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Les débuts du petit chaperon-rouge

L'hiver, le froid, mais surtout la neige.
Cette poudre blanche qui tombait délicatement du ciel pour adoucir les populations commençait déjà à créer une épaisse couche blanchâtre sur la ville. C'était la première fois que j'en faisais l'expérience, mais étrangement cela ne me paraissait absolument pas merveilleux ou fantastique. A vrai dire, presque rien ne pouvait m'émerveiller ou me surprendre à cette époque là.

- Maman regarde ! J'ai réussi à faire un bonhomme de neige !

Mon regard se portait sur cette petite fille qui devait sans doute avoir quelques années de moins que moi.  Elle était emmitouflée dans un manteau de fortune, caractéristique de la population pauvre de la zone extérieure du royaume, tenant entre ses mains, déjà bien rougis par la froideur de la neige, un minuscule bonhomme qui ne payait pas de mine et qui commençait déjà à fondre. Son visage exprimait un émerveillement et une joie infinie et je ne pus m'empêcher de ressentir un petit pincement au coeur lorsque la mère de la jeune fille l'a pris dans ses bras pour la féliciter et qu'elles rentrèrent chez elles, posant au passage ce petit bonhomme de neige sur le bord de leur fenêtre.

Je détournais mon regard pour me remettre à marcher vers une direction inconnue tout en essayant de refouler ce que je ressentais intérieurement, des sentiments que je ne comprenais pas et qui m'effrayaient assez puisque je n'en avais pas l'habitude.
Cela faisait quelque mois maintenant que j'étais arrivée sur Saint Urea mais la ville ne m'était toujours pas familière. C'était un véritable labyrinthe dont les rues m'étaient inconnues et effrayantes. Je me contentais de rester sur les allées principales, vagabondant à la recherche de quelque chose dont je ne connaissais pas la finalité. A 13 ans j'étais une jeune fille perdue, sans rien et n'ayant pas de réel objectif, n'en cherchant pas non plus à vrai dire.
J'ajustais le fin gilet qui me couvrait les épaules et que j'avais "emprunté" sur un étendoir entre deux maisons il y avait quelques jours, pour me couvrir un peu plus même si cela ne servait pas à grand chose. La neige avait déjà commencé à imbiber mes quelques vêtements et j'étais frigorifiée, c'était d'ailleurs aussi l'une des raisons pour laquelle je marchais : pour me réchauffer.

Soudainement, je me stoppais net. J'étais arrivée sur les quais de l'île sans même m'en rendre compte à force de me morfondre et devant moi s'étendait l'infinité de l'océan, de tous ces lieux que je ne connaissais pas et qui me fascinaient.

Des lieux que je n'atteindrais jamais

Je commençais une nouvelle fois à me morfondre sur mon incompétence à faire quoi que ce soit, quelque chose qui était devenu banal à force, lorsque j'entendis des éclats de voix légèrement plus loin. Intriguée, je me dirigeais vers ces bruits sans me faire remarquer puis je me cachais derrière un tas de caisses en bois d'où s'échappait une odeur nauséabonde de poisson.
Une femme aux cheveux blonds platines, presque blanc, tenant un katana semblait engueuler deux jeunes adolescents. Les garçons avaient l'air effrayé et ne se firent pas prier lorsqu'elle leur dit aimablement de dégager. Elle attendit de ne plus les avoir dans son champ de vision pour passer sa main libre dans ses cheveux puis elle se retourna vers moi en courant et, sans que je n'eusse le temps de faire quoi que ce soit, elle plaça la lame de son katana sous mon cou.

- On ne t'a jamais dit que c'était mal d'écouter les conversations jeune fille ?

Je ne pus rien répondre car j'étais effrayée et qu'aucun son ne voulait sortir de ma bouche sous l'effet de la surprise.

Elle est sublime.

Des yeux gris entouraient son visage blanc comme la neige qui s'amoncelait autour de nous. Son expression trahissait de la haine, de la froideur mais aussi une grande soif de découverte. Elle était l'incarnation de la femme libre à mon sens. Mais en plus de tout cela, elle me rappelait un très vieux souvenir dont je n'arrivais pas à me rappeler.
Elle augmenta la pression de sa lame sur ma gorge me faisant revenir à la réalité et à la dangerosité de cette situation mais je cherchais toujours pourquoi son visage m'était si familier.

Je l'ai forcément déjà vu quelque part pour que son visage me soit si familier, mais ou ? Durant mes années d'esclavagisme ? Impossible car je n'avais pu voir personne sauf mon maître et les servants. Je n'ai pas pu la croiser dans Saint Urea avant où je m'en serais rappelée... J'ai l'impression que c'était lorsque j'étais encore plus jeune, avant que je me fasse enlever.

Et ce fut à cet instant que je me souvins de qui elle était.

- Vi... Vilma


Dernière édition par Aoi Fujita le Sam 16 Jan 2016 - 22:35, édité 4 fois
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J'avais toujours été persuadé qu'elle avait été tué le jours où je m'étais faite enlever. Enfin, je m'étais auto-persuadé qu'elle l'avait été, sans doute car il était bien moins douloureux pour moi de penser qu'elle était morte plutôt qu'elle ait pu subir d'une quelconque façon ce que j'avais vécu durant 8 ans. Un sentiment nouveau m'envahit mais je ne pu pas mettre de nom dessus à cet instant là, plus tard, avec du recul je pourrais me dire que c'était mon premier moment de réconfort depuis mon enlèvement.

La pression de sa lame sur mon cou se fit moins forte même si je sentais qu'une légère entaille avait  fait son apparition. Rien de bien grave mais déjà que je n'étais pas au meilleur de ma forme, je saignais en plus à présent.

- Comment tu t'appelles ?

Elle avait l'air méfiante, sans doute se demandait-elle comment une si petite fille pouvait connaitre son nom. Je sentais que ma réponse allait définir la fin de cette conversation. Soit un Happy-End ou soit un bain de sang. J'optais donc pour l'option qui me parut la plus logique, mais surtout la plus sûr : la vérité.

- Aoi Fujita.

Ma voix me semblait tellement lointaine et étrangère que je me demandais durant quelques secondes si je lui avais réellement dit mon nom. Lorsque son visage s'éclaira et qu'elle baissa son katana je compris qu'elle avait bien entendu ce que je lui avais dit et qu'elle avait très certainement comprit qui j'étais.
Tandis qu'elle était figée, sans aucune réaction, j'en profitais pour observer très rapidement autour de moi ce qui se passait. Deux ou trois personnes observaient la scène de loin -j'aurais pu me faire égorger qu'ils n'auraient sans aucun doute pas bougé d'un pouce- tandis qu'un petit groupe de marine venaient dans notre direction, dos à Vilma, sans doute alertés par les cris de tout à l'heure qui m'avaient aussi attiré ici.

Je m'apprêtais à lui toucher la main pour qu'elle retrouve ses esprits lorsqu'elle me prit brutalement dans ses bras, me faisant lâcher un petit cri de surprise. Les marines passèrent à côté de nous sans nous adresser plus d'attention que cela. Le katana de Vilma était caché par nos corps et le fait qu'elle m'enlace donnait l'impression que nous étions inoffensives donc sans danger.

- Aoi ! Mon dieu ! J'ai cru que tu avais été tué le jour où ses connards ont débarqué sur Amazone Lily !

Elle se recula et pris mon visage entre ses mains pour m'observer et sans doute visualiser combien j'avais changé. Elle avait l'air réellement heureuse de me revoir et aussi extrêmement surprise. J'étais dans le même cas qu'elle mais je ne le montrais absolument pas. Je ne savais pas comment le montrer car je ne comprenais même pas ce que je ressentais.

- Comment vas-tu ? Et comment ça ce fait que tu sois sur Saint-Urea ? Qu'est ce qui t'es arrivée durant toutes ces années ? Merde ! Je t'ai blessé tout à l'heure avec mon katana ? Ca ne te fait pas mal ? Mais tu es trempée et frigorifiée ma parole !

Elle me posait beaucoup trop de questions et ma tête commençait à me faire un mal de chien. C'est lorsque je vis le monde autour de moins tanguer dangereusement que je compris que ce n'était pas les questions de Vilma qui me faisaient mal à la tête mais tout simplement mon état physique.

- Aoi ?

J'allais lui répondre que j'allais bien lorsque tout devint noir. Je me sentis tomber sur le côté tandis que Vilma me retint puis je perdis totalement connaissance. Au moins je ne sentais plus le froid qui avait imprégné mes os.


Dernière édition par Aoi Fujita le Sam 16 Jan 2016 - 22:42, édité 2 fois
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J'avais affreusement chaud ce qui contrastait avec les dernières brides de souvenir que j'avais encore sur ma température corporel. J'étais allongée dans quelque chose de moelleux et d'extrêmement confortable. Ce n'était pas normal. J'ouvris les yeux précipitamment tout en me relevant, cette scène avait un air de déjà vu et je n'avais pas aimé ce qui c'était déroulé lorsque je m'étais réveillée il y a maintenant huit ans.
Cependant, cette action irréfléchie provoqua un enchainement de mouvements bien trop rapides pour mon corps malade que je finis par regretter amèrement quelques secondes plus tard. Mon crâne jouait du tambour tandis que mes membres suivaient la cadence me faisant souffrir le martyr. Je pris ma tête entre mes mains en me maudissant intérieurement de ne pas avoir eu l'intelligence nécessaire pour analyser la situation avant de me relever.

- Tu t'es enfin levée ?

Je déplaçais ma tête aussi lentement que possible vers la source du bruit tout en plissant des yeux. Vilma se tenait dans l'embrasure de la porte de la pièce vêtue d'un simple t-shirt et d'un pantalon tout à fait banal. Je remarquais enfin que je ne portais plus mes vêtements trempés de tout à l'heure mais seulement un large pull. Elle m'avait déshabillé.
Je fus prise d'une vague de panique intérieurement en me demandant si elle avait vu ou non mes cicatrices que je cachais habituellement. Bien sûr elle les avait vu mais je me raccrochais à cet infime espoir que ce n'était pas le cas.

- Oui... Mais on est ou ?

Tout en disant cela j'en profitais pour observer un peu la pièce dans laquelle j'étais. Allongée dans un grand lit, une première pour moi, je me trouvais dans une petite chambre au mur de pierre. Une commode, un miroir, une table basse et un fauteuil venaient compléter le tableau. C'était peut-être simpliste pour des gens "aisés" mais pour moi cette pièce était la plus jolie et la plus confortable qu'il m'avait été donné de voir.

- Dans un hôtel pas très loin du port. Je t'y ai emmené dès que tu t'es évanouie. Tu vas mieux ?

- Oui, d'une certaine façon. J'ai chaud au moins maintenant.

Elle s'approcha doucement de moi pour poser sa main sur mon front.

- Tu es bouillante. Comment ça ce fait que tu étais dehors habillée aussi légèrement avec un temps pareil ?

Je n'avais pas vraiment envie de lui répondre, de lui dire que je vivais dehors et que c'était les seuls vêtements que je possédais. Je ne voulais pas qu'elle me prenne pour une pauvre petite fille même si c'était certainement déjà le cas.

- Et bien... j'ai oublié de prendre un manteau.

Je vis dans ses yeux qu'elle ne me croyait absolument pas mais elle n'insista pas plus. Elle se contenta d'attraper un verre rempli d'une substance non identifiable et de me forcer à le boire. Une fois cela fait, elle me repoussa vers le lit pour que je me rallonge, ce que je fis sans même protester, puis elle s'éloigna et s'installa sur le fauteuil. Malgré mon mal de crâne je ressentais un profond sentiment de bien être, j'avais l'impression d'être chez moi. Même le gout acre du médicament n'enlevait rien à ce moment et je finis par me rendormir tandis qu'elle continuait de m'observer d'un oeil protecteur.


Dernière édition par Aoi Fujita le Sam 16 Jan 2016 - 22:47, édité 2 fois
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Lorsque j'ouvris une nouvelle fois les yeux, la lumière extérieure qui s'échappait de la fenêtre dont les rideaux avaient été tirés me fit grimacer.
Mon mal de tête avait totalement disparu, je me sentais reposée et étrangement en forme. Je m'étirais tout en me relevant et en posant mes pieds sur le sol pour me lever. La douceur du tapis sous mes pieds fut la bienvenue et je me mis doucement debout. J'avais l'impression de ne pas avoir bougé durant plusieurs semaines et mes muscles étaient encore très faibles.
Vilma dormait profondément sur le même fauteuil que la vieille et un plateau rempli de viennoiseries trônait juste à côté d'elle. Sans faire de bruit j'attrapais un petit pain que j'engloutissais en quelques secondes. J'avais faim. J'en pris deux autres tout en m'asseyant sur le sol près de Vilma.

Il allait falloir que je lui pose des questions. Pourquoi se trouvait-elle sur Saint Urea, quand était-elle arrivée, que lui était-il arrivé il y a huit ans et bien d'autres choses. J'étais vraiment heureuse de la revoir mais j'étais aussi effrayée de la décevoir... Qu'allait-elle penser de moi lorsqu'elle apprendrait ce que j'avais fait durant huit ans  ?
J'entendis du mouvement au-dessus de moi et, en relevant la tête, je la vis se réveiller en s'étirant puis elle me fixa après avoir remarqué ma présence.

- Enfin debout ?

- Oui, et c'est grâce à toi.

- Plutôt grâce au médicament que je t'ai donné hier à vrai dire mais merci quand même je vais prendre le compliment pour moi !

Elle se mit debout et se dirigea vers l'armoire d'où elle en sortit un pantalon, un haut chaud et des sous-vêtements.

- Va prendre une douche bien chaude et habille toi, je pense que nous sommes suffisamment restée enfermer pour le moment.

Elle me tendit les affaires que je pris sans grande conviction et je me dirigeais vers la douche. Les habits allaient très certainement être trop grand, comment aurait-elle pu avoir mes mensurations alors que moi-même je ne les connaissais pas ?
J'allumais l'eau chaude et une fois qu'un nuage de vapeur s'échappa de la douche je me plaçais sous le jet bouillant. Cela me faisait un bien fou de sentir l'eau couler sur moi -je n'avais pas pris de douche depuis très, très longtemps- et je fis durer le plaisir jusqu'à ce que la chaleur me fasse tourner la tête.
Une fois sèche, j'enfilais les habits qu'elle m'avait donné et, étrangement, ils m'allaient à la perfection. Il allait falloir qu'elle m'explique certaines choses très sérieusement. Je me fis deux simples nattes qui tombaient de chaque côté de mon visage puis je sortis de la douche.
Vilma m'attendait en tenant dans ses mains une cape rouge qu'elle me tendit.

- Fait attention à cette cape, je l'ai depuis plusieurs années. Elle est extrêmement pratique car elle te tiendra chaud en hiver mais te protégera des températures étouffantes de l'été.

- Vilma, pourquoi tu fais ça ? Garde la, elle te sera plus utile qu'à moi.

Elle s'approcha de moi en mettant la cape sur mon dos et en l'accrochant.

- Je n'en ai plus besoin petite soeur mais toi par contre je pense qu'elle te sera indispensable. Je ne vais pas te laisser mourir une nouvelle fois de froid tout de même.

Elle me fit un grand sourire puis elle attrapa ma main pour m'emmener à l'extérieur.
En sortant je mis le capuchon de la cape sur mon crâne pour être protégée du soleil qui tapait. La neige avait déjà bien fondu, seul quelques monticules étaient encore présents mais ils ne tarderaient pas à disparaitre eux aussi.
Nous étions dans une rue que je connaissais assez bien tout près des quais et elle était bondée. Vilma réussit tout de même à se frayer un chemin, tenant dans une main son katana et de l'autre ma main. Une fois les quais atteint, elle s'assit face à l'océan, m'invitant à faire de même.

- Alors, je peux savoir ce que tu fais sur Saint-Urea ? Tu es là depuis quand ?

- A vrai dire je ne connaissais même pas le nom de l'île avant d'arriver. Je ne suis pas une navigatrice, je me laisse porter par les courants et je suis arrivée ici il y a quelques semaines maintenant. Peut-être deux ou trois. Je n'aurais jamais pensé pouvoir te croiser ici.

En même temps tu pensais que j'étais morte, mais ce n'est pas comme ci je n'avais pas pensé la même chose.

- Moi non plus je dois dire... Mais donc tu voyages ? Qu'est ce qui t'es arrivée il y a huit ans ?

Elle m'expliqua qu'elle avait faillit être faite esclave mais qu'elle y avait échappé de peu. Ensuite, une vieille pirate l'avait prise sous son aile et durant plusieurs années elle avait été durement entrainée et lors de la mort de son mentor elle reçut se katana. Je ne savais cependant pas que c'était un meitou à ce moment précis et de toute façon je ne savais pas encore ce que c'était.

- Et toi alors ?

Une très forte envie de m'enfuir s'empara de moi mais je me retins et fis passer mon stresse sur mes mains que je serrais jusqu'à ce que mes jointures deviennent blanches.

- En fait...

Je n'eus pas le temps de finir ma phrase que Vilma posa sa main sur ma bouche. Je ne comprenais pas son acte et me contentais de la regarder avec surprise et incompréhension. Elle se releva en toute hâte puis m'attrapa une nouvelle fois la main en ce mettant à courir en longeant les quais puis en s'enfonçant dans la ville.

- Mais qu'est ce qui ce passe ?

Ma jambe gauche handicapait notre course et j'étais déjà essoufflée. Après tout j'étais encore en convalescence.

- On est suivit Aoi.


Dernière édition par Aoi Fujita le Lun 18 Jan 2016 - 23:28, édité 2 fois
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Je m'arrêtais soudain, certainement l'idée la plus stupide au monde après que quelqu'un vous ait annoncé que vous êtes suivis, mais j'avais tout à coup peur. Et d'une certaine manière, quoi de plus normal lorsque l'on a 13 ans et que l'on cherche seulement à vivre sans avoir de gros problèmes ? Etre suivi signifiait dans mon esprit que l'on nous voulait forcément du mal et j'avais bien raison.

Le fait que je m'arrête stoppa net Vilma dans sa course. Elle se retourna, sans doute prête à me crier dessus, mais elle se retint au dernier moment. Je commençais à paniquer et je sentais que je perdais mes moyens. Elle s'approcha de moi doucement, voulant me rassurer très certainement, mais avant de me toucher elle releva la tête à une vitesse incroyable et dégaina son katana pour parer un coup qui venait de m'être asséné dans le dos. Je me retrouvais par terre, Vilma derrière moi et un groupe de six hommes autour de nous.

- Enfin vous décidez de vous montrer bande de lâches ?

L'un des hommes, armé d'un arc tout comme ce que j'utilisais avant, plutôt grand et musclé et arborant une longue chevelure rouge comme je n'en avais jamais vu auparavant prit la parole en premier.

- Je dirais plutôt tu décides enfin de sortir de ton trou ! Ca fait un bout de temps qu'on t'a repéré maintenant mais bizarrement tu avais disparu des radars depuis quelques jours. Tu te cachais ? Trop peur de te faire attraper c'est ça ?

Le rouquin ricana, suivi par ces acolytes. Vilma resta stoïque tout en changeant son katana de main et en me remettant debout.

- Parce que vous pensez que j'ai peur d'un petit groupe de voleurs comme vous ?

Le leader s'arrêta de rire pour la fixer avec attention. Je ne comprenais rien à ce qu'il ce passait et je me comportais comme une parfaite gamine, ce qui ne me ressemblait pas. J'étais collée à Vilma et je ne la lâchais pas d'une semelle, incapable de faire quoi que ce soit seule. Si elle n'avait pas été là, j'aurais déjà pris la fuite en essayant d'en blesser quelques uns mais sa présence me donnait l'impression que je pouvais m'accorder le droit de me comporter comme une fille normal de 13 ans. Comme la jeune fille et son bonhomme de neige, j'avais le droit moi aussi d'être une enfant.

- Au moins, tu sais déjà pourquoi nous sommes là. Donne-nous ton meitou et tout ce passera bien dans le meilleur des mondes. Sinon, cette petite risque de déguster, dit-il tout en me pointant du doigt.

Je m'accrochais encore un peu plus à Vilma tandis que celle-ci brandit son katana en direction du rouquin.

- Si un seul de tes hommes la touchent, je peux te promettre que ce qui les attendra sera bien pire que la mort. C'est bien clair ? Et il est hors de question que je vous donne quoi que ce soit, alors vous allez juste dégager c'est clair ?

Le ton de sa voix, froide et cassante, me fit peur durant un bref instant, me forçant à la lâcher pour la regarder. Son regard était fixe, empli d'un sentiment que je ne déchirais pas, mais que j'avais pourtant déjà ressentis. De la haine à l'état pur.
Autour de nous, les gens avaient presque totalement disparus, quelques curieux étaient encore présents, friands d'une bonne baston, et j'entendais déjà la marine au loin qui commençait à arriver. Nous commencions à rester sans rien faire depuis trop longtemps et, si les voleurs ne nous tuaient pas, nous allions finir par nous faire attraper par la marine.
Vilma et les voleurs s'en rendirent eux aussi comptent, accélérant ainsi les choses.

- Les gars, vous faites ce que vous voulez, mais je veux son arme.

Tout ce passa en quelques secondes. Vilma me poussa violemment contre un mur à sa gauche tandis que le groupe entier, excepté le meneur, se jeta sur elle. La douleur qui remonta le long de ma colonne vertébrale après le choc me coupa la respiration durant quelques secondes et ma vision se brouilla. Je distinguais du sang, des corps qui tombaient et une chevelure argentée qui virevoltait au milieu de ce chaos. Mais ma vue, que je venais enfin de récupérer entièrement, fut soudainement bouchée par une immense masse sombre.

Le rouquin venait de se placer juste devant moi et, tout en me souriant sadiquement, il attrapa mes cheveux pour me mettre debout, me faisant crier de douleur. Je vis au loin les marines arriver, mais ils ne seraient sans aucun doute pas là à temps.
Vilma venait enfin de se débarrasser de son dernier opposant lorsque mon agresseur me plaça un couteau sous la gorge. Elle se stoppa net, pétrifiée.

- Lache la.

Elle avait insisté sur chacun des mots qui résonnaient comme un avertissement lourd de conséquence.

- Tu me donnes ton meitou et je te rends la gamine ? Ca te semble correct ?

C'était un piège. Même s'il récupérait son meitou , il me tuerait moi puis Vilma dans la foulé. Mais elle lui tendit tout de même son katana.
Je ne comprenais pas, car je ne savais pas ce qu'était un meitou. J'en avais très vaguement parler, je savais que c'était une arme, mais je n'aurais jamais pensé qu'un katana puisse être cette arme si particulière. Je m'attendais à bien pire ce qui expliquait la raison pour laquelle je ne comprenais pas pourquoi elle voulait lui donner son arme.


Dernière édition par Aoi Fujita le Lun 18 Jan 2016 - 23:57, édité 1 fois
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Je ne pouvais pas laisser faire ça, je ne pouvais pas mourir. Comment aurais-je pu savoir que Vilma avait en fait un plan et qu'elle était bien assez rapide et puissante pour lui trancher la gorge avant qu'il ne me fasse quoi que ce soit ? Je ne l'avais pas réellement vue à l'oeuvre, je ne connaissais donc pas sa force et j'avais peur pour moi. Je réfléchis alors très rapidement, abandonnant mon personnage de petite fille faible de 13 ans pour revenir au personnage qui me décrivait chaque jour et qui se battait pour survivre. J'avais assez joué le rôle de la petite princesse à secourir pour me rendre compte que ce n'était pas fait pour moi.

Je réussis à déduire que l'arc de mon agresseur était placé dans son dos grâce à la sensation du fil de ce dernier dans mon dos. Il n'appuyait pas son couteau aussi fort que l'avait fait Vilma sous mon cou, ne me blessant ainsi pas. Sa main libre tenait fermement mes cheveux pour que je n'essaye pas de m'échapper alors que j'étais tout de même menacée. Je n'avais donc pas énormément de possibilité.
Lorsque le katana de Vilma fut à sa porté, il lâcha mes cheveux pour l'attraper me permettant ainsi de faire ce que je voulais, mais je n'avais toujours aucune idée. Je sentis quelque chose taper contre mon épaule et, profitant du fait qu'il avait encore atténué la pression de son couteau pour tourner la tête, je vis que c'était son carquois rempli de flèche. Sans réfléchir, j'en pris rapidement une pour lui planter aussi fort que je le pouvais dans la jambe.

Il laissa échapper un cris de douleur tout en lâchant son couteau et Vilma en profita pour lui trancher simplement la tête. Comment un simple katana avait pu couper une tête en un seul coup ? J'apprendrais plus tard que c'était parce que c'était un meitou, une arme capable de trancher n'importe quoi, dans la limite du raisonnable, très facilement.
Le corps de mon agresseur tomba dans un bruit sec sur le côté et Vilma se pencha devant moi pour voir si je n'avais rien. Elle par contre avait eu quelques difficultés durant son combat d'après les multiples coupures et blessures de toutes sortes qu'elle avait.

- Tu vas bien ?

- Oui, oui merci Vilma.

J'entendis une voix qui ne devait pas se trouver à plus de 10 mètres de nous derrière moi.

- Lâchez cette enfant tout de suite ! Ou nous n'hésiterons pas à faire feux !

Les marines étaient enfin arrivés mais ils prenaient Vilma pour l'agresseur et pas la victime.

En voyant mon regard elle me prit le visage entre les mains pour me dire quelques mots.

- Aoi, la vie que j'ai choisi ne regarde que moi. Je pensais pouvoir rester un peu plus longtemps avec toi, mais il faut croire que les règles ont changé. Surtout n'oublie jamais, même si tu as vécu par le passé des choses blessantes, qui t'ont meurtris ou autre, tout ceci n'est que du passé. Maintenant que tu es libres, ne laisse pas les autres te dicter tes lois ou te contenter de peu. Tu peux accomplir de grande chose, crois en toi.

Elle savait pour mon passé d'esclave. Je pensais enfin à mon numéro qui était inscrit sur mes reins et compris avec effroi qu'elle avait toujours tout su depuis le moment où elle m'avait déshabillé pour que je porte des habits propres.

- Nous reparlerons, pas ici, pas maintenant, mais si tu décides de prendre la mer alors nous nous reverrons ! Au revoir Aoi, sois forte et courageuse !

Elle se leva brusquement, ne me laissant pas le temps de dire quoi que ce soit, puis elle se mit immédiatement à courir vers le port, tuant sur son passage les quelques marines qui osaient la défier et déviant quelques balles même si j'en vis une lui traverser l'épaule. Elle ne s'arrêta cependant pas et tourna brusquement dans une rue, suivit de près par le groupe de marine.
L'un d'entre eux, qui était resté ici, ce pencha vers moi lorsque ses amis eurent disparu dans la rue.

- Tout va bien petite ? Mon dieu tu es couverte de sang !

Je ne comprenais pas pour quelle raison il s'inquiétait pour moi alors que si lui et les autres n'étaient pas intervenu j'aurais encore pu être avec Vilma. Une rage puissante s'empara de moi et, au lieu de le blesser avec le couteau qui se trouvait près de moi par exemple, je me mis debout sans lui laisser le temps de faire quoi que ce soit puis je me mis à courir aussi vite que je le pouvais. Le marine ne tenta pas de m'arrêter, sans doute avait-il mieux à faire, comme des corps à retirer de la voie publique par exemple, et une fois à bout de souffle, dans un endroit inconnu, je tombais à genoux prête à pleurer mais aucune larme de coula.

Je ne pouvais pas me laisser aller, je devais être forte. Je devais le devenir et ainsi partir sur les mers pour la retrouver. Je devais arrêter de m'apitoyer sur mon sort, reprendre les entraînements de maniement de l'arc, et trouver un moyen de partir.
Quelques jours plus tard, j'avais déjà fabriqué un arc personnel et j'avais repris un entrainement très intensif dans le but de ne plus avoir besoin de compter sur qui que ce soit. J'avais aussi trouvé une réponse à ma question de comment j'allais pouvoir quitter cette île. Il allait falloir que je rentre dans un équipage pirate. C'était la solution la plus sûr mais surtout la plus simple pour moi.

Un an plus tard, l'entraînement avait porté ses fruits, mais toujours aucun équipage à l'horizon, mais je ne perdais pas espoir. Je la reverrais, j'en étais persuadée. Et de son côté, elle faisait désormais bien parler d'elle ayant même sa tête mise à prix. Elle avait toujours un train d'avance mais je ne me laisserais pas faire pour autant. J'allais lui montrer ce dont j'étais capable !
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