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"Qu'est ce que c'est que ce prénom foireux?" (1625)

Invité
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Ven 26 Déc 2014 - 1:26



Shalyne Nelson.

L’autre connard de Trophée pouvait dire ce qu’il voulait sur le nom de cette jolie minette, mais moi, je ne l'ai jamais trouvé moche. Il était pas mal, et sa propriétaire était pas mal non plus. Faut dire que se saper constamment en débardeur, ça aidait. Mais le truc, c'est que cette femme, c'était pas que ça. C'était aussi un paquet de malentendus, de combats, et de souvenirs. Et bordel, d'irrespect. C'était pas évident, mais petit à petit, j'ai appris à la connaître, à la comprendre. Et parfois, comme cette nuit froide d'hiver 1626, j'me surprends à me rappeler des premiers jours.

Et j’me surprends à me demander comment un truc qui a commencé si mal a fini si bien.

***


La base militaire de South Blue était un endroit où il faisait bon vivre. Après la tonne d'opérations qu'on s'est farcie ces derniers mois, on avait l'impression d’être enfin arrivé au bout de nos peines. Mais on était juste entré dans l’oeil du cyclone. Et le plus dur venait à peine de commencer. Bordel, j’ai su que ça commençait dès que j’ai vu la jolie femme s’avancer vers nous, dès que je l’ai déshabillé des yeux, et dès qu’elle a ouvert sa bouche pulpeuse de suceuse d’officiers.
Et pas la figure mal rasée aux yeux injectés de sang du caporal d'élite Marcus Werner, notre actuel chef d’unité.

Jeopardy by San Francisco Symphony on Grooveshark
« Unité Sakazuki ? C’est vous ? »



Mon unité. Killian ‘Moby Dick’ Achab, Cain Juste Cain, "Trophée" Hanlin, Tatsuo Hiro... Et moi, Caleb Mallory. Tous venus de milieux différents, mais à la fin, tous marine d’élite première classe. C’était ça, la magie de l’élite. ‘Niveler pour triompher’, disait notre instructeur. Mais j’me perds.

« A votre service, madame, » J’ai répondu, naïf que je suis. « Vous avez pas vu le caporal Werner, m’dame? On l'attend depuis une heure maintenant, on l’a cherché dans tout les coins et on n'le trouve pas. »

Elle ne prit pas de gants.

« Le caporal Werner est aux arrêts. »


Tout les gars se tournèrent vers elle. Elle avait l’attention qu’elle voulait, et ça se voyait bien que ça lui faisait plaisir.


«  Le sergent d'élite Takeshita m'a placée comme chef de votre unité. Si vous n’avez pas eu l'ordre de mission, vous le lirez dans votre baraquements. Je suis le caporal d'élite Shalyne Nelson. »


Bordel de merde. Elle commençait en force.

« Mais euh... »


Elle ne me laissa pas parler. Elle profitait de l'effet de surprise, hahaha.

« Tout est dans l’ordre de mission. Passons aux présentations. Vous êtes ? »


« Première classe Artillerie, au rapport, madame.
(J’ai pointé les autres du doigt dans l’ordre) Trophée, Cain, Moby Dick,Tatsuo. »

Elle haussa un sourcil.« Et vos vrais noms ? » fit-elle.

J’ai ri. Elle se foutait de ma gueule. « Les vrais noms, ‘madame’, c’est pour les amiraux. »

« Pardon ? » qu'elle a dit, interloquée.

Quelle déception. Encore un balais dans le cul. Je pensais les avoir abandonnés dans la régulière, mais non. Fallait qu'ils me suivent jusqu'ici.

« L’élite, c’était une grande famille. Vous aviez les soldats première classe, qui faisaient office de jeunes péons, les caporaux, qui étaient un peu les grands frères et soeurs qui vous aidaient à communiquer avec le sergent, qui faisait office de ‘tonton sympathique’. Partout où j’ai servi, régulière ou pas, ça marchait comme ça. L’élite, c’est pire, parce que vu que tout le monde est calé, certains préfèrent ne pas prendre de responsabilité et ne pas monter de grades ; parce que de toute façon, la paie était suffisamment bonne.
Alors ouais. Tant que je vois pas un insigne d’officier, on garde des relations saines : et on appelle les gens par leurs surnoms. »


Sauf que, mais je l'ai appris qu'après, la Shalyne n’avait jamais voulu établir des ' relations saines '. Aussi longtemps que j’ai servi avec elle, elle n’a toujours voulu qu’accomplir sa mission, recevoir sa solde, et par dessus tout, faire en sorte que ses gars ne crèvent pas. Et que du coup :

« Je ne suis pas payée pour avoir des relations saines avec vous, soldat. Je suis pas payé non plus pour lire vos foutus insignes, par contre, vous, vous êtes payés pour accomplir mes ordres. Donc je vais repartir de zéro et faire comme si vous n’aviez rien dit. Vous êtes ? »


Si sa langue était un fouet, je serais déjà mort. Alors j’ai préféré m’exécuter en vitesse. HanlinAchabCainMalloryHiro.

« Bien. Maintenant que nous repartons sur de bonnes bases, je ne veux plus que ce genre d’incident ne se reproduise. La coopération est une bonne chose, certes, mais le respect du protocole militaire, c’est plus important. Ça me facilite la tâche, et ça fait passer les ordres plus vite. C’est bien clair ? »


Elle resta silencieuse quelques secondes, hocha la tête comme pour s'approuver elle même, puis continua son speech. Elle prit alors quelques minutes pour nous expliquer comment marchera l’unité. Et voilà qu’elle commençait à nous bourrer le crâne avec tout ce qu’on nous rabâche depuis qu’on a quitté le camp d’entraînement –et même avant, pour moi. Achab, Hayden et Hanlin écoutaient attentivement, parce que c’était la première fois la première fois qu’ils entendaient cette merde que l’ancien caporal Werner leur avait épargné (‘bon les gars, maintenant vous bossez avec moi. Faites pas les cons. Rompez’). C’était des jeunes, eux, ils venaient pas de la régulière. J’ai l’impression que de plus de gens étaient dans ce cas, dans l’élite. J’aimais pas du tout ça. Les anciens sergents, ils ont de l’expérience, une vie de combats derrière eux. Les soldats survoltés et inexpérimentés peuvent rester dans la régulière. On en avait pas b’soin, nous.


« Sur ce, j’espère que cette mission sera le début d’une belle aventure. Vous pouvez disposer. J’sais pas si on vous a déjà filé vos ordres de missions, sinon ils devraient être arrivés dans vos baraquement maintenant. Prenez en connaissance durant le voyage ; on fera un briefing un peu avant d’arriver sur Bliss. Bonne journée, messieurs. »


Après le petit topo, le caporal d'élite Shalyne Nelson nous a laissé là, et on essayait de digérer l'histoire.

« Va falloir parler de ça, les gars. Va falloir que quelqu’un réponde à cette simple et fondamentale question : qui c’est, cette connasse ? Et pourquoi elle a été parachutée dans notre unité à la place de Werner ? Est-ce que quelqu’un d’entre vous possède des infos sur pourquoi elle est là ? »


Achab, le blagueur du groupe, sortit la phrase foireuse « ça en fait trois. » Il avait bien mérité le « ta gueule » qui est sorti instinctivement de ma bouche.

Hanlin a levé la tête, et à commencé à réfléchir. Il allait aller loin, c’est sûr, s’il n’avait pas une gueule aussi grande.

« J’ai cru entendre un truc. Visiblement, elle a dans la famille un grand père contre-amiral, ou je sais pas quoi.»

Cain soupira, et je pouvais très bien savoir pourquoi. Aussi fidèle au protocole qu’il était, il ne supportait pas l’idée de piston.

« Eh merde. Au moment où j’ai appris que Werner avait été viré, j’ai su qu’on allait prendre cher d’une manière ou d’une autre. »


« Werner était un connard, et il a mérité ce qui lui est arrivé. »

J'étais pas d'accord. Je connaissais ce vieux con, mais Achab m'a coupé l'herbe sous le pied.

« Il avait des problèmes avec sa femme. »

« Noyer les problèmes dans l’alcool n’a jamais été une solution. Et venir complètement arraché et insulter un officier non plus. »


Ils ont commencé à se chamailler, et j’ai vu que ça allait se barrer en couille. Achab était proche de Werner. Moi aussi, d’ailleurs. Werner avait peut-être fait des couilles dans sa vie, mais il avait une gosse, et son foyer était réduit en miettes. Mais il a merdé une fois de trop. Et cette fois, on pouvait pas le couvrir.

Au moins, en rentrant chez lui, il pourra peut-être sauver sa famille à défaut de sauver son job.

« Bon, calmez-vous, un peu. Je connais le sergent d’élite qui était dans le bateau de Nelson. Ce que je peux faire, c’est aller lui en parler et voir s’il peut pas nous réassigner un autre caporal d’élite pour cette opération. »


« Ouais, ça me paraît être une bonne idée. »


« Carrément ! voilà que t'as des idées intelligentes.. »


« C'est pas l'idée la plus maline qui soit, quoique. Mais, la majorité l'emporte, j'ai l'impression. »
avait pressenti Cain.


Dernière édition par Shalyne Nelson le Jeu 15 Jan 2015 - 2:14, édité 3 fois
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Mar 30 Déc 2014 - 3:19

« Je pensais être suffisamment claire, hier. »

Six cents. Six cent un.

« ...Je n’ai aucune envie de vous faire faire ça, mais là, vous ne me laissez pas le choix. »


...six cents cinquante-trois, six-cent cinquante quatre.


« Je vous avais dit que c’était une idée foireuse, »
grogna Cain.

Il avait toujours raison, Cain. Le problème, c'est qu'on l'écoute pas. Sept cents. Elle s'approcha et s'accroupit en face de moi.

« Mallory, vous qui avait servi en tant que sergent dans la marine régulière, vous aviez quand même pondéré la possibilité que Takeshita vienne me signaler ce que vous avez tenté de faire ? »

Take, enfoiré. Je connaissais le type, il pensait probablement qu’à me faire une belle blague. Faut dire aussi, j’avais aussi fait le connard, avec lui par moments. J’aurais du m’y attendre, c’est vrai.

Sept cent quatre-vingts dix-neuf.


« Parce que si c’est le cas, c’est entièrement de votre faute, les 1000 pompes, sur le pont devant tout le monde. Moi, j'en voulais pas, mais le sergent m'a dit que je devais faire de vous un exemple, et vous réapprendre les bases. S’il faut que je vous traite comme des recrues, je peux le faire, pas de problème... Enfin, si. Vous me faites extrêmement chier à perdre mon temps tout autant que le votre. »


Et on était loin du compte. Et à la neuf centième, même moi, j’en pouvais plus. Les nouveaux ont du rajouter quelque pompes derrière, mais il suffit qu’un lâche pour que les autres suivent. Parce que c’était le premier qui lâchait, qui prenait tout. Dans tout les cas, Cain n’avait pas donné une miette, et a réussi à faire la millième avant de se mettre en tailleur. Faudrait que je vous parle de Cain. Un sacré phénomène... Mais ça sera pour une autre fois.

Donc ouais, la solution de se réaffecter n’avait pas marché, et je n’avais pas du tout envie d’en trouver une autre, malgré la rage des autres. Le pire, c’est que Nelson n’avait même pas l’air en colère. Juste emmerdée, comme si on était des gamins qui venaient de voler une poule. Mais cette punition, c’est le genre de chose qui impose une certaine obédience. C’est l’instructeur, le premier chef qu’on a dans l’armée, qui vous oblige à faire des pompes. En reprenant son rôle, elle héritait un peu de son autorité. Enfin, c’est ce que Ngamo nous a expliqué plus tard le soir. Pas très loquace, le Ngamo. Il veut devenir tireur d’élite, alors il veut se donner le genre loup solitaire. De toute façon, quand il ouvre sa gueule, c’est pour dire des trucs tellement incompréhensibles que ça revenait au même. En attendant, lorsque tout le monde eut abandonné, sauf Cain qui termina sans souffler mot, elle décida de commencer son briefing.

« Vous êtes tous au courant, les gars ? »

On hocha la tête à l’unisson. L’ordre de mission était plutôt simple à comprendre. Des pirates étaient descendus à Ohara. Il y a pas quarante raisons d’aller dans ce trou à rat de bibliothèques : ils voulaient des données de navigations. Un bonus pour naviguer dans Grand Line.  Le problème, c’est qu’ils ont eu les yeux plus gros que le ventre, et ont décidé de piller les habitants derrière. Et comme on savait qu’ils avaient fait une petite escale à l’Archipel Vert, on allait intercepter les enfoirés avant qu’ils ne partent pour Grand Line.

« Bien. Nous nous déploierons en pointe de toute la compagnie. Tactique standard, on les aborde en prenant le contrôle de la dunette. Je sauterai en première pour marquer le rythme. Comptez 5 secondes avant de jeter la deuxième corde, et envoyez le reste de la compagnie attaquer les autres pont simultanément. Des questions ? »


« Euh... Ouais. Vous êtes suicidaire ?
» sortit Hanlin.

Shalyne soupira.

« Je pensais qu’après les 1000 pompes, vous auriez compris, non ? »

Hanlin avait beau avoir le tact d'un taureau en rut, il avait raison. Attaquer en pointe avant les autres, c’était la garantie d’être prise en joue par tout les fusiliers du vaisseau ennemi. Attendre au lieu de sauter avec elle, c’était grosso modo forcer le caporal à combattre seule, la dizaine d’ennemis sur le pont arrière pendant une trentaine de secondes.

« Avec tout le respect que je vous dois, madame ; Hanlin a pas faux. La procédure standard, c’est d’envoyer toute l’unité en même temps. »


«  Rien à foutre, fit-elle d'un ton indifférent. D’autres questions ? Est-ce que tout est clair ? »

Hanlin m’a regardé d’un air hésitant. J’ai baissé les yeux. Le caporal avait remarqué l’échange de regard, et ça m’a emmerdé, sur le coup. Ils fallaient qu’ils arrêtent de me prendre pour le chef, un peu.

« Non madame. C’était très clair. Quelles armes pour la mission ? »
demanda Cain.

« Personnellement, mon pistolet et mon sabre d’abordage me suffisent. Si j’ai compris, Achab et Ngamo, vous êtes fusiliers ? »


Les intéressés acquiescèrent.

« Vous vous déploierez un peu après les autres. Du coup, je veux que vous m’assuriez un soutien depuis notre navire. Les laissez pas monter la dunette. Tant qu’elle n’a pas été vidée. Sur ce, si vous n'avez pas d'autres questions, rendez-vous utile, et tournez avec les matelots qui ont passés des jours à manoeuvrer ce maudit rafiot pendant que vous maniganciez des mutineries foireuses. »



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Jeu 1 Jan 2015 - 15:14

L’un dans l’autre, la petite dame ne nous a pas parlé jusqu’à notre arrivée à Nouvelle Ohara. Et d’Ohara, à l’Archipel. Tout était calculé à la minute près, et leurs arrivées consignées au centième de seconde. Nous n’allions pas les rater. Tant au sens propre qu’en sens figuré.

Après avoir dépassé l’Archipel Vert, Shalyne se leva de sa place habituelle, et vint rejoindra à la proue le sergent Takeshita, échangeant longue vue et conversations.. entendu ce qu’ils disaient, mais Takeshita souriait pas, et ça, c’était pas habituel. Quand je me suis rendu compte que je ne payais même plus attention à la partie de cartes que je jouais avec l’unité Issho, je me suis levé et je me suis posé sur le bastingage pas trop loin, l’air de rien.

« J’sais pas, sergent, je devrais peut-être changer d’unité. Ou revenir à Shell Town. »


Eh ben.

« Vous pourriez, en effet. Mais je pense que c’est chasser un moustique avec un char d’assaut. Ils pensent que vous êtes pistonnée par votre grand-père. Personnellement, je le pense aussi, sauf que je m’en fous, parce que j’ai lu vos états de service, derrière. »


Elle a soupiré.

« Je ne comprends pas pourquoi ils sont venus vous dire ça. Je ne connais pas leurs points forts et faibles ; j’ai pas envie de les envoyer se faire tuer. J’ai déjà donné. »


« Ils pensent que vous voulez vous faire tuer, reprit-il, parce que vous êtes mauvaise et trop zélée. Du moins, c’est que le première classe Cain qui est venu me dire ça, pense. C’est un type intègre, Shalyne. Il fait ce qu’il pense être le mieux pour vous, et son unité. »


Il a regardé l'horizon avec sa longue vue, tout en continuant de parler.


« Vous me rappelez un de mes supérieur, à l’époque ou j’servais dans la régulière, il y a un an ou deux. Un grand gars, un peu immature au premier oeil, mais un vrai coeur d’or. Toujours en première ligne, prêt à se sacrifier pour ses amis et les civils innocent, au nom de la justice. J’pense que, de toutes les personnes qui m’ont donné des ordres, ce gars-là me donnait l’impression qu’il en avait quelque chose à foutre. Vous êtes de la race des héros, Nelson. Et je ne compte pas gâcher ça... Par contre, je crois que c’est lui qui est en vue... Pavillon noir. Ouais, c’est lui. Donnez toute la voilure, les gars ! Tous à vos postes ! »


« A vos ordres, sergent. Et merci. »


Lorsque Takeshita est passé devant moi, j’me suis pas retenu de rire.

« T’as loupé ta vocation, Take. T’aurais pu te faire des millions avec la guilde des bonimenteurs. »


Il sourit.

« On me le dit souvent. »


« T’aurais pu aussi lui dire que le mec en question avait fini dans le ventre d’un rois des mers... Et que t’as jamais servi sous ses ordres. »


Il rit.

« Tu préférais la version ou je lui raconte que j’ai servi avec toi sur Saint-Uréa, sous les ordres de Tahgel ? C'est beaucoup moins inspirant. Mais tu peux pas comprendre ça,
ajouta-t-il avec un sourire sarcastique, t'es pas sergent d'élite. Allez, va à ton poste, gros con. »

En rajouter une couche était inutile. Mais j’avais déjà plus confiance en elle, si le sergent lui même y croyait.

Et j’ai pas été déçu. Lors de l’abordage, elle a fait un foutu massacre. Les fumigènes ont couvert son saut, et sa puissance, tout bonnement...Whoa. C’était pas l’amiral Kenora, mais presque. Moi, j’étais le meilleur de ma promotion au BAN, en aptitude corps à corps. Parce que quand j’ai été transféré après Saint-Uréa, j’étais conscient de ma force, et je savais que je pouvais éclater des crânes entre mes deux mains. Quand je frappe de toute mes forces dans un sac de sable (ou un révolutionnaire), je l’envoie à valser à une dizaine de mètres. Mais elle, c’était pas la même.

Et au beau milieu du combat, les balles qui sifflait et te foutaient de la sciure bien comme il faut dans les yeux, les gens qui hurlaient des ordres, ou simplement parce qu’ils allaient crever, je me rappelait une leçon de boxe de quand j’étais gamin. L’entraîneur à pris deux sacs de sables, gros comme moi. Il a frappé dans le premier. Il est parti de l’autre côté de la salle, et tout les gamins ont applaudit.

« Maintenant, je vais vous montrer la vraie force. »


Et il a tapé sur l’autre sac, comme Shalyne venait de frapper dans l’estomac du second. Très fort, mais il n’a pas bougé. Et comme le sac de sable, il a commencé à vomir son corps, avant de tomber dans une mare de sang et d’autres saletés. C’était d’ailleurs, je l’ai appris plus tard, sa seule vraie technique de corps à corps, quand il fallait taper plus vite qu’il ne fallait dégainer. Le reste, c’était du sabre. Et elle savait foutrement bien utiliser le sien. C’était pas Mihawk, c’était pas Yamato, mais elle avait cette espèce de furie contrôlée, cette confiance en elle qui faisait qu’elle ne laissait rien passer. Le problème, c’est que le capitaine, non plus... Mais il y avait un moment où la pression de Shalyne était intenable. Il y eut une contre attaque, une parade, un estoc. Le capitaine rendit son dernier soupir, à genoux devant elle. La dunette était prise, et tout les fusiliers alliés sont montés dessus. Ils ont formé une colonne, et on commencé à tirer leur salves de mort. Ils ont pas eu le temps de demander la grâce. Pas un seul survivant.

Une fois l’opération terminée, Shalyne revint sur le bateau, sans mot dire. Elle alluma une cigarette, et reprit sa place habituelle, pieds sur le bastingage, cul sur une chaise ; transat’ improvisé, grosso merdo.
Sauf que maintenant, eh ben tout le monde dans l'unité ne lève pas le petit doigt... Sauf une fois, Hanlin, qui n'avait pas voulu fermer sa gueule. Mais ça, c'est une autre histoire.


Et moi j'en ai une autre, bien plus intéressante, à vous raconter.
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