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Réflexion

Arhye Frost
Arhye Frost

♦ Localisation : Terra
♦ Équipage : Non

Feuille de personnage
Dorikis: 5171
Popularité: -296
Intégrité: -238

Mer 30 Déc 2020 - 16:49

*Clic... Clic...*

- Putain, y a rien qui marche en ce moment !

    Je m'obstine à gratter la pierre de mon briquet, de sorte à allumer le bout de ma cigarette, mais rien n'y fait. Je suis condamné à me geler les miches sans pouvoir m'en griller une. Bien que techniquement, je ne ressens plus vraiment le froid. La nuit à Delta est pleine de lumières, mais aucune ne réchauffe l'atmosphère. Il faut dire que la saison n'aide en rien... Matt et moi profitons de ce moment, comme chaque soir, pour faire le point. Mon compagnon d'infortune est avachi contre la rambarde de notre balcon, la tête dans les mains et fixant aléatoirement les éclairages de maisons et les nuages passant devant la lune. Il se met à soupirer :

- Qu'est-ce qu'on fiche encore ?
- On attend.
- Et quoi ?
- Que Mountbatten nous mette au parfum.

    Le blond ne répond rien, se contentant de renifler bruyamment. Je me doute bien que ce n'est pas l'envie qui manque, mais le non-dit a plus de sens parfois. Je le comprends : cela fait un moment déjà que l'ex-marine nous a dit d'attendre de ses nouvelles. Depuis, les choses ont pas mal bougé sur Terra. Le Gouvernement est reparti la queue entre les jambes, les tensions ont augmenté, des rumeurs courent ça et là... Pas besoin d'être devin pour savoir que quelque chose sent mauvais dans cette histoire. Le pire étant que je sais à peu près de quoi il retourne, grâce aux informations laissées par Alexander. Si les Empereurs rentrent dans la partie, on peut espérer une sacrée pagaille, en restant poli.
    Tandis que nous, on participe à l'effort de guerre en fabriquant des munitions. La paie est quelconque, mais l'expérience a du bon : j'apprends à être minutieux. Matt, avec ses doigts de fée, s'en sort à merveille. Ses compétences de voleur lui octroient une dextérité remarquable. Il n'y a eu aucune erreur de confection de sa part et cela a nettement profité au travail à la chaîne.
    Mais je m'égare.

- T'as raison, c'est long.
- Alors qu'est-ce qu'on attend ? Si ça continue comme ça, on va se retrouver pris entre deux feux.
- Comme si c'était nouveau...
- Personnellement, j'en ai ma claque.
- Tu proposes quoi alors ?
- Qu'on se tire d'ici.
- ... T'as conscience que Mount nous a aidé tous les deux.
- Oui. Et j'en suis reconnaissant ! Sinon je ne me décarcasserai pas dans cette usine. J'ai même plus la tête à dérober quoi que ce soit !
- Ta kleptomanie est en train de guérir, c'est super !
- C'est affreux oui !

    Malgré l'ironie du moment, Matt est on ne peut plus sérieux. Il faut dire qu'on a pas cessé de se faire balloter dans tous les sens depuis quelques temps. On a même failli y laisser notre peau. Là, on se retrouve à nouveau pris dans les rouages d'une machination qui nous dépasse et dont on ne parvient pas à devenir acteurs. Sans parler du chat que j'ai croisé... Je n'arrive pas à me le sortir de la tête. Il n'agissait pas comme un chat. Enfin si, mais différemment. J'ai l'impression qu'il portait de l'intérêt à ce qui l'entourait... Ce qui ne convient à aucun chat que j'ai pu croiser. Et quand Mountbatten a parlé du Gouvernement, je n'ai pu m'empêcher de penser "Cipher Pol". Si les autorités mondiales préparent quelque chose, leurs agents seront forcément de la partie.
    Finalement, mon briquet laisse échapper une faible étincelle, tout juste suffisante pour faire briller ma cigarette, je me dépêche donc de tirer une latte avant qu'elle ne perde sa vigueur et réduise mes efforts à néant. Attisées, les braises s'illuminent davantage. Au moins une victoire d'obtenue.

- On démissionne demain.
- ... Et après ?
- On verra.
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Arhye Frost
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Lun 4 Jan 2021 - 19:30

Nous avons fait nos adieux au contremaître et aux ouvriers de la manufacture dès le matin. Avec toutes nos affaires - du moins celles qui ont survécu à nos péripéties - nous tachons maintenant de quitter la ville. L'air est toujours aussi frais. Peu de personnes s'aventurent au dehors, à part les travailleurs. L'humidité fait remonter les odeurs urbaines, bonnes comme mauvaises... Mais l'ensemble n'est pas déplaisant pour autant : c'est l'odeur d'un endroit qui vit encore, chose réconfortante quand on sait ce qu'il se prépare.

- La gare est là.

   Matt m'indique l'endroit. C'est un grand bâtiment, long d'au moins trente mètres. Et il n'est pas le seul, puisque tout un réseau ferroviaire permet de se déplacer de Delta aux autres zones habitées de l'île. Le train dans lequel nous comptions monter nous rapprochera du port. Là-bas, nous aurons tout loisir de troquer notre savoir-faire contre un voyage en des eaux plus clémentes. A moins que je ne change d'avis à la dernière seconde.
    J'en ai marre de réfléchir, de chercher des informations, de jouer "celui qui écoute". Il est grand temps passer à l'offensive. Malheureusement, je n'ai toujours pas de cible concrète, puisque la dernière en date provient de Mountbatten et de ses alliés. Je sais au moins une chose : tout se déroulera à Enies Lobby.

    La locomotive arrive dans un nuage de fumée noire, les roues crissant sur les rails et la machinerie expirant toute la fatigue du voyage d'un seul coup. Je suis le premier à rentrer dans le wagon, suivi de mon ami et de quelques civils lambdas. J'avance vers le milieu du couloir, prends place côté fenêtre et tourne la tête vers l'extérieur. Bientôt, le sifflet d'un contrôleur retentit et nous partons. Sans jeter un regard vers Matt, je lui demande :

- Nos places sont assurées ?
- J'ai déniché deux billets tout à l'heure.
- Parfait. Au moins un souci qu'on ne devra pas gérer par la suite.

    Je me demande ce que fait Mountbatten, là tout de suite. Je l'imagine face à une cohorte de cadets, dans leurs beaux costumes militaires, en train de donner sa leçon. Bizarrement, le rôle de professeur lui va bien. Je songe à ce qu'il m'a dit lorsque nous sommes partis ensembles pour Terra. Je pense à sa famille, puis à la mienne...
    Faites que mes parents aillent bien.

- T'entends ça ?

    Je sors de mes rêveries et tends l'oreille.
    Un musicien est en train de jouer un air de guitare non loin. Déjà, le premier passager râleur se fait reconnaître en lui demandant poliment de "se carrer le manche de son instrument dans la porte arrière avant qu'il ne s'en charge lui-même". Ce à quoi un bon entendeur réplique qu'il peut garder ses images obscènes pour lui... C'est dommage, l'air n'est pas mauvais du tout. Doux, apaisant, à peine rythmé, pas triste pour autant. Je regrette l'absence de paroles. Et voilà qu'une dispute risque d'éclater et nous empêcher à tous de profiter de ce petit moment de partage.

- Allons bon...

    Déjà lassé, je me lève.
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Jeu 14 Jan 2021 - 19:37

- Hé.

    Je tapote l'épaule du critique toxique, lequel s'empourpre face au bon entendeur. L'homme se retourne, la veine de son front rougi palpitant presque. Sa moustache épaisse cachant la lèvre supérieure et ses dents serrés lui donnent l'air d'un morse en colère ; les plis de son menton et le gras de sa peau accentuent encore l'image. Ayant obtenu toute son attention, je lui dis avant qu'il ne s'offusque :

- Le trajet n'est pas bien long, personne d'autre n'a l'air importuné par ce musicien, alors pourriez-vous attendre sagement comme tout le monde, assis confortablement à votre place, s'il vous plaît ?
- Non mais de quoi je me mêle ! Vous savez ce que c'est, la liberté ? Les droits de l'homme ?
- Pas vraiment mais vous allez me le dire...
- "Notre liberté s'arrête là où commence celle des autres" !
- Pas sûr que ce soit l'expression exacte.
- Alors je suis dans mon droit de demander à ce que le trajet se passe dans le SILENCE !
- Ça ne vous empêche pas de rester poli.
- Je vous emmerde !
- ... Dois-je en conclure que votre liberté chérie est plus importante que la majorité ? Vous avez un cousin Dragon Céleste ?
- Ecoutez... Je suis juste fatigué de ma journée. Je suis chef de chantier, je supervise tout un tas d'ouvriers. J'estime avoir le droit de demander la paix après avoir travaillé dur !
- D'abord, nous ne sommes même pas en début d'après-midi. Ensuite, j'imagine que vous n'êtes pas un cas à part dans ce wagon. Enfin : vos simagrées dérangent plus de monde que son air de tout à l'heure. Vous pourrez vous reposez une fois chez v...

    En pointant du doigt le joueur de guitare, que je vois pour la première fois, je m'interromps. Il est brun, élancé et a le regard aussi doux que sa musique. Seulement un détail ne manque pas de me marquer. Un détail qui a toute son importance et qui, j'imagine, explique pourquoi il n'a pas chanté. Toute sa mâchoire inférieure n'est en réalité qu'une prothèse. Pas le genre trop complexe, ni même sophistiqué... On ne dirait même pas du métal. Autrement dit, rien à voir avec le travail de la Brigade Scientifique du Gouvernement. J'imagine qu'il s'est fait "refaire le portrait" par un artisan local, au même titre que ces vieux loups de mer avec leur cane en bois à la place de la jambe. Mais aussi simpliste que soit l'attirail, il n'empêche que ça contraste énormément avec le bonhomme.
    Monsieur le Morse devient plus rouge encore. Ses doigts boudinés tremblent tant ils sont crispés :

- Non mais... Non mais pour qui vous vous prenez ?! La milice ? Je n'ai pas de compte à vous rendre ! S'il y a bien quelqu'un d'exaspérant ici, c'est vous ! Depuis quand les gamins donnent des leçons aux adultes ? Hein ?! Si je trouve vos parents, je vous jure que...

    Il ne finit pas sa phrase, il n'en a pas le temps. Je pense avoir été particulièrement patient avec cet imbécile... Seulement il a dit le mot qu'il ne fallait pas. Une fois la formule magique prononcée, impossible de faire marche arrière : j'agrippe son visage d'une main et le plaque contre le dossier de son siège, le forçant à s'asseoir, non sans mettre à rude épreuve le support. Je commence à faire baisser la température de ma main, gelant doucement sa bouche et faisant blanchir sa moustache. Ne comprenant pas ce qu'il lui arrive, le râleur en surpoids est tétanisé, les yeux exorbités. Matt s'empresse de m'attraper par le col pour me tirer en arrière. Je résiste, mais finis par reculer, furieux.
    En regardant autour de moi, je constate que tout le monde nous observe à tour de rôle, le gros moustachu et moi, avec un mélange d'incompréhension et de frayeur. Le musicien est bouche bée - du moins autant que son handicap le permet - et son instrument pend au bout de son bras, manquant de lui échapper.
    Je respire fort et vite, j'ai le coeur qui bat fort. Mais la situation m'oblige à me calmer, alors je tente de me maîtriser. Le seul bruit que l'on entend pendant les secondes interminables de cette scène est celui des roues du train sur les rails. C'est mon ami qui réagit le premier :

- Euh... Que tout le monde retourne à sa place ! Pas de panique ! Je m'occupe de mon camarade... Allez viens t'asseoir !
- ... Mes excuses.

    Je marmonne. Peu de personnes ont dû m'entendre. Mais au moins c'est dit. Je retourne sagement à ma place, la tête baissée histoire de ne pas provoquer davantage de problèmes. J'ose tout de même loucher en direction du brun et sa guitare... Il me regarde toujours. Etrangement, la surprise lui est passée et il ne semble pas me craindre. On dirait plutôt qu'il m'inspecte, avec un intérêt tout particulier....

- Encore un peu et tu nous mettais dans la merde ! On ne doit pas faire de vagues avant d'être enfin partis !
- Je sais bien. Mais il l'a cherché.
- ... Ouais. Il l'a cherché. Mais maintenant, plus de bêtise.

    J'acquiesce. Le voleur compatit en me posant une main sur l'épaule et passe à autre chose, conscient que je vais à nouveau m'enfermer dans ma bulle. Il a fallu que cet idiot parle de mes parents au mauvais moment. Pas de chance. Si Matt n'avait pas été là, je ne sais pas où je me serai arrêté. J'avais sincèrement envie de le punir. Je désirais le voir souffrir... Dans ma tête, il était déjà mort. Et je sais que ça ne me ressemble pas.
     Heureusement, cet incident aura permis au temps de filer suffisamment pour qu'on entende siffler la locomotive, annonçant le terminus.
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Hier à 16:57

Nous entrons dans le port. Là, les gens s'agitent plus que d'accoutumée. On parle des troubles à l'intérieur des terres, du départ des hommes du Gouvernement et de révolutionnaires moins discrets que d'habitude. Tout le monde regarde son voisin avec un oeil suspicieux. Vu le nombre de marins dans les parages, sans parler des navires, j'imagine déjà les destinations possibles. Mais il se trouve que j'ai déjà une petite idée sur l'endroit où me rendre...
    Je demande à Matt de partir de son côté, histoire que nous couvrions plus de terrain : le but est de trouver un bateau susceptible de nous ramener sur Grandline. Une fois fait, je me dirige vers la zone d'opérations portuaires, là où de nombreux hommes d'équipage déchargent leur cargaison, sous l'oeil avisé des marchands et entrepreneurs étrangers qui les dirigent.

- S'il vous plait !

   Je hèle un type à l'air autoritaire, vêtu richement et bien en vue sur une estrade en bois. Il me repère et me fait un signe de tête, montrant qu'il daigne converser :

- Je suis à la recherche d'un bateau en direction de Grandline, si possible proche de...

    Je n'ai pas le temps de finir ma phrase que le commerçant soupire bruyamment, visiblement déçu :

- Je transporte des marchandises, pas des touristes ! Pour ça, il y a des transports plus adaptés ! Quelle perte de temps...

    J'essuie encore une dizaine de refus après ça. L'heure est maintenant bien avancée, la nuit commence à tomber et l'activité baisse sur les quais. Je traîne un peu des pieds, lassé par cette absence de résultats. Je me dis que Matt aura eu plus de chances de son côté... Mais je ne le trouve nulle part. Nous avions pourtant décidé de nous rejoindre aux portes de l'auberge des Sels Marins, laquelle a pour particularité d'avoir quatre étages et un balcon monté sur pilotis, s'avançant de presque vingt mètres au dessus de l'eau. Malgré la grandeur des lieux, tout le monde vante ses prix plus qu'abordables.
     Je m'éloigne un peu des lieux, cherchant plus en direction des ruelles joignant le port. Je ne trouve rien dans la première, ni la deuxième... Mais dans la troisième, j'entends un bruit. Ça ressemble à un poids que l'on projette contre un mur :

- Alors ? Tu as décidé de nous suivre longtemps comme ça ?

    Je tombe alors sur mon ami, lequel plaque un individu contre la façade d'un bâtiment abandonné. Après une seconde, je constate qu'il s'agit du musicien du train. Celui-ci lève un bras en signe de reddition, l'autre tenant la sacoche de son instrument. Je le vois entrouvrir la bouche mais aucun mot n'en sort.

- Qu'avons-nous là ?
- Arhye ! J'ai senti qu'on nous suivait depuis la gare et j'ai fini par dénicher ce curieux.
- Je vois... J'imagine qu'il a ses raisons.
- C'est ce que je m'apprête à lui faire dire. Alors parle, toi !

    De nouveau, l'homme à la prothèse se contente de remuer sa mâchoire supérieure, ne produisant que des claquements de dents ou des bruits de bouche. Il me faut un temps pour saisir :

- Tu ne peux pas parler, c'est ça ?

    Ce à quoi il me répond d'un "non" de la tête, le visage grave. Nous nous regardons tous les deux avec le voleur et le musicien, sachant qu'il doit se faire comprendre, finit par sortir doucement de la poche intérieure de son manteau un calepin et un crayon. Il se met à griffonner quelques mots et nous tend le papier. Il y a écrit : "Je m'appelle Dale Fander. J'ai besoin de votre aide"...
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