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[1629] La rencontre

Robina regardait tout autour d'elle. La route de tous les périls avait déjà montré à quel point elle était dangereuse à la cuisinière. Elle qui s'était dit que le nom n'était qu'une bravade avait déchanté quelques heures après son arrivée. C'était enchaîné plusieurs rencontres avec des pirates, Mayaku Miso et son équipage, les Pussycats okamas un équipage de travestis et son capitaine avec le zoan du Phénix. Les Avengers qu'elle avait arrêtés sur le Port des Jumeaux, ainsi que sa dernière prise, les Lizards Pirates sur Little Garden. Tout cela, elle ne s'y était pas attendue et pourtant son travail de chasseuse de prime lui avait permis de récupérer énormément d'argent. Assez pour qu'elle se mette à la retraite, oubliant le but qu'elle s'était fixé.

Pourtant avec l'esprit borné de la jeune femme l'idée de s'arrêter ne lui avait même pas effleuré l'esprit. Pire, elle avait même dépensé ce qu'elle avait gagné en créant des entreprises pour se fournir des matières premières d'exception. Pour elle ainsi que son restaurant et être véritablement la meilleure cuisinière au monde. Elle avait fait un détour pour aller sur Whiskey Peak. Son supérieur l'avait fait demander pour lui remettre une promotion. Maintenant que cela avait été fait, elle reprenait son voyage de là où elle l'avait arrêté. Elle avait tout de même visité neuf îles dans ce laps de temps. Dont une où elle n'avait été clairement pas été la bienvenue, elle se souvenait encore des longs bras et longues jambes.

Elle était maintenant aux abords de la seconde île de la cinquième voie de la Route de tous les périls, les Pythons Rocheux. Elle ne savait pas exactement pourquoi ils s'appelaient ainsi. Mais les pointes qu'elle pouvait apercevoir au loin telles des dents d'une mâchoire géante lui donnèrent une vague idée. Ici un seul port et une seule ville se trouvaient à la portée des navires qui voyageaient le long du chemin qu'indiquait Le Log pose. Elle pouvait entr’apercevoir des drapeaux de la Translinéenne. Des navires mouillaient au port pour se ravitailler ou faire descendre les clients. Certains prenaient de nouvelles personnes pour la prochaine étape ainsi que la dernière, Nebelreich.

L'iceberg s'approcha des côtes lentement, le navire de ligne n'était pas taillé pour la vitesse, pourtant il se rapprochait inexorablement de son but. La chasseresse de prime monta au poste de commande près du gouvernail où se trouvait Fang Shui.

Dans combien de temps serons-nous à destination? La capitaine des glaciers demanda d'un air interrogateur en levant un sourcil.

Nous devrions arriver dans une heure tout au plus. Le samouraï s'était tourné d'un quart de tour avec sa tête sans que son buste bouge. Ses yeux d'un gris d'acier s'étaient fixés sur la jeune femme.

La jeune femme aux longs cheveux blancs au chat de la tête heureuse d'avoir fini ce nouveau trajet pour la 4e étape de son voyage vers Shishoku. Le gyropode était déjà prêt à être utilisé dès que le ravitaillement du Galion serait fini, ils en avaient pour tout au plus quelques heures et il pourrait reprendre la route en appuyant simplement sur un bouton sur le côté de la boussole magnétique de la Route de tous les périls. Le bâtiment s'enfonce dans les eaux littorales, ici beaucoup de petits bateaux de pêche se frayaient un chemin vers le large. Tous prenez la même direction telle une une scène de fourmi pour après une centaine de mètres vers l'est de l'île au sommet très atypique.

Déjà les mousses qui se trouvaient dans les gréements du Galion de guerre s'activaient, tirant sur certains cordages pour diminuer la voilure et ranger ce qui n'était plus nécessaire. Le port se trouvait à la base d'un à pic, qui faisait comme une falaise dans l’arrière-plan de la ville, un ascenseur permettait de monter à son sommet en payant une peu pour en gagner l'accès.

Les manœuvres s’enchaînèrent rapidement, le temps des balbutiements des hommes de l’Iceberg était fini, ils étaient expérimentés à présent. Le bois grinça alors que la trajectoire de l’immense bâtiment se rapprochait d’un des pontons principaux du port, il n’y avait que peu de place autour du mastodonte que dirigeait la femme du Baroque Works, mais l’accostage se fit sans soucis. La rampe d’accès glissa sans attendre, les talons de la jeune femme aux longs cheveux blancs claquèrent alors qu’elle descendait sur le plancher des vaches.

Madame, bienvenue sur les Pythons Rocheux. Vous voyagez depuis longtemps sur la route de tous les périls ? Le petit visage rubicond de l’homme se glissa dans le menton de la chasseresse de primes.

Nous avons fait quelques arrêts, oui. Pourquoi cette question ? Rebutée par l’aspect gras et huileux de l’homme qui semblait pouvoir rouler en étant poussé, elle fit presque un pas en arrière.

Vous semblez avoir besoin de réparations. Les petits yeux de l’homme se posaient partout sur la coque du navire.

Robina se retourna pour constater l’état de l’Iceberg, quelques planches devaient être remplacées, rien de très coûteux.

Et vous me proposez qu’il soit réparé à moindres frais c’est ça ?
Ne comprenant pas les intentions de l’homme, la cuisinière se demandait si elle n’était pas tombée sur un escroc.

Non, mais de vous trouvez une place à l’écart pour que vous puissiez les réaliser. Il lançait maintenant son hameçon pour faire payer plus cher la nouvelle arrivante.

Et je suppose que cela à un prix. Elle avait compris le manège de l’homme maintenant, un douanier qui tentait de faire payer un étranger plus cher pour s’en mettre plein les poches. Typique.

Seulement cent mille berries, je suis sûr que vous pouvez vous le permettre, mademoiselle Erwolf. L’homme se frottait déjà les mains discrètement, il était tombé sur une cible qui avait les moyens de payer.

J’ai les moyens, mais nous ferons les réparations ici, pas besoin d’un emplacement spécial. Tenez, voici les frais de douanes. Elle déposa la somme qui était due dans tous les ports et commença à partir.

Attendez, vous allez gêner les autres occupants. Il se mit à courir derrière elle, cherchant à arnaquer la Sanderrienne à tout prix.

Je ne crois pas, il n’y a qu’un seul emplacement, prévu pour les navires de ligne, tel que le mien et vous n’avez pas d’autres places pour mon galion. Alors nous allons rester quelques jours, le temps de refaire nos réserves ainsi que nos réparations et nous repartirons. Le ton se fit sec et autoritaire, elle n’accepterait pas autre chose de la part du douanier.

Très bien. L’homme ne se décomposa pas, pourtant il n’en menait pas large. Lui qui avait espéré tomber sur une occasion en or venait de tomber sur un os. Il tenterait sa chance sur une autre cible.

La capitaine des Glaciers se retrouva sur le port, elle n’avait plus qu’à découvrir l’île et ses secrets. Elle n’avait pas perdu l’habitude de chercher à découvrir toutes les merveilles qui se cachaient sur sa nouvelle destination. Quelques jours suffiraient-ils ou devrait-elle passer plusieurs semaines ? Elle trouverait la réponse bien assez vite.
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Robina se promenait sur Le Port, elle regardait les produits de l’île qu’ils vendaient aux marchands qui s’arrêtaient ici. Principalement du minerai, de toute sorte, fer, cuivre, bronze et différents alliages que les artisans forgerons des Pythons Rocheux savaient faire fondre. Les bottes de la cuisinière claquaient sur les pontons de bois qui composaient la majorité de la ville. Principalement sur pilotis, elle se trouvait au-dessus du niveau de l’eau, suspendu par des rondins de bois gigantesque.

Elle se trouvait sur le marché, des escadrons de la marine patrouillaient pour garder l’ordre public des lieux. Ces derniers venaient voir le nouveau bâtiment qui venait mouiller dans le port, il n’y avait pas forcément énormément de passage, mais ils restaient très professionnels. Une tyrolienne siffla à côté de la Sanderrienne qui se tourna pour regarder d’où venait le bruit. Des ballots de marchandises glissaient sur une corde, venant des hauteurs des pitons.

Ici, le troc et les échanges se faisaient beaucoup, les blocs de roche fusaient dans les airs pour rejoindre des centres de tri. En levant les yeux au ciel, elle put apercevoir un ballet de paquets enveloppés dans du papier qui sifflaient pour rejoindre un centre de tri. Plusieurs hangars disséminés dans toute la ville étaient reliés aux hauteurs par des dizaines, voire des centaines de cordes, qui leur amenaient les minerais. Se demandant comment tout cela était possible, la jeune femme ne faisait pas attention aux personnes autour d’elle et bouscula un Pythonnien.

Excusez-moi, monsieur. Je n’ai pas fait attention où je mettais les pieds. La jeune femme se tourna vers l’homme dans lequel elle était rentrée. Le souci, c’était qu’il n’avait pas bougé et que c’était elle qui était tombée par terre. Elle rougissait alors que l’homme lui tendait la main, sa famille à ses côtés.

Pas de soucis. Mais faites plus attention, sur cette île, nous ne perdons pas de temps. La voix rocailleuse de l’homme surprit la jeune femme qui attrapa la main pour se remettre sur ses pieds.

Je vais m’en souvenir ! Merci de m’avoir aidé à me relever, bonne journée. Elle les salua d’un signe de tête avant de repartir. Le groupe ne lui répondit pas, pressant le pas pour se rendre à leur destination.

Prenant son temps, elle regardait ce qui se passait autour d’elle à partir de maintenant, des centaines de personnes s’activaient ici et là dans leur travail. Des tailleurs de pierre, avec des blocs parfois de plusieurs mètres de hauteur, travaillaient avec marteau et burins pour sculpter une statue qui se trouvait dans la pierre. Certains travaillaient les métaux précieux pour tailler de la joaillerie, argent, or et pierres précieuses se faisaient modeler pour créer bagues, boucles d’oreilles ou autres bijoux.

Des marchands venant de l’extérieur avaient ouvert leur navire et des étales pour créer un marché temporaire. Gigantesque, il fallait faire le tour du port pour trouver tout ce qui pouvait intéresser les acheteurs. Poissons, bois, commandes pour un chantier naval voisin, viandes et autres produits alimentaires se vendaient tout autant que des navires d’une île à quelques jours de navigation.

Un petit attroupement s’était créé devant un navire vendant des fruits et légumes venant d’Astérion. Les fruits du labyrinthe étaient connus pour avoir un goût changeant selon la façon dont on le mordait. Les habitants des Pythons Rocheux étaient en train de discuter des dernières nouvelles en attendant leur tour dans la longue file de clients.

Vous avez entendu la dernière ? Lança un puissant mineur des strates supérieures.

Ne m’en parlez pas. Depuis qu’ils sont là, nous avons perdu la moitié de notre pêche. Une femme souffla en annonçant ce bilan lamentable.

La moitié ? Et la marine ne fait rien ?! Ils pourraient tout de même faire leur travail ! La colère grondait dans la voix d’un jeune garçon qui cherchait encore sa voix.

Techniquement, ils n’ont rien fait de mal, c’est bien le souci. Il faudrait qu’ils s’attaquent à nous pour qu’ils bougent. La fatigue de la femme remontait, elle ne savait pas comment gérer la situation qui commençait à durer.

À son habitude, la capitaine de l’Iceberg aurait passé son chemin, elle n’était pas à se mêler des affaires des autres. Pourtant, cette histoire ne lui disait rien, elle devait aider ces gens, elle n’était pas du genre à faire la sourde oreille en entendant ce qui arrivait à ces pauvres Pythonniens.

Pardon. Excusez-moi, mais je viens d’entendre un morceau de votre conversation. Elle se glissa aux côtés de la femme qui avait perdu une partie de sa pêche.

Oui, et alors ? Vous savez que c’est très malpoli d’écouter les conversations des autres ?! Le regard de la femme se fit furieux face à la femme aux longs cheveux blancs qui venait de l’aborder.

Je suis désolée pour ça, mais c’est que j’ai cru comprendre que vous aviez besoin d’aide. Elle plongea ses yeux jaunes dans ceux noisette de la pêcheuse. Je peux peut-être vous venir en aide ?

Et comment exactement ? Vous êtes une marine ? Elle regarda Robina de pied en cape, ne voyant aucun signe de son appartenance à la marine. Vous n’en avez pas l’air en tout cas.

Non, je ne fais pas partie de la marine, je suis Robina Erwolf, capitaine de l’Iceberg. Elle regarda avec fierté la jeune femme, elle était heureuse de son voyage sur la route de tous les périls pour devenir la meilleure cuisinière du monde.

Vous êtes une pirate ? La crainte se faisait un chemin dans la voix de l’homme qui avait participé plus tôt à la conversation.

Pas du tout, je suis cuisinière et chasseuse de primes pour le Baroque Works. Elle se tourna vers l’homme lui tendant la main pour la serrer.


Une chasseuse de primes ? Vous êtes une mercenaire ? Le dégoût montait dans la voix de l’homme alors qu’il constatait la chose.

Je ne suis pas mercenaire ! J’aide les gens quand je vois qu’ils sont en danger ! L’indignation fit monter la voix de la cuisinière dans les aigus.

En vous faisant payer après par ceux que vous avez aidés, je suppose. L’homme ne faisait même pas l’effort de masquer le dédain dans sa voix.

Non, j’arrête les pirates, car c’est la plupart du temps ce qui met les gens en danger, ou des bêtes sauvages. Le ton de la Sanderrienne restait ferme, elle n’était pas une vendue au plus offrant.

Et donc vous récupérez les primes de ces pirates ? L’interrogation de la femme se voulait neutre, mais elle n’était pas anodine.

Oui, mais je ne demande rien aux gens que je sauve et je les aide pour construire, reconstruire ou financer les travaux pour qu’ils retrouvent une vie normale. Elle tentait tant bien que mal de persuader qu’elle n’était pas avide d’argent, elle n’était comme tous ces chasseurs de primes, elle était éthique.

Je n’aurai rien à vous donner alors ? Pas un seul Berry ? Que vous réussissiez ou non ? La femme était clairement perplexe, elle avait du mal à croire ce que disait la jeune femme face à elle.

Exact, vous avez ma parole. Elle salua d’un mouvement martial avant de reprendre une position plus naturelle.

Bon, je n’ai rien à perdre de toute façon, je peux bien vous le dire. Elle souffla avant de commencer son histoire.

Je vous écoute. Les sourcils froncés, la commandante des Glaciers était prête à entendre le souci qui gênait la femme des Pythons Rocheux.

Il y a de cela, trois ou quatre jours, des corsaires sont venus sur les Pythons Rocheux pour y faire on ne sait quoi. Le problème est qu’ils ont privatisé près de la moitié des eaux poissonneuses et que nous ne pouvons pas nous approcher, ils travaillent pour le Gouvernement Mondial… On s’est bien plaint à la marine, mais ils nous ont dit de les laisser tranquilles le temps qu’ils fassent leur affaire et qu’ils repartent. Presque une semaine qu’ils vont être là et je perds de l’argent et je ne peux pas envoyer tous mes navires vu que nous avons perdu la moitié de notre travail.

Vous voulez donc… La chasseresse de primes ne comprenait pas exactement où elle voulait en venir.

Que vous les fassiez partir ! Dites-leur de s’en aller, aidez-les à arriver à leur fin, je m’en fiche. Mais il faut qu’ils partent. La femme commençait à s’énerver et à parler rapidement, le ton montait et certains dans la file se mirent à se retourner pour voir la source de ce raffut.

J’ai compris, calmez-vous. Je vais m’en occuper, ça ne devrait pas être trop difficile. La jeune femme aux longs cheveux blancs posa sa main sur l’épaule de la patronne. Elle se voulait rassurante. Je reviens vers vous, pour vous dire quand ils sont partis.

Essayez de faire vite quand même, j’aimerais bien qu’ils ne restent pas un mois ici ! Elle cria alors que Robina partait déjà vers l’Iceberg pour annoncer le changement de plan aux Glaciers.
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Robina remontait déjà la rampe d’accès à l’Iceberg, ses bottes claquaient sur le bois, comme un tambour alors qu’elle voyait le quartier-maître Lanch donner des ordres. Elle se sentait toujours mal de ce qui s’était passé sur Bulgemore, il s’était pris une balle à cause d’elle et de son irresponsabilité. Elle se rapprochait de lui quand Billy s’approcha d’elle, un sac très long sur le dos, il lui fit un large mouvement de mains pour attirer son attention, elle allait s’occuper de lui avant de parler avec l’ancien sergent.

Mademoiselle Erwolf, voilà vos meitous, je les ai huilés et j’ai vérifié le fil de leur lame pour voir s’ils n’étaient pas abîmés. Le chasseur de primes avait annoncé cela avec fierté. Il sortit Libertalia et Coupe-Faim de son sac profond pour les remettre à la cuisinière.

Vous avez touché à mes couteaux de cuisine ? Tout le monde était au courant dans l’équipage des Glaciers. Personne ne touchait aux couteaux de cuisine de la capitaine, même avec toute la bonne volonté du monde. Elle essayait de ne pas le montrer, mais elle était furieuse.

Oui. Mais je ne leur ai rien fait à part passer un peu d’huile dessus pour qu’ils glissent bien dans leur fourreau. Je peux vous l’assurer. Je suis armurier aussi, je me dois de faire en sorte que toutes les armes soient en bon état. Il savait qu’il venait de mettre sa tête sur le billot et que sa patronne pouvait le virer maintenant, mais il n’en démordrait pas. En plus, il ne pouvait pas passer à côté de s’occuper de lames aussi magnifiques.

Mais, monsieur Mulet, ils étaient dans la cuisine. La colère montait dans la voix de la jeune femme, on ne touchait pas à ses affaires et encore moins à ses instruments de cuisine.

Oui, ils étaient là, et je voyais qu’ils n’avaient pas été entretenus, de façon martiale depuis longtemps, je me suis donc permis cette initiative pour que vous puissiez mieux vous battre, ou cuisiner. Les regards se posaient sur les deux, les Glaciers avaient l’impression que l’homme rapetissait, il voulait rentrer dans un trou de souris. Pourtant, il ne sortait pas son idée de la tête qu’il devait s’occuper des armes de la capitaine aussi.

Monsieur Mulet, vous êtes rentrés dans la cuisine pour vous occuper de mes couteaux. Alors que vous savez que je n’aime pas ça. L’agacement n’était même plus caché dans la voix de la jeune femme. Elle était furieuse.

Je le sais, mais je n’ai pas fait que les vôtres, j’ai fait chacun des couteaux et fusils, pour que chacun soit aussi tranchant que possible. Il se redressa légèrement fier de son travail.

Vous les avez tous faits ? La surprise était palpable dans la voix de la jeune femme. Elle ne s’était pas attendue à ce que toute la cuisine y passe. Mais pourquoi ?

Parce que je suis l’armurier du navire. Et bien que cela ne soit pas des armes de combat, je sais que vous et les cuisiniers du navire y tenez beaucoup, j’ai donc pris le temps de les faire un par un. Il voyait une lueur d’espoir, peut-être ne serait-il pas déposer sur les Pythons Rocheux aujourd’hui.

Je… Je vous remercie Billy. Mais la prochaine fois, demandez-moi si vous pouvez le faire, je déteste qu’on touche à mes couteaux. La Sanderrienne se calmait, elle n’était pas un monstre et comprenait la pensée de l’homme, elle aurait fait pareil à sa place.

Bien sûr, aucun souci, mademoiselle Erwolf. Je vous remercie de cette attention. Il prit alors congé, ne voulant pas pousser sa chance.

En ayant fini avec l’armurier et porteur de l’Iceberg, la capitaine se tourna vers son quartier-maître, il avait regardé l’échange en entier. Elle voyait qu’il avait toujours le bras en écharpe, la balle avait fait beaucoup de dégâts, il se remettrait, mais il faudrait du temps.

Quartier-maître Lanch. la jeune femme aux longs cheveux blancs avait une petite voix, elle s’en voulait toujours pour ce qui était arrivé sur l’île hivernale.

Oui, capitaine ? La voix de l’ancien militaire de Sanderr était froide. L’attitude qu’il avait avec sa supérieure n’était clairement pas cordiale, il avait perdu sa capacité à se battre à cause de ses erreurs. Du moins pendant un temps.

Nous avons une nouvelle destination. La voix se raffermit, elle donnait ses ordres et elle comptait bien être entendue. Ils pouvaient être en froid ces derniers temps, elle était toujours la commandante du navire et il l’écoutait quand c’était un ordre.

Je vous laisse le dire à monsieur Shui, je ne peux pas lui donner d’ordre. La sentence claqua comme un fouet, il ne manquait pas une occasion pour lui rappeler ce fait depuis Bulgemore.

Je vais le faire, mais prévenez l’équipage, nous allons trouver des corsaires qui se sont installés un peu plus loin dans les eaux de l’île. Elle se retourna, cette tension l’agaçait et elle ne voulait pas s’en prendre à l’homme qui s’était fait blesser à cause d’elle.

Nous allons encore devoir nous battre ? J’espère qu’il n’y aura pas de blessé… Les accusations étaient à peine voilées, le ton était toujours aussi glacial. Quelque chose s’était brisé entre les deux depuis l’île futuriste.

Non, ce sont des corsaires, ils travaillent pour le Gouvernement Mondial. Nous allons essayer de les faire partir pour que les habitants puissent reprendre une vie normale. Les émotions de Robina faisaient des montagnes russes entre la colère, puis la honte et de nouveau l’agacement.

Vous avez entendu la capitaine ? Tout le monde à son poste, nous repartons ! La voix puissante de l’ancien sergent monta jusqu’à la vigie, chacun des hommes et femmes des Glaciers venait de recevoir ses ordres.

Arrivée au poste du timonier, elle se tourna vers une des nouvelles recrues du Baroque Works qui l’avait rejoint avec Billy Mulet sur Whiskey Peak.

Mars, vous prenez la barre, nous allons laisser Benny et Fang se reposer, ils l’ont bien mérité. Encore légèrement agacée, sa voix claqua comme un fouet dans l’air.

À vos ordres, capitaine. Où allons-nous ? L’homme à la louche géante attrapa le gouvernail des deux mains, attendant les indications de sa commandante avant de commencer les manœuvres.

Nous allons dans le sens contraire des navires de pêches, nous devons retrouver des corsaires qui se trouvent dans cette direction.

Bien reçu. Il tourna légèrement la barre, la corde permettant de faire bouger le safran sous la surface de l’eau.

Le galion fit lentement demi-tour pour rejoindre les eaux plus profondes et partir en direction des corsaires qui gênaient le commerce local.
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Le galion des Glaciers avançait lentement dans les eaux territoriales, l’objectif était de retrouver les corsaires. Robina s’était armée, au cas où ils feraient une mauvaise rencontre, ou que les flibustiers aient de mauvaises idées en les voyant. La cuisinière n’avait jamais fait confiance aux pirates, mais elle avait compris qu’ils n’étaient pas des personnes comme les autres. Ses différentes expériences avec ces derniers lui avaient appris une chose, ils étaient tous destructeurs, violents et assoiffés de richesse.

Elle se demandait si les corsaires étaient différents par rapport à leur homologue pirate, il n’y avait qu’une lettre de marque qui les distinguait les uns des autres. Elle regarda autour d’elle, mais sa vision était bloquée par les pitons rocheux qui l’entouraient, elle et l’Iceberg. Le navire zigzaguait entre les pointes de roche, cherchant à trouver le bâtiment de ceux qui troublaient la vie des pêcheurs. La Sanderrienne était nerveuse, sa première rencontre avait Sloth, la capitaine corsaire de Bulgemore ne s’était pas passée comme prévu, elle espérait un meilleur accueil ici.

Des nouvelles ? Elle s’époumona pour se faire entendre de la femme avec la longue-vue qui se trouvait dans le nid de pie à plus de cinquante mètres de haut.

Toujours pas de navire en vue, capitaine ! Je ne vois rien avec les rochers dans ma ligne de vue ! L’homme lui répondit en se penchant au-dessus de la rambarde de sécurité de la vigie pour mieux se faire entendre du contrebas.

Où peuvent-ils bien être ? J’aurais dû demander à cette femme. La chasseresse de primes parlait dans sa barbe, réfléchissant à voix haute.

Ne vous en faites pas. Mars avait entendu ce que la jeune femme aux longs cheveux blancs avait dit, il lui sourit avant de reprendre la parole. Nous savons qu’ils sont dans les environs, ça ne sera peut-être pas aujourd’hui, mais nous avons déjà une idée globale de leur position, il suffit de ne pas baisser les bras.

Je ne m’en fais pas pour ça. Elle fit une légère pause, mettant ses pensées en ordre. J’aurais juste voulu régler cette histoire le plus rapidement possible pour apporter de bonnes nouvelles aux habitants.

Je comprends votre sentiment, vous voulez faire vite et bien. Malheureusement, ça n’est pas toujours possible. Je suis sûr que les habitants comprendront. Il se voulait rassurant, la capitaine espérait aller trop vite parfois.

Vous avez raison, mais c’est frustrant. Elle se retourna vers le timonier qui était derrière elle en train de lui parler, tournant le dos à la vigie. Vous savez depuis que je suis chasseresse de primes, j’ai l’impression de ne faire que me battre. Le Royaume de la Veine, une île balnéaire, l’Îlot Flottant, Orange, l’attaque de la Translinéenne, Whiskey Peak, le Port des Jumeaux, Little Garden, Bulgemore… J’ai l’impression d’attirer les ennuis à moi depuis que j’ai cette licence. Un sourire amer se dessina sur les lèvres de la commandante des Glaciers, elle voulait s’améliorer en cuisine, pas en combat.

Je comprends votre frustration, vous êtes une cuisinière avant tout, mais savez-vous combien d’entre nous rêveraient d’être à votre place ? Il montra le pont supérieur avec les membres de l’équipage qui s’activait. Peu de personnes dans le monde des personnes qui s’occupent autant d’elles, chacun vous respecte et vous aime, ils vous aident dans votre objectif. Vous êtes ralentis par des combats ? Et alors ? Vous pouvez vous enrichir comme ça, et puis au pire des cas, vous pouvez aussi déchirer votre licence et redevenir une civile, rien ne vous en empêche. Mais vous ne serez pas protégé d’une attaque de pirate, et c’est dire si sur la route de tous les périls il peut y en avoir.

Vous me dites que je ne fais que gagner à rester chasseur de primes ? La jeune femme doutait de la façon de faire pour la suite.

Vous gagnez de l’argent en combattant ceux qui vous gênent. Si vous étiez une civile, vous allez recevoir une tape dans le dos, au meilleur des cas. Vous y gagnez, cela vous permet de nourrir votre équipage, de les payer, de maintenir un certain niveau de vie… Je sais que vous n’êtes pas une combattante à la base, mais tout le monde le devient sur la route de tous les périls. Il tourna la tête et le gouvernail, avec la discussion il avait été distrait et le bois du galion avait failli s’enfoncer sur des rochers.

Je vois que je vous distrais, je vais réfléchir à tout ce que vous venez de me dire. Elle le salua d’un signe de tête et fit demi-tour en descendant les marches du poste de pilotage et se retrouva sur le pont supérieur.

Ici, le quartier-maître Lanch l’attendait en bas des marches, il la regarda passer à côté de lui sans rien dire. Il la fixa pendant un long moment, son torse lui faisait encore mal, mais il commençait à retrouver l’usage de son bras. Devait-il lui pardonner ? Non, il n’en avait pas encore le cœur, mais il pouvait au moins lui dire un mot. D’un mouvement du bassin, il se releva de sa position et se posta derrière la jeune femme aux longs cheveux blancs.

Mars Xulia a raison, la route de tous les périls est dangereuse, c’est normal de se battre ici contre des pirates. Vous nous avez plusieurs fois sauvés d’équipages pirates qui auraient pu nous tuer, moi comme l’équipage. Il ne desserra pas les dents alors qu’il parlait. Il ne voulait pas pardonner à cette jeune femme, pourtant, il était en train de le faire.

Maître Lanch… Elle ne savait pas quoi dire.

Ne dites rien. Vos choix sont les vôtres, et vous nous avez à nous, les Glaciers, offert une belle vie sur votre navire. Nous recevons notre solde du Royaume-Archipel de Sanderr, mais nous sommes contents de voir que nous avons tout le confort que nous pouvons avoir. Il fit une pause, il était l’heure de percer l’abcès qui s’était créé entre eux deux.

La seule chose que je peux vous reprocher est que vous êtes trop impulsive, nous avons eu des morts et des blessés sur Bulgemore, des hommes et femmes que nous ne pourrons jamais remplacer. Faites attention à vos ordres, que cela ne nous mette pas en danger. Il la salua, un peu trop durement à son goût, mais il ne s’arrêta pas et retourna à son poste, comme si rien ne s’était passé.

Les minutes firent place aux heures alors que Robina était plongée dans ses pensées, elle était revenue dans sa cabine. Elle devait être patiente, pas seulement pour la cuisine, mais aussi pour son voyage en général, rien ne servait d’aller vite. Elle réfléchirait un peu plus à ses actions et à leurs répercussions à l’avenir. Un homme toqua à la porte, un mousse qui entra après que la cuisinière l’y ait invité.

Nous avons repéré le navire des corsaires, capitaine. Il la salua militairement, gardant le garde-à-vous.

Sont-ils nombreux ?

Deux navires, de ce que nous avons pu observer, ils ne nous ont pas pris pour cible, nous attendions vos ordres. L’homme professionnel ne bougea pas alors que la chasseresse de primes se levait de son siège.

Rapprochez-nous. Nous devons discuter avec eux. Enfin, elle touchait au but, il avait fallu la moitié de la journée, mais ils étaient là.

À vos ordres, commandante, je passe les ordres tout de suite. Il battit en retraite en refermant la porte derrière lui.

La capitaine de l’Iceberg vérifia ses armes et que sa tenue était propre avant de sortir, elle devait faire une bonne première impression pour ne pas paraître ridicule. Elle ouvrit la porte, se faisant éblouir par la lumière du soleil qui se trouvait à l’horizon, le soir était déjà bien installé. Elle avait des négociations à mener.
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Les manœuvres d’approche se firent dans le plus grand des silences, personne ne savait exactement ce qui allait se passer dans les prochaines minutes. Et chacun était prêt à se battre ou à fuir s’il le fallait, même si les bâtiments adverses étaient plus petits. Ils étaient courageux, mais pas téméraires, la dernière bataille des Glaciers leur avait fait perdre des plumes. Ils n’avaient pas envie de tous finir entre quatre planches.

Monsieur Xulia, faites-nous approcher lentement des corsaires. Que dit la vigie sur les couleurs des hommes que nous avons devant nous ? Le rôle de capitaine était maintenant comme une seconde peau pour Robina, elle donnait ses ordres et posait ses questions d’un ton autoritaire.

Bien compris, capitaine. La voix de Mars s’éleva jusqu’à elle. Elle ne l’entendit qu’à peine alors qu’elle se concentrait sur un gréeur qui descendait pour faire le messager entre la vigie et la commandante du navire.

Madame, ils nous ont repérés, la vigie est formelle, ce sont bien des corsaires, mais ils ont plusieurs drapeaux. Et il ne sait pas qui ils sont exactement, en tout cas, il se souvient les avoir déjà vu dans les journaux. Et il m’assure qu’ils ne sont pas des pirates, pas de drapeaux portant ces couleurs. L’homme haletait alors qu’il faisait son rapport, il s’arrêtait tous les quatre ou cinq mots.

La cuisinière posa sa main sur son épaule alors qu’il était plié en deux pour reprendre son souffle.

Merci. Monsieur Lanch, faites préparer les pièces d’artillerie. Je ne veux prendre aucun risque quant à cette future rencontre. Elle tourna la tête vers sa droite, là où se trouvait la silhouette de marbre du quartier-maître Lanch.

Vous avez entendu la capitaine, mais faites cela en silence, pas de bruit, nous ne savons pas encore s’ils sont amis ou ennemis. Il venait de se tourner vers un groupe d’hommes et de femmes qui attendaient leurs ordres, les artilleurs du navire. Le maître artificier plongea son regard dans celui de la Sanderrienne pour faire comprendre qu’elle avait compris ses ordres.

Quelques bruits de fonte s’élevèrent du pont inférieur, mais rien qui aurait pu alerter ceux d’en face. La commandante des Glaciers s’avançant, remontant pour se retrouver sur le gaillard avant, elle aurait une meilleure vue sur les deux navires corsaires de là. Elle se pencha à la rambarde et l’un des moussaillons lui tendit une longue-vue pour qu’elle puisse voir ce qui se passait sur les deux frégates devant elle.

Des centaines de femmes regardaient le navire de ligne de l’ambassadrice de Sanderr s’avancer lentement jusqu’à elles. Elles n’étaient pas toutes armées et bien que certaines semblaient avoir des grimaces sur le visage, leur attitude n’était pas agressive. La jeune femme aux longs cheveux blancs fit un geste pour saluer les corsaires depuis l’Iceberg. Elle ne vit pas si on lui répondait, cependant elle put sentir qu’il y avait de l’activité en face, les femmes ne se cachaient pas et elle put entendre des bruits de bois que l’on frappait.

Des cris qu’elle ne comprit pas avant qu’une porte ne s’ouvre, la capitaine de ce qu’en comprenait Robina. Il faudrait encore quelques minutes avant que le galion ne soit à portée de voix des deux navires. Néanmoins, le moment de flottement entre les deux arrangeait bien la chasseresse de primes, cela laissait le temps à ses artificiers de préparer les canons. L’eau prit une teinte rosée alors que les deux navires amiraux se trouvaient presque bord à bord.

Je suis Robina Erwolf, capitaine de l’Iceberg, cuisinière et chasseuse de primes pour le Baroque Works. Puis-je vous demander qui vous êtes ? Elle hurlait, essayant de se faire entendre des amazones qui se trouvaient en contrebas.

Une femme aux longs cheveux d’un noir de jais leva les yeux pour croiser ceux de la cuisinière, elle la jugea un instant avant d’ouvrir la bouche.

Je suis Yamasita D. Hanabi, capitaine des Kujas, impératrice des Amazones et corsaire pour le compte de Lust. Que pouvons-nous faire pour vous aider ? Elle se tourna, fière de sa petite blague, son équipage se moquait ouvertement d’eux.

Ce que vous pouvez faire pour m’aider ? Laissez les habitants de l’île venir dans la région pour pêcher, tout simplement. La voix de la jeune femme se fit plus froide. Elle n’avait jamais eu à négocier avec des corsaires.

Impossible. La sentence claqua comme un coup de fouet dans l’air. Le refus était sans appel.

Et puis-je savoir pourquoi ? Vous empêchez les gens de vivre en restant ici et en les empêchant de faire leur travail. La réponse était tout aussi froide que la sentence.

En quoi cela vous concerne-t-il ? La reine des amazones se fit plus méfiante, une inconnue venait se mêler de ses affaires, c’était louche.

Je veux aider les habitants de l’île comme je vous l’ai déjà dit. Le ton se fit dur, elle semblait parler à un mur. Si je vous aide, vous partirez plus vite.

Depuis quand une chasseuse de primes aide les autres ? On vous a payé ? Le sourire pouvait s’entendre dans la voix autant que se voir sur le visage de la reine amazone.

Je le fais depuis toujours, et non, on ne m’a pas payé ! Je ne suis pas une mercenaire comme mes collègues ! Elle n’aimait pas être comparée à ce genre de personnes, elle était différente. Je veux juste rendre service aux personnes qui sont en train de perdre la pêche à cause de votre privatisation.

Donc si je vous explique ce que nous sommes venus faire ici, vous nous aiderez et nous laissez partir, sans rien demander en contrepartie ? Le doute était perceptible dans la voix de l’ancienne pirate. Des ricanements commencèrent à monter des rangs derrière elle, mais elle les fit taire d’un geste.

Exact. Aucune hésitation chez la cuisinière. Elle fixa la capitaine des Kujas dans les yeux, elle ne cillerait pas et ne partirait pas avant d’avoir ce qu’elle voulait.

Très bien, vous avez gagné. Nous sommes là pour attraper une espèce très rare de serpents. Les serpents Yudas, ils font peur aux Rois des Mers, nous avons perdu les nôtres durant une bataille il y a quelques semaines. Et nous ne pouvons pas rentrer chez nous tant que nous n’en avons pas récupéré au moins deux. Nous en avons déjà un, mais il nous en manque.

Et un seul ne suffirait vraiment pas ? Ne comprenant pas le pourquoi de cette chasse, la question semblait légitime à la chasseresse de primes.

Non, nous avons deux navires, et il en faut un par navire. Sinon les rois des mers de Calm Belt détruiront celui qui n’est pas protégé par un serpent. La reine était sur les nerfs avec toutes les questions de la Sanderrienne. Elle voulait se débarrasser d’elle le plus vite possible pour que les eaux redeviennent calmes.

Je comprends la situation. Elle avait mis son menton dans sa main gauche, réfléchissant à une solution rapidement face au problème. Je vais donc vous aider à en attraper un autre pour que vous puissiez partir le plus vite possible.

Vous feriez vraiment ça ? La stupéfaction de l’envie d’aider les habitants des Pythons Rocheux sans rémunération était palpable chez l’impératrice Amazone.

Oui, c’est celle que je suis. Monsieur Lanch, faites jeter l’ancre, nous allons rester ici pendant un long moment. Elle regarda son bras droit qui se trouvait à quelques mètres, prêts à prendre toutes les mesures si quelque chose tournait mal. Je vous souhaite une bonne soirée, capitaine Yamasita, nous nous reverrons demain matin pour commencer cette chasse aux serpents.

La jeune femme aux longs cheveux blancs se retourna sans attendre de réponse. Elle ne comptait pas en avoir dans tous les cas, elle laissa là la corsaire avec son équipage.

Hanabi se retourna vers Lidya, la capitaine de sa première flotte et leva un sourcil en l’air après cet échange. Elle lui demandait son avis silencieux du regard.

Je ne sais pas trop, mais ce ne sont pas des pirates. J’ai vérifié dans les journaux, elle est bien Robina Erwolf, une silver du Baroque Works, elle a beaucoup fait parlé d’elle ces derniers mois. La femme en armure donna la réponse au questionnement muet de sa dirigeante.

Et qu’est-ce que tu en penses ?

J’en pense que s’ils avaient voulu nous attaquer, avec la taille de leur navire et les armes, ils auraient pu nous détruire avant que la bataille ne commence véritablement. Nous sommes plus nombreuses, mais ils sont plus lourdement armés. Nous n’aurions pas réussi à les approcher sans finir au fond de l’eau. Ils avaient l’avantage et l’ont perdu au moment où ils se sont rapprochés de nous. Elle passa sa main dans les cheveux, cherchant ses mots un instant avant de reprendre. Nous verrons demain, mais je crois ce qu’elle dit.

Moi aussi, et un équipage de plus ne nous fera pas de mal pour les recherches. Nous verrons s’ils sont là demain. Allons nous coucher pour le moment, avec nos trois bâtiments nous ne devrions rien craindre, mais laisse une dizaine de gardes, au cas où nos nouveaux « amis » veuillent nous jouer un petit tour. La femme à la tête de l’équipage prit sa décision et donna ses directives en fonctions des évènements.

Bien reçu.

La nuit tombait et il était l’heure de dormir pour tout le monde.
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Robina se leva aux aurores, elle avait mal dormi toute la nuit, se réveillant régulièrement s’attendant à se faire attaquer à chaque instant. Pourtant, rien ne s’était passé, l’atmosphère avait été étrange entre les deux camps, mais les guerrières amazones avaient tout simplement choisi d’ignorer les hommes des Glaciers. La cuisinière fit rapidement sa toilette avant de sortir de sa cabine. Elle devait paraître présentable pour la première journée où elle travaillerait avec les corsaires.

Les Glaciers s’activaient déjà sur le pont supérieur alors que la Sanderrienne sortait de sa cabine de capitaine. Une rampe d’accès avait été descendue pour que la corsaire et la commandante de l’équipage hétéroclite puissent discuter encore une fois des derniers détails. Le quartier-maître se tourna vers elle quand un mousse lui passa le message qu’elle était sortie de sa chambre. Il s’arrêta à son niveau pour lui faire son rapport du matin, et que personne n’en doute, il était vrai point par point, ce rapport du matin.

Capitaine Erwolf. Les corsaires vous attendent sur leur navire pour discuter des derniers détails de notre affaire. SI vous voulez mon avis, je n’aime pas ça, ça pourrait être un piège. Toute trace de froideur avait disparu, la suspicion qu’il avait pour les anciennes pirates était trop grande pour que les anciennes querelles avec sa capitaine prennent le dessus.

Ça ira, ils en ont eu l’occasion toute la nuit, tout comme nous, de les attaquer. Personne ne l’a fait. Nous allons juste leur faire confiance, et puis je sais me défendre. Elle tapota ses lames d’exceptions accrochées dans son dos.

Vous me le promettez, commandante ? Le souci de l’homme pouvait se sentir. Il lui en voulait, mais ne souhaitait pas sa mort.

Je vous le promets. Elle s’arrêta là et commença à descendre la rampe d’accès à la frégate de l’impératrice Amazone.

Les regards de l’équipage des amazones s’attardaient sur la capitaine des Glaciers, elles n’étaient pas agressives, cependant la chasseresse de primes pouvait sentir qu’elles se méfiaient. Une femme l’attendait en bas de la rampe, rousse, une longue queue de cheval, elle porterait une armure d’acier avec un fusil dans le dos. Elle était très clairement une figure d’autorité, les regards qui se posaient sur elle étaient remplis de respect.

Capitaine Erwolf, veuillez me suivre s’il vous plaît. Lidya n’attendit pas de réponse et se retourna pour guider la commandante de l’Iceberg vers la cabine du capitaine de son bâtiment.

Elle frappa de quelques coups à la porte de sa supérieure et attendit tel un piquet sans un seul mouvement. Cette femme avait la discipline collée à la peau, la jeune femme aux longs cheveux blancs l’avait compris. Elle faisait ce qu’on lui avait demandé, amené la dirigeante des chasseurs de primes à sa capitaine et prévenir l’impératrice amazone. Pas d’initiatives ou de changements de plans. Une poignée de secondes plus tard, Hanabi ouvrit la porte pour faire entrer la chasseresse de primes, remercia sa seconde d’un signe de tête et referma derrière elle.

À l’extérieur, Lidya se posta devant la porte de l’impératrice et ne bougerait plus, elle était la garante de la sécurité de l’invitée, ainsi que de sa commandante. L’amazone dans la pièce avec Robina la regarda de pied en cape, un petit sourire se dessina sur ses lèvres. Elle semblait apprécier ce qu’elle voyait, une femme forte, capitaine de son navire et qui n’avait pas peur de lui tenir tête pour avoir ce qu’elle voulait. Elle fit le tour de son bureau et s’effondra à l’intérieur avant d’inviter son invitée à en faire de même dans une chaise rembourrée de l’autre côté du meuble.

Nous n’avons pas pu faire les présentations correctement hier soir. Hanabi D. Yamasita, capitaine pour la corsaire Lust, Je suis sûr que vous savez qui elle est. Pas de menace dans la voix, juste un constat, chacun connaissait les corsaires de par le monde.

C’est exact, même si je me demande comment vous avez pu perdre les serpents dont vous avez besoin. La cuisinière se détendit, ici il n’était pas question d’interrogatoire, mais de discussions diplomatiques pour diminuer les tensions et s’assurer qu’elles étaient bien alliées.

Un accrochage, nous nous sommes attaqués à un trop gros morceau. L’ancien corsaire Leonov Kutroshinsky a attaqué Alabasta, nous avons réussi à limiter la casse, mais nous avons perdu nos quatre serpents Yudas dans l’histoire. Elle souffla, se servant un liquide ambré dans un verre. Vous en voulez ?

Merci, je ne bois pas d’alcool le matin. Vous me l’auriez proposé le soir, il n’y aurait pas eu de soucis. Le refus fut calme, elle ne voulait pas que sa comparse le prenne mal.

Cette dernière se mit à rire et versa dans un deuxième verre une grosse quantité de ce qu’il y avait dans la bouteille.

Moi non plus, je trouve que cela met de mauvaise humeur. C’est du thé noir, avec un mélange de bais d’Amazon Lily. Rien de mieux pour se réveiller et être pleine d’énergie. Elle riait encore légèrement, se retenant de ne pas se moquer de la jeune femme face à elle.

J’apprécie le geste, je n’ai pas encore pris mon repas du matin. Elle porta le verre à sa bouche où un liquide chaud et légèrement sucré se répandit. Très léger, c’est subtil, mais bienvenu de votre part. Vous vouliez discuter des derniers détails avec moi ?

Juste une question en fait, rien de pressant, mais vous m’intéressez. Vous avez fait votre chemin sur la route de tous les périls, en combattant des équipages puissants. Pourtant vous voilà sur la deuxième île d’une des voies de Grand Line, pourquoi perdez-vous votre temps ici ? À aider des habitants qui vous auront oublié d’ici quelques jours. Elle s’était penchée légèrement en avant, elle qui était une ancienne pirate, ne comprenait pas cette façon de penser.

Parce que je suis cuisinière avant tout, et que prendre mon temps me permet de découvrir de nouveaux ingrédients sur chacune des îles que je croise sur la route de tous les périls. J’en ai déjà fait dix, et des centaines de nouvelles possibilités se sont offertes à moi. Il faut que je me prépare avant Shishoku. La voix de la cuisinière était remplie de détermination. Elle deviendrait la meilleure cuisinière au monde, elle en était certaine.

Le silence s’installa entre les deux et la Sanderrienne en profita pour détailler la pièce. Le bureau était rempli de papiers, d’une plume et d’encre pour prendre des notes, des presse-papiers pour que les piles ne s’envolent pas alors qu’elle naviguait. Sur sa droite, une table avec plusieurs instruments de navigations pour les Blues, aux côtés d’un log pose et de plusieurs eternal pose. Elle n’arrivait pas à distinguer les destinations, mais il y avait au moins trois destinations différentes en plus du log pose.

Puis ses yeux se posèrent sur Hinode Tasogare, Aube et Crépuscule. Les poignées de ces dernières étaient sculptées dans du bois de cerisier, d’une teinte carmine avec une fine couche de peinture qui les recouvrait. Les pommeaux étaient sculptés aussi, deux têtes de serpents ouverts, montrant les crocs pour impressionner. L’ambassadrice de Sanderr ne pouvait pas voir les lames, dans leurs fourreaux, mais elle pouvait déjà deviner qu’elles étaient exceptionnelles.

Je vois que vous avez l’œil, en tant que porteuse d’un meitou des armes de premier rang, vous êtes aussi connaisseuse de leur qualité. Un léger sourire naquit sur les lèvres de Hanabi. Si vous voulez, vous pourrez les voir quand nous en aurons fini avec cette pêche, mais vous me ferez voir les vôtres. Elle regardait les deux armes au creux des reins de la jeune femme aux cheveux blancs.  

Aucun souci, ça sera donnant, donnant. Elles se penchèrent chacune en avant et se serrèrent la main. Et si nous allions voir ce que font nos équipages ? Elle allait se lever quand la capitaine des Kujas leva la main pour l’arrêter.

Nous sommes les capitaines, nous allons profiter de notre privilège qui est de ne pas avoir à tout le temps de se salir les mains. Elle porta son gobelet à ses lèvres et sourit à Robina. Expliquez-moi tout sur vos aventures sur la route de tous les périls.

Ne sachant pas quoi faire, la cuisinière décida de rester, elle ne voulait pas être malpolie envers Yamasita. Elle porta son verre et avala une gorgée avant de commencer son récit. Dehors, les trois équipages s’activaient pour jeter des filets et tenter d’attraper un serpent Yudas.


Dernière édition par Robina Erwolf le Lun 19 Déc 2022 - 16:10, édité 1 fois
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Les heures défilaient sans que les deux femmes ne s’en rendent compte, elles se rendaient compte qu’elles avaient plus de points en commun qu’elles ne le pensaient. Les circonstances auraient été différentes qu’elles auraient pu être amies, toutes deux femmes de caractère et capitaine, cherchant à devenir les meilleures pour leur pays et à défendre leurs équipages. Il était déjà midi, l’heure du repas et Robina se leva de sa chaise pour quitta la cabine de Hanabi, la femme la raccompagna jusqu’à la porte, refermant derrière elle.

Lidya prit le relais, elle ne disait rien, mais son attitude était légèrement décontractée par rapport à il y a quelques heures ; le travail avançait bien et les deux dirigeantes n’avaient pas eu un mot plus haut que l’autre durant ce long échange entre les deux. La cuisinière posa un pied sur la rampe d’accès à l’Iceberg quand elle se tourna vers la femme en armure qui ne se déparerait pas de son visage de marbre.

Votre capitaine m’a beaucoup parlé de vous, elle est contente que grâce à vous les amazones avancent vers la modernité. Elle se retourna et sourit à la rousse qui la regardait faisant mine de ne pas comprendre. Elle est fière de vous avoir sous ses ordres et de vous compter comme sa plus fidèle lieutenante.

Les deux capitaines avaient parlé de tous les sujets durant ces heures dans la cabine de l’impératrice Amazone. Rien de personnel, mais leur équipage avait été une grande partie des sujets de discussion. La Sanderrienne en avait beaucoup appris sur le mode de vie des amazones et sur les Kujas en général. Vivant sur Calm Belt, elles avaient besoin des serpents Yudas pour rentrer chez elles saines et sauves. La capitaine des Glaciers ferait tout pour les aider à rentrer chez elle, elle ferait ainsi une pierre deux coups en aidant les Pythonniens et les Amazones.

Merci, madame. Elle n’en dit pas plus et se tourna vers l’intérieur de la frégate pour que la chasseresse de primes ne voie pas ses joues qui étaient en train de rougir. Je vous laisse retrouver vos appartements, votre équipage vous attend.

La jeune femme aux longs cheveux blancs ne répondit pas, elle comprenait que la seconde d’Hanabi n’attendait pas de réponse de sa part. Cela la mettrait encore plus mal à l’aise qu’elle ne l’était déjà. Elle commença son ascension jusqu’au pont supérieur du galion qu’elle commandait et regarda l’activité qu’il y avait autour d’elle. Les Glaciers et principalement les hommes-poissons s’activaient dans l’eau, cherchant à remonter un filet tirer entre les deux bâtiments pour attraper tous les poissons qui passaient.

Capitaine Erwolf, vous voilà. Le quartier-maître Lanch s’était fait du souci, cela se voyait, il transpirait fortement et ne cachait pas sa détresse. Que va-t-il se passer alors ? Sommes-nous dans une mauvaise passe ?

Absolument pas. Robina sourit à l’homme qui se trouvait face à elle et se voulait rassurant en lui souriant. Nous avons parlé de beaucoup de sujets différents et je peux vous assurer que les Kujas ne nous veulent aucun mal, elles restent ici pour attraper un serpent et rentrer chez elles.

Me voilà rassuré. Il reprit très vite son rôle de superviseur de l’équipage et un ton plus neutre. Nous avons suivi les directives des amazones, des filets ont été lancés tout autour de nous, nous attendons que le serpent Kujas se fasse prendre.

Bien, il y a eu des soucis avec elles ? Elle s’attendait à ce qu’il y ait eu des soucis, elle savait que les amazones ne supportaient pas les hommes dans leur globalité.

Oui, en tout cas au début. Nous avons laissé la main aux femmes de l’équipage pour avoir affaire à elles pendant que nous faisions les manœuvres. Les tensions sont vite descendues et nous n’avons plus aucun souci.

Parfait. Est-ce que le repas est prêt ou dois-je passer en cuisine ? Elle espérait que les différents cuisiniers qui se trouvaient dans l’équipage avaient fait leur part du travail.

La plupart sont déjà en train de manger, ne vous en faites pas pour ça, Jin et Ema Niwatori ont bien travaillé. Cuisinière de métier, sa supérieure ne rigolait pas sur la question des repas sur l’Iceberg. Ils devaient être bons et que tout le monde puisse manger ensemble à l’heure du repas.

Robina acquiesça et descendit dans la cantine, c’était la première fois où elle ne mangeait pas en cuisine pendant le service. Elle prit une place au milieu des mousses et l’un d’eux lui servit une assiette remplie d’un ragoût d’anguilles et de légumes. Elle discuta de ce qui s’était passé dans la matinée alors qu’elle était en train de parler avec la dirigeante des amazones.

Elle n’apprit rien de nouveau, quelques tensions, cependant rien de grave, tout se passait sereinement depuis la mise en place des femmes comme interlocutrices. Elle était en train de finir son assiette que la cloche à l’extérieur se mit à sonner. Elle se leva sans finir et se précipita dans les escaliers, se retrouvant à l’air libre dans les premiers. La Sanderrienne se retrouva à entendre des bruits d’éclaboussure sur tribord, un Glacier sonnait la cloche pour faire venir tout le monde sur le pont.

Même les amazones s’étaient invitées pour voir le pourquoi de toute cette agitation. Un serpent, long de plus de quarante mètres, se débattait dans un des filets accrochés au navire de ligne de l’équipage de la chasseresse de primes. Il tentait de le mordre et coupait quelques liens, mais il restait tout de même englué dans cette toile de corde. Tirant de toutes ses forces, quelques cordes se rompirent, l’animal était sur le point de se libérer.

Laissez-le, il est trop gros, nous n’arriverons pas à le retenir, il va se libérer dans tous les cas, nous en attraperons un autre. Hanabi était penchée en avant pour voir la scène, un spécimen pareil serait parfait pour rentrer chez elles l’esprit tranquille. Mais elle devait se résigner à le laisser partir, il était trop gros pour risquer la vie de son équipage ou des Glaciers. Elle tapota les pommeaux d’Aube et Crépuscule tout en réfléchissant à ce qu’elles devraient faire pour la suite.

Malheureusement, la créature sauvage n’était clairement pas prête à laisser cette mauvaise plaisanterie glissée. Après s’être défaite de ses liens, elle sortit la tête de l’eau, sa collerette de fourrure et sa longue crête descendant le long de sa colonne se hérissèrent. Il était furieux et comptait bien faire payer les femmes responsables de son malheur.


Dernière édition par Robina Erwolf le Lun 19 Déc 2022 - 17:05, édité 2 fois
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Yamasita D. Hanabi recula d’un pas en voyant l’envergure de la créature qu’ils avaient arrêtée, elle devait s’occuper de la bête. C’était sa responsabilité en tant que capitaine et commandante de défendre son équipage et d’assurer la sécurité des siennes. Elle attrapa les poignées de ses sabres jumeaux et dans un chuintement caractéristique les fit sortir de leur fourreau laqué. Elle se retourna vers les amazones ainsi que les Glaciers, elle était la responsable de toute cette opération, elle devait donner ses ordres.

Que tout le monde recule et se mette à l’abri dans les ponts inférieurs ! Je m’occupe de lui ! Elle resserra sa prise sur Hinode Tasogare, elle devait calmer le serpent pour l’attraper ou le faire fuir.

Son fluide royal visa directement la bête, qui se tourna vers elle, elle aurait dû se soumettre, reconnaître une reine. Pourtant, cela ne fit que l’énerver encore plus, focalisant son attention sur elle, il cracha son venin. La reine fit un pas de côté pour esquiver le crachat. Elle ne pouvait pas se retourner pour voir si on l’avait écouté, mais elle avait entendu les ordres et les bruits de pas. Le silence était maintenant écrasant, elle allait se battre pour sa vie et celles de ses femmes.

Alors qu’elle allait passer à l’attaque, elle put entendre des bruits de pas derrière elle, on courrait, elle se tourna un instant pour voir la longue chevelure blanche de Robina Erwolf. La cuisinière avait aidé à l’évacuation des deux équipages, tous avaient suivi les directives de cette dernière. Tout s’était passé rapidement et en quelques instants ils avaient tous trouvé une place dans les quartiers de l’équipage de l’Iceberg, en sécurité.

Que faites-vous là ? Je vous ai ordonné de vous mettre à l’abri ! La commandante des Kujas était furieuse, elle n’avait pas pour habitude de ne pas se faire écouter.

Je ne suis pas un membre de votre équipage ! Et je ne reçois d’ordre de personne sur mon navire ! Elle n’allait pas se laisser faire, elle était toujours la seule maître à bord, impératrice Amazone ou non.

La cuisinière détourna l’attention du serpent pendant plusieurs secondes, il ne savait plus qui attaquer en premier. La corsaire en profita pour pointer Aube vers lui, une vive lumière se dégagea d’elle, éblouissant le Yuda qui perdit ses repères. Elle passa alors à l’attaque, sautant depuis la rambarde de sécurité du navire des Glaciers, elle planta sa lame entre deux écailles de la créature. Ce dernier siffla à la mort tout en se contorsionnant, la douleur le rendit fou de rage, il était en train de passer une si belle journée avant tout cela.

La capitaine des Kujas atterrit d’un salto arrière sur les planches de l’Iceberg, elle avait à peine égratigné la bête. Pourtant elle était contente, elle avait été la première à frapper, ne jamais rester inactive, c’était son crédo. L’autre extrémité du serpent sortit de l’eau pour frapper celle qui lui avait arraché une écaille. Quelques planches explosèrent à l’impact, mais il n’y avait déjà plus la reine des amazones à ce moment-là. Se sachant en danger, cette dernière avait fait un bon arrière pour se mettre hors de portée du reptile.

La Sanderrienne ne pouvait pas rester là à ne rien faire, elle sauta sur la queue qui se trouvait devant elle et prit son appui. Elle vola pour frapper lourdement sur le dessus de la gueule du Yuda qui se vit refermer la gueule sans le vouloir. Deux profondes blessures s’ouvrirent sur son museau, passage de Libertalia et Coupe-faim qui avaient fait leur travail. Elle planta ses deux bottes sur les naseaux du monstre et sauta sur le ponton pour reprendre son équilibre, elle se retourna pour voir la bête se tourner vers elle. Elle avait fait plus de dégâts que Yamasita et était devenue le nouveau point focal de la bête qui en ferait son dîner.

Sifflant entre ses crochets, la tête du serpent marin se projeta vers l’avant, cherchant à mordre la capitaine de l’Iceberg. La jeune femme aux longs cheveux blancs avait maintenant l’habitude de ce genre d’affrontement, violent, rapide et surtout contre des adversaires qui étaient des forces de la nature. Elle se plaqua au sol, laissant passer la bête au-dessus d’elle avant de rouler sur le côté pour se dégager de sous le ventre de la créature marine.

La fierté de Hanabi était blessée, elle pensait être celle qui serait la cible du serpent durant tout le combat et voilà que Robina l’était. Elle ne pouvait pas laisser passer ça sans en profiter pour briller à son tour. Utilisant le moment où le reptile était occupé sur autre chose, elle visa le côté de la mâchoire du Yuda et frappa de toutes ses forces avec ses lames. Une frappe croisée qui laissa une plaie sanglante en croix sur le côté de son visage alors que la bête se voyait partir au loin.

Il se releva, prit de la distance, il s’attendait à pouvoir se venger facilement et repartir, après s’être passé les nerfs. Et voilà que deux humaines lui tenaient tête et qu’il n’avait toujours pas réussi à les attraper. Le serpent commença à se détourner, il était un prédateur, si l’effet de surprise ne marchait pas, il pourrait frapper à un autre moment. Et se battre contre plus fort que lui n’était pas dans son habitude.

Il va s’enfuir Robina ! Il faut que nous trouvions une solution ! La corsaire commença à paniquer, son ticket de retour pour Amazon Lily était en train de s’enfuir sous la surface.

La cuisinière chercha ce qu’elle pouvait utiliser pour garder le serpent près du galion, mais une corde ne servirait à rien. Elle vit alors le bout de la queue du reptile qui glissait sur le pont, quand il avait attaqué l’impératrice Amazone. Elle sut alors ce qu’elle devait faire, n’écoutant que son instinct, elle leva haut le sabre d’abordage dans les airs et utilisa tout son poids pour clouer l’extrémité de la créature au pont supérieur.

Ça ne tiendra pas longtemps ! Je vais faire de mon mieux pour le retenir ! On pouvait entendre l’urgence dans la voix de la chasseresse de primes.

Elles devaient faire vite pour capturer la créature, c’était leur dernière chance. Le serpent Yuda cria face à la douleur, il ne pouvait plus s’enfuir, il devait donc se débarrasser de ces gêneuses le plus vite possible. Ouvrant en grand sa gueule, ses crocs se mirent à émettre un puissant venin mortel, il balayerait ainsi les deux femmes d’un seul élan. Et il pourrait ainsi partir, oubliant son ego blessé.

Utilisant tout ce qu’elle avait, la corsaire utilisa les deux pouvoirs d’Aube et Crépuscule, créant des dizaines d’illusions, des images rémanentes de sa personne qui mimait ses faits et gestes. Toutes regardaient le Yuda qui fut perdu pendant un instant, mais il était un animal, il avait déjà ses deux cibles, il ne cherchait pas plus loin. Pourtant, quand il vit que toutes ces nouvelles adversaires l’attaquaient, il paniqua. Il avait déjà du mal avec deux, alors trente, il ne pouvait pas.

Le serpent voulut changer d’avis, mais le haki royal de l’amazone s’insinuait dans son esprit, il était maintenant la proie de la volonté royale de la dirigeante d’Amazon Lily. Voyant l’hésitation de son moyen de rentrer chez elle, Hanabi frappa en croix et planta ses deux lames autour du cou du Yuda qui se retrouva à ne plus pouvoir bouger sans se blesser. Se trouvant au plus près de lui, le haki des rois de l’amazone écrasa ce qui restait de la volonté du Yudas. Il se calma instantanément, reconnaissant sa maîtresse à partir de cet instant.

Et voilà, il ne nous fera pas de mal, plus maintenant. L’ancienne pirate se retourna vers la Sanderrienne en lui faisant un grand sourire. Elles suaient toutes les deux à grosses gouttes. Cela a été court, mais intense. Contente de vous avoir eu avec moi, je ne pense pas que j’aurai réussi sans vous. Vous pouvez enlever votre sabre, il ne nous attaquera plus. Elle tendit la main pour lui serrer, contente de son alliée de circonstance.  

La jeune femme aux longs cheveux blancs sortit le sabre avec la garde en forme de coquillage de la rambarde de sécurité qui retenait le serpent. Ce dernier ne dit rien, replongeant seulement l’extrémité dans l’eau, il était le prédateur de ces eaux, personne ne viendrait même s’il saignait. Elle fit quelques pas et serra fermement la main de celle qui avait été une alliée d’un instant pour un combat.

Tout le plaisir a été pour moi. Quelques réparations seront à faire pour l’Iceberg, mais ça sera l’histoire de quelques heures tout au plus. Elle aussi souriait, elle était fière de ce qu’elles venaient d’accomplir. Mais, qu’est-ce que c’était cette dernière attaque ? Je ne savais pas que vous pouviez faire ça.

La capitaine amazone sourit et posa sa main sur l’épaule de Robina en partant pour l’escalier menant au pont inférieur. Je vous expliquerais tout plus tard dans la journée. Pour le moment nous allons préparer le départ et réparer les dégâts. Elle aussi voulait parler avec la cuisinière, malgré cela, ça n’était pas le moment.

Comprenant, la chasseresse de primes suivit son binôme pour remettre le navire en état et ranger les outils de pêche pour le serpent Yuda. La conversation se ferait plus tard dans la journée, elle n’était pas tant pressée que ça.


Dernière édition par Robina Erwolf le Lun 19 Déc 2022 - 17:07, édité 1 fois
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Robina vérifia qu’il n’y avait pas de blessés chez les Glaciers, heureusement ça n’était pas le cas. Quelques frayeurs pour certains en voyant la taille de la créature qui avait tenté de les attaquer, mais rien de grave. Elle pouvait souffler à partir de cet instant, les amazones quant à elles étaient bien plus stoïques. Aucune d’elles n’avait perdu son sang-froid et c’est dans le calme et parfois quelques blagues échangées qu’elles se rendirent sur leur navire.

Le calme s’installa peu à peu, des femmes des Kujas attachèrent la nouvelle prise avec des cordes et le firent avancer jusqu’à l’une des deux frégates. De ce qu’avait compris la cuisinière, les guerrières pouvaient maintenant rentrer chez elle en toute sécurité, elle espérait pouvoir apporter de bonnes nouvelles rapidement aux Pythonniens. Cependant, avant cela, elle voulait des réponses, qu’avait fait Hanabi à la fin de ce combat pour attaquer ?

Elle lui avait promis des réponses et elle les aurait, elle en était certaine. Néanmoins, la priorité était à la réparation des dégâts, des charpentiers arrachaient les clous qui retenaient les planches brisées du pont supérieur. Ils travaillaient lentement, il leur faudrait plusieurs heures pour que les traces disparaissent, pourtant la Sanderienne ne s’en faisait pas. Ils n’avaient pas prévu de partir dans l’instant et elle préférait un travail soigné et propre que rapide et bâclé.

Les serpents Yuda attrapés par les deux capitaines se tournaient autour au fond de l’eau, la chasseresse de primes pouvait à peine les distinguer. Pourtant, elle pouvait deviner que les nouveaux animaux passeurs des Kujas étaient en train de faire connaissance. Chacun des Glaciers reprenait leur place sur le navire, le départ était prévu dès que le pont était de nouveau neuf, il n’y avait pas un instant à perdre.

Lidya remonta la rampe d’accès vers l’Iceberg et s’arrêta à quelques pas de la rambarde avant de se tourner vers l’un des membres de l’équipage.

Permissions de monter à bord ? Le ton était froid et cassant, elle parlait à un homme, cela ne lui plaisait guère.

Le mousse l’invita d’un signe de la main en faisant une légère courbette, ne sachant pas comment il devait se comporter avec la corsaire. La seconde de l’impératrice salua l’homme et s’engagea sur le pont supérieur et trouva la longue chevelure de neige de la capitaine des Glaciers. Elle s’arrêta quelques mètres derrière elle, attendant son tour pour lui parler, le quartier-maître Lanch fit remarquer la présence de l’amazone en l’apercevant.

Capitaine Erwolf, il semblerait que l’on veuille vous parler. Il avait oublié le ton blessant, ces derniers jours lui avaient fait comprendre que sa capitaine était autant blessée que lui depuis Bulgemore.

La jeune femme aux longs cheveux blancs se retourna et fixa la fusiller sans comprendre, avant de se reprendre.

Que puis-je faire pour vous ? Cela faisait à peine un quart d’heure que les deux équipages s’étaient séparés, elle n’avait pas encore tout réglé.

Je viens vous prévenir que notre impératrice a fini ses préparatifs, vous pourrez aller la voir quand vous serez libre, elle vous attendra dans sa cabine. Elle salua Robina et fixa froidement Lanch avant de commencer à se retirer vers son navire.

Capitaine, vous pouvez y aller, nous n’attendons que la fin des réparations du pont et ça ne devrait pas prendre plus de une heure ou deux. L’ancien sergent des Givrelames sourit en parlant, il ne pouvait pas perdre la face devant des inconnus.

Surprise par ce changement de comportement, la cuisinière se fit suspicieuse. Vous êtes sûr ? Je veux dire que je peux superviser tout ça.

Je sais, et vous le feriez parfaitement, mais je vais le faire à votre place. Nous avons maintenant l’habitude de ce genre de petits désagréments. Vous pouvez avoir l’esprit tranquille, quand vous aurez fini votre discussion avec la reine amazone, nous n’attendrons plus que vous pour partir. Il salua militairement l’ambassadrice de Sanderr, cela faisait longtemps qu’il l’avait fait, et il se permit un léger sourire.

La chasseresse de primes comprit le message et fit demi-tour, marchant sur les pas de la seconde des Kujas. Lidya s’était arrêté à l’entrée de la frégate, attendant l’arrivée de la capitaine de l’Iceberg. Elle fut soulagée, elle n’aurait pas à attendre des heures sous le soleil des Pythons Rocheux avec son armure.

Veuillez me suivre s’il vous plaît. Son expression neutre se fissura, laissant voir un début de sourire. La Sanderrienne fut surprise, mais ne fit pas de réflexion, ça aurait été malpoli de faire remarquer à quelqu’un qu’il souriait.

Elle entra dans la cabine de Hanabi, elle pouvait voir la femme en train de passer un linge sur ses lames, lentement, minutieusement. Elle se rendit alors compte qu’elle ne l’avait jamais fait elle-même, elle avait toujours essuyé Libertalia et Coupe-faim, mais plus pour les garder propres pour son métier. Jamais pour entretenir les armes d’exceptions qu’elles étaient, elle devrait remercier Billy pour son travail sur ces dernières.

Capitaine Erwolf, je suis contente que vous soyez venus aussi vite, nous allons pouvoir reprendre notre conversation. Elle rangea les lames jumelles dans leurs fourreaux et les déposa sur leur rangement.

La Sanderrienne la regarda faire, hypnotiser par la qualité de ces dernières, son obsession se réveillait. Elle secoua la tête pour se remettre les idées en place, légèrement, pour ne pas que son interlocutrice le remarque. Seulement, au lieu de reprendre sa place derrière son bureau, comme la dernière fois, la dirigeante s’assit dans la chaise à côté de la capitaine des Glaciers et se tourna vers elle.

Vous m’avez impressionné tout à l’heure, je ne pensais pas que vous seriez aussi puissante. Sans vous, nous n’aurions pas réussi, je pense. Et c’est pourquoi j’aimerais vous proposer quelque chose. Elle plongea ses yeux noisette dans ceux jaunes de Robina, elle était mortellement sérieuse en cet instant.

Et qu’est-ce que vous voulez me proposer ? La cuisinière était curieuse, cependant elle était méfiante, c’était trop beau pour être vrai de son point de vue.

J’aimerais que vous travailliez pour moi, avec moi, vous seriez ma seconde, vous prendriez la place de Lidya.
Elle désigna d’un grand geste la pièce et l’extérieur. Vous pourriez faire parti d’un grand tout et aider les Kujas à s’élever.

Pour la Sanderrienne se fut la douche froide, elle ne s’était pas attendue à une telle proposition. Elle aimait sa liberté, elle était la seule et unique maître à bord sur son galion et tous ces projets seraient détruits si on lui donnait des ordres.

Je vois que vous hésitez, je peux le comprendre. Elle attrapa la main de sa binôme et la serra légèrement, pour la rassurer. Mais vous serez libre de faire ce que vous voudrez, vous pourrez mener à bien les projets que vous avez en tête. Cependant, quand je vous appellerai par escargophone, il vous faudra venir le plus vite possible pour nous aider. Elle n’attendait pas de réponse autre que oui. Elle se voulait ferme et ne donnait pas d’autre option à la Sanderrienne qui devait se plier à la volonté de la Kujas.

Non. La capitaine de l’Iceberg sentit la main de l’impératrice amazones se resserrer autour de la sienne, elle avait presque mal, mais elle supporterait pour l’instant. Je suis libre en ce moment, je ne rends de compte à personne, je n’ai pas envie de perdre. Et encore moins de devenir une corsaire, chasseuse de primes me suffit amplement.

Reconsidérez la question, vous auriez des alliés puissants avec mon appui. La capitaine corsaire Lust, mais aussi moi, de quoi décourager les plus téméraires des pirates de la route de tous les périls. Elle lâcha lentement la main de la jeune femme aux longs cheveux blancs, elle ne s’était pas attendue à cela.

J’ai déjà des alliés puissants avec le Baroque Works, une organisation entière, et cela n’arrête pourtant pas les pirates les plus puissants. Elle se tourna vers Hanabi et la fixa. Je suis honorée de votre proposition, mais je me dois de refuser. Elle avait soufflé ces derniers mots, cherchant à ne pas se faire entendre. Elle n’aimait pas faire du mal à ceux qui l’entouraient.

La reine se leva, se mettant à faire les cent pas, elle devait réfléchir à comment faire changer d’avis la Silver. Alors que l’amazone cherchait une solution à son problème, une des pierres précieuses des menukis attira l’œil de la sabreuse qui détailla l’arme longuement. Si elle pouvait mettre la main dessus, elle était sûre de pouvoir réaliser des repas encore plus délicieux.

Que voudriez-vous pour nous rejoindre Lust et moi ? La reine amazone était peinée de devoir négocier avec sa nouvelle alliée et cela la fatiguait déjà.

Vos sabres. Elle avait répondu mécaniquement, sans même réfléchir un seul instant. Elle voulut reprendre ses mots, mais le mal était déjà fait.

Aube et Crépuscule ne sont pas de simples sabres, ses lames ont été forgées dans un métal qui serait tombé du ciel. Vous avez vu la puissance qu’ils renferment, je ne peux pas vous les donner comme cela. Le refus était catégorique, chacune campait sur ses positions.

Cherchant tout de même à faire de Robina une alliée, l’impératrice Kuja se remit à faire les cent pas, elle devait trouver une solution. Lui vient alors une idée, simple au demeurant, mais dont elle était sûre de sortir gagnante.

Et si nous jouions cela ? Et je veux dire par là un pari entre nous. Un combat qui mettrait en jeu, les sabres de mon côté et du vôtre, votre assujettissement à mon équipage. Un grand sourire s’afficha sur le visage de Hanabi, elle était clairement plus forte que la cuisinière, elle était certaine de sortir vainqueur de ce combat.

Où est le piège ? Suspicieuse, la cuisinière cherchait à trouver où se trouvait le piège dans ce que venait de lui proposer la corsaire.

Il n’y en a pas. Elle était honnête, pas de tremblement dans sa voix ou d’hésitation. Vous contre moi, sur Amazon Lily, mon peuple entier en tant que témoin ainsi que votre équipage. La mâchoire de son piège se refermait autour de la Sanderrienne qui était aveuglée par ses lames jumelles.

Pourquoi Amazon Lily ? Pourquoi pas ici et maintenant ? Voir demain. La chasseresse de primes ne comprenait pas le pourquoi de ce voyage.

Parce que mon peuple doit être témoin de la perte de mes sabres si je venais à perdre. Une petite pointe d’agacement dans la voix fit surface, elle ne s’était pas attendue à autant de questions avant l’accord de l’autre partie.

Et il n’arrivera rien à mes hommes ou à mon navire ? L’ambassadrice était encore sur ses gardes, elle se méfiait depuis ses aventures sur la route de tous les périls.

Absolument rien, je peux vous l’assurer, que vous gagniez ou non. Elle voulut se faire rassurante en écartant les bras pour montrer qu’il n’y aurait aucune répercussion.

C’est d’accord, mais je ne sais pas où se trouve votre île. La capitaine de l’Iceberg était encore douteuse et on pouvait à peine entendre sa voix. Elle s’attrapa le menton avec sa main, cherchant le piège, mais elle n’en trouvait pas.

Nous vous escorterons avec nos serpents. Nous en attraperons deux de plus, vu la taille de votre navire, et vous pourrez traverser Calm Belt jusque chez nous sans danger. L’excitation fit monter le timbre de la reine plus haut, elle avait hâte de rentrer chez elle et d’avoir une nouvelle alliée, puissante de surcroît.

Avant de partir, je dois cependant régler quelques affaires. Je devrais en avoir pour quelques jours. Elle aurait voulu partir rapidement et récupérer les meitous le plus vite possible, mais elle devait faire le plein de vivres et autres matériaux avant de faire le voyage.

Nous vous attendrons au large alors. Et nous laisserons les pêcheurs des Pythons Rocheux venir pour faire leur travail, vous avez ma parole. Excitée, Hanabi D. Yamasita ferait tout ce qu’elle pourrait pour diminuer les tensions et se mettre la capitaine dans la poche.

Merci. Véritablement touchée, la commandante de l’Iceberg salua l’impératrice d’un geste de la tête.

Vu que les détails sont réglés, je vous laisse retourner à votre navire, nous aurons tout le temps de discuter plus amplement dans les prochains jours. Un sourire sur le visage, elle se retourna vers son bureau pour s’installer et commencer à griffonner quelques notes.

Avec plaisir. L’excitation de récupérer un nouveau meitou fit sauter la jeune femme aux longs cheveux blancs de sa chaise. Elle avait parlé vite, impatiente de ce qui allait arriver.

Robina se leva de sa chaise et sortit de la pièce en refermant derrière elle, elle devait s’améliorer pour réussir à vaincre la reine amazone en duel et récupérer son prix.


Dernière édition par Robina Erwolf le Lun 19 Déc 2022 - 16:23, édité 1 fois
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Robina déambulait dans les rues du port, elle cherchait encore la femme à qui elle avait proposé son aide il y a quelques jours. Le claquement de ses bottes résonnait sur les lames de bois des pontons et ses lames d’exceptions claquaient au creux de ses reins. Elle avait demandé aux différents habitants qu’elle avait croisés si elle n’était pas dans les parages. Cependant elle n’avait qu’une description sommaire de son physique ainsi que son activité professionnelle. C’était dire si elle avait du mal à avancer dans ses recherches.

Elle se rapprocha des quais du marché et des navires, cherchant parmi la foule à retrouver cette femme âgée pour lui apporter la bonne nouvelle. Les temps légèrement grisonnants, de petite lunette en écaille et légèrement potelée, voilà à quoi ressemblait la femme. La cuisinière détaillait chacune des personnes qui passaient devant elle alors qu’elle était adossée à des caisses.

Alors qu’elle était en train de sonder la foule pour atteindre son but, un homme cria au loin. Un homme cherchait à attirer son attention, pourtant elle ne lui fit pas attention, pensant que c’était pour quelqu’un d’autre. L’éclat de voix se répéta temps et temps, qu’après plusieurs fois elle se retourna pour voir d’où venait tout ce vacarme. C’était l’homme qui avait montré son scepticisme sur l’efficacité de la chasseresse de prime alors que la femme lui expliquait la situation.

Vous ! Oui, vous ! C’est bien à vous que je parle ! L’homme semblait furieux, il marchait d’un pas lourd vers la Sanderienne.

Qu’est-ce qu’il y a ? La capitaine de l’Iceberg était irritée par le ton que prenait l’homme. Elle avait rempli sa mission rapidement et pourtant on l’accueillait comme ça.

Qu’est-ce que vous faites là ? Vous devriez être en train de chercher les corsaires qui nous empêchent de travailler. L’homme n’en démordait pas, à son pont rubicond elle comprit qu’il était curieux.

J’ai déjà trouvé les corsaires. Elle croisa les bras, levant la tête pour croiser le regard de l’homme. J’ai déjà réglé la situation.

Et vous pensez que je vais croire ça ? Qu’en deux jours vous avez trouvé les corsaires et les aviez persuadés de quitter nos eaux ? Le ton était sarcastique, l’homme n’y croyait pas une seule seconde.

Bien sûr. Vous pouvez voir les voiles de leur navire au large. Elle se retourna et pointa les six mâts qui se détachaient au-dessus de la surface de l’eau à l’horizon. Comme vous pouvez le voir, ce sont leurs couleurs, elles ont déjà quitté la zone de pêche.

L’homme resta interdit pendant quelques secondes avant de se reprendre. Il ne s’était pas attendu à ce que la demoiselle réussisse aussi vite à négocier avec les pirates. Rouge de honte, il se tourna vers la jeune femme aux longs cheveux blancs et se gratta la tête.

Je suis désolé, je pensais que vous étiez en train de vous tourner les pouces. Venez avec moi je vous emmène voir la femme qui vous a demandé de l’aide. Se tournant vers l’intérieur de la ville, il fit un geste ample pour intimer à Robina de le suivre.

Il fallut prendre un monte-charge, monter quelques centaines de marches et se retrouver presque au sommet d’un des pitons rocheux de l’île pour atteindre leur destination. Là, une bâtisse qui ne payait pas de mine indiquait par un écriteau que c’était une poissonnerie. L’homme ouvrit la porte et invita la cuisinière à entrer avant lui, la galanterie avant tout.

Tiens, tiens, tiens. Cette chère chasseuse de primes. Alors qu’est-ce que vous venez faire ici ? Une longue pipe à la main, la vendeuse de poisson regardait la Sanderrienne en souriant.

Je viens vous annoncer que les corsaires ont quitté les eaux des Pythons Rocheux, la pêche peut reprendre normalement. La capitaine des Glaciers annonça fièrement la fin des soucis de la vieille dame.

Déjà ? J’ai du mal à y croire. Elle lâcha un épais nuage de fumée tout en levant un sourcil broussailleux.

Je l’ai vu, les voiles des amazones sont dans la baie devant le Port.
L’homme bourru intervint, donnant un témoignage en faveur de la chasseresse de primes. Elles sont parties, je ne sais pas comment elle a fait, mais ça a été du rapide, je peux vous le dire.

Ayant des doutes, la femme se leva de derrière son comptoir, prenant appui sur le bois avant d’ouvrir la porte. Là, sur l’horizon, deux taches noires se détachaient les deux frégates Kujas, avec deux serpents Yudas attachés à leurs proues. Elle se retourna vers la jeune femme aux longs cheveux blancs et leva un sourcil, elle ne s’était pas attendue à un tel résultat.

Eh bien, je dois avouer que je suis impressionnée, et il en faut pour y arriver, je peux vous le dire. Elle attrapa la main de la cuisinière et lui serra longuement. Je ne sais pas ce que j’aurai fait sans vous, grâce à vos actions, je ne vais pas trop perdre de temps, je relance les activités sur le champ. Elle était si contente qu’elle se dandinait sur ses jambes, dansant presque. Un homme entra tout juste qu’elle donnait déjà des ordres.

Jean ! Fais donner les ordres à tous nos pêcheurs, nous reprenons les affaires ! Que chaque navire qui se trouve à quai… Son flot de paroles ne s’arrêtait pas et la chasseresse de primes se demandait comment le page allait tout retenir, mais ça n’était plus son problème.

Je vais vous laisser à vos affaires. Je dois y aller. Elle fit ses au revoir et poussa la porte pour sortir. La femme d’affaires ne se tourna qu’à peine pour lui faire signe et grogner un au revoir. La Sanderrienne devait refaire les réserves du galion et se préparer pour son voyage pour Amazon Lily.
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