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Winter Assault

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Mountbatten
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•• Lieutenant d'élite ••

♦ Localisation : Vindex

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Mer 20 Sep 2017 - 22:28

Winter Assault

I.

Froid glacial.
- Tain on s'les gèle chef... On aurait dû nous envoyer à Ypres...

- Ouais, enfin Float, là-bas on ne serait pas ensevelis sous la neige, mais sous les obus, donc bon.

- Pas faux... mais faut bien râler, laissez-moi au moins ça, chef.

Mountbatten esquissait un sourire léger mais franc. Ce genre de situation arrivait souvent. Le sergent d'élite Float M. Pacific était un bon élément. Il écoutait les ordres sans broncher et avait des résultats plus que bons. Son principal défaut était qu'il la ramenait constamment. Mais après tout, n'était-ce pas le propre des soldats que de râler ? Telle était la vision de la plupart des officiers. Et le Marijoan n'était pas une exception. Lui qui avait grandi à côté des huiles de la capitale mondiale, bien qu'élevé dans une continuelle glorification du Gouvernement Mondial, avait une image légèrement péjoratif des personnes de bas rangs.

Pourtant, il avait commencé presque en bas de l'échelle, en tant que caporal d'élite. Ratzkill avait été un simple marin d'élite. Mais avec les promotions, il était devenu un tantinet prétentieux. Et puis son environnement n'avait pas aidé. Les simples soldats étaient légions et facilement remplaçables. Les sous-officiers l'étaient moins, et la perte d'officiers compétents étaient très souvent un coup dur pour tous. Autant pour les personnes placées encore au-dessus de lui que pour ses hommes, qu'ils avaient appris à respecter et à écouter. S'il y avait bien une leçon que Mount allait tirer de cette guerre, au même titre que tous les autres soldats engagés dans la guerre, c'était que personne n'était irremplaçable dans ce monde.

A une exception près. Au niveau des sentiments. La disparition d'un être chair laissait, le plus souvent, une trace indélébile sur soi. Non pas physiquement, mais au niveau du cœur. C'était comme un vide. Un vide rempli de vide. Rien ne pouvait se mettre à sa place. Il faut du temps pour se remettre d'une chose pareille. C'était la deuxième leçon que les combattants avaient appris. Alors, ils changèrent leurs comportements en conséquence. Ils étaient plus détachés des autres, plus remplaçables que jamais. Mais c'était nécessaire. C'était une guerre où il soldat ne valait rien, une trentaine ne valait qu'un pion dans un gigantesque échiquier.

La température avoisinait les moins quinze degrés. Tout le monde avait des manteaux, plus ou moins adaptés. Le manteau n'était pas compris dans le paquetage réglementaire de chaque soldat. Ainsi, ils durent en acheter auprès des locaux avec leur maigre solde, qui arrivait, le plus souvent, en retard. Et ce à cause du ravitaillement. L'état-major avait décidé qu'investir dans de nouveaux matériels militaires étaient une meilleure décision que de payer à temps des soldats, qui au fond, n'avaient pas une durée de vie très longue. D'autres marins avaient pris dans leurs bagages quelques vêtements. Enfin, certains avaient demandés à leurs familles d'en envoyer. Certains découvraient avec joie de chaudes doudounes envoyées par leurs proches. Et d'autres n'avaient que leurs larmes pour pleurer.

Les plus aptes à combattre dans de telles conditions étaient les troupes arctiques de Tequila Wolf et de Boréa ; ainsi que les troupes de montagne de Sanderr, pour ne citer que les îles les plus connues. Le froid n'était plus un obstacle gênant pour eux ; simplement un paramètre à prendre en compte à chaque instant. Au bout d'un moment ils s'y sont habitués. Leur expertise était si précieuse, qu'à chaque unité était adjoint un groupe de spécialiste des conditions. C'est ainsi que sous les ordres de chaque lieutenants d'élite, il y avait des habitués du climat et du terrain, qu'ils soient de l'élite ou de n'importe quelle autre branche du Gouvernement Mondial.

La quarante-huitième avait été basé, les premiers jours, à Briansk, l'état-major de Mekiel. Les militaires s'étaient basés sur un haut plateau depuis lequel on avait une vue dégagée sur une grande vallée stratégique. Aux premiers jours de la guerre, cette implantation avait servie maintes fois, en témoigne les fossés creusés par les obus, qu'ils soient dans la vallée ou sur le plateau. La vallée était un point stratégique de passage : elle reliait la plaine de Malmö, une grande plaine fertile où de grandes quantités de nourriture étaient produites, à la grande ville de Narvik, prise par la Marine après d'âpres combats.


Le quartier général avait décidé d'envoyer la division d'élite entière s'occuper du front sud de Mekiel, celui qui touche à son extrémité sud la capitale des vindexois, fortifiée jours après jours. Les militaires, les habitants, tout le monde était mobilisé à la défense de la ville. Pour le généralissime Theid, Ypres était sa dernière carte. Mekiel allait tomber, ce n'était qu'une question de temps et il le savait. En revanche, dans le secteur rural d'Ypres, c'était tout l'inverse. Les Kriegers - le surnom des soldats du secteur - avaient un avantage certain sur la Marine. La campagne s'était transformée en un gigantesque champ de bataille. Il n'y avait plus d'herbe, que de la terre labourée par l'artillerie. Une terre sur laquelle de nombreux soldats se décomposaient, aidés par les vers et les rats.

Avec cette guerre de position, les vindexois avaient rapidement pris l'avantage. Les marins avaient eu beaucoup de mal à débarquer et le ravitaillement était extrêmement compliqué. C'était un enfer pour les troupes du Gouvernement Mondial. En face, le moral tenait bon. Les soldats défendaient leur patrie avec ferveur, agrémentés par des discours révolutionnaires enflammés tenus dans les tranchées mêmes par les corps francs de la Révolution. Contrairement à leurs ennemis, ils avaient des vivres, des lettres de leurs proches, des cigarettes ou encore de l'alcool en abondance pour tenir le coup.

- Pour l'instant, le front principal d'Ypres est gagné et la Marine recule. Mais lorsque Mekiel tombera, deux divisions de la Marine iront directement leur prêter main forte au nord et à l'ouest. Nos troupes risquent l'encerclement... Il faut absolument trouver une solution.

- On la trouvera.

Le ton ferme de Nelson D. Theid imposait le respect dans la salle des opérations d'Aldebaran. Là, autour de lui, tous les grands pontes de l'armée vindexoise étaient réunis pour décider du futur de la guerre. Lors de la formation militaire de tous, une notion avait été effacée de leur cerveau. Le défaitisme. La défaite de Vindex n'était pas possible. Elle n'était pas envisageable. Elle n'était tout simplement pas pensable. Sous peine de passer pour un traître. Mekiel allait tomber. Mais il fallait absolument que les Hices, les combattants arctiques, résistent le plus possible pour infliger le plus de perte aux marines. Surtout chez les officiers, car les hommes de bas échelon étaient remplacés presque immédiatement. Les bons officiers étaient rares. L'ordre avait été donné à tout le district. Il ne manquait plus qu'à le mettre en oeuvre. Les officiers étaient les cibles numéro une.

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Mountbatten
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Ven 22 Sep 2017 - 19:58

Winter assault

II.

Echange glacial.
Un bruit sec résonna à la porte de la salle des opérations de la Marine. Mountbatten toquait.

- Entrez.

La porte s'ouvrit lentement mais d'un geste sûr. Le regard dur du lieutenant d'élite défia celui des autres officiers de la salle. Un par uns, les lieutenants, qu'ils soient de l'élite ou de la régulière, étaient appelés afin de leur distribuer les tâches dont ils devaient s'acquitter. En face, les deux grandes personnalités de ce front décidaient en majorité des missions qu'ils distribuaient. Il y avait tout d'abord le commandant d'élite Fujimi, responsable de la quarante-huitième division d'élite, et la contre-amirale Nishi Kanjiro, réputée pour sa grande force au combat. En revanche, c'était tout l'inverse en ce qui concerne sa patience et sa minutie. Grande cheffe, mais piètre tacticienne, le défi à relever pour les hauts-gradés de cette pièce était de calmer ses ardeurs et ses volontés au niveau stratégique. Elle proposait des placements catastrophiques... preuve de son incompétence.

- Voici le lieutenant d'élite Mountbatten.

Le lieutenant-colonel Fidjr, en charge de la présentation des nouveaux venus, lui ouvrait la voie vers la table stratégique. Toutes les autres personnes le saluèrent verbalement ou physiquement, à l'aide d'un hochement de tête ou d'un garde-à-vous concis. Toutes, à une exception près. Kimblee le fixa, sans un mot, sans un geste. Le courant passait mal entre le supérieur et le subalterne. Leurs personnalités n'étaient pas si éloignées que ça ; mais leurs valeurs si. Certains remarquèrent ce petit détail fâcheux, et en premier lieu l'intéressé qui ne manqua pas de noter cette énième attention mesquine de la part de son commandant.

- Lieutenant, votre mission sera de conquérir cette région.


- C'est une région montagneuse où vous risquez d'avoir du mal à progresser. C'est pourquoi vous embarquerez avec vous une section d'élite entière de Boréalins.

- Faites attention, beaucoup de nos gars se sont fait avoir par le réseau troglodyte qu'utilisent les vindexois.

- Ah, et vous risquez d'avoir à apprendre un nouveau sport.

- Comment ?

- Le ski. Au vu des pentes et du terrain, le ski est un moyen rapide pour nos troupes de se déplacer. Les Hices s'en servent régulièrement, et ce, même au combat. Vous allez devoir apprendre, ainsi que vos hommes, à en faire. Et ne prenez pas cela comme un jeu : c'est une tactique militaire qui pourrait bien pour avantager. Vous nous remercierez plus tard pour l'idée.

- J'espère...

- Bonne chance.

Ce souhait glacial avait été envoyé par Kimblee, qui n'avait pas ouvert la bouche depuis l'arrivée du Fantôme. Un "bonne chance" plein d'ironie. Un "bonne chance" satirique, qui laissait penser à tous qu'il lui souhaitait tout l'inverse. Les deux hommes se défièrent du regard, jusqu'à ce que Fidjr brisa ce blanc gênant qui s'était installé.

- Vous devez partir immédiatement pour soutenir l'offensive principale, qui tente de supprimer la poche de résistance vindexoise située sur la rive ouest du Cataracte... Bien. Je pense qu'on a tout dit...

- Tu peux disposer.

L'ordre assassin ne fit qu'envenimer une situation qui en devenant presque insoutenable. Mount tourna les talons et ferma la porte avec vigueur. Il n'était pas énervé. Mais il avait bien l'intention de prouver à cet ignoble personnage ce dont il était capable. L'affrontement direct avec un supérieur ne servait à rien. Cela lui vaudrait une dégradation, voire pire. Alors qu'un duel indirect était bien plus fin et, peut-être, plus savoureux à mener.

La région en question était située en plein milieu du Kirov, ce massif montagneux réputé pour être le plus grand de Mekiel.

Mais aussi le plus dangereux.

En effet, ses pentes sont parmi les plus vertigineuses de Grand Line. Les férus d'alpinisme et de sports d'hiver s'y régalent, malgré la faible présence d'infrastructure adaptées. Parfois, le défi personnel est plus important que la dangerosité de la tâche, pour certaines personnes. Là-bas, la population vit dans de petits villages perchés en altitude, qui vivent principalement des ressources sylvestres et minières. Des réseaux de grottes se sont mis en place aux fils des siècles, transformer certaines montagnes en terrain de jeu favori des petits vindexois de la région. Inutile de préciser qu'ils allaient se révéler avantageux pour les soldats locaux.

La compagnie Créole, association de l'unité des lieutenants d'élite Ratzkill et Mountbatten, avait perduré depuis la campagne d'Isthme. En travaillant ensemble, ils étaient plus efficaces. La compagnie était officiellement sous la direction du Marijoan ; mais dans les faits, ils dirigeaient ensemble. A cette compagnie s'ajoutait une section de marins d'élite issus de Boréa. Avec eux dans la compagnie, nul ne doutait de la redoutable efficacité du groupe.

C'était à peu près trois cents soldats qui quittèrent le quartier général. Un quartier général où se reposaient tranquillement certains gradés, pendant que la compagnie Créole avançait, inexorablement, dans le blizzard, phénomène climatique récurrent à Mekiel. Leurs pas s'enfoncèrent dans la neige, parfois profondément. Puis, lorsqu'ils enlevèrent leurs pieds, ils ne voyaient déjà plus la trace qu'ils étaient censés laisser après eux. Leur visibilité était faible, très faible. Les conditions étaient mauvaises, et les Boréalins n'avaient pas manqué de le faire remarquer au duo. Mais leur mission était d'une importance capitale : les renégats pourraient, à tout moment, tenter de prendre par derrière l'offensive.

Après quatre jours de marche éprouvantes, après avoir découvert le Kirov et le blizzard habituel de la région, ils arrivèrent, à peu près, à l'endroit indiqué sur la carte. Le paysage était à couper le souffle. Face à eux, les pics se succédaient. Abrupts, bruts, solides, ces monts enneigés étaient bien plus dangereux que ceux de Boréa. Le soleil illuminait faiblement le ciel ce matin-là, sur le Kirov.


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Ven 13 Oct 2017 - 18:00

Winter assault

III.

Un week-end au ski.
- Lieutenant, il va falloir qu'on apprenne à tout le monde comment skier...

- Ahhh... Oui c'est vrai, j'avais complètement zappé. Mais... vu la pente... tu es sûr qu'on peut apprendre dans de telles conditions ?

- Boarf, vous savez lieutenant, entre une cheville cassée et un crâne cassé, y'a pas photo.

- Sauf qu'on peut aussi se casser le crâne sur ces rochers...

En effet, de nombreux blocs de pierre troublaient les flancs enneigés des montagnes. Des irrégularités qui pouvaient bien être fatales à tous ces apprentis skieurs. Et ça, leur chef le savait.

- Ratzkill, il n'y a pas une zone moins pentue pour apprendre aux hommes le ski ?

- A vrai dire... Pas vraiment. Pour en trouver une, il faudrait marcher... au moins... quatre jours de plus.

- Et on n'a pas vraiment le temps... Bon. Et bien on va faire avec. Les médecins de la Brigade Scientifique ont-ils ramenés des brancards... genre luge ?

- Euh... Ouais ils ont ça.

- Parfait. Y'a plus qu'à.

- Y'a plus qu'à.

L'entraînement fut... catastrophique. Chaque seconde un soldat valdinguait dans la neige glacée. Un joyeux spectacle qui amusait les Boréalins, qui s'esclaffaient dans un bonheur palpable. Même les gradés de la compagnie étaient obligés de s'y mettre. Et Mount le premier. Lui qui détestait les sports de glisse. Il arrivait cependant à tenir debout, mais n'était pas assez confiant pour aller aussi vite que ses instructeurs. Il connaissait ses limites, et ne les dépassait pas. Il avait besoin de s'entraîner avant d'aller à de telles vitesses.

Soudain, l'ambiance fut plus froide. Glaciale même.

Le premier blessé.

Le marin en question s'était dirigée vers un de ces gros rocs, qui avaient été signalés et balisés au préalable. Ils n'avaient pas su changer sa trajectoire, ni son allure, malgré les ordres des professionnels. Un accident, qui mit sa vie en danger. Les médecins se dépêchèrent pour lui porter secours, à l'aide de quelques moniteurs et soldats qui se trouvaient non loin du lieu de la collision. Désormais, tous avaient en tête ce qui lui était arrivé. Ils étaient plus assidus, plus concentrés, mais moins enthousiastes.

Nonobstant ce fâcheux incident, la journée se passa bien. Le blessé s'en sortit, en dépit du fait qu'il ne puisse combattre avant quelques semaines. Ce qui le rendit maussade devant ses supérieurs et ses infirmiers, mais qui le remplit de joie intérieurement. Il avait eu beaucoup de chance. Au vu de la pente et de la taille des blocs de pierre, un autre accident aurait vite fait de tuer l'hypothétique malheureux. C'était pour cette raison précisément que d'autres n'eurent pas le courage de tenter l'expérience pour éviter les combats, de plus en plus dévastateurs et intenses.

Les vindexois avaient la hargne. Ils défendaient leur mère patrie coûte que coûte. Leur acharnement était très meurtrier dans les rangs de la Marine. Ce sentiment patriotique était galvanisé par les prédicateurs révolutionnaires, qui haranguaient de beaux discours, courts pour la plupart, mais terriblement efficace sur ceux qui n'avaient pas la présence d'esprit de voir que ce n'étaient que des balivernes. Face à un mélange explosif de troupes patriotiques et connaissant parfaitement le terrain et des corps francs révolutionnaires menant une guerre militaire et idéologique, les pauvres marins tombaient comme des mouches sous le feu, sous leur fureur.

A côté de ça, la compagnie Créole avait l'air de s'amuser, à en oublier la guerre.

Au bout de deux jours d'entraînements intensifs, en plein Kirov, la compagnie était prête à réellement partir au combat. Un campement de fortune avait été dressé pendant tout ce temps, rudimentaire. Les conditions étaient plus qu'extrêmes, avec une telle température et un tel terrain. Fait notable, aucun accident n'était à déplorer. C'était dû à la rigueur et au sérieux des marins d'élite. Ils le sont par définition, mais la guerre de Vindex - ou du moins ce qu'ils avaient connu jusque là - les avaient endurcis. Ils s'étaient résignés au final. Et faire du ski était toujours plus agréable que prendre une balle, comme les milliers de marins qui furent mis hors de combat.

Il était temps pour eux de mettre en pratique ce qu'ils avaient appris sur les quelques pentes enneigés où ils avaient passé du bon temps. Ils dévalèrent les montagnes du Kirov en skiant. Plus d'une centaine de skieurs slalomaient sur la piste blanche, évitant tous les obstacles. Pendant ces quelques jours d'apprentissage, ils n'avaient pas flâné. Le combat alpin était une chose si différente du combat en bataille rangée, dont ils avaient l'habitude. A Briansk, on l'avait prévenu : il fallait utiliser le ski comme technique de combat, et cesser de le voir comme un loisir, un sport.

La progression fut lente malgré tout. Il fallait sans cesse enlever ses skis et les mettre dans son dos lorsqu'il fallait gravir un terrain. De longues colonnes de marins se formaient alors, dans le blanc immaculé de la neige. Les conditions météorologiques leur étaient favorables ces jours-là. Le soleil réchauffait timidement les soldats.

Le temps de souffler, Mountbatten réunit les gradés de la compagnie pour leur exposer son plan, en tenant en l'air une carte.

- Comme vous le voyez sur la carte, nous sommes en territoire ennemi. Mais le problème, c'est qu'on ne les voit pas, à cause de la superficie et de la topographie. Une idée ?

- C'est vrai que ça fait quelques jours qu'on avance, mais on ne voit rien...

- C'est louche.

- Pourtant, lorsque nous allons sur de hauts sommets, nous devrions pouvoir déceler de la fumée, des campements, des mouvements de troupes...

- Je ne comprends pas non plus.

- Ah... Je me souviens d'un truc que m'avait dit un soldat sur la route. Les Hices utilisent un réseau troglodyte utilisé par les habitants. Il permet de relier des villages paumés à travers la montagne.

- Bien ! Mais... Il faut encore qu'on trouve des villages. Mekiel est si mal cartographiée... Surtout dans le Kirov. Et je n'ai pas envie qu'on fasse marcher nos hommes pour rien.

- Je suis d'accord.

- Comment faire ?

- Si on ne peut pas les trouver parce qu'ils sont cachés... Hum... Laissez les nous trouver avant ?

- Leur tendre un piège ?

- Exactement ! On trouve un endroit dégagé, on établit un campement et on y met une section. Les autres seront cachés et attendront une attaque de la part des vindexois. Ensuite, on pourra retrouver le réseau troglodyte et, enfin, pouvoir les combattre efficacement. Nous sommes sûrement allés trop vite dans la conquête de la région, et ils n'ont pas pu nous attaquer entre-temps. Alors laissons leur l'occasion de leur vie, et tombons leur dessus.

- Bien reçu.

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