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En quête de la passion [Obtention Mero Mero no Mi]

Invité
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Mer 9 Fév 2011 - 17:42

:arrow: Précédemment, dans OPR...

Assurée de ne pas avoir les voleurs de bijoux sur le dos, la jolie Fune se mit en chemin vers la grande place afin de continuer son show. Néanmoins, elle n'avait plus la motivation nécessaire pour jouer de son ryûteki de la meilleure façon possible. Tout était une question de coeur et d'envie quand il s'agissait d'art. Et là, tous ces ingrédients n'y étaient plus vraiment, la faute à quelques mécréants. Peu importe, son sourire revenait peu à peu. Après tout, elle n'avait pas perdu sa journée. Ses yeux verts pétillaient à la vue de la pierre précieuse qu'elle tenait en main. Elle se permit de jouer avec le caillou de ses longs doigts fins, avant de la ranger dans le bonnet de son soutien-gorge. Le soleil à son apogée brûlait le sol, sans que le vent ne puisse rafraîchir le village fait de bois et de pierre. Le cri des oiseaux pélagiques étaient caché par ceux des différents habitants. Il n'y avait pas à dire, c'était une belle journée. Aussi décida-t-elle de finir tous les préparatifs de départ, tout en flânant devant les nombreuses boutiques qu'abritait l'endroit au gré de son envie. Vêtements, nourritures, livres, divertissements, restaurant, tout ou presque y passait. Naturellement, il ne s'agissait là que de lèche-vitrine, dans la mesure où notre amie n'avait pas forcément les moyens de se payer ce dont elle avait envie. Par ailleurs, ce n'était pas le genre de pirate à dévaliser tout une cité, non seulement de par ses principes relativement stricte pour une femme ayant choisit de tourner le dos à la marine et sa toute-puissance, mais aussi parce qu'elle n'avait pas forcément envie d'attirer l'attention, du moins pas encore.

Oscillant la tête de droite à gauche, observant autant les badauds que les magasins et les cieux, son regard émeraude se fixa aussitôt sur une boutique aux accents de bibliothèque. En effet, exposé aux yeux de tous, un parchemin ressemblant à une carte au trésor paraissait appeler la délicieuse Fuyuka aux cheveux de jais. Ce qui attisait inexorablement sa curiosité, c'était l'ancien propriétaire de cette antiquité, ou plutôt l'ancienne. Ainsi, tentée d'en savoir plus, elle ouvrit la porte et pénétra dans une pièce sombre et fraîche, dont l'agencement (et l'ordre, par ailleurs) laissait à désirer. Mais cela ne donnait qu'un cachet plus authentique à l'établissement. Une odeur de cellulose régnait en maître dans la pièce, ni agréable ou désagréable. C'était juste une saveur inédite pour notre pirate en herbe. De tous les côtés, il y avait des livres et autres manuscrits rédigés sur toute sorte de support. Ils étaient rangés dans d'imposantes bibliothèques, au mieux, à terre au pire, accentuant cette impression de souk. Pour autant, il n'y avait qu'une seule chose qui habitait l'esprit de Fune, à savoir cette mystérieuse carte présentée dans la vitrine. Aussi ne s'embêtait-elle pas à regarder ailleurs que vers le comptoir et le vieil homme à lunette assis derrière, le nez sur un épais bouquin. Elle s'en approcha, puis s'adressa à lui d'une voix velouté et aimable, sourire à l'appui.

-'Bonjour. J'aimerai en savoir plus sur le parchemin dans la vitrine, s'il vous plait.'

Elle n'eut aucune réponse de la part du vendeur chauve et ridé, ce qui provoqua en elle un haussement de sourcil. Elle éleva alors le ton, tout en restant sereine et douce.

-'Euh...Monsieur?'

Toujours rien. Elle tapa du plat de la main le comptoir afin d'avoir son attention, sans le moindre résultat. Toute sorte de pensées vinrent alors à l'esprit de la protagoniste au sourire d'ivoire, comme par exemple l'envie de voler l'article. De toute façon, se disait-elle, il ne remarquerait même un incendie dans sa propre boutique. Cela étant, il lui fallait des informations à propos du parchemin et de ce fameux trésor, ce qui remettait en cause la réflexion précédente. Aussi haussa-t-elle sa voix de quelques décibels, avec des propos un peu plus relevés.

-'Oh! Papi! Une cliente!'

Le bonhomme, de petite stature, leva la tête vers la demoiselle, lui dirigeant enfin son attention. Il déposa alors son livre sur le meuble, lui adressant quelques mots d'une voix chancelante et faiblarde.

-'Ah! Veuillez m'excuser. C'est à quel sujet?'

Fune lâcha un soupire avant de lui exposer le but de sa présence, tout en pointant du doigt manucuré l'objet de son désir.

-'Ce parchemin, là...C'était bien celui de Boa Hancock, n'est-ce pas? Il parle de quoi?

L'homme retira ses lunettes, les essuyant avec un repli de sa chemise, avant de les remettre sur le nez. Il s'éclaircissait sa voix rauque, avant de répondre à une question qui lui semblait évidente.

-'C'est marqué dessus, mademoiselle. Oui, c'est bien la carte menant à l'un des nombreux trésors qu'a dissimulé la plus grande amazone de tous les temps. On n'en a jamais retrouvé un seul d'ailleurs, si bien que tout le monde pense à présent qu'elle n'a jamais caché quoi que ce soit, et que ces parchemins sont des faux. Voyons...'

Le vendeur se leva difficilement de son siège, prenant au passage une canne, et tituba jusqu'à la vitrine, dérobant l'objet de sa place. Puis, de la même manière, il vint aux côtés de la demoiselle, posant d'une main tremblante l'article sur le comptoir. Fune, elle suivait attentivement du regard le vieillard, légèrement attristé de l'état de santé d'un homme à qui il ne restait visiblement plus longtemps à vivre. Il se gratta le crâne, dégarni sous le poids des années, avant de reprendre.

-'Aaaaah...Je me souviens...Si ma mémoire est bonne, il était question d'un trésor hors du commun. Rien à voir avec de l'or ou de trucs qui brillent. Mais on raconte que quiconque met la main sur ce trésor devient un surhomme. Ou quelque chose dans le genre. Cela dit...'

Il fit une pause, profitant de cette trêve pour reprendre sa place, visiblement déjà fatigué de la position érectile. Puis, il continua.

-'...comme je vous l'ai déjà dit, personne n'a jamais mis la main sur quoi que ce soit. Et puis, il est également dit que ce trésor est maudit et que qu'il peut amener la déchéance de celui qui le découvre s'il est trop faible. C'est une question de volonté et de force, en somme.'. Il rigola, manquant de s'étouffer par la suite, puis toussota, avant de reprendre. 'Ça vous intéresse? Vous pensez être à la hauteur? Sincèrement? Une jolie femme comme vous devrait y réfléchir avant de vous lancer. Ça peut être périlleux...Beaucoup sont revenus la queue entre les jambes, vous savez.'
-'Merci de votre sollicitude. J'en prend note...', reprit-elle, souriant de ses belles dents. 'Je peux vous l'emprunter?'
-'Oh, faîtes comme vous voulez. C'est invendable de toute façon.'

Fune enroulait sur lui-même le morceau de papier en piteux état, avant de l'arranger au niveau de la ceinture. Elle s'inclina alors légèrement afin de remercier le vieil homme, puis s'apprêta à sortir de l'établissement, lorsque ce dernier lui adressa quelques mots à son encontre, visiblement peu crédule quant à l'entreprise que s'est fixé notre amie.

-'L'île en question est à quelques miles au sud d'ici. Vous ne devriez pas avoir trop de mal à y arriver en une demi-journée. Mais n'oubliez pas de repasser ici pour me redonner cette carte. Il y aura probablement d'autres curieux en quête de sensations fortes...'

La jeune femme s'étant tournée pour faire face à son interlocuteur par politesse, elle lui adressa un clin d'oeil et un sourire plein de malice, avant de sortir de la boutique, non sans répondre au sarcasme du gérant.

-'...si je ne trouve pas le trésor avant.'
Invité
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Jeu 10 Fév 2011 - 16:32

Fune, dès son acquisition, était noyée dans un flot constant de pensées. Est-ce que ce trésor existait réellement, ou bien se fourvoyait-elle sur toute la ligne? Que penser exactement de cette malédiction que l'on disait planer sur cette cassette? Était-elle en train de rêver, ou avait-elle réellement mis la main sur un des documents ayant appartenu à son idole? Tout cela faisait que notre protagoniste semblait plongée dans un monde onirique aux yeux des quelques passants qui la croisaient. Plus rien ne paraissait exister autour d'elle, comme si une bulle de métal l'empêchait d'observer le monde tel qu'il était à sa sortie de l'établissement bibliothécaire. Un ciel azuré, une chaleur étouffante et un soleil plein de zèle, ce bruit de fond permanent que faisait les habitants de ce village, actifs au possible, celui des flots qui s'écrasaient sur les récifs environnants,...

Et puis, elle se mit à réfléchir sur ce qu'elle devait embarquer à bord de sa petite coquille de noix qui lui servait de navire, notamment en terme de nourriture. Ce qui était frustrant pour un matelot, c'était le choix des aliments à prendre. Le côté périssable des fruits et légumes, ainsi les limites des procédés actuels de conservation et la nécessité d'ingurgiter des vitamines pour éviter des maladies aussi désagréables que mortelles faisaient qu'il fallait insister et s'attarder sur le marché. Une des corvées les plus pénible et les plus délicates, d'autant plus que son rafiot avait une capacité de stockage plus que limitée et que ses finances n'étaient pas au beau fixe. Mais bon, il fallait avouer que la tâche était facilitée par le nombre de marins présents dans le périmètre. Ainsi, la plupart des marchants adaptaient leurs produits aux besoins de cette frange de population. La ravissante Fuyuka reprit le contrôle de son esprit (du moins un minimum), puis se dirigea vers le marché situé aux abords du port.

Ainsi, quelques heures plus tard, alors que la chape de plomb que l'astre céleste imposait aux environs s'estompait peu à peu, Fune revint vers son bateau avec un grand sac de cuir plein à craquer sur l'épaule, une pomme à la bouche. Elle déposa violemment le contenant sur le pont de son petit navire tout en laissant sortir un énorme soupire, sortant ensuite le résultat de ses courses petit à petit. Un grand nombre de conserves, quelques oranges pour la vitamine C pour éviter tout scorbut, des pommes pour les fibres, ainsi qu'une ou deux carottes, des fruits secs et des féculents ayant été déshydratés, et naturellement de la viande salée et plusieurs litres d'eau et de vin, tels furent les mets dont elle se munissait en prévision de son prochain périple. Pas très délicats, avouons-le, mais c'était le lot de tout voyageur des mers. La pirate en herbe prévoyait un dernier passage ici après s'être emparée du trésor de Boa Hancock, de manière à rendre le parchemin à son propriétaire. Aussi ne s'inquiétait-elle pas vraiment de ce qu'elle aurait hypothétiquement oublié. Elle leva les yeux au ciel, histoire de se rendre compte de l'heure, ainsi que de la direction à prendre, à vue de nez. A en juger à la position du soleil, il devait être facilement 16 heures passé. Cela provoqua chez elle une poussée d’adrénaline importante, se rendant compte qu'elle devait se hâter pour éviter le calme plat. Vous savez, le calme plat, lorsque le vent ne souffle plus, la faute à des effets météorologiques dont le pourquoi du comment serait bien trop barbant. Quoi qu'il en soit, la demoiselle pressa le mouvement. Multipliant allers et retours sur le ponton du bâtiment, elle finit par dénouer la corde la retenant au port, et leva la voile pour profiter du vent pour avancer vers l'île en question.

Pieds nus, elle s'avança vers la proue du navire tout en se retenant à un cordage. Ses longs cheveux dansaient au rythme de chaque souffle du dieu Zéphyr, tandis qu'elle posait sa main libre sur son front, faisant office de cache-lumière. Il est vrai qu'elle avait des yeux étonnamment délicieux, mais relativement sensible. Au mesure qu'elle s'éloignait de la côté, elle cherchait du regard le fameux morceau de terre dont il était question sur la carte. Quelques miles, cela pouvait être très loin, mine de rien. C'était plus que vague, à vrai dire, quoi qu'on en dise. Mais d'un autre côté, le vieillard lui avait également dit qu'il ne fallait qu'une demi-journée tout au plus pour atteindre l'îlot en question. Ce qui était bête, d'ailleurs, c'était qu'elle était partie en fin de journée, lorsqu'en théorie elle trouverait cet endroit...en pleine nuit! Inutile de préciser que si Dame Lune n'était pas au rendez-vous, la visibilité serait quasi-nulle. Sans parler qu'il était fort possible qu'il n'y ait aucun habitant dans la zone. Pénible, très pénible. Et alors qu'il faisait presque noir, Fune fut prise d'un doute qui lui dictait de rebrousser chemin, juste au cas où. En effet, la logique aurait voulu qu'elle retourne au port, de sorte qu'elle puisse reprendre la route le lendemain matin aux aurores. Néanmoins, l'impétuosité et la curiosité grandissante pour ce trésor ayant appartenu à la plus grande des pirates que notre amie nourrissait prenait sans arrêt le pas sur la raison. Le coeur a ses raisons que la raison ne connait pas, dit-on. Risque-tout, la demoiselle? Probablement. Elle n'aurait pas pu dormir, de toute façon. Et puis, à quoi bon repousser à demain ce que l'on peut faire aujourd'hui? Il ne lui restait plus qu'à avoir la chance de son côté.

Les heures passaient, la lune faisait son petit bonhomme de chemin dans la voûte céleste, tandis que les étoiles se reflétaient sur la mer, telle une parure. C'était un spectacle incroyable, mais Fune n'y était malheureusement pas vraiment réceptive. La vie aurait été tellement plus facile avec un navigateur. Notre belle protagoniste devait faire contre mauvaise fortune bon coeur en scrutant l'horizon et les alentours. Son regard cherchait le moindre détail incongru, que ce soit une mince lumière au loin, le moindre hurlement d'oiseau, ou un amoncellement étrange de nuage. Mais rien ne venait. Les secondes s’égrenaient, se succédant aux minutes, puis encore une fois aux heures. Le ventre réclamant quelques apaisements, la demoiselle descendit en cabine afin de se chercher une orange, qu'elle éplucha rapidement avant de remonter à la barre. Et puis, alors qu'elle perdait tout espoir d'accoster, ou même de trouver sa route, et que l'oeil d'Amateratsu pointait le bout de son museau, la jeune Fuyuka mit le cap à babord. En effet, d'abord surprise, puis soulagée, elle vit un morceau de terre. Elle n'était pas encore tout à fait certaine d'être arrivée à destination. Aussi ne s'emporta-t-elle pas, du moins pas encore. Elle accosta sur une plage de sable noir et fin. Visiblement d'origine volcanique, l'île semblait pour autant de taille correcte, une taille qui collait à celle qui était indiquée sur son plan. Cela éliminait au moins un doute, mais il fallait explorer encore un peu avant de crier au loup. Elle jeta l'ancre à seulement quelques mètres de la plage en question, puis sauta hors de son navire.

-'Espérons que je sois au bon endroit...J'ai pas spécialement envie de me faire toutes les îles de l'archipel!'
Invité
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Ven 11 Fév 2011 - 20:45

Notre voyageuse, tout juste vêtue d'un mini-short en jeans et du haut de son maillot de bain noir laissant deviner des formes sensuelles et féminines, sauta de son bateau, pratiquement arrimé sur la plage. Dans un léger 'plouf', Fune avançait vers la terre ferme, alors que l'eau lui arrivait au niveau des mollets. La mer était d'ailleurs étonnamment tiède pour l'heure qu'il était. C'était franchement agréable, pour tout dire. La demoiselle songeait d'ailleurs à faire quelques longueurs plus tard dans la journée, dès lors qu'elle eut trouvée le trésor de Boa Hancock, tant la mer était bonne. Mais l'heure n'était pas encore aux réjouissances, dans la mesure où elle devait faire quelques repérages avant toute chose. Heureusement pour notre protagoniste, les premiers rayons de l'astre lumineux dardaient l'horizon, ce qui allait faciliter énormément les choses. Ainsi, elle déroula le parchemin qu'elle tenait entre les mains, oscillant la tête de haut en bas, scrutant tantôt les dessins sur la carte, observant tantôt le paysage.

L'aurore, donc, s'installait paisiblement, sous le clapotis reposant de l'eau sur la coque du navire et le bruit des petites vagues qui allaient et venaient sur la plage noire comme l'encre. Quelques cocotiers parsemaient les proches environs, alors que si le regard s'enfonçait dans le lointain, la verdure devenaient plus dense, telle une fine canopée d'où trônerait en plein milieu une colline titanesque pour la taille de l'îlot. C'était si haut que le pic rocheux retenait quelques nuages. Ou bien était-ce une sorte de brouillard, fascinant et inquiétant à la fois. Quoi qu'il en fut, le panorama offert là-bas devait valoir son pesant d'or, en plus de permettre un repérage des lieux nettement plus efficace qu'en longeant la côte. La carte, quant à elle, n'indiquait pas grand chose, si ce n'est une petite boussole en haut à droite. Elle montrait cependant une rivière, qui transperçait le morceau de terre de part en part. Le sommet, lui, était situé plein Sud. Par ailleurs, il convenait donc de noter que la majeure partie de la terre 'habitable' était au Nord, et que la masse montagneuse qui occupait tout le Sud de l'île était pour ainsi dire hostile, pour une raison ou une autre. A éviter donc, dans la mesure du possible. En tout état de cause, la topographie qu'indiquait la carte correspondait à celle qu'elle pouvait se figurer selon ses propres observations. De plus, toujours si notre belle Fuyuka était au bon endroit, elle aurait accosté sur la côte -Nord-Ouest de l'île. Jugeant avoir mis le doigt sur tout ce dont elle avait besoin, la chasseuse de trésor se mit en route vers la rivière, à savoir l'Est.

Ainsi donc, elle longeait la côte, pendant que les animaux continuaient leur train-train quotidien. Les crabes rentraient à toute vitesse chez eux, laissant des traînées de petites traces sur le sable, tandis que le chant des grenouilles s'éteignaient doucement, et que les oiseaux survolaient bruyemment le secteur en quête de petit déjeuner. Il faut dire que le poisson foisonnait par ici. D'ailleurs, la jeune Fune pouvait apercevoir, après quelques kilomètres de marche sur les berges, quelques barques rudimentaires, avec un flotteur sur le côté. Cela ressemblait typiquement à des bateaux de pêcheurs, confirmé par la présence de filets à leur bord. A en juger à l'usure et à l'état des outils, ils n'étaient plus tellement utilisés, ce qui tendait à attester de l'absence de riverains dans la zone. Il y en avait certainement, mais il y a longtemps. Quoi qu'il en fut, la demoiselle continuait sa marche vers la rivière, qu'elle atteignit bien rapidement. Elle s'y arrêta d'abord, prenant le temps de s'y abreuver en puisant le liquide translucide d'une main et en la portant à ses lèvres. Puis, une fois hydratée, elle bifurqua vers l'intérieur des terres tout en suivant de cours du petit fleuve. En effet, la croix marquée sur la carte était en plein milieu du morceau de terre. Elle marcha pendant une bonne quinzaine de minutes, avant d'être surprise par une découverte tout à fait étonnante.

Une maison en relativement bon état gisait entre les vertes fougères et les hauts conifères. De plus, de la fumée s'échappait de la cheminée de la chaumière. Fune fut d'autant plus surprise qu'un vieil homme s'approcha d'elle sans se soucier de la notion de discrétion, pour lui hurler de tout le souffle qu'il pouvait avoir.

-'La fin du monde est proooooooooooooooooche! Ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii! ProooooooooooOoooOooOOOOoocheuuuuuuuh!'

La peau sur les os, le vieillard avait le dos complètement recourbé, à tel point qu'il était presque impossible de savoir s'il était cassé en deux ou pas. Une barbe foisonnante et mal entretenue recouvrait la quasi-totalité de son visage, tandis que son hygiène dentaire laissait franchement à désirer. Il lui manquait pratiquement toutes ses dents, et celles qui étaient encore en place étaient grises. Il possédait de longs cheveux lui arrivant facilement aux fesses, blancs et drus. Du reste, il sentait très mauvais, en tout cas pour le nez de la pirate. Il tremblait beaucoup, et même sa canne peinait à supporter la vieille carcasse. Il ne portait enfin qu'un simple gilet et un pantalon en toile léger. Autant dire qu'il avait le physique de l'emploi, celui de l'allumé de service en quelque sorte.

Toujours était-il que notre amie avait sursauté, ne s'attendant pas à croiser qui que ce soit ici, et encore moins un individu comme celui-là. Et alors que Fune tentait de calmer les battements de son coeur, l'inconnu continuait d'avancer dans sa direction, tout en prétextant annoncer le pire, l'index tremblant pointant vers le ciel.

-'Ouiiiiiiiiiiiiiii mademoiselle! SauuuuuuUUuUuUuuuUuuuuvez votre peau et pAAAAAAaaaaaAaAAaaartez d'iciiiiiIiiiIii! LA DOOOOOOOOOOOOOOOoooOooOoOOOOOoooOOoOoOoONNE va changer pour des CENTAIIIIIIIIIIIIIIIIIIIiiIiiIiiIiiIIiIIIiIIiiiiiiiiIINE d'années! OuiiiiiiiIIiiIiiIiIIiiiiIIIIiIiiIii!'
-'EEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEH! JE SUIS PAS SOUUUUUURDE!', hurlait à son tour la jeune femme, indisposée par l'odeur infecte du vieillard.

Probablement alertée par les cris, une seconde personne fit son apparition, celle-ci sortant de la cabane à une cinquantaine de mètres. Il s'agissait d'une jeune fille, âgée tout au plus d'une dizaine d'années. Néanmoins, cette enfant aux cheveux blond et courts semblait très mature. Sa petite taille cachait en réalité une véritable adolescente dans l'âme, ce que n'allait pas tarder à découvrir notre protagoniste.

-'Grand-père! Je t'ai déjà dit cent fois de ne pas gueuler comme ça! Tu fais peur aux oiseaux! Rentre à la maison, tu dois prendre tes médicaments!'
-'J'ai pas envie! Je suis en pleine forme, d'abord!'
-'Grand-père, ne m'oblige pas à me fâcher...', imposa la jeune fille mes mains posées sur les hanches avec une autorité surprenante.

Il fallait dire ce qui était, cette scène mettait un peu mal à l'aise Fune, qui ne savait plus trop où se mettre. Il y avait de quoi, remarquez...D'autant que la situation, pour le moins cocasse, donnait l'impression que la personne la plus vieille n'était pas forcément la plus mûre intellectuellement parlant. Voyez plutôt:

-'Je retournerai pas à la maison! T'es qu'une VILAIIIIiIiiIiiiIIIIiiiIiIiiIINEUUUuuUuuuuuuuUuuuUUuUUH d'abord! Et je fais ce que je veux, pour autant que je sache! T'es pas mère! Vilaine! MéchanteuuuuuUUuuUuuuUuuuuuUUuuuh!'

La gamine soupira, tout en serrant les lèvres et en tournant légèrement la tête de droite à gauche. Elle semblait fatiguée de l'attitude de celui qu'elle appelait 'grand-père'. Mais qui ne l'aurait pas été. Et alors que le vieillard s'éloignait des regards, grincheux et marmonnant le même genre de propos pas très optimistes que précédemment, l'enfant se tourna vers la pirate, les yeux pleins de curiosité et aussi de méfiance. Sa voix était très aiguë, chargée d'une foule d'émotions.

-'Excusez mon grand-père, il n'est pas méchant. c'est juste qu'il n'aime pas les étrangers. Vous êtes venir faire quoi ici? Vous n'êtes pas une pirate, hein?'
-'Je cherche cette île là...pour le trésor.', répliquait Fune tout en montrant la carte qu'elle possédait, s'évertuant à conserver un voile de mystère.
-'Voyons voir...euh...Ah! Evidemment...', retorqua la gamine, un peu désappointée mais encore plus piquée au vif à propos du statut de son interlocutrice. 'Venez, je vous offre le thé'.

L'enfant se dirigea vers la maison, d'un pas hésitant et lent, suivie immédiatement par la ravissante Fuyuka. A vrai dire, elle sentait bien que la jeune fille avait des informations à donner, probablement capitales d'ailleurs. Et puis, elle ressentait une sorte de sympathie pour cette dernière. Elle avait l'impression de se retrouver en ce petit bout d'être. Le même caractère trempé, la même volonté de protéger ses proches, et peut-être bien le même charisme. Ce qui était certain, c'est qu'elle avait un bon train d'avance en terme de maturité, un mal à cet âge où la vie était faite pour jouer et ne pas se préoccuper des autres. Quoi qu'il en fut, Fune avait encore plusieurs heures devant elle, alors pourquoi pas en laisser une à cette gamine. Le paysage était assez reposant. La rivière coulait à côté de la maison, tandis qu'un tronc d'arbre coupé gisait en face de ladite bâtisse, au milieu duquel était fichée une petite hache de bonne facture, mais fissurée à quelques endroits. Tout en avançant, la plus petite des deux femmes commença à s'exprimer.

-'Ca fait un moment que personne du monde extérieur n'a posé les pieds par ici. Fut un temps où de nombreuses personnes passaient à la recherche du fameux trésor des Hancock. Au début, les quelques villageois qui habitaient ici accueillaient amicalement ces explorateurs. Mais avec le temps...'

Elle ouvrit la porte, laissant d'abord passer la nouvelle venue, puis s'engouffra à l'intérieur en fermant la porte. La maison était pauvrement décoré, mais il n'en demeura pas moins qu'un certain charme rustique s'en dégageait. Au milieu de la pièce, il y avait un trou d'une cinquantaine de centimètre à l'intérieur duquel des bûches étaient disposés en cercles. Une casserole pleine d'eau cuisait déjà à leur arrivée, comme si la fille avait deviné qu'elle aurait de la compagnie. Du reste, à chaque coin de la salle étaient posés des futons. Eh oui, il n'y avait manifestement qu'une seule pièce, mais du coup, elle était assez imposante. Fune souriait à son interlocutrice, histoire de la remercier. Certains actes étaient plus éloquents que les mots. Néanmoins, la petite paraissait chagrinée.

-'...enfin, les pirates, quoi. Et évidemment, avec tous ces allers et venus, les pillages n'ont fait que se multiplier. Des maisons détruites, des vols...La vie était devenue invivable. Sans parler de ce volcan, en haut. Enfin bref! Tout cela a eu raison de la communauté vivant ici.'
-'...'. Les mots ne sortaient pas de la bouche de Fune, et c'était au prix de beaucoup d'effort qu'elle sortit un maladroit 'Désolé...'
-'C'est triste, oui. Mais cette histoire, je la tiens de mon grand-père. Personnellement, j'ai jamais connu ça. Moi c'est Eiko. Et tu es sur Pierdras Islas, sanctuaire de Boa Hancock. Enfin, je dis ça, mais depuis, tout le monde détestait Boa Hancock. Chut!'

Fune eut un rictus effrayant. C'était comme si une grosse veine grossissait depuis la seconde où elle apprit cet état de fait, et qu'au moindre choc, sa tête allait exploser. Aussi tenta-t-elle de ne rien dire à ce sujet, sous peine de se déchaîner. C'eut été malheureux d'appuyer encore plus sur la réputation sanguinaire et sans bienséance des visiteurs qu'avait pu recueillir cette île.

-'Je...Ahem...Tu sais où est le trésor?'
-'Il y a une grotte, pas loin d'ici. Il suffit de remonter la rivière et hop! Mais asseyez-vous, je vous en prie.'

Elle fit un geste de la main afin d'accompagner son offre d'une meilleure compréhension. Les yeux noisettes de la petite fille dévorait depuis un petit moment maintenant Fune. Une violente lueur brillait en leur sein. En effet, elle semblait fascinée par la beauté que dégageait la délicieuse Fuyuka, qui accepta l'invitation et s'agenouilla, les fesses sur les talons, observant encore le décor de la maisonnette.

-'Z'êtes jolie, vous! Vous êtes certaine de vouloir vous y aventurer?'
Invité
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Dim 13 Fév 2011 - 3:05

Les deux demoiselles discutèrent longuement, à propos du trésor en particulier. Enfin, Fune cherchait désespérément à en parler, cherchant à soutirer un maximum d'informations à son sujet. Mais il fallait bien avouer qu'Eiko, elle, questionnait et orientait sans arrêt la conversation sur son invitée. En effet, totalement fascinée par le charme et le charisme indéniable de la belle Fuyuka, la jeune enfant aux cheveux courts blonds désirait ardemment savoir tout sur elle. Sa vie, son but, la raison de sa présence, comment avait-elle acquis ce physique si attrayant, cette dernière insistait méthodiquement sur chacun de ces sujets, avec une volonté implacable. Notre protagoniste demeurait irrémédiablement mystérieuse à chacunes de ses réponses. Bien entendu, elle répondait à chaque interrogation, mais en conservant une certaine mesure. Après tout, étaler sa vie à une si jeune fille la dérangeait beaucoup, dans un soucis non-dissimulé de lui épargner des détails en raison de son jeune âge et aussi à cause des évènements qui se sont déroulés ici-même. A titre d'exemple, notre pirate en herbe cacha cet état de fait. Comment avouer cela à quelqu'un dont la vie fut troublée d'une manière ou d'une autre à cause de ce genre d'individu sans la moindre vergogne? C'était en tout cas une crainte qui, fondée ou pas, était suffisante pour ne pas dévoiler le pourquoi du comment. Néanmoins, elle ne tût pas sa passion pour la plus grande des pirates-amazones aillant sillonné les sept mers. Evidemment, notre amie sous-estimait l'intelligence et l'esprit de déduction qui animait le si petit corps de son interlocutrice.

Fune rangeait une mèche de cheveux qui traînait au milieu du visage derrière son oreille, tout en se délectant du thé que lui avait servi Eiko. Cette dernière, complètement hypnotisée, dissimulait parfaitement son jeu. Elle avait bien compris de quel bois la femme qui lui faisait face était faite. Cette carte, cette impression de culpabilité qui naissait dans la prunelle de ses yeux quand elle lui eut raconté l'histoire de Pierdras Isla et de cacher certains faits...Et puis, il y avait des tenants et des aboutissants que l'enfant s'était bien gardée d'omettre. Finissant la boisson qu'elle avait préparée, elle déposa la tasse à côté d'elle, et leva ses petites jambes pour se diriger d'un pas assuré vers une petite commode. Elle en sortit un plateau d'où étaient posés vingt-et-uns bâtonnets blancs disposés les uns à côtés des autres. Après quoi, elle posa le fatras devant la jeune pirate, et se mit à genoux face à la femme qui semblait perplexe.

-'Bien...Avant de se quitter, tu vas devoir me battre à ce petit jeu. On va prendre chacun son tour un à trois de ces bâtonnets, et celui qui prend le dernier a perdu. Si tu perds, tu devras laisser tomber. Mais si tu gagnes, tu auras la voie libre pour retrouver le trésor des Hancock.'

Pantoise, l'adulte ne savait pas vraiment quoi penser. Cela se traduisait sur son visage, et les messages corporels étaient plus que clairs. Il lui fallut quelques secondes avant de retrouver un semblant de sérénité et de confiance. Mais Fune avait toujours des questions sans réponses, des interrogations dont elle désirait être soulagée. Elle fit un léger mouvement de la tête, de façon à pouvoir ranger sa longue chevelure derrière sa nuque, puis observa minutieusement son hôte, en quête du moindre indice sur ses intentions. Il est vrai qu'elle se demandait la raison de ce jeu. Après tout, elle pourrait très bien refuser de ce plier à ce type de caprice, mais si c'en était pas un? Et si toute cette mise en scène était sérieuse? Une sorte de test, peut-être? Ou pas! Voilà ce qui se tramait dans l'esprit de notre pirate. Cela étant, cela ne coûtait pas grand chose de s'essayer à ce petit numéro. Et puis...

*Autant choisir le moindre mal...*
-'Et après, tu réponds à mes questions, miss?'

Après avoir acquiescé de la tête en souriant, Eiko invita de la main son invitée à commencer la partie. Rapidement, sans trop faire preuve de tactique, Fune saisissait trois bâtonnets de ses longs doigts fins. Se succéda ainsi une brève alternance de mouvements, au cours duquel plus les secondes passaient, plus le niveau de réflexion augmentait. De crainte de faire le mauvais choix, la plus grande des filles présentes examinait chacunes des possibilités qui s'offraient à elle, allant même jusqu'à anticiper la moindre des options de son adversaire. Et puis, dans un éclair de lucidité (ou peut-être en s'en remettant à la chance), elle s'offrit le luxe de remporter le jeu. Toujours sur ses genoux, ses fesses rebondies reposant sur ses talons, elle soupira d'aise et se permit de régaler son vis-à-vis d'un sourire malicieux. C'était lourd de sens: Elle avait gagné le droit d'être dans le secret des dieux.

-'Je devrais être mauvaise perdante...', fit Eiko, la mine faussement boudeuse. Elle se ravisa d'ailleurs rapidement, en rangeant le plateau là où elle l'avait trouvé, puis s'installa à nouveau face à son interlocutrice. 'Nous sommes les gardiens du trésor des Hancock, grand-père et moi. Nous avons veillé sur l'héritage de Boa Hancock, jusqu'à ce que quelqu'un comme toi nous déleste de ce fardeau. Tu semble...perplexe...'

La tête inclinée sur le côté, l'enfant observait impétueusement son interlocutrice. Elle avait raison sur toute la ligne: Fune était bel et bien perdue. C'était vraiment une hisoire capillotractée, dans la veine de ces jeux de rôle qui pullulaient dans les esprits prépuberts de cette ère. Néanmoins, notre protagoniste sentait bien, de par le sérieux que sa vis-à-vis mettait dans l'explication, que tout cela n'avait rien d'une blague. Cela n'empêcha pas un haussement de sourcil plein de sens de sa part, comme pour lui témoigner son hésitation.

-'...se méfier des apparences...Je te l'ai dit tout à l'heure, pourtant.'. Eiko changea de ton, tout en se levant et en détournant le regard. Le sérieux et le mièvre se mua tout d'un coup en de l'indifférence et de la légèreté. 'Enfin! Libre à toi de ne pas me croire. Continue juste à suivre le cours d'eau, tu croisera rapidement une arche de pierre, menant à une grotte. A moins que tu n'en veuille pas...'

Fune se leva silencieusement, les genoux marqués par le bois à cause de la position agenouillée, se présenta face à l'enfant en train d'observer les alentours depuis sa fenêtre, et s'inclina en remerciement. Et puis, comme pour lui témoigner son affection, elle lui passa une main dans les cheveux pour les ébouriffer. A la suite de quoi, tout en souriant, elle sortit de la cabane et se mit en route, une nouvelle fois.

Instinctivement, elle leva les yeux au ciel afin d'évaluer l'heure. Mine de rien, elle avait passé près de deux heures à discuter avec cette petite fille. D'ailleurs, après avoir fait quelques pas, elle se disait qu'elle passerait après avoir récupéré le magot. Le vent soufflait à travers les feuilles, dans une mélodie fugace et agréable. Le soleil frappait délicatement la peau laiteuse de la ravissante Fuyume lorsqu'elle passait au-delà des ombres, une sensation fort délicieuse par ailleurs. Pendant près d'une demi-heure, elle marchait d'un pas soutenu, sans se préoccuper de son environnement. Et puis, au bout d'un moment, elle arriva vers l'arche en question, à moitié emprisonné par les ronces. Il s'agissait de deux imposantes colonnes de pierre autours desquelles s'enroulaient deux serpents qui se rejoignaient en leur sommet, créant ainsi une voûte rocheuse. Au milieu, s'engageait un chemin de terre, qui menait vers un territoire qui semblait vierge de toute vie. Tout était noir comme le charbon, il y avait des pierres et des pierres que l'on aurait dit roussit par une source de chaleur très puissante. Cela coupait net avec la verdure chatoyante qu'elle eut à traverser. Et enfin, un peu plus loin, à disons une centaine de mètres, il y avait cette cavité, creusée à même la roche de la colline, ou plutôt du volcan selon les dires de la jeune Eiko. Elle soupira, avant de passer entre les deux piliers sculptés et de s'engouffrer dans la grotte, après avoir foulée un sol difficilement praticable à cause des nombreuses pierres aiguisées et de l'absence de terre.

Il y faisait humide et sombre, mais la chaleur du jour y était parfaitement conservée. Au loin, on pouvait y entendre quelques gouttes d'eaux qui s'écrasaient sur le sol. A part ça, ce n'était pas bien profond. En effet, il ne suffisait qu'une minute ou deux de marche avant de trouver un coffre en bois dont les armatures en fer semblait indiquer que l'objet avait vu plusieurs années. La rouille en attestait. Sur la serrure était gravé ce qui ressemblait à un serpent, emblème des Hancock. On pouvait lire sur le visage suintant de la ravissante Fuyuka un soulagement sans précédent, et ses yeux s'allumaient d'une joie communicative. Cependant, lorsqu'elle se prépara à ouvrir le contenant, elle fut surprise d'entendre des rires carnassiers derrière elle. Une voix s'éleva parmi les autres.

-'Voyez-vous ça...Nous qui pensions ne pas nous remettre de ce casse raté! Allez, hop! Le coffre! Et vite!'

Le pire, c'est que lorsqu'elle se retourna doucement, passant une main dans ses cheveux, elle crut reconnaître les types qu'elle avait croisé plus tôt dans la semaine. Oui, vous savez! Les braqueurs de bijoux, ceux-la même que Fune ridiculisa. Et eux, malgré la faible luminosité, la reconnurent elle aussi. Comme quoi, le destin jouait des tours bien ironiques à sa manière. Tous crièrent 'VOUS', abasourdis par cette curieuse coïncidence. Celui qui semblait être le chef de la bande troqua son sourire vicieux contre une expression plus sordide, empreinte de colère et de satisfaction. Les autres, eux, étaient tous joyeux à l'idée de s'offrir un trophée tel que cette jolie femme.

Et elle, me direz-vous? Eh bien, elle, elle ne s'était pas donnée autant de mal pour rien. Cela lui faisait déjà suffisamment mal d'avoir été coincée de la sorte, mais il était hors de question qu'un gang de chèvres tels qu'eux s'empare du trésor des Hancock, SON trésor. Debout, une main sur la hanche, elle serra l'autre, prête à en découdre. L’exiguïté de l'endroit ne se prêtait pas aux combats, mais après tout, cela allait sûrement lui servir pour le coup. En effet, l'avantage du nombre était annulé, et si elle massacrait le chef, les autres suivraient certainement. Néanmoins, il était de mise de négocier avant. Enfin, négocier...Ce n'était pas vraiment le mot exact.

-'Ça ne vous a pas suffit, la dernière fois? Je n'étais pas très claire peut-être? Je ne vois vraiment pas en quoi je devrais obéir à des guignols, encore une fois. Mais c'est vrai que...'

Sa voix sensuelle et mielleuse résonnait dans la caverne, tandis qu'elle mit une pause dans son discours. Le flux d'adrénaline parcourant tout son corps, la moindre parcelle de muscle étant prête à se contracter à un infime stimulus ordonné, Fune passa une main au niveau de sa nuque, secouant sa longue chevelure. Puis, tel un éclair fendant les cieux, elle s'élança vers le chef de meute. En à peine deux pas, elle arriva au niveau du plexus de homme, ahuri par la vitesse d'exécution de son adversaire. Il prit alors un coup de poing dans le ventre, ce qui lui fit bomber le dos, ses deux mains cherchant machinalement à calmer la douleur en se plaquant frénétiquement contre l'organe touché. La belle Fuyuka, dont les cheveux retombait, détendit ses muscles, se redressa de façon à prendre les épaules du triste sire, puis lui murmura d'une voix douce et fiévreuse:

-'...vous devez être dur de la feuille.'

Elle fit son enchaînement par un geste meurtrier, je veux bien entendu parler du freaky-deadly-kick-of-death-for-bad-men. Un nom un peu long, certes, qui ne vous dira certainement rien en l'état, mais qui vous parlera mieux si je vous dis que c'était un coup de pied dans les parties génitales. Evidemment, l'effet était immédiat. Un cri strident vint emplir la grotte, tandis que l'homme se tordait de douleur dans tous les sens, hurlant de tout son saoul. Cela empêchait d'ailleurs énormément Fune qui voulait passer un message à la bande, horrifiée du spectacle offert. La jeune femme leva le genou, puis fit redescendre son pied violemment sur le visage du souffrant. Elle eut ainsi l'effet escompté, c'est à dire le silence (ainsi que l'évanouissement du malheureux chef). On a rien sans rien...Calmement, le pied toujours sur la tête du comateux, tel David et Goliath, elle s'exprima à l'attention du groupe.

-'Bon. J'espère ne pas avoir à le redire une dernière fois. C'est pas bien de s'en prendre à une faible femme. J'aimerai autant ne plus avoir à vous le dire en face.'. Elle prit un air faussement innocent, avant de finir son intervention. 'Ah oui! Et trouvez-vous un autre chef. Je vais avoir besoin de celui-là pour me payer des dommages et intérêts que j'ai subi. Mais peut-être que dans trente secondes, j'aurai envie d'avoir un peu plus, si vous voyez ce que je veux dire...'

Le message était limpide pour les malheureux hommes de main, qui ne se prièrent pas pour décamper. Fune, alors tranquille, secoua la main qui frappa l'homme à terre précédemment tout en déformant son visage sous la douleur. Il n'avait pas que de la graisse, visiblement. Quoi qu'il en soit, elle retourna vers le coffre, afin de se servir de son contenu. A l'aide d'une pierre, elle fracassa la serrure à plusieurs reprise afin d'en briser le mécanisme. C'était avec une grande émotion qu'elle s'apprêta à ouvrir la cassette. Et lorsque cela fut fait, elle fut grandement déçue. Un fruit qui semblait peu appétissant, et cinq ou six joyaux, d'une taille respectable, certes, mais pas de très grande valeur. Malgré tout, elle ne pouvait pas être tellement contrariée, dans la mesure où elle avait mis la main sur un trésor resté intact depuis une centaine d'année. Il y avait de quoi être fier, et elle le savait intérieurement. Mais quand même.

-'Ça? Apporter une grande puissance ou la déchéance? Il vaut pas mieux que le papi d'Eiko, ce bibliothécaire...'. Elle se retourna, chargeant le maigre butin de sa quête, puis emprisonna les mains du malheureux afin qu'il ne puisse pas s'enfuir. Après quoi, elle lui colla quelques claques sur le visage, sans pour autant bien mesurer sa force, il faut avouer. 'Eh! Oh! C'est l'heure de se réveiller!'

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La lune dominait les cieux, lorsque la demoiselle et son prisonnier arrivèrent dans l'île au nord, là où elle découvrit l'existence de la cassette des Hancock. Après avoir arrimé solidement son bateau, elle tira son compère de fortune vers la terre ferme. L'homme avait plusieurs grosses bosses au visage et sur le crâne, dues à ses nombreuses tentatives d'évasion en cours de route. La direction première de notre protagoniste, donc, était le QG des marines, dans la zone. Elle n'appréciait pas spécialement d'y passer, mais c'était par là qu'elle devait aller pour aller toucher une éventuelle prime pour la capture d'un bandit. C'était sensé être la représentation de la justice, également. Mais c'était une justice qui privait les gens d'une certaine liberté. Et pour notre belle Fuyuka, Celui qui sacrifiait sa liberté pour de la sécurité ne méritait ni l'un, ni l'autre. Bien sûr, elle ne blâmait personne, c'était le système qui était à reconstruire, dans sa totalité. En tout état de cause, elle devait profiter encore de ce système tant que sa subversion n'était pas encore connue et reconnue...un avantage, pour l'instant.

Arrivée à destination, là où un marin faisait le guet, elle poussa l'homme à l'aide d'un pied au fesses vers le sentinelle si fort que ce premier se retrouva à embrasser le sol, aux pied même du garçon portant l'uniforme. Cela avait le mérite d'attirer l'attention.

-'Eh! Machin! Tu veux pas voir s'il n'y a pas de prime sur sa tête?', sortit-elle sur un ton insolent. Le marin semblant peu réceptif à ses paroles, elle vint insister un peu en s'approchant de lui et en lui caressant une joue du bout des doigts. '...s'il te plait...'

La manière était d'une efficacité redoutable, à en juger la rapidité avec laquelle il a embarqué le prisonnier. Et pendant qu'elle attendait, Fune réfléchissait à ce qui s'était passé sur Pierdras Isla, epu avant son départ. En effet, elle n'eut jamais retrouvé la bâtisse et ses deux habitants. C'était pour ainsi dire curieux, voire effrayant. Elle se mit à cogiter, cherchant à imaginer ce qui se serait passé si elle avait refusé le jeu avec Eiko, ou bien si elle avait décidé de les tuer tous les deux. Appuyée contre le mur du QG, les bras croisés, elle pensait, ses délicieux yeux verts en amande noyés dans l'immensité noire et brillante à la fois de la nuit.

-'Destin amusant...', murmura-t-elle en souriant.


[Fin de RP]
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