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Comme à la maison

-Je suis Robin des Oies! Je vole aux riches pour donner aux pauvres!
-JE SUIS SIGURD DOGAKU, ET JE DEVIENS RICHE POUR AIDER TOUT LE MONDE ET ME SERVIR DANS LA FOULÉE. ALORS RENDS MOI MON NAVIRE ET LAISSE MOI L'EXPLOITER, CONNARD!!!

Les deux hommes se tenaient à bord du Sherringham, un ancien navire de fret intermédiaire qui avait quitté les rangs de la marine marchande le jour où un équipage pirate eut décidé d'en faire leur doux foyer.

Aujourd'hui, pourtant, la situation du navire était toute autre. Et en cette fabuleuse journée ensoleillée, c'était deux autres hommes, un roi voleur et un chevalier de Nowel, qui s'escrimaient afin d'éjecter l'autre du haut des cordages de leur nouveau navire.

Car chacun d'eux revendiquait la possession du bâtiment. Et au pays des voleurs, on avait là une manigance bien délicate.

-Avez vous la moindre idée du nombre de bouches que l'on pourrait nourrir en revendant ce navire?
-Avez vous la moindre idée du nombre de bouches que je pourrais nourrir en EXPLOITANT ce navire?
-Je peux très bien te le vendre pour que tu l'utilises!!
-Si j'avais les moyens d'acheter, tu crois vraiment que je farmerais des pirates pour ça!? Les banques ne font pas de prêts à cause d'escrocs comme vous!

Chacun d'entre eux était un bienfaiteur... à sa façon. Malheureusement, on pouvait constater que leurs méthodes étaient aussi discutables l'une que l'autre. Mais pour mieux savoir ça, il fallait remonter de quelques heures dans le passé, juste avant que...

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-Peuah, c'est horrible. Y'a trop d'soleil... je meurs de chaud... je sue comme un cochon... je dois porter des chemises ridicules parce que les redingotes en plein été c'est invivable, et...

Sigurd se retourna. À ses côtés se tenait désormais sa partenaire quasi inséparable, Evangeline Haylor, qui venait tout juste de le retrouver en ce début d'après midi. Et à son arrivée, Sigurd s'illumina d'un grand sourire heureux.

-...et je crois qu'en fin de compte, on est de très, trèèès loin dans ma saison préférée. C'est vachement bien comme tout en fait, d'être sur l'équateur. Ces histoires d'anomalies climatiques...
-Tiens donc?
-Wéééé, j'adore vot' robe! J"espère qu'on va rester coincés sur le truc "été en plein hiver" pendant encore un temps.

Elle ne répondit pas, mais n'en pensa pas moins avec son coin de sourire. Pour sa part, Sigurd s'efforça de ne pas paraître trop hypnotisé par les épaules dénudées, la gorge libérée et les belles jambes de son amie. Le pire de tout étant les multiples gouttes de sueur, qui perlaient stratégiquement aux pires et aux meilleurs endroits, et ne cessaient de distraire Sigurd. S'ils n'étaient pas aussi moites, il l'aurait enlacée sur le champ.

-Ou en fait nan, c'est surtout vous que j'adore. Mais j'adore le chapeau, aussi. Et les sandales. Z'avez acheté ça quand?
-La robe vient de Magdar. Le reste, Smith et Harper.

De luxueuses échoppes spécialisées de Luvneel, rien que ça. Qui pouvaient voyager jusqu'à eux en cas de besoin, comme c'est le cas actuellement: ils n'avaient prévu que des vêtements chauds conformément à la saison. Et puisque la météo se jouait de tout le monde ici, ils se vengeaient en se faisant apporter en grande avant première -par pélican postal, rien que ça- les premiers nés de la collection printemps-été 1627 des plus grands couturiers de Luvneel. Qui connaissaient très bien leurs mesures, avec le temps qu'ils y avaient déjà passé.

Depuis qu'ils en avaient les moyens, et qu'il n'y avait plus vraiment lieu pour eux de ne pas piocher dans leur fortune grandissante, les deux associés d'HSBC ne se privaient pas.

-Rhaaan. Z'avez d'la chance. Moi j'trouve rien de sympa à porter en hors de prix dans ces boutiques, du coup j'ai retapé dans mes vieux fringues.
-Ils font pourtant d'excellents vêtements pour le quotidien... dans ces boutiques, je veux dire.
-Ouais mais s'pas aussi chouette qu'un beau costume, quoi. Ça vaut pas le coup de raquer autant pour ces trucs là. Ce qui compte, c'est d'avoir des vêtements qu'on remplit bien, et...

En discutant, les nouveaux riches avaient commencé leur petite promenade de la journée. Celle ci avait presque systématiquement lieu sur les quais de plaisance du port de Norland, et tout particulièrement les jours de grande affluence pour les navires privés. Car s'ils en profitaient pour bavasser innocemment, ce n'était pas pour ça qu'ils traînaient là.

Encore qu'aujourd'hui, c'était très différent. Ou presque différent, selon. Ils n'étaient pas chez eux. Ils se trouvaient sur le port des jumeaux, derrière Reverse. Et sans encore savoir combien de temps ils passeraient dans cette ville, ils avaient décidé de tâter les possibilités de l'endroit. Peut être faire comme à la maison, et voir ce qui se passerait.

Ce qu'ils cherchaient, c'était une nouvelle fois un navire de pirates. Pour le prendre par la force, et le joindre à leur propre flotte marchande. Ils n'avaient pas trouvé d'autre moyen de l'agrandir, donc...

Ils n'y avait pas vraiment de port de plaisance, ici. Seulement des voyageurs de passage, qui ne s'arrêtaient que le temps d'une halte, d'une nuit, d'un seul ravitaillement, et qui mourraient d'envie de partir au plus vite de ce port placé trop tôt dur la grande voie pour affûter leur intérêt.

Un mauvais point pour Reverse, avaient-ils remarqué. Ils avaient remonté l'information à leurs hôtes, en signifiant clairement le point faible. D'un autre coté, c'était aussi une piste d'amélioration possible: donner des intérêts à cette escale. Pour donner à ce port et à la ville qui voulait s'épanouir les moyens de leurs ambitions, ils donnaient leur avis. Ils avaient l'expérience, c'était même leur métier.

Mais aujourd'hui, ils avaient décidé de porter leur autre casquette. Celle de chasseurs de primes. Et ils trouvèrent largement de quoi les satisfaire. Comme d'habitude.
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-Mwarharharh. Mais si, ça va très bien se passer, regardez. Eh oh, s'il vous plait! Est-ce que vous auriez dix minutes, monsieur?
-...

Le marin de garde du Ravenhorn ne savait pas quoi faire. Il n'avait pas l'habitude qu'on vienne le déranger comme ça, ni de vraiment parler avec les inconnus. Et encore moins qu'on s'intéresse à lui, en fait. Il n'était rien qu'un sbire, et n'avait jamais été davantage que ça. Sauf à l'école, à certaines occasions. Des occasions qui ne se reproduiraient plus, et qu'il n'avait pas su exploiter. Il avait raté le coche. Même avec les filles. Mais ce n'était pas le moment d'en revenir à ces souvenirs d'enfance, et encore moins à ces regrets.

-Qu'est ce qu'il y a?
-Je disais à mon amie que vous aviez un très beau navire, en fait.
-Il serait de facture nordique, selon lui. Probablement Sanderr, Boréa... ou éventuellement Zaun. Un mélange de Sanderr et de Zaun, en fait.
-Un truc tellement capable de fendre les banquises qu'il peut en faire de même avec des récifs rocailleux si ça lui chante.

Le marin s'inquièta. À tous les coups, c'était un moyen de lui demander s'il venait de North Blue. Ce qui constituerait un indice de plus pour identifier quelques uns de ses compagnons, qui étaient des pirates primés et pas qu'un peu. Or il n'était pas sûr de vouloir des ennuis aussi vite pour leur retour sur l'équateur. Il s'agissait de leur troisième passage ici. C'était d'ailleurs pourquoi ils avaient décidé de faire escale au port: l'ivresse de découverte qui affectait tout le monde lors du premier passage les avait complètement quittés.

-Alors, je me trompe?
-Mmmh. Oubliez ça, intervint la jeune femme. Vous voyez bien que vous le dérangez. Excusez-nous, c'est notre première fois sur la grande voie, et depuis que nous sommes ici mon partenaire ne cesse de...
-Heeeeiiiiiiin? Je ne cesse de? Non mais oh, c'est vous qui devenez toute guillerette et qui...
-Plus tard, lui sourit-elle. Et... excusez-moi, mais nous nous demandions. Savez-vous s'il existe des révolutionnaires, dans ce port?
-Euuuh...

Le pirate hésita face à une question aussi soudaine. Et incongrue. Il répondit pourtant, puisqu'il n'avait qu'une vérité à dire: il n'en avait aucune idée.

-Oh? Ah. Chuis quasi sûr que y’en a, vu que y’en a globalement absolument partout, mais… boah.
-Pourquoi? Vous n'aimez pas les révolutionnaires?
-Oui. Naaaaan. Enfin... c'est pas exactement ça, mais... c'est plus particulier. D'un coté, on sent bien qu'ils essaient de faire quelque chose et que oui, c'est pertinent, utile et que ça serait bien si toutes les grandes lignes de leur programme censées trouvaient application. De l'autre... eh ben niveau mise en pratique c'est tout sauf facile, à fortiori quand on a l'impression qu'une part non négligeable du lot sont juste des singes armés de gourdins. Dommage pourtant, parce que c'est vrai que le GM déconne complètement sur beaucoup de points, quand on y regarde. Mais ils ont pas le niveau. Les révos comme le GM, je veux dire.

Il s'agissait presque d'un discours type de Sigurd Dogaku, éternel civil prônant l'indépendance, le libre arbitre, l'obligation de perspicacité et de chacun.

Des digressions de ce genre, il en faisait énormément.

Par contre, c'était assez rare qu'elles fassent des émules... mais aujourd'hui ferait exception.

-Ah, vous aussi?, s'illumina le pirate. Vous n'avez pas idée! Personnellement, j'ai décidé de rejoindre la révolution afin de renverser le gouvernement mondial le jour où un agent du Cipher Pol a tué mon hamster. Fernand. Aaaah, pauvre Fernand. Pour tous les Fernands du monde, des innocents sacrifiés pour les intérêts soi disant supérieurs de Marijoa, je serais près à braver jusqu'aux trois amiraux dans un duel à mort si c'était nécessaire. Non pas que ça puisse marcher, je veux dire. Ils m'écrabouilleraient en une fraction de seconde.
-Oh. Donc vous êtes... révolutionnaire, s'étonna miss Haylor.
-Du tout! Je l'ai été pendant un temps, oui. Mais au fil des ans... je n'étais plus du tout convaincu par quoi que ce soit, en fait. Les révolutionnaires, c'est assez particulier. D'un coté, les gros organismes qui surplanifient et ne cessent de miser sur le long terme, au point que leurs plans stagnent ou n'aboutissent à rien parce que le gouvernement vient mettre son nez là dedans, ou que les projets meurent par eux mêmes. De l'autre, les petites cellules indépendantes, qui multiplient les opérations coup de poing de petite envergure qui sont très satisfaisante à mettre en oeuvre, mais dont les conséquences sont tellement minimes qu'on peut dire qu'elles ne servent à rien... ou sont contreproductives.
-Ah?, se réjouit Dogaku.
-Tout à fait. C'est assez difficile à concevoir, mais...
-Oh, pas du tout. Je vois ABSOLUMENT de quoi vous voulez parler, en fait.
-Ah? Parce que vous êtes aussi..?
-Nan, nan, du tout. Moi c'est l'contraire. Je suis civil. Je suis de l'autre coté. Et je vois ce qu'il se passe. La révolution, c'est généralement plein de volonté, une multitude de projets, et des ressources grillées en quantités horribles pour arriver à pas grand chose. Alors quand on voit ça, on se dit que c'est bien gentil, mais à quoi bon? Y'a déjà le GM pour vivre sur notre dos avec un retour sur financement discutable, donc si la révo s'y met aussi...
-Exactement le fond de ma pensée!, s'illumina le marin. D'ailleurs, à ce propos, je ne sais pas si vous avez entendu parler du projet Agora, un exemple parfait du genre de gâchis qui...

Sigurd continua à bavasser joyeusement avec le pirate pendant un long moment. Tous deux, qui aimaient tant prêcher leurs discours respectifs à qui voulait l'entendre, venaient de trouver quelqu'un d'entièrement gagné à leur cause. Et ils tinrent bien une demi-heure à converser sur le sujet, bien après que le pirate les ait invités à boire à bord du navire de son équipage. Ses compagnons en avaient été bien surpris, mais ils acceptèrent les invités de bon gré en voyant à quel point ils s'entendaient bien avec leur partenaire.

Et puis, il fallait dire qu'Haylor et Dogaku n'étaient guère réputés en tant que chasseurs de primes. Ils n'avaient jusqu'ici pratiquement pas gagné de points de popularité comme ça. On n'avait jamais parlé d'eux pour ça, non plus.

Mais même ainsi, Sigurd restait égal à lui-même. Honnête à s'en damner. Et ne pu s'empêcher de jouer franc jeu:

-En fait, pour être tout à fait honnête... vous savez ce qu'on était venus faire, à la base?
-Euh... non?
-Vous capturer et prendre votre navire. Par la force.
-...
-Me regardez pas comme ça, je suis vraiment sérieux.
-...
-Pas besoin de me regarder moi, c'est mon amie qui allait se battre, pas moi. Enfin, sauf si pépin particulier, auquel cas j'aurais sûrement abrégé de suite.
-...
-Pas besoin de la détailler en incrédule, je dis la vérité.
-Et c'est très difficile à... encaisser.
-J'vous jure qu'elle est vraiment abominable, pourtant, sourit joyeusement Sigurd. Evangeline Haylor, Sigurd Dogaku, les chevaliers de Nowel, HSBC, ça parle?

Très grosse grimace de leur hôte. Qui trouva pour réponse un sourire éclatant de la jeune femme: la popularité était une chose à laquelle ils mettaient du temps à se faire, mais voir ces têtes gagnées par la hantise était toujours aussi grisant. Et quant au fait que cela pouvait avoir lieu même en dehors de Luvneel ou de North Blue... c'était un grand plaisir.

Pourtant, heureusement peut être, Sigurd préféra tout de suite calmer le jeu:

-Non non non non non! On va rien faire. Moi j'ai passé un bon moment et j'vais m'en tenir à ça.
-Ne vous en faîtes pas, renchérit l'autre en se retenant d'exploser de rire. Vous avez beau être un pirate, nous n'avons pas du tout envie de nous en prendre à vous.
-Perso, j'vous aime beaucoup, ouais.
-Quelqu'un devenu pirate parce qu'il ne voulait plus être révolutionnaire... ça me convient très bien. Votre nom, s'il vous plait?

Cette fois, Clark Jensen hésita. Il manqua bien de s'énerver, car on ne cessait de se jouer de lui. Au final, pourtant... il leur accorda le bénéfice du doute. Il les aimait bien, lui aussi. Et puis, quelqu'un qui partageait son avis sur la révolution était assez rare pour qu'ils soient en bons termes.

-Par contre, nous ne pensons pas finir penauds, compléta Haylor. Et de ce fait... connaissez vous un équipage pirate peu recommandable qui mouillerait dans les environs, et que vous nous conseilleriez d'attaquer en priorité?
-Frahahahaha! Vous êtes vachement marrant, en fait. Alors c'est ça, les chevaliers de Nowel?

-Les esclavagistes, ça vous tente? Je connais des gars comme ça qui logent régulièrement dans le coin, ouais. En fait, leur navire est juste en face!
-Des esclavagistes?
-Tout à fait, madame. Ça va faire cinq jours qu'ils sont là, alors du coup, on a largement le temps de repérer les petits détails qui fâchent. Regardez, vous voyez ces tonneaux?
-Oui...
-Et juste derrière?
-Je ne... oh, non...
-Si. Et regardez ces quatre marins, là. Que portent-ils à la ceinture?
-...
-Et les deux hommes qui nettoient le pont. Rien de particulier?
-C'est... terrible.
-Et c'est que le début du jeu des sept erreurs, frahaha! Attendez la suite!
-Les tricornes en cuir, c'est un signe?, s'y prêta Dogaku.
-Seulement sur South Blue, où c'est effectivement le signe d'un ancien réseau qui s'est éparpillé. Mais...
-Eh, je vais deviner!
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-Bon. Comment faire?
-Ligotez tout le monde, attaquez ceux qui s'en prennent vraiment à vous, je zigoulle ceux qui peuvent vous faire mal, et on fera le tri une fois calmés.
-J'aime ce plan. Complètement à l'encontre des dernières recommandations de Mortimer, non?

Mortimer. Un officier de la marine, en charge de la garnison d'Inu Town, et qui n'avait pas pu s'empêcher de les rabrouer copieusement à leur dernière folie du même genre. Ils avaient simplement voulu chasser une prime. Et avaient pris sensiblement plus de risques -et de coups- qu'à leur habitude. Ils étaient trop confiants, et ne prenaient plus autant de précautions. Ce dont Sigurd s'attribuait volontiers toute la responsabilité, pas forcément à tort.

-Oh. Ouais. J'avais oublié cette fois, se reprit piteusement Dogaku. Bon...
-Non, non, tout au contraire! Faîtes-moi confiance, tout se fera très bien.
-Eerh. Nan, je suis pas fan. Je préférerais que...
-Et moi je dis que non, fit-elle en le faisant taire d'une bise.

Il ne réagit pas. Il n'avait pas bien envie qu'ils fassent comme d'habitude, mais elle n'était déjà plus là. Et une minute plus tard, Evangeline approchait seule du navire.

-Excusez-moi, là-haut?
-..?
-J'aurais voulu savoir s'il était possible de vous acheter un esclave. Est-ce que nous pouvons discuter?
-...
-Allons donc.
-Je ne sais pas ce que vous faîtes, mais...
-Je suis prête à débourser tout ce qui sera nécessaire pour trouver ce qui m'intéresse. Il s'agirait d'un spécimen très particulier d'homme poisson ; un dragonnet oriental. Ils ont de très beau reflets azur, et il parait que sous un lac au clair de lune, ils...
-Je crois que vous faîtes erreur.
-Et je suis prête à payer tout ce qu'il faut pour me trouver un homme poisson, acheva-t-elle en dégageant trois millions de berries en petites coupures d'une de ses poches.
-...

L'homme resta longuement à la regarder du haut de son promontoire. Il n'avait pas envie d'entrer dans son petit jeu, c'était une évidence. Mais d'un autre coté... la belle liasse de billets qu'elle lui proposait faisait un grand effet. Ceci d'autant plus que trois millions pour un homme poisson, c'était une offre très appréciable. Mais pas si éloignée des prix du marché. Et elle en recherchait un genre précis, ce qui pouvait très bien justifier l'offre.

En d'autres termes...

-Fais la monter, intervint un autre pirate. Elle sait très bien ce qu'elle fait.

Ce qui se passa sous les yeux et les oreilles ébahis de Sigurd et de Werner, leur garde du corps pour ce voyage sur l'équateur. Le chevalier de Luvneel, qui les accompagnait même et surtout dans leurs escapades déraisonnables, ne pu s'empêcher de demander:

-Elle est très douée, en jeu d'acteur.
-Beeeeen... non?
-Plait-il?
-J'ai pas le souvenir qu'elle soit douée pour ça. Plutôt le contraire, si vous voulez savoir. Je suis plutôt...
-...
-Bluffé. C'est juste pas normal. Comme si c'était la fête.
-Oh. Eh bien, observons donc.

Ils continuèrent de les regarder, tranquillement installés sur un muret du port à faire semblant de préparer des cordes pour leur prochain voyage. Maintenant qu'Haylor était montée, ils n'entendaient plus rien, et ne pouvaient que jeter des coups d'oeil à l'occasion. Et attendre le signal. À tout moment, elle attaquerait par surprise, et ils se précipiteraient pour l'appuyer.

À tout moment... sûrement.


Dernière édition par Sigurd Dogaku le Ven 29 Avr 2016 - 0:39, édité 3 fois
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-Ça commence à faire long, grinça Werner.

Les choses s'éternisaient, grogna Sigurd. En temps normal, elle n'aurait pas perdu un instant à déployer ses tentacules d'acier dans tous les sens, et enchaîner quiconque passait à portée. C'était même elle qui le fustigeait dès qu'il digressait en bavassant avec les pirates qu'ils chassaient. Il ne comprenait pas.

-Je me demandais aussi, reprit de Bernhardt. Comment connaissez-vous les prix des ventes d'esclaves?
-Uh? J'les connais pas du tout.
-Peut être pas vous, dans ce cas. Mais elle...
-Euh?

Il n'avait même pas remarqué... mais oui, effectivement. Elle avait été capable d'en parler de manière convaincante avec le contrebandier. Non pas que cela lui importe vraiment.

-Mwarharh. Vous aurez l'occasion de voir qu'elle sait beaucoup de choses. Elle lit plein de machins assez sinistres, je sais pas trop pourquoi. J'ai parfois l'impression que ça la met de bonne humeur, aussi. Et c'est même plutôt glauque, en fait. Mais j'trouve que ça fait partie de ses bizarreries mignonnes, et... euh...
-Mmh.
-Je propose... qu'on y aille. Ça commence à faire long, et ça devient vraiment bizarre. Et j'pas envie de la perdre de vue.
-Très bon pour moi. Faîtes juste bien attention. Nous passerons devant puis ferons mine de leur apporter les cordes, et une fois à portée...


Dernière édition par Sigurd Dogaku le Ven 29 Avr 2016 - 0:34, édité 1 fois
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-Saluuut! Dîtes, on vend des cordes et...
-Ça nous intéresse pas, alors dégagez moi d'ici.
-Oh. C'est vraiment bien dommage. Nos cordes sont de très bonne qualité, et...

Avant même de finir sa phrase, Werner asséna un formidable crochet dans la trogne de son interlocuteur. Un second coup de poing lui fit voir trente six chandelles de plus, et un troisième, porté contre son coeur, lui vida les poumons... l'empêchant de crier. Mais même ainsi, ils furent vite remarqués.

-EXPLOSEZ CES BOUFFONS!

Deux hommes s'attaquant seuls à un navire de cinquante. Ce n'était pas bien courant. Et encore moins bien malin. Mais les Luvneelois ne s'encombraient pas de fausse prudence: ils savaient globalement ce qu'ils faisaient.

Ce qui n'empêcha pas Werner de grincer dès les premiers coups de feu.

-SIGURD!
-OUAIS C'EST BON, J'SAIS CE QUE J'FAIS!

Le chevalier avait tiré son arme, et la moulinait bien assez pour tenir à l'écart tout ce qui tentait d'approcher. Cinq gaillards pour l'instant, dont un déjà entaillé par l'acier. Sigurd était chargé de le protéger des tireurs, et restait à l'affût. Mais comme à son habitude, il était très avare sur ses balles. Deux seulement en l'espace de vingt secondes. Désagréablement peu pour Werner, compte tenu de tous ceux qui se massaient alentours.

-Y'EN A D'AUTRES QUI TIRENT!
-ILS NE SONT PAS DANGEREUX!
-CE SONT DES PISTOLETS!
-ILS PRENNENT PAS L'TEMPS DE VISER!
-MAIS TIREZ LEUR DESSUS!
-NON! OCCUPEZ VOUS DES VÔTRES, FAÎTES MOI CONFIANCE SUR ÇA!

Il avait sa technique. Repérer toutes ses cibles, et les garder à l'oeil. Deviner qui était dangereux, et qui raterait son coup. Un tireur malhabile prenait vingt secondes à recharger, et même plus s'il n'avait pas le coup de main : autant de temps qui le rendait inutile. Lui-même n'avait que douze balles sur deux armes, et ne les gâcherait pas.

Du moins, c'était son habitude.

Mais face à la marée humaine d'une trentaine de marins qui se massait sur eux, c'était trop...

Théorique.

-OH PUTAIN ON DÉGAGE.
-TIREZ MOI LEUR DESSUS!
-NON PUTAIN ON DÉGAGE!
-VOUS VOUS MOQUEZ DE MOI!?
-TUEZ CES DEUX CONNARDS!!!

Ni une, ni deux, les deux hommes prirent leurs jambes à leurs cous. Peu importe les tireurs, de Bernhardt ne pouvait contenir tant d'ennemis à lui seul. Ils dévalèrent la rampe, espérant s'en servir pour coincer le flux des agresseurs ; une vingtaine de pirates bondirent depuis le pont, les rejoignant à quai. Ça ne marcherait pas.

Ils se mirent à courir vers le port, espérant mettre fin à tout ça...

Mais personne ne lâcha. Ils étaient pourchassés.


Dernière édition par Sigurd Dogaku le Ven 29 Avr 2016 - 0:32, édité 1 fois
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-Et qu'est-ce que c'était que ça?
-Incident à l'étage, renacla le pirate. Et je trouve ça très louche.
-Oh?

Elle manqua de glousser. C'était évidement Sigurd, il n'y avait pas de doute. Un aussi grand vacarme... qu'avait-il encore fait? Sûrement une idiotie. Il aurait dû attendre. Bah.

Il lui fallut dix secondes pour se montrer inquiète. Puis de prévoir le pire. Avant de se ressaisir. Elle l'avait entendu, ils s'étaient échappés. Et une fois dans la ville, ils sauraient trouver de l'aide. Sigurd savait très bien y faire. Et Werner était avec lui. Il ferait tout ce qu'il faut pour qu'ils s'en sortent indemnes. Elle lui faisait pleinement confiance.

-Eh, vous seriez pas en train de me jouer un manège, hein?
-Je ne vois même pas ce qui vous prend de dire ça.

Evangeline était maintenant dans les ponts inférieurs, en plein coeur du navire. Ici, la lumière ne filtrait que laborieusement au travers des fenêtres de bois tamisées qui donnaient sur la mer. C'était plein de poussière, l'atmosphère était lourde ; l'odeur de vieux bois mêlé de sel et de particules dans l'air donnait un mélange étouffant. Même en étant entretenu plusieurs fois par jours, l'endroit était une cause perdue. Des barils de vivres et des caisses de consommables côtoyaient des tables et des bancs étriqués ; des paillasses, des coussins entassés grossièrement indiquaient que les marins dormaient ici à même le sol... et même sur le parquet pour la plupart d'entre eux. Conditions difficiles, une vraie vie de marin. De pirate. Ils faisaient ce qu'ils pouvaient. Rien à voir avec elle, ses bottines en cuir d'orque, et sa robe enlacée de fils d'or.

Et ça, le pirate l'avait lui aussi remarqué. Elle ne serait pas montée, sinon. Même si c'était une arnaque, le seul fait de la déposséder serait ridiculement rentable. Probablement plus que de lui vendre des esclaves, en fait. Et c'était une idée qui se faisait d'autant plus séduisante quand il se répétait...

Qu'elle était vraiment suspecte, mine de rien.

-Est-ce que tu te fiches de moi?
-Enfin. Qu'est-ce qui vous arrive?
-J'ai déjà une question. Qui t'a dit que tu pouvais trouver des esclaves par ici?
-Un pirate, sur un autre équipage. Le Ravenhorn, sur le quai d'en face. Un certain Clark qui m'a mis au courant, si vous le connaissez...
-Je ne connais personne de ce navire...

Une réponse qui se heurta au regard désapprobateur de la miss. S'il voulait objecter, elle lui faisait comprendre qu'il devrait opposer mieux que ça pour la désarçonner.

-... mais je vois.
-J'ai bien vu que c'étaient des pirates, poursuivit Eva. Alors je leur ai demandé s'ils avaient des esclaves à leur bord. Ils m'ont dit que vous en aviez. Qu'ils en étaient presque certains, en tout cas. Entre pirates, vous vous connaissez mieux. Et vous... reconnaissez mieux. Et j'ai donc essayé... et vous m'avez dit oui.

Elle avait gagné, c'était maintenant certain. Même si l'autre était encore méfiant, il n'avait pas de cartouches suffisantes pour reprendre. Aussi Haylor n'hésita pas à reprendre.

-Doonc... est-ce que vous avez des hommes poissons? À quoi est-ce qu'ils ressemblent? D'où est-ce qu'ils proviennent? Et à quoi sont-ils bons?
-Dépend de ce que vous voulez.
-Ce que je... mnh. Hihihi. J'aime les hommes grands et forts, tricha-t-elle d'un sourire. Et il paraît que les dragonnets orientaux sont particulièrement...

Cette fois, elle ne pu s'empêcher de glousser, et porta sa main droite à ses lèvres. Raconter des bêtises sur un ton affirmé, c'était encore plus amusant que de regarder les autres le faire, finalement. Elle comprenait mieux pourquoi Sigurd ne pouvait presque jamais s'en empêcher. Elle devrait continuer.

Ou peut être pas, vu le regard que lui adressait maintenant le pirate. Mieux valait ne pas pousser.



Dernière édition par Sigurd Dogaku le Ven 29 Avr 2016 - 0:31, édité 1 fois
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-PUTAIN D'MERDE MAIS FONT CHIEEER!!!

Ils n'en démordraient pas. Et Sigurd était déjà complètement épuisé. Courir n'avait jamais été pour lui. En même pas une minute lancé à pleine allure, il avait déjà flanché. Mais Haylor le savait, Werner veillait sur lui. Et ferait tout ce qu'il faut pour qu'il s'en sorte indemne. Y compris le porter dans ses bras et courir pour eux deux si c'était nécessaire.

C'est exactement ce qu'il fit. Sans ralentir.

-Weuah... oh, c'est pas mal du tout comme ça.
-De quoi?
-Continuez, j'me charge d'eux!

Dogaku était assis dans les bras de son garde du corps. Mais il pouvait faire mieux. En s'aggrippant au bras de Werner pour se pencher derrière, il pouvait même tirer sur les criminels.

-Bon, voyons voir par qui je... oui, si je tire sur cui ci... SIX D'UN COUP, YEAAAAAH!!!

Comme au bowling. Un pirate s'écrasa sur le champ, pour rouler dans les jambes de deux autres... qui en firent tout autant. Et la balle ricocha jusqu'aux cuisses de deux autres pirates.

Il lui restait trois balles. Qu'il tira sans regret, avant de se rétracter dans les bras de Werner, toujours en train de courir. Il pouvait recharger tranquillement. Balle après balle, en faisant attention.

-Ça va, vous tenez le coup?
-J'ai l'air de m'amuser!?
-Rhooo allez, z'en faîtes pas. Je nous sens bien partis pour finir le boulot. Regardez, je propose qu'on pose le pied à terre quand j'aurais fini et...

Sigurd n'eut pas le temps de finir. Car à ce moment même, un genre de lézard volant leur déboula dessus et parvint à les agripper dans ses pattes arrières. Pour les porter... vers les cieux.

-PUTAIN DE MERDE!!
-QU'EST CE QUE C'EST QUE CE MONSTRE?!?
-ATTENTION, JE VAIS TOMB...

Prit par surprise, le chevalier avait porté ses bras jusqu'aux membres griffus qui lui enserraient les aisselles. Il lâcha Dogaku, qui manqua de basculer vers le vide...

-WERNER!
-OUI JE SAIS, DÉSOLÉ!

S'ils ne s'étaient pas rattrapés l'un l'autre à la dernière seconde, c'aurait pu mal finir. Et c'allait mal finir. Bringuebalés dans les airs comme de pauvres sacs de patates, les deux hommes se sentaient tellement mal qu'ils ne prêtaient attention ni au monstre, ni au sol. Seuls le vertige, la terreur et le vide étaient dans leurs esprits. Après quelques instants, Dogaku essaya de penser. Pour tirer sur le monstre? Ils s'écraseraient à terre. À moins qu'ils ne finissent dans un canal, ou peut être...

Werner leva la tête. Regarder le ciel lui donnait tout autant de malaise que de regarder le sol. Son attention se dirigea finalement sur le lézard, sa peau rèche à écailles, ses longues ailes en membrane parcourue de capillaires, son terrible bec hérissé d'autant de dents qu'un crocodile en aurait...

Et des toutes petites pattes, qui n'auraient jamais dû avoir la force de les soulever.

Une créature qu'on ne voyait que dans des livres illustrés, ou des dessins d'enfants, ou la Dendenvision.

Un vrai ptérodactyle.

Il y en avait quatre autres, juste en dessous d'eux.

Et c'est tout ce qu'il pu voir avant que l'animal ne les balance dans le vide.
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Ils étaient... désagréablement nombreux. Une vingtaine de personnes, entassées dans la calle. Assis à même le sol, les poings enchaînés à des barres parallèles au plancher, incapables de faire grand chose d'autre que de bouger le torse. La lumière qui filtrait par le toit n'était plus qu'un filet pour tenir leurs esprits éveillés. Mais c'était suffisant. Étrangement, l'endroit était moins poussiéreux que le pont intermédiaire. Sûrement pour leur santé. À moins que ce ne fut qu'une impression pour elle.

-Hommes poissons. Par ici, intima le forban.

Elle ne répondit pas. Et ne plaisantait plus. Ce qu'elle découvrait la minait d'autant plus qu'elle était toute guillerette quelques minutes plus tôt. Mais en réalisant qu'elle allait vraiment rencontrer des esclaves, elle avait derisé. Et maintenant, c'était tout simplement...

Un grand fracas.

La jeune femme qui se tenait devant elle lui semblait horriblement ressemblante à une de ses meilleures amies. Ou rien qu'à elle: même âge et même constitution. Et même si ce n'était que ça, c'était déjà assez.

À sa gauche, deux adolescents aux regards creux. Passifs. Simplement dans l'attente. Mais certainement pas morts.

Un nombre d'hommes aux gabarits et aux faciès divers, qui semblaient tous être dociles et... complètement matés. Ça n'était pas depuis hier qu'ils étaient dans cette situation. Personne ne fit mine de lui demander de l'aide, même du regard. Ils l'évitaient.

Elle resta une éternité, interdite, à imprimer leurs expressions sans trop comprendre.

Le pirate n'insista pas pour qu'elle sorte de son abrutissement, étrangement. Mais c'était certainement dû au fait qu'il venait de se faire transpercer la gorge d'un coup de poignard, et que les flots de son sang étaient déjà en train de noyer ses poumons. Il chuta lourdement sur le bois, accompagné et amorti dans sa chute par le genou de son meurtrier.

Cette fois, les prisonniers changèrent du tout au tout. Certains comprenaient clairement ce qui se passait. D'autres restaient tout simplement passifs. Ils n'avaient plus d'espoir depuis longtemps.

Et finalement, la paume d'une main tapota doucement l'épaule d'Evangeline. Lothar Einschuld. Un membre de la milice faisant partie de l'escorte d'HSBC. Doublé d'un agent révolutionnaire infiltré... pour les protéger, aussi.

-Il est temps de revenir sur terre, sorcière.
-... comment êtes vous entré?
-Par la même porte que vous.
-Je n'ai... rien entendu.
-Ouais. Lui non plus, je crois bien.




Elle jeta un coup d'oeil au corps gisant derrière, et à la pauvre chose sanguinolante qui lui avait servi de gorge. Complètement charcutée, et grossièrement. Le sang se déversait abondamment sur le parquet. Mais ce qui était toujours le plus insupportable, c'était l'odeur. Ça n'était pas l'équivalent d'entrailles ouvertes, mais...

Elle voulait rapidement sortir d'ici.

D'un geste de la main, elle déploya ses chaînes... et prit le contrôle de celles des prisonniers. Désormais libres. Quelques uns se levèrent, mais la plupart restèrent assis. En profitant seulement pour se masser les poignets. Lothar rajouta donc:

-Je vous propose de rester tranquillement ici, le temps que l'on se charge de faire le ménage parmi vos geôliers. On tue tout le monde et on revient vous escorter jusqu'à bon port. J'ignore si vous le savez, mais vous êtes sur Reverse. Le port de Reverse. Et nous avons plusieurs amis qui se sont donnés pour tâche d'escorter les esclaves jusqu'à des endroits saufs. De les accompagner dans leur retour à la liberté. Pas de vous lâcher dans la nature une fois fini. Nous voulons vous aider. Attendez nous dix minutes, et nous reviendrons pour dire la voie est libre. D'ici une heure, vous serez en sécurité. D'ici une semaine, vous serez libres d'être où bon vous souhaite. Y compris dans un de nos camps dédiés si vous souhaitez vous ressourcer. Et c'est signé "les révolutionnaires".

Un discours déjà maintes fois éprouvé au cours des ans. Pourtant, Einschuld le répétait toujours avec la même conviction, à fortiori que lui s'était tissé le réseau qui lui permettait d'être fier de leur méthode. Les révolutionnaires ou qui que ce soit ne devaient pas se contenter de libérer des esclaves. Il fallait aller bien au delà, pour les aider vraiment. Et la révolution avait les moyens de le faire.

-Comment êtes vous monté à bord?, lui demanda Evangeline tandis qu'ils remontaient l'échelle.
-Ça, vous ne me croireriez pas, par contre.
-Mmh.
-Qu'est ce que vous faisiez ici?
-J'étais quasiment sûr que vous alliez vouloir trouver des esclaves... depuis que je vous en ai parlé. Et comme je savais qu'aujourd'hui, vous alliez à la pêche... j'ai décidé de suivre. Je crois que j'ai eu raison.
-...

Les révolutionnaires... et les esclaves. Toute une organisation pour ça. Haylor était curieuse.

Elle n'abordait pas le sujet, et lui même n'allait pas le faire... tout de suite. Il laissait le temps à toute la scène de faire son travail dans l'esprit de la jeune femme. C'était aussi comme ça, qu'on recrutait des gens dans la révolution.

-Pourquoi l'avoir tué?, continua-t-elle.
-Je déteste les esclavagistes. Pourquoi vouloir discuter avec eux?
-Simple curiosité.
-...
-Et j'ai maintenant plus de questions que je n'en avais avant.

Lothar la dévisagea fixement. Ce qui la fit frémir malgré elle. Elle crut bon d'ajouter:

-Ça ne devrait pas exister. Et pourtant... si. Que ce soient les fournisseurs ou les clients. S'il n'y avait pas de client, il n'y aurait pas de marché. Mais je ne comprends même pas... qui peut en venir à ça.
-Peut être que je vous en parlerais plus tard, interrompit le milicien.

Ils venaient d'arriver à une seconde porte.  Entrouverte. Avec derrière les cuisines, et quelques pirates à mettre à mal.

Et un instant plus tard, les chaînes envahirent brutalement les deux salles.


Dernière édition par Sigurd Dogaku le Ven 29 Avr 2016 - 0:26, édité 1 fois
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-ACCROCHEEEEEEEEEEEEZ...

Impossible d'être audible. Alors, Dogaku s'accrocha de lui-même à Werner, et tira de sous sa veste ce qu'il voyait être la seule échappatoire à une chute mortelle. Un pistolet à cartouches de gaz assez puissantes pour propulser son tireur jusqu'à dix ou vingt mètres en arrière.

Il pointa l'arme droit devant lui, vers le sol, mais refusa de faire feu. Il redoutait intuitivement un contrechoc à cette vitesse, ou quelque chose comme ça. Au lieu de ça, il tira à l'horizontale, en vue de les décaler vers un canal entre les pilotis. Ce fut une détonation prodigieuse, qui les secoua et les retourna dans un concert de soubresauts. Les deux hommes sentirent leurs entrailles se rétracter, et hurlèrent à la mort. À moins que ce ne soit Sigurd qui ait hurlé pour deux à la vue des toits qui se rapprochaient dangereusement. Et avec deux ajustements supplémentaires pour torturer encore davantage leurs estomacs, il parvint à son compte.

Le bain était glacial, le choc terrible, mais ils s’en tiraient à merveille. Et ils savaient nager. Même avec ses vêtements pour l’empêtrer, Sigurd se mouvait aisément ; il n’avait pas été marin si longtemps pour rien. Werner n’était pas en reste : un chevalier digne de ce nom était appliqué dans toutes les disciplines physiques.

Mieux encore, les pilotis de Reverse étaient adossées à de nombreux contreforts, certains aménagés en petites plateformes visant précisément à accueillir les malheureux qui seraient tombés à l'eau.

Juste avant de monter, les Luvneelois jetèrent un coup d'oeil en direction du ciel. Pas de pterodactyles, et de pirates non plus.

Sigurd se hissa laborieusement avant d'aider son compagnon à en faire de même. Les deux hommes restèrent un instant à se remettre de leurs émotions, avant d'emprunter l'échelle la plus proche.

Déjà, des pirates arrivaient dans leur direction. Certains avaient l'air en moins bonne forme que jusqu'à présent. Ils avaient dû piquer un sprint pour tenir la vitesse du lézard, et s'assurer que leurs fauteurs de troubles -leurs nouveaux prisonniers- ne leur échapperaient pas. Les Luvneelois s'armèrent à nouveau, avec ce qui leur restait. Sigurd avait perdu un revolver, mais avait tout en double. Werner, c'était son épée. Le chevalier n'avait plus qu'une dague et ses poings à sa disposition.

Sigurd fit feu immédiatement, en s'efforçant d'abattre autant de monde aussi vite que possible. Entre deux et quatre pirates à chaque balle, toutes à une demie seconde d'intervalle. Ils n'avaient plus le luxe de faire les choses méthodiquement. Heureusement pour eux, le Nowel ravagea tellement leurs rangs que leurs ennemis se dispersèrent immédiatement, lui laissant le temps de recharger. Des gestes aussi brefs et précis que possible, en s'efforçant de ne pas trembler et en priant pour que personne n'en profite pour...

-Hideyoshi, en avant! Attaque rodéo!

À nouveau, un lézard tenta de leur fondre dessus depuis les cieux. Mais cette fois, l'animal pesait plus de deux tonnes, et fracassa lourdement le sol lors de l'impact. Les planches manquèrent de peu de se rompre, et l'auraient fait si ce n'était une excellente raison ; le dinosaure savait exactement quelle force il pouvait se permettre d'appliquer.

-Par la barbe de la couronne de Luvneel...

Werner avait une nouvelle fois agrippé Dogaku et prit la fuite au pas de course. Ils seraient morts ou pas bien loin, sinon. Ça s'était joué à trois secondes.

-PUTAIN C'EST QUOI CE MACHIN?

Il s'agissait d'un Minirex. Un tyrannosaure haut de trois mètres, long d'un peu plus, et tout aussi dangereux. Infiniment plus agile, surtout. L'énorme reptile dansait d'une jambe sur l'autre, enchaînant les bonds successifs pour se maintenir à leur portée. Gueule grande ouverte. Un gouffre charnu, promesse de mort horrible.

Le chevalier de Bernardt fonça droit devant lui ; Sigurd, à califourchon contre son torse et dans ses bras, peina pour retrouver une position stable sans le déséquilibrer. Et le voilà qui se retrouva aux premières loges pour contempler l'affreux saurien présent à leurs trousses.


Il resta immobile pendant cinq bonnes secondes, abruti et paralysé par cette horreur incroyable. Puis il se ressaisit. Sa main gauche, qui se cramponnait furieusement à son arme déchargée, reprit de la vigueur. Il continua ce qu'il avait commencé. Au moment de faire feu, pourtant, il manqua de faillir ; Werner venait de prendre un virage très serré entre deux tas de barils. Pour pas grand chose : le reptile enjamba l'obstacle d'un bond et ne tarda pas à réduire la distance.

Sigurd vida désespérément son arme sur la bête. Six balles en pleine joue, qui la firent stopper net. Le Minirex lâcha un rugissement plaintif qui aurait parfaitement été attendrissant venant de n'importe quelle autre créature.

Werner se mit même à ralentir.

-Vous l'avez eu?
-J'lui ai juste fait mal, couina Sigurd de désespoir en rechargeant son arme.

Et le chevalier reprit sa course à pleine allure, les jambes portées par la terreur.

-Allez vers le centre de la ville!, s'écria Dogaku.
-C'est beaucoup trop dangereux!
-C'est le meilleur moyen pour trouver de l'aide, allez vers la ville!
-Que non!
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-C'est toujours aussi facile, avec vous?
-Seulement quand je suis de bonne humeur.
-Et quand vous êtes de mauvais poil?
-... je crois que vous en avez fait autant que moi, si ce n'est plus.

Evangeline et Lothar n'avaient eu aucun mal à prendre possession du pont inférieur. Sur la vingtaine de pirates restés sur le navire, pas un seul n'était en état de leur faire quoi que ce soit. La moitié de leur groupe était tombée en peut être une minute, l'autre avait pris la fuite en voyant bien que rien de bon ne s'annonçait pour eux. Ce que les Luvneelois n'attendaient pas, par contre, c'est que les esclavagistes reviennent s'établir à quelques pas des quais. En compagnie d'une petite dizaine de dinosaures.

-C'est une blague?

Quatre raptors, moitié moins de ptérodactyles, et quelques bizarreries au nom plus savant que ça.

-J'ai du mal à y croire. Sigurd et Dagenert m'ont parlé de l'île des dinosaures, mais...
-Ça doit bien venir de là.

Les quatres gros reptiles terrestres étaient très inquiétants. Une impression qui s'atténua un peu quand quatre pirates s'approchèrent d'eux pour déposer de grands objets bruns sur leurs dos.

Des selles de cuir. Munies d'étriers. Ils s'empressèrent de monter dessus, et de s'armer de longs bâtons lestés. L'un des cavaliers prit alors la parole.

-Bon, vous! Je sais pas qui vous êtes, mais je vous dis tout de suite : vous dégagez maintenant ou on vous crève de suite!
-J'ai bien envie de voir ça, retoqua la jeune femme.
-Et tu vas voir ce qu'on va te mettre.

Haylor leur décocha une large boule de feu. Mais le projectile était trop lent ; les quatre cavaliers en particulier n'eurent aucun mal à le contourner et à courir vers le navire - et à bondir depuis les quais pour converger tout de suite sur eux.

Les chaînes de la sorcière se mirent en branle, le milicien sortit un pistolet ; les quatre raptors chargèrent au travers de tout ça pour les percuter de plein fouet. Lothar esquiva prestement, et trouva même le moyen de loger un poignard dans la carapace d'écailles d'un lézard, à hauteur de la cuisse.

Eva, par contre...

Deux griffes de la taille d'un coutelas plongèrent dans sa poitrine. L'animal, encouragé par les exhortations de son cavalier, la plaqua contre le sol en mettant tout son poids dans sa jambe. Toute sa force pour lui labourer les chairs jusqu'aux poumons et au travers.

Elle hurla de douleur, mais rien n'était audible. Le choc lui avait coupé le souffle, elle ne pouvait rien faire, si ce n'est tendre un bras et empêcher le cavalier de lui plonger son long bâton dans le crâne. Ses chaînes se déployèrent en grappes entières pour la soutenir.

Lothar essaya de réagir. Il ne pu que reculer, avec les trois autres créatures qui l'aggressaient encore, et le double de pirates qui les avaient rejoints.  L'un des reptiles parvint d'ailleurs à attraper son avant bras d'un coup de gueule ; Lothar lui vida une balle dans le crâne et écrasa un fumigène sur son museau pour se dégager de là.

L'écran de fumée engloutit immédiatement l'espace, privant chacun de sa vision. Et de son odorat, surtout pour les raptors.

Le milicien fut fouetté d'un coup de queue et balancé à terre, griffé à deux reprises avant se replier en essayant de protéger ses points vitaux. Il reçu des attaques incertaines, mais rien d'assez précis pour le blesser.

Et puis d'un coup, une masse énorme lui tomba dessus. Au contact, il reconnu la masse et les écailles d'un des lézards. L'animal ne cessait de se retourer et de se débattre, l'écrasant d'autant plus à chaque fois.

Et d'un seul coup... plus rien. Le dinosaure venait de disparaître.

C'est à ce moment seulement que le soldat entendit les nombreux cris qui l'entouraient. Des élans de protestation, des grognements poussés dans l'effort, des jurons énervés...

Haylor hurla à son tour. Rien de clairement distinguable. Rien d'autre qu'un grondement furieux et l'effort enragé avec lequel elle animait ses rets. Et le ton des esclavagistes changea du tout au tout tandis qu'elle s'affairait à les broyer, les cadenasser, les étrangler méthodiquement. Tout faire pour les détruire, aussi brutalement que possible. Ils étaient pris au piège, et luttaient de toutes leurs forces pour résister aux liens - et sentaient bien qu'ils ne pourraient rien faire. Les chaînes se contractaient beaucoup trop violemment pour que leurs muscles ou leurs squelettes tiennent la cadence. Elle les cinglait à grands coups, frappait sans distinguo pourvu qu'il y ait de la force. Et dans le même temps, elle les secouait, les fracassait entre eux ou sur le sol. Une série de hurlements -et de craquements sinistres- témoignèrent des premières articulations rompues. Toujours sous des angles différents. Un homme cria lorsque sa jambe fut ramenée à une de ses épaules ; un autre, lorsque son bras déjà déchaussé d'une épaule se retourna de deux tours. L'un d'eux eu la chance d'être décapité par un raptor furieux soumis au même traitement ; bien vite, tout ne fut plus qu'un unique vagissement de douleur aux nuances infinies. Les bruits qui émanaient des dinosaures étaient encore plus irréels que ceux des hommes. Et les contours de leurs formes aux angles pulvérisés ne ressemblaient plus à rien. Sans squelette, un corps ne tenait plus. Avec des os brisés, il semblait s'affaisser.

C'est le genre de considérations qui traversa l'esprit de la jeune femme maintenant que le brouillard artificiel s'était dissous. Les derniers gargouillements avaient cédé la place au bruissement de l'air marin. Les mouettes reprirent leurs piaullements habituels.

Au final, il ne restait plus qu'elle, allongée les bras en croix, les poings fermés à s'en mordre les chairs. Et huit figures suspendues, enchevêtrées dans sa toile de métal. Des pantins méthodiquement désarticulés, aux meurtrissures terribles, aux expressions figées d'horreur.

Lothar se tenait à dix mètres de distance, toujours à quatre pattes. Il n'en était pas sûr, mais... il avait cru sentir des chaînes essayer de l'attraper. Il avait déguerpi, convaincu que sa sorcière ne faisait plus preuve d'aucun discernement.

Des autres pirates, ainsi que des spectateurs qui gardaient leurs distances, personne n'osait bouger. Les esclavagistes voulaient sûrement fuir, mais ils n'y pensaient pas. Leurs jambes étaient comme pétrifiées, leurs cerveaux complètement abrutis par ce qu'ils venaient de voir.

Haylor resta sans se relever. À part Lothar et la poignée de pirates montés à bord, personne ne pouvait la voir. Seulement deviner sa présence au point où toutes les chaînes se recoupaient.

Quelques chasseurs de primes, des miliciens engagés par Reverse, s'approchèrent des pirates. Avec ce qui venait de se passer, ils espéraient que leurs proies se laisseraient faire sans résister.

Sur Reverse, on avait l'habitude de voir des monstres. On n'en faisait plus grand cas. Sauf sur l'instant, où ce genre de scène restait toujours aussi dérangeante.

-Je crois que ça sera tout, indiqua l'un des chasseurs au petit groupe de pirates. Rendez vous sans broncher, ou bien...

Il ne savait pas trop quoi rajouter. Toutes ses formules de base semblaient bien creuses pour le moment.

-Alors?

Les pirates hésitèrent ; ils n'avaient pas la moindre envie de finir sous les verrous ou la potence, mais encore moins d'être jetés en pâture à ça. Et finirent donc par accepter. Le leader du groupe des chasseurs, pour sa part, envisageait vaguement d'aller rabrouer la jeune femme d'avoir commencé un combat contre des pirates. Mais il n'avait vraiment pas la détermination d'aller la rencontrer.
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-Vous aurez besoin d'aide, peut être?

Ils avaient eux aussi attiré l'attention, bien sûr. À faire un tel vacarme sur les quais, pourchassés par un Minirex et son cavalier, ça ne pouvait pas aller autrement. Personne n'avait osé s'interposer, par contre. Le monstre était bien trop dangereux pour ça. Encore que, parmi les chasseurs de primes qui opéraient sur Reverse, certains avaient plus d'envergure que d'autres.


-Voyons voir qui nous avons là. D'un coté... Sigurd Dogaku.  

L'homme se plaça prestement sur la trajectoire de Werner, toujours occupé à courir pendant que Sigurd ralentissait de son mieux le Minirex. Le chevalier manqua de s'écraser sur lui, mais parvint à bifurquer dans les temps - au prix d'une énorme perte de vitesse. Aux tons qu'ils employaient, on aurait dit que les Luvneelois lui crachèrent dessus.

-Putain mais faîtes gaffe merde!, ragea Dogaku.
-A quoi est-ce que vous jouez!?, renchérit de Bernhardt.

Mais l'homme ne cilla pas, se contentant d'attendre le dinosaure. Un bras sur sa hanche, posée sur l'encolure du fourreau d'un katana. Et l'autre sur la poignée de son sabre, prêt à être dégainé.

-Je ne sais pas trop à quoi vous avez voulu jouer. Vous vous croyez chez vous? Ici, on n'attaque pas les pirates comme ça. C'est de l'animation dont se passe.
-Ça n'est pas le moment de... satané!

Dans la précipitation, Werner laissa tomber Dogaku pour sortir son poignard, en désespoir de cause ; il ne parviendrait pas à s'éloigner dans les temps, alors autant se préparer.

Encore que...

-Allez mon gros... viens voir papa de Reverse...

Le chevalier se prépara à esquiver d'un grand bond de coté. Mais peu avant le contact, le sabreur s'avança pour attaquer le dinosaure. Posture campée sur ses appuis.

-Gunner Sword...
-Tu vas crever aussi!
-IAI!

Dans une détonation digne d'un coup de feu, le chasseur attaqua le dinosaure. Et l'impact fut tel que les deux adversaires furent expulsés sur une dizaine de mètres chacun ; le samouraï, les fesses contre le sol, un énorme sourire aux lèvres. Le dinosaure toujours debout, en appui sur sa queue, et l'air encore plus contrarié qu'avant. Un énorme hurlement plaintif se fit aussi entendre ; Hideyoshi venait de se faire lacérer le flan, et saignait abondamment. Ce qui arracha un long rire au samourai.

-Waow! Ça c'est de la carapace! Et de la sacrée bestiole. Ça sent bon le combat!

Du coté du dino, au contraire...

-Putain! Et combien est-ce qu'ils sont!?

Cette voix était celle du cavalier d'Hideyoshi, le Minirex. Le personnage gras, barbu, au T-shirt rouge et en salopette bleue qu'on voyait sur l'image. Qui n'en avait pas l'air, mais qui était aussi dangereux que l'animal qu'il chevauchait. Un combattant dont la spécialité était le combat au corps à corps, pour lequel il décuplait ses aptitudes physiques au travers d'outils très personnels.

-EH, TOI! MARNO L'ESCLAVAGISTE, NON?
-QUI TU ES, TAS DE MERDE!?
-MINUANO CARLOS, SAMOURAÏ! ENCHANTÉ!
-UN SAMOURAÏ LATINO!? MERDE, T'ES UNE PREMIÈRE, SALOPARD!
-HAHAHAJAJAJA !!! ON DIT ÇA... SAUF QUE J'EXPLOSE TOUT LE MONDE... ET QUE Y'EN A DES MEILLEURS, PAR CHEZ MOI!
-Hideyoshi... on y retourne.

Cette fois, le pirate glissa la main dans une bourse, accrochée à sa ceinture. Il en sorti un champignon rouge, dont il s'apprêta à ne faire qu'une bouchée. Mais un tir bien placé du Nowel déstabilisa sa monture, achevant de la désarçonner.

-PUTAIN MAIS C'EST QUOI CE GANGBANG! TOUS SUR MOI, C'EST NORMAL ÇA!? LES AUTRES, FAITES QUELQUE CHOSE ENFIN!

La poignée de pirates encore en état s'approcha sans grande motivation. Leurs dinosaures volants furent envoyés à nouveau, mais...

-Attention aux ptéro...!
-Je gère!

Un coup de feu retentit ; l'animal s'écrasa. Avec Sigurd aux alentours, les reptiles prenaient cher. Ils étaient moins nombreux que lui n'avait de balles, et il en écrasait trois d'un coup. Il failli en sourire tellement c'était facile, maintenant.

-Bon, laissez tomber cette blague... ON SE CASSE, LÀ ILS TRICHENT.
-SÛREMENT PAS!, s'écria Dogaku.

À nouveau, il adressa une balle au dinosaure ; et l'animal se recroquevilla d'avance, effrayé à l'idée de se faire malmener une fois de plus. Cette fois pourtant...

La balle rata sa cible. D'une bonne dizaine de mètres sur la droite.

-Gheu?

Dogaku fit feu à deux reprises. À nouveau, sans succès. La bête ne bougeait pas. Mais c'était encore pire : il tenait bien son arme. Ses balles déviaient spontanément de leur trajectoire initiale pour se ficher dans le mur. Et ça, il ne l'expliquait pas. Marno non plus, d'ailleurs. Maintenant dressé devant son animal apeuré, avec la ferme intention de parer lui même les balles, il les voyait se détourner de lui sans comprendre. Jusqu'à ce que soudainement...

-Je n'ai jamais pu supporter l'injustice. Et des combats à trois contre un... ça n'est vraiment pas juste.

La personne qui venait d'arriver était... habillée comme un moine. C'était un homme. Assez jeune, visiblement. La tenue qu'il portait, d'un genre assez particulier, était parsemée de symboles qui n'évoquaient rien du tout à Sigurd... ou Werner... ou à qui que ce soit d'autre. Il s'agissait des mantras d'un obscur ordre de monastiques de West Blue.


-Du coup, je propose que l'on rétablisse l'équilibre. Vous êtes trois. Nous sommes deux. Je vais en tuer un. Qu'en dîtes vous?
-Pas sûr que...
-Je ne vous en laisse pas le choix, samouraï.
-Pas sympa, d'proposer...
-Surtout que j'ai un autre plan. Puisque cette histoire ne me concerne pas...
-Ah, ça me plait plus maintenant.
-Je vais en tuer deux et pouvoir repartir. Le combat restera équitable, ce sera un duel. Marno contre... je ne sais.
-Et vous êtes?, s'enquit le chevalier.
-Ca n'a pas d'importance.

Du même avis, Dogaku tira une nouvelle balle sur l'arrivant... qui la dévia d'un simple mouvement de poignet, de la même manière que les autres. A la posture qu'il adopta à la suite du mouvement, on pouvait deviner que le moine était pratiquant d'un genre d'arts martiaux. Et au vu de ses effets, il était évident que ces arts étaient liés aux techniques des lames d'airs.

-Technique à trois sabres? Pfff. Je peux faire bien mieux que ça.

Une à une, les chaînes d'Evangeline se tournèrent vers le tas de caisses éventrées un peu plus tôt par Marno et son dinosaure. Il s'agissait d'un stock d'armes. Et elles y enlacèrent chacune un sabre ou une épée, avant de revenir orbiter paisiblement autour de leur maîtresse. Maitresse maintenant terriblement suréquipée.

-Technique à trente sabres! Nous nommerons ça...  avec le petit côté poétique qui va de pair... Naissance d'un Poisson Lune. Sigurd, Lothar, j'aurais besoin de votre aide. Seulement le maintenir en place quelques instants.
-Vous pouvez l'occuper, histoire que j'ai de quoi faire?
-Sans problème, répondit le milicien.
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