l’ancre avec l'une de mes lames, tirant au passage sur la chaine en acier la reliant à la proue du navire. Il ne me restait plus qu’une chose à faire à présent, l’expédier droit sur la caravelle. Vue comment elle nous collait au fion, rien de plus simple, même un aveugle aurait réussi son coup. J’expédiais tout le bordel en plein dans la coque, provoquant une belle entaille dans cette dernière.

Devant à présent trainer la proue d’un croiseur, l’embarcation de la Marine perdait subitement du terrain pour finalement se retrouver contraint d’abandonner la chasse.

J’en avais assez fait pour la journée de mon côté, je m’écroulais sur le navire en sueur., les bras en croix. Conscient qu'il restait un destroyer à proximité ainsi qu'une palanqué d'autres rafiots de toutes tailles. Quand subitement une pensée traversa mon esprit…

« Olek ?! »



Dernière édition par Jack R. Skellington le Dim 16 Avr - 22:13, édité 1 fois
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Du haut de la falaise, le contre-amiral Ulrik regardait le corps d'Olek percuter les flots et sombrer comme une masse. À quelques mètres seulement, la deuxième supernova venait de couler un de leurs navires et tentait de s'échapper à bord d'une chaloupe faite pour la vitesse. Hors de question de le laisser s'en tirer et lorsqu'il reconnut le vaisseau de son collègue Sillius qui les prenait en chasse, il afficha un sourire satisfait. Son second le rejoignit enfin, suivi d'une douzaine de ses hommes à bout de souffle et la mine fatiguée. Intransigeant, il donna ses ordres en repartant vers la crique d'une démarche militaire.

- Envoyez des plongeurs et une équipe de secours, cherchez le moindre survivant dans nos rangs et retrouvez-moi le corps d'Olek par tous les moyens. Sans sa dépouille comme preuve, le vice-amiral Jurgen n'acceptera jamais officiellement sa mort.

Alors qu'il retournait sur son cuirassé pour organiser les recherches autour de la crique, il reçut un appel par Den-Den mushi, c'était son supérieur Jurgen, le timbre de voix préoccupé.

- Le contre-amiral Jagger vient d'être assassiné sur Whiskey Peak, je fais demi-tour. Occupez-vous des deux supernovas, ne lâchez pas leur trace ! Je vous rejoins dès que j'ai réglé le problème. Terminé.
- Bien reçu.

Une très mauvaise nouvelle, l'opération était en train de tourner en véritable fiasco et Ulrik préféra taire la mort d'Olek tant qu'il n'en était pas certain. Ils étaient des professionnels et dans leur métier les "peut-être" n'existaient pas. Malheureusement, ils passèrent au peigne fin les fonds marins autour de l'île durant de longues heures sans succès. Le corps du pirate avait disparu et avec lui une grosse partie de l'épave du navire que Jack avait coulé. Ils ne trouvèrent aucun de leurs hommes noyés non plus. L'hypothèse des quelques hommes-poissons dans son équipage était simple, l'odeur du sang avait attiré un monstre marin qui s'était fait un plaisir de tout bouffer. Ulrik savait que le vice-amiral ne serait pas content et ne tolérerait pas l'échec. Il prit donc la seule décision logique et réunit ses troupes :

- On part à la chasse aux monstres marins ! Pendant quelques semaines au moins ! Le temps que les choses se tassent ici et qu'on reçoive de nouveaux ordres !

Les marins étaient ravis et acclamèrent leur capitaine, même si cela revenait à chercher une aiguille dans une botte de foin, c'était toujours mieux que de rentrer bredouille, subir le courroux du vice-amiral  et risquer une mise à pied. Surtout que Sillius, en fin stratège, était déjà aux trousses de Skellington.
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