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Ils apprendront à avoir peur

Vent en poupe au cœur de la tempête qui se profilait à l’horizon, Le Noirsillage fendait les vagues vers sa prochaine destination. Suite à une petite discussion sous tension avec l’un des cadres du Crypto Syndicat sur Karantane, le capitaine des Sandstorm Pirates avait prit la décision de faire voile vers Kikai no Shima afin d’y retrouver une certaine « Nembu ». Impliquée dans différents trafics d’arme avec un équipage voguant sous les couleurs d’Amber Frost, cette dernière devrait en effet être en mesure de localiser ou entrer en contact avec une certaine Rookie des Sunset Pirates. Pour rappel, le sablonneux avait volé puis consommé un fruit du démon qui était destiné à cette pirate, Rhyza, qui l’avait par la suite retrouvé, vaincu en duel puis capturé au nom du Fléau sur Banaro. Désireux de se venger, ayant récemment recroisé sa route, le jeune corsaire était déterminé à lui mettre la main dessus. Et c’est dans cette optique qu’il avait laissé Ren aux commandes de la flotte et s’était provisoirement détaché à bord du vaisseau mère.

Penché à la proue du navire, accoudé au bastingage, le sablonneux fixait l’horizon. Et malgré le brouhaha provenant de l’alliance apocalyptique du vent et des flots déchaînés dont les vagues frappaient l’imposante coque, il parvint à entendre une succession de bruits sourds. Il songea un bref instant à l’orage, puis réalisa qu’il s’agissait en réalité de tirs de batterie au vue de leur régularité. Jetant un coup d’œil sur les hauteurs des mâts, tendant l’oreille, il ne fut pas surpris lorsque la vigie se mit à hurler. Un navire. Non, deux navires à bâbord. Saisissant sa longue vue, le capitaine corsaire lorgna dans la direction indiquée et finit par apercevoir des flashs lumineux. À cette distance et dans ces conditions climatiques, difficile de discerner ce qui se passait vraiment, mais il réussit tout de même à identifier un bâtiment de guerre de la marine. Le sablonneux rangea sa longue vue et fit volte face pour se rendre rapidement à la barre et donner ses ordres.


À bâbord toute ! Cap sur l’escarmouche.

Alors, quest ce quon a ? demanda Kutcham en surgissant sur le pont.

Accrochage avec un vaisseau de la marine. Je pense qu’ils ne cracheront pas sur un coup de main.

On donne dans le babysitting maintenant ? railla le sabreur.


Le corsaire n’avait que faire du sort des hommes du gouvernement. En revanche, la capture ou l’élimination de leurs assaillants pourrait potentiellement rapporter quelques Berrys, et ça, c’était un motif suffisant pour intervenir. Se rapprochant peu à peu de la bataille navale, il dégaina une fois de plus sa longue vue pour tenter d’identifier les forces présentes en face. Un sourire se dessina sur son visage lorsqu’il aperçu enfin le pavillon noir qui flottait au loin. Passant sa longue vue à Rascus, ce dernier jeta un coup d’œil.


Les Rongeurs.. des petites frappes qui commencent à prendre de l’ampleur. Enlèvements, torture, trafic humain… annonça Rascus en rendant la longue vue à son capitaine.

Ils sont à nous. Tout le monde à son poste ! On va se servir des passages brumeux pour les prendre par surprise.. si tant est qu’ils ne nous aient pas déjà repéré.


Les Voltigeurs s’activèrent sur le pont, chaque matelot sachant précisément ce qu’il avait à faire et le sablonneux se rapprocha du timonier afin de lui indiquer les manœuvres à mener. Dans cette tempête se mélangeait fumée et brouillard en d’épais nuages autour de l’affrontement, l’objectif serait de tirer profit de cette couverture afin de fondre sur le navire pirate le plus vite et le plus discrètement possible. Par chance, le temps couvert et la pluie qui commençait à tomber à grosses goutes pourraient certainement contribuer à masquer leur approche. Navire positionné non loin de la bataille, le capitaine des Sandstorm Pirates fit réduire la voilure pour éviter que le vent ne les court circuite.


Va falloir frapper vite.. et fort. Kutcham, tu prends le commandement à bord, moi j’irai à l’abordage avec les gars. Si tu peux éviter de nous envoyer par le fond…

Jte promets rien lança le Mink avec un sourire.


Les hommes se rassemblèrent sur le pont, armés et parés à l’abordage, les yeux rivés sur leur capitaine. Fondre sur l’ennemi, faire feu de tout bois et passer à l’assaut. Voilà un plan simple mais pas si évident à mettre en place dans les conditions climatiques qu’ils étaient en train de subir. La mer était déchaînée, le vent soufflait de plus en plus fort et ils seraient bientôt trop proche pour bénéficier d’un quelconque effet de surprise. Le capitaine corsaire dégaina ses deux lames d’estoc Oto et Kogarashi et se tourna vers son équipage.


Pas de quartier les gars ! Pas de prisonniers ! Que la peur les frappe de plein fouet, hissez nos couleurs ! En avant toute !


Galvanisés par ces paroles, Les Voltigeurs rugirent. Le pavillon noir des Sandstorm Pirates trôna au sommet du mât et le navire arriva enfin à portée de tir. Bref instant de flottement, Kutcham ordonna aux artilleurs de faire feu. Le plancher trembla, les tirs provoquèrent un brouhaha retentissant et la bataille s’engagea.
    Faire s’abattre les enfers, voilà comment Rascus aimait qualifier les canonnades du Noirsillage. Tous les tirent ne firent pas forcément mouche, mais le côté bâbord du navire pirate se prit une salve particulièrement violente. Toujours au niveau de la barre, le sablonneux esquissa un sourire dément devant la confusion qui semblait régner sur le navire adverse. Soudainement pris en tenaille entre le croiseur de la marine et le galion du corsaire, ceux qui se faisaient appeler « Les Rongeurs » ne semblaient pas réaliser ce qui était en train de se passer. Ils ne tardèrent cependant pas à répliquer, faisant feu sur les Sandstorm Pirates, frappant leur bâtiment de plein fouet, mais ces derniers intensifièrent l’assaut. Nouvelle salve de tirs, fracassant les ponts inférieurs côté bâbord, déclenchant plusieurs explosions, les grappins fusèrent en tous sens afin de rapprocher les deux bâtiments. À la riposte, les pirates présents sur le pont se mirent à tirer et Les Voltigeurs se mirent à couvert autant que faire se peut. Les tirs ne cessèrent pas, emportant ceux qui avaient la malchance de ne pas pouvoir se mettre à couvert convenablement.


    En avant ! Pas de pitié ! hurla finalement le corsaire en bondissant sur le bâtiment adverse, lames brandies.


    Il s’engagea dans un indescriptible chaos, tranchant les premiers adversaires rencontrés, suivi de près par ses hommes à l’abordage. Une pluie bâtante fouettait le visage du capitaine des Sandstorm Pirates et un tir effleura son épaule, comme pour lui faire comprendre que cette fois-ci, il ne pourrait pas compter sur les propriétés intangibles de son fruit du démon. Mais devant la mine effrayée des pirates, il ne montra aucune hésitation et continua à se battre farouchement.
    Il réalisa rapidement que la grande majorité des pirates était passée à l’offensive et avait abordé le croiseur de la marine. La situation sur le pont en passe d’être stabilisée, il se tourna vers Rascus.


    On passe à la suite ! Descendez et neutralisez moi ces connards !

    Reçu.


    L’ingénieur fit signe aux hommes à proximité de le suivre vers les niveaux supérieur et le sablonneux se tourna vers le croiseur des forces de l’ordre. Ni une ni deux, il s’élança en direction des cordages pour passer sur l’autre navire, suivi par plusieurs de ses hommes. La situation sur le bâtiment de la marine était encore plus chaotique. La pluie avait beau tomber à torrent, les flammes dévoraient la structure partout où le corsaire donnait de la tête. Les pirates luttaient contre une résistance solide qui semblait poussée par le désespoir. Odeur de poudre consumée dans le nez, un épais nuage noir l’enveloppant, le corsaire passa à l’action sans attendre. Tranchant les pirates, surpris par sa présence dans leur dos, il prêta main forte à un officier qui semblait à bout de force, une quantité impressionnante d’entailles sur la moitié droite du corps.


    Qu’est.. qu’est ce que tu.. qu’est ce que vous faites la… souffla-t-il, épuisé en s’appuyant contre le mât.

    Bah j’ai l’impression qu’on fait votre boulot… lança le sablonneux d’un air satisfait.

    Les cellules.. faut pas qu’ils accèdent aux cellules… lâcha l’officier en se laissant tomber sur le plancher pour récupérer.


    Des cellules ? Il s’agissait donc d’un transfert de prisonnier ? Sans doute ce qui avait motivé l’attaque des pirates. Cherchant la porte d’accès aux niveaux inférieurs dans tout ce merdier, le sablonneux finit par la localiser. Se ruant dans cette direction, il fut stoppé net par deux hommes qui se jetèrent à corps perdu sur lui. Privé de son intangibilité, il fut contraint de parer les assauts de ses propres lames et engagea une valse d’acier avec les pirates. Très vite, d’autres se joignirent à l’affrontement et parvinrent à blesser le corsaire à différents endroits. Irrité, ce dernier laissa échapper une vague de haki royal, ce qui eut pour effet de neutraliser ses assaillants et les quelques combattants proches de lui. Pirates, soldats de la marine, aucune distinction, tous s’écroulèrent. Faisant quelques pas en direction de l’ouverture afin d’accéder aux niveaux inférieurs, il ne put manifestement pas éviter l’évasion. Un groupe de mutins couverts de sang apparut et marqua un temps d’arrêt à la découverte du corsaire.


    Putain t’es qui toi.. d’où tu sors ?! beugla l’un d’entre eux en pointant son surin en direction du sablonneux.

    Je suis.. la faucheuse.

    Rick.. Ricky ! C’est un putain de Shichibukai !! hurla l’un des évadés en paniquant.


    Le corsaire leur jeta un regard démoniaque et commença à laisser échapper une vague de fluide royal afin de couper court à tout ça. Malheureusement il fut interrompu lorsque le navire pirate se mit à faire feu, quelque chose explosa sous ses pieds, éventrant le pont qui se déroba. Ayant tout juste le temps de revêtir son armure de haki, il chuta et s’écrasa violemment un peu plus bas. Les mutins ne furent pas épargnés, tombant eux aussi vers les ponts inférieurs.
      Sonné, se relevant tant bien que mal, le jeune capitaine des Sandstorm Pirates réalisa dans un premier temps en regardant autour de lui, que le croiseur risquait de sombrer au vu des dégâts subits. Puis il constata rapidement qu’il se retrouvait entouré de pirates. Blessé à la jambe gauche il trébucha en voulant ramasser ses lames d’estoc et chercha des yeux le moyen de remonter. Mais les choses s’accélérèrent et il fut la cible des évadés qui se mirent à l’attaquer. Toujours sonné, il para les premiers assauts maladroits et élimina ses premiers assaillants, remontant lentement le pont supérieur, partiellement plié. Remonté à la « surface », lames rengainées, une succession de bruits sourds retentit plus bas et le croiseur se mit à tanguer. Le jeune corsaire aurait aimé croire que c’était l’œuvre des vagues mais malheureusement il l’avait compris, la coque était sur le point de se briser et le navire sombrerait bien assez vite. Une lame lui traversa alors le bas du dos. Surpris et endoloris, il se retourna aussitôt pour voir l’un des mutins, qui souriait d’un air dément. Cheveux hirsutes, tatouage sur le visage, il se mit à ricaner.


      Gnyah.. si ça saiigne c’est que ça peut mourir…


      Retirant péniblement la dague qui venait de le perforer, le sablonneux grimaça et tenta aussitôt de taillader son adversaire mais ce dernier se révéla être bien plus agile qu’il n’y paraissait. Esquivant le coup, il effectua une pirouette sur le côté, se retrouva la tête en bas et asséna un violent coup de pied au corsaire sur son flanc. Repoussé par le choc, Azerios infusa la dague de fluide offensif et la projeta avec force mais le forban esquiva une fois de plus en se remettant sur ses pattes. Le croiseur continuait de se consumer lentement mais il tanguait de plus en plus fort. La rupture semblait proche, plusieurs hommes des Voltigeurs dont Rascus arrivèrent alors pour prêter main forte à leur capitaine mais ce dernier leur intima de ne pas approcher d’un geste de main.


      Stop. Celui-ci est à moi. dit il avec un sourire. Rascus, ce rafiot va sombrer. Sauvez un maximum de soldats de la marine.

      Entendu cap’. Et les pirates ? répondit l’ingénieur après un bref moment d’hésitation.

      On s’en moque. trancha le sablonneux.

      Reçu ! lança Rascus.


      Lui et le reste des hommes se hâtèrent de porter assistance aux soldats étendus ici et là, pendant que le capitaine des Sandstorm Pirates jaugeait son adversaire en silence. Les deux hommes ne bougeait pas d’un cil malgré les différentes secousses. Puis le pirate ouvrit les hostilités, se jetant sur son adversaire dans une pirouette artistique. Abattant ses deux pieds en tournoyant telle une toupie, Azerios contra l’assaut de ses deux avants-bras teintés couleur charbon. Ce dernier répliqua en tentant de balayer l’évadé mais là encore il esquiva de façon magistrale. Ramassant un sabre d’abordage, il se mit à gesticuler d’une étrange façon, comme s’il s’agissait d’une danse. Une danse entraînante, comme hypnotique et avant même que le corsaire ne se fasse la réflexion, son assaillant se trouvait déjà sur lui prêt à le trancher grâce à son sabre. Esquivant de justesse, la lame tailla quand même dans la chaire du bras gauche. Ne réalisant pas immédiatement, le sablonneux comprit qu’il venait d’être hypnotisé.


      Espèce de merdeux…

      C’est toi l’cafard hinhin… ricana le forban.


      Il se remit à bouger de manière étrange, et là encore il parvint à suffisamment captiver le corsaire pour lui porter un coup vicieux. Reculant au bon moment, la lame taillada simplement son torse, quelques secondes plus tôt et la blessure aurait sans doute été plus profonde et bien plus problématique. Poussant un profond soupir, Azerios concentra son attention sur le pirate une fois encore, qui se remit rapidement à gesticuler et il frappa encore une fois. Mais cette fois-ci, le sabre transperça l’épaule du corsaire. Ce dernier grimaça, mais s’empressa d’attraper le poignet de son adversaire. Le tenant fermement de sa main gauche, il frappa sa cible en pleine face de son autre poing chargé en fluide offensif. Le pirate, complètement sonné, fit quelques pas en arrière mais le sablonneux ne lui laissa pas le temps de réagir. Retirant la lame de son épaule dans la douleur, il se rua sur son adversaire et lui asséna une série de violents coups en pleine tête jusqu’à le coincer contre le mât.


      Gué.. qu.. gueuh.. tenta d’articuler le forban la gueule ensanglantée.


      Sans prononcer le moindre mot, le corsaire infusa son haki de l’armement dans ses deux poings et les abattit avec force, à l’image d’un concasseur, simultanément sur les tempes du pirate qui s’écroula sur le coup, inconscient. Autour de lui, le croiseur partait en fumée, il décida donc d’agripper le corps d’Harold Krylkuk et sans demander son reste de se hisser sur le navire des « Rongeurs ». Laissant retomber le corps de son adversaire défait, il jeta un bref regard au bâtiment de guerre de la marine en route pour les abysses puis examina la situation. Le Noirsillage avait affaissé la voilure, les hommes avaient investit le bâtiment des « Rongeurs » et avaient capturé les survivants. Ces derniers entassés dans un coin étaient sous bonne garde des soldats de la marine rescapés. Rascus approcha alors avec l’officier que le sablonneux avait sauvé plus tôt.


      C’est pas finit boss. Celui là était venu libérer ses petits potes.. mais le capitaine rôde toujours quelque part. lança Rascus les yeux rivés vers l’horizon.


      Difficile de discerner quoique ce soit, la pluie continuait de tomber à torrent, la mer était toujours aussi agitée et malgré les flashs lumineux provoqués par l’orage, il serait sans doute impossible d’apercevoir un navire à plus de cinq miles. Traînant Harold par le col, le capitaine des Sandstorm Pirates confia le prisonnier à deux de ses hommes qui s’empressèrent de le ligoter, puis il prit appui sur le bastingage afin de souffler un peu, cherchant du regard un signe de vie dans cet enfer. L’officier blessé s’approcha alors en titubant.


      Ils n’abandonneront pas… Les Rongeurs sont du genre obstiné… murmura-t-il.


      Certain qu’il aurait affaire au reste de cet équipage pirate sous peu, le Sablonneux était bien conscient qu’un affrontement en pleine tempête pourrait les désavantager son équipage et lui. Sans ajouter le moindre mot, il fit volte-face, hocha la tête en direction de l’officier de la marine avant d’ordonner aux hommes de manœuvrer pour quitter cet enfer, emmenant avec eux le navire des pirates en guise de trophée.


      —————————



      Et il fallut plus de deux heures pour que le climat redevienne plus clément. Bien que toujours nuageux, le ciel s’était déchargé, mais la pluie continuait de tomber de façon ininterrompue. Les hommes avaient fait du bon boulot et L’Indompté poursuivait sa route, remorquant le bâtiment des forbans. Mais une certaine agitation commença non loin, quelques éclaireurs des Ailerons Perfides, que le capitaine des Sandstorm Pirates avait prit soin de déployer, remontèrent à la surface. Bien que difficilement compréhensible, certains hommes d’équipage parvenaient à deviner ce qui se cachait derrière leurs étranges gargarismes et il était visiblement question d’un navire pirates à quelques encablures de là. Le capitaine corsaire saisit alors le pavillon noir des Rongeurs afin de le montrer aux hommes poissons qui confirmèrent aussitôt son interrogation. La chasse n’était donc bel et bien pas terminée.
        L’objectif ici serait d’éviter au maximum un affrontement direct avec le navire des pirates. Le Noirsillage n’avait pour ainsi dire subit aucun dommage réellement inquiétant pour un charpentier initié tel qu’Azerios, mais l’officier de la marine avait expliqué que ces pirates possédaient une puissance de feu non négligeable. Le sablonneux avait donc imaginé un plan. Il fit hisser le pavillon des Rongeurs au sommet du mât de son propre navire afin de laisser penser qu’Harold Krylkuk avait non seulement réussit son entreprise mais qu’en prime il avait prit possession d’un navire plus grand. Utilisant les pluies diluviennes comme couverture, ils simuleraient une tentative de fuite des prisonniers par le navire des forbans et feraient feu sur ce dernier pour inciter le vaisseau adverse à faire de même. L’attention générale serait alors tourné vers le leurre et Azerios en profiterait pour lancer un assaut surprise. Ce n’était évidemment pas le meilleur plan qui soit, mais sans doute l’une des seules options qui pourraient éviter un assaut frontal.

        La pluie continuait de tomber à torrent, le ciel était toujours couvert et une certaine obscurité régnait. Le capitaine corsaire ordonna à Rascus de revêtir les vêtements de Krylkuk et de rester sur le pont. Certains survivants de la marine furent faussement constitués prisonniers et laissés sur le pont à la vie de tous, à genoux, tenus en joue par les matelots Sandstorm Pirates. Les véritables prisonniers furent mis aux fers dans la cale et les Ailerons Perfides furent envoyés à l’eau, prêts à l’assaut. Le navire capturé fut totalement vidé et quelques volontaires grimés en soldats de la marine prirent position à la barre de ce dernier. Difficile de croire que cette supercherie pourrait fonctionner et pourtant, il n’y aurait pas meilleur occasion ni meilleur contexte pour un tel coup d’esbroufe. Il ne resterait plus qu’à conserver une distance suffisante avec les adversaires pour permettre le doute. Et le navire des Rongeurs ne tarda pas à apparaître à l’horizon, un imposant galion, masse sombre qui émergeait au milieu de la tempête. Tout le monde savait désormais ce qu’il avait à faire, le sablonneux se dissimula derrière le bastingage, longue vue en main afin d’observer ses adversaires. Les conditions météorologiques chaotique ne permettaient malheureusement pas de discerner les occupants du navire ennemi. Ce qui voudrait inversement dire que le plan pourrait bien fonctionner. Il réussit à repérer le capitaine sur le pont, longue vue en main qui semblait examiner Le Noirsillage et c’est avec un certain soulagement qu’il le vit soudain hurler ses ordres, sans que les écoutilles ne soient ouvertes, signe qu’ils ne comptaient peut être pas passer à l’attaque.


        On dirait qu’ça mord les gars ! Tout le monde se prépare !


        Sourire aux lèvres, le capitaine des Sandstorm Pirates continua à observer le navire ennemi jusqu’à ce qu’il ne soit qu’à environ trois miles nautique, puis il donna le signal. À cet instant les volontaires sur le navire capturé s’activèrent, détachèrent les cordages et firent feu en prenant soin de viser à côté. Aussitôt, les types présents sur le navire des Rongeurs se mirent en branle bas de combat. Le sablonneux continua à les observer en silence, espérant qu’ils aient mordu à l’hameçon. Le faux échange de tir entre Le Noirsillage et le navire capturé sembla avoir eu l’effet escompter, car au creux de la tempête, les Rongeurs se préparèrent au combat. Allaient ils tenter de couler leur propre navire ? Difficile à dire.


        On se prépare ! Réduisez le rythme ! On les laisse passer les gars !


        Les laisser passer et les prendre à revers, voilà le programme. L’ennemi ne se trouvait plus très loin de Le Noirsillage quand il commença à ouvrir le feu, visant le leurre en pleine fuite. Un sourire satisfait se dessina alors sur le visage du capitaine des Sandstorm Pirates qui s’apprêta au donner l’ordre de passer à l’offensive. Se redressant péniblement, rangeant sa longue vue, il fit signe à Rascus non loin mais soudain, les écoutilles bâbord du navire ennemi s’ouvrirent alors que les deux navires se trouvaient parfaitement alignés.


        Putain de me.. COUCHEZ VOUS !!


        Une salve frappa alors Le Noirsillage de plein fouet dans un brouhaha monstrueux. Par chance, l’agitation des eaux rendait les tirs beaucoup moins précis même à cette distance. Certains tirs raflèrent des matelots sur le pont, d’autres éraflèrent mais coque du navire du corsaire, mais la plupart finirent leur course dans les eaux glaciales. Échec cuisant, la supercherie n’avait hélas pas totalement prit et voilà que les Sandstorm Pirates se retrouvèrent vite assaillis. Hors de question de se laisser faire, le capitaine corsaire se redressa rapidement.


        Batteries tribord ! Feu à volonté !


        Les ordres furent immédiatement exécutés, les écoutilles tribord s’ouvrirent à la volée et les canons, déjà chargés et prêts à l’emploi, firent feu. De même que l’assaut précédent, l’agitation des vagues amoindrit les effets de cette contre-attaque qui rencontra bien vite une seconde salve. Tout le monde semblait balancé dans tous les sens, les canons continuaient de cracher sans grand succès. Bientôt les Ailerons Perfides, unité d’assaut maritime des Sandstorm Pirates passerait à l’assaut. La pluie s’intensifiait, rendant inopérant le fruit du démon du sablonneux qui dû se résoudre à tenter une manœuvre d’approche. L’abordage semblait imminent mais surtout inévitable.
          Tribord toute, Le Noirsillage changea sa trajectoire pour fondre sur le navire pirate. Ce dernier changea également de trajectoire, virant à bâbord toute, sous les hurlements sonores du capitaine des Rongeurs qui fut surpris de voir que sa barre ne répondait plus vraiment. Pas de doute, les Ailerons perfides venaient de passer à l’action. Leur mission consistait à saboter certains organes de direction afin d’orienter le navire dans une position qui ne lui permettrait pas de faire feu de manière directe. Une stratégie déjà éprouvée et qui s’était avérée redoutable par le passé. Ainsi, les Sandstorm pirates se retrouvèrent bien vite à la poupe du navire ennemi. Les hommes d’équipage s’amassèrent sur le pont, armés et prêts au combat. Le capitaine corsaire dégaina ses deux lames d’estoc et rejoignit rapidement ses compagnons, l’air sérieux sous une pluie bâtante.


          On se remue les gars ! Ces types feront tout pour nous envoyer par le fond ! hurla-t-il en pointant l’un de ses sabres en direction du navire ennemi. Descendez-moi ce pavillon de lâche et hissez nos couleurs.. ils apprendront à avoir peur !


          Les hommes poussèrent un rugissement collectif, galvanisés par les mots de leur capitaine et les premiers grappins apparurent. À la poupe du navire adverse, certains pirates se rassemblèrent pour tirer, tuant certains hommes du corsaire. Ce dernier s’empressa donc de créer et projeter une imposante lame d’air à l’aide de ses meitous Oto et Kogarashi. Une lame d’air courbée qui tournoya et arracha une partie du bastingage ennemi, éliminant une partie des tireurs. Et lorsque la lame de vent revint façon boomerang, elle heurta violemment l’un des mâts du navire qui fut sectionné net avant de s’écrouler. Les premiers grappins furent lancés, l’ennemi continuait de tirer et le sablonneux se rendit en première ligne, vêtu d’une armure de fluide offensif, les balles ricochant sur sa peau noircie. C’est à cet instant que les hommes poissons se mirent à grimper sur la coque pour assaillir le navire pirate. Les Ailerons perfides allaient permettre au reste des Sandstorm pirates de mener l’offensive. Bâtiment ennemi proche, une énorme vague propulsa le navire du corsaire en position ascendante, les canons rotatifs placés à la proue de L’Indompté se mirent à tirer et balayèrent les ponts ennemi alors provisoirement positionné en contrebas.


          Accrochez-vous, ça va secouer !


          Et si les hommes d’équipage s’accrochèrent pour la plupart à ce qui passait par là, le sablonneux, surpris par le choc de la vague redescendante, fut projeté en direction du navire. Il eut tout juste le réflexe de durcir sa peau avant de s’écraser violemment sur le pont du navire adverse. Pas le temps de lambiner, les premiers pirates s’attaquèrent aussitôt au corsaire, qui se relevant tant bien que mal, contre-attaqua avec ses lames d’estoc, tuant ses trois assaillants avec difficulté. Sonné par le choc, épuisé à cause de cette pluie, il ne pouvait pas abandonner. Autour de lui, le chaos régnait en maître, les Ailerons perfides affrontaient les pirates sur le pont, manifestement dépassés par cette attaque soudaine. Le Noirsillage était tout proche et les premiers hommes du sablonneux commençaient à grimper à bord du bâtiment ennemi pour se joindre au combat. Elio semblait mener la charge, il était donc grand temps d’en finir avec cette traque. Remontant le pont, le capitaine corsaire se heurta à une résistance solide, et n’eut d’autre choix que de se battre sans utiliser ses pouvoirs de maudit. Lames d’estoc en main, il contra la plupart des attaques qui lui étaient destinées, tranchant avec hargne les imprudents qui avaient le malheur de baisser leur garde. Mais à mesure qu’il avançait en direction de la barre, à mesure qu’il éliminait ses adversaires, d’autres venaient se joindre à la mêlée. Le capitaine présumé des Rongeurs se contentait d’hurler sur ses hommes et de tirer sur les ennemis qui approchaient trop. Un puissant coup frappa alors le sablonneux au flanc, le repoussant contre le bastingage. Sous un tel déluge il lui était toujours impossible d’avoir recours aux propriétés intangibles de son Logia et l’utilisation prolongée du fluide offensif commençait sérieusement à le fatiguer. Un homme au visage tatoué brandit un javelot et le lança avec force dans sa direction, le manquant de peu. Joue écorchée, projectile esquivé de justesse, le corsaire s’élança vers son nouvel adversaire et lui asséna une attaque en cisaille avec ses deux lames. Dégainant un nouveau javelot, l’homme contra le coup grâce au fluide offensif et offrit une contre-attaque éclair qui entailla la cuisse du sablonneux. Ce dernier pesta avant de frapper dans le vent pour projeter deux lames d’air en direction de son adversaire, qui se contenta d’esquiver.


          Dégage de mon chemin…


          L’homme, toujours muet, s’élança à son tour sur le capitaine corsaire. Sous une pluie bâtante, il donna une succession de coups d’estoc, que sa cible contra une à une à l’aide de ses lames Oto et Kogarashi. L’échange s’intensifiait, le capitaine des Sandstorm Pirates perdait patience. Pire que ça, accrochage après accrochage, il commençait à perdre pied et à commettre quelques imprudences, ce qui lui valut une blessure supplémentaire dans le bas ventre. Baissant les yeux lentement, il constata que le javelot lui était passé au travers. C’est alors que le navire précédemment capturé, dirigé par Rascus, surgit sur tribord pour venir éperonner le vaisseau mère des Rongeurs. Le choc fut particulièrement violent, projetant la plupart des matelots proches du point d’impact. Le sablonneux manqua de tomber à l’eau mais fut retenu de justesse par le bastingage, tandis que son adversaire silencieux s’agrippa comme il put au mât le plus proche. Saisissant l’opportunité qui se présentait, le capitaine corsaire empoigna alors le javelot avec lequel le pirate l’avait transpercé et le retira douloureusement. S’élançant en direction du mât, il infusa la lance de fluide offensif et l’envoya violemment dans le dos de son adversaire afin de le clouer au mât. Momentanément neutralisé, le pirate ne put esquiver l’attaque suivante et sa tête vola dans un assaut en cisaille dévastateur. Ployant le genou, le sablonneux prit un instant pour souffler et Rascus se joignit au combat. Bondissant du navire pour rejoindre son capitaine, il l’aida à se relever.


          Allé du nerf boss ! Finissons-en avec ça !


          Le capitaine corsaire hocha la tête et suivit son acolyte en direction de la barre, où l’attendait sa dernière cible : le capitaine des Rongeurs.
            Le ciel continuait de se déchirer, tout autour de lui la bataille faisait rage. Mais le capitaine des Sandstorm Pirates n’avait d’yeux que pour une personne, celui qui se faisait appeler « Scarface », celui qui menait la barque des Rongeurs : Jason Hulfid. Ce dernier lutaient farouchement contre deux membres d’équipage, qu’il parvint finalement à envoyer en enfer. Se tournant vers Azerios, le visage couvert de sang, il lui adressa un sourire dément avant d’hurler de rire et de pointer ses deux sabres d’abordage dans sa direction. Le jeune corsaire serra fermement ses deux lames d’estoc et s’apprêta au se lancer à coup perdu dans un nouveau duel quand Rascus l’interrompit.


            Méfie toi de ce type Aze.. c’est un vrai cinglé.

            Montant rapidement les marches menant à la barre, le sablonneux se prépara au combat. Ses hommes prenaient le dessus sur le pont, la bataille toucherait bientôt à sa fin. Les deux hommes se jaugèrent en silence, sous une pluie battante et c’est Jason qui brisa le « silence ».

            Corsaire… Corrrsaire… Embrasse la mort…

            C’est terminé. Rends-toi et t’auras la vie sauve… annonça Azerios en pointant ses deux lames vers lui.

            La vie sauve… c’est le moment où je dois me jeter à tes pieds et implorer ta pitié ? Je n’ai pas.. PEUR !


            Et sans rien ajouter, le balafré se rua sur le corsaire pour entamer une valse d’acier endiablée. Il n’était pas nécessaire plus rapide ou plus adroit que ses lieutenants, mais Azerios était épuisé et toute cette pluie n’arrangeait rien… Échangeant quelques frappes d’une précision chirurgicale, il parvint tout de même à parer la plupart d’entre elles à défaut de pouvoir les esquiver, jusqu’à réussir à entailler profondément le flanc du forban. Ce dernier mit aussitôt un peu de distance entre eux et se mit à hurler de douleur avant de recommencer à rire comme un dément.


            Terrrible…. Jason attention à ton flanc….. je te l’ai déjà dit….. Terrrrrrible….. Bon sang le corsaire….. Je n’ai pas peur.. non pas peuur !


            Et d’un bond il retourna à l’assaut, frappant avec plus de force qu’auparavant, faisant reculer le capitaine des Sandstorm Pirates qui n’eut d’autre choix que de retourner sur le pont, dévalant les escaliers comme il put. Comme s’il avait bénéficié d’un regain d’énergie, Jason poursuivit son assaut, frappant lourdement mais moins rapidement. L’un de ses sabres d’abordage lui échappa alors des mains mais au moment où Azerios s’apprêta à profiter de ce désavantage pour tenter quelque chose, un violent choc électrique le frappa de plein fouet. Roulant sur le côté, non sans douleur, il se releva rapidement pour se remettre en garde. Était ce l’orage ? Peu probable. Mais alors qu’est ce… Il s’interrompît lorsqu’il comprit que les attaques de Jason étaient désormais chargées d’énergie. Esquivant de peu une lame d’air foudroyante, il se retrouva à contrer un nouvel assaut frontal d’un « Scarface » en pleine frénésie. Frappant durement sur une défense amoindrie, il réussit à entailler le trapèze gauche du corsaire et cette fois c’est ce dernier qui mit un peu de distance entre eux.


            Non non non non non…. Jason…. Non non non et non….. Aaaargh terrrrible….. dis moi l’corsaire….. est ce que tu penses que t’es à ta place…. Le toutou du Gouvernement Mondial…… Est ce que tu es fier de ce que tu fais……

            N’y vois rien de.. personnel. Pour moi t’es qu’un tas de Berrys ambulant.

            Jasooon…. MON Jason……. Des Berrys j’en ai tout plein tu sais…….


            Le balafré créa deux nouvelles lames d’air chargées de foudre pour balayer les quelques Voltigeurs qui tentèrent de prêter main forte à leur capitaine. Rascus approcha alors comme pour s’en mêler mais le capitaine des Sandstorm Pirates pointa l’une de ses lames dans sa direction pour le stopper.


            Celui là aussi est à moi ! grogna-t-il.

            À moi.. à moi.. à moiiii ! ricana Jason avant de projeter une nouvelle lame d’air foudroyante.


            Dans un geste réflexe, le sablonneux contra l’assaut de ses lames, mais malgré le haki de l’armement, il fut foudroyé et projeté en arrière, lâchant ses lames d’estoc sur le coup. Son corps heurta le sol et il glissa sur deux bons mètres avant de s’arrêter. En état de choc, les yeux grands ouverts, il resta un court instant à regarder le ciel se déchirer, non pas que le spectacle était agréable, mais parce qu’il était tout à fait incapable de bouger. Sa volonté finit cependant par prendre le dessus et il se redressa doucement et esquiva une nouvelle lame d’air. Déterminé à en finir une bonne fois pour toute, il s’élança en direction d’un Jason déchaîné et se servit d’un des Rongeurs comme bouclier humain pour stopper la lame foudroyante suivante. Le corps de ce dernier vola en morceau dans un torrent d’hémoglobine et le sablonneux répliqua en projetant une lame d’air à son tour. Le balafré stoppa net l’assaut et revint au contact pour se lancer dans une nouvelle valse d’acier. Mais il s’avéra moins efficace privé de l’une de ses lames et le corsaire prit rapidement le dessus jusqu’à le désarmer pour de bon. Le pirate tomba sur le pont et avant même qu’il ne se relève, il se trouva tenu en respect, Oto et Kogarashi sous le menton.


            Ça suffit.

            Sale piooon…… SALE PIOOOON !!!


            L’homme se mit à rire puis sembla se résigner allant même jusqu’à baisser les yeux, la mine déconfite. Le capitaine des Rongeurs était vaincu. Baissant ses deux lames d’estoc, le sablonneux fit signe à Rascus de prendre la suite et se détourna de son adversaire. Mais dans un élan désespéré, « Scarface » bondit dans le dos du capitaine des Sandstorm Pirates, les poings chargés de foudre. Un tir retentit, suivit d’un bruit sourd, difficilement perceptible dans la tempête. Rascus venait d’abattre Jason Hulfid d’une balle dans le crâne mettant un terme définitif à cette bataille.
              Le calme finit par revenir dans le ciel comme sur le navire des forbans et les derniers pirates furent soit éliminés soit constitués prisonniers. Très vite l’équipage des Sandstorm Pirates mit la main sur les biens des Rongeurs et chargèrent le tout à bord du Noirsillage. Des armes, des munitions, des vivres, mais surtout un impressionnant butin, certainement le résultat d’une série de pillages. Le sablonneux prit alors la décision de laisser le navire des Rongeurs à l’officier de la marine et ses hommes, puisque privés de leur croiseur. Blessures tout juste pansée, il s’avança en boitant douloureusement en direction du représentant de l’ordre, si la victoire était acquise, le capitaine corsaire en avait prit pour son grade, mener une bataille sous de mauvaises conditions météorologiques lui avait montré qu’il avait peut être tendance a trop se reposer sur son fruit du démon.


              Nous vous avons laissé suffisamment de vivres pour tenir quelques jours.

              Entendu.. Ça me coute de dire ça.. mais merci pour votre aide. grimaça l’officier en détournant le regard. On embarque messieurs !

              Oh et j’ai pris le soin de charger les prisonniers sur votre navire… J’ai quand même gardé les corps des têtes d’affiche. Vous pensez que ça ira ? railla le corsaire.


              L’officier poussa un profond soupire mais afficha un léger sourire avant de quitter Le Noirsillage en compagnie de ses hommes. Alors que le bâtiment des Rongeurs désormais en possession de la Marine s’éloignait, le sablonneux s’approcha du butin saisit. Les hommes étaient en train de charger le tout dans la calle quand l’un d’entre eux trébucha, faisant tomber un petit coffre qui s’ouvrît à la volée. Un étrange fruit grisâtre en jaillit et roula sur le pont. Les quelques matelots présents se mirent alors à murmurer devant ce qui semblait être un fruit du démon et le corsaire s’empressa d’aider son matelot à se relever avant de ramasser la précieuse cargaison du coffret. Le genre de trouvaille qui pourrait bien se transformer en une belle petite quantité de Berrys supplémentaire. S’il envisagea un court instant de le garder pour lui afin de le vendre, le jeune capitaine se résigna lorsqu’il croisa le regard intrigué de Rascus. S’il y en avait bien un à bord qui méritait ce trésor, c’était lui. Adroit à la manœuvre de diversion, vaillant et déterminant dans la bataille finale, le tatoué avait montré de quel bois il était fait.


              Prends-le Rascus.. sur que tu pourras en tirer un bon prix. dit le sablonneux en tendant le fruit.

              L’ingénieur de l’équipage saisit le fruit et le contempla avec émerveillement pendant un court instant.

              Je.. merci captain.

              Tu le mérites.


              Contre toute attente, le tatoué mordit alors dans le fruit à pleines dents. Les hommes se figèrent et le dévisagèrent avec attention. L’expression de son visage changea alors lorsqu’il eut dégluti et Rascus se mit à tousser.


              Quelle horreur… Bordel… dit il écœuré.

              Ça donne quoi ? Tu te sens différent ?

              Franchement ? Aucune idée. Je sais pas quoi dire… Je me sens bien. Enfin je crois ? ricana Rascus.

              Bah ! Hâte de savoir ce que tu peux faire. lança le sablonneux avec un sourire. Allé on se bouge les gars ! On maintien le cap pour Kikai No Shima ! Finissez de charger tout ça et en route.


              Rascus venait de tenter un sacré coup de poker. Croquer dans un fruit du démon ne garantissait pas forcément d’offrir un pouvoir utile, mais promettait à quiconque tenterait le diable, de ne plus jamais pouvoir nager. Le jeune corsaire était déjà passé par la et il le savait, ils ne tarderaient certainement pas à découvrir le pouvoir octroyé. Le reste du butin fut chargé en calle, les hommes se hâtèrent à leurs postes, la voilure noire fut pleinement déployée et Le Noirsillage reprit son chemin, direction l’île du vice.