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Les personnes qui dérangent

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Rufus Belmont


Feuille de personnage
Dorikis: 1100
Popularité: +22
Intégrité: 42

Dim 25 Jan 2015 - 16:50

"Et c'est pourquoi je vous pose aujourd'hui la question, mes amis, devons-nous accepter la domination de ces bandits ?!"

La place centrale de la ville fut inondée d'exclamations d'euphoriques, les rues envahies par les applaudissements fulgurants de la masse de spectateurs qui bloquait chaque espace libre. Ce qui était en général l'heure du commerce était devenue l'heure des orateurs, leurs paroles captivant un public titanesque qui buvait chacune de leurs promesses telle une drogue. Et au coeur de ce vortex de personnalités, discours et espoirs, un homme dominait la foule, radiante lumière dans les cieux.
Carcimonia était dans une période on ne peut plus particulière. Un air de félicité voguait à travers les cavernes, et les simples citadins avaient un sourire idiot sur leurs visages. Là où d'habitude les bandits, marchands d'armes, de drogues, d'esclaves et autres abominations n'hésitaient pas à montrer leurs répugnantes carcasses au monde des gens honnête, ils avaient mystérieusement disparu. Fini la voix grandiloquante de l'homme en costume qui présentait le bétail et faisait de son mieux pour donner du piment aux enchères, fini les fumées vaporeuses qui attiraient les pauvres en quête de leur dose quotidienne, le criminel se cache, le criminel a peur. Le lambda marche dans les rues avec assurance et pour une fois depuis de trop nombreuses années, les gens arrivent à espérer.


C'est que le crime est une machine organisée, vous comprenez ! Depuis des décennies, les clans majeurs avaient pris grand soin à garder un statu quo solide. Le maire de Carcimonia, un banal parmi les banals, avait été radicalement impuissant à ne serait-ce qu'effrayer les bas rangs de la hiérarchie du monde des ténèbres. Les citoyens étaient forcés à se soumettre au joug de l'ennemi sans nom et sans visage, et la priorité parmi les gens avec encore un minimum de dignité était de partir ailleurs. Aussi, quand l'homme providentiel avait enfin fait son apparition, la masse s'était jeté sur lui comme s'il était le Messie.
Timothy Yellow. Un homme sorti de nulle part mais qui avait escaladé les échelons à une vitesse anormale. Au premier coup d'oeil, on aurait pu rapidement le considérer comme un jeune homme inconscient et imprudent, surtout au vu de sa chevelure dorée parsemées de piques. Mais curieusement, il était loin d'être le petit rebelle de bas étage qui finissait mort dans une impasse : sa parole était calme et réfléchie, son sang-froid impossible à briser, son regard captivant, ses rêves hypnotiques. Au bout de quelques semaines, la simple vision de son manteau bleu foncé et de sa marche assurée suffisait à attirer l'attention. Depuis peu, il s'était attiré le soutien de l'opinion publique à une vitesse fulgurante, et était le favori pour devenir la nouvelle figure d'autorité. Les gens voyaient en lui la fin d'un monde de terreur.


En temps normal, ce ne serait pas un si grand problème. Les messies allaient et venaient, faisaient deux-trois discours, soit abandonnaient dû aux menaces, soit mouraient bêtement. Mais une difficulté s'imposait qui rendait les choses plus compliquées, c'est que Yellow n'avait aucun scrupule. Les premières vagues avaient été subtiles, presque insignifiantes, mais avaient escaladés. Les mafias mineures, les petits bandits, ceux qui luttaient pour exister chaque jour et passaient éventuellement par les groupes majeures, s'unissaient maintenant sous la seule bannière de ce rookie insolent. L'équilibre des puissances était en danger, et tout acte trop pressé pouvait rapidement mener à une destruction du statu quo tant désiré. Timothy le savait, et se protégeait derrière ce scénario catastrophe tout en gardant son image public auprès de la population qui l'idolatrait. Devoir gérer des émeutes et une rébellion était une situation qu'il fallait éviter à tout prix

"Je refuse que cette île soit condamnée à ça !" hurla-t-il, sa voix résonnant dans la caverne. "Je veux un meilleur destin pour Carcimonia, un futur où on peut élever les générations avenantes sans crainte qu'il tombe victime de la famine, de l'injustice et du crime ! Et ce destin, je l'amènerais, même si cela doit coûter ma vie !"

Tonnerre d'applaudissements et sifflements de la foule. L'intéressé se trouvait au milieu d'une estrade en bois qui dominait la scène, entouré de plusieurs hommes en tenues noires, ses gardes du corps. Il fit plusieurs saluts, remerciant son public qui ne pouvait calmer son excitation. Parmi eux, quelques taupes envoyés en éclaireur par les clans majeurs prenaient des notes, avant de prendre leurs congés.
Sur un toit d'une des maisons, un jeune homme observait avec attention la scène. Frêle, pas spécialement grand, inintéressant à voir. Quelques vêtements traînaient à côté de lui, préférant une chemise blanche à moitié ouverte pour profiter de la vue. Une queue de cheval blonde parcourait le long de sa colonne vertébrale, et son visage arborait une expression de curiosité alors qu'il lisait un livre. Quasiment personne n'aurait pu deviner en le regardant que cet homme était un tueur.


"Il est amusant, n'est-il pas ?" Le personnage se remémorait la voix nocive et aigue de son maître, qu'il avait quitté il y a seulement une heure. Vif dans sa mémoire résonnait le rire malade et grossier du vieil homme qui l'avait hébergé et entraîné depuis sa tendre enfance. "Et couillu, qui plus est ! Vouloir monopoliser la sphère criminelle de Carcimonia comme ça, j'ai pas vu les gens aussi excité depuis des années !"

A cette exclamation parsemée d'un rire hystérique, le jeune avait tout simplement grogné. Le vieillard chauve et rabougri ne lui parlait uniquement que dans l'ombre de sa chambre, ses yeux de braise et son sourire démoniaque visible à travers l'obscurité. Les deux habitaient la même maison dans les recoins obscurs de la cité depuis de trop nombreuses années, et la relation entre les deux êtres était des plus singuliers.

"J'imagine que l'ordre est de le tuer." avait-il répondu d'une voix calme en tournant la page du livre qu'il tenait dans les mains.
"Tout compris ! Je te laisse décider la méthode, gamin, à la condition qu'il n'y ait aucune goutte de sang versé."
"Mais pourquoi nous ?" avait-il pris la peine de demander. "Les bandes hésitent à intervenir car le tuer ferait dégénérer la situation, mais je ne vois pas pourquoi on éviterait le même résultat si je m'en occupais."

Il n'eut pas le temps de se remémorer la fin de la conversation qu'il aperçut la foule se disperser après un temps d'acclamations forcenées. Yellow fit un signe de la tête à ses gardes et se redirigeait vers sa demeure personelle, une villa dans le centre-ville sans cesse assaillie par les fangirl. *Bon.* pensa-t-il en fermant le livre et en ramassant la tenue à côté de lui. *Au travail.*

Plus tard, il marchait d'une allure paisible, un calepin dans sa main gauche, et un stylo apparant sur sa nouvelle veste grisâtre. Il pouvait entendre les rappels à l'ordre du personnel de Yellow, qui repoussaient les citadins désireux d'obtenir un autographe de leur sauveur. Affichant un petite sourire optimiste, il finit par lui-même s'approcher pour tenter sa chance.
Mais son oeil se fige sur une personne en particulier, qui lui-même s'avançait vers le petit portail qui protégeait la demeure. Et alors, l'homme que nous appelerons Rufus Belmont se remit la tête la dernière phrase énigmatique de son maître, qu'il avait accompagné d'un horripilant rire sardonique.


"Ne t'inquiète pas pour ça, j'ai déjà le coupable parfait."
http://www.onepiece-requiem.net/t12719-rufus-belmont
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Atsuji Kaitô
••• Agent du CP9 •••

♦ Localisation : Hungeria

Feuille de personnage
Dorikis: 3300
Popularité: +154
Intégrité: 173

Jeu 29 Jan 2015 - 21:10

Toujours aisé de jeter le premier pavé dans la mare, a fortiori lorsque celle-ci est le repaire d'un belle ribambelle de grosses poiscailles à la dent dure et à l'écaille acéré.  Tout ces petits bancs de poissons, ces alevins qui font que se mouvoir en groupes sous la surface en prenant précautionneusement soin de pas lorgner dans les eaux troubles des profondeurs, de peur d'y voir ce qui les mine intérieurement, de peur de voir l'insondable gouffre qui leur taraude le for intérieur .  Alors, ils l'acclament, ils scandent son nom, ils voient en lui le renouveau, le chevalier blanc qui permettra l'entente cordiale entre les mafias et tout le gotha du crime qui se tire la bourre en soutane.

Il leur distille le nectar divin au coin des pavillons, incarne le changement et tout ce qu'il revêt, la tête de pont de toute cette populace pris trop longtemps en étau par ces gangs sanguinaires, pris trop longtemps en otage par tous ces cartels, il est jeune, dynamique, il nourrit l'espoir et sous sa bannière, s'estompent les différences et l'animosité de ceux qui autrefois se vouaient une haine coriace.  Cette popularité outrancière n'est cependant pas au goût de l'unanimité des partis prenantes dans cette affaire, le blondin et sa grande gueule qui se targue d'énoncer vérité sur vérité mais qui ne fait que brasser de l'air chaud et d'enfoncer les portes ouvertes, est loin d'être plébiscité par le gouvernement. La guerre des gangs, ca fait les choux gras du GM, on se débrouille pour vendre des armes non estampillés aux plus offrants, on se démerde pour attiser les braises, donner un peu de tirage lorsque c'est nécessaire, entretenir toute cette économie sous-jacente de la guerre, le nerf de tout, cela restera à l'oseille.

Seulement l'opinion publique voit son ascendance fameuse d'un bon œil, la foule a besoin d'un héros, d'un réceptacle en qui placer toute sa haine et son espoir, d'un gars aux épaules suffisamment large pour supporter cette clameur populaire et la transformer en cette chose empreinte d'humanité et de bons sentiments. Oui, ils avaient besoin d'un héros … mais d'un bouc émissaire tout autant. Le gouvernement ne pouvait résolument pas mandater un de ses représentants officiels pour descendre en flèche l'enfant du pays. C'était au rôle de ses meilleurs éléments de se charger de la besogne, au rôle des agents de l'ombre de régler ce différend avec l'art et la manière pour  ne laisser aucun faisceau de preuves permettant de remonter la longue chaîne bureaucratique.  On m'avait rapidement refilé le bébé ou plutôt ils s'en étaient rapidement débarrassés, on m'avait brièvement dressé un topo avant de me balancer fissa sur l'île volcanique. La chique et le couteau, c'est le mot d'ordre, le barda habituel tu te doutes bien.

Plusieurs semaines que je roule ma bosse dans le patelin, à jauger les forces en présence, à renifler tout ce qui suinte de près ou de loin le coup fumant,  à évaluer les possibilités et les opportunités pour balancer le gosse dans les limbes. Sous ses travers de petit idéaliste qui prêche la parole du peuple, le Timothy est une enflure de première classe. Nul besoin de sortir de la cuisse de Vegapunk pour se douter qu'on se hisse guère à son stade sans avoir un sérieux carnet d'adresses et des burnes aussi grosses que Mariejoie, le genre de lascar à faire miroiter le Graal avant de le dérober sous tes mirettes quand il est à portée de main. Assez malin pour mouiller dans toutes sortes d'affaires sans pour autant se tremper suffisamment pour l' incriminer lui et toute sa clique aux longes dents. De maillon en maillon, faut remonter lentement la chaîne lentement, avec minutie et méthode. Depuis le temps que je suis à la manœuvre, j'ai appris à savourer chaque instant où je touche du bout de l'ongle l'engrenage sensible, de prendre plaisir à virer le papier peint et de découvrir tout ce qui se terre au derrière et en règle général, plus la façade est reluisante, plus l'envers du décor est dégueulasse. Quelques jours que je m'évertue à griffonner les allées et venues du jeunot, véritable anguille et rusé en plus de çà, les cerbères veillent au grain sur sa couenne, ils lui collent aux basques comme pas permis.

Rendu devant sa fastueuse villa, Timothy rentre au bercail après avoir harangué les péquenots du coin pour s'accorder un petit bain de foule.Toute cette bande de bien pensants me filent la nausée, ils flairent pas l'anguille sous roche, se demandent guère comment leur icône a bien pu se procurer cette villa doré sur tranche en plein centre ville ou comment il s'est attiré l'opinion favorable des grands pontes du milieu.  Les molosses filtrent la populace, pas l'un d'eux passera à travers les mailles du filet, Timothy est une personnalité avant d'être le bras du peuple, il prône la proximité avec son prochain mais en réfrenne la promiscuité. Falloir se montrer ingénieux pour s'infiltrer là dedans sans éveiller les soupçons des loubards pas finaud pour un sou du devant. Je zieute aux alentours à l'affût de ce qui pourrait suffire de prétexte, l’œil parcourt le macadam bien léché de l’île volcanique, interrogateur, jusqu'à ce qu'il aperçoive dans sa mire la plastique d'un bien drôle de gus.Un blondin, comme l'autre, même genre de type, la silhouette filiforme, plutôt agile au demeurant, qui me toise en retour, les yeux sournois, le sourire figé, il pue le loustic dont il faut se méfier, m'étonnerait pas qu'il soit pas là par hasard non plus.

Je prends sur moi d'aller en glisser quelques mots à l'escorte de Timothy. Manière de gagner la confiance de lascars tendus comme des strings, je trouve l'oreille attentive escompté, j'y glisse tout un tas d'informations erronés sur ce gars, sur ce que son attitude pourrait laisser entendre, sur son manque cuisant d'expression et tout un tas de rumeurs fumeuses pour instiller le doute dans leurs esprits. Lorsque j'apercois leur moues progressivement se cambrer, que je les entends acquiescer et presque me demander du rab, je sais que j'ai trouvé la corde sensible.

"Hey vous la bas, le pt'ite jeune avec la veste anthracite ! Venez voir un peu"
http://www.onepiece-requiem.net/t4356-un-veteran-du-cipher-pol#4
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