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La Fureur du Civil !






♫ On se relaie au cabinet

Pour y aller on s’fait discret.

C’est la nature qui nous a fait,

'Vec cette chanson je suis trop con

Nous espérons que ça sent bon,

Quand on va a—lléger son f… ♪


Sous le coup de l’inspiration, Sigurd avait commencé à fredonner un petit air à l’improviste. Il se ravisa pourtant en passant devant ses subordonnés. L’heure n’était pas à la poésie de pause toilettes. Il ne connaissait pas encore bien ses collègues et, même s’il était l’un des propriétaires de cette petite affaire, n’allait sûrement pas se hasarder à diffuser des chansonnettes suspectes dans la quiétude de ses deux associés, Haylor et de Belgerak.

Et ceci d’autant plus qu’aujourd’hui, l’humeur au cabinet HSBC (Haylor-Santa-Belgerak Consulting, qu’il finançait très largement) était au beau fixe. Ceci grâce à sir Arno en particulier. Quelques jours plus tôt, le Requin avait réussi à conclure l’un de ses plus importants contrats depuis leurs débuts. Un gros client. Il s’agissait d’une large manufacture d’armes destinées aux sabreurs de North Blue, gratifiée de la douce appellation de Muramassacre. Sa production se répartissait habilement entre les grands modèles indémodables de katana nippons, forgés dans le plus grand respect des traditions ancestrales, et de toute une gamme d’outils de mort un peu plus personnalisés. Hachoirs meurtriers, armes rétractables, monstruosités hérissées de pics, et modèles haut de gamme composés de matériaux nobles comme le bois d’adam ou le granit marin (en proportions compatibles avec l’embargo staff !), on en trouvait pour tous les goûts.

En guise de bonne foi, Muramassacre avait d’ailleurs offert une telle arme au petit homme poisson. Pas un modèle grand luxe, non. Un hachoir surdimensionné, actuellement en vogue chez les vétérans de la pêche au monstre marin, mais qui trouvait aussi une surprenante utilité pratique lorsque des pirates tentaient de les en délester. Un produit dont on attendait énormément pour la prochaine collection automne-hiver 1626 des tueurs de monstres.


-Au fait, question stupide. Qu’est-ce qu’on va faire de ce truc ? Quelqu’un risque de se blesser si on laisse traîner des armes, et ça va faire peur aux clients.
-Hin hin hin. Je pensais le stocker au sous-sol, et le faire installer sur un mur de mon bureau lorsque Muramassacre nous rendrait visite… ça leur fera plaisir… rakrakrak…
-Erf. Mémo perso : faire installer une armoire blindée dans la cave.
-Et pourquoi pas dans mon bureau ?
-Ben voyons.


Comme à l’accoutumée, sir Arno de Belgerak était louche. Inquiétant. C’était comme s’il était intrinsèquement mauvais, sentait Dogaku, et il ne s’agissait pas seulement de son odeur fétide mariée à son sempiternel parfum à l’eau de sardine. Belgerak était un homme poisson, après tout. Un requin. La méfiance était naturellement de mise. Qu’est-ce qu’un poisson avait bien pu faire pour quitter ses profondeurs natales et devoir vivre à la surface, avec les humains, loin des siens ? Le goût du voyage n’était en aucun cas une explication valable chez ce personnage. Et puis, ses manières, son allure, son attitude, son humour douteux… il était évident que le grotesque petit requin se plaisait à bien soigner son image.

Malgré tout cela, ce personnage les avait bel et bien apporté son aide lors de la crise de Panpeeter. L’appât du gain, évidemment. Voilà ce qui l’intéressait. Il avait également contribué à rassembler des fonds pour aider au redémarrage de l’île… et c’était ainsi qu’était née cette affaire. Aujourd’hui, sir Arno vaquait paisiblement à ses occupations, et gagnait (très) bien sa vie. Si les choses continuaient à ce train, tout irait bien.

Ce qui n’empêchait nullement Sigurd de conserver de nombreux soupçons sur l’activité de l’homme poisson. Et il n’était pas le seul. Sa partenaire inséparable, miss Haylor, s’efforçait de garder un œil sur l’ensemble des activités de l’abyssal. Elle non plus, n’appréciait pas l’aura qui se dégageait de Belgerak. Mais aujourd’hui, même le désagréable homme poisson avait été convié à leur petite réception.

En l’espace de seulement quelques mois, leur affaire naissante avait réussi à engranger plusieurs dizaines de millions de berries, là où de nombreuses autres mettaient des cinq ans pour seulement commencer à être rentables. Une réussite en grande partie due  à leur association avec les chevaliers de Nowel, et de Santa Klaus en particulier. Outre leur renommée nouvellement acquise, les trois partenaires avaient su mettre à profit le petit réseau commercial de l’envoyé de Nowel pour dénicher leurs premiers clients.

Pour cette seule raison, et parce qu’il était toujours agréable de partager avec les siens le fruit de son succès, ils avaient décidé d’organiser un grand buffet dans les jardins de la Santagricole. La majorité des membres honoraires des chevaliers de Nowel n’avait pas pu venir, la faute à divers contretemps de dernière minute (une audition pour ce qui pourrait être un rôle tremplin pour l’actrice, des bébés baleines à sauver pour Santa Klaus, et l’achat en prévente de tickets pour la plus grande convention de pro-gamer de tous les temps pour devinez qui).
Pour sa part, Kalem avait purement refusé en indiquant qu’il avait bien mieux à faire que de traverser trois îles pour venir perdre son temps en compagnie de crétins au bulbe rachitique sous-développé qu’il connaissait à peine.

Ce seraient donc les employés, le staff de la Santagricole, des membres du voisinage ainsi que quelques amis qui seraient conviés pour l’occasion.

Les deux compères se trouvaient actuellement dans la salle des archives de leur boutique, qui ne tarderait pas à être agrémentée de matériel en quantité. Ce n’étaient peut être que des classeurs, mais ici, ils étaient plus utiles aux grattes papiers qu’un sabre ne pouvait l’être à un soldat. Et en l’occurrence, la demoiselle ne s’était pas gênée. Armée de six millions de berries, elle avait commis une folie en s’équipant de ce qui se faisait de mieux en la matière.

N’importe quel œil exercé pouvait le confirmer. Et un tel œil venait de les rejoindre. On pouvait très facilement l’inclure dans la catégorie des amis de longue date de Sigurd.

-Ca me fait penser à notre salle des archives à nous, commenta la voix de Nash XXXXX, le reporter du Daily XXXX. Sensiblement plus feutré, par contre.
-Excellent choix pour les classeurs, approuva la voix d’un escargophone surdimensionné, le dénommé Knight Blupto.
-Hihihi. Merci.

Flattée et reconnaissante, la demoiselle s’empara d’un plat prévu pour la réception, et en proposa une généreuse portion à leur invité. Tourte au foie gras, aux morceaux de pain d’épice et à la pomme. Un met parmi une multitude d’autres, tous aussi succulents les uns que les autres. Parce que quand on recevait, on ne faisait pas semblant, ici. C’était l’avantage d’avoir son établissement adossé à la Santagricole, au sein d’une île qui relevait de la campagne. Tous les aliments étaient frais, savoureux, et incroyables une fois en bouche.

-Ouais, ouais, vous êtes tous des gens polis et merveilleux et… t’as mes journaux, Nash ?
-Ca n’a pas été facile, surtout pour le transport, parce que t’imagines bien qu’il y avait largement matière à…
-Oui, abrégea l’escargophone.

Sigurd s’approcha d’eux en se frottant les mains. Son ami journaliste l’avait rejoint ici pour une demande très particulière. Il lui apportait le journal. Et pas n’importe quel journal. Il s’agissait de tous les numéros invendus d’une édition très particulière de 1625.

Sigurd collectionnait tous ces journaux, et pour une très bonne raison.

Santamarines.

Simples civils ? Absolument !
Prenez l’équivalent de la moitié de Kage Berg, rajoutez-y deux mille pirates armés d’une logistique digne d’une légion, attirez l’attention des médias avec la plus grosse prise d’otage jamais réalisée sur une mer bleue depuis des lustres, et vous obtiendrez une bonne image de ce qu’a été la crise de Panpeeter .

Désireux de rançonner ces dix milles âmes contre le fruit du démon qu’on lui a pris, l’impitoyable capitaine Crachin a initié son génocide en annihilant plusieurs localités de l’île, selon un calendrier mortuaire strictement mis en application. Dans la précipitation des évènements, pieds et poings liés face à la redoutable organisation des pirates, les forces du gouvernement avaient à composer avec une situation fort épineuse.

Mais c’était sans compter sur le soulèvement des populations civiles elles-mêmes, qui ont fait preuve d’une efficacité toute militaire rivalisant avec celle de la marine en temps normal. A leur tête, quelques initiateurs locaux, mais surtout un groupuscule de courageux héros, les Chevaliers de Nowel, dont le doyen a inspiré le nom des résistants de Panpeeter : les Santamarines !

De cette affaire, on retiendra les noms de Santa Klaus, de Sigurd Dogaku, de Barbara la Reine Pagaille, et du terrible Capitaine Crachin, toujours libre à la tête de ses forces, et désormais investi d’un terrifiant pouvoir…

-J’ai l’impression de connaître l’article par cœur, depuis le temps que vous le lisez, commenta Haylor. Quand est-ce que vous arrêterez ?
-Jamais ! Parce qu’il déchire. Et que pour une fois qu’on se fait mousser, j’vais sûrement pas m’gêner. Enfin, quand je dis on… l’article parle pas de vous, haha. T’en as combien ?
-Deux cent cinquante, lui sourit Nash. Les numéros se sont bien vendus. Mais si on rajoute ceux que j’ai pu reprendre par ci par là en piochant dans les dépôts, plus ceux que j’ai récupéré dans des poubelles, on arrive à la somme mirobolante de cinq cent vingt-trois exemplaires !
-Vous avez… récupéré ces choses dans des poubelles ?
-Tu sais, ni les ordures, ni les détritus ne peuvent effrayer un vrai journaliste ! Nous accomplissons notre devoir, envers et contre tout, qu’il pleuve des pirates, qu’il vente des buster call...
-Eeeew. Je ne veux pas de ça dans mes bureaux.
-Mwarharharh. Trop tard, corrigea Sigurd. Moi aussi j’l’ai fait, et pour être tout à fait précis, l’article que j’ai fait encadrer dans notre bureau provient précisément de...
-Je vous hais…
-Il ne faut pas !, intervint Nash d’un ton mêlé d’entrain et de sagesse. Vous l’auriez aussi fait, si on parlait de vous parce que vous aviez sauvé une île entière envers et contre toutes les probabilités.
-Mmmh…  probablement…
-Il s’agit d’un comportement parfaitement normal : tous les types que j’interview font exactement pareil !, assura le journaliste. Le jour où ça t’arrivera, avant même que tu ne t’en rendes compte, tu auras la tête dans les poubelles à frayer parmi les détritus pour récupérer le moindre encart arborant ton portrait !
-Hum. Probablement pas.
-Que si que si que si ! Et je dirais même plus…

Nash ne termina pas sa phrase. Haylor avait failli avoir un avant goût de l’acharnement que pouvait avoir le journaliste lors de ses argumentations, mais les évènements ne leur laissa pas l’occasion de discourir davantage.

Et pour cause.

Dans un fracas titanesque, le mur d’enceinte de leur petite salle des archives venait de s’effondrer partiellement, pulvérisé par une masse masse informe qui ne s’arrêta pas.

Une figure colossale passa au travers.

C’était un homme grand de deux mètres, aussi massif qu’un ours, qui ne perdit pas un instant pour s’engouffrer à l’intérieur du bâtiment. Chutant à moitié, l’homme se réceptionna habilement, tandis que Sigurd plongea  en diagonale pour l’éviter. A peu de choses près, le blondinet aurait été percuté de plein fouet, et probablement emporté par l’arrivant.

Un long silence tétanisé s’installa, tandis que l’homme se retourna prestement pour faire face au trou dans le mur qu’il avait creusé. Ils purent alors contempler son visage, et remarquèrent de suite qu’il arborait un grand sourire.

Et c’est à ce moment-là qu’un jet de flammes bouillonnantes traversa le mur, pour se déverser abondamment à l’intérieur. Le mobilier, le sol et le bâtiment furent aussitôt grignotés par les flammes, en arrachant grimaces et gémissements à leurs propriétaires.

Les civils s’écartèrent très rapidement, par précaution. Ils avaient des yeux gros comme des soucoupes, et comme du plomb dans l’estomac. Car lorsque les flammes se résorbèrent, un terrible tintement métallique se fit entendre. Il s’agissait d’un bruit caractéristique, et d’un objet impossible à ne pas reconnaître.

C’était une grenade qui venait d’être lancée dans le bâtiment.

Et cette fois, c’en était trop. Haylor et Dogaku n’y croyaient plus.

-Oh putain.
-Oh mon dieu !
-MES JOURNAUX !
-MES CLASSEURS !
-‘TAIN ‘TAIN ‘TAIN ‘TAAAAAAAAAAAAIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIN !
-MAIS QU’EST-CE QUE VOUS FAITES ? MAIS VOUS ETES MALADE ?
-AAARRHH, ET Y’EN A D’AUTRES ! OUSTE ! NON NON NON, PAS ICI !
-SORTEZ TOUT DE SUITE DE MA BOUTIIIIIIIIIIIIIIIIIQUE !

Et juste à côté d’eux, dans cette cacophonie, l’âme d’un journaliste venait de s’éclairer.

-Mmmh… ça sent le scoop, tout ça ! Exc-el-len-tis-sime !
-T’es sérieux ?
-Excellent, Knight Blupto ! On a de quoi faire du lourd, ou je n’m’y connais pas !

Par pur réflexe, Nash attrapa son appareil, et laissa l’habitude prendre le dessus. Il n’avait pas besoin de savoir pourquoi, ni d’avoir une raison. Son instinct suffirait. Et son instinct de journaliste lui hurlait d’immortaliser la scène qui se déroulait en cet instant. A tout hasard, il commença par les faciès déformés d’indignation de ses deux compagnons, particulièrement expressifs tandis qu’ils s’égosillaient à tour de rôle.

-Nyahahahaha ! Ouais ! Sigurd, regarde par là, un instant ! Et toi aussi, Eva’ ! Et toi, le gros gorille cyborg, un petit sourire pour la postérité, s’il te plait ! Oui, exactement comme ça, merci ! Et maintenant, une petite photo de groupe, tout le monde ! Les marines, la fille avec le gros lance flamme, et toi gorille-cyborg, tous ensemble ! Je compte jusqu’à trois, et vous dîtes « ouistiti » tous en même temps, d’accord ?

A la une,

A la deux,

A la…
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