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J'ai perdu beaucoup de sangs, je suis affaiblie considérablement, je sens une vive douleur au bras et à ma hanche, les autres blessures, sont supportables. L'entaille est assez profonde pour me gêner, voir handicaper mon membre complètement. La plaie n'a pas été soignée depuis qu'elle s'est ouverte, mais le sel marin semble l'avoir quelque peu cautérisé. Cette blessure est due à un coup d'épée, épée appartenant à ce maudit chasseur de prime, Julius Ledger! Maintenant qu'il est loin de moi, je ne peux que le maudire en espérant que je ne le recroise plus. Cet homme m'a donné du fil à retorde par deux fois et en peu de temps, ce qui est extrêmement intolérable! Je ne comprends pas pourquoi il s'est acharné sur moi comme si j'avais une prime de 300M De Berrys. De toute façon, il est très bien là où il est, du moment qu'il est loin de moi. Je cherche à oublier cet épéiste de malheur, mais ma faiblesse et mon mal constant ne cesse de me rappeler qu'il est l'origine de mon agonie. Heureusement que je ne suis pas traumatisée psychologiquement, j'ai encore ma raison et ma personnalité intactes, ça me rassure.

Gardant ma souffrance et la peur sur le côté, je fais l'état de la situation, car je suis perdue au milieu de nulle part et je dois m'attendre à tout. Visiblement, je ne suis pas en prison à la merci de la Justice, ni sur mon lit de mort, ni sur le navire de la Marine d'Élite ou sur mon Inferno. Je ne sais même pas où je suis, si ça se trouve, cette île n'a même pas été cartographié! Le pire est donc à venir, mais je ne perds pas pour autant courage. D'un premier coup d'œil, aucune civilisation ne semble être présente dans cette jungle non accueillante. La végétation est beaucoup trop sauvage et trop imposante pour que des hommes aient eut la possibilité de fonder une ville. Je commence à croire que je suis tombée sur une île déserte!!

Toujours allongée dans les hautes herbes, je fais le calme dans mon esprit, mais c'est difficile, il y a trop de questions qui se bousculent dans ma tête fatiguée. Je ne sais même pas comment j'arrive encore à tenir. Peut-être que je vis mes dernières minutes et que je ne le sais pas? Toujours est-il que ça fait des heures que je n'ai pas bougé. Il y a eu quelques bêtes sauvages qui ont rôdé autour de moi un moment, mais par je ne sais quel miracle, aucune n'est venu me voir finalement. Ils attendent sûrement la mort me faucher... Puis, cette jungle est humide, la température assez chaude pour une île de North Blue, peut-être un peu trop, d'ailleurs. Le climat risque d'aggraver ma situation, je pourrais tomber malade à cause des moustiques et des plantes. J'ai faim, mais je ne mange rien de peur de m'intoxiquer. Cet endroit est vraiment hostile! De plus, la nuit commence à tomber, il vaudrait mieux pour moi que je me trouve un refuge, mais j'en ai pas la force. Monter dans les arbres? Trop haut, je risque de chuter et me fracasser le crâne. Chercher une grotte? Encore faut-il qu'il y ait du relief, tout semble être pareil. Puis, si je remue le moindre pouce, une bestiole pourrait sauter sur moi et me déchiqueter en deux deux... Je suis perdue. Pourtant, je dois faire un choix...

Finalement, c'est la fatigue qui l'emporte. Je suis comme paralysée, je ne bouge plus du tout. Mes yeux sont clos, mes muscles se relâchent, il n'y a rien à faire. Même mon corps ne me répond plus!! On dirait que c'est la fin. Soudain, un bruit de feuillage remet en éveille mon instinct de survie, mes oreilles redeviennent attentives, mes yeux s'ouvrent en sursaut et cherchent d'où peut bien venir le bruit. Je suis paniquée. Maintenant, c'est trois feuilles qui bougent. Je dois halluciner. D'un coup, un sifflement me fait frissonner mon dos, puis, une vive piqûre à la nuque vient accentuer mon mal-aise et mon mal tout court. Aussitôt, je comprends que je ne suis pas seule, seulement, à cet instant, c'est maintenant tout mon corps qui ne répond plus, je tombe inconsciente.

Des indigènes...
À l'autre bout de l'île, l'équipage d'Aoi D. Nakajima cherche désespérément leur capitaine pendant qu'une autre partie tente de réparer les deux vaisseaux. Ils ont laissé les deux navires au large et commencent les recherches malgré le crépuscule qui se fait de plus en plus présent. Les Ombres du Chaos ne perdent pas courage et font tout le nécessaire. Ils ne pensent pas que leur capitaine soit morte pendant la tempête, mais qu'elle a bien échoué sur cette île. Avec un peu de chance, ils arriveront avant la Marine qui doit sûrement être à la recherche de leur rescapé également. Il se pourrait que des soldats aient survécu eux aussi et se retrouvent coincés sur l’îlot flottant... Qui mettra la main sur Aoi en premier? Les pirates ou la Marine?

~~ Page 1 ~~
D'après les testaments de la Reine des Masques, dit Hathor.
©odage by Hathor

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Dans la touffeur humide et collante de la jungle, deux hommes progressaient obstinément. Bien que sans but précis, leurs regards durs et leurs marches assurées rendaient cet état de fait parfaitement improbable. À les voir ainsi fendre la nasse, on se figurait qu’ils avaient une destination en vue.

En réalité, seules leurs intentions ne faisaient aucun doute, les deux hommes charriaient dans leurs aspects le meurtre. Ils cherchaient une proie et même s’ils n’avaient aucun moyen de la repérer, ils avançaient opiniâtrement. Ils n’étaient pas de l’engeance qu’on désarçonne aisément.

Après une durée indéterminée où les deux soudards marchèrent laborieusement dans la jungle, il leur devint évident ce qu’ils auraient dû s’imaginer ; ils étaient paumés et pas qu’un peu. Leur chance de lui tomber sur la gueule était si maigre qu’ils auraient très bien pu s’assoir et attendre qu’elle vienne elle-même vers eux.

Leur proie était une femme qui avait choisi la piraterie, ils voulaient la tuer pour ses crimes. Ce n’était pas uniquement ce qui les rassemblait. En effet, ils étaient résolus et pourvus d’un sens aigu et intransigeant de la justice. Cette disposition d’esprit, bien que partagée, créait un fossé que rien ne saurait combler, si ce n’était la nécessité de mettre un terme aux méfaits du pirate.

À y penser à nouveau, le sang de chasseur de prime bouillait dans ses veines et ses muscles se crispaient dans l’attente fébrile et inassouvie d’une confrontation finale, un point d’orgue inévitable. Il ne pouvait concevoir le fait de la laisser partir et espérait qu’elle ne voudrait pas plus que lui choisir une trêve. L’un des deux devait finir embroché sur une lame jusqu’au trognon, ses tripes lui disaient que ce ne serait pas lui. Alors, il ignorait patiemment les appels de son corps exsangue et rompu par l’exercice et tendait toute sa volonté pour mettre son pied devant l’autre. Sa plus grande douleur serait de montrer un signe de faiblesse devant ce petit con vérolé.

Ce que ces deux hommes n’avaient pas prévu était la difficulté de tailler tout droit dans la jungle. Ils auraient pu y penser, mais leur état leur imposait l’action, si vaine qu’elle puisse être. Quand il devint évident qu’ils ne leur arriveraient rien de bon à marcher au hasard, leurs pas se ralentirent et ils s’arrêtèrent au bout d’un moment pour se concerter. Le sous-officier sentait venir le moment de tailler le bout de gras :

« - On va pas arriver à grand-chose, comme ça.
- Ouais, on sait pas où cette connasse se cache et on risque de la voir nous filer entre les doigts.
- Ça me ferait bien chier.
- Pareil. En même temps, je suis pas bien chaud pour passer la soirée avec un petit merdeux comme toi.
- C’est ça, tu tiens à peine debout, t’as même pas assez de sang dans tes veines pour remplir un godet et tu te la joues. J’aurais dû te laisser crever comme une merde.
- Si tu veux m’faire croire que t’as voulu m’aider, ta technique n’est pas au point. Tu voulais juste profiter de notre combat pour la dérouiller, histoire de pas faire partie des tafioles qui ont décarré dès que ça s’est mis à puer.
- Tu traites pas les gars de tafioles, vieux con !
- Ah ouais ? Et comment on appelle ça quand tu te barres la chiasse au cul ?
- Vaut mieux qu’on se sépare, on couvrira plus de terrain et j’aurais plus de mal à te casser la gueule si je perds le contrôle. »

Julius et lui ne pouvaient manifestement pas s’entendre, c’était de caractère, et les deux les avaient sales et irrécupérables. Au lieu d’entendre leurs grognements et commentaires respectifs ponctuer leur laborieuse marche, ils n’avaient que le silence opiniâtre de la végétation et la rumeur des insectes pour seuls stimuli. Les heures passaient semblables et sans surprises. Une fois, le sous-officier  crut voir la silhouette de sa cible étrangement contorsionnée. À l’examen, ce ne fut qu’une illusion d’optique. Il comprit alors que la lumière baissait et qu’il ne serait pas judicieux d’aller plus loin. Il se posa contre un tronc d’arbre et sortit les maigres provisions qu’il avait sur lui. Pour un soldat d’élite, entendre le gargouillement de son ventre était quotidien et il sombra dans un sommeil agité, mais non moins réparateur.

Dans l’autre direction, Julius arrêta ses recherches dès que la lumière avait commencé à baisser. Il se sentait las et endolori et ne put contenter son appétit avec les quelques fruits et baies qu’il avait ramassés. Alors, il but du ruisseau où il avait fait halte pour remplir son estomac et tromper la faim. Il s’endormit profondément au mépris de toute prudence. Il était simplement trop éprouvé pour rester vigilant.

L’aube arriva trop vite pour les deux hommes. Ils s’étaient couchés sur le dur matelas du sol et ce que les coups n’avaient pas fourbu, la dureté du sol l’avait achevé. Ils durent appeler à toute leur volonté pour résister à la séduction du sommeil. Le caporal était en forme, son combat ne l’avait pas blessé, il étira ses muscles, fit un brin de toilette réglementaire et repartit à un pas calme et mesuré en direction de la plage. Il s’était dit que son adversaire ferait pareil. De son côté, le chasseur de prime sentait tout le poids de ses années s’ajouter à celui de ses blessures encore fraîches. Il prit le temps de laver ses blessures et les couvrir d’un cataplasme constitué d’orties soigneusement lavées. Inutile de dire qu’il n’avait pas particulièrement apprécié son contact. Par contre, si ça pouvait lui éviter de crever d’une infection, il ne ferait pas la fine bouche. Il remplit son outre d’eau avant de plonger sa tête dans l’eau. La fraîcheur relative de l’eau lui donna le coup de fouet qu’il lui fallait pour pousser ses membres courbatus sur la route. Ainsi qu’avait fait le marin, il avait décidé de rejoindre la côte afin d’intercepter une éventuelle retraite de sa cible qui n’avait pas intérêt à rester au fond d’une jungle sans équipage pour la soigner. Bien que le caporal fût certain d’avoir vu l’ennemi tomber dans les mêmes flots qu’eux, Julius n’était pas convaincu de la trouver sur la même île qu’eux. Elle aurait tout aussi bien pu canner noyée qu’être très loin à présent. Auquel cas, il n’y pouvait rien et devait se contenter de faire ce qui était en son pouvoir lui disait une voix dans sa tête. Une voix qui ressemblait beaucoup à celle de son mentor amateur d’aphorismes que Julius ne sut jamais oublier. Avec le sourire triste du nostalgique, il se remit en chasse les sens en éveil et la faim au fond du bide.


Dernière édition par Julius Ledger le Sam 16 Avr 2016 - 16:52, édité 3 fois
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Inutile de dire qu'Aoi est dans de sales draps. Parfaitement inconsciente et ignorante, sa destinée semble être tout indiqué. La mort. Quand on choisi la piraterie, on s'attend que Dame Faucheuse vient régler les comptes un jour ou l'autre. Un pacte s'impose où on accepte de traiter avec elle durant un temps, mais en échange, jamais on ne sait l'heure à laquelle elle vient embrasser une dernière fois. Et ça, Aoi le sait. Elle sait qu'un moment donné, elle aura droit à un repos éternel. Seulement, porteuse du D., elle se convint que des jours glorieuses sont à venir, qu'elle est loin de la fatalité, qu'elle a encore des choses à accomplir ici-bas. Non, elle n'a pas signée pour finir misérablement le corps endolori sur une île infâme et inconnue. Aussi ombre soit-elle, sa mort ne sera pas dans l'oublie. Au contraire, si elle doit mourir, ça sera à la lumière.

Les coutumes de l'île veut que les étrangers soient les malvenus. Pourquoi Aoi est la première victime et non Julius ou l'officier reste un mystère. Toujours est-il qu'elle est emmenée loin du littoral attachée sur une barre en bois. Les indigènes auraient pu la manger tout cru, mais visiblement, ils préparent un destin tout autre. En vérité, le corps meurtri de la capitaine est si blessé que le mal lui ronge de l'intérieur et se développe. Dégusté un met malade ne serait pas judicieux. C'est pourquoi les habitants de l'île flottante décident qu'il faut d'abord traiter le mal avant de préparer dans une marmite de la chair humaine. D'accord, la chaleur permet de tuer les bactéries en temps normal, mais il faut croire que la sueur fiévreuse d'Aoi indique que sa maladie lui sera fatale s'il en était autrement...

De l'autre côté de la jungle, l'équipage des Ombres du Chaos n'a pas arrêté la nuit leur recherche contrairement à Julius et le Marine. Éclairés par des torches et aidés par des machettes, les nakamas d'Aoi se faufilent du mieux qu'ils peuvent dans la végétation épaisse en semant bêtes féroces et plantes carnivores. Toutefois, les Ombres du Chaos ne savent pas qu'ils sont traqués par les cannibales. Les hommes d'Aoi sont déterminées et vouent un dévouement total pour leur leader, mais font malheureusement preuve d'insouciance parfois. À l'aube, ils sont plus proche du village où est emmenée de force la pirate que les deux autres solitaires. Une longue journée les attend.

Enfin arrivée, Aoi est déposée dans une case. Les femmes viennent s'occuper d'elle pendant que les hommes prépare la marmite et les festivités. Quant à Aoi, elle reste encore assez faible pour comprendre ce qu'il se passe, car elle a perdu beaucoup de sangs. Elle se laisse faire, car elle sent que son heure n'est pas encore proche. Cela dit, elle est loin d'imaginer que la cavalerie va se faire prendre à leur tour. Ou pire encore...


Dernière édition par Aoi D. Nakajima le Mar 5 Avr 2016 - 21:29, édité 1 fois
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Il ne faisait pas bon croiser le chemin du chasseur de prime. Pour la bestiole empalée sur une broche, il était déjà trop tard. Plumée, évidée, désossée, elle était en train de cuire farcie d’herbes trouvées pas loin. Le vieux rodeur ne savait pas trop quel genre d’animal c’était et, de toute façon, il avait trop la dalle pour se poser la question. Il y avait suffisamment de viande pour qu’il aille mieux.

Il attendait gentiment que sa viande cuise, sa tête était embrumée des événements de la veille. Pour ainsi dire, il était dans l’instinct de survie. Trop faim, trop soif, couvert de blessures, il regardait dans le vide. Il se remémorait une semaine particulièrement douce qu’il avait passée avec sa femme. Ils étaient encore jeunes et naïfs. Lui, surtout. Elle lui avait fait croire qu’il y avait quelque chose de bon et de pur dans le monde. Pour lui. Jamais l’espoir d’être heureux n’avait existé avant elle. Sa jeunesse, il l’avait passée à tuer pour ne pas être tué. Il ne savait pas jusqu’à ce jour-là pourquoi il s’était autant accroché à sa misérable vie. Puis, elle changea la donne.

Plus Julius prenait de l’âge, plus ces souvenirs devenaient précieux. Chacun de ses gestes était un miracle en soi. Sa femme avait cette manie de toujours lui pincer le nez quand elle voulait lui caresser le visage. Il sentait un picotement là où elle avait l’habitude de le toucher. Son odeur revenait sans cesse dans sa mémoire, le contact doux de sa peau, sa façon de fuir pour de faux son visage quand il était mal rasé.

« Il reste encore à becter ? »

Le caporal était venu, attiré par l’odeur de la volaille, au pire moment. Julius l’avait en mire, la main sur son épée. Il ne savait même pas ce qui l’empêchait de le découper en morceau et de le laisser à crever en pleine forêt, les tripes à l’air. Le caporal, lui, voyait bien que le vieux avait de mauvaises intentions à son égard. Il attendait qu’il reconnaisse en lui l’absence de menace et qu’il lâche son arme. Avec sa nostalgie démolie par cette gueule de tanche, le chasseur sentait monter en lui une terrible colère. Il finit par se dérider et proposer au marine de s’asseoir. Il le laissa manger en examinant ses blessures. Les points de suture tenaient, il n’y avait pas de signes d’infection. Dans quelque temps, ce serait de l’histoire ancienne. Regarder un caporal de la marine d’élite se goinfrer n’aidait pas à se replonger dans sa nostalgie. Et puis, le passé appartenait au passé pour une raison.

« Bon, si t’as fini de bouffer, on y va. Ils vont pas se tuer tous seuls. »

Le caporal avait l’air éprouvé aussi, mais il était porté par la fierté. Laisser le chasseur faire tout le travail le dégoûtait. Mais ce qui l’affectait le plus était de s’être fait rouler. Les deux hommes se retrouvèrent encerclés par des sauvages habillés de peaux de bêtes. Les flèches étaient dirigées vers eux, ils ne pourraient pas s’en sortir sans se faire dégommer. Et puis, s’ils avaient voulu les tuer, ils auraient tiré.

« - On se les fait ?
- Bah, forcément. Même si on risque d’y passer, ça vaut mieux que de baisser son froc. »

C’était une mauvaise idée. Les deux hommes étaient épuisés et les autres étaient nombreux. Ils se firent maîtriser vite fait en ramassant chacun deux flèches. Les sauvages les jetèrent dans une prison et au fond de la geôle, il y avait une femme qu’ils connaissaient trop bien.

Désarmé, Julius était trop las pour se battre. Par contre, le caporal était sur ses dents.

« - Calme-toi, mon garçon, on a d’autres chats à fouetter en ce moment.
Dis plutôt un tigre, vieux fou. Même à moitié mort, tu viens me hanter, hein ?
- Hum, me tente pas à finir le boulot.
Bon, je vous gêne pas. Vous pouvez baiser devant moi.
- La ferme! C’est une affaire entre le vieux et moi. Tu penses vraiment pouvoir finir le boulot dans ton état ? Regarde-toi. Si tu veux vivre, va falloir faire équipe avec le diable.
- C’est tout de suite plus mes affaires quand tu braques une bijouterie et attaque un équipage de la marine d’élite. Tu vas pas t’en sortir en vie.
- Vu la gueule de ce type, il fera un bon diable. On voit ce que tu donnes, toi, à moitié crevée ?
- Je me suis toujours bien sortie jusque là, et c’est pas demain la veille que je vais crever.
- Aujourd’hui c’est demain la veille pour ta gueule, jeune fille. »
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Ou pire, oui... Être nez-à-nez avec l'homme que je haïs le plus en ce moment est certainement la pire chose qui pouvait m'arriver à cet instant. Et l'entendre me parler comme une chienne me fait plus mal à ma dignité que ma faiblesse me cause de terribles souffrances. C'est à peine si je peux tenir debout.

Alors si c'est aujourd'hui que je dois crever, saches qu'on sera deux, sombre crétin. Tu t'es obstiné à me voir morte pour pas un rond alors que tu aurais pu rester à Inu Town pépère si tu m'avais laissé tranquille. Seulement, tu as décidé de me faire chier jusqu'au bout. Résultat, tu te retrouves lié à moi que ça te plaise ou non. Et désormais, tu vas payer le prix de ta connerie.

Débiter tout ça en quelques secondes me demande une concentration déconcertante tellement je me sens mal. J'ai presque les sens qui s'affolent à chaque fois que je parle ou que je bouge. Ma vue est trouble. Et cloîtrée dans la pénombre au coin de la case, mes yeux se sont habitués à voir du noir malgré qu'il fasse jour. Je distingue les silhouettes du chasseur de merdes et du Marine plus loin. Et leur présence m'insupporte. Déjà que seule face au vieux dans mon état, je fais pâle figure, mais alors à un contre deux, je suis déjà morte.

▬ C'est toi qui va payer les crimes de ta vie de pirate, pétasse. Tu parleras moins les tripes à l'air.

C'est l'officier qui jacasse. Et il me casse les oreilles.

À moins que tu ne sois aussi stupide que l'autre couillon aux cheveux d'ange qui aboie, je te signale que la première chose à faire ici avant de me tuer, c'est de sortir et quitter cet endroit en un seul morceau. Sinon, tu peux être sûr de finir dans une marmite. Tu dois bien avoir une femme et des gosses, emplumé de Marine, non? Toi aussi, l'autre balafré, n'est-ce pas? Alors si vous voulez les retrouver, je vous conseille de me faire confiance pour ce coup-là.

Me battre, j'en ai pas la force. Je n'ai que la ruse comme meilleure arme. Après tout, ne suis pas la flatterie et la dissimulation faites femme? Il faut qu'ils marchent avec moi, sinon, c'est sûr qu'on ne verra effectivement pas demain. Et moi, j'ai un équipage qui m'attend. Plus que tout, j'ai des enfants qui m'aiment et qui ont besoin de moi.

J'étais en train d'essayer de faire un incendie avant qu'ils n'arrivent m'emmerder. Difficilement, mais sûrement. La geôle n'est que de la paille et de la chaume. Et un rien peut faire partir en flamme toute la maison avec les bons outils, ce que je tiens à ma disposition, bien sûr. Un morceau de bois, une pierre, il suffit de savoir comment si prendre pour les utiliser à notre avantage et le tour est joué.

Malheureusement, impossible de faire confiance à une pirate. Ils restent tous les deux bornés et préfèrent mourir salement plutôt que de faire équipe avec moi. Les enfoirés. Je faisais auparavant tous les efforts du monde pour ne pas jeter la pierre à la tronche de ces imbéciles, mais maintenant qu'ils se ruent sur moi, je n'ai pas le choix. J'ai bien peur de devoir laisser ma dernière carte de côté pour le moment pour rester encore ne serait-ce que quelques minutes de plus dans le royaume des vivants.

Que le diable vous emporte!

Je lance avec toute la frénésie que je peux encore délivrer le bout de rocher sur l'un deux. Je n'ai pas cherché à viser un endroit précis, mais j'ai orienté ma frappe vers ce qui me semble être le visage. Avec toutes mes capacités, le projectile aurait dû s'enfoncer dans le crâne, en plein milieu du front. Seulement, c'est dans l'œil du Marine qu'elle pénètre sans toutefois le tuer. Le type hurle à la mort. Finalement, c'est l'autre balafré qui vient s'écraser de toute sa personne sur moi. Je peine. Mon cœur bat à cent à l'heure. Je me sens faible. Mon instinct parle plus que ma raison. Sans y réfléchir, je donne un coup de genou dans ses parties pendant qu'il me saisi par le cou. Ça le plie en deux, mais il continue à me prendre par la gorge en ignorant du mieux qu'il peut la douleur insupportable.

Je vois de plus en plus mal. Je sens mes forces partir, mais ma chaleur reste. Je me débats comme je peux. Je ne sais pas comment, mais le vieux arrive à me soulever. Mes pieds frappent le vide désespérément tandis que mes bras tentent de me délivrer à coup de main sur sa face de rat. Je cherche à lui crever les yeux ou à lui faire remonter le nez, mais c'est peine perdu. Alors que la fin s'approche dangereusement, le sergent me colle un puissant coup avec la pierre dans le creux de sa main en pleine tronche. Ma tempe devint rouge, ça me désoriente.

Vaincue, je m'effondre de tout mon poids le long de la palissade. Je me situe juste au bord du gouffre. Je vois un couloir et une lumière au bout. J'entends juste des bruits de lutte, puis, plus rien. À mon humble avis, les indigènes ont dû entendre le grabuge et se sont dépêchés pour éviter le massacre. Visiblement, ils préfèrent goûter la viande tant qu'elle reste vivante. Cela dit, lorsque je me réveille, je me retrouve face aux deux bouseux dans une fosse de combat. Il faut croire que les sauvages apprécient la violence en public alors. Quitte à se battre, autant le faire devant une foule, c'est ça? Si ce n'est pas ça, alors j'ai rien pigé. De toute façon, on ne connaîtra jamais leurs réels intentions de base. Et comme si j'avais pas assez d'ennemis et d'ennuis, voilà que nous sommes accompagnés d'un animal prêt à dévorer l'un d'entre nous... Se faire faire manger par une bête ou par un homme, ça m'est égale. Sauf que ces deux-là, c'est non.


Dernière édition par Aoi D. Nakajima le Sam 16 Avr 2016 - 20:21, édité 1 fois
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Développement inédit. Les sauvages aimaient le sang que ce soit à consommer ou à partager. Bien que cannibales, leur générosité était telle qu’ils ne pouvaient priver une bestiole de notre chair. Et donc, Julius se retrouva dans la fosse, avec un pirate exsangue et un marine fraîchement éborgné. Le chasseur tirait une gueule de trois pieds de long et commençait vivement à sentir sa patience s’épuiser à la vue d’un félin gigantesque pourvu de griffes, canines et tout le merdier de circonstance.

Les habitants de l’île, peu connus pour leur hospitalité, étaient en extase devant la bête. Un truc d’une tonne qui bondissait prestement autour de ses victimes.

Jouer avec la nourriture était d’une impolitesse inconcevable. En l’occurrence, elle se vexa et elle attrapa le félin par la peau du cou afin de le balancer aux supporters. Un bain de foule avec leur idole, ils devaient forcément apprécier.

Autre démonstration de leur impolitesse, au lieu d’accueillir leur égérie à pleins bras, ils prirent tous la fuite dans un concert de cris, de râles d’agonie et d’extase paradoxale. La consanguinité leur offrait un bon lot de fêlés.

Ainsi, dans la fosse réaménagée, il restait un pirate en passe de crever. Un marine faisandé. Et un chasseur de prime qui tenait à peu près debout. Encore qu’il n’était pas très loin de l’écroulement. Une belle compagnie qui avait des comptes à régler et des tombes à creuser.

Une, en l’occurrence.

Julius s’approcha du pirate, le dos brisé, le souffle court. Seule sa haine lui permettait de se mouvoir. Il voulait la tuer après une telle poursuite. En finir avec elle, une bonne fois pour toutes.

Évidemment, le destin en voulut autrement. Et le chasseur ne dut son salut qu’à un réflexe ultime. Un léger pas en arrière pour se soustraire à la trajectoire d’une balle. Il s’en fallut de peu avant qu’il finisse perforé.

Au loin, d’autres sauvages, ceux-là de l’engeance marine, pointaient des pétoires sur le chasseur de prime. Devant lui gisait le pirate qu’il avait traqué sur des lieux, sans défense. S’il voulait, il pouvait lui tordre le cou sans qu’elle puisse lever le petit doigt.

Mais il ne pouvait pas mourir avec elle ni laisser mourir le sergent qui, lui, n’avait aucune chance de s’en sortir.

Faire demi-tour fut plus qu’une épreuve pour le chasseur de prime. Il mit le pauvre marine sur son dos et bondit hors du périmètre du danger.

Il était désarmé, fatigué et blessé. La faim ainsi que la soif le rongeaient. Cependant, il tint bon à s’éloigner au plus vite de ce lieu maudit.

S’il était incapable de tuer la femme pirate, autant préserver ce pauvre sous-officier.

Il avançait droit devant, repoussant les branches avec la seule force de sa ténacité. Avec un peu de chance, quelqu’un viendrait les sauver.

De la chance, ils en eurent cette fois, ils furent rejoints par un bateau de la marine d’élite. Venu les assister dans leur tâche. Ils trouvèrent un chasseur de prime moribond veillant sur un homme brisé.
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