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Dangerous Jungle

Quatre jours. Déjà quatre longs jours qu’on avait assigné Kal à une nouvelle mission. Ce n’était pas pour lui déplaire, lui qui commençait à s’impatienter au QG, loin de l’action. Il n’avait pas signé dans l’élite pour être cantonné dans une base, avec pour seule zone d’opération un terrain d’entraînement rudimentaire. Et donc. Nouvelle mission qui consistait à traquer un certain Peterson, un pirate solitaire qui avait fait des siennes sur quelques îles de North Blue. Ne représentant pas une grande menace, c’est le Caporal d’élite Cinco qui fut chargé de le traquer. D’après les renseignements qu’avait reçus Kal avant d’entamer sa tâche, Peterson aurait fait escale sur un île du nom d’Îlot Flottant. Un endroit bien mystérieux et dangereux. Personne ne savait d’ailleurs pourquoi Peterson avait décidé de s’aventurer là-bas, et Kal espérait bien répondre à cette énigme.

Et quatre jours après son départ du QG, Kal se retrouvait en mer, proche de cette fameuse île inconnue. Le temps était agréable pour ce début de matinée. Assis en tailleur sur le pont d’une embarcation militaire, Kal passait son temps à rêvasser, le regard pointé vers le ciel, les mains derrière la tête. Déjà de nombreuses heures qu’il avait adopté cette position sans bouger d’un iota, ce qui laissait perplexe les quelques soldats qui l’accompagnaient pour le trajet. Kal n’avait aucune idée de quel genre d’homme pouvait être Peterson. Et en toute vérité, il n’en avait rien à faire. Tout ce qu’il souhaitait, c’était de remplir parfaitement le boulot qu’on lui avait confié. Et de cette manière, il pourrait rentrer la tête haute.

Terre en vue ! C’est l’Îlot Flottant !

Le cri strident de la vigie fit sortir Kal de ses rêves. Il s’empressa de se lever pour apercevoir l’île. Et plus le navire se rapprochait de sa destination, plus le jeune homme distinguait une immense forêt tropicale qui se dessinait peu à peu. Son cœur battait la chamade. L’adrénaline montait. L’appel de l’aventure se faisait ressentir. Pas de port en vue, ni de braves gens pour venir les accueillir. Kal prépara rapidement son maigre paquetage contenant quelques rations de survie et une trousse de premiers soins. Il accrocha sa gourde usée à son jean et se prépara à accoster.

Caporal, vous êtes sûrs que vous ne voulez pas qu’on vienne avec vous ? Le Commandant Toffel nous a donné son accord pour qu’on prenne part à cette mission.
Non, je préfère y aller tout seul. Sept ans que j’suis Caporal, si j’suis pas capable de mener à bien cette opération, je n’évoluerai jamais. J’ai de quoi survivre quelques jours, j’vous informerai par den-den quand j’aurai mis un terme à cette mission, pour que vous veniez me chercher.
Très bien Caporal. Faites attention à vous là-bas, on ne sait pas ce que cache cet endroit. Bonne chance.
On s’revoit bientôt les gars, vous en faites pas.

Durant sa formation d’élite au BAN, il avait déjà eu affaire à une forêt tropicale, ce n’était pas cet « Îlot Flottant » qui allait l’impressionner. D’un bond, il sauta par-dessus la rambarde de bois du petit navire et atterrit sur la terre « ferme ». Ses pieds s’enfoncèrent dans une boue visqueuse et des moustiques ne tardèrent pas à venir rôder autour de lui.

J’déteste les moustiques.

Le jeune homme progressa avec difficulté dans cette forêt dangereuse, armé de son courage. Les cartes de cette île n’existant pas, Kal avançait sans trop savoir où aller. Son objectif principal était de trouver Peterson mais il ne savait pas de quelle manière il allait procéder pour retrouver sa trace. N’étant pas à l’abri de rencontrer des bêtes sauvages, Kal se devait de prendre l’allure d’un rôdeur. Il s’enduit les mains de boue et de brindilles puis se recouvra partiellement le visage avec. Le Caporal adopta le comportement d’un animal à la recherche de son gibier. Il se concentra pour sentir et écouter du mieux qu’il pouvait. Mais seul le bourdonnement des moustiques se faisait entendre. L’atmosphère était calme et pesante à la fois. La tension était montée d’un cran. Kal était en plein territoire inconnu et c’est avec prudence qu’il progressait à travers les branchages en prenant le temps de bien observer son environnement, à la recherche d’indices suspects. Examiner, s’adapter, comprendre, on lui avait inculqué tout ceci lors de sa formation d’élite il y a sept ans et cette mission était idéale pour mettre en pratique toutes ses connaissances en matière de survie et de traque.

Clap. Clap.

Des bruits de pas vinrent briser le silence pesant de la forêt. Ils se rapprochaient, se multipliaient. Kal sentit le danger arriver. Sans perdre une seconde, il se jeta sur le ventre, au sol, dans des hautes herbes. Il laissa un œil sortir de sa cachette pour observer ce qui se tramait aux alentours. Une dizaine d’ombres se rapprochaient lentement. De grands hommes firent leur apparition. Leur torse était recouvert de tatouages tribaux de couleur rouge sang et ils avaient de longues chevelures noires qui venaient terminer leur course dans leur dos. Ils étaient vêtus simplement de feuilles accrochées par un lacet, qui couvraient leurs bijoux de famille. Ils étaient alertés par quelque chose. Ils reniflaient, observaient, touchaient. Ils avaient sûrement repéré la présence de Kal, qui se mit à ramper lentement dans les hautes herbes pour s’éloigner le plus possible. Il n’avait pas de temps à perdre avec les locaux. Kal essayait tant bien que mal de rester silencieux dans la boue, mais le craquement des branchages qui se brisèrent sous son poids, alertèrent les sauvages. Leurs regards perçants se tournèrent dans la direction du Caporal qui se stoppa pour rester immobile. Son cœur battait à vive allure, s’il se faisait repérer, un combat s’en suivrait forcément.

Grand Chef ! J’ai entendu du bruit par là !

C’est le plus jeune du groupe qui trouva la cachette de Kal, qui en sortit rapidement avant qu’on ne l’attrape. Les indigènes, stupéfaits, restèrent bouche bée quelques secondes avant de reprendre leurs esprits. Ils n’imaginaient pas trouver quelqu’un ici.

J’vous préviens, j’ai pas d’temps à perdre avec vous ! Laissez-moi passer sinon va y avoir du grabuge.

Celui qui se faisait appeler « Grand Chef » se précipita sur Kal à toute vitesse et lui projeta un violent coup de lance pour tenter de l’embrocher. Le jeune homme esquiva avec aisance, se remit d’aplomb et écrasa sèchement son poing sur la mâchoire du barbare, qui s’écroula au sol.

Grand Chef !!!

Dans un élan de fureur, les sauvages se ruèrent sur Kal, déchaînés. Les coups de lance fusèrent en sa direction. Il esquiva avec peine, empoigna le manche d’une des lances et tira sur celui-ci, ce qui emporta le sauvage vers lui. Kal enchaîna en assénant un fulgurant coup de tête en plein sur le nez du barbare. Malheureusement, le jeune homme ne put arrêter le coup qu’un autre indigène lui porta. La pointe émoussée de la lance s’enfonça dans le flanc du Caporal, ce qui le fit poser instantanément un genou au sol. Un autre autochtone en profita pour lui asséner un magnifique coup de genou en plein dans sa dentition. Kal s’effondra, sonné par l’attaque qu’il venait de recevoir. Et le sang commençait s’écouler au niveau de sa blessure. Sans plus tarder, les hommes lui lièrent les pieds et les mains avec une corde épaisse.

On l’emmène au camp.
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Kal ouvrit les yeux péniblement. Il reprit conscience peu à peu. Autour de lui se trouvait de nombreuses cabanes de bois et des autochtones. Le jeune homme comprit qu’il avait atterri dans leur camp. Les poings et les mains toujours liés, il ne se débattait pas, sachant parfaitement qu’il fallait garder ses forces dans ce moment crucial. Les autochtones se placèrent en cercle autour de lui et commencèrent à danser et à chanter, sans doute pour faire appel à leurs dieux. Non loin de là, ils avaient allumé un grand brasier, entouré par des crânes. Une odeur putride de chair brûlée émanait de cet immense feu, qui avait sans doute servi à griller des cadavres humains. Kal retenait son souffle. Il avait affaire à une tribu cannibale. Ce qui était tout à fait plausible, étant donné que l’Îlot Flottant était un territoire éloigné et primitif. Soudain, les chants et les cris cessèrent. On porta Kal sur une grande table de pierre tâchée de sang séché, qui devait probablement faire office d’autel sacrificiel.

Les regards étaient fixés sur le jeune Caporal, qui tentait malgré tout de garder son calme. Des bruits de tambours se mirent à retentir avec force, puis, les chants et les cris reprirent de plus belle. Kal croisa le regard d’une petite fille qui l’observait d’un air indéchiffrable. Haute comme trois pommes, elle tenait la main de sa mère relativement âgée. Ses yeux restèrent pointés en direction de Kal durant de nombreuses secondes. Elle penchait de temps en temps la tête de gauche à droite, comme si elle examinait le jeune homme. Elle avait l’air innocente et n’avait sans doute aucune idée de ce qui était en train de se dérouler. Kal ne comprenait pas comment on pouvait faire assister un enfant à un meurtre. Il lui sourit, souhaitant la rassurer.

Dis maman, je pourrai manger les yeux ?
HEEEEEEEEEEEEEEEEEEIIIIIIIIIIIIIIINNNNNNNNNNNNNNN ?!!

Kal cligna des yeux, une fois. Une deuxième fois. Et une troisième fois. Non, il ne rêvait pas. Même les enfants étaient embrigadés. Il fallait rapidement qu’il se sorte de ce pétrin. Il avait une mission à accomplir et ce n’était pas en se faisant manger bêtement par toute une tribu malsaine qu’il allait y arriver. Le fameux « Grand Chef » à qui il avait éclaté la mâchoire un peu plus tôt s’approcha de la grande table de pierre où il était allongé. Armé d’un long poignard à la lame courbée, c’est d’un air cruel et féroce qu’il s’avançait vers sa proie. Il leva sa dague dont la pointe reluisait sous les rayons du soleil, au-dessus du Caporal d’élite. Un sourire narquois se dessina sur son visage abîmé, laissant découvrir une dentition esquintée et mal entretenue.

C’est terminé pour toi, tu ne pourras pas t’échapper comme l’autre l’a fait ! Tu vas finir en ratatouille.

L’autre ? Cette information n’était pas tombée dans l’oreille d’un sourd. Il devait sans aucun doute parler de Peterson. Malgré la situation dans laquelle il s’était fourré, le marine n’avait pas oublié son objectif principal. Il se trouvait sur l’Îlot Flottant pour une raison bien précise. Cette mission lui permettrait sans doute d’évoluer dans l’élite et il n’allait pas laisser une bande de sauvages lui barrer la route. D’un mouvement vif, Kal pivota pour esquiver et la lame du poignard se brisa sur la pierre. Il en profita pour se redresser, puis de ses deux mains liées, empoigna la tête du « Grand Chef » et l’écrasa avec force contre le rebord de la table. Son crâne se fendit et laissa s’écouler une mare de sang. Il l’avait peut-être tué. Mais pas le temps pour lui d’y penser et de s’éterniser ici.

Les guerriers de la tribu attrapèrent leurs armes et se ruèrent avec toute leur rage vers le Caporal. Sachant pertinemment qu’il ne faisait pas le poids face à autant de barbares enragés, Kal prit ses jambes à son cou après avoir défait ses liens et s’engouffra dans la forêt. Il parvint à les devancer assez facilement, néanmoins, il percevait toujours les cris de colère qui se rapprochait de plus en plus. Alors il courut sans s’arrêter. Encore. Et encore. Après plusieurs minutes qui lui parurent des heures, Kal se stoppa dans sa course. Les hurlements avaient laissé place au silence pesant de la forêt tropicale, aux bourdonnements des moustiques et aux crépitements de l’herbe. Kal reprit son souffle tant bien que mal, exténué par son sprint interminable.

Il se retrouva à nouveau seul, sans son paquetage pour le rassurer. L’adrénaline retomba et Kal put reprendre parfaitement ses esprits. Il s’était désormais bien engouffré dans la forêt et devait certainement se trouver près du centre de l’île. Les guerriers cannibales devaient sûrement le poursuivre encore et de ce fait, il savait qu’il ne devait en aucun cas s’éterniser ici. Alors, il se mit de nouveau à la recherche de sa proie, Peterson. D’après les informations qu’on lui avait prodiguées sur l’île, il y avait des rumeurs qui circulaient à propos d’un temple maudit qui recèlerait de nombreuses choses. Et si ce fameux temple existait, Kal en déduit que Peterson s’aventurerait sûrement là-bas. Le jeune homme partit de ce fait à la recherche de ce temple « maudit ».

Il continua sa route une bonne demi-heure, en recherchant Peterson. Son comportement de traqueur lui était revenu, il se faufilait silencieusement et avec prudence à travers les branches et les feuillages humides. La boue étouffait chaque bruit que provoquait ses pas, lui permettant d’être totalement indétectable. Il était comme un animal dans son élément, maître de son environnement. S’arrêtant près d’un rocher pour faire un point sur son avancée, il perçut au loin une silhouette. Une silhouette plutôt svelte et élancée qui se rapprochait de plus en plus. C’était un homme très grand, plus que Kal, relativement fin et à l’allure de dandy. Un haut-de-forme d’un noir reluisant, un costume bien taillé, un visage ridé, une longue barbe entretenue avec soin, et une pipe reposant entre deux lèvres abîmées. Cet accoutrement surprit Kal, étant donné que porter de tels vêtements dans cet endroit n’était pas très recommandé. Mais ce qui l’étonna surtout, c’était que cet homme n’appartenait visiblement pas à la tribu cannibale et qu’il correspondait exactement aux descriptions faites par ses supérieurs. Celles de Peterson.
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Il n’y avait aucun doute. L’homme qui se tenait devant Kal n’était autre que Peterson, le pirate qu’il recherchait. Cette allure de dandy, c’était exactement ce qu’on avait décrit à Kal. Cela dit, il n’imaginait pas qu’un vulgaire hors-la-loi puisse être distingué et porter une tenue aussi élégante. Le jeune Caporal ne s’attendait pas à trouver Peterson aussi facilement. Mais c’était trop beau pour être vrai, selon lui. Il se réfugia derrière un rocher, tout en gardant constamment un œil rivé sur le pirate. Celui-ci tournait la tête sans arrêt, il était vraisemblablement à la recherche de quelque chose. Sûrement le temple maudit. C’était l’occasion rêvée pour Kal de l’attraper avant qu’il ne parvienne à trouver ce temple. De plus, il présentait une mine fatiguée, son exploration dans la forêt tropicale l’avait certainement épuisée. C’était le moment ou jamais d’en finir une bonne fois pour toutes avec cette mission.

Kal s’élança à vive allure en direction de Peterson pour tenter de le plaquer au sol. Grossière erreur. Cinq épaisses phalanges vinrent s’écraser à toute vitesse sur sa mâchoire, ce qui le stoppa immédiatement dans son élan. Il s’effondra lamentablement, comme un pantin désarticulé, puis, la semelle de cuir de Peterson vint aplatir la gorge du soldat d’élite. Celui-ci empoigna la cheville du pirate et tira de toutes ses forces pour le renverser. Peterson s’écroula à son tour et Kal en profita pour se remettre d’aplomb.

Arf… J’voulais entrer en scène avec plus de classe. Bon, j’vais pas passer par quatre chemins, Peterson rend-toi bien gentiment, ça m’évitera de te briser les dents pour pouvoir te passer les menottes.
Hein ? Pardon tu disais ? Désolé j’avais une crotte de nez qu’était coincée.

Alors ça, c’était du dandy… Il avait beau être élégant, Kal ne s’attendait pas à ce qu’il s’exprime de cette façon. Et face à cette manière de parler, le jeune homme ne put s’empêcher de pouffer de rire. Comment pouvait-il prendre au sérieux un type comme ça ? Cette confrontation s’annonçait tout bonnement ridicule. Sans plus attendre, Kal se rua de nouveau tête baissée sur sa cible et lui projeta un fulgurant coup de pied sauté en plein sur la tempe. Le coup sonna Peterson et le déséquilibra. Le marine saisit sa chance et lui asséna deux rapides et secs uppercuts dans le foie. Le pirate posa aussitôt un genou à terre, il avait reçu l’attaque de plein fouet. Kal ne s’arrêta pas là et enchaîna sur un chassé dans le nez, qui se broya sous la puissance de l’impact. Kal maîtrisait la situation. Tout du moins c’est ce qu’il pensait. Malgré ces violentes attaques, Peterson sut se relever sans trop de difficulté. Le soldat d’élite était stupéfait, lui qui pensait déjà que le duel était arrivé à son terme.

Tu crois que c’est avec ces pichenettes que tu vas me faire plier ? Ecoute bien p’tite enflure, l’en faut bien plus pour me mettre définitivement à terre. Mais avant que j’t’éclate, j’aimerais bien que tu me dises qui t’est.
Caporal d’élite Cinco. J’suis chargé de te ramener aux QG, menottes aux poings. Par contre, au risque de te décevoir, c’est moi qui sortirai vainqueur de ce combat.

Kal se mit en garde, attendant que Peterson se précipite sur lui. Celui-ci dégaina de la poche intérieure de sa veste une longue dague. Il souhaitait visiblement en finir avec le Caporal. Sans plus attendre, il fusa en direction du marine et lui asséna un coup de lame au niveau de la gorge. Kal esquiva sans grande difficulté, mais dû pour cela se déséquilibrer et Peterson profita de cette occasion pour balayer le soldat d’un violent coup de pied dans les tibias. Le jeune Caporal s’écrasa sur la boue putride qui recouvrait le sol. Un amas de terre, d’eau et de saletés en tous genres se répandit sur le visage et le corps du soldat qui bloquait sa respiration pour ne pas sentir les émanations nauséabondes que dégageait cette fange.

Le pirate s’abaissa vers Kal et lui enfonça promptement sa dague au niveau des lombaires. Heureusement pour lui, la lame émoussée ne parvint pas à pénétrer entièrement. Néanmoins, une intense douleur surgit, laissant Kal lâcher des hurlements et des gémissements. Une mare de sang commença à s’écouler de la blessure où était toujours plantée la dague. La souffrance s’immisça en lui tel un torrent, animant sa rage et sa haine. Ses cris de douleur firent ressurgir le démon qui se cachait en lui. Ses poings se serrèrent avec force machinalement, laissant ses ongles transpercer la fine peau de ses paumes. Kal entra dans une colère noire, son regard devint subitement brûlant de rage. Peterson ne s’arrêta pas à ce coup de poignard et roua de coups-de-pied le jeune Cinco, au sol. Les attaques étaient d’une brutalité inouïe, frappant le justicier de toutes parts. Le pirate le martela d’impacts durant de longues secondes.

Kal ne bronchait pas et se contentait de serrer les dents. Quelque chose d’autre s’était emparé de lui à cet instant, il n’était plus qu’une accumulation de haine et d’animosité. Le pirate se stoppa dans ses assauts pour reprendre son souffle quelques secondes. Il retira lentement sa dague du corps de Kal et la rangea à l’intérieur de sa veste. Soudain, le marine encore à terre quelques instants plus tôt se releva d’un bond. Tête baissée, les bras ballants, le corps et le visage parsemés d’ecchymoses et de boue, le bas du dos recouvert de sang, il avait comme perdu toute conscience humaine. Le regard de Peterson se figea un moment, surprit par la réaction vive de son opposant. Une goutte de sueur perla le long de son front, et la peur le pétrifia durant une seconde. Chassant cette émotion l’instant d’après, il tentait de reprendre son calme.

Bien que son adversaire se soit relevé par le plus grand des hasards, Peterson pensa tout de même qu’il avait encore l’ascendant sur lui. Et il tenta de lui prouver en fondant sur lui tel un lion pourchassant sa proie, férocement. Il projeta son poing avec violence sur le nez de Kal et l’impact l’envoya valdinguer un mètre plus loin. Sans lâcher le moindre mot, le soldat se remit d’aplomb avec difficulté. Son esprit était toujours ailleurs, la souffrance avait comme mystérieusement disparu. Il ne lâchait plus le moindre gémissement de douleur.

Soudain, des bruits émanèrent de la forêt. Des bruits de pas, des cris furieux. Ils se rapprochaient, se multipliaient. Et c’est dans un brouhaha infernal que six guerriers firent leur apparition. Ils avaient la même allure que les sauvages dont Kal avait déjà croisé la route et de ce fait, ils devaient certainement appartenir à la même tribu.

Eh merde… J’dois pas perdre mon temps avec ces gars-là. J’me casse, à la revoyure !

Peterson s’engouffra à travers les branchages et décampa.
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Kal n’eut pas le temps de poursuivre Peterson. Les guerriers enragés se placèrent en cercle autour de lui. Armés de leurs lances, le regard déterminé, prêts à en découdre, ils n’attendaient que le moment propice pour transformer le jeune homme en brochette. Bien que Peterson se soit échappé, Kal conservait toujours sa fureur. Ses yeux étaient injectés de sang et un sourire machiavélique se dessinait sur son visage. Un des sauvages, ne pouvant contenir sa colère, se jeta sur le soldat en lui envoyant un coup de lance visant à le transpercer. Kal empoigna le long manche de l’arme, tira sur celui-ci d’un mouvement sec, emportant de ce fait le barbare qui s’écroula au sol. Il enchaîna en écrasant son pied sur son visage. Les autres guerriers se ruèrent sur le Caporal avec frénésie.  

Les coups fusèrent à une vitesse folle et ils percutèrent à de multiples reprises le corps du jeune Caporal qui était désorienté. Il ne pouvait riposter face à cette tornade d’attaques. Les lames émoussées des lances lacérèrent sa peau et les coups-de-poing et coups-de-pied le sonnèrent. Il vacilla, tituba, étourdit par la violence incroyable des assauts. Son sang ruisselait abondamment de toutes ses plaies. Il posa un genou au sol, épuisé, blessé, déstabilisé. Sa force le quittait peu à peu et c’était certainement la mort qui l’attendait. Mais il en décida autrement. Il devait se ressaisir, il avait enduré tellement de souffrances tout au long de sa vie, ce n’était pas quelques vulgaires coups de lance qui allaient le faire flancher. Dans un cri hargneux, il se releva tant bien que mal, les jambes flageolantes, luttant désespérément contre la douleur qui le rongeait et qui parcourait tout son corps.

Les sauvages, surpris par la réaction impulsive du jeune homme, s’élancèrent à toute vitesse en sa direction pour tenter de l’abattre avant qu’il ne se lève. Juste avant que cinq lances usées transpercent son torse, Kal effectua une roulade arrière afin d’esquiver les attaques. Il se remit d’aplomb pitoyablement, serra les poings et se mit en garde. Un des guerriers chargea et projeta avec véhémence deux coups en direction du marine. Il en esquiva un, néanmoins, l’autre attaque fit mouche et la lance fatiguée s’enfonça légèrement dans l’abdomen de Kal qui lâcha un gémissement de douleur. Il s’écarta rapidement et asséna un fulgurant coup-de-poing dans la tempe du guerrier. Sonné, l’autochtone recula de quelques pas et le Caporal d’élite en profita pour lui porter un coup de talon dans sa mâchoire, qui se claqua violemment sous l’impact. Le sauvage s’effondra instantanément, détruit par le choc dévastateur qu’il venait de recevoir.

Fou de rage après avoir vu son camarade se faire envoyer au tapis, un autre sauvage, plus âgé, fonça à son tour sur Kal. Son regard était déterminé, haineux. Il était trapu et robuste, dans la force de l’âge. Sa longue chevelure noire terminait sa course au niveau de ses épaules et quelques mèches cachaient en partie son visage crasseux et parsemé de cicatrices. Il était vêtu comme les autres indigènes de sa tribu, il portait un collier en dent de crocodile et son corps était recouvert de tatouages tribaux. Ce puissant guerrier fondit sur Kal à une vitesse étonnante. Surprit par cette rapidité exceptionnelle, Kal n’eut pas le temps d’esquiver, le poing du sauvage s’écrasa brutalement sur le visage du Caporal et une mare de sang commença à s’écouler de son nez.

Tu as tué notre Grand Chef, nous ne pouvons te laisser continuer ta route impunément. Moi, Drogho, chef des guerriers de la tribu Jor’en, je te ferai quitter ce monde.

Kal se redressa et braqua son regard furieux sur ce fameux Drogho. Ce guerrier était puissant et il savait qu’il ne devait pas le prendre à la légère, au risque de perdre sa vie. Ses blessures ne lui permettaient pas d’être au maximum de son potentiel mais il se devait de tenir tête aux sauvages afin de rester en vie et de retrouver Peterson. Le jeune Caporal secoua la tête et se remit d’aplomb. Il essuya du revers de sa main le sang qui suintait de son nez, recoiffa ses cheveux vers l’arrière d’un geste et se prépara au combat. Il essayait tant bien que mal de faire abstraction de la douleur qui le consumait à petit feu, pour se concentrer pleinement sur ses adversaires qui n’étaient plus que quatre en état de combattre. Le marine analysa rapidement la situation, il savait qu’il aurait du mal à vaincre Drogho sans se fatiguer et il devait garder des forces pour pouvoir passer les menottes à Peterson. De ce fait, une solution s’offrait à lui : écraser les trois guerriers et s’enfuir hâtivement après avoir sonné Drogho. Néanmoins, cette tactique était plus facile à dire qu’à faire.

Kal se rua sur le guerrier qui tremblait comme une feuille, après avoir ramassé une lance appartenant à un des sauvages qu’il avait battus. Le guerrier, certainement le plus faible du groupe, asséna un coup-de-pied désespéré au niveau du thorax de Kal, qui esquiva sans grande difficulté. Le Caporal s’empressa de lui porter un coup droit avec sa lance, qui s’enfonça promptement dans son abdomen. Celui-ci lâcha un râle de douleur et s’effondra, ses mains placées sur sa blessure afin d’empêcher le sang de couler. Kal fit volte-face, fit tournoyer sa lance et se jeta sur l’autochtone le plus proche de lui. Les deux adversaires s’échangèrent des coups de lances durant quelques secondes, provoquant un bruit assourdissant. Le guerrier parvint à porter un coup rapide au niveau du visage du jeune homme et entailla légèrement sa joue. Kal recula en effectuant un bond arrière et lança énergiquement sa lance sur son ennemi. L’arme transperça le pectoral gauche du guerrier qui posa les genoux au sol puis tomba lamentablement. Kal retira sèchement sa lance du corps sans vie de l’indigène et se précipita sur l’autre guerrier.

Cependant, Drogho, s’interposa violemment entre le soldat et son camarade en parant de sa main le coup de lance que Kal venait d’envoyer. Il empoigna l’arme et serra si fort qu’elle se brisa. Drogho releva la tête et le soldat d’élite découvrit que ses yeux étaient voilés de larmes. Il frissonnait de toutes part et était totalement désemparé. Son visage était crispé et son regard était perdu.

Mon…mon… Mon fils… T-tu as tué mon fils !

Il éclata en sanglots. Kal, désorienté, recula d’un pas et lâcha au sol l’arme brisée qu’il tenait dans sa main. Ses yeux fixaient Drogho qui pleurait toutes les larmes de son corps. Le jeune homme ne savait pas comment il devait réagir. C’était son ennemi, néanmoins, voir la douleur d’un père l’accabla. S’il ne l’avait pas tué, le guerrier l’aurait certainement exécuté sans aucune pitié, c’était ce qu’il essayait de se répéter, mais pourtant, il restait tourmenté.

Fils… je te vengerai… Je tuerai cet homme… j-je me délecterai de sa chair…

Subitement, la tristesse de Drogho se transforma en haine et en rage. Son regard devint brûlant et il entra dans une colère noire. Son camarade encore debout, furieux également, se mit en garde, prêt au combat. Kal reprit ses esprits, se concentra, il essayait d’oublier ce qui venait de se passer. Il serra les poings et se mit en garde à son tour. Le guerrier s’élança en direction du Caporal et lui porta deux coups de lance au niveau des jambes. Kal posa son pied sur l’arme avant qu’elle ne vienne le trancher et l’écrasa au sol. Il enchaîna rapidement en assénant un coup-de-poing destructeur dans la carotide de son ennemi. La respiration du guerrier se coupa subitement et il se mit à tousser fortement. Kal prit son élan et envoya un coup-de-pied sauté directement dans la tempe du sauvage. Étourdit et cherchant désespérément à retrouver sa respiration, l’autochtone était dans l’impossibilité de riposter. Le Caporal balaya son adversaire d’un coup de tibia et lui écrasa le plexus sèchement d’un coup de semelle. Il se plaça au-dessus de lui en écrasant sa gorge avec son genou et le martela de coups-de-poing.

Après avoir enfin mis son adversaire hors d’état de nuire, Kal se retourna pour se diriger vers Drogho. Cependant, celui-ci profita que le jeune homme soit occupé avec son camarade pour lui asséner un violent coup de pied dans le visage. Ensuite, d’un bond, il s’élança au-dessus de lui et envoya un coup droit avec sa lance. Kal esquiva de justesse en effectuant une roulade sur le côté. Il se jeta ensuite sur Drogho et le plaqua au sol. Les deux ennemis roulèrent sur plusieurs mètres, Drogho parvint à se placer au-dessus du soldat et il s’empressa de le rouer de coups-de-poing. Il était déchaîné. Dans son regard, le jeune homme découvrit toute la rage qui l’animait. Il n’était plus qu’un démon souhaitant venger son fils. Il frappait avec toute sa force. Kal réussit à attraper une lourde pierre en cherchant avec sa main et d’un mouvement sec il l’écrasa sur le crâne de Drogho, l’assommant de ce fait. C’était le moment pour s’enfuir. Sans hésiter une seule seconde, laissant Drogho derrière lui en sachant qu’il le retrouverait sûrement dans quelques heures, Kal s’engouffra à nouveau dans la forêt afin de retrouver la trace de Peterson.
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Le calme était revenu. Le silence pesant refaisait surface. Kal fut à nouveau plongé dans cette forêt tropicale, au climat humide et lourd. Il reprit instinctivement son allure de bête à la recherche de sa proie, comme on lui avait appris à faire durant sa formation d’élite. C’était un traqueur. Il s’était désormais bien engouffré à travers les feuillages et était déjà bien loin de l’endroit où il avait laissé Drogho inconscient. Le jeune homme veillait à masquer chaque trace de pas pour que Drogho, le chef guerrier, ne le retrouve pas. Il dissémina également plusieurs fausses pistes, par exemple en tâchant de son sang quelques branchages opposés au chemin qu’il empruntait, afin de le mener dans une mauvaise direction. Le Caporal d’élite Cinco se faisait discret et silencieux. Il gardait son calme pour pouvoir rester parfaitement attentif à ce que se tramait autour de lui.

Toutefois, la douleur était insoutenable. Son sang ne cessait de ruisseler et il manqua plusieurs fois de perdre connaissance. C’était tout un flot de souffrances qui le traversait de part en part. Il essayait en vain de chasser de son esprit ces atroces sensations qu’il ressentait. Kal devait rapidement trouver une solution à ce problème et il recourut à une méthode de survie qu’on lui avait enseignée. Méthode à utiliser uniquement en cas d’urgence. Il s’abaissa et attrapa une poignée de terre boueuse, puis la malaxa pour en faire une sorte de boule. Le jeune homme serra les dents et enfonça la boulette dans la blessure aux lombaires que Peterson lui avait infligée. La plaie risquait certainement de s’infecter, mais c’était le seul moyen pour ralentir l’hémorragie. Néanmoins, la douleur n’avait pas disparu, elle avait même empiré et il devait lutter contre elle. Ce n’était pas le moment de s’apitoyer, il avait un objectif à accomplir et il n’allait certainement pas revenir au QG sans sa proie.

Kal s’engouffrait rapidement dans la forêt, traversant les feuillages, escaladant les rochers. Il pensait désormais avoir semé Drogho. Une heure était déjà passée depuis qu’il l’avait laissé inconscient. Mais il avait oublié que ce guerrier connaissait cette île mieux que quiconque étant donné qu’il y vivait. Et le jeune homme comprit cela quand la lance de Drogho, lancée à toute vitesse, vint érafler son épaule pour terminer sa course contre un arbre. Le guerrier enragé se jeta sur le marine et le martela d’uppercuts. Surpris par cette apparition soudaine, Kal n’eut pas le temps de réagir et se retrouva déjà sonné par les attaques déterminées du sauvage. Il se protégea en croisant ses avant-bras devant son visage puis riposta en décochant un crochet gauche qui heurta violemment la mâchoire de Drogho s’écartant pour reprendre son souffle. Les deux adversaires s’échangèrent un regard hostile, ils s’affrontaient comme des lions. Les deux bêtes se ruèrent frénétiquement l’une sur l’autre. Les coups fusaient à une rapidité étonnante, l’adrénaline du combat leur faisait oublier la douleur que leurs attaques provoquaient.

Ils étaient déchaînés. Durant ce duel impressionnant, ils avaient comme perdu toute conscience humaine. Malgré ses blessures, Kal conservait son agilité et put se retirer de cet échange de coups en effectuant un salto arrière. Cependant, Drogho ne le laissa pas récupérer et chargea à nouveau avec la même haine dans son regard. Il contracta soudainement tous les muscles de son bras, prêt à projeter un coup-de-poing magistral. L’attaque fut fulgurante mais lente et de ce fait, Kal réussit à esquiver aisément. Le genou du Caporal vint ensuite s’abattre violemment sur les côtes du sauvage qui recracha une gerbe de sang. Kal empoigna la lance de Drogho qu’il avait lancé un peu plus tôt et asséna avec celle-ci un coup vertical en direction de l’autochtone. Juste avant qu’elle ne le percute, le guerrier empoigna le long manche de l’arme, se rapprocha dangereusement du soldat et écrasa ses phalanges sur sa dentition, l’envoyant valdinguer un peu plus loin.

Profitant que le marine soit au sol, Drogho fondit sur lui en lui assénant un coup droit avec sa lance en direction de son crâne. De ses deux paumes de main, Kal para l’arme juste avant qu’elle ne l’embroche. Le jeune homme ne relâcha pas sa prise afin que le guerrier ne parvienne à enfoncer la lame. D’un chassé désespéré lancé dans le ventre, Kal réussit à déséquilibrer Drogho et en profita pour se relever d’un bond. Sans plus attendre, il enchaîna en projetant à deux reprises son poing dans le visage de son adversaire, qui, sonné par cet assaut, lâcha son arme. Le marine la récupéra au vol et en faisant volte-face, l’enfonça de toutes ses forces, en hurlant furieusement, dans le crâne de Drogho. Il cria durant plusieurs secondes, provoquant un brouhaha assourdissant. Placé au-dessus du corps sans vie de son ennemi, le regard braqué sur celui-ci, il ne bougeait pas d’un iota.

Kal s’écarta du cadavre et reprit lentement ses esprits. Il haletait vivement, à bout de souffle après ce violent combat. L’adrénaline qui le faisait trembler retomba peu à peu. Ce duel était enfin terminé. Il devait désormais retrouver Peterson. Cette traque était, au final, bien plus difficile qu’il l’avait imaginé. Le nombre de blessures qu’il avait reçu au cours de cette opération était considérable. Le combat contre Peterson s’annonçait extrêmement rude. Le Caporal n’était pas au meilleur de sa forme et le plus dur l’attendait. C’est avec peine qu’il continua à s’enfoncer dans la forêt. Il était exténué, mais il ne se relâchait pas. On lui avait appris lors de sa formation d’élite à dépasser ses limites et à aller au-delà de ce que l’on croit possible, Kal ne devait pas se plaindre. Tout au long de sa vie, il avait connu un nombre de souffrances incalculables. Alors, il ne devait pas échouer. Il n’allait pas échouer.
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Kal titubait comme un ivrogne, sa vue était floue. Ses blessures s’aggravaient et il ne pouvait malheureusement pas y faire grand-chose. Survivre en milieu hostile avec de telles plaies était compliqué, sachant qu’un combat l’attendait encore. Sa couverture n’étant plus optimale, il s’abaissa, empoigna de la terre boueuse et se recouvrit une nouvelle fois le visage avec. Le but était de casser les formes de son visage afin de se fondre dans les feuillages. Il s’enduisit également le corps de boue pour notamment masquer ses odeurs corporelles. Le but dans toutes ces techniques de survie était d’adopter un comportement de fauve et de fusionner avec son environnement. La chaleur humide se faisait de plus en plus accablante, de ce fait, le jeune homme s’abreuva rapidement grâce à sa gourde qu’il avait soigneusement accrochée à son pantalon. Il veilla cependant à résister à la tentation de boire plus que prévu étant donné que l’eau était essentielle à la survie.

Il s’arrêta un instant pour se reposer et compresser à nouveau ses plaies avec de la terre. Le jeune homme pivotait la tête de droite à gauche, observant tout ce qu’il l’entourait. Il percevait le bourdonnement incessant des moustiques qui se répercutait à travers toute la jungle et le bruissement des feuillages frappés en permanence par une légère brise. L’atmosphère était accablante et son environnement pouvait à tout moment se révéler hostile. La chaleur vibrante et étouffante faisait ruisseler à grosses gouttes de la sueur le long de son front qui terminait sa course sur ses paupières, les recouvrant d’un voile épais et tiède. De plus, le soleil brûlait sa peau lacérée par les coups de lance, ce qui intensifiait la douleur insupportable. En cet instant, il ne pensait qu’à rentrer au QG, loin de cette île hostile et dangereuse, pour pouvoir se reposer. Cependant, il chassa rapidement cette idée de son esprit. Il avait une mission à accomplir, c’était son boulot. Il faisait ce qu’il croyait être juste.

Un son faible résonna non loin de la position du Caporal. Un son qui s’amplifiait lentement, à mesure qu’il se rapprochait. Kal resta attentif et put discerner des bruits étouffés de pas. Il s’avança lentement à travers les branchages afin de se dissimuler, ne laissant que ses yeux et le haut de sa tête dépasser pour observer et examiner les alentours. Rien de particulier ne sauta aux yeux du jeune homme, cependant, les bruits de pas ne cessaient de se rapprocher. Allongé sur la terre boueuse, au milieu d’herbes hautes, le soldat d’élite était indétectable. Il attendait que sa proie pointe le bout de son nez pour la croquer promptement. Une longue silhouette élancée se dessina peu à peu. Un homme surgit de l’ombre des branchages. Peterson. Sa dague était placée entre ses dents, il présentait une mine épuisée, il avait retiré sa veste de costard et l’avait enroulée à sa taille. Il haletait fortement et suait à grosses gouttes.

Kal restait allongé, prêt à en découdre. L’adrénaline remontait progressivement. Il empoigna une pierre relativement pointue pour lui servir d’arme et pour pouvoir rivaliser avec Peterson qui était toujours en possession de sa dague. Ses doigts se resserrèrent avec force sur la pierre, puis, d’un bond, Kal sortit de sa cachette et s’élança à vive allure sur Peterson. Il écrasa brutalement la pierre sur le crâne du dandy qui recula tout en chancelant. Néanmoins, il se remit d’aplomb sans grande difficulté. Surpris, il braqua son regard perçant sur Kal. Il épousseta sa chemise recouverte de terre et de poussière et afficha un rictus dédaigneux.

Eh bien… Caporal d’élite Cinco j’vois que t’as réussi à me retrouver p’tite raclure. J’vois que t’as du bien en chier pour t’occuper de ces foutus cannibales. Merci en tout cas, ils me poseront plus de problème. Et maintenant, j’vais abréger tes souffrances.
Ne te crois pas tiré d’affaire Peterson, j’irai jusqu’au bout de ma mission. Je t’enverrai derrière les barreaux coûte que coûte.

Les deux ennemis se jaugèrent durant quelques secondes. L’un était blessé, l’autre avait l’air épuisé, mais pourtant, on pouvait discerner dans leur regard une détermination sans pareille. Ils se mirent en garde et sans perdre de temps ils se précipitèrent l’un sur l’autre comme deux animaux se battant pour un bout de viande. Les coups étaient difficilement percevables étant donné leur rapidité hors norme. Peterson attrapa sa dague auparavant placée entre ses dents et attaqua avec. Kal riposta en parant péniblement grâce à sa médiocre pierre. Les assauts incessants des deux adversaires créaient un tohu-bohu infernal. Les chocs étaient ahurissants, ils se battaient avec une hargne prodigieuse. La violence dont ils faisaient preuve était surprenante. Tous deux pourtant à bout de forces avant d’entamer leur duel se retrouvaient plus agressifs que jamais grâce à l’adrénaline qui s’était emparée d’eux. Kal avait partiellement oublié la douleur qui le rongeait, à cet instant, il repoussait ses limites physiques et mentales.

Kal effectua un bond arrière pour pouvoir souffler un peu. Peterson en fit de même. Et sans dire un mot, ils s’élancèrent à nouveau l’un sur l’autre. Cette fois-ci cependant, le Caporal ne fonça pas tête baissée. Il glissa sur la terre boueuse, les jambes en avant, pour venir tacler Peterson qui tomba lamentablement. Kal s’empressa de se positionner au-dessus de lui et lui asséna deux fulgurants coups de pierre dans le crâne. Du sang commença à s’écouler de la blessure que le jeune homme venait de provoquer. Peterson lâcha sa dague pour attraper Kal par le flanc et le faire basculer sur son côté droit. Il s’empressa de se relever d’un bond et écrasa la pointe de son pied dans les dents du marine au sol. Le pirate s’abaissa pour attraper sa dague, mais Kal l’en empêcha en effectuant une roulade avant et en la ramassant avant lui.

D’un mouvement vif et sec, le Caporal planta l’arme dans le flanc de son adversaire et enchaîna en frappant à deux reprises au visage de Peterson avec la pierre. Sonné et tiraillé par la douleur que la plaie provoquait, le dandy fut contraint de reculer de quelques pas et de poser un genou au sol. Kal en profita pour écraser son genou sur la mâchoire du pirate. Malgré cette violente attaque, Peterson ne broncha pas et attrapa la jambe du marine avant de le balancer dans les airs de toutes ses forces. Le jeune homme retomba lamentablement au sol en roulant sur plusieurs mètres. Le dandy se releva et s’approcha de son adversaire. Il le releva par le col et lui projeta un foudroyant coup de tête. Il posa ensuite sa main au niveau de la nuque de Kal et frappa à trois reprises dans l’articulation de son épaule qui se déboîta sous les puissants impacts. Le Caporal lâcha un râle de douleur, envoya un coup de pied désespéré au niveau du plexus de Peterson puis s’écarta.

Son épaule était complètement disloquée et il était de ce fait dans l’impossibilité de bouger son bras ballant. Il se remit d’aplomb péniblement, dans un gémissement de douleur et de fatigue. Son bras était totalement tétanisé. Il passa la dague de Peterson dans son autre main et se rua sur celui-ci un hurlant comme un déchaîné. Il lui asséna un coup droit à l’abdomen. La lame s’enfonça dans la peau abîmée du dandy qui, surprit par cet assaut, n’eut pas le temps de riposter. Kal retira la lame rapidement et taillada le thorax du pirate. Le jeune homme effectua ensuite un pas en arrière et asséna un coup de pied retourné en plein dans le visage de Peterson. Le dandy s’effondra, détruit par les assauts ravageurs qu’il venait de recevoir. Le combat était terminé. Enfin. Peterson gisait au sol, inconscient, avec de multiples blessures d’où s’écoulaient une mare de sang.

Tout était terminé. Kal se laissa tomber au sol, exténué par l’ardeur des combats. En ce jour, il avait totalement repoussé tout ce qu’il pensait être impossible. La douleur était toujours présente, mais elle laissait place à un soulagement. Le nombre de blessures qu’il avaient reçus au cours des affrontements était incalculable. Toutes ses pensées belliqueuses s’évaporèrent lentement, sa mission était accomplie. Il se releva et attrapa de sa main valide son den den mushi qu’il avait laissé dans sa poche.

Pulupulupulupulu…

Moshi Moshi ? Ici le marine d’élite Lang, Caporal Cinco, vous me recevez ?
L-Lang… C’est fini. V’nez me chercher…
On n’est pas très loin de l’île, on se dépêche Caporal !

Une heure passa. Une longue heure durant laquelle Kal surveillait les moindres faits et gestes de Peterson, après lui avoir soigneusement attaché les mains. Une heure durant laquelle Kal ne supportait plus la douleur qui le rongeait et manqua plusieurs fois de perdre connaissance.

Une heure passa…

Ils sont ici ! Faites venir le doc’, dépêchez-vous ! Le Caporal est sérieusement blessé ! P’tain j’me demande comment il a pu survivre à cet enfer… Caporal, vous m’entendez ?

On va vous tirer de là, vous en faites pas. Les gars, on retourne au QG !
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