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Le début de la fin - Louise

    L'île Iwai. Sans doute l'une des plus petites îles de South Blue, mais pas la moins fréquentée pour autant. Bien au contraire. Comme son nom l'indique – iwai signifie fête en japonais – cette île est le lieu de célébrations diverses et variées en permanence. Que ce soit la naissance de Gol D. Roger, le mariage du chef de l'île, ou simplement le coucher du soleil, tout est prétexte à faire nuit blanche en s'imbibant d'alcool autant que possible. Certes, il arrive que les beuveries se terminent en bagarres entre pirates, mais c'est assez rare, et quand bien même, le tenant de la plus grande station de vacances de South Blue et Maire d'Iwai parvenait toujours à rétablir l'ordre et l'ambiance festive des lieux. L'île rêvée pour se détendre entre quelques chasses... ou pour essayer d'attraper un primé sans défense.

    C'est pourquoi Wakajini avait pris la route en direction de l'île Iwai, seule sur un petit navire, qui n'avait ja-ja-jamais navigué, et équipé de cordes en chanvre de premier choix – peut aussi s'utiliser une fois que vous n'avez plus assez de drogues pour être heureux. Depuis qu'elle était sur South Blue, elle s'y était rendue à plusieurs reprises, lorsqu'elle se sentait particulièrement seule et lasse de cette vie qu'elle menait.

    La solitude...
    Décidément, elle n'était pas faite pour ça. Elle ne pouvait pas avancer sans partenaire, sans compagnon de voyage ; il serait temps qu'elle se trouve un nouvel équipage. Mamoru n'étant plus là depuis plusieurs années, il serait temps maintenant qu'elle trouve quelqu'un d'autre. Et hop, j'incruste déjà un début d'argument pour justifier la future belle union qui nous attend à la fin de ce rp, comment je roxx trop du poney. Et je vous prierais de ne pas relever comme ce propos est rp.

    De toute façon, elle n'était pas venue sur cette île pour se morfondre sur sa solitude mais bel et bien pour se trouve un peu de compagnie pour quelques temps. Des vacances bien méritées pour une jeune femme déjà fatiguée de ses aventures. Il faut dire qu'il y avait des jours où elle désespérait vraiment de parvenir à son but.
    Après que ces pensées noires soient venues lui effleurer l'esprit une dernière fois, elle les chassa définitivement afin de profiter pleinement de son séjour. Il était temps pour elle de se détendre et d'assouvir les désirs qu'elle négligeait plus que nécessaire.

    Le soleil disparaissait à l'horizon et l'île s'éveillait – ben oui, la fête c'est la nuit de préférence. Elle chercha le point de convergence de toute la population, une salle des fêtes gigantesque, capable de contenir tous les visiteurs, rayonnante de milles feux – au sens propre. Des lampions étaient accrochés tout autour, et il semblait que la peinture des murs avait été faite de sorte à refléter tous les rayons qui venaient frapper dessus, renvoyant des myriades de couleurs. Un petit paradis au milieu des mers.

    Quant à l'intérieur, la musique était entraînante, l'ambiance on ne peut plus agréable. Elle venait de trouver exactement ce qu'il fallait pour que son moral remonte à bloc. Elle se dirigea alors vers le bar, commanda un verre de l'alcool le plus fort et glissa son regard sur l'assemblée. Dans un coin, un type particulièrement éméché dansait de manière étrange, dans des gestes mécaniques, relativement absurdes, non sans rappeler le para para japonais.
    Pecnot.

    Alors qu'elle avalait cul sec sa boisson et qu'elle en commandait une autre, son regard tomba sur une chevelure blonde dans laquelle la lumière venait ondoyer. Une femme, oui, et alors ? Elle s'en fichait bien de savoir si elle couchait avec un sexe ou l'autre, tant que le coup était bon. Et celle-ci l'attirait plutôt pas mal, pour le coup. Elle s'approcha, et s'assit à côté d'elle.

    « Bonsoir ! Belle ambiance, n'est-ce pas ? Je pourrais peut-être t'offrir un verre ? »

    Elle avait déjà passé commande, et présentait au barman la somme avec un supplément, en lui disant de garder la monnaie. Elle se rembourserait bien vite sur la jolie blonde, si celle-ci avait suffisamment d'argent. Elle planta son regard dans ses yeux vairons, passa d'un œil à l'autre, avant de finalement détourner les yeux, attendant une réaction.


Dernière édition par Wakajini Shounetsujigoku le Sam 9 Juil 2011 - 17:19, édité 1 fois


      L’île Iwai. Cela faisait maintenant une semaine que Louise s’y était établie. Campement temporaire en attendant de trouver ce qu’elle cherchait. Que cherche-t-elle ? La même chose que d'habitude. Certaines mauvaises langues répondraient la fuite. Sans doute à raison. La jeune femme vous répondra qu’elle cherche celui qui a un jour été son frère. Elle cherche la Révolution. Peut-être aussi la révolution. Elle cherche un homme chez eux, elle cherche le chaos chez elle. Il a détruit sa vie, elle tient donc à lui rendre la pareille. William. L’être qu’elle déteste le plus au monde. Après elle-même.


    Everybody's looking for something.

      Les hommes sont faibles et stupides. Ils se laissent manipuler, mener par le bout du nez pour peu qu’on leur apporte ce qu’ils veulent. Louise se targuait d’être ce qu’ils voulaient. Une incitation à la débauche, un coup facile, quelques heures de plaisir. Désolant. Mais tous les moyens sont bons pour parvenir à ses fins. Et quel meilleur endroit qu’un lit pour interroger un homme ? Stupide créature incapable de résister à sa nature. Si facile à abuser, à trahir et maltraiter. Absurde.


    I'm gonna use you and abuse you.

      Une semaine que Louise était à Iwai, une semaine qu’elle jouait aux jeunes filles effarouchées pour mieux se jouer des révolutionnaires. Une semaine à récolter des informations, à coucher avec ces hommes qu’elle exécrait. Une semaine et rien. Aucune information, rien qui puisse la mener à son frère. Elle avait renversé les pions un à un et aucun roi ne se profilait à l’horizon. Ses efforts n’avaient rimés à rien. A quoi bon se démener si le résultat reste le même ? Eternelle question. Qui suis-je ? Où vais-je ? A quoi bon ? Conneries métaphysiques. Elle restait hantée par ces questions. La fuite était inutile. Les voyages sans sens. Elle était lâche, tout simplement. Peu importe où elle allait, cette fatalité ne changeait pas.


    Travel the world and the seven seas.

      L’île d’Iwai avait failli lui redonner espoir. Failli. L’espoir ? Quelle blague ! La blonde avait mis un point d’honneur à l’oublier. Quand on est pessimiste, on n’attend rien de personne. Lorsqu’on n’attend rien de personne, on ne risque plus rien. Pas de trahison, pas de souffrance, juste l’acceptation. L’homme ne mérite pas d’avoir sa chance. Il nait mauvais et ne vit que par intérêt. Générosité désintéressée ? Connerie. Altruisme ? Connerie. Amour ? Connerie. Conneries, conneries, conneries.


    Some of them want to use you.


      L’alcool, lui, n’est pas traitre. Il offre un bref moment de répit, d’oubli de soi. Encore faut-il accepter de baisser sa garde. Quand on s’appelle Louise Mizuno et que la méfiance est une seconde nature, on fait en sorte de ne jamais perdre le contrôle. Elle ne prend pas le risque de se perdre dans l’ivresse dans un lieu aussi animé et fréquenté qu’Iwai. Si l’ambiance est chaleureuse et festive, il serait stupide de croire qu’il ne s’y trouve que des gens biens. Nombreux sont ceux qui ont une idée derrière la tête en venant ici. Elle la première. Même si ce soir, cette idée n’était plus.


    Some of them want to abuse you.

      Une voix tira la blonde de ses réflexions moroses. Tournant la tête en direction de son interlocutrice, Louise tomba sur une chevelure de feu. Quelle tignasse. Si cette nana était aussi enflammée au pieu, la nuit risquait de ne pas être triste. L’oubli dans les plaisirs de la chair. Ma foi, pourquoi pas. Mettant de côté ses sombres pensées, la jeune femme laissa un sourire enjôleur prendre place sur son visage. Ignorant le trouble familier que provoquaient ses yeux, Louise répondit d’une voix sensuelle, en se penchant à l’oreille de la rousse.

      « A quoi bon se perdre en formalités ? J’ai une chambre là-haut. »

      Du rentre dedans pur et simple. Le jeu de la séduction était inutile. Et la blonde ne tenait pas à perdre son temps avec ces futilités. Si cette fille voulait tirer son coup, c’était maintenant.


    Sweet dreams are made of this.
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      Un instant décontenancée en voyant la blonde se pencher vers son oreille, un sourire mutin vint chasser ce trouble aussi vite qu'il était venu. Elle sentait déjà les poils de sa nuque se hérisser, réaction corporelle de son excitation naissante. L'imagination prenait déjà le pas, la perspective d'une nuit des plus torrides l'envahie totalement et, avant que la jeune femme n'ait pu se reculer, Wakajini glissa une main dans ses cheveux d'or et vint capturer ses lèvres en un baiser, simple amuse-gueule et avant-goût de ce qui les attendaient.

      Elle libéra finalement son emprise, retirant sa main non sans caresser la nuque de sa compagne. Elle prit le verre qu'on lui avait servi, se leva, puis planta son regard ocre dans les yeux vairons, invitation silencieuse à la guider jusqu'à la chambre. Elle laissa ensuite son regard glisser sur ce corps presque trop maigre, s'attarda sur le tatouage et sur ses formes, avant de finalement conclure que cette fille dégageait quelque chose d'inhabituel, suffisamment pour qu'elle éprouve une irrésistible envie de partager la nuit avec elle. Inconsciemment, elle passa sa langue sur sa lèvre supérieure, avant de se laisser guider vers le lieu de leurs déboires sans oublier de vider d'une traite son verre d'alcool qu'elle abandonna sur une table.

      Quelques regards outrés suivirent ces deux femmes, d'autres semblaient plutôt amusés, voire intéressés. Tous furent traités avec le plus grand des mépris par la rousse qui ne cherchait plus que le contact de la chaire de sa rencontre. Elle la suivit jusqu'à sa chambre et ,avant que la porte ne se soit refermée sur elles, avait déjà retrouvé ses lèvres, une main s'aventurant sans peur sur ses reins, l'autre essayant d'éliminer tous les vêtements, obstacles au contact de sa peau.


      ***

      Allongée près de la maigrichonne, Wakajini voyait au travers des rideaux tirés que l'aube commençait à pointer. Elle caressa du regard le corps près du sien, n'osant pas y toucher de peur de la réveiller bien qu'elle ne soit pas sûre qu'elle dorme réellement. Sur ses lèvres flottait un sourire satisfait, rêveur, tandis qu'elle laissait le souvenir de cette nuit l'imprégner d'une douce euphorie. Elle trouvait rarement des partenaires avec lesquels elle s'accordait aussi bien. Plus encore, elle ne trouvait jamais de partenaire qui la comble complètement sans qu'elle n'ait besoin de le/la plonger dans les pires tortures. Ce qui avait été le cas ce soir.

      Une pointe de regret lui pinça le cœur lorsqu'elle coula hors des draps pour se rhabiller. Belle aventure qui se terminait au lever du jour. Coup d'un soir, une étoile filante était passée dans le ciel de Wakajini et elle ne demandait rien de plus malgré l'alchimie qu'elle avait cru sentir entre elles. Alors qu'elle commençait à se rappeler qu'elle allait devoir reprendre sa route seule, ses regrets grandir, mais, paradoxalement, c'est ce qui la décida à enfin agir.

      *Depuis quand je fais dans le sentiment...*

      Elle laissa son sac près de la porte et s'approcha des affaires de la blonde, faufila une main silencieuse dans le sac qui ne lui appartenait pas et commença à fouiller, cherchant tout objet de valeur à subtiliser.
        Peaux moites, soupirs de plaisir, chaleur… Tout dans la petite chambre de Louise n’était qu’érotisme et volupté.

        « Ahhh ! »

        Un râle. Plus bruyant que les autres. Jouissance.


        ***

        « A quoi bon se perdre en formalités ? J’ai une chambre là-haut. »

        La proposition n’avait pas semblé poser le moindre problème à la rousse. Louise s’y était un peu attendu. Elle ne connaissait pas cette fille, mais généralement, elle savait se faire une bonne opinion des gens. Et puis, le baiser que les deux jeunes femmes échangèrent ne laissait guère d’ambigüité. Il n’y avait plus qu’à espérer que ses talents ne s’arrêtaient pas au simple baiser. Mais encore une fois, Louise en doutait.

        Avec un regard aguicheur, la blonde traina sa conquête de la soirée à travers la foule. Par jeu, elle laissait parfois sa main effleurer la cuisse de sa compagne, l’allumant un peu plus à chaque pas, ignorant la foule et son regard indiscret. Elle était certaine que de nombreux hommes mourraient d’envie de se joindre à elles. Mais cette nuit, Louise ne partagerait pas.

        ***


        Dans l’obscurité, les corps se mouvaient avec souplesse. Les draps se froissaient sous les deux jeunes femmes tandis que les mains parcouraient leurs peaux pour de sensuelles caresses. Les gémissements se faisaient écho et résonnaient doucement dans la pièce.

        ***


        Cela faisait maintenant un moment que l’ardeur de nos protagonistes s’était calmée. Etendues l’une près de l’autre, on n’entendait désormais plus que leur respiration paisible. Endormies ? Ce n’était pas le cas de Louise. Elle avait peut-être pris son pied durant la nuit, elle n’avait pas assez confiance pour s’endormir paisiblement en présence d’une parfaite inconnue. C’était presque ironique de considérer la rousse comme une inconnue après une pareille nuit. Mais après tout, elle n’était que l’une de ses multiples aventures sans lendemain. Elle n’avait même pas pris la peine de lui demander son nom. Peu importait. Même si la blonde n’aurait pas dit non pour une deuxième nuit comme celle-ci.

        Elle restait parfaitement immobile, silencieuse, attendant le réveil de l’autre, attendant qu’elle quitte la chambre. La rousse se mit en mouvement plus rapidement que ce que Louise avait escompté. Tant mieux. Elle n’aurait pas à feindre le sommeil trop longtemps. Attentive, elle entendit sa compagne de la nuit se lever puis se déplacer. Le bruit des tissus lui laissa penser que l’autre se rhabillait. Puis, alors qu’elle pensait entendre la porte s’ouvrir, la blonde constata avec surprise que le silence persistait. Puis un bruit presque imperceptible lui parvint aux oreilles.

        Méfiante, Louise se releva et surprit sa conquête en train de fouiller ses affaires. Voilà qui n’était guère plaisant. Avec une moue mécontente, la blonde saisit un poignard dissimulé sous son lit et quitta les draps, silencieuse comme une ombre.

        « Normalement, c’est moi qui fouille les affaires des autres. »

        Sans un bruit, elle s’était glissée derrière la rousse et avait posé la pointe de son arme sur sa nuque. La suite de la conversation risquait d’être bien moins plaisante que la nuit passée. Comme la blonde l’avait signalée, c’était normalement elle qui pillait ses partenaires. Elle n’aimait pas vraiment être prise à son propre jeu. Mais, pour une fois, sa paranoïa naturelle l’avait préservée d’un stupide vol.

        « Je suppose que tu as quelque chose à dire pour ta défense ? Tu as cru qu’il s’agissait de tes propres affaires peut-être ? »

        Un sourire ironique barrait le visage de la jeune femme. Elle ne se souciait aucunement de sa nudité et attendait une réaction de la part de celle qu’elle menaçait. Elle aurait dû se douter que cette fille était une prédatrice. Ca se voyait dans le moindre de ses gestes. Mais il était trop tard pour regretter maintenant.
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        Le sang de la rousse se glaça subitement. Ses doigts avaient touché quelque chose de métallique – arme ? Berry ? - mais ce n'étaient pas les seuls à avoir ressenti ce froid contact. Une lame sur sa nuque.
        Comment avait-elle pu l'approcher si furtivement ?

        Suivant son instinct plus que sa raison, elle se figea net, respirant à peine, réprimant un frisson qui l'aurait secouée de la tête aux pieds. Excitation ? Appréhension ? Peur ? … Satisfaction ?

        Elle même n'aurait su dire ce qu'elle ressentait. Dans tous les cas, elle ne tenait pas à perdre la vie de manière aussi stupide, et surtout pas maintenant. Pas ici. Elle inspira profondément, réprima l'anxiété qui avait fait mine de se pointer et, tandis qu'elle expirait avec lenteur, elle sentit un nouveau sentiment monter en elle, grondement sourd, animosité à l'encontre de celle qui en cet instant menaçait sa vie.

        Un sourire prit place sur son visage, vide de tout sentiment et pourtant révélateur du changement en elle. Son sang dégela, entra en ébullition, propagea sa chaleur dans tous les membres de la rousse qui se tendit, cherchant déjà comment esquiver la lame.
        Si cette garce s'était glissée dans son dos avec tant de facilité, elle ne devait pas être née de la dernière pluie.
        Oui, cette garce. Elle la menaçait.

        L'ironie de la blonde fusa sans pour autant trouver sa cible.

        « Me défendre ? » Un rire ironique, cassant, s'échappa de ses lèvres. « Je ne suis pas une lâche, et les faits sont suffisamment éloquents pour que je me taise. »

        D'un mouvement lent bien que parfaitement fluide, Wakajini se retourna pour faire face à son adversaire – que pouvaient-elles être d'autre désormais ? - sans pour autant se soustraire à sa lame ni éviter le risque d'une estafilade autour de son cou. Chercher à s'échapper serait futile. D'une pression du poignet, la blonde mettrait un terme à sa vie. Elle avait pris garde à ce que la blonde ne se trompe pas sur ses intentions afin qu'elle ne cherche pas à l'entraver. Si elle devait périr de sa lame, autant que ce soit de face.

        Alors qu'un corps dévêtu s'offrait à sa vue, elle ne s'intéressa qu'aux yeux vairons. L'un bleu, l'autre marron. Ciel et terre... Ciel et enfer ? Elle était toujours en vie, pourtant, rien n'expliquait que la lame n'ait pas déjà fait couler son sang.
        Strictement rien.

        « L'arroseur arrosé... Ne serait-ce pas toi, en ce moment même, qui ait besoin de te défendre contre une main qui a été plus rapide que la tienne ? »

        Provocation pure et dure, la phrase avait été lancée avec impétuosité, question rhétorique triomphante. Une petite voix très ténue lui murmurait au fond du crâne qu'elle ferait mieux de se taire, de trouver un moyen de s'en tirer sans y perdre trop de sang, mais les flammes habitant Wakajini brûlaient avec trop de force pour qu'elle puisse les ignorer.
        Elle n'écouta pas une seule seconde la petite voix, et ne laissa transparaître aucune trace de crainte ; elle n'en ressentait aucune.

        « Mais si tu y tiens... j'ai besoin d'argent pour des affaires personnelles. Et je te serais reconnaissante de ne pas m'achever avant que je les ai réglées. J'en serais... contrariée. »

        Elle avait insisté sur ce dernier mot, y mettant sans doute la pointe d'agressivité qui prolongeait celle dont elle était envahie. Agressivité qui ne s'adressait pas tant à celle qui lui faisait face qu'à l'être malin qu'elle poursuivait sans relâche depuis qu'elle avait quitté Alabasta, plusieurs années plus tôt.

        Aucune hésitation dans sa voix, ni dans sa tête. Si la lame tentait de s'enfoncer plus profondément, elle s'esquiverait sur le côté et affronterait sa compagne de la nuit, bien qu'elle n'en ait pas particulièrement envie. Pas du tout envie.


      Dernière édition par Wakajini Shounetsujigoku le Ven 22 Juil 2011 - 20:07, édité 1 fois


          Pourquoi Louise ne tuait-elle pas de sang froid la femme qui se tenait devant elle ? Pourquoi, impassible, se contentait-elle de l’écouter déblatérer des inepties ? Le comportement de la blonde était incohérent. Incohérent et stupide.

        I don't know how I got this way
        I know it's not alright
          Elle l’avait laissé se retourner, elle avait à peine effleuré sa peau, rétractant presque sa lame pour ne pas blesser sa partenaire de la nuit. Elle l’avait laissé parler, lui offrait un sursis. Pourquoi ? Pourquoi, alors qu’elle ne la connaissait ni d’Eve ni d’Adam, se sentait-elle proche de cette rousse tentatrice ? Quelque chose échappait à Louise. Quelque chose qu’elle ne parvenait pas à déterminer, comme si un sentiment tentait de poindre derrière les murs de son cœur. Un sentiment… L’idée était ridicule. Les émotions, c’était bon pour les faibles.

        Cause inside I realize
        That I'm the one confused
          Wakajini et Louise étaient aussi différentes que le ciel et la terre. Dualité semblable à celle qui se reflétait dans les yeux de la blonde. Dualité ou complémentarité ? « L’arroseur arrosé » hein ? Encore un parallèle. Tel est pris qui croyait prendre. Le destin tentait-il de transmettre un message aux deux adversaires ? Qui sait. Mais Louise, le destin, elle ne l’avait jamais vraiment considéré comme un allié. Comme les autres, il était traitre. On ne pouvait se fier à personne. Ni être humain, ni entité irréelle.

        Memories consume
        Like opening the wounds
          Agressive. C’était sans doute le meilleur mot pour qualifier la rousse. Silencieuse, Louise la fixait toujours. Quelque chose la bloquait. Dans sa tête, une voix lui hurlait de répondre, d’engager la conversation, de demander plus de détails. Elle l’ignora. Elle était maitresse de ses actes et de ses décisions. Elle était la manipulatrice obsédée par le contrôle. Pas question de se laisser avoir par cette fille, aussi canon soit-elle.

        I tightly lock the door
        I try to catch my breath again
          Dans une tentative pour reprendre le dessus sur son esprit et son corps, Louise passe à l’attaque. Poignard en avant, geste maladroit. Contourné sans mal. Le coup est dérisoire. Un enfant aurait été capable de l’éviter. Pour son adversaire, ce n’est qu’une formalité.

        I don't know what's worth fighting for
        Or why I have to scream
          Louise se sent stupide. Mais elle se sent mieux. Elle reprend pied avec la réalité et se met sur ses gardes. Hors de question de se laisser avoir maintenant. L’autre est redoutable. Une prédatrice. Louise l’a déjà deviné. Ce qu’elle ne sait pas, en revanche. Ce sont ses réelles motivations. Des affaires personnelles, hein ? C’est un peu facile comme excuse.

          « Tu m’en diras tant… »

          Le sarcasme est à peine contenu. La blonde aussi sait jouer avec les mots.

        But now I have some clarity
        To show you what I mean
          « Et on peut savoir ce que c’est ? A moins que ça te contrarie un peu trop ? »

          Retour de balle. Elles peuvent s’amuser longtemps comme ça, mais ça n’aurait sans doute qu’un intérêt réduit. Cela dit, se battre apporterait-il plus de satisfaction ? La chasseuse de prime n’en avait pas l’impression. Une autre solution ? Possible. Encore une fois, la jeune femme sentait quelque chose lui échapper. Le spiritisme et ces conneries, c’était pas son truc. Si le destin voulait vraiment lui faire comprendre quelque chose, alors qu’il arrête de faire dans le sibyllin. Oui, qu’il arrête. Parce que ce soir, impression étrange ou non, Louise n’avait pas l’intention de changer sa manière de faire. Si cela s’avérait nécessaire, elle tuerait cette fille de sang froid, et poursuivrait sa route.
        I'll never be alright
        So I'm breaking the habit

          Ou peut-être pas…

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          L'attaque aisément esquivée fit l'effet d'une douche froide à la chasseuse de prime. Elle aurait eu l'occasion de répliquer, sinon de désarmer son adversaire ; elle se contenta d'un saut souple sur le côté. Les flammes en elle venaient de s'éteindre aussi brusquement qu'elles s'étaient allumées.

          *À quoi elle joue ?*

          Une attaque... Une attaque ? Ça n'en méritait même pas l'appellation ! Le cerveau en ébullition, toute son énergie concentrée sur sa réflexion, Wakajini essaye de comprendre. Quelques secondes plus tôt, elle se voyait déjà une lame en travers du cou, et voilà que quelque chose venait entraver l'action de la blonde. La rousse ne ressentait aucun soulagement, juste une grande interrogation.
          De la pitié ? Pas vraiment le genre. Alors quoi ? De la crainte ? Peu probable. Quoi d'autre ? Rien. Le néant. Elle avait beau se faire des nœuds au cerveau, elle n'était pas capable d'établir une conjecture satisfaisante.

          Elle n'eut pas le temps d'approfondir.

          Quelques secondes plus tôt, le sarcasme avait glissé sur elle. Cette fois-ci, il l'atteignit en plein cœur. La tension qui l'avait quittée après la piètre tentative d'assaut reprit sa place. Pourtant, plutôt que de reprendre une position d'attaque, Wakajini resta immobile. Seuls ses poings serrés trahissaient la tempête qui se déclencha en elle.

          ***
          Deux corps enchevêtrés, mues dans une danse sans fin. La jeune femme s'abandonne aux caresses de sa partenaire. Le contact de cette main, qui descend lentement... Sa poitrine, son flanc, sa … Pas sa cuisse !
          Aussi vive qu'un serpent, la main bronzée vient se saisir des doigts pâles, les orientent ailleurs avec délicatesse.
          Déjà, elle oublie l'incident.


          ***
          Rouge, orange et jaune. Où qu'elle tourne le regard, tout est rouge, orange et jaune.

          Hurlements. Craquements. Crépitements.

          L'adolescente est terrifiée. Ses larmes l'empêchent de voir autre chose qu'un grand flou.
          Elle suffoque.
          Elle a mal. Terriblement mal.

          Pourquoi ?

          Hurlement.
          Tout aussi vain que les appels à l'aide qu'elle entend ; ils sont tellement proches, mais tellement inaccessibles...

          Un des mâts maintenant le chapiteau s'effondre près d'elle. Elle hoquète de surprise, puis s'élance. Dans la direction opposée aux appels.

          « Pardon... ! »

          Elle trébuche, glisse, dérape.
          Elle a mal. Terriblement mal.

          Pourquoi ?

          Un mur de feu lui fait face. Sans réfléchir, elle bondit. Elle sert les dents lorsqu'une flamme vient lécher sa cuisse droite, y imprimer sa marque. À vie.

          Elle atterrit lourdement sur le sol, ne sent que la douleur.
          Mais pas celle de sa cuisse.

          Pourquoi ?

          ***

          Elle ne le réalise pas immédiatement. Une sensation étrange, au creux de son estomac, qui se propage peu à peu à chacun de ses membres.
          Elle tremble.

          Ce souvenir, enfermé pendant des années. Elle voudrait répondre à la question ; sa gorge est sèche et nouée. Elle voudrait attaquer, faire taire cette sale peste ; ses jambes sont en coton.

          Pourquoi ?

          Elle se croyait forte, et la voilà aussi fragile qu'une enfant. Elle se rattache aux yeux vairons comme à une bouée de sauvetage, comme si eux seuls l'empêchaient de replonger dans son passé, dans la douleur, dans la folie. Situation paradoxale.
          Elle doit répondre à la question posée. Maintenant, ou elle n'y arrivera plus.

          « Mes problèmes ne regardent que moi, à moins que tu ne sois révolutionnaire. Auquel cas, l'une d'entre nous sortira d'ici entre quatre planches. »

          Sa voix est tout aussi tremblante que son corps. Ridicule. Minable. Méprisable. Écœurée par sa propre faiblesse, elle reprend contenance, et attend. Son corps lui hurle de quitter la pièce avant que tout ceci ne dégénère, mais elle ne peut se résoudre à abandonner son sac. Si c'est bien le mera mera no mi qu'il contient – elle n'en est pas encore sûre – elle se maudira toute sa vie de l'avoir perdu aussi bêtement.


        Dernière édition par Wakajini Shounetsujigoku le Mer 27 Juil 2011 - 21:22, édité 1 fois


            Révolutionnaire. Le mot résonnait dans la tête de Louise. « A moins que tu ne sois révolutionnaire. » Révolutionnaire. Douleur et souvenirs. Douleur du souvenir. L’espace d’un instant, la jeune femme eut envie de pleurer.

            I've been waiting
            In the shadows all my time


            Tout ce qui avait eu lieu jusqu’à présent n’avait plus aucune importance. Une remarque, un mot avait suffit à tout effacer. L’affrontement ? Quel affrontement ? Louise se sentait misérable, rabattue au rang de gamine alors qu’une digue cédait dans son esprit. Plus de chambre sinistre, plus de combat, plus de rousse allumeuse. Juste la souffrance.


            Sometimes
            I feel I going down and so disconnected

            ***

            Elle avait quatorze ans. Elle était une adolescente comme les autres, ou presque. On est tous persuadés d’être différent à quatorze ans. C’est à cet âge que sa vie bascula. Cris, pleurs, incompréhension. Ce fut tout ce qu’elle retint de cette journée tragique. Ca et une question. A l’époque, elle n’avait pas obtenu de réponse. Aujourd’hui, elle en était toujours au même stade.

            « Où est William ? »

            No sleep
            No sleep until I am done with finding the answer

            ***


            Un frisson parcouru le corps de Louise. Le frisson se transforma en tremblement et elle dut serrer sa poigne autour de son arme pour ne pas la lâcher. Révolutionnaire. Ce mot la mettait hors d’elle ! La colère succéda au trouble. Incontrôlable. La blonde ne la sentit pas s’emparer d’elle.

            Sometimes
            I feel that I should go and play with the thunder


            Aussi fulgurante qu’éphémère, la fureur de Louise s’exprima par la lame posée sous la gorge de sa partenaire d’un soir. Toute trace de doute effacée, la jeune femme saisit violemment une touffe de cheveux et tira sans ménagement la tête de la rousse vers l’arrière. Le couteau était posé sur la peau. La pression, bien que faible, suffit à faire couler quelques gouttes de sang.


            They say
            That I must learn to kill before I can feel safe


            « Je n’ai rien à voir avec la Révolution. Ne t’avises même pas de l’insinuer encore une fois. »

            Les mots avaient été crachés avec haine, comme si le simple fait de parler de la Révolution lui arrachait la bouche. Ce qui n’était pas loin d’être le cas. C’était cette Révolution qui avait fait d’elle ce qu’elle était à présent. Cette Révolution qui lui avait pris son frère et bouleversé sa vie. Jamais elle n’accepterait que quiconque puisse croire qu’elle en faisait partie.

            But I
            I rather kill myself then turn into their slave


            Il y avait très peu de sujets qui faisaient partir Louise au quart de tour. La rousse venait d’en trouver un et d’en faire les frais. Si bien que la blonde allumeuse en oubliait ce qu’insinuaient les paroles de l’autre. Aucune d’elles ne portait la Révolution dans son cœur mais pour le moment, Louise s’en fichait royalement. Sa rage n’était pas retombée.

            Won't stop
            Won't stop before I find a cure for this cancer


            Elle refusait de lâcher sa proie. Elle n’avait pas bougé d’un centimètre, n’avait pas décalé sa lame d’un centimètre. Le temps semblait figé dans la petite pièce. Seules résonnaient les respirations – irrégulières – des deux jeunes femmes. Louise se força a reprendre le contrôle de ses sens. Elle inspira longuement avant d’expirer avec calme. Alors, seulement, elle repoussa son coup du soir contre le mur. Elle ne mit aucune délicatesse dans son geste et ne baissa pas sa garde pour autant. Elle avait toujours vécu dans la méfiance, ça n’allait pas changer aujourd’hui.

            I've been living
            For tomorrows all my life


            « Cela dit, tu ne sembles pas non plus apprécier ces révolutionnaires. »

            Le dernier mot fut de nouveau prononcé avec mépris. Guère difficile de deviner que la blonde en avait après eux. Mais cette aversion commune pour ce groupe dédié au peuple pouvait servir aux deux femmes. Louise commençait à en prendre conscience. Elle devait en apprendre plus sur son interlocutrice.

            « J’ai quelques renseignements à leur sujet, comme je suis sûre que c’est aussi ton cas. »

            In the shadows all my time
            I've been searching


            Petit à petit, le comportement de la blonde changeait. La tension disparaissait, la séduction reprenait le dessus. Le changement s’opérait doucement, subtilement. Elle avait toujours eu un don pour manipuler les gens et les faire tomber dans ses filets.

            Avec un demi-sourire qui se voulait rassurant, elle s’éloigna de la rousse pour se rapprocher d’une commode, à côté de la porte. Sans geste brusque, elle posa son couteau et saisit une robe jaune. Sa nudité commençait à l’agacer. Rapidement, elle enfila le vêtement et reprit son couteau. Cependant, croire qu’elle avait laissé une ouverture à sa partenaire pendant cette opération aurait été stupide. Même désarmée, elle restait redoutable, et au pire des cas, elle pouvait avoir recours à son fruit.

            « On pourrait passer un accord, qu’est-ce que tu en dis ? »

            Nouveau sourire, plus enjôleur, plus séduisant. Semblable à ceux qu’elle avait pu offrir la veille, lors de leurs ébats. Elle devait mettre la rousse dans son camp et lui soutirer des informations. Qui sait, peut-être apprendrait-elle enfin ce qu’elle voulait…


            Lately I been walking walking in circles, watching waiting for something
            Feel me touch me heal me, come take me higher
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            Cette lame, Wakajini la haïssait. Pas autant qu'elle se haïssait pour son instant de faiblesse, mais elle la haïssait quand même. Un picotement désagréable se faisait sentir là où l'arme mordait sa chaire sans qu'elle ne fasse rien pour se dégager. À la merci de son ennemie, elle patientait, une flamme meurtrière dans le regard. Seule sa respiration saccadée trahissait la pointe d'angoisse qui lui étreignait la poitrine.

            Encore et toujours cette fichue lame. La position de dominée ne plaisait guère à la jeune femme. Louise se doutait-elle qu'elle venait de mettre en marche une bombe à retardement ? Elle avait enfermé le fauve qui n'attendait plus que la première occasion pour déchiqueter son geôlier.

            Les paroles de la blonde étaient vaines. La rousse ne les écoutait pas. Le son de sa voix parvint à ses oreilles, les mots ne firent pas sens. Elle n'en avait rien à faire. Tout ce qui importait, c'était cette main, qui la tirait par les cheveux, cette lame, qui lui mordait impitoyablement le cou.
            Liberté entravée. Tout ça parce qu'elle n'était elle-même pas fichue de contrôler ses souvenirs, de laisser le passé là où il était !

            Hisoka...

            Un nom, qui essayait de se frayer un chemin à travers la barricade brisée. Un nom qui fut chassé par le choc du dos de Waka contre le mur. Pas un gémissement de douleur, juste une main qui vint essuyer le sang qui coulait dans son cou.

            Fuyant ses démons intérieurs, la rousse se concentra sur les paroles de la blonde, tandis qu'elle ne résistait pas à l'envie de détailler une nouvelle fois son corps dénudé. Le revirement de situation était assez extraordinaire. D'amantes, elles étaient devenues adversaires. Désir, haine et intérêts bataillaient pour prendre le dessus sans jamais rester en haut du podium bien longtemps.

            Intérêt commun pour la Révolution ? Prostrée contre le mur, Wakajini ne bouge pas. Et si c'était un piège ? Si cette fille n'était tout simplement qu'une révolutionnaire qui feignait l'aversion pour ceux-ci ? Les révolutionnaires... fourbes, sournois, ils étaient prêts à toutes les entourloupes !
            Même les pires.

            Enfin ! Enfin, la blonde s'éloigne pour s'habiller. Son sac est à portée de main ; ses armes aussi. Surtout son bâton, posé à terre la veille. Sa main se referme sur le bois, contact rassurant, sécurisant, qui a tôt fait de ranimer la lueur meurtrière dans le regard de feu de la chasseuse.

            Elle observe le changement d'attitude de l'autre, consciente qu'elle tente de jouer la carte de la séduction. Louise Mizuno, tu utilises la mauvaise main. Meurtrie au plus profond de son être, Wakajini sent ses plaies passées se rouvrir.

            Passer un accord ?

            Agreement not found.

            La chambre était petite. Suffisamment petite. En un saut, Wakajini était au niveau de Louise – tout du moins à celui de la commode – et abattait son bâton sur le visage de la blonde comme si elle maniait un sabre de sa main droite.
            Le bruit sonore du bois contre le bois résonna dans la petite pièce.

            La chasseuse de prime savait que son attaque tomberait dans le vide, mais elle n'avait pas su se contrôler, et était passé à l'action.

            « Remballe tes sourires, va. Y'a que toi que ça trompe. »

            Attentive au moindre mouvement de l'ennemie, elle reprit son arme à deux mains, prête à repousser la lame détestée. Il inspira doucement, hésitante.

            Révolutionnaire ou pas révolutionnaire ?

            La tentative de séduction faisait écho à ses souvenirs, et elle ne parvenait pas à détacher l'image d'Hisoka de celle de Louise. Sauf qu'elle faisait peut-être erreur. Après tout, c'était elle qui l'avait abordée, et non l'inverse. La colère retomba doucement, en même temps qu'elle se remémorait la matinée et repassait les évènements au ralenti depuis qu'elle avait tenté de voler la blonde.

            « Je préférais lorsque nous faisions l'amour. C'était plus agréable... » Sourire aux lèvres, elle se permit une courte pause, laissant sa mémoire calmer les tensions présentes. « Pourquoi tu cherches la Révolution ? »

            Bien qu'elle ne soit pas sûre que l'autre cherchait la Révolution, les allusions aux informations laissaient entendre qu'elle faisait des recherches. Elle avait choisi la déduction la plus simple, la plus évidente.

            Elle ne pouvait accepter le moindre accord si elle n'en savait pas plus.

              Une fois n’est pas coutume, Louise s’était montrée trop optimiste en pensant que son entreprise de séduction fonctionnerait. Optimiste ou stupide. Pour elle, l’un n’était pas tellement éloigné de l’autre. L’optimisme nourrit l’espoir, et l’espoir conduit aux déceptions. Elle l’avait appris bien assez tôt. Elle ne se ferait pas avoir une seconde fois.

              I know it's everybody's sin
              You got to lose to know how to win

              La proposition d’accord était pour le moment refusée. Louise était un peu déçue. Lorsqu’il s’agissait des révolutionnaires, toute information était bonne à prendre, et elle aurait préféré que la rousse pense comme elle. Mais encore une fois, cette dernière répondit avec agressivité. Le coup de bâton fut rapide, violent. La blonde ne l’évita que grâce à la distance qui la séparait de son adversaire. Si elle voulait répliquer, il faudrait qu’elle approche de nouveau l’autre jeune femme. L’écart entre elles l’empêchait de répliquer.


              Isn't that the way
              Everybody's got their dues in life to pay

              Immobile, la blonde attendait donc. Que pouvait-elle faire d’autre ? La tension était encore montée dans la petite pièce. Prisonnières d’un passé de trahison, les deux jeunes femmes étaient incapables de baisser leur garde. La confiance n’est pas une chose facile à obtenir. Et sans doute encore moins à donner. Louise ne permettrait pas à l’autre de prendre la moindre initiative.


              Yeah, I know nobody knows
              where it comes and where it goes

              Les paroles de la rousse tirèrent un sourire désabusé à Louise. Faire l’amour. Idée saugrenue. Ce fut avec une grimace dégoûté que la blonde répondit à cette remarque.

              « Amour ? Je te croyais moins naïve. On a baisé, fin de l’histoire. »

              La chasseuse de prime n’était pas du genre à jouer sur les mots, mais il y avait certaines ‘valeurs’ auxquelles elle était attachée. Elle n’eut toutefois pas le temps d’y penser plus que l’autre posait déjà une autre question. Pourquoi ? Un rire jaune franchit les lèvres de la blonde. Elle aurait pu tout expliquer, raconter son histoire, la trahison vécue. Elle aurait pu.


              The past is gone
              It goes by, like dusk to dawn

              Pourquoi cette nuit s’achevait-elle de la sorte ? Pourquoi les souvenirs devaient-ils remonter ? Louise serra les dents, incapable de réagir, de répondre. La douleur qui étreignait son cœur la paralysait. Pourquoi ? Cette question revenait souvent. Trop souvent. Elle poursuivait une ombre, une chimère. Elle poursuivait un homme qui l’avait abandonné. Elle se poursuivait elle-même. Inapte à trouver quoique ce soit.

              Every time I look in the mirror
              All these lines on my face getting clearer

              La jeune femme se força à évacuer les tensions de son corps. Difficilement, elle desserra ses mâchoires.

              « Disons que j’ai des comptes à rendre avec quelqu’un. »

              Aucune assurance dans ces mots mais une fragilité. Déchirante. Le fait de les prononcer avait demandé à la blonde un effort considérable. Elle ferma les yeux et secoua la tête pour chasser ces souvenirs qui l’envahissaient, insidieux. Acte stupide. Elle offrait à l’autre une opportunité en or.

              « Et toi ? »

              You know it's true
              All the things come back to you

              Que les mots parviennent ou non à son interlocutrice, Louise n’en avait cure. La question avait été posée sans intonation particulière, dans l’espoir de lui permettre de se ressaisir.
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              Juste un instant de faiblesse. Wakajini n'avait pas besoin de plus pour passer à l'action. La fragilité dans la voix et l'attitude de l'autre femme ne lui avait pas échappé. Aussi vive qu'un serpent, aussi agile qu'un félin, elle bondit sur la blonde.
              Un bout de l'arme vint frapper le poignet armé, l'autre s'écrasa sur le côté du crâne de la blonde pour l'envoyer contre le mur.

              Le parquet résonne lorsque le bâton tombe. Les deux mains libres, Wakajini saisit celles de sa proie qu'elle plaque contre un mur de tout son poids. Guidée par des pulsions plus fortes que sa volonté, elle s'approche de son oreille, en mord le lobe jusqu'au sang, avant de desserrer les mâchoires. Le goût métallique sur sa langue, l'odeur sauvage de la chevelure dorée, la fraicheur du corps contre le sien... Un frisson lui parcoure l'échine lorsqu'elle se décide enfin à répondre à la question posée.

              « Je veux détruire les révolutionnaires. Tous, jusqu'au dernier. »

              Un souffle glaciale, glissé au creux de son oreille. Sa voix charrie des années de haine et de douleur. Elle reste sur ses gardes, sensible à la moindre tentative de sa captive pour se libérer. Doucement, elle parvient enfin à balayer ses souvenirs et à les endiguer. Elle est dans le moment présent, ignorante de ses peines, de ses pertes. Une seule chose compte : la Révolution. Et la blonde.

              « On m'appelle Wakajini Shounetsujigoku. »

              Au prix d'un effort considérable, elle se présente enfin. Un pas vers l'autre en qui elle n'a aucune confiance. La confiance n'a plus de sens pour la rousse depuis bien longtemps, tout comme l'amour. Elle sourit en repensant à la manière dont la blonde l'a reprise plus tôt sur ses mots. De toute façon, faire l'amour ou baiser, quelle différence ? En amour, on se fait toujours baiser.

              Plus que tout, Wakajini désire faire souffrir cette femme, entendre ses cris de douleurs, ses supplications... Un nouveau frisson la secoue, plus fort que le précédent. Ses mains lâchent prise, mais elle ne se recule qu'à peine, frappée par l'évidence.

              « Associons-nous. »

              Proposition brève, mais sincère. Elle pose un regard brûlant sur les yeux dépareillés, voguant de l'un à l'autre sans parvenir à s'y habituer. L'idée avait été soufflée par la blonde plus tôt et la chasseuse de prime l'avait traitée avec mépris, pourtant... La calculatrice froide et la manipulatrice sulfureuse. À la fois opposées, similaires et complémentaires. Comment ne pas l'avoir vu plus tôt ?

              Cette méfiance réciproque lui plaît. Elle sait que l'autre ne sera pas une menace, puisqu'elle sera toujours elle-même sur ses gardes. L'absence de confiance, voilà exactement ce dont elle a besoin. L'autre ne lui donnerait rien d'autre que du plaisir charnel, et de l'aide pour son entreprise. Aucun risque de trahison, puisqu'aucun engagement. Elle n'attendra rien d'elle, et ne se sentira pas obligée de lui offrir quoi que ce soit de plus.

              « Je ne te dois rien, tu ne me dois rien. Un simple partenariat pour atteindre nos objectifs respectifs. »

              Un sourire engageant se dessine sur ses lèvres. Cédant à la naïveté, elle ne doute pas une seconde que l'autre va accepter. L'idée que la blonde puisse attaquer plutôt qu'acquiescer ne lui traverse même pas l'esprit.

                3, 2, 1. Impact.

                Le choc fut brutal. Louise ne l’avait pas vu venir et la douleur se répandit en elle comme une vague. Poignet, tête, oreille… Elle avait envie de crier. Au prix d’un effort considérable, elle garda les mâchoires serrées. Sa collision avec le mur avait eu le mérite de lui remettre les idées en place. Malgré sa position clairement délicate, elle ne laissa aucune expression de frayeur prendre place sur son visage. Elle se contentait de fixer avec animosité son adversaire, ses yeux dépareillés plongés dans le regard incandescent de la rousse incendiaire.


                Do you understand who I am
                Do you wanna know

                Louise frissonna lorsque l’autre se décida à parler. Finalement, leur but n’était pas si éloigné que cela. Ni même leur motivation. Sans savoir pourquoi, la jeune femme sentait qu’elle et l’autre se ressemblaient plus qu’elles ne voulaient l’admettre. Il y avait cette même douleur dans la voix de la rousse que dans celle de Louise lorsqu’elle avait exposé son projet.


                Can you really see through me now
                I am 'bout to go

                Tendue comme un arc, la blonde attend la suite. Elle obtient un nom. Début de confiance ? Non. Il ne fallait pas se faire d’illusion. Si cette Wakajini au nom à coucher dehors était vraiment comme Louise, il n’y avait aucune raison de croire qu’elle offrirait la moindre once de confiance à la chasseuse de prime. Mais ce n’était pas pour déplaire à Louise. Après tout, elle aurait agit de même. Elle allait agir de même.

                When the light hits your eyes
                It's telling me I'm right

                Une association ? Wakajini poussait encore plus loin la proposition refusée précédemment. Louise avait l’impression que la situation s’était complètement inversée. Alors que quelques instants auparavant elle menaçait la rousse en lui proposant de partager leurs informations, elle se retrouvait tout à coup en position d’infériorité, dépendante de l’offre de sa « collaboratrice ». Bien qu’elle ait été la première à lancer l’idée, la blonde hésitait à accepter. Cette méfiance mutuelle n’aidait en rien à la coopération, pourtant, d’une certaine manière, c’était le genre de partenariat que cherchait Louise. La suite des propos de Wakajini lui donnèrent raison.

                Just tonight I will stay
                And we'll throw it all away


                Coopérer, être ensembles sans devoir quoique ce soit à l’autre. Il y avait quelque chose de plaisant. Le côté calculateur de Louise lui disait que c’était ce qu’il lui fallait. Il était évident que les deux jeunes femmes allaient doubler leur potentiel en agissant ainsi. Pourtant, son expérience lui disait que c’était une mauvaise idée. Le risque de s’attacher était trop grand. Si elle s’attachait, la trahison, la solitude, l’abandon viendraient à nouveau prendre le dessus sur le reste, et elle ne serait peut-être pas en mesure de se relever.


                Here I am and I can't seem to see straight
                I'm too numb to feel right now

                Non, c’était absurde. Depuis tout ce temps, elle avait appris à garder le contrôle. Il n’y avait pas de raison qu’elle le perde aujourd’hui. Elle avait grandi, vieilli et expérimenté depuis ses quatorze ans. Elle ne laisserait plus jamais ses sentiments prendre le dessus.

                « Aucune attache. Ca me va. Je m’appelle Louise Mizuno. »

                Alors, avec un sourire froid, elle serre la main chaude de la rousse satisfaite. Les SM sont nées.

                And if I, I am through
                And it's all because of you




              ~ RP terminé ~
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