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 « Élève des corbeaux et ils t’arracheront les yeux. »
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Kiril Jeliev
Donneur de cailloux
☭ K ☭

♦ Localisation : Paumé sur Nebelreich
♦ Équipage : L’Équipage

Feuille de personnage
Dorikis: 7262
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Intégrité: -430

Dim 27 Jan 2013 - 22:15

L’repas d’famille.

Kiril ceci, Kiril cela. Kirisque de s’barrer tout le monde s’en fout, hein Papa. J’étais assis sur la siante à mépriser tout ce que j’avais accomplis, les efforts que j’avais fait pour ne pas en arriver là, justement. Assis sur cette chaise en bois qui grinçait à chaque fois que j’me réajustais. Regardez avec qui je partageais le repas, mes parents. Le repas ? De la soupe froide, aussi froide que leurs deux visages cherchant à comprendre ce que leur fils supposé Lieutenant foutait encore chez eux. Ça faisait bien longtemps que je n’étais plus Lieutenant le vioc… M’appelle plus comme ça…


Mon père est le père dont personne ne rêve mais que tout le monde a, au fond. Regardez-le, il devait avoir une soixantaine d’année aujourd’hui mais ni son visage ni ses cheveux n’avaient changé. Il avait toujours ce regard féroce, ferme presque dur et cette barbe dont il ne se lassait jamais, je crois. Il se délectait de la soupe de ma mère lentement, il l’avait toujours adoré. Il aimait le silence aussi. C’est vrai que j’en parle souvent en mal mais sa grande spiritualité, je l’admirerais jusqu’à la fin de sa vie… ou de la mienne.

Apparemment il avait réussi à se hisser en haut de l’administration du village et le connaissant je savais qu’à la moindre erreur de ma part, le moindre faux pas, la moindre agression dans sa ville, il ferait tout pour me foutre dehors. Alors bien entendu j’avais fait des erreurs, fait des faux pas et avais commis des agressions. Mais rien à faire, il avait surement sentit que je cherchais à le provoquer. J’aimais mon père. Du moins je crois que je ne le détestais pas.

Ma mère, je ne savais jamais quand elle était présente. Peut-être que tout simplement, elle ne l’était jamais. C’était le genre de femme absente qui acquiesçait tout ce que son mari disait, qui savait pertinemment qu'il était bien loin d'être le meilleur des hommes mais qui ne disait rien. Elle avait perdu la parole, la pauvre. Où pensez-vous que j’avais appris à foutre des mandales ? Qui pourrait être mon modèle ? C’était lui. Papa, à défaut de n’avoir jamais bu une goutte d’alcool, il frappait nerveusement : maman, moi, maman, maman. Souvent maman, en fait. Il lui avait volé les traits de son caractère, il lui avait volé les sentiments qu'on ressentait quand on était humain. Oui, j'avais l'impression qu'elle l'était plus. Elle avait perdu la parole. Je me demandais même si elle l’aimait. Pas lui en tout cas. S’il savait faire des pâtes, y a bien longtemps qu’il se serait barré.

Mais elle persistait, elle restait à ses côtés bien que ce soit la personne qui lui avait fait tout perdre, elle se disait qu’il pourrait un jour lui rendre. Je pense qu’elle n’était devenue qu’une folle ridée et oui, bonne qu’à faire de la soupe froide et des pâtes. Il ne mangeait rien d’autres. Il ne consommait pas d’alcool, n’avalait aucune viande, rien. Pourtant son corps était mieux que le mien et ça, malgré les années qu’il collectionnait.

Kiril ceci, Kiril cela. Kirils’marre, t’avais pas changé l’ancien et père, tu l’étais devenu trop tard. J’avais fini ma soupe, l’assiette était sale mais je ne la lavais pas. La vieille allait pas se plaindre, elle allait le faire. Et le vieillot ne me prêtait aucune attention, comme d’hab. Son indifférence et ses gestes coordonnées qu’il répétait chaque jour m’foutaient la gerbe. J’voulais m’barrer mais j’avais pas un radis. Que dalle. Pas de thune que j’dis hein… Mais j’allais quand même au rade du quartier pour mêler mes larmes à un verre de cognac. J’déconne, c’est pour l’émotion, hein. J’chialais pas, j’étais pas tocard.

Au bar y avait une vitrine avec le nom de tous les grands buveurs qui y étaient passé. On reconnaissait bien la ville de bouseux rien qu’à voir comment le piollier s’occupait d’ailleurs… C’est là que je l’avais vu. « Rosita », la topette d’un longé. Vous allez me dire, une topette c’est une topette ! Mais celle là, d’après l’écrito, elle était en cristal.

Rosita était le prénom de la radasse qu’il avait rencontré s’étant saoulé pour la première fois avec le whisky qu’y avait dans le récipient. Il m’la fallait absolument. J’regardais le piollier, il m’regardait, j’regardais la topette, il m’disait « non » d’la tête. Comment ça non ? J’avais encore rien dit, mec ! Bon. Disons que c’était pas important, je me replongeais dans mon verre de sky. J’le buvais d’une traite en repensant à la gueule de mon vieux puis j’en demandais un autre.

Le mec se retourna et en une fraction de seconde je lui foutu un coup avec le côté plat de la main dans le cou. Déséquilibré, il s’appuya au comptoir et j’en profitai pour lui donner une gifle puis prendre son menton avec deux doigts pour que son regard soit face au mien. C’était un tocard aux cheveux presque blancs et la peau desséché, j’pensais pouvoir affirmer qu’il était plus vieux que mon paternel alors je le laissai. L’intérêt de faire ça Kiril ?

J’étais en train de devenir un putain de dingue sans couilles comme l’était mon père… Puis j’me rendais compte que j’faisais référence à lui presque tout le temps… C’était ma comparaison. Mon idéal peut-être. J’avais honte. J’finirais dans les bureaux à faire des avions avec du papier tous les jours tu penses ? Ou j’subirais que’que chose puis j’perdrais mon expression d’connard et deviendrais un fantôme comme ma mère ? Bizarrement, ces deux personnes là, quand je pensais à elles, j’avais pas envie de me dire que j’ai pu les aimer un jour. J’avais pas envie de les remercier d’m’avoir donné la vie. Pas parce qu’elle pue la merde, non, mais parce que j’avais trop de fierté pour m’abaisser à ce genre de choses. J’avais envie de me dire que si j’en étais là c’était grâce à moi et par ma faute en même temps.

Le bar se vidait, j’tenais toujours le col du patron. Quand j’m’en rendis compte j’le lâchais. J’réfléchissais puis finalement j’me disais « Non, un connard doit rester un connard » et je lui ai foutu une droite. J’sautai le comptoir, observa la vitrine qui me plaisait et la cassa avec un coup de coude. J’dérobais le flasque en cristal qui devait valoir facilement des millions de berrys*. C’est vrai qu’elle était belle cette connasse. Rosita. Elle devait en envoyer autant la radasse.

Le vieux patron du bar respirait étrangement tiens, l’avait d’l’asthme ? J’me penchais pour voir c’qu’il lui arrivait, son visage était tout rouge … Et il avait un flingue à la main ! BAM ! Il avait tiré sans hésiter. J’avais évité de peu grâce au fait que j’avais remarqué une lumière pas net dans sa manche. Le vieux se relevait, apparemment énervé et m’tendait sa main. ‘voulait le flasque.

J’m’approchais doucement la main gauche côté paume avec le pouce et l’index tenant la topette. Ma main droite derrière moi essayant de discrètement attraper Lana, mon poing américain customisé. L’vieux s’doutait carrément d’que’que chose, mais tant pis. J’m’accroupissais pour mieux resauter en enfonçant une des lames du poing dans l’épaule gauche du piollier. L’coup partit. Pas sur moi heureusement, j’étais trop jeune pour mourir j’pense, mais sur le patron. L’arme était pointé sur mon menton et sans le vouloir j’avais pressionné le flingot contre lui et il avait changé de cible. Les quelques buveurs restant sortirent tous, sûrement pour aller chercher les autorités… Mon père.

* C'est Toji qui m'la dit.


Dernière édition par Kiril Jeliev le Ven 19 Avr 2013 - 19:23, édité 3 fois
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Dim 27 Jan 2013 - 22:17

Une vie d’famille ?

Kiril fait ça, Kiril fait ci. Karil doit s’casser, c’était la priorité. J’avais foutu un souc pas possible au rade et tué le patron pour une putain d’flasque. J’sortais en courant vers … j’savais même pas, n’importe où. Mon premier réflexe était d’aller d’vant ma piaule. Mais à quoi bon rentrer dans ce taudis et m’tenir fièrement d’vant la personne qui me condamnerait à rester au fin fond des catacombes pour l’reste de ma vie ? L’en était capable.

J’m’étais rendu compte que je connaissais rien de cette foutue île. J’avais passé mon enfance enfermé dans une bulle à taper contre un arbre pour renforcer mes poings. Et v’là qu’j’revenais sans connaitre que dalle d’là ou j’venais. Parce que vous savez quoi ? J’accordais pas assez d’importance à mon passé, j’visais toujours plus haut quand j’étas dans la marine. « Caporal ? Hé, c’est de la merde, j’veux être Sergent. » « Sergent, hé c’est de la merde donnez moi cette putain d’étoile. » Jamais j’prenais le temps d’apprécier ce que j’avais fait et comment j’l’avais fait.

C’était pour ça. Retournez ici, c’était retourner presque 10 ans en arrière. J’avais la tête qui m’faisait mal, j’savais qu’on me cherchait et j’étais toujours devant la porte de ce qui était censé être chez moi. L’encarrade s’ouvrit et pour la première fois, une expression sortit du visage de ma mère. Celle de l’inquiétude. Ses sourcils étaient froncés, elle me regardait comme si j’étais en retard.

Viens.

J’avais entendu sa voix. Pas sa voix de femme absente comme je la qualifiais souvent, mais sa voix. Celle qui me berçait quand j’étais péchon. J’entrais, la larme à l’œil. J’avais pas grandit, elle faisait ma taille tiens, elle était belle dans sa robe de campagnarde. Quand j’étais petit, elle l’avait toujours le Dimanche.

On est quel jour aujourd’hui ?

Dimanche.

Tu sais ce que j’ai fait ?

Je sais.

L’est où Papa ?

Tais-toi.

Je la reconnaissais bien, là. C’était elle, là. Mais où étais tu passé après tout ce temps, Maman ? Il t’avait rendu sourde et obéissante. Pourquoi t’étais-tu caché ? Je remarquais son expression changé encore une fois, elle était agacée. Elle me montra la chambre du haut avec réticence puis comme toujours, alla préparer le repas.

Machinalement, je suivis ses instructions et rentrai dans mon ancienne demeure. Depuis que j’avais été mis à l’écart de la Marine et que j'étais revenu ici, je dormais sur le canapé. Jamais il m’était v’nu à l’idée de pénétrer dans cette partie de moi-même qu’était ma chambre. Y avait mes anciens gants de boxes, des branches d’arbres qui se voulaient être des épées, des dessins de la Marine mettant les menottes au tyran… La moquette était bleu, les murs blancs. On avait repeint il y a longtemps, parce j’étais un obsédé de l’ordre.

J’m’asseyais sur le lit à peine confortable. Ça foutait un coup de revoir mes jouets, mes souliers, y avait même le papier où je marquais mes performances. Ça foutait un coup. L’gamin qu’j’étais avait crevé à cause de cette putain d’ambition qu’j’avais. A force de côtoyer les méchants, même si c’était pour les frapper, j’suis devenu comme eux. Un cas social qu’en fait qu’à sa tête.

L’heure tournait et j’restais immobile contemplant l’immense bordel d’la chambre. Un bordel que j’trouvais un peu vide… Vide de sentiments. Des faux souvenirs. Parce que c’était comme si j’me souvenais d’que dalle. Comme si mon inconscient m’forçait à me rappeler que le Kiril que j’suis avait pas toujours existé. J’avais une boule au ventre, j’sentais mon cœur qui battait plus vite et les larmes finirent par couler. Toutes celles que j’avais pas versé, toutes celles que j’avais retenu d’puis 27 ans. J’mets mes deux paumes sur mes tempes, le dos penché et j’commence à être remplit de tristesse.

Mon instant chochotte fut interrompu par deux bruits. Celui d’la porte d’entrée qu’on avait claqué et le cri d’mon père en rage.

RAMENE TOI !!!!!

J’entendais ma mère lui dire que je n’étais pas là et bam, la gifle est partie. J’descendis les escaliers d’un bond pour constater qu’elle était à terre pendant qu’mon père me regardait avec un de ces regards noirs qui ferait pâlir un albinos. Pas le temps de respirer qu’il m’foutu une châtaigne suivit d’un coup de targette dans la gueule. Une dent en moins.

Les coups d’mon père, c’était pas les p’tites beignes que m’foutaient les pivés d’bars le soir. Ses coups m’déformaient réellement la joue le temps d’l’impact pour m’envoyer deux mètres plus loin. J’avais toujours rêvé d’pouvoir foutre ce genre de mandale à quelqu’un, un coup remplit seulement de toute ma force brute qui déglingue le cerveau.

J’étais à genoux, la main droite sur la joue touchée. J’le sentais venir avec ses grands pas qui brutalisaient le parquet. Bim, un coup de pied dans la bobine. Ma tête s’explosa littéralement contre le mur mais l’avait pas fini. Il s’attaquait maintenant à mes côtes en utilisant le plat de sa bottine gauche. J’crachais du sang, j’faisais que ça. Je pouvais pas me défendre, mes membres répondaient pas. J’souhaitais mourir mais pitié, plus ressentir mes os se fracturer à chaque coups. J’finis par m’assoupir à cause de la douleur.



De l’herbe bien verte. Beaucoup de couleurs. Où est-ce que j’étais ? C’était un endroit silencieux rythmé seulement par le bruit que faisaient les feuilles des arbres. La mort ? Le paradis ? C’est bizarre, j’avais toujours pensé que je finirais en enfer. Ça y est, j’entendais un rire. Un rire d’enfant. J’marchais dans l’herbe fraîche et j’me rendis compte que j’avais plus mes groles, ça doit être interdit, ici. Y avait pas d’cailloux, rien de dérangeant à la marche. C’était comme si j’étais sur du sable fin. Et j’le voyais enfin le môme courir dans son jardin. L’avait des cheveux fins, coupés au bol. Châtain. Des feuilles de papiers pliés d’manière à faire des flingots « pow, pow, pow » ‘sont cons ces mioches. J’m’avançais doucement vers lui pour poser ma main sur son crane qui l’englobait facilement.

Le riffle, c’est pour les tapettes, p’tit. Les poings, quand tu fous quelqu’un à terre avec, tu t’sens fier après.

Comme une impression de déjà vu… Le gosse… C’était moi. Et toute ma vie j’ai pensé que c’était Papa qui m’avait dit ça. Mais en fait… C’était moi ? J’étais mon propre modèle…

L’gosse avait posé ces faux flingues et tapait dans l’arbre en chantonnant que plus tard, il serait dans la marine. Il s’faisait mal mais continuait à frapper dans l’Yeuse. J’ai sentis qu’mon enfance s’était échappé au moment où j’m’étais donné ce conseil. C’tait d’ma faute. Quel con.

J’respirais mal. J’avais des maux de têtes. J’commençais à voir flou. Mes genoux étaient à terre, une de mes mains aussi. J’crachais du sang. Du rouge dégueulasse sur du si beau vert. L’herbe disparaissait et se transformait en parquet boisé bordeaux. La couleur du sang. J’levai la tête et vit un punk s’véner et frapper un mec qui l’avait insulté d’alcoolo. Ses yeux étaient noirs, on dit qu’ça existe pas les yeux noirs, mais ses pupilles, elles, elles l’étaient. ‘lui donnait des coups d’castagnettes. C’était encore moi. J’avais perdu toute mon humanité et tout mon bon sens. Merde, j’toussais encore du sang…


Dernière édition par Kiril Jeliev le Dim 10 Fév 2013 - 20:41, édité 1 fois
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Dim 27 Jan 2013 - 22:21

’A plus de famille

BANG.

J’sentis mon dos puis ma tête rencontrer un mur à nouveau. J’étais sûrement encore un peu sonnée vu que j’distinguais pas trop bien l’endroit où j’me trouvais. Ça puait l’rat mort. J’écarquillais les châsses : barreaux. Héhé, depuis quand y avait une prison dans ce village de merde ? Non, ‘m’semblait bien que y en avait pas. J’me relevais en me tenant au mur, y avait d’la crasse partout, mes ongles étaient devenus noirs. Ma peau ressemblait plus à des montagnes à cause des bosses qu’étaient apparus dû au coup du vieux. J’étais certain qu’il m’avait fracturé quelques côtes. J’avais putain d’mal et Lana avait disparu. J’m’approchais des barreaux, les châsses grandes ouvertes pour voir c’que cachait l’noir absolu dans l’quel j’étais. Ben résultat, j’voyais que dalle pourtant j’étais convaincu qu’j’m’étais pas balancé ici tout seul. Z’étaient où les types sans couilles ? Même pas capable d’se montrer après m’avoir foutu comme des lâches dans leur semi-taule. Haha, ça m’faisait marrer. Semi-taule j’disais, mais les barreaux z’etaient en vrai fer. J’aurai même pas pu les scier avec les lames d’mon poing américain.

J’m’ennuyais à tourner en rond, un coup j’m’asseyais, un coup j’me relevais. P’t’être un brin claustrophobe j’me bouchais les oreilles sachant pas pourquoi. J’transpirais, j’transpirais. Merde, j’avais mal à la tête. J’repensais au mec que j’avais tué. C’était le premier civil que j’foutais à l’ombre. J’avais peur. Peur parce que j’commençais à croire à ces histoires d’enfer et d’paradis. Merde, j’allais aller en enfer promener le chien à trois têtes entre deux ou trois vagues de lave. J’allais souffrir toute ma vie, c’connard de diable allait m’tromper la tête du piollier à chaque fois qu’j’fermerais les yeux. Salope d’hallucination d’mes deux.

Fallait qu’j’me reprenne. J’étais ni un sans couilles ni une lopette jamais j’avais fait ma chialeuse. J’avais traversé des putains d’épreuves, j’en avais vu des belles merdes et j’avais échappé à la salope de camarde pas mal de fois. Me battre contre moi-même c’était comme vouloir m’battre contre un moulin avant.

J’mettais mon visage entre les barreaux cherchant n’importe quoi d’l’œil. J’commençais à m’habituer à noir et j’distinguais une lame sur la table d’vant moi. J’pariais mon bras qu’c’était Lana. Y avait pas d’doute, la lumière brillait 6 fois. J’étais heureux qu’ils m’l’aient pas piqué ma sainte, sinon j’allais vraiment m’véner, et y aurait eu plus qu’un mort.

D’un coup la salle s’alluma, mes châsses furent surprises et bam, à travers les barres de fers, j’reçus un coup dans le pif. Direct, sans hésitation. Mon corps rencontra encore le mur. J’commençais à en avoir marre. Une fois de plus, j’ouvris les yeux et la personne qui se présenta devant moi était…. ? Roulement d’tambour ? Allez j’sais que vous l’savez.

C’était l’ancien. L’avait mit ses p’tites lunettes rondes avec sa veste verte qui lui arrivait aux genoux, toujours aussi classe. Il fumait un cigare et rangeait le poing qu’il avait sortit d’sa poche pour me cogner.

Toujours aussi con l’gamin. Comme quand t’es parti t’engager, comme quand t’es revenu enragé, comme quand t’as tué l’mec du bistrot. Qu’tu sois mon fils ou pas, t’dois payer comme tout le monde.

Il abordait toujours les choses de cette façon, « son fils ou pas » pourtant j’m’étais jamais sentit comme faisant parti d’ta famille papa. Jamais. Et ça, parce qu’avant qu’j’fasse des conneries, c’était toi qui frappait les autres comme un mariole. J’deviens comme toi y a plus de quinze ans, c’tait pas une excuse j’me disais... J’aimais la facilité.

J’m’approchais des barreaux pour le regarder dans toute sa splendeur, assis devant moi, une jambe sur l’autre lâchant d’la fumée dans la pièce. Derrière lui, y avait Lana. Quel enfoiré.

Mais t’es mon fils tout d’même. C’est moi qui t’ai fait comme ça j’dois dire alors j’vous laisse une chance d’vous réintégrer dans la société, Lieutenant Jeliev. Y a une île pas trop loin où y a des gens comme toi. Dead End. Tu y seras envoyé et tu ne reviendras plus jamais ici. Si tu reviens, tu finiras dans cette cellule. J’te le jure. Et j’parjure pas.

J’le savais qu’il parjurait pas. Et c’connard m’appelait encore Lieutenant. Son semblant d’ironie m’énervait plus qu’il ne m’amusait. J’crachais vite fait à ma gauche en le dévisageant avec tous le mépris qu’j’avais pour lui. V’là. Il se levait d’sa chaise et m’balançait Lana avant d’rameuter son équipe de bouseux responsable du lieu, sûrement. Ces tocards ouvraient le taudis avec retenu maintenant qu’j’avais mon os de mouton à la main. C’est vrai qu’elle faisait peur, mais c’était voulu.

J’me levais encore avec encore moins d’aisance que la première fois ma main obligé d’tenir les barreaux. Ca m’faisait chier qu’mon avenir dépende de ce connard à lunettes.

Finalement j’sortais d’là. Ma carcasse puait l’odeur d’la cellule. Mon père était derrière moi sifflotant, m’prêtant toujours aucune attention alors qu’il était sur l’point d’me bannir de l’île. J’me rendis compte ensuite qu’ces locaux avaient été placés sous la mairie. Z’étaient sacrément farfelu n’empêche, c’était pas une prison comme j’le pensais mais un véritable cachot. Il avait dû être construit à l’époque où l’tocard de tyran régnait…

Un groupe de marine qu’avait pas le niveau d’caporal attendait d’vant l’entrée d’la mairie. Mon père leur serra à tous la main avec un d’ses faux sourires qu’il maitrisait à la perfection. Il r’tourna sa tête vers moi, l’regard sévère et strict. Il marmonna aux autres idiots qu’c’était moi. J’savais pas quelle histoire l’avait raconté mais c’qui était sûr, c’est qu’aux yeux des marines, j’étais pas un criminel. Faut dire qu’j’étais même pas menotté.

On défila dans l’allée principale d’la ville. Tous les habitants nous r’gardaient, des fenêtres ou carrément d’vant leurs portes. Jusqu’au port. Ça faisait longtemps qu’j’avais pas vu ce symbole, dis.



Avant d’monter j’me retournais vers mon père et lui foutu la beigne la plus puissante qu’j’avais jamais foutu à quelqu’un. Tout de suite, les soldats m’ont prit et j’embarquais contre mon gré, quoi que, comme j’l’avais dit : j’voulais m’barrer. C’tait des adieux. Des vrais.

J’reluquais l’paternel par terre s’caressant la joue. Il sourit, se leva puis r’tourna sûrement chez nous.
Pour moi, c’tait direction Dead End. L’nom est plutôt joli.

1622.
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