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Winter Assault

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Mountbatten
•• Lieutenant d'élite ••

♦ Localisation : Vindex

Feuille de personnage
Dorikis: 4700
Popularité: +459
Intégrité: 347

Mer 20 Sep 2017 - 22:28

Winter Assault

I.

Froid glacial.
- Tain on s'les gèle chef... On aurait dû nous envoyer à Ypres...

- Ouais, enfin Float, là-bas on ne serait pas ensevelis sous la neige, mais sous les obus, donc bon.

- Pas faux... mais faut bien râler, laissez-moi au moins ça, chef.

Mountbatten esquissait un sourire léger mais franc. Ce genre de situation arrivait souvent. Le sergent d'élite Float M. Pacific était un bon élément. Il écoutait les ordres sans broncher et avait des résultats plus que bons. Son principal défaut était qu'il la ramenait constamment. Mais après tout, n'était-ce pas le propre des soldats que de râler ? Telle était la vision de la plupart des officiers. Et le Marijoan n'était pas une exception. Lui qui avait grandi à côté des huiles de la capitale mondiale, bien qu'élevé dans une continuelle glorification du Gouvernement Mondial, avait une image légèrement péjoratif des personnes de bas rangs.

Pourtant, il avait commencé presque en bas de l'échelle, en tant que caporal d'élite. Ratzkill avait été un simple marin d'élite. Mais avec les promotions, il était devenu un tantinet prétentieux. Et puis son environnement n'avait pas aidé. Les simples soldats étaient légions et facilement remplaçables. Les sous-officiers l'étaient moins, et la perte d'officiers compétents étaient très souvent un coup dur pour tous. Autant pour les personnes placées encore au-dessus de lui que pour ses hommes, qu'ils avaient appris à respecter et à écouter. S'il y avait bien une leçon que Mount allait tirer de cette guerre, au même titre que tous les autres soldats engagés dans la guerre, c'était que personne n'était irremplaçable dans ce monde.

A une exception près. Au niveau des sentiments. La disparition d'un être chair laissait, le plus souvent, une trace indélébile sur soi. Non pas physiquement, mais au niveau du cœur. C'était comme un vide. Un vide rempli de vide. Rien ne pouvait se mettre à sa place. Il faut du temps pour se remettre d'une chose pareille. C'était la deuxième leçon que les combattants avaient appris. Alors, ils changèrent leurs comportements en conséquence. Ils étaient plus détachés des autres, plus remplaçables que jamais. Mais c'était nécessaire. C'était une guerre où il soldat ne valait rien, une trentaine ne valait qu'un pion dans un gigantesque échiquier.

La température avoisinait les moins quinze degrés. Tout le monde avait des manteaux, plus ou moins adaptés. Le manteau n'était pas compris dans le paquetage réglementaire de chaque soldat. Ainsi, ils durent en acheter auprès des locaux avec leur maigre solde, qui arrivait, le plus souvent, en retard. Et ce à cause du ravitaillement. L'état-major avait décidé qu'investir dans de nouveaux matériels militaires étaient une meilleure décision que de payer à temps des soldats, qui au fond, n'avaient pas une durée de vie très longue. D'autres marins avaient pris dans leurs bagages quelques vêtements. Enfin, certains avaient demandés à leurs familles d'en envoyer. Certains découvraient avec joie de chaudes doudounes envoyées par leurs proches. Et d'autres n'avaient que leurs larmes pour pleurer.

Les plus aptes à combattre dans de telles conditions étaient les troupes arctiques de Tequila Wolf et de Boréa ; ainsi que les troupes de montagne de Sanderr, pour ne citer que les îles les plus connues. Le froid n'était plus un obstacle gênant pour eux ; simplement un paramètre à prendre en compte à chaque instant. Au bout d'un moment ils s'y sont habitués. Leur expertise était si précieuse, qu'à chaque unité était adjoint un groupe de spécialiste des conditions. C'est ainsi que sous les ordres de chaque lieutenants d'élite, il y avait des habitués du climat et du terrain, qu'ils soient de l'élite ou de n'importe quelle autre branche du Gouvernement Mondial.

La quarante-huitième avait été basé, les premiers jours, à Briansk, l'état-major de Mekiel. Les militaires s'étaient basés sur un haut plateau depuis lequel on avait une vue dégagée sur une grande vallée stratégique. Aux premiers jours de la guerre, cette implantation avait servie maintes fois, en témoigne les fossés creusés par les obus, qu'ils soient dans la vallée ou sur le plateau. La vallée était un point stratégique de passage : elle reliait la plaine de Malmö, une grande plaine fertile où de grandes quantités de nourriture étaient produites, à la grande ville de Narvik, prise par la Marine après d'âpres combats.


Le quartier général avait décidé d'envoyer la division d'élite entière s'occuper du front sud de Mekiel, celui qui touche à son extrémité sud la capitale des vindexois, fortifiée jours après jours. Les militaires, les habitants, tout le monde était mobilisé à la défense de la ville. Pour le généralissime Theid, Ypres était sa dernière carte. Mekiel allait tomber, ce n'était qu'une question de temps et il le savait. En revanche, dans le secteur rural d'Ypres, c'était tout l'inverse. Les Kriegers - le surnom des soldats du secteur - avaient un avantage certain sur la Marine. La campagne s'était transformée en un gigantesque champ de bataille. Il n'y avait plus d'herbe, que de la terre labourée par l'artillerie. Une terre sur laquelle de nombreux soldats se décomposaient, aidés par les vers et les rats.

Avec cette guerre de position, les vindexois avaient rapidement pris l'avantage. Les marins avaient eu beaucoup de mal à débarquer et le ravitaillement était extrêmement compliqué. C'était un enfer pour les troupes du Gouvernement Mondial. En face, le moral tenait bon. Les soldats défendaient leur patrie avec ferveur, agrémentés par des discours révolutionnaires enflammés tenus dans les tranchées mêmes par les corps francs de la Révolution. Contrairement à leurs ennemis, ils avaient des vivres, des lettres de leurs proches, des cigarettes ou encore de l'alcool en abondance pour tenir le coup.

- Pour l'instant, le front principal d'Ypres est gagné et la Marine recule. Mais lorsque Mekiel tombera, deux divisions de la Marine iront directement leur prêter main forte au nord et à l'ouest. Nos troupes risquent l'encerclement... Il faut absolument trouver une solution.

- On la trouvera.

Le ton ferme de Nelson D. Theid imposait le respect dans la salle des opérations d'Aldebaran. Là, autour de lui, tous les grands pontes de l'armée vindexoise étaient réunis pour décider du futur de la guerre. Lors de la formation militaire de tous, une notion avait été effacée de leur cerveau. Le défaitisme. La défaite de Vindex n'était pas possible. Elle n'était pas envisageable. Elle n'était tout simplement pas pensable. Sous peine de passer pour un traître. Mekiel allait tomber. Mais il fallait absolument que les Hices, les combattants arctiques, résistent le plus possible pour infliger le plus de perte aux marines. Surtout chez les officiers, car les hommes de bas échelon étaient remplacés presque immédiatement. Les bons officiers étaient rares. L'ordre avait été donné à tout le district. Il ne manquait plus qu'à le mettre en oeuvre. Les officiers étaient les cibles numéro une.


Dernière édition par Mountbatten le Ven 26 Jan 2018 - 19:06, édité 1 fois
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Mountbatten
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Ven 22 Sep 2017 - 19:58

Winter assault

II.

Echange glacial.
Un bruit sec résonna à la porte de la salle des opérations de la Marine. Mountbatten toquait.

- Entrez.

La porte s'ouvrit lentement mais d'un geste sûr. Le regard dur du lieutenant d'élite défia celui des autres officiers de la salle. Un par uns, les lieutenants, qu'ils soient de l'élite ou de la régulière, étaient appelés afin de leur distribuer les tâches dont ils devaient s'acquitter. En face, les deux grandes personnalités de ce front décidaient en majorité des missions qu'ils distribuaient. Il y avait tout d'abord le commandant d'élite Fujimi, responsable de la quarante-huitième division d'élite, et la contre-amirale Nishi Kanjiro, réputée pour sa grande force au combat. En revanche, c'était tout l'inverse en ce qui concerne sa patience et sa minutie. Grande cheffe, mais piètre tacticienne, le défi à relever pour les hauts-gradés de cette pièce était de calmer ses ardeurs et ses volontés au niveau stratégique. Elle proposait des placements catastrophiques... preuve de son incompétence.

- Voici le lieutenant d'élite Mountbatten.

Le lieutenant-colonel Fidjr, en charge de la présentation des nouveaux venus, lui ouvrait la voie vers la table stratégique. Toutes les autres personnes le saluèrent verbalement ou physiquement, à l'aide d'un hochement de tête ou d'un garde-à-vous concis. Toutes, à une exception près. Kimblee le fixa, sans un mot, sans un geste. Le courant passait mal entre le supérieur et le subalterne. Leurs personnalités n'étaient pas si éloignées que ça ; mais leurs valeurs si. Certains remarquèrent ce petit détail fâcheux, et en premier lieu l'intéressé qui ne manqua pas de noter cette énième attention mesquine de la part de son commandant.

- Lieutenant, votre mission sera de conquérir cette région.


- C'est une région montagneuse où vous risquez d'avoir du mal à progresser. C'est pourquoi vous embarquerez avec vous une section d'élite entière de Boréalins.

- Faites attention, beaucoup de nos gars se sont fait avoir par le réseau troglodyte qu'utilisent les vindexois.

- Ah, et vous risquez d'avoir à apprendre un nouveau sport.

- Comment ?

- Le ski. Au vu des pentes et du terrain, le ski est un moyen rapide pour nos troupes de se déplacer. Les Hices s'en servent régulièrement, et ce, même au combat. Vous allez devoir apprendre, ainsi que vos hommes, à en faire. Et ne prenez pas cela comme un jeu : c'est une tactique militaire qui pourrait bien pour avantager. Vous nous remercierez plus tard pour l'idée.

- J'espère...

- Bonne chance.

Ce souhait glacial avait été envoyé par Kimblee, qui n'avait pas ouvert la bouche depuis l'arrivée du Fantôme. Un "bonne chance" plein d'ironie. Un "bonne chance" satirique, qui laissait penser à tous qu'il lui souhaitait tout l'inverse. Les deux hommes se défièrent du regard, jusqu'à ce que Fidjr brisa ce blanc gênant qui s'était installé.

- Vous devez partir immédiatement pour soutenir l'offensive principale, qui tente de supprimer la poche de résistance vindexoise située sur la rive ouest du Cataracte... Bien. Je pense qu'on a tout dit...

- Tu peux disposer.

L'ordre assassin ne fit qu'envenimer une situation qui en devenant presque insoutenable. Mount tourna les talons et ferma la porte avec vigueur. Il n'était pas énervé. Mais il avait bien l'intention de prouver à cet ignoble personnage ce dont il était capable. L'affrontement direct avec un supérieur ne servait à rien. Cela lui vaudrait une dégradation, voire pire. Alors qu'un duel indirect était bien plus fin et, peut-être, plus savoureux à mener.

La région en question était située en plein milieu du Kirov, ce massif montagneux réputé pour être le plus grand de Mekiel.

Mais aussi le plus dangereux.

En effet, ses pentes sont parmi les plus vertigineuses de Grand Line. Les férus d'alpinisme et de sports d'hiver s'y régalent, malgré la faible présence d'infrastructure adaptées. Parfois, le défi personnel est plus important que la dangerosité de la tâche, pour certaines personnes. Là-bas, la population vit dans de petits villages perchés en altitude, qui vivent principalement des ressources sylvestres et minières. Des réseaux de grottes se sont mis en place aux fils des siècles, transformer certaines montagnes en terrain de jeu favori des petits vindexois de la région. Inutile de préciser qu'ils allaient se révéler avantageux pour les soldats locaux.

La compagnie Créole, association de l'unité des lieutenants d'élite Ratzkill et Mountbatten, avait perduré depuis la campagne d'Isthme. En travaillant ensemble, ils étaient plus efficaces. La compagnie était officiellement sous la direction du Marijoan ; mais dans les faits, ils dirigeaient ensemble. A cette compagnie s'ajoutait une section de marins d'élite issus de Boréa. Avec eux dans la compagnie, nul ne doutait de la redoutable efficacité du groupe.

C'était à peu près trois cents soldats qui quittèrent le quartier général. Un quartier général où se reposaient tranquillement certains gradés, pendant que la compagnie Créole avançait, inexorablement, dans le blizzard, phénomène climatique récurrent à Mekiel. Leurs pas s'enfoncèrent dans la neige, parfois profondément. Puis, lorsqu'ils enlevèrent leurs pieds, ils ne voyaient déjà plus la trace qu'ils étaient censés laisser après eux. Leur visibilité était faible, très faible. Les conditions étaient mauvaises, et les Boréalins n'avaient pas manqué de le faire remarquer au duo. Mais leur mission était d'une importance capitale : les renégats pourraient, à tout moment, tenter de prendre par derrière l'offensive.

Après quatre jours de marche éprouvantes, après avoir découvert le Kirov et le blizzard habituel de la région, ils arrivèrent, à peu près, à l'endroit indiqué sur la carte. Le paysage était à couper le souffle. Face à eux, les pics se succédaient. Abrupts, bruts, solides, ces monts enneigés étaient bien plus dangereux que ceux de Boréa. Le soleil illuminait faiblement le ciel ce matin-là, sur le Kirov.

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Ven 13 Oct 2017 - 18:00

Winter assault

III.

Un week-end au ski.
- Lieutenant, il va falloir qu'on apprenne à tout le monde comment skier...

- Ahhh... Oui c'est vrai, j'avais complètement zappé. Mais... vu la pente... tu es sûr qu'on peut apprendre dans de telles conditions ?

- Boarf, vous savez lieutenant, entre une cheville cassée et un crâne cassé, y'a pas photo.

- Sauf qu'on peut aussi se casser le crâne sur ces rochers...

En effet, de nombreux blocs de pierre troublaient les flancs enneigés des montagnes. Des irrégularités qui pouvaient bien être fatales à tous ces apprentis skieurs. Et ça, leur chef le savait.

- Ratzkill, il n'y a pas une zone moins pentue pour apprendre aux hommes le ski ?

- A vrai dire... Pas vraiment. Pour en trouver une, il faudrait marcher... au moins... quatre jours de plus.

- Et on n'a pas vraiment le temps... Bon. Et bien on va faire avec. Les médecins de la Brigade Scientifique ont-ils ramenés des brancards... genre luge ?

- Euh... Ouais ils ont ça.

- Parfait. Y'a plus qu'à.

- Y'a plus qu'à.

L'entraînement fut... catastrophique. Chaque seconde un soldat valdinguait dans la neige glacée. Un joyeux spectacle qui amusait les Boréalins, qui s'esclaffaient dans un bonheur palpable. Même les gradés de la compagnie étaient obligés de s'y mettre. Et Mount le premier. Lui qui détestait les sports de glisse. Il arrivait cependant à tenir debout, mais n'était pas assez confiant pour aller aussi vite que ses instructeurs. Il connaissait ses limites, et ne les dépassait pas. Il avait besoin de s'entraîner avant d'aller à de telles vitesses.

Soudain, l'ambiance fut plus froide. Glaciale même.

Le premier blessé.

Le marin en question s'était dirigée vers un de ces gros rocs, qui avaient été signalés et balisés au préalable. Ils n'avaient pas su changer sa trajectoire, ni son allure, malgré les ordres des professionnels. Un accident, qui mit sa vie en danger. Les médecins se dépêchèrent pour lui porter secours, à l'aide de quelques moniteurs et soldats qui se trouvaient non loin du lieu de la collision. Désormais, tous avaient en tête ce qui lui était arrivé. Ils étaient plus assidus, plus concentrés, mais moins enthousiastes.

Nonobstant ce fâcheux incident, la journée se passa bien. Le blessé s'en sortit, en dépit du fait qu'il ne puisse combattre avant quelques semaines. Ce qui le rendit maussade devant ses supérieurs et ses infirmiers, mais qui le remplit de joie intérieurement. Il avait eu beaucoup de chance. Au vu de la pente et de la taille des blocs de pierre, un autre accident aurait vite fait de tuer l'hypothétique malheureux. C'était pour cette raison précisément que d'autres n'eurent pas le courage de tenter l'expérience pour éviter les combats, de plus en plus dévastateurs et intenses.

Les vindexois avaient la hargne. Ils défendaient leur mère patrie coûte que coûte. Leur acharnement était très meurtrier dans les rangs de la Marine. Ce sentiment patriotique était galvanisé par les prédicateurs révolutionnaires, qui haranguaient de beaux discours, courts pour la plupart, mais terriblement efficace sur ceux qui n'avaient pas la présence d'esprit de voir que ce n'étaient que des balivernes. Face à un mélange explosif de troupes patriotiques et connaissant parfaitement le terrain et des corps francs révolutionnaires menant une guerre militaire et idéologique, les pauvres marins tombaient comme des mouches sous le feu, sous leur fureur.

A côté de ça, la compagnie Créole avait l'air de s'amuser, à en oublier la guerre.

Au bout de deux jours d'entraînements intensifs, en plein Kirov, la compagnie était prête à réellement partir au combat. Un campement de fortune avait été dressé pendant tout ce temps, rudimentaire. Les conditions étaient plus qu'extrêmes, avec une telle température et un tel terrain. Fait notable, aucun accident n'était à déplorer. C'était dû à la rigueur et au sérieux des marins d'élite. Ils le sont par définition, mais la guerre de Vindex - ou du moins ce qu'ils avaient connu jusque là - les avaient endurcis. Ils s'étaient résignés au final. Et faire du ski était toujours plus agréable que prendre une balle, comme les milliers de marins qui furent mis hors de combat.

Il était temps pour eux de mettre en pratique ce qu'ils avaient appris sur les quelques pentes enneigés où ils avaient passé du bon temps. Ils dévalèrent les montagnes du Kirov en skiant. Plus d'une centaine de skieurs slalomaient sur la piste blanche, évitant tous les obstacles. Pendant ces quelques jours d'apprentissage, ils n'avaient pas flâné. Le combat alpin était une chose si différente du combat en bataille rangée, dont ils avaient l'habitude. A Briansk, on l'avait prévenu : il fallait utiliser le ski comme technique de combat, et cesser de le voir comme un loisir, un sport.

La progression fut lente malgré tout. Il fallait sans cesse enlever ses skis et les mettre dans son dos lorsqu'il fallait gravir un terrain. De longues colonnes de marins se formaient alors, dans le blanc immaculé de la neige. Les conditions météorologiques leur étaient favorables ces jours-là. Le soleil réchauffait timidement les soldats.

Le temps de souffler, Mountbatten réunit les gradés de la compagnie pour leur exposer son plan, en tenant en l'air une carte.

- Comme vous le voyez sur la carte, nous sommes en territoire ennemi. Mais le problème, c'est qu'on ne les voit pas, à cause de la superficie et de la topographie. Une idée ?

- C'est vrai que ça fait quelques jours qu'on avance, mais on ne voit rien...

- C'est louche.

- Pourtant, lorsque nous allons sur de hauts sommets, nous devrions pouvoir déceler de la fumée, des campements, des mouvements de troupes...

- Je ne comprends pas non plus.

- Ah... Je me souviens d'un truc que m'avait dit un soldat sur la route. Les Hices utilisent un réseau troglodyte utilisé par les habitants. Il permet de relier des villages paumés à travers la montagne.

- Bien ! Mais... Il faut encore qu'on trouve des villages. Mekiel est si mal cartographiée... Surtout dans le Kirov. Et je n'ai pas envie qu'on fasse marcher nos hommes pour rien.

- Je suis d'accord.

- Comment faire ?

- Si on ne peut pas les trouver parce qu'ils sont cachés... Hum... Laissez les nous trouver avant ?

- Leur tendre un piège ?

- Exactement ! On trouve un endroit dégagé, on établit un campement et on y met une section. Les autres seront cachés et attendront une attaque de la part des vindexois. Ensuite, on pourra retrouver le réseau troglodyte et, enfin, pouvoir les combattre efficacement. Nous sommes sûrement allés trop vite dans la conquête de la région, et ils n'ont pas pu nous attaquer entre-temps. Alors laissons leur l'occasion de leur vie, et tombons leur dessus.

- Bien reçu.
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Mountbatten
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Lun 30 Oct 2017 - 16:14

Winter assault

IV.

Chaos glacé.
Le ciel était dégagé, rien ne pouvait entraver la volonté du lieutenant.

En suivant son plan, une section d'élite vint s'installer en contre-bas en montant un campement. Avec quelques branches tombées des sapins éparses de la petite vallée, ils avaient allumé un feu, aussi bien pour réchauffer leurs âmes éprouvées que pour se placer dans la continuité du plan. Se faire repérer était nécessaire. Sinon, toute cette mascarade ne servirait à rien.

Le gros du groupe se dissimula sur les crêtes, allongés, fusils pointés vers la vallée, prêts. Comme toujours. Les hauts gradés avaient donné à la compagnie des uniformes blancs, parfaits pour se camoufler. Dans de telles conditions, le bleu habituel des marins devenait éclatant - et donc repérable à des kilomètres. Bientôt, on entendait faiblement les crispations lointaines du bois qui brûlait. Le souffle des soldats effleurait le sol dur, glacé, caractéristique des montagnes qui composaient le Kirov.

Mountbatten avait chargé son bras droit, Ratzkill, de commander les troupes des crêtes. Lui, il resterait avec Pacific au campement. Il avait été dressé contre un grand rocher, afin de pouvoir avoir un couvert, au moins d'un côté. Des caisses, des sacs de sables, et tout ce qui pouvait servir d'obstacle étaient dressés en vrac, rapidement, pour pouvoir protéger les soldats de l'hypothétique feu ennemi. Le stress était présent ; même si les marins qui composaient la section avait été sélectionnée selon leur force, leur courage et leur sang froid. Une quinzaine de soldats montaient la garde pendant que les autres solidifiaient leurs positions. Les quelques jumelles qu'ils avaient passaient d'une main à l'autre. Leurs grands manteaux blancs annonçaient une prochaine résistance acharnée. Stoïques, ils se tenaient face au reste de la vallée, les yeux furtifs et précis.

Pendant longtemps, ils attendirent dans le froid et un léger blizzard s'installa.

Les deux commandants de la compagnie Créole durent communiquer par den-den. Le champ de vision était limité à cinq mètres ; les conditions étaient plus qu'effroyables pour une telle situation. Le temps changeait vite en montagne.

L'attente... une chose insoutenable avec une telle température et un tel temps. Le désespoir traversa l'esprit de nombreux marines. Le désespoir de mourir ici, dans le Kirov, loin des leurs. Et puis un mal-être plus global aussi. Cette guerre durait déjà depuis plus de deux mois. Même si certains n'étaient là que depuis un mois tout au plus, cela avait été éprouvant pour tous. Les morts se comptaient en milliers. Personne n'avait connu ça, même pas les quatre chefs de divisions, dont Kimblee. Marin, c'était un métier qui avait fait rêver beaucoup d'enfants. Mais aucun n'avait pensé à de telles choses. A l'école de la Marine, au BAN, en centre de formation, on ne les avait pas prévenus sur ça. Personne n'y avait pensé, tellement c'était inimaginable.

Soudain, la fête commença.

Des coups de feus hagards détonnèrent dans une confusion assez prévisible.

- Alexander, ça y est ?

- OUI !

Les coups de feus s'intensifièrent.

- RAMENEZ-VOUS !

Les quelques cent vingt marins d'élite postés en hauteur dévalèrent la pente prudemment. Le blizzard était de plus en plus violent. Avec leurs uniformes blancs, les marins distinguaient difficilement leurs alliés. Plus loin, dans le campement, le moment était critique.

La visibilité était encore pire ; le blizzard étant bloqué dans la vallée. Les vindexois étaient là. Les premières balles furent inefficace. Elles avaient été tirées plus ou moins au hasard. Mais lorsqu'ils s'avancèrent suffisamment, des salves de fusils les accueillirent. Les marins, solidement fortifiés, se cachaient derrière les sacs de sable et les nombreuses caisses.

Mais se cacher de cette manière devint rapidement impossible.

Les Hices attaquèrent de tous les côtés, sans répits. De plus, ils lancèrent des grenades, qui rendirent impensable la technique de la Marine. Le combat au corps à corps s'installa. Dans une grande confusion, les marins luttèrent avec leurs sabres contre les vindexois, beaucoup plus nombreux. Des coups à bout portant furent aussi tirés. Il fallait rester en mouvement le plus possible pour rester en vie, le temps que le gros des troupes arrive.

Mountbatten était de ceux qui avaient fait le choix de tirer à bout portant. Avec une telle visibilité, il ne pouvait pas infliger de grands coups de sabre, sous peine de blesser ses hommes. Il courut dans le campement, enjambant les cadavres, les caisses, tout. Il délivra des tirs de temps en temps, lorsqu'un ennemi se présentait à lui. Le chaos régna, et l'odeur de poudre réchauffait les narines de chacun, anesthésiées par le froid glacial. De grandes bourrasques de neige déstabilisaient parfois des hommes en train de lutter dans les pires conditions qu'ils pouvaient espérer. La Marine recula. Les hommes de la section d'élite tombèrent petit à petit. Le lieutenant d'élite exhortait son ami de se dépêcher ; mais de son côté aussi les conditions étaient compliquées. Le blizzard ralentissait son intervention. Le temps ainsi perdu ne put jamais se rattraper.

Ils arrivèrent. Mais avec un retard qui eut des répercussions...

La centaine de soldats nouvellement débarqués eurent vite fait de battre les vindexois, moins nombreux et aussi moins forts. Ils fuirent dans le blizzard, en trombe, laissant leurs blessés, leurs morts derrière eux, qu'ils soient amis avec eux ou non. C'était ça la guerre. Il n'y avait plus d'honneur, plus de promesse qu'on ne pouvait tenir.

Ceux qui disent le contraire n'ont pas connu la guerre.
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Mountbatten
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Mer 6 Déc 2017 - 18:53

Winter assault

V.

Obscurité mortelle.
Mount regardait impassiblement le paysage chaotique qui s'offrait devant lui. La tempête était de plus en plus douce, et la visibilité devenait meilleure chaque minute. Mais le spectacle était terrible. De nombreux morts. Le sang se cristallisait, leur âmes aussi. Les rayons de soleils n'arrivaient toujours pas à percer cette épaisse couche de neige qui virevoltait au-dessus de la tête des marins.

- Il faut faire vite et les suivre. Les traces de pas vont s'estomper si on attend trop longtemps.

- Et pour... Eux ? Désigna fébrilement un jeune marin d'élite, venu récemment dans la guerre.

- Et bien ? Que veux-tu en faire ?

- Je...

- On part dans 5 MINUTES !

C'était aussi ça. Laisser les vestiges d'une vie, de décennies de travail, d'émotions, de pensées, là. Au beau milieu de nul part, dans la neige, enfouis dans un endroit que personne ne retrouvera. A la fin de la guerre, ils allaient avoir une tombe sans corps, comme beaucoup. Avec un nom, un prénom, des dates, comme tout le monde. Anonymes.

La compagnie se remit en marche. La moitié de la section du camp fut laissé là où elle était. Les munitions, les vivres, tout ce qui pouvait encore être utile leur fut arraché de leurs mains gelées, immobilisées dans une position de par la température. Leurs visages aussi. Les bleus qui avaient dû faire cette tâche ingrate eurent un choc. Mais à côté, d'autres faisaient ce qu'on leur disait sans broncher. Ils étaient morts, ça n'allait pas encore leur servir. Le pragmatisme est une chose nécessaire dans une guerre ; le Fantôme avait depuis longtemps assimilé cette idée.

Une longue colonne se remit péniblement en marche, vers la mort.

Les deux chefs en tête, ils suivaient avec attention la traînée de pas des vindexois. Enfin, après quelques minutes de marche dans un blizzard faiblissant, ils atterrirent devant l'entrée d'une grotte. Peu rassurante, elle était cependant immense. Des stalactites de glace faisaient office de domestiques, accueillant lugubrement les nouveaux visiteurs. Des lumini dials illuminèrent l'obscurité de la grotte. Une atmosphère étrange et sournoise s'installa au fur et à mesure que les soldats entrèrent dans la cavité.

Malgré les lumières balayant l'ombre, la peur s'installa petit à petit. Effet renforcé par les bruits suspects qui provenaient dans certains coins des rochers...

Rapidement, de nombreux réseaux durent scinder le groupe. La compagnie se désintégra pour laisser place à quatre sections bien distinctes, avec un nombre plus ou moins défini par le règlement. Et c'est à partir de ce moment, que commença les problèmes.

La section commandée par l'invisible emprunta le chemin le plus large. Les chauves-souris grouillaient dans le plafond... Des cailloux tombaient de temps en temps. Avec le lieutenant d'élite il n'y avait, à quelques exceptions près, des hommes expérimentés et qui savaient à quel point ce genre de situations étaient délicates. Leurs yeux scrutaient le moindre recoin. Si l'ennemi voulait faire une embuscade, ça ne pouvait qu'échouer.

Ratzkill et Pacific avaient tous les deux pris des chemins différents. Tous savaient que les Hices n'étaient pas loin, et il était probable qu'ils les attendaient. Fusils pointant l'avant, les marins avançaient, les genoux fléchis, les yeux alertes. Les quatre sections d’élite s'enfoncèrent dans les entrailles de la montagne à reculons. Pendant quelques temps, l'espoir d'une fuite subsista. Mais il fut troublé par l'arrivée de... trouble-fête.

PAN PAN PAN PAN

- A couvert !

Le premier accrochage fut pour le groupe du Marijoan. La largeur du couloir permit aux différents camps de s'éparpiller pour se réfugier derrière des obstacles naturels, tels des stalagmites, ainsi que des colonnes de roches. La luminosité était faible, mais les dials permettaient de briser l'obscurité. De plus, les flammes crachées par les armes à feu apportaient un semblant de lumières dans ce grand espace. Les hommes, à cran depuis leur entrée dans la grotte, pouvaient enfin relâcher leurs nerfs et déferler leur combativité sur les défenseurs de Mekiel.

Une femme se dressa soudainement derrière ses hommes.

- Le Fantôme, où es-tu ? Cesses de te cacher derrière ton pouvoir !

- Ah mais je suis pas caché hein, je suis là.

- Ah, au temps pour moi.

- Si tu me connais... Tu dois être la commandante de ces troupes ? Dit-il, en se cachant derrière un rocher.

- C'est exact. Mais laisse moi te montrer ce que vaut une intrusion à Mekiel !

Une grande lame d'air vint sur le rocher, et le transperça.

*Elle doit être vraiment puissante...* pensa Mountbatten, qui sauta avant de se prendre le coup de plein fouet.

A présent, les deux officiers se firent face, tous deux sabres en main.

- Oberleutnant Helge Ingstad, pour vous servir.

- Enchanté. Lieutenant d'élite Mountbatten.

- Et bien... Que le meilleur gagne !

Ingstad prit l'initiative et fonça sur son adversaire, à l'aide de sa belle épée. Son style alliait précision et brutalité à la perfection, combinaison fortement mortelle, mais qui plaisait cependant au marine. Il para sa lame avec son Shinsei, une lame au fourreau d'un blanc éclatant qui, malgré la pénombre, ressortait splendidement. Les deux ennemis se firent face à face, se défiant du regard. Leurs tempéraments étaient sensiblement les mêmes. Fiers servants de leurs corps respectifs, ils étaient impartiaux en combat et tous deux déterminés... A quelques exceptions près.

Le combat s'annonçait rude, et déjà le bleu contre-attaqua à l'aide de son deuxième sabre, d'un coup latéral vif, qu'esquiva sa cible au dernier moment. Dans cette grotte, dans ce chemin, ici, les marins affrontaient encore les vindexois. Partout. Villes, forêts, déserts, montagnes, campagnes... Encore ici, dans un endroit improbable et sans réel intérêt stratégique, ils s'affrontaient. Les effectifs étaient faibles par rapport à ce qu'ils avaient vécu auparavant, avec d'immenses batailles rangées impliquant plusieurs centaines de soldats dans chaque camp. La réduction du nombre de combattant eu pour conséquence de rendre chaque duel plus long. Tout se jouait au coude à coude ; chaque coup comptait. Aussi, la bataille était moins anonyme : tous se connaissaient dans une section, et voir un camarade effondré dans sa propre mare de sang aurait pu en démoraliser plus d'un, si les conditions générales étaient différentes.
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Sam 23 Déc 2017 - 16:20

Winter assault

VI.

Combat pitoyable.
Le duel s'intensifiait. Il durait de plus en plus, et les soldats de chaque camp reculaient sans cesse pour ne pas subir de dommages collatéraux. Voilà des dizaines et des dizaines de minutes que les combats avaient lieu. Que ce soit du côté de Ratzkill, Pacific ou Mountbatten. L'opposition féroce et les marines, de par la méconnaissance des galeries, subissaient plus de pertes. Seuls leurs officiers tenaient réellement tête aux Hices. Ces derniers, enivrés par une rage guerrière et probablement un désespoir patriotique, étaient particulièrement implacables. Jamais, ils ne reculèrent. Ils tombaient, mais se relevaient. Un zèle rare, même dans cette guerre.

Il faut dire qu'eux, habitués aux conditions extrêmes dès leur plus jeune âge, ne connaissaient pas l'abandon. Ils faisaient face constamment aux dangers de Mekiel, à ses conditions climatiques. Le froid les rendait calmes en toute situation. Mais c'est grâce à l'entraide que tous survivait. Voir leurs amis, leurs connaissances, leurs villages dominés par la Marine leur donnait une force supplémentaire que les attaquants n'avaient pas. Loin de chez eux, dans un pays en guerre aux conditions rudes, ils savaient qu'ils allaient y passer d'un moment à un autre. Il y avait de l'espoir, souvent insufflé par leurs supérieurs. Mais étaient-ce de belles paroles pour les garder encore un peu plus au service du Gouvernement Mondial ? Au-delà du conflit physique, dans chacun se menait un conflit intérieur.

- Bon... Tu te débrouilles bien à l'épée, je dois l'avouer. Mais passons au niveau supérieur... Hakai no...

Le lieutenant d'élite s'avança petit à petit vers Helge, yeux fermés et tête baissée. Elle sentait qu'il tramait quelque chose... Mais qu'était-ce ? Elle allait le savoir bien vite. Sa position défensive et ses yeux espiègles étaient ses seules cartes en main pour parer l'attaque à venir. Enfin, Mount releva sa tête et ouvrit ses paupières.

- Tatsumaki !

Il se projetta en avant sans que les yeux de son opposante puissent suivre. Ses deux lames en avant, il tournoya sur lui-même tout en se déplaçant à une vitesse impossible à suivre à l'œil nu. Il atterrit quelques mètres derrière Helge, et une tornade se créa. Au sein d'une grotte, le rendu était spectaculaire. Heureusement, sa hauteur permettait une telle technique. L'Oberleutnant fut emportée pendant quelques secondes, avant de se faire projeter contre le sol. Elle se releva, pleine de rage. Mais déjà le lieutenant d'élite était déjà reparti. Il allait enfin utiliser le Rokushiki.

- Hanmā to... anbiru !

Il l'utilisa trois fois. Sans que son ennemi puisse réagir ou faire quoi que ce soit. Une véritable mutilation qui se déroula sous les yeux horrifiés de ses hommes. Ils étaient habitués à la voir comme une commandante forte et déterminée, une gagnante. Elle ne pouvait plus rien faire pour eux. Un coup dur au moral, mais ils continuèrent de combattre malgré tout.

- Et maintenant le coup de grâce...

- Non... Arrête...

- Hum ?

Prenant ses forces restantes pour tenter de sauver sa vie, Ingstad cria de toutes ses forces.

- JE NE VEUX PAS MOURIR ICI ! LAISSE-MOI PARTIR EN VIE JE T'EN SUPPLIE !

Le Fantôme leva un sourcil. Il n'était pas vraiment surpris. Il l'était de moins en moins. Mais ce qu'elle avait dit était tout à son avantage. Le moral de ses hommes allaient s'en retrouver grandement affecté.

- Et pourquoi ?

Il se rapprocha de son adversaire qui n'avait pas vraiment envie de crier ce qu'elle allait dire pour tenter de sauver sa vie.

- Je... J'ai un avenir radieux et je le sais.

Elle plaça ses deux mains au sol et s'inclina devant l'officier.

- Qu'est-ce que ça peut bien me faire ?

- J'ai beaucoup de choses à faire dans ma vie... Vous gagnerez j'en suis certain, et je veux être parmi ceux qui reconstruiront ce pays. Moi, Oberleutnant Hel...

- Tu es une opportuniste. Tu retourneras ta veste si les révolutionnaires t'offrent plus. Je me trompe ?

- Non ! Bien sûr que non !

- C'est ça. Tu vois que tu perds, alors tu t'arranges avec ton ennemi pour survivre. Tu es une lâche, une traître, une fuyarde. Je vais t'épargner, c'est mieux ainsi. Mais ne t'attends pas à rebondir après ça.

- Comment oses-tu !

Dans une tentative désespérée, elle se releva et fonça sur son ennemi, sabre en main. L'attaque était violente, remplie de rage et de soif. De soif du pouvoir, de reconnaissance et d'ambition. Ces trois choses là la poussait à aller plus loin. Mais la mort n'était pas envisageable pour elle. Le lieutenant para non sans difficulté son attaque, puis utilisa quelques sorus pour s'éloigner.

- Lâche, c'est tout ce que tu es. Kami no ken !

Il bondit dans les airs, monta en altitude, puis fonça en piqué sur sa cible.

Du sang gicla sur l'uniforme de l'officier. Le blanc immaculé fut tâché de sang. La lame transperça de bout en bout la vindexoise. Ses yeux sortaient de ses orbites. Elle assistait à la fin de sa glorieuse carrière. Carrière obtenue par des coups de théâtres plus que par des actes. La chance avait joué aussi, mais quoi qu'il en soit, la guerre avait révélé son véritable visage. Ses hommes la dévisagèrent, choqués de sa défaite, mais surtout par ses propos. C'était un autre visage de la guerre également. Elle faisait avouer l'inavouable aux hommes. Dans ses derniers instants, on voyait alors la face la plus vraie de chacun. Parfois, un simple regard suffisait. De la rage, de la tristesse, de l'indifférence. Parfois c'était un soulagement aussi. La fin de la souffrance physiques ou morales. La fin de l'effort, la fin de tout. Une libération, en somme. Chacun appréhendait la mort différemment, et c'était là un sujet d'étude intéressant pour ceux qui s'y intéressaient et y prêtaient attention. Mais encore fallait-il survivre pour pousser la réflexion à son paroxysme.
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Sam 30 Déc 2017 - 23:29

Winter assault

VII.

Le calme avant la tempête.
Les combats s'étaient finis avec une victoire timide de la Marine. Si du côté de Mount les choses avaient été facilitées par une baisse du moral des soldats et une victoire relativement rapide sur la cheffe, Ratzkill et Pacific avaient eu plus de mal, mais heureusement pour eux il n'y avait pas d'adversaire très puissant, seulement des hommes du rang ou des sous-officiers. Le bilan était mitigé, d'autant plus que des fuyards eurent le temps de s'extraire du réseau troglodyte.

La compagnie Créole avait rempli sa mission. Les patrouilles s'enchaînèrent après cette bataille, mais aucun accrochage. Les vindexois s'étaient repliés vers la rive est du Cataracte. Ils avaient perdu leurs deux poches de la rive ouest, mais se défendaient toujours aussi farouchement là où ils étaient. C'était l'occasion pour les hommes de se reposer pour Noël.

Le lieutenant d'élite avait écrit une lettre au père Minoël. Peut-être sous le coup du désespoir. Quoi qu'il en soit, il eut un retour plus qu'inattendu. Alors qu'ils bivouaquaient, il la lu. Une lueur faible issue d'une bougie éclaira le bout de papier que les services postiers lui avait donné.

Une lettre qui lui fit chaud au cœur. Les temps étaient durs, mais lui, était là. Peut-être était-ce quelqu'un du service postier qui avait écrit cette lettre, et même d'autres pour que les soldats ne perdent pas espoir. Mais l'effet psychologique fut dans tous les cas bénéfique. Il savait que s'il survivait à cette guerre il ne serait plus jamais le même. Il abordera un regard vide, dénué de sentiments. Il les avait laissés sur le champ de bataille. Sa personnalité de base n'aidait pas, il faut dire. Le seul sentiment qui faisait de lui encore un humain était peut-être l'amitié et l'amour. Compassion, pitié, gentillesse. Plus rien n'a de valeur. Il était devenu horriblement pragmatique, mais peut-être que cette lettre essuyait pour un temps la buée qu'il avait sur ses lunettes.

Ils reprirent la route après avoir s'être reposé. La nuit tombait et la lune se dévoilait magistralement. Les étoiles donnaient d'une certaine manière de l'espoir aux soldats. Notamment aux plus jeunes. Ils se disaient que leurs parents, leurs amis, leurs proches voyaient les mêmes étoiles, n'importe où qu'ils soient. Enfin, pour ceux qui en avaient encore.

L'état-major de Briansk avait mis au repos la compagnie Créole et le reste du bataillon Godwin. Les hommes du commandant d'élite étaient déjà au lieu qui leur avait été désigné : le château de Vyborg. Abandonné par la noblesse Aldebaranne lorsque la guerre éclata, il était presque intact. Peu de choses avaient été déménagées, grâce à l'orgueil de l'aristocratie vindexoise qui pensait que la supériorité de leurs troupes ne faisait aucun doute et que la guerre allait être vite réglée.



Aux alentours de minuit, l'avant-garde de la compagnie arriva au château. Bâtisse imposante, elle avait été façonnée dans la roche d'une montagne. L'endroit avait une vue dégagée sur de nombreux kilomètres et les éclairages somptueux rendait un effet presque miraculeux. Que cet endroit soit tel qu'il était alors qu'à d'autres, au sein du même district, les combats faisaient rages, était tout simplement incroyable. Alors, le Fantôme s'avança sur le pont qui menait jusqu'à l'entrée du château. Seul, ses troupes attendant de l'autre côté du pont. Là, un sergent d'élite le réceptionna. Il vit alors, derrière les remparts, Streisand, un verre de vin rouge à la main. Il le salua d'un hochement de tête puis disparu du champ de vision du Marijoan. Une fois la venue de la compagnie annoncée, ses hommes purent s'avancer. Ils n'étaient pas autant qu'à leur départ de Briansk. Ils avaient laissé leurs camarades derrières eux. Ils étaient fatigués. Sac dans le dos, skis attachés, fusil à l'épaule, ils avaient la tête baissées et ne parlaient pas. Même s'ils n'avaient pas combattu ces derniers jours, ils étaient éprouvés. Éprouvés, par les combats qu'ils avaient menés auparavant, par les conditions et par la perte de leurs camarades, qui restait.

L'accueil dans le château fut chaleureux par les autres soldats. Le temps était à la fête. Il y avait aussi beaucoup d'alcool pour se détendre. Mais surtout oublier. Pour oublier ses problèmes, et surtout les morts qui s'accumulaient. Théoriquement, ils auraient dû être trois cents dans ce château. Ce jour-là, ils n'étaient que cent vingt-neuf.

Les grandes salles du château avait été disposée pour accueillir un bal. Les militaires qui savaient jouer de la musique jouaient de la musique. Les instruments avaient été trouvés sur le tas dans le château. Tout était déjà en marche lorsque la compagnie Créole arriva. On pouvait également se promener au niveau des remparts, scrutant l'horizon. Là, quelques amourettes avaient lieu. C'était peut-être l'une des rares occasion qu'ils avaient pour passer un moment romantique avec une femme.

- Alexander ! Je suis heureux de te revoir.

- Streisand ! Plaisir partagé.

L'officier et son subalterne discutèrent pendant quelques minutes autour d'une table où étaient disposées bouteilles et quelques amuses-bouches. La discussion portait sur le déroulement de la guerre. La situation à Ypres était vraiment critique et la Marine perdait beaucoup de terrain. C'est là que Godwin dit à Mountbatten son souhait d'en finir au plus vite avec Mekiel.

- La quatre vingtième a vraiment du mal en ce moment, et la quatre-vingt-unième n'arrive pas à poser pied durablement dans le secteur. Heureusement qu'on a un pont maritime permanent qui leur amène de nouvelles recrues chaque jour... Là où nous, on en reçoit chaque semaine. Et encore ahah.

- Il va falloir qu'on se dépêche, en effet...

- C'est pourquoi Kimblee a organisé à Briansk une vaste offensive qui commencera d'ici quelques jours. Nous ne sommes pas ici grâce à sa gentillesse inexistante, mais parce que nous devons nous reposer avant d'y participer. Bon, je n'ai pas les cartes tout de suite, mais ça va consister à une grande attaque qui sera menée majoritairement par la soixante-dix-neuvième. Ils fourniront l'effort de guerre principal dans les premiers jours, mais nous serons chargé de l'assaut du quartier général des Hices, que nous avons localisé dans une vallée du massif montagneux de la rive est, l'Abakan.

- Je vois... Donc au final on va jouer un rôle de troupes tactiques, qui au final est la base de la Marine d'élite.

- Exactement. Donc les premiers jours seront plus ou moins faciles pour nous... Nous serons au front, mais dans les zones avec peu de résistance. Par contre, pour l'assaut de leur base, on va s'heurter à pas mal de problèmes.

- Comme ?

- Comme le fait qu'ils sont enclavés dans une petite vallée. On attaquera à partir des sommets, mais du coup on va devoir y aller en ski.

- Ah.

- Et ouais, ah comme tu dis. En ski, utiliser son arme est compliqué et dangereux. Alors on va devoir s'organiser pour que les uns couvrent les autres. Rien que la descente risque de nous faire perdre pas mal d'hommes.

- Pourquoi ne pas y aller à pied ?

- Impossible. Vu les températures et les témoignages des habitants, dans cette zone il y a beaucoup de verglas. Aussi, les pentes sont très pentues. Si on y va à pied, beaucoup risquent de glisser et de se casser des membres. En ski c'est plus facile apparemment. C'est plus ou moins lisse comme piste... Mais bon, c'est pentu. Il y a à quelques endroits des sapins, alors nos hommes pourront s'abriter derrière et répliquer avec les fusils.

- Oui mais bon... Il n'y aura pas de réelle riposte.

- Tu as raison et j'y ai pensé. On mettra des canons de montagne et des mortiers au sommet pour qu'ils bombardent les positions ennemies avant et pendant l'assaut.

- C'est vrai qu'on n'aura pas l'effet de surprise... Ils vont nous attendre.

- Voilà. Mais bon on ne va pas pouvoir faire un barrage de préparation pendant longtemps... C'est vraiment compliqué d'acheminer des obus en montagne. Mais bon, ça sera déjà ça.

- C'est sûr.

L'officier porta une coupe de champagne à ses lèvres et la dégusta. On voyait très vite les origines sociales des marins. Certains buvaient bruyamment, d'une traite, comme les personnes d'origine modestes ; d'autres - officiers pour la plupart - goûtaient délicatement aux liquides alcoolisés à disposition. Godwin était également de cela. Lui et les règles de conduite de la bonne société, il connaissait.
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Ven 26 Jan 2018 - 19:32

Winter assault

VIII.

Valse au clair de lune.
La petite fête battait son plein dans la pièce principale de Vyborg. La musique était bonne et tout le monde semblait passer un bon moment. C'était une scène plutôt irréaliste, mais peu importait à ces soldats harassés et fatigués. Le plan dévoilé à Mountbatten le faisait plonger dans ses pensées et dans des schémas tactiques, appris sur les bancs de l’École supérieure de la Marine, où il avait fait ses classes, ainsi que sur le champ de bataille. Il se tenait droit, avec son beau smoking gris, regardant sans voir la piste de danse où les officiers faisaient une valse avec les femmes du bataillon. Verre de champagne à la main, il se ressassait aussi des scènes précédemment vécues. Notamment les derniers moments de l'Oberleutnant Ingstad. Dans des situations de tensions extrêmes, l'être humain exhibe les noirceurs de son âme...

- Alex ?

Se retournant, entendant son propre prénom - fait rare étant donné que peu sont les personnes qui le connaisse -, il fut étonné puis sourit à la personne qui l'avait doucement interpellé. C'était Louise. Sans un mot, ils se rapprochèrent et lièrent leurs mains libre de coupes, avant d'effectuer un baiser passionné, en fermant les yeux. Les retrouvailles, enfin. Préoccupé par ses responsabilités, ses obligations et la situation, le Fantôme avait presque oublié sa copine. Pourtant, il avait quelque chose d'important à lui dire.

Alors, la musique s'arrêta et l'orchestre s'apprêta à jouer un nouveau morceau.

- Viens, suis-moi.

Il laissa sa coupe de champagne sur une table et entraîna sa bien-aimée à l'extérieur, derrière les remparts. Personne ne les dérangeait : ils étaient seuls, loin de la foule des grandes salles. Néanmoins, ils entendaient très nettement la musique qui commençait à peine.

- M'accorderas-tu cette danse ? Dit-il, en mettant en genoux à terre, tenant sa main délicate en perçant ses yeux gris pâles.

- Volontiers. Lâcha-t-elle, dans un sourire timide mais franc.

Musique:
 

La valse les entraîna dans une danse légère, douce et délicate où chacun de leurs mouvements s'accordaient dans une harmonie immaculée. Les deux avaient été élevés dans de bonnes familles, même si Louise était plus modeste. Ils paraissaient isolés du reste du monde, et les seules choses les accompagnant dans ce moment étaient la musique et la lune. Cette dernière éclairait les reflets de leurs âmes et faisait scintiller leurs yeux. Rien ne comptait plus que la personne avec qui ils dansaient.

Les pieds s'entremêlaient calmement dans cette danse régie par des codes de beauté propres aux classes privilégiées. Alors, ils se faisaient face. Ils se fixaient en dansant, comme s'ils n'y avaient qu'eux. Leurs cœurs battaient la chamade et personne ne pouvait enlever la magie de l'instant. Ils commencèrent ensuite à accélérer le rythme, enchaînant les pas plus ou moins compliqués. Ils n'étaient pas des danseurs professionnels, mais les soirées mondaines auxquels ils avaient occasionnellement participé les avaient entraînés.

Coula alors une larme sur la joue des amoureux. Sans faiblir, ils suivaient les pas de la mélodie qui dictait ce moment intime et rare. Ils savaient qu'ils avaient de nombreuses chances de mourir. Cette larme concentrait l'horreur et l'effroi qu'ils avaient vu depuis quelques mois. Il y avait peu d'espoir, tous les deux le savaient très bien. Chacun avait de motivations personnelles. Pour Mount, c'était sans aucun doute sa famille. Pour sa chérie, c'était une revanche sur la vie. Sur son passé, qu'elle n'était pas encore prête à dévoiler. Parfois, le temps est nécessaire pour admettre les choses si lourdes qu'elles finissent par hanter ceux qui les portent.

La musique arrivait comme un écho, et soulignait le silence de la scène. Les majestueuses montagnes s'imposaient tout autour d'eux. Mais grâce à la hauteur du château, on pouvait voir à perte de vue. De petites colonnes de fumée s'élevèrent à plusieurs dizaines de kilomètres. Le front était loin, mais elles rappelaient que la guerre était toujours là.

Cette larme trahissait aussi une culpabilité. Celle d'être toujours en vie, narguant ainsi les milliers de morts qui s'étaient battus sous la même bannière. Celle d'être assez fort pour avoir survécu jusque là, les simples soldats survivant généralement moins longtemps. Celle de pouvoir danser dans un cadre magnifique avec un être qui leur était cher, pendant que d'autres en perdaient au même moment.

Dans une union parfaite, ils se synchronisèrent et Louise s'élança vers son partenaire, toujours main dans la main. Elle tomba en arrière et il la rattrapa. Ils se dévorèrent des yeux. Même si cette position était inconfortable pour les deux, ils ne firent rien pour la changer durant de nombreuses secondes. Alors leur tête se rapprocha. Ils fermèrent les yeux et vint un baiser passionné.

Mais rempli de désespoir.

Sans être niais ni froid, cette valse discrète reflétait la dure réalité de la situation. Elle était remplie de mélancolie. Vifs - peut-être vainement -, ils s'éloignaient pour mieux se rejoindre, plus forts. Alors, pendant toute la durée de la mélodie, ils valsaient d'une manière tumultueusement calme. Et puis elle s'arrêta. Plongeant dans ses yeux ténébreux, le Fantôme avait quelque chose à lui demander. Ils étaient là, face à face, dans leur bulle invincible.

- Louise... Je voulais te demander...

Il regarda sur le côté, l'air gêné. Louise le regardait chercher ses mots.

- Voilà. Ça fait quelques temps que l'on se connaît et... Il se peut que...

Une larme coula sur son visage. Rares étaient les fois où il pleurait. La fois précédente était il y a quelques années. Il ne pleurait pas, même lorsqu'il frôlait la mort. Son éducation noble lui avait appris à garder la face coûte que coûte. Mais la seule chose qui pouvait le faire plier étaient les sentiments. Du moins, ceux qui lui restaient, ou ceux qui semblaient lui rester. L'amour et l'amitié étaient les seuls qu'il affichait publiquement. Le reste, il le gardait pour lui. Le poids des responsabilités, son honneur et ce qu'il avait vécu lui empêchait de tout montrer. Alors les gens pensaient qu'il était froid, à tord.

- Je sais, Alex.

- Bref... Louise.

Il sortir d'une des poches de sa veste un écrin d'une taille moyenne et l'ouvrit solennellement.

- Veux-tu devenir ma fiancée ?
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