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Recrutement

- C'est parti ! Et hop, à la chasse aux nouvelles !

- On revient dans moins d'une heure. Vous gardez le navire. Je ne veux voir personne en train de se balader dans la base.

- Ne vous en faites pas, Lieutenante-Colonelle. Vous pouvez leur faire confiance. Ce sont de grandes filles ! Elles sont adorables. Je suis si fière d'être leur Commandante !

- Redescendez sur terre, Vasilieva. Mmh. L'amiral Shiro Fuuryuko veut vous voir.

Le visage de la bonne femme perd en motivation, devenant soudain molle et déprimée. Comme son titre "la Loque" l'indique efficacement. Le contrecoup de la motivation qui peut aussi bien atteindre son beau fixe pour des pacotilles ou encore être à plat dans des moments cruciaux.

- C'est un mensonge. Je sais que vous mentez.

- Bien sûr que c'est un mensonge. Mais ça fonctionne bien.

Le G-0. Nous y avons amarré il y a peu et me voilà déjà à me balader dans les rues de la base, à la recherche du lieu où l'on est supposées récupérer nos cinq troufions. S'agirait pas de traverser toute la ville souterraine non plus, car celle-ci est plutôt dense et n'accueille pas que des militaires. Des commerçants aussi. J'ai d'ailleurs un petit picotement au cœur en voyant l'un des Train des Mers en train de prendre le départ, au sortir de la gare aquatique.

- Ils me semble que c'est à la base. Enfin, dans le QG même. C'est là-bas, notre lieu de rendez-vous.

A ces mots, elle joint le geste de désigner du menton le château qui se dresse contre l'une des parois rocailleuses. Les remparts me rappelant étrangement l'architecture du G-12. Aussitôt dit, aussitôt fait. Nous voilà bientôt devant les grandes portes à décliner nos identités pour pouvoir passer. Ici mon nom d'emprunt est encore inconnu, cependant le simple fait de présenter la carte du SAFER marche toujours comme une sorte de laissez-passer. Une façon de dire, pour ceux qui le savent, que je suis du CP9.

Pas vraiment un bâtiment, nous voilà dans la cour extérieur qui encercle la forteresse. Celle-ci est tout bonnement immense et me semble reprise d'une inspiration mythologique à propos d'un Dieu vivant dans un palais enfoui sous terre. Ou quelque chose du genre. En bref, mon regard se pose tout autour de nous pour essayer de déceler un groupe de cinq personnes, attendant visiblement de répondre à un appel quelconque. Mais c'est pas vraiment comme ça que ça fonctionne. Chose que me fait savoir la Commandante.

- C'est à nous d'aller nous renseigner. Il y a une sorte de guichet, à l'intérieur du bâtiment là-bas. Peut-être en demandant à la réceptionniste si nos recrues sont dans le coin... ?

Certes. Je m'exécute sans poser de question. je vais voir la femme et lui déballe mon charabia. Maintes fois reprise par ma seconde qui n'hésite pas à corriger mes erreurs grossières. Je fais décidément une bien mauvaise officière. Mais bon, passons. La jeune femme passe un coup de fil et nous informe que les personnes devant rejoindre notre division ne vont pas tarder.

Et en effet, moins de cinq minutes plus tard, elles sont là. Toutes les quatre et... oh bon sang c'est quoi ça ?!

- Vasilieva, je crois qu'il va nous falloir un plus gros bateau.
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Je sors à peine de ma période de rééducation, il a fallu du temps pour que je puisse remarcher et je n'ai que l'ombre de ma force d'avant. Mais ce n'est pas une excuse pour tirer au flanc, j'ai déjà repris le travail. Les gens normaux ne trouvent pas grand-chose de mieux à me faire faire que des travaux de logistique et un peu de nettoyage... Cela ne me gêne pas de toute manière, c'était déjà le cas avant et je comprends bien qu'il est difficile d'occuper une personne de douze mètres de haut quand on n’est pas dans une situation plus tendue que le passage de petits équipages pirate de temps à autre. Alors en dehors de ça je m'occupe en faisant des maquettes à l'échelle humaine le temps qu'on me réautorise à utiliser mon matériel de fabrication d'alcool. Une explosion avec mes proportions serait certainement autrement plus problématique n'est-ce pas ?

Ce train-train quotidien prend finalement fin ce matin, alors que je suis convoquée dans le bureau de mon officier supérieur... Évidemment, je ne peux pas venir dans celui-ci au vu de ma taille, du coup j'improvise. Comment ? Hé bien je donne de petits coups d'ongle légers sur la vitre la plus proche en espérant attirer son attention. Il y a quelques années, je devais rembourses plusieurs vitres par semaines à cause de ce genre de chose, entre-temps j'ai appris à mieux canaliser ma force pour éviter d'écraser tout ce que j'approche ce qui est quand même très utile. Quand je suis certaine qu'il me regarde, je me mets au garde-à-vous et attends qu'il ouvre celle-ci. Bien sûr il n'avait pas oublié ma condition, mais j'imagine que ça le rassure de se prouver une fois encore qu'il est bien au-dessus de moi ? Au moins lui ne me hurle pas dessus pour un oui ou un non. Je parle d'une voix basse, très basse pour ne pas gêner les gens autour, cela reste quand même fort, mais ce n'est pas insupportable.

"Lieutenante Konshō, au rapport mon Colonel."
"Repos."

Il me fait signe d'attendre, ce que je fais bien sagement d'ailleurs. Il ressort par le toit qui est à peu près au niveau de mon cou, mais surtout il est accompagné par un homme. Bedonnant et le visage rouge, je devine un haut rayé blanc et bleu marine et un pantalon de toile foncé. Il fume une pipe avec un grand sourire et me regarde l'air amusé.

"Lieutenante Konshō, vous allez escorter le navire du capitaine Lebeau..."
"Hé bien quel beau bestiau ! Enchantée mademoiselle Konshō."

Le colonel garde son calme malgré le fait qu'il ait été coupé par le capitaine civil et s'approche du bord du toit. Quitte à devoir aller au port, pourquoi ne pas se faire porter n'est-ce pas ? Je les fais monter sur mon épaule et me tourne lentement. Encore une fois, bouger dans ce genre d'endroit est un vrai parcours du combattant, il faut que j'aille lentement pour ne pas faire de fortes secousses. Mais en plus d'être à pas de loup, je dois slalomer entre les divers objets au sol pour ne pas les détruire et sous les cris et parfois les insultes diverses des passants que j'ai failli toucher. Le capitaine que je vais escorter en profite pour finir de se présenter : Maroilles Lebeau, oui comme le fromage il le dit lui-même, maître à bord de la Julia, un navire de grande taille. Une fois au port, je le pose sur son navire et mon colonel m'explique les détails de l'escorte, mais surtout le fait le plus important... Il n'y aura pas de navire de soutien. Il ne juge pas nécessaire au vu du peu d'importance de la cargaison d'en adjoindre un, je serais accompagné des marins qui doivent être réaffectés et seraient armé ce qui est au moins l'équivalent de la force de frappe d'un navire si ce n'est plus. Forcement un fusil de ma taille est aussi gros qu'une pièce d'artillerie digne des plus grands cuirassés, donc un canon portatif, et même plus gros. Sans parler de mon sabre dont la lame approche des six mètres aussi.

Je ramène mon officier sur le toit du bâtiment qu'il occupe et va récupérer mes affaires, toujours à ce rythme lent pour ne rien détruire ou pire trébucher... Je suis déjà tombée et les conséquences sont dramatiques, je n'aime pas causer autant de tort aux autres, alors je dois faire attention. Je ne remettrais pas les pieds sur les blues avant longtemps, j'imagine, je me demande quelle sera ma prochaine affectation ? Je verrais bien, j'imagine, j'espère que mon officier supérieur ne sera pas trop... Je ne saurais le dire, mais si on ne me crie pas tout le temps dessus ce sera déjà bien. Une fois de retour avec mes paquetages, autant par habitude qu'envie d'aider, j'épaule les marins de la Julia pour le chargement du matériel qui doit partir pour le Réseau Marijoan. Pour un navire civil, c'est grand, même très grand. Il est d'ailleurs tout en longueur et même ainsi je n'aurais pas tellement de place dessus. C'est ce que je n'aime pas pendant les voyages, j'ai si peu de place et pire que ça, presque aucune intimité... Alors que je fais l'erreur de penser à ça, je lâche une caisse remplie de poutrelle en acier un peu trop haut ce qui abîme le bois... Alors que je me confonds en excuses devant le capitaine celui-ci se met à rire, j'ai si honte ! L'homme qui semble être son second lui me regarde et semble ne pas apprécier ma présence et je ne peux pas lui en vouloir. Qui aime avoir une géante sur son navire ?

Le lendemain, il est temps de partir, je fais un dernier salut au QG d'est Blue, je n'ai pratiquement pas vu Debossah Bii la sous-Amirale en charge de ce quartier général... En même temps vu ma proportion à faire des gaf, ce n'est pas forcement un mal. Il est temps de rejoindre la mère et de supporter le voyage qui va avec.

Le vent marin est agréable, c'est une des seules choses que j'apprécie quand je suis au milieu de l'océan. Il y a plein de gens et trop peu de place pour que j'apprécie ce genre de voyage, je suis sur le qui-vive depuis le début et mes nuits de sommeils en pâtisses. Contrairement aux autres, je n'ai pas la possibilité d'avoir le moindre loisir, ni même un petit travail pour aider réellement et tromper l'ennui... Mais le pire de tout, c'est que non seulement je ne peux pas avoir une hygiène aussi bonne qu'a terre, mais surtout que je n'ai pas accès aux réserves pour des raisons évidentes. Ce n'est pas parce qu'il m’arrive parfois de grignoter que ça veut dire que je vais vider la nourriture en une semaine non plus, enfin je crois ?

Je suis lieutenante, mais je n'ai aucun ordre à donner en réalité, ils sont suffisamment entraîner pour ne pas avoir besoin de moi, en fait s'il y avait un autre membre de la marine disponible avec mon grade il aurait certainement eu le commandement. Je ne suis ici, car, il n'y avait pas mieux, plutôt que de débaucher un navire aussi longtemps et loin. Mais ce n'est pas grave, je vais un peu mieux quand je vois le tonneau à moitié plein, que j'imagine un meilleur lendemain et que j'y crois fermement.

Je ne peux même pas errer, restant assisse au milieu du pont à attendre toujours avec des gestes calculés pour ne pas causer de dégâts. Ainsi quand finalement on débarque au Réseau Mariejoan, je ne suis pas encore à bout, mais je n'en suis pas loin. J'attends qu'on m'assigne un coin pour placer mes affaires et sans trop réussir à me contrôler m'y allonge aussi avant de commencer à dormir, profitant de la terre ferme. Quand je me réveille, je suis dans un lit, j'imagine que je ne suis pas la première ni la seule géante à passer par ce haut lieu du gouvernement mondial et de la marine. G-0, je n'y suis jamais allé, je me demande si j'aurai le temps de l'explorer ? Je sors d'un lit qui est grand, même pour moi... Je discute un petit quart d'heure avec la paire de géants qui m'ont ramené dans nos quartiers. Sympathiques, bons enfant et assez bruyants quand même. Mais pour une fois que je n'ai pas l'impression d'être étrange pour quelqu'un... Cela ne les empêche pas de me tapoter le haut du crâne comme on le fait à une enfant, mais je ne vais pas prendre la mouche pour si peu. Je leur offre même mon dernier tonneau a notre pour les remercier, ils en profiteront quand ils ne seront pas en service, même si j'ai l'impression qu'ils auront du mal à attendre jusque-là.

C'est ainsi que la petite géante que je suis va reprendre sa vie en attendant sa future affectation. Il ne se passera pas grand-chose de particulier, enfin jusqu'au jour où. Je peux voir un petit attroupement, je m'approche toujours en faisant attention de ne rien bousculer. Deux femmes, une aux cheveux blancs et l'autre blonde face à un groupe d'homme don au centre un homme-poisson. Je ne sais pas trop ce qui se passe, mais si ça continue cela pourrait tourner à l'affrontement alors je fais ce qui me semble le plus logique avant que cela ne dégénère. Je place ma main entre eux, le choc de celle-ci contre le sol les fait sursauter à cause du tremblement de celui-ci. D'une voix douce et manquant clairement de confiance en moi j'essaye de les raisonner.

"Je ne sais pas ce qui se passe, mais je suis sûre que ce n'est rien qui ne puisse se résoudre pacifiquement, entre personnes de bonnes volontés."

Je ne sais pas si c'est la barrière physique que j'ai imposée entre les parties ou mon arrivée, mais ça a eu au moins le mérite de calmer quelques ardeurs. Il ne faut parfois pas grand-chose pour éviter une rixe inutile. Mais pour m'assurer que cela ne retourne pas dans ce genre d'absurdité, je prends avec leurs accords dans ma main les deux demoiselles et les places sur mon épaule. Loin des yeux, loin des yeux comme le disait papa. C'est ainsi que j'ai fait connaissance avec Soie dont je ne connais toujours pas le son de la voix et Velours qui a parlé pour deux, non, même pour nous trois en fait si ce n'est plus. N'osant pas lui dire que j'ai du mal à suivre son flot de questions, j'essayais d'y répondre autant que faire se peut... Avant de me rendre compte que j'avais une passagère clandestine sur l'autre épaule... Une femme, brune aux yeux noisette je crois, mais je ne saurais l'affirmer. Elle me met une petite tape amicale sur l'épaule peut-être pour me féliciter, mais le plus incroyable est que je l'ai ressentie comme si elle était aussi grande que moi, certainement plus. Elle est forte, j'en suis certaine, très forte, plus que je ne l'ai jamais été et peut-être même plus que je ne le serais jamais.

Elle nous informe d'un ton que je trouve agréable, oui j'aime sa voix... Enfin oui, on est convoqués par notre officière pour notre nouvelle affectation. On en profite pour récupérer nos affaires et j'amène tout ce beau monde au point de rendez-vous. Une fois arrivés, je pose doucement nos affaires puis les fais descendre avant de me mettre moi-même au garde-à-vous, avec un peu de retard ,ainsi il fallait bien ça pour ne pas créer de problème. Inutile de préciser que mes outils de travail du bois et surtout mon matériel de création d'alcools ainsi que ma petite pile de tonneaux de trois bons mètres chacun avec divers noms d'alcools plus ou moins finement gravés sur une plaque par-dessus sont loin d'êtres discrets.
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- Soie ?

- Présente.

- Velours ?

- Oui, c'est moi !

- Mmh.. Betty ?

- C'est moi... rumine la jeune femme concernée.

Une rangée de cinq. Droites, fières. Descendues de leur étrange moyen de transport. De leur géante, alignée comme les autres, plus à droite. Beaucoup plus à droite. Pendant que la Commandante fait l'appel, j'observe tour à tour les bonnes femmes en espérant dénicher l'agente secrète. Autant tenter de débusquer une aiguille dans une botte de foin. La première, Soie, semble aussi accueillante qu'une porte de prison. Ca pourrait parfaitement coller au profil d'un espion, ça. Sauf que sa soeur, Velours, semble être une vraie pipelette. Une couverture parfaite ? Se faire passer pour un innocent, une vieille combine qui marche à tous les coups. Puis au moment où je m'attarde sur la dénommée Betty, voilà que l'une des nouvelles fait irruption. Un gonzesse avec une expression d'autosuffisance sur le visage. Plus que ça, une lèche-cul. Qui pourra même se targuer d'être la reine des crevardes à bord.

- Oh, Lieutenante-Colonelle Holmes, j'ai tellement entendu parler de vous. C'est vrai ce que vous avez fait à Strong World ? Et Lone Down ? Vous avez ramené un pays perdu dans le giron du Gouvernement Mondial ! C'est dingue, vous êtes vraiment une personnalité hors du commun. Un modèle pour moi, si je peux me permettre.

Pas sûre de comment réagir, je reste hébétée. En même temps, la jeune femme a brisé les rangs pour venir me cirer les pompes avec ses flagorneries, donc j'imagine que je suis censée lui rappeler le respect qu'elle me doit. Mais peur de faire un faux pas, de me trahir. C'est la Commandante qui vient une fois de plus me sauver les miches.

- Personne ne vous a autorisé à rompre les rangs, recrue. Votre nom ?

- Je... euh... Fosters, Caporale Jenny Fosters ma Commandante.

- Fosters, vous serez de corvée de nettoyage pendant une semaine à compter d'aujourd'hui. Cela vous apprendra à rester à votre place.

Voilà, c'est ça que j'aurais dû dire. Ça m'apprendra à moi aussi. La prochaine fois je me ferai plus violence. Bon, cette quatrième là n'est pas l'agente du CP4, c'est sûr. Elle doit être plus maligne... Et quelle meilleure couverture pour passer "inaperçu"... qu'une géante ? La dernière à venir, une grande fille. D'au moins dix mètres. Elle a transporté ses petites camarades jusqu'ici, mais affiche un sourire niais sur le visage. Une sacrée bonne femme comme j'en ai jamais vu de telle. Malgré tous mes voyages, c'est la première géante que je croise.

- Et toi je parie que tu es Ai Konsho. Une Lieutenante tiens.

- Lieutenante ? Ça va taper plus haut dans les grades, d'un coup. Tu peux vérifier si c'est normal ?

- Je ne sais pas trop. Elle n'était pas sur ma liste il y a une semaine, ce n'est que la veille de notre départ qu'elle y a été ajoutée.

- Soit, un cas délicat à traiter. C'est pas dérangeant, on saura s'adapter à sa taille.

Ouais, désolé cocotte. On parle un peu comme si tu n'étais pas là, mais tu n'as pas réellement voix au chapitre pour le moment. Notre discussion fait acte de commandement, on ne veut pas non plus se retrouver avec toute une panoplie de Lieutenantes à bord. C'est pas l'intérêt. Des caporales, oui. Des sergentes à la limite. Mais Lieutenantes, ça va taper haut. Bon, j'espère au moins qu'elle saura se rendre utile, car Kold fait déjà pas mal de choses. Aider la Commandante dans la navigation et soigner sont ses deux tâches principales. Qu'elle accomplit avec merveille. Néanmoins à chaque fois que je la vois avec ses couches de vêtements, j'ai des bouffées de chaleur. Et quand je zieute la géante, je me sens ridiculement petite.

Bref, le comptage est fini. Et je ne sais toujours pas qui est mon contact. Je suppose que je le découvrirai à bord. Ça peut être Soie, comme Velours ou bien la géante. Et puis il y a l'autre, j'ai déjà oublié son nom. La plus normale je suppose, une simple Seconde Classe sans grand intérêt. Un agent prendrait plutôt la couverture d'un sous-officier. Ça reste passe-partout tout en conservant une pointe d'autorité. Vaut mieux ça que ramasser la merde des autres. Enfin, dans ma logique, c'est ce que moi je ferais. D'ailleurs j'ai commencé Lieutenante.

- Allez, on bouge. J'ai pas que ça à faire que de poireauter ici. On a une flotte à rejoindre.

Rapidement, nous voilà amenées à quitter la base et marcher dans les rues de la ville souterraine. Bon, tout se passe bien, se ce ne sont les regards inquiets des habitants qui ne peuvent s'empêcher de zieuter maladivement la géante. Celle-ci s'en tire bien. Elle arrive à n'écraser personne et se meut sans casser quoi que ce soit. Elle a un air gentil sur le visage. Une potentielle arme de destruction massive qui ne ferait pas de mal à une mouche, à priori. J'espère me tromper.

- Du coup, destination Astérion, c'est ça ? demandé-je pour percer le silence de notre traversée.

- C'est l'idée. On a bien un Eternal Pose, mais il pointe pas dans la direction des Pythons Rocheux. A Asterion, ils en ont un qui permet de se rendre directement sur l'île, apparemment.

Je découvre un air sévère à la Commandante pour la première fois. Depuis qu'elle a remis Fosters en place, celle-ci garde les sourcils froncés. Un moyen de rester concentrer et ne pas partir en couille ? Je n'ose pas vraiment le lui demander. Après tout, on ne peut pas être motivé ou démotivé tout le temps.

- Le bateau est en vue.

Ouais et d'ici je peux voir les visages de la Lieutenante et de la Sergente-Cheffe se décomposer, sur le gaillard avant. Même l'aveugle tire la gueule, malgré le fait qu'elle ne voie rien. Rapidement, c'est toute une partie de l'équipage qui vient admirer le paysage avec cette même expression faciale. Tableau comique, mais le problème est réel. Nous arrivons donc à proximité des quais, jusqu'à finalement emprunter le ponton qui relie le Clipper. Et toujours pas de solution en vue. Cette fois-ci, je stoppe mes chuchotis avec la Commandante pour m'adresser directement à l'intéressée.

- Eh, toi là-haut. Une idée de comment on va bien pouvoir te trimballer en mer ? Je suis pas persuadée que le navire puisse te supporter, sans vouloir t'offenser.

Pas forcément une question de poids, plutôt de taille. Aussi.
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Tient c'est drôle, c'est la première fois que je vois autant de femmes de la marine réunie. Si le pourcentage de femme à bord est haut alors ça sera plus agréable que je l'imaginais de base et alors que je pense à cela je rougis un peu. Puis je me ressaisis immédiatement en entendant l'appel, de toute manière je suis toujours au garde-à-vous puisque je n'ai pas entendu le repos traditionnel et réglementaire. La Lieutenant-Colonel semble manquer d'autorité ou de motivation, mais je n'ose rien dire, elle est notre supérieur et je la respecte comme il se doit, tout comme je respecte tous les membres de la marine, peu importe son grade, même la pipelette qui vient de rompre les rangs pour déballer des choses plus ou moins intéressantes et qui vient de se faire réprimander pour cela. J'espère ne pas faire de bêtise qui mérite ce genre de chose, même si je suis sûre que ça va arriver quand même.

Mais Foster aura eu le mérite de m'apprendre que notre supérieur est plus extraordinaire que je pouvais l'imaginer, même si elle l'a faite de la mauvaise manière. Alors que la seconde, enfin je pense que c'est le cas m'appelle je réponds par l'affirmative en hochant la tête avec un léger sourire. C'est sans m'offusquer que je les laisse délibérer sans tenir compte de ma présence, ce n'est pas comme si j'étais habituée depuis le temps. Quand on fait douze mètres de haut, on finit par plus être un bibelot gênant qu'une personne dans l'esprit des gens et le problème, c'est qu'ils n'ont pas forcement tord.

Finalement on bouge, il va bien falloir qu’on atteigne notre navire, j'espère qu'il sera grand, très grand, que je puisse enfin me mouvoir un peu plus librement que... Bon, c'était trop optimiste évidemment, ce n'est pas grave, les traversés ne sont pas aussi longue, surtout sur un navire de ce type tailler pour la vitesse... Oui j'essaye de m'auto-persuader que cela ne sera pas aussi horrible que ça va l'être, mais le pire c'est qu'a force ça fonctionne très bien. Bon au moins j'ai l'habitude de devoir me mettre en tenue de plonger et installer les harnais, même si ressembler à une baleine échouée et loin d'être le plus plaisant, au moins il ne semble y avoir que des femmes à bord.

"Je m'en occupe Lieutenant-Colonel."

Sans faire la moue, on peut facilement sentir dans ma voix un certain regret, mais cela ne m'empêche pas de me reprendre et de retourner à un sourire niais et timide. Je pose mes affaires près du navire, puis prends une caisse et vais me changer dans un hangar après avoir gentiment demandé aux quelques présents de bien vouloir me laisser un instant seul. Pour revenir avec une tenue que certain trouve criarde ou moche, mais moi je la trouve mignonne. Celle-ci donc et des sangles à ma taille. Pour quoi faire ? Et bien c'est simple, tout d'abord je m'approche de notre embarcation et je retire tout matériel fragile entre deux mâts au centre, ensuite j'en profite pour monter toute la cargaison, mettant puis attachant mes armes de part et d'autre du pont pour équilibrer la masse comme on me la appris. Une fois le tout monté, mes affaires comprises pour gagner du temps... Avec un geste assez lent, je viens mettre doucement un pied sur celui-ci sous le regard divers de mes futurs camarades, avant de me servir de cet appui pour me soulever avec lenteur et une fausse grâce apparente, sans jamais au grand jamais toucher ou m'appuyer au mât pour ne pas le briser. Une fois enfin dessus, je passe tour à tour avec des mouvements lents pour ne pas chavirer, de debout, à agenouillé, assise et enfin allonger. Le tout avant de m'accrocher au pont avec les sangles comme on le ferait avec une orque attrapée dans des filets, mais au moins je ne tomberai pas à l'eau comme ça, cela m'interdit aussi de bouger plus que mes bras.

Le tout avant de me tourner, enfin non, de tourner la tête vers mes supérieurs et de lever un bras pour montrer un pouce relevé, enfin autant que je peux sans trop faire tanguer tout l'édifice. Sur le port certain ne font mine de rien, mais une partie des gens se sont mis à rire en douce ou non et certains me pointent même du doigt comme un animal de cirque. Ce n'est pas courant d'avoir une géante dans un appareillage classique et cela ne change pas le côté comique du fait de voir un être si grand et impressionnant se saucissonner avec des sangles comme un vulgaire paquetage ou la prise du jour. Cette traversée va être lon... Courte ! Très courte, je l'espère... Non j'en suis sûre ! Il faut être positif ! C'est comme quand on a froid, il faut se dire qu'on a chaud pour mieux le supporter.

"Cargaison sanglée Lieutenant-Colonel."

Ouais, on nous apprend à nous appeler cargaison, dans la marine et son racisme ambiant on n'est même pas des êtres à leurs yeux. Évidemment, tous ne le font pas et généralement ils n'insistent pas trop surtout quand un géant de quinze mètres de haut commence à vraiment s'énerver. Mais moi je suis gentille, calme et disciplinée alors pourquoi s'en priver ? Heureusement que je suis allée aux toilettes avant et que j'ai appris à force à me retenir plus longtemps que la moyenne... Enfin soit, je mets mes bras le long de mon corps et attends, c'est tout ce que je peux faire. Si pour certains, prendre la mer est synonyme de liberté, dans mon cas c'est bien l'inverse, ce n'est que la succession de prison plus étroite les unes que les autres. Sans parler du fait que je transpire beaucoup et donc que ça gratte cette satanée tenue. Mais bon, contre mauvaise fortune bon cœur n'est-ce pas ? De toute manière, c'est le seul moyen que j'ai pour ne pas être une gêne pour les autres, alors ça ira et ça doit aller.

Alors que je suis prise de légers tremblements, entre l'appréhension de ce qui va arriver et une certaine frustration, je sens une chose sur ma joue. Je ne peux pas trop voir qui s'est, mais elle semble porter des vêtements avec de la fourrure ou quelque chose de chaud, il me semble.

"Je peux ?"
"Oui."

Je la laisse faire et elle vient prendre ma température. C'est vrai que je commence à suer fort dans cet accoutrement, mais non ce n'est pas de la fièvre. Rapidement, j'ai chaud, très chaud. Si vous vous demandez le pourquoi de toute ça ? Simplement pour la raison que j'ai évoquée, me faire suer, mes supérieurs ont estimé que je devais perdre du poids donc entre ça et un rationnement, j'ai le droit à la totale, comme si j'étais grosse ! Le tout sous le couvert de vouloir m'empêcher de tomber malade si je devait tomber à l'eau... Bande de mufles ! Elle en profite pour s'installer et me poser des questions sur ma santé. Ah, je l'avais oublié celle-là, c'est vrai qu'entre mes rondeurs et la chaleur que je dégage je peux aussi servir de canapé chauffant. Enfin au moins ça me donne un semblant d'utilité.
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La cabine du capitaine. Rangée, remise à neuf, une surprise pour la Commandante qui ne peut s'empêcher de darder un œil curieux sur les surfaces proprement époussetées. Les bras croisés sur ma poitrine, je me tiens derrière le bureau, l'air mécontente. Et pour cause.

- Je ne pense pas pouvoir cautionner cela.

- Quoi donc, Lieutenante-Colonelle ?

- J'crois qu'elle parle d'la géante, Commandante Vasilieva.

- Qu'est-ce qu'il y a avec la géante ?

Subjuguée à l'idée de prendre la mer, la jeune femme semblait avoir totalement zappé la dure épreuve par laquelle nous venions de passer. Trois heures que nous sommes parties, toujours pas sorties du réseau Marijoan, et on a un bestiau de douze mètres de haut saucissonné sur le pont du navire.

- Il y a que l'on est pas des chasseurs de baleines. Et qu'il s'agit d'un être humain !

- Enfin, pas exactement... intervient la Lieutenante.

- Humanöide. corrigé-je.

L'officière n'a pas l'air de comprendre ce qui me tourmente. En vérité, elle semble même confuse. A défaut de savoir quoi dire, elle essaye de me rassurer. Ou de se rassurer elle-même.

- Ce n'est pas comme si on avait le choix, sans vouloir vous offenser.

- Non, je suis au courant. Néanmoins on ne va pas pouvoir continuer longtemps comme cela. Il faudra trouver une solution une fois arrivées à Asterion. Il doit bien y avoir des embarcations spécifiques, non ? Comment fait la division géante ?

- Elle a un navire gigantesque, j'crois.

- Et bien voilà. On aura qu'à lui construire une barque gigantesque ! Et on la remorquera ou quelque chose du genre.

Silencieuses, les deux femmes affichent chacune un visage abscons. Il n'y a pas vraiment d'idée permettant de sortir la géante de sa condition d'animal ou de monstre de foire. En soit, c'est ce que sont les géants, comme les hommes-poissons, aux yeux du monde entier. Et à cet effet, je me rappelle la façon avec laquelle Craig Kamina avait été traité par ce foutu village de Drum. Des menteurs, tous. Soit, de toute façon il est grand temps d'aborder un sujet autrement plus important : la navigation. Pour cela, retour sur le pont pour pouvoir nous repérer. Je ne vais pas contenir la Commandante à l'intérieur plus longtemps, étant donné que c'est notre navigatrice. La moindre erreur, le moindre faux-pas, pourrait être impardonnable.

C'est la Sergente-Cheffe qui tient la barre depuis une bonne vingtaine de minutes. Au sortir de la cabine, nous remarquons l'absence de parois caverneuses. Un phénomène appréciable. Avec un petit vent frais qui vient rafraichir le temps ensoleillé et incroyablement chaud. Cette découverte semble d'ailleurs profondément troubler la Commandante.

- Mais... On n'aurait pas dû quitter le Réseau avant au moins une heure ! Qu'est-ce que...

- Haha, z'êtes surprises par mes talents d'navigatrice. J'vous ai dit : j'peux tout faire. ricane la cuisinière, les cheveux roux flottant au vent.

Perplexe, Vasilieva se rue en direction de l'Eternal Pose, incrusté dans un emplacement cylindrique creusé sur la balustrade encadrant le gouvernail. Assez rapidement, tandis que ses yeux semblent déchiffrer le fonctionnement de la boussole, son visage devient blême. Puis rouge. Puis violet.

- Qu'est-ce qu'il se passe Commandante ?

- Il se passe que...

Sa voix s'interrompt avant de finir sa phrase. Éteinte, bloquée au fond de sa gorge. Seul sort un étrange gargouillis gênant. C'est finalement un coup d’œil de la Lieutenante qui vient décréter l'état d'alerte.

- Bon sang d'merde ! La Cook a chié dans la colle ! On fait fausse route !!

- Quoi ?! Mais j'ai gardé l'cap vers là où l'aiguille elle pointe. Comment c'possible ?

- Bordel Cooper ! C'est pas la bonne aiguille ! Ça c'est celle qui indique le Nord, soit l'opposé de vers là où l'on va. Regardez, c'est celle-là la bonne aiguille.

A mon tour de changer de couleur. La Marine, ces incompétents. Je l'ai toujours dit et je le dirai toujours. Mais en vérité je ne peux m'en prendre qu'à moi-même : Cooper n'est pas navigatrice. Elle est cuisinière. Et encore. C'est moi qui ai retenu la Commandante, la seule capable d'utiliser un Log Pose ici. Donc c'est ma responsabilité, c'est ma faute. Quelle mauvaise Marine je fais, aussi incompétente voire même plus. Décidément, ce n'est pas un boulot pour moi. Désemparée, j'affiche mon désarroi avec une voix dépressive :

- Qu'est-ce qu'on fait maintenant ?

- A vous de nous le dire ! C'est vous qui donnez les ordres ! s'énerve la Commandante, plus qu'à fleur de nerfs.

- On peut toujours faire demi-tour, non ?!

- Moi, j'me casse avant qu'ça m'retombe sur l'coin d'la figure.

Vrai, on peut reprendre l'Eternal Pose qui indique le G-0 et revenir en arrière. Mais on passerait vachement pour une belle bande de branquignols. Pas quelque chose de bon pour ma couverture ça, ni pour ma mission. C'est pour mon efficacité et celle de cette bande de bras cassés que le Contre-Amiral Jonathan Nielson nous veut dans sa flotte. Et merde.

- Pas de retour en arrière ! On continue, peu importe. On finira bien par tomber sur une île à un moment, non ?

- On est sur Grand Line ! On peut rester coincées en mer pour l'éternité et crever de faim et de soif.

Brroomm !

Un bruit sourd et tonnant qui résonne. Un malheur provenant de l'horizon. A mieux y regarder, j'aperçois en même temps que la Commandante un épais nuage noir, garni de zébrures éclatantes, qui fonce droit sur nous. Un orage.

- Putain, pas le choix ! Faut éviter ça, allez on bouge, vite !

Si jamais on coule, je coule. J'aurai pas de deuxième chance. Et j'ai pas envie de rester bloquée ici. Mais au moins on peut voir le bon côté des choses.

On ne risque pas de crever de soif avec la pluie qui s'abat désormais sur nos tronches ahuries.

***

Trois jours que l'on navigue, sans rien voir sinon le ciel bleu. Et la mer bleue. Les pluies torrentielles se sont stoppées, laissant à la place un climat aride et sec régnant en maître sur le navire. Désespérées. On a bien assez d'eau et assez de nourriture pour normalement faire le trajet jusqu'à Asterion. Pas de souci avec ça. Mais l'absence de terre à l'horizon plombe le moral de l'équipage.

- Plus jamais je laisse une Cook naviguer mon navire.

Depuis le tragique événement, c'est la Commandante elle-même qui se charge de manœuvrer. Et par intermittences la Lieutenante Kold. Pour ma part, je reste sur la dunette à prendre le soleil. Je vois pas ce que je pourrais faire d'autre.

- Comment on fait avec les rations de la géante.

- On ne peut pas se permettre de lui donner plus que les autres.

- Voilà un autre problème qu'il faudra régler. Qu'elle ait ses propres rations sur son propre navire.

- En attendant, il faudrait que l'on accoste. Et pour accoster, il faut une île. Et là, il n'y en a pas, d'île.

- Ah bon ? Et c'est quoi ce petit truc, là-bas. fais-je tout en me redressant pour pointer du doigt un point fixe dans le paysage. Que seul moi peut voir, apparemment.

- Quel petit truc ?

Le Haki de l'Observation. J'aurais mieux fait de monter à la vigie, ça aurait été plus facile d'expliquer. Je me tais donc, en attendant que la personne à ce poste se charge de nous le signaler. La Caporale Fosters, d'ailleurs. Elle a pas intérêt à roupiller, ça serait con de la manquer. La seule île au large.

- Lieutenante-Colonelle, île à l'horizon ! finit par s'écrier celle-ci, du haut de son poste d'observation.

Ah enfin.

- Bon sang Holmes, vous aviez raison. Vers où ?

- Cap nord, nord-ouest ! A dix heures !

- J'y croyais plus. Par chance, le vent souffle fort. Dépliez les voiles ! On va stopper les hélices.

Comme elle a dit. Plus un loup de mer que moi. Je conserve ma position de touriste, allongée sur mon transat, en train de prendre un bain de soleil. Malgré tout, je l'avais dit. Et ça, ça lui en bouche un coin.

- Comment vous saviez pour l'île ?

- L'intuition. rétorqué-je tout en souriant niaisement.
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