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Je troque ma casquette de marine pour un béret et mon uniforme resté au placard contre des habits de classe moyenne pour mon seul jour de congé de l'année. Je marche le plus clair de mon temps pour entrer dans le troisième rempart là où les nobles et les plus grands officiers siègent. A cet endroit, il y'a un café appelé l’Éternel. C'est sensé être un troquet plus ouvert d'esprit, généralement c'est chiant à mourir dans les autres bistrots, on y croise deux trois clampins qui jouent aux cartes et quelques vieillard faisant la causette en matant les jupes des passantes. Mais l'éternel, c'est autre chose. C'est un endroit branché, bien jeune. On y croise la crème des DJ-Escargo platines. La noblesse en devenir et de vrais discussions parfois philosophique sur l'art de vivre.

- Hé ! Richard ! Tu trouves pas que la vie à un goût amère sans esclaves à portée de main ?
- Mais Manu ? Tu me parles comme si on était copain.
- Hé ! Richard ! T'as pas l'impression qu'en avalant une choppe de bière avec des amis, tu revis ?
- Mais Manu ? Qu'est-ce tu me chantes ? On est pas amis.
- Hé ! Richard ! Dés fois, j'entends des voix qui me murmurent de tout arrêter, devenir artiste peintre, vivre dans les taudis du troisième arrondissement.
- Mais Manu ? Vivre libre, c'est vivre seul...
- Renaud ?
- Nan Richard ! Mon blase, c'est richard.
- Matte le vieux avec son expresso !
- Il a pas l'air dans son assiette.

Je présume que le vieux, c'est moi. Evidemment, je suis le seul homme à boire un café. Certes, la mine bien basse, juste que j'ai mal dormi. Trop de rapports à digérer avant de les rédiger. Ça fait bientôt 15 ans que je rends service à la marine. Quand je lance une rétrospective de ma vie, j'ai l'impression de l'avoir à peine saisie et pourtant j'ai 34 balais, toujours matelot 1ère classe, ça n'a pas changé. Dehors, c'est la même musique, tous les jours... Pareil, on s'ennuie. Les soldats au pas de course, les dirigeants se font cirer les bottes par les hauts représentants, officiers de la marine. Pendant que nous, tout en bas de l'échelle, nous nous contentons d'obéir à une même routine.

Alors je profite de mon seul jour de congé de l'année, à siroter ce café.

- Un autre expresso, s'il vous plaît !

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Pelup pelup pelup...

- Agent Petersen ! Nous vous informons qu'il y'a du grabuge au troisième rempart, des individus non identifiés tentent de rejoindre la zone 51.
- C'est Andersen, M'sieur.
- C'est l'incapable aux cheveux roux ? Donc, c'est pareil. Pourriez vous précisez votre position actuelle ?
- Négatif.
- Hé ! On est à l'éternel ! M'sieur !
- Mais Manu ? Qu'est-ce qui te prend de causer à l'escargophone de ce gars.

Regard noir sur le pilier de bar, il fait quelques pas en arrière, trébuche sur un tabouret et tombe à la renverse.

- Hé ! C'est à cause de vous que je suis tombé !
- Mais Manu, ne te mets pas en colère...

- Vous n'avez pas permission de sortie, même pendant les jours de congés, vous le savez très bien, ça fait bien quoi trente ans que vous êtes là ?

Je raccroche le combiné. Je suis servi à temps par le barman qui en essuyant un verre avec son torchon me demande de ne pas me battre. Il veut éviter une mauvaise réputation à son enseigne. T'inquiète Papi... Si le gus me cherche des noises, je l'amène au terrain vague. Je lui file une beigne, il me colle une châtaigne et on en parlera plus.

Ça monte d'un ton alors je me casse parce que le gérant me le demande gentiment. Je sors des lieux, un vent d'ouest souffle sur ma trogne, les bâtisses élevés sont identiques, gouttière classique, toit discontinu, deux ou trois fenêtres en losanges. Je tâte ma veste, à l'intérieur un paquet presque vide. Il ne me reste qu'une clope. Je fais rouler la pierre de mon briquet et la flamme bleue vient brûler le tabac. Une bouffée plus tard, je me mets à grimper pour atteindre la charpente et ainsi mieux voir ce qui se trame sur la zone 51.

On dirait bien qu'il y'a du grabuge. Même un début d'incendie, regroupement d'une patrouille et au fracas que j'entends d'ici, il y'a bien un combat musclé entre deux groupes. Je cours machinalement vers les lieux.

- Ta mère en string de guerre !! ''Lancement de projectiles en flammes''

Bruit sourd d'une explosion, des individus armés tentent de mettre le souk à un marché du deuxième arrondissement. Ils sont vite neutralisé par un Lieutenant et sa bande. Dojo me somme de me mettre à couvert. Défiant tout danger, au mépris des risques encourus, je poursuis un suspect. Course folle qui se termine dans la zone des ombres. Là où un tas de rats se planquent. En parlant de rongeurs, je mentionne les révolutionnaires.

J'arrête l'individu et une dizaine de bras cassés m'entourent, matraques, battes de Baseball, tuyaux en ferraille.

- Alors comme ça, on joue à chat ?

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Gros plan sur un visage balafré, une cicatrice difforme qui suit le prolongement de sa joue gauche. Un œil en verre et un bandeau rouge sur la tête. Tu es Mornepute ! Le révolutionnaire fou ? Pour ta gouverne, je ne joue pas avec les malfrats. Encore moins avec une saloperie de ton genre. Le coup de l'incendie dans le deuxième arrondissement, ça vient de toi ? C'est quoi l'objectif ? Les rires gras de ses compagnons se morfondent en masse sur la place qui prend peu à peu la forme d'un ring dont j'en serais automatiquement le perdant.

Plan séquentiel, assez large sur le troisième arrondissement bien pauvre. Vue sur le port où des gens malhonnêtes déposent une cargaison inhabituelle. Des bâtons rouges ficelés par des mèches... Il m'expose les faits avec une tranquillité d'esprit et une froideur folle dans ces mots.

Doucement, il retire son pistolet de sa ceinture. Il me vise avec une lueur d'assassin dans ses yeux. Je me dis que c'est la fin pour moi, qu'il n'y a pas d'échappatoire. Au moment où il appuie sur la détente, la pression grimpe et le chien ne lâche pas, aucune percussion, pas de coup de feu... Il a oublié de recharger son arme. Foutage de gueule ? Coup de chance ? J'en profite pour me précipiter sur lui et l'arranger bien comme il faut. A ce moment, les autres partent en courant ! Je m'occupe pas d'eux. Poing dans sa gueule ! Suivi d'une succession de coups ravageurs qui expriment mon dévouement envers la justice et surtout mon ras le bol, car ça reste ma journée de congé ! Finalement, j'empoche mon den den et je préviens mes supérieurs...

- Andersen à l'appareil. Il faut envoyer une patrouille au port. Je répète, il faut envoyer une patrouille au port.

L'air est électrique, première fois que j'arrête un criminel de ce calibre. Primé à 12 millions ! Il bouge encore, je lui fous encore une beigne, pas assez pour le refroidir complètement...

- Envoyez-moi des renforts au niveau 51.

Bon, je vais peut-être finir la journée au poste marine à rédiger tout un tas de papelard, au moins je vais être pénard, un bon café chaud m'attend.

Et des clopes !
Faut que je pense à en acheter.

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