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La Conférence de Poste de Mangue

Robina venait de sortir des bureaux du baroque Works, elle était encore secouée par ce qui venait de se passer, elle ne s’était pas attendue à autant de changements. Elle devait annoncer tout cela à son équipage, il y allait y avoir une restructuration de l’Iceberg, et aussi de nouveaux avantages, pas de quoi bouleverser la vie de ce petit monde, pourtant, elle était excitée comme une puce quand elle passa devant une maison de passe, ici le commerce n’était pas très reluisant, mais il était un bon hameçon pour les pirates de tout poil qui voulait se détendre après leur passage par Red Line.

Elle sortait de Cactus Town et mit les pieds sur le ponton du port, son galion se trouvait sur l’une des premières places, pas trop loin, de l’entrée de la ville, une place privilégiée, les hommes avaient été heureux de voir qu’ils avaient pu s’installer correctement. Après tout, les dernières îles qu’ils avaient visitées n’avaient pas toutes eu de quoi fournir les installations pour le mastodonte qu’était le navire de ligne de Sanderr. Elle rentra dans sa cabine, elle avait entendu parler d’un peuple singulier dans les locaux du Baroque Works, des fruits et légumes vivants, si c’était vrai, elle devait voir ça de ses propres yeux, elle comptait bien voir s’ils étaient mangeables, s’ils étaient vraiment vivants ou si ça n’était qu’une rumeur exagérée. Elle se rappela des paroles échangées, il y avait encore à peine quelques minutes.

Si je te dis que c’est vrai, on n’est pas les bienvenus là-bas.

Heureusement qu’il y a les légumes pour contrebalancer, c’est fou que les fruits soient aussi agressifs.

Ouais, ils sont entrés en guerre avec les légumes, il n’y a pas si longtemps de ça, un diplomate du Gouvernement Mondial a réussi à calmer le jeu, mais on ne sait pas combien de temps la trêve va durer.

Croisons les doigts, les petits légumes sont cools, ils n’ont pas grand-chose à voir avec nous, mais au moins, ce sont des voisins calmes, pas de soucis avec eux.

Sur ces paroles, la cuisinière s’était approchée, pour avoir de plus amples informations.

Pardon de vous interrompre messieurs, mais j’ai été surprise votre conversation, je viens d’arriver sur Whiskey Peak et votre histoire me rend curieuse, où se trouve ce village de fruits et légumes vivants ?

Les deux hommes se tournèrent vers la jeune Sanderrienne qui se trouvait derrière eux, ils s’entre-regardèrent un instant avant de l’interroger en retour.

Et t’es qui pour demander ça ?

Robina Erwolf, chasseuse de primes du Baroque Works, je viens de sortir d’un entretien avec Rydd Steiner.

Genre, toi, tu viens de parler avec Rydd ? Eh ben, t’es une grande ponte alors !

Bien sûr ! j’ai attrapé Mayaku Miso et son équipage entre le Cap des Jumeaux et l’Archipel aux Eveillés !

Ils ouvrirent des yeux ronds en la regardant et la réalisation se fit un chemin dans leurs esprits quand l’un d’eux ouvrit la bouche de nouveau.

Mais putain oui, c’est la petite nouvelle ! Oh, bah, désolé, on ne connaît pas toutes les têtes, surtout que tu viens d’arriver, tu veux qu’on te paie un verre ? C’est nous qui offrons.

Il y avait un petit bar dans la salle commune du fort, car les défenses faisaient penser à une position défensive pour stopper quiconque de l’attaquer, les chasseurs semblaient parer à tout. Elle tira le tabouret devant elle alors que ses collègues passaient déjà leur commande, ils se tournèrent dans un bel ensemble pour lui parler.

Tu prends quoi toi ?

Whisky, d’Alba si vous avez.

Alba, on n’a pas, seulement celui de Whiskey Peak. Un alcool de cactus pas piqué des hannetons, moi qui vous le dis.

Va pour celui de Whiskey Peak alors.

En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, la jeune femme aux cheveux bleus se retrouva avec un verre rempli de whisky devant elle, ses deux compagnons levèrent leur verre pour trinquer et elle mima, partageant un petit moment de détente avec des collègues, qu’elle ne connaissait pas, il y a encore quelques instants.

Aux nouvelles rencontres !

Aux berries donnés généreusement par le Gouvernement Mondial !

Aux pirates qui valent plein de frics !

Les deux hommes regardèrent la jeune femme et explosèrent de rire, ils renversèrent un peu de leur boisson avant de l’avaler d’une seule gorgée.

Les nouvelles rencontres… Elle est bien bonne celle-là.

Je n’aime pas trop qu’on se moque de moi.

Désolé, mais la plupart des personnes ici préfèrent un sac de berries que de trainer avec n’importe lequel d’entre nous, alors ça nous fait rire, on avait oublié que tu étais nouvelle dans le travail. Tu voulais savoir quoi alors ?

Voyant qu’elle n’allait pas forcément apprécier passer un long moment avec les deux hommes, elle avala d’un seul coup son verre et reprit la conversation.

Je voulais savoir où se trouve le village des fruits et légumes vivants.

Ah, oui ça, rien de plus simple, tu vois le pic un peu plus loin de la ville ? Bah, c’est là-bas, il n’y a rien de plus simple pour les trouver, tu verras les petits légumes sont sympas, ils vont te dire bonjour et tout, mais fait gaffe à ton cul, les fruits ne sont pas commodes, ils attaquent les humains à vue.

Je note alors, merci pour les renseignements, je vous laisse.

Ouais, pas de soucis, bonne journée à toi. Et plein de bonnes rencontres !

Ils explosèrent de rire avant de héler de nouveau le serveur pour avoir une tournée supplémentaire.

Voilà, la jeune femme qui préparait ses affaires, de quoi se défendre, ses deux couteaux de cuisine, qu’elle attacha dans le bas de son dos, toujours à portée de ses mains pour dégainer rapidement en cas de danger. Puis elle prit encore son chapeau de paille à large bord qu’elle enfonça sur sa petite tête, ses vêtements étaient déjà assez légers, elle arriverait à s’en sortir, il ne lui restait plus qu’à trouver ces fruits et légumes vivants.


Dernière édition par Robina Erwolf le Jeu 28 Avr 2022 - 11:05, édité 6 fois
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Après quelques minutes à prendre quelques encres avec elle ainsi qu’une plume et des carnets pour noter ce qu’elle verrait de ses découvertes, elle attacha consciencieusement son sac à ses épaules, ainsi elle pourrait revenir dans la soirée, sans soucis. D’une pulsion, elle attrapa le petit escargophone qui traînait dans un coin de la pièce, de quoi avoir un moyen de communication avec son équipage ne lui ferait pas de mal, elle se rendit compte qu’elle devenait de plus en plus prudente, elle aurait même dit, paranoïaque il y a quelques mois, ça n’était plus le cas.

Certains n’apprenaient pas de leurs erreurs, ça n’était pas la façon de faire de Robina, elle avait appris à la dure qu’il lui fallait toujours de quoi communiquer, après tout, les Glaciers pourraient lui rendre service en accourant. Elle ne savait pas exactement comment, cependant un nombre de personnes armées qui lui viendraient en secours, cela surprendrait toujours, ferait diversion, elle pourrait ainsi en profiter pour s’échapper, ou peut-être réussir à faire fuir ceux qui l’attaquait, une assurance en somme, il valait mieux être trop prudent que pas assez.

Maître Lanch, je pars découvrir un village de fruits et légumes vivants, juste là-bas.

Elle pointa le pic au loin que tout le monde pouvait voir, la cité des légumes se trouvait quelque part derrière, en tout cas d’après ce qu’on lui avait dit.

Un village de fruits et légumes vivants madame ?

Oui, en tout cas, c’est une conversation de deux hommes que j’ai entendus au quartier général du baroque Works, je suis curieuse de voir si c’est la vérité.

Vous allez donc vous rendre sur place pour voir ce qu’il en est n’est-ce pas ?

Exact.

Puis-je vous conseiller madame, de prendre quelqu’un avec vous ? Par exemple monsieur Shui, il n’est certes toujours pas au mieux de sa forme, néanmoins, je le sais capable de se défendre et de vous défendre si vous en avez besoin.

Elle prit son menton entre son index et son pouce, un tic qu’elle avait quand elle réfléchissait à quelque chose qu’elle n’avait pas prévu à la base dans ses plans.

C’est d’accord. Je vais le prévenir.

Faisant demi-tour, elle ouvrit la porte en tournant la poignée qui donnait sur le pont inférieur, à leur arrivée sur l’île aux Cactus, le navigateur du bâtiment ne s’était pas fait prier pour aller se reposer dans un des nombreux hamacs qui étaient dans les logements de l’équipage. Descendant les marches grinçantes, passant devant les cuisines, elle prévint sa seconde qu’elle devrait organiser le repas de la journée seule, vu que la chasseresse de primes ne serait pas là de la journée. Elle continua ainsi son chemin, l’esprit plus léger, elle avait eu une sensation étrange d’avoir oublié quelque chose, elle pouvait maintenant mettre le doigt dessus, prévenir Ema du fait qu’elle n’était pas là pour les services de la journée et qu’elle devait faire sans elle.

Elle n’était plus dans l’entrepont, le plancher était plus ferme, les escaliers continuaient derrière elle, pour se diriger vers le pont inférieur, où se trouvait le garde-manger, la cale pour entreposer les boulets, bois de charpente et autres matières premières pour les réparations d’urgences, ainsi que quelques cellules que l’équipage avait improvisées quand les Glaciers avaient attrapé l’équipage de Miso Mayaku. Elle prit un grand souffle et ouvrit la porte, ici, des lits se faisaient voisins de hamacs ainsi que de paillasses, pour les plus retardataires qui n’arrivaient pas à trouver de quoi se coucher convenablement, une sorte de roulement, c’était mis en place, il manquait au moins une dizaine de hamacs ou lits, elle allait devoir remédier à ça au plus vite.

Elle trouva le navigateur en train de dormir, son sabre de samouraï à ses côtés, même alors qu’il avait les yeux fermés, elle le secoua gentiment pour le sortir de son sommeil.

Fang Shui. Fang ! Fang !!

Toujours aucune réaction de la part du navigateur de l’Iceberg, il avait toujours eu le sommeil lourd, pourtant, elle avait besoin de lui, même s’il était éreinté de son voyage jusqu’à Whiskey Peak. Il ne lui restait plus qu’une seule solution, elle glissa sa main au côté de l’homme de Wano Kuni et prit le fourreau entre ses mains. L’instant d’après, les yeux du blessé se posèrent sur son capitaine, et la surprise ainsi qu’une pointe de colère passèrent dans les yeux de l’homme avant qu’il n’émerge complètement du brouillard du sommeil.

Vous savez que je déteste qu’on touche à mon sabre capitaine.

Désolé, mais c’était un cas d’extrême urgence, je n’arrivais pas à vous réveiller. Vous devez venir avec moi immédiatement, nous partons pour un village rempli de fruits et de légumes vivants.

Quoi ? Des fruits et légumes vivants ? Vous avez bu capitaine ?

Oui, mais là n’est pas la question et ça n’était qu’un verre. Je suis parfaitement sobre.Je vous laisse une demi-heure pour vous préparer et nous partons.

Elle remonta comme une furie, non pas parce qu’elle était en colère, mais parce que l’impatience la remplissait d’énergie, elle ne tenait pas en place, elle ne souhaitait qu’une seule chose, partir le plus vite possible, pourtant elle se retrouvait coincée sur son galion à attendre que l’un de ses hommes se réveille. Comme le dit le dicton, le temps peut passer à la vitesse de la lumière, comme à celui d’un escargophone malade. Malheureusement pour elle, il se trouvait dans ce cas-là qu’il avançait à la vitesse d’un escargophone malade, certains des mousses voulurent lui faire une blague, mais voyant qu’elle était plus ou moins sur le point d’exploser, ils se retinrent.

C’est après une longue, gigantesque, immense, interminable attente que l’homme qu’elle avait réveillé se retrouva sous les rayons du soleil, il se protégea les yeux en sortant à l’air libre et se tournant vers sa capitaine qui l’attendait de pied ferme, ainsi que le quartier-maître Lanch.

Maître Lanch, combien de temps ai-je dormi ?

Je dirais environ quatre heures.

Je me disais bien que ma tête était dans le brouillard.

Vous avez fini avec votre petite discussion ? Nous pouvons y aller maintenant ?

Du calme capitaine, il n’y a pas le feu au lac, votre village de fruits et légumes, s’il existe, ne va pas s’envoler. Il sera toujours là dans quelques minutes, vous pouvez bien attendre encore un instant, non ?

Frustrée, et comprenant qu’il avait raison, Robina ne répondit rien et croisa les bras en attendant que les deux hommes aient fini leurs conversations.

Vous auriez de quoi me rincer le gosier ? Je n’ai rien bu encore, et j’ai une de ces soifs…

Fang jeta un regard à la cuisinière qui fulminait, il prenait sa revanche pour le nombre de fois où il avait enragé de la voir avec ces lames d’exceptions pour faire la cuisine, alors qu’il aurait pu tellement mieux leur rendre hommage, c’était un prêté pour un rendu. Le sergent Lanch comprit son petit manège et lui tendit sa gourde.

Prenez ça et ne faites pas attendre plus longtemps la commandante, avant qu’elle ne décide de vous jeter par-dessus bord.

Vous n’êtes pas drôle, quartier-maître, mais c’est bien gentil de votre part.

Il avala une gorgée avant de se tourner vers la chasseuse de primes.

Je suis fin prêt, capitaine, merci de votre patience.

Elle le regarda dans les yeux, elle lui rendrait la monnaie de sa pièce, il le comprenait, pourtant, il trouvait que ce petit pied de nez en valait le coup.

Alors, ne perdons pas plus de temps.

Elle ouvrit la marche en descendant la rampe d’accès et se dirigea vers l’endroit qu’on lui avait indiqué, l’imposant roc que l’on pouvait voir au loin.


Dernière édition par Robina Erwolf le Jeu 28 Avr 2022 - 11:11, édité 1 fois
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La terre était aride, le climat était brûlant, tout comme sur l’Archipel aux Éveillés, sur l’Îlot Flottant, l’Archipel Vert et encore d’autres îles qu’avait visité Robina, pourtant ici, pas d’humidité pour contrebalancer la chaleur étouffante qui assaillait Fang et son capitaine. Les herbes étaient jaunies par la sécheresse presque perpétuelle, le manque d’eau ne se faisait pas trop sentir pour nos deux compagnons, qui n’étaient partis que depuis quelques minutes, pourtant, le désert qui leur faisait face, ne leur donner qu’une seule envie, arriver le plus vite possible pour ne pas rester dans cet enfer.

Alors que les cailloux crissaient sous les bottes des deux aventuriers, ils arrivèrent en haut du pic qui surplombait la ville de Cactus Town, ils pouvaient voir tout ce qui entourait les alentours, s’ils faisaient bien attention, ils pouvaient même entrapercevoir Les lieux faisaient véritablement désertiques, on sentait que l’île n’était qu’une étape pour tous les aventuriers qui venaient d’arriver sur la route de tous les périls, personne ne restait vraiment et c’est pour ça que les alentours semblaient aussi pauvres, rien ne se développait à part la chasse aux pirates.

C’est bien triste.

Triste ? Pourquoi donc ?

Regarde, c’est une ville qui n’existe que pour attraper les pirates, pas de cultures, de restaurants haut de gamme, d’activités qui ne soient pas liées aux pirates, de près ou de loin.

C’est vrai, pourtant, vous n’y pouvez rien, je sais que vous avez envie d’aider les personnes que vous rencontrez, mais si vous le faites pour tous ceux que vous croisez, vous n’en finirez jamais et vous ne ferez que tourner encore et encore, car le malheur ne s’arrête jamais.

Je sais, pourtant, j’ai envie de faire quelque chose pour cette petite île, rien qu’une seule chose, pour qu’il n’y ait pas que ce village triste.

Le climat n’est pas propice à l’agriculture, la terre est aride, c’est un simple avant-poste, ne vous en faites pas, je suis sûr qu’il n’y a pas que ça sur cette île, après tout il y a les fruits et légumes vivants de ce qu’on vous a raconté.

Oui, espérons que ça soit vrai, ça me mettrait un peu de baume au cœur.

Ils continuèrent une petite centaine de mètres, la crête les accueillit pour leur révéler ce dont doutait encore le couple de Glaciers, la société des légumes vivants, au loin, ils pouvaient distinguer Frutopolis, recouverte de végétation luxuriante ainsi que d’immenses arbres fruitiers. En contrebas, la cuisinière put apercevoir une carotte qui discutait avec un radis, ils semblaient débattre de quelque chose d’important et alors qu’ils passaient chemin faisant, la chasseresse ne put contenir son excitation.

Des légumes, Fang ! Et ils marchent !

Je le vois bien capitaine. Moi aussi, je dois bien avouer être surpris.

Si j’avais su que ça n’était pas une boutade pour se moquer de moi, j’aurais payé ma tournée aussi. Elle haussa des épaules avant de reprendre. Ça sera pour une prochaine fois.

Attendez, capitaine, je vois bien que vous êtes folle de joie, mais vous êtes sûr que c’est la bonne chose à faire ? Nous sommes humains et eux des légumes, nous ne savons pas comment nous allons être les bienvenus.

Si nous n’essayons pas, nous ne le saurons jamais, et puis qu’est-ce que nous avons à craindre de légumes ? Après tout, je suis cuisinière, je ne vais pas reculer face à un radis ou à une carotte.

Je comprends votre sentiment commandante, mais…

Pas de mais, on y va, vous êtes avec moi de toute façon, il ne peut rien m’arriver de mal.

Sans plus de cérémonie, la jeune femme se releva, ils s’étaient mis à terre, pour ne pas se faire repérer, elle ne savait pas réellement pourquoi, pourtant ça avait été la bonne attitude à adopter selon son navigateur, elle l’avait écouté, ayant vécu pendant des années sur l’Archipel Vert, il connaissait son sujet. Cependant, il n’était plus l’heure de la prudence, il fallait prendre des risques, faire des erreurs et se jeter à l’eau, il posa le pied sur une bande de terre et fit en sorte de reprendre son équilibre avant de descendre, les deux légumes se tournèrent vers elle et attendirent qu’elle arrive à leur niveau.

Seulement, le sol n’était pas stable, et en mettant le deuxième pied au sol, une partie de la terre sous son talon glissa du terrain, perdant l’équilibre, elle tenta tant bien que mal de ne pas partir à la renverse, en vain. S’en suivit un atterrissage sur le côté, un rocher se fit un malin plaisir, de se trouver au mauvais endroit et la Sanderrienne se retrouva à lui tomber dessus, ce qui lui coupa le souffle un instant, tout en dégringolant la pente qui se trouvait devant elle. La carotte se tourna alors vers le radis et pointa la suite de la route.

Va prévenir les autres, des humains sont ici.

Sans demander son reste, le radis partit en courant dans la direction que montrait la carotte, il ne se retourna même pas, il savait que chaque seconde était précieuse, non pas pour venir en aide à l’humaine qui venait de se faire mal. Plutôt pour prévenir les gardes les plus proches, les humains s’aventuraient encore sur leur terre, ils n’étaient pas attaqués à vue, toujours était-il qu’ils n’étaient pas particulièrement les bienvenus. S’arrêtant enfin, la jeune femme aux cheveux bleus faillit rendre son déjeuner, elle avait l’estomac qui ne s’était pas arrêté complètement avec la fin de la chute et il tournait encore à l’intérieur de son ventre, enfin, c’était l’impression de la jeune femme.

Elle releva la tête pour voir une carotte de plus d’un mètre vingt qui la dominait de toute sa hauteur, son regard n’invitait pas à engager la conversation, néanmoins, l’excitation de la découverte ne lui fit pas réaliser ce qu’il se passait exactement autour d’elle, ainsi que sa chute qui n’aidait pas à avoir les idées en place.

Bonjour, je suis Robina Erwolf, capitaine et cui…

Pardonnez à ma capitaine pour son arrivée, nous ne voulions pas vous faire peur. Nous venons d’arriver sur l’île et ayant entendu parler de vous, ma capitaine et moi-même avons voulu vous rencontrer en personne.

Pas de soucis, mais vous savez, il y a un petit chemin qui descend juste sur la droite, vous auriez tourné la tête que vous l’auriez vu.

La carotte regarda la jeune femme se relever et se tourna de nouveau vers Fang Shui.

Pourquoi êtes-vous là exactement ?

Eh bien, j’étais curieuse, après tout, ça n’est pas tous les jours que l’on peut rencontrer des légumes vivants. Vous ressentez la douleur ? Comment ça se fait que vous ayez des bras et des jambes ? Comment parlez-vous ? Je me pose tellement de questions…

Je n’ai pas les réponses à toutes vos questions, cependant, je peux vous dire que nous ressentons la douleur.

Je vois…

De nouveau, son tic, elle prit son menton entre son index et son pouce et se tourna vers Fang après un petit instant de réflexion.

Je ne me vois pas cuisiner des légumes qui ressentent la douleur, on est venu pour rien, je pense.

Le samouraï se figea en voyant la réaction de la carotte derrière son capitaine à ces paroles.

Vous êtes cuisinière ?

Exact, Robina Erwolf, je peux enfin finir ma présentation. Capitaine et cuisinière de l’Iceberg.

Elle tendit la main vers le légume  mais déjà la carotte se tournait vers sa gauche, la garde était déjà en train d’accourir, leur pas lourd avec leurs armures résonnaient sur le sol aride de la route alors qu’ils se trouvaient maintenant à une vingtaine de mètres.

Elle est cuisinière ! Elle vient de me l’avouer ! C’est une cuisinière ! Arrêtez-la, elle va vouloir nous éplucher vivant !

Entendant les appels, les soldats sortirent leurs armes et encerclèrent les deux humains.

Plus un geste, vous êtes en état d’arrestation. Mais ne prenez pas racine, nous partons pour le palais des pois, voir la princesse Pea.

On délesta la chasseuse de primes de ses armes, ainsi que le Wano Kunien, et c’est sous surveillance et encerclés qu’ils partirent dans la direction d’où venaient les soldats légumineux.


Dernière édition par Robina Erwolf le Jeu 28 Avr 2022 - 11:24, édité 1 fois
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Ils marchaient déjà depuis dix minutes sous la surveillance des légumes en armure, le peuple s’arrêtait parfois de travailler pour regarder le cortège avancer, curieux de savoir ce qui se passait avec les deux humains sur leur royaume légumineux. Le mal-être montait peu à peu alors que Robina continuait son chemin, le regard perçant et accusateur de son compagnon, la rendait de plus en plus tendue. Elle avait compris son erreur, parler de cuisine devant des légumes n’était pas une très bonne idée, elle risquait maintenant de perdre la vie, ainsi que son navigateur et ami.

Vous auriez pu vous retenir tout de même.

Je suis désolée, mais je ne pouvais pas savoir qu’ils allaient le prendre mal.

Le prendre mal ? Ce sont des légumes, capitaine, bien sûr qu’ils… Aïe.

Silence, prisonnier. Taisez-vous jusqu’à l’arrivée au palais royal.

Sergent Frisé:

Et de palais royal, il pouvait le voir déjà depuis longtemps, malheureusement, ils ne le savaient pas, il ne pouvait que le deviner, un arbre d’une taille hors norme brisait l’horizon pour s’élever haut dans le ciel, peut être cent cinquante mètres. Ils l’avaient vu au loin, sur le pic, caché par les reliefs de la nature, ils n’avaient pas pu l’apercevoir avant de rentrer sur le territoire des légumes, son écorce semblait épaisse, ses branches montaient haut, remplies de feuilles rouges. Ils étaient soufflés de voir qu’une grande activité d’une pléthore de différents légumineux s’activait en rentrant et sortant à l’intérieur de l’édifice.

Les hommes en armure se stoppèrent à environ une vingtaine de mètres, ici, des hommes fenouils, poivrons, pomme de terre, citrouille et autres légumes les regardèrent en s’arrêtant, des centaines de paires d’yeux les dévisageaient, les scrutaient, la jeune femme avait l’impression de se retrouver sous une loupe. Un des gardes qui semblait le plus gradé s’approcha de la porte et discuta sous le regard de tous, son collègue le regarda d’un air blasé, se tourna vers les deux humains que le légume pointait du doigt, puis acquiesça avant de partir à l’intérieur du bâtiment.

Quelques minutes plus tard, rien n’avait changé, cependant un bruit de pas se fit entendre depuis l’intérieur du bâtiment, des talons claquaient sur le sol végétal, une femme élancée, qui faisait peu ou prou la taille de la cuisinière sortit et regarda le petit monde autour des deux humains avant de faire de grands gestes.

Dispersez-vous, le spectacle est terminé, retournez travailler.

Ne voulant pas se faire remarquer, la foule se dispersa, certains se retournant pour jeter un dernier regard aux deux humains arrêtés par les soldats de l’armée végétales, non menottés, ils auraient pu s’enfuir, tenter de résister, pourtant, ils avaient compris que cela ne ferait qu’empirer leur situation. Ils attendaient donc un représentant officiel du peuple, et celui-ci venait d’apparaître, la cuisinière avait d’abord pensé que c’était une femme humaine, vu que la plupart du peuple légumineux était de petite taille, ici, il n’en était rien.

Des cheveux mêlant le vert ainsi que le rose, la même couleur que les yeux de la jeune femme, sa peau était légèrement chlorophyllée, ce que la chasseresse avait pris pour un habit était en fait des feuilles poussant sur le corps de la créature, lui donnant des allures de robes, se dégradant de la robe de la rhubarbe, le légume qu’elle était à la couleur verte puissante des feuilles de cette dernière. Elle s’arrêta pour détailler les deux humains de pied en cap, avant de se tourner vers ce qui semblait être le plus gradé de l’escorte, un soldat salade qui portait une armure composée de morceaux de coques de noisette.

Sergent Frisé, ont-ils résisté ?

Sénatrice Barbie Rhu:

Absolument pas mademoiselle Rhu, cependant je me vois surpris de votre venue, j’ai fait prévenir la princesse Pea, et non vous.

Je sais, mais j’ai croisé votre messager, il semblait avoir chaud sous son armure, je lui ai donc offert de se reposer en m’expliquant le pourquoi de sa précipitation.

Et il vous l’a dit ?

Il ne s’est pas fait prier, en effet. Certains soldats devraient être mieux disciplinés, Frisé. Mais là, n’est pas la question. Deux humains qui se sont introduits sur nos terres, de surcroît, la femme est une cuisinière, c’est le rapport qu’il m’a fait. Est-ce exact ?

Une goutte de rosée coula le long d’une des feuilles du visage de Frisé avant qu’il ne réponde.

C’est vrai, mademoiselle Rhu.

Alors l’affaire est réglée, emmenez-les derrière le château et tuez-les, nous montrerons aux humains, et aux cuisiniers en particulier, que nous ne sommes pas là pour rigoler.

Sans vouloir vous manquer de respect, mais je n’ai aucun ordre à recevoir de vous. J’attends l’avis de la princesse.

La princesse, avec son marionnettiste humain qui tire les ficelles derrière ? Vous êtes plus intelligents que cela, Frisé, réfléchissez, une cuisinière en moins dans le monde ne fera de mal à personne, et je suis sûr que la conseillère Rott sera plus qu’heureuse d’entendre la nouvelle.

Je… Soldat Piment ! Emmenez les prisonniers derrière le château et débarrassez-nous-en proprement.

Deux piments, un rouge et un vert acquiescèrent sans demander leur reste et poussèrent la cuisinière et son navigateur vers le côté quand une femme champignon sortie par la porte du château, elle analysa en quelques instants la situation et se tourna vers le groupe d’exécution.

Pi et Men, vous vous arrêtez tout de suite, je savais que vous tenteriez quelque chose dans le genre quand j’ai entendu le rapport du Caporal Nouil, cependant, je ne pensais pas que vous céderiez aussi rapidement Sergent Frisé.

Amirale Chante Relle:

Eh bien, Amiral Relle… Je me suis dit que prendre l’initiative de suivre les conseils de madame Rhu ne pouvait être qu’une bonne idée.

Je vous dis le contraire, et je vous donne l’ordre de ne pas exécuter ces deux humains, la princesse est en train d’arriver. Vous attendrez ses ordres, plutôt que de prendre des initiatives.

Bien sûr amirale.

Et Sergent, vous passerez dans mon bureau, quand cette affaire sera finie.

De nouveau, une goutte de rosée coula le long d’une des feuilles de salade qui correspondait au visage du soldat gradé qui répondit.

Amirale ! Oui, mon Amirale !

Parfait, rompez, je vais m’occuper de ces deux humains en attendant la princesse.

Puis-je rester avec vous ?

Vous ne me pensez pas capable de surveiller deux personnes Sergent ?

Aucunement Amiral Relle, mais j’aimerai me rattraper pour ma bavure et vous servir en gardant les effets personnels des prisonniers moi-même.

La femme champignon regarda avec insistance le soldat salade avant de se détourner et de lui faire un geste de la main.

Donnez les armes des humains au sergent Frisé, puis rendez-vous dans la caserne, je vous rejoindrais là-bas pour tirer cette situation au clair.

Tous les hommes qui avaient fait partie de l’escorte se tendirent et se mirent au garde-à-vous avant de partir à l’intérieur du bâtiment, prenant une démarche très rigide, ils savaient tous qu’ils allaient passer un sale quart d’heure. L’Amiral Relle se tourna alors vers la Sanderrienne ainsi que son compagnon Fang Shui pour les saluer d’un signe de tête.

Pardon, de cet accueil, je me présente Amiral Chante Relle, je m’excuse pour ce qui vient de se passer, je suis sûre que la situation va se régler rapidement quand la princesse sera là.

Merci. Amirale.

Le sergent jeta un regard noir aux deux envahisseurs, mais ne dit rien en tenant les trois armes qu’il avait dans les mains.

Amiral Relle, vous prenez donc la défense de ces humains ? De cette cuisinière ?

En effet, mademoiselle Rhu.

C’est bien dommage de voir que certains légumes préfèrent la compagnie des humains à celle de leurs congénères, vous ne trouvez pas Sergent ?

La salade garda le silence, voyant qu’il était regardé du coin de l’œil par la femme champignon.

Je vois… Espérons que la princesse saura être intransigeante sur ce problème, on ne peut plus épineux et que l’affaire se règle dans l’heure.

Oui, espérons-le.

Les deux femmes légumes se fusillèrent du regard, toutes deux avaient des objectifs bien différents, quand enfin une escorte ouverte par Mush Room en personne passa le double battant des portes de l’arbre pour laisser sortir la princesse Pea ainsi que la conseillère Carro Rott qui la suivait de près.

Madame, monsieur, veuillez recevoir mes excuses de la part de mon peuple ainsi que ma personne pour ce traitement. Nous ne sommes pas un peuple agressif normalement, il semblerait que cela a changé depuis quelque temps.

Princesse, vous êtes bien aimable de présenter des excuses à des humains qui se sont infiltrés sur nos terres, et de surcroît, une cuisinière. Et si elle avait commencé à nous découper en rondelle, nous éplucher, nous émincer ? Vous imaginez les dégâts qu’elle aurait pu faire avec ses armes, qu’elle avait sur elle, si je puis le relever.

Conseillère Carro Rott:

Je ne le sais que trop bien conseillère Rott, cependant, ils ne nous ont fait aucun mal, nous les avons jugés avant même qu’ils aient pu faire quoi que ce soit. Cela n’est pas acceptable, nous devons nous intégrer au Gouvernement Mondial, et non nous battre contre.

Je n’en suis pas sûr, après tout, le peuple a déjà vu les deux humains, ils ont entendu ce qu’ils étaient, ils peuvent imaginer ce qu’ils ont fait avant d’arriver ici. Si vous les relâchez maintenant, ils se feront tuer avant de sortir du village, je peux vous l’assurer.

Je vais les faire escorter dans ce cas.

Je ne suis pas certaine que cela soit la bonne solution, puis-je me permettre de vous proposer une alternative ?

Allez-y.

Je vous propose de les garder ici, dans le château, en attendant leur jugement. Ne vous inquiétez pas, cela sera quelque chose de monté de toute pièce, pour calmer les ardeurs du peuple, de quoi dire que nous avons vu qu’ils étaient cuisiniers, mais qu’ils ne nous avaient fait aucun mal. Cela devrait suffire au peuple, vous ne pensez pas ?

Si… je crois que vous avez raison.

Bien, dans ce cas… Amirale Chante Relle, veuillez amener les prisonniers dans leurs appartements où ils attendront le jour de leur jugement.

Face à cette scène, ainsi que la décision prise, manipulée par la conseillère Rott, la cheffe de l’armée légumes grinça des dents et dirigea les deux humains, non pas dans des cellules ils n’en avaient pas, mais bien dans des appartements où ils pourraient dormir et se reposer après toutes ses émotions. L’un à côté de l’autre, le sergent les suivant, elle s’arrêta à côté de deux portes qu’elle ouvrit, une pour chacun d’eux.

Je ne peux pas vous rendre vos armes, pour l’instant, elles vous sont confisquées, je pourrais vous les rendre, mais l’on viendrait les récupérer dans l’heure, je préfère les garder avec moi, plutôt que de les voir sous clés.

Merci, je ne sais pas quoi dire d’autre.

Ne me remerciez pas, pour l’instant, votre vie est encore en danger, Caro Rott est une sournoise, elle fera tout pour vous faire couper la tête. La princesse est encore trop jeune, elle ne se rend pas compte de ce qui se passe derrière son dos. Je dois cependant vous laisser, je vais donner l’ordre à des hommes de confiance de garder vos portes et de monter la garde.

Robina et Fang acquiescèrent avant de se retourner dans leur chambre, ils entendirent un bruit de porte que l’on ferme derrière eux, puis celui d’une clé que l’on tournait, ils étaient maintenant pris au piège. La jeune femme aux cheveux bleus souffla et s’étala sur le matelas avant de se dire qu’elle aurait peut-être dû rester sur son galion.


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Dans le palais royal des Végétariens :

La princesse Pea avançait lentement, ses petites jambes ne lui permettaient pas d’aller aussi vite que ses congénères bien plus grands, pourtant, la conseillère Rott ainsi que ses gardes se calquait sur son rythme pour ne pas la mettre dans l’embarras. Arrivant enfin à la pièce qu’elle voulait atteindre, elle se glissa dans la salle du conseil royal où la conseillère Rott l’accompagna, elle allait refermer derrière quand la poignée du sabre de l’Amiral Chante Relle se glissa dans l’entrebâillement et força pour ouvrir alors qu’elles se battaient avec la fragile carotte qui lui faisait face.

Ne vous battez pas, ça n’est pas le moment, nous nous retrouvons avec une situation délicate sur les bras.

En effet, je préconise que nous fassions disparaître les deux humains le plus rapidement et discrètement possible, ce soir, dans la nuit, nous leur rendons leurs effets personnels et les évacuons hors de la ville, les villageois ne les poursuivront pas pour ne pas redevenir des légumes ordinaires.

C’est une idée, Amirale, cependant, comme je vous le proposais Princesse, il faut faire plaisir au peuple, et pour cela, un jugement au tribunal ne serait pas une mauvaise chose.

Mais le peuple va demander leur tête !

Ne vous inquiétez pas Relle. Il suffira d’un simulacre de jugement, à peine quelques paroles échangées, quelques grands mouvements pour impressionner la foule, puis nous donnerons notre verdict, ces humains seront libres.

Cela pourrait marcher pour des humains normaux, mais ici, on parle de cuisiniers ! Une grande partie du peuple a pu les voir, non, ça n’est pas la solution selon moi. Non…

À ces paroles, la carotte conseillère sourit intérieurement, elle s’était attendue à ce genre de réponse, elle devait maintenant profiter du moment, interrompant sans se soucier de l’Amirale qui voulait proposer son idée.

Oui, vous avez raison, le peuple n’est pas stupide, loin de là, nous ne devrions pas faire un jugement qui ne serait qu’une mise en scène, ils s’en rendraient compte. Le jugement devrait être véritable, la princesse, ainsi que vous et moi pour délivrer le jugement après avoir entendu les différents témoins.

Ce n’est pas ce que je voulais dire.

Les portes de la pièce s’ouvrir devant la femme, du Sénat, Rhu, elle passa sa main dans sa longue queue de cheval en prenant une gorgée d’eau de sa coupe en cristal, dont le pied se trouvait entre ses doigts. Elle jeta un regard à la pièce, décryptant l’atmosphère en quelques battements de cils, elle croisa le regard de Rott et eut un léger sourire avant de se concentrer sur la princesse.

Princesse Pea, n’écoutez pas ces deux femmes, elles ne savent pas ce qui est bon pour le peuple. Le plus simple est une exécution sommaire sur la place publique, de quoi montrer l’exemple à tout le monde qu’il ne faut pas s’amuser à pénétrer notre royaume sans invitation.

Vous n’y pensez pas !

Nous pouvons être en désaccord la plupart du temps avec l’Amirale, mais tuer des humains ne ferait que nous créer des soucis avec le Gouvernement Mondial, après tout, nous en faisons partie à présent.

En effet, et je ne permettrais pas cette solution, il va falloir que vous en trouviez une autre.

Un échange de regard fugace se fit entre Rhu et Rott, si rapide qu’aucune des deux autres femmes n’y fit attention, un sourire éphémère passa sur les lèvres de Carro qui se racla la gorge en se tournant pour se servir un verre d’eau clair.

Pour moi, le plus simple reste un jugement, non pas joué, comme nous l’avons suggéré au début de cette conversation, mais bien une véritable prise de décision sur comment nous allons nous positionner envers les humains. Et tout particulièrement avec les cuisiniers.

Mais conseillère, ces deux personnes n’ont rien fait, d’après les rapports que j’ai pu entendre, ils ne se sont même pas défendus, ils n’ont fait que suivre le Sergent Frisé ainsi que les soldats qui les entouraient sans aucune résistance.

Faignant la surprise, la femme remplit de carotène ébouriffa la coiffure de ses feuilles et reprit la conversation, ce petit instant de répit lui avait permis de trouver un angle d’attaque qui déstabiliserait la haute gradée de la nation Végétarienne.

Pensez-vous donc que nous devions passer l’éponge Amirale ? Le peuple nous pensera corrompus, que nous ne les écoutions pas et que nous n’en fassions qu’à notre tête, nous ne voulons pas d’une rébellion, cela serait catastrophique.

Je suis d’accord avec vous.

Bien. Dans ce cas, il nous faut réussir un tribunal spécial, cinq représentants des légumes, bien sûr, nous serions tous les trois arbitres, et donc décisionnaires dans ce verdict, on ne peut plus houleux. La sécurité de nos deux humains serait ainsi assurée et si leur défense se tient un tant soit peu. Ce dont je suis certaine. Nous n’aurons qu’à les déclarer non coupables et les relâcher avec leurs effets personnels, cela prendra quelques journées de plus, mais ils n’auront rien à craindre en sortant du tribunal.

Je suis d’accord avec la Conseillère Rott, je sais que vous ne voulez pas que les humains soient en danger Amirale, j’ai compris que vous vouliez un rapprochement entre nos deux peuples, c’est mon souhait à moi aussi. Malheureusement, je n’ai pas d’autres choix, et vous aussi, de faire mon devoir, et celui-ci consiste à rendre un verdict impartial, ou en tout cas de faire en sorte que nos concitoyens le pensent. Je ne veux pas voir couler le sang.

Moi non plus princesse ! Je ferais selon vos ordres, j’ai déjà donné mes directives pour que des hommes de confiance gardent les deux humains, ils ne risquent rien.

C’est parfait, je vous remercie Amirale.

Madame, puis-je proposer de nouveau la solution que j’avais donnée au début de cette réunion ?

Bien sûr Chante Relle, vous savez bien que vous avez le droit de dire ce que vous voulez.

Oui, allez-y Amirale, nous vous écoutons.

La femme champignon se tourna vers la femme rhubarbe ainsi que la carotte avant de plonger ses yeux dans ceux de la princesse, c’était elle qu’elle devait convaincre et non les deux politiciennes qui tentaient de manipuler la dirigeante de leur pays.

Je pensais faire sortir les deux humains cette nuit, les évacuer loin de la ville, qu’ils soient hors de portée des légumes et fruits, s’ils ne reviennent pas, ils seront en sécurité.

C’est une bonne idée…

Barbie Rhu frappa dans ses mains, dans un simulacre d’applaudissement, elle n’avait pas besoin qu’on lui souffle ce qu’elle devait dire pour le savoir, c’était clair comme de l’eau de roche.

Et comme ça, tout le peuple saura que non seulement la politique, le gouvernement, mais aussi l’armée est corrompue par le Gouvernement Mondial, nous voulons bien nous intégrer, mais pas au prix de notre fierté. Nous sommes un peuple qui ne peut pas voyager, nous ne pouvons même pas aller jusqu’au village des humains qui se trouve pourtant à quelques kilomètres, nous pouvons l’apercevoir depuis la montagne qui nous sépare.

Elle prit une gorgée et se tourna vers la princesse petit-pois.

Si nous faisons cela, princesse, le peuple se doutera que vous, moi, la conseillère ainsi que l’Amirale avons aidé les prisonniers à s’enfuir. Cela briserait la confiance qu’ils ont en notre gouvernement, de plus depuis votre accès au pouvoir, les tensions avec les humains se sont vues diminuées, si nous montrons à nos habitants qu’ils sont jugés tout autant que les humains, cela leur montrera que nous ne faisons pas de passe-droit, leur confiance n’en sera que renforcée envers votre gouvernance.

En réfléchissant, la princesse fit pousser une tulipe et un bégonia sur le plancher, elle les vit, mais n’y fit pas plus attention, cela arrivait assez régulièrement quand elle se lançait dans une intense réflexion.

Je suis d’accord avec la Conseillère Root et la Sénatrice Rhu, passons les deux humains en jugement, nous savons qu’ils n’ont rien fait de mal, nous pourrons entendre leurs arguments puis les relâcher dans quelques jours.

Puis-je me permettre Princesse ?

Allez-y Carro, je vous en prie.

Merci. Elle s’inclina légèrement avant de reprendre. Je vous propose de choisir le dernier membre de l’assemblée de juges que nous serons, en effet, nous avons la plus haute gradée de l’armée, la dirigeante de l’état, sa conseillère, une représentante du peuple avec mademoiselle Rhu ici présente, il ne manque plus qu’un membre de l’armée moins gradé, mais tout de même, j’aimerais que l’Amirale Relle nous promette de ne pas mettre la pression sur cet homme ou femme qui pourrait rendre un verdict différent du sien.

Comprenant l’insulte, la guerrière garda son calme et acquiesça avant de répondre à haute voix.

Je ne mettrais aucune pression sur le représentant de l’armée que vous choisirez Rott, vous avez ma parole.

Parfait, je pense que tout est maintenant décidé. Je vais devoir vous laisser malheureusement, il faut que je m’occupe le plus vite possible de cette affaire, pour ne pas trop faire traîner cette affaire capitale pour le pays.

D’une torsion du buste, elle pivota vers la porte et sortit en quelques pas, suivit de près par la Sénatrice Barbie Rhu, elles commencèrent ainsi à discuter dans les couloirs, laissant l’Amirale Relle ainsi que la princesse sur place.

Vous pensez que ça ira, Princesse ?

J’en suis sûr, après tout, nous n’avons rien à craindre.

Espérons-le…

La femme champignon souffla avant de se retirer, elle devait elle aussi se préparer, les choses allaient bouger dans le pays légumes dans les prochains jours, son instinct lui soufflait.


Dernière édition par Robina Erwolf le Jeu 28 Avr 2022 - 12:10, édité 2 fois
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Voilà où nous en sommes. Je ne peux pas faire grand-chose pour le moment, je me vois limiter dans mes décisions suite à ce qui s’est passé dans la salle de réunion.

Je comprends bien, cependant monsieur Shui n’a rien fait, il faut qu’ils le comprennent, il ne faisait que me suivre. Il n’a rien à voir là-dedans.

Je vais tenter de négocier pour qu’il soit relâché, je ne vous promets pas que ça réussisse, il se passe des choses étranges depuis que vous êtes arrivés.

Pas de problème, je ne vais pas m’enfuir de toute façon, je me trouve à cinquante mètres au-dessus du sol, si je saute de la fenêtre, je vais finir en pâte à crêpes.

Je ne sais pas ce qu’est la pâte à crêpes, mais vous m’expliquerez une prochaine fois, je dois agir vite pour le bien de votre navigateur.

Bonne chance.

Je vous remercie, mademoiselle Erwolf.

Robina, juste Robina suffira.

Très bien, alors je vous laisse Robina.

Et ce fut sur ces derniers mots que la femme champignon ferma la porte derrière elle, ses deux légumes se trouvant à quelques mètres l’un de l’autre la regardèrent passer devant eux, des hommes entraînés, qui obéissaient au doigt et à l’œil, des membres de la garde rapprochés de la reine. Ils la saluèrent d’un bel ensemble, en la voyant partir en direction des hauteurs de l’arbre, elle devait rejoindre le bureau de la conseillère Rott ainsi que de la princesse le plus vite possible pour empêcher qu’un homme innocent ne se retrouve emporter par la folie de la politique interne du royaume.

Arrivée à la porte de la princesse, elle salua d’un bref mouvement de tête les deux gardes se trouvant devant le double battant et toqua, elle attendit une réponse, cependant rien ne vint, elle allait recommencer quand l’un des gardes se clarifia la gorge pour l’interrompre et lui parler.

Amirale, la Princesse Pea se trouve avec la conseillère Rott, elles devaient discuter à propos d’un sujet important de ce que j’ai compris.

Merci soldat, repos. Prenez un verre avant de revenir à votre poste, chacun votre tour, pas tous les deux en même temps pour le verre.

Amirale ! Oui, Amirale ! Merci, Amirale !

De rien.

Elle fit demi-tour, elle était passée, il y a un peu plus d’une minute devant la porte des appartements de Caro Rott, personne devant pour les garder, c’était bien étrange, cependant, elle n’avait pas le temps de creuser le sujet plus longtemps, il fallait aller vite. Elle allongea le pas, descendit deux niveaux pour se retrouver au même étage que les bureaux et appartements de la carotte et continua à accélérer, tout cela ne valait rien qui vaille, le château était un véritable labyrinthe végétal, on pouvait vite se perdre à l’intérieur, pour freiner les envahisseurs.

Malgré tout, la cheffe de l’armée Végétarienne connaissait l’endroit comme sa poche, et elle se retrouva en moins de temps qu’il n’en fallait pour le dire devant la porte de Rott. Elle vérifia que sa tenue d’apparat était impeccable, fit sauter une poussière sur son épaule puis ouvrit les portes sans s’annoncer.

Amirale Relle, que faites-vous ici ?

Je viens voir la Princesse.

Elle n’est pas là, vous l’avez loupée il y a peu, je dirais cinq minutes, tout au plus.

Et où est-elle ?

Descendu, je crois qu’il y a eu de la visite de Frutopolis.

Frutopolis est ici ? Et on ne m’a pas prévenu ?

Nous vous avons fait chercher, mais vos gardes ne vous ont pas trouvé.

Un message, elle était sûre d’avoir communiqué avec toute sa hiérarchie la plus proche pour indiquer où elle partait, chacun aurait dû pouvoir la rejoindre facilement et lui donner les informations. Le petit sourire mesquin sur le visage de la carotte lui indiqua qu’elle avait menti, pourtant, elle ne releva même pas cet affront, la femme récolterait très vite ce qu’elle avait semé. Chante Relle partit au pas de course après être sortis de la pièce, elle ne fit qu’un simple mouvement du buste pour prendre congé avant de refermer la porte derrière elle.

Le dédale était compliqué, la plupart des soldats avaient un ordre limpide, suivre le tapis rouge entre les différents étages, celui-ci permettait de ne pas se perdre, et même si l’on se perdait, il ne fallait pas plus de quelques minutes pour le retrouver au détour d’un couloir. Pourtant, la femme champignon ne continua pas dans le couloir où il tournait, elle connaissait la cartographie de ce château par cœur, elle aurait pu devenir aveugle qu’elle ne serait pas gênée. Pourquoi y avait-il des détours dans ce tapis qui était l’indication du chemin ? Tout simplement pour faire perdre du temps aux envahisseurs quand ils prendraient d’assaut ce dernier bastion, s’ils entraient en possession de l’information, ainsi les défenseurs auraient le temps de se préparer. Efficace.

Il ne lui fallait pas longtemps avant de se rendre compte, que la conseillère lui avait menti sur un second point, cela faisait plus de cinq minutes qu’ils étaient partis, elle en aurait mis sa main à couper, avec les différents raccourcis qu’elle avait pris, elle aurait déjà dû les rattraper si ça avait été le cas. Elle accéléra encore sa course, elle espérait arriver à temps pour que rien ne se soit encore passé, les fruits pouvaient très vite devenir agressifs, elle les connaissait avec le nombre d’échanges sur le champ de bataille.

C’est inacceptable !
Secrétaire Général John Lemon:

Elle pourrait reconnaître cette voix entre mille, John Lemon, un citron caractériel qu’il ne valait mieux pas contrarier, pourtant, il était ici sur les terres des Légumineux, et il n’allait pas s’en sortir comme ça, elle se stoppa juste avant d’avoir la vision sur le hall principal, l’escalier sur le côté permettait de s’arrêter pour revoir sa mise avant d’accueillir les invités. Elle réajusta son uniforme, vérifia que tout allait puis descendit les dernières marches, elle fut surprise de voir que la princesse ne se trouvait pas là, mais que le représentant de Frutopolis s’en prenait à un simple soldat légume.

Comment ose-t-elle me faire attendre ? Moi le grand John Lemon !

Secrétaire Général Lemon.

Amirale Relle, quel plaisir de vous voir, enfin quelqu’un, qui est une figure d’autorité, pour me souhaiter la bienvenue dans votre palais, je commençais à m’impatienter.

Nous ne vous attendions pas Secrétaire Lemon, pardon, Secrétaire Général Lemon. Nous n’avons pas été prévenus de votre arrivée, sinon je puis vous assurer que la princesse Pea, la conseillère Rott ainsi que moi-même aurions été là à vous attendre.

C’est pourtant votre Conseillère qui m’a invité ici !

Excusez-moi ?

Vous n’étiez pas au courant ? Quel manque de communication au sein de votre gouvernement ! C’est inacceptable !

Ne vous énervez pas, monsieur Lemon, je fais prévenir la princesse tout de suite de votre arrivée et je vous installe dans la chambre des diplomates.

L’homme hocha de la tête, avant de suivre la jeune militaire, on se poussa pour laisser passer le cortège, d’un discret mouvement de la main, ainsi que des ordres donnés par gestes des doigts, elle fit comprendre à certains dans le hall ce qu’ils devaient faire. Comme une volée de moineaux, tous se dispersèrent pour aller réaliser les ordres de l’Amirale, les deux grands pontes n’avaient que quelques mètres à faire pour se rendre dans la pièce des négociations, elle n’avait encore jamais réellement servi, pourtant, elle existait, au cas où.

Je vois que vous êtes bien organisé tout de même. Tout le monde se met au travail dès qu’il y en a besoin.

Nous sommes un peuple travailleur en effet.

J’espère ne pas être venu pour rien, on m’a promis de juger une cuisinière, ce qui rapprocherait nos deux peuples. Mes avis que tout ceci n’est qu’une excuse pour m’enfermer dans une de vos geôles.

Surprise par ce que venait de lui dire le chef de Frutopolis, elle garda tout de même son calme pour lui répondre et faire la conversation.

Non, il y a en effet une cuisinière retenue entre nos murs, nous allons la faire passer en jugement d’ici quelques jours.

Parfait. Les légumes ne sont peut-être pas aussi mous du bulbe que je le pensais.

Elle grimaça à ces paroles et sans rien montrer dans son attitude, elle ouvrit les portes de la salle, s’y trouvait les drapeaux de Frutopolis, des Végétariens, ainsi que celui du Gouvernement Mondial. Pourtant, ce qui la surprit ne fut pas que tout était déjà prêt quand elle rentra, mais plutôt que la Conseillère Rott ainsi que la princesse Pea les attendaient à l’intérieur.

Nous allons maintenant pouvoir commencer notre réunion pour le passage en jugement des deux cuisiniers.


Dernière édition par Robina Erwolf le Jeu 28 Avr 2022 - 12:19, édité 2 fois
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Secrétaire Général Lemon, c’est un plaisir de vous rencontrer en personne.

Plaisir non partagé Princesse, j’ai attendu pendant bien quinze minutes à vos portes avant que l’Amiral Relle ne vienne me chercher. C’est inacceptable !

Pourtant, la Conseillère Rott a envoyé quelqu’un vous prévenir d’aller chercher le Secrétaire, je l’ai vu de mes yeux.

Nous avons dû nous louper alors, Princesse. Je vous présente mes plus plates excuses, à vous ainsi qu’au pays de Frutopolis.

Elle s’inclina vers John Lemon puis fit face à la dirigeante des Végétariens ainsi que la Conseillère, qui souriait de toutes ses dents en voyant dans quelle situation elle avait mis l’Amirale.

Je vais maintenant vous laisser, vous devez avoir énormément de sujets à discuter ensemble.

Non, restez Amirale. Vous aussi, faites partie des juges pour le verdict des cuisiniers.

En effet, mais…

Alors, la question est réglée, nous avons besoin de vous pour les questions d’usages ainsi que la future logistique. Nous comptons sur vous pour ne pas nous décevoir la prochaine fois, manquer de créer un incident diplomatique avec le Secrétaire Lemon est déjà en soi une assez grosse bévue.

Chante foudroya du regard la carotte qui venait de lui adresser la parole, la femme jubilait, cela se voyait à son attitude, elle ne savait pas encore comment, mais elle lui rendrait la monnaie de sa pièce, un jour ou l’autre.

Maintenant, que la situation est réglée, j’aimerais que nous en venions aux faits.

Il tira la chaise devant lui et s’installa, l’Amirale se positionna à la gauche de la princesse tandis que la Carro était déjà sur sa droite.

Dans votre lettre conseillère, vous vouliez arrêter la guerre entre nos deux peuples, en montrant aux fruits que vous aussi, vous vous attaquiez aux humains. Vous disiez aussi que vous alliez faire passer des humains devant des juges. Est-ce vrai ?

En effet, Secrétaire Général, les deux humains, dont je n’ai pas retenu le nom, sont retenus captifs dans le palais, ils attendent une date pour passer devant nous et recevoir leur verdict.

Nous n’avons qu’à faire un procès fictif, après quelques échanges de paroles, nous les pendrons, nous leur trancherons la tête, tout simplement. Cela serait pour moi, ainsi que le peuple de Frutopolis, un geste de bienveillance de la part des Végétariens.

Secrétaire Lemon, je suis au regret de vous annoncer que j’ai décidé avec la conseillère Rott ainsi que l’Amirale Relle, d’offrir à ces deux humains un jugement équitable de la part du pays des légumes, ce qui j’en suis sûre, vous trouverez normal.

Cela le serait, s’ils étaient des membres de notre peuple, des fruits comme des légumes, cependant, c’est loin d’être le cas, ce sont des meurtriers, des assassins, des criminels, ils sont dangereux ! Ce que vous faites est inacceptable !

Nous comprenons vos arguments Secrétaire Général, et je déplore aussi de ne pas voir ces deux bandits au bout d’une corde à cette heure. Malheureusement, je me dois de rejoindre la princesse sur ce point, nous ne pouvons nous rabaisser à les traiter comme ils le font, nous sommes civilisés et pour montrer notre supériorité, nous devons les juger avant que la sentence ne soit exécutée.

La princesse Pea se tourna vers sa proche conseillère qui lui fit un geste pour la rassurer, Chante ne se laissa pas berner, c’était bien ce qu’elle pensait, chaque mot, c’était juste qu’elle préférait se cacher derrière les fruits, qu’elle avait ramenés ici de son propre chef. Cette affaire ne s’arrêterait pas là, l’Amirale ne la laisserait pas s’en sortir de la sorte.

Je vois, un jugement donc… Le procès que vous allez entamer est bien plus grand que ce que vous pensez, il ne concerne pas que les légumes, ou ces deux cuisiniers, il concerne toute notre race. Les fruits et les légumes devraient s’unir contre l’oppression des humains, c’est pourquoi je vous demande si les fruits peuvent participer à cet événement.

Je me vois dans le regret de refuser, ici les légumes ont été envahis et non les fruits, nous ne pouvons pas vous laisser intervenir dans cette affaire.

Permettez-moi, princesse, puis-je dire quelque chose ?

Allez-y Conseillère, je vous écoute.

Eh bien, le Secrétaire Général est venu ici pour rapprocher nos deux peuples, nous sommes bien d’accord ?

Exact.

Et nous voulions juger ces deux cuisiniers au départ, avec ou sans les fruits, je ne me trompe pas ?

Vous dites vrai.

Alors, pourquoi ne pas rajouter cinq représentants du peuple fruitiers à nos cinq juges légumes ? Cela permettrait de rapprocher nos deux peuples, qui sont en pleine guerre ouverte, les tensions diminueraient, nous pourrions nous unir même. Le tribunal du peuple Végétal.

J’aime l’idée, mais comme je vous le disais, ça ne concerne pas que nous, ou ces deux humains. Les inculpés ne seront pas jugés à leurs actes individuels, couper quelques carottes, pommes de terre ou navets ne fait pas d’eux des monstres. Notre procès doit constituer une histoire de ce qui est, j’en suis convaincu, une gangrène globale, conçue en vue de nous détruire en commettant des actes de barbarie et des agressions sans commune mesure.

L’Amirale ne pouvait pas se retenir plus longtemps, si elle était dans cette pièce, elle pouvait avoir droit au chapitre et donner son avis, elle n’allait pas se gêner pour le faire, si le procès se déroulait comme le voulait Carro Rott et John Lemon, les deux humains n’avaient aucune chance d’en sortir vivants.

Je suis désolée Secrétaire, mais la princesse n’a pas encore prise la décision de vous inclure dans le jugement, tout cela n’est qu’une supposition.

Je ne le sais que trop bien, c’est pourquoi j’attends la décision de votre dirigeante, qui j’en suis sûr aura entendu mes arguments pour que la paix règne entre nos deux peuples.

La conseillère se pencha en avant et prit un verre d’eau, elle en proposa à tout le monde, le représentant des fruits vivants accepta poliment, il avait beaucoup parlé ces dernières minutes et il avait la gorge sèche.

Je rajouterais une dernière chose à votre majesté, nous avions convenu d’entendre la défense ainsi que les arguments des humains, de faire un procès équitable, vous en convenez. Que de nouveaux juges s’ajoutent aux cinq que nous avions déjà choisis est selon moi un détail, cela ne changera aucunement le verdict. S’ils sont innocents, ce dont je suis certaine, ils sortiront du tribunal libre.

Je comprends Carro Rott, cependant…

Je sais que vous avez peur pour les humains, nous connaissons tous votre lien avec votre second conseiller Jack. Cependant, il faut réussir à penser à votre peuple, c’est bien nous que vous devez défendre des étrangers, et non pas deux humains, que je suis sûr que Jack ne connaît même pas.

Voyant que la Princesse allait céder aux arguments des deux politiciens, la femme champignon prit la parole.

Madame, ils n’ont absolument rien fait au peuple des Végétariens. Nous n’avons eu aucun blessé, aucune victime, ils se sont rendus sans résistances. Ils ne méritent pas ce que nous leur faisons subir !

Ce que nous leur faisons subir ?! Vous n’avez fait que les enfermer dans une cellule, je trouve ça bien généreux de votre part ! Vous voyez Princesse, c’est à cause de cette façon de penser que nos deux peuples n’arrivent pas à s’apprécier. C’est inacceptable ! Pour une fois, écoutez votre conseillère, ainsi que mon appel à l’aide pour que nos deux peuples se rapprochent et que nous cessions cette guerre ridicule ! Vous n’êtes pas d’accord ?

Vous avez raison. Je vais vous faire préparer des appartements pour vous ainsi que les juges que vous choisirez pour le futur jugement. Nous reparlerons de tout cela plus tard, pour le moment, je dois m’occuper d’autres affaires.

Je comprends, le travail de dirigeant n’est pas facile. Je vais donc attendre qu’un de vos pages vienne me trouver pour me montrer ma chambre. Je vous souhaite une bonne journée princesse Pea, je suis sûr qu’après cette journée, la paix entre nos deux peuples s’installera.

J’en suis sûre aussi Secrétaire Général Lemon.

Sur ces derniers mots, l’Amirale se retrouva seule dans la pièce, sonnée, elle n’avait compris qu’une seule chose, la vie des deux humains était maintenant en danger.


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Le lendemain matin, Robina avait faim, ainsi que son navigateur, ils n’avaient pas de nouvelles depuis la veille au soir, ils avaient pu entendre des pas à l’extérieur, quelque chose d’important était en train de se passer, plus gros que la préparation de leur jugement, ils en auraient mis leurs mains à couper. Ils pouvaient se parler à travers la porte, les hommes à l’extérieur ne leur disaient rien, les laissant faire, la discipline que l’Amirale avait instillée chez eux les avait façonnés, ils n’ouvriraient pas les lèvres pour parler avec les humains, et personne ne rentrerait sans l’accord de la princesse ou de l’Amirale.

La cuisinière entendait son ventre grondé, elle n’avait jamais réellement jeûné, bien sûr, elle avait déjà eu faim plusieurs fois, mais pas en sautant plusieurs repas d’affilés de son plein gré, il y avait eu ce moment où elle s’était échouée sur l’île déserte. Elle s’était retrouvée à manger des insectes, il lui avait fallu une journée entière pour se faire à l’idée, buvant à une source ridicule qui coulait entre quelques cailloux amassés au milieu de l’îlot, une sombre période de sa vie, les trois semaines les plus longues de sa vie, pourtant elle avait pu manger à sa faim pendant cette période.

La chasseresse de primes tenta bien de demander quelque chose à ses gardiens, mais seul le mutisme des soldats lui répondit, tels des cyborgs, ils ne faisaient que ce pour quoi on leur avait ordonné de réagir, et les demandes de repas n’en faisaient pas partie. Elle ne peut pas l’entendre, pourtant, elle peut imaginer que la même chose est en train d’arriver de l’autre côté du mur, le Wano Kunien assit sur le sol, en train de méditer pour oublier cette sensation qui le tiraille, ce qui était la vérité, son imagination n’était pas plus réelle qu’en ce moment. Les portes s’ouvrirent de chaque côté, l’Amirale Relle les attendait dans le couloir, elle les regarda un instant avant de prendre la parole.

Veuillez me suivre s’il vous plaît. Ne résistez surtout pas, cela rajouterait de l’eau au moulin des personnes qui veulent vous voir au bout d’une corde.

Comment ça ?

Vous pourriez nous expliquer s’il vous plaît ?

Bien sûr, mais en chemin, pour l’instant, nous devons nous rendre dans la pièce des négociations.

Entendant la réponse, la Sanderrienne souffla et se leva de son matelas, elle n’avait pas spécialement envie de se dépenser, mais elle se trouvait dans une situation épineuse, c’était le moins que le pouvait dire, et elle ne voulait pas que cela empire. Voyant que les deux humains n’étaient pas au meilleur de leur forme, elle ralentit le rythme pour les laisser tranquilles, ils étaient attendus, mais quelques minutes de plus d’attente ne changeraient rien.

Au fait, vous n’auriez pas quelque chose à manger ? Nous avons demandé plusieurs fois à nos gardiens, mais nous n’avons eu aucune réponse de leur part.

C’est vrai que de quoi grignoter ne serait pas de refus.

Malheureusement, nous ne mangeons pas dans notre pays, j’ai de l’eau si vous voulez, mais guère plus.

Je prends, désolé, mais nous n’avons pas avalé une goutte non plus depuis notre arrestation.

Je vois, je vais donner mes ordres pour que vous puissiez avoir de l’eau à volonté, et voir ce que nous pouvons faire pour que vous puissiez manger.

Je vous remercie.

Elle passa la gourde au samouraï qui but longuement, il n’était pas très en forme quand il était parti de l’Iceberg, et il n’avait pour ainsi dire rien bu de ce que lui avait donné le Sergent Lanch, il semblait avoir pris cinq ans en une seule journée avec la fatigue qui lui tirait les traits. Après avoir bu un peu plus de la moitié du contenu, il tendit le reste à la jeune femme qui sentit le liquide glacé couler le long de sa gorge, que cela faisait du bien, la chaleur de l’île couplée au manque d’eau avait failli la faire tomber dans les pommes plus d’une fois.

Merci, vous nous sauvez la vie.

Vous me remercierez plus tard. Je pense que vous auriez préféré être inconscient que de vivre ce qui va suivre.

Les deux humains ne comprirent pas ce que voulait dire la femme champignon, ils étaient libres, plus ou moins, ils avaient bu, leur situation aurait pu être bien pire que cela. Le jugement ne leur faisait pas spécialement peur, après tout, ils n’avaient rien fait de mal au peuple des légumes, mis à part une grosse frayeur au radis et à la carotte qu’ils avaient croisés. Plusieurs dizaines de minutes plus tard, deux gardes ouvraient le double battant des portes d’entrée de la salle des négociations, elle n’était pas richement décorée, cependant l’atmosphère très officielle et protocolaire étouffa instantanément les deux Glaciers.

Asseyez-vous s’il vous plaît.

Deux chaises se trouvaient directement devant eux, ils les tirèrent pour faire face aux dirigeants du peuple des fruits et légumes, la jeune femme vit l’Amirale se mettre juste à côté de la femme carotte qui les avait fait enfermer la veille.

Madame, monsieur, merci de vous présenter pour que nous puissions les noter dans le compte-rendu du jugement que nous donnerons.

Robina Erwolf, capitaine de l’Iceberg.

Fang Shui, navigateur sous les ordres du capitaine Robina Erwolf.

Une femme laitue se trouvait sur le côté de la pièce, une plume entre les mains, elle notait mot pour mot tout ce qui se disait dans la pièce depuis que les portes s’étaient ouvertes et que Robina et Fang s’étaient avancés. Elle allait servir de rédactrice du compte-rendu de la réunion ainsi que des différentes décisions dans ce moment historique pour leur peuple.

Notez aussi qu’ils sont cuisiniers.

Elle hocha de la tête avant de rédiger la notion.

Je suis cuisinière, monsieur Shui n’est en aucun cas cuisinier.

Avez-vous des preuves de cela ?

Des preuves ? Il est navigateur, pas commis !

Très bien, nous allons donc poser différentes questions à ce cher monsieur pour vérifier ces dires.

Un fruit répondant au nom de Carole Ambole, une carambole, posa de nombreuses questions sur les cordages, le vent, les tempêtes ainsi que les différents instruments de navigation à bord d’un navire au samouraï, pendant plus de trente minutes. Voyant que l’homme connaissait son sujet sur le bout des doigts, elle se tourna vers le groupe des quatre dirigeants et s’inclina.

Je pense pouvoir affirmer sans me tromper qu’il est bien un navigateur.

Et est-il cuisinier ?

Je ne le pense pas.

C’est inacceptable ! Il nous faut des preuves, montrez que nous avons fait notre travail correctement, et pour cela, il faut refaire un test sur chacun d’eux ! Nous devons savoir s’ils sont bien cuisiniers tous les deux, j’en suis sûr, ils nous mentent, c’est inacceptable !

De nouveau, une personne de la race des pommes de terre entra dans la pièce, derrière lui, un garde tenant une sorte d’encyclopédie, fermée par une ceinture cadenassée en cuir. Il fallut un long moment avant que le vieux tubercule ne s’installe à la place où se trouvait la carambole il y a encore quelques instants. Le soldat posa religieusement le livre devant l’homme patate et se retira avant avoir salué tout le monde d’un mouvement du buste, le tubercule salua ses congénères d’un signe de tête avant d’ouvrir le lourd volume devant lui d’une clé autour de son cou.

Je me nomme Pat Hate, gardien du grand savoir de la cuisine humaine, savoir maudit de notre société, je vais m’entretenir avec chacun des deux humains, commençons par la jeune femme.

Pardon, monsieur Hate, mais pouvez-vous commencer par mon compagnon s’il vous plaît ?

Et pourquoi cela, mademoiselle ?

Parce que je suis cuisinière de métier, je ne le cache pas, cependant, si je réponds à vos questions avant mon homme d’équipage, ses réponses seront influencées par les miennes.

Vous avez raison. Je vais donc commencer par ce jeune homme.

Il ne se passa pas plus de dix minutes avant que le tubercule ne s’arrête et se tourne vers les futurs juges de l’assemblée.

Il connaît la cuisine, c’est certain, mais il n’est pas un cuisinier lui-même, je puis vous l’assurer, il n’a pas les fondamentaux pour en être un.

Vous en êtes certains ?

Absolument, Secrétaire Général Lemon, cet homme saurait couper une pomme de terre, mais en aucun cas, ne concevoir un gratin ou réussir correctement à cuire des frites, ce qui est bien triste.

Et pour la femme ?

Elle a avoué elle-même être une cuisinière, je ne pense pas qu’il soit obligatoire de vérifier, mais par conscience professionnelle, je vais lui poser aussi certaines questions extrêmement pointues sur la cuisine. Dont seul un véritable cuisinier connaîtrait les arcanes sombres. Commençons, mademoiselle, voulez-vous ?

Je vous écoute.

Que sont des œufs brayons ?

Des œufs de cane battus en omelette avec de la crème, que l’on cuit alors au bain-marie.

Exact. Qu’est-ce qu’un cul-de-poule ?

Un saladier.

Que signifie « déglacer » un aliment ?

Verser un liquide dans la poêle pour récupérer les sucs de cuisson.

Toujours vrai.

Nous avons compris, elle est cuisinière, passons à la suite.

Une dernière question et j’en aurai fini, monsieur. Qu’est-ce que le Jumeau dans le bœuf ?

Les jumeaux se trouvent sur la cuisse avant du bœuf, à côté du paleron et de la macreuse à pot-au-feu.

C’est parfaitement exact, cette jeune femme est cuisinière, je peux vous l’assurer. Quant à l’homme à ses côtés, il ne connaît que les bases, il ne connaît rien au métier. Il est innocent selon moi.

C’est inacceptable ! Vous m’avez menti, mademoiselle la conseillère ! Vous m’aviez dit que les deux étaient cuisiniers, alors que seule la femme l’est !

Un simple quiproquo Secrétaire Général, rien de grave, il peut être relâché sous bonne garde pour qu’il ne lui arrive rien, il nous reste la femme encore.

Nous tenons donc notre coupable.

Nous allons pouvoir commencer l’entretien avec l’accusée et mettre au clair cette situation.

Que la réunion commence.

Les portes se refermèrent derrière Shui qui sortait, cherchant à croiser le regard de sa capitaine qui était paniquée, elle s’était sacrifiée pour sauver son homme d’équipage, mais qui la sauverait elle de son exécution si elle était jugée coupable ?


Dernière édition par Robina Erwolf le Jeu 28 Avr 2022 - 12:52, édité 1 fois
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Ici présente, la dénommée Robina Erwolf, est accusée de crime contre la légumanité. Que plaidez-vous accusée ?

La Légumanité ?

L’ensemble de la vie des fruits et légumes sur la planète ! Et ne m’interrompez pas ! Que plaidez-vous ?

Non-coupable.

Que la greffière note que l’accusée se déclare non coupable malgré le fait qu’elle ait bien reconnu être une cuisinière.

La femme salade hocha de la tête avant de continuer à prendre ses notes à une vitesse qui aurait pu émerveiller Robina, si ça n’était pas pour écrire sa condamnation à mort.

L’accusée, ici présente, de concert avec diverses autres personnes, a, pendant un certain nombre d’années antérieures à 1628, participée en qualité de chefs, organisatrice ou instigatrice, à la conception ou à l’exécution de repas dans un cadre professionnel. Ce faisant elle aurait par la présente perpétré des crimes contre les Légumes, des crimes contre les Fruits ainsi que des crimes contre la Légumanité, ou impliquant la simplification de ces crimes. Que plaidez-vous accusée ?

Non-coupable.

Ces années d’apprentissage, de réflexion ainsi que le savoir-faire développé par l’accusée ici nommée, Robina Erwolf, la rend individuellement responsable de ses propres actes et de tous les actes commis par des personnes quelconques dans l’exécution de son travail. Ce plan concerté a comporté ou entraîné la perpétration de crime contre les Légumes et les Fruits, du fait que l’accusée conçut, prépara ou réfléchit à un menu composé avec des légumes ou fruits. Que plaidez-vous accusée ?

Non-coupable.

De fait, l’accusée, ici nommée, Robina Erwolf, a exécuté un plan concerté entraînant la perpétration de crimes contre la Légumanité, un plan qui fut caractérisé par l’emploi systématique d’épluche-légumes, de couteaux, de faire ressortir les saveurs des condiments en les assaisonnant, les faisant suer, de les parquer dans des sacs de légumes pour en faire de la purée, ou dans d’autres buts. Des populations entières civiles des légumes du maraîcher ont été victimes de brutalités, d’assassinats et de mauvais traitements des prisonniers innocents, leur exécution, la destruction de la terre où ils avaient poussé, et des dévastations non justifiées par les nécessités culinaires. Ne me dites pas que vous plaidez encore non coupable ?

Non-coupable.

L’Amirale Chante Relle croisa le regard de la jeune femme, cela lui brisait le cœur, pourtant, elle devait faire son devoir et il était le moment pour elle d’énoncer les accusations qui pesaient sur les épaules de la jeune Sanderrienne face aux juges.

La répétitivité du travail de cuisinière par l’accusée et la poursuite des actions contre les Légumes et les Fruits, envisageait et comportait, l’emploi systématique de crime contre la Légumanité, que l’accusée décida et commit à la fois sur Whiskey Peak et dans les territoires du Gouvernement Mondial. Notamment, l’assassinat, l’extermination, l’asservissement, la déportation et autres actes ilégumineux et infruités commis contre les populations civiles, avant et pendant son mouillage sur les terres de la Légumanité. Persécutant, pour des motifs de races ou politiques, les membres du Gouvernement Mondial que sont les Fruits et Légumes. Non-coupable ?

Non-coupable.

Je crois que nous avons pu éclaircir la situation rapidement, votre jugement commencera demain. Que l’on escorte la prisonnière dans sa cellule et qu’elle n’en sorte pas avant l’heure de son jugement que nous fixerons à demain au Zénith.

Je m’en charge Secrétaire Général Lemon, elle ne pourra pas s’échapper sous ma garde, je peux vous l’assurer.

Amirale, moi qui vous pensais du côté des humains, je vois que vous savez faire preuve de bon sens quand vous prenez le temps de remettre en ordre vos esprits. Je suis sûr que nous saurons nous entendre dans le futur.

Ne, vous y laissez pas prendre Secrétaire, ça n’est qu’une façade pour se faire bien voir de vous et ne pas se mettre Frutopolis à dos.

Vous croyez Conseillère Rott ? Je n’en suis pas si sûr, après tout, rien ne la force à le faire. Laissez-lui le bénéfice du doute, après tout, votre Amirale a-t-elle, peut-être, trouvé un cœur patriote derrière toute cette propagande de vos alliés le Gouvernement Mondial.

Vous avez peut-être raison, nous verrons bien dans le futur.

Amirale, merci de faire remonter Robina Erwolf dans ses appartements dans l’attente de son jugement.

À vos ordres princesse !

La cuisinière pleurait, elle venait de se faire accuser des plus atroces des actions et elle ne pouvait rien dire, à part qu’elle n’était pas coupable de ce que les quatre fruits et légumes l’accusaient, le choc lui avait fait perdre la parole, à part quand on lui posait une question. Cela avait le seul moment où elle s’était vue assez en colère pour se défendre des chefs d’accusation, elle avait croisé le regard de la femme champignon, elle n’avait vu qu’un regard froid, elle la pensait de son côté, la suite lui avait donné tort.

Elle marchait dans le brouillard, choquée par ce qui venait d’arriver, elle ne savait pas ce qui allait arriver par la suite, mais elle ne se laisserait pas faire. Elle était Robina Erwolf, la prochaine meilleure cuisinière du monde, chasseresse de primes du Baroque Works et ambassadrice du Royaume-Archipel de Sanderr, elle n’allait pas se laisser faire comme ça, surtout pas par une poignée de fruits et légumes qui la pensaient une meurtrière en série.

Je vous croyais de mon côté, de notre côté à moi et à mon compagnon, je me suis trompée.

L’Amirale s’arrêta, ils avaient quitté le hall, dans les couloirs, elle regarda à gauche et à droite avant de mener la jeune Sanderrienne dans un couloir qui ne suivait pas le long tapis labyrinthique, elle ouvrit une porte et fit rentrer sa prisonnière l’intérieur.

Je ne pouvais pas montrer ma sympathie envers vous en bas, je me dois d’être la plus neutre possible, pour ne pas me faire évincer de mon poste de juge.

Pour pouvoir me condamner vous-même et me mettre sur la potence ?

Le venin de la jeune humaine atteignit le champignon en plein cœur, le visage de Chante perdit de ses couleurs, elle ne s’était pas attendue à se faire accuser de la sorte, surtout après le choc que venait de subir la jeune femme. Elle montrait les crocs beaucoup plus vite qu’elle ne le pensait.

Absolument pas. J’ai été de votre côté depuis le début, je pense l’avoir prouvé plusieurs fois depuis que vous êtes ici, vous et votre compagnon. Si je perds mon rôle de juge suite à une de mes paroles ou un de mes actes, vous perdrez une alliée, votre vie n’est plus entre vos mains depuis que vous avez été attrapée au pic de la limite du village.

Comment ça ?

Vous ne vous en rendez pas compte, mais certains veulent vous voir mourir, pour gagner en pouvoir, pour rapprocher les deux peuples, pour voir un humain qui a déjà cuisiné mourir, je vous protège depuis votre arrivée en postant mes hommes devant vos appartements, en vous accompagnant moi-même. Les espions, les gardes achetés, les conspirateurs se trouvent partout, ils n’attendent qu’une seule chose, que vous soyez sans surveillance…

Mais… ça n’a pas de sens. Je n’ai absolument rien fait, je suis une cuisinière, mais je n’ai pas fait tout ce dont vous m’accusez.

Je le sais bien, et je vous crois, pourtant ici, ils vont vouloir vous faire tomber pour faire tomber la princesse, prendre sa place et rompre les liens avec le Gouvernement Mondial, ainsi, ils pourront partir en guerre contre les humains. Certes à une petite échelle, cette île, pourtant cela leur suffira, une vie sans autres êtres vivants qu’eux-mêmes.

Et votre solution pour que je puisse m’enfuir ? Je pourrais partir cette nuit, sans que personne n’en sache rien.

Impossible, tout le monde saurait que c’est de moi, mon petit numéro dans la salle des négociations semble avoir eu un effet, cependant, si je vous aide à vous enfuir, ils sauront que c’est moi, et je me verrais déshydrater.

Déshydrater ?

Exécuter si vous préférez.

Je vois, je vais donc mourir, je ne peux pas m’enfuir.

Sauf si vous voulez me sacrifier.

L’instinct de survie de Robina lui criait, non, lui hurlait de s’enfuir, de laisser la femme champignon derrière elle sans se retourner, pourtant son éducation lui disait de ne rien en faire, elle pouvait s’en sortir, elle n’était pas coupable, elle allait le prouver. Sa volonté renforcée, elle plongea ses yeux dans ceux de l’Amirale qui vit que quelque chose avait changé en la jeune femme qui lui faisait face.

Bien, je vais faire en sorte que de quoi manger vous soit amener dans les prochaines heures que vous ne mourriez pas de faim. Cela leur ferait trop plaisir.

Merci Amirale. Je ferais tout pour survivre.

Je l’espère bien, j’ai bien envie de discuter avec vous, en dehors de cette affaire de procès.

Moi aussi, vous êtes ma seule amie en ce moment.

Heureuse de s’entendre dire qu’elles étaient amies, les deux femmes repartirent en direction de la cellule de la cuisinière, discutant de divers sujets, comme deux vieilles amies.
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