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Le retour de baton

Robina : Bleu

Les gentils !

Tevall, Chef du village homme-poisson : Bleu foncé
Homme-poisson généralement : Bleu plus clair
Jeune Homme-poisson : Bleu clair
Homme-poisson guerrier : Bleu
Homme-poisson artisan : Bleu CP

Zigg, le médecin autochtone : Vert


Les méchants !

Vorzoth : Rouge foncé
Chef pisteur des Tikishes : Rouge profond
Cannibale suiveur : Rouge plus clair
Cannibale général : Rouge
Chaman : Violet


Dernière édition par Robina Erwolf le Jeu 20 Mai 2021 - 15:46, édité 1 fois
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Alors vous revoilà ? Vous êtes de nouveau ici pour suivre les aventures de notre malheureuse sur cet île pleine de cannibales ? Vous avez donc le cœur bien accroché. La réponse à votre question de la dernière fois ? Je ne vois pas de quoi vous voulez parler. Continuons donc plutôt notre histoire voulez-vous ! Faisons déjà un petit résumé de la première partie, pour ceux qui n’étaient pas attentifs au fond.

Robina, notre héroïne, s’était vu échouée sur l’îlot flottant, une île verdoyante composé d’une immense mangrove ainsi que d’humus et sédiment. Elle avait parcouru pendant plusieurs heures la forêt avant de se faire guider par un autochtone, qui ne voulait qu’une chose, la boulotter. Elle arriva ainsi au village, rencontrant le chef, le peuple et fut bien traiter avant qu’on ne la drogue. Elle réussira à s’enfuir en s’isolant et en coupant ses liens. C’en suivit une course effrénée où elle courra pour sa vie, poursuivit par le peuple cannibale. Elle sauvera ainsi Zigg en le croisant, prisonnier de deux aborigènes qui la guidera pour se retrouver en sécurité. Voilà, où en est notre histoire.

Les pas de la jeune Sanderrienne, s’enfonçaient sont la mangrove, un entrelac de racines aussi épaisses que des arbres abattus courraient sous la surface. La comparaison à une fourmilière grouillant de différents tunnels ne rougirait pas, sauf qu’ici, se trouvaient de véritables ponts naturels de bois. Plusieurs dizaines de minutes pour arriver à une sorte de plateforme, là, plusieurs planches de bois avaient été attachés avec des liens en fibre végétale pour construire une petite infrastructure pour se reposer.

Les jambes dans le vide, la femme aux cheveux bleus s’étala de tout son long, elle était dégoulinante de sueur, ayant couru pendant des heures, combattue et tenter de sauver sa vie, elle était à ses limites.

Vous aller bien madame ?

Bien ? Je ne sais pas, mais mieux ça, c’est sûr. Courir dans cette jungle m’a cassé. Je ne sais pas où nous sommes, qui vous êtes et qui sont les gens qui nous pourchassent.

Oh ! Moi être Zigg, médecin de l’île. Pour savoir plus, vous suivre moi, moi connaitre village où eux pas vouloir manger vous. Nous plus être très loin.

Mais nous sommes où exactement, vous pouvez au moins me le dire ça ?

Le petit médecin continuait son chemin déjà sur une racine plus étroite que celle qui les avait menés jusqu’à ce plateau.

Vous, gens de l’extérieur, appeler Îlot Flottant, nous ça être, Valkyr.

Il se retourna et continua son chemin, enjoignant la cuisinière à le suivre de grands mouvements. Soufflant un peu en regardant l’eau sous ses pieds à plusieurs dizaines de mètres en contrebas, elle se remit sur ses jambes et repartit en suivant son guide. Elle avait au moins eu les premières réponses à ses questions. L’îlot flottant, elle en avait entendu parler il y a de cela longtemps, une île perdue sur North blue, remplit de cannibales, de magiciens et de monstres féroces. Pour l’instant, mis à part les sorciers, elle avait tout vu.

Ils firent plusieurs haltes, l’énergie, qu’avait la chasseuse de primes, n’était pas complète et sa course l’avait exténué. Elle but ainsi plusieurs fois à l’une des gourdes des aborigènes qu’elle avait volé après les avoir vaincu. Zigg, concentré sur le chemin à parcourir, ne vit que bien trop tard ce qu’elle faisait.

Ça pas être bon pour vous. Être boisson pour grand chasseur Tikishes, vous voir les dieux si vous continuer de boire ça. Si vous continuer, vous devenir complètement flagada. Vous jeter ces nectars, vous pouvoir vous rafraichir à village plus bas encore.

Un village ? Sur ses gardes, la jeune femme était devenue paranoïaque, malgré le fait qu’elle devait sa vie à son bienfaiteur, en face d’elle. La boisson faisait continuer l’effet de la drogue dans son sens, étant un mélange d’alcool de fruits fermentés, avec un effet psychotrope léger, elle perdait ses repères.

Sentant l’affolement dans la voix de la naufragée, Zigg se retourna pour lui expliquer. Eux, être de bonnes personnes, comme vous. Eux apprendre à moi comment parler comme vous. Peuple vivre beaucoup dans l’eau et manger poisson, vous pas à avoir peur. Village aider vous pour partir de Valkyr et rentrer chez vous si eux pouvoir. Mais d’abord, vous devoir jeter ça, être pas bon vous ça. Il prit les gourdes et les jeta en contrebas. Vous suivre moi, plus être très loin de village, eux parler mieux que moi. Vous comprendre.

Il fallut plusieurs minutes encore de chemin sur des racines étroites ou épaisses pour atteindre les alentours du peuple se cachant des cannibales. Des habitants travaillant sur d’énormes racines creusées, avec de l’humus et du sable à l’intérieur. Des plateaux formant une riziculture s’étalaient à la vue de Robina. Elle fut émerveillée de voir ça. Elle n’aurait jamais pensé voir une civilisation vivant sous les racines des arbres à quelques mètres au-dessus de la mer. Plusieurs hommes et femmes travaillaient, le dos courbé, les mains calleuses, quand l’un d’entre eux vit que Zigg ainsi qu’une étrangère se dirigeaient vers leurs villages, ils firent de grands gestes pour leur souhaiter la bienvenue avant de se remettre au travail.

Ils croisèrent ainsi des habitants, certains armés ou non, mais aucun ne fut agressif. Des hommes-poissons, toute une société était installée à quelques mètres au-dessus de l’eau. La tête de notre Sanderrienne tournait de plus en plus, les effets de la boisson hallucinogène commençaient et elle se retrouva très vite sur les fesses. Entendant le bruit derrière lui, le médecin remit sur pied la cuisinière et la guida en la tenant par la main pour ne pas la perdre. Une petite foule commençait à s’amasser sur ce qui pouvait se qualifier de place du village. Un vieil homme-poisson sortit d’une racine creusée pour faire office de maison.

Eh bien Zigg, qui est cette femme et pourquoi est-elle avec toi ?

Ça être une étrangère qui avoir sauver moi de Vorzoth. Elle être la personne que le prophète attendre pour commencer sa folie.

Elle ne va pas bien, elle semble être malade.

Elle boire la boisson rituelle des chasseurs. Elle communiquer avec les dieux en ce moment. Devoir se reposer pour se purifier je conseiller.

Très bien, qu’on amène cette pauvre petite dans une maison libre, que l’on puisse la soigner et qu’elle puisse se reposer. Je discuterais avec elle quand elle aura recouvert ses esprits. En attendant mon petit Zigg, expliques moi tout.

Dans un moment de clarté, la chasseuse de primes fixa son regard dans ceux de l’homme-poissons baudroie. Malgré son apparence repoussante, elle lui fit un geste de la tête pour le remercier, n’arrivant pas à s’exprimer. Puis on la tira dans un brouillard où elle pouvait percevoir des paroles tout autour d’elle tandis qu’elle était harcelée de visions d’horreur. Les derniers événements se rejouant en continu dans son esprit. Elle se calma après s’être agitée pendant un long moment et perdit conscience.
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Elle revit, la tempête, les vagues qui s’écrasaient sur le bois du navire qui la transporte. Un flash puis le noir absolu où plongeait le corps de Robina la tête en bas comme sous l’eau. Elle ouvrit les yeux pour voir des scènes des deux derniers jours, le cannibale qui l’avait mené jusqu’au village, le chef lui souriant alors qu’elle tombait dans son piège, le rituel cruel et le sort funeste qu’avaient subis les compagnons d’infortune de la rêveuse. Des images terribles…

Elle s’agitait dans son sommeil, en sueur, elle délirait sous les effets de la boisson spiritueuse. Mais les cauchemars ne la laisseraient pas tranquilles malgré son agitation et ils continueraient tant qu’elle ne serait pas de nouveau debout. Et seul le temps allait purger le sang de cette substance. Des hommes-poissons, tritons et parfois sirènes prirent le relais pour s’occuper de la Sanderrienne délirante. Zigg passa prendre de ses nouvelles avant d’aller dormir, la nuit passa avant que la femme aux cheveux bleus n’ouvre les yeux.

Elle se réveilla, telle la belle au bois dormant alors que l’on veillait sur elle, une infirmière triton la regardait alors qu’elle ne comprenait pas où elle était, ce qu’elle faisait ici et surtout le plus important, pourquoi était-elle nue ? Voyant la fille en face d’elle s’agiter dans tous les sens, l’infirmière paniqua un peu, ça n’était pas son véritable travail et elle était dépassée.

Ne vous inquiétez pas ! Vous n’avez rien à craindre ! Je m’appelle Winry, vous êtes en sécurité ici ! Elle se retourna vers une de ses collègues à l’extérieur de la maison. La jeune femme est réveillée, faites prévenir Zigg et le chef du village.

Je suis où ? Pourquoi je suis nue ? Et qui est ce chef du village ? Rendez-moi mes vêtements ! Le regard apeuré, la cuisinière posait autant les questions pour avoir des réponses que pour se rassurer. Déjà la bonne nouvelle, elle n’était pas dans une marmite, elle n’était pas sur un poteau de torture chamanique cabalistique et elle ne faisait pas face à Vorzoth. Après cette crise d’hystérie passagère, elle se calma et se reprit pour observer les alentours.

Des fibres de palmiers tressées tenaient lieu, la plupart du temps, de tapis, de volets et de paniers. Elle ne savait pas où elle se trouvait encore et elle ne trouvait pas d’indices pour lui indiquer où elle pourrait être, mais au moins pas de visages ennemis, la femme qui lui avait fait face lors de son réveil s’était même présentée. Elle voulut s’excuser, pour avoir été aussi brusque avec la femme qu’elle ne connaissait même pas, mais elle avait déjà disparu. Elle réapparut quelques minutes plus tard avec des habits qu’elle reconnut, les siens.

Voilà, on les a lavés et parfumés, ils sont comme neuf. Je vais vous laisser vous habiller maintenant. Elle se retourna pour sortir de la pièce et laisser de l’intimité à Robina quand cette dernière l’interpella.

Merci, vous avez dû veiller sur moi pendant que j’étais en train de dormir, je suppose. Et moi, je n’ai fait que vous criez dessus. Je m’excuse pour ma réaction de tout à l’heure. Elle s’inclina légèrement, étant assise, et trop loin de son interlocutrice, elle ne pouvait pas lui serrer la main. À ces paroles, la triton sourit et se radoucit un peu, elle était nerveuse, elle aussi, cependant les paroles de la chasseuse de primes lui mirent un peu de baumes au cœur.

Ne vous inquiétez pas pour ça, voulez-vous ? Je vais vous laisser vous changer, vous semblez aller mieux, nous nous verrons dans la pièce à côté si vous avez assez de force. Sinon n’hésitez pas à m’appeler pour que je vienne vous aider.

La seconde de cuisine prit les vêtements laissés sur la table de chevet et se contorsionna pour mettre ses dessous, elle ne sortirait pas un centimètre carré de peau sans avoir au moins ses sous-vêtements. Plus à l’aise après ne plus être nue comme le jour de sa naissance, elle posa ses pieds sur le sol. Encore faible à cause des différentes drogues qui l’avaient abruti, elle tenait plus ou moins fermement sur ses appuis, mais elle réussit à se vêtir sans devoir appeler son infirmière. Prenant appui sur les murs, les différents meubles et basculant parfois d’appuis en appuis, elle se déplaça jusqu’à la pièce d’à côté.

Voyant la personne dont elle devait s’occuper se déplacer de la sorte, Winry prit la Sanderrienne sous le bras avant de l’aider à s’asseoir sur une chaise. Elle sourit à la naufragée.

Le chef de la tribu ainsi que Zigg veulent vous voir, vous pensez avoir la force de discuter ?

Oui, pas de soucis, j’ai juste du mal à marcher. Aucun souci pour parler.

Un petit sourire, la femme se sentit coupable de faire cela à l’alitée, mais le village devait lui donner des nouvelles, son agitation plus tôt, quand elle s’était réveillée, montrait bien qu’elle était perdue, elle prenait juste son mal en patience. Elle devait même avoir hâte d’avoir cette conversation avec l’homme-poisson lamproie. Ainsi, elle ouvrit la porte de la maison, taillée dans une immense racine de la mangrove, entre l’océan et la surface de l’îlot, pour laisser passer les deux arrivants.

Le chef de la ville de créatures marines rentra ainsi dans la petite salle à manger accompagné du médecin aux champignons Zigg. Le dirigeant était vieux, il allait atteindre son soixante-dix neuvièmes anniversaire cette année. Des rides camouflées par les pointes des lamproies, un regard chargé d’histoire ainsi qu’une canne étaient des signes de son grand âge. Il s’installa en face de la jeune femme avec à ses côtés le docteur autochtone.

Mademoiselle, je me présente, je suis Tevall, je suis le doyen et je suis responsable du village où vous vous trouvez. La jeune femme fit un signe de tête à l’homme avec la lanterne bioluminescente sur le crâne. Je suppose que vous avez beaucoup de questions, alors je vous écoute, n’ayez pas peur.

Nous sommes où exactement ? Parce que je n’ai pas vu de village comme le vôtre pendant ma fuite.

Nous nous trouvons sous la surface, l’îlot flottant…

Valkyr ! Interrompit le petit allogène.

Oui, et donc, Valkyr est une mangrove, des sédiments, de l’humus et racines forment le sol, mais il est assez simple de se diriger sous sa surface pour marcher sur ses racines, c’est là où vous vous trouvez ainsi que tout mon peuple.

Pourquoi est-ce que j’étais nue ? La question avait été posée froidement, l’idée de se faire déshabiller par un inconnu ne plaisait pas du tout à notre héroïne.

Il a fallu s’occuper de vous, ne vous inquiétez pas, ce sont des femmes et des médecins qui vous ont approchés. Nous n’avons fait que ce que nous devions faire pour que vous soyez en forme. Vous êtes arrivée délirante avec notre ami ici présent. L’huile dont les préparatrices vous avaient ointes ainsi que la boisson légèrement psychotrope des chasseurs ont fait un cocktail dans votre sang. Ce qui vous a fait perdre pied et avoir des hallucinations. Vous avez déliré pendant vingt-quatre heures avant de reprendre conscience.

Je suis restée endormie pendant une journée entière ? La voix de Robina partit dans les aigu en posant la question, surprise, elle l’était, elle ne s’attendait pas à cela.

Exact. Nous pensions que vous ne vous réveilleriez pas, même. Vous faisiez des cauchemars de ce que l’on m’a rapporté, vous suiez beaucoup, des femmes volontaires ont pris le relais pour prendre soin de vous, comme cette chère Winry ici présente.

Vous plus devoir boire autre chose que eau des gentils habitants d’ici. Moi m’occuper de vous, voir si tout aller bien. Mais vous être forte, moi jamais voir personne résister à autant de boisson de chasseur en même temps.

Je n’en ai bu que quelques gorgées pourtant.

C’est là le piège. Cette boisson donne soif, c’est pourquoi vous avez continué à vous abreuver alors que vous ne vous en rendiez pas compte, on perd vite le compte dans l’état de transe que cela nous met. De plus, Zigg m’a rapporté que vous aviez déjà avalé deux gourdes à vous seul en une heure environ.

Je ne me rappelle pas en avoir bu autant lors de notre descente, fit remarquer la Sanderrienne pensive. Vous connaissez tout ça ?

Oui, nous avons déjà eu des membres de notre village qui se sont retrouvés délirants, ne vous inquiétez pas, vous n’êtes pas la seule à qui c’est arrivé. Bien, nous allons vous laisser reprendre des forces, nous repasserons demain.

Attendez ! Je… Merci. Je ne vous l’ai pas dit, mais merci de vous être occupé de moi, de m’avoir soigné, de m’avoir… Je ne sais pas quoi vous dire, autre chose que merci.

Un sourire fit apparaître les dents à l’intérieur de la bouche de l’ancêtre. Des dents de prédateur, chacune dans un sens différent, pourtant aucun sentiment de danger ne se dégageait de l’homme-poisson.

Aucun souci, vous êtes ici en sécurité et nous sommes hospitaliers. Vous pouvez rester autant de temps que vous le voulez. Reposez-vous, vous irez mieux demain et nous pourrons avoir une plus longue conversation. Sur ces derniers mots, l’homme repartit de là où il venait, appuyé sur sa canne. Ainsi laissée seule, la chasseuse de primes se rendit compte qu’elle n’avait qu’une seule envie, dormir. Elle se coucha ainsi sur le lit qu’on lui avait gracieusement offert avant de s’assoupir dans un sommeil sans rêve.
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À la surface de l’Îlot Flottant :

Vorzoth venait de recevoir les rapports de ses pisteurs. La trace laissée par les fuyards avait disparu depuis maintenant plusieurs jours. A priori, et aucun des membres de sa tribu n’arrivaient à retrouver une piste viable. Le prophète s’assit sur les talons et se mit à réfléchir, déjà deux jours que la messie avait disparu. Il mangeait, lentement quand on vient l’interrompre.

Alors, prophète, qu’en est-il des rapports ? Vous avez réussi à la retrouver depuis le temps, n’est-ce pas ?

L’Ikishes au visage tatoué se retourna sur un des chamans et lui adressa un large sourire. En dépit du ton cassant et de la tension qu’elle contenait.

Tout va bien. Mes éclaireurs ont trouvé une piste, nous repartons bientôt.

Une fois le ritualiste suiveur retourné auprès des siens, le chef chuchota à son chef pisteur.

Prends ceux de ton clan. Il faut retrouver la trace de cette fuyarde. Tu n’auras qu’à m’envoyer un messager lorsque tu seras de nouveau sur la piste de cette étrangère.

Ce sera fait, oh Prophète !

Le chef des pisteurs s’exécuta dans la minute, partant au pas de course sur la route du village. Le peuple ne se mêlait pas avec les religieux, le respect et la crainte les empêchant de se joindre l’un à l’autre. Vorzoth alternait entre les deux groupes, réconfortant les superstitieux que la femme serait capturée et consommée avant la prochaine lune, dans deux semaines. Il chassa néanmoins la traque de son esprit. Il n’avait pas que celle-ci pour le motiver ces derniers jours. Un autre projet, nettement plus ambitieux qu’une partie de chasse, occupait un coin de son esprit. Il pouvait le ressentir jusque dans la moelle de ses os, le moment de partir de l’îlot flottant arrivait à grand pas. La construction d’une embarcation assez immense pour partir avec son peuple.

Bientôt, je pourrais conquérir au-delà de l’horizon, je deviendrais dans l’avenir le premier maître qui prendra le contrôle des autres peuples.
Bientôt.
Le Téphrop fit rouler le mot dans sa bouche comme la plus délectable des friandises avant de mordre dans la papaye qu’il avait en main.

Le village des Hommes-Poissons :

Le lendemain, Robina était seule dans sa bâtisse, pas d’infirmière pour veiller sur elle, pas de sirènes, d’hommes-poissons ou de tritons. Elle sortit une tête voir si quelqu’un se trouvait dans la pièce à vivre, cependant aucune trace de qui que se soit. Elle prit un repas rapide et passa aux toilettes avant de sortir. De maison, cela n’avait que le nom, c’était un trou dans une racine géante de la mangrove qui composait l’Îlot Flottant.

Enfin elle était plus que contente de cet abri, on pouvait le dire, elle était même ravie. Un lit confortable, pas d’humidité étouffante, de plantes carnivores, de faunes locales dangereuses et le point le plus important, de peuple mangeur de chair humaine. En ouvrant lentement la porte, elle put voir des jeunes enfants, courant sur des pontons de bois, attachés sur le réseau racinaire. Ils repérèrent rapidement la seule humaine du village et se tournèrent vers elle et lui firent un rapide signe de la main avant de partir en courant de nouveau.

Ne distinguant aucun signe d’agressivité dans le comportement des habitants, elle sortit entièrement. On la salua au passage, les gens se faisaient doux, voyant que la cuisinière n’était pas très confiante. Elle trouva Zigg après plusieurs minutes à vadrouiller dans cet entrelac de racines et de planches. Il fit de grand signe à la chasseuse de primes qui se dirigea alors vers lui, il conversait avec l’homme lamproie sur un sujet qu’elle n’arrivait pas à comprendre.

Ils s’interrompirent à l’arrivée de la demoiselle qui les salua. L’aspect de prédateur abyssal du doyen de la communauté du peuple pouvait repousser, mais son attitude aidait à se détendre. Il dégageait un calme, une sérénité qui relaxait ses interlocuteurs. C’est ainsi qu’elle tomba sous le charme de la sagesse de l’ancien. Elle s’apaisa et ils purent ainsi échanger pendant un long moment sur la situation. Les derniers événements, la course-poursuite, le sauvetage de Zigg ainsi que le dégrisement de la Sanderrienne.

Je vous remercie encore pour tout ce que vous avez fait pour moi. Je ne sais pas comment je vais pouvoir vous rembourser, mais je vous assure que je le ferais. Je vais devoir abuser de votre hospitalité, mais vous auriez une embarcation pour que je puisse m’enfuir et aller chercher de l’aide ?

Hélas non. Nous savons construire des petites embarcations pour pêcher au large de la mangrove, mais pour quelque chose de plus gros, permettant de traverser l’océan, nous sommes aussi perdus que vous. Vous en auriez une sous la main, nous pourrions la réparer sans soucis, mais pour la faire de nos mains, c’est différent.

L’abattement tomba sur les épaules de notre héroïne qui se vit coincer sur l’Îlot Flottant pour le reste de sa vie. Quand soudain, une petite main se posa sur le dos de la sienne, c’était Zigg.

Vous pas vous inquiéter, moi devoir parler avec chef, mais peut-être avoir solution. Vous devoir découvrir le village pendant que nous voir si possible.

Et je ne peux pas savoir ?

Ça être surprise, nous devoir garder le secret.

En entendant ces mots, Robina se prit à avoir confiance, en l’avenir, elle avait possiblement une chance de rentrer chez elle, elle allait s’accrocher à cette planche de salut. Pendant que Tevall et le petit autochtone discutait du sujet et gardait le dossier scellé tant qu’ils n’étaient pas sûrs, elle ferait la découverte du village où elle habitait maintenant.
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Rejetée par la conversation du chef de la tribu ainsi que de l’autochtone, Robina partit en traînant des pieds. Elle s’était attendue à pouvoir participer à la discussion, après tout ça la concernait elle en premier lieux. On lui disait que c’était une surprise, qu’elle saurait plus tard, bougonne, elle frappa dans un morceau d’écorce qui vola pour atterrir dans l’océan à quelques mètres sous ses pieds. Il partit au loin dérivant entre les racines plongeant dans l’eau salée, dévoilant la scène se déroulant en dessous à notre cuisinière.

Plusieurs dizaines de mètres en contrebas nageaient des agriculteurs. Le village faisait pousser des algues pour manger, se soigner ou à tresser pour faire des paniers. Ils travaillaient lentement, devant faire attention aux quelques plantes qu’ils arrachaient, la flore maritime pouvant vite se ressembler, les agricultrices et agriculteurs avançaient lentement, vérifiant de visu, chacun des plants. Elle pouvait deviner, par les plongeurs qui remontaient à la surface, que d’autres plateaux de riziculture se trouvaient plus profondément. La chasseuse de primes n’arrivait pas à voir le fond, l’eau devenant petit à petit, plus sombre, les fonds marins étaient un mystère pour elle, mais elle voyait les paniers remplis de plantes cultivées, de créatures parasites, crabes, crevettes, et des plantes qu’ils allaient détruire les cultures.

Il y avait ensuite, un deuxième type, le premier qu’elle avait vu, au-dessus du niveau de la mer. Ici, tout le monde mettait la main à la patte, même les enfants, ils étaient surtout pour être gardé à l’œil par les parents qui eux, travaillaient, mais ils s’amusaient en imitant leurs parents. Elle put leur poser des questions, étant nouvelle et ne connaissant pas la culture d’ici elle était curieuse. Ils vivaient paisiblement la plupart du temps, il y avait bien des guerriers pour les défendre des cannibales, cependant depuis quelque temps, ils avaient la paix, les autochtones étaient occupés à un quelconque rituel en surface.

Le régime alimentaire principal des habitants se composait d’algue et de légumes qu’ils faisaient pousser ici, tout autour du village sous la mangrove. Le soir, s'il y en avait pour tout le monde, du poisson pêché de la journée par les quelque aventureux qui partaient en pirogues. Celle-ci sculptée à même une racine morte qu’ils taillaient pendant plusieurs jours pour la rendre creuse et ainsi naviguer près des côtes pour attraper des poissons sauvages.

Les habitants ne s’aventuraient que très peu en surface, pas par crainte des mangeurs de chair humaine, plutôt par un accord tacite entre les deux peuples. Ceux de la surface ne s’attaquaient pas au peuple des racines, et ceux qui vivaient sous la terre ne les provoquaient pas en s’aventurant à l’extérieur de leur terrier. Les plus jeunes grommelaient, mettant en cause cette solution les plus âgés contre-argumentaient que cela avait toujours marché ainsi et que tant que cela ne changeait pas, il n’y aurait aucun souci.

La décision prendrait plusieurs jours, d’après l’avis du chef et de Zigg, pas forcément heureuse de la nouvelle, la demoiselle aux cheveux bleus fulmina. Les deux hommes échangèrent un regard, se demandant ce qui pouvait bien rendre la naufragée aussi ronchonne. D’un accord commun, ils lui poseraient la question le lendemain, ils allaient la laisser pour ce soir, elle était peut-être juste encore sous l’action de la drogue, même si c’était peu probable.

En ouvrant la porte de la maison qu’on lui avait allouée pour la période où elle se trouverait au village, elle se rendit compte qu’elle n’était pas totalement droite, légèrement penchée en arrière et qu’elle s’ouvrait vers l’extérieur, pour ne pas bloquer. Elle eut un petit sourire en voyant tout cela, elle n’avait pas fait attention le premier jour, cependant, on lui avait fait la cuisine, un repas simple, composer de tranches de poisson entourées d’algues avec des racines cultivées par tout le monde. Le goût était trop iodé, salé pourtant, elle n’était pas plus heureuse que de manger ce plat. Il prouvait le bon cœur et la générosité de tout le village pour l’étrangère. Elle avala rapidement son assiette avant de s’allonger et de rentrer dans un sommeil plein de songes étranges.

À son réveil, pas de petit-déjeuner qui l’attendait sur la table, elle avait faim, pourtant elle ne pouvait pas en vouloir aux habitants, ils avaient déjà été généreux de la nourrir pendant deux jours gratuitement. Elle se promit de gagner de quoi manger en travaillant aujourd’hui. L’appel de la nature la fit se stopper dans son élan, elle repartit de plus belle après cet interlude et ouvrit grand la porte de son studio. À la gauche de celui-ci, un panier avec des fruits, son repas du matin, des hommes et des femmes passaient ainsi devant chacune des habitations pour délivrer la part de chaque ménage en produits cultivés et récoltés la veille.

De cette façon, pas besoin de rationnement, ce qui était sorti de terre, se faisait manger le lendemain et pour chacun la même chose, si poisson ou viande, il devait y avoir, le partage se faisait le soir un peu avant la nuit. Surprise, la Sanderrienne fit rentrer le panier tissé en algues et feuilles de palmes, elle avait tout d’abord jeté un regard à gauche et droite, certains des villageois récupéraient leurs dus avant de retourner se coucher ou préparer le repas.

Elle posa la corbeille sur la table, prit un fruit, mordit à pleine dent, repartant l’estomac plein, ou en tout cas en cours de remplissage. S’attendant à croiser de l’activité, quel ne fut pas sa surprise de voir, qu’il n’y avait en fait, presque personne. Les hommes-poissons ne faisaient que se lever, la ville s’éveillait à peine de son long sommeil. Le soleil dardait ses rayons à travers les racines, lui aussi commençait tout juste sa course de la journée.

Robina vit au loin, la caserne, les guerriers commençaient tôt leurs ronds jusqu’à la mi-journée où la relève prenait la suite. Le capitaine la vit affichant un grand sourire.

Eh bien, vous êtes une lève-tôt, d’habitude on ne croise que peu de monde à cette heure. Vous devriez aller vous recoucher.

Non, merci, ça ira, j’ai bien assez passé de temps dans mon lit ces derniers jours.

L’infanterie et son chef partirent d’un petit rire, ils étaient tous au courant de ce qui était arrivé à la naufragée. Ils comprirent son trait d’esprit et furent heureux de voir que malgré ce qui lui était arrivé, elle pouvait en rire et en plaisanter.

Eh bien, plutôt que de dormir alors, vous voulez nous accompagner dans notre ronde ? Quelques heures de marche, rien d’insurmontable pour vous, j’en suis sûr, vu que vous avez réussis à distancer les Tikishes.

Un petit sourire sur le visage, notre cuisinière suivit le capitaine et la dizaine de gardes avec lui. Ils marchaient, faisant attention à tout ce qui les entouraient. Le but, voir si les cannibales ne tentaient pas de les envahir, prévenir le village si c’était le cas et vérifier que les passages menant à la surface étaient toujours bien camouflés. Certes, l’accord était tacite, mais il ne fallait pas donner de raisons aux autochtones de s’en prendre à eux. De plus, cela permettait aux hommes-poissons de s’aventurer de temps en temps pour attraper du gibier, cueillir quelques plantes dont ils manquaient ou du bois pour les passerelles qu’ils construisaient pour circuler au village.

La patrouille fut relativement calme, mis à part un sanglier qu’un des gardes abattit d’une flèche. La prise ferait plaisir aux villageois, de la viande pour ce soir. Ce fut alors l’heure de rentrer, la bête vidée, les abats jetés dans l’eau en contrebas, ils lui attachèrent la tête à l’envers à une des lances des soldats et repartirent en sens inverse. Le long du chemin, ils furent salués et des cris ponctuèrent leur arrivée, une prise comme celle-ci était un moment de fête. On ferait un grand feu de joie ce soir pour griller la créature et partager la viande.

Arrivant sur la place où le gibier serait préparé, Tevall lui fit signe pour attirer son attention. Il semblait qu’il eût fini sa petite conversation avec Zigg, elle allait enfin avoir le mot de la fin.

Vous voilà, nous vous avons cherché partout Zigg et moi.

Pardon, je suis parti avec le capitaine et quelques soldats faire une ronde.

Oh ! Voilà pourquoi je ne vous ai vu nulle part. Nous voulions vous voir pour vous expliquer pourquoi nous ne vous avons pas fait participer à la conversation hier. Et ce matin, vu que vous étiez en patrouille. Il se tritura les doigts, ne sachant pas par où commencer. Vu que vous ne connaissez pas l’Îlot, vous n’auriez pas pu nous aider pour choisir la suite. Ça n’a rien à voir avec vous, c’est juste qu’il était plus rapide d’en discuter tout simplement entre nous.

Mais pourquoi m’avoir dit que c’était une surprise alors ?

Parce qu’il y a une surprise à la clé, c’est ça le plus beau !

Comment ça ?

Eh bien, voyez-vous, d’après les légendes, un temple se trouve au milieu de l’île. Sauf que ça n’est pas une légende, il se trouve bien quelque chose là-bas, certes ça n’est pas vraiment un temple, plutôt une construction de bois et de pierre, un ersatz d’autel. Il y a un passage juste en dessous, d’après les dires de Zigg, il y aurait une embarcation, endommagée certes, mais vous pourrez peut-être la rendre utilisable ?

Un bateau ici ? Mais c’est super ! C’est la meilleure nouvelle de la journée, non, pas de la journée, des trois dernières journées ! Elle voulut embrasser l’homme-lamproie, mais avec les pointes un peu partout sur le visage, elle ne sut pas trop par quel angle passé. Voyant son désarroi, le doyen partit d’un gros rire caverneux.

Ne vous en faites pas donc. Voir votre surprise et à quel point vous êtes heureuse, me suffis. Vous partirez demain avec Zigg.

Et pourquoi pas aujourd’hui ? On pourrait partir dès maintenant même ! L’excitation de la nouvelle donnait des ailes à la chasseuse de primes.

Parce qu’il est déjà plus de midi et que Zigg est fatigué, il a rarement autant parlé dans notre langue, cela lui a fait un bon exercice, cependant, il doit se reposer. Donc, demain, quand vous serez prête.

Demain alors !

La journée fila à toute allure, pour les préparatifs, elle devait tout prévoir pour le lendemain, de l’eau, des provisions que des cueilleuses lui apportèrent gentiment. Elle eut même une surprise en plus pour la journée, les débris et autres affaires du navire marchand qui remorquait l’ancienne seconde s’étaient échoués un peu partout. Grace à cela, on avait pu retrouver le sac de la demoiselle avec quelques-unes de ses affaires dont sa mallette de couteaux et quelques vêtements.

Elle mit le tout à sécher, vérifia que ses lames n’étaient pas abîmées par le sel de l’océan et souffla. Elle était prête pour demain. Elle participa à la petite fête improvisée par le village pour son départ ainsi que pour le sanglier rapporté plus tôt dans la journée. Alors que le soleil commençait à décliner et qu’il dardait ses rayons de nouveau à cent quatre-vingts degrés de l’autre côté de la mangrove, elle s’allongea sur sa paillasse pour dormir et être en forme pour la suite de son aventure demain.
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Le lendemain, Robina était loin d’être aussi excitée que la veille. N’ayant pas fermée l’œil de la nuit, elle se retrouvait avec d’énormes cernes sous les yeux et une migraine infernale. Elle pesait l’idée de lézarder dans son lit encore quelques heures, le temps de faire passer le mal de crâne quand on frappa à sa porte.

Être heure de partir ! Moi guider vous vers temple sacré ! Vous devoir vous lever !

C’était Zigg, il trouvait exactement le mauvais moment pour empêcher la jeune cuisinière de se recoucher. Elle rouspéta tout en se levant. L’heure était donc à l’aventure, elle se leva, sa blessure à son bras droit en profita pour lui lancer une petite douleur. Lui rappelant son combat contre Abhou Dhabi sur l’île de la Veine, il y a de cela plusieurs semaines. La blessure n’était plus gênante ou douloureuse, la plupart du temps, mais la fatigue semblait la réveiller.

Elle grimaça avant de répondre à l’autochtone qu’elle arrivait. Mais d’abord, se laver et s’occuper d’elle, pour être présentable déjà, et surtout à l’aise à la surface. Elle avait peu d’expérience avec l’habitat de l’Îlot Flottant, mais elle avait bien compris deux choses, il faisait effroyablement chaud et humide. L’humidité, elle arrivait à survivre, quand il neigeait quatre-vingt-dix pour-cent du temps sur son île natale, la moiteur elle pouvait s’en accommoder. Mais la chaleur lui coupait ses forces et son endurance, elle s’en était rendue compte peu à peu. Sans Zigg, elle n’aurait pas survécu bien longtemps.

Elle sortit après bien trente minutes après s’être fait appeler, cependant le Pygmée attendait sans faire plus de tapage, entendant de l’activité à l’intérieur de la racine habitation, il laissa le temps à la jeune femme de se préparer. Quand elle sortit, elle avait deux couteaux de cuisine à la ceinture, de quoi être armée à tout moment, ainsi que son sac sur le dos. Elle n’avait rien pris d’encombrant, elle voyagerait léger jusqu’à ce radeau salutaire pour s’enfuir de cet enfer tropical.

Les villageois qu’elle avait pu rencontrer lui offrirent de quoi manger pendant son voyage, elle allait tomber d’une passerelle de bois la menant à la surface quand on lui offrit même de la viande séchée.

Maintenant finir ! Robina et moi partir, vous arrêter de nous ralentir ! Alors vous partir maintenant, sinon nous pas arriver avant la nuit !

La foule se dispersa à ses mots, les enfants se moquaient de la façon de parler, rudimentaire de l’allogène, cependant ce dernier n’y fit pas attention. Il se savait peu expérimenté dans la langue et il n’avait pas l’envi, ni le besoin de savoir faire mieux, on le comprenait, il arrivait à les comprendre, c’était tout ce qui importait.

Ils continuèrent à grimper pour remonter à l’air étouffant et humide de la jungle. Des échelles étaient fixées sur des rebords, des marches sculptées dans les végétaux pour continuer le chemin et des îlots de planches fixées pour créer des espaces plus larges, pour faire une pause, observer le décor alentour, ou parce que l’endroit sans créations humaines aurait été trop dangereux, exigu, les marcheurs ayant plus de chances de tomber à l’eau que de remonter le chemin. Après plus d’une heure de marche, ils atteignirent un mur végétal, celui-ci cachant l’entrée vers le monde souterrain.

Elle s’était attendue à se faire éblouir, à ne pas réussir à voir normalement pendant un long moment en remontant, cependant, il n’en fut rien. L’épaisseur de la canopée de la mangrove rendait l’extérieur plus sombre que les profondeurs. Avec la réfraction des rayons sur l’eau, la lumière se diffusait partout, rendant ainsi le village homme-poisson ainsi que le réseau sous-terrain plus clair que la vie sous la fronde des arbres.

La brume était toujours présente, les végétaux toujours avec des couleurs criardes, la moiteur et la chaleur n’avait pas changé d’un iota. Le médecin aux champignons apprit ainsi pendant le voyage la façon de camoufler ses traces à la chasseuse de primes. Casser les feuilles qui avaient été esquintées par le passage humain, marcher avec le plat des pieds pour éviter le plus possible de remuer le feuillage au sol et bien plus encore. La piste qu’ils suivaient depuis maintenant plus d’une heure se divisait en deux embranchements, le premier vers l’ouest, le second à l’opposé. Alors que la fille aux cheveux bleus s’approchait de son guide pour savoir par où ils allaient, le petit allogène se tourna vers elle.

Les hommes de Vorzoth ne pas être très loin, nous devoir couper à travers le marécage. Vous me prendre sur vos épaules et moi vous donner le chemin. Aller hop, hop, hop.

D’un air pensif, tout en passant la main dans ses cheveux pour les attacher, la jeune naufragée contempla le marécage. Une barrière naturelle d’ajoncs et de bambou bordait les contours du marais, l’étendue liquide s’étalait vers le sud, une vaste nappe sombre surmontée d’une brume légèrement verte qui s’étalait par nuages épars. L’eau était opaque, épaisse comme de l’huile, ou du goudron, de grands arbres au tronc noir, rongés par la maladie, aux branches tordues, plantés au hasard, régnaient sur ce lieu dérangeant. Si la jungle était sombre, ici, la nuit était omniprésente, la lumière était comme étouffée par une quelconque influence néfaste.

Elle plongea sa jambe et quelques secondes plus tard, elle disparaissait dans les flots. Ils avaient une bonne chance de semer leurs poursuivants, pas forcément pour très longtemps, mais ce serait toujours bon à prendre. L’autochtone fit tailler un bâton en roseau à la jeune femme, ainsi, il servirait à sonder la vase et à éviter les trous d’eau. Elle s’engagea prudemment dans le marais, derrière les deux héros à quelques mètres, un essaim de bulles perturba la surface de l’eau. Un mouvement ample agita l’onde puis disparu.

La traversée était éprouvante, pour les nerfs comme les nerfs. Plus elle s’enfonçait vers le sud et plus la brume se densifiait. Les trous d’eau ainsi que l’eau plus épaisse qu’à l’habituée ralentissaient les mouvements de la pauvre Sanderrienne, sans parler de son passager qui gesticulait. Grâce à son bâton, elle échappa à plusieurs trous d’eau, une éclaboussure jaillit à quelques mètres d’elle, elle se figea, prête à bondir, mais rien ne vint. Après plusieurs minutes d’attente nerveuse, elle reprit son aventure à travers le marais, depuis les arbres qui les surplombaient, venaient des bruits de feuillage ainsi que des craquements. Robina était prête à se battre à tout instant, cependant aucun danger existant.

Il fallut pas moins d’une heure de cet enfer avant que le décor ne change de nouveau comme par enchantement, laissant de nouveau place à la jungle et à la mangrove. N’en pouvant plus, la cuisinière déposa Zigg, qui se tourna vers elle.

Vous, vous déshabiller maintenant. Vous être couverte de sangsue.

Elle voulut protester, mais n’eut même pas la force de le faire, l’apothicaire avait eu raison néanmoins, jusqu’en haut des jambes, elle était recouverte de sangsue aubergine, aux petits corps spongieux enflés du sang dont ils s’étaient gorgés. La chasseuse de primes n’avait rien senti pendant la traversée du marais, comme la morsure de ces vampires était indolore. Certaines se détachèrent d’elles-mêmes, complètement gorgées du sang de leur repas. Les autres durent être enlevées à l’aide d’un jus d’un champignon salé que le médecin passa sur les jambes de la demoiselle.

Épuisée, voilà le bon mot qui caractériserait l’état de l’ancienne seconde de Sanderr, lutter contre l’eau pendant tout ce temps avait représenté, une véritable épreuve, quant à la tension, elle se trouvait être encore pire que la fatigue musculaire. Enfin débarrassée de l’armée de sangsue qui l’avait assiégé, elle put se rhabiller. Le médecin se mit à faire chauffer un peu d’eau et quelques plantes et champignons. De cette manière, il créerait une potion qui immuniserait contre la fièvre du marais que pouvait donner ces créatures. La coq fit quelques pas vers la jungle voulant continuer le chemin quand son compagnon l’interpella en arrière.

Attendre, vous boire potion, après continuer, pas avant, sinon vous pouvoir être très, très malade.

Un peu en arrière, Robina revint vers Zigg à deux pas de l’eau quand soudain une créature jaillit du marécage dans une explosion de gouttes d’eau et d’écumes. La loutre les avait patiemment suivis à travers le marais, faisant fuir les autres prédateurs moins puissants à son arrivée.

C’était une sorte de mammifère au pelage noir recouvert de muscles noueux, d’au moins trois mètres au garrot. Un large crâne de loutre se prolongeant par deux antennes en corne, torsadées, quatre yeux verts et globuleux donnaient un frisson dans le dos aux compagnons d’infortune. Les quatre paires de pattes étaient armées de griffes d’os acéré, comme les dinosaures. La gueule béante du mammifère dégageait une odeur effroyable dont l’intensité fit grimacer le docteur, la triple rangée de dents crénelées les fit frémir. Une langue noire et râpeuse se baladait à l’intérieur de la gueule de la bête.
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Elle n’était pas prête à faire face à cette apparition soudaine ainsi qu’à affronter un tel danger. Et Zygg se trouvait à quelques pas seulement de la créature. Les antennes du mammifère palpitèrent d’une stridulation, comme un bourdonnement. Jaillissant sur le côté, Robina s’interposa en hurlant entre le médecin et son assaillant. D’une de ses pattes, la loutre balaya son adversaire, l’envoyant s’écraser à cinq mètres.

Elle bondit de nouveau sur ses pieds, jetant un morceau de branche qu’elle trouva au sol. De sa queue épaisse et touffue, elle cingla la branche sans qu’elle ne l’atteigne. Voyant se ruer de nouveau sur elle, la cuisinière, le monstre des marais se tourna vers celle-ci, si elle se débarrassait de la gêneuse, elle pourrait manger deux personnes au lieu d’une. Elle fouetta la Sanderrienne d’un violent coup de sa queue. Cette dernière fut projetée de nouveau, là où elle avait atterri, il y a quelques instants.

La fille aux cheveux bleus se campa sur ses positions et attendit l’impact, elle profita de la diversion qu’elle était pour entraîner la créature hors de portée de Zigg. Le médecin chercha pendant un moment dans une de ses sacoches et sortit une poignée de poudre, néanmoins la créature pivota d’un quart de tour et cingla le petit herboriste en plein torse qui vola. Apparaissant de l’autre côté du monstre, la naufragée trancha profondément dans une de ses deux antérieures gauches, la rendant inutilisable.

Poursuivant dans sa course elle bondit sur le dos du mammifère et enfonça ses deux couteaux de cuisine dans le cuir de la bête. Perçant l’armure naturelle du monstre, elle partit dans un puissant hurlement avant de s’ébrouer. La jeune femme perdit l’équilibre et s’étala à plusieurs pas. Zigg avait repris ses esprits, il approcha sur le côté de l’agresseur et lui jeta un nuage de poudre qui fit comme un choc électrique.

Aucun dégât apparent, mais la créature fut ébranlée, pas assez longtemps cependant, d’un coup de griffe la loutre géante percuta le Pygmée qui vola pour s’arrêter contre un arbre, on put entendre les côtes se briser. Le monstre voulut tourner sa gueule pour avaler ce dernier, néanmoins, Robina surgit à ses côtés à pleine vitesse. Tout en courant, elle ouvrit sa mallette de couteaux en toile. Elle en attrapa un et alors qu’il sifflait, il se logea dans un des orbites gauches du mammifère.

La créature marine rugit de douleur en se tordant, ses griffes balayèrent devant lui, mais prenant appui sur la patte inutilisable de cette dernière, la chasseuse de primes décolla du sol. En escaladant, elle marcha sur le couteau qu’elle venait de ficher, faisait éclater le deuxième globe oculaire. De nouveau, la loutre partit d’un puissant rugissement. Robina retomba sur le dos de son adversaire. Elle attrapa les deux lames qui lui tombait sous la main, alors qu’elle se trouvait entre les deux épaules elle trancha les deux antennes en corne.

Notre duelliste enchaîna son assaut en relevant ses outils de cuisine et la rabattit vers le bas, de toute la puissance dont elle était capable. Cependant, elle attrapa le pelage du monstre. La bête partant dans un rodéo endiablé. Elle s’accrocha à ses armes et serra le plus fort possible ses jambes autour du cou bosselé. La mallette vola, n’étant tenue que par la poigne de la demoiselle. Mais cette dernière put rattraper une dernière corde pour son arc. Une grosse feuille de boucher qu’elle abattit de toutes ses forces sur le cou épais.

Elle se mit à frapper encore et encore, comme une possédée. Tout en maintenant la pression autour du cou avec ses jambes. Le métal du couteau découpa la peau comme du papier, passant les muscles, les tendons et la chair. Un sang rouge rubicond et épais jaillit de l’artère le monstre rugi de douleur, mais déjà, il agonisait. La Sanderrienne continuait d’attaquer à grand coup de feuille. Elle ne se rendit compte que la créature était morte qu’après ses derniers soubresauts. Elle sauta pour prendre des nouvelles du petit autochtone.

Il se releva en piteux état, les traits de son visage déformés par la douleur, il avait plusieurs côtes de cassées. Il passa un long moment pour se soigner, utilisant des bandages pour se renforcer. Ils burent aussi tous les deux la potion que l’herboriste préparait plus tôt pour combattre la fièvre du marais que devait véhiculer la loutre. Le cadavre du monstre fut repoussé dans le marécage, de manière à effacer les traces du combat. Ils se lavèrent et repartir. Le bilan, deux armes qu’elle ne pourrait plus utiliser en cuisine.

À quelques kilomètres de là :

Accroupi dans sa position favorite, Vorzoth jubilait. Le messie avait été repéré alors qu’elle traversait le marécage, se dirigeant probablement vers le temple au centre de l’île. Cela faisait parfaitement les affaires du Téphrop, il se rendait là-bas pour prier les Dieux et demander une audience. Ils se rendaient vers l’objectif de sa cible sans même s’en rendre compte.

Il ne lui restait qu’une journée à attendre et il la retrouverait. D’ici là, il aurait rattrapé la trace de celle qu’il devait consommer pour réaliser la prophétie. Le pisteur qui avait fait son rapport l’avait aussi informé que ZIgg se trouvait toujours en compagnie de la demoiselle. Un problème qu’il allait devoir régler et prendre en compte.

Le chef de la tribu convoqua son chef des pisteurs et donna ses ordres. Ils étaient simples, à eux de les réaliser avec succès. De nouveau seul, le maître des Tikishes fixa la frondaison de la mangrove. Il maîtrisait parfaitement la situation, même les divinités lui montraient le chemin qu’il devait prendre et lui faisaient signes pour réaliser la prévision du prophète. Vorzoth ria alors d’une voix rauque et puissante, de façon fanatique qui fit se retourner tous les guerriers autour de lui.


Dernière édition par Robina Erwolf le Jeu 10 Juin 2021 - 14:42, édité 1 fois
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Les lasagnes sont toujours mieux faites maisons. Et il était toujours mieux de rester chez soi, plutôt que de courir à travers une jungle tropicale. Comme le fait notre héroïne ici présente qui se rapproche peu à peu de son objectif. Comment ça mon analogie avec les lasagnes n’a rien à voir avec la choucroute ? Mais pourquoi, vous parlez de choucroute, ici, ce sont des lasagnes, c’est pourtant simple à comprendre. Bien, où en étais-je ?

La chasseuse de primes avançait lentement, tout comme son compagnon d’infortune. Leurs aventures dans les marais putrides et la loutre à huit jambes n’avaient pas aidé pour être en forme. Les efforts, les sangsues à rajouter à tous cela, la jeune aventurière n’avançait qu’avec l’espoir de trouver un moyen de s’enfuir de l’Îlot. Et pour cela, il fallait suivre Zigg, qui était dans un pire état que notre Sanderrienne. Ils se traînaient ainsi tous les deux, en direction du centre de l’île pour découvrir la potentielle planche de salut de notre duo.

Alors qu’ils tournaient derrière un arbre centenaire, la cuisinière put découvrir le temple. Et ça n’était pas une construction faite par les autochtones, elle pouvait le voir. Beaucoup plus anciens, des blocs de pierre gris étaient imbriqués les uns à côté des autres, ne laissant que très peu de place pour la poussière ou l’air s’engouffrer. Les racines par endroit avaient fracturé l’édifice, faisaient éclater des dizaines de maçonneries.

Pour un expert en botanique, ce qui pouvait être observé ici, se trouvait le berceau de la mangrove. Les arbres qui avaient plongé leur racine dans l’eau de mer prenaient toutes leurs origines ici, il avait fallu des siècles pour que l’île s’agrandissent et ait la taille qu’elle avait maintenant. Cependant, tout cela, notre femme aux cheveux bleus, n’en avait cure, sa porte de sortie se trouvait sous un passage à l’intérieur du temple.

Moi venir souvent ici. Facile pour se cacher des autres, être endroit de pèlerinage sacré, aucune violence ici. Suivre moi.

Ils s’engagèrent ainsi sur les marches en marbre d’un gris légèrement plus clair que le granit qui était leur voisin. Strié de blanc, la poussière masquant leur couleur, mais on pouvait deviner sa beauté d’antan juste en passant la main pour débarrasser la pierre du dépôt. Construit par palier, le temple était une pyramide de pierre antique, plus vieille que l’île elle-même, peut-être. Quand elle arriva au sommet, elle put avoir une vue dégagée sur tous les alentours à la ronde. Elle se permit un grand sourire en voyant qu’elle était entière et qu’elle allait sûrement partir de cet enfer vert avec sa mallette de couteau en prime et quelques affaires à elle.

Dans son malheur, elle n’avait pas tout perdu. Elle pourrait revoir sa famille, ses amis, peut-être même sa mère si elle était en permission sur Sanderr en ce moment, se permit-elle de rêver pendant un instant. Certes, pendant ses mésaventures sur les mers bleues, elle avait appris qu’elle allait devoir s’aventurer sur la route de tous les périls pour affronter le meilleur chef du monde, néanmoins, ça ne lui avait pas fait perdre espoir. Elle voyagerait plus loin, apprendre plus et aurait encore plus d’expérience pour faire face à lui.

Moi vous guider, vous faire attention en bas, ça être dangereux, pas avoir chemin comme avec le peuple des océans.

Bien compris.

Sur ces paroles, l’herboriste actionna une série de mécanismes pour révéler un passage qui s’ouvrit un peu en retrait derrière eux. Des marches s’engouffraient dans l’obscurité pour mener vers ce qui semblait être la victoire de notre naufragée. Avant de mener de nouveau le groupe, le Pygmée sortit un pot, à l’intérieur une crème végétale dont il s’étala le contenu sur le visage.

Vous, faire pareil. Ça être pour voir dans la nuit, venir d’une plante magique !

Elle mima les gestes de son interlocuteur, plongeant ses doigts dans la patte. Elle la renifla, ne sentant qu’un léger parfum de menthe poivrée, en soit rien de dangereux, de plus, si cela pouvait lui permettre de voir dans le noir, elle voulait bien sentir la bouse de yack. Elle se tartina généreusement le contour des yeux avant de refermer le couvercle de l’onguent et de le rendre au petit botaniste qui rangea le réceptacle dans sa sacoche avant de s’aventurer dans le néant, qui l’absorba en quelques instants.

C’est ainsi qu’elle le poursuivit pour se rendre compte que la patte qui se trouvait sur son visage était bioluminescente. Grace à cela, elle n’était pas totalement dans l’obscurité et elle pouvait entrapercevoir où elle mettait les pieds. Au bout de quelques instants, elle put entendre un bruit sourd derrière elle, l’accès menant aux entrailles de l’autel venait de se refermer derrière eux. Un frisson parcourut la colonne de Robina, elle avait confiance en Zigg, il aurait pu la laisser mourir, la piéger un nombre de fois qu’elle ne comptait plus. Mais à l’idée de se retrouver enfermer à l’intérieur de l’édifice, dont elle ne connaissait rien, ne lui inspirait pas confiance.

Malgré cela, le petit allogène poursuivait son chemin, elle pouvait percevoir un léger halo de lumière au loin dans le couloir obscur menant plus bas. Il se stoppa après quelques mètres et se retourna pour faire face à sa coéquipière qui était loin d’être rassurée.

Vous pas à avoir peur. Nous être en sécurité, plus être très loin de embarcation, comme vous dire. Pouvoir vous enfuir. Vorzoth jamais pouvoir devenir grand chef suprême et lui rester ici pour toujours.

À ces derniers mots, elle se rassura, rien ne lui arriverait, elle pourrait souffler tout son saoul alors qu’elle se trouvait en mer, en direction de son pays natal. Il ne fallut pas très longtemps pour que les racines prennent de nouveau le pas sur la pierre de l’édifice de construction humaine. Elle faillit glisser plusieurs fois, mais elle réussit toujours à reprendre pied avec l’aide de son guide. Elle put voir quelques mètres en dessous ce qu’était le navire dont parlait Zigg, elle s’était attendue à une coque de noix, un navire de pêche.

Ce qu’elle contemplait ici, était un galion des temps anciens, il devait avoir environ deux cents ans. Des tourelles de canons sur les côtés, plusieurs niveaux d’artilleries aussi, les dimensions étaient immenses, elle ne s’était pas imaginée voir chose pareille sur ce trou perdu. Elle ne voulut même pas dénombrer les pièces qui se trouvait sur le bâtiment, beaucoup trop pour elle.

Mais Zigg, je ne vais pas pouvoir partir avec ça.

Pourquoi ? Ça être navire, non ?

Oui, c’en est un, mais il est beaucoup trop gros pour que je puisse l’utiliser toute seule, il me faut des gens avec moi. En plus, il y a des réparations à faire dessus, il faut reboucher les trous dans la coque, je sais le faire pour que ça ne coule pas tout de suite, pas pour que ça tienne un voyage entier jusqu’à mon île natale.

Moi, voir. Il inspecta rapidement l’état de la coque, même sans être un expert, il put constater les dégâts. Vous, ça, pas être bon, devoir faire beaucoup travail avant pouvoir partir. Retourner au village, mais par autre chemin, sinon devoir repasser par marais et nous, ça, pas vouloir.

Ils rebroussèrent chemin pour repartir en sens inverse, ils prendraient plus leur temps, ils choisiraient la discrétion avec des chemins détournés plutôt que de couper à travers par un territoire dangereux. Ils discutèrent de la suite des évènements quand ils ressortirent des profondeurs et découvrir que la place naturelle qui s’était créée avec la végétation était presque noire de Tikishes.
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Pendant un instant, le temps parut se figer, le chef des cannibales regardait les deux aventuriers en haut du temple, un large sourire sur le visage. Il était toujours dans sa position préférée, à genoux, les bras appuyés sur ses articulations. Il révéla ses dents pour faire comprendre qu’il maîtrisait absolument la situation depuis le début. Il se permit même un mouvement de tête pour saluer les deux invités à la fête.

En voyant ce débarquement, une sueur froide coula le long de la colonne de notre duo, ils ne voyaient qu’une seule fin à leur vie, elle serait courte et douloureuse. À cette pensée, Zigg ne voulut pas se laisser faire et posa ses mains pour activer de nouveau le mécanisme pour ouvrir les souterrains.

Nous partir par en-dessous. Eux pas pouvoir nous suivre là.

Mais ils vont voir ce que tu fais pour ouvrir le passage Zigg. Ils nous suivront peu de temps après et vu comme les racines sous le temple sont dangereuses, nous mourrons d’une chute. Aussi sûrement que de se faire manger par ton peuple.

Quoi faire alors ?

Je vais faire diversion pour que tu puisses t’enfuir. Je n’ai fait que courir le temps que je suis sur cette île, il est temps de montrer de quel bois se chauffe une cuisinière de Sanderr à ce petit chef de pacotille. Elle sortit sa feuille de boucher ainsi que son couteau de chef, deux armes plutôt lourdes dont elle avait l’habitude, elle avait toujours cherché à savoir manier un sabre pour plaire à ses parents, en faire une extension de son bras, néanmoins, elle avait déjà sa lame avec elle au travail, dans sa mallette. Elle ne le réalisait que maintenant qu’elle allait perdre la vie.

Une larme coula le long de la joue de Robina, elle ne voulait pas se voir finir ici et maintenant, cependant, elle le présentait, il était l’heure de tirer le rideau et de tirer sa révérence. La pièce aurait duré vingt-cinq ans, une belle durée pour une pièce de théâtre. Elle aurait juste voulu que cela continue encore longtemps, devenir la meilleure cuisinière du monde, découvrir de nouveaux plats, expérimenter de nouvelles façons de cuire, de trancher, d’écouter son instinct.

Elle regarda le médecin et ils n’eurent pas besoin de mot pour se comprendre. Tous deux savaient que c’était un adieu, ils ne se connaissaient que depuis quelques jours pourtant ce rapprochement se faisait naturellement vu la situation dans laquelle ils étaient. Passant son bras sur le visage, elle écrasa ses pleurs et se retourna vers son adversaire qui jubilait. Elle ne lui laisserait pas le plaisir de voir qu’elle se savait condamnée. Il lui restait de plus une dernière chance, le vaincre lui en duel, ainsi que tous ses hommes et là elle pourrait souffler et se considérer comme sauver.

Elle avait besoin d’un miracle. La tristesse de se sacrifier, de voir arriver la fin remonta, elle allait craquer, quand elle croisa les yeux de Vorzoth. Ses yeux riaient aux éclats, il attendait ce moment depuis tellement longtemps, sa prophétie se réaliserait, son pouvoir serait assis, il régnerait en maître sur son peuple, seul et unique Téphrop, adulé de tous et craint de ses ennemis. C’est ainsi que ces derniers s’asséchèrent, son regard se fit plus ferme, plus dur, elle ne laisserait pas le plaisir à son tortionnaire de la voir en détresse.

Tu me cherchais, je suis là.

Le fanatique ne comprit pas les mots de l’étrangère, pourtant, il déchiffra les intentions de la Sanderrienne sans difficultés. L’hilarité qui s’affichait sur la face de l’homme accroupi s’effaça pour faire place à un sérieux, mortel. Il avait vu l’efficacité de celle qui était le messie des Dieux. Déjà six hommes à son tableau de chasse, un acte que peu réussissait seul. Pour les étrangers, ça n’était même jamais arrivé.

Il se releva lentement et écarta les bras, deux chamans se précipitèrent pour le dévêtir de sa toge d’homme parlant avec les Dieux ainsi que de chef incontesté. Le corps de l’homme était sanglé de cuir noir, des runes avaient été taillée à l’intérieur. Le cri de ralliement de son peuple pour ceux qui pouvaient le lire. Les cannibales s’étaient déployés, la chasseuse de primes se retrouvait cernée, le Tikishes à la puissante carrure, à la crête blanche, la seule du clan. L’assurance extraordinaire qui se dégageait de lui, semblait le protéger comme une armure.

Vorzoth se tenait maintenant face à elle. Il goûtait ce moment comme un millésime, ses yeux ne se lassant pas de voir la beauté de la naufragée. Elle lui appartenait et il était maintenant sûr de ne pas la laisser s’échapper. Un peu plus loin, l’herboriste cria, il venait de se faire attraper, on le ramenait vers les deux personnes au centre de l’attention.

Ut em sialp erègnarté, ec iuq tse erar. Ut sa’n sap ruep ed iom iuh’druojua, ut selbmes emêm etêrp à em ercniav. Ut-se ellof ?
Tu me plais étrangère, ce qui est rare. Tu n’as pas peur de moi aujourd’hui, tu sembles même prête à me vaincre. Es-tu folle ?


Sur ces mots, on jeta ce qui allait se révéler le traducteur de la conversation qui suivrait.

Siaf iul erdnerpmoc !
Fais lui comprendre !


Zigg s’exécuta, il n’avait plus d’échappatoires, il servirait d’interprète jusqu’à sa mort, qu’il espéra sans souffrance.

Est-ce que j’ai l’air d’une folle ?

Non. Je dois te remercier, grâce à toi, la chasse a été passionnante. Elle restera dans les mémoires pour nous avoir ouvert les portes d’au-delà l’horizon. Nous la conterons de génération en génération, tu as poussé mes hommes à donner le meilleur d’eux-mêmes pour te capturer. En récompense, je te propose une fin honorable : affronte-moi dans un duel à mains nues. Ta fin sera toujours mieux que de te faire torturer par mes hommes.

Et si j’arrive à te vaincre, nous laisseras-tu partir Zigg et moi ?

À ces paroles, Vorzoth détailla la jeune femme avant d’éclater de rire, suivi par la foule autour.

Tu n’as aucune chance de me vaincre, cependant, je trouve ton idée si comique que j’accepte ton marché. Si tu arrives à me vaincre, vous pourrez vous balader sans que l’on vous fasse le moindre mal. Vous entendez Tikishes ? Reculez-vous, laissez-nous de la place cependant, surtout, ne faites rien contre eux !

Durant leur conversation, le chef pisteur de la horde vint lui voler ses couteaux de cuisine. Robina ne résista pas, elle perdit ses instruments comme une punition, elle perdait une extension d’elle-même. Néanmoins, la solution pour rester en vie, lui demandait de se défaire d’eux, et elle ferait tout pour les retrouver. Le roi des cannibales se délesta de ses hachettes et autres armes sacrificielles qu’il confia à son aide puis se retourna vers la chasseuse de primes.

Pas de feuille qui volait pour retomber sur le sol, de papillon qui s’envole pour donner le signal de départ, ici celui qui gouvernait fit un décompte avec ses doigts, arriver à zéro, celui-ci partit.

Une feinte, une autre puis une dernière, le prophète se déploya en direction de la cuisinière, arqué sur ses jambes selon un angle impossible, effectuant la ruse habituelle qu’il réalisait pour ouvrir ses combats. Il remonta sa main vers le visage de la naufragée, floue de vitesse. Cependant, la pichenette qu’il destinait au nez de son adversaire fut évitée d’un bon en arrière au dernier moment, elle détourna même le coup d’un violent revers de main.

Le regard allumé par la surprise Vorzoth recula.

Tse’c erocne xueim euq ec euq siarépse’j.
C’est encore mieux que ce que j’espérais.


Il surveilla la demoiselle du coin de l’œil et se détourna d’elle pendant un temps pour s’exclamer au public.

Suov-zelucer erocne ! Iom-zessial sulp ed ecalp, tuotruszenevretni’n sap, tse’c neib sirpmoc ? Ettec erèirreug, tnanev ed tueirétxe’l, tse ruop iom te as trom ares el ervueo’d-fehc ed erton euqart !
Reculez-vous encore ! Laissez-moi plus de place, surtout n’intervenez pas, c’est bien compris ? Cette guerrière, venant de l’extérieur, est pour moi et sa mort sera le chef-d’œuvre de notre traque !


Ce que ressentait avec netteté, était que l’homme face à elle était son adversaire le plus puissant jusqu’à maintenant. Même Abhou Dhabi ne lui arrivait pas à la cheville. Le Téphrop avança une seconde fois sur la fille aux cheveux bleus, ses genoux fléchis. Il semblait glisser sur le sol, capable d’une agilité hors du commun. La messie n’avait pas d’autre choix que ce duel, les dizaines d’autochtones autour d’elle interdisaient tout espoir de fuite.

Le combat débuta enfin, équilibré en apparence. Les coups étaient lancés par chacun, avec une grande adresse, puis parés ou esquivés, tout aussi efficacement. Le chef du peuple de l’Îlot Flottant s’était transformé en vent furieux, il anticipait chaque mouvement de Robina, quelque soit le style qu’elle utilisait, celui de sa mère ou son père. Elle touchait sans causer de réels dommages, tandis que chaque frappe qu’elle prenait était un coup de massue. Le plaisir sadique que prenait le Tikishe était visible sur son visage, à sa manière de se replacer après chacun de ses assauts.

Le Téphrop appuya ses attaques, il atteint la Sanderienne au foie, il se baissa sur ses genoux, campé sur un angle impossible. Il prit appui sur ses avant-bras, qu’il avait plaqués au sol et, d’un bond, se détendit vers le haut et l’avant. Ses pieds rencontrèrent le visage de la naufragée qui fut étourdie. Le chef se remit sur ses jambes d’une torsion des reins et pivota sur lui-même dans un coup de pied retourné. Celui-ci fut paré au dernier moment par les mains croisées de la femme qui saisit la cheville de son adversaire et l’emprisonna dans un mouvement de torsion, le but étant de lui briser.

Le pugiliste accompagna la rotation en décolla du sol, parallèle à celui-ci. Son pied libre frappa Robina au visage et la prise fut relâchée, laissant le pied libre. Vorzoth retomba avec souplesse comme à son habitude. Il feinta à droite et s’engouffra à l’opposé, visa le menton et de paume ouverte. Cette dernière évita le coup d’une torsion de son torse et riposta d’un coup de coude qui atteignit l’homme à la pommette. Il accusa le coup, elle voulut enchaîner avec un revers à l’aiselle, mais le Téphrop la repoussa d’un coup de genou dans les côtes, reprenant tous les deux leurs distances.

La foule ne disait plus rien. Le combat s’était déplacé, pourtant aucun ne loupait un instant de ce qui se passait sous leurs yeux. Ils se trouvaient maintenant à côté d’un gouffre de racine, les deux adversaires pouvaient à tout instant plonger dans les profondeurs de la mangrove pour s’écraser plus bas. Le touché passa sa main sur sa pommette enflée et sourit. La pause était finie.

Il avança de nouveau, quand il fut de nouveau à portée, il ouvrit sa garde et partit d’un assaut avec un coup de pied sauté. Robina fit un pas de côté et tenta de faucher ses jambes, néanmoins celui-ci sauta hors de portée. Elle suivit le mouvement, bondissant sur lui. Tout juste arrivé au sol, Vorzoth bascula en avant, frappant d’un coup de pied arrière dans le ventre. La naufragée recula, durement atteinte, elle contra deux frappes enchaînées de ses avant-bras puis reçut un coup de coude sur le cou. Elle riposta d’un coup de tête au front, elle jouait sa vie sur cet affrontement.

Pourtant, le Tikishes continuait de se montrer légèrement supérieur, sa maîtrise du combat, son assurance, son charisme étaient tels qu’ils faisaient douter celle qui se battait pour survivre. Son niveau ne suffisait pas, elle douta, elle n’arrivait pas à entrer entièrement dans ce deuxième round. Elle n’était pas prête.

Ej sius port trof ruop iot, ut en xuep neir.
Je suis trop fort pour toi, tu ne peux rien.


Le chef de la tribu se remit à se moquer de son adversaire, c’était de cette manière qu’il combattait. De nature hautaine, il s’enorgueillit de réussir à vaincre ses adversaires. Tandis que le jour se faisait dans l’esprit de la Sanderrienne, elle se vit surpassée. Elle se rendait compte, sans rien pouvoir faire pour éviter la défaite qui se profilait à l’horizon. Sa position défensive perdait du terrain à chaque instant, et bien qu’elle ne comprît pas ses mots, le ton de la voix de son adversaire ne mentait pas, il se gaussait d’elle.

Il continuait d’avancer, de déjouer la résistance de la naufragée, la frapper, tout en la raillant. Alors, Vorzoth prit appui sur ses deux jambes et partit d’une double frappe de ses pieds joints. L’attaque brisa la maigre garde de la chasseuse de primes. Le souffle coupé, au sol, son esprit brisé, elle était incapable de réagir. Elle tenta bien de se relever, mais un nouveau coup de pied retourné la percuta à la tempe, enchaîné par une frappe de la paume au plexus solaire.

Elle n’avait plus la force nécessaire pour se battre, cela ne faisait aucun doute pour personne. Elle tenta de se relever, échoua, elle essaya de nouveau jusqu’à se hisser sur ses jambes flageolantes. Elle se tenait dos au gouffre qui béait derrière elle. Culminant à quelques dizaines de mètres au-dessus des racines et de la mer. Un sourire de triomphe étirant son visage dans toute sa longueur, Le Téphrop la laissa faire. Il pourrait récupérer son cadavre plus tard en envoyant une équipe la repêcher. Elle était vaincue et ne représentait plus aucune menace.

Robina toisa le chef de la tribu qui l’avait aidé, mais préféra garder sa salive. Aucun mot, aucune injure ne pouvaient lui rendre la vie qu’elle allait perdre. Elle croisa le regard de Zigg et eut un léger sourire, elle aurait voulu le sauver lui aussi. Elle recula de deux pas et se retourna. S’ouvrant à son destin, elle ouvrit les bras à l’horizontale et se laissa tomber, droit vers les abysses.

Non !

L’herboriste se débattit et réussit à se libérer où il courut jusqu’au bord de la faille et se jeta à la suite de la jeune femme aux cheveux bleus, sans aucun temps d’hésitation. Ses mains agrippèrent la suicidaire dans le dos. Le petit corps chaud plaqué contre le sien, elle eut envie de sourire, de pleurer, de s’excuser, de remercier Zigg pour tout ce qu’il avait fait pour elle. Elle n’en fit rien, les mots étaient vides de sens à ce moment. La mort se précipitait vers eux sous l’aspect de rochers sous la surface de l’eau.

Cherchant quelques instants lors de sa chute, le Pygmée lança une graine sur une racine, plusieurs lianes se projetèrent vers nos deux héros qui virent leur chute se stopper à quelques mètres de la fin. Ils se balancèrent sur plusieurs mètres avant de se retrouver en sécurité. Le petit être avait toujours les côtes cassées, mais il préférait être vivant et avoir mal que s’écraser à la surface de l’océan.

À la surface :

Le temps que les Tikishes ne se penchent au-dessus du précipice, Robina et Zigg avaient déjà disparu. Vorzoth hurla de plaisir avant de retrouver ses armes et ceux de son adversaire maintenant morte. Il se tourna alors vers son chef des pisteurs.

La chasse est finie. Envoie une patrouille descendre récupérer les corps. Je veux le corps de cette femme pour réaliser la prophétie. Un large sourire sur le visage, il repartit, triomphant.
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