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Main basse sur le ring

William Burgh
William Burgh


Feuille de personnage
Dorikis: 2815
Popularité: 51
Intégrité: -21

Mar 3 Mar 2020 - 23:13

Les rames poussaient lentement la barque vers l’embarcadère. Les six hommes à son bord étaient à bout de force après plusieurs jours de navigation. William synchronisait ses mouvements sur la cadence générale. C'est lui qui avait donné l'ordre de rallier Las Camp. Ils ne tarderaient pas à toucher à leur but. Le jeune homme avait en tête de recruter de nouveaux hommes pour l'équipage et de se procurer de quoi réparer le Vestan, qui avait souffert de dommages terribles en mer. Le capitaine en devenir avait voulu attendre la nuit pour poser un pied à terre, dans un port annexe, proche des bas-quartiers de la ville. L'embarcation finit enfin par toucher le ponton et ils se dépêchèrent de l'amarrer. Déjà un homme sortait de la capitainerie. Le jeune artilleur interpella Tubbs, l'un de ses hommes les plus fidèles pour aller au devant et payer la taxe avec les économies qu'ils avaient emporté. Ils descendirent du bateau pendant que le flibustier s'acquittait des formalités. William ne voulait pas faire de remous avant d'être à bord de son navire. Il regarda les trois anciens soldats de la Marine qu'ils avaient capturé pendant l'affrontement naval. Il les avait emporté à ses côtés pour garder un œil attentif sur eux. Il voulait les tester en utilisant leur connaissance de l'île pour satisfaire ses désirs. L'officier de ponton finit par s'éloigner et le jeune homme s'adressa à ses hommes.

"Tubbs, tu fermes la marche avec Boris. Moi j'ouvre le pas avec le meneur de bande."

"Bien capitaine."

L'ancien soldat réprima un soupir et le jeune artilleur ne releva pas. Ils semblaient bien indisciplinés pour des anciens militaires. Ils répondaient respectivement aux noms de Grith, représentant officiel des traîtres, Bunes et Santos. Ils suivirent leur chef qui commençait à s'aventurer dans les rues de Las Camp. Depuis que la ville avait été pacifiée, le pavé avait retrouvé une certaine animation, même dans les quartiers les plus défavorisés. Il faudrait s'enfoncer profondément pour trouver la vermine qui se terrait sur l'île.

"Grith, ouvre le chemin. Emmène moi là où je peux trouver des hommes."

"Bien sûr, capitaine."

La docilité de l'ancienne mouette fit aussi bien tiquer le jeune homme que ses homologues. Ils se contentèrent néanmoins de bêtement suivre la troupe alors qu'elle s'engageait au milieu des habitations. Les stigmates des affrontements étaient encore visibles. Des bâtiments étaient encore en pleine reconstruction et des impacts de balles marquaient certaines façade. Le traumatisme n'étant pas loin, il valait mieux ne pas faire trop de vagues. Ils s'enfoncèrent plus profondément dans les quartiers et les passants se firent de plus en plus rares. L'atmosphère malsaine semblait s’intensifier à mesure qu'ils progressaient. Ils finirent par déboucher sur une place de taille modeste. Des magasins occupaient un côté de la rue, tandis qu'une petite fontaine trônait au centre de l'endroit. William remarqua immédiatement le groupe de personnes qui discutaient devant l'entrée de ce qui semblait être un entrepôt. Les pirates s'approchèrent doucement, convaincus que leurs interlocuteurs se trouvaient en face d'eux.

"Paraîtrait qu'le Sozen est de nouveau sur pieds!"

"L'a bien foutu l'bordel par ici c'ui là!"

"Me l'fais pas... Hé, qu'est-ce qu'vous foutez là vous?"

Les hommes qui montaient la garde près de l'entrepôt n'avaient pas tardé à remarquer la présence du groupe. Voulant s'introduire, William s'avança de quelques centimètres. Des armes jaillirent des manteaux de tout les malfrats qui se trouvaient à proximité. Le jeune artilleur ne poussa pas sur sa chance et s'arrêta d'avancer. Il jeta un regard à l'adresse de Grith, qui ne pouvait pas contenir son air sarcastique en voyant la haine apparaître sur le visage du jeune homme.

"V'z'êtes qui d'abord?!"

"Ferraille. Pas besoin d'en dire plus."

Les deux vigiles se regardèrent et partirent dans un fou rire. Le temps qu'ils se calment, un homme avait surgi du groupe, encore en pleine discussion quelques minutes plus tôt. Le port droit, de vieilles cicatrices émaillant son visage. Il dégageait une aura qui éclipsait immédiatement celle des autres larbins. Les anciens soldats tressaillirent en voyant ce nouvel arrivant. William comprit alors quelle manigance avait pu être jouée. C'était prévisible, il avait pris ce risque en les emmenant comme guide.

"Ferraille? C'est pitoyable comme nom. Tes parents manquaient d'inspiration, jeune homme?"

Le jeune homme serra doucement ses poings. Déjà le dogue donnait ses ordres pour encercler la troupe de flibustiers. Tubbs et Borris restaient en état d'alerte. Mais sans armes à feu, ils ne faisaient pas le poids contre leurs antagonistes. William se donna donc la peine de répondre. Mieux valait éviter l'affrontement frontal et privilégier la diplomacie.

"C'est le nom du capitaine des Poudres Rouges. Je cherche des hommes et du matériel pour réparer mon navire. J'imagine à votre réaction que vous trempez dans le crime. On peut probablement trouver un terrain d'entente?"

"Pirates? Révolutionnaires? Ou juste des pouilleux qui se sont attaqués à plus gros qu'eux? Vous pensez que vous pouvez faire affaire avec monsieur Van Dongen comme ça?"

Van Dongen? William n'avait jamais entendu ce nom. Sûrement une pointure locale, qui dominait une certaine partie du marché illégal sur l'île. Probablement sous une couverture légale ou avec l'association des soldats de la Marine. La corruption avait eu tendance à se généraliser dans les rangs de l'institution au cours des dernières années. Il voulut tirer son épingle du jeu, essayant de se sortir de la situation dans laquelle les anciennes mouettes l'avaient mise. Il montra la mallette remplie de berries qu'il portait avec lui depuis son arrivée sur Las Camp.

"Dix millions de berries, pour les hommes et le matériel. C'est tout ce que j'ai à vous offrir.

L'homme de main haussa un sourcil en entendant la somme que contenait prétendument la valise. C'était une sacrée somme dans les mains d'un gueux. Il réfléchit rapidement à un moyen de récupérer cet argent avec le meilleur taux de profit. Oui, ils conviendraient parfaitement à la tâche.

"Je ne peux pas te faire confiance comme ça. Je suis Bartholoméo Rubben, c'est moi qui trempe les mains dans le linge sale et qui estime si on peut faire confiance aux crasseux qui se pointent ou pas. Tu as un moyen simple et efficace de gagner ma confiance, en respectant certaines conditions. Les combats clandestins."
William Burgh
William Burgh


Feuille de personnage
Dorikis: 2815
Popularité: 51
Intégrité: -21

Ven 10 Avr 2020 - 22:18

Il ne fallut pas longtemps aux hommes de Ruben pour passer les fers aux poignets des hommes de William. Il se sentait idiot d'avoir suivi les anciens marins et il n'avait pas forcément tort. Tubbs et Boris restèrent stoïque. Ils en avaient vu passer, des crapules de ce genre-là. Les trois ex-soldats, en revanche, avaient perdu de leur contenance. Ils ne s'attendaient probablement pas à faire partie du marché. Les malabars qui encadraient le second de Von Dongen leur couvrirent la tête et les emportèrent avec eux sans plus tarder. Rubben jubilait presque. Une bande de pigeon s'était jeté dans ses bras, sans qu'il ait eu besoin de faire quoi que ce soit Il se tourna vers celui qu'il connaissait simplement sous le nom de Ferraille.

"J'aime prendre des garanties."

Ils masquèrent également la vue des flibustiers et les emportèrent à leur tour. On les fit marcher pendant quelques dizaines de minutes. William était bien incapable de se repérer et c'était d'ailleurs là tout le but de la manœuvre. Il employa ce temps à réfléchir à la situation. Rubben n'était pas le genre d'homme qu'on dupait facilement. L'artilleur devrait suivre ses directives pour échapper au plus vite à son emprise. Encore qu'il n'était pas sûr que la promesse serait tenue. Dans ce cas de figure-là, il n'hésiterait pas à employer la force pour obtenir ce qu'il désirait. Mais pour l'instant, il allait se contenter de jouer dans les règles. Pour autant qu'on puisse appeler ça comme ça.

"Foutez la feraille à l'écart. Il se bat demain."

William sentit une main l'attraper par les vêtements et on le jeta au sol sans plus de cérémonie. Il sentit quelqu'un s'approcher mais il ne se braqua pas. Le mafieux arracha le sac de jute qui lui recouvrait la tête et le fixa avec un regard dur. Il était agenouillé au dessus du jeune homme qui ne tiquait pas. T'es pas le premier à te croire au-dessus de moi, mon vieux.

"A partir de maintenant, tu vas fermer ta grande gueule et tu vas faire ce qu'on te dit. Montre-toi docile et on t'accordera peut-être des choses."

Il se releva et sortit de la cellule d'un pas assuré. La pièce était plus grande que celle qu'avait occupé le jeune homme durant ses péripéties au sein de la Flaque. Il n'allait certainement pas se plaindre du manque de confort. Il se leva et se dépoussiéra, avant de s'allonger sur sa couche. Il n'avait pas reçu de consignes pour le lendemain. Il supposa qu'on voulait voir ce qu'il avait dans le ventre avant de mettre des pièces sur son dos. Il s'endormit la conscience tranquille, ses tournées pensées vers Sariah, qui l'attendait tranquillement avec le reste de l'équipage.

"Allez debout!"

Un seau d'eau accompagna les paroles. Surpris par ce réveil brutal, William se dressa comme un piquet sur son matelas. Le garde ricana et ouvrit la porte, son gourdin à la main. L'artilleur n'aurait eu aucun mal à lui briser le bras et à récupérer l'arme. Il l'aurait probablement fait d'ailleurs s'il n'avait pas remis les choses en perspective. Il se laissa docilement accompagner au travers des couloirs de pierre. De l'eau filtrait ça et là entre les pierres, comme s'ils s'étaient trouvé sous une source. Des torches s’espaçaient de quelques mètres, fournissant une lumière ténue aux lieux. Au final, ils débouchèrent dans ce qui pouvait ressembler de plus près à une salle d'entraînement. Un ring modeste traînait au milieu de la pièce. Des sacs de frappe, occupés par des bourrins en manque de testostérone, pendaient aux solides poutres qui solidifiaient le plafond. Le garde qui accompagnait William le poussa vers deux hommes. Bartholoméo Rubben se tenait près d'un homme qui tenait tout du boxeur professionnel. La carrure, les cicatrices et la mine patibulaire.

"C'est c'gars-là ton coup sûr Rubben?"

"T'occupes Mick, il me dois des choses."

"J'tai déjà dit de régler tes affaires hors de mon ring!"

"C'est toi qui le paye, ton petit ring de merde, Mick?"

L'entraîneur ne répondit pas, serrant les dents. Impassible, William patientait en les regardant. Mick fut le premier à se tourner vers lui. Rubben s'éloigna, satisfait d'avoir su imposer sa volonté. Le boxeur grogna plus qu'il ne parla au jeune homme.

"T'attends quoi? Monte sur le ring!"

L'artilleur ne se fit pas attendre et grimpa dans l'arène pendant que le coach appelait un de ses apprentis. Un homme d'une trentaine d'année, avec des épaules de charpentier et une gueule à repousser les morts. Ferraille ne sourcilla pas et lança un regard circulaire. Rubben attendait plus loin, son regard fixé sur lui. Je vais t'en donner à voir, t'ouvriras moins ta gueule. Son adversaire monta à son tour entre les cordes. On jeta des gants à William qui commença à les enfiler. C'est ce moment là que choisit son adversaire pour lui asséner un énorme coup de poing. Le jeune homme tomba sur ses fesses, rebondissant à peine sur le sol de bois.

"J'vais l'découper vô't gars m'sieur Rubben!"

"Ferme ta gueule Larry et concentre toi!"

"Tu joues un peu au con, Larry."


La gueule-de-mort se retourna aussitôt pour voir le poing de William s'écraser contre son nez. Un uppercut lui décrocha quelques dents et l'endormit plus efficacement que n'importe quel somnifère. Mick restait stupéfait sans en dévoiler trop. Le jeune homme fixa Rubben en enlevant ses gants. L'entraîneur se tourna à son tour vers le mafieux.

"Celui-là, il va valoir de l'or."

Dix millions, mon pote. Sans intérêt et sans frais supplémentaires. Le regard de l'artilleur se détourna alors pour se poser un peu plus loin. Un homme plus discret que Rubben se tenait dans son sillage. Il avait observé la scène avec une attention qui ne pouvait traduire qu'une seule chose: l'ambition.
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