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Berry Terminal

Kara Vale
Kara Vale

♦ Localisation : Goa

Feuille de personnage
Dorikis: 700
Popularité: 0
Intégrité: 0

Lun 5 Sep 2016 - 19:40

Le temps était au beau fixe à l'heure où le soleil prenait fièrement sa place dans le ciel de Goa et chassait de ses premiers rayons salvateurs un léger brouillard dissident. Il faisait un brin frisquet. Kara avait bien fait de prendre une veste. La jeune femme jeta un dernier coup d’œil vers la maison familiale. Elle arborait un sourire plein de tendresse. Un sourire qui valait tous les marques d'affection du monde. Elle savait que son périple mensuel serait des plus périlleux. Après tout, la Marine ne patrouillait guère en dehors de la ville haute et du centre-ville. Et Kara se rendait dans ce qui restait de la ville basse. La belle resserra son étreinte sur la poignée d'un énorme sac en jute, détourna le regard de sa famille encore endormie et se fondit dans le brouillard tel un fantôme.

La famille Vale tenait un magasin d'antiquités. Malheureusement depuis les incidents de 1625, personne à part quelques riches bourgeois avait les moyens de s'offrir des pièces d'art souvent hors de prix. Le business battait de l'aile depuis la guerre mais il était à l'agonie depuis quelques semaines. Les promotions et autres soldes n'avaient eu aucun impact réel. Pour aider ses parents, Kara faisait des petits boulots, histoire de mettre un peu de beurre dans les épinards. Elle était surtout connue pour être l'égérie d'une marque de prêt-à-porter, spécialisée dans les sous-vêtements et les maillots de bain. Ce genre de boulot était bien payé et du genre ultra facile. Une pose sexy à droite, un déhanchement à gauche et hop des berrys dans la poche. Cependant, ces occasions étaient rares et n'apportaient aucune garantie financière sur le long terme. L'antiquaire avait donc prit l'habitude de faire de petites expéditions dans les zones ravagées afin d'y dénicher quelques babioles de valeur. Une sorte de chasse au trésor...

A peine s’était-elle éloignée de chez elle qu'une petit groupe d'individus lui bloqua la route au détour d'un commerce. Elle fut rapidement acculée, dos au mur. Étrangement, Kara n'affichait aucune appréhension. La jeune femme avait l'air exaspérée.  A la manière d'un couteau chaud dans du beurre, un homme de grande taille fendit le petit groupe. Habillé dans un complet bleu à rayures jaunes, ce dernier avança lentement, le bruit de sa canne résonnant sur le sol pavé. Il vint se poster en face de la jeune femme, prenant appui des deux mains sur sa canne. Un petit silence s'installa alors que l'intrus semblait la dévisager avec des yeux de rapace, comme un éleveur inspectant son bétail. Il daigna finalement prendre la parole d'une voix rauque et tremblante :

« Quelle coïncidence de vous trouvez la Miss Vale. Décidément, c'est à croire que le destin nous pousse sans cesse l'un vers l'autre. »

Affichant toujours son petit air énervé, Kara ne put s'empêcher de relâcher un petit gloussement moqueur, sans toutefois prendre la peine de répondre à son interlocuteur. Ce petit air de défi ne parut pas déranger le vieil homme qui enchaîna :

« Vous êtes particulièrement resplendissante aujourd'hui. Merci à vous d'éclairer le commun des mortels de votre lumière divine. Seul un roi ou un dieu serait digne de se tenir à vos côtés. Votre simple présence suffit à combler mon cœur de joie... »

Ce n'était plus de l'énervement qu'affichait Kara mais un profond désintérêt teinté d'un mépris tout aussi voyant. La belle semblait rompue à ce genre de poésie de comptoir déblatérée par toutes sortes d'hommes et plus particulièrement les parvenus. Et George Templeton, propriétaire de Templeton Construction, une entreprise de BTP, en était un parfait exemple. Autrefois simple pécore, les événements de 1625 avaient fait de lui l'un des hommes les plus riches de l'île. Vu l'état de Goa, son business ne risquait pas de couler avant plusieurs générations. Ce dernier commençait visiblement à être irrité par le comportement de son interlocutrice face à sa verve qu'il croyait légendaire. Il s’avança vers Kara, qui chercha immédiatement à se décaler contre le mur. George lui coupa sa retraite en plaquant sa main contre le mur à hauteur de sa tête. Il s'approcha d'elle pour lui parler à l'oreille. L'odeur de l'eau de Cologne mélangé à la naphtaline était presque insupportable pour la jeune femme, qui rendit presque son petit déjeuner. Le ton employé se fit plus direct, moins mielleux :

« Vous avez réfléchi à ma proposition ? Je croyais que le plus important pour vous, c'était votre famille. J'ai le pouvoir de les sauver Miss Vale. Si vous devenez mienne, tous vos soucis disparaîtront. Héhé, je m'occuperez bien de vous. » fit-il en se léchant les babines alors que ses sous-fifres reprenaient son rire de pervers en cœur. Il conclut en agrippant une mèche de ses longs cheveux bleus :

« Le temps presse. Il faut faire un choix. Espérez que je ne jette pas mon dévolu sur une autre femme d’ici la. »

Le vieil homme resta planté à quelques centimètres de Kara pendant ce qui lui parut une éternité. Il semblait retenir un profond désir, se contentant de sentir ses cheveux et sa nuque. Beurrkkk. La jeune femme se retint encore de lui dégueuler dessus. Lorsque ce dernier en eu assez du manque de réaction de sa proie, il claqua des doigts et lui et sa clique prirent la tangente. Kara lâcha un soupir de soulagement avant de s'étirer à la manière d'un chat, comme pour conjurer le mauvais sort et passer à autre chose. Elle reprit sa route comme si de rien n'était. Les belles femmes attiraient les pervers comme la merde attirait les mouches. L'analogie est peu flatteuse mais le principe reste valide... Le pire dans tout ça était que finalement le vieux bougre avait raison. La meilleure solution était peut être de se marier avec lui. A défaut d'être la meilleure, c'était la plus facile...

Il fallut à Kara une petite heure pour se rendre à la ville basse à un train de sénateur. Elle n'était pas pressée et, à sa façon d'observer les alentours, semblait même chercher quelque chose ou quelqu'un. Elle était aux aguets dans son style caractéristique tout en décontraction, adossée à un mur les bras croisés. Elle se trouvait non loin de l'arche de fortune séparant le centre-ville de la ville basse. Après une bonne quinzaine de minutes, l'antiquaire vit passer une bande d'enfants qui jouaient au ballon. Il s'agissait de gamins des rues, orphelins pour la plupart. Les dommages collatéraux d'une guerre. Kara observa une vieille dame leur donner une miche de pain et même quelques berrys. De l'argent gâché pour se sentir mieux ? La jeune femme les envoya paître lorsqu'ils vinrent vers elle pour quémander. Genre elle avait une tête à leur donner de la thune...

Et pourtant, lorsqu'un gamin bien crasseux sortit d'une ruelle, Kara s'approcha et s’agenouilla même pour être à sa hauteur. La jeune femme lui caressa sa petite tête blonde et lui tendit même une bourse, à la surprise des rares observateurs présents à cette heure très matinale. Tout le monde dans ce coin du centre-ville connaissait sa réputation de femme vénale... Elle profita de la petite diversion pour lui susurrer quelques mots discrètement, avant de pénétrer dans la ville basse :

« Service habituel. La moitié maintenant, l'autre moitié quand je reviens. »


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Kara Vale
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♦ Localisation : Goa

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Jeu 8 Sep 2016 - 12:14

Kara avança rapidement dans les contreforts de la ville basse. Si la majorité de cette zone fut ravagée par les combats, il restait encore quelques habitations qui avaient été épargnées. Cependant, ces dernières seraient bientôt détruites pour reconstruire le centre-ville, priorité somme toute assez logique du gouvernement. Les préavis de démolition qui n'étaient plus accrochés aux portes des maisons jonchaient littéralement le sol. Enfin, ceux sur les maisons dont le sort ne s'était pas encore joué... Des habitants obstinés hantaient toujours les lieux comme des fantômes, refusant de croire à l'inéluctable. L'ambiance était glauque. Kara pressa le pas. Son but était de faire des fouilles, pas de voler ou de cambrioler des honnêtes gens. La situation de sa famille était certes mauvaise mais elle se refusait encore à agir de la sorte.

Après quelques minutes, l'antiquaire arriva à la lisière de la zone dévastée qui semblait s'étendre à perte de vue. Kara distinguait à peine les immenses murailles qui jadis protégeaient la ville. Ces dernières n'avaient plus rien de majestueuses, percées comme du gruyère par du mortier lourd. La jeune femme se posa quelques instants, le regard dans le vague. Elle se sentit toute petite face à une puissance qui semblait venir d'un autre monde. Pourtant, la jeune femme n'était pas vraiment du genre rêveuse ou à se poser des questions existentielles. Au contraire, depuis quelques temps elle était très terre à terre. Elle reprit rapidement ses esprits et se mit au travail. De prime abord, on pourrait croire qu'une beauté comme Kara rechigne à effectuer du travail manuel. Mais l'antiquaire était du genre déterminée et fouiller des décombres ne lui apparaissait pas comme une tâche ingrate, dérisoire ou insurmontable. Elle en avait vu d'autre et n'avait tout simplement pas le choix !

Sa technique de fouille était plutôt rudimentaire, mais témoignait tout de même d'une certaine expérience personnelle. Elle délimita ce qui s'apparentait aux contours d'une maison grâce à du bois de récup', principalement des morceaux de charpente. Ensuite il ne restait plus qu'à retourner les gravats dans tous les sens. L'excavation était clairement la partie chiante. C'était exténuant, chronophage et minutieux à la fois. Un vrai travail de fourmi, surtout sans outils... Après quelques heures d'un travail  ininterrompu, Kara était vannée et ses mains en sang demandaient grâce. A l'heure des premiers comptes, elle soupira devant son maigre butin. La plus belle pièce de la matinée était une petite lampe à huile en bronze en assez bon état. L'antiquaire estima sa valeur à quelques dizaines de milliers de berrys. Le reste consistait en de la vaisselle en porcelaine d'honnête facture mais en mauvais état. Le service presque entier devait faire près de mille berrys. Rien de bien folichon mais Kara avait connu pire. Alors qu'elle s'apprêtait à passer à une autre habitation et après une pause bien méritée, la jeune femme entendit des cris relativement proches de sa position et en approche ! Elle fit son paquetage à la hâte et se planqua comme elle put derrière un petit monticule de gravats.

Kara ne daigna pas jeter de coup d’œil. En dehors des entreprises de démolition encadrées par la Marine, la ville basse était une zone de non-droit. On y croisait littéralement de tout. Si l'antiquaire était chanceuse, elle pouvait rencontrer d'autres personnes dans la même situation qu'elle, à la recherche de babioles. Si la chance n'était pas de son côté, elle serait face à face avec une bande de malfrats, de simples voleurs dans le meilleur des cas... Pour résumer, mieux valait faire profil bas. La jeune femme entendit quelques coup de feu, suivis de plusieurs cris de douleur et/ou de détresse. Elle ne put le dire. La belle ne broncha pas et se contenta de prendre une position plus confortable à même les gravats. Kara ne ressentait plus le besoin de justifier ses actes. Sa conscience avait accepté son incapacité à intervenir depuis des lustres. L'antiquaire était loin d'être assez forte pour esquisser le moindre geste. Sa famille comptait sur elle, même sans le savoir. Si elle perdait son butin, aussi maigre soit-il, voire pire si elle mourrait, ses proches subiraient sans doute un sort bien plus terrible... La jeune femme s'était forgée une épaisse carapace la rendant complètement insensible à ce genre de spectacle. Elle attendit que les choses se tassent, dans le silence le plus complet, se contentant d'astiquer sa toute nouvelle lampe à huile. Qui sait, un génie sortirait peut être de cette dernière comme par magie et exaucerait tous ses souhaits !  

Après une bonne demi heure, Kara n'entendit plus un bruit et se décida à émerger de son abri de fortune. Elle jeta un regard discret et vit un petit groupe individus s'éloigner, visiblement content de leur prise. Non loin de Kara gisaient trois corps encore chauds. L'antiquaire pouvait lire l’effroi dans leurs yeux encore ouverts. Elle connaissait ces gens. C'était une petite bande de potes un peu désœuvrés qui cherchaient à se faire un peu de fric pour arrondir leur fin de mois. Des gens comme elle... Kara lâcha un soupir devant ce beau gâchis et ferma leur paupières, à défaut de lâcher une larme. Alors que la belle s’apprêtait à les fouiller au cas où, elle entendit de nouveaux coups de feu, plus nombreux cette fois. Le cirque recommençait de plus belle. A croire que les honnêtes gens n'auraient pas le loisir de mener des fouilles tranquillement pour le restant de la journée. La jeune femme fonça se remettre à couvert...

Un peu plus tôt, Kara avait assisté à ce qui s'apparentait à une traque ou une exécution, ce ne fut pas le cas cette fois-ci. Ça tirait dans tous les sens, une véritable scène de guerre. A tel point point que la belle craint de suite pour sa vie et se recroquevilla en position fœtale. C'était pas le moment de faire la brave et de se prendre une balle perdue. L'antiquaire laissa passer l'orage mais contrairement à la fois dernière, n'osa pas agir en dilettante et resta sur ses gardes. Il était vital qu'elle reste bien planquée. Lorsque les combats cessèrent enfin, un hurlement s'apparentant à celui d'une bête sauvage déchira le lourd silence qui s'était installé. Lorsque ce dernier fut repris en cœur plusieurs fois, Kara comprit immédiatement de quoi il retournait. Il s'agissait de la bande la plus cruelle du coin, les Loups de la Désolation. Dès lors, la jeune femme n'eut qu'une idée en tête : Se tirer le plus vite et le plus loin possible.

Dans la précipitation, Kara glissa sur une petite pierre en sortant de sa cachette. A la manière d'une avalanche, le tas de gravats de mit à gronder puis tout un pan de ce dernier s’effondra. La belle tomba sur les fesses et fut emportée par le courant, surfant littéralement sur les pierres. Lorsqu'elle se releva de sa chute, se frottant l'arrière-train meurtri, elle se retrouva nez à nez avec la bande de malfrats.

« Et merde... » marmonna-t-elle par réflexe. Décidément c'était pas sa journée...


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