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Safari [1624]

Hm.

Main en visière, longue-vue inutile dans l’autre, tricorne envolé et crinière battue aux quatre vents. Me la joue blasage retenu pour cette fois, dressé comme un vit sur le bastingage, même pas peur de tomber à la flotte suis trop fort. L’Ecume s’est stoppée net sous les bonnes actions de Jack et de Walt par équipage interposé. Amarrés à Oz le ponton flottant par excellence, les deux navires servent de sièges à la maintenant grosse trentaine de spectateurs impuissants qu’on est. Moi tout autant que les autres sur ce coup-là. La grande troupe des anomalies de Grand Line nous sert une représentation qui laisse baba les plus jeunes et fait frémir les plus qui-n’en-veulent.

En voyant les geysers envolés pour jamais redescendre, me r’vient la liste, ça y est. La liste des îles de la voie. On est sur la troisième officielle, troisième voie, et ça mes jolis c’est l’île de la couronne, dégustez. Après y a un bled appelé Clockwork Island, où j’ai jamais été mais ça doit valoir le coup d’œil, et après après, c’est la joie. Le parfait. Le pour nous. Dead End, la fin de tout et le début du reste. Héhé. Pour l’heure par contre, on est bloqués comme des cons et même le Récif pourra pas briser le rideau de flotte et de gaz et de chaud qui nous sépare de la playa derrière. Même pas lui.

Doc’, t’as tout sous la main ?

Sont tous en train d’mater la beauté des choses de la nature, la situation est parfaite, idéale. Comme une galante, ne d’mande qu’à c’qu’on abuse d’elle. L’Alex me répond qu’oui en léchant ses dents du malheur et en agitant sa poche de blouse plus une espèce de pistol dans la main. Jvois sa vis qui frétille dans son crâne et j’me dis qu’pour accepter un deal où il gagne rien il doit vraiment pas être net sous son scalp lui non plus. Prévisible. M’enfin. Son arme s’charge dans un clic étouffé par une mouette qui nous nargue du haut du jet d’vapeur. Une ptite cartouche en verre avec du carmin d’dans. Le meilleur pif du monde, celui produit par mon palpitant. Oh oui, distribution générale de nectar. Paf, le médic passe en mode ninja et tous se font baiser un par un. Tic perforation, tic évacuation de la cartouche, clic insertion de la nouvelle, tic perforation. Même Jack se fait eu. Bien fait d’envoyer Anthrax chez les requins pour l’occasion. Même Rimbau pourtant ptet le plus parano se fait.

Haha. Sais pas si c’est l’Zoan qui lui sert de jouvence, au doc, mais dix contre un qu’il a pris un truc pour être aussi efficace, si c’est pas ça. Y en a un qui maudit les moustiques. Y en a deux qui maudissent les moustiques. Y en a des qui s’mirent comme si ça faisait beaucoup d’gros moustiques soudain. Mais l’est déjà trop tard quand les plus malins voient enfin l’truc. Une seringue pour les piquer tous. Une seringue pour les trouver. Une seringue pour les amener tous et dans les ténèbres les lier. Hinhinhin, bienv’nue dans la liste de mes possessions, les grumeaux. Bienv’nue. J’les mate tous me matant en train d’leur faire un joli rictus plein d’sous-entendus. J’les mate tous puis ferme les globes. Puis un par un, ils s’allument dans mon champ d’perception et plop et plop et plop sont détectés par mon sonar à sanglant. Un par un par un. Snurf, snurf, snuf. Bien vu Lulu. Ca marche.

Ca galope. Suis bon. Suis très bon. Et l’doc finit par lui-même en bon gars obéissant, dernier plop.

Z’inquiétez donc pas, jsais où vous êtes mais jsais pas c’que vous faites. Z’êtes à moi mais pouvez continuer à vous astiquer dans vos hamacs sans craindre pour vot’ intimité.

J’rouvre les mires, j’renifle le grand large. L’plaisir de la mauvaise action bien faite. Eux sont pas convaincus. Tirent des tronches. Ca leur passera, ça passe toujours. Comme les murs de bouillance. Ca passe toujours. L’fracas qui nous forçait à gueuler s’arrête soudain. Dans une dernière gerbe le videur de dame nature nous fait signe qu’on peut enfin rentrer dans sa boîte. Et sa boîte, elle est engageante. Du vert, du vert à perte de vue. Pas masse de sable, pas masse de plage. Mais des promesses d’un autre monde, avec de la sueur, du tronc large comme la cuisse du Junior un peu con qui nous largue les amarres, et des cornes longues comme un beaupré. Un archipel vert mais un archipel vert pour les grands. On est plus sur les Blues, now. On est plus sur les Blues.

Une partie d’chasse pour vous détendre la soupape, les filles ?


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La picouze, ok ça passe. Enfin, pas du genre à Walt' de se prendre la tête avec les facéties du capitaine. Il a déjà assez à faire avec les siennes... Par contre, il a un truc qui se met à urger dans le genre urgent. Le genre de truc dont lui seul peut s'occuper s'tu vois de quoi je parle. Et par conséquent, il a hâte de pouvoir descendre du bateau. Du coup, dès que les geysers arrêtent de geyser il se met à gueuler dans tout les sens pour que les choses s'activent aussi vite que possible.

Bon ok, il aurait pu pisser dans la mer aussi, mais ça commençait de lui manquer de se soulager sur du gravier.

Et hop l'ancre à la flotte, le canot qui suit et le borgne qui attrape les rames et dès que tout le monde est dedans et pas vraiment bien installé la barque démarre façon hors bord. Et pas la coque touche le sable et zing le bosco fonce en direction de la forêt sans demander son reste. Oui, il est pressé. Tellement pressé qu'il n'a pas pris sa grande masse d'ailleurs, se contentant pour la journée de la masse chaînée trouvée sur l'Archipel Vert.
Le borgne se trouve un arbre qui lui plait et déballe matos. Et floush c'est le Niagara urinaire du plaisir qui s'écoule sur l'écorce. Et avec le soulagement tant attendu vient le rituel "oooaaah" avec la tête qui bascule en arrière (et qui tient), pour un plaisir maximal garanti. Et c'est à ce moment-là qu'on remarque qu'on est pas seul, qu'au dessus de nous se trouve un singe type Anthrax qu'a abusé des hormones. Le bestiau est aussi maouss qu'un porc, et personne ne veux voir un porc grimper aux arbres, ou un porc vous tomber dessus depuis son arbre. Bref, ça n'annonce rien de bon.
Les deux humanoïdes échangent quelques regards inquisiteurs, histoire de savoir ce que l'un attend de l'autre et vice-versa. Et le macaque se lâche. Il met presque le borgne à terre alors que lui se concentre pour ne pas se foutre de la pisse partout. Et à force de se balancer sur les épaules de Walters, le singe finit par lui décrocher le cou. La tête roule au sol et c'en est visiblement trop pour les nerfs de son propriétaire.

"PUTAINDEGOZ SAMÈRELAGOUINE SIJ'T'CHOPE T'BOUFFETACERVELLESANSLESDENTS"

Ce à quoi le singe répond par un pet, avant de s'emparer sur le crane crachant chapelet d'insulte sur chapelet d'insulte, une véritable symphonie de crasses verbales. Et le machin se barre dans les arbres, accompagné des compliments de Walters dont le corps se met subitement à courir tant bien que mal entre fougères et ronces, évitant les arbres et les plus gros obstacles grâce au mince champs de vision dont il dispose depuis les airs.
Puis c'est la perte d'espoir, le mur, la couille, les piles qui tombent à plat. Bref, un putain de booby-trap comme le dise les siffleur de thé. Le coup classique de la corde tendue qui fauche les jambes. Du haut de son singe, Walters a juste le temps de voir un gamin déguisé en squelette se jeter sur son corps.



Dernière édition par Walters Scott le Dim 19 Aoû - 17:28, édité 2 fois
    J'gamberge. Plusieurs jours qu'ça me fait ça, d'puis qu'on a filé d'Union John. J'peux pas stopper ma caboche, la rosse tourne et tourne et tourne encore. J'repense à ses flammes. La façon dont mon envie d'vivre les a envoyées chier. C'était balaise. Et j'aim'rais l'refaire. Puis aussi, j'pense au fruit. C'truc qu'j'ai bouffé et qu'est censé m'donner des pouvoirs. Pas concluant pour l'instant. J'ai juste l'impression d'faire des trucs bizarres, d'avoir des réactions pas d'moi, et d'être un peu plus con. ... J'espère qu'j'ai pas bouffé l'fruit d'la connerie, ça serait balo. Puis y a l'dernier truc en date. Un truc chouette, mais qu'faut assumer. Les nouvelles primes sont tombées. On est d'dans. Surtout moi. 119 patates mecton. D'quoi faire. En m'revendant, j'peux vivre comme un noblion pour l'restant d'mes jours. Mais j'sniffe un faille dans c'raisonnement . Puis l'pognon, j'm'en cale. J'aime les trucs simples moi. L'bruit d'une tige qu'on bouffarde après allumage. La couleur du sang qui sort d'un pif qu'on vient d'fracasse. C'genre de choses.

    L'problème d'un navigo' sur Grand line, c'est qu'y peut jamais penser bien longtemps. Tu t'dis qu't'irais bien pisser et sur c'temps là, ta coque d'noix à déjà fait douze aller-r'tour, sans qu'tu puisses dire vraiment vers où. C'est c'courant. L'est pas correct. Pas fair-play. On a eu les raz-d'marée, les tempêtes, et maintenant, j'te l'donne en mile, les geysers. Des colonnes d'flottes qui montent sur une d'mi lieue, aussi chaudes que l'enfer. Quelques temps déjà qu'j'l'es observe, pour trouver l'timing. Le ressac qu'ça créer s'écrase sur les bateaux, qui tanguent bon gré magret. Hm ... Observe Jack, observe.

    L'doc passe derrière moi, sa tronche étrange fait un grand sourire. J'pige pas trop c'qu'y m'veut tandis que j'gratte mon épaule. Moustique à la con. Et les geyser qui pulsent, à nouveau. Pendant qu'les décortique, le cap' balance un truc qui m'interpelle. J'comprends l'pourquoi du doc et d'la piqure. Ca m'plait pas des masses. Mais alors pas des masses à mort. J'aime pas qu'on m'suive, qu'on m'surveille. Soit, ça s'paiera. Ça braille à propos d'l'accostage. Va être temps d'faire jouer les talents. Mais pas l'temps. Walt' a déjà cédé à lui-même, embarque plusieurs gus sur une canoé, boum. Ils rament vitesse masta, profitent des geysers qu'sont calmés pour filer vers la plage. Sacré Walt', tête brûlée.

    J'arrive à la barre. Observe les vagues. Quand les geysers pètent, elles poussent vers l'extérieur, quand y s'tassent, elles ramènent vers eux. Faut profiter d'ce moment pour y aller, passer l'geyser et profiter du mouv' pour reprendre le la vitesse. C'est serré. Très serré.

    Ça passe sans problème. J'suis même un peu déçu. D'vant nous s'étend c't'île, territoire sauvage pleins d'bestioles disaient Tahar. Ça en fait quelques unes en plus avec nous. L'bateau évolue lent'ment sur les flots, vers la plage, on va jeter l'ancre mais un truc attire mon r'gard. Près des geysers, coté île, un p'tit radeau flottouille. Dessus, un masta type nous mate en applaudissant lent'ment, tout sourire. Mais c'est qui ce zig? J'arrête d'y penser alors que notre ancre tombe avec fracas dans la flotte. On va pouvoir accoster. J'allume un tige, vide l'reste d'un bouteille qui traine.

    Barquette, accostage, nous v'là sur l'île. Ceux qu'on pas suivi Walt' pose l'pied sur terre avec soulagement. Le sol sur Grand Line, t'apprends à l'aimer. J'check Tahar, puis la plage loin. J'ai miré ça du coin d'l'oeil: notre admirateur qui nous a suivi d'loin. Malgré les perturbations , la flotte qui s'agite à chaque pissage vertical d'eau bouillasse, y s'en ai sorti sans problème. Avec un rafiot plus gros j'dis pas, mais sur un radeau... moi j'pourrais pas. J'crois. Alors ça m'intrigue, ça m'taraude, et j'fais au Cap'.

    J'vais m'ballader.


    J'remarque les globuleux d'notre cuistote qui m'file. Mais j'dis rien. J'avance sur l'sable, mes panards apprécient l'contact du sable chaud sur leur plante. Mon pif carpture l'air qu'a c't'odeur particulière des intersections mer-terre. Mon r'gard s'pose au loin. Le zig est là-bas. L'a tiré son radeau sur l'sable, s'est assis. J'approche. L'discerne mieux. Torse nu, couvert de tatoo', le gus est vachement mastard. Vachement vieux aussi. La moitié d'siècle. Il me mire, débouche une bouteille, la vide d'un trait et en ouvre une autre. Sa tronche me.. j'sais pas. Un sentiment bizarre, comme si l'gus ... j'sais vraiment pas. A quelques pieds d'lui, j'immobilise la machine. L'r'garde.

    Safari [1624] Jackpa10

    Spoiler:

    Goguenard, y s'essuie l'bec du r'vers du bras, et s'lève. M'fait un grand sourire. J'me cabre. Il bondit! J'monte ma garde! Merde, l'est là! Déjà là, d'vant ma tronche, l'poing levé! J'vais m'le prendre! J'tourne la tête dans l'sens du poing, ça diminuera l'... IMPACT ! Douleur! Sa paluche m'envoie bouler, j'roule plus loin, m'rattrape pour r'tomber sur mes pattes, prêt. Mais lui, y s'marre, gueule ouverte.

    Grahahaha! Tu t'débrouilles bien! Cette claque en a envoyé plus d'un ad pater!

    Approche, qu'te montre où c'est.

    L'rire fait place au sourire. Il sort un paquet d'tiges made in grosse fabrique, en fourre deux en bouches, les allume. Une bouffarde et la première clope grille entièrement. Y prend l'temps d'savourer l'autre.

    J'en doute pas Jack, tu l'ferais bien. Et le mériterait peut-être.


    Y baisse la tête, les yeux dans l'vague.

    Désolé pour ta mère p'tit. J'ai appris.


    La suite.
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    On pourrait m’regarder avec un air de mec qui pour l’instant sert foutrement à rien. Et on aurait pas tort. Mais bon vu qu’je viens de décalquer pas mal de types avec juste ma bite et mon couteau on doit sans doute s’dire sur l’bateau que j’vais gérer. Ou que j’suis pas là en touriste. Pour le coup si justement, bien marrant le paradoxe.

    Alors comme ça j’suis un pirate maintenant. Un mec bien crasseux, toujours avide d’sang et d’or. Bof. J’vais juste éviter de balancer un peu partout qu’mon ancien job c’était « exterminateur de futur collègue ». J’suis p’tet un peu con mais j’crois bien qu’ça ferait tâche sur l’cv.
    Me voilà Saigneur des Mers. Quel jeu d’mot pourri quand même. Mis à part l’capitaine et l’décapité, j’connais nada persona. Ou presque. C’est pas encore aujourd’hui qu’je vais être élu meilleur camarade d’bord. En même temps j’suis pas venu pour être là.

    C’est sur ces foutues belles pensées qu’le voyage commence. J’fabrique pas mal d’explosifs en route, des grenades plutôt sympas. En un rien d’temps on approche du nouveau pied à terre. J’ai à peine le temps d’détailler les têtes pensantes en place.

    - Alors y’a une gonzesse avec une d’ces chevelures qu’dans certaines contrées y te pendent pour moins qu’ça. Elle a des jolis flingues. Copains.

    - Y’a un espèce de binoclard avec une vis dans l’cerveau qu’dans certaines contrées y te pissent dessus pour moins qu’ça. Y pue d’la gueule, j’me demande pourquoi.

    - Y’a un emo shooté aux anabolisants qu’dans certaines contrées y te font ramasser le savon dans les douches pour moins qu’ça. Il a un gros sabre, j’me demande où y s’le carre les soirs où y veut d’la distraction.

    - Y’a une p’tite blondasse avec un air de princesse qu’dans certaines contrées elle s’fait mettre en cloque pour moins qu’ça. Elle ressemble pas à Marisa, ça m’intéresse pas. Quoi que j’suis plein en c’moment...

    - J’avise viteuf la p’tite île qui nous suit dans l’eau. Avec c’te quantité d’viande t’as plus faim pendant au moins vingt cuites. Y’a un autre type avec une hache, style j’en ai une p’tite faut qu’je compense. Les autres m’paraissent plus anonymes. Ou p’tet que c’est parce qu’y vont être moins importants dans les histoires à venir et qu’je veux pas me faire chier à tous les passer en détail. Y z’ont tous l’air de porter un emblème de feu cependant. Qui a pas compris ?

    - Enfin y’a un type que j’avais repéré au début et qui m’dit quelque chose. Gueule cassée, clope au bec, odeur de sky bien familière, camarade d’boisson. Y fait l’navigateur et y s’débrouille pas trop mal l’animal. J’confonds p’tet, mais bordel sa trombine m’ramène à l’esprit des souvenirs de relents, d’sang et d’grosses marrades. On verra.



    D’un coup d’un seul y’a un vilain toubib qui me pique avec un ch’ti objet qui m’dit rien.
    Et l’cap nous explique à la rapide son plan d’cartographie du groupe. J’aime beaucoup.
    Tellement qu’j’me dirige vers lui sans un mot et qu’je reprends les habitudes, comme au bon vieux temps, lors de notre précédente rencontre. J’lui envoie une grosse droite dans sa gueule vicelarde.



    « J’croyais qu’on était potes mec. Tu m’fais quoi là ?»



    J’suis son chien ou quoi? J’sais pas si les autres sont ses larbins, mais entre potes faut quand même parfois montrer ses couilles en hochant gentiment la tête de gauche à droite.
    Ma main passe au travers d’une sorte de liquide rougeâtre que j’resitue très vite. Le salaud a un putain de pouvoir.
    J’me rends compte que tout l’monde me regarde. Apparemment frapper son capitaine, même si c’est pseudo amical ça s’fait pas. Putain j’aime pas m’faire remarquer pourtant.
    L’île est proche. J’sens qu’la réponse d’Tahy à mon geste aussi.
    Les autres continuent de m’fixer. Y’a pas un seul bruit d’un coup, on entend juste le son des vagues s’écrasant sur la coque de l’Écume. J’pose les choses d’un coup d’un seul.


    « J’suis un poète, pas votre pote. Et j’vous emmerde. »



    Quand même.
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    La poêle à Hope sur le crâne à Rimbau fait un pli de là à là et un beau son de cloche qui nous annonce à toute l’île aussi verte que bienveillante. Un bon son brut pour des truands.

    T’auras pas oublié mon côté mélomane qui f’sait qu’on s’entendait si bien tous les trois.

    Paupières bavardes, pupilles sèches, gorges noueuses. Tandis qu’Jack nous emmène à bon port, un embrun nous en met plein la gueule et le souvenir de Marisa r’vient voguer à nos côtés pendant qu’le Layr stabilise son œil noir dans son orbite suite au coup. Le bougre m’a toujours pas dit ce qu’elle foutait ailleurs qu’à ses côtés mais jcommence à entraver, à l’atmosphère qui s’pose, que c’est du plein gré d’personne si la gueuse est retenue à ses occupations. A des occupations pas bien marrantes m’est avis. Alors qu’y a tant d’trucs sympas à faire d’par ce monde de couacs, genre rejoindre une fanfare de joyeux drilles qu’ont tous leur vision propre des sonorités crades.

    Si t’es d’venu poète, pense à ces gonzes et gonzesses comme à des musicos qui t’accompagn’raient.

    Et tout s’passera bien, par mon foie.

    C’est moi qui les ai foutus ensemble, t’inquiète pour l’harmonie globale.

    Sinon y a les vergues, ça manque de corps en décomp là-haut.

    Donc maintenant vous vous aimez les uns les autres et on porte un toast à nos futurs concerts.

    Ca f’sait longtemps qu’on avait plus eu soif. R’gards qui disent rien, ancre qui tombe et salut.

    Tavergiste !

    L’tavergiste d’hab, c’est Jack. Là, c’est moi qui doit m’y coller vu qu’le Jack imite le Walt pour aller s’faire empaler ailleurs dès qu’on a eu abordé la crique tranquille où on s’retrouve posés. J’laisse faire en admirant les fonctionnalités d’mon nouveau sonar. Vachement plus pratique que si j’étais un con de dauphin, même pas à crier dans les suraigus pour les r’pérer par résonance. Et même, avec la force de l’habitrude qui vient vite j’y arrive les mires grandes ouvertes. La classe. A part les deux fortes têtes (forte tête, Walt, t’as vu). A part eux deux qui s’sont tirés en criant gare, tout l’monde branle un truc et j’me sens roi-fourmi au milieu d’ses petites abeilles bien occupées, ça m’flatte et l’camp s’dresse et s’érige et s’installe sans qu’j’en rame une de mon côté.

    Trois boutanches apparaissent comme par magie dans mes palmes, j’en verse une au D. à crinière (par opposition au D. sans crinière qu’est Reyson le jeunot tout lisse et sans poils – ou avec, mais c’est un peu quand il veut – qui s’occupe comme il peut), une à Anthrax qui passe par là avant d’courir dans la jungle hostile pour sans doute rejoindre son mauvais maître, et une à mon gosier qui prend feu. J’laisse passer les signaux d’fumée par mes naseaux pis r’prends là où on en était.

    Bon, maintenant qu’on a plus rien à glander qu’à attendre un déluge, tu d’viens quoi ?

    J’pointe du goulot un nuage qu’en amènera d’autres, promesse ou pas de battue sous la drache. Oz le Wotan qu’aime la flotte s’pourlèche déjà ses babines de baleine. Assis dans sa pataugeoire derrière l’Ecume, il a comme un air de bambin torché par sa mer qui f’rait mumuse avec son canard en bois évidé pour la flottaison en attendant l’averse. C’est touchant, ça m’touche et puis j’recommence à m’en foutre pour repasser à l’essentiel pendant qu’Afro-Girl passe une annonce viandophile. Les troupes s’ébranlent en quête de gibier mais nous pas. Jsuis le chef et l’autre mon pote, alors bon.

    C’tait quoi c’te scène sur l’île du John dis-moi, depuis quand tu vas sur une île aux trésors pour t’laisser menacer l’chef par les autorités ? Walt, jpeux voir l’intérêt, m’semble que t’as déjà eu la démonstration qu’il était un peu différent comme garçon. Mais toi, tu cherchais quoi ? La ptite mort des pendus ? T’en es réduis à ça ?

    Tandis qu’mon copain poète me débite c’qu’il veut bien, l’jus d’papaye siroté me monte aux neurones qui le digèrent façon grand huit sur la descente. A l’horizon, rien s’passe et, comme jsuis moins monotache que la moyenne des testostéreux, j’me demande en parallèle et sourire aux dents quand Ribouldingue et ses lurons trouveront la force et le log pour nous courser. S’ils les trouveront avant qu’on aille raccourcir leur noble missionnaire en pleine place de la Concorde à Marie-Joa.


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    Les couleurs s’brouillent, l’espace devient liquide. J’m’en rends pas encore compte mais j’viens de m’prendre un sacré coup d’poêle sur l’haut d’mon casque. Des p’tits oiseaux squelettes volent devant mes yeux sales. Cricri qu’ils chantent à tue tête. J’ai du passer trop d’temps avec c’t’escort girl le mois dernier.

    Alors que j’me dis qu’le Tahar doit avoir gagné +6 en Tarlouze s’y s’est mis à la cuisine, j’avise la Gaimon sister derrière moi qui m’en a collé une belle. S’faire venger par une gonzesse, mon poteau s’est relâché apparemment. Quoi qu’avec un semblant de recul c’est pas forcément plus mal, lui y m’aurait p’tet décapité par erreur.
    Les autres ont pas l’air plus choqué que ça par mes mots, ou y s’en foutent. L’Acide calme le jeu, me rassure sur les forces en présence. J’grogne d’un air suspect et franchement peu amical mais dans l’fond j’le sais bien : si ces types voyagent avec lui y doivent pas être trop communs. De quoi me fondre dans la masse sans faire trop d’vagues.

    L’navire accoste sur une jolie crique. Ambiance Jules Vayne façon Voyage au centre de mon cul, j’apprécie plutôt. J’pense alors au plus profond d’moi même que c’est pour des lieux comme ça que j’ai embarqué pour Grand Line. Certains débarquent, d’autres se posent, moi je reste tranquille pour le moment. J’ai encore la gueule de poêle et j’crois bien que quelques dizaines de neurones s’sont fait Pearlharborer sous l’impact.

    Mon bon vieux compagnon d’route se rapproche avec un verre. De ceux qui précèdent des vraies retrouvailles, sans chichis. Le coup de l’intraveineuse presque oublié, j’trinque avant d’laisser glisser un liquide langoureux dans ma gorge sèche.


    Bon, maintenant qu’on a plus rien à glander qu’à attendre un déluge, tu d’viens quoi ?


    La question est pourtant simple, rien d’bien étonnant après une vingtaine d’années. Mais d’un coup j’sens une boule grandir au fond d’mes tripes. Tahar est pas con. Pas du tout. Il était bien pote avec Marisa, il a du s’demander pourquoi elle continuait pas à tenir la culotte comme au bon vieux temps. J’suis pas un sentimental, mais recroiser un type en chair et en os ayant vu ma belle en vie, ça m’dépasse. J’me trouve vraiment con pour le coup, mais j’ai presque envie de chialer. Ça va faire vingt ans que j’y suis pas arrivé.


    C’tait quoi c’te scène sur l’île du John dis-moi, depuis quand tu vas sur une île aux trésors pour t’laisser menacer l’chef par les autorités ? Walt, jpeux voir l’intérêt, m’semble que t’as déjà eu la démonstration qu’il était un peu différent comme garçon. Mais toi, tu cherchais quoi ? La ptite mort des pendus ? T’en es réduis à ça ?



    J’peux pas répondre de suite. Pas envie qu’on sente qu’ma voix tremble. J’suis pas une fillette. J’me contente dans un premier temps d’boire une longue gorgée. Celle-là a rien d’spécial, pourtant j’la sens qui m’brûle le gosier comme l’acide ronge la chair.


    « J’veux voyager. Faire l’tour du globe. J’ai plus que ça maintenant. J’m’en serai sorti, j’men sors toujours. C’est pas d’la prétention, mais j’ai juste pas l’droit d’mourir. »



    J’veux pas passer pour une lopette devant mon nouveau boss donc j’me tourne et j’m’appuie sur le bord de l’Écume. Putain Marisa, pourquoi j’suis pas comme les autres ? J’aurais fini charpentier ou bûcheron tranquille. Des images me reviennent en flashs. Dire que j’allais avoir un marmot. J’l’aurais bien éduqué ? Je sais pas trop. Y’a des questions comme ça, tu t’maudis de savoir que y répondras jamais.


    « On va faire un tour ? Bien envie de m’dégourdir les gambettes. »


    J’attends pas d’réponse et j’saute du pont pour atterrir en douceur sur l’herbe fraîche. Une légère brise fait onduler mes cheveux. J’écrirai sans doute quelque chose de neuf après notre escapade dans les bois.
    J’lui dois quand même un bout d’vérité. Y va m’supporter sans trop rechigner pendant un p’tit bout d’temps. Et puis j’dois pas rester tout seul. Une autre résolution. J’vais faire des efforts, pour aller mieux, pour guérir un jour qui sait.
    Alors qu’on commence à s’enfoncer dans la jungle, j’sors mon gun lentement. Tahar a l’air de rester détendu, y l’a bien raison, j’ai aucune envie d’la jouer Miss Marple sous les cocotiers.


    « C’est tout c’qui m’reste d’elle. Un an après ton départ j’l’ai perdue. J’me suis perdu en même temps. J’t’avais expliqué pour Simon, mon autre flingue. J’ai fait honneur à ma moitié. Elle reste près d’moi. »


    J’ai essayé d’pas injecter l’ton du bon sentiment dans ma phrase. Mais malgré tout j’finis sur une note basse, l’air brisé, la mine d’ceux qui avaient pas grand chose et qui l’ont laissé couler parce qu’ils savent pas nager. J’suis tout seul dans l’noir, comme d’habitude. Les séquences confessions comme ça sont bien rares, je sais pas si j’ai envie qu’y’en ait d’autres. Mais l’homme qui m’zyeute de ses yeux perçants est sans doute le seul à mériter d’les entendre.

    Y trouve étonnement les bons mots, ceux qui m’font presque pas regretter d’avoir déballé mon sac en deux trois phrases. On arrive près d’un arbre assez mastoc, vieux de plusieurs centaines d’années. Le bois est dur, profond, j’le ressens qui respire lentement sans prêter attention aux gêneurs. J’ai des envies d’explosion. J’ai bien fait d’prendre mes grenades. Faut qu’je pense à autre chose.


    « Secret story ça a jamais été mon point fort. Mais parle moi d’toi un peu. Bordel qu’est-ce qui s’est passé pour qu’tu passes d’bonhomme de loi à ennemi public numéro uno ? T’as laissé ton surmoi prendre l’pas sur le reste ? »



    En même temps j’distingue des p’tits champis appétissants au coin de l’arbre, en mode Indiana sous les tropiques. J’lève les yeux au ciel en direction de Papy Baobab. Tu m’avais caché ça mon salaud !
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    J’regarde le maudit. On est des vrais hommes, y a des trucs qui passent dans les yeux, dans l’ton. Pas besoin d’mots plus que ça. L’minimum. Parfois moins. L’minimum, ce s’rait qu’j’y dise qu’il est complètement timbré. Qu’une pétoire c’est pas un Simon. Quoi qu’y ait d’dans. Qu’Marisa c’est pas un flingue. Qu’elle est dans sa tête, qu’le truc à sa hanche y sert juste à lui créer des angoisses. Putain où est-ce que j’ai mis mon flingue. Ce genre de questions connes qui peuvent s’poser quand tu t’réveilles trop vite et qu’t’oublies tes affaires. Mais bon. J’y dis pas. A quoi ça servirait ? Est-ce que c’est comme ça qu’on accueille un pote ? J’y dis pas. Jsais pas c’que j’lui dis. Ca a l’air d’lui aller.

    Alors on enchaîne. Dans l’marais glauque d’nos atermoiements respectifs. A lui. A l’arbre. A moi. Trois bites dressées au vent mauvais d’la jungle effarouchée. Là un macaque. Là un piaf. Là un insecte. Tous s’font la malle et reste plus qu’nous sur les racines louches du séquoia. Ca parle d’moi. J’aime.

    D’habitude. Là j’ai perdu mon lyrisme. R’voir ce gars qu’ça fait d’puis mon entrée au régiment que j’l’ai pas vu, ça m’rend… Jsais pas. C’est une autre époque. Des rêves, ça fait quarante ans qu’j’en ai plus, c’est pas ça qu’ça m’rappelle. Mais c’était moins gris en 1602. 3 ? Merde, jsais plus bien. Ouais. Moins gris. Me marrais bien avec eux deux. M’suis bien marré ? Concordance des temps à la con.

    Y a pas qu’la couleur qu’a changé. Y a pas qu’le chang’ment d’couleur qui m’rend chose. J’roule un clope pendant qu’y remplit son sac à champis. Moisson pour le doc ?

    T’as pas suivi l’actu ?

    1615. V’là c’qu’y a eu.

    1615. Un vice-amiral se fait dessouder par un colonel pendant une crémation. Te dit rien ? Calm Belt.

    Comme un spectre qui réapparaît. Un spectre blond-gris, avec des yeux pareils et un tatouage sous l’gauche. Un corbeau aussi, toujours un corbeau. Et une poulie. Et une autre blonde qu’était lieutenant-colonel et qui maintenant doit croupir dans un coin infâme pour ma bonne gueule. C’est la cour des miracles, jrevois la scène comme si j’y étais. Sentomaru qui préside, la vierge d’acier à côté, pis les autres. Pis elle sur son bûcher qui s’fait rincer par la flotte alors que la résine s’enflamme. Merde. Manque que la sale odeur pour que j’m’y croie tellement c’est précis. Alors que j’y suis pas. Vu qu’jsuis là. Et qu’Rimbau aussi. Et qu’lui y était pas. C’est lui l’intrus dans la scène.

    Lui l’morceau d’réalité. Pas Jenv.

    Chacun sa Marisa.

    Que jsuppose à mi-voix. Pis j’laisse tomber mon cul par terre. Là. Jgratte le phoshpore, frchtt. En fond sonore Jack gueule un truc à deux lieues d’ici. A l’air d’prendre cher. L’tabac prend. La fumée monte. J’la r’garde puis j’lui tords le cou du poignet comme pour m’venger. Ennemi public numéro uno, jsais pas bien comment. Jsais pas bien pourquoi. Pourquoi y a deux ans c’est r’monté. C’t’envie d’détruire, d’casser, d’faire soudain la peau au système qui l’a butée. Elle comme toutes les autres. Comme Marisa tiens, sûrement. Soudain alors que j’aurais pu m’y att’ler plus tôt. J’cherche pourquoi jusqu’à la fin du tison, mais j’trouve pas, alors j’dis que jsais pas. Etre honnête, ent’ bonnes gens on s’en fout.

    Le reste, jsais pas. Ca s’est enchaîné.

    J’hésite un peu à causer d’la Dame. D’la sainte trinité qui m’accompagne partout : la faux, la pièce, l’ambrée. Faiseuses de mort, de fortune, et d’oubli. Pis j’me dis qu’si moi j’ai failli lui dire qu’il était timbré pour ses pistols, lui hésiterait pas. Manière d’compenser les deux, trois ans qu’on a d’écart. Moi l’aîné, lui le jeune qu’avait sa place à asseoir à mes côtés quand on traînait ensemble. Et j’ai pas envie qu’on m’dise que jsuis timbré. Pas là. Pas maint’nant. Maint’nant jveux du silence. Du silence tant qu’les spectres nous tournent autour. Alors j’motus, et j’le mate gratter l’écorce avec la conscience du mec qui veut pas en perdre une miette pour mieux se mettre misérable.

    Jusqu’à c’que ce soit bon. Qu’y ait plus qu’nous deux à nouveau. Nous trois avec l’arbre. Et qu’elle soit r’partie. Ailleurs. Là où jsuis pas. Où jserai plus tard.

    Tu branles quoi, là ?


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    Alors que j’pensais être le seul à être perdu dans ses foutues pensées, j’me rends compte qu’mon pote en a pris pas mal sur la couenne aussi. Les silences pleins d’sens et d’souvenirs c’est pas vraiment son style. Lui c’est plutôt l’panache et la grandiloquence. Enfin de c’que j’me souviens et de c’que j’ai vu depuis que j’l’ai revu.

    Putain il a dézingué un vice-amiral ? Mastoc le garçon. J’me souviens qu’à l’époque déjà j’enviais son côté chien fou, son absence totale de contraintes, sa pure liberté. J’vous voie déjà en train d’faire l’amalgame avec l’image du grand frère, patati. Pas du tout, mais j’me disais juste que dans une autre vie j’aurais aimé être un peu comme Tahar. J’pense que j’lui dirai jamais, j’ai bien grandi, j’suis plus un sale gosse qui fermait sa gueule en gémissant sous l’effet de migraines bien vicieuses.

    Bref il avait déboîté un haut gradé. Joli cv l’animal. Quoi qu’moi j’me dis qu’avec mon putain d’couz qu’est amiral, j’ai du pain sur la planche. Une bonne droite dans sa vieille gueule de fiston parfait lui ferait sans doute le plus grand bien. Sacré Kino.

    Donc Tahar réfléchit, parle à mi-voix. J’pourrais aisément m’foutre de sa gueule, lui dire qu’y’a que les tarlouzes qui pleurnichent en silence. Mais quand j’me vois tous les jours avec Marisa, ben j’en mène pas large. Je crois qu’dans le langage commun ça veut dire que j’le comprends. J’ai du mal avec ça désolé.
    Mais j’ai cru l’entendre parler d’une gonzesse. P’tet bien qu’mon histoire de peu d’mots lui a fait ressortir les siens. De maux. Son passé me regarde pas, j’sais même pas si j’ai envie qu’y m’le raconte. Ça le rendrait humain. Et dans mes souvenirs Tahy c’est pas un humain c’est un futur grand. Un mec que rien peut atteindre, qui chiale jamais même si ses parents se font buter alors qu’il est bébé et qu’lui s’en sort miraculeusement avec une cicatrice et des lunettes aussi rondes qu’mon trou du cul.

    J’ramasse les champignons. J’reconnais cette odeur et c’modèle. Y ressemble à quelque chose que j’ai déjà vu y’a quelques temps, quand je voulais oublier un peu la vie sans m’bourrer la gueule à foison. Si c’est bien c’que j’pense, le mode emploi est plutôt cocasse. Derrière moi, aucun bruit à part la végétation qui reprend ses droits dès qu’on les lui rend. Y fait bon. J’suis triste mais j’me sens bien. Et pas question qu’le Bloody Mary en face d’moi fasse la gueule pendant l’reste d’la journée. Y m’racontera c’qui veut en temps et en heure. On a le temps il est même pas six heures.

    Le voilà qui m’harangue d’ailleurs. Héhé on va s’prendre un peu d’bon temps, j’espère qu’y va pas faire son échappé.


    « J’connais c’type de champi. C’est pas tout à fait les mêmes qu’sur les Blues mais l’effet est sympa. En gros le premier quart d’heure, on va en chier en mode cauchemar éveillé. Et derrière... j’te laisse la surprise. »



    J’lui en tends un. La méthode est simple, chauffer le dessous de la coupelle naturelle jusqu’à ce qu’un liquide chaud suinte d’dessus. Derrière, cul sec. Cocasse j’avais dit hein.


    « À moins qu’tu trouves ça trop dangereux pour ta p’tite gueule d’amour. »



    J’lui sourie sans réfléchir. Pas un large truc type méchant dans un film d’homme chauve-souris, mais un léger rictus qui veut tout dire.
    J’fais chauffer mon dû. Le liquide s’entasse lentement sur mon gobelet improvisé. Et j’m’abreuve, d’un coup d’un seul.

    J’ai même pas l’temps de voir si on m’a suivi dans ma démarche que ça part. Ouch, rapide celui-là, c’est pas pour les fillettes. La végétation se courbe sous mes yeux gris, mes pupilles se dilatent rapidos. J’me prépare à en chier un max. À tous les coups des copains imaginaires vont venir m’faire chier avec des gueules immondes. Mon esprit sait plus trop quoi inven...


    « Oh. »


    Ça sort tout seul. D’habitude le premier bad trip est juste dégueulasse. Mais là, en face d’moi, à une dizaine d’mètres, j’vois Marisa qui m’fait coucou. Cousu de fil blanc ? J’m’y attendais pas. J’la vois comme elle aurait été avant que j’la quitte. D’ailleurs d’un coup mes mains paraissent moins usées, mes cernes disparaissent, j’suis revenu à l’époque où tout allait bien. C’est quoi c’bordel ?
    Tahar doit être dans l’coin mais j’le vois plus vraiment. J’avance, comme un automate, vers ma promise déchue. Elle me fait signe d’la suivre, comme au bon vieux temps. J’retrouve mes instincts d’mouton, j’m’exécute. De plus en plus rapidement. Sans faire gaffe à celui qui doit sans doute être encore derrière moi.

    Où est-ce qu’elle m’emmène ? Rien à foutre, même si c’est juste pour une heure j’savoure ce moment délicieux qu’la vie, dans sa crasse habituelle, a daigné m’consentir.
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    J’regarde la bête, la bête me r’garde. R’gard insondable comme peut l’être celui d’un champi qui n’a pas d’œil. Et qui peut pas mirer. Deux étincelles et Rimbau est déjà parti, avec l’atmosphère un peu pesante d’avant. Encore deux craquements d’branches et trois cris d’koalas, et l’voilà à oilpé loin loin d’moi dans la forêt et dans son cerveau. Et moi j’regarde toujours le pied sale de la plante qu’en est pas vraiment une, si m'souviens bien des bouquins d’herboristerie vaguement lus quand je cherchais à être un officier un peu moins con qu’les autres. Non, ça a pas bien marché.

    Mais j’ai beau pas être beaucoup moins con qu’les autres malgré ces heures et ces heures de lecture dissolue, suis pas pour autant complèt’ment demeuré. Et si j’ai toujours pas bien réussi à faire apparaître le cours complet des évènements d’c’te fameuse nuit où j’ai dépassé les limites de ma déraison avec Jenv, c’tait y a quand même suffisamment peu longtemps encore pour que me dise que ptet la meilleure manière de voir plus loin que le cul d’la jungle devant et d’espérer un jour fouler du pied gauche la vermine Marie-joyeuse tout en introduisant le droit dans l’Shin Sekai, c’est pas d’se faire péter le neurone à la moindre occasion.

    Après, la question, c’est d’savoir si, là, présent’ment, on est dans le bas d’gamme de l’occasion ou si déjà on est un peu plus en haut du panier. Après tout c’est pas tous les jours qu’on revoit un type de son passé. Jveux dire, j’ai mine de rien vécu plus d’années après l’avoir rencontré que j’en avais vécu avant, à l’époque. Pas banal, hein ? Ca t’est arrivé souvent, à toi, ça ?

    Non c’est pas à toi lecteur que je parle, c’est au champi dans ma paume. Et là tu te dis, toi lecteur, prends des notes un peu, que c’est déjà bien mal barré si je commence à causer à un con de bolet, et t’auras bien raison… Un dernier coup d’globe circulatoire sans réussir à repérer le Layr dans les tas d’arbres touffus qu’il abat les uns après les autres, et quand je remate ma paume, bien y a plus que ma paume. Fini le fils de sporeux, moi aussi l’ai fondu, bu et sans doute becqueté derrière pour faire bonne mesure et pas laisser de trace, pensons à notre environnement.

    Peuh.

    J’ai l’départ modeste, personnellement, alors d’abord ça m’fait rien. On va mettre ça sur le dos de c’que, essaie d’cocaïner un psychotique, tu verras pas forcément beaucoup d’différence dans ses excentricités par rapport à d’habitude. Certes, ptet il va buter plus de monde et plus rapid’ment, mais entre deux égorgés avec les dents et trois pendus sans les pieds, bon, la nuance est pas flagrante pour le péquin moyen, tu reconnaîtras. Alors voilà, montée en douceur. Jdis montée…

    I have a bad feeling about this…

    Moi, jsuis polyglotte, le changement de langue je m’en rends pas compte. Mais le castor à côté, lui, a l’air de tirer salement la gueu… Un castor ? Depuis quand t’es là, bonhomme ? Y m’répond seulement après avoir transmuté en une chose que je reconnais pas bien tout de suite mais qui dès qu’il se met à causer me revient aux oreilles avec la douceur d’un cyclone. Je sens la suée qui commence à grimper. D’abord le ventre, ensuite le torse, et enfin le front.

    Ohé, je suis le nain ! Oui je suis le nain ! Oui le nain, je suis le nain ! Le nain, le nain le nain ! Le nain c’est moi le nain ! Le nain ! Le nain ! Le nain le nain !

    Quand j’disais que montée c’était probablement un poil excessif… En chier en mode cauchemar éveillé, hein ? Rimbauuuuuuuuuu ! R’viens donc ici, jdois t’arracher l’cuir pour t’le tanner au gravier !! Mais de Rimbau, point, et de réponse encore moins, alors suivi par un gusse difforme et malgré tout aussi rapide avec ses jambes de dix pouces que moi avec les miennes qu’en font bien quatre fois plus je m’enfonce dans la jungle, dans la terrible jungle encore et toujours elle. Avec la chaleur et la touffeur qui montent de concert comme si c’était rigolo pour elles de me voir nager en toute littéralité dans mes fringues, avec la voix aigre de ce con de semi-homme en arrière-plan qui je pense va finir dans une tourbière la tête en bas, ça s’annonce prometteur.

    Hop, hop, de sauts en sauts comme une carpe de la terre ferme, je suis un à un les arbres couchés dont les troncs sectionnés pissent la sève en de magnifiques arcs-en-ciel auxquels j’abreuve les cheveux fous de ma désormais totale inconscience. J’ignore ce que disent les éclairs tonitruants qui viennent de la zone là-bas et les cris du porc qui se fait égorger là-bas aussi mais sans doute plus loin, mais ça n’est sûrement pas une invitation à approcher. Et pourtant…


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    Depuis une bonne dizaine d’minutes j’ai perdu mon côté écologiste dans l’âme. C’est pas qu’en temps normal j’sois vraiment à l’écoute d’nos amies les plantes, mais j’trouve que la Nature, au moins, elle réfléchit pas comme nous donc elle ment pas comme nous. J’devrais savoir que c’que je vis c’est pas vraiment réel. Suffit de voir que ma Marisa court pas mais flotte devant moi comme un esprit du dimanche. Mais en c’moment même, c’est comme dans un rêve, tout est logique. Et pas d’inception à l’horizon pour m’sortir d’là, j’vais devoir aller au niveau -4 tout seul comme un grand.

    Bref sur mon chemin je défonce un peu tout c’que j’peux. En temps normal j’ai rien pour faire ça mais sur le bateau j’ai gentiment pris une hachette à un dénommé Noah qui avait l’air de s’en foutre. Ou peut être que j’le faisais juste flipper avec ma voix d’ours. En parlant d’ours... on va y revenir très prochainement.

    J’arrive dans une clairière. Marisa est assise sur un gros caillou poli. Que fout un gros caillou aussi bien poli en plein milieu de nulle part? J’ai du mal à le rester pour le coup. Poli j’veux dire.
    J’regarde bien et sa morphologie semble changer. Elle retrouve le joli ventre qu’elle avait juste avant sa mort. Me dites pas que j’vais avoir droit à une séquence souvenir en accéléré. Elle me parle, avec une de ces voix empreinte d’autorité que j’rêvais d’entendre à nouveau.


    « Tu m’as laissé mourir Layr. »



    On tombe dans le n’importe quoi. Chercher la culpabilité alors que j’trouve pas la rédemption depuis dix-sept piges, c’est pas très fun. Pourtant, j’sens mes cordes vocales vibrer et lui sortir une réponse sortie tout droit d’un mauvais film français. D’un film français en somme.


    « Tu n’as même pas sauvé notre bébé. Tu t’es enfuis en pensant uniquement à toi. »


    Des dialogues avec Marisa j’en ai eu des tonnes depuis sa disparition. Faut dire qu’la bibine m’a arrangé quelques rendez-vous nocturnes sans couvre-feu. Mais de là à m’faire engueuler sur des trucs si graves, j’suis pas d’accord. Pourtant j’continue à lui minauder des


    "C’est faux. Vous êtes partis tous les deux, toi et l’bébé."


    ou d’autres trucs dans l’même style. J’me fais presque pitié, mais en même temps j’ressens un besoin maladif d’la serrer dans mes bras.
    Alors j’m’approche doucement d’elle, mes yeux rougissent pour la première fois depuis longtemps. Elle est toute proche, je sens déjà son odeur suave emplir mes narines.
    Quand j’arrive à moins d’deux mètres d’elle, j’suis tout étonné. Elle ne sourit pas. Mais elle commence à saigner. De la bouche, du nez, des yeux, de partout. Elle s’tient le ventre et arrête pas de crier qu’son bébé doit être sauvé. J’veux la toucher mais mes mains n’peuvent palper qu’un liquide rougeâtre qui m’ramène là où j’en étais en 1606. J’hurle. Fort. À m’en péter les cordes vocales. Un vrai cri de Wilhelm.

    J’avais vraiment pas bien lu la notice mais en tout cas sur moi l’cauchemar commence après les quinze premières minutes. C’est con. Ma belle semble fondre, j’ferme les yeux pour oublier cette réalité parallèle. Dans ma tête j’entends mon fils brailler sans s’arrêter.
    Oui mon bonhomme, papa le sait qu’il a merdé.

    Quand j’entrouvre à nouveau mes paupières, tout me parait plus normal. J’vois quasi droit, y’a plus de flaque au sol et j’suis de nouveau tout seul. Le seul problème c’est qu’des larmes salées dévalent les cols brumeux qu’sont mes joues d’homme fort. À ma droite, j’entends du bruit dans les fourrés. Tahar ? Une seconde après j’ai la réponse. J’sais pas s’il a sacrément pris du poil mais y’a trois gros ours qui s’pointent. Gros genre deux fois plus haut qu’le dernier mec que j’ai poutré au bras d’fer. Y z'ont même des cornes les loustics. J'suis pas encore guéri apparemment. C’est la tuile. Mes flingues vont chauffer. Les bêtes m’laissent un répit. J’recule de quelques pas pour m’préparer au choc. Dans l’fond j’me fais pas tant d’souci parce que j’sais que j’peux pas mourir. J’ai pas l’droit. Ouais c’est redondant mais en même temps c’est un présent d’vérité générale j’peux pas l’contrarier.

    Derrière moi, marchant sur mes traces, un Tahy visiblement agacé est sur l’point d’se pointer. J’oublie totalement qu’les trois monstres peuvent rien lui faire et j’laisse mes stupides instincts reprendre le dessus. C’est inutile mais pour le coup j’me dis que s’il arrive la bouche en cœur et la gueule en cul y risque d’lui arriver des pépins. Et là j’veux vraiment pas qu’on me l’abime mon pote. Alors j’sors Marisa et j’plombe. Le premier s’le prend au bon endroit, le cou. J’sais pas s’il est clamsé mais il tombe.
    Les autres s’jettent aussitôt sur moi. J’dégoupille une grenade, la mine furieuse d’ceux qu’y faut pas non plus faire chier longtemps. Semper fi, j’vous survivrai les copains.
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    Quand la zone avec les éclairs se pointe, docile, sous mes petits petons de mec qui jusque-là trottait mine de rien assez gaiement (mais pas gayment, en toute graveleuseté) dans les vastes fourrés velus de la jungle où un lion va mourir ce soir, j’ai une surprise qui m’arrête.

    Bien fait.

    La surprise, c’est la tête du nain qui me suivait et qui va plus pouvoir me suivre longtemps, qui vient de se faire transformer en fleur par un truc façon balle de bowling avec fusée éclairante et tout le toutim. Y a un gong qui résonne au loin quand la sphère à face humaine valdingue dans les plantes grasses dix mètres plus loin et des vivats comme si une foule de grillons nous matait. Jdis nous, parce que non seulement y a en face de moi la créature qui vient de me péter le copain à parole avec son lance-boules qui fume à la ceinture, mais en plus parce que y a à côté de moi une bête à double-corne qui fait deux fois mon poids et trois fois ma taille, ou l’inverse, et qui

    GROARRR

    Et qui fait groarrr avec trois r pour faire plus méchant. Elle a des chicots longs comme une banane et des doigts à faire pâlir les orientaux les plus cruels et raffinés d’extrême-East-Blue, c’est pour dire. Ni une ni deux, je décide de faire copain-copain avec lui et de sauter sur le cowboy qui m’a buté mon gênant camarade, c’était à moi de faire ça tu comprends.

    Tu comprends ?

    C’est ce que je lui dis alors qu’il, le gunslinger, va pour saisir son second pétard, probablement chargé du même machin à transformer les têtes en fleurs ou littéralement décorner les bœufs. Mais comme j’ai les réflexes d’un malade sous psychotropes grâce aux substances qu’attention il ne faut pas prendre chez vous les enfants, j’arrive à y choper la tignasse, qu’il a fournie, avant tout geste menaçant de sa part et me la joue moi Taharzan et toi Jane les soirs de pleine lune, soit, dans la langue des semi-hommes : "tu vas prendre baby, laisse-moi te faire du mal oh oui tu vas prendre".

    De son côté le plantigrade en voie de cocufiage avancé se pose sur le cul, comme moi tout à l’heure oui, mais sans la clope au bec, et regarde ces deux curieux individus qui lui pourrissent sa récolte de miel en déboisant à tout va sans pitié pour les abeilles. Il a l’air indécis des obèses à qui la vie n’a laissé d’autre choix que de devenir hypertrophié de la gentillesse pour rester sociaux et qui ne savent plus devenir méchants quand la situation l’exigerait pourtant. Au hasard et par exemple, quand le petit nerveux de la classe le pousse au derche en le traitant de ptit gros ou quand le même sale petit enculé dénerve tout le monde en saccageant le lieu de travail, aucun respect pour les fournitures.

    Bref, je fous sur la gueule de Rimbau en croyant faire ma bonne action de l’année, et nous avons un public et une bande sonore de qualité. Le public c’est Winnie ; la bande sonore c’est celle de nos ébats, plus virils que des autofilages de mandale dans la tronche par des sourds-muets qui n’ont que ça pour se faire comprendre les uns des autres. Plus virils encore car, nous, nous ne pouvons même pas espérer nous comprendre en usant de ce moyen de communication si rudimentaire. Divergence d’opinions mais aussi de dimension cérébrale. Alors que moi je chatouille encore les anges, lui est déjà retombé, ou l’inverse, ou encore si ça se trouve nous gamahuchons tous les deux des anges mais pas du même royaume fantastique, alors bon, aucun espoir.

    Juste des pains et des beignets qui tombent du plateau-repas et des gouttes de sueur et de sang qui volent, sans toujours faire mal parce que voilà je suis intouchable et je dis pas ça parce que j’ai la gale mais plutôt parce que suis du genre à avoir le bras long si tu vois c’que je veux dire. Non, tu vois pas ? Ben regarde. Tu vois, là. Sbalouf. Sbam, c’est le bruit de la crosse à Rimbau qui me cogne dans la mâchoire et, plouf, c’est le bruit de ladite mâchoire qui explose sans faire mal et qui va arroser le museau de Winnie qui commence à montrer les crocs, rappelé à ses instincts de gros défonceur pas subtil par la délicate odeur ferreuse dégagée par mes glaires.

    GROARRR

    S’énerve-t-il alors que le spectacle le lasse définitivement. Toujours avec trois r, mais cette fois ça veut dire qu’il va se lever pour nous dépecer. Et la bande son formidable, c’était aussi le tonnerre qui se rapproche et le sale temps annoncé dans notre zone par les mouches qui pètent. Un déluge localisé, youpitagueuleonmelafaitpasàmoihinhinhinjesensqu’ilvafairebeau.


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    Dernière édition par Tahar Tahgel le Jeu 13 Sep - 21:27, édité 1 fois
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    J’suis un vrai gladiateur. Ou plutôt un génie. Comment on pourrait combiner ça ? Gladianie, génidateur, géniteur... Oh putain recommencez pas à m’faire chier avec mon hypothétique bambin mort-né qui m’fout assez la morve au nez comme ça. Va pour gladiateur. J’ai quand même réussi à faire bouffer au deuxième teddy bear ma grenadine Suzanne, première du nom. Bon y’a quelques morceaux par-ci, par-là qui enlaidissent un peu l’décor mais rien d’bien méchant, j’me croirais revenu à la kermesse du collège, quand Marty avait joué à la pêche au canard avec mon bâtonnet d’dynamite. Nostalgie quand tu nous tiens.


    Je sais pas vraiment pourquoi, j’ai même pas pu y réfléchir plus tard parce que j’me souvenais de pas grand chose, mais c’te satanée substance héroïnée a des hauts et des bas. Bon c’est vrai qu’j’ai toujours été un mec assez sinusoïdal mais bon les rêveries du promeneur solitaire jouent maintenant au tennis avec des confessions trop réalistes. Et ma conscience est en plein milieu. Autant dire que quand j’arrête de planer et qu’je m’dis que tout est fini, ben ça repart de plus belle. Ça m’a jamais fait ça avant. Grand Line quand tu nous tiens.

    Alors avant qu’le troisième danger potentiel m’fonce dessus pour venger son p’tit copain, y’a un quatrième loustic qui débarque. Tahar m’saute dessus. Attends deux secondes, en un coup et une nouvelle dilatation des pupilles j’vois mon nouveau capitaine qui s’transforme en une espèce de gonzesse en tutu blanc, avec des joues d’la taille d’un double Royal with cheese comme y disent inter-manche. Quelle force ! Elle m’plaque au sol sans qu’j’ai l’temps d’lui dire un « Vous vous sentez bien madame ? ». Et commence à m’cogner. Sans ménagement. Alors ma Marisa fait pas un pli et décalque les balloches faciales d’la rivale qui m’chevauche furieusement. La mâchoire se barre, puis revient du néant. À chaque réapparition, elle m’sort une rengaine intimiste en chantonnant. Tahy quand tu nous tiens.


    « In Heaven, everything is fine ! »



    Au fur et à mesure que j’prends des saucées, j’essaye d’en donner autant. J’suis pas égoïste, j’garde pas tout pour moi héhé. « In Heaven everything is... » ta gueuuule ! Elle m’fatigue avec sa voix d’radiateur tout droit sortie d’une micro scène de théâtre.
    En parlant de saucée, y’en a une grosse qui pointe le bout d’sa couenne juste à côté d’nos gueules. Microclimat d’mes deux. La brave bête qu’avait visiblement fait l’arbitre jusque là s’remet dans l’bain et nous charge. La pluie s’abat sur nous aussi sec. J’crois même ouïr un orage mignon tout plein dans les parages. Les gouttes ont l’air étrangement...salées. Et d’un coup d’un seul, p’tet juste parce que la donzelle a fait quelque chose, j’arrive à la toucher par intermittence. J’me dégage par réflexe et j’esquive la montagne qui a décidé d’danser la carioca. Mes deux guns s’exclament, j’mitraille tandis qu’on bondit sur moi.


    FROTCH


    C’est pas l’bruit d’un ourson comme annoncé précédemment, mais c’est l’son harmonieux d’une rangée d’griffes qui déchire la chair moelleuse d’un buste hirsute. La bête m’a offert son baroud d’honneur. J’me dégage tant bien qu’mal. Mal en ce moment oui j’ai. Ça pulse sur mon torse. En face d’moi, la conchita aux grosses joues sourit atrocement. Berk, on est loin d’la Marylin. Plus proche d’un Manson bien remonté, ou défoncé. Faut qu’je déguerpisse, le temps qu’ça s’tasse, que j’ai les idées claires, que j’retrouve mon vieux pote qu’était dans l’coin y’a pas cinq minutes. Ma main gauche m’lance dangereusement, j’ai du être touché un tantinet par Suzanne. Trempé, blessé, déchiré, j’repars dans l’enfer d’la jungle. Les éclairs apocalyptiques alliées à mes sens bien altérés, j’ai l’impression d’traverser l’purgatoire en tentant d’échapper à mon jugement dernier. Je sais pas si on m’suit mais j’me retourne certainement pas pour vérifier. La sueur perle près d’mes tempes et dégouline l’long d’mon corps désormais crasseux. Peut rien m’arriver d’pire ici, j’ai plus qu’à courir, encore et encore. J’ai...

    J’sors les aérofreins d’urgence. Mazette, devant moi, près d’une haute colline, un espèce de lion-buffle-renard-serpent-tigre haut comme six fois l’dernier mec que j’ai poutré au bras d’fer (comique de répétition quand tu nous tiens) m’regarde d’un air contrit. L’a des espèces de masta cornes dorées. À tous les coups y va m’sortir un rugissement pas possible...


    « Pourquoi alimentes-tu le chaos étranger ? »


    Damned, j’fais une rechute. Y vient d’me causer l’animal. J’me fais peur, s’y m’attrape j’suis cuit à la broche au diner. J’lui réponds pas, j’me contente d’crier d’une voix rauque encore une fois. On s’demande qui est l’plus humain des deux. Sans perdre une seconde j’dégoupille Monica (première du nom aussi) puis j’lui lance à la gueule. Alors qu’elle approche d’lui j’tire avec Simon dedans. Elle pète. Taïaut maintenant, j’veux voir ma moman. J’en ai marre d’ce pays d’merde. J’me demande furtivement si l’grondement qu’j’entends derrière moi c’est l’tonnerre ou l’galop du Franky à qui j’viens d’offrir un cadeau en mode schtroumpf farceur.
    Attends mais si j’reviens sur mes pas j’vais retomber sur la nana donuts. Là voilà cette garce ! Hé, pourquoi elle ressemble à Tahar ? Tahar en tutu, ça m’fout presque le Gerbillon.
    La folle ou l’immeuble ambulant alors ? Ah dilemme quand tu nous tiens.
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    Faire beau, c’est pas ici. Faire mpressionnant, pourquoi pas. Alors que me remets de cette averse d’eau salée qui m’a court-circuité un peu la fibre sanguinolente et empêché de faire du pâté de poète, voire, carrément, qui m’a fait lui permettre de se barrer vers de plus droits horizons, ça tonne comme dans un théâtre quand on fait un bruitage pour annoncer les gens rigolos, et il apparaît, le il, le mâle du coin, avec ses couilles comme le fameux sac de Santaman le héros des temps modernes. Et il les met sur la table, c’est-à-dire comme y a pas de table, sur la gueule à Rimbau qui est revenu aussi sec devant lui comme s’il se faisait courser, il les met sur sa gueule pour nous montrer qu’on a beau pas être des rigolos, on l’est plus que lui. Moi, bon, j’ai toujours su que j’avais un sens de l’humour. Alors ça me choque pas. Mais mon poto lui a l’air de perdre ses illusions vitesse grand V.

    T’inquiète mec, admire comme on fait les choses chez nous.

    Que j’aurais dit si j’avais récup toute ma salive, mais après un champi corrosif ça donne un truc que l’encorné à pas l’air de bien saisir, alors je répète en détachant bien les syllabes pour que le signal passe. Le signal, c’est le cœur du message, hein, C’est pas comme si j’avais un piège dans ma poche pour les lion-buffle-renard-serpent-tigre de douze prostiputes mineures de haut. Mais, du coup, le fauve susceptible, il croit que je me fous de sa gueule d’amour en le prenant pour un esprit lent, et m’interrompt en rugissant les entrailles du gnou bouffé au midi. Gnou pas frais sûrement.

    « Il suffit, humain. »

    Moi au début je comprends pas bien. Forcément jsuis encore un peu dans le pâté. De poète. Ca a au moins eu le mérite de plus me faire penser à Jenv, tiens, que je pense en redescendant les cent dernières marches du bad trip tout compte fait pas trop bad. Arf, trop tard…

    « Hey, Tahy ! Le monsieur te cause je crois… Et, tu peux lui dire au passage que s’il peut trouver un autre porte-bagages ça m’arrange ? »

    Hein ? Ah, oui, pardon. Mes excuses, très cher, mais les humains c’est les autres, pas moi. Alors forcément si tu m’appelles comme ça moi ça me laisse froid. La confusion est compréhensible, hein, mais je me fais pas encore bien fait à la ressembl… Tu t’en fous, hein, Simba ?

    « Partez, étrangers, laissez nos terres vierges et partez répandre le bruit de vos méfaits ailleurs. »

    Tu sais que quand tu causes on dirait que tu me réponds pas et que tu récites tes lignes, dis ?

    « Partez !! »

    Et vas-y que je me fous sur les pattes arrières, et vas-y que je te rugis encore un p’tit coup c’est agréable, jusqu’au camp sur la côte qu’ils vont entendre ça, et vas-y que je te gratte le sol en déracinant trois arbres avec les griffes au passage… Démo plus basique de la virilité qui donne des poils sur le torse, d’où la crinière, tu meurs. Je ricane en voyant que nous on est pas morts, et je remarque que pendant l’opération Rimbau a perdu son couvre-chef et récupéré sa fierté. Je ricane et je lui fais une petite démo à mon tour, version Red tiger dans le ciel, tu sais, la forme avec les petites arabesques qui bougent en suivant les flux de l’air et qui n’ont absolument aucun potentiel offensif. Juste, ça donne un putain de boost de classe et ça muselle les méchants qui ne le sont pas.

    Safari [1624] Blood_Splatter_Dual_Monitor_by_koka101

    And who is the lion, now ?

    Sorté-je, toujours en mode bilingue, sursaut de substance bizarre dans les veines oblige sans doute, pour mettre fin à l’entrevue de ma belle voix d’outre-tombe. Probablement pas lui, puisqu’il se tire après un haussement d’épaules de mec qui veut pas s’avouer vaincu mais qui l’est sans même avoir tapé Cosette. Peut-être moi, puisque je reste.

    Voilà, on fait comme ça. M’a filé les crocs ton petit machin, là, jpropose qu’on r’tourne se désinfecter.

    Les crocs, haha. Pis il est amoché le bougre, mine de rien. Pourrais l’soigner je pense, mais risquerais de le vider d’son sang au passage alors… Mh. En nous paumant, c’était fatal, sur le chemin du retour, se pointe en aparté une clairière avec trois singes dedans. Un singe con et méchant qui regarde les deux autres en se mettant les mains autour des yeux pour mieux voir, un singe juste méchant qui se fait taper dessus en se mettant la main en cornet à l’oreille pour mieux entendre les leçons qu’il reçoit, et un singe roux. Qui tape sur le singe juste méchant avec une main collée sur la baveuse pour brailler plus fort et mieux faire passer son message. Papa singe ? C’est la journée des blagues… Je vais pour m’introduire aux simiens quand Rimbau me retient par la manche.


    Safari [1624] 661875SignTahar
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    J’sais pas si c’est l’petit ton amusé d’mon collègue qui m’emmerde ou juste mon orgueil qui m’titille, mais sa pseudo démonstration d’force m’remue l’ego douloureusement. J’dis mon collègue parce qu’y l’est revenu, la folle de tout à l’heure s’est barrée. Enfin j’crois.

    Bref on s’éloigne tous les deux, lui toujours d’attaque dans son costume d’dandy mal rasé, moi toujours patraque avec ma gueule en sang et l’souffle court. On va rentrer tranquillement au bateau et attendre sagement qu’l’effet cesse. À mes côtés s’passe un truc même plus bizarre, l’brave Tahy se warp toutes les deux secondes pour s’transformer en aut’ chose. La meuf aux bajoues, un mec tout d’blanc vêtu qui m’demande où est Bouba d’une voix d’attardé, un autre complètement vicieux avec des binocles qui m’appelle langoureusement monsieur Anderson et l’même s’trimballant avec des oreilles d’la taille d’mes pieds qui m’dit que j’dois détruire l’anneau. J’arrête d’le regarder, la voix ça suffira.

    On arrive près d’une clairière. L’type qui s’appelle Jack j’crois bien s’fout sur la gueule avec un rouquin volubile. Ou plutôt s’fait foutre sur la gueule tellement y ramasse. Mais y semble s’amuser en face, y pourrait l’buter cent fois mais y s’retient. Ça s’voit. J’avais déjà test contre mon cousin la fois où on nous avait proposé un p’tit combat. Le connard s’battait d’une main sans faire gaffe aux roustes qu’je lui envoyais. Ben là c’est presque pareil. Sauf qu’l’armoire à sorbets doit sûrement pas être amiral aujourd’hui.

    Tahar s’avance. J’le chope. Si l’Jack est bien l’mec dont j’me souviens, aller l’aider c’est pas son credo. Et puis j’t’avoue qu’j’ai ni envie d’me battre ni envie d’blablater entre deux brutes qui s’pilonnent pour prouver qu’dame Nature a pas oublié d’les fournir en paire de couilles.


    « C’est pas notre souci. »


    Et puis j’ai sacrément pas envie d’me choper d’nouvelles hallus en présence de deux autres costauds. On reste donc là un p’tit moment, à admirer la rage, la puissance et la connerie en premier plan.


    « T’as pas des pop-corn ? »


    Pas l’temps d’me gratter les bourses qu’on voit d’un coup d’un seul le navigos s’transformer en un joli King Kong King Size. Et merde, me v’là reparti au pays des merveilles. Ma pote Alice a pourtant Layr aussi étonné qu’moi. Ce serait pas un mirage ? Oula, à méditer.
    J’laisse mon ami Joe (vol 2) vaquer à ses occupations brutales pour m’en retourner. Une bonne clope sur l’pont du bateau ou sur la plage, rien d’mieux. Tahar tarde un peu, doit vouloir admirer la tatane d’son second. J’le laisse me rattraper un peu plus loin.


    « Mec, on va dire que c’qui vient d’se passer... »


    J’laisse le temps à mon cerveau d’trouver la formule idéale. Pas faire gonzesse, mais assumer quand même sa connerie à deux.


    « ... c’est entre nous. »


    J’ai pas trouvé mieux, mais en même temps, faut dire qu’pour des retrouvailles on a sacrément fait honneur à notre réputation. Va juste falloir que j’trouve la caisse pour affronter Grand Line. La volonté c’est sympa, mais s’faire arracher l’bide en quatre dès la première île, c’est pas non plus la fête. Et j’ai pas encore d’super promo du magasin pour arrondir les angles. Bah c’qui compte, c’est qu’au tir j’me démerde pas mal. Même si faudrait quand même que j’arrange mes guns, histoire d’les spécialiser. Plus précis pour l’un, plus puissant pour l’autre, j’espère qu’la prochaine destination m’permettra d’me faire plaisir. Et de taxer des sous d’ailleurs. Quoi, après tout, c’est pour l’bien de l’équipage héhé.

    Pendant c’temps, alors qu’notre lieu d’amarrage est proche, je sens mon copain grincheux qui grinche. Visiblement notre escapade va pas lui laisser d’super photos d’vacances en maillot d’bain. Vu qu’je suis délicieux et compréhensif, j’fais tout pour le calmer bien sûr. Et d’un coup d’un seul j’ouvre ma p’tite besace pour lui présenter la quinzaine d’champis qui reste en bon état d’marche.


    « Hey Tahar, on r’met ça ? »
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