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Un début à tout...

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Judith Zola


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Mer 9 Aoû 2017 - 11:40

"Bienvenue à Lavallière, lieutenant Zola."

Judith hocha la tête, s'assurant que l'arrivée était consignée, avant de faire signe aux hommes derrière elle de commencer le débarquement. Le port était grand, et la section réquisitionnée par la marine était conséquente. Tout se fit de manière fluide, à coup de signes de main et de marins musclés déplaçant les tonnes de ravitaillements apportées, en extra de l'apport d'hommes venu renforcer la base. Une volonté de commencer à échanger la marine de la régulière avec la marine d'élite se faisait de plus en plus marquée; le pouvoir en place, assisté par le Gouvernement Mondial, étant désormais incontesté conséquemment aux actes de Morneplume, et plus tard, de Loth Reich. Lavallière était une ville de bois, de neige et de mer, assise sur les bords du Royaume du jeune Maximilian Nordin. Un pays minier de prime abord, les tentatives de se recycler vers des économies plus durables étaient multiples, mais hélàs infructueuses. Les boréalins étaient avant tout des artisans forgerons, des experts de la spéléologie et du grisou, et des industriels métallurgiques et sidérurgiques.

Mais plus que l'action, c'était la paperasse et les ronds de cuirs qui attendaient Judith de pied ferme. Le colonel Moreau était une personne sympathique, mais un colonel restait un colonel, et un colonel, ça délègue à ses subordonnés. Et Judith avait le malheur de se retrouver bien trop en dessous. Elle salua l'officier qui descendit à son tour.

"Force est de constater que, pour un commandant, Strauss a brillamment réussi à faire tenir ses marins en place, ainsi que Santana, son égale. Peut-être d'ailleurs pour ça que je n'ai été déployé ici qu'un an plus tard."


La chose était compliquée à saisir, même pour Moreau, agitant sa moustache et se demandant ce qu'allait être son plan d'action des prochains jours.

"Maintenant que ce détail est réglé, je vous avouer une chose. La raison de votre déploiement ici. Cigarette ?"


Judith leva poliment la main. "Non merci. Désolée."

"Y'a pas d'offense,
fit-il en faisant cliqueter son briquet et incandescer sa cigarette, soufflant en plein dans les narines de Judith. Je vous demanderai juste, comme votre ordre de déploiement vague le suggère, de garder cette mission pour vous."

Judith savait bien que si l'emmenait quelque part, c'était pour une raison. En général, les tests d'armements en constituait une suffisante; c'était bien la première fois qu'elle était déployée pour répondre à un véritable besoin d'officiers supérieurs.

"Je veux savoir comment Durieux est mort,
déclara-t-il. Je me fiche de savoir pourquoi le CP5 n'a rien trouvé après enquête, et d'avoir conclu un suicide. C'est trop facile. Et vu l'intérêt que le Cipher Police trouve aux Blues ces derniers temps, je commence à penser que cette facilité les arrangent bien."

Joseph Durieux, commodore -et boréalin d'origine à l'instar de Moreau, était l'homme qui avait permis la purge l'ensemble des révolutionnaires de l'île, et la fuite des survivants, grâce à sa décision d'en appeler à la Marine d'élite... Et à Morneplume. D'après ce que Judith avait lu sur ce dernier, beaucoup d'actions et mesures draconiennes furent accomplies sous ses ordres, certaines pouvant éventuellement relever de l'illégalité, ce qui, d'après le Cipher Police et l'examen de son corps de son bureau, l'avait conduit à son suicide. En somme, une pure perte de temps pour Judith; mais une perte de temps qui, fort heureusement, l'allégera de la paperasse qui l'attendait.

Judith espérait juste que cette mauvaise excuse du "Cipher Police peu présent" allait à terme être remplacée par la véritable raison de cette réouverture de dossier.
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Judith Zola


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Jeu 10 Aoû 2017 - 0:42




La contrée était gigantesque; deux millions d'âmes vivaient ici, faisant d'elle l'une des provinces les plus peuplées du Gouvernement Mondial sur les quatre Blues, avec Les Royaumes de Luvneel et Dawn. Il fallait s'assurer que le pain arrive -quasiment- jusqu'à chaque bouche boréaline, que les poches soient remplies -suffisamment- de pièces, et que les minimas d'exportations métallurgiques soient -à peine- atteints. A peine, quasiment, suffisamment. Ces mots, ces modalisateurs sournois, qui, pernicieux, semaient la déception qui ne tardait guère à faire poindre ses filles; cynisme et pragmatisme.

A demi-nu et la ceinture fraîchement remise, Niklaus d'Apollie observait ainsi la contrée de ses ancêtres, depuis la fenêtre la plus haute de Bourgeoys (si l'on ne comptait point celles du palais royal) qui permettait de voir au delà des murs, le paysage et son bucolique, le pays, ses promesses et ses défis. Il fut un temps où il fut un homme efficace. Il posait les bonnes questions, obtenait les bonnes réponses, traitait les bons problèmes. D'abord conseiller technique du ministre, puis ministre lui-même, le Gouvernement Mondial n'était alors qu'un bon client parmi tant d'autres.

-Je vous vois préoccupé encore, mon doux ami,
fit une voix de velours, dont un pan de la fenêtre en reflétait légèrement la belle propriétaire.

Une jeune femme, allongée et nue, ses longues jambes entrelacées, n'attendant que l'homme pour venir les écarter et s'y loger pour s'y mouvoir lentement d'abord, mais en force d'ici peu; dans un concert de gémissements féminins et de veules grognements d'ours blessé, suivis de longs soupirs et d'embrassades prolongées. Mais la maîtresse n'était pas en reste.

-Il ne me plaît pas de vous voir ainsi, Niklaus.

-Ma belle,
répondit-il dans un ton qui se voulait désespérément catégorique, ne vous inquiétez point pour mes états d'âme passagers. Je ne pourrais me pardonner de vous communiquer mes craintes pour l'avenir, et ternir ce beau présent.

Les mines de Boréa étaient bientôt toutes épuisées.

Et bientôt, la terre entière se retournera contre eux tous. Le Gouvernement Mondial et les Boréalins. Les boréalins et leurs nobles. Les boréalins entre eux. Le roi et son peuple. Les gens sortiront d'abord pour hurler contre leurs usines fermées. Ensuite, la pauvreté ambiante les feront sortir pour hurler contre le prix de la brioche d'abord, puis du pain noir. Et bientôt, le Gouvernement Mondial saura avoir la tête du bon roi sur une pique, se dit-il en baisant le front de sa douce.

-Monseigneur,
fit un domestique. Le seigneur de l'Esne est arrivé avec un peu de temps d'avance. Dois-je le faire attendre avec un thé ?

Aymeric de l'Esne, ce rapace. Au sens de l'à-propos le plus développé de ce pays, si ce n'est de cette planète.  Venu sans doute pour discuter de l'intérêt de reconvertir l'industrie minière en industrie métallurgique. Il venait lui parler de recyclage, d'importation de métal. Et si seulement il ne s'en tenait qu'à ça, il fût raisonnable de considérer de telles options de reconversion; mais l'homme était effronté, quémandait des investissements, exigeait des passe-droits, et des monopoles, de faire des Industries Séraphin le "Fer de Lance" des forges boréalines.

-Oui-dà, Martin,
confirma-t-il en se rhabillant. Dites donc à ce cher Aymeric que je ne tarderai pas. Et s'il demande du thé au jasmin, dites-lui qu'il n'y en a plus; ça lui fera les pieds, à ce rustre.

Les bruits de pas du domestique s'éloignèrent, laissant quelques derniers instants d'intimité aux deux tourtereaux. Les monopoles du bougre pouvaient bien attendre.

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Judith Zola


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Dim 13 Aoû 2017 - 21:05

"Mwahéhéhéhihu !Le système capitaliste est sa propre faille, Mouetteman ! La conjoncture financière et sociale déclenchera indubitablement le même résultat que ce braquage de banque que je viens de faire, Mouetteman ! Même si tu ne m'arrête, tu n'arrêteras pas la nature humaine et sa course à la richesse !"

"Mais que tu crois ! Mouetteman ! Mouettepose de contradiction et de perplexité face aux prédictions socio-économiques d'un fou furieux ! Superjuriste, j'ai besoin d'un coup de main !"

"D'apRRRRès le Compendium RrrRRrrecensant la PeRrrrRrtinence Des PrrRrropos De SuperRRr-Méchants Volume TrrRrois, ArrrRrrticle 208 ParrRrragrrRrraphe 4, Alinéa 3, Virgule 2 : 'Les Analyses Sociologiques des Méchants ne serrRrrvent qu'à avoirRr le derrRrnier mot, et ne sont en aucun cas légitimes ou fiables !"

"Haha ! Mouettepose de victoire ! Ta thèse est tombée à l'eau, BiznessMan ! Mouetteman ! Mouettepose d'arrestation ! Livrons ce bandit déguisé en clown de mascotte de fastfood à la Justice !"


Un petit jingle se lança, avant qu'une voix rauque ne prenne le relais.

"Et ceci marque la fin de l'épisode d'aujourd'hui de Radiohic, les aventures Dendenophoniques des Héros Hics ! Restez en ligne pour écouter un mot de notre sponsor Cador, pour des Slips aux fils d'or !"


L'on frappa à la porte.

"Dole, bouge-toi ! fit l'un des soldats, en frappant à la porte des toilettes. On est arrivés. Zola organise un briefing dans une demi-heure. T'as pas intérêt à te pointer en retard comme la dernière fois !"

Une demi-heure, c'était un peu ric-rac, admit Dole mentalement. Terminant sa tâche biologique suivie d'une rapide douche à l'eau glacée, il s'observa dans le miroir. Sa peau pâle, n'ayant pas vu le soleil depuis longtemps, était contrastée par la gigantesque boule de cheveux qui lui servait de coupe. Le briefing allait probablement inclure le colonel, il en était sûr. Il prit une longue inspiration tandis qu'il coiffait tant bien que mal sa coupe gigantesque, tout en se rassurant à demi-mot.

"T'es un marine, Mécaniqueman. T'es un marine, et avec des super-gadgets, en plus. T'es un héros."


Il plaça le casque ridicule sur sa tête, qui fit disparaître magiquement sa coupe de cheveux : cet affreuse afro, tel était son plus grand secret.

"Et t'as un look d'enfer. Mecaniqueman, activation du 'T'aimes songues' ! "





Il appuya alors sur un bouton sur le dos de son armure pour faire commencer la musique. Hélàs, il n'avait pas de reconnaissance vocale. Ni quoique ce soit qui pourrait reconnaître sa voix. Mais il fallait avouer une chose, c'est qu'il en jetait pas mal. La classe d'un essuie-glace, avaient l'habitude de dire ses collègues marins. S'avançant glorieusement en sortant de la soute, la musique faisant de lui le centre d'attention, les gens se levaient pour voir savoir ce qu'était ce bordel. La vigie, que l'on surnommait affectivement le caporal Taré, fusil à l'épaule, baissa la tête avant de reconnaître son collègue mécanique en hochant la tête, en signe de reconnaissance. Le Sergent Franklin, quand à lui, assis sur une des tables du navire à jouer aux cartes, se crispa presque imperceptiblement, mais juste assez pour que ses compagnons de jeux, légèrement inquiétés par son regard de plus en plus noir, couchent doucement leurs mains. Il empocha alors la mise obtenu par ce bluff, tout en fixant du regard le caporal Dole qui descendait du bateau.

Des dockers s'arrêtèrent alors pour fixer l'étrange énergumène qui s'était arrêté au niveau du pont d'accès au quai.

"Gare à vous, malfrats de Boréa ! La justice saura vous trouvez et vous empêcher de nuire à la veuve et à l'orphelin ! Moi, Mécaniqueman, saurait vous débusquer comme les pauvres petites vermicelles que vous êtes ! Hop ! Robot !"

A ces mots, il fit tournoyer un hand spinner géant dans sa main droite. Quelques "hooo" étouffés se firent entendre. Personne n'avait jamais vu cet étrange objet fait de roulements à bille tournoyant comme une hélice sur la paume plate de Mécaniqueman.

"Robot ! Hoho !"


Sur sa main gauche, une figurine de robot, avec des diodes multicolores, impressionna certains des enfants accompagnés de leur parents, qui se promenait là sur le ponton. Evidemment, la cape qu'il portait sur son dos, flottant au gré du courant d'air glacial ne faisait que renforcer le ridicule de la situation. Situation qui d'ailleurs se conclut par une claque sur la nuque de la part de Franklin, le faisant dévaler jusqu'au quai la tête la première.

"T'es chiant."

Quel rabat-joie, ce mec, se dit Mécaniqueman, son menton goûtant au bois du ponton. Mais il se garda bien d'exprimer son mécontentement à voix haute, avant de se relever dignement, et rejoindre Judith Zola au QG. sans jeter un regard en arrière, de crainte de croiser celui de son collègue un peu trop terre-à-terre.
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