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[Quête] Les flammes du mal - Chapitre un

Dans les épisode précédents :

Le trajet fut long et agréable, sans autres complications que celles de trouver à bouffer et de se protéger des tempêtes. Olek passa le plus clair de son temps sur le crâne du monstre marin mi-crapaud mi-poisson-chat, qu'il avait au passage appelé Esto Mac, après trois trop longues secondes de réflexion. Ils auraient voyagé probablement plus rapidement si Olek avait séjourné dans le ventre de la bête pour qu'elle puisse nager dans les puissants courants marins en profondeur, mais cette sensation de liberté à voguer en plein air sur Grand Line était aussi jouissive qu'addictive.

C'était la première fois qu'il utilisait une Vive Card pour se diriger et le pirate devait avouer être surpris par son fonctionnement. La magie de ce monde continuait de le faire rêver et il sentait l'excitation le gagner chaque fois qu'il imaginait ce qu'il lui restait à découvrir, comme un gosse à qui l'on apprenait à faire son premier nœud en huit sur le bateau de pêche de son daron. Il ne savait pas grand-chose de la personne qu'il trouverait en suivant ce morceau de papier, simplement qu'il s'agissait d'une femme réputée qui pourrait assouvir ses moindres plaisirs, de quoi rendre enthousiaste même le plus castré des castrats.

Armada et les Précieuses furent en vue à l'horizon alors que le soleil était à son zénith, des centaines, voir des milliers de navires étaient amoncelés pour ne former qu'une grosse masse s'étendant à perte de vue. Olek manqua de s'en décrocher la mâchoire tant l'architecture du bordel était unique, Esto Mac, lui, grogna en signe d'avertissement et peu désireux d'approcher d'un tel lieu. Ils ralentirent jusqu'à s'arrêter totalement, prenant quelque temps pour réfléchir et admirer l'ingénierie humaine. Des embarcations, de toutes parts et des quatre horizons, accostaient et quittaient la zone chaque seconde, plaque tournante et incontournable de la piraterie, l'endroit était une véritable fourmilière maritime.

La supernova ne pouvait que rester bête devant la scène, il en avait entendu parlé bien sûr, mais n'avait jamais imaginé que l'empire sur lequel Red avait régné puisse être aussi faramineux. Une partie de lui espérait le revoir, le retrouver sur ces terres, une autre, un peu moins courageuse, espérait attendre aussi longtemps que  possible. Olek n'avait aucune idée de comment il réagirait et même s'il lui manquait, il n'avait toujours pas pardonné à l'homme qu'il considérait comme son oncle, tout comme il ne s'était toujours pas pardonné lui-même. Les souvenirs du passé étaient encore trop douloureux et Olek, bien que récente supernova, n'était encore personne. S'il devait revoir Red, ce serait en égal, un objectif qui l'accompagnait et le motivait depuis ses premiers coups de rames.

Il n'était cependant pas là pour ça et secoua la tête comme si cela pouvait l'aider à dissiper ces sombres pensées. L'heure était à la réjouissance et au plaisir, un rendez-vous l'attendait et il comptait bien l'honorer, Red pouvait bien attendre encore quelques années, du haut de son trône, il n'avait de toute façon pas grand-chose d'autre à faire, sa vie devait être des plus ennuyeuses au sommet. Olek devait également récolter quelques informations sur Jack et les autres, s'ils avaient réussi à s'échapper des griffes de la Marine et si oui, où étaient-ils ? Mais avant tout, l'objectif était de tremper son biscuit ! Il décida de laisser Esto Mac loin d'Armada, préférant finir lui-même les quelques kilomètres restant à la nage, cela lui ferait un peu d'exercice et lui éviterait d'attirer trop l'attention, tout en lui offrant un bain plus que nécessaire.

- Reste dans le coin, ne touche à aucun bateau et fais-toi tout petit, je te retrouverai quand j'aurai fini !

Le pirate plongea à la mer et s'éloigna dans un crawl dynamique, laissant en plan son taxi qui laissa couler une petite larme avant de disparaitre à son tour dans les profondeurs. Olek manqua de se faire écraser par une petite dizaine de navires, il en percuta deux dont il creva la coque de colère et grimpa sur le troisième pour gifler le capitaine qui l'avait insulté. Bordel que ça faisait du bien de retrouver ses confrères ! Après une énième claque, il récupéra une taxe de quelques milliers de berrys et se servit de l'embarcation en question pour débarquer à sec sur Armada.
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Avec une barbe de plusieurs mois et des cheveux longs autrefois blonds, aujourd'hui noirs de crasse, personne ne le reconnut. Sa taille attirait bien quelques regards, mais ce genre de gabarit n'était pas si rare sur Grand Line, non, ce qui dérangeait la populace était plutôt son apparence bestiale, sa nudité et son odeur pestilentielle. Les gens s'écartaient de son chemin plus par dégout que par peur et le colosse fit mine de ne rien voir en acceptant avec bonne humeur son rôle de mendiant lépreux. Il apprit qu'il était dans une zone appelé la Dépouille et fut soudainement arrêté par un contrôle de sécurité, un groupe de pirates en uniforme le stoppèrent et pointèrent leurs armes sur lui.

- On a déjà assez de vauriens, repart d'où tu viens !

Comment pouvait-il repartir ? Il n'y avait rien d'autre que la mer sur des dizaines, voir des centaines de kilomètres à la ronde. Ce type se foutait ouvertement de sa gueule et sa main trembla tant cela le démanger de répondre en lui fourrant son poing dans la bouche. Il réfléchit quelques secondes à la marche à suivre, il ne pouvait pas donner son nom, personne ne le croirait et même s'il finissait par prouver son identité en fracassant quelques crânes, cela ne créerait qu'encore plus d'emmerdes. Il décida de balancer la bourse qu'il avait volée au pied des gardiens, les berrys se répandirent au sol et sur les lattes de bois dans un tintement agréable, leurs yeux brillèrent d'une avidité familière.

- J'ai rendez-vous sur les Précieuses. Si l'un d'entre vous peut me guider, j'en ai encore à donner.

Leurs regards changèrent immédiatement et le ton du chef de la bande s'adoucit,  horriblement mielleux.

- Bien entendu ! Je vous conseille cependant de vous couvrir, prenez cette couverture, inutile de se faire arrêter à tous les coins de rue à cause d'un sexe à l'air, aussi beau soit-il. Venez, suivez-moi, vous autres, la relève arrive dans dix minutes ! Soyez sage !

Négocier n'était clairement pas son truc, il se sentait sale, comme s'il fuyait, refusait l'affrontement ou se trahissait lui-même, mais il fallait avouer que ça fonctionnait plutôt bien. À croire que la violence ne résolvait pas toujours tout...

Olek enfila le drap comme un pagne et suivit son guide véreux. Ils firent le voyage en silence, le pirate d'Armada tenta bien d'amorcer plusieurs fois la discussion, mais le colosse étant obnubilé par ce qu'il découvrait l'ignora en boucle. Chaque territoire était plus impressionnant que le précédent, les immenses roues des Sœurs Yanagiba, les usines de la Frapperie, la richesse du Kraken et lorsqu'ils arrivèrent à l'Atterrissage du Dragon, Olek ne put s'empêcher de faire une pause pour le contempler et poser la question que chaque touriste devait avoir sur le bord des lèvres.

- Qui a fait ça ?
- Le cratère au centre avec tous les navires ? Nul autre que la célèbre Reine Céleste ! Izya !
- Izya ? Hum...

Ce devait être un nom courant sur Grand Line, impossible que la petite Izya du même nom qu'il avait croisé au début de ses aventures soit devenue aussi puissante. Il eut un sourire nostalgique en souvenir de leur rencontre et se demanda ce qu'elle avait bien pu devenir et si elle était encore en vie. Sentant son guide s'impatienter, il revint au présent et ils reprirent la route en silence. Ils finirent par atteindre les Précieuses, le brouhaha et l'ambiance festive qui y régnait étaient audibles avant même que les premières ruelles ne soient visibles, Olek s'impatientait et ses yeux luèrent autant de plaisir en pénétrant dans le fief de Nakajima Aoi que des centaines de lumières chaleureuses qu'ils reflétaient. Les femmes étaient magnifiques, à la beauté aussi diverse que leurs corsages étaient échancrés, le pirate aux allures de barbare ne savait où donner de la tête et ses joues rougir d'excitation. Son guide le ramena à la réalité avec sa voix suave écœurante.

- Mon cher monsieur, mon travail ici est terminé, si vous pouviez me payer que je retourne à mon post !
- Bien sûr, suis-moi, c'est par ici !

Olek chercha une ruelle sombre à l'abri des regards et sourit aussi aimablement que possible. Un coup d'œil à gauche, puis à droite, et d'un mouvement sec rendu flou par la vitesse, il se saisit du crâne du malheureux qu'il fracassa contre le mur. Le colosse recouvrit le corps d'une pile de sacs poubelles avant de rejoindre ni vu ni connu la masse de passants sur l'artère principale. En réalité, il n'avait jamais eu besoin de guide, sa Vive Card tremblait de plus en plus et il n'était plus qu'à quelques mètres de sa cible, son petit numéro lui avait au moins permis de pénétrer sur Armada incognito.
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Il arriva devant un bâtiment immense au style asiatique, des centaines de lanternes rouges brillaient sur la façade et éclairaient une fresque gigantesque peinte à même le mur. L'œuvre représentait avec un réalisme frappant une orgie de l'ancien temps où hommes et femmes de toutes races se prélassaient, se caressaient et s'entremêlaient. L'érotisme et la qualité de l'art murale offraient une description parfaite des prestations de l'endroit. Devant la porte en chêne massif aux dorures sensuelles se tenaient deux hommes identiques, aux allures de gorille et presque aussi grands qu'Olek. Ils regardèrent le pirate s'approcher et le stoppèrent d'une main ferme sur sa poitrine.

- Non.
-Si.

Olek leur tendit la Vive Card, ils échangèrent un regard entendu.

- OK. Attends ici.

L'un des deux, celui de gauche, disparut derrière la porte et ne revint que plusieurs longues minutes plus tard, temps durant lequel le garde restant et le pirate ne se lâchèrent pas des yeux, un combat du regard sans animosité aucune qui semblait les amuser autant qu'un bras de fer ou une bonne baston. Le frère mit fin à leur petit jeu en revenant accompagné d'une femme splendide, ses yeux en amandes étaient d'un bleu profond qui vous ensorcelait l'âme, son décolleté sans être vulgaire était provoquant à souhait et laissait apercevoir une peau à la blancheur laiteuse et immaculée. Olek ne put s'empêcher de laisser échapper un long sifflement de surprise agréable.

La femme qui devait être la matrone de l'endroit lui sourit chaleureusement et lui caressa l'avant-bras en signe de bienvenue avant de l'inviter à rentrer. L'intérieur était encore plus impressionnant, tout de velours et de lumières tamisées, il planait dans les couloirs une odeur d'hibiscus et de fraise. Une légère fumée d'encens troublait les sens et cachait les visages des pièces éloignées. Le pirate en reconnut instantanément les effets, il s'agissait d'une drogue qui avait été concoctée sur les blues, principalement utilisée dans les lieux de cultes sur Inari. Bien plus diluée ici, il fut surpris de voir l'utilisation que les gens en faisaient, une sorte de doux aphrodisiaque sans conséquence qui vous poussait à la consommation et au vice.

Olek avait été addicte à cette drogue il y a fort longtemps et pensait être sevré depuis bien des années, une erreur qui lui coutera cher, très cher. Ses défenses mentales et physiques baissées, se pensant en sécurité dans un lieu tel que celui-ci, il se laissa guider dans une pièce propre à ses attentes: un bar privé, un canapé rouge recouvert de couvertures en soie, un piano à queue derrière lequel une femme magnifique à la peau d'ébène jouait un air familier entrainant. Les quelques bougies allumées créaient une ambiance intime, secrète, presque interdite qui affaiblissait la vision, mais décuplait les autres sens. Le pirate s'avachit dans les draps comme un gosse et attrapa par la taille la matrone, qui s'esquiva telle une anguille.

- Doucement, mon bel étalon, laissez-moi donc vous servir un verre d'abord !

Un rire cristallin qui fit bouillir le sang d'Olek d'excitation accompagna sa tirade. Au même moment, un trio de danseuses exotiques entra par une porte secrète et commença un numéro sensuel, le pirate, profitant du spectacle comme tout mortel le ferait, ne fit pas attention à la petite fiole que la matrone vida dans son verre avant de le lui tendre. Avec toujours ce même sourire éblouissant, elle vint se blottir contre lui et lui murmurer en lui mâchouillant l'oreille :

- Les vrais hommes font toujours cul-sec leur premier verre beau gosse...

Ça commençait à sentir le piège à plein nez, tout cela était bien trop beau pour être vrai et n'importe qui aurait commencé à se poser des questions. Sauf que, rappelez-vous, notre cher et tendre Olek n'était pas n'importe qui et que deux de ses plus grosses faiblesses étaient présentes dans la même pièce: l'alcool et les femmes. Tristement banals nous sommes d'accord...

Impossible donc pour lui de réfléchir clairement, puis à vrai dire, il n'était même pas sûr qu'en pleine possession de ses moyens il aurait agi différemment. Du coup le colosse eut ce qu'il méritait, ou pas, mais une chose était certaine : C'est qu'il l'avait bien cherché. Il siffla son verre et ne se réveilla que plusieurs jours plus tard, avec comme seul souvenir une douleur physique considérable à l'anus.
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Que s'était-il passé ? Pour ceux à l'âme aussi courageuse que perverse et à l'estomac solide, n'hésitez pas à poursuivre, les autres, sautez ce vil paragraphe. Non, en réalité ce n’est rien de trop folichon. Il existe une unité spéciale secrète dédiée à la vengeance et à la protection de l'image de l'impératrice Kiyori, un groupuscule qui ne vit que pour une seule chose, faire payer le prix fort à tous ceux ayant un jour, de près ou de loin, causé du tord à la déesse-enfant. Sans jamais tuer leurs victimes, leur objectif est de punir, humilier et détruire l'égo des coupables. Des professionnels agissant de manière officieuse, aucune preuve ne les a jamais rattachés directement au commandement ou à l'état-major de l'impératrice, mais des témoignages bien réels et sordides parviennent facilement à l'oreille des plus curieux. Il est donc impossible que ces vendettas ne soient jamais parvenues à celles de la Déesse intemporelle.

Enfin bref, Olek était tombé dans le piège de cette unité en suivant la Vive Card de cette matrone jusqu'aux précieuses. En même temps, il était difficile de prendre sa défense, il avait trouvé ce bout de papier dans sa poche, au lendemain du festival de Kiyori après avoir pissé dans l'urne destinée aux vœux, à quoi d'autre pouvait-il s'attendre qu'un traquenard ? Notre pirate était de ceux optimistes, qui pensait que la chance souriait aux audacieux, le problème étant que le colosse avait souvent tendance à confondre audace et bêtise, le voilà donc à subir une énième fois les conséquences de sa connerie.

Pour les annales, avec mauvais jeu de mots, le piège dans lequel Olek tomba fut celui appelé "les potes aux roses". Le principe est simple, faire croire à la victime qu'elle va passer la meilleure soirée de sa vie, la droguer dès qu'elle baisse sa garde et lui faire vivre l'opposée de ce à quoi elle s'attendait. Pour le colosse cela se présenta comme des femmes et danseuses magnifiques qui se transformèrent en okamas et qui lui firent tout un tas de choses peu chrétiennes que nous garderons sous silence, pour votre santé mentale autant que pour la sienne.

Le voilà donc avec l'inverse d'un cul bordé de nouilles, à se réveiller en pleine nuit dans une misérable ruelle où l'insalubrité allait de pair avec l'injustice profonde et la douleur qu'il ressentait. Il se sentait sali, trahi, comme jamais auparavant et décida de se venger sans perdre une seule seconde. Il allait détruire de ces mains l'établissement tout entier et se baigner pendant des jours dans le sang des responsables. Hurlant sa rage et passant pour un dément auprès des quelques badauds en cette heure tardive, il courut nu, sans relâche pendant des heures. Il était toujours sur les précieuses, mais impossible de trouver le bâtiment pourtant reconnaissable entre mille. Le pirate enragé et à bout de souffle finit par s'arrêter après avoir fait dix fois le tour des précieuses.

Olek ne comprenait pas et la frustration qu'il ressentait ne fit qu'accroitre un peu plus la flamme de sa haine. Il s'était fait avoir comme un bleu, cette maudite impératrice et sa commandante Marsh, c'est elle qui lui avait glissé la Vive Card il en était sur maintenant. Abattu, il prit quelques minutes pour s'accroupir au pied d'une fontaine sur la place centrale, la tête enfouie dans les mains, il laissa quelques larmes couler. Drôle de vision, celle d'un colosse de trois mètres, nu comme un verre en train de pleurer à chaudes larmes.

- Et bah, mon gars, faut pas pleurer comme ça !

Le pirate releva la tête pour découvrir deux types aux antipodes l'un de l'autre. Celui qui venait de parler était petit et blond, les cheveux en pétards et un masque noir autour d'une paire d'yeux flamboyant de folie. Le second était barbu, avec ses cheveux bruns regroupés soigneusement en une queue de cheval, son visage était de marbre et dégageait une allure presque princière.

- Tu veux mon poing dans ta gueule ? Comme ça tu pleureras avec moi ?
- Du calme l'ami, on est là pour t'aider, moi c'est Burasuto, lui c'est Benjamin et on sait qui t'as fait ça.

Mensonge ou pas, Olek attendit de longues secondes avant de répondre. Qui que fussent ces deux troufions, ils ne lui inspirèrent pas confiance du tout, mais ce qu'ils savaient était son unique piste.

- Dites-m'en plus.
- Pas ici mon gars, on sera mieux autour d'un verre. Faut qu'on te trouve de quoi t'habiller aussi au passage.
- Hum !

Le pirate les suivit sans un mot, qu'avait-il à perdre ? Puis il était vrai qu'un verre ne serait pas de refus. Olek remarqua très vite qu'ils étaient connus dans le coin, les gens s'éloignaient de leur passage et certains baissaient même la tête en signe de respect. Ils entrèrent dans une auberge qui malgré l'heure tardive battait son plein, l'espace de quelques secondes, le silence se fit tandis que tous les yeux se tournaient vers eux, puis le brouhaha repris de plus belle alors qu'ils accueillaient les nouveaux venus à grand renfort de cris. Une table se libéra et le dénommé Burasuto invita Olek à prendre place, il murmura quelques mots à l'oreille de la serveuse qui revint en courant avec des affaires propres et à la taille du colosse.

- La taverne m'appartient, plus ou moins. Les gars que tu vois là, ils font partie de mon équipage, on a tous une dent contre Kiyori ici.
- Et moi dans tout ça ?

Olek vida d'une traite la chope que la jolie serveuse venait de ramener et se saisit des deux autres qu'il garda jalousement contre lui, ce qui fit rire ses hôtes.

- On sait qui tu es, Olek, rookie supernova, étoile montante de la piraterie, une arrivée récente et fracassante sur Grand Line, notamment à Alabasta et Whiskey Peak ! Faut dire que tu ne fais pas dans la dentelle mon grand ! Des talents comme toi ça ne court pas les rues !
- Continue...

Olek était du genre manipulable, il suffisait de lui flatter suffisamment l'égo pour qu'il décide de vous suivre de plein gré jusqu'en enfer et ça, Burasuto semblait l'avoir déjà compris. Il décida de rajouter une petite carotte dans la discussion pour amadouer un peu plus le géant.

- Je sais où se cachent ceux que tu cherches, ils se terrent dans la Zone, mais j'ai tendance à croire que tu préfèrerais t'occuper des vrais responsables, celui, ou plutôt celle, qui tirent les ficelles...
- Tu parles de la maudite commandante Marsch ? Celle qui m'a filé la Vive Card ?
- Exactement, elle est ici aussi, en transit sur Armada. Elle transporte des marchandises de valeur pour Kiyori.
- Du coup vous voulez me recruter pour faire le sale boulot ?

Olek était influençable, mais pas complètement con.

- Ce n’est pas notre genre, on regroupe juste quelques bourrins sans équipage ni affiliation pour nous accompagner dans une opération coup de poing. On zigouille Elizabeth et on se partage le butin. C'est une longue histoire, mais notre objectif final c'est Kiyori.


Le colosse termina sa bière, laissa échapper un rot tonitruant qui fit trembler les vitres de l'établissement avant d'exploser d'un rire joyeux. Vous ai-je déjà dit qu'il lui en fallait peu pour l'amuser ? Sa décision était prise ! La vengeance et l'appel du sang passant avant les copains, Jack devrait donc attendre encore un peu pour les retrouvailles. Cette petite aventure lui donnait des papillons dans le ventre, ce qui était en général un bon signe, puis qui sait ? Peut-être obtiendrait-il des informations sur son frère d'armes au passage. Rester sur Armada ne servait de toute façon plus à rien, Esto Mac devait s'impatienter et l'heure de sa confrontation avec Red n'était clairement pas au menu.

- Ça me va ! Pas besoin de m'en dire plus ! On part quand ?
- Doucement, un coup comme ça, ça se prépare, ça fait des mois qu'on est dessus. Marsch quitte Armada dans trois jours, on doit faire profil bas jusque là.
- Du coup je peux m'occuper des petites salopes qui m'ont drogué en attendant ?
- Ouais, mais sans nous et le plus discrètement possible...

Ils éclatèrent tous de rire devant le ridicule de sa phrase, demander à Olek d'être discret revenait au même que de demander à un révolutionnaire de faire confiance au gouvernement.

- Bon, fais ce que tu as à faire et retrouve-nous ici quand c'est fait ! Un de nos gars va te montrer le chemin et s'assurer que tu ne te perdes pas.
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Le type en question avait une tête de fouine et des dents de rat. Peu loquace, il se déplaçait en silence, rapidement et en longeant les murs, à tel point qu'Olek devait presque courir pour le suivre. Aux abords d'une des ruelles principales de la Zone, il s'arrêta sans crier gare et le colosse manqua de l'écraser. Peu soucieux d'avoir échappé à la mort d'aussi prêt, il pointa du doigt un bâtiment de l'autre côté de la rue. La maison close était bien là, avec sa couleur rouge et ses mêmes mosaïques érotiques. Les jumeaux qui gardaient l'entrée étaient également présents et fixaient la foule d'un œil attentif. Le bâtiment s'était volatilisé des précieuses pour se retrouver ici, comme par miracle.

- Bon. Je me tire de là, j'imagine que tu sauras retrouver ton chemin à la taverne sans moi. Ciao l'empoté !

Olek voulut lui foutre une calotte derrière la tête, mais ne fut pas assez vif, le type s'esquiva et disparut dans la masse de passants en lui lâchant un doigt d'honneur en guise d'adieu. Le pirate conclut qu'il l'aimait bien avant de ramener son attention sur son objectif principal. Quelle était la marche à suivre ? Il réfléchit à un plan pendant dix longues secondes puis se gifla en réponse. Il avait toujours fait confiance à son instinct, ce n'était pas le moment de douter. Il traversa donc la rue sans se cacher, droit sur les deux gardiens qui le virent arriver de loin. À la fois abasourdis et amusés, ils l'accueillirent sans aucune inquiétude et avec une lueur mesquine dans le regard.

- Je ne sais pas comment tu nous as retrouvés, mais dégages de là, tu as déjà eu ton compte !

Ils ricanèrent à leur private joke en en s'offrant un high five fraternel, ce qui fut largement suffisant pour faire péter une durite dans le mécanisme rouillé qu'était le cerveau d'Olek. Son front percuta le nez du premier dans un bruit écœurant d'os brisés, alors que le corps partait à la renverse, Olek saisit l'entrejambe de son adversaire et tira de toute ses forces sans jamais lâcher. Dans un hurlement atroce, le misérable se vit séparer de ses bourses et fit un vol plané pour s'effondrer une vingtaine de mètres plus loin au milieu d'une foule apeurée. Entre surprise et colère, son frère hurla et se jeta sur Olek en tirant deux poignards de sa ceinture.

- Bon appétit !

D'un coup de poing magnifiquement placé, le colosse fourra dans la glotte du type les burnes ensanglantées de son défunt frère. S'étouffant sur les couilles de son jumeau, le bâtard tituba en arrière, ni une ni deux, Olek se saisit d'une des barres de fer tenant le porche de l'étale d'à côté et empala le malheureux par le fion. La porte du bâtiment voulut s'ouvrir et le colosse bloqua l'issue avec la dépouille. Un rapide regard à droite, un autre à gauche, ses yeux s'illuminèrent alors d'un génie chaotique à la vue de plusieurs barils d'alcool sur une charrette bloquée par une foule en délire. Olek attrapa un, puis deux, puis trois tonneaux et ainsi de suite jusqu'au dernier, les balançant par les fenêtres et les explosant contre les murs de la maison close.

- À votre tour d'avoir le feu aux culs bande de salopes !

Alors que les occupants bloqués commençaient à comprendre, le colosse, dans un éclat de rire démoniaque, se saisit des torches et lanternes destinées à éclairer la rue et les jeta à leur tour. Les flammes prirent instantanément dans un souffle de chaleur qui lui brula les cils, les quelques vitres encore intactes explosèrent et le bâtiment se transforma en une véritable fournaise. De nombreuses personnes, certaines déjà en proie aux flammes, sautèrent des fenêtres, préférant tenter leur chance dans le vide plutôt que de mourir asphyxié ou brulé vif. Il crut même reconnaitre la matrone, mais ne pouvait en être totalement sur, la fumée dense omniprésente lui brouillant déjà trop la vision. Les moins chanceux, quant à eux, tentaient en vain de forcer la porte d'entrée bloquée par le corps à présent calciné, semblable à une brochette géante trop cuite, du deuxième jumeau.

Le tout n'avait pas pris plus de cinq minutes, quand il s'agissait de détruire, Olek était un véritable virtuose qui jonglait avec la mort et la dévastation comme un clown avec ses quilles. Il était à présent temps de déguerpir avant que la milice en charge de ce trou à rats ne débarque. Ce fut donc avec une moue appréciatrice et en applaudissant son œuvre qu'il se fondit dans la masse humaine qui fuyait l'endroit. Contrairement aux autres prestidigitateurs, lui n'avait pas besoin des acclamations de la foule, leurs cris de terreur suffisaient amplement.

Benjamin avait manqué de s'étrangler en apprenant au petit matin que ses conneries avaient failli foutre le feu à la moitié de la Zone, avant que l'incendie ne soit enfin contenu par la brigade des hommes-poissons cracheurs d'eau. Burasuto lui n'avait fait que souligner avec humour que le colosse était bel et bien l'homme idéal pour leur future mission. Le nom d'Olek était sur toutes les lèvres dans la cité pirate et il ne serait pas long avant que les seigneurs des lieux n'aient ouïe des dégâts causés et cherchent à punir le responsable. Olek passa donc le reste des trois jours à faire le mort et à récupérer la totalité de ses forces, ou plutôt à forniquer dans sa chambre de l'auberge, la petite serveuse n'ayant pas été insensible à la vue de son apparente nudité. Ces ébats ardents et inopinés lui permirent de regagner confiance en lui et ce fut avec un ego regonflé à bloc qu'il quitta Armada et fit ses premiers pas sur le navire de Burasuto.

La chasse allait pouvoir commencer.
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