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Générations

Raphaël Andersen
Raphaël Andersen
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Dim 27 Aoû 2017 - 23:06

T’sais, je n’ai pas toujours été ce croupier rasoir. Cet imbécile, ses gants de soie blanche, sa chemise bien repassée, ses clopes de marque et sa barbiche bien taillée, tout ça c’est venu après. D’ailleurs, à l’époque on ne m’appelait pas Raphaël Andersen. C’est simple, il n’y avait pas de Raphaël Andersen, pas de vierge ascendant lion, pas de croupier aspirant archéologue.
Juste un pauvre livre de contes, un vieux bougre et un gamin. Moi.

J’suis même pas sûr que tu m’aurais reconnu à l’époque… Ah si, ptet’ les cheveux ! Depuis le temps que je me les coltine, j’ai tendance à penser que ça choque plus personne. Mais bon, vu les jolis quolibets que je collectionne, faut croire que c’est pas si commun. On m’a traité de plante verte, de ruminant et puis tout un tas d’autres trucs plus ou moins graveleux, toujours plus ou moins branché verdure, feuillage ou touffe… hé. Si tu vois ce que je veux dire. J’étais encore un gamin, j’comprenais pas tout mais au moins j’apprenais du vocabulaire. La belle école.

T’aurais dû me voir, huit ans à peine et toujours en train de chercher la bagarre. Zébré de crasse, défroqué et le dentier troué de la perte de mes premières canines, en train de crier « À l’abordage ! » comme les héros de mon enfance. Trouvé et recueilli par une canaille, je n’avais pas d’histoire, je n’avais pas de nom. Et pourtant  ça ne m’a pas empêché d’être heureux ! J’ai été adopté et élevé par une bande des pirates, des putains d’idéalistes décidés à dire merde à la société et de voguer selon leur bon plaisir. Des anarchistes, des imbéciles, des illettrés mais sans la violence gratuite. Moi, au milieu de tout ça, j’étais « Le Gamin ». Un gamin heureux, pas forcément très bien élevé, mais épanoui.

Je suis toujours un pirate de cœur et de liberté…

Eh, fronce pas les sourcils comme ça ! C’est pas comme si je venais de t’avouer, un couteau sous la gorge, que j’étais un meurtrier. Alors certes, on se servait un peu partout, il m’arrivait de piocher dans les bourses un poil trop ouvertes, mais on n’était pas du genre à dévaster et à massacrer. C’était un équipage pépère, pas un de ceux primés et surmédiatisés qui cherchent à s’embrouiller avec le Gouvernement. Juste à l’ignorer

Et puis bah… si mon cœur est au rouge, ça m’empêche pas d’ penser que parfois les marines font du bon boulot ! Je ne cherche pas les emmerdes moi, j’compte pas révolutionner le monde. Le gouvernement dans son ensemble j’dis pas, mais chez les mouettes j’ai quand même croisé quelques bons bougres. Ils se ressemblent tous dans leurs uniformes débiles, on les conditionne à pas sortir du rang, c’pas facile de les repérer, mais il y a quelques perles rares.

Un peu comme lui là. Un mec bien, carrément posé, pas du genre à s’embarquer dans des causes extraordinaires pour récolter quelques gloires. C’est l’genre de type qui aime faire le bien autour de lui et est prêt à se sacrifier pour ça. Suffisamment intelligent et têtu pour s’en tenir aux causes qui lui tiennent à cœur, qu’importe l’autorité. Depuis le jour où je l’ai rencontré, j’ai toujours plaisir à retrouver sa trombine dans un journal. Je souris à chaque fois.

Un jour comme un autre qui commence par une arrestation.

... ... ...

Je me cache dans un tonneau, je m’éclipse, me fais tout petit. J’observe les poings serrés, l’envie de crier, de m’indigner devant la blancheur de ces oiseaux de malheurs. À travers le judas de ma cachette, je ne vois que deux armes pointées sur le Gros Mike, un timonier adorable qui n’aurait jamais fait de mal à une mouche si ce n’est pour la gober et amuser la galerie. J’aimerai voler à son secours mais le vieil imbécile m’a ordonné de ne pas bouger et j’enrage. Le cliquètement des menottes qu’on ferme cesse et le Gros Mike sort de mon champ de vision, comme tous les autres. J’entends des ordres confus, des pas lourds qui s’éloignent et débarquent à terre.

C’est tellement injuste.

Ils n’ont rien fait. Moi non plus. Pourquoi alors ?

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Alexandre Kosma
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Sam 6 Avr 2019 - 10:11

Mais pourquoi on les arrête déjà ?

« Sergent Mitard ? Que j’balance à mon supérieur avec tout le respect que j’suis capable de feindre.
-Oui Kosma ? Vous n’allez pas encore me demander de relâcher ceux-ci ?
-Oh, ça non, j’ai abandonné l’idée de vous faire changer d’avis sur ce genre de sujet. C’est plutôt que j’me dis que vous serez suffisamment pour les mettre aux fers, et comme j’ai vu une petite échoppe qui m’intéresse là-bas…
-Vous devriez faire attention avec l’alcool soldat, vous n’obtiendrez jamais rien de bon grâce à ça. Pas de promotion, pas de souplesse pour vos erreurs.
-Compris Sergent, pas plus haut que le verre. »

C’est drôle. Ce gars-là a bien cinq ans de moins que moi et autant d’années en moins à servir le gouvernement et il croit qu’il m’apprend la vie. Ça m’fait rire ce genre de bonhomme un brin rigoriste et pète-sec qui sous prétexte qu’il possède un grade, se gonfle comme un coq à chaque fois qu’il peut juger l’attitude d’un de ses sous-fifres. Pas de promotion ? Mais tant mieux mon gars, diriger ça m’fait le même effet que les chocolats de Noël ; au début t’es content, tu te crois le roi du monde, puis la crise de foie arrive et tu regrettes, amèrement.

Quoiqu’il en soit je les regarde partir tout en m’allumant une tige. J’ai l’sourire qui m’tient la bobine comme jamais. En fait d’échoppe, c’est surtout que j’veux mener ma p’tite enquête pour savoir pourquoi on a fait arrêter tout cet équipage. Histoire de confirmer mon sentiment que c’est du chiqué, et que ces gars-là on rien fait d’autre qu’avoir une bonne grosse envie de vivre.

« Dis moi gamin, toi aussi tu fais partie cet équipage ? »

C’est à un gros tonneau que je m’adresse. Qui sursaute. Il croyait que j’allais pas le remarquer ? Le pauvre petit, ça n’a tenu à rien. Un doux toussotement de colère émis par un bac de bois lors de l’arrestation d’un timonier suffit à vous griller une couverture quasi parfaite.

« Allez, sors de là, j’vais pas te faire de mal, ils sont tous partis.
-Vous allez m’arrêter dès que je vais sortir d’ici c’est ça ?
-T’arrêter ? Pourquoi faire ?
-Pour complicité, nan ?
-Hahaha, complicité, mais ce qu’il faut pas entendre. Déjà, j’ai pas bien compris pour quelle raison ils avaient été arrêtés tous ces zigs. C’est pour meurtre, pour vol de bijoux ou pour plus grave que ça, du genre ils ont craché par terre un peu trop près des pieds du sergent Mitard ?
-On est des fiers pirates, vous moquez pas d’eux !
-Hahaha gamin, j’me moque pas, j’essaie de comprendre. Allez, sors de là gamin, et j’te promets que j’toucherai pas à un poil de ta caboche.
-…
-Promesse d’Alexandre Kosma. On m’a toujours dit que c’était bien de se présenter pour mettre en confiance. Alors c’est ptêt un peu tard mais bon…
-…
-Si tu veux pas sortir, dis moi au moins ton nom. Sinon c’est clair je vais t’appeler tonneau jusqu’à la fin de ta vie. »

Le gamin bronche toujours pas. Drôle le loustic. Sans doute persuadé que j’vais le mettre aux fers comme tous ses petits camarades dès l’instant où il sortira de son trou. J’ai toujours aimé cette âme de rébellion un peu innocente qu’ont les mômes, parfois jusqu’assez tard. La mienne est toujours là, à contredire les supérieurs et à continuer à tracer ma route. Certes, j’suis pas hors la loi, mais j’ai une forme d’idéalisme qui m’fait jouer un peu avec les règles pour faire avancer le bouzin sur une pente plus sympathique. J’regarde mon tonneau avec compassion. Ça doit pas être tous les jours facile pour lui. Le genre de gamin qui a été trimballé toute sa petite vie alors qu’il aurait juste mérité un foyer où grandir posément.

« Allez, si tu m’sors ta tête d’ici et que tu m’racontes un peu qui sont ces p’tits loups que le Sergent a fait embarquer, je t’offre un verre, et peut-être que j’essaie de les faire libérer, si t’arrives à m’convaincre. »

Le couvercle du tonneau bouge de quelques centimètres. J’sais pas si j’ai réussi à le faire sortir, mais en tout les cas, je l’intéresse. C’est le verre ou la possibilité de faire sortir ses camarades ? J’espère qu’il ne s’attend pas à ce que je lui paye de l’alcool, à son âge...
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Raphaël Andersen
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Dim 22 Mar 2020 - 19:07

Lentement, prudemment, je soulève le couvercle du tonneau avec un surplus de précautions. Je tremble encore, incapable de reprendre la parole et de répondre aux sollicitations de cette vieille mouette. Faut pas croire que le grisonnant me fait peur, il est loin d’être impressionnant, avec son sourire idiot et sa barbe mal rasée il ressemble plus à un clochard qu’à un représentant de l’ordre. Mais j’ai pas confiance...

Ses paroles rassurantes, son air bonhomme, les oiseaux de malheur qui s’étaient pointés la veille avaient exactement les mêmes. Ils avaient convaincu l’équipage avec de beaux mots, étaient restés boire un verre à bord plus de temps que de raison pour des hommes en uniforme et voilà où on en était. Mon équipage et moi on est pas du genre à se fâcher avec quiconque, mais là je suis hors de moi et même si ma petite caboche n’arrive pas à en saisir toute l’immensité, j’en veux à la Terre entière.

On me fera pas le coup deux fois, qu’il approche sa grosse main de trop près et je la mords à pleine dents, je la charcute, je lui arrache et j’en fais un truc immonde : style du pâté de volaille. Il m’a peut-être débusqué mais face à lui il a un animal, je me défendrai comme un fauve qu’on accule, il n’est pas question que j’abandonne ma famille. Je suis leur dernier espoir, il ne m’aura pas, foi du gamin !

Rassemblant mon courage en singeant les attitudes des plus braves de mes compagnons, je m’assure que nous sommes bien seuls et finis par faire tomber le couvercle. Il n’a pas le temps de m’attraper que je me suis déjà extrait du tonneau d’un bond, j’attrape une corde, me hisse et prend de l’élan en sautant du bastingage. Suspendu en l’air, je me sens des ailes pousser alors que l’effet de balancier me ramène aussi vite qu’il m’en a éloigné de mon adversaire, j’arme ma jambe, concentre toute ma rage et me prépare à lui décocher mon plus beau chassé au visage.

Mais...  

"Jolie cabriole. Mais tu ne t’es toujours pas présenté gamin, ce serait la moindre des choses à faire avant de me chercher la bagarre. "

Je le vois cracher son mégot et l’écraser consciencieusement sur le plancher. Un peu comme ma tentative de fuite. Je suis encore suspendu en l’air, mais cette fois par ma cheville qu’il a attrapé bien trop facilement, la tête en bas et avec pour seul vision son sourire qui ne m’inspire qu’une bienveillance de circonstance. La gravité fait affluer le sang à ma tête et mes joues s’empourprent, de colère encore mais surtout de cette nouvelle humiliation.  
J’enrage.  
J’ai pas confiance.  

"
- Qu’à cela ne tienne, ce sera Tonneau, tant pis pour toi p’tit gars je t’avais laissé ta chance et... " s’apprêtant à me reposer à terre, probablement pour mieux m’appâter, le Marine s’arrête dans son mouvement, rapproche sa tête de mon visage pour mieux me regarder, pouffe et retient un grand éclat de rire "Hahaha gamin, t’as une bien drôle de bouille quand tu t’énerves toi ! Qu’est-ce que tes parents ont voulu faire pousser sur ta tête exactement ? Haha-AÏE ! "

Un bon coup de boule dans le nez a fini par le calmer. Qu’est-ce qu’il croit ? Qu’en faisant le triple de ma taille il a forcément l’ascendant ?! C’est qu’il m’a pas vu me bagarrer avec le gros Mike celui-là ! Qu’il ne s’y frotte pas de trop près sinon la prochaine fois son nez je le mords, je le mâche, je l’arrache et j’en fais un truc dégueu : genre du foie de morue.

"Hmpf... Mérité certes...
- Dis Kosma ? "

De retour sur mes deux jambes, à l’air libre sur le pont de mon foyer, je retrouve un peu de mon calme et de ma lucidité. Le gars a l’air un peu idiot mais n’a pas l’air d’avoir un mauvais fond. Pour un gamin de huit ans, je me considère comme aussi capable (voir même plus) et débrouillard qu’un adulte. Pourtant cette fois, on parle de ma famille de cœur, de mes frères et du vieux. Je peux pas foncer tête baissée et faire n’importe quoi, un peu d’aide pourrait être bien venue.  

Alors que je m’apprête à fraterniser avec l’ennemi, je sors une clope du paquet que je viens de chaparder au marine. Un peu plus de sérénité ne se refuse pas. Je craque une allumette, embrase le bout de ma cigarette et range le paquet dans la poche de son propriétaire.

"Mais qu’est-ce que c’est que ces manières Tonneau...
-J’accepte que tu*kof kof* m’aides Kosma *kof kof*, mais seulement si *kof kof* seulement si *kof kof* " réalisant que ses cigarettes sont de mauvaise qualité et beaucoup moins sucrées que ce à quoi je m’attendais, je décide de m’en débarrasser "J’acceptes que tu m'aides, mais seulement si tu me payes à manger. "  

Je ne reviendrai pas sur ma proposition, le vieux m’a appris à être difficile en affaire.
J’ai pas confiance, certes. Mais je commence à avoir faim.

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Dernière édition par Raphaël Andersen le Sam 28 Mar 2020 - 16:22, édité 1 fois
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Jeu 26 Mar 2020 - 12:39

Il me vient un rire que j’peine à étouffer Faut pas qu’il croie que j’me fous de sa gueule le minot, il a l’air susceptible. Alors je lui tend la main avec un air de « marché conclu ». J’le vois qui hésite. Il est vraiment trop adorable. Il finit par me tendre la main et la serrer comme il peut. Il essaie de paraître plus dur qu’il ne l’est. Il doit avoir quoi, huit, dix ans, et a sûrement été élevé auprès des types que le sergent Mitard a coffrés. Pauvre gosse, c’est pas une vie.

J’me retourne et d’un mouvement d’épaules je lui enjoint de me suivre. Pas un regard dans sa direction. L’idée c’est qu’il puisse pas croire que j’le surveille parce que c’est un môme. La vérité c’est que j’pense pas qu’il ait quoi que ce soit à craindre à l’heure actuelle. Un gamin, même avec des cheveux verts, qui s’promène aux côtés d’un type en uniforme de mouette, on va pas v’nir lui chercher des poux. Et j’suis à peu près persuadé qu’il me suis. J’entends ses pas derrière moi, il fait l’effort de se maintenir à mon niveau, je fais en sorte de marcher légèrement plus vite que son rythme de croisière. Qu’est-ce que ça peut se prendre pour quelqu’chose d’important à cet âge là.

« Bon, Tonneau, que j’lui fais en m’arrêtant devant un bouge pas trop dégueu, ça te va si on déjeune là. J’avoue que j’ai une p’tite fringale également, et j’aime bien parler en mangeant.
-T’es dégueulasse. On parle pas la bouche pleine. »

M’a scotché le gamin. Quelle répartie putain. J’en reviens pas. Il opine quand même du crâne quand j’lui redemande s’il veut grailler ici. Et cette fois-ci c’est lui qui ouvre la marche. On entre dans ce qui semble être un établissement de moyenne classe. Quelques tables suffisamment espacées pour ne pas se sentir obligé d’intervenir dans les conversations des autres, des nappes cirées, et un mélange d’odeurs de cuisine de mamie et de jasmin frais. Un serveur arrive au bout de quelques secondes, dans une tenue qui, si elle ne vaut pas grand-chose, a au moins le mérite d’être un peu plus habillée que dans certains bistrots de bord de mer où un gars en marcel blanc tâché d’huile vient te vendre son poisson plus franchement frais. Si ça n’avait tenu qu’à moi, j’aurais opté pour le marcel et le poisson pas frais, mais j’souhaite quand même impressionner l’gamin.

« Messieurs, vous désirez ?
-Une table pour deux, un peu à l’écart, pour être tranquilles.
-Ouais, renchérit le gosse, on veut parler boulot. »

Le serveur réprime un sourire, attrape deux cartes et nous entraîne vers un petit espace un peu à l’écart des autres, là où la pièce fait un coude. On s’installe, il nous ouvre en grand les menus et nous les insère dans les paluches. J’vois que l’gamin a grand les yeux écarquillés. Gagné, le peu de standing que possède cet établissement fait office d’esbroufe, il devrait me prendre au sérieux. Le m’sieur nous dit qu’il revient pour la commande. J’pose rapidement la carte après avoir choisi un plat, et j’focalise mon attention sur le mioche, qui lui est entièrement absorbé par le choix de son futur plat.

« Bon, première chose, qui sont ces gars avec qui tu traînes ? Y a ton père dans l’lot ? Ta mère ? Un cousin éloigné ? Ou bien ce sont juste tes potes ?
-...
-Euh, tu m’écoutes ?
-Non, je choisis, c’est quoi du magret de canard ?
-C’est bon.
-D’accord, t’en sais rien.
-Je sais juste que c’est bon.
-Je vais prendre ça, avec des frites. »

Je lui repose donc ma question. Il me répond par une autre question. Plutôt malin pour son âge le gamin. Il veut que j’lui apporte la preuve de ma bonne foi avant d’avancer ses pions. Je sais pas qui sont ces gens en taule, mais si ce sont eux qui lui ont appris tout ça, chapeau. J’déballe donc mon sac. J’lui crache des infos sur moi et sur pourquoi j’me comporte de la sorte. Pourquoi je « désobéis » à mes supérieurs en quelque sorte. Qu’est-ce que je reproche à Mitard notamment, et à sa troupe de casse-genoux. Et j’crois que quand son assiette arrive devant lui et que j’le vois saliver complètement, il est acquis à ma cause. Il va parler.

Bon, il va manger d’abord, mais il va parler.

J’pique moi même dans mon assiette quelques haricots verts. J’crois que j’kiffe les gamins. J’crois aussi que jamais j’en voudrai. Pas parce que ça me saoulerait de m’en occuper, plutôt parce que je ferais un super mauvais paternel, le genre toujours absent. Et comme la maman serait pareille, à quoi bon ? Je mange un peu doucement, de façon à ce qu’il m’en reste quand il commencera à me lâcher un peu d’infos.

« …
-…
-… »

Ouf, ça y est, il commence, il me raconte un peu la vie à bord, les différents bougres qui composent ce petit équipage. Des pirates qu’il avoue avec de la brillance dans l’fond des yeux. Il raconte comment il s’est retrouvé parmi eux, comment se passait sa vie et ce qui composait le quotidien de ces joyeux marins. De ce que j’en capte, ils ont pas l’air bien méchants. Comme la majorité des proies du Sergent Mitard ; des équipages qui se revendiquent Pirates, mais qui feraient pas de mal à une mouche tant qu’on les laisse voguer un peu comme bon leur semble. Des hippies anars quoi…

« Bon, que j’lui fais quand il trouve plus rien à dire, et t’as pas la moindre idée de ce que le sergent Mitard a pu reprocher à tes copains. Il trouve toujours une petite raison pour faire du chiffre, sinon il sait que j’m’en mêle et ça l’saoule.
-Nan, je sais pas, on n’avait rien fait de mal cette fois-ci. Enfin, je crois…
-Bon, mon Tonneau, on va aller rendre visite à tes copains, ils pourront p’têt nous en apprendre un peu plus.
-Comment ça, on va leur rendre visite ? On me laissera pas entrer !
-Si on camoufle tes cheveux, un peu trop reconnaissables, et qu’on dit que t’es mon neveu de passage sur l’île qui a super envie de visiter l’endroit où travaille son tonton, ça devrait le faire.
-Tes collègues ils sont vraiment si bêtes pour croire ça ?
-Tu n’imagines même pas mon p’tit Tonneau… D’ailleurs Tonneau, ça va pas l’faire comme couverture auprès d’mes supérieurs. Ce sera Tony, ça t’va ? »

Il me regarde avec un p’tit sourire en coin, un futur moi le gamin. Je sens bien qu’il est d’accord avec mon plan. J’suis plutôt content que ça se soit passé aussi bien. Je finis de saucer mon assiette et je m’apprête à appeler le serveur pour payer l’addition.

« Attends, j’ai même pas pris de dessert. Je veux une glace ! »
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Dim 29 Mar 2020 - 18:55

Je crois que j’aime bien Kosma. J’dis pas que je l’admire ou quoi, faut pas abuser c’est quand même un soldat, mais d’une certaine façon on se ressemble un peu. Son sourire qui m’énervait tantôt m’apporte du réconfort, sa voix tranquille apaise mon tourment, il a pris le temps d’écouter l'histoire de ma vie et de partager un bout de la sienne, d’une certaine façon je crois qu’on arrive à se comprendre. Les embobineurs, j’les connais –j'en suis un !- et lui m’a vraiment l’air sincère quand il parle de son travail.  

J’ai pas voulu lui donner tout de suite mon avis sur la question, j’sais que les grandes personnes aiment pas trop qu’on questionne leur choix de vie, mais je pense qu’au fond, s’il avait eu le choix, il aurait pas voulu être marine... Il a dû se sentir obligé, poussé par les parents ou par un mauvais coup de la vie. C’comme pour la tournée d’épluchage de patates, on décide ça aux cartes et le perdant met la main à la pâte. Personne éplucherait des patates par plaisir franchement et ça me rappelle que je suis bien content d’être dans ma situation, jamais le vieux m’obligera à devenir une mouette. Beurk !

Je ne connais pas mes géniteurs, je ne sais pas d’où je viens, je n’ai même pas vraiment de nom mais c’est pas plus mal. “Un sans-histoire" comme dirait le vieux, un vagabond des mers qui a tout l’avenir pour écrire sa légende. Peu importe où la vie m’emmènera, on ne prendra pas des décisions à ma place. Encore moins quand il s’agit du nombre de boules.

"Mandarine, Pèche de vigne, Myrtilles, Pamplemousse et Framboise... T’as pas eu les yeux plus gros que le ventre gamin ? " me redemande une énième fois le Marine qui, de toute évidence, n’apprécie pas les sorbets.
"C’est pas de ma faute s’ils avaient trop de choix... "

Patient, il accepte cette nouvelle excuse tandis que je continue de savourer mon dessert en réfléchissant à un plan d’action. Cela fait bien vingt minutes qu’on est arrivé à destination mais comme certains de ses collègues -notamment le fameux Sergent Mitard- ont l’air de s'attacher à des petits points de détail du règlement, il a préféré que je termine ma glace à l’extérieur. Drôle de procédure, mais il est dans son élément je peux au moins lui faire confiance là-dessus. Alors les parfums s’enchaînent et il m’en demande un peu plus sur les membres de mon équipage, sans trop en dire, je développe un peu les différents profils qui composent ma famille on finit par se mettre d’accord  qu’on doit commencer par voir le Gros Mike ou le vieux parce qu’à cette heure, le Capitaine doit encore être encore ivre de la veille. Il a déjà causé des problèmes et faillit embrocher un marine au moment de son arrestation, selon Kosma c’est lui qui aurait le plus de mal à s’en sortir et qui, à l’heure actuelle, devait être en cellule de dégrisement.  

Comme promis, il me visse un grand chapeau cloche sur la tête pour camoufler ma chevelure et je lui donne la fin de mon cornet. Il se lève, l’avale d’une bouchée et marque notre entrée au poste d'une abominable grimace :  

"Trop acide.. Trop Sucré... Ça ne vaut quand même pas une bonne crème glacée... Il y a certaines cochonneries qui auraient gagné à ne pas être inventées.  
- Tu peux arrêter de postillonner partout tonton Kosma, je signe le registre des entrées, j’veux pas que ça bave partout. "

À peine a-t-on franchi les portes que je suis déjà dans mon rôle, notre arrivée attire forcément l’attention des mouettes et avant même qu’ils n’aient le temps de les poser, je réponds à leurs questions. Je suis mon personnage, le Tony est déjà mien.  

"Votre neveu Kosma ? " s’interroge bêtement l’un des plus jeunes du lot, recevant une simple réponse affirmative, il ne peut s’empêcher de meubler "Et alors mon garçon, tu viens voir comment ton oncle arrête les méchants ? Tu sais ici, la vie n’est pas aussi trépidante qu’on pourrait le croire ! Il y a beaucoup de paperasses et les bons gros coups de filets ne sont pas monnaie courante ! T’as de la chance d’être là aujourd’hui, la pêche a été bonne ! C’est quoi ton petit nom ?  
-Bah je viens de l’écrire sur le registre. T’as qu’à regarder. " lui réponds-je comme si c’était la chose la plus naturelle du monde, ce qui est le cas. Il saisit la feuille volante sur lequel je viens de gribouiller mon pseudonyme et s’étonne :  
"Depuis quand est-ce qu’il y a un registre d’entrée ici ? "vient s’incruster son collègue moustachu en regardant par dessus son épaule. Kosma hausse les siennes comme pour lui répondre que j'avais saisi la première feuille volante qui venait et avait voulu jouer au grand "T-O-N-N-Y, Tonny donc ? " décrypte-t-il troublé mais quand même un peu amusé "Avec deux N, marrant comme orthographe je ne connaissais...
-Bah oui, deux N, comme dans tonneau. "

Je ne le dis pas à voix haute, mais un “idiot” ponctue ma phrase. Kosma avait raison, ils sont plus bêtes les uns que les autres et ne semblent rien y comprendre à l’étymologie et aux diminutifs. Forcément qu'il y a deux N. Je sais écrire moi, il m'a pris pour qui celui là.
En parlant de Kosma, il va falloir qu’il m’explique pourquoi ses collègues ont le droit de se baffrer de donuts de toutes les couleurs alors qu’il m’a obligé à expédier ma glace. Ces mouettes se croient vraiment tout permis, leur salaire est volé mais je fais en sorte de ne pas m’énerver. Ma couverture avant tout.

"On va voir les méchants tonton ?  
- L’un de vous a vu Mitard, j’aimerai faire faire un petit tour du propriétaire au gamin et lui montrer comment on procède à un interrogatoire. " tente mon ami Marine pour suivre notre plan.  
- L’est occupé avec le vieillard en salle d’interrogatoire, il doit bien le cuisiner. Le capitaine de ses fripouilles est complètement cuité et, si on a bien retrouvé un des canards en platine de Grammon à bord de leur navire, il en manque encore deux. " nous explique le moustachu alors que je tressaille d’inquiétude pour le vieux, Kosma s’en rend compte et pose une main rassurante sur mon épaule. Son collègue qui vient de regagner son bureau, un Donut’s déjà à moitié enfourné dans la bouche, se penche pour récupérer quelque chose dans son tiroir "Tiens voilà les clés, faites gaffe leur timonier est une vraie machine à tuer. T’approche surtout pas de trop près Tonny, avec deux N ! Héhé ! "

La langue de celui-ci, dès que j’en ai l’occasion je la coupe au ciseau, je la hâche, je l'écrase et j’en fais un truc pas comestible : genre de la purée de tripes !

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Dernière édition par Raphaël Andersen le Jeu 9 Avr 2020 - 17:57, édité 2 fois
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Mar 31 Mar 2020 - 20:01

J’attrape le trousseau que m’balance Fernand et j’fais signe au gamin de m’emboîter l’pas. Les geôles sont au sous-sol, j’ouvre une porte et on emprunte un p’tit escalier en colimaçon qui y mène. C’est un endroit assez sombre, mais relativement sec, ce qui pour une prison n’est pas toujours le cas. À part les membres de son équipage, y a que deux ou trois loubards endormis. Généralement les prisonniers font pas long feu ici, Mitard adopte une méthode expéditive. Il les asticote jusqu’à ce qu’ils avouent. Qu’ils soient coupables ou innocents, ça n’a pas beaucoup d’importance, tant qu’il peut les envoyer tâter un peu d’prison quelque part, et rajouter ça à son petit palmarès minable.

Le môme fonce vers son copain timonier, le Gros Mike. J’ai pas l’temps d’lui dire quoi que ce soit qu’il a déjà salué en riant son ami. J’aurais dû faire plus attention, faut pas que j’me fasse remarquer, ni lui non plus. Mitard serait capable de foutre le gamin en taule.

« Vous avez pas honte de mettre un gosse derrière les barreaux, que m’adresse le gros timonier.
-Pour l’instant il n’est pas derrière. Mais faites gaffe m’sieur Mike, mon neveu est très heureux d’arrêter de fiers pirates.
-Votre nev… Qu’est-ce qu’il raconte celui là gamin ? C’est ton onc’ ?
-Pour de faux Gros Mike, chuchote Tonneau. Il veut m’aider à vous libérer.
-Méfie toi des mouettes gamin, il te tendent une main, mais c’est pour mieux te planter une dague dans les côtes de l’autre. Qu’est-ce qu’il veut en échange ?
-Moi ? Rien. J’aime pas trop les méthodes de Mitard, et j’crois pas que vous soyez franchement méchants. Vous vous encombreriez pas d’un gamin aussi pénible, que j’réponds en souriant, quand bien même la question ne m’était pas adressée. »

Il me dévisage un instant. Pas confiance. Normal. Quand on est en taule, peu importe ce qu’on a fait ou pas, il est d’usage de se méfier de la Mouette. Même si celle-ci te dis qu’elle est de ton côté. D’abord parce qu’elle peut mentir, bien que pour ma part, je sois plutôt mouette rieuse que menteuse, et ensuite parce que les gens agissent presque toujours par intérêt. J’devrais peut-être songer à faire ça… Ça m’aiderait peut-être à plus être le troufion de base à trente-huit ans, obligé de suivre les ordres de supérieurs incompétents.

« Bon, on va faire vite. J’aimerais pas que le sergent Mitard puisse y redire à ma venue ici. J’crois avoir convaincu le p’tit Tonneau…
-Tonneau ?
-Je l’appelle comme ça, il a pas voulu me dire son nom. Donc j’crois l’avoir convaincu que j’étais de bonne foi. Maintenant il faut que vous me croyiez pour qu’on puisse arriver à quelque-chose. Ce qui m’arrangerait quand même c’est que vous soyez innocents de ce dont on vous accuse.
-On est innocents ! Quand vos collègues ont fouillé le bateau, ils en ont ressorti une statuette en forme de canard qu’on avait jamais vue de not’ vie.
-Calmez-vous.
-Calme-toi Gros Mike, moi je crois m’sieur Kosma. C’est quoi cette histoire de statuette ? Pourquoi on volerait des statuettes ? Surtout en forme de canard, c’est moche.
-Parce qu’elles sont faites en platine. Une matière très précieuse.
-Mais on les a pas volées ! J’suis sûr qu’on les a mises là pour nous piéger. »

C’est bien possible en effet. J’réfléchis un peu, et j’demande à tout le monde de baisser le ton. Faudrait pas qu’on rameute Fernand ou pire, Mitard, ils seraient capables de faire des âneries. Me manque tout de même deux infos, qui voudrait les piéger, et pourquoi ? C’est une fois de plus le Gros Mike qui répond. De ce que je comprends, c’est lui qu’a l’autorité quand le capitaine roupille, et de c’que j’peux voir, ce dernier est bien assoupi. Ah les ravages de l’alcool. Le timonier me fait part de deux trois types avec qui il y aurait eu des embrouilles, mais ça m’convient pas, ça tient pas debout, c’est de l’ordre de la petite querelle à trois sous, pas suffisant pour planquer des affaires volées et dénoncer à la maréchaussée.

« Mais sinon, j’pense que ce sont les Marines qui sont venus hier. On les a accueillis pour boire un verre, nous, on s’est pas méfiés et on évite de s’prendre le chou avec les autorités pour rien.
-Des Marines sont venus sur votre bateau hier ? Pourquoi tu m’avais rien dit Tonneau.
-Bah, j’sais pas, peut-être parce que t’as pas demandé.
-Toujours aussi insolent. C’étaient les mêmes qui vont ont arrêté ?
-Ah ça non, pour sûr, je les aurait reconnus, on est restés longtemps avec eux, ils ont même couché le Capitaine à un jeu de boisson. Voilà pourquoi il est toujours dans cet état là. Je suis même pas sûr qu’il se soit vraiment rendu compte qu’il est en cage…
-Ouais, moi aussi je les ai vus, et c’était pas les mêmes, approuve le môme.
-Bon, ça me suffira pour chercher. Les procédures de Mitard ont beau être expéditives, ça va durer quand même quelques jours avant qu’il vous envoie au trou. Puis comme il tente de savoir où sont les deux canards manquants… »

J’suis interrompu par un bruit de porte, en haut. Sans doute Mitard qui redescend le prisonnier. Faudrait pas que le gamin fasse le moindre faux pas devant lui. Je lui mets une main sur la tête et j’glisse un doigt devant ma bouche. Il secoue la caboche. Il a compris. Quand mon supérieur et l’vieux pirate sont redescendus à notre niveau, on a l’droit à deux réactions. Celle de surprise du prisonnier de voir le mioche à côté de moi, et celle d’agacement du sergent de me voir toujours dans son chemin.

« Qu’est-ce que vous foutez là Kosma ? Il y en a qui travaillent.
-Désolé sergent, mon neveu voulait absolument voir des prisonniers. Vous avez obtenu quelque-chose de celui-ci ?
-Pas vos oignons. Mais puisque vous tenez tant à le savoir, pas encore. Ça ne saurait tarder, cette racaille est plus bête que tout, elle finira par se trahir.
-Dites, une autre question. On a d’autres unités qui patrouillent dans l’secteur en ce moment ?
-Bien sûr que non, on n’a besoin de personne d’autre, on gère très bien. Arrêtez vos questions idiotes et rendez-vous utile, débarrassez le plancher, vous et votre neveu. »

J’me fais pas plus prier, je pousse le Tonneau dans l’escalier pendant que Mitard enferme le vieillard dans une cellule individuelle. On remonte rapidement, je rends les clés à Fernand et on sort, en vitesse. Je regarde le gamin en laissant dériver mes pensées sur cette affaire de canards en platine. S’il n’y a pas d’autres Marines dans le coin, qui étaient les gars en uniforme présents sur le navire la veille ? Sans doute les véritables voleurs, il me fallait les retrouver pour faire sortir de taule les p’tits potes du gosse. Et pour ça, j’allais avoir besoin de son aide.

« Alors Tonny, Tonneau, prêt à mener l’enquête auprès de tonton Kosma ? »
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Ven 10 Avr 2020 - 16:18

Tu parles que je suis prêt, j’ai jamais été aussi motivé de ma vie à faire quelque chose ! J’avoue que jusqu’ici j’étais pas trop confiant, juste bien déboussolé, en colère aussi, mais sans trop savoir si j’allais pouvoir faire quelque chose pour aider mes compagnons. Et puis j’ai vu leur regard briller, pétiller en me voyant descendre les escaliers, leur voix a tremblé quand Kosma leur a expliqué mon plan. Je suis un peu leur sauveur, leur seul vrai espoir de s’en sortir et je ne compte pas les décevoir. Je me dois de sortir mon équipage de ce pétrin, et quand ce sera fait on fêtera ça et on en reparlera comme d’une mauvaise blague, on m’autorisera même à boire de l’alcool !... Du moment que le vieux n’est pas au courant héhéhé.

Alors je sors du commissariat avec un air conquérant, Kosma sur les talons, prêt à faire éclater la vérité au grand jour et sauver les innocents tels de fiers guerriers de la justice, l’idée m’enchante bien et je me suis déjà bien fait à mon rôle d’enquêteur en herbe. Je sens du fond de mes tripes que je suis doué pour ça. Mon regard suspicieux s’attarde sur les passants et pour chacun d’entre eux, je m’affaire à dresser un profil psychopathique… psycho…  fin’ un profil psychomachin quoi, histoire de savoir s’ils peuvent être coupables ou non, mais après avoir déduit que le boucher trompe sa femme avec la boulangère, que le curé est probablement un agent révolutionnaire et que la jambe de bois du livreur n’est pas de bonne facture, je ne suis pas plus avancé et je me décide à demander de l’aide à mon assistant.

"Bon Kosma, comment est-ce qu’on commence ?
- Commencer quoi ? " me demande-t-il avec son grand sourire, ayant pris le temps de s’allumer une nouvelle tige en me regardant passivement entamer l’enquête. On dit les adultes responsables, mais il y a certain à qu’il faut sérieusement secouer les puces pour qu’il se décide à bouger bon sang…
"Bah à mener l’enquête ! Pour découvrir les vrais coupables là…" rétorqué-je un peu gêné qu’il m’oblige à énoncer des évidences "Moi j’ai ma petite idée hein, crois pas ! Mais comme c’est ton boulot d’habitude, je me dis qu’on peut essayer de commencer à ta façon. Voir si ça peut marcher tu vois, je suis là pour voir comment mon tonton travaille après tout." me rattrapé-je avec un air malicieux.
"Hahaha, pour bien commencer une enquête mon petit Tonneau, il faut d’abord se poser les bonnes questions. Tu veux bien noter ? " me demande-t-il en sortant un bloc-notes et un stylo de sa poche, je les attrape mais je préfère tout de suite préciser :
"Oui, mais c’est quand même toi l’assistant, qu’on soit bien d’accord.
- Les bonnes questions donc. Qui ? Quoi ? Où ? Quand ? Comment ? Pourquoi ? " commence-t-il à expliquer alors que les inscrivant chacune sur une page différente du bloc-note, je l’écoute religieusement me parler d’heure du crime, d’alibis, de mobiles et d’autres concepts que j’essaye d’assimiler.

Il prend son rôle d’éducateur très à cœur et répond avec plaisir à mes questions enthousiastes. Quand enfin je suis satisfait, je range mon matériel d’enquêteur dans ma besace et me met en route, sûr à présent de la marche à suivre.

"Qu’est-ce que tu fais gamin ?
-C’est évident pourtant, si on veut répondre à toutes ces questions, recueillir des témoignages et trouver des suspects, il faut aller sur le lieu du crime. Chez Roland Grammon, le riche qui s’est fait voler ses canards en plâtre. " lui répliqué-je fier, ayant déjà mis à profit sa leçon pour reprendre la direction de l’enquête "On voit bien que c’est toi l’assistant hein.
- Hahaha, oui effectivement. Mais c’est de l’autre côté mon grand."


***


Kosma ayant réussi mon test pour vérifier s’il suivait, nous sommes finalement arrivés jusqu’aux appartement de Roland Grammon, l’un des plus riches branleurs du Royaume de Goa d’après Kosma. Si je comprends bien ce qu’il a voulu dire un branleur, c’est un peu comme un duc ou un roi sans la couronne, quelqu’un qui vit dans une immense demeure, avec plein de monde à son service et sans rien faire de sa journée.

Un des serviteurs, qui avait gobé un mensonge de Kosma pour expliquer ma présence,  finit par nous introduire au maître des lieux.

"Monsieur, la Marine aimerait s’entretenir avec vous."

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Lun 13 Avr 2020 - 11:08

Au milieu d’un très grand salon luxuriant aux murs tapissés de rouge et d’or, un lustre immense et tape à l’œil est suspendu. Son attache semble bien mince comparée à la place qu’il occupe dans l’espace. Il est comme sur le point de s’effondrer. Juste au dessous, assis sur un large sofa de velours rouge, un homme à large carrure, coincé dans un costard étriqué et dont la moustache Impériale arrive à peine à faire oublier la lisseur de son front s’adresse avec suffisance et mépris au domestique qui vient lui annoncer ma venue.

« Qu’est-ce qu’ils me veulent ? J’ai déjà passé des heures à leur parler. Je crois avoir déjà subi suffisamment de mal pour avoir droit à un peu de repos ? Je suis une victime vous savez. En venant m’interroger la Marine me traite encore comme un coupable. Quels incompétents. Alors que l’on m’avait juré avoir trouvé les coupables. »

Et voilà, décidément j’aime pas la noblesse. Toujours à pleurnicher. Faut se plier en quatre pour satisfaire leur bon vouloir, mais dès qu’on leur en demande un peu trop ça chouine. Même mon Tonneau j’suis sûr qu’il en fait pas autant sur les pleurs, et il a que huit ans le gamin. J’suis à peu près persuadé qu’il a pas versé une larme quand on lui a dit que les cheveux verts, c’était pour la vie, à moins de faire des séances de teinture de deux heures toutes les deux semaines, chez un coiffeur pas trop mauvais. Et ça, l’a pas les moyens le pauvre gosse.

« Désolé de vous déranger m’sieur Grammon… Que j’fais en rentrant dans la pièce sans attendre qu’on m’y invite.
-C’est SIR DE GRAMMON, s’il-vous-plaît. Et il ne me semble pas vous avoir permis d’entrer… Vos manières laissent à désirer monsieur… Monsieur ?
-Kosma, Alexandre Kosma, soldat de la Marine d’élite. Je fais partie de la troupe du sergent Mitard, qui s’est occupé de votre affaire. Nous avons de nouveaux éléments dans l’enquête et nous procédons à des vérifications d’usage.
-De nouveaux éléments ? Comment ça ? Mais on m’a assuré qu’on avait retrouvé les coupables. Que la justice fasse son travail. Mais… Qu’est-ce que c’est que ce microbe crasseux dans mon salon ?
-Ah, désolé m’sieur Grammon, c’est mon neveu, Tonneau, j’veux dire, Tonny, il est malade et sa mère m’a demandé de le garder, j’ai été forcé de l’emmener ici.
-Ouais, m’sieur Grammon, j’te jure c’est vrai, j’ai mal à la tête. »

J’adresse un clin d’œil à mon p’tit partenaire et le nobliau un regard noir. Je crois qu’on le dérange. Ça m’ouvre un large sourire tout du long de ma bobine. Qu’est-ce que j’aime emmerder les bourgeois. Il voudrait bien nous foutre à la porte, mais quelque chose le retient. Quelque-chose que j’ai bien envie de découvrir. Alors je m’avance un peu plus dans le salon, Tonneau sur mes talons. Qui me dépasse et file s’asseoir sur un magnifique fauteuil en daim noir. Grammon fulmine. Je me décide à pas l’énerver plus que ça, et je reste debout.

« Alors, voilà, on a obtenu la preuve que le canard en platine retrouvé à bord du navire des gens que nous avons arrêtés avait été déposé là par d’autres personnes.
-Vous savez donc qui sont ces autres personnes ?
-Pas encore, et c’est pour ça que je viens vous voir, m’sieur Grammon, si je savais, ce serait beaucoup plus simple.
-Oui, bon, eh bien, je ne sais rien. Faites votre travail, enquêtez.
-C’est ce que je fais. Donc laissez-moi finir, pour que je puisse vous laisser tranquille plus rapidement. Ces canards en platines, vous estimez leur prix à combien ?
-Cher… Très cher. Plusieurs millions de Berrys chacun.
-Ils étaient où ?
-Posés sur le contour de ma cheminée, juste ici. »

Il désigne une vaste cheminée de marbre blanc. Celle-ci est impeccablement entretenue, elle semble n’avoir pas été utilisée depuis des années. Tonneau se précipite dans sa direction pour aller observer de plus près. Je tente à peine de le retenir. Pour la forme. Grammon fait une nouvelle crise cardiaque. Ce gamin m’impressionne, il arrive à faire convulser le Lord machinchose sans paraître le faire exprès, quel talent d’acteur. Je regarde moi aussi cette cheminée. Y a un truc qui cloche. Le reste des objets qui ornementent le contour sont là. Et ils semblent coûter bien cher également. J’ai vu le canard en platine, jamais il ne me serait venu à l’idée de piquer ce machin plutôt que les broches en or et autres objets précieux.

« Les autres objets qui sont là, ils valent combien ?
-Ça ? C’est de la camelote. Seuls les canards avaient vraiment de la valeur.
-Merci. Et est-il possible de voir par où sont entrés les voleurs ?
-Bien sûr. Philémon, montre au Marine, par où ces truands sont entrés. Et si vous avez terminé avec vos questions, je vais monter me reposer. Je ne suis pas encore totalement remis de mes émotions. Philémon, tu raccompagneras le monsieur et son neveu à la sortie une fois qu’ils auront examiné l’effraction. Le travail de votre unité laisse à désirer soldat, je tiens à vous le dire. »

Lord Grammon se lève, et, sans nous adresser un regard supplémentaire, sort par une porte au fond du salon. Tonneau revient vers moi avec un regard plein de questions. Mon petit enquêteur, sache que moi aussi, j’ai des questions qui me trottent dans la tête. Mais suivons d’abord ce Philémon, voir où cela va nous mener.
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Lun 22 Juin 2020 - 19:45

Le mystère des canards en platine s’épaissit. D’un rapide coup d’œil à mes notes, je me félicite d’avoir réalisé un schéma très détaillé de la scène du crime. L’enquête avance et nous allons sûrement être amenés à visiter d’autres lieux liés au crime, chaque détail peut avoir son importance et il est bon de ne pas se fier qu’à sa mémoire. Alors certes, le ventre rebondi du Sir machintruc se confond peut-être un peu avec la cheminée et les cheveux de Kosma pourrait aisément passer pour une vieille serpillère, mais franchement… c’est lisible. Si on m’avait donné des crayons de couleur, j’aurai peut-être pu faire mieux m’enfin… Kosma est radin.

On se laisse guider par Philémon, le serviteur qui m’a tout l’air d’être encore plus maniéré que son patron, à travers les grands couloirs de sa demeure. Statues, tapisseries et plantes d’intérieur sont savamment agencés pour donner au propriétaire l’air d’être encore plus riche qu’il ne l’est déjà, tout a sa place et semble vouloir raconter l’histoire d’une vieille et importante famille. Un peu comme ces idiots qui croient qu’ils peuvent se faire passer pour des marins en portant un cache-œil, une jambe de bois et en se taillant de fausses vraies cicatrices.

Il y en a qui serait prêt à raconter n’importe quoi pour rejoindre l’équipage qui a la cote.

"Messieurs…" annonce solennellement Philémon, comme s’il venait de perdre trois canard en platine appartenant à son patron, alors que nous arrivons dans la buanderie où sont en train de sécher la collection de caleçons à fleurs de Sir Bidulechose "Voici la scène du crime.
- Hmmm… "

Replongeant rapidement dans mes notes, retournant les pages de mon carnet les unes après les autres pour être sûr de ne pas avoir manqué une information, je finis par adresser aux deux adultes un regard suspect.

"Je ne valide pas ce témoignage. La scène du crime était le salon. C’est écrit ici. Là. " affiché-je mon habile plan du salon, ainsi que la liste des autres pièces de la maison, rayées toute d’un coup grâce au témoignage du propriétaire des lieux.
"Le gamin n’a pas tort, pourriez-vous p’t-être un peu plus précis " s’amuse mon assistant tandis que j’enlève des points de crédibilité à notre ami en queue de pie. Celui hausse un sourcil, nous observe avec son air pincé comme pour jauger du sérieux avec lequel nous menons cette enquête. Je lui renvoie son regard, attendant des réponses et il finit par reprendre avec un haussement d’épaule :
"C’est par cette fenêtre que se sont introduits les voleurs… pas de la plus galante des manières, je le regrette. " se morfond Philémon en nous présentant les entrées ménagées par les forbans à travers deux grandes baies vitrées. L’une a la forme d’un grand homme avec une jambe de bois, des dreadlocks et un bandana, l’autre correspond à la silhouette d’un petit homme corpulent arborant un cache-œil et de fausses vraies cicatrices. Je m’empresse de dessiner des portraits robots qui seront essentiels pour identifier plus tard nos coupables parmi les suspects.
"Ils ont même signé leur passage d’un Jolly Roger. Je comprends mieux pourquoi ils se sont tout de suite précipité chez des pirates…" reprend Kosma, avec cet air qu’on les adultes quand ils ne sont pas totalement convaincus " Faut dire aussi que chez toi, il y a de sacrés caricatures Tonny.
- Ces barbares, ils me rappellent la vermine du Grey Terminal… On devrait tous les pendre si vous voulez mon avis.
- EU-RE-KA ! " m’exclamé-je à la façon du capitaine dans ses heures les plus sobres, après avoir un peu carburer sur ce nouvel élément de l’enquête "Kosma, je crois que j’ai résolu l’enquête ! J’ai une preuve infaillible. " il me regarde avec un air surpris, mais m’invite avec son habituelle diligence à m’exprimer. Pas comme s’il avait le choix de toute façon, ma conclusion m’excite tellement que je n’aurai pas pu la contenir "Figure-toi que personne dans mon équipage ne porte de cache-œil. BIM ! On est innocent ! On peut libérer tout le monde !
- …
- …
- …
- …
- Impressionnant hein ! " me pavané-je, fier comme un paon alors que les autres s’essayent à reconnaître un cache-œil dans le contour grossier du verre brisé.
" Et la jambe de bois ?
- Ah tiens, non plus. Marrant ça. Bien vu, ça nous fait deux preuves irréfutables maintenant !

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