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[Q] Quatrième chapitre ; Elargir les horizons (1)


- « Qui veeeeuut une crème glacée ?! »

Un homme, certainement plus jeune que moi, passait avec son chariot de crème glacée devant bibi. Tout sourire, je lui fis un signe de main avant de m’approcher de lui, non sans fouiller les poches de mon bermuda pour y extirper mon portefeuille. Après quelques secondes, je lui tendis un billet de 100 berrys et déclarai : « Une glace au café, s’il vous plait. » Tout sourire, le vendeur opina du chef et s’occupa de me servir en deux temps trois mouvements une grosse boule de crème glacée saveur café sur un cornet tout aussi énorme ! La portion, si l’on pouvait dire comme ça, aurait de quoi contenter n’importe qui et pas qu’un peu. C’est donc avec entrain que je m’emparai de ma glace et que je commençai à l’entamer. Le brave vendeur s’occupa ensuite de chercher de la monnaie dans son sac banane, mais c’est d’un geste de la main que je l’en dissuadai, avant de prendre le chemin d’où il était venu avec son chariot. Le brave homme s’était alors mis à me remercier infiniment de lui avoir laissé ma monnaie, si bien que je ressentis un léger pincement au cœur de lui avoir tendu un faux billet. J’voulais pas non plus l’enfler sur toute la ligne. Même un fumier d’mon genre avait quand même un peu de cœur, on s’entend !

- « Mmmh, c’est qu’elle est bonne en plus… »

Est-ce que j’parlais de la donzelle en bikini devant moi qui jonglait habilement un ballon de plage avec ses pieds ? Non, bien sur que non. J’étais toujours focus sur ma glace que je savourais avec bon cœur. En bordure de mer et avec un soleil de plomb, y’avait rien d’mieux qu’un dessert comme ça ! La crème était vraiment onctueuse et le dosage en sucre était parfait dans le sens où il y en avait très peu. Evidemment, un brain freeze m’irradia le crâne après avoir gobé une trop grosse portion de ma crème, mais j’avais fini par rigoler ensuite en continuant de marcher insouciamment dans l’eau. Un sifflet d’admiration se fit entendre près de moi, avant que je ne tourne ma gueule vers une bande de jeunes femmes qui m’observaient sans gênes. Des thons pour la plupart ! Elles étaient vraiment moches, mais elles puaient le fric à plein nez vu les maillots de bains chics qu’elles arboraient. J’eus un sourire pour ces guenons, avant de continuer mon chemin comme si de rien était. A ma prochaine balade, j’me faisais également la promesse de porter quelque chose de plus couvrant qu’une simple chemise hawaïenne aux manches courtes et ouverte sur mon torse. C’était surement ce qui avait excité ces grosses sauvageonnes…

La preuve que j’pouvais être gigolo et ruiner des femmes encore et encore…

Même si c’était pas fun comme procédé, parce que j’étais pas spécialement porté sur le cul.

Qu’est-ce que j’foutais alors sur cette île paradisiaque ? J’observais une pause. J’prenais des vacances, maintenant que j’étais plein de sous -même si j’avais également quelques faux billets à utiliser sans vergognes. C’était difficile à croire pour un arnaqueur de ma trempe, mais j’avais réellement besoin de souffler. C’était un impératif, après avoir enchainé des mois et des mois de « boulots » sur différentes îles. Mon dernier passage à Las Camp m’avait conforté dans l’idée de temporiser mes activités malveillantes. D’ailleurs, j’avais encore quelques bleues çà et là qui me lançaient parfois. C’est dire ! Qui plus est, à force de passer mon temps à extorquer et à surabuser de mon pouvoir d’hypnose, j’avais l’impression de ne pas me renouveler. Cela dit, il fallait avouer que l’hypnose était bien pratique comme pouvoir et que peu de gens savaient généralement de quoi il était question, même quand je l’utilisais. S’en passer était difficile à tous points de vue… A moins de développer d’autres arcanes, ce qui n’était pas évident. Une problématique bien pourrie que j’décidai d’oublier pour le moment, in fine. J’étais en vacances et je me devais tout simplement d’en profiter ! Idée sur laquelle je continuai ma promenade en mangeant ma glace, insouciamment !
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- « Monsieur, il est conseillé aux touristes de rentrer dans leurs lieux de résidence à ces heures tardives. Voulez-vous que je vous raccompagne ? »

- « Hmmm… »


Il était presque 22h quand un jeune mousse de la marine m’alpagua gentiment. Depuis cette après-midi, j’avais passé tout mon temps à me promener dans le centre-ville de l’île qui n’était rien d’autre qu’un gigantesque parc d’attractions pour riches. J’avais bien évidemment pris quelques pauses dans divers magasins et un restaurant (où j’avais encore claqué des faux billets), mais l’envie de me balader finissait toujours par prendre le dessus, d’où le fait que j’avais continué ma petite exploration du coin. C’est en flânant comme une âme errante que j’avais pris conscience, un peu trop tard, de l’heure qu’il faisait et des rues quasi-désertes, alors que le soleil se couchait à peine. "Dinguerie !", comme le disaient les d’jeuns. C’était clairement pas normal, surtout pour une ville de cette envergure. La nuit était pourtant propice à des activités aussi ludiques pour les touristes que lucratives pour les locaux, mais il n’y avait quasi personne dehors… Hallucinant, vraiment ! Cachant néanmoins ma surprise avec un sourire de circonstance, je feignis ensuite un air ennuyé en grattant maladroitement ma nuque, ne sachant que dire dans un premier temps. Pour accentuer mon semblant de gêne, je laissai donc quelques secondes s’écouler, avant d’enfin prendre parole :

- « C-Conseillé ? Du coup, je peux continuer à me promener, si j’veux ? »

- « Oui… » Répondit le mousse avec beaucoup d’hésitation… « Mais pour votre sécurité, il vaudrait mieux rentrer. En plus, il n’y aura plus grand monde dehors, comme vous le voyez… »

Sa réponse un peu trop évasive me donna presque envie de le titiller, mais je préférai laisser couler. Après tout, je n’étais qu’à mon premier jour sur l’île…

Le lendemain matin, la ville avait repris des couleurs, redevenant très festive. Elle grouillait de monde. Pas mal de touristes richards étaient dans le coin. Aux vêtements, je reconnaissais sans mal certains alabastiens ou encore habitants de Water Seven. Il faut dire que j’avais assez bourlingué sur Grand Line plus jeune, lorsque j’faisais encore partie du Gouvernement Mondial, ce qui m’avait plutôt cultivé quand j’y repensais. Je n’avais peut-être pas réussi à apprendre le rokushiki, mais j’étais sorti de là avec pas mal de connaissances qui m’aidaient énormément au quotidien. C’est d’ailleurs mes restes d’ex-gouvernemental qui me murmuraient qu’il se tramait quelque chose de louche sur cette île. Si je comprenais l’importance d’un périmètre de sécurité constamment détaché autour du centre-ville, l’espèce de couvre-feu qui se dessinait en soirée m’intriguait complètement. C’est donc tout sourire que je pris la direction de la plage avant de tomber sur des vendeurs ambulants de pastèques. Des vieillards souriants pour la plupart. Là, c’est à coups de vrais billets que je payais non seulement une pastèque qu’un vioque me découpa proprement, mais aussi des informations que je n’avais toujours pas du fait de ma récente arrivée dans le coin.

- « Oh, le couvre-feu du soir ? C’est à cause de la mort du colonel Chouchou ça ! Y’a plus vraiment personne pour l’remplacer, hélas ! » Me répondit-il.

- « Il avait pacifié les environs parce que l’île était constamment attaquée par des pirates et des mercenaires, vous savez… Faut dire qu’ça pue le riche et qu’c’est fastoche de demander une rançon… » Renchérit un second à côté de mon vendeur.

- « Chuuuut vous ! » S’insurgea un troisième ! « Vous allez faire peur au m’sieur là ! Vous inquiétez pas m’sieur, les marines veillent au grain 24h/24 ! Vous risquez rien ici ! Des abricots peut-être ? »

Dix minutes plus tard, on pouvait m’voir me promener dans une artère marchande, chargé de sacs en plastique pleins de fruits. Le dernier vendeur avait réussi à me refourguer pas mal de choses et c’est par respect pour son sens de la vente que j’avais décidé d’acheter honnêtement pas mal de choses. Comme quoi, il m’arrivait d’avoir la main sur le cœur. C’est au détour d’une ruelle qui sentait bon le parfum que j’vis des gosses jouer avec un ballon. Plutôt que de jeter tous mes achats parce que j’avais quand même une conscience écolo depuis mon séjour à Cocoyashi, je les offris volontiers aux gamins super contents, avant de continuer mon chemin. Au bout de la rue étriquée que j’avais emprunté par le fruit du hasard, je tombai sur un marchand de journaux et achetai quelques gazettes pour me documenter un peu plus. Là, j’appris plusieurs choses, dont la mort effroyable du fameux colonel Chouchou par la main de l’ex-corsaire, Joe Biutag. Une crapule comme on en faisait plus !  C’était à s’demander pourquoi il avait tourné casaque de la sorte, mais va savoir c’qui trottait dans la tête de ces psychopathes en puissance. L’absence de nomination d’un nouvel officier à la tête de la garnison locale était également notable…

Les vieux vendeurs n’avaient donc pas tort : ça puait l’fric et pas qu’un peu.

De quoi m’arracher un sourire mauvais, alors que j’froissais la gazette que j’avais en mains sans m’en rendre compte ; le tout sous le regard inquiet du marchand de journaux qui n’osait absolument pas l’ouvrir.

Des vacances, on avait dit hein... ?
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Une semaine s’était écoulée depuis mon arrivée ici. J’avais peut-être été glané les informations qu’il fallait dès le second jour de mon séjour sur ces terres du sud, mais je n’avais rien fait d’autre par la suite. Ou plutôt si : je m’étais promené encore et encore pour cartographier mentalement la cité balnéaire, j’avais rendu quelques services bénins çà et là et je m’étais amusé avec quelques jeunettes de mon âge pour passer le temps, sans forcément concrétiser quoique ce soit -alors que j’avais de très bonnes touches. Ouais. Faut croire que j’étais presqu’un moine. Ou plutôt un mgtow qui était plus ou moins focalisé sur ses objectifs de vie : ceux de percer dans la pègre, tout simplement. J’aurai pu avoir une vie honnête ou routinière, mais c’était pas mon kif. Et puis, si je voulais me venger de tout c’que m’avait fait subir ma marâtre, il me fallait de l’influence, du pouvoir ; et nul doute que l’underground était ce qui me correspondait le mieux pour mettre à exécution les représailles qui s’imposaient. Dans un certain sens, c’était donc mêler l’utile à l’agréable, même si j’étais encore loin du compte. Il me fallait de l’argent. Beaucoup d’argent… D’où mes nombreuses escroqueries et ma recherche d’la poule aux œufs d’or. J’avais eu l’occasion de m’entretenir avec certains vacanciers, mais la plupart étaient bien entourés… Ou pire encore : moyennement riches. Arnaquer cinq ou dix millions, c’était clairement pas ce qui me ferait avancer…. D’où le fait qu’il faille frapper un grand coup ! Et comme si mon ange gardien m’avait entendu, je n’allais pas tarder à tomber sur l’élu… A croire que même les mauvais garçons avaient d’la veine.

- « QUOI ?! VOUS M’INTERDISEZ DE RENTRER ? DE QUEL DROIT ?! JE N’AI RIEN FAIT DE MAL !!! »

Alors que j’me promenais dans le « district des jeux » où pullulaient divers établissements proposants toutes sortes de loisirs, un pélo hurlait à plein poumons devant ce qui semblait être un grand casino à la devanture très tapageuse. Alors qu’on était pourtant en plein après-midi, les néons de l’endroit éblouissaient tous les passants et donnaient presque envie de pénétrer l’endroit pour voir ce qu’il y avait à l’intérieur. J’savais pas si c’était une tactique marketing, mais toujours est-il que ça avait son effet vu le gueulard qui tapotait nerveusement du pied droit avec un air courroucé qui ne trompait pas. Blond et de taille moyenne, ses vêtements plutôt chics trahissaient également son appartenance, sans compter les quelques hommes calmement arrêtés derrière lui. On avait là un noble et sa suite qui s’offusquait de ne pas pouvoir avoir accès à ce qui semblait être son havre de paix. Classique quoi. J’aurai surement dépassé cette scène en continuant mon chemin, si je n’avais pas reconnu l’homme qui lui faisait face. Marcel qu’il s’appelait. J’avais aidé ce gentilhomme à retrouver son chien qui lui avait faussé compagnie durant sa promenade quotidienne. En dehors d’mes saloperies, il m’arrivait d’aider autrui quand le cœur m’en disait -et surtout quand j’avais rien d’autre à foutre, parce que faut pas déconner non plus. Verser dans l’abnégation, c’était généralement pas ma came. Pourtant, là encore, je m’approchai tranquillement de la scène en me marrant devant le blond qui se donnait en spectacle dans une rue plutôt bondée. On entendait que lui, si bien que des murmures se faisaient entendre dans l’assemblée. Ça finirait par dégénérer…

Bibi allait y mettre son grain de sel !

- « Monsieur Marcel ! » M’exclamai-je de vive voix, sourire aux lèvres. J’faisais d’ailleurs un peu tâche avec ma dégaine habituelle de vacanciers aux côtés de tous ces hommes affublés de costards !

- « Oh ! Monsieur Nihil ! Vous voilà enfin ! Je ne vous attendais plus ! » Me répondit aussitôt le sieur Marcel qui était visiblement ravi de me voir.

Ah oui… J’avais oublié qu’après avoir retrouvé son chien et partagé un diner, ce bon vieux Marcel m’avait filé sa carte de visite… Que j’avais jeté ensuite dans un coin de ma chambre d’hôtel sans plus faire attention, persuadé que je ne retomberais plus sur lui. Sacré surprise ou plutôt sacré destin donc ! Je m’approchai donc du beau monde avant d’hocher la tête comme pour lui dire que j’avais tenu ma promesse de visite, mais je n’eus pas vraiment le temps de l’ouvrir… « OH ! JE N’AI PAS DISPARU HEIN ! LAISSEZ-MOI DONC PASSER ! » … Que le blond renchérit de plus belle ! Du reste, il m’adressa même un regard torve comme pour me faire comprendre que je gênais leur discussion houleuse ! Marcel, homme élégant et impeccable d’une soixantaine d’années, refit face à son interlocuteur tempétueux. A sa tronche, je sentais qu’il allait inévitablement sortir de ses gonds. Mais là encore… « S’il n’a rien fait de répréhensible, il vaudrait mieux le laisser entrer. Regardez les environs Marcel... Les attentions sont braquées sur vous et cela vous fera mauvaise presse… » C’est d’un coup œil inquiet qu’il sonda l’environnement immédiat avant de se rendre à l’évidence. La situation finirait par se dégrader. C’est alors qu’il soupira et fit un signe de main las à ses nombreux hommes, qui, petit à petit s’écartèrent pour laisser passer le blond. Ce dernier, circonspect, m’avait adressé un regard on ne peut plus intrigué, puis s’empressa d’entrer dans le casino sans se faire prier, suivi de sa petite cohorte. Ils faillirent m’arracher un fou rire vu leur aspect guindé, mais j’me retins jusqu’à ce qu’ils disparussent de mon champ de vision.

- « S’agit-il d’un tricheur ? D’un endetté ? » Finis-je par demander à Marcel.

- « Beaucoup le soupçonnent de tricherie, mais à vrai dire, c’est juste quelqu’un de chanceux… Et de doué… » me répondit Marcel, un peu amer.

Curieux, mais prudent, je ne demandai que le nom du blond, avant d’enchainer sur des banalités habituelles pour ne pas trop faire le fouineur de service. Nous parlâmes de tout et de rien et je sentais, au fil de la discussion, que Marcel se calmait un peu. Un quart d’heure plus tard, l’un de ses hommes de main vint précipitamment chuchoter à l’oreille de Marcel avant que ce dernier ne me fausse compagnie, non sans s’être excusé… Le pauvre avait l’air paniqué. Si je n’étais pas empathique, j’étais tout d’même curieux de savoir ce qui s’était passé, ce pourquoi je pris à mon tour la direction du casino. On dirait que j’avais plaidé pour un monstre… Ou quelque chose comme ça ! Une fois dedans, je n’eus pas le temps de contempler le faste des lieux, puisqu’une foule applaudissait le fameux blond qui s’était hissé sur un siège et qui faisait le fanfaron. Il faut croire qu’il venait de gagner. Plus loin, je vis également le pauvre Marcel qui avait une mine désabusée, pendant que d’autres personnes autour de lui étaient sur le point d’arracher leurs cheveux de dépit. Puis, j’entendis quelques personnes murmurer qu’il avait gagné un gros pactole. Les chiffres énoncés étaient hallucinants, mais on était sur du 50 millions en seulement 10 minutes. Le blond me vit alors de loin, sauta de son siège, se fraya un chemin dans la foule qui l’entourait et vint jusqu’à moi pour me serrer vigoureusement la main avec un sourire qui en disait long : il était vachement reconnaissant ! Pour ma part, j’étais… Sur le cul et pour de vrai cette fois-ci, je le laissais agiter ma paluche, avant qu’il ne prenne parole dans le brouhaha :

- « Je ne sais pas qui vous êtes, mais vous j’ai l’impression d’avoir trouvé mon ange gardien, là ! »

Aymeric de Grandmaison hein… ? J’ai p’être trouvé ma poule aux œufs d’or, tout compte fait !

Aymeric de Grandmaison:
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- « Oh ! C’est plutôt bon ! Les roturiers sont parfois ingénieux ! »

- « N’est-il pas ? »


Aymeric se mit à sourire et continua de savourer sa crème glacée, le tout sous le regard quelque peu excédé de son vieux majordome, Sébastian. C’était quand même choquant de se dire qu’il n’en avait jamais mangé. Les nobles de Goa étaient-ils coincés à ce point ? Possible. En plus des batailles qui s’y étaient déroulés, le blond avait certainement décidé de faire le tour du monde parce qu’il se sentait à l’étroit dans son fief. Un fait que je pouvais clairement comprendre, ayant moi aussi cette soif de liberté et d’autonomie. Alors que nous recommençâmes à nous promener pieds nus sur la plage, son majordome me fusillait du regard. Sans doute n’aimait-il pas l’influence que j’avais sur son jeune maitre qu’il avait lui-même élevé depuis sa naissance. Après tout, cela faisait bientôt une semaine que je fréquentais le blond. Je n’avais pas eu grand-chose à faire, puisqu’il ne m’avait pas lâché d’un pouce depuis son extraordinaire gain de 50 millions en seulement dix minutes à la roulette. Un fait qui m’avait choqué tout autant que l’assistance présente dans le casino, ce jour-là. De loin, j’avais vu le pauvre Marcel s’effondrer et je n’avais pas eu le courage d’aller le revoir depuis. Son casino avait enregistré une grosse perte. Pas la première d’ailleurs, puisque le noble n’en était pas à son premier coup d’essai comme il aimait s’en vanter.

La suite n’avait pas été moins fameuse, oh que non ! Par un concours de circonstances et suivant les aventures d’Aymeric un peu partout dans les casinos qui le laissaient entrer à contre-cœur, je l’avais vu rafler des sommes impressionnantes, si bien qu’ils avaient fini par se faire interdire petit à petit l’accès à certains établissements. Son nom commençait à circuler dans le district des jeux, à un tel point que ceux qui le laissaient entrer dans leurs casinos restreignaient ses mises pour éviter des pertes colossales comme le pauvre Marcel. Lorsqu’il était furieux devant une interdiction d’accès, je réussissais à avoir les bons mots pour le calmer, ce qui irritait encore plus son majordome qui m’avait à l’œil. D’ailleurs, c’est en revenant des toilettes que j’avais surpris une fois l’une de ses conversations avec Aymeric, à qui il faisait comprendre qu’il avait déjà entendu mon nom à quelques reprises et que j’étais était associé à des méfaits. C’est dire que je commençais à être connu malgré moi. Si ce fait n’était pas vraiment étonnant, il me fit comprendre que j’devais dorénavant faire attention à mes actes et à ne peut-être plus laisser de témoins à l’avenir… Tuer et violenter n’étaient pas ma came… Mais j’allais peut-être devoir m’y résoudre, à force. Cette perspective me fit longuement soupirer, mais comme l’adage le disait si bien, "il faut ce qu’il faut."

En dépit de l’avertissement de son majordome, Aymeric avait continué de me fréquenter, "très peu convaincu par le fait que je sois un félon", selon ses propres dires. C’était pratiquement la première fois qu’il se faisait « un ami » qui l’écoutait attentivement sans broncher et qui ne se plaignait pas de ses fanfaronnades. Qui plus est, il m’arrivait parfois à convaincre certains bookmakers de le laisser passer dans leurs salles de jeux. Ma verve et ma capacité de persuasion le bluffaient, si bien qu’il me considérait à peu de choses près comme son égal. Au-delà de sa passion pour les jeux, je lui avais fait également découvrir plusieurs plaisirs simples comme les promenades en bordure de mer pieds nus, des attractions à priori enfantines qui laissaient le jeune garçon en lui s’épanouir, des fast-foods qu’il ne s’était jamais autorisé et des conversations aussi légères qu’intéressantes. Il s’était également intéressé de près à mes tatouages, mes origines, mais j’avais dû broder une histoire à dormir debout avec l’affect qui allait avec pour qu’il compatisse et s’intéresse à autre chose. Bien évidemment, son majordome, lui, n’était pas dupe, mais j’me faisais la promesse de le buter s’il devenait un peu trop gênant dans mon objectif principal : plumer le nobliau après qu’il m’ait avoué le montant qu’il avait gagné depuis son arrivée ici, et ce lors d’une soirée un peu arrosée :

- « 200 millions ? Vraiment ?! »

- « Oui, hihihi ! Mais c’est ce satané Sébastian qui garde et gère tout ! Je ne connais même pas le code de mon propre coffre-fort, hic ! Tu t’en rends compte, Nihil ?! Hic ! »


Cet aveu crucial n’était pas tombé dans l’oreille d’un sourd pour sûr. Pour être persuadé qu’il ne me mentait pas ou que l’alcool ne l’avait pas rendu con, j’avais pris les jours qui suivirent pour me renseigner un peu partout sur ses gains. Mises bout à bout, les informations engrangées allaient dans le sens du vantard. L’petit noble qui s’encanaillait au district des jeux s’était clairement constitué un gros pactole dans le coin. Fort de cette confirmation, mes plans changèrent quelques peu. Ma cible n’était plus vraiment le pauvre blond, mais bel et bien son majordome. Cela étant dit, ce dernier, très prudent, ne restait pas seul en ma présence. C’était comme s’il savait pour ma capacité d’hypnose ou tout du moins, qu’il se doutait de quelque chose. Intuition d’un vieux briscard ? Va savoir… Accompagné de plusieurs hommes qui constituaient sa garde et qui semblaient assez résistants pour ne pas succomber à mon hypnose, je n’avais donc pas le choix que d’attendre le bon moment pour cueillir le vioque. Seulement, à mon plus grand regret, ledit moment ne se présentait toujours pas. Plus les jours passaient avec eux et moins je voyais comment je pourrais isoler Sébastian, ce dernier limitant volontairement ses échanges avec moi. Il s’écoula donc plus d’une semaine supplémentaire avant que j’ne rende complètement les armes.

Seulement, deux jours de silence radio suffirent à Aymeric pour me rappeler et m’inviter à un resto.

A croire qu’il pouvait plus se passer de moi, le p’tit blond.

J’eus été à deux doigts de refuser, mais quelque chose me poussa à accepter, sans que j’me l’explique.

Une seconde fois, le destin allait être à l’œuvre…

Sebastian, majordome d'Aymeric:
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- « Je suppose que j’ai dû t’ennuyer avec toutes mes histoires et ma propension à accaparer la parole… »

Nous étions en plein midi, dans un restaurant 5 étoiles. Pour le coup, Aymeric, avait un air triste. Voyager et connaitre du monde était une chose, avoir des amis dans sa vie, une autre. C’était aussi cette espèce de vécu qui le rendait aussi niais et dépendant. C’est dire que je pouvais presque faire ce que je voulais de lui. Cependant, on en revenait toujours au même point : son majordome, qui était surement son daron de substitution veillait au grain. Ce dernier était également à une table un peu éloignée et me lorgnait avec une certaine haine qu’il n’arrivait pas à camoufler. Cette pression… Il me donnerait presque envie de le buter… Mais les chiens de garde qui trainaient généralement avec eux (bizarrement absents aujourd’hui) ne me laisseraient pas faire. Ils n’étaient peut-être qu’une dizaine, mais j’sentais clairement qu’ils avaient du vécu. J’avais peut-être évolué depuis mes escapades à Las Camp, mais pas au point d’faire le kéké qui pouvait taper sur tout le monde. Qui plus est, en dépit de mes observations et analyses, j’trouvais aucune solution viable. J’pouvais hypnotiser Aymeric, mais j’étais persuadé que Sebastian grillerait l’arnaque. Le vioque connaissait son jeune maitre du bout des doigts. Non, définitivement, y’avait plus rien à faire. Le tout pour moi était de quitter l’île, tout simplement. Le blond vivrait sa première désillusion en la matière, mais il grandirait un peu plus. Quelque part, n’était-ce pas pour son bien ?

- « Ne t’en fais pas. J’étais juste un peu souffr- »

BANG ! BANG ! BANG !


Plusieurs tirs me coupèrent immédiatement la parole ! Puis, l’un des serveurs vers la porte d’entrée tomba immédiatement au sol, renversant dans un fracas assourdissant le plateau qu’il tenait. Les regards convergèrent alors vers l’entrée et des cris d’effroi au sein de la clientèle vrillèrent aussitôt les tympans : le restaurant était ciblé par une attaque ; et les assaillants ne tardèrent pas à débarquer dans l’établissement un à un. Une vingtaine ? Ou peut-être une trentaine ? Va savoir. Toujours est-il qu’en pleine journée, le destin, farceur, avait voulu que nous soyons la cible d’une attaque pirate ! Rien que ça ! La plupart des forbans qui se présentaient à nous étaient sales et mal fagotés. Ils avaient du traverser une forêt ou un marécage, quelque chose du genre… Cela dit, leurs états actuels ne les incommodaient pas le moins du monde, d’autant plus que ce n’était pas le plus important. Alors que ça hurlait dans tous les sens, l’un des hommes se détacha de ce qui semblait être tout un équipage entier, avant d’effectuer plusieurs tirs de sommation. Immédiatement, les hurlements s’évanouirent dans la salle. Il ne restait plus que des clients terrorisés qui se demandaient comment des bandits avaient pu passer le périmètre de sécurité habituel de la ville. Ce n’était même pas une question de chance : soit ils l’avaient étudié au point d’en exploiter la faille, soit ils avaient corrompu quelques locaux, soit ils les avaient tous liquidés.

La dernière supposition était improbable, mais devant la réalité des faits, écarter une éventualité relevait du luxe…

- « P’tain, voilà ! J’aime mieux ça ! J’aime ce silence, d’autant plus que là, j’dois vous avouer que j’suis grave en manque ! FAUDRAIT PAS TROP M’CHERCHER LA ! »

- « V’là ! Faudrait pas foutre notre boss en colère ! »

- « VIVE LE CAPITAINE JOBBY !!!! »

- « OUAAAAAAAAAAAAAAIIIIIIIIS !!!! »

« Putain, bande d’imbéciles ! Vous auriez pu éviter de gueuler mon blaze ! »


Jobby utilisa la crosse de son pistolet pour fracasser le nez d’un de se sbires, près de lui. Ce dernier se plia en deux en se tenant son pif et en gémissant. Puis, il pesta et fit face à une clientèle de bourges totalement effrayée de voir que le capitaine pirate qui leur faisait face pouvait s’amuser à fracasser l’un des siens sans ciller. C’était un pirate comme on en voyait tant. Trapu et certainement chauve vu qu’il avait un bandana rouge vissé sur le crâne, l’homme tapait plus ou moins dans la soixantaine. Il avait la tronche du vicelard qui avait roulé sa bosse dans le monde d’la piraterie et ses traits ridés portaient les affres d’une vie peu tranquille mais ô combien rythmée. Je ne savais pas si je l’admirais ou j’le plaignais, mais une chose était sûre : on avait affaire à un vieux renard qui avait rodé l’affaire. Le genre de type bien tordu comme je les aimais, oui. L’un des clients, musclés et sûr de lui, se leva et voulut faire face à l’équipage. Il s’évertua à mettre à terre l’un des sous-fifres du fameux Jobby, mais ce dernier lui logea une balle entre les deux yeux dans une détonation effroyable, ce qui eut pour effet de mettre fin à cette vaine résistance qui n’avait pas lieu d’être. En quelques actions, le vieux loup des mers venait de montrer qu’il était pas venu pour rigoler ! La mort du client trop sûr de lui eut pour effet de faire crier les femmes attablées ; tandis qu’autour du capitaine pirate, ses hommes s’étaient mis à ricaner comme des hyènes.

- « MESSIEURS, VEUILLEZ NE PAS JOUER AUX HEROS S’IL VOUS PLAIT ! J’suis pas un mauvais bougre qui veut vous descendre un à un, non… Moi c’qui m’intéresse, c’est vos possessions. Y’a p’être moyen qu’on prenne quelques têtes pour exiger v’là deux trois p’tites rançons, mais tant que vous êtes tranquilles, vous ne craignez rien… »

Son petit discours eut un effet glaçant, puisqu’on entendait plus une mouche voler -hormis les moqueries de ses hommes. Puis, d’un signe de tête, il ordonna aux siens de commencer les fouilles ! Ces derniers investirent gaiment le restaurant et commencèrent à piller tout le monde. Sacs, argent, vestes, chaussures, perruques de certaines femmes… Tout était bon à prendre pour ces bandits sans foi ni loi. Leurs manières de brutes faisaient hurler certaines femmes à qui ils n’hésitaient pas à administrer des taloches pour les calmer, avant de recommencer leur mise à sac ! Rien n’était épargné ! J’ai même vu un caniche voler contre la baie vitrée du restau pour avoir voulu mordre un pirate qui s’attaquait à sa maitresse. De quoi m’arracher un micro sourire, avant que j’ne tourne mon visage vers Aymeric qui était complètement tétanisé et qui tremblait salement, à la limite de faire sur lui. Lorsqu’enfin un pirate vint vers nous et tira brutalement l’une des manches de son manteau à fourrure, le pauvre blond voulut chialer, mais son majordome vint à sa rescousse ! Le pauvre se mangea néanmoins une bonne droite des familles et se retrouva immédiatement au sol, à la limite de tomber dans les pommes. Mais alors qu’il voulut recommencer à dépouiller le p’tit blond qui pleurait comme une madeleine, le pirate de Jobby se mangea une droite venue de nulle part qui le fit voler à travers le restaurant et s’écraser sur une table près de son chef !

Jobby, surpris, haussa un sourcil avant de tourner sa gueule vers nous en me voyant debout, le poing droit formé.

- « Oups ! J’y suis allé trop fort on dirait… » Qu’avais-je fini par dire, sourire aux lèvres, pas stressé du tout.

L’un de ses hommes voulut braquer son arme vers moi, mais plus rapide que lui, je lui balançai un couteau qui se planta dans son œil droit. En plein dans l’mille !

- « GWAAAAAAAAAAAAAHHH !!!!! »

Ma prestation eut pour effet d’attirer toute l’attention sur moi, pendant que le majordome peine à se relever.

- « Mon bon vieux Sebastian, j’crois bien que c’est le moment de protéger notre p’tit Aymeric »

Parce que ça allait swinguer !
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- « T’es qui toi ?! »

- « Nihil, mes braves. Pour vous servir. »


Jobby fronça les sourcils en m’regardant. Il le sentait, que j’étais pas un plaisantin comme l’autre qu’il avait buté sans efforts. D’ailleurs, avant même qu’il lui vienne l’idée d’utiliser son arme, j’arrachai le plateau en fer que tenait l’un des serveurs près de nous, tout en me débarrassant rapidement de ce qu’il y avait dessus. J’aurai préféré une arme plus conventionnelle comme un bâton en fer, mais il fallait faire avec ce qu’il y avait sur place. Derrière moi, j’entendais le pauvre Aymeric balbutier mon nom à plusieurs reprises, surement étonné de voir que son « ami » voulait lui sauver la mise. Son majordome réussit à se relever et à se tenir tant bien que mal auprès de son protégé. Qu’ils étaient mignons… Enfin, pas le temps d’trop y penser qu’un des sbires de Jobby se rua vers moi, épée brandie dans les airs. Un coup de lame s’en suivit, mais j’le bloquai grâce au plateau, sans mal. Mieux même, j’le repoussai en prime ! Le pauvre recula en titubant, se reprit, puis fonça de nouveau vers moi sous les cris des personnes autour de nous qui se prenaient la tête dans les bras, apeurés par ce qui se passait là ! Il voulut m’assener une estocade, mais je l’esquivai d’un jeu de jambes habiles, si bien qu’il attaqua dans le vide, tituba de nouveau si bien qu’il manqua de tomber, avant que j’lui foute un gigantesque coup au crane qui le sonna direct ! 2 à 0 pour le Nihil !

- « Merde ! Jimmy ! »

Aussitôt, plusieurs flibustiers se ruèrent vers moi ! Ils avaient tous compris que j’étais un peu plus fort que la moyenne ! Heh quoi ! C’était presque flatteur là ! Plus qu’à assurer, non ? En tout cas, y’avait pas moyen qu’ils me dérobent ma proie ! Risible quand on savait pourtant que j’voulais lâcher l’affaire quelques secondes auparavant ! Faut croire que j’avais un côté féminin qui sommeillait en moi. Le genre versatile, t’sais, à changer d’avis à tout moment pour un rien. Moi, machiste ? Si peu ! Une pensée qui m’arracha un rire avant un gros KLONG ! D’un revers, j’venais de fracasser la tête d’un des types qui m’fonçait dessus sans trop réfléchir. Et, sans le laisser tomber, j’tirai l’une de ses manches pour le soulever façon d’une main et le balancer façon sac à patates sur ses potes qui le suivaient au pas de course ! Le strike qui s’en suivit fut digne d’un professionnel en bowling ! Ils s’étaient tous mangés le corps de ma première victime, avant d’aller bouler plus loin, à travers plusieurs tables. Forcément, tout le bordel occasionné profitait à certains clients qui se levaient, s’écartaient de la scène et allaient sur les ailes du grand restaurant. Pas l’temps néanmoins de trop y penser puisque j’esquivai un coup de lame, avant de répliquer avec mon plateau contré. Le gars qui réussit à esquiver mon attaque s’était mis à ricaner…

- « Héhéhéhé ! T’as cru que tu pou- AAAAAAAAARRGGGGGGHHHHH !!!! »

Qu’est-ce que j’avais fait ? Coup dans les couilles ! Brutal ! L’genre qui te fabrique un eunuque en deux temps trois mouvements. Indigne dans un combat, certes, mais efficace. Et puis bon, ils étaient plusieurs contre moi hein… J’avais bien le droit ! Mais à peine m’étais-je débarrassé du nouveau castré qu’un autre fit un saut périlleux vers moi, avant d’abattre sa lame vers ma tête ! Evidemment, le plateau fit barrage, avant que mon poing de libre se loge brutalement dans son bide et qu’il ne finisse au sol. En quelques instants seulement, j’venais de me débarrasser d’une quinzaine de types… Quoique pas tout à fait ! Les victimes du strike précédent s’étaient redressés et me fonçaient dessus, encore. Comme ils étaient apparemment bêtes comme leurs pieds, j’eus la présence d’esprit de shooter dans une table pas loin qui partit heurter les premiers avec fracas ! Les autres contournèrent leurs potes H.S de part et d’autre pour me cerner et venir m’assaillir de toutes parts. Comme un boxeur et me rappelant de mes expériences à Las Camp, j’esquivai habilement leurs coups, tout en leur rendant la monnaie de leurs pièces ! C’était des pifs écrasés, des arcades sourcilières ouvertes grâce à mon plateau (déformé et bosselé au fil des impacts occasionnés) et des dents généreusement pétées par des uppercuts, des coups de coudes ou coups de genoux !

Autant dire que j’faisais absolument pas dans la dentelle. En cinq minutes, une vingtaine de types au sol.

BANG !

Forcément, il fallait qu’il s’en mêle. Jobby en personne. Le tir, j’l’avais esquivé de justesse, même si sa balle avait quand même bien éraflé mon bras gauche qui saignait bien comme y faut. Etonné par la rapidité de mon geste, la mine du capitaine pirate se renfrogna. Il tenta encore deux ou trois tirs, mais soit j’déviais avec mon plateau qui ressemblait plus à rien, soit j’esquivais habilement. Le pauvre grogna de plus belle et jeta son arme à feu qui n’avait certainement plus de munitions, puis il dégaina une épée, tout en hurlant : « PUTAIN, C’ETAIT CENSÉ ETRE FACILE ! EN PLUS, J’COMMENCE A ETRE EN MANQUE LA, BORDEL DE MERDE ! » En manque huh… ? A bien y regarder, ses yeux rouges et presque dilatés n’étaient pas anodins. Et là, j’percutais aussitôt ! Ils ressemblaient aux nombreux camés salement accros. J’en avais vu des tonnes pour avoir taffé dans des mafias à North Blue. La drogue et le cul, c’était c’qui vendaient le plus dans pas mal de patelins ! Le combat n’allait donc pas s’éterniser… Que j’m’étais dit, avant de voir un autre s’approcher du capitaine avec des gestuelles de… Rappeur ? En tout cas, yeux fermés et imitant des pas de danse malgré la situation tendue, il sifflait un air branché du moment, avant de s’emparer d’une bouteille, de l’exploser sur une table et de brandir le tesson comme arme.

- « Yo mon pote ! On va t’faire la peau, eh yooooo ! T’avais pas qu’à prov’quer mon chef, yo ! »

- « TA GUEULE MINA HABLE ! »

- « Yo, oui, chef… yooooo… »


Facepalm pour Jobby et mine déconfite pour bibi. Dans quoi est-ce que j’me suis fourré, moi… ?
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- « Sebastian… » Chuchotais-je…

« Oui, Nihil ? »

« Faites passer le mot à tous : qu’ils bouchent leurs oreilles dans cinq minutes… »

« Quoi… ? »

« QU’EST-TU MARMONNES, ENFOIRÉ ?! MINA ! AVEC MOI ! ON VA S’LE FAIRE !!!! »

« Yo chef, on fonce, Yoooo ! »


Malgré sa jambe de bois, Jobby se mit à courir vers moi comme un dératé en prenant la gauche, tandis que son rappeur de service prit la droite ! Plus rapide que son capitaine, ce dernier se servait de verres et de bouteilles sur son chemin qu’il me balança brutalement à la figure ! Esquive et contre avec mon plateau s’en suivirent pour éviter ses projectiles comme je le pouvais, avant que je n’évite l’une de ses attaques au corps-à-corps, puisqu’il avait littéralement plongé sur moi, comme un piquet, son tesson en avant. Le reste de sa bouteille, là encore, m’avait juste éraflé une joue, sous l’œil gauche. Ce fils de pute avait voulu m’éborgner carrément ! Mais pas le temps d’m’en plaindre, puisqu’une épée fusa vers mon crâne. Jobby était d’la partie ! Mon plateau ou ce qui en restait fit barrage… Avant d’être fendue en deux. N’eut été un mouvement de recul réflexe, le type m’aurait brutalement saigné puisqu’il me manqua d’un cheveu ! Sa lame était bien plus affutée que celles de ses sbires et il la maniait avec une telle force que j’avais pas intérêt à faire le con. C’était pas comme si j’avais le temps d’ailleurs ! Pour contre-attaque, je jetai les morceaux de plateau qui me restaient en mains, mais il n’eut aucun mal à les bloquer du plat de sa lame. En retour, il me cracha un mollard que j’évitai, mais sa jambe en bois se ficha dans mon ventre, m’envoyant bouler plus loin, à travers de nombreuses tables, sous les regards inquiets des clients…

- « Put- »

- « Dans ta trooooonche, yooooo ! »


A peine avais-je redressé mon torse que l’artiste en herbe était au-dessus de moi, planant comme un aigle, sourire aux lèvres et regard de tueur qui allait avec ! En une fraction d’secondes, j’décidai de faire une roulade avant sur mon flanc droit, me soustrayant ainsi à son atterrissage brutal qui fit craquer et fissurer le sol. Il avait beau être maigrelet qu’il savait y faire. Tout comme son capitaine d’ailleurs. En me redressant, ce dernier réussit à me décocher une sacrée droite qui me sonna pendant une seconde ou deux, avant que j’ne réussisse à esquiver son estocade qui, là, encore déchira la chemise que j’avais arboré au niveau de mon flanc gauche, non sans avoir entamé ma peau. Enchainant sur quelques saltos arrière (qui ressemblèrent plus à des cabrioles qu’à autre chose), je réussis à creuser une certaine distance, avant de boucher une seule narine d’un doigt et d’expirer très fort pour expulser une gerbe sanguinolente de l’autre narine. Il m’avait presque brisé le nez là. Autour de nous, la tension était à son comble. Pour le commun des mortels, notre était d’une violence et d’une rapidité sans commune mesure. Les pirates restants comme la clientèle retenaient leur souffle. Une arène s’était naturellement formée au beau milieu du resto, puisque tous s’étaient réfugiés contre les murs. D’ailleurs, j’vis que quelques clients bouchaient déjà leurs oreilles, preuve que ma consigne se transmettait lentement mais surement.
Le vioque avait géré comme il avait pu. Parfait. Le dénouement serait donc pour bientôt…

- « LAISSE TOI FAIRE PUTAIN !!!! »

- « Eeeeh yo ! T’es plutôt fort man ! T’es quoi ? Un marine, yo ?! »


L’un était plutôt puissant tandis que l’autre était rapide voire voltigeur, même ! Ils se complétaient parfaitement et n’étaient manifestement pas à leur premier coup d’essai. Quelle plaie, vraiment. Le p’tit con fonça derechef vers moi en sautant de table en table. Il était suivi de près par son chef qui commençait à baver et à délirer ! Ses yeux devenaient presque inhumains, preuve que la sauce commençait à monter et qu’il allait péter un câble ! J’aurai pu compatir mais des objets volèrent encore une fois vers moi. Si j’en évitai certains, j’en rattrapai habilement d’autres, avant de les renvoyer tout aussi violemment vers le voltigeur. Ce dernier se mangea alors un verre en pleine gueule du fait qu’il avait une nouvelle fois sauté vers moi ! N’ayant pas eu le temps de placer ses avant-bras en protection et déboussolé par ce retour à l’envoyeur made by Nihil, le rappeur alla se crasher près de moi sur une table, au beau milieu de multiples couverts ! Malheureusement, son patron prit aussitôt le relais. Il enchaina des coups d’estoc encore et encore, me forçant à me tortiller sur moi-même pour m’extirper de cet enchainement mortuaire. Y’a des jours comme çà où je regrettais de ne pas avoir appris le rokushiki… Avec un tekkai ou un geppou, j’aurai surement pu plier le combat en deux deux ! Une pensée qui se renforça quand le camé réussit à ficher son arme bien profond dans ma cuisse gauche !

- « AAAAARRRRGGGGGHHHHHHHHH !!!!! »

- « BAHAHAHAHA ! JE T’AI EU, SALE CHIEN ! MINA, ACHEVE-LE MAINTENANT ! »

- « NIHIIIIIIIIIL ! »
Que gueula soudain Sebastian !

Aaaaah… Pile au bon moment, l’vioque. Vraiment utile comme type, celui-là !

« AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAHHHHHHHHHHHHHHHH !!!!! »

Le cri strident fit non seulement vriller les tympans de tous ceux qui étaient présents, mais fit voler en éclats la baie vitrée du restaurant. Si les clients réussirent à s’en prémunir dans une moindre mesure puisqu’ils avaient bien bouché leurs oreilles, ce ne fut pas le cas des pirates du camé, ni de Jobby lui-même. D’un seul coup, ils tombèrent comme des mouches sans comprendre ce qui leur était arrivé et se mirent à convulser pour la plupart. Quant à moi, c’est presque épuisé que je titubais, avant d’aller me caler contre une table encore intacte dans tout ce bazar. Autant dire qu’on avait saccagé le coin ! Mais alors que je croyais que j’avais fait le plus dur, le camé comme le rappeur réussirent à se redresser plus ou moins. L’idée qu’ils s’en remettent aussi vite me choqua, d’autant plus qu’ils ne furent pas les seuls. Ceux que j’avais précédemment assommés firent pareil. A croire que le cri n’avait que peu d’effets sur les personnes ayant perdu conscience. Dans leur cas, ça les avait même réveillés pour ainsi dire. C’est tout du moins c’que j’en déduisais, mais va savoir… Fronçant les sourcils, je me redressai avant d’opter pour une posture offensive, prêt à jeter mes dernières forces dans la bataille, mais je vis le camé se diriger en titubant vers la sortie. Faut croire qu’il en avait marre. Il fut suivi par Mina, son second, puis leurs sbires leur emboitèrent difficilement le pas -certains portant d’autres complètement sonnés. De loin, on pouvait même entendre les sirènes de la marine…

- « Oh putain… » Que j’avais finalement soufflé en me laissant tomber au sol.

Et puis, quelques secondes plus tard, ce fut une effusion de joie. La pression s’était envolée. Nous étions sains et saufs…
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Quelques minutes plus tard…

- « Monsieur Nihil, nous tenons à vous remercier au nom de la marine ! »

Un lieutenant trapu et chauve se tenait devant moi, tout sourire. Si c’était lui qui gérait les marines du coin, ça expliquait pourquoi des types comme Jobby et son équipage avaient eu le culot d’attaquer le restaurant ! Autant dire que cet officier ne ressemblait à rien… Et qu’il ne devait rien valoir. Un seul coup de poing et il était certainement au sol. Néanmoins, c’est souriant que je hochai la tête, tout en gardant le silence. Ma gorge était légèrement enrouée avec le cri que j’avais dû pousser. D’ailleurs, certains clients, malgré les oreilles bouchées, avaient du mal à s’en remettre mais personne ne pouvait s’en plaindre. J’venais après tout de sauver une bonne cinquantaine de richards que la marine interrogeait, maintenant qu’elle était sur les lieux. Des chuchotements que j’entendais dans leur rang, Jobby et ses acolytes avaient réussi à s’évanouir dans la nature, comme par magie… Cela prouvait bien que la marine locale ne valait absolument rien et qu’il n’y avait rien à en tirer. Une aubaine pour les hors-la-loi.

- « Merci infiniment, monsieur Nihil ! »

- « Vous êtes un héros, sachez-le ! »

- « Dites-nous ce que vous voulez et on vous l’offrira ! »

- « Je suis journaliste freelance ! Sachez que je ferais même un article sur vous pour vanter vos mérites ! Le monde doit savoir qu’il y a des héros anonymes comme vous ! »


Ces mêmes richards ne tarissaient pas non plus d’éloges pour moi. Beaucoup m’avaient entouré, ainsi que quelques marines et s’étaient mis à m’applaudir. Feignant un air gêné, je me grattai une tempe, tandis qu’Aymeric était agrippé à l’un de mes bras comme une vierge effarouchée ! Il était passé où, le fanfaron, d’ailleurs ? Encore un peu et on penserait d’ailleurs qu’on est en couple ! Quand bien même je n’avais aucun bord particulier, l’idée ne me plaisait pas ! Et puis comme si ça suffisait pas, le journaliste, à l’aide de son appareil photo, se mit à me torpiller de flashs avant que le p’tit gros de la marine ne demande aux civils d’évacuer les lieux complètement saccagés. Il se montrait enfin utile, celui-là ! Sébastian, non loin, hocha la tête vers moi en guise de remerciements. Il avait l’air moins farouche. Cool ! J’avais donc gagné des points et pas qu’un peu avec lui. Après tout, c’était par lui que j’devais passer pour avoir mon fric ! 200 millions, c’était pas rien, on s’entend ! Je comptais pas cracher dessus, vraiment…

Mais alors que les gens sortaient un à un, je réussis à m’extirper de l’emprise du blond pour aller récupérer ma propre veste. Mais alors que je traversais les tas de débris çà et là, un petit objet accrocha mon regard au niveau où l’autre rappeur était retombé tout à l’heure. Je m’y approchai alors et je vis un mini den-den-mushi. Haussant tout d’abord un sourcil, je vis ensuite que le bracelet de cet escargophone arborait un jolly roger. Certainement celui de Jobby, tiens. Un sourire fin barra alors mes lèvres avant que je ne me penche pour le ramasser pour le fourrer dans ma poche. Entre les marines occupés à faire sortir les civils ou les interroger et Aymeric qui pleurait dans les bras de Sebastian, personne ne se soucia de moi pendant quelques secondes. Ce n’est qu’après être revenu avec ma veste que le lieutenant me proposa de me raccompagner lui-même dans mon hôtel. Là encore, j’acquiesçai volontiers avant de sortir du resto avec lui, bientôt suivi par le noble de Goa et son majordome qui m’avait maintenant à la bonne.

La suite promettait d’être intéressante… Et surtout très fructueuse !
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