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La nuit du chasseur.


 















Sur une plage, une jeune femme ouvrit brusquement les yeux. Les rayons du soleil s'engouffrèrent aussitôt dans ses pupilles, et ce aussi violemment que l’eau salée qui s'expulsait de son corps. La frêle demoiselle tenta de bouger ses bras, doucement. Ils étaient très endoloris, mais ça pouvait encore aller. De même pour ses jambes. Ses mains devant ses yeux, la naufragée contempla leurs paumes, puis leur dos. C’était ce qui se passait en général, une personne vérifie si elle n’a rien de cassé physiquement, avant de se poser la question : "Qu’est-ce qu’il m’est arrivé ?"

   Elle tenta de se lever. La jeune fille ne ressentait que de la fatigue, sentait les bleus aux toucher ; mais au moins, rien de cassé. Seulement alors, elle s’efforça de trouver la réponse à la question ci-dessus.Il arrive que certains épisodes violents suivis d’un évanouissement provoquent des amnésies. Dans ce cas, pour se souvenir, Une personne raisonnable raisonnerait par ordre chronologique, en commençant par le dernier instant encore en mémoire, grattant la fine couche d’amnésie qui séparait sa mémoire de la vérité. Une personne raisonnable ferait ça. Mais Volesprit n’était pas une personne raisonnable, et, tout en restant allongée, avait plutôt décidé de tirer sur des oiseaux avec son pistolet en attendant que la mémoire (ou quelqu’un) vienne éclaircir ce mystère. Mais lorsque Volesprit dégaina, ses mains constatèrent l'absence de ses pistolets. La femme habillée en haillons noirs ne possédait plus rien, à part sa cape étalée. Pourtant elle se souvenait… Elle se souvenait qu’elle avait toujours deux pistolets sur elle, ainsi qu'une espingole… Elle se leva doucement, prenant appui sur ses mains.Volesprit sentit une vive douleur au niveau de ses articulations. ressentait Ce genre de douleur, on ne le ressent qu'après avoir fiché un poing dans la tête de quelqu’un de toute ses forces. Elle s’était battu… Mais contre qui ?

   La pirate rabattit sa cape sur son visage. rappelait qu’il ne fallait pas qu’on la voie, mais c’était mieux comme cela…. Cela lui faisait du bien. La jeune fille fit quelques pas. Par terre se trouvait une protection pour le visage… Un genre de masque. Un masque à gaz. Elle tressaillit, tandis qu’un frisson lui parcourait l’intégralité de la colonne vertébrale, tout en humant l’air par ses narines nues.
L’odeur. L’odeur faisandée des corps pourrissants. Même au beau milieu de cette plage, probablement à des centaines, voire peut-être des milliers de kilomètres d’ici, elle sentait l’odeur des hommes et des femmes en décomposition sous le soleil de plomb. Elle mit immédiatement le masque. Elle l’installe de sorte qu’il n’y ait plus un seul atome de pestilence présent près de son nez pour la hanter.

   Mais Volesprit avait beau arpenter la plage, il n’y avait rien d’autre. Soit elle a été victime d’un naufrage, soit de quelque chose de bien plus sinistre. Son intuition délirante lui suggéra que la deuxième option était la plus probable. Elle s’était à priori battue… ou plutôt, débattue, en voyant les bleus qu’elle avait sur les poignets, en levant les manches. Elle continua à fouiller la plage de fond en comble pour retrouver ses armes. Hors de question qu’elle reste désarmée aussi longtemps. Malgré toutes ces épaisseurs, la démente paranoïaque se sentait nue dans cette plage.
Après quelques heures de fouilles éreintantes, elle trouva enfin ce qu’elle cherchait. Un tromblon. Un vieux tromblon cassé, en sale état. Il ne risquait plus de tirer quoi que ce soit, le mécanisme étant complètement cassé. Pourtant elle se sentait rassuré. Sans raison apparente, elle sentait que cette arme la protégerait, coûte que coûte.
L’arme était une arme de belle facture. Bien polie et huilée, elle était bien plus élégante que n’importe quel bracelet que la jeune démente n’avait jamais porté. Mais elle était cassée, inutile maintenant. Il y eut un temps ou l'espingole permettait de neutraliser quelqu’un sans pour autant avoir à viser un point vital, mais sans mécanisme pour allumer la poudre, ni même aucune poudre, l’arme ne pouvait servir que de massue. Elle l’appelait le "Donderbus".Elle le prit dans ses mains, et elle le berça doucement.

«chht..chht… Tu es avec moi maintenant. Ton cauchemar est terminé…Ton cauchemar est…terminé… »


   Vers la fin de sa phrase, elle ne savait plus à qui elle s’adressait vraiment. A l’arme, ou… à elle-même ? Elle sentait sa peur. Elle ne savait pas où aller. Ou était Barnabé ? Si seulement son quartier-maître était là !

« Lui, il saurait ce qu’il faudrait faire. Il prendrait son ton bourru, et il dirait (en tentant d’imiter sa voix) «bandes de mécréants, nous allons à … nous allons à …»

  Soudainement, quelque chose fit tilt dans sa tête. Elle leva la tête, regarda la mer puis ensuite la gigantesque cité qui se profilait derrière eux. Théâtralement, elle mis son index dans sa bouche, puis le leva.

« Le vent souffle à l’est. Ça tombe bien. Moi, je vais vers la ville. »
déclara-t-elle.

   Après quelques heures de marches , le soleil montrait ses dernières lueurs.  Elle nettoya sa cape à une fontaine, avant de la sécher. Les nuits étaient froides à North Blue, mais elle pouvait compter sur les quelques feux dans des barils, qui servaient à réchauffer les sans abris. L'ancêtre des logements sociaux, dans un sens. Les passants semblaient ignorer la fille masquée, se dépêchant d’entrer chez eux avant la tombée de la nuit. Elle pouvait les comprendre,pensait-elle. Si seulement elle l'avait compris plus tôt, à ses treize -ou peut-être quatorze, elle ne savait plus- ans... Tandis que le feu séchait et réchauffait, Volesprit continuait à réfléchir sur la suite du plan. Elle se retourna. Une vieille dame marchait, son sac à la main. Une idée germait dans son cerveau malade, mais elle balaya cette idée de la tête.cette vieille dame n’avait probablement pas grand-chose, à en voir son accoutrement miteux. Lorsque sa cape fut suffisament sèche, elle la remit en place et entra dans une des allées sinueuses. La nuit était déjà tombée, et des lampadaires illuminaient les allées. Mais ce n’était pas ça qu’y allait l’effrayer. Elle s’enfonça de plus en plus dans le dédale des ruelles, avant d’entrer dans un quartier miteux, sans aucun doute mal famé. Et enfin elle trouva ses cibles. Quatres jeunes gens, armés de battes. Après les avoir dépassés, Elle enleva sa capuche, laissant apparaître sa riche chevelure noire. Les voyous lancèrent un regard vers elle, admirant le spectacle qu’offrait la jeune femme de derrière. Elle fit mine d’être effrayée, et elle enleva ses bracelets et les mis dans sa poche et se mit à marcher au pas de course. Les truands, croyant que la fille était une traînée qui s'était trompé de trottoirs, commencèrent à la suivre. Lorsqu’ils arrivèrent à sa hauteur, ils la sifflèrent. Elle fit mine d’ignorer en marchant de plus en plus vite, jusqu’à ce que quelqu’un lui touche l’épaule.

« Eh, poupée, tu… »
Commença l’un des hommes.

   A cette seconde précise, son sang ne fit qu’un tour.
« On ne me touche pas. JAMAIS ! »
 Elle attrappa la main de l’homme, la retourna et enchaîna avec un coup de poing sur son coude. Le bras luxé, l’homme ne pouvait pas faire grand-chose, geignant de douleur. Elle le dégagea avec un chassé, puis plia ses genoux pour éviter le coup de batte qui lui arrivait dessus. Le homerun, c’était pas pour cette fois. On se croirait au baseball, pensait-elle, sauf qu'il n'y avait pas de lanceur et que la balle était sa tête.

« Strike ! »dit-elle, pour rester dans le thème.

   Il tenta de frapper, cette fois verticalement. Elle esquiva le coup qui était bien trop lent. Mais elle changea si brusquement qu’elle perdit l’équilibre, mais ne put s’empêcher de répeter :

« Strike ! » Si elle le répétait une troisième fois, Volesprit décida qu'il serait "out". Et il l’aurait été dans la fraction de seconde qui suivait, si un choc ne lui avait pas parcouru le corps entier, en commençant par le menton.

   Le troisième, qui avait des poings américains, lui avait asséné un uppercut bien senti. Le masque à gaz ne l’empêcha pas de l’envoyer par terre.

Le premier agresseur, dont le coude était en sale état, approcha son couteau.

« Espèce de salope… T’as vu ce que tu m’as fait ? je vais te faire remonter ta belle bouche jusqu’à tes oreilles… Enlève moi ce truc de ton visage ! »
La brute armée de la batte de baseball s’approcha d’elle par derrière, voulant visiblement lui asséner un coup sur la tête. Elle annonça simplement :

« Homerun. »

« Quoi? » fit l’homme au couteau.
La pirate lui tint sa tête avec ses deux mains, après avoir baissé la sienne.
Elle put le voir se  prendre le coup de batte de plein fouet et  entendit le craquement sourd du crâne qui cédait face à la puissance de la batte. Elle frissonna ; c’était un coup pour tuer, par pour assomer, ça. Elle pensa au Donderbus qui était caché ses vêtements.  Si seulement il était encore en état ! ça aurait équilibré les chances, car c'était pas passé loin. Elle arracha la dague des mains de l’homme, avant d’attraper la batte de l’autre abruti avant qu’il ne la remonte.  Ayant fait l’erreur de la tenir de ses deux bras, Volesprit planta le couteau dans sa gorge, avant de se baisser et bondir immédiatement vers la droite pour éviter de se faire avoir par celui qui l’avait faite tomber avec ses poings, et s’apprêtait à lancer une autre attaque avant de se rendre compte que le dernier avait pris ses jambes à son cou.  Elle haussa les épaules. Ces deux-là devaient avoir assez de Berry de toute façon. Assez pour un lit ce soir, ou bien assez pour manger, mais hélas pas les deux. Elle prit la batte de la main de l’égorgé, qui l’avait lâché pour se tenir la gorge. Elle le fixa pendant une seconde, pencha la tête pour mieux voir la blessure, puis elle leva sa botte. Le mourant ferma les yeux, se résignant à son destin. On pouvait entendre les os et muscles  du coup céder, tandis que son cœur défaillant lançait un dernier jet de sang sur sa botte déjà gluante. Elle haletait, et était aussi tremblante d'excitation . Elle tomba sur ses genoux. La fatigue était tout aussi physique que nerveuse. Loin de là, les gens s’étaient attroupés, observant la scène du début à la fin. Personne n’appelait la police. A Zaun, on n’appelait pas la police. Mais personne ne vint l'aider non plus. Elle se baissa, et enfonça un doigt sur la masse informe de chair qui servait maintenant de coup au cadavre frais, puis lècha son doigt. Le goût était amer.

« A quoi ça m’a servi de faire ça ? Je suis Volesprit, pas un vampire. Pas un vampire…Ouhouhouh. »
Ulula-t-elle.

   Les quelques berrys en poche, elle partit s’offrir de quoi manger, pour bien commencer cette nuit qui allait être agitée : Il lui fallait plus de berry. Elle sortit ce qui restait du Donderbus de l'elastique qui l'accrochait à sa cape, vérifia qu’il n’était pas aussi cassé qu’elle après le combat, et le fit tournoyer autour de son doigt, tout en s’enfonçant dans les ruelles de cette ville qui ne dort jamais. Elle aurait probablement besoin de bien plus d'argent pour réparer son arme... Et elle aura besoin de son arme pour comprendre ce qui s'était passé.

Beast by Nico Vega on Grooveshark


Arc Zaun, Chapitre 0 : La nuit du Chasseur




Avec : Mouetteman et Volesprit




Dernière édition par Volesprit le Lun 2 Sep 2013 - 4:47, édité 2 fois

    Mouetteman Zero Year #2
    Mouetteman & Volesprit

    The Light Knight Rises


    La pluie s'abat lourdement au sol, les éclairs lézardent le ciel et disparaissent, au loin. Accroupi dans une posture féline, sa cape voletant à son dos et ondulant au gré du vent, un homme à la prestance certaine scrute l'horizon, au sommet d'un immense bâtiment cerné de gargouilles métalliques. Ses yeux semblent voir à travers la brume, à travers les nuages et le noir de la nuit. En vérité, il entrevoit son futur, son avenir, son destin, si proches qu'il paraît capable de les saisir d'un simple mouvement de...

    HAAAaaaaAAAAAAAAH ! Mouettemaaaan ! J'ai peuRRRR !

    Littéralement harponné en-dehors de ses rêves, le Super Héros de Gotham Island est obligé de prendre conscience de la réalité des faits. Non, il n'est pas au sommet d'une immense tour, mais simplement sur le toit de la Boulangerie "Chez Paulette". Et non, il n'est pas non plus doté d'une prestance certaine. En fait, il est vêtu d'un costume bleu un peu trop serré au niveau des fesses et des aisselles, et porte une longue cape d'un jaune fluorescent qui a été salie par la boue dans laquelle il a dû marcher toute la journée. Enfin, véritable cerise sur le gâteau, Superjuriste, son acolyte de toujours, allongé et tentant de s’agripper à tout ce qu'il peut y avoir de solide, pleurniche suffisamment fort pour qu'on en vienne à se demander s'il n'a pas une parenté avec un éléphant.

    Mouettecourage, voyons ! Nous sommes les représentants de la Justice ! Debout, Superjuriste !
    AAAAAAAaaaaaAAAAAAH ! Je veux desceeeeendRRRRRRe ! Je veux paRRRRtiRRRRR !
    Allons ! On vient juste d'arriver sur cette île ! Nous avons une Mouettemission, Superjuriste ! Mouetteman ! L'Eté vient ! Mouettepose héroïque ! Mouettepose de Détermination !


    Successivement, Mouetteman se met à exécuter différents mouvements destinés à représenter sa puissance et son courage. Que quelqu'un soit là pour le regarder ou non, un Super Héros doit constamment prouver sa valeur, ne serait-ce qu'à la Fortune, toujours là à contempler les hommes prêts à prendre leur avenir en main. Une fois la pose composée d'un déplacement de la jambe à 180° pendant que sa tête fait des va-et-viens d'avant en arrière et qu'il crie toutes les deux secondes vingt-et-un centièmes "Summer is Coming" exécutée, Mouetteman accepte enfin de prendre Superjuriste sur son dos et descend de la Boulangerie d'un saut parfait - non sans le ponctuer d'une nouvelle pose, plus courte et simple, cette fois.

    Enfin ! Selon l'aRRRRticle 487-9 alinéa 7 du TRRRRaité sur l'AveniRRRR des Hommes Atteints de VeRRRRRtige sur NoRRRRth Blue en HiveRRRR le 26 du Mois, on doit OBLIGATOIRRRREMENT poRRRRter assistance aux malades qui le RRRRéclament, s'ils ont moins de quaRRRRRante-quatRRRRRe ans et six jouRRRRRs !

    Mouetteman se met à jouer avec sa Mouetteceinture d'un air soudainement très intéressé, afin de ne pas répondre à Superjuriste - et éviter de vraiment s'énerver auprès de tous ces "R" qui ont choisi de se loger dans sa phrase.

    Et c'est pas tout ! Selon la Convention InteRRRR...
    AAAAAAAAAH !
    Mouetteho ! Ho ! Un cri de femme en détresse ? C'est une mission pour Mouetteman et son fidèle acolyte... Superjuriste ! Mouetteman !


    Heureux d'avoir une excuse pour ne pas avoir à écouté la véritable énumération d'articles de Superjuriste, Mouetteman s'élance en direction de la source du cri en prenant garde à bien faire voleter sa cape à son dos, pour maximiser l'effet. Mais le spectacle qu'il aperçoit, au détour de la troisième ruelle, lui fait arrêter net ses fioritures esthétiques. La vieille femme qui a, de toute évidence, déclenché le Mouettesignal sonore - correspondant à absolument tous les cris possibles et imaginables - se tient contre le mur le plus proche, une main sur la bouche, l'autre pointée vers les corps qui juchent le sol. Une mare de sang s'écoule des plaies multiples qui recouvrent les deux cadavres étendus par terre, se mêlant à la pluie qui tombe toujours autant et à la boue due à la saleté de l'endroit. C'était sans doute là la véritable nouveauté de la situation. Gotham Island était ce qu'elle était, avec sa criminalité et sa corruption phénoménales, mais elle pouvait parfois paraître accueillante. Ici, sur l'île de Zaun, au milieu des tas de tôles et des murs froids souvent salis par la rouille ou même le sang, il était difficile, même pour Mouetteman, de se sentir à l'aise.

    Mouetteha... Ha... Ca va aller, Madame ? Je suis Mouetteman, et voici Superjuriste, mon acolyte. Je mouettesais que ça peut être difficile à voir mais tout va bien se passer. Rentrez chez vous, prenez un bon bain et imaginez l'Eté, arrivant, et Mouetteman le guidant vers vous, sans embûche et sans encombre.
    De quoi vous me parlez ? Ces morts sont en train de salir mes géraniums ! AAAAAH ! Ça fait trois mois que j'essaye de les faire pousser ! Même pas foutus de crever dans un endroit tranquille, ceux-là !


    Alors, après un crachat parfaitement visé qui atterrit pile dans la bouche d'un des morts, la vieille femme se retourne et entre dans la maison la plus proche, en baragouinant d'autres insultes au sujet de cette génération à laquelle on n'apprenait jamais rien.


    Informations RP


    1624, North Blue, Ile de Zaun | Flashback

    Informations Annexes:

    Code - Blake
    • https://www.onepiece-requiem.net/t7256-and-summer-is-coming
    • https://www.onepiece-requiem.net/t7121-mouetteman-the-light-knight-rises











    « Je vous prendrais de l’eau… Et une omelette pour faire passer l’eau. Et de la bière pour faire passer l’omelette. »


    La taverne s’appellait "Aux Engrenages bien graissés", nom assez ironique vu le grincement que faisait la porte à chaque fois qu’elle s’ouvrait. A l’intérieur, l’établissement n’avait rien de glorieux, une simple mangeoire à misérables. L’établissement faisait aussi bordel, pour peu qu’on loue une chambre. Volesprit s’assied alors dans un coin de la taverne et observa les murs et les plafonds. L’humidité et le gras avaient eu raison d’un plafond en bois, dont les tâches de moisissure noircissaient les coins de la pièce. Tabourets et tables semblaient vissés aux sols ; double précaution du propriétaire qui évitait d’avoir à acheter trop de mobilier, tout en empêchant que certains ne se fassent trop mal.
     Lorsqu’on lui ramena son repas, elle prit une bouchée d’omelette, qui s’écrasa lamentablement sur son masque. Elle soupira. Elle avait oublié ce détail : elle devait enlever le masque pour manger.

    « Quelle folle je fais. »
    fit-elle en riant doucement, avant d’entreprendre d’enlever son casque. Elle ne respirait plus que par la bouche. Par conséquent, la nourriture n’avait aucune saveur, si ce n’est celles ressenties par les papilles gustatives : salé, sucré, amer, acide. Cela faisait des années qu’elle ne faisait plus attention au goût de ses aliments, mais c’était le prix à payer pour ne pas sentir la putréfaction qui, elle le savait, régnait autour d’elle. . Elle essaya de manger à toute vitesse, afin de remettre son masque le plus tôt possible… Mais alors, arriva l’impossible sous la forme de deux marins.

    « Holà, Tavernier ! Tournée générale de bière ! Aujourd’hui est un grand jour. »

    Volesprit enleva prestement sa cape, pour pas qu’il ne fasse le rapprochement, et recouvrit son masque à gaz avec. Aucun membre de son équipage ne l’avait vu à visage découvert. Et ces deux-là, -vous l’aviez maintenant deviné- ne faisaient pas exception.

    « J’ai plein de berrys en poche, mais aucun pichet en main ! Tu vas m’équilibrer un peu les choses, patron, sinon ça ne va pas le faire hein ! »

    Tandis que celui ci s'accouda au bar, l'autre marin fixa Volesprit. Lorsqu’il fut servi, il s’approcha et s’assied à côté d’elle

    « Regardez-moi ce mignon petit morceau ! Pour sûr, vous êtes une femme séduisante. Je me présente, Enoch, pour vous servir. »
    se présenta le marin.

    Volesprit garda ses yeux rivés sur son plat. Une partie d’elle aurait voulu l’avertir. Elle aurait voulu lui dire de partir, de courir, de se cacher, de se mettre hors de sa portée afin qu’elle ne le tue pas. Mais la partie la plus importante voulait s’amuser avec lui. D’avoir des réponses à ses questions. Elle balaya sa conscience d’un revers de main, avant de sourire.

    « Et si ce soir, on inversait les rôles ? fit-elle avec un clin d’œil suggestif, tandis qu’elle fit tinter les bracelets de pacotilles sur ses bras, et c’est moi qui suit à ton service.»

    Le matelot leva les sourcils d’étonnement, avant de sourire. Ah ça il avait de quoi ! Il s’est trouvé une belle dame pour ce soir.

    « Eh ben ; ma foi… Si vous voulez bien d’un pirate qui a vaincu un capitaine… »
    fit-il, avec autant de modestie qu’un Dragon Céleste.

    Si Volesprit était en colère, elle le cachait bien... Mais son excitation était palpable. Il fallait. Qu’il. Parle. Ensuite, il allait souffrir.

    « Vraiment ? Et si vous me racontiez votre aventure, tant que vous êtes encore sobre, Enoch ? J’en ai tellement envie… »

    Elle n’avait même pas fini sa phrase qu’il commença à raconter ses rodomontades. Lorsqu’il fut suffisamment éméché, elle le tint par le coude et le monta à sa chambre. A la seconde ou Enoch ferma la porte, Volesprit sauta sur lui, et lui mit la main gauche sur la bouche. Mais avant qu’il puisse se débattre, elle dégaina le couteau qu’elle avait précédemment trouvé.

    « Chhhhh…. Enoch. Je t'ai bien eue, hein?»


    Volesprit leva enfin ses yeux verts, fixant son oreille droite –elle était incapable de regarder un homme droit dans les yeux. Les cris de colère étouffés d’Enoch se transformèrent en gémissement, et ses yeux indiquaient la crainte. Ces yeux verts…

    « Écoute-moi bien,
    commença-t-elle sur un ton doucereux. Je vais enlever ma main doucement. Si tu hurles, je te tue. Si tu mens, je te tue. Aujourd’hui, je me suis réveillé sur une plage. J’ai des bleus aux mains et mon navire… Notre navire… N’est nulle part. Ensuite je te vois ramener ta face de goéland lépreux, te pavanant, prétendant avoir vaincu un capitaine qui aurait pour nom Volesprit. Alors je te pose cette première question : Qu’est ce qui s’est passé ? »

    « Tu pensais que t’allais nous avoir hein ? Va te faire foutre…comme tu l’as fait avec ton ancien équipage, t’allais pas nous avoir nous. »
    Grogna-t-il, complètement soûl.

    « Hein ?»
    Peu de chose parvenaient à étonner Volesprit, mais cette phrase n'était pas quelque chose auquel elle s'attendait.

    « Tu as parlé de nous envoyer sur Grand Line. Mais moi et les potes, on avait vu clair dans ton jeu et celui de Barnabé. Tu voulais te débarrasser de nous... »


    Incroyable. C'est ce qu'ils avaient compris de son discours sur le trajet à Grand Line? Il pensait qu'elle allait les tuer. Mais qui aurait pu parler de cette histoire d'ancien équipage...?

    La femme masquée tilta. Crapaud. Cette espèce de rascasse a du colporter des rumeurs la nuit même du discours. Ce rat avait bien montré qu'il préférait rester sur les Blues... Mais de là à tenter de la tuer?

    « Et...vous vous êtes mutinés. J’allais vous ramener sur Grand Line, et vous vous êtes mutinés.
    (sa voix se fit plus menaçante) Vous avez pris les berrys, et vous vous êtes tirés comme des chiens sur MON navire. »

    « Ton navire ? l’homme se ragaillardit, peut-être sentait-il son heure venir. Hahaha…T'as plus de navire...on l’a vendu, ton navire. Va au diable, salo... »

    C’en était trop pour l'ex-capitaine. La dague s’enfonça dans la trachée de l’homme, tandis qu’elle reposait sa main sur sa bouche. Le sang coulait à flots, et Volesprit abaissa la dague jusqu’au niveau des homoplates, le faisant souffrir un maximum avant qu’il ne sombre dans l’inconscience. Lorsque ses yeux devinrent enfin vitreux, Volesprit put enfin regarder l’homme droit dans les yeux. Elle n'était plus capable de voir les hommes droit dans les yeux que lorsqu'ils sont morts. Mais la sensation... Volesprit réprima un frisson. Puis brusquement, le cadavre fut pris de convulsion. Les inconvénients de l’égorgement. Au moins, il ne se soulageait pas, comme dans le cas des étranglements. L’odeur aurait attiré l’aubergiste.

    « C’est parfait. Tu ne pueras pas avant plusieurs heures, mon petit matelot. »


    Elle attendit une heure ou deux, s’appuyant sur le mur, jouant avec son Donderbus. Alors arriva le deuxième membre de l’équipage. Elle se souvenait de lui. Smithy, qu’il s’appelait. L’abruti à la vigie.

    « Enoch… Enoch, t’es où, bordel ?! »
    grogna-t-il, en titubant jusqu'au fond de la salle.Lorsqu’il ouvrit la porte, il ne la vit pas. Il fit quelques pas dans la salle.

    « Bordel Enoch… Tu roupilles déjà ? Elle est où la pu..Merde ! » S’exclama-t-il.

    Il posa la torche, il se tint la tête en regardant le cadavre d’Enoch.

    « Merdemerdemerde… »

    « You can run on for a long time, run on for a long time, run ooon for a long time… Sooner or later, God’ll cut you down… »

    L’homme se retourna. Le masque donnant lui donnait la voix que son équipage connaissait., Smithy la reconnut immédiatiement… Et son sang se glaça.

    « C-c-c…Capitaine ? »


    « Capitaine ? Je ne vois aucun capitaine ici, moi. Tu en vois un ? Moi, je ne vois qu’un mutin. Et une pauvre pucelle sans navire. »

    « Ecoutez… Capitaine Volesprit… Je vous en supplie… Moi je n’étais pas d’accord, O.K ? » Balbutia-t-il.

    Volesprit s’avança sans dire un mot, de plus en plus vite. Elle sortit le Donderbus de sa cape. L’ex-vigie hurla lorsque Volesprit n’était plus qu’à quelque centimètre de lui.  A son grand étonnement, La pirate le dépassa. Elle frappa sur sa rotule de son pied gauche, tout en tirant son bras. En une fraction de seconde, l’homme était presque à terre, sa jambe droite était par terre. Elle bondit sur ce pied tout en levant la crosse de son pistolet fétiche. Pam. L’homme s’effondra d’un coup. Elle contempla son Donderbus d’un œil nouveau. La crosse engluée de sang était cassée.  L’arme ne servait plus à rien. Elle le jeta par terre.

    « Le cauchemar continue visiblement. Mais ne t’inquiète pas, Donderbus. Je te reconstruirai, en plus beau et plus fort. Toi par contre Smithy, tu viens avec moi. »

    Volesprit le souleva alors, et lui posa son énorme main de marin sur sa petite épaule. Elle avait l’impression de porter un homme soûl. L’aubergiste avait préféré l’ignorer, malgré les cris de tout à l’heure. Mieux valait pour lui qu’il ne s’en mêle pas.

    La jeune fille  l’entraîna alors derrière l’auberge. En face, elle vit une maison placardée de planches ; elle était à priori abandonnée. Elle prit un temps pour défoncer les planches, et traîna le corps inconscient du mutin à l’intérieur.  Volesprit lui enleva alors son haut, qu’elle déchira  en charpies pour en en faire une sorte de corde. Elle fit alors plusieurs nœuds pour le consolider, avant de fixer le tout à un lustre vissé sur un mur.

    « Toute cette peine que je me donne pour toi mon petit Smithy… Zeeman Smithy, commença-t-elle, malgré le fait que l’homme était toujours inconscient .De toute les personnes de mon équipage, tu étais celle qui n’aurait pas du la ramener. Je t’ai vu trois fois endormi à ton poste. Je n’ai rien dit. Tu connais la chanson ? What will we do with a drunken sailor early in the morning…?  »


    Volesprit continua à fredonner, tandis qu’elle accrochait les pieds du matelot à la structure qu’elle avait installée, en prenant appui sur le mur. L’homme était maintenant à l’envers, et seule sa tête touchait le sol.
    Lorsqu’il ouvrit les yeux, Volesprit était assise sur une vieille chaise qui soutenait à peine son poids.

    « Coucou, on est réveillé ? Chut… Ne bouge pas. Tu risques de te prendre plein de plâtre dans le visage.»

    « Hein, quoi ? Je suis suspendu à l’envers ? Libérez-moi… Je vous en supplie capitaine, libérez-moi… »

    L’homme commença à sangloter. La démente s’approcha de lui, et se baissa pour lui caresser la joue.

    « C’est bon, c’est bon… Tu vas juste répondre à quelques une de mes questions, et je promets de te laisser en paix. Ma première question : Qui a fomenté la mutinerie ? Donne-moi la liste de tous ceux qui étaient complices, et tous ceux qui sont sur cette île en ce moment même. »

    Tout en sanglotant, il commença à donner les noms. Il n’y avait pas Barnabé, ni Singh, ni deux trois autres d’aillers. Il expliqua que c’était parce qu’eux aussi ont été laissé pour mort, mais d’après lui, ils n’ont pas été jetés par-dessus bord comme elle, les traîtres avaient eu l’obligeance de les abandonner sur une barque. Mais cela lui importait peu. Elle ne voulait qu'un nom.

    « Et Crapaud ? »


    « Crapaud? Je sais pas... Il est parti à Luvneel et il nous a plus parlé... Liberez moi, j'vous en supplie...»

    « Merci pour toutes ses informations, mon sucre d’orge. Maintenant… Je te dis au revoir. Les abysses infernaux étant réservés aux infâmes mutinés comme toi… Il ne fait nul doute que nous nous rencontrerons là-bas… Maintenant…Ouhouhouh… »
    Elle approcha  le tissu qu’elle n’avait pas utilisé autour de son cou. Le marin tentait de se débattre, mais la torche solidement vissé, et le tissu renforcé par les nœuds lui empêcha de bouger ses pieds, ainsi que ses poing liés.

    « Non… Ne faites pas ça… Capitaine, je vous en supplie, non, vous avez promis… NOOON ! »

    Son hurlement raisonnait dans le reste du quartier. Certaines personnes s’approchaient des fenêtres.

    Elle lui enserra le coup de toutes ses forces. L’étranglement, allié à la pression accumulée dans sa tête à l’envers, fit sortir les yeux du matelot de ses orbites. Ses hurlements et ses gémissements étaient affreux. Mais l’expression sous le masque de la psychopathe était bien plus affreuse. La vengeance avait un goût amer, chez les gens de bien. Chez Volesprit, c’était un mets raffiné.

    Lorsque l’homme était mort pour de bon, elle quitta la maison en sautillant joyeusement. Elle se sentait heureuse. Les berrys de ces abrutis en main, elle tiendrait encore quelques jours… Elle se mit dans une salle à côté, et s’y allongea pour y faire une petite sieste.




      Mouetteman Zero Year #2
      Mouetteman & Volesprit

      The Light Knight Rises


      Quelque chose d'étrange ? Krrrrr, il s'passe toujours des trucs étranges par ici, mon bon Goéland... Krrrr. C'pas une raison pour qu'on s'en inquiète. Krrrr. Tout l'monde vit sa vie comme il l'entend, sur Zaun, v'savez ? Krrrr.
      Mouetteho ! Ho ! Ecoute, Barman, je suis Mouetteman, un superhéros, comme toi, et j'ai bien plus de prestance qu'un Goéland ! Mouettevexation ! Mouettepose indignée !
      Ce que mon coéquipier veut diRRRRe, monsieur le TaveRRRRnier, c'est qu'un meuRRRRtRRRRe a été commis, et les empRRRReintes de pas tâchées de sang nous mènent jusqu'ici. Et vous savez quelles sont les dispositions de l'aRRRRticle 12345-98 alinéa 76 du Nouveau Code des Suspicions Plus ou Moins VéRRRRifiées ? "Quand des tRRRRaces de pas mènent quelque paRRRRt, ça veut diRRRRe que quelqu'un a maRRRRché quelque paRRRRt", oui monsieur !
      Ha ! Tu as entendu mon fidèle acolyte Superjursite, Barman ? Si tu ne nous mouettedis pas tout ce que tu sais, je le laisserai vérifier si ton bar est entièrement aux normes mondiales. Et mouettecrois-moi, il y en a beaucoup, de mouettenormes ! Mouetteha ! Ha !


      Visiblement effrayé par tant de menaces viriles et héroïques, Barman, le héros des tavernes et des ivrognes, se met à faire la liste de tout ce qu'il a vu de suspect ces deux dernières heures : un lapin qui tue un chasseur, le gagnant du concours de la plus grosse barbe, un voleur de tabouret ou encore un ingénieur bizarre avec une chaussure à la place de la bouche.

      Un homme avec une chaussure à la place de la bouche ? C'est évident, c'est lui notre coupable !
      Sinon, il y a aussi ce type masqué, là. Krrrr. Ou plutôt cette fillette, parce que je l'ai vue enlever son masque et sortir un joli p'tit visage quand l'type lui a parlé. Krrrrr. Ben elle est partie avec un mec dans une des chambres, à l'étage. Krrrr. J'ai p't-être entendu quelques cris, ouais. Krrrr. Mais après, elle est r'descendue avec un autre type sous l'bras, et ils sont sortis. Krrrr.
      Ho ! Des cRRRRis, une femme qui soRRRRt toute seule ? Sans doute une succube exterminatRRRRice, j'ai entendu diRRRRe, selon le PRRRRéambule de la ChaRRRRte des Machos InteRRRRnationaux que les femelles humaines font souvent ce genRRRRe de choses. Vous êtes allé voiRRRR dans la chambRRRRe ?
      Krrrr. Bien sûr que non, on s'mêle jamais d'la vie de nos clients. Et s'il a des goûts sexuels bizarres, c'est son problème. Krrrr.
      Tu entends ça, Mouetteman ? Nous avons notRRRRe coupable !
      Comment ? Cette femme ? Allons, une femme serait bien trop faible pour faire ce genre de choses. Mouetteha ! Ha ! Une femme, ça reste chez elle et ça nettoie le sol, Superjuriste. Je t'ai déjà parlé de ces choses-là. Et puis ça crie à l'aide dès que c'est dans une situation un peu mouettedélicate ! Mouettehu ! Hu !
      Ah oui ! Krrrr. Elle portait un masque à gaz assez effrayant. Krrrr.
      Tu entends ça, Superjuriste ? Elle portait un masque à gaz. Il n'y a que les gens innocents qui portent ce genre de masque. Allez, il faut qu'on enquête sur cet homme avec une chaussure à la place de la bouche !
      Non, je te dis que c'est cette fille, la coupable.
      La chaussure !
      Le masque à gaz !
      La chaussure !
      Le masque à gaz !

      Mouetteman réfléchit pendant une fraction de secondes, laissant son cerveau héroïquement supérieur vagabonder à la recherche d'une solution au problème. Enfin, après avoir passé près de quatre minutes à mimer une ampoule au-dessus de sa tête et à exécuter un numéro de claquettes - comme le veut la mouettepose de réflexion assidue - il se décide enfin à reprendre la conversation.

      Mouettehé ! Bien, je te propose de régler ça au "pierre-feuille-ciseaux", daccord ? Si je gagne, tu viens enquêter avec moi, et si tu gagnes, on va chacun de son côté, mouetted'accord ?
      D'accoRRRRd !


      Barman, unanimement élu super arbitre de ce duel au sommet, chauffe la salle pour qu'elle se mette à encourager les guerriers. Les applaudissements s'élèvent, les tambourinements sur les tables retentissent, la sueur perle, la concentration atteint son paroxysme. Les deux Héros se toisent un instant, avant que le moment fatidique n'arrive, enfin.

      Attention... Pierre, feuille, Ciseaux !
      Mouetteha ! Ha ! La mouette évite et plante son bec dans la feuille, Superjuriste !
      Mais ce n'est pas une feuille, Mouetteman. Selon le Code RRRRèglementaire des Signes les plus IncompRRRRéhensibles, j'utilise ici l'éclaiRRRR touRRRRbillonnant enflammé !
      J'croyais qu'le jeu c'était pierre-feuille-ciseaux ?
      Tais-toi, Maximilien Edwardo, regarde, la Mouette va réagir.
      Mouettehum. Bien, j'admets ma défaite, Superjuriste. Tu peux enquêter de ton côté. Mais on se mouetteretrouve ici dans deux heures, d'accord ?
      MaRRRRché conclu, Mouetteman !

      Quoi ? Il accepte aussi facilement ?

      Et pourtant, deux heures plus tard, quand le Super Héros au costume bleu et jaune de Gotham Island rentre bredouille de son expédition punitive et justicière, il se retrouve seul, au bar, à attendre le retour de son acolyte, pendant que son intuition, infime et profonde, vient lui annoncer qu'il a peut-être fait une erreur de jugement.


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      Elle s'était endormie d'un sommeil léger et sans rêve. Une sieste d'une heure, deux heures tout au plus, mais qui lui avaient fait grand bien, faisant fi des conséquences auxquelles elle s'exposait en dormant dans le même quartier où elle avait commis deux meurtres. Mais enfin, la pirate connaissait l'endroit. Durant ces années, Volesprit a eu l'occasion d'aller deux ou trois fois à Zaun, et elle savait que là bas, la loi du plus fort (ou de celui qui avait les moyens d'engager le plus fort) primait sur la justice. Elle savait que ces marins ne connaissaient probablement personne de bien placé dans le coin, donc elle n'avait pas de mouron à se faire.

      La jeune fille réfléchit à ce qu'elle comptait faire plus tard. Elle ne devait pas perdre de temps et se mettre en route pour Grand Line. Si Barnabé était encore vivant, et en supposant qu'il ait eu la même idée, il est sans doute à bord d'un équipage en partance pour Water Seven en ce moment même. Volesprit devait donc se construire un navire suffisamment robuste pour tenir les affres de Grand Line, et même plus. Mais elle avait besoin de berrys pour ça. Elle devait frapper un grand coup.

      Tandis que l’ex-capitaine parvenait à la conclusion de son raisonnement, un bruit de pas étouffé se fit entendre. Quelqu'un venait. Elle retint sa respiration pour mieux écouter ce qui se passait dans le salon. Il parlait. Pourtant personne ne lui répondait. Il avait une voix et un accent dont les sonorités faisaient grincer les dents. Elle ne prit pas la peine de comprendre ce qu'il disait. Il devait être terrorisé, sinon  au moins anxieux. Elle devait donc maintenir la tension. De son poing ganté, la pirate brisa une glace en morceaux, avant d'en prendre un de la taille de sa main. Avant d'attendre calmement son invité en face de la porte.

      Mais lorsqu'elle le vit, malgré le masque à gaz couvrant les trois quarts de son visage, elle ne parvenait pas à dissmuler son l'expression de profonde confusion  Mais sa confusion n'était pas due à la voix grinçante ou à l'apparente folie du Superjuriste ici-présent. Elle ne l’écoutait même plus. Mais plutôt à son sens de déduction névrosé, car déjà, son cerveau se mettait en marche pour analyser l’individu entré dans la sombre salle. L'homme était torse nu, avec des lunettes de natation et avec une personnalité accentuée jusqu'à l'exagération. Volesprit n'avait pas à l'écouter se présenter pour savoir qui il était.
      C'était un justicier. Un super héros.
      Soudainement, quelque chose s'enflamma en elle. Une voix… Qui semblait venir d’un autre monde.

      « Super-Héros, je vais vous trouver ! » disait-elle. C'était une voix qu'elle redoutait sans raison, une voix qu'elle avait toujours craint d'entendre... Une voix... qu'elle croyait avoir oublié.

      La respiration de la folle se fit plus bruyante. Sa poitrine se soulevait par mouvement amples.

      Un...

      « Espèce d'idiot. Enlève ce masque, ordonna-t-elle. De seconde en seconde, une rage indicible se manifestait en elle. Une rage mêlée de peur, car elle ne comprenait pas ce qu'il se passait. Mets-toi des habits normaux. Quitte cette pièce. Tu crois que cet accoutrement te rendra plus héroïque ? Tu crois que ton comportement exagéré te fera entrer dans la légende ? Je vais t'arracher ton foie, et je vais le bouffer, espèce de...espèce de... »

      «Je suis désolé, mais je ne peux que RRRRrrrefuser votre demande, car d'après l'arrrRRRticle 47 alinéa 3 du TrrrRRrraité VestimentaiRRRrrrRe Des Super-HérrRRrros, Quitter son constume RRrrRRrevient à abandonner son RRRrôle de HéRrrRRRos !»

      Deux.

      Elle retint sa respiration

      Un, deux, trois !

      « SUPER-HEROS, Je vais t'avoir ! »


      Elle fit un saut d'à peu près un mètre quatre vingt, sans élan. Son pied frappa de plein fouet le visage du malheureux, qui tomba sur le coup. C'était ce qu'il avait mérité pour réveiller La Voix. Une fois par terre, elle continua de le frapper, jusqu'à ce qu'il tombe inconscient.

      Elle détacha la corde improvisée du cadavre de tout à l'heure, avant de lier les poings du SuperJuriste. Une petite demi-heure plus tard, il se réveilla. Depuis le temps, elle avait réussi à se calmer. Elle se mit en face de lui, tout en jouant avec son bout de verre. L'homme commença soudain à paniquer.

      « D'après l'aRRRrrrticle 1337-42 alinéa Pi du DécrRRRrrreet «Nemetuépassilvouplè »,  L'utilisation d'un bout de verRRRrrre sur l'acolyte d'un superrrRRRRRr-justicier sans agrRRRRrréement pRRRRrrrrréalable est... »

      C'en était trop pour Volesprit, qui lui mit la main devant sa bouche, et s’apprêtait à le faire taire une bonne fois pour toute. Mais elle réfléchit à ce qu'il venait de dire :

      « Acolyte ?  Tu n'es pas seul ?»
      fit-elle tout en gardant sa main devant sa bouche.

      Il fit non de la tête.

      « Parfait. Tu sais, j'ai une stratégie : Quand j'en attrappe un, je sais que ses amis viennent le libérer. Et là, j'ai plus qu'à attendre, et pof, ils se retrouvent tous devant moi ! C'est malin, non ?»

      Elle leva un sourcil. Elle ne savait plus si elles venait de les dire, ou si elle avait entendu une voix. La voix était la même que précédemment. Elle eut des sueurs froides, avant de se reprendre :

      « En attendant, je vais jouer avec toi, houhouhou. Je vais couper un tout petit peu ta joue, comme ça... »

      Elle lui fourra un bout de tissu dans la bouche, puis, avec le verre cassé, elle lui fit une entaille au niveau de la joue droite, juste en dessous de l'oeil. Le Juriste étant à l'envers, le sans déjà bien accumulé au niveau de sa tête, coulait droit dans son œil droit. Elle lui enleva le chiffon de sa bouche. Presque immédiatement, il croassa :

      « AAAH, arRRRRrrrticle 234a du code de la torrRRRrrture les jourRRrrrrs pairRRRrrs, il est forrrRRRrrtement RRRrrrecommandé d’arrêter la torturrRRRRe afin de procéder à une négociation mffff… »


      Elle lui remit le chiffon dans la bouche.

      « Nan, nan, nan nannanannan. Tu ne comprends pas le jeu là. (elle eut un bref rire nerveux) Non, en fait c’est pas un jeu. Il n'y a que moi qui rigole, ici. Je vais te faire mal. Je vais pas m’amuser à t’expliquer mes plans pour détruire le monde, ni jouer un rôle. Je vais juste passer le temps en attendant que ton incapable d’ami se rende compte de ce que ça veut dire, être un super héros. Ton pote doit être bien loti je pense. Tu sens bon, et tes vêtements bizarres semblent coûter cher. »

      Une idée lui passa par la tête qui lui fit oublier son idée initiale d’attendre ici.

      « J’ai changé d’avis. J’ai besoin de berry, tu vois. Je vais aller chercher ton pote. Mais avant… »

      Elle lui fit une longue entaille au cou.

      « J’ai besoin que tu me répondes. Quand je vais enlever ce chiffon, tu vas me dire ou es ton sbire. Je vais t’expliquer ce qui va se passer. Ton temps est compté. Cette coupure que je t’ai faite, elle a rien de dangereux si ta tête est à l’endroit. Mais à l’envers, le sang va te monter à la tête au point qu’il ne puisse plus tenir la pression. Ton temps est donc compté. Soit tu trahis ton ami et tu révèles sa position. Soit tu meurs. »












        Mouetteman Zero Year #2
        Mouetteman & Volesprit

        The Light Knight Rises


        Accroché, la tête en bas, et ruisselant de sang, Superjuriste sent la douleur croître, entend, comme dans un faible avertissement, l'évanouissement apparaître, dans le coin de son cerveau. Il le sait, s'il lui cède, s'il répond aux dispositions présentes dans les alinéas 6, 7 et 8 du Préambule des Moments où on sait qu'on va Mourir mais qu'on cherche quand même à rester Lucide (MML), ses yeux ne se fermeront pas que temporairement.
        Le bruit de la lame lui lacérant la peau, cette odeur de rouille sanguine et de métal sali s'immisçant dans ses narines, il comprend qu'il n'a pas énormément de choix s'il souhaite survivre. S'il souhaite continuer son aventure, avancer vers sa rédemption, tenter de réaliser enfin son rêve qui est de faire connaître au monde entier la justice par le Droit, alors il ne peut pas mourir... Mais cela impliquerait de trahir la seule personne qui l'a accepté, lui, le rejeté, malgré ses défauts, malgré sa compagnie souvent désagréable, la seule personne qui l'a ramené sur le droit chemin, qui lui a fait comprendre le sens à donner à sa vie... Quel humain doté de sentiments et d'un sens normal de reconnaissance oserait faire ça à un tel ami...

        "Ecoute, Superjuriste..."

        Ses yeux s'ouvrent lentement, imperceptiblement, alors qu'ils se sont refermés sous l'effet de la résignation. Oui, mourir plutôt que trahir son seul ami, il y a pensé. Mais cette voix, à présent, cette voix qu'il connaît si bien, semble l'appeler, le tenir à l'écart, le faire émerger de l'océan noir et sombre qui tente de le noyer. Il se souvient de cette phrase, il se souvient de tout, à présent.

        "Nous sommes des Superhéros ! Mouetteha ! Ha ! On ne peut pas se permettre de douter, on ne peut pas se permettre d'avoir peur de ce qui nous arrive ! L'avenir, l'Eté nous mouettecontemple ! Notre travail n'est pas de craindre les évènements auxquels nous sommes confrontés, notre travail est de foncer vers l'accomplissement de la Justice, vers la réalisation de nos rêves ! Peu importent les difficultés que l'on rencontrera, peu importent les adversaires que l'on affrontera, on pourra toujours s'en sortir, tant qu'on se fait confiance l'un envers l'autre, comme les supercoéquipiers que nous sommes ! Alors enlève ce magazine porno de ton code civ..."

        Tandis que la fin semble s'éluder d'elle-même - à moins que son inconscient n'ait choisi tout seul de faire disparaître ce moment -, que la musique épique d'un Escargoradio passant à côté de la maison stimule ses convictions, Superjuriste comprend enfin ce qu'il doit faire. Il a échoué dans sa tâche, mais il le sait, il l'a déjà vécu. Mouetteman a toujours été capable de faire pencher la balance par le seul pouvoir de sa volonté. Il est le Superhéros que le monde mérite, même s'il n'en a pas encore besoin maintenant. C'est la raison pour laquelle ce symbole qu'il représente, cette puissance qu'il transporte, cette aura qu'il véhicule, l'empêcheront d'être défaits aujourd'hui, et ce, quel que soit le degré de malveillance et de folie de cette personne.

        Bien... Bien... Je vais vous dire ce que je... sais...

        ... ... ... ...


        De façon héroïque, sa mouettepose d'inquiétude se résumant à des mouvements constants du bras gauche et du pied droit en action, Mouetteman fait les cent pas dans la Barcave. Cela fait déjà vingt minutes que Superjursite aurait dû revenir, mais il n'y a toujours aucun signe de lui... Une femme avec un masque à gaz... Comment a-t-il pu croire à son innocence ? S'il arrive quoi que ce soit à son coéquipier par sa faute, le superhéros de Gotham Island sait pertinemment qu'il ne se le pardonnera pas. Pourtant, alors qu'il commence à se résigner et réfléchir à un plan pour retrouver l'accusée, quelque chose d'inattendu se produit. La porte de la taverne s'ouvre, lentement, laissant un courant d'air frais pénétrer dans la pièce. Mouetteman le sait, il le sent, ses tétons pointent sous la froideur de la nuit, mais il tente une contraction des pectoraux pour cacher cet état, et se donner un air encore plus héroïque qu'il ne l'est déjà. Car la personne qui lui fait face, à présent, est vêtue d'une longue cape salie, ainsi que d'un masque à gaz noir. Prenant son inspiration afin de lâcher d'une traite une déclaration héroïque et imposante, Mouetteman s'exprime enfin.

        Mouettebonjour à toi, groupie de ma personne ! J'espère que tu peux m'aider, je cherche quelqu'un avec un masque à gaz noir ! Tiens, comme celui que tu portes, en fait ! Mouetteha ! Ha ! Mon ami a disparu et j'ai des raisons de penser qu'il est avec la personne au masque. Tu sais, je n'ai rien contre les masques, puisque j'en porte moi-même régulièrement et trouve toujours qu'il y a ce côté cool d'être capable de cacher son identité, tu vois ? M'enfin voilà, si tu cherches à m'imiter, essaye les masques d'animaux, et pleins de couleur, tu comprends ? Parce que bon, je suis content que ma réputation te pousse à te comporter comme ça, c'est vrai que je suis héroïque et admirable ! Mouetteha ! Ha ! Mais il ne faut pas oublier la base, l'Eté, la Justice, la Beauté et la Virilité. Et pour ça, tu as besoin de changer de cape et de code couleur. Essaye le rose fluo, je pense que ça pourrait t'aller.

        Parce que oui, bien entendu, il est évident que cette personne fait partie de son fan club attitré sur Zaun. Réfléchissant un instant et adoptant donc une mouettepose intelligente - trois doigts levés sur son front, le dos légèrement plié, et sa bouche faisant des "Hi-han" réguliers - Mouetteman se souvient enfin de ce qu'il cherche.

        Ah oui, Mouetteha ! Ha ! Donc, si jamais tu vois d'autres membres de mon fan club, tu peux leur demander s'ils n'auraient pas vu mon coéquipier ? Il s'appelle Superjuriste, porte un costume rose fait sur mesure et parle avec un tic de langage particulier ! Mouetteha ! Ha !


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        Elle  n'en croyait pas ses yeux. Volesprit tenta de visualiser l'ami de l'abruti en face, d'elle en train de saigner, progressivement, sa tête virant au cramoisi et ses yeux injectés de sang à éclater. Puis elle revint à la réalité en observant l'espèce de clown en face d'elle. Elle éclata de rire devant l'ironie macabre de cette comparaison qu'elle seule comprenait..

        « T'es trop drôle, tu. Es. Juste. Trop. Drôle. »

        Son rire n'arrivait pas à s'arrêter. A son horreur, la pirate réalisa progressivement qu'elle risquait de s'étouffait, si ça continuait. Tandis qu'elle essayait de reprendre son souffle entre deux hoquets, elle sortit le bout de verre qu'elle avant dans la main, et se fit une entaille dans le bras. Elle parvint à recouvrer ses esprits, puis, progressivement, à se calmer tandis que la sensation de douleur prenait le dessus sur son délire.

        « C'est fou, n'est-ce pas ? On appelle ça l'hystérie. Un truc de fille, on m'a dit. Ca se soigne. On prend des médicaments, un grand verre d'eau et on fait passer ça. Ouhouhouh... Désolé. C'est juste que... »



        « Il y eut un temps ou je ne portais pas de masque à gaz. Je ne portais pas de masque à gaz parce que, quand je respirais, je sentais les odeurs. Des odeurs... Je ne me souviens plus trop, mais c'était agréable. Maintenant je ne peux plus rien sentir, à part une odeur très mauvaise, sauf quand je mets ce masque, où là, je ne sens plus rien. Toi tu mets un masque pour cacher ton visage. Moi je mets un masque parce que j'en ai besoin. Maintenant, pourquoi tu mets un masque ? Pour avoir de l'attention. On retient mieux la tête d'un pitre affublé d'un oiseau sur le front qu'un simple visage. Tu prétends être célèbre.
        (elle ne sourit plus) Et pendant ce temps là des gens crèvent de faim et vendent leur gosses pour s'acheter de quoi manger. Tu n'as jamais rien fait de grandiose ; la preuve, je ne te connais pas. »


        Elle regarda l'homme, affublé de son costume bleu et jaune. Il avait un bec au milieu de la tête. Sa cape bleue claire faisait un peu « verrue » dans le décor marron, et blanc moisi du bar. Elle prit une grande inspiration. Tandis qu'elle expirait, elle se rendait progressivement compte de la détresse qui la touchait en cet instant même. Elle n'avait plus de berry. Elle avait tué plusieurs personne de la ville, et un autre était sur le point de mourir. Ce n'était pas la peur des conséquences qui la rendait anxieuse, mais...

        *J'étais bien, moi, dans mon navire, entouré des mes amis.*

        Elle regarda Mouetteman de nouveau. Il n'était plus aussi drôle.

        « J'ai pas les médicaments pour faire passer ma maladie, parce que j'ai pas de berrys. Et j'ai pas de berrys parce que je suis dans la panade. Tu sais, j'ai pas vraiment envie d'être là ; cette ville, ce bar pourri, tout ce maudit coin sent les hémorroïdes frits dans du bacon. Et puis regarde toi,(elle eut un bref rire nerveux) t'es... regarde toi. Habillé en bleu et en jaune. Le bleu dégueulasse, c'est même pas du bleu marine, c'est juste un affreux bleu tout clair... »

        Elle continua de marmonner avant de se rendre compte qu'elle ne parvenait pas à trouver une conclusion logique à ses bavardages sans logique apparente. Elle tapa alors du poing sur la table, comme pour s'ordonner à elle-même de se taire.

        « Je vais te dire ce qui se passe directement, ou je n'y arriverai jamais. J'ai besoin de berry. Pas plus tard qu'une demi-heure, ton ami attardé au torse nu et à la voix grinçante attend tête à l'envers avec une belle hémorragie pour lui tenir compagnie. Il prétends que vous êtes des... des... (Elle avait peur de prononcer le mot) et que tu es son complice. Vu vos tissus étranges, j'ai supposé que vous étiez riches. Alors s'il te plaît. Il va crever. Il va crever, il va crever, il va crever, alors tu... Vas me trouver des berrys. S'il te plaît. Trente millions pour revoir son joli minois J'ai besoin de cet argent. S'il te plaît. »


        Le moral était quelque chose d'important, même pour la pirate démente. Elle était dans une posture extrêmement incertaine, et la situation pouvait tourner au vinaigre si le Rodomont en face d'elle,  à la hauteur de ses fanfaronnades, se braquait. Ce qui expliquait peut être le ton à moitié suppliant sur la fin de sa phrase, car en effet, Volesprit était presque au bord de la crise nerveuse. L'homme était bien plus musclé qu'elle. Et elle voulait finir ça vite, et le cas échéant, espérait, au fond d'elle, que ce n'était que de la gonflette.




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          Spoiler:

          La compréhension l'atteint enfin. Barman se cache derrière son comptoir, certains clients sortent prestement de la taverne en entendant les paroles de la femme, d'autres restent, abasourdis par une telle déclaration. Elle a enlevé son coéquipier. Elle l'a blessé. Et à présent, elle réclame qu'il la paye.
          Mais là ne s'arrête pas la profondeur de ses paroles, car derrière des menaces, Mouetteman perçoit une vérité, une vérité à laquelle il ne peut échapper, parce que sa perception altérée de la réalité ne fonctionne pas. Elle ne fonctionne plus. Superjuriste est en danger, et par sa faute. Qu'il fasse donc face à ses propres erreurs.

          J'en conclus donc que... Tu ne fais pas partie de mon mouettefan-club...

          Ses yeux sont rivés vers le sol, toujours plus bas, à mesure que les mots s'insufflent dans son esprit. Il entend sans écouter, voit sans regarder. Pour la première fois depuis bien longtemps, le sourire héroïque de Mouetteman n'est plus. Il ne pense pas à l’Été, il ne pense pas à la Justice, il ne pense pas à Gotham, à la Ligue du Soleil ou à la chaleur d'un véritable bonheur.
          Comme des rasoirs, les paroles de la femme masquée viennent lui trancher son habituel sourire.
          Comme des flammes, la vérité de ses déclarations consume son cœur et son optimisme.
          Comme un froid mortel, enfin, le sens caché de l'instant, celui qu'il parvient à comprendre, à saisir parmi les mots de celle qui lui fait face, vient meurtrir ses propres convictions.
          C'est de sa faute à lui. Jamais il n'aurait dû le laisser agir seul, aussi bêtement. Ses stupides idées, ses intuitions, son héroïsme, sa fierté ont mis en danger quelqu'un. Pas un civil, pas une personne inconnue, pas un innocent.
          Pire.
          Un de ses proches.

          Qu'est-ce que tu as fait de... Mon ami ?

          Son attention n'est portée que vers une chose, sa compréhension de l'instant ne se dirige que vers une unique personne. Youri. Pas Superjuriste, pas son coéquipier, mais son ami, la personne qui l'a accompagné depuis tellement longtemps, celui qui a su faire disparaître sa solitude, celui qui a été en mesure de lui faire envisager de nouveau ses premiers enseignements.
          Elle a raison. Il n'est pas célèbre... Qu'a-t-il donc fait, depuis tout ce temps ? Dix ans passés sur une île, affublé de ce costume, une décennie entière consacrée au combat, mais au final, est-ce qu'il a su changer les choses ? Il a fait de la peine à tout le monde, à Alfred, à sa mère, et maintenant Youri. C'est de sa faute ce qui arrive maintenant.
          Son masque pour retenir l'attention... Pour se cacher, pour dissimuler ce qu'il est. Revêtir une armure par ce costume, aussi bien physique que mentale. Il est un lâche, il a besoin de se sentir ailleurs, protégé par l'anonymat, pour agir. Besoin d'être protégé de ses ennemis, besoin d'être protégé du mal, besoin d'être protégé de l'injustice, besoin de protéger son propre cœur, déjà meurtri par ce qu'il a vécu sur Gotham Island. Il l'a déjà ressentie, cette étrange sensation, la première fois qu'il est venu sur Zaun. Cette île est sombre, sale, tout comme l'était Gotham. L'égoïsme est légion, la haine en est engendrée, elle transparaît à travers tout le monde, les monte les uns contre les autres, les pousse à s'entretuer, les pousse à se cacher, comme Barman, les pousse à faire comme si de rien n'était, comme ces gens qui sont sortis, les pousse à apprécier le chaos lui-même, comme ceux qui restent, spectateurs de cette agression verbale.

          Oui, je me mouetteca... Je me cache. Je me cache du chaos, je me cache des ténèbres, je me cache du mal. Je me cache de tout. Tu mets un masque pour te protéger des odeurs, je mets un masque pour me protéger des malheurs. Tu as raison, je mets un masque et je me protège de ceux qui meurent.

          Un frisson s'infiltre sous son costume, sous sa peau, sous sa chair, jusqu'à son cœur. Il le ressent, cet étrange relent. Ce constat amer le fait souffrir, au point que ses yeux se mettent à brûler, au point que, sous son masque, une fine larme se mette à couler. La souffrance de la population, son inefficacité...
          Et pourtant, cette vérité, il la connaît déjà depuis longtemps. Il connaît sa lâcheté, il connaît ses peurs et ses faiblesses. C'est pour ça qu'il a fui, il y a plus de dix ans, qu'il a quitté Gotham, Alfred et sa propre mère. C'est pour ça qu'il est parti...
          Et qu'est-ce qui s'est passé, ensuite ?
          Il est arrivé à Hinu Town, il a rencontré Jimmy Gordick, il a découvert la Ligue du Soleil. Et, plus que tout, il a appris à combattre ses propres maux, il a appris à faire face, à se couvrir la peau pour ne plus exposer son cœur, à arborer un masque pour ne plus agir personnellement. Il a su ce qu'il voulait faire de sa vie, il a su ce qu'il attendait de son futur, il a su comment il désirait continuer.
          La Ligue du Soleil a donné un véritable sens à son existence. Vivre pour lui, vivre comme l'enfant gâté de Gotham Island, vivre comme le protégé d'une île pourrie par la Corruption et la Piraterie, il a compris que ça n'avait aucun sens.
          Plus qu'un masque, c'est un symbole qu'il arbore. Plus qu'un costume, c'est une armure qu'il porte. Des atouts nécessaires pour l'avènement de la paix. Des ajouts indispensables pour préparer le monde.
          Parce que...

          L'été vient.

          Surpris par ses propres mots, Mouetteman se rend compte qu'il les a exprimés à voix haute. L'Eté vient. Voilà son but, préparer son avènement, amener la paix et la justice.

          Oui, je cache mon visage. Oui, je porte un masque. Et tu as toujours raison quand tu affirmes que je n'ai rien fait. Parce que c'est la vérité, je n'ai rien fait encore. Mais j'ai bien l'intention de faire comprendre au monde qu'il fait fausse route. J'ai bien l'intention de le préparer, de faire changer les mentalités, de faire cesser l'injustice, de faire disparaître les peurs que je lis sur le visage des gens. Je les ferai sourire, je les ferai rêver.

          Ses poings et sa mâchoire se serrent. Son visage se relève enfin, jusqu'à ce qu'il la regarde à nouveau. Pas de fioriture, pas de décoration, pas de pose.
          Humain contre humain.

          Et tu sais comment je vais y arriver ?

          Masque contre masque.

          En mettant les tarés comme toi hors d'état de nuire, en débarrassant le monde de ces gens qui s'estiment assez importants pour torturer leurs égaux, pour mettre fin à leur jour.

          Justicier contre criminel.

          Tu veux de l'argent ? Tu veux te payer des médicaments ? Tu auras de quoi te nourrir avec les barreaux de la cellule que je vais t'offrir. Voilà un beau voyage.

          Super Héros contre super vilain.

          Crois-moi, tu vas me dire où est mon ami, et n'imagine pas que, parce que tu es une fille, je ménagerai mes coups.

          Son bond est rapide, inattendu. Pour la première fois depuis longtemps, ce n'est plus le Mouetteman adepte de poses et de mouvements héroïques qui saute. Non, c'est Brice Veine, le garçon qui a vu son père mourir de ses yeux, celui qui a senti le mal de Gotham Island le submerger, celui qui a combattu l'injustice aux côtés de la Ligue du Soleil, celui qui a débarrassé son île des criminels qui la rongeaient.
          L'humain prêt à tout pour sauver son meilleur ami.


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          1624, North Blue, Ile de Zaun | Flashback

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          Chaque jour, des personnes mourraient, des personnes étaient agressées, ou simplement en danger. Y avait-il du sens à ce qu'une personne veuille changer cela ? Ne serait-ce qu'à son échelle ? Comme pour toute question philosphiques, les deux réponses étaient possibles, réponses qui s'affrontent depuis la première fois que le mot « justice » fut prononcé.

          La première était « oui ». Car une seule vie sauvée en vaudrait la peine. Le masque n'enlevait rien à l'honneur, surtout s'il servait à protéger les proches du justicier. Une âme pure au service d'une cause noble, avec toute ses forces et ses faiblesses, son courage et ses peurs, mais surtout sa volonté. Par ce qu'il peut le supporter. Cette âme avait un nom. Mouetteman.

          La deuxième réponse, bien évidemment, était non. Parce que lorsque'une vie est brisée, qu'il n'y a plus rien à sauver, voir un prétendu « super héros » surgir en face d'elle ne faisait que remuer le couteau d'ironie dans la plaie macabre qu'était la mémoire de la jeune femme. Car c'était ça, en fait, la plaisanterie à laquelle Volesprit riait. A quoi lui servait-elle de savoir qu'un homme, dehors, aidait les gens ? Qu'il y avait de l'espoir ?

          Qu'à l'époque, un homme aurait peut-être pu la sauver ?

          Volesprit paraissait être une personne violente, une psychopathe. Mais le simple fait de parler avec cet ersatz d'héroïsme qu'était Mouetteman suffisait à réveler sa vraie nature, celle là même qu'elle essayait de dissimuler à ses propres yeux. Elle n'avait jamais parlé aux gens, comme elle avait parlé à Mouetteman depuis son arrivée à Zaun. Car elle voulait cultiver son aspect de démon vengeur. Mais pour le peu de gens qui étaient dans le bar, à quoi ressemblait-elle ? A un pauvre hère à moitié fou, bon à enfermer, qui n'avait comme arme un bout de verre souillé de sang coagulé. Elle avait faim, elle avait soif. Mais pire, elle savait que demain, elle aurait encore faim et soif. Et que la pauvre fille allait finir à l'hospice si elle s'éternisait ici. C'est pourquoi elle voulait autant d'argent. Pour avoir un navire, prétendre que, malgré tout, elle restait un pirate. Elle voulait seulement partir. Livrer le saké de Binks, boire le sien, écumer Grand Line, et trouver Rough Tell. Pas pour devenir Reine des pirates, ou trouver le One piece. Juste pour savoir ce que c'est qu'une happy end.Mai elle avait besoin d'un bateau. Trente millions de berry pour une vie, qui n'a normalement pas de prix, n'était-ce pas là le plus beau des marchés ?

          Le bond de Mouetteman avait été trop rapide. Elle avait tenté de prendre une chaise afin de la lui casser sur son dos, mais elle réalisa avec horreur que les chaises étaient vissées. La pirate l'avait déjà remarqué plus tôt, mais toute cette histoire l'avait déstabilisée. Mouetteman l'avait immobilisée à terre. Tandis qu'elle tentait d’attraper le morceau de verre, qu'elle avait laissé tombé à quelques centimètres de sa main, elle essayait de gagner du temps.

          « Tu veux m'enfermer ? Tu veux m'envoyer en prison ? Espèce d'enfoiré... On m'a violée. On a tenté de me brûler vive, et je viens de survivre à une mutinerie. Toi, tu n'es qu'un attardé. Ton pote va mourir. Tu n'as pas l'argent ? C'est pas grave. Va dans la ville haute. Cambriole, tue, je sais pas. Trouve moi mon argent, j'essaierai de tenir ton cabot en vie. Mais si tu crois que tu m'auras en me tabassant à mort...mort... »

          Sa voix faiblit tandis qu'elle réalisait ce qu'elle disait. Non. Elle ne voulait pas mourir. Volesprit voyait la volonté de fer du justicier s'abattre sur elle. Et elle avait peur.





            Mouetteman Zero Year #2
            Mouetteman & Volesprit

            The Light Knight Rises


            Sa main s'est resserrée sous la fine nuque, ses doigts l'étreignent si étroitement qu'il sent une brûlure s'instiller au niveau de ses jointures. Ne pas laisser la colère parler, c'est là que réside la clé. Il perçoit les menaces de cette femme, de cette fille, il l'entend parler de ce qui lui est arrivé, et même si un frisson le parcourt quad elle lui énonce - aussi brièvement le fait-elle - ce par quoi elle est passée, Mouetteman n'en perd pas ses convictions.

            Tu as vécu des atrocités, et j'en suis désolé. Mais c'est pour empêcher que des gens vivent ce genre de choses que je suis là. C'est pour prévenir le monde des dangers qu'il engendre lui-même, pour amener l'Eté, que j'agis.

            L'apparent calme transparaissant de ses mots ne montre en rien un relâchement de sa prise. Les derniers clients du bar, les spectateurs, semblent atteints de mutisme. L'air se suspend, l'oxygène paraît se raréfier tant les respirations sont ralenties. Tous sont surpris par la vitesse d'exécution de cet homme qu'ils prenaient pour un fou de plus, une nouvelle victime de la philosophie oppressante et égoïste de l'île de Zaun. Mais il n'en est rien, parce que ce mal, il l'a déjà vécu. Il connaît les dégâts que peuvent causer les désirs de grandeur et les rêves de gloire, il sait déjà ce que vivent les tristes personnes relâchées dans un monde prêt à s'entre-tuer pour la richesse et la fortune.

            Je suis ici pour tirer le monde vers le haut. Je suis ici pour permettre aux gens d'avoir une épaule sur laquelle se reposer. Je suis ici pour les soulager, pour les protéger, pour les mener vers la Paix. Que tu ais perdu espoir ne m'intéresse pas, que ton vécu altère tes opinions et te change en une meurtrière ne change en rien mes opinions. Tu es une criminelle, tu as mis fin aux jours d'humains qui, comme toi, peut-être, ont vécu des tragédies qui les ont prédéterminés.

            Sa main gauche plonge dans le Mouetteslip jaune avant d'en ressortir un long objet aiguisé et travaillé.
            Un Mouettarang.

            Regarde ce symbole. C'est lui qui subira les souffrances, c'est lui qui endurera le mal, jusqu'à l'endiguer, enfin. Souviens-toi de lui, souviens-toi de Mouetteman, cet homme que tu as rencontré alors que ses rêves et ses idéaux étaient loin de se réaliser. Un jour, je l'espère, tu reverras ce symbole, tu le verras accroché aux murs, porté par des enfants, exposé fièrement. Et ça voudra dire que j'aurai réussi, ça voudra dire que plus personne n'aura à craindre d'être violée, plus personne n'aura à craindre de se faire assassiner, plus personne ne vivra de tragédies comme la tienne. Et ce jour-là, au fond de ton cœur, celui qui n'est pas encore totalement gangréné par la haine, tu diras "Merci, Mouetteman".

            Sans pouvoir s'en empêcher, galvanisé par la puissance épique de ses propres paroles, le puissant Justicier de Gotham Island relâche sa prise, en oublie la situation, effectue une roulade en arrière, saute, puis met en place la Mouettepose de convictions héroïques #63, celle qu'il conclut en battant des bras à vitesse extrême. Il est Mouetteman, le légataire de la justice, le héraut héroïque de l’Été et de la Paix. En témoigne sa pose actuelle, véritable affirmation virile et puissante. Se faire décontenancer quelques instants n'aura pas suffi à chasser son naturel, à faire disparaître ce qu'il est réellement.

            MOUETTEMAN ! Mouettepose de Combat !

            Un pied devant l'autre, sa cape voletant à son dos par un faible courant d'air lui conférant toute la puissance épique qu'il véhicule naturellement, Mouetteman fait face fièrement.

            Je te laisse une dernière chance d'abandonner, mouettecar, sois-en sûr, tu n'auras pas ton argent. Tu gagneras simplement les plus héroïques coups de poings qu'un homme ou une femme peut rêver manger dans la Barcave du super héros Barman.


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            Dernière édition par Mouetteman le Ven 4 Oct 2013 - 12:44, édité 1 fois
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            Inspire. Expire.
            Les dernières paroles de Volesprit avaient épuisé les dernières réserves d’oxygène de ses poumons. Et celles de Mouetteman, ses dernières réserves d’espoir... De foi  en elle ?

            « Tu es une criminelle. »


            De grands mots pour une si petite phrase. Pour une si petite femme. Pour la pirate, un mutin méritait la mort. Un bourreau était-il un meurtrier ? Volesprit parvint enfin à atteindre l’éclat de verre. Mais ses muscles, mal oxygénés, ne parvenaient plus à répondre correctement aux ordres de son cerveau. C’était fini, pensa-t-elle simplement, avant qu’il ne relâche son étreinte et se mette en position de combat.
            C’est à cet instant là qu’elle comprit qu’il ne paierait pas. Eh bien soit. Elle sentait le bout de verre sous sa main. Furtivement, elle le glissa sous sa manche tandis qu’elle se relevait. Elle fit quelque pas vers Mouetteman, prétendant renoncer à toute velléité de combat.

            « Ok. D’accord. Tu veux m’arrêter. Tu vas m’arrêter. Et je vais t’indiquer comment rejoindre ton ami. Je t’attendrai ici. Je suis une meurtrière, comme tu dis. »

            Elle baissa les yeux, en recherche de points d’appui. Mouetteman était bien bâti. Elle n’arrivera pas à lui faire mal, ses coups ne portaient pas loin. Il lui fallait gagner de la hauteur. Elle plia légèrement les genoux. Technique qu’elle avait apprise il y a longtemps.

            Un, deux…Trois !

            Le temps parut se dilater. Le peu de raison qu’il lui restait lui avait pourtant commandé de ne pas faire ça. Mais elle ne pouvait pas le laisser faire, après ce qu’elle venait d’entendre.

            Elle. N’était pas. Un criminel.

            Lorsqu’elle à hauteur de la tête de Mouetteman, elle détendit son pied en plein sur son visage. Ils tombèrent tous deux, sous le poids de Volesprit, qui profita alors du moment pour sortir son arme improvisée. Son moment. Elle était assise sur le torse de Mouetteman.

            « Bien. Je vais te dire où tu vas le rejoindre : En enfer. Il n’y a pas d’été, ici. Juste l’hiver .Et mon cœur n’est pas gangréné par la haine. C'est juste toi, qui commences à comprendre que la vie n'est pas qu'amour. Je suis passée de stade de super-vilain à celui de criminel. Que c'est mignon, houhouh. »

            Elle s’allongea sur son corps. Masque contre masque.  Elle lui montra le tranchant de la glace. Il voulait son combat ? Il allait l’avoir.

            The Prophecy (No Choir) by Audiomachine on Grooveshark

              Mouetteman Zero Year #2
              Mouetteman & Volesprit

              The Light Knight Rises


              Qui pourrait le blâmer d'avoir agi ainsi ? Absolument toutes les personnes saines d'esprit ? Sans aucun doute. Accueillir une criminelle - qui a torturé son coéquipier, demandé une rançon et assassiné plusieurs hommes - à bras ouverts et en lui proposant un mouettecâlin de la Rédemption tient sans doute de la bêtise pure. Mais c'est ainsi qu'est Mouetteman, c'est ainsi qu'est constitué le puissant super héros de Gotham Island, celui qui ne craint rien d'autre que le froid glacial de l'Hiver, et les méchants aux masques de grenouille - et les bananes aussi, important, ça.
              Toujours est-il que, maintenant, à nouveau victime de sa naïveté - héroïque, ceci dit - il est dans une situation plus qu'inconfortable, avec son adversaire, neutralisée quelques instants plus tôt, désormais en position de force, allongée sur son propre corps.

              En parlant d'hiver, j'ai les mouettetétons qui pointent. C'est héroïquement fort désagréable ! J'espère que, sous l'effet de mes muscles saillants, ils ne te font pas trop mal ! Mouetteho ! Ho ! Mouettemimique de compassion dissimulée !

              Bien sûr, cette exclamation est difficilement rejetée en raison de l'énorme bleu qui a déjà pris place sur sa joue, et surtout à cause du sang qui commence à s'écouler en grande quantité de son nez. Et, quand Mouetteman remarque enfin le morceau de verre qu'elle enfonce immédiatement dans sa jambe, il est incapable, malgré toute la force de sa volonté, de retenir son cri viril.

              MOUETTEHAHOUHAHOU ! ... Tiens, on aurait dit un Mouettechienman...

              La douleur est présente, lancinante, puissante, mais le super héros de Gotham Island ne faiblit pas. Il connait toute l'intensité du regard de ses fans, autour, prêts à lui sauter dessus pour demander un autographe, c'est la raison pour laquelle il se contente de pleurer à chaudes larmes et s'arrête de crier après cette étrange onomatopée.
              Endiguer la souffrance, éradiquer le mal, neutraliser les ténèbres, amener l'été. C'est comme ça que se déclinent les objectifs de la Ligue du Soleil, ce sont les préceptes qu'il a recueillis et a fait siens. Voilà pourquoi sa bouche s'ouvre largement, inspire profondément, et expire violemment une puissante gerbe de bave héroïque couplée à son rhume opaque qui file droit sur le masque de la criminelle, s'étalant assez généreusement à l'exact endroit où se trouvent ses yeux. En d'autres termes, grâce à son mouettecrachat, le Super Héros vient juste d'aveugler son adversaire.

              J'ai été quatre fois champion du concours de lancer de mollards, sur Gotham Island... Mouetteman !

              Profitant de l'effet de surprise et faisant fi de sa douleur, le Justicier repousse de toutes ses forces son adversaire d'un mouvement habile de l'avant bras, avant de se remettre debout par un petit saut acrobatique mouettemagistralement exécuté.

              Je t'ai laissé une chance et tu n'as pas voulu la prendre ! Mouetteha ! Ha ! J'aurais aimé te faire une démonstration de mes talents héroïques, mais j'ai un ami à sauver, alors on se contentera du minimum ! Mouettarang !

              Son poignet se déplace à une vitesse insoupçonnée, bien loin de ce qu'on pourrait imaginer venir d'un homme à l'apparence si singulière. Pourtant, l'arme qu'il tient entre ses doigts, finement aiguisée et produisant un couinement de figurine quand on appuie dessus, file bel et bien droit vers la meurtrière de Zaun. Du moins, presque droit, parce que, en réalité, sa trajectoire est plutôt dirigée sur un petit point sensible, en-dessous de son bras, de façon à la forcer à esquiver ou la décontenancer légèrement pour ensuite...

              MOUETTEPOING DE LA JUSTICE !

              Hurler le nom de ce mouvement qui n'a rien de particulier si ce n'est une qualification particulièrement longue ayant pour unique but de faire d'interminables phrases permet, en dépit ce qu'on peut normalement penser, de surprendre la cible. En fait, c'est même l'ensemble des derniers clients de la Barcave qui sursaute légèrement, certains ne dissimulant même pas une exclamation au moment où le poing de Mouetteman s'écrase – avec sommation – sur le masque à gaz, continue sa progression jusqu'à s'enfoncer sur le nez de la fille, avant de la projeter contre le mur juste derrière.

              Mouetteho ! Ho ! Je t'avais bien dit qu'il fallait porter un masque d'animal ! Et des couleurs, c'est important !

              Mais la fille ne l'écoute plus apparemment, et le masque brisé, qu'elle tâte de ses doigts fins, semble lui faire comprendre une réalité, semble lui faire découvrir le monde qu'elle se dissimulait, les personnes qui l'entouraient, l'odeur qui attendait, patiemment, de l'envahir à nouveau, elle qui avait su lui échapper.


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              Where Is My Mind? by Pixies on Grooveshark

              Quel est la différence entre Volesprit et une malade mentale traînant ou à l’hospice ? Une différence symbolique. Volesprit était un pirate. La seule chose qui la protégeait d’une vie d’enfermement au ban de toute la société, considérée à jamais comme une folle à lier inoffensive, c’était justement son choix d’être un pirate et de renier de cette communauté.  Volesprit, à défaut de pouvoir réaliser son rêve d’enfance d’être un officier de la marine hors pair, naviguait les océans, afin d’atteindre le One Piece et enfin parvenir à obtenir une reconnaissance similaire. Le monde ne parlera plus de Volesprit comme étant une folle, mais comme étant la reine des pirates. Sinon il l’oublierait. Elle resterait la folle du coin, celle qui sentait mauvais et qu’il fallait éviter, avant de disparaître des mémoires des gens et de l’Histoire. C’était ça la plus grande crainte de Volesprit. Elle avait la maladie d’Icare. Elle voulait se brûler les ailes, non pas pour toucher le soleil, mais pour le renom que cela lui apporterait d’avoir vécu une telle aventure. Mais il y avait un petit paramètre dans l’équation, que Volesprit avait fait l’erreur de négliger : son état mental.

              Il est passé par trois étapes. Etonnement. Colère. Peur. Mouetteman a réussi à faire passer les deux premiers à Volesprit, d’abord en refusant à se plier au chantage, puis à vouloir l’enfermer. Mais elle avait tenu bon, et allait probablement laisser mourir le Superjuriste. Au diable les berrys.

              Volesprit, étalée devant le mur, se releva douloureusement. Tous ses muscles étaient endoloris. Elle avait sous-estimé l’homme devant elle. Ce n’était pas un bourgeois en manque d’aventures, mais un combattant endurci. Elle se releva, et décida qu’il valait mieux prendre la poudre d’escampette. Elle était bien plus rapide, et elle n’était pas blessée. Mais en détournant la tête, elle remarquait que quelque chose ne tournait pas rond.

              Le masque. Le masque à gaz ne tenait plus en place. Volesprit mit une main dessus pour le faire se tenir en place, mais elle se rendit compte que le filtre ne tenait plus non plus. Et à cet instant précis… Toute la peur et les craintes emmagasinées en Volesprit explosèrent en elle en un tonnerre d’émotion. Ce n’était pas vraiment à cause du masque, non, de toute façon Volesprit pourrait s’en offrir un autre. Volesprit pouvait également se mettre quelque chose sur le visage. Mais après tous ces évènements, sentir l’odeur de la mort l’avait littéralement clouée sur place… Comme si…

              C’était son propre corps nécrosé qu’elle sentait. Comme si elle était déjà morte. Et, tandis que l’odeur envahissait ses narines, son cerveau névrosé la faisait halluciner. Elle se voyait mourir, un Moutteman ensanglanté devant elle. Elle ouvrit la bouche pour dire quelque chose, mais rien n’en sortait. Elle voulait demander la clémence. La miséricorde. Au diable la dignité. Mais au fond d’elle, elle savait qu’il était trop tard, tandis qu’une peur panique l’envahissait, alors que la pseudo-odeur envahissait métaphoriquement ses narines. Elle n’était plus la femme au masque à gaz. Elle était la criminelle qui allait se faire tuer par un chasseur de primes au nom débile. Une terreur indicible s’emparait puis paralysait progressivement de chacun de ses membres. Et tandis qu’elle réalisait que son avenir était sans appel, elle hurla de tous ses poumons. De toute ses forces, brûlant ses cordes vocales, sa poitrine, sa gorge, jusqu’à ce que son petit corps ne puisse plus le supporter. Puis, progressivement, les hurlements se transformaient en sanglots. Ses jambes tremblotantes arrivaient de moins en moins à la soutenir, aussi s’écroula-t-elle par terre.



              Ainsi, commença l’histoire de Volesprit.



                Mouetteman Zero Year #2
                Mouetteman & Volesprit

                The Light Knight Rises


                Mouetteman lève les bras et se met à exécuter la mouettedanse de la victoire super héroïque, celle qu'il ne pratique qu'en cas de combat très rapide et remporté en un seul coup. Autour de lui, certains clients se lèvent enfin ou sortent de leur torpeur. Un fou, c'est comme ça qu'ils le prenaient au départ, mais la force avec laquelle il a attaqué son adversaire leur a fait ravaler leurs préjugés. Contractant les biceps et faisant rouler ses pectoraux, Mouetteman se met à parader dans la taverne, signant des autographes à ceux qui le regardent toujours estomaqués, et même à ceux qui refusent d'avoir quoi que ce soit à voir avec cette espèce de détraqué qui vient de bouleverser la logique même de l'île de Zaun, cet homme qui se bat pour les autres et pas pour lui, qui rend la justice dans un endroit où la loi du plus fort est la meilleure.
                Pourtant, alors qu'il est pris dans l'adrénaline du guerrier victorieux, une pensée soudaine vient ramener Mouetteman à la réalité. La raison même de ce combat.
                Superjuriste.

                Où est-il ? Où est mon acolyte ? Où est-ce que tu l'as emmené ?! Où est-il ?!
                ...
                Où est... Heu. Mouetteha ! Ha !


                Après quelques instants, le puissant Justicier Masqué se rend enfin compte qu'il ne pose pas cette question à la bonne personne. Abandonnant donc le pauvre témoin à qui il a donné un autographe, il repart vers son adversaire masquée, toujours à terre, des larmes aux yeux. C'est en la regardant enfin réellement sans son masque que Mouetteman se rend véritablement compte de la personne à qui il a à faire, et, inexorablement, une question vient s'imposer dans son esprit : comment en est-elle arrivée là ?
                Son visage fin, ses cheveux longs, ses immenses yeux d'un vert éclatant et sa pâleur naturelle lui confèrent une beauté indéniable. Pourtant, il est impossible de ne pas remarquer les cicatrices qui parcourent sa peau, encore plus mises en valeur par les traits tirés par les pleurs et le sang qui s'écoule de son nez brisé.
                Elle lui a raconté les tourments par lesquels elle est passée, les drames qu'elle a vécus et le mal qu'elle a subi. Pourtant, ici, en cet instant, elle ne ressemble à rien d'autre qu'une jeune fille, perdue et esseulée, tentant vainement de remonter à la surface quand tant de mauvais événements tendent à la faire plonger au plus profond des ténèbres.
                Mais Mouetteman le sait, elle est comme lui, elle aussi porte un masque pour se protéger de quelque chose, un masque qui lui permet d'agir sans atteindre véritablement son cœur. Mais est-ce que cela suffit à lui pardonner ce qu'elle a fait ? Non, bien sûr que non. Le masque permet d'agir sans barrière, de faire ce que le cœur dicte mais que l'inconscient, par ses règles et ses mises en garde freudiennes, interdit.
                Au fond d'elle, son âme torturée l'a poussée à agir, mais elle n'est pas innocente. Elle a tué plusieurs hommes et, plus que tout, elle a capturé son...

                Où est-il ? Où l'as-tu emmené ? Où est-il ?
                Heu Monsieur de la Mouette...
                Silence, Barman, je suis en plein mouetteinterrogatoire ! Où est-il ? Ouwétil ?


                Sa voix se fait volontairement plus grave, comme il l'a appris lors de ses entraînements aux côtés de la Ligue du Soleil. Il faut insister sur le "Où est-il", quitte à moins articuler et le transformer en borborygme, tant que cela paraît plus brutal. Mais la fille ne répond pas, elle semble perdue dans ses pensées, perdue entre le rictus et les larmes.

                Où est-il ? Où est mon acolyte ? Où est Superjuriste ?!
                ...
                Où est Superjuriste ?
                Du calme, du calme, au visa des aRRRRticles 531 et 971 du RRRRRèglement intéRRRRieuRRRR des peRRRRsonnes éneRRRRvées !
                Mouetteoh ! Oh ! La ferme, Superjuriste. Où est... Heu... Hein ? Superjuriste ?


                Mouetteman se tourne vers l'endroit d'où semble provenir la voix qui l'a interpellée, c'est à dire sur un tabouret, face au bar, à une vingtaine de mètres de là où il se trouve. L'homme qui lui a parlé est nanti d'une vieille perruque salie par la terre et le sang, son visage est couvert de bleus, et il porte d'étranges collants roses aux bras et aux jambes, tandis que son torse velu et imposant est, lui, laissé à l'air libre.
                Pas de doute, c'est bien son Super Acolyte, Superjuriste, mais dans un sale état.

                Mouetteha ! Ha ! Qu'est-ce que tu fais ici ? Elle m'avait dit qu'elle t'avait ligoté et que je devais la payer si je ne voulais pas que tu meures ! Elle aurait menti ?! Mouetteho ! Ho ! Mouettepose d'interrogation et d'incompréhension !
                Non, selon les dispositions pRRRRévues à l'aRRRRticle pRRRRemier du Code des Mythomanes et autRRRRes malades mentaux. Mais j'ai RRRRéussi à utiliser la puissance supeRRRR héRRRRoïque du Code Civil et des JuRRRRistes Justiciers pouRRRR me libéRRRRer !
                Mouetteho ! Ho ! Trop fort ! Mouetteman ! Mouettepose d'admiration ! Mais tu es arrivé quand, alors, parce que je ne t'avais même pas remarqué ?
                Juste apRRRRès la SupeRRRR Vilaine, j'avais prévu de la combattRRRRe à tes côtés, selon le PRRRRéambule du Code de Combat, mais j'avais faim, aloRRRRs j'ai commandé à manger - au passage, BaRRRRman vend des RRRRamens s-u-c-c-u-l-e-n-t-s - et finalement, j'en ai oublié le combat !
                Mouetteha ! Ha ! Sacré Superjuriste ! Mais tu as pris la bonne décision, un Super Héros viril ne peut pas combattre le ventre vide ! Mouetteman ! Mouettepose de conseil !
                Oui, et puis je savais que tu en viendRRRRais à bout sans mon aide, paRRRRce que l'été vient, gRRRRâce à toi !
                Vil flatteur ! Mouettepose de modestie feinte ! Moeuttepose de compliment véridique !


                Après près de trois minutes passées à se lancer des fleurs et à signer d'autres autographes, les deux Super Héros de Gotham Island se décident enfin à s'occuper de la criminelle, la ligotant avec le Mouettegrappin et l'escortant jusqu'à la prison la plus proche, le sentiment du devoir accompli les accompagnant jusqu'au bout.

                ... ... ... ...
                Vingt minutes plus tôt

                Il sent la douleur croître et ses paupières s'alourdir à mesure que le temps passe. La peur de mourir l'atteint, lui qui n'a accepté de devenir un Super Héros que pour racheter ses erreurs passées et remercier son ami qui l'a ramené vers le droit chemin. Mais maintenant que sa vie lui échappe, qu'il sent que son dernier souffle est sur le point de s'enfuir, il est incapable d'empêcher les larmes de couler.
                Il ne veut pas mourir, pas comme ça, pas maintenant, pas seul, pas alors que son rêve ne s'est pas réalisé, qu'il n'a pas encore fait tout ce qui était en son pouvoir pour l'accomplir.
                Alors, sans réellement s'en rendre compte, Superjuriste se met à remuer son corps, faiblement d'abord, puis de plus en plus fort, jusqu'à ce que la masse de son ventre proéminent soit suffisante pour réellement peser dans la balance de la vie et de la mort, jusqu'à ce que, enfin, la corde se détache et qu'il s'écrase au sol, dans un immense bruit de ballon rebondissant.

                Je... Je juRRRRe de... Toujours manger encoRRRRe plus et ne plus jamais faiRRRRe de spoRRRRt de toute ma vie, au RRRRegaRRRRd du Code Civil des GRRRRos LaRRRRds et des PRRRRomesses absuRRRRdes !


                Informations RP


                1624, North Blue, Ile de Zaun | Flashback

                Informations Annexes:

                Code - Blake
                • https://www.onepiece-requiem.net/t7256-and-summer-is-coming
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