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La baleine, la mouette, la future lampe torche et l'ivoire

J’ouvris un œil, et me frottai le front. Une grosse bosse était en train de se former et me faisait horriblement mal. J’essayai de me souvenir de ce qui c’était passé. La météorite… Les légumes… Les pouvoirs ! Sören était devenu tout mou, Raspoutine aussi ! Pourquoi je n’avais pas eu ce pouvoir moi aussi ? C’était pas juste ! Les arbres défilaient au dessus de moi. La végétation était vraiment luxuriante. Jamais je n’aurais été capable de m’y repérer. Heureusement que ce n’était pas moi qui dirigeais. Mais… Je jetais un coup d’œil en dessous de moi et y vis une dizaine de tous petits êtres humains étaient en train de me porter. Ils avaient fabriqués une sorte de planche avec des feuilles et ils m’emmenaient je ne sais où avec leurs petites jambes. Je voulus me lever, mais ils m’avaient ligotés.

-HEY ! MAIS QU’EST-CE QUE VOUS FAÎTES LES MOMES ! POSEZ MOI PAR TERRE !

Mais ils n’écoutaient rien ces saletés de petits humains ! Ils n’étaient pas aussi gentils que des Uriko. Hey, ce serait vachement cool, une armée de petits Uriko. Ils se mirent soudain à chanter.

-On a attrapé ♫
Un grand mec ailé ♪
La reine va l’frapper ♫
Et le dégager ♪


Mon instinct m’avertit alors que cette petite tribu de mini-humains était en train de m’emmener vers leur chef. Et ce n’était pas un bon présage pour moi. Il fallait absolument que je me libère et que je m’enfuie avant de me retrouver en cours martiale de minipouces. Ce serait vraiment humiliant ! Je me mis à gigoter pour essayer de détacher les liens mais c’était vraiment serré.

Le voyage dura au moins une heure et je ne parvenais toujours pas à me libérer. Je profitais d’une halte pour ramasser une pierre pointue pendant qu’ils me posaient à terre. Je me mis rapidement à frotter la corde avec la pierre. Quelques minutes plus tard, la corde céda. J’étais libre ! Je remis mes mains dans le dos, pour ne pas éveiller les soupçons. Il fallait que je m’enfuie au moment le plus opportun. Soudain, une rangée de lances m’encercla.

-C’est ici ! Descend ! La reine t’attend !

Et merde, je m’étais mal démerdé…

-ATTENDEZ ! J’AI PAS DU TOUT ENVIE D’ALLER LA VOIR, MOI, CETTE REINE !

Mais pourquoi je gueulais comme ça, moi ? C’était plus fort que moi. En tout cas, les enfants n’aimaient pas visiblement. Certains avaient lâché leurs lances pour se boucher les oreilles, d’autres avaient les yeux larmoyants. Les gosses n’aiment pas être grondés. J’en profitais pour me libérer complètement et me mis à m’enfuir. Avec leurs petites jambes, ils ne me rattraperaient pas de si tôt. Je regardai régulièrement derrière moi mais je ne vis personne. A force de ne pas regarder devant moi, je me cognai contre une énorme masse. Heureusement, c’était plutôt mou donc je ne me fis pas mal. Et ça portait un costume. Et ça puait la fumée.

-HEY GROS PLEIN DE SOUPE ! DEGAGE DE MON CHEMIN SI TU NE VEUX PAS TATER DE MA BATTE !
    Il n'était pas pressé, le cachalot. Il marchait de ce pas tranquille, presque nonchalant et pourtant si droit, si sûr de lui. Il y avait un chemin de terre tout parsemé de virages et tournants. Tout autour, les immenses arbres le surplombaient jusqu'à cacher la grande Roue d'Innocent, tout immobile. Ses yeux apercevaient la poussière et la pourriture qui gagnaient chaque rouage du grand édifice. Il y avait des branches de bois morts, d’innombrables déchets parsemant le chemin.

    La route avait goût d'abandon.

    Le Monstre sourit, montrant à l'île ses grandes dents blanches. Il avait le cœur tout tambourinant de bonheur de voir cette île si parfaite. Il n'y sentait aucune vie, aucune présence, comme l'absence de ville ou d'hommes. Comme le plus beau des cadeaux pour y construire une nouvelle vie. A côté, Rydd marchait aussi, serein. Peut être y avait il dans sa démarche celle de ceux ayant trouvé une famille. Peut être était ce plutôt un endroit d'où mieux repartir. L'Ishii n'en savait rien. Mais il ne s'en préoccupait pas, il savourait juste cette marche, ces rayons de soleil qui avaient laissé place à la pluie, qui doraient la grande gueule du cachalot au gré de ses pas et des immenses ombres d'arbres.

    Il ne remarquait pas les fourrés bougeant tout autour. Il ne remarquait pas les bruits de pas se faisant de plus en plus pressant. Rydd, si. Si bien qu'il ne pu s'empêcher de s'arrêter sous  le regard interrogateur du cachalot.

    Chut.

    L'indexe du tigre vint se perdre sur ses lèvre, il avait le regard ferme et ses yeux se tournaient de gauche à droite, comme pour comprendre ce qu'il se passait. Les deux hommes ne bougeaient plus. Il n'y avait que leurs deux cigares pour faire voler quelques voluptées.

    Ils nous ont vu...
    On est foutu !
    Le monstre est presque plus moche que Krasspoutine !
    Chut.
    Faut qu'on leur saute dessus par surprise et qu'on les enroule avec une ficelle comme pour le jambon !
    On n'a pas de ficelle, et du jambon de cachalot c'est pas possible !
    Faut trouver un autre plan alors...
    Mais je te dis qu'ils nous ont vu.
    Mais non sinon ils nous parleraient !
    Chut !
    Je te jure qu'ils nous regardent, là.
    Tu dis encore n'importe quoi, ils regardent l'arbre qu'est à notre gauche.
    Chut !
    Il est à droite l'arbre ! Tu connais même pas ta gauche de ta droite...
    Bien sûr que si ! Même que la main gauche c'est celle qui porte mon baton de guerre 3,0 !
    C'est un bâton de bois tout pourri...
    CHUUUUT !!
    ...
    Hmm...
    Là, je crois qu'on est repérés...
    On fait quoi ?
    On fuit !!!!!!

    Les deux hommes ne tentèrent rien. Ils admirèrent juste ces étranges enfants prendre leurs jambes à leurs coups.


    Hmm... C'était quoi ?
    Des enfants.
    Hmm... Il y avait peut être celui qu'on cherche..
    Je crois que nous n'avons pas le temps de nous en occuper.
    Hmm ?
    Il y a un homme qui nous fonce dessus.
    Poursuivi par de drôles d'enfants... Hmm... Quelle drôle d'ïle.
    Il faudrait que tu l'évites, Ishii ?
    Hmm...
    Non, vrai[...].

    BAM !

    -HEY GROS PLEIN DE SOUPE ! DEGAGE DE MON CHEMIN SI TU NE VEUX PAS TATER DE MA BATTE !

    Hmm... Gros plein de soupe, je veux bien mais... Quelle soupe ? Parce que j'espere que vous parliez de celle faite avec amour. De celles qui regroupe toute la famille autour de la table pour un merveilleux repas. Hmm... Vous parliez de celle là, n'est ce pas ?
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    Les pas des deux hommes étaient réguliers, sous eux que de l’herbe et des branches mortes, au dessus des arbres solides et massifs. Le soleil perçait par endroit et faisait glisser jusqu’au sol des lames de lumière. Le visage de Rydd n’en était que plus dangereux ainsi traversé de bandes lumineuses comme s’il s’était placé des peintures de guerre sur le visage. La fumée des cigares montait lentement vers le ciel alors que les deux étrangers avançaient paisiblement. Mais si Ishii semblait corps et âmes perdues dans la contemplation du lieu, le tigre voyait une nouvelle fois sa nature refaire surface. Déjà il cherchait les traces d’une potentielle vie, car il n’est d’île qui n’abrite vie quelle qu’en soit la forme.
     
    De prime abord les lieux semblaient déserts, la vaste île semblait abandonnée. Car l’on pouvait bien entrevoir une gigantesque roue dont l’état délabré en disait long sur l’île. Si  d’hommes il n’y en avait pas trace, les vestiges d’un passage étaient plus qu’évidents. La roue, rouillée, envahies par la végétation, ne semblait plus en état de marche. Mais Rydd était finalement bien loin et n’apercevait que peu de choses pour tirer des conjectures. Le chemin était sinueux et les deux hommes avançaient donc lentement. C’est alors que des mouvements aux alentours firent se mettre en éveil les sens du tigre.
     
    Le visage de Steiner se ferma, ses yeux s’amincirent tandis qu’il cherchait à percevoir davantage de bruits, de mouvements ou toute information susceptible de l’aider dans la compréhension du phénomène. Rapidement les bruissements devinrent des bruits de pas incontestables et Rydd s’immobilisa, aux aguets. D’un geste de main qu’il joint à la parole, il invita le cachalot à faire de même.
     
    «Chut.»
     
    Et les pirates s’arrêtèrent, Rydd tira une longue bouffée de son cigare avant de le loger à la commissure de ses lèvres. Une conversation semblait être entamées par des personnes non loin. Il ne fallut pas longtemps pour constater que des enfants étaient en grande discussion sur la situation. Ils finirent finalement par détaler en soulevant une impressionnante masse de poussière.
     
    «Hmm... C'était quoi ?
    -Des enfants.
    Hmm... Il y avait peut être celui qu'on cherche..
    -Je crois que nous n'avons pas le temps de nous en occuper.
    Hmm ?
    -Il y a un homme qui nous fonce dessus.
    Poursuivi par de drôles d'enfants... Hmm... Quelle drôle d'ïle.
    -Il faudrait que tu l'évites, Ishii ?
    Hmm...
    -Non, vrai[...] »
     
    BAM !


    Rydd avait évité le projectile humain mais il en fut tout autrement du cachalot qui semble-t-il n’avait pas l’intention de la jouer esquive.



    -HEY GROS PLEIN DE SOUPE ! DEGAGE DE MON CHEMIN SI TU NE VEUX PAS TATER DE MA BATTE !


     
    Rydd souffla une longue fumée grisâtre en regardant la scène d’un air impassible. Le projectile humain était doté de paroles mais en usait de manière dangereuse, Ishii tempéra néanmoins bien vite.
     
    “Hmm... Gros plein de soupe, je veux bien mais... Quelle soupe ? Parce que j'espere que vous parliez de celle faite avec amour. De celles qui regroupe toute la famille autour de la table pour un merveilleux repas. Hmm... Vous parliez de celle là, n'est ce pas ?”
     

    Le blond, accueillant moins aisément l’attitude de l’homme-boulet, y alla de sa petite réplique également.


    La baleine, la mouette, la future lampe torche et l'ivoire 691985cig


    Dernière édition par Rydd Steiner le Mer 24 Juil 2013 - 15:07, édité 3 fois
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    L’énorme personne se retourna et baissa les yeux pour me regarder. La vache ! Mais qu’est ce que c’était que ce truc ? Je savais que les humains étaient moches, mais là… Il était vraiment très Môsh ! Impossible, il ne devait, ne pouvait pas être un humain ! Je remarquai seulement après qu’il était accompagné par un autre humain. Et celui-ci, au moins, à défaut d’être beau, ressemblait à un homme. Je sortis ma batte et me mis à faire de grands moulinets. Mais sa réponse me stoppa net.
     
    “Hmm... Gros plein de soupe, je veux bien mais... Quelle soupe ? Parce que j'espere que vous parliez de celle faite avec amour. De celles qui regroupe toute la famille autour de la table pour un merveilleux repas. Hmm... Vous parliez de celle là, n'est ce pas ?”
    -Il vaudrait mieux qu’il s’agisse de cette soupe. On aime pas trop les gaillards impolis, surtout quand ils rentrent dans les gens sans prévenir.
     
    Hummm… Ils possédaient tous les deux plus de dorikis que moi, très embêtant ça. Enfin, je n’étais pas censé le savoir et de toute façon, les dorikis représentaient la destinée, et non pas la force, héhé! Bref. Qu’est ce que je pouvais bien répondre à ça moi ? Une soupe, c’était une soupe ! Enfin je croyais, je savais pas, j’en avais jamais mangé, moi.
     
    -BEN EUH… UNE SOUPE QUOI ! UN TRUC OU TU METS PLEIN DE LÉGUMES DEDANS ET TU ÉCRASES TOUT.
     
    Après réflexion, je trouvais cette expression complètement débile, vu qu’on disait « gros plein de soupe » pour parler de quelqu’un en surpoids et que paradoxalement, la soupe était parfaitement diététique.
     
    -BON, LAISSEZ TOMBER LA SOUPE, IL Y A UN CHEVEUX DEDANS DE TOUTE FAÇON. C’EST QUOI CETTE ÎLE DE MALADE ? IL Y A DES GOSSES PARTOUT QUI ESSAYENT DE ME CAPTURER POUR M’EMMENER VOIR LA REINE !
     
    A peine eus-je finis ma phrase que des dizaines de flèches jaillirent de derrière les buissons, de la cime des arbres et peut-être même de terriers dans le sol. Je n’aurais pas mis mon aile à couper de ça, tout s’est passé si vite. Les traits nous tombèrent dessus sans que nous puissions y faire quoi que ce soit. J’eus à peine le temps de dire OUF ! que notre destin était scellé.

    TCHAK!TCHAK!TCHAK!TCHAK!TCHAK!TCHAK!TCHAK!TCHAK!TCHAK!TCHAK!TCHAK!
     
    Je rouvris un œil timide et remarquai alors que de nos corps se dressaient des bouts de bois. Le plus gros de nous trois ressemblait à s’y méprendre à un oursin avec sa peau foncée et sa forme quasiment sphérique. Mais au bout des flèches se trouvaient des ventouses totalement inoffensives. C’était encore un coup de ces gamins, ils voulaient me recapturer. Je me planquai derrière le gros et me mis à le pousser dans l’espoir de le faire rouler. Destinée, mon cul, ouais…
     
    Après un instant de réflexion, les deux gugusses me disaient quelque chose. Je les avais déjà vu quelque part… mais où ? Soudain, cela fit un déclic dans ma tête. Reverse Mountain ! Ils étaient sur le bateau de couards qui avaient préféré fuir que de nous affrontant, laissant les Ombres du Chaos  à notre merci ! Vu la puissance des bonhommes, je n’allai finalement pas m’en plaindre. Nous n’aurions sans doute pas réussi à capturer aussi aisément Hathor et sa troupe s’ils avaient été dans nos pattes. Mais c’était tout de même des têtes primées, donc méfiance.

    De leur bouche s’élevaient des nuages gris. La consistance et l’odeur m’étaient familiers. C’était… Rafaelo Di Auditore ! L’autre ordure qui m’avait explosé la tronche. Ils étaient en train de le mâchouiller avec nonchalance ! Ils devaient vraiment être très balèze ! Même si j’étais tenté de récupérer leurs primes, j’avais plutôt intérêt à m’en faire des amis que des ennemis. Du moins, pour l’instant. Comme il s’agissait de pirates, je tentai un coup de bluff en misant sur leur envie de richesses.
     
    -VOUS ÊTES LA POUR LE TRÉSOR ? HA, ET DÉSOLE, JE NE PEUX PAS M'ARRÊTER DE HURLER DEPUIS QUE J'AI BOUFFE UN LÉGUME BIZARRE VENU DE L'ESPACE!


      Des ventouses. Non, vraiment, Ishii s'attendait à tout sauf à ça. A des gamins pas plus haut que trois bouts de pommes lançant des centaines de ventouses comme s'il s'agissait de flèches empoisonnées. Mais l'Ishii, lui, ne bronche pas. Il sourirait presque même de voir ces drôles de gosses tenter par tous les moyens de mettre en rogne les trois bougres. Sauf que son sourire tout étrange combiné au cigare fumant, ça donne plus l'air d'un Monstre enragé. Avec les dents partant en tous sens, les lèvres presque déchirés de déformations et les yeux plissés.

      Oui, ça fait peur au gosse.

      Tant que la moitié se met à crier de panique, que l'autre moitié prend la poudre d'escampette sous le regard des trois hommes et qu'alors qu'ils pensent déjà toute cette étrange affaire fini...

      Alors qu'ils pensent enfin être débarrassés de ces drôles de bout de choux...

      Il y a trois coups qui volent vers leurs cranes, par derrière. Ils se font avoir comme des laches et sans qu'ils ne s'en rendent compte, le pays des songes s'ouvre déjà...

      [...]

      ♫ C'est à la reine, c'est à la reine ♪
      ♪ Que l'on amène, de la belle viande ♫
      ♫ De la belle viande, que l'on ammène ♪
      De bien vilaines personnes ♪
      Qui croyaient toucher au trésor ♪
      Qui se voyaient déjà les poches pleines d'or ♫
      Z'avaient pas compris qu'ici on n'donne ♫
      Que dans les coups de bâtons ♪
      Que c'est le pays des enfants ♫
      Tralalala ♪
      Le pays des enfants ♫


      C'est une drôle de promenade qu'ils font, les trois hommes. Il y a les cris d'enfants comme berceuse au milieu d'une sieste forcée. Il y a les cahutes à chaque pas qui manquent de faire tomber les rondins, les voluptés de cigare qui s'envolent avec et les haut de cœurs qui commencent à venir à la gorge d'Ishii. Mais les mômes, eux, s'en contrefichent, ils filent tout droit sans se préoccuper du reste, traversent une foret avant de s'engager dans un autre chemin, continuent la montée vers ce qui semblent être un château, chantent en cœur des chansons enfantine d'une voix horriblement fausse.

      Ça ferait pleurer les cœurs, et l'Ishii, lui qui a de si grandes oreilles, ça l'oblige à une grimace. L'une de celles qui déchirent son visage de long en large jusqu'à le rendre plus horrible, moins humain. Il est laid, le Monstre, tant qu'on pourrait incruster sa gueule dans un film d'horreur sans retouche. Si bien que lorsqu'il repense à la question de James, lorsqu'il veut enfin répondre, le chasseur doit se mordre les lèvres pour pas pleurer d'horreur.

      _Hmm... Un trésor, quel trésor ?

      Il y a ses lèvres qui partent de travers, sa gorge qui se déploie dans un cris sous un coup de remous et son énorme cigare, qui on ne sait pourquoi, au gré du hasard, vient former une forme étrange. Comme une tête de mort. Oui, là, le James doit avoir peur, il doit se demander sur quel fou il est tombé, à quel étrange monstre il va devoir se confronter.
      Mais il n'a pas le temps de se demander tout ça, juste celui de se sentir soudainement lâché. Et alors que les trois compères zieutent de partout pour comprendre ce qu'il se passe, les mômes ont déjà disparu. Entraînant avec eux les cris étranges et les chansons délirantes. Pour laisser place à quelque chose...

      Quelque chose d'encore plus horrible...

      Il y a ce palais, monstrueux. D'où l'odeur de mort se dégage par chaque ouverture. Plus aucune fenêtre n'est en état, chacune d'elles brisées. Il y a les rideaux, noirâtres, déchirés, qui volent, soufflés par les rafales de vent, les murs délavés qui se font manger par la moisissures et les pousses d'herbes mortes, détrempées. Et au milieu, cette grande porte de bois défrichés qui s'ouvre dans un énorme grincement, comme si les gongs pouvaient lâcher à tout moment.

      _Hmm... Un trésor ? Vous êtes sûr ?

      Le monstre n'attend pas de réponse et déjà, se dégage des cordes et du rondin, faisant craquer ses muscles. Toute sa grosse carcasse se dresse et chacun des os craque sous la mauvaise posture, faisant écho aux grincements de la porte. Déjà, il s'avance, comme intrigué et son ombre disparaît dans les méandres du château.

      Et il voit alors, il sent. Cette odeur de plastique et de peinture qui englobe la porte... Ces drôles de bruiteurs qui la font grincer. Son énorme nez sent cette  odeur de faux qui apparaît. Cette épaisse fumée noirâtre qui se dégage de machines, loin au dessus du plafond, formant comme un bouclier opaque. Comme pour cacher toutes ces paillettes, tout ce rose qui apparaît alors. Ces tables rondes où de jolis dessins d'enfants apparaissent, ces drôles de tableaux montrant les rêves de gosses.

      Et son sourire réapparaît sur ses lèvres, comme amusé.
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      Lorsque j'ouvris les yeux, je vis des feuilles partout. Elles avançaient rapidement et je sentais venir le mal de mer. Quelqu'un était en train de me trimballer au milieu de la forêt. Hein? C'était quoi ce bordel? Je tentai de me relever mais n'y parvins pas. Je ne pouvais plus du tout bouger mon corps! Seule ma tête répondait présente! Merde! J'étais paralysé! C'était pas possible! Je me débattis comme un diable (comble pour un ange), mais rien à faire! Je voulus hurler lorsque j'entendis des voix d'enfants en train de chanter des conneries! Encore eux? Je tournai la tête sur le côté et vis le mec aux cheveux en pics et l'énorme mec tout moche qui était à ma droite, allongés et ligotés. Le gros regardait vers la cime des arbres, sans bouger. Il était flippant! On aurait presque pu penser qu'il réfléchissait! Horrible...

      _Hmm... Un trésor, quel trésor ?

      Quoi? Un trésor? De quoi il parlait? Ha oui!! Je lui avais raconté cette histoire avant qu'on ne se fasse frapper à l'arrière de la tête. La vache, super le temps de réaction! Qu'est ce que j'allais bien pouvoir trouver comme connerie à raconter maintenant? Une idée lumineuse me traversa alors l’esprit. J’ouvris la bouche pour parler.

      -C’est le… Aïe !!!

      On venait de me lâcher comme une bouse de yack ailé sur le sol ! Ça m’avait tout simplement niqué le dos. Les enfants s’étaient en fuis avec des hurlements stridents. On était comme trois cons devant l’immense porte d’un grand bâtiment qui foutait les jetons. Il était grand et imposant, mais tout était cassé, déchiré, pourri et moche. Impossible que quelqu’un habite dans cet endroit. Ou peut-être des démons… Brrrr… Rien que d’y penser… Les deux types se détachèrent en un instant en brisant les cordes avant de se relever. J’eus beau tenter, rien à faire… Je fus obligé de me contorsionner dans tous les sens pour parvenir à m’extraire de cette emprise. Je me relevai finalement et courus vers la porte pour rattraper les deux grands pirates. Ils étaient déjà entré à ‘intérieur de l’antre des démons. Je sortis ma batte noire et pénétrai à mon tour.

      -Mais qu’est ce que…

      L’intérieur ne ressemblait pas du tout à ce que j’aurais pu imaginer de l’extérieur. Même si quelqu’un avait essayé de le dissimuler, c’était tout… Mignon ! Il y avait des couleurs flashy partout, des dessins faits à la main sur les murs, des trucs qui traînaient un peu partout… C’était hallucinant ! On entendait une petite musique aigue qui venait de bien plus loin. Des meubles aux dimensions réduites qui semblaient avoir été fabriqué avec des trucs trouvés un peu partout et assemblés selon les plans d’un mec bourré.

      Je descendis ma batte et commençais à regarder partout autour de moi. Je levais alors les yeux au plafond et vit un grand carré noir juste au-dessus de nous. Un claquement retentit et une immense cage nous tomba dessus. Plein de mécanismes s’enclenchèrent et les tableaux enfantins aux murs se levèrent pour laisser place à de grands trous d’où s’échappèrent des dizaines d’enfants hurlants !

      -Ouaiiiiis ! On a capturé des méchants !
      -Ils font peurs ! Surtout le gros !
      -La reine va être contente ! Vive le roi !
      -On dirait que ce serait des gros méchants envahisseurs de l’espace et que nous, ben on serait les gentils !
      -Ouais, et qu’on sauverait le monde même !
      -Tu crois que les filles nous feront des bisous ? Les héros ont toujours un bisou à la fin quand ils gagnent !
      -Peut-être que Lili me fera un bisou !
      -Ralf est amoureux de Lili-euh !!!!!
      -Ralf est amoureux de Lili-euh !!!!!
      -Ralf est amoureux de Lili-euh !!!!!
      -Ralf est amoureux de Lili-euh !!!!!
      -Ralf est amoureux de Lili-euh !!!!!
      -MAIS C’EST MÊME PAS VRAI, D’ABORD !

      Les gosses jacassaient autour de nous, certains étaient montés sur la cage et tous nous regardaient comme s’ils étaient au zoo. Un ado s’avança vers nous et ils s’écartèrent tous.

      -Je sus Till, le roi de cette île. Vous êtes sur notre territoire et les adultes n’y sont pas la bienvenue. Vous passerez sur la planche pour être jetés aux rois des mers ! Parce qu’on est des pirates !

      Il dégaina un sabre en bois et le leva en l’air avant d’être acclamé par les enfants. Ils se mirent alors à chanter une comptine pirate, sur un air lent et angoissant.
          Rydd n’y voyait que du noir, de sombres volutes qui semblaient happer tout, jusqu’à la lumière elle même. Un air glacial parcouru l’échine du blond, il trembla de tout son corps l’espace d’un instant. Sa vie semblait s’échapper, il courrait, il courrait pour échapper à cette force insatiable, la mort elle même. Son visage était livide, son front parcouru de gouttes de sueur. Quelle était donc cette masse noire et brumeuse ? Elle allait plus vite, bien plus vite que lui. Dans quelques instants il allait se faire avaler. Alors il courrait, il courrait…

          La masse se transforma bien vite pour prendre une forme plus tangible. Bientôt une silhouette se matérialisa. Un visage froid, inexpressif, des yeux de tueurs ; la masse noirâtre avait laissé place à un homme à la chevelure grisâtre, aux traits fins et aux lèvres fines. Cet homme, c’était Manfred Tigan. Sa bouche s’ouvrit lentement devant un Rydd aux yeux écarquillés. Mais avant que l’homme ténébreux ne puisse parler, un gamin en pagne venait de sauter sur lui et instantanément il disparu en un nouveau volute de fumée. Le garçonnet distribua quelques claques à l’ancien chasseur de primes.

          -«Tu as fini de rêver l’imbécile !»

          Alors la lumière traversa les sombres dessins du musculeux Rydd. Ses yeux s’habituèrent peu à peu à la lumière ambiante. A ces côtés, ligotés et transportés, les deux hommes avec qui il discutait auparavant. En dessous, une horde de mouflets braillards. Steiner rejeta aussitôt un air vers Ishii. Il avait un visage songeur mais ne semblait aucunement blesser. Lui même allait bien, son front manifestait les traces d’un sommeil agité, sueur collante et brillante. Parfois le plus petit des êtres peut devenir une force plus dangereuse que l’homme le plus puissant, il suffit de si peu… Ainsi deux étrangers étaient en fâcheuse posture.

          Pourtant le ciel se dégagea à l’approche d’un sombre castel. Des pierres sombres, une odeur si particulière… Les enfants fuirent rapidement. Sans attendre Ishii se dégagea, Rydd en fit de même. Bientôt les trois hommes furent sur pied. Le temps d’allumer un cigare et le blond fut de nouveau sur le qui vive. Finalement l’on entra dans le château, Ishii semblait bien plus attiré par l’or que son comparse et frère d’arme. Ainsi le capitaine s’engouffra dans le ténébreux château suivit de près par les deux autres individus. Finalement l’intérieur était aussi improbable que possible, bien loin de l’imaginaire que l’on pouvait s’en faire. Déjà Rydd c’était imaginer rencontrer des squelettes sordides et des cadavres en putréfaction, des pièges redoutables, des salles poussières et des armures au style vieillot. Mais rien de tout cela, à la place des couleurs chatoyantes, enfantines, presque accueillantes. Soudain le décor changea quelque peu et des flots de bambins se déversèrent dans la pièce comme une marée virile qui charge les digues sans crainte.

          La vague la plus cassante apparue alors à travers les flots, plus grande que les autres, plus vindicatives également. Un garnement plus massif que les autres se présenta comme « Le Roi ». Les menaces filèrent et un bout de bois fut dressé en signe d’hostilité.

          Rydd afficha un demi sourire avant de laisser échappé un long nuage de fumée.

          -«Je suis de ceux qui pensent que les rois sont faits pour chuter.»

          Et il jeta son mégot à terre avant de l’écraser sous son pied, lentement, très lentement.

          -«Ishii… ?»

          Rydd lança un regard brulant au cachalot, le genre d’yeux qui hurlaient « fessée ! », « On s’est fait choper comme des bleus ! Vengeance ! FESSEE ! »
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        -«Ishii… ?»

        Hmm...

        Le Monstre réfléchit. Et les deux autres hommes peuvent le voir à ce cigare fumant plus qu'à l’accoutumé, à ces deux petits yeux plats qui se rétrécissent d'autant, formant comme de nombreux plis de rides en haut des joues. Il y a eux, la cage, et tout autour les mômes qui murmurent leur chanson.

        Y en a qui deviennent sergents
        Ou marchands d'peinture
        Y'en a qui vendent des cure-dents
        Ou de grosses chaussures
        Y en a qui restent tout le temps
        Enfermé comme des patates
        Mais moi quand je serai grand
        Je serai pirate !
        Les pirates ont des tas d'frégates
        Des sabres pointus et pas de cravates
        Les pirates ont du poil aux pattes
        Et une tête de mort sur les omoplates !


        Y'a le plus petit de la bande qu'a le visage serré et ses lèvres mordant ses grosses joues toutes rosies. Y'a son ami qui ne fait que tirer la langue aux trois hommes. Et puis y'a le chef, le gosse se croyant homme, avec ses longs cheveux en touffe de mouton et sa peau tannée par le soleil son épée en bois et ce sourire qui en dit tant.

        Préparez bande de sales adultes ! Et pirates, montez la cage, faites vriller la machine et préparez la planche !

        Tout le monde s’exécute et les gosses se mettent à courir de partout dans des cris de joies et d'excitation. Puis, sans que les trois hommes ne comprennent, toute la cage se met à trembler avec à leurs pieds, des rouages qui les font valdinguer vers le haut, monter des escaliers où les barreaux passent exactement entre les parois dans un bruit de métal contre métal. Arrive alors un balcon à plus d'une centaine de mètres de hauteur. Les hommes se croiraient en haut de la tour d'horreur. Y'a les gosses qui braillent toujours, un peu essoufflés quand même d'avoir courru derrière, la cage tout tremblante prête à tomber et la planche de bois qui se met sur le bord du balcon. De toute part des lances de bois au bouts pointus se sortent et chaque gamin, du plus grand au plus petit se met à pointer la cage de son arme.

        Maintenant les adultes, mourrez ! Faîtes vous manger par les rois des mers pour avoir osé me chercher !

        Les trois hommes regardent en bas. Lèvent les yeux.

        Hmm... C'est une forêt, en bas. Pas une mer.
        Mais si y'a une mer en bas !
        Hmm... Non.
        Si !
        Non.
        Mais tais toi ! Sale adulte! Z'ont aucune imagination ces grands !
        Toi aussi t'es bientôt un grand...
        C'est pas vrai ! Et moi je suis le futur roi des pirates ! J'explose n'importe qui en un souffle, j'effraie les plus terribles pirates, même la reine est amoureuse de moi ! Alors on s'en fiche...

        Et sans plus laisser de temps, le môme tranche une corde corde qui se détend pour ouvrir la grille donnant sur le vide.

        Hmm bon, bon... Pas de gestes brusques...
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        On avait à peine eu le temps de comprendre ce qui nous arrivait que la cage se mit à trembler. Les vibrations étaient si violentes que nous tombâmes tous trois à genoux. L'homme aux cheveux blonds tombait bien! Il avait réussi à se rattraper à un barreau de la cage. A genoux, je m'accrochais de toutes mes forces lorsque la cage effectuait des virages violents. C'était un véritable petit labyrinthe que nous étions en train de parcourir, le bruit du vent dans les oreilles, des décors défilant à toute vitesse devant nos yeux, cette sensation de tanguer et de... de... BLEUARP!

        Mon estomac reconnaissait ce roulis et l'associait à celui d'un bateau. Même en plein milieu de l'île, je parvenais à choper le mal de mer, moi. Je décidai de ne pas me retourner afin d'éviter de regarder mes compagnons de cellule qui en avaient probablement reçu. La cage se stoppa brutalement et je fis un roulé boulé avant d'être stoppé par les barreaux métallique ce qui me fit horriblement mal. Malgré les menaces, la planche ne donnait pas sur une mer, mais simplement sur la forêt au bas de l'immense tour blanche. Mouais... Ça faisait vachement moins classe, mais tout de même, si je pouvais éviter de me retrouver sous forme de cercle rouge de quelques centimètres d'épaisseur sur les rochers qui nous faisaient de l'oeil en bas.

        La cage s'ouvrit dans 'un grincement et plus rien ne nous protégeait de la chute. Notre prison de métal était totalement en équilibre sur une planche à la con. Je poussai la grosse baleine d'un coté et me mis de l'autre avec le blondinet à cicatrice. Malgré cela, la cage penchait légèrement du côté du mec sphérique.

        -PUTAIN!!!! ON VA SE VIANDER!!!!

        Soudain, une idée fantastique me traversa l'esprit. Il y avait un moyen d'arrêter ce bordel! Je levai la main en l'air et tendis mon doigt vers le haut.

        -POUCE!

        Une seconde avant de basculer, les enfants s'immobilisèrent et me regardèrent avec des yeux ronds. Les petits attrapèrent la corde et stabilisèrent la cage. Le roi s'avança.

        -C'est pas du jeu! Pourquoi tu fais pouce?
        -VOUS SAVEZ CE QUE LES FILLES AIMENT? LES CLAQUETTES! SI VOUS NOUS LAISSEZ SORTIR, ON VOUS APPRENDRA A EN FAIRE! ON EST TROIS GRANDS CHAMPIONS DE CLAQUETTES! VOUS AUREZ AUTANT DE BISOUS QUE VOUS LE VOUDREZ SEULEMENT SI VOUS SAVEZ FAIRE DES CLAQUETTES! HEIN, LES GARS?

        Je les poussai du coude en leur faisant des clins d'oeil. Il fallait absolument qu'ils jouent le jeu si on voulait s'en sortir. Pourquoi j'avais parlé de ça, moi? Je n'avais jamais fait de claquettes, mais ça ne devait pas être bien compliqué.  On allait leur apprendre à danser comme des pros.


        Dernière édition par James Fermal le Dim 21 Juil 2013 - 16:58, édité 1 fois
            Une nouvelle fois on s’était joué des trois hommes qui se retrouvèrent dans une situation complexe. Enfermés dans une cage, bringuebalés de ci, de là, ils finirent bien vite par se retrouver en suspension dans les airs maintenu par la seule résistance d’un morceau de bois. L’équilibre, bien que précaire, était maintenu par un savant partage des forces. D’un côté le massif Ishii, de l’autre les deux blonds qui n’en menaient pas large. Rydd tendait les bras dans un vain effort de voir la cage s’immobiliser. Il jetait un regard mauvais à James qui semblait particulièrement énervé dans une situation qui nécessitait avant tout calme et réflexion. Certains diront que cet agacement profond était également dû à une flopée de vomi qui avait été distribuée à qui le voulait par le dit blond quelques minutes auparavant. Fort heureusement Rydd était parvenu à esquiver avec brio cette flopée. Il a quelques jours il n’était pas parvenu à éviter le vomi d’un dinosaure énorme, cette fois la tâche lui apparue bien plus aisée, l’expérience parlait…

            Mais si Rydd commençait à disposer d’une formidable expérience en matière de vomissures diverses, il n’en avait aucune en technique de survie dans une cage en équilibre. C’est alors que le blond, encore lui, tendit un pouce salvateur en direction des enfants. Bien que cette attitude était tout à fait étrangère au Tigre, les enfants eux se sentirent particulièrement réceptif à la vue de ce doigt. En effet ils immobilisèrent instantanément la cage et s’intéressèrent davantage à la situation. Steiner en profita pour souffler un moment et constater à quel point ils étaient haut.

            Le compère d’infortune qui venait de momentanément gagner du temps se lança dans une composition des plus improbables. Mâchoire pendante, yeux écarquillés, Rydd écoutait avec incompréhension les paroles qui s’élevaient jusqu’aux enfants. « Les filles aiment les claquettes » ? Ce subterfuge grotesque ne fonctionnera jamais songea aussitôt l’étranger. Mais un regard insistant des enfants l’incita à aller dans le même sens de telle sorte que Rydd devint en l’espace d’un instant le plus grand défenseur de la cause des claquettes.

            -«Bahhhhh… OUI ! Les claquettes quoi ! Un subtile mélange de sport et de grâce. Où l’on mêle dextérité pédestre à volupté du corps !»


            Le roi des bambins, qui ne comprenait qu’un mot sur deux, fronça les sourcils et desserra sa prise faisant bringuebalé de plus belle la cage. Rydd s’empressa d’utiliser des termes plus appropriés.

            -«OK ! OK ! C’EST LA CLASSE LES GARS ! ON A L’AIR SPORTIF ET MIGNON A LA FOIS. ON EST DES CHAMPIONS TOUS LES TROIS ET ON A DES PURES BEAUTÉS QUI NOUS SUIVENT PARTOUT ! »


            La corde se retendit et la cage s’immobilisa de nouveau, l’attention des enfants était acquise.

            -«ON A DES PURES BEAUTÉS AVEC NOUS, JE VOUS ASSURE. ADRIENNE PAR EXEMPLE ! LA BEAUTÉ INCARNÉE, LA GRÂCE, ET UN VISAGE, UN CORPS ! LES ENFANTS DES FILLES PLUS BELLES LES UNES QUE LES AUTRES ! JE VOUS JURE !»
            A la pensée d’Adrienne, Rydd se remémora sa transformation en insecte ajoutée à sa physionomie déjà si particulière et il manqua de peu d’imiter les hauts le cœur de James.

            -«REMONTEZ NOUS ET PAROLE ON VOUS APPREND A DEVENIR LES ENFANTS LES PLUS COOL DU MONDE. TOUTES LES FILLES SERONT POUR VOUS ! NOUS ON EST TROP VIEUX DÉJÀ C’EST FINI, MAIS VOUS ! C’EST L’AVALANCHE DE BISOUS ASSURÉE !»

            Jugeant qu’il en avait fait suffisamment, Rydd attendit de voir ce que les enfants allaient faire. En attendant il en profita pour chuchoter à Ishii.

            -«Si on s’en sort je ne veux plus jamais entendre parler de claquettes… Et on regarde où on fout les pieds !»
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          Hé lecteur! Tu as déjà fait des claquettes ? Sûr que tu connais. Mais tu sais, les claquettes... Cette drôle de danse qui ne se fait qu'avec les pieds, qui consiste juste à frapper le sol si visite que ça en deviendrait presque une musique entraînante. Tu connais hein ?

          Parce qu'Ishii, non.

          Il aurait bien aimé prendre un cours d'ailleurs, savoir comment l'on fait pour taper si vite que ça en devient rythmique. Mais il n'a pas le temps, ça non. Pas même celui de se demander comment il a fait pour se trouver là. Là, au milieu d'une tour qu'il ne connaît pas, encerclé de gosse qu'il n'a jamais vu et enfermé dans une cage qu'il aurait aimé ne jamais connaître.

          Pourtant, le Monstre si mal en point continuerait presque à sourire. Il y a ses dents toutes perdues sur le cigare qui continuent à se montrer, toute gueule ouverte, dans une grimace qui en ferait fuir plus d'un. Mais pas les mômes, non pas eux. Ces enfants qui jouent aux hommes n'ont pas peur. Enfin, presque pas... Mais ce n'est pas pour autant qu'ils joueraient à l’imbécile, alors quand Rydd fait sa proposition, tous les mômes restent un moment à laisser le silence faire son effet. A juste réfléchir si ces trois hommes ne la feraient pas à l'envers.

          _J'veux voir avant.

          C'est le chef de la bande, qui un sourire presque méchant sort la phrase que les trois hommes ne voulaient pas attendre.

          _Z'avez dix secondes.

          Et déjà son épée se rapproche d'une corde qui maintient encore la cage en semi équilibre. Dix secondes qu'ils ont. Dix secondes pour jouer aux claquette dans un espace confiné prêt à tomber dans le néant, dix secondes pour impressionner des gamins pas impressionnables à une danse qu'aucun d'eux ne connaît.

          _Hmm ? Des claquettes ? Facile, non ?

          Le gros Monstre sort ça presque naturellement, y'a les deux autres qui le regardent, le premier énervé et le second, l'étrange inconnu, d'un air surpris.

          _Hmm... Oui, il suffit d'un parapluie.

          Un parapluie, une paire de chaussures toutes bien cirées, un costard trois pièces et une moustache. Et le voilà qui part à se tambouriner le sol de ses pieds, bientôt suivi des deux autres. C'est laid, pas en rythme, le strois hommes se mirent en tentant de trouver le rythme. Y'a leurs regards qui se jetent sur leurs pieds puis sur leurs gueules. Y'a leurs chaussures qui frappent sans trouver le rythme, y'a les mômes qui explosent de rire de voir cette scène si laide et puis.

          Y'a ce gros Boum.

          C'est le bruit d'une corde qui lâche et d'une cage qui bascule. De trois corps qui volent par réflexe contre la paroi et du métal qui s’expose contre le sol. Des barreaux qui se mettent à cogner et de la cage qui se met à dévaler , chaque coté heurtant chacun son tour le sol, comme pris de vitesse. Y'a les corps qui s’emmêlent, les bleus qui se forment et les têtes qui se heurtent, y'a la poussière qui vole bien loin après, dans le château.

          Et la poussière qui s'engloutie après que la bousculade se soit enfin stoppée.
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          Les mecs avaient joué le jeu, il y a pas à dire. Si j’avais du avoir à redire, cela n’aurait pas été là dessus. Le blond avait même amené des arguments pour soutenir ma cause. Nickel, parfait le plan se déroulait à merveille. L’attention des enfants était captée, nous avions un moyen de sauver nos vies, ils voulaient nous voir à l’œuvre… Pour tout ça, il n’y avait pas le moindre problème. Là où ça coincé c’est que… ILS ETAIENT NULS ! Danser des claquettes avec eux était aussi difficile que de faire un concours de tir à l’arc avec des manchots ! Le blondinet avait la grâce d’une porte mal huilée et l’autre… L’autre était tellement énorme et peu délicat que la cage vibrait à chaque fois qu’il percutait le sol avec ses immenses panards ! Et son parapluie pour lequel il avait vraiment insisté manquait de m’éborgner chaque fois qu’il le faisait valdinguer dans les airs. J’avais beau leur montrer mon magnifique talent, ils ne parvenaient pas à se caler sur mon rythme.

          -BORDEL, LES GARS, FAITES UN EFFORT! NOTRE SURVIE DEPEND DE NOTRE PERFORMANCE!!!
          -Mais… J’essaye.
          -Ça va, c’est toi qui as eu cette idée de con !

          Fatalement, ce qui devait arriver arriva. Je ne saurais jamais si c’était Waleman qui nous avait fait basculer ou bien si les enfants avaient décidé de trancher la corde à cause de notre piètre prestation, mais en tout cas, nous commençâmes une très longue chute libre. La falaise commença à défiler devant nos yeux, nos corps s’élevèrent dans un ballet silencieux. C’était une sensation très agréable. On volait littéralement. Nous nous regardâmes sans dire un mot pendant plusieurs secondes. Je laissai même un sourire apparaître sur mon visage. Jusqu’à ce que la cage entre en contact avec la falaise.

          BONG ! BONDONGONG ! BING BANG BADABOUM ! DOOOOOONNNNNNNGGGGGG !


          En quelques instants, la cage se mit à faire des tours sur elle-même, nous projetant violemment contre les barreaux de fer. Nous nous cognions, nous nous tordions, nous nous heurtions. Par flashs, je voyais le sol se rapprocher dangereusement. Soudain, un grand fracas. La cage explosa littéralement en morceaux. Je sentis ma tête heurter violemment le sol tandis qu’une barre de métal s’étant tordu sous le choc me traversait de part en part. Je relevai la tête et vis deux corps, allongés sur le sol. Enfin ce qu’il en restait en tout cas. Le sang était omniprésent. Ils ne bougeaient plus. J’approchai une main de mon ventre et sentis un liquide chaud. Mon… Sang… Alors c’était ça mourir ? Mais c’était nul… Je ne voulais pas… Ma vision se troubla et tout devint noir.

          J’ouvris les yeux et me réveillai en sursaut. Nous étions toujours en train de tomber. Sans perdre un instant, je me ruai sur un coté de la cage et hurlai aux deux autres.

          -C’EST CE COTE DE LA CAGE QUI VA HEURTER LE SOL ! FAITES TOUT VOTRE POSSIBLE POUR RALENTIR LA CHUTE !!!

          Je me maintenais aux barreaux avec toute ma détermination. Le blond se joignit à moi et sortit ses mains de la cage. Son visage était écarlate tant il était sous tension. Ses mains virèrent au noir et se mirent légèrement à luire juste avant qu’il ne les plante dans la falaise. Ses doigts se plantèrent dans la roche, laissant d’immenses sillons dans la pierre. Cela ne nous ralentissait pas assez. Je pris le gros monstre qui était responsable de notre calvaire et le collais contre la paroi. Sa graisse nous ferait un petit matelas. C’était ridicule, mais on n’avait pas cinquante possibilités autour de nous. Il fallait tout donner. Je sortis ma batte et la calais derrière le dos du gros pirate. L’impact dial qui y était fiché absorberait une très grande partie du choc.

          BAM !

          Malgré tout, nous fûmes extrêmement secoués. Le dial avait emmagasiné la très grande majorité de l’énergie cinétique de la cage. Le grand se releva le premier. Ses doigts étaient en sang et il semblait très affaiblit. Je m’extirpai des bourrelets du troisième qui se releva à son tour. J’étais un peu choqué, ma tête avait beaucoup bougé. Et je me sentais bizarre… Cette vision… Je levai les yeux vers celui qui avait sacrifié ses doigts pour nous ralentirent.

          -Je sais pas comment tu as fait ça mais… Bien joué. Au fait, je suis James Fermal, et vous ?

          Je ne criai plus. Surement le choc qui m'avait décoincé.


          Dernière édition par James Fermal le Mar 13 Aoû 2013 - 21:57, édité 1 fois

              Se lancer dans un numéro de claquette dans une cage suspendue à un fil, le tout donnant sur un vite monumental, non c’était clairement pas une bonne idée. C’est pourtant ce qui se passa devant les yeux hilares des enfants qui dominaient la scène. Le trio malchanceux s’était lancé dans une interprétation très personnelle d’un numéro de claquette de niveau professionnel. Rydd regardait ces partenaires et il songea qu’il était évident qu’il les surclassait largement ; que ce soit dans le jeu de jambes ou dans le port altier. Après quelques pas pourtant il commença à voir rouge et à trouver le grotesque de la situation impossible à surmonter. Ishii se démenait autant qu’il pouvait mais il avait fatalement la grâce d’un cachalot, le blond gesticulait  dans un imbroglio parfait qui ressemblait à tout sauf à des claquettes. Bref c’était catastrophique. Le blond eut la bonne idée de venir en rajouter avec un commentaire acerbe, ce qui agaça profondément Rydd.

              -Ça va, c’est toi qui as eu cette idée de con ! Numéro de claquette, non mais je sais pas songea Rydd profondément agacé.

              Mais après le grotesque vint le mortel. La cage finit par chuter, pour l’on ne sait quelle raison. Les trois gaillards volèrent un temps dans la cage comme trois volatiles impétueux. Puis ils entrèrent en contact avec le sol ou tout du moins la falaise. De fait aussitôt la cage commença à dévaler la pente en tournant en tous sens. Les trois hommes se rentraient dedans avec violence et cette fois Rydd trouva qu’effectivement l’embonpoint d’Ishii était un atout redoutable. En regardant la pente l’ancien chasseur de primes remarqua avec effroi que la hauteur était terrible et que la prise de vitesse de la cage allait être fatale. Il ne fut pas le seul à s’inquiéter de cette situation puisque le braillard y alla de sa gueulade personnelle. Mais Rydd avait perçu un véritable changement de physionomie chez l’homme l’espace d’un instant. C’était un passage fugace sur son faciès, comme si pendant un court instant il avait abandonné sa mine d’ahuri pour devenir subitement intelligent.

              -C’EST CE COTE DE LA CAGE QUI VA HEURTER LE SOL ! FAITES TOUT VOTRE POSSIBLE POUR RALENTIR LA CHUTE !!!

              Rydd ne sut pourquoi mais il ne se posa pas de question, il comprit vite que sa vie allait se jouer sur un rien. Il fallait ralentir la chute mais comment ? Il n’avait pas d’armes sur lui, juste son corps… Il regarda ses mains l’espace d’un instant, quitte à perdre la vie autant vivre et ne perdre que ses mains ! Fort de ce raisonnement il prit une grande inspiration et plongea ses mains dans la falaise.

              Mais entre sa résolution et le passage de ses doigts à travers les barreaux, un événement particulièrement étrange se déroula. Rydd conscient de la douleur à venir c’était concentré énormément sur ses mains, au moment même où il s’élança elles devinrent noires et semblèrent incroyablement plus solides. Et en effet quand ces doigts entrèrent en contact avec la falaise il ne sentit aucune douleur, ses mains semblaient plus solides que l’acier ! Rapidement ces deux comparses vinrent lui porter assistance et la vitesse de chute de la cage s’en trouva grandement diminuée. Malheureusement sur les derniers mètres de la descente les mains de Rydd redevinrent normales de telle sorte que ces doigts s’arrachèrent instantanément laissant une trainée rouge écarlate sur le long de la falaise. Cette situation ne dura bien heureusement que l’espace d’un instant puisque la cage se fracassa finalement sur le sol.

              Le choc fut terrible mais pas mortel, Rydd fut le premier debout, encore hagard de ce qui venait de se passer avec ces mains. Il les regardait avec attention alors qu’elles étaient en sang, peut être espérait il les revoir virer au noir. Bientôt les autres se relevèrent aussi. Le blond avait eu un bon pressentiment, il l’interrogea également sur ces mains.

              -«Je sais pas comment j’ai fais ça…»

              Et au blond de donner son identité tout en demandant aux autres la leur. A ce moment Rydd, passablement énervé depuis un bon moment, afficha un air particulièrement mauvais. Celui du mec qui c’était fait attraper par des gosses, qui après avoir été libéré c’était fait reprendre dans une cage, qui avait fait un numéro de claquette débile en équilibre dans le vide et qui finalement avait vu sa mort arrivée dans une chute monumentale.

              -«Qui je suis ? Je suis un mec qu’a mal aux mains.»


            Dernière édition par Rydd Steiner le Jeu 5 Sep 2013 - 12:03, édité 1 fois
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            -«Qui je suis ? Je suis un mec qu’a mal aux mains.»

            -Et moi, Hmm... Au crane.

            La vie est moche parfois. Et il y a beau avoir toute cette poussière qui ferait tousser n'importe quel homme, il y a beau avoir le pauvre Rydd à se morfondre sur ses mains et cette énorme bosse qui pousse déjà sur le crane du cachalot ; si celui voit une larme apparaître au coin de son œil, ce n'est que pour une seule raison...

            -Mon... Parapluie... Hmm... Est cassé.

            Il réajuste sa cravate, frotte vigoureusement son costume tout poussiéreux et démêle les poils de sa moustache avant d'aviser les deux autres hommes. L'est sale l'Ishii, il a encore de la poussière au creux des joues, une cicatrice sur le front toute luisante de sang et son costume, chiffé, abîmé, pend pitoyablement au bas de son ventre, les coutures déchirées. Pourtant, il garde constance et son corps tout droit ne pointe qu'une chose : la porte.

            _Hmm... Allons apprendre à ces enfants ce qu'est une correction d'adulte.

            Le Monstre n'attend pas de réponse, ni signe de tête ni même un mot et déjà ses deux pieds l’amènent à l’intérieur de l'immense battisse. Là, toute la pelletée de gosse est déjà aux aguets à tenter de comprendre comment les trois hommes peuvent encore être debout. Ils ont sauté de plusieurs dizaines de mètres et continuent pourtant à tenir sur leurs deux jambes, plus énervés que jamais. Les plus petits sont morts de trouilles à se cacher derrière les plus grands qui, jambes flageolantes, tentent tant bien que mal de garder leur calme.

            L'Ishii lui, une main dans la poche et l'autre toute tendue, délecte son cigare abîmé par la chute. Il a le regard froid et tout le visage tendu.

            _Hmm... Vous allez comprendre maintenant. Hmm... La punition de l'adulte.

            Sans une seule petite seconde d'intervalle, sa main se met à voler une dizaine de fois avec une rapidité à faire palir le futur fruit de la lumière et s'en crée autant de lames d'air qui viennent gifler un instant plus tard une moitié moitié des mômes. Tous tombent en arrière sous la surprise et la force des coups. Pourtant, l'Ishii, lui, n'a pas bougé, et sous le regard médusé des survivants, sa voix résonne dans toute la pièce.

            -Sur cette île, maintenant... Hmm... Vous ne serez plus seuls. Ici, c'est moi qui la contrôle. Cent hommes et femmes s'installeront, ils auront des terres, des maisons et des vies que je protégerai. Vous n'êtes que des enfants que l'on abandonné, sans éduquer. Pourquoi, Hmm... J'en sais rien... Mais je suis là et si votre route a croisé la notre, c'est pour une bonne raison. Vous n'êtes que des âmes perdues. À qui il faut apprendre les bonnes manières, et si je dois mettre cent claques de plus je le ferai. Vous n'êtes plus seuls et devrez faire avec. Et si quelqu'un s'oppose à ça, qu'il me défie. Ici et maintenant.
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            Visiblement, ce n’était pas des flèches… Je leur avais demandé leurs noms et ils m’avaient répondu respectivement : mal aux mains et mal au crâne. Franchement, j’étais pas aidé… Mais il y avait une chose qui nous unissait tout de même. Le sentiment d’avoir été humiliés et mis en danger par des sales mioches. Et pour donner une leçon à des mioches, il n’y avait qu’une seule solution. DES CLAQUES ! Nous remontâmes tous les trois, bien décidé à mettre une fessée déculottée à tous ces petits cons. Un rapide coup d’œil sur mes fiches me fit savoir que les deux gugusses s’appelaient Ishii Mosh (54 millions de berrys) et Rydd Steiner (33 millions de berrys). La porte s’ouvrit à la volée sous la main pesante de l’énorme Ishii.

            Les enfants nous regardèrent entrer avec des yeux ronds. C’était probablement la première fois qu’ils voyaient quelqu’un revenir du grand saut. Héhéhé… J’avais déjà survécu à une chute de Skypiea alors ce n’était pas une petite falaise qui allait m’ôter la vie. Sans que je comprenne comment, l’homme-poisson mit des gifles à une bonne dizaine de gosses sans même bouger de sa place. Il avait frappé à distance. Vachement classe !

            -Sur cette île, maintenant... Hmm... Vous ne serez plus seuls. Ici, c'est moi qui la contrôle. Cent hommes et femmes s'installeront, ils auront des terres, des maisons et des vies que je protégerai. Vous n'êtes que des enfants que l'on abandonné, sans éduquer. Pourquoi, Hmm... J'en sais rien... Mais je suis là et si votre route a croisé la notre, c'est pour une bonne raison. Vous n'êtes que des âmes perdues. À qui il faut apprendre les bonnes manières, et si je dois mettre cent claques de plus je le ferai. Vous n'êtes plus seuls et devrez faire avec. Et si quelqu'un s'oppose à ça, qu'il me défie. Ici et maintenant.

            La vache ! Prendre l’île ? Carrément ? Je savais pas que l’on pouvait faire ça ! C’était plutôt classe, mais moi, ce qui m’intéressait, c’était le trésor et botter le cul de ce Till pour lui apprendre que ce n’était pas très gentil de balancer les gens du haut d’une falaise de plusieurs centaines de mètres. Ishii avait parlé d’un trésor. Ou alors c’était moi… Je ne me souvenais plus. En tout cas, il fallait que j’aille voir tout en haut de la tour. Ou dans les profondeurs des sous-sol. Je sortis ma batte, prêt à me frayer un passage à travers ces mini-crottes humaines. Mais Till ne semblait pas d’humeur conciliante. Il brandit son épée de bois et se plaça sur ma route.

            -JAMAIS ! Jamais je ne vous laisserai nous chasser de chez nous. Vous, les adultes, nous avez laissé ici, nous avez abandonné, nous avez laissé mourir de faim. Nous avons survécu par nous même. Vous ne pouvez pas revenir maintenant et vous octroyer notre territoire. Cette île est A NOUS !!

            Des cris d’encouragements saluèrent ses paroles et les enfants se relevèrent. Certains pleuraient, d’autres se frottaient la joue en chouinant… Sans réfléchir, je pris une balle et la frappai pour atteindre Till. Qu’il me balance de la falaise passait encore, mais il était hors de question qu’il se dresse entre moi et de l’argent. Mais une main délicate attrapa la balle à quelques centimètres de son visage. La balle devint bleue, avec des reflets blancs. La main s’ouvrit et la balle resta bloquée en l‘air, parfaitement immobile. Trop bizarre.

            -Qu’est ce que c’est que ce bazar ? Vous faites beaucoup trop de bruit.

            Une jeune fille se tenait à la droite de Till et tous les garçons se retournèrent sans dire un mot. Seul Till sembla avoir une réaction. Il commença à nous pointer du doigt en nous traitant de tous les mots. Sans prévenir, la fille se pencha rapidement vers lui et lui fit une bise sur les lèvres. Instantanément, le garçon s’immobilisa et obtint une teinte bleutée lui aussi.

            La baleine, la mouette, la future lampe torche et l'ivoire Creator-owned-day-tessa-vasquez-by-therazorkid-d4rgy2i_imagesia-com_5zt7_large

            La fillette s’avança vers nous et descendit les marches vers nous. Elle faisait passer un petit bâton de la partie droite de sa bouche vers la partie gauche en mâchouillant quelque chose.

            -Des adultes ? Et envahissants en plus ? Vous autres, vous vous croyez toujours tout permis juste parce que vous êtes vieux. Mais c’est le royaume des enfants ici. Et je suis Lydia, leur reine. Vous vouliez un affrontement ? Je vous en prie, je suis votre fille. Qui sera mon adversaire ? Vous le gros monstre ?

            De mon côté, je n’avais pas forcément envie de frapper une petite fille à coup de batte de base-ball. Mon image en aurait été affectée. Et puis, je n’avais jamais prétendu envahir leur île moi. Tout ce que je voulais, c’était leur piquer leur trésor.
              Sur l’île où est né le cachalot, il y avait un vieillard. Ce vieillard-là, avec ses dents toutes noircies, tombantes, et ce sourire espiègle, ses joues creusées par le temps et ses poils de crâne qui se battaient pour continuer à subsister, ce vieillard-là, il avait une phrase pour la jeunesse. Il disait que les gosses, « ce n’sont que des bouts de vies qui grandissent à coups de bâtons ».

              Avant cette foutue île et ces foutus gamins, l’Ishii n’a jamais voulu donner raison au vieux, mais là… Avec toute cette mascarade, son costume déchiré et son reste de cigare à peine fumant au creux des lèvres, le cachalot aurait presque envie de lui donner raison, à ce vieux.

              Sauf qu’il y a ce respect pour lui-même, il y a cette envie de paix qui continue à trotter au fond du gros crane de cachalot. Parce qu’un Monstre, ça ne frappe que pour se défendre, ça ne détruit que le mal et qu’un gosse, c’est le contraire. L’enfance c’est la naïveté, le vrai, ce n’est aucun jugement sur ce qu’il faut faire et ce qu’il ne faut pas faire, c’est l’homme dans toute sa nature d’homme, sans éducation et sans société. C’est la beauté même de l’humain sans toutes ces transformations à le transformer en automate réfléchissant pour le haut et trimant comme en bas.

              Au fond, Ishii, ce n’est qu’un gosse comme eux qui en avait mare d’écouter ce que l’on voulait faire de lui, qui a tracé sa route sans écouter le code de circulation, qui s’est créé ses règles et qu’a volé de ses propres ailes. Qui a dit merde à la loi, à la marine et à toutes ces forces qui l’avaient enfermé dans une case trop petite pour lui. Ishii, c’est un gosse qui continue de rêver à un meilleur monde sans se préocuper du jugement, de la risée et de toutes ces choses qui empêchent l’homme de vivre homme.

              -Des adultes ? Et envahissants en plus ? Vous autres, vous vous croyez toujours tout permis juste parce que vous êtes vieux. Mais c’est le royaume des enfants ici. Et je suis Lydia, leur reine. Vous vouliez un affrontement ? Je vous en prie, je suis votre fille. Qui sera mon adversaire ? Vous le gros monstre ?

              -Hmm. Un adulte ? Moi ? Je n’suis qu’un enfant, perdu comme vous. Qui trace son chemin comme bon lui semble. Et puisque j’ai dit que cette île m’appartenait, elle m’appartient. Hmm… C’est tout.

              Déjà, le Monstre fonce sur l’enfant. Tout son gros corps vole vers elle. Il y a les grosses pattes du cachalot qui s’étendent comme des ailes d’anges, son énorme torse qui surplombe la môme de toute son étendue et sa gueule, elle, laide, qui fixe les minuscules prunelles. Immobile, à quelques centimètres du visage, il observe, attend, comprend cet étrange pouvoir qui inhibe la gamine.

              -Vois, mon enfant. Vois comme la vie peut être laide et détruire en un instant ce que notre cœur a mis des années à construire. Hmm… Vois tes rêves partir en fumée et d’autres se créer. Vois ton âme d’enfant s’envoler pour faire naitre celle d’un autre, d’un gamin tout aussi rêveur mais qui connaitra cette dure réalité. Oui, endurcie toi, apprens à connaitre l’amour, l’amitié, la confiance et le partage. Enserre ses valeurs et ne les lâche plus. Parce tôt ou tard, Hmm… Quelqu’un viendra te le prendre. Je ne te vole rien, moi, Hmm… Je t’apprends.

              Il y a l’instant d’après, celle où la mome se jette en avant, détruit les quelques centimètres qui la sépare du Monstre. Celle où l’immense corps de cachalot se jette en arrière, esquivant la main tendue et celle, plus grosse, du Monstre, enserre les cordes d’un rideau pour enfermer à l’interieur les bras de l’enfant.

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              La tension était palpable dans la pièce. Une tension hostile de la demoiselle envers le cachalot. Une tension imposante du cachalot envers les enfants. Une tension de crainte et d’amour des enfants envers la demoiselle. La boucle était bouclée et à mon grand soulagement, je n’en faisais pas partie. Ils réglaient leur petites histoires de leur coté, moi j’allais profiter de tout ce remue ménage pour filer directement piller leur trésor. Me déplaçant en crabe pour ne pas quitter la scène des yeux, je m’éclipsai discrètement. J’entendais derrière moi le monstre passer à l’action, directement suivi par les cris de tous les enfants qui avaient décidé de défendre leur reine. Héhéhé, personne n’allait faire attention à moi dans ces circonstances. Je me mis à monter les escaliers à toute vitesse, espérant que personne ne me remarque. Au cas où, je pris ma batte noire, celle où se trouvait l’impact-dial, prêt à envoyer valdinguer quiconque me barrerait la route, enfant ou pas.

              Ce que je n’avais pas prévu, c’était la longueur des escaliers. J’étais parti bille en tête, à toute vitesse, sans réfléchir. Mais ce putain d’escalier semblait ne jamais se finir et j’étais quasiment en train de ramper quand j’arrivais tout en haut. Me hissant à la force de mes bras, je parvins au dernier palier où deux jeunes garçons avec des passoires sur la tête me regardaient avec des yeux ronds. Ils encadraient une grosse porte en bois. Le plus petit se mit à émettre un son strident avec sa bouche en dégainant un bout de bois avec deux extrémités et un truc entre les deux. Avec son doigt, il se mit à tirer dessus et le truc s’allongea. C’était bizarre !

              -Un intrus ! Un intrus ! Feu !

              Des petits cailloux se mirent à me frapper de plein fouet. A bout de force, je me tortillai contre le sol en hurlant de douleur et de désagrément.

              -Bande de sales mômes, arrêtez ça ! Aïe ! Aïe ! Je vais vous éclater !

              Ca piquait vraiment fort, même si c’était supportable, mes muscles me faisaient trop mal pour que je fasse quoi que ce soit. Après quelques instants de réflexion, je pris ma batte et la mit en travers de mon corps. Plusieurs projectiles frappèrent l’impact dial qui fut rapidement chargé. Allongé sur le sol, j’attendais avec impatience l’instant magique. Il ne devait plus tarder. Et bing ! Une pierre frappa le dial qui libéra l’énergie accumulée d’un coup. La roche repartit dans l’autre sens avec une forte pression et frappa le grand dans l’épaule avec beaucoup de force. Le gosse se tint le bras et tenta en vain de se retenir de pleurer. N’y tenant plus, il finit par partir en hurlant dans l’escalier.

              J’en profitai pour me relever et arracha l’engin jeteur de pierre des mains du plus petit qui s’enfuit à son tour. C’était rigolo ce machin. Je m’amusai un instant à tordre le bout avec mon doigt, mais il reprenait toujours la même position. Je ramassai une pierre sur le sol et essayai à mon tour de la lancer. Le résultat ne fut pas concluant. Après me l’être prise trois fois dans l’œil, je décidai de laisser tomber et de reprendre mon objectif en vue.

              -Coming Violence !

              Frappant à toute vitesse ma batte dans la paume de ma main, je chargeai à bloc le dial avant de libérer une frappe phénoménale dans la porte de bois qui vola en éclat. Je pénétrai dans la salle en écrasant les copeaux et ne vis rien d’autre qu’une table sur laquelle reposaient deux grosses formes de couleur. J’aurais dit des fruits, mais ça ne ressemblait à rien de ce que j’avais pu voir dans les étales des vendeurs sur les marchés.

              -Quoi ??? C’est ça le trésor ? Sérieusement ?

              J’attrapai le premier fruit et mordais à pleine dent dedans. Déglutissant avec peine, je jetai le fruit contre le mur rageusement. C’était absolument dégueulasse ! J’avais fait tout ça pour un fruit immonde ? Mais quelle arnaque ! Qui avait donc parlé d’un trésor pour ça ?! Je fis un rapide effort mental pour m’en souvenir et dus bien admettre que… c’était moi… J’avais inventé cette histoire et j’y avais cru comme un débile ! Me voilà bien loti ! Je n’avais plus qu’à redescendre et à me tirer d’ici ! Quelle perte de temps…
                Tout se passerait presque bien. Il y a la môme se prenant pour une princesse à se battre contre les cordes attachées à ses poignets. Le pauvre Rydd tout entouré de gamin et jouant au combat de claques contre les enfants. Il y a le James encore perdu dans les escaliers à tenter de se faire la malle.

                Et au milieu de tout ça, le Monstre, lui, se délecte d’un cigare qui n’en finit pas.
                Au centre de la pièce, le costume en lambeau et le corps fatigué, ses deux yeux plats tentent d’observer tous ces détails. De comprendre comment ces enfants si faibles ont fait pour rester là, sans se faire manger par le premier pirate.

                Et puis, la porte s’ouvre. Une grande porte, tout en bois avec les gongs abimés, rouillés, qui résonnent dans la pièce, faisant s’arrêter tous les enfants. Tous les regards se tournent vers l’entrebâillement d’où apparait l’ombre d’un corps minuscule, vouté. Tout son corps caché ne laisse apparaitre qu’un mince filet rouge, comme le creux d’un œil, étrange…

                Une voix robotique sort alors, avec en fond, un son presque enfantin. C’est une voix qui résonne dans toute la pièce, faisant taire les enfants comme dans un silence apeuré, respectueux.

                _Les adultes ne sont pas acceptés ici.

                L’enfant sort de l’obscurité, laissant voir son visage attristé, robotique. Son cou se tord pour pointer ses deux yeux vers le Monstre, presque mécaniquement.

                _Vous n’êtes pas accepté, ici. Ishii Môsh. Je suis agent du gouvernement, chargée de la sécurité des lieux. Et aucun pirate n’a le droit de vie. La marine et le CP9 que je représente sont les garants du fragile équilibre qui offre la tranquillité à cette île. En tant que pirate, vous détruisez les règles, et dérogez aux règles d’harmonie.

                _Hmm ? CP9 ?

                Un regard presque intrigué vient perler au visage du Monstre.

                _CP9 hein ? Alors ce n’est pas qu’une légende. Hmm… L’équilibre, mon enfant, est bâti sur des bases pourries de l’intérieur. L’équilibre, comme tu dis, est un nid infesté qui doit être détruit pour mieux repousser.

                _Vous êtes mort, Ishii Môsh.

                Sans même un mot de plus, la gamine disparait d’un bond en avant et réapparait un instant plus tard à l’autre bout de la pièce. Puis elle re-saute et le manège continue. Elle bondit à chaque instant d’un bout à l’autre de la pièce, s’approchant de plus en plus du corps immobile du Monstre. Et soudain, c’est le poing de la miss qui vient percuter la joue du cachalot d’un énorme coup, manquant de faire tomber l’énorme carcasse.

                Mais l’Ishii tient bon. Stoïque, il observe. Son nez renifle de toutes ses forces comme pour tenter de comprendre d’où proviendra le prochain coup. Et le suivant, il ne le voit pas non plus, frappé au bas du ventre d’un énorme coup de pied, lui faisant tomber le genou à terre. Et la petite repart tout aussi vite de l’autre côté, empêchant une réplique. Alors le Monstre, les yeux clos, se rappelle. Il se rappelle à la mer, au bruit des vagues claquant contre le bateau, aux infimes mouvements de poissons, aux plus grands, de bancs. Il se rappelle tout ça et retente l’exercice sur la pièce. Il observe les yeux fermés ses énormes pieds contre le sol ; Le Rydd immobile qui tente de faire face aux dix gamins encore debout, l’entourant, à la petite princesse dont une larme coule le long de sa joue. A ses yeux tout tristes de ne pas pouvoir se défaire. Et puis, enfin, l’Ishii sent, les mouvements du robot aller et venir en tous sens. Il comprend ses pas avant qu’elle ne les fasse. Il voit ses mouvements avant qu’ils ne se réalisent.

                Il frappe avant qu’elle ne comprenne.


                Dernière édition par Ishii Môsh le Mar 17 Sep 2013 - 13:00, édité 1 fois
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                  Toujours étourdi par sa chute, et sa surprenante aventure manuelle, Rydd suivait plus qu’il ne participait. C’est ainsi qu’il se retrouva spectateur silencieux des différents échanges qui suivirent. Le ton monta assez vite, il fallait dire que les enfants s’étaient particulièrement bien joués d’eux. Ainsi une fessée puissante semblait se profiler à l’horizon. Ce qui devait arriver, arriva. Les enfants se lancent à l’attaque, le cachalot aussi. Rydd reste hagard l’espace d’un instant, il regarde ses mains avec appréhension. La crainte de voir le phénomène méconnu réapparaitre le prend aux tripes. Ses jambes faiblissent, sa tête s’alourdie. Dans sa pupille se reflète l’image d’Ishii s’élançant vers le danger. Le blond fronce les sourcils, serre les poings, se mord la lèvre. Il doit également agir.

                  Comme d’accoutumée son sang froid le préserve d’une attaque tête baissée. Il analyse la situation. Il est entouré d’enfants, non loin l’homme poisson se bat sans faire preuve de difficultés. Le dernier membre du trio tente quant a lui de se faire la belle. Alors Rydd se rappelle qu’ils ne sont là que pour une chose, le trésor ! James se faufile alors vers un grand escalier, bénéficiant d’une diversion savamment orchestrée par un Ishii en grande forme. Rydd laisse échapper un juron, pas question de laisser l’inconnu obtenir le gain si facilement.

                  D’un geste large il retire donc son large manteau et le jette violemment sur les enfants devant lui. Les gosses bataillent vainement sous le manteau tout en offrant un chemin libre vers l’escalier.

                  Ishii ! L’autre gaillard file vers le magot ! Je m’en occupe ! Prends les marmots !»

                  Et il s’élance tout en marchant copieusement sur les bambins encore sur son passage. Dans l’escalier il distingue les pas rapides du blond. Le marathon commence. Les marches n’en finissent pas, Rydd songe même à un nouveau tour de passe-passe des garnements. Il sue à grosses gouttes, son souffle devient de plus en plus saccadé.

                  Un ascenseur !  Mon royaume pour un ascenseur !»

                  L’ex chasseur de primes termine son ascension presque à genou, une main sur le mur, la respiration saccadée. Devant lui une porte éventrée plus qu’ouverte et deux bambins assommés en guise de décor. A peine s’approche-t-il qu’il est percuté par James qui, sans même ralentir, dévale les escaliers dans l’autre sens. Un rapide coup d’œil montre qu’il n’a rien sur lui ou pas grand chose. Rydd passe donc un œil curieux à l’intérieur de la pièce. Rien, une salle affreusement vide, exception faite d’une table où trône une sorte de pamplemousse de belle taille. Agacé Rydd peste devant son manque de chance et comprends pourquoi James et déjà redescendu, à la recherche de la véritable salle au trésor. Mais à peine allait il redescendre l’escalier que sa mémoire se vivifia. Il s’exclama alors si fortement que les murs semblèrent en trembler.

                  OOOOOH !»

                  Il se jeta dans la salle les yeux plus écarquillés que jamais. Son cœur battait la chamade, ses mains tremblaient violemment, il n’était plus qu’anxiété mais aussi espoir. Car oui, le fruit qui était sur la table, il semblait qu’il l’avait déjà vu en dessin. C’est d’une main fébrile qu’il attrapa un petit ouvrage soigneusement placé prêt de son cœur, sous sa chemise. Les pages volaient avec célérité.

                  LA !»

                  Et ses yeux se stoppent sur une page en particulier. Sur celle-ci, inscrit en gros, « Fruit de la Lumière ». En dessous un descriptif complet du fruit et surtout, un croquis. C’est alors que se déroule la phase de comparaison. Rydd analyse, compare, recense les ressemblances. Il doute, il hésite. Le fruit en face de lui est-il réellement le fruit de la lumière ? L’examen dure plusieurs minutes et finalement, la réponse est incontestable. Rydd tombe alors sur les fesses, directement sur le sol froid de la pièce.

                  Merde, merde, merde, merde, merde ! Putain, putain, putain, putain, putain, putain. »

                  Il se remémore les leçons de son mentor, l’intérêt des fruits du démon et encore plus ceux des logias. C’est ainsi qu’il avait fini par dérober un ouvrage traitant de ces fameux logias et avait consciencieusement mémorisé les différentes formes et couleurs de ces fruits miraculeux. Mais maintenant qu’il était devant ce semblant de pamplemousse doré, il doutait. En contrebas il entendait les bruits de bataille, Ishii était peut être en danger, il n’y avait pas de temps à perdre. Rydd attrapa donc le fruit et fonça vers l’escalier. Devant les marches il ferma les yeux, souffla longuement et avala le fruit. Il mâcha longuement et gagna quelques hauts le cœur dans le processus. Et ce fut tout… Il attendit quelques instants un changement mais rien ne vint…

                  Tsss, finalement ce n’était qu’une copie… »

                  Et il s’avança vers l’escalier. C’est alors que par un procédé incompréhensible il se retrouva quelques marches plus bas à une vitesse incroyable. Ne comprenant pas réellement la raison de tout cela il se pencha vers le bas de l’escalier pour voir la distance qu’il avait parcouru. Sans comprendre il fut irrémédiablement attiré par le vide et fila directement vers le sol. Il allait percuter avec violence les premières marches de l’escalier sans fin. C’était fini…

                  Pourtant lorsqu’il percuta le sol une formidable explosion se déclencha à la place d’un Rydd écrasé et sanguinolent. Lorsque la poussière et les gravas retombèrent, Rydd était intact au centre d’un gigantesque cratère. Non loin de lui se trouvait Ishii toujours aux prises avec les autres enfants. Une bonne partie d’entre eux s’étaient stoppés devant l’explosion si subite et impressionnante. Rydd jeta un regard affolé à destination d’Ishii.

                  Je crois que j’ai fais une connerie… »
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                En descendant l’escalier je percutai Rydd, le pirate blond qui montai à ma suite. Sans m’en soucier, je continuai ma route. S’il espérait un trésor, lui aussi, il allait être bien déçu. J’arrivais enfin en bas de ces foutus escaliers. J’avais franchement envie de vomir, le goût infect du fruit me restait encore dans la bouche. Il fallait absolument que je boive de l’eau ou autre chose pour virer le goût. J’ouvris la porte à la volée et regardai partout autour de moi s’il y avait un truc à boire. Mais je ne vis que le gros cachalot en train de se faire tabasser. Mais il était tellement gros et imposant que les coups s’enfonçaient dans son corps sans même le faire bouger. C’était pitoyable… Je savais pas qui était ce gosse, mais il s’y prenait mal.

                Elle se déplaçait très vite et frappait très fort, mais jamais elle ne pourrait en venir à bout. En tout cas, ce n’était pas vraiment mon problème. Quoique… Si cet enfant pouvait m’aider, je pourrais peut-être foutre une raclée à Ishii Môsh et empocher sa prime.

                -Hey petite ! Tu veux un coup de main ?

                A cet instant la fillette vola à travers la pièce et s’écrasa contre le mur. A en juger par les traces de doigts sur sa joue, elle avait déjà eu un sacré coup de main. Elle n’avait pas besoin de mon aide. Hummm…. Non, tout bien réfléchi, son aide ne serait pas suffisante pour venir à bout de ce monstre. En plus, l’autre blondinet risquait de se revenir à tout moment. C’était trop risqué.

                L’enfant se releva, visiblement pas trop gêné par le coup titanesque qu’elle venait d’encaisser. Mais c’était une folle cette gamine ! D’où elle sortait d’abord ? Je voulus la retenir par l’épaule pour éviter qu’elle ne retourne se faire massacrer, mais elle partit quand même d’un bond. Cependant, ma main resta sur son épaule. Mon bras s’allongea, encore et encore jusqu’à faire plus de dix mètres de long ! La tension devint trop forte et je fus obligé de la lâcher. Ma main revint alors vers moi comme une fusée et me frappa le visage de plein fouet.

                -WWHHHAAAATTTT ???? MAIS C’EST QUOI CE BORDEL ????!!!!

                Est-ce qu’un jour j’allais pouvoir bouffer un truc qui ne me modifierait pas complètement sur cette île ? Après le légume qui fait hurler, voilà le fruit qui rend élastique ! Hey ! Comme Luffy ! C’est plutôt classe ça ! Ca veut dire… Ca veut dire… Même Eneru ne peut rien contre moi !!! Putain ! GIGACLASSE !!! Je tirai sur mon doigt et le regardait s’allonger jusqu’à ce que je le lâche. Héhéhé ! C’est trop marrant ! J’ai hérité des pouvoirs de Luffy.

                Mais… Ca veut dire que les légendes à propos de Luffy sont vraies ! Et si elles le sont toutes alors je devrais pouvoir… Hohoho ! J’ose ou j’ose pas ? Quelle question, j’ose bien entendu ! Les histoires de Mugiwara no Luffy ont bercé mon enfance, je ne peux pas ne pas essayer.

                -Hey Ishii ! Regarde un peu ça ! GATLING GUN !!!

                Je me mis à donner des coups de poings dans le vide à toute vitesse. A cause du poids de mes mains, mes bras s’agrandissaient et allaient frapper dans la graisse du cachalot ! Les impacts allaient super vite et super fort, alors que je restai à distance, intouchable. Putain, j'arrivais pas à y croire! Ça marchait vraiment!

                -Vas y gamine ! Attaque-le maintenant !

                C’est alors que le blond arriva derrière moi dans une grande explosion ! Oh merde… Mauvais timing…
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