L&K [1]

Ce que je déteste le plus, c'est quand elle m'ignore parce qu'on ne peut pas dire qu'elle m'ignore quand elle oublie vraiment mon existence. Elle s'en va dans un monde lointain et quand l'Aurore s'efface pour laisser place aux Orbes, je perds sa trace. Toutes ces querelles débiles ou non on y fait face, mais les grandes comme les petites, elles, laissent une trace. Elle ne fait pas que la moue, pendant un temps, elle me déteste. Et c'est étrange, ça crée un "Nous" bien différent du reste.

Vous pourriez peut-être arrêter de faire les enfants ? Est-ce que c'est pour ça qu'on s'est fait chier à venir, vous voir vous bouder ?

Nous sommes venus parce que voyager, c'est notre trip et aussi, ...j'ai eu peur pour elle. Vegapunk c'est, c'était un bras du robot qu'est le Gouv, ce que j'ai fait depuis tout ce temps, avec les Saigneurs ou Joe, c'étaient des chatouilles. Elle...

Lilou est une flamme dans le noir, on ne sait pas à quelle distance elle se trouve, mais rien que l'apercevoir réchauffe le cœur. C'est ce qui m'arrive en ce moment quand :

Le Royaume se dessine au loin, ma fierté se défile au moins jusqu'à Shabondy quand je reviens lui parler. Elle est assise près de la proue, son regard ne fait face à rien et surtout pas au mien, obligé de lui prendre la main pour qu'elle m'écoute.

Eh, désolé de pas avoir cherché un autre moyen de te rejoindre. Je vais me rattraper. Ce serait dommage de tirer la tronche sur ton bateau. C'est ton bateau aussi, un peu.

Quelque chose éclaire ses yeux un instant comme le signe qu'elle m'a entendu. J'ai cru l'atteindre un moment mais elle se reperd dans l'étendue. Parle, je t'en prie, parle ! Si tu ne veux pas, pars ! Mais fais quelque chose, dis moi, mais dis quelque chose.

Elle agit comme si c'était de ma faute, si tout. Je n'ai pensé qu'à la retrouver, c'est tout. Pas aux vies des autres, pas à celles de ceux prisonniers de la cale de non-dévots. Mais je suis quand même désolé.

Désolé. J'irai tout régler.

***


Nounours m'a parlé de ce Royaume, les esclavagistes aussi. Un peuple de différents qui se croient supérieurs à nous autres, différents, tous, l'un de l'autre. Parce qu'ils ont de long bras. Ridicule dit comme ça, mais c'est une affaire très sérieuse, de l'intérieur, non, vraiment, c'est une excuse réelle de réduire en esclavage des types qui ont des bras comme toi et moi.

Au grand soir comme au petit matin, se réunissent des arcasiens qui pensent à combien payer pour qu'un mec leur tienne la cuillère pour la soupe. Je disparais vite dans l'ombre, faire mon enquête à ma façon, j'en dégote un par la peau du cou que je pince jusqu'à ce qu'il plie les genoux.

Arhgh!
Des mecs d'Alvel sont venus, où ils sont ? Où ils ont vendu ? Leur bateau est encore amarré. Fais vite.

Je relâche un temps.

Arh... eux, ils ont pas fini leur vente...continue..z la grande avenue et

Je retourne d'où je viens pour aller la chercher, et lui montrer que je suis aussi capable d'arranger les choses que je fais maladroitement. La Lune éclaire l'Attrape-Rêve comme pour me montrer le chemin. Cependant à deux mètres, je m'arrête et lui crie : "Viens !" 
    Lilou avait eu une brève conversation avec Nounours et Linus, et avait immédiatement regretté d'avoir traîné la patte pendant tout ce temps au lieu de filer un coup de main à Susette. Même si les résidus de souvenirs qu'elle avait de ces derniers temps ressemblaient pour la majorité à un brouillard abstrait, elle s'en voulait d'avoir été passive à cause de la fièvre et de l'infection. Encore plus d'avoir fait venir Kiril jusqu'à elle dans ses conditions. Mais dans la hâte et le trouble qu'elle traversait, la rouquine n'avait absolument pas pensé aux détails qui s'imposaient à elle désormais.

    Hungeria était une ville dégoûtante. Les longs-bras qui l'habitaient l'étaient tout autant. Et Kiril... Kiril qui était venu jusqu'à elle grâce à des esclavagistes... Rien que d'y penser, la jeune femme sentait une violente migraine lui bouffer l'encéphale.
    Ou alors était-ce juste la culpabilité. Elle n'en savait rien.

    En voulait-elle seulement au Punk d'avoir fait tout ça pour elle ? Elle commençait progressivement à comprendre que si dans la Marine, bien faire n'était pas toujours aisé, maintenant qu'elle faisait partie des criminels qu'elle traquait un mois auparavant, ça l'était d'autant plus. Kiril avait sans doute tenter de la prévenir à ce sujet, ou tout du moins comptait-il aborder le sujet à un moment donné. Mais clairement, c'était frustrant d'avoir envie du meilleur sans pouvoir le donner ou l'obtenir. D'avoir envie de s'en sortir sans faire du mal autour.
    Depuis la fin de Marie Joie et la mort du Docteur Vegapunk, Lilou avait l'impression de ne plus savoir procéder avec les autres. Avec les Hommes surtout. Elle s'en prenait à Kiril, parce qu'elle était en colère de ce qu'elle avait vu là-bas, et de ce qu'elle voyait et entendait encore. Cette rage lui rongeait l'estomac, alors qu'elle voulait s'en servir pour faire quelque chose de mieux pour eux. Du coup, quand le Punk était venu la voir pour s'expliquer et s'excuser, elle n'avait rien dit du tout, préférant se réfugier dans ses pensées. Mais au fond, elle était contente de savoir qu'elle n'était pas totalement seule dans cette galère.

    Même si elle y avait impliqué Linus et maintenant Kiril un peu par hasard et pas vraiment par choix, le fait d'avoir commis l'indiscible à nouveau la faisait se sentir étrangement loin de tout ce que les autres pouvaient communiquer ou éprouver. Comme une forme de langage à laquelle Lilou n'avait plus accès depuis qu'elle sentait le sang encore chaud mélangé à l'huile sur ses mains. Cette vision ne la quittait pas, et elle ne savait pas comment en parler. Est-ce que Kiril pourrait la comprendre ?

    Tu veux t'y prendre comment ?

    Avait-il une manière de procédé ? Devait-il observer avant d'agir ? Déterminer qui était le leader pour s'en prendre à lui, ou préférait-il faire toutes ces choses sans casser ?

    La rouquine eut un petit sourire crispé. Vu le rythme auquel il allait, vu qu'elle arrivait à peine à le suivre sans trottiner, elle aurait été sincèrement étonnée qu'il réfléchisse vraiment avant de se servir de sa tête. Tous deux arrivèrent de toute façon très vite au bout de l'avenue en dépassant quelques longs bras qui les regardèrent de haut. Sans s'arrêter pour autant, ils parvinrent jusqu'à un attroupement distinct : des hommes en tenues décentes encadrés une masse de gens aux pieds et aux mains enchaînés, portant des haillons comme habits.

    Tu veux autre chose, le punk ?

    Sa réponse fut expéditive, et terminée par un poing en plein visage. Pas forcément préparé à ça, la rouquine se mit dos à Kiril, arma son haki des rois pour menacer les autres, et assena deux droites à un type trop entreprenant pour le faire reculer.

    Sacré Punk.
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    Du temps maintenant que je n'ai pas senti le sang des autres décorer mes phalanges, elles s'éclater contre les mâchoires ou les côtes de ces messieurs bons à se faire du pognon sur la vie de ceux dont-ils ont fracturent les mâchoires et les côtes, mais pas foutus de se battre contre plus fort qu'eux.

    Il y a une foule de rupins bien sappés, le porte-boules moins garni que le porte-feuille. J'en fous mes coudes dans leurs tempes, les mecs tombent direct sous la puissance de l'armement. Armés de leurs double bras, et pour certain d'Alvel de sabres et de pistolets, ils font pas le poids même face à mes revers du gauche, et c'est mon plus mauvais coup.

    Nounours m'a sorti n'empêche qu'la puissance militaire d'ici est pas à sous-estimer. Va falloir qu'on se bouge, rousse.

    Je m'occupe des zarcaz, Rousse, trouve un moyen de sortir les crasseux d'leur cage !

    Pour ça, j'm'en occupe bien. Upperkraak dans l'estomac, si j'suis pas assez rapide, ça dégueule sur mon épaule. Comme à la vieille école sur un groupe de dix crades, jets dials pour être encore plus rapide. Et le Komodo. Pour l'esthétique, et pour la pisse dans leur pantalon. J'suis plutôt un fils de radasse, comme charpentier, mais j'tape plus fort que Joe, et j'fais plus mal que la poêle de Micha, c'est dire.

    Longtemps que j'me suis pas bastonné, pas depuis qu'Hood moisi sur la barque entre les deux coques de l'Attrape-Rêve. Pas depuis que Punk m'a démoli les fonda en rameutant ses copains latexés. Pas depuis les Saigneurs, l'île maléfique, Dead End, Lynbrook.

    Wrestling point : Sheamus boot

    J'me transforme en guerrier komodo, mes poings vont d'eux même écraser les joues d'mes opposants, les écailles deviennent plus rouges à chaque coup, jusqu'à inconsciemment toucher le haki, le Loch Dhu, même. Le corps totalement recouvert, j'sers des asperges qu'ils bouffent avec mal, vomissent, sûr qu'ils auront pas de dessert ce soir. Ni plus jamais.

    Faut pas t'en faire, t'iras ch'tet pas en Enfer


    Combiné au Sheamus Boost, ça fait un truc pas propre qui pue la mort. Et la bouffe celte.

    J'me sens puissant et inévitable comme la soupe de la mamie que tu détestes mais que t'es obligé d'bouffer à la fin. Même après trois heures assis dans la salle à manger. Et mon poing fait aussi mal que chaque bouchées que tu prends. Vécu, ouais, jamais aimé les légumes.
      Kiril préférait se charger de la partie qui faisait mal, aux autres. Lilou hocha la tête pour approuver, pendant que lui faisait un ménage pour le moins efficace chez des opposants décidés à protéger leur bien, la rouquine chercha un moyen de sortir les esclaves de leur cage. Faisant le tour de celle-ci, un coup rapide dans la serrure ou un levier suffisant pourrait faire sauter la porte. Elle opta pour le premier choix tout d'abord pour plier le loquet, et termina d'arracher l'ouverture de la cage pour libérer tout ce beau monde.

      Mais à sa grande surprise, les esclaves à l'intérieur la regardèrent un temps, totalement interloqués. Des hommes, des femmes, des enfants comme des vieillards, prisonniers depuis trop longtemps pour se rendre compte de ce que ça signifiait pour eux. Et dans leur yeux, franchir le pas vers la liberté sonnait comme une véritable épreuve.

      Sortez, ordonna-t-elle doucement.

      Sauf qu'aucun ne bougea vraiment. Un môme s'avança vers elle, mais fut rattrapé par un adulte qui le colla à lui pour le protéger. C'était incompréhensible, et le temps semblait se réduire pour la rouquine. La pression monta dans ses veines, en entendant Kiril distribuait, les os craquer, le sang gicler de plus belle à chaque beigne qu'il assenait. Et elle, elle devait gérer une bande de gens effrayés par l'idée d'être libre. Les chaînes tintèrent à leur poignet alors que l'un d'eux avança timidement vers elle. Il lui présenta ses liens, et la rouquine contempla un temps ses ongles rongés jusqu'au sang et ses poignets amaigries par le jeun.
      C'était effrayant de voir le traitement qu'ils subissaient. Une pointe de colère teinta dans les yeux de la rouquine, qui arracha les liens de fer d'une poigne chargée au haki de l'armement. Ravalant l'amertume, elle désigna du doigt l'un des gôelliers à terre qui avait un trousseau de clef à sa ceinture, demanda à ce premier téméraire de s'occuper des autres. Mais lorsqu'il fut libre, gardant néanmoins toujours ses menottes aux bras comme des bracelets qu'il ne quitterait jamais vraiment, il partit en courant dans une direction en oubliant le reste. S'esquivant sans un mot, Lilou tenta de le rappeler sans y parvenir, et dans un soupir exaspéré, fit ce que l'autre aurait du faire.

      Laissant le punk à ses affaires, elle ouvrit les menottes de tous ceux qui s'avançaient vers elle, en tentant de s'enfuir ensuite. Qu'adviendrait-il d'eux ? La question s'imposa à elle quand le dernier fut libre et qu'elle croisa la lueur de peur dans son regard. La peur de ne pas savoir de quoi serait fait demain.

      La rouquine avait pensé pendant un temps que libérer des gens asservis serait une bonne chose. Elle le pensait toujours. Mais derrière, le fait de ne pas pouvoir leur redonner la vie qu'ils avaient eu avant de se faire enfermer faisait naître une toute autre frustration chez elle.

      Le temps qui défilait jusqu'ici avec une lenteur sans pareille s'accéléra tout d'un coup. Le bruit des pas des troupes s'amenant jusqu'au lieu du trouble la sortie de sa torpeur, et en un instant, le temps semblait vouloir aller deux fois plus vite pour ajuster sa course. Descendant de son pied d'estale, elle terrassa un type d'un coup de pied dans le tibia suivit d'une frappe droit dans le ventre, avant de poser la main sur le col de Kiril pour attirer son attention.

      Faut partir.

      Elle ne supposa même pas qu'il puisse la prendre pour une ennemie en se pointant dans son dos. Elle lui adressa juste un sourire complice avant de se retourner.
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      J'en ai latté, les foudres du peuple aux longs bras, j'pense que j'ai tout fait pour me les attirer. Mais pourquoi cette obsession pour les mecs faibles ? J'dis ça, parce que petit à petit, on se désintéresse de moi quand on voit les cages vides, on court après les esclaves qu'on a perdu. Ces mecs sont cinglés, pire que Jo. Sûr.

      J'sais pas ce que c'est être un pirate, en vrai, des fois j'suis un sacré fils de radasse, des fois j'ai l'impression d'être plus humain qu'la plupart des types qui peuplent le monde. Mais quand j'vois des mecs armés courir vers d'autres sans que dalle comme s'ils allaient perdre le sens à leur vie, j'me dis que ces dingos méritent bien plus qu'une fessée d'leur mater pour se calmer.

      Lilou ! Fais les tomb

      Elle n'attend pas la fin de la phrase pour utiliser les Rois. Une nuée de mecs affaiblis par mes beignes se retrouvent à lécher le sol tandis que je frétille une seconde pendant la vague.

      On peut pas partir tout de suite. On a libéré des viocs et des gens trop cassé pour intéresser les vrais timbrés d'l'île. Il est tard, pour ça. Faut qu'on revienne quand l'soleil sera à son zénith.

      En attendant, je fous ma redingote sur ses cheveux roux, au cas où. T'es recherchée, imbécile, je pense. Je pense aussi que je ferais mieux demain. Pour l'heure il faut fuir jusque l'Attrape-Rêve où Nounours et Linus attendent. Pour retourner sur Hanahetteria, j'pense qu'ils sont débiles mais pas assez pour ne pas avoir tilté que le bateau là m'appartient.

      Et ce qu'on fait ne sert à rien s'ils se font attrapés 200 mètres après. Faut trouver un moyen de les sortir de là. Ce soir, on s'grille les synapses...

      Vu ?

        Retour sur l'attrape rêve, à quai sur une île à peu près libre et peuplée de cinglés. Lilou retira ce qui recouvrait ses cheveux jusqu'ici, les laissant tomber en cascade sur ses épaules couvertes d'un gilet usé. Le navire n'était plus très loin d'Hanahetteria où ils comptaient tous passer la nuit. L'endroit d'où ils venaient semblait être encore agité pour l'heure et Lilou admirait de ses prunelles d'ambres et les sourcils froncés ce qu'elle avait réussi à faire, c'est à dire tout rater.

        On fait quoi du coup ? Demanda-t-elle finalement en se retournant vers les autres protagonistes de la scène.

        Le Punk restait silencieux, pendant que Linus et Nounours se regardaient en essayant de comprendre où elle voulait en venir :

        Tu as libéré le navire qui nous a amené ici, ça ne te suffit pas ?
        Non ! Bien sûr que non, ça ne me suffit pas ! Rétorqua-t-elle avec un air offusqué en fixant le géant qui devait bien faire deux têtes de plus qu'elle : A peine on les a sorti de leurs cages qu'ils ne savaient plus où se rendre pour se faire chopper trois cent mètres plus loin ! Kiril l'a dit, ça n'a pas servi à grand chose ! Et en plus, on l'attention des soldats de l'île sur nous maintenant...

        La frustration se lisait dans le ton de sa voix. Une frustration sincère. Elle s'en voulait d'avoir si mal joué. Mais à quoi s'attendait-elle, en fin de compte ? Que tout se déroule à merveille aurait été trop beau pour être vrai...

        Alors qu'est-ce qu'il te faut ? Pacifier l'île peut-être ? Tu comptes t'y prendre comment si ça ne sert à rien comme tu dis ?
        Mais je sais pas, c'est pour ça qu'on est là... On pourrait trouver des solutions ! Ou les amener ici et les déposer sur une autre île où ils pourront se reconstruire ?
        Sur l'attrape rêve ?
        Oui ! Fit-elle avec enthousiasme avant de se reprendre : Non ?

        Nounours secoua la tête négativement, plus réaliste sur ce qu'ils avaient comme cartes en main :

        Pas assez grand pour le nombre d'esclaves ici. Ça voudrait dire qu'à un moment, tu vas d'voir choisir qui tu libères et qui tu laisses derrière. On a qu'une seule chance.

        Elle baissa les yeux, avant de les relever sur Kiril. En croisant son regard, elle eut envie de lui rétorquer un « bah alors, tu dis rien ? T'as pas d'idées ?! » avant d'en avoir finalement une qui semblait tout droit être pioché de la tête du punk :

        Et si... On sonne les cloches à l'étage au-dessus ? On se tourne vers les gens qui dirigent le royaume, genre... Le roi ! On lui colle des baffes pour qu'il devienne sympa !
        Hm... Je suis pas sûr que ça ait un jour marché.

        Linus hocha la tête. Lui aussi assez réaliste sur les choix à faire et la portée de ceux-ci. Un silence tomba quand Lilou croisa les bras sur sa poitrine, poussant un long soupir.

        Tu n'aurais pas des amis sur qui compter pour les transporter ailleurs ? Reprit Nounours.
        Des amis ? Depuis ma trahison, je n'en ai plus aucun, mis à part sur ce pont... Et toi, Kiril ?

        En se tournant à nouveau vers le Punk, elle espérait beaucoup de lui. Sûrement trop.

        Euh... Il a plutôt tendance à pas trop s'en faire...
        Ouais, ça m'étonne qu'à moitié, fit-elle sans être surprise de la réponse, en haussant finalement les épaules. Ils n'avaient pas avancé d'un pouce : Bon, du coup ?


        Dernière édition par Lilou B. Jacob le Sam 31 Oct 2015 - 17:58, édité 1 fois
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        Aux esclaves, il leur fallait un grand bateau. Ou des bateaux. Tous les jours des esclavagistes arrivent sur Nakamura pour vendre leur marchandise, le comble du comble ce serait qu'ils finissent les tronches lattés dans leur propre cale et qu'ce soit les crados qui le dirigent. C'est la seule solution, de toute façon.

        On va s'en prendre aux bateaux des esclavagistes. Très souvent, ils proposent des produits de qualité qui s'écoulent le matin. Donc faudra être là tôt avant qu'y ait plus rien dans les cales. Ouais, je sais ça, j'ai vécu à Dead End un temps. Fais pas les gros yeux.

        J'ai assisté une fois à une vente d'enchaînés. En y repensant, j'étais d'jà gentil à l'époque, me semble que je les avais libéré et... ah oui.

        J'y pense que maintenant mais, t'es sur un bateau pirate, t'es plus une mouette et j'risque pas de me faire arrêter, si ? Non pas si. Alors on va se la faire à la pirate façon un peu robin des bois mais remasterisé pour ma gueule. On latte les bourreaux, on prend leur thune, parce que c'est comme ça qu'on bouffe hein, et ensuite on donne le gouvernail aux crados. J'doute qu'on pourra libérer ceux qui bossent pour les rupins mais... ça te va ?
          Ça me va.

          Elle lui adressa un sourire. Son idée était bonne, et surtout, c'était la sienne. Il lui avait donné sa parole, il allait arranger les choses, les bêtises qu'il avait créé sans le vouloir. Même si elle était épuisée par cette sortie impromptue et par le fait que ça faisait quelques semaines que les efforts physiques n'étaient plus dans son programme, ça la soulageait de savoir qu'il était là et pour de vrai. Qu'elle pouvait vraiment compter sur lui, et qu'il s'inquiétait de réaliser ces objectifs, même s'ils ne la concernaient pas.

          A devoir revoir le futur qu'elle était imaginée, virer de cap aussi brutalement, reconsidérer toutes ses croyances et principes qu'elle portait comme un étendard jusqu'ici, Lilou était un peu paumée. Savoir qu'elle pouvait encore faire quelque chose de juste, à ses yeux au moins, la rassurait. Lui donnait l'impression que tout n'était pas perdu, et qu'au fond, elle pouvait encore servir à quelque chose.

          Etait-ce une forme de thérapie pour sortir la tête de l'eau ? Et Kiril... Est-ce qu'il la soutenait parce que c'était elle, ou aussi, un peu, parce qu'il croyait faire quelque chose de bien ?

          Etait-il un homme de bien derrière sa prime qui chiffrait trop haut ?

          On fait ça dès demain alors.
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          ***

          Et quand le soleil est sur le point de se lever, les températures sont au plus bas. Il fait froid. Hm. Bon temps pour réchauffer les cœurs.

          Lilou et moi avons laisser Nounours et Linus sur l'Attrape-Rêve pour prendre la barque de secours dissimulée entre les deux coques. Je rame et, pendant un moment j'ai l'impression d'avoir déjà vécu cette scène. Je ferme les yeux pour faire appel à ma mémoire. Mais ça ne fonctionne pas. Alors j'oublie.

          Pendant qu'on est là, on peut parler. On a pas beaucoup parlé. J'me sens pas bien en ce moment, ça fait bizarre d'avoir des cheveux. Toi c'est quoi tes problèmes ?
            Mes problèmes ?

            C'était le genre de discussion qu'elle n'attendait pas de bon matin.
            Mais avec Kiril, il n'y avait rien qu'elle pouvait vraiment prévoir.

            Bah mise à part que j'ai tué un homme, abandonné tous mes amis pour éviter de me faire crucifier sur place et que j'ai maintenant une affreuse brûlure qui me fait un mal de chien, j'en ai pas autant que toi.

            Elle se racla la gorge doucement.

            Tu veux que je te coupe les cheveux en revenant ? Hm, ça te fera toujours un problème de moins.
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            Ouais, faudrait. Normalement j'fais ça avec les explosifs de Yarost, mais ensuite ça me fait d'étranges traces rouges au crâne. Un peu flippétant.

            Je sais d'où me vient le sentiment de déjà-vu. C'en est pas un. Boréa. Je ramais comme je rame aujourd'hui. Sauf que là on sait où on va.

            Je la regarde se glacer les miches. C'est marrant. Elle tremble alors que dans quinze minutes même pas, on va faire mal à des tas de types. J'veux dire, c'est dans ces moments-là que tu te rends compte que ça arrive même à Teach d'attraper un rhume et de rester au lit pendant trois jours.

            T'en fais pas. Faut juste savoir s'adapter à la situation. C'est comme les mecs avec leur jambe de bois. Avant, ils s'étaient demander comment faire. Pis ils ont trouvé une solution. Ils se sont adaptés. Toi c'est pareil. T'es juste dans la phase où tu sais pas quoi faire. Je t'offre un temps illimité pour décider. Tant que tu sais pas, vois l'Attrape-Rêve comme ta maison.
              Et dès que je me serais décidée, faudra que je parte ? Que je me retrouve toute seule ?

              Je veux dire...

              Pff, je sais même pas ce que je fais là, maintenant. Je sais pas si je trouverais la solution. J'ai pas l'impression que ça ait trop de sens, et je sais pas pourquoi tu perds ton temps ici, avec moi. T'as mieux à faire que de venir me tenir la main. Surtout si tu dois être le meilleur charpentier du monde ou un truc du genre en pirate, t'as du boulot qui t'attend ailleurs...

              Je sais pas si je trouverais un jour, j'ai même plutôt envie de jeter l'éponge tout de suite, tu vois.
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              Qui a dit qu'il allait te laisser seul que je lui latte la tronche ?

              Je perds jamais mon temps, moi, sauf quand je bois. Là je bois pas, donc je perds pas mon temps. C'est un théorème que j'ai inventé. Rousse, qu'est-ce t'aurais préféré ? Devenir la complice d'un taré en blouse blanche ? Bof. Y a mieux comme vie. Là même si t'as l'impression d'avoir tout perdu, je t'assure que c'est mieux.

              Tu serais pas toi si tu l'avais pas fait. Et je suis là parce que c'est toi que j'ai envie d'aider. Pas la complice d'un taré en blouse blanche. Vu ?

              Le temps que tu trouves, eh, on a plein de choses à faire, toi et moi. Le monde est vaste. Le monde c'est certainement pas Marie-Joie.
                Je serais pas moi si je l'avais pas fait, Répéta-t-elle. Je serais pas moi si j'avais pas tué un homme.

                ça sonnait pire qu'un cauchemar dont on ne pouvait pas se réveiller.

                Ecoute-toi, Punk, ça n'a rien de rassurant ce que tu me dis. Sérieusement, moi, ça me fait plus peur qu'autre chose tout ça. Puis pourquoi tu rames si lentement ? Cette conversation me met mal, tu veux pas accélérer plutôt ?

                Son regard se ferma, elle baissa les yeux sur ses jambes remontées à sa poitrine. Un soupir lui échappa ensuite avant de reprendre d'une voix timide :

                Je l'avais fait, une fois. Prendre une vie. Et je m'étais promis de plus jamais, jamais, jamais le refaire. C'était horrible. C'est horrible. C'est un regard qui te fixe constamment dans le dos, que tu ne croises jamais vraiment, mais que tu sens te brûler à force de te voir sans te lâcher.

                Elle serra la mâchoire, avalant la moitié de ses mots :

                C'était un monstre. Mais c'était aussi un homme. Je sais pas ce qu'il m'a pris, mais même savoir que c'était un monstre ne me rassure pas.
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                Un homme qu'on savait monstre. Un mec bien protégé par vous les mouettes, et ce qu'il faisait dans son labo, c'était pour qui à ton avis ? C'est pas cool de forcer un type à embrasser la Camarde, mais si c'est un gros méchant pas beau, dans le genre antagoniste de l'histoire, hm...

                Dans tous les cas, tu peux pas te sentir mal ici, pas avec moi. Parce que moi je te pourchasse pas, à moi t'as pas de compte à rendre. Alors tu devrais pas te sentir mal.

                Et ce qu'on va faire ici, sur cette île de merde, Dieu que c'est bien. J'vais revenir dans ses bonnes grâces, un peu ? Quoi que je m'en balance pas mal. Mais au moins ça va te redonner le sourire d'avoir réussi à sauver la vie de centaines de personnes. Le toi qui bute Végapunk et toi qui libère les pauvres oppressés ont autant d'importance l'un que l'autre.

                Tu seras jamais fière d'un, mais on te le demande pas. On te demande d'être fière de l'autre. Fais ça, au moins.
                  Tu as sans doute raison, Kiril.

                  Je sais que tu as raison. Mais ça n'a rien de simple. Ce n'est pas une petite parenthèse que je peine à refermer dans une phrase, c'est plus que ça, tu sais.

                  J'ai peur de faire des choses sans y croire, juste parce que je veux compenser. Une vie en moins, en échange de cent de plus. Si je commence à marchander avec la mort en lui donnant des têtes, je vais jamais m'en sortir.

                  Ce qu'on fait là, c'est important. Et c'est bien. J'ai peur de le faire sans conviction et sans l'espoir de faire pour le mieux.
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                  On arrive, justement. On verra ce que ta conscience en pense quand on sera sur leur couverte.

                  La barque frôle la coque du navire "marchand" comme j'en ai trop vu. Étonnement grand, sans doute que je ne me suis pas trompé quand j'ai dit que le matin, c'étaient de grosses livraisons. Me fait mal au cœur de connaitre leur vocabulaire. Les euphémismes me font mal au cœur. Sans doute à cause de Lynbrook.

                  Je me change en Komodo et active le Claw Point, les griffes poussent aussi vite que les poils sous les aisselles d'une nana, héhé. J'me dis, ça devrait fonctionner.

                  Embarque. J'vais grimper.

                  Et je viens de prouver que des fois, ça sert pas totalement à rien d'avoir bouffé un putain de zoan. La rousse placée, j'bats l'estrade du navire, plutôt vers la poupe. Là qu'y a moins de gens en général. Dans tous les cas, pas l'intention de pas faire du bruit, pas mon genre.

                  Ma gueule de Komodo dépasse les bordés, j'mate c'qui s'passe à bord. Apparemment, une bonne partie de l'équipage se consacre à faire sortir la marchandise. C'est là qu'y faut agir, sinon on en perdra une bonne dizaine. Lilou l'a compris, apparemment, puisqu'elle attend pas mon accord pour me marcher sur la tronche.

                  Rah.

                  Direction le château arrière où on fait semblant d'être discrets comme les pros. Je vérifie que mes jets dials sont bien en place et j'm'en vais m'foutre dans la mêlée.

                  Un intrus à bord !

                  Vrai. Quel intrus, moi, mal barré pour toi petit. Je lui souhaite bon voyage avant de lui foutre une beigne. Il vole à quelques kilomètres, notre rencontre aura été courte. D'autres viennent m'encercler, le problème c'est que des esclavagistes, ça reste des marchands, ils sont encore plus faibles que les pirates de base. Je les latte assez facilement tandis, ça m'empêche pas de me prendre des marrons.

                  Quand ma tête gicle un peu ailleurs, j'percute que j'ai perdu la chevelure de feu dans la foule. Je m'inquiète pas, au contraire. Comme elle est pas sur mes talons, j'me défoule.

                  Tail Point !

                  La queue du Komodo en plus de grandir devient plus maniable. Je balaye les mecs de derrière et boxe les types de devant avec un haki vitaminé salement dans les margoulettes. J'repère l'entrée de la cale et des yeux dans le noir qui me fixe avec beaucoup trop d'espoir. Comme si j'avais la gueule d'un héros ? J'déboite quelques épaules, me prend des bottines dans le pieds, mais quand je me relève, j'en élimine toujours cinq de plus. Malchance pour eux.

                    Ce que sa conscience en disait ?

                    Alors que Kiril avait pris largement les devants en mettant à mal les quelques uns qui l'avaient surpris sur le moment, Lilou avait pris la direction de l'ancre. Il ne lui suffit que de quelques coups de poings pour se faire de la place jusqu'à là-bas. La chaîne chuta avec le grappin au bout. La rencontre avec l'eau fit un grand bruit, et quand l'objet racla le fond de la mer, arrêtant dans la foulée le navire brutalement, celui-ci vira soudainement de bord avant de se stopper tout bonnement.

                    Du reste, Lilou aida son confrère punk à nettoyer l'endroit. Attirés par le désordre sur le pont, puis par le fait que le navire n'avançait plus, le reste de l'équipage arriva pour prêter main forte à leurs amis déjà mis à mal. Très vite, les deux intrus firent une pile de mercenaire en plein centre du navire, s'arrogeant le droit d'en envoyer quelques uns à Davy Jones pour leur apprendre les bonnes manières.

                    Des cris et des insultes parvinrent jusque dans la cale ou les esclaves étaient stockés, mais personne à l'intérieur ne comprit ce qu'il se passait réellement.

                    Eclatant le crâne d'un des esclavagistes contre la rambarde du navire, Lilou en profita pour en arracher un morceau et s'en servir bouclier. Sous le regard courroucé d'un Kiril qui lui disait, dans les grandes lignes, que si elle commençait à démonter le navire pièce par pièce, ils n'allaient jamais pouvoir le rendre aux esclaves. Comme toute réponse, elle lui rendit une moue qui disait « oups, pas fait exprès » juste avant de se servir de ce qu'elle avait dans les bras pour tabasser sauvagement un pauvre type avec.

                    Sa conscience lui disait que c'était violent.
                    Mais quand il n'y eut plus aucun opposant sur le pont et que le calme revint soudainement, elle comprit que c'était certes violent mais utile pour les autres. Elle jeta un regard à Kiril, qui l'invita à sortir les esclaves de là où ils se trouvaient.

                    Avalant au pas de course la distance jusque dans les entrailles du navire, elle arriva finalement devant une trappe. Attrapant la poignée, elle tira un coup sec dessus, sans contrôler sa force ni sa colère, elle l'arracha tout bonnement. Et Kiril pouvait bien la disputer pour ça. Elle s'en moquait. Cette trappe était une aberration du navire, une porte qui menait vers le pire de ce qu'il se faisait sur terre, elle n'avait aucune raison légitime d'exister encore.

                    Les esclaves mirent un certain temps à sortir de leur trou, à s'en donner l'autorisation. Lilou en profita pour retourner sur le pont avec Kiril, pour les attendre justement et leur expliquer comment tout allait se dérouler. Quand les premiers arrivèrent, étonnés de voir la mer, et surtout leur prison dans un état pareil, la jeune fille leur annonça proprement les choses :

                    C'est à vous.

                    Ce bâtiment leur appartenait désormais. Elle ne savait pas s'ils allaient réussir à le manipuler, s'ils pourraient en faire quelque chose, mais ils avaient désormais un bon point de départ pour aller quelque part.
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                    Et maintenant, ils pensent que faire et maintenant je pense à rentabiliser ma bonne action autrement que par la promesse invisible d'une place au chaud au Paradis. Pendant que je dévalise sans honte tous les biens matériels que les autoproclamés maîtres possèdent, je flaire l'inquiétude de Lilou quant à l'avenir de enchaînés-plus-maintenant.

                    J'ai pas tapé des mecs pour rien, les gars. Pourtant j'vois pas la lueur que devrait avoir un nouveau libre dans ses yeux. Est-ce que c'est la peur du lendemain ? Voyez, c'est des conneries. Y a qu'à me châsser. J'pars du principe que si j'arrive à taper dans un plat tous les jours, moi Kiril, c'est possible pour tout le monde.

                    J'suis abandonné du Très-Haut,
                    Mes idéaux volent pas très haut,
                    Une bière, une canne à pêche et zou,
                    tu m'vois danser sous les préaux

                    Les mecs qui m'parlent sont pas normaux
                    Je rends le haut-peuple parano
                    J'descends un rade, tous ses tonneaux
                    Avant d'être séduit par un autre

                    J'veux qu'la vie m'en mette plein les yeux
                    Et j'voudrais même rencontrer Dieu
                    Pour l'plaisir d'me savoir zieuter
                    quand j'montrerai ma raie aux cieux

                    Rien foutre, m'en foutre et puis m'enfuir
                    Aussi loin qu'l'Océan propose
                    C'est tout ça mes projets d'av'nir
                    Jusqu'à qu'Il m'enterre je suppose


                    Rien de plus simple que de regarder devant soi pour avancer. Au moins, si tu marches sur une merde, tu t'en tapes et tu t'arrêtes pas. Sûr qu'ensuite tu sens l'odeur, mais t'auras pas perdu de temps à racler ta bottine avec un bâton que t'as ramassé à côté où le même cabot a pissé.
                      Et les autres ?

                      Ses pensées étaient forcément orientées vers eux. Tous les autres sur l'île qui ne pouvaient rien faire. Enchaîner, des pieds aux poignets sans pouvoir s'en libérer. Qui entendaient les échos de leurs actions, à eux, un punk et une rouquine, sans pouvoir en bénéficier. C'était terrible de se dire que, qu'importait ce qu'elle faisait, ça n'était jamais assez suffisant. Encore plus de se rendre compte que la cause de ses gens la travaillaient au plus haut point. Elle ne les connaissait pas, mais se découvrait une compassion toute particulière pour eux.

                      Parce qu'au fond, elle se sentait comme une adolescente qui partait en guerre contre le monde. Sans se rendre compte qu'elle s'en prenait là à un énorme morceau. Mais était-ce là seulement les lubies d'une adolescente ou une conviction profonde et une haine palpable ancrées en son sein contre ces pratiques ? Elle aimait penser que tout ça la révulsait, sans pouvoir être sûre que tout n'était pas la conséquence de ce qu'elle avait vu. Une réaction, un symptôme qui prouvait ses maux.

                      Ce n'est pas assez, fit-elle à Kiril.

                      Tous les deux avaient regagné la barque d'où ils étaient venus. Après quelques mots sur le B.A.BA de la navigation à un homme chétif et fatigué, le navire avait fait demi-tour et s'effaçait déjà au loin. Elle avait gardé le silence tout du long en tentant de rester calme, patiente, et tout ça. Mais elle se rendait compte que rien n'allait assez vite à ses yeux. Serrant les poings, elle poussa un long soupir pour extériorisé sa frustration, avant de relever le nez vers lui et ajouter :

                      Il faut qu'on s'occupe de tes cheveux aussi.

                      La remarque n'avait rien à voir avec le reste, mais depuis qu'elle était avec le punk, elle avait aussi tendance à passer d'un sujet à l'autre comme on saute du coq à l'âne. Et ça ne lui faisait pas peur :

                      Là, c'est n'importe quoi.
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