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Le grand coeur des grands cons

Elle regarde l’horizon comme si elle perdait la raison, comme si tout son passé s’émiettait dans la brume dorée à l’orée de la nouvelle saison. Est-ce un flocon qui vient vers elle, en est-ce plusieurs ou est-ce le froid ? Les faucons passent et quittent l’Hiver, sûrement à la recherche de l’endroit où ni eux ni moi n’auraient à la voir s’éteindre comme ça.

Je n’arrive pas à me mettre à sa place ou j’oublie trop souvent de le faire ou quand j’essaie, je ne comprends pas ses positions. En somme, nous deux, nous sommes très différents. Je me demande encore ce qu’on fout sur ce rafiot, loin du monde et des gens, seuls mais pas à l’abri, du moins pas des flots.

Parfois, j’oublie de mettre mon masque de punk, et je la regarde dans les yeux. Ils s’éclairent d’une lumière inquiétante en voyant mon visage, comme s’ils ont en face d’eux une autre personne, une autre image. J’en ai conscience, je sais qu’elle existe mais je ne la connais pas. Je ne souhaite pas la connaître, car peut-être que c’est moi ?

Un instant alors, je cesse d’être Kiril le farceur, et je deviens celui que j’ai été quand j’ai perdu Lana. Et elle revient, elle prend la place de celle que j’ai en face de moi, et je veux m’enfuir à tout prix. Je remets le masque, c’en est fini… d’être moi ?

Il n’y a pas un moment où j’ai souhaité y réfléchir, à quel point ça doit être dur pour elle de s’imaginer se relever. Repartir à zéro est terrifiant. Je m’y suis fait, d’autres ont sorti les lames et ont vu couler leur propre sang.

Je lève les châsses au Ciel pour l’insulter, qui est-ce que j’insulte, je ne sais pas. Mais s’il y a quelqu’un qui se joue de nous là-haut, je lève mon majeur pour elle car ce quelqu’un me fout en rogne. Je me demande encore comment ça ne peut pas être simple de vivre seulement.

Pourquoi est-ce que des gens comme nous qui ne sont certainement pas plus lettrés ou culturés que les autres, pourquoi nous, on se rend compte de ce qui est bien ou mal ? Prendre en otage une vie en échange de coups et de sueur, ce n’est pas bien.

Au même titre que je ne peux pas lui faire l’affront d’essayer de la rassurer ou de m’excuser. Ce n’est pas bien. Je sais exactement à quelle réaction je dois m’attendre ensuite. Parce que ça ne fait pas trois jours qu’elle est là mais je la connais parce que ça fait cinq ans de conversations, querelles et marrades imaginaires que je me tape avec ces foutues lettres qu’elle m’a envoyé.

Y penser me fout les jetons, je me mets à triper en tremblant. Je me mets à me demander comme elle : eh pourquoi fallait que je fasse tout ce chemin ? La réponse m'apparaît, très claire, je voulais pas l'admettre je crois bien.

Je me sens grand con encore, un mec complexe à bord d’une tombe qu’il a lui-même construite et qui l’amène à sa mort qui dès qu’elle le verra rira fort : qui est l’imbécile qui a dit que le cœur n’avait jamais tort ?
    Le rasoir passe sur sa tempe, avec soin, presque avec douceur. Venant de moi, ça doit sûrement faire bizarre. Et je ne glisse pas un commentaire sur le fait que ça doit être bien plus sympa qu'avec des explosifs. Kiril sait de quoi je parle, maintenant qu'il retrouve à peu près la tête qu'il a sur les affiches qui le priment.

    Et en parlant de prime, la mienne est sortie. Je l'ai contemplé assez longtemps pour la connaître par cœur, pour me rappeler les remarques de Linus, et surtout le silence du punk. Il n'y a eu que Nounours pour l'ignorer, ayant autre chose à fiche, comme amarrer à quai sur l'île où les travelos vivent encore.

    La trahison coûte chère. La mienne vaut trois cent soixante dix millions de berries, une sacrée somme qui permettrait à n'importe quel marin de vivre tranquille pendant plusieurs décennies. Mais je suis résolue à ne pas me faire attraper, et la hauteur de ma prime équivaut également à mon niveau de dangerosité. Je me sais forte, je me sais violente lorsqu'il le faut vraiment. Décidée surtout à tenter de me construire un semblant de tranquillité quelque part.

    Pour l'instant, c'est à bord de l'attrape rêve. En faisant dieu sait quoi pour l'instant, à m'occuper les dix doigts en attendant de trouver autre chose pour sauver Hungeria d'elle-même. Retailler la crête du punk, c'est un bon début. Et ça me prend du temps, vu comment il refuse de se laisser faire, distrait par mille et une chose.
    Susette nous retrouve à quai, avec un repas digne d'elle. Pas forcément très bon, mais l'ambiance agréable et légère qu'elle amène compense le fait que tout n'est pas mangeable. Nounours, Aimé, comme il m'a repris une fois pour se présenter vraiment à moi, fait le reste. Sa sagesse m'impressionne, m'apaise même. Et la candeur fraîche de Linus me permet de me rappeler pourquoi je me bats.

    Durant la soirée et le repas, plusieurs sujets viennent à table.
    Nos récentes actions sur Hungeria évidemment, mais surtout les limites de celles-ci. Je ne suis pas satisfaite, et l'équipage le sait. Trop bien. J'ai l'impression d'avoir des chaînes aux mains et de devoir affronter toute une armée avec un boulet aux chevilles. Et de toutes les solutions qui passent sur la table, aucune ne nous satisfait vraiment...
    L'endroit d'où ils viennent. Aimé, Yarost, et surtout Kiril. Comment est Alvel, et ce qu'il s'y passe là-bas.
    L'endroit d'où nous venons, avec Linus. Et l'absence des miens, les autres, à mes côtés. Des réflexions sur où pourrait être Bee en ce moment même. Bee, que le Punk n'a jamais rencontré, et est bien curieux de connaître.
    Et la suite, qui reste obscure. Une obscurité qui me met le doute, chose que Kiril ne comprend pas. Ne cherche pas à comprendre. N'a pas envie de comprendre. N'essaie même pas.

    De la discussion sereine à la dispute emportée, nous passons par toutes les humeurs avant de partir nous coucher. Et moi, je quitte en presque dernière la table, la rage au poing comme souvent ces derniers temps, pour rejoindre ma couche. Kiril dit qu'on ne boude pas sur l'attrape rêve. Mais moi, je ne suis jamais d'humeur à faire autre chose. Jamais.

    Je m'énerve sans doute pour rien, si je l'écoute. Si je crois ce que je ressens venant de lui.
    Et pourtant, j'ai toujours l'impression que ma colère est parfaitement légitime.

    Il en vient à me faire douter de ce que j'ai comme certitude, et de ce qui n'en est pas. A douter des limites que je pensais comme clair. Et je ne parle pas de ma conception de la justice, ou du gouvernement, ou de tout ça. Je parle de tout le reste, de ce qui ne se dit qu'à mi-voix.

    Et maintenant ?
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    Alors, capitaine ? Quel va être notre prochain mouvement révolutionnaire ? Je me sens révo tout d'un coup, tu te sens pas révo toi Nounours ?

    Nounours me regarde, dépité. Il ne sait pas quoi en penser, est-ce que je plaisante ou pas, suis-je fils de radasse ce jour-ci ou pas ? J'aimerais bien lui répondre mais je ne sais pas moi-même. Les bonnes actions, ça m'évitera peut-être de finir dans un coin trop profond de l'enfer, qui sait.

    Lilou ne me répond pas, elle est fâchée. Le problème c'est qu'elle est toujours fâchée. Je me demande comment ils faisaient, les marines, pour supporter ça. En tout cas moi, ça m'enquiquille les baloches, version tellement fort que ça les stérilise. J'essaie d'être drôle, je suis pas drôle, j'essaie d'être gentil, je suis pas gentil, qu'est-ce que je devrais faire hein ?

    Les yeux de Linus me disent d'abandonner, que la situation ne s'arrangera pas, qu'il vaudrait mieux ne pas lui adresser la parole et peut-être qu'après quelques jours de moue, elle reviendrait d'elle-même, toujours aussi énervée, mais elle reviendrait. Ils ont peut-être raison, peut-être pas ? Majeur.

    Et bah tu sais quoi tu peux continuer, je m'en tape. Et, je me disais plutôt que de libérer des esclaves de grands places, je sais ce qui ferait profondément chier les piliers de Nakatruc, et c'est, tadam : leurs esclaves, à eux.
    Hnhn, et comment tu t'y prends ? La totalité des gardes sont des longs bras, pour l'infiltration c'est pas top. Et ils seront aux aguets, un bateau a déjà disparu.
    Facile, on se fait vendre ! Et on les attaque de l'intérieur, discret. Hein Lilou ?
    Haha, hahahaha ! Tu es sérieux ?
    Hahaha, haha ha ! Très sérieux. Et Linus et toi êtes de la partie, hein Lilou ?

    Cette fois-ci, elle me regarde, toujours sans parler. Y a une réaction, au moins. M'enfin... ça n'a rien de plus rassurant.
      Mouvement révolutionnaire ?

      Voilà que sa déclaration m'interpèle. Sans écouter sa discussion avec Aimé, je reste songeuse vis-à-vis de ça. Ce qu'on fait est si révolutionnaire ? Vu qu'il n'y a pas de gouvernement mondial dans le coin, à qui, ou à quoi, est-ce qu'on s'oppose ? Et puis surtout... En quoi est-ce que trouver honteux que des hommes et des femmes, toutes espèces confondues, soient réduit en esclavage est révolutionnaire ? N'est-ce pas simplement du bon sens ?

      J'aurais bien envie de partir dans un long débat avec lui sur la question. Pour une fois, je pense qu'on doit à peu près penser la même chose. C'est dégoûtant, c'est à vomir. Mais il y a pire ailleurs, sans doute, et beaucoup de travail pour nous si on se lance dans cette direction. Y'aurait sans doute moyen de faire plus rapide, plus simple, moyen de demander de l'aide à d'autres...

      Mais avec ma prime qui vient de sortir et la réputation de Kiril, j'ai peur que notre demande soit pris comme une bonne grosse blague. Quand l'un frôle les deux cent millions et l'autre les quatre cent, sûr que ça n'a rien d'engagé de débattre avec eux droits des hommes, qu'ils soient des fonds marins ou du haut des nuages. Pour l'instant, nous nous occupons de gens comme lui et moi enchaînés par des types à deux coudes, mais d'autres attendent et nous ressemblent encore moins.

      C'est sans doute assez étonnant que je n'ai pas été plus confronté à ça. A l'esclavagisme. Quand j'étais en service, s'entend. Le phénomène est répandu, visiblement. A Marie joie, c'est tout un commerce dans de belles rues salies par cette aberration sans nom. C'est de la merde sur des pavés de marbre, ça fait toujours tâche. Et chose incroyable, l'idée de Kiril semble pour une fois assez bonne pour être audible et applicable. Je fronce un sourcil surpris.

      Il a aligné ses deux neurones, semble de bonne humeur, et assez en forme pour réfléchir de manière concrètement. Faut surfer sur la vague, on ne sait jamais combien de temps ça va durer :

      Va pour Linus et Aimé, oui. Vous serez dans le coup. Nous deux, c'est pas la peine d'y songer, ils nous reconnaîtront tout de suite et nous vendrons au GM. Et pour nous sortir de là, faudra espérer plus qu'un miracle.

      Je joue avec une mèche de cheveux en réfléchissant un peu plus. Mettre en jeu Linus comme Aimé ne me plaît pas vraiment, et je ne suis pas certaine que l'idée leur plaise plus. Linus a d'ailleurs pâli en me regardant avec de gros yeux, l'air de me dire que ça n'a pas de sens, l'air de me demander pourquoi je me lance dans cette folie. Aimé en a déjà marre de ces bêtises. Yarost s'en fout et se laisse grattouiller sur mes genoux, et s'il avait la possibilité de ronronner, sans doute qu'il serait déjà en train de le faire.

      Faudrait prendre contact avec des gens qui s'y connaissent dans le domaine. Genre, des révos. J'en connais deux ou trois, y'aurait peut-être moyen que je les appelle et qu'ils cherchent pas à me flinguer tout de suite.

      Kyoshi ? Vu comment on s'est laissé tous les deux, c'est probablement pas la peine d'y songer. Rafaelo ? J'ai plutôt envie de me tirer une balle, mais si y'a moyen, peut-être que ça peut aider. Oswald ? Je crois que si je le vois, ou si je l'entends, je pourrais l'étrangler à travers le denden. Les dernières nouvelles disent de Craig qu'il a viré du côté révolutionnaire de la force, mais j'ai jamais vraiment eu de contact avec lui alors bon... En fait, ce qui serait vraiment révolutionnaire, ça serait de trouver un interlocuteur fiable. Fait chier.

      J'vais voir ce que je peux faire. Kiril, tu t'occupes du reste ?
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      Kiril s'occupe du reste, et ça fait pas plaisir à mes deux mannequins. Nounours se vendra bien, sûr, il est costaud et il a de la barbe. Testostérone à foison, ça plaît aux acheteurs. Très bien. Linus, présenté comme un intellectuel pourrait valoir son peson d'or. J'murmure à Nounours de faire en sorte que et je leur dis, faudra repérer le bateau le plus mastoc du marché et s'y infiltrer. Quoique des esclaves sans chaînes, ça fait louche, mais c'est rien de plus que des coups de bâtons à supporter. Devrait pouvoir le faire.

      J'me gratte le crâne comme j'ai l'habitude, j'entends que sur les côtés pas un veuch pour barrer la route à mon ongle crade, ça m'donne l'air d'en avoir quelque chose à chier de réfléchir, mais c'est qu'un air, en vrai, c'était juste une mouche qui s'y était posé. Beuaha.

      Et moi, qu'est-ce que je fous ? J'aime pas ne pas faire partie de l'action, et j'aime pas être dans les teams qui s'occupent de sauver les potes, ça me ressemble pas, de sauver les potes.
      Sympa.
      Tu vois enfin ma vraie nature. Un artisan de l'altruisme, le punk.

      Nounours s'grattait le dos en soupirant. Ces derniers temps, l'Aimé était un peu ailleurs. Drôle de nom, je dis encore. Drôle parce qu'il doit forcément être aimé d'une famille, en profondeur. Mais ici, on est tous orphelins. Et c'est triste. L'amour existe pas sur un bateau pirate. Pirate, j'ai dit ? Révolutionnaire !

      ***

      La danse des souvenirs dégage un parfum apprécié fut un temps, maintenant, c'est comme s'il avait perdu de sa saveur ou comme si moi, j'avais perdu le goût des odeurs. Mais je vois en Lilou, que je ne connais pas bien, les cheveux de Serena... Et même quand dans un bout du monde, je me retrouve dans les pires des situations (à cause d'un Punk, souvent), mes pensées sont toujours rongées d'elle. Je me demande ce qu'elle fait, si elle le fait bien et comme garanti je n'ai que quelques lettres de feuilles de choux. Elle aussi porte l'uniforme des gens de bien. Sur le papier.

      Je m'approche de la rousse que Kiril a l'air de tant aimé malgré les apparences, et comme un dernier espoir souffle.

      Par le plus grand des hasards Lilou, quand tu étais mouette, en as-tu rencontré une s'appelant Serena ?

      Kiril ricane avec intérêt, piaillant des trucs sur une ancienne conquête, et des secrets de ma part. Piaillant des trucs. En gros.
        Putain.

        Je viens tout juste de raccrocher, mais pas avec celui que je voulais avoir à la base. J'ai la mâchoire serrée quand enfin je reviens vers les autres, l'air bougon qu'ils me connaissent bien depuis que je suis arrivée dans le coin, prête à râler pour absolument rien, même si au fond de moi, c'est un peu le drame de ma vie et que j'ai très envie de lâcher quelques insultes. Tous me fixent l'air de demander ce qu'il peut bien y avoir encore, ce que le punk a fait pour me mettre furax. Pour une fois depuis nos retrouvailles, Kiril n'y est absolument pour rien. Dingue, je sais.

        Ils nous enverront quelqu'un. Je sais pas qui, je sais pas quand, je sais pas s'ils le feront vraiment, mais ils ont dit, alors voilà.

        En fait, je viens avec du rien entre les mains. C'est peut-être ça le pire. Des heures pendues au combiné pour du vent, un coup d'épée dans l'eau. J'étais partie, motivée et pleine d'espoir de tomber sur une oreille attentive, j'en reviens bredouille et honteuse de ne pas pouvoir faire mieux.

        A côté de ça, même Kiril a été très utile. Ça m'en bouche un coin, et j'en serais presque rouge de gêne. C'est pas dans mes habitudes d'être aussi naze.

        *

        C'est Nounours qui vient me voir. Il est temps d'aller le vendre, lui et Linus, et de veiller sur sa pomme de loin. Mais pour l'instant, sa question m'interpelle assez pour que je marque une pause dans ce que je suis en train de faire. Lui jetant un regard interrogateur, en nouant mes cheveux en un chignon haut, je souffle un coup :

        J'avais une lieutenante sur le Léviathan, qui s’appelait Serena.

        Une rouquine avec un sacré tempéramment, que je me retiens de dire. Une fille bien, même si son caractère était pas des plus faciles, elle savait obéir aux ordres, comme si ça avait vraiment de l'importance quand ça comptait encore pour moi. Je me rends compte d'ailleurs que parfois, j'ai des relans de cette vie. Quand mes ordres sont clairs sur ce navire, j'ai l'autorité que j'entretenais sur le Léviathan, la voix qui porte comme il y a quelques mois.

        Serena Porteflamme, que je lui précise à la suite. Elle a démissionné juste avant mon... Changement de voie. J'en sais pas plus.

        Nounours semble palir. Ou... Un truc comme ça. J'interroge Kiril du regard pour savoir ce qu'il lui prend, au géant. Mais même le punk a pas l'air de trop capter de quoi il en retourne. Faut dire que c'est bizarre, pour lui comme pour moi. Nounours n'est pas des plus expressifs en temps normal.

        Faut croire que Serena, c'est quelqu'un. Ou alors qu'elle le devient vraiment.

        Et ça, j'en ai jamais douté.
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        Nounours la ferme, et ça me les casse. Je suis curieux. Qui c'est cette nana ? Sa copine, sa femme ? Sa radasse ? Oh merde, sa fille ? L'enfoiré ! Il m'a rien dit ! Jamais rien dit ! Oh si ! Si, si... Maintenant ça me revient. Quand on a pris l'Attrape Rêve pour la première fois, quand notre objectif c'était le grand nulle part, il m'a parlé de sa sœur qu'il fallait qu'il retrouve. Bouh, pas sûr qu'il la retrouve si c'tait une subordonnée de Lilou. Héhé.

        Bah.

        Sûr que c'est une histoire très émouvante, l'aminche, mais en v'là une autre : Linus et toi vous prenez la barque en faisant attention aux châsses des esclavos, et vous vous infiltrez. Moins émouvant, déjà. En espérant que tu reprennes des couleurs. On se penchera sur ton cas quand on en aura fini.
        Je m'y pencherai moi-même. J'aimerais pouvoir te parler, Lilou, après ça.

        Elle dit oui.

        Bien alors, Linus, mon chou, t'es prêt ?

        Il dit oui. Pas convaincu.

        Bien, Lilou, on s'en tape des renforts. Au pire, on improvise. Dans tous les cas je laisserai pas Nounours dans la merde. Ni toi Linus. Après ça, on se casse. Illico. Pendant ça, toi et moi, on va voir ce qu'on peut faire des bateaux si tes potes gris se montrent pas. En attendant, bon courage les mectons.

        ***

        Linus est un type sympa. Ma première impression. Mais barbouillé de façon à ce qu'il ressemble à un va nu pied, peur, chaleur, gloussement, il a l'air faible. Je me dis alors qu'il faudra que j'endure jusqu'à la fin si je ne veux pas qu'il lui arrive quelque chose. Après tout, les types sympas se font rare. Suffit de voir la tronche de Kiril.

        J'souffle un peu, en essayant d'expulser Serena de mes pensées. Porteflamme, hein... Elle a démissionné, finalement. Il n'est pas un uniforme, je pense, qui ne lui va pas bien. Et celui-là, comme un autre, j'imagine qu'elle le portait comme on porte son pyjama.

        J'en ai eu des frayeurs, avec ses histoires de bas de page. Les Rhinos Storm, c'était ça. Penser que je suis là, maintenant et qu'elle est autre part me fout les sueurs un brin. Mais elle sera ensuite ma priorité avant que le soleil de mon esprit ne se couche et que je sombre dans une folie monstre. C'est possible. Je finirai comme Kiril et sa Lana, et je ne veux pas, tout sauf ça.

        Même schéma, maintenant, que leur virée d'avant entre anamoureux, la coque de la barque claque un peu contre la peau du grand navire d'esclavos. On monte avec des sortes de grappins que Kiril a péta à Hood, me souviens bien, et une fois sur la couverte, on se tait parce qu'on est plus rien. On est esclaves.

        Quel sentiment ça te fait, toi, Linus ?
          Je n'étais pas vraiment partant pour l'idée de Kiril à la base. Mais je n'ai jamais vraiment l'audace de m'imposer dans ce genre de circonstance. Lilou prend déjà toutes les initatives quand on doit en prendre, et Kiril se charge du reste systématiquement. Aimé a l'air de s'y être fait (oui, je connais son nom, il suffit de discuter avec lui pour qu'il vous le donne gentiment), il ne s'étonne plus de grand chose. Moi... Moi, ce n'est pas la même. J'ai pris l'habitude de laisser les autres me donner des ordres, mais maintenant que je n'ai plus vraiment de supérieur, je devrais peut-être prendre un peu de graîne des pirates que je fréquente...

          Bon sang. Si Tante Camilla me voyait, là, sur cette barque, en direction de la mort ou pas loin... Elle m'engueulerait comme jamais. Et je serais encore fichu d'être d'accord avec elle. Je n'ose pas en placer une sur la barque qu'Aimé conduit. J'espère qu'il saura m'épargner bien des tracas, je devrais faire en sorte d'être toujours à côté de lui... Il me protégera peut-être... J'espère... Je ne suis malheureusement pas persuadé que les pirates protègent quoique ce soit, et c'est ce que je fréquente aujourd'hui... Quoique. Lilou a toujours fait en sorte qu'on s'en tire à bon compte, il n'y a pas de raisons que ça change, n'est-ce pas ?

          Oui. La rouquine fera tout pour qu'il ne m'arrive rien. Qu'on ne me revende pas à une brute qui me maltraitera à chaque fois que l'envie d'aller aux toilettes lui prendra. Pitié, je n'ai pas envie de tomber sur une brute...

          *

          Je n'ai pas fermé l'oeil du reste de la nuit.

          Aimé est resté avec moi tout ce temps, en silence. J'ai tenté vaguement de mener une discussion avec d'autres gens, mais ils semblent si fermer à ça, si farouche, que j'ai rapidement abandonné. Avec Aimé aussi, j'ai abandonné. C'est à croire qu'autre chose le tracasse. Cette Serena par exemple. Elle semble importante pour lui. C'est bien d'avoir quelqu'un d'important pour soi, une personne bien, différente de Tante Camilla.

          Je n'aime pas vraiment ma tante, mais c'est ma dernière famille, et c'est elle qui m'a fait comme je suis.

          Oui, comme un trouillard qui appréhende le monde et qui craint le moindre microbes.
          Mais il faut la comprendre. J'étais son seule neveu de sa seule sœur. Quand elle a hérité de moi, elle s'est sentie obliger de faire au mieux pour l'enfant tout jeune qu'elle avait dans son foyer. Ça a fait de moi un génie de la chimie et de la physique, c'est déjà bien. Je lui dois ça.

          Quand le matin arrive, nos geôliers se mettent rapidement en activité. Ils s'interrogent sur Aimé et moi, avant de s'en fichent. Après tout, deux marchandises en plus, c'est l'idéal.

          Le temps me semble long jusqu'à la vente. Et on semble être de bon produit. Surtout Aimé, parce qu'il est fort et très grand. Il part très rapidement avec un homme travaillait pour un noble de l'île. J'ai envie de partir avec lui, et j'ose même vanter mon cas auprès de l'acheteur qui finit par m'ignorer... Un chimiste ne l'intéresse pas, il semble. Il abesoin de bras. Je peux être des bras, que je plaide avant de m'arrêter. Il trouve ça louche. Et en même temps... ça l'est. Un esclave qui veut se faire acheter à tout prix, c'est bizarre. Il finit par me prendre pour une bouchée de pain supplémentaire, je suis comme un bonus destiné à ne pas rester en vie très longtemps selon ce que j'entends.

          Mais au moins, je suis avec Aimé.
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          Et enfin nous y sommes, au point culminant du mont de la déshumanisation. Ici, les hommes peu importe leur gabarit sont battus à mort pour une miette de poussière laissé sur le balai. Les responsables ? Les plus riches, ceux qui se voient attribué le rang de saint, notable, ou que sais-je quand par derrière, ils vont à l'encontre des principes même de leur humanité.

          Pour les nouveaux, ils nous font passé une sorte de contrat qu'ils sont les seuls à pouvoir voir. Ils s'efforcent de nous traiter au point qu'on n'en connaisse plus la définition, on devient bête dans le sens animal, mais très faible. Nous ne possédons rien ou tout du moins, toutes les qualités utiles que leurs bêtes pouvaient avoir leur appartenaient maintenant. Et c'est en suivant ce modèle là, qu'ils ont fini par me séparer de Linus.

          Des cachots pour pioncer, où s'emboîtent et suent des milliers d'autres gros gabarits, mais aucun bruit, silence. Florin répétait qu'il ne se contentait que de livrer la marchandise et récupérer les berries, qu'il n'en avait rien à faire de ce qu'il leur arrivait après la livraison mais qu'à Nakamura, de base, les hommes normaux sont considérés comme inférieurs en plus d'être une nuisance. Les Longs-Bras cherchaient à rentabiliser la vie de ces hommes sans aucune valeur pour eux, pour leur existence et pour leur monde. Et qu'ils n'éprouvaient ni pitié, ni culpabilité quand il s'agissait de faire le choix (difficile, pour moi) d'ôter une vie.

          Alors malin serait celui qui briserait le silence, mais il serait aussi mort. Et ce ne serait pas moi.

          Rien que dans ma cellule, il devait y avoir une trentaine d'hommes et je n'ai pas bien compté, mais il devait y en avoir entre vingt et cinquante de comme ça. Aucune femme, aucun enfant. Déjà ça... On aurait besoin de l'aide de révolutionnaires. Linus et moi ne suffiraient pas, Kiril et Lilou non plus...

          Dans le silence, pas très loin, il y a quand même une sorte de bourdonnement... Des murmures, ou des sifflements. Je vais, entre les corps transpirants et nus d'autres, pour le trouver là, se balançant, le regard vide, perdu, et d'étranges cicatrices aux deux coudes.

          Bientôt, ils vont le refaire bientôt...

          Un adolescent.
            Catherine Cheschire.

            C'est pour cette femme que nous travaillons, il paraît. Aimé n'en verra jamais la tête, moi, j'ai eu « la chance » de la croiser, une fois. Ça fait un petit moment que nous sommes ici, lui comme moi, et nous nous sommes que peu croiser. Les conditions de travail ne sont pas vraiment idéales, pour tout dire. Je ne sais pas vraiment de quoi je me plains, je sais que ma situation changera dans quelques jours, ou quelques heures. Je ne sais pas, par contre, où en sont Kiril et Lilou dans leurs méfaits.

            J'aimerais bien qu'ils se pressent.

            Je côtoie le désarroi et la faim tous les jours, et il paraît que du côté de Aimé, c'est pire. Lui assiste, impuissant à tout ce qu'il se passe à l'intérieur, comme à l'extérieur. Moi, on me donne un rôle. On me demande des miracles, comme si j'étais un dieu esclave. Il paraît que mes connaissances seront utiles.

            J'ai tendance à voir un parallèle très étrange avec les expériences de Végapunk. Ça me fait froid dans le dos... Et je sais que si Lilou l'apprend, elle sera dans le même état que la dernière fois, dans le laboratoire. Quand le savant le plus génial du monde voulait créer une vie entre deux races... Là, les gens recherchent la solution pour créer une espèce supérieure selon eux. Un long bras à trois coudes...

            Et on nous demande la solution.

            Nous ne sommes quasiment que des hommes ici, avec une réputation. L'un d'eux est venu me voir, un soir, pour me dire qu'il me connaissait. Qu'il avait étudié mes travaux. Et qu'il ne comprenait pas comment j'avais atterri ici. Je n'ai su quoi lui répondre, et il a semblé comprendre. Je ne sais pas quoi par contre. Je me suis contenté d'une main compatissante sur son épaule en lui jurant que tout ça serait fini dans pas longtemps. D'un bégaiement pour une fois assuré.

            Ça sonnait comme une promesse.
            Mais je ne sais pas si je pourrais la tenir.
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            J'ai toujours pensé que les esclaves travaillaient pour des coups de fouet, ou ciraient des trucs, ou lavaient des machins. Ici, j'ai l'impression d'être dans un camp d'assouplissement. C'est ça ! On fait des exercices d'assouplissement toute la sainte journée. Certains arrivent à démembrer leur corps, ceux là sont dans les premières cellules, les dernières étant réservées aux frais.

            Pourtant, le jeune homme aux murmures stridents ne l'est pas, nouveau. Ma main. Et toutes ces galipettes de gymnastes me confortent dans ma pensée : il se passe quelque chose d'étrange ici, autre part dans ces cachots, ou dans la tête du Roi.

            Ils fabriquent...

            Sa phrase du jour.

            ***

            Nounouuuuurs me manque ! Il répond à mes vannes lui au moins ! Il dit que c'est naze mais il répond tu vois ! Toi t'es pas drôle, grincheuse, grogneuse, en plus tes coups de poing font mal !

            Pas une minute de répit pour Lilou.

            Lilouuuuu ! Parle-moi ! Je m'ennuiiiie ! Je veux aller chercher mon pote ! On y va ? Tes amis les gris arriveront pas avant des lustres j'suis sûr !!! Et puis, c'est trop dangereux pour Linus t'y as pensé ?! Ils peuvent leur arriver plein de trucs !! C'était une mauvaise idéeeee, Lilou steplaiiit.

            ***

            Toutes les heures, quelques esclaves des premières cellules disparaissent, les complaintes du jeunot se font plus fortes tandis que l'on se déplace un peu vers l'avant et que d'autres arrivent déjà occuper nos centimètres de siante. On le fait taire et on attend. J'observe, moi, la forme de son bras droit. Raccourci ? Amputé ? Je ne comprends pas ces sutures-là. Personne dans le coin n'en a, à ma connaissance, il n'y a que lui. Pourtant, Florin n'aurait jamais embarqué un gosse avec un défaut du genre dans l'espoir de le vendre.

            C'est quelque chose qui lui est arrivé ici. Ou quelque chose qui arrive ici ?


            Dernière édition par Kiril Jeliev le Lun 18 Jan 2016 - 18:00, édité 1 fois
              La charge de travail semble ne pas se dégrossir au fur et à mesure que nous progressons. Mais les projets de miss Cheschire sont toujours aussi flous et grossiers pour moi. Je crains de plus en plus de tomber sur quelque chose de fou, à l'instar du Docteur Végapunk de son vivant. De ses idées sans queues ni têtes...

              Peut-être que c'est moi qui deviens fou. Il faut dire que mon temps de sommeil se réduit de plus en plus, je n'ai plus que quelques heures avant qu'on me réveille avant de me remettre au boulot. Je ne pensais pas que ça serait aussi éprouvant, et toutes mes tentatives pour expliquer que le sommeil est important pour nos capacités cognitives sont mises à mal par des coups de fouets, ou pire encore.

              J'ai fini par me taire. Mais j'aimerais partir d'ici. Je ne vois pas comment passer le message à Lilou. Je ne sais pas si elle nous surveille vraiment. Je voudrais qu'Aimé casse ses chaînes pour me ramener sur le navire et qu'on prenne le large d'avec cette île de cognés. Mais comment passer le mot ? Comment le faire comprendre ?

              J'ai peur de simplement être un peureux. De vouloir m'en aller parce que je ne peux pas encaisser plus. A fréquenter Lilou ces derniers mois... J'ai l'impression qu'elle peut prendre tellement plus sans jamais courber l'échine. Elle s'est relevée alors que le désespoir lui avait fait poser le genou à terre. Moi, je chouine pour de la fatigue qui m'empêche de réfléchir... Je peux faire mieux ? J'aimerais surtout comprendre pour quoi je me bats avec elle. Pour ça, il faudrait qu'elle me l'explique.

              Mais est-ce qu'elle le pourrait ?

              *

              Kiril est chiant.

              J'ai envie d'aller chercher Aimé et Linus juste pour ne plus l'entendre geindre à tout bout de champ. Il ne voit pas que je suis occupée ? Il ne voit pas que j'attends quelque chose d'important ? Un vague signe, une réponse, pour me dire ce qu'il en est pour eux, au moins.

              Mais les révolutionnaires n'ont peut-être pas à répondre à mon appel.

              C'est sans doute ça, le signe que j'attends désespérément. Celui qui me dira que je peux agir pour aller les sortir de là.

              J'aurais du le faire depuis plusieurs jours, mais je m'accroche à l'espoir, que, peut-être, même si on ne m'estime plus comme une bonne personne, au fond, je pourrais encore appeler à l'aide et qu'on puisse m'entendre.

              J'ai du me tromper.
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              C'est à mon tour d'y passer. On ouvre les cages d'un bruit strident qui assassine les oreilles des autres, mais moi, j'ai le sang calme. Dans les yeux. Le jeunot a disparu dans la nuit, mon instinct me dit de ne pas m'en faire, qu'il va bien. Mon instinct me dit aussi que j'arrive au bout du tunnel, l'endroit où on réussit ou on meurt, l'endroit où je pourrais tous les libérer ou l'endroit où on deviendra, à la place, esclave éternel.

              En ligne, on a l'air de descendre vers un endroit froid, les courants d'air font frissoner mes chevilles nues. Finalement, on a quitté une cellule pour en rejoindre une autre. Cette fois-ci, il y a des bancs au bois si glacial que le plus exténué d'entre nous reste debout. On dirait une salle d'attente.

              Mes yeux s'écarquillent quand la porte s'ouvre : Linus derrière une blouse blanche au regard sévère. Il me remarque rapidement, et m'envoie ce que je veux croire des signaux. Ses expressions me font passer les mots : danger, peur, dégoût.

              Malheureusement, pour certains, l'heure avait déjà sonné. Et une terrible expérience les attendait quand la voix froide de la blouse blanche articulait machinalement, très autoritaire :

              Au suivant.

              ***

              Je me gratte la joue, puis l'autre avant d'esquisser un grand sourire. La rousse commence à vraiment s'inquiéter. Révolutionnaire, révolutionnaire... On ne peut compter sur personne, sauf sur les membres de l'Attrap'Rev. Et sur tous. Y compris sur moi, même si j'avoue qu'on y pense pas comme ça, d'expérience.

              Faut pas t'en faire, Rousse. Tu veux que je te dise pourquoi ?

              Ou-

              D'abord, il faut que tu répondes à une question ! Là, tout de suite, maintenant, tu saurais dire combien est-ce qu'on est à bord ? Héhéhé.

                Non, j'en sais rien. Deux ? Toi et moi.

                Tu vois quelqu'un d'autre, Punk ?
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                Non, t'as raison. On est deux. Alors, dernière question :

                A ton avis, où est Yarost ?
                  Euh... ?

                  Bonne question ?

                  Il n'est pas avec toi ? M'oblige pas à fouiller, ça ferait mauvais genre.
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                  J'ai déjà répondu à la question...

                  Enfin bref, c'est leur moyen de sortie. Au cas où. Et c'est le moyen de sortie des autres aussi, enfin, s'il les trouve. Héhé.
                    Faire de grands gestes derrière le dos de ce sale type ne suffit pas. J'ai beau prévenir Aimé qu'il ne faut absolument pas qu'il rentre là-dedans, lui dire de faire quelque chose, dès à présent, ça ne le fait pas bouger d'un pouce. Et malheureusement, ça ne fait venir ni Lilou, ni Kiril, ici. Mon partenaire ne peut pas vraiment me répondre, mais je comprends en voyant l'un des esclaves me doubler que les chaînes y sont pour beaucoup. Sauf que je ne vois pas quoi faire, je ne vois pas comment l'aider. Je tremble comme une feuille en sentant ma gorge se serrer à l'idée de perdre le compagnon du punk. Il va me faire la peau si un autre ne me la fait pas avant.

                    Mais mon comportement devient visible, et l'homme qui nous surveille commence à voir que je deviens plus que pâle. J'ai des sueurs froides à mesure qu'Aimé approche de moi, sur cette longue file qui défile devant mes yeux. Tous s'enfoncent dans une pénombre sans pareil, où bientôt ils subiront ce que beaucoup ont subi jusqu'ici. Je n'y tiens plus. A dire vrai, j'ai l'impression que si Aimé passe le porche, il en sera fini de lui, il n'y aura plus de retour possible, que ça sera trop tard. Et je ne sais pas ce que je peux y faire...

                    Il s'approche, inexorablement, de moi, de nous, et de sa fin...

                    Je n'en peux plus !

                    A-A-Aimé, n-n-n...

                    Il est à portée, de voix, de main, mais il n'est pas le seul. Mon supérieur se détourne de lui pour me lancer un regard noir. C'est lui qui va me découper en morceau si j'ose ouvrir encore la bouche. Pourtant, ses yeux sombres finissent par se vider de toute vie quand Aimé lui assène un violent coup derrière le crâne à l'aide de ses chaînes...

                    Chaînes qui ne lui tiennent plus les poignets, quand une bestiole de la taille de ma paume s'agite sous mon nez.

                    On ne reste pas.

                    Évidemment que non. Mais la confusion règne déjà alors que nous n'avons rien commencé. Et puis bon sang, à quel moment est-ce que nos amis interviennent pour nous tirer de là ? Mes genoux claquent entre eux tellement j'ai peur et nous n'en sommes qu'au début de notre plan. Lilou le disait presque infaillible, et je crois que dans cette phrase, c'est le mot « presque » qui a le plus d'importance. C'est pour ça que je crains autant.
                    Aimé pousse le corps sans vie de notre geôlier dans la cage que nous méritions tous, avant de demander aux autres de se hâter. Il referme derrière eux, va pour faire demi-tour une fois que Yarost nous a bien aidé pour la majorité à nous défaire de nos chaînes. Mais nous n'avons fait qu'une partie du projet, la plus facile peut-être. Normalement, c'est là où ils viennent nous faire une issue de cet enfer. Et d'eux, il n'y a aucune trâce.

                    Pas grave, me répond Aimé. On va commencer sans eux, ils sont juste en retard.

                    C'est à croire qu'il lit dans mes pensées, ou alors que je suis juste totalement prévisible. Dans les deux cas, je ne suis pas sûr d'être étonné. Et puis, je ne devrais pas m'attarder là-dessus, surtout. Dans pas longtemps, les autres gardes vont débouler et nous raccourcir la nuque à l'épée, et je n'ai pas envie d'être là quand ça va advenir. Pourtant, j'ai déjà l'impression qu'on est perdu, fini. Et Aimé a beau matraqué les premiers quelques tenanciers qui se ramènent au compte goute en comprenant que ça craint, je ne suis pas sûr qu'à lui seul, il s'en sortira. Pas après tout ce temps passé au trou, sous alimenté, et à ne pas pouvoir se reposer.

                    Me cacher derrière lui n'amènera rien de bon, mais je ne peux pas m'en empêcher. Les autres nous suivent, hagards, alors que nous tentons une percée vers le sommet des marches que nous avons dévalé tantôt. Nous nous trouvons dans un palais, non, un château, trop grand pour nous, dont je n'ai retenu que la moitié des plans. Et bien entendu, pas ceux où nous nous trouvons. Aimé semble plus en savoir que moi. Yarost sur son épaule qui se fige par instant, couine à d'autres, se planque la plupart du temps. Il fait comme moi, en plus discret cependant.

                    Et moi, je me repète juste que je n'ai aucune envie de mourir ici. Mais que l'inéluctable va bientôt se produire et-

                    Hey ! Vous ne voulez pas attendre un peu ? Demande une voix dans notre dos, nous forçant à nous retourner alors que nous tentons une progression.

                    Je ne sais pas qui c'est. Un type relève sa capuche en doublant tout ceux qui nous suivent pour venir jusqu'à nous. Le visage marqué par les rides, une barbe dense, le teint halé, il porte un foulard pour tenir des cheveux épais et long en arrière. Son visage ne me dit rien du tout. Mais Aimé semble l'avoir déjà vu quelque part malgré tout. Un autre esclave ? J'en doute vu la manière dont mon coéquipier se tient sur la défensive :

                    Ils ont déjà pris des mesures ? Qu'ils sont impatients, dit-il simplement en regardant par le couloir ou nous nous engageons, étroit et bruyant au loin.

                    Il nous demande de nous reculer, d'un pas ou deux, en se planquant dans le coin du mur. Les pas se rapprochent de plus en plus. Aimé est sur ses gardes. Moi ? Je cherche à me fondre dans le mur, comme tous les esclaves qui nous talonnent de près. J'aimerais y disparaître à dire vrai, me transformer en pierre et qu'on ne me demande plus rien. Sauf que lorsque les pas se font plus près encore, l'homme sort de sa cachette et fond comme une forme indescriptible vers ces hommes. Je ne vois rien de ce qu'il se passe, je ne décrypte pas ses mouvements. C'est trop rapide pour mes yeux. Mais quand il termine en moins de dix secondes, les six hommes venus ramener la tranquillité en bas sont inertes au sol, et certains saignent. Beaucoup.

                    V-v-vous êtes q-q-qui ?!

                    Je respire mal, impressionné et apeuré. Je regrette de lui avoir demandé, parce que peut-être qu'il ne le faut pas, et peut-être qu'il va me tuer comme les six autres qui en finissent avec la vie juste là. Bon sang. Je me planque un peu derrière Aimé, si c'est possible, en attendant vaguement une réponse :

                    Yusuf Tazim. Il me regarde comme si son nom devait me dire un truc. Très franchement, je n'en sais rien. J'ai été trop longtemps enfermé dans mon laboratoire pour suivre ce qu'il se passe sur terre. Même maintenant que je fais partie de cette terre, et que lui doit me connaître. Il semble capter mon trouble, et me répond simplement : Votre amie m'a demandé un coup de main.

                    Lilou ? Il hoche la tête, sans que j'ai besoin de poser la question. Elle a appelé ce type ? Vraiment ? Je pensais qu'elle prendrait juste contact avec la révolution, pas avec un assassin ? Enfin... Peut-être que... Je ne sais pas. C'est dire ce que je n'y connais rien en la matière. Aimé ne pipe mot, sans doute parce qu'il voit pour l'instant un allié. Sauf qu'il nous en manque deux.

                    Il nous invite à poursuivre, nous suivons, jusqu'à ce qu'il nous arrête en se tournant vers nous avec une mine imperturbable :

                    Mettez vous à couvert, ça va sauter dans trois, deux, un...

                    *

                    WOOOH !

                    J'ai sursauté comme une gosse sous la surprise. La détonation était puissante et surtout, pas prévu au programme. Je ne peux m'empêcher de me tourner vers Kiril pour essayer de savoir si ça aussi, ça faisait partie de son idée.

                    C'est toi ?! que je lui demande, complètement abassourdie alors que le punk en fait autant. Non c'est pas toi !

                    C'est carrément pas lui. Je suis presque certaine qu'il allait me retourner la question, un peu bêtement. Mais non, j'y suis pour rien, je pensais pas qu'on passerait à l'action si tôt, et franchement, je perds un peu mes moyens.

                    Je crois qu'il faut y aller.

                    C'est même plutôt une certitude.
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                    Yarost est certes, doué en explosion mais certainement pas une de cette ampleur. J'ai tout de même le sentiment qu'il s'agit de bonnes nouvelles. J'active le système de roues de l'Attrape-Rêve afin qu'il atteigne le rivage sans vent, de là, on n'entend déjà le peuple crier aux assassins, quels bande de poules mouillés ils font. Et si vous voulez mon avis, je trouve qu'ils sont un peu paranoïaques. A Dead End, ça arrive tout le temps. Il y a peut-être un anniversaire ?

                    Grouille-toi !

                    Ordonne le nouveau capitaine. On n'arrivera peut-être pas à temps si je ne file pas un coup de pouce au bateau. Et pour ça, j'ai les outils parfaits. Devrais-je remercier ce démon dragon pour la faible compensation que j'ai eu après avoir construit son énorme hôtel ? Non, certainement pas, jamais. Mais par contre, la vendeuse angélique de Dials, elle, mérite mon salut rien que pour ces yeux qu'elles avaient. Je retire donc les deux jet dials de mes poignets et demande à Lilou de les placer à l'endroit qui irait bien pour créer une propulsion maximale.

                    Elle place le premier à l'extrémité droite du château.

                    Qu'est-ce que c'est ?

                    Puis change de coque.

                    Une version PLUS COOL des Breath Dial des Wavers. Disons qu'elle a plus...

                    Et place le deuxième à son extrémité gauche. Il y a un cliquetis, l'Attrape-Rêve démarre comme jamais, les roues tourbillonnent comme moi quand je suis sous opium et en un rien de temps, on est bien trop près.

                    de panache !
                    T'AURAIS PAS PU LE DIRE AVANT IMBÉCILE ON VA FONCER SUR L’ÎLE !
                    OUAIS !
                    UN BATEAU CA VA SUR L'EAU PAS AUTRE PART !
                    OUAIS AUSSI !!
                    ARRÊTE CES MACHINS TU VAS DÉTRUIRE LE BATEAU !
                    EST-CE QUE T'AS UNE AUTRE SOLUTION ? FAIS MOI CONFIANCE !

                    Et comme le génie d'ingénieure l'a prédit, l'Attrape rêve, soulevé par les vagues, bondit sur Nakamura.  Les alliages d'aciers sous la coque font le son d'une craie sur un tableau et agresse nos esgourdes et celles des passants qui commence réellement à penser qu'il s'agit peut-être de la fin du monde. Le plan est simple, il fallait que.

                    Lilou, retire les maintenant !

                    Je prends une grande respiration en équilibre sur une des proues, et lève mes poings en l'air, ceux-ci se durcissent, avant de finir écailles, avant de finir écailles rouges, avant d'être.

                    HAKI SUPER OUVERTURE !

                    Mes phalanges explosent complètement le mur gênant du château, et quand Lilou termine sa besogne, non sans mal, l'Attrape-Rêve prolonge sa course d'une vingtaine de mètres encore, avant que l'on se retrouve au milieu d'une flopée de gardes. Je reprends une respiration, mais pas pour les mêmes raisons cette-fois ci.

                    Hm... Peut-être que ce n'était pas une si bonne idée, après tout..?

                    Je n'ose pas regarder le visage de Lilou. Je préfère me convaincre qu'il y a une seconde partie à ce plan. Je cherche, une seconde, trois... Mais mon temps est compté. Il faut faire vite. Il faut dire quelque chose avant que je ne meurs à cause de la fureur du démon dans mon dos.

                    MAINTENANT ! Et c'était super prévu, on défonce tous les mecs qui nous regardent bizarrement, là, ET ON ESPÈRE QUE NOS POTES SE BOUGENT LE CUL.

                    ***

                    Yarost avait senti la présence de son maître quand il entendit un second boum. Il savait maintenant ce qu'il avait à faire, et quittait l'épaule, pourtant rassurante, de Nounours. Pour avoir l'approbation et collaboration de Kiril pour ce dont ils avaient discuté avant ça, car Yarost ne rendait jamais un service gratuitement et encore moins s'il était dangereux comme celui là, il devait aller aux geôles libérer le maximum de personnes. Il n'y a pas de doute, sa nouvelle couche serait la douce et rêvée culotte de Lilou. Il s'activait rien qu'en y pensant.
                      Mon dieu, ce punk est un gros taré, et je dois pas être plus tranquille dans ma tête pour accepter d'être avec lui. J'en ai vu des choses sur GrandLine, des choses audacieuses, mais des comme lui, jamais. Enfin, pas à mon souvenir. Parce que maintenant qu'on a planté notre embarcation en plein milieu d'une cour qui va se remplir à vitesse grand V de gardes en tout genre, la grande question qui se pose, c'est comment on va remettre l’attrape-rêve à flot sans morfler au passage ?

                      Pas le temps d'y réfléchir, je suppose. Je saute par-dessus le bastingage pour arriver à terre, en plein sur les gravats causés par notre débarquement. Le haki des rois prend le dessus sur le reste et envoie au tapis la première vague d'hommes proche de moi. Kiril s'occupe de l'autre côté avec ses quelques compagnons d'armes. Il a l'air de s'amuser comme un petit fou, même si je sais que la masse finira bientôt par l'emporter surtout si on ne se presse pas. Puis, vu le bruit qu'on a fait, je sais que ça va en attirer d'autres, et des biens moins sympathiques que ceux qui gardent l'endroit.

                      On a pour l'instant affaire à une garde assez personnelle, pour des nobles en tout cas... Faut croire qu'ils ont besoin d'une protection très rapprochée et je n'en doute pas, vu tous les gens qui doivent leur en vouloir. Et on est l'exemple pertinent de ce qui est une nécessité. Mon poing s'écrase sur le nez d'un type qui tente une percée dans ma direction, et je le désarme pour zébrer le torse d'un autre à portée. Je ne manie pas bien l'épée, c'est pour ça que je m'en débarrasse dans la foulée pour revenir au poing et cogner un troisième un peu trop audacieux.

                      Je vais les chercher ! Que je hurle à mon partenaire de crime en le cherchant du regard. Je ne parviens à voir qu'une envolée peu gracieuse des corps quand il fonce dans le tas. C'est qu'il va bien. Garde la sortie accessible !

                      Notre chahut ne tardera pas à changer ce fait. Et si nous ne pouvons pas nous rabattre pour nous enfuir, tout ça n'aura servi à rien. Je m'engouffre vers l'entrée en jouant des poings, cherchant l'accès vers les allées de ce château immense où l'explosion à retentit. J'imagine que de l'autre côté, Aimé, Linus et qu'importe qui les suivent, en font de même. Viendra un moment où nous nous croiserons forcément, même si l'endroit à l'air d'un véritable labyrinthe. Et puis, je me dis surtout que s'ils cherchent la sortie à coup d'explosion, ils finiront sans aucun doute par la retrouver. Pour ma part, je n'aurais qu'a suivre les ouvertures dans les murs...

                      Après m'être défait d'un petit groupe de gardes, je défonce à mains nues les grilles me donnant accès vers un escalier en colimaçon. Il y fait froid. Il y a des bruits de l'autre côté. Le bruit que des gens en affrontent d'eux. Puis ils s'estompent quand moi je prends l'initiative de descendre pour aller voir ce qu'il s'y passe. Je pénètre dans une zone ou tout se ressemble. Je quitte les belles pièces au profil d'autres, plus froides, plus sombres, dignes des esclaves qu'elles gardent. Dévalant les escaliers, j'arrive près d'une salle ronde donnant sur des portes et des couloirs. Me fier au son ici semble douteux puisque les bruits se répercutent contre les murs. Il n 'y a que des échos de pas. Figée au milieu, je ne bouge pas, tournant sur moi-même en m'engageant ensuite dans l'un des couloirs...

                      Avant de revenir sur mes pas. Je vais en avoir pour des heures à ce train là, et des heures, je n'en ai pas. Kiril a beau être un homme courageux et fort, il finira emporté par la masse si je ne presse pas un peu l'allure. Je prête simplement l'oreille en entendant des échos derrière moi. Peut-être que... Avec un peu de chance...

                      Au pas de course, je m'engage à l'intérieur de ce couloir, ou de ce tunnel, selon. Il y fait sombre, mais tant que je suis les murs du bout de la paume, je ne risque pas de m'y perdre. De toute façon, le tunnel débouche sur une autre pièce large et juste en face de moi déboulent un groupe dense de personnes. Des esclaves. Fatigués, affamés, sonnés. Mais dans le lot, je reconnais Linus et Aimé, et vais pour m'élancer vers eux :

                      Arrêtez-vous !

                      Je me fige. La silhouette que je vois devant moi en fait autant. Je ne la connais pas, mais elle vient probablement de m'éviter bien des ennuis. Devant mes yeux passent une ombre vive et bizarrement acérée. Une ombre qui se plante à ma gauche, droit dans un mur, entaillant la pierre sans mal. Et je pense sans me tromper que ça m'était probablement destiné. Ça ne m'aura fait que la frange pour l'instant, ç'aurait pu être pire. Le regard reconnaissant que j'adresse à mon vis-à-vis ne peut qu'être bref. Il ne me répond pas. Reste figé, méfiant. Ses yeux se portent sur le côté et je les suis pour voir d'où ça vient.


                      C-Cheschire ! Hoquette Linus en devenant plus blème qu'il ne l'est déjà.

                      La femme lui jete un regard noir. Comme pour lui sommer de se taire. Et le pire, c'est qu'il le fait. Je ne peux m'empêcher de sentir en moi une colère noire monter. Elle exprime un dédain féroce à l'égard des esclaves. Pourrait presque leur ordonner de retourner dans leurs cellules sans avoir à dire un seul mot. A croire que le simple fait de parler est trop leur accorder. Mes poings se serrèrent, à en faire blanchir mes phalanges. Je vais les lui coller dans la gorge jusqu'à lui arracher des supplications à cette grognasse, elle va pas comprendre sa vie.

                      Continuez tout droit, remontez l'escalier. Kiril vous attend dehors, que je lance en m'interposant déjà quand elle fait un pas vers eux, couteau à la main.
                      Et pour elle ? Me demande Aimé, un peu inquiet sans doute.

                      Sa mâchoire se crispe de colère. Qu'elle s'interpose, je n'attends que ça. L'inconnu qui mène la troupe tente déjà une avancée, avec les autres. La brune bondit sans attendre dans sa direction, le doigt en avant, semblant fouetter l'air. Mais c'est comme s'il avait anticipé l'action. Il évite, et je m'interpose en lui attrapant le poignet. Je serre, ma main se recouvrant de haki, et poursuis son mouvement pour la renvoyer d'où elle vient. Les esclaves ont reculé, avec Linus. Aimé a les pieds ancrés au sol, pas certain de devoir bouger. Le dernier réajuste son vêtement.

                      Dès que je lui aurais donné sa correction, je vous rejoins.
                      Bien.

                      Son regard autoritaire fait avancer la foule. Mais avec hésitation. Aimé ouvre la marche, avec Linus. Lui la referme pour s'assurer de ne laisser personne derrière. L'espace finit par se dégager. Et je me retrouve en tête à tête avec la harpie en chef.

                      Quand j'en aurais fini ici, j'irai le dire à mon père.

                      Je pouffe. De rire. Catherine Cheschire. Fille du roi. Qui entretient des relations conflictuelles avec lui. Dans son propre château à Hungeria. S'allie aux premiers pirates venus tant que la marchandise est bonne. Pirates qui ne sont pas là, d'ailleurs. Ça sent le roussi pour Kiril. Je vais tâcher de faire vite ici, alors.

                      Tu lui passeras mes salutations, et celle de l'équipage de l'Attrape Rêve. Je fais un pas en avant, décidé, appuyé de surcroit par une charge de Haki des Rois qui la fait soudainement tressaillir. Je vois ce frisson remonter dans son dos, et je vois son sourire se crisper. Et tu lui diras qu'on aime pas trop ce qu'il fait de son royaume.
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