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Le crépuscule du jour le plus long.

Yskino Haynell
Yskino Haynell

♦ Localisation : Banaro
♦ Équipage : Les Avalons

Feuille de personnage
Dorikis: 2780
Popularité: -128
Intégrité: -80

Mer 11 Déc 2013 - 22:20

Les choses ne se passent pas toujours comme on le souhaiterait...

"Alors c'est ça, Reverse ?" marmonné-je.
"Wahou, une montagne avec de l'eau !"
"..."

Comment ce crétin peut-il encore être en vie ? Sérieusement... Ce n'est pas faute d'avoir cherché à corriger ce curieux état de fait pourtant...

Certes, auparavant, j'essayais de le tuer, purement et simplement, par la force. Échecs complets à chaque tentative. Il m'a fallu admettre que je n'arriverais à rien par ce biais. Mais depuis qu'on a quitté Luvneel...

Ce salopard de snob m'avait dit qu'il avait des informations sur les Ailes Noires, qu'il pourrait me mener à eux. Bon. Après le cambriolage catastrophique du casino (où au moins j'avais pu éliminer son arrogant larbin Viald), il m'avait dit qu'ils étaient sur Grand Line...

Grand Line !
N'importe quoi.
J'ignore ce qu'ils font exactement. Ils ne font que peu parler d'eux, attaquent des petites îles isolés, ou des navires en mers. Font attention à ne pas émerger. Ils ne sont même pas réellement connus de la marine. Mais une chose est sure, ils ont des plans pour cette mer. J'ai beau ne pas savoir lesquels, je sais qu'ils ne quitteraient pas l'endroit si facilement. Pas tant que ses plans sont accomplis, en tout cas.
Grand Line... C'était très improbable. Mais j'avais du mal à comprendre pourquoi ce riche morveux arrogant m'aurait menti. Alors j'ai suivi, même avec un gros doute.
Ah, mal m'en à pris.

Déjà, très peu de temps après, on tombe sur un type sans mains qui lui fout une raclée. Je ne vais pas m'en plaindre, mais il aurait pu éviter de me cogner au passage, je ne me mettais même pas sur mon chemin. Sans compter qu'il m'a tabasser deux fois en plus, ce manchot... Depuis, j'ai une douleur persistante dans la mâchoire quand je parle ou que je mange, et une molaire qui bouge. Il est probable que la racine de la dent ait été brisée ou arrachée et que seul le nerf la retienne. Sauf que va trouver un dentiste au milieu de l'eau pour te dévitaliser une dent... Saloperie.

Enfin, le bon point de cet affaire, c'est la réaction de Snobarrel. Se prendre une fessée, par un type sans bras (et sans chocolat), en plus, ça l'a manifestement choqué. Il était resté prostré sur le pont, quelque temps. Lorsque je lui ai demandé ce qu'il comptait faire, sa réponse fut édifiante : « Je ne sais pas ».

S'il avait eu en tête de tenir sa part du marché, cette rouste n'aurait rien changé. Nous serions allés sur Grand Line, il m'aurait amené aux corbeaux, et basta. Mais s'il ne sait plus que faire, s'il est désemparé par une défaite, c'est qu'il n'avait en tête que ses intérêts.
A ce moment, je me suis dit que j'allais le tuer. Tant pis pour son frère. Il aurait pu m'amener des informations utiles, si j'épargnais le snob, mais mieux valait repartir de zéro que de supporter ce type un peu plus longtemps. Oui, j'allais le buter...

L'idéal aurait été de le tuer lorsqu'un autre navire était en vue. Dur de manœuvrer celui-ci à deux, alors seul dessus... Mais si un autre bateau était à portée, il pourrait venir me chercher, et je trouverais bien un moyen de monnayer la traversée. J'avais donc attendu quelques jours. Et puis, finalement, je n'avais plus tenu.

Lloyd était au plus bas moralement, moi, je bouillais de rage. Des conditions qui avaient épuisés ma patience.

La première tentative fut complètement improvisé. J'avais souvent pensé à le balancer à la flotte, mais il y avait trois problèmes majeurs :
Comment le lancer à l'eau, vu qu'il est plus fort que moi, il me laissera difficilement l'attraper et le jeter.
Comment s'échapper ensuite sans qu'il puisse s'accrocher au navire.
Comment l'empêcher de suivre le navire et de le rattraper, puisqu'il était un bon nageur.

Le troisième point semble évident : il faut aller plus vite que lui. Il fallait donc un jour avec du vent. Pour le deuxième, il me fallait une mer délicate. Il me fallait donc un petit grain. Et ne restait plus qu'à le mettre à l'eau.

Lorsque je le trouvais donc endormi sur le plat-bord, profitant du beau temps, et que la météo se gâtait au loin, je mis l'occasion à profit, et ce fut la tentative d'assassinat (ou de ménage par le vide) numéro 1 !

Je mis le cap sur le grain. Et lorsque nous fûmes suffisamment proche de la dépression, je bordais les voiles au maximum, pour être au près sans être à vent debout. Le mât principal grinçât un peu, mais le bateau gagna en vitesse, et commençât à se pencher, à gîter...
En moins d'un minute, nous étions dans le grain. Le bateau était suffisamment penché, bien lancé, et Lloyd, toujours endormi, tombât à l'eau. Il dut se réveiller au moment du choc, mais la mer était agité, ici, et il ne put s'accrocher. Et le bateau filait.

Adieu snob, apprécie bien ta noyade !

Ouais... Les choses ne se passent pas toujours comme on le souhaiterait...

Bizarrement, la tortue qui nous avait « accueillis » au large d'Inu Town semblait nous suivre. On la voyait de temps en temps, dans le sillage du bateau. Je ne l'avais pas vu depuis deux jours, mais alors que Lloyd tombait à l'eau, elle réapparut et le transportât tranquillement jusqu'au navire, qui pourtant filait à bonne allure.
Je du mettre un masque sur mes émotions et lancer une corde au snob pour qu'il remonte à bord plus facilement, avant de prétendre m'ettre assoupi après avoir attaché la barre et les bouts.

Premier échec.
Baaa.
La deuxième tentative fut le soir même. Lloyd ne semblait pas vraiment énervé. Toujours aussi déprimé, apparemment. C'était mon tour de faire à manger.

"Puisque c'est comme ça", me dis-je, "j'ai une idée horrible."

C'est une bonne idée au moins?

"C'est du tout cuit ! Suis moi !", pensé-je, en étant content que mon cerveau ne semble pas vouloir me contrarier aujourd'hui.

Du coup, je préparais deux mixtures. Une pour moi, et une pour lui. Je n'avais pas vraiment les ingrédients pour concocter une des recettes de mon carnet, même si je parcourus avec envie quelques recettes, aussi j'improvisais avec ce que j'avais sous la main, dans la cuisine et l'infirmerie, et je me mis même à chantonner :

"Recette pour plat du dernier jour !

Dans une marmite rouillée,
Mettez un steack avarié,
Faites tiédir lentement,
Dans un bon verre de détergent...

- Oh, je vais en mettre deux !

Des pommes de terre moisie,
Les dents brisées d'une scie,
Un fugu et son venin..."


Et un peu de poivre en grains ?

"Noooon. Crétin de cerveau...

Émiettez de l'aconit,
Accompagnée de colchique,
Deux cuillères de purgatif,
Qu'on fait bouillir à feu vif !

- Oh, je vais en mettre trois !

Dans un petit plat à part,
Faire tiédir des cafards,
Avant de les moudre..."


Avec un peu de sucre en poudre ?

"NON !

Versez de la mort-aux-rats,
Et un vaccin de choléra,
Pour améliorer le goût,
Ajouter des légumes au tout.

- Oh, pas besoin d'en mettre en fait.

Décorez de graines d'euphorbe,
Imbibées de chloroforme,
Quand la mixture tiédit..."


Ajoutez du vert-de-gris?

"NON ! OUIIII !"

Ah, je savais que ça, ça te plairait.

"Le ragoût du dernier jour,
Une voie sans détour,
Pour massacrer l'estomac,
Demain il ne restera,
PLUS... QUE... MOIIIII !"


Bon... Je mis finalement tout de même quelques légumes pour cacher la sale odeur de la mixture, et me préparait un plat normal pour moi.
Le soir, Lloyd n'avait pas faim. Je le poussais à manger, ne serait-ce que pour se réchauffer après sa baignade forcée. Une cuillère, et bye-bye... Et il mangeât un peu.

Adieu snob, apprécie bien la mort de tes organes internes !

Sauf que... Les choses ne se passent pas toujours comme on le souhaiterait...

Je passais une bonne nuit, à l'idée d'en avoir fini avec lui. Mais le lendemain, il s'était levé tout à fait normalement, et devant mon air dubitatif, dit qu'il y avait bien longtemps qu'il n'avait pas si bien dormi... Il faut croire qu'en plus d'avoir une force stupide, il avait aussi un estomac en béton armé...

Je mis au point un troisième plan. Alors qu'il venait de régler le cabestan, je modifiais l'agencement des bouts, pour qu'ils se coincent. L'idée étant que sous une force tension, l'ensemble partent comme un boulet dans la tête du snob. Le vent se leva, les bouts se tendirent, tendirent... Puis le cabestan fut arraché, et Lloyd, le voyant arrivé droit sur lui... Le fracassa d'un coup de poing.

Ah. C'est vrai qu'il disait qu'il pouvait briser une porte blindée à mains nues...

Et alors que je réfléchissais à une nouvelle tentative, Red Line s'était dessinée au loin sur l'horizon...

Et à présent, nous voilà ici, approchant de Reverse Mountain. Le temps se gâte, je ne sait pas comment tuer ce foutu monstre, et... L'eau remonte une montagne. C'EST UNE BLAGUE ?

D'accord, j'en avais entendu parler... Mais je n'y croyais pas, c'est absurde, ça défie toutes les lois de la physique, c'est... Remarque, les fruits du démon aussi.
Bon, l'eau remonte une montagne. Ça n'a aucun sens, mais je le vois. Donc soit je suis fou, soit on ne comprend rien à la nature.

La première option étant nettement plus probable que la seconde.

Le vent est de plus en plus fort, et voilà qu'il pleut. En grommelant, je me dirige vers l'arrière du navire et les cabines, et j'entends vaguement Lloyd murmurer.

... bonne idée ? S'ils sont tous aussi forts, je...""

Il ressasse encore sa défaite ou quoi ?
En fait, j'ai peut-être choisi la mauvaise option. Jusqu'à présent, il m'a toujours battu en combat, assez largement même. Mais aujourd'hui, son moral est au plus bas. Et il me fait vaguement confiance, comme Viald avant lui... Si je lui loge une balle dans le dos... Ou mieux, un coup de couteau dans la nuque, pour qu'il saigne bien... La blessure plus le trauma psychologique... J'ai de bonnes chances de gagner...

Avec un sourire, je me dirige vers ce qui nous tient lieu d'armurerie, et y prend une dague, que je met dans ma manche. Puis je ressors. Lloyd est toujours là, sous la pluie désormais battante et les rafales de vents.
Et il n'est pas le seul.

Droit devant, un navire s'engage sur le chemin de reverse. Enfin, je dis s'engage, mais « happé par le courant » serait plus exact. Le navire est complètement de travers. Il frappe un des piliers et tombe en miettes. Ah...
En fait, vu que là, le courant deviens assez fort, je devrais peut-être travailler avec le snob le temps qu'on arrive en haut de Reverse non ?
Euh... NON ! Si je fais ça, je vais me retrouver coincé sur Grand Line ! Non, il faut que je le tue maintenant, avant qu'on ne puisse plus faire demi-tour, et que je change le cap du bateau pour éviter de devoir passer ce cap.

"Qui es-tu ?"

Il parle tout seul où... Wait, what ? D’où sort ce grand-père en haillons ?

"Béni soit-tu mon fils pour m'avoir recueilli dans la tourmente. Je suis le prophète Varayaman. "
"Comment es-tu monté à bord ? Tu as grimpé."
"Oui mon fils car ton navire providentiel était là alors que je quittais le mien..."
"Ah, tu as sauté du navire qui s'est écrasé sur les piliers, en voyant qu'il s'engageait mal ?"
"Oui mon fils. J'ai vu votre bateau et j'ai su que je devais le rejoindre, car les flammes m'avait prédit une rencontre fatidique aujourd'hui. Souhaite tu savoir ta destinée, en échange de ta bonté ?"
"JE... NE... VEUX... PLUS... DE PUTAIN DE CLANDESTIN !"

Et le voilà attrapant le vieux et le soulevant au dessus de sa tête.

"Mais... Je peux te révéler ta destinée, jusqu'à ta mort, ta..."
"Je connais ma destinée ! Et si nécessaire, je me la forgerais. AU DIABLE PROPHETE !"

Et revoilà le vieux à l'eau. Sa rencontre fatidique ne s'est pas très bien passé en fait... Quand à Lloyd... Il a l'air d'aller un peu mieux. Ce qui est un problème pour moi. Tout comme le fait qu'on soit complètement pris dans le courant maintenant.

Et merde, qu'est-ce que je fait ?
Dague dans la manche, sous la pluie, je m'approche d'un Lloyd parlant tout seul.
Le choix de la raison, la coopération, ou le choix du cœur, l'homicide ?
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Dim 15 Déc 2013 - 21:55


Les Avalons - Arc I : L'ascension sur North Blue.


Le crépuscule du jour le plus long. [Log I-8]


Au pied de Reverse Mountain, côté North Blue.

Cela fait déjà plusieurs minutes j'ai renvoyé ce prophète de pacotille d'où il n'aurait jamais dû s'en aller, et pourtant, je suis toujours immobile, à côté du bastingage, les mains toujours tendues vers la mer. Me révéler ma destinée ? Une rencontre fatidique ? Ce qu'il n'aurait pas été prêt à raconter pour squatter clandestinement mon navire, sérieusement... Remarque, je ne saurais dire ce qui est le pire : ces bobards qu'il a inventé, ou le fait que je lui ai dit que je forgerais ma destinée si j'en avais besoin. Certes, ce serait bien, mais... Je ne suis plus vraiment sûr d'en avoir la force. Et avec tout ce qui vient de se passer...

D'abord, cet échec cuisant à la prison, et le départ de Kanbei. La trahison plutôt. Avec ce rêve si réel. Un rêve qui a marqué la fin d'une belle mais brève amitié... Et le début d'une haine féroce entre deux individus que tout sépare. Ensuite, l'attaque du casino. Un autre raté. Car même si je suis parvenu à y rafler une bonne vingtaine de millions de Berrys, j'y ai perdu la moitié des hommes de mon équipage... Et la totalité de ceux qui m'étaient loyaux. Que me reste t-il désormais ? Un espèce de borgne faiblard inutile dont la seule compétence est de provoquer autour de moi de douteux accidents, et qui a essayé plusieurs fois de me tuer ? Est-ce la le seul larbin, le seul serviteur, le seul allié, le seul ami que je mérite, même si ce mot n'a plus vraiment de sens pour moi ? Et quand bien même il n'y aurait personne d'autre que moi... Suis-je vraiment aussi puissant que ce que je m'évertue à rappeler à tout le monde ? Mizukawa Sutero... Ma troisième défaite consécutive... Et elle a été particulièrement amère. Moi, battu à plates coutures et humilié par un estropié qui ne semblait pas même forcer ? Moi, gisant au sol, mon propre visage baignant dans sang et larmes après que ce que je pensais être mon tout-puissant Haki m'ait lâché, faisant face à une mort ridicule que j'étais prêt à accueillir ? Après tout cette année passée sur North Blue, à me confronter sans relâche à des défis toujours plus difficiles ? Après avoir eu l'impression de vivre une attente interminable, comme le crépuscule d'un jour le plus long ? Certes, j'ai accumulé les échecs récemment, et, alors que j'ai toujours su suivre mon "incroyable" destinée, aujourd'hui je l'ai perdue du regard. Aveuglé par un soleil contre lequel je me suis brûlé les ailes, je me suis écrasé au sol. Mais j'ai tout de même décider de me relever. Une dernière fois. Ou bon, allez, une avant-dernière. Ce serait bête de baisser les bras si tôt ! Méthode Coué : je suis le grand Lloyd Barrel, et rien ne peut m'arrêter !

Et puis... Je ne vois vraiment pas ce qui pourrait m'arriver de pire...

Je suis arraché de mes tentatives désespérées de remotivation par la sonnerie de mon escargophone.

"Allô ?"
"Père ?", demandé-je lentement.
"Lloyd."
"Tout ce qui peut mal tourner, va mal tourner ? Va au diable, Murphy !", me clamé-je à moi-même.
"..."
"Oh, et puis, flûte, j'raccroche.", conclus-je en reposant le combiné.
"...", s'abstient de commentaire Yskino, qui fait la moue. Le téléphone sonne à nouveau.
"Allô ?"
"J'ai quelque chose à te dire.", répond t-il avec acidité.
"Ah bon ? Tu as lu les journaux récemment, père ?", le tutoyé-je délibérément, parfaitement au courant que ça l'énerve au plus haut point.
"Malheureusement...", lâche t-il. C'est marrant cette espèce de mine renfrognée que tire l'escargophone, qui imite trait pour trait son faciès. Il reprend : "Difficile de passer à côté de tes honteux "exploits", à vrai dire..."
"Je ne t'avais pas dit que je ferais parler de moi ? Qu'en penses tu ?", demandé-je, comme pour me ragaillardir. Pas comme si j'en avais besoin non, moi, le grand Lloyd Barrel, mais les récents événements me laissent encore un goût amer en bouche...
"Ce que j'en pense ? Tu me demandes réellement ce que j'en pense ?"
"Oui..."
"Que veux-tu que je te dise ? J'avais de grand projets pour toi. Ton avenir était tout tracé. Et tu as tout foutu en l'air, par pur orgueil. Tu es un échec, la honte de la famille.", abat t-il ces mots comme un couperet sur ma fierté, et qui résonnent pendant de très longues secondes à mes oreilles.
"Mais je fais connaître notre nom sur toute la mer !"
"Connus ? Nous l'étions déjà... Mais surtout, nous étions connu pour une famille respectable... Qui s'était faite un nom grâce à un travail acharné ! Et toi... Toi tu as tout réduit à néant ! Oh que oui on me parle toi, ça c'est sûr... Mais on me parle uniquement de toi pour m'humilier !"
"Ils sont jaloux, c'est tout..."
"Non Lloyd, ils ne le sont pas. Ils ont tout simplement raison, terriblement raison. Tu es ridicule, et tu m'humilies. Et à vrai dire... J'ai déjà commencé des démarches pour te renier et te déshériter. C'est ça que je voulais te dire. J'ai pris une décision."
"QUOI ?! Je suis ton seul et unique fils, comment pourrais-tu faire ça ?!"
"En fait... Tu n'es pas mon seul héritier...", balance t-il soudainement. Coup de feu en plein coeur.
"Q-q-q-quoi... ?", bégayé-je, refusant d'y croire. Refusant de le concevoir.
"Tu sais, Lloyd... J'ai eu deux... Disons, "aventures"... Tu as deux... Disons, "demi"-frères.", vomit-il de la plus répugnante des façons possibles.
"Comment... Comment est-ce possible ? Qui... Qui sont ils ?"
"Je ne me souviens même plus du premier, ni son nom, ni à quoi il ressemble, c'est te dire... Et l'autre... Oh, tu le connais. Il s'appelle Edward. Et tu sais comment il a fini : bien mieux que toi. Toi en qui je fondais tant d'espoirs..."
"Arrête.", murmuré-je, les yeux débordant de larmes. Edward ? Edward... Ce bâtard...
"Quoi donc ?"
"Arrête de dire que tu tiens à moi ! Je le saurais si c'était le cas ! Je n'aurais pas subi tout ça ! Tu ne me renierais pas !", hurlé-je à la mort, dans un état dans lequel je n'ai que rarement été dans ma vie. Un état de désespoir, où toutes les prises auxquelles je m'accroche s'effritent, où tous mes repères disparaissent dans la brume... Où tout ce qui m'entoure et me réchauffe s'écroule.
"J'ai fait des erreurs dans ma vie, Lloyd. Mais pas une seule fois je n'ai cessé de t'aimer. Je ne voulais que le meilleur pour toi. Haha... Peut-être que j'en ai trop fait, qui sait ? La route d'Impel Down est pavée de bonnes intentions, comme dit le proverbe..."
"Arrête ! Arrête !"
"Ne t'en fais pas... C'est terminé, de toute manière."
"Quoi ?! Qu'y a t-il encore ? Tu vas encore me dire que je suis la honte de la famille, c'est ça ?! Tout ce que je voulais, moi, c'est que tu sois fier de moi ! Au moins une seule fois dans ma putain de vie !", m'écrié-je de toute mon âme, laissant mon père sans voix pendant quelques secondes.
"Eh bien, tu as échoué. Tout ce que tu es, c'est un déchet à 43 millions.", commence t-il, ayant changé d’intonation, comme s'il s'était repris soudainement. Un autre coup de feu en plein coeur. Et une augmentation de la prime sur ma tête qui ne m'arrache même pas un sourire. Il continue : "J'ai fait ce que j'ai pu, Lloyd, je t'ai aimé à ma façon. Et tu m'as aimé à la tienne, tu as fait ce que tu as pu. Mais ça ne peut fonctionner entre nous, et tu le sais. Je te dis donc adieu. Tu n'entendras plus jamais parler de moi. Et je n'entendrai plus jamais parler de toi, et de ce nom que tu usurpes."
"Père... Ne pensez pas vous débarrasser de moi si facilement..."
"Adieu mon f... Adieu, Lloyd."
"Grand Lloyd Barrel...", n'ai-je même plus la force mentale de corriger, tandis que la communication est interrompue.

Bordel... L'animal téléphonique chute au sol, en lâchant le petit cri étouffé caractéristique de l'escargot. Et moi aussi. Chougnant à genoux tandis que le bateau s'engouffre dans le canal de la montagne magique, je ne me suis jamais senti aussi désemparé. Un choc violent me fait tomber au sol : le Galahad, rentrant de travers dans l'ouverture, vient de se prendre le pilier d'une des arches bordant le flux d'eau ascendant, perdant un morceau de bastingage et de coque par la même occasion. Quelle coque de noix ce bateau... Lui aussi, il va me lâcher ? Remarque, un rafiot des plus miteux, pour faire naviguer un équipage pathétique dirigé par un capitaine à la manque... Un capitaine désabusé par des rêves trop grands pour lui, un capitaine que désormais tout ce qui lui était cher l'a abandonné... Même lui-même. Un moins que rien qui, malgré une tempête redoublant d'intensité à chaque instant, à tout de même réussi à tout rater dans sa misérable existence. Le grand Lloyd Barrel, hein ? Pitoyable. Et mon destin, m'a t-il abandonné aussi ? Une dernière fois, je parviens à me redresser sur mes deux jambes, et à m'avancer vers la proue de l'épave qui fuse à toute vitesse vers le sommet. Je prends une bouffé d'air à pleins poumons, avalant des gouttes de pluie ou des larmes, et m'écrie, comme cherchant une libération, un échappatoire :

"J'AI TOUJOURS AGI COMME SI TU ÉTAIS DROIT DEVANT MOI ! COMME SI MON UNIQUE OBJECTIF ÉTAIT DE T'ACCOMPLIR ! JE M'Y SUIS VOUÉ TOUTE MA VIE ! RÉPONDS MOI ! ES-TU VRAIMENT AVEC MOI, OU N'AS TU FAIT QUE ME NARGUER TOUT CE TEMPS ?!!"

La foudre tonne en guise de réponse. Une claque, un déni de ne serait-ce que m'adresser la parole. Voilà comment je le conçois. S'il en est ainsi, ma vie ne vaut plus le coup d'être vécue. Je dois savoir si, réellement, je suis fort ou faible. Alors, j'invoque le tonnerre dans un cri.

"HAKI !"

Encore.

"HAKI ! HAKI ! HAKI !"

Et là, des nuages gorgés de mystère les éclairs tombent... A côté de moi. Comme un gamin qui me tirerait la langue, ma destinée, mon avenir me nargue. Et comme ce même mioche, je ne peux même pas lui donner une bonne correction. La foudre s'abat sur l'eau, fracasse la roche de Redline, et percute la proue du Galahad. Mais jamais elle ne me vise. Je n'en vaux pas la peine.

"C'EST DONC CA ! TU M'AS DONC ABANDONNÉ !! TOI AUSSI !! ET CE HAKI DE PACOTILLE !! COMMENT AI-JE PU ETRE ASSEZ STUPIDE POUR Y CROIRE TOUTES CES ANNÉES ?!! JE VEUX !! JUSTE !! UN !! PUTAIN !! DE !! SIGNE !!"

La foudre retombe une dernière sur la figure de proue, qui se rompt et tombe à l'eau, tandis que nous arrivons au point culminant de Reverse Mountain. Et j'entends un bruit sourd, le son de quelque chose qui s'écrase dans mon dos. Je me retourne, désabusé, et trouve un Yskino gisant au sol, poignard en main, dans les vapes. Comment est-ce qu'il s'est encore démerdé, ce pingouin ? Bon, après tout, je m'en carre un peu. Car, ce qui est intéressant, c'est ce qui est juste à côté de lui... Un fruit très moche et couvert de spirales. Aucun doute... Yskino était en train de... M'apporter un fruit du démon qu'il vient de trouver ! A moins qu'il ne s'agisse de...

J'attrape le fruit entre mes mains et me remets face au ciel... Qui s'est subitement éclairci. Changement climatique brusque dû au changement d'océan ? Ou alors finalement un signe, une manifestation d'un fabuleux destin qui recommence à se dessiner devant mes yeux ? Je ne sais pas. Je n'en ai aucune idée. En fait... Je m'en fous. Toujours est-il que ce fruit est une opportunité... Tombée du ciel. Yeaaaaaah ! La preuve que ma destinée ne m'a pas abandonné ! La preuve que tout ce qui vient de m'arriver n'était qu'une sorte de spirale infernale vouée à tester mon endurance et la force de ma conviction d'être un être supérieur... Une sorte de défi, dont la dernière étape serait... D'accepter de manger ce pouvoir que m'offre l'avenir. Mais quel pouvoir peut-il conférer ? Je ne sais qu'une seule et unique chose sur ces fameux fruits démoniaques : ils rendent ceux qui les mangent lourds comme des pierres lorsqu'ils tombent à l'eau. Remarque, ça tombe plutôt bien pour moi, vu que je ne... Ouais, non. Il est vrai que je suis très souvent amené à me retrouver à la mer. Mais si c'est le prix à payer pour accomplir ma destinée... Eh bien je tomberai plus, advienne que pourra ! Et alors, j'enfourne le fruit dans ma bouche et l'avale d'une traite.

Ce qui est chouette dans la nature, c'est que tout est harmonie et accord : la notion d'équilibre régit ce monde magnifique et mystérieux. Et cela s'applique aussi aux fruits du démons. Ils sont aussi dégueulasses que moches.

Après être allé vomir deux fois dans l'eau du canal descendant vers l'entrée de Grandline, et après avoir vérifié que tremper ne serait-ce qu ma main dans l'eau de mer me rend tout chose, je commence à me demander ce que peut bien être mon nouveau pouvoir... En espérant que ce ne soit pas quelque chose d'aussi pourrave que ce que Viald avait eu. Et si je pouvais voler ? Je plonge en avant sur le pont du bateau... Et me vautre lamentablement sur les planches. Pouvoir de voler. Et si... J'étais capable de projeter des boules de feu par les mains ? Je tends les mains droit devant moi et hurle le premier mot qui pourrait bien coller à la situation qui me passe par la tête :

"Hadoken !"

Manqué, c'est pas ça non plus. Dommage. Pouvoir d'envoyer des boules de feu. Qu'est-ce qu'il reste d'autre à essayer ? L'immortalité ? En voila un pouvoir qui me siérait à merveille ! Je me retourne vers Yskino, qui, hagard, semble avoir repris connaissance, et qui se demande sans doute ce qu'il s'est passé.

"Hé Yskino.", lancé-je avec le ton habituel pour m'adresser à lui.
"Qu'est-ce que tu me veux ? Et qu'est-ce qu'il s'est passé ?"
"T'occupe. Dis, tu veux bien me frapper ?"
"Alors ça, avec plaisir !", s'enjaille t-il en se frottant les mains comme un banquier véreux qui s'apprêterait à plumer un client. Il s'approche donc de moi, une sorte de petite étincelle dans le regard, sortant lentement sa main droite qu'il gardait cachée derrière son dos... Et dans laquelle se trouve une dague. Tiens, mais pourquoi il a pris une da... Euh... Il ne compte tout de même p... Yskino ne me laisse même pas le temps de finir de penser et s'élance, l'arme au poing, pour attaquer ma joue tendue, les yeux emplis d'une inquiétante lueur. Je n'ai pas le temps d'esquisser un mouvement d'esquive, et ne peux que fermer les yeux. Au bout de quelques secondes, je les rouvre. Ouf, apparemment, il ne m'a pas attaqué.

"Pfiou... Tu sais que j'ai failli y croire, l'espace d'un instant, héhé ?", lui dis-je en ricanant. Non, non, je n'ai pas eu peur, loin de là, car je suis l'incroyable Lloyd Barrel, mais... Mais pourquoi il tire cette tronche encore, l'autre ?

"Hé, qu'est-ce qu'il y a, ma tête te revient pas ?", lancé-je en le toisant.
"Euh... Ben justement, ta gueule..."
"Tu oses me dire ta gueule ?"
"Non mais... Oui, enfin... C'est pas la question ! Regarde la, justement, ta gueule...", me dit-il avec un air de merlan frit.
"Quoi ma gueule, qu'est-ce qu'elle a ma gueule ?", l'interrogé-je d'une voix puissante et cassée, avec l'air d'un célèbre rockeur qui aurait pris un coup de vieux, pour le style. Voyant qu'il n'a pas l'air décidé à me répondre, je me saisis de ce splendide petit miroir que je garde toujours sur moi, et m'admire grâce à lui. Et là, la surprise est de taille. Mise à part mon incroyable beauté que je remarque du premier coup d'oeil, naturellement, quelque chose de très très étrange m'interpelle : la moitié de mon visage est toute brillante, cristalline. Et aux pieds d'Yskino se trouve sa lame courte, explosée en six morceaux bien distincts. Quoi ? Qu'est-ce que c'est encore que ce binz ? Je tapote, tout en tenant toujours le miroir, mon visage à plusieurs reprises. Aucune sensation. Je tente un de mes coups de poings les plus puissants, ceux qui sont même capables de fendre en deux l'acier. Aucune sensation non plus. C'est comme si... Comme si je suis indestructible. Mais n'y aurait-il pas un autre moyen de savoir exactement ce qu'est mon pouvoir ? J'active alors mes sens innés de héros de shonen. Mais oui ! Je dois avoir mangé le fruit du diamant, qui me permet justement de me recouvrir de diamant ! Ah la la, vraiment, qu'est-ce que c'est pratique d'être le héros de sa propre aventure ! (Et d'être le grand Lloyd Barrel, qui plus est). Pendant quelques dizaines de secondes, tandis que le navire commence à arriver au pied la montagne, je m’attelle à essayer de comprendre le fonctionnement de ce nouveau pouvoir. C'est vraiment très étrange... Ça a même une sorte de dimension "magique" : c'est comme si on m'avait greffé un "membre" supplémentaire, et que m'en servir est complètement instinctif, comme respirer... Même si j'ai beaucoup plus de mal à le contrôler qu'à faire travailler mes poumons. C'est comme si une partie de moi vient de se bloquer, et que bien qu'elle me soit inhérente, elle m'est complètement inconnue et difficile à maîtriser. Bah, ça viendra avec le temps, j'imagine ! En tout cas, ce fruit m'était destiné. Et un pouvoir capable de me rendre aussi dur que le diamant, ça risque de m'être très utile, surtout que je ne peux plus nager...

Je suis subitement tiré de mes pensées (décidément ça devient une habitude) par le paysage qui vient de se peindre devant : c'en est à couper le souffle tellement c'est... Majestueux. Car oui, sous nos yeux ébahis se dresse le tant renommé Cap des Jumeaux, la fin du canal de Reverse Mountain, marquant pour nous l'entrée de Grandline. Nouvelle mer, nouveaux pouvoirs, nouveau destin, nouveaux "membres" : voila marquée la fin d'un arc pour les Avalons, et plus particulièrement pour moi, le grand Lloyd Barrel. La fin d'une aventure... Et le commencement d'une autre. J'inspire une grande bouffée d'air pur, et, empli de l'exaltation qui se dégage de cette atmosphère exceptionnelle, je clame haut et fort à cette mer, comme pour la prévenir, une punchline dont seul moi en a le secret :

"C'est un petit pas pour le grand Lloyd Barrel... Mais un grand pas pour la piraterie... ! Grandline, me voila !"
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