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The Beast Below [OneShot 162X]

Tahar Tahgel
Tahar Tahgel
PNJ
Chien fou
♦♦♦ Ombre de Ravrak ♦♦♦

♦ Équipage : Ca se mange ?

Feuille de personnage
Dorikis: 12 000
Popularité: -1200
Intégrité: -1150

Jeu 1 Sep 2011 - 19:38

Même les bêtes ont c’genre de journée. Les bêtes blessées. Qui vont crever. Ca commence un matin. Quand l’soleil est d’jà tout là haut. Derrière les nuages et la pluie. Y a pas d’rivière où boire alors la décuve s’fait toute seule. D’abord y s’passe rien. Puis ça commence. Bouche sèche. Haleine fétide. Papilles qui s’décrispent. Soif. Pupilles qui s’tendent. Mais y a rien à boire. Nulle part. Pas l’choix. Faut s’rel’ver. Aller voir ailleurs. Bouger pour survivre. Trouver un truc pour étancher c’te sécheresse du cœur. Les bêtes blessées c’est au corps qu’elles le sont. Une flèche dans la cuisse. Ou une cheville qu’s’est foirée en courant. Les poivrots c’est en profondeur qu’ils le sont. La conscience d’soi qui s’est barrée. La conscience des autres qu’a jamais été là. Mais faut boire. Dans les deux cas faut boire. Alors on s’lève. On titube. On cherche l’premier abreuvoir sur la route. La route pour où ? Pour nulle part. Y a pas d’destination pour une bête blessée ou un poivrot. Juste la mort.

G’noux qui tremblent. Mains qui tremblent. Lèvres qui tremblent. Yeux humides. C’t’humidité huileuse et vitrée des êtres en fin d’vie. Comme l’œil mouillé d’un ch’val aveugle. Un mur. On s’accoude. S’adosse. S’agenouille. S’assied par terre pour récupérer d’l’effort jusqu’ici. C’est pas gai. Non c’est pas gai. C’est même carrément triste. Triste dans l’genre pitoyable. Les virgules servent à rien. Y a pas d’demi m’sure quand tu vas crever. Tu bouges ou tu bouges pas. Si tu bouges t’as un sursis. Sinon… Sinon. Et ça y est. Nan t’es pas mort. Pas encore. Hélas. Jusqu’là t’avais encore sur toi la fraîcheur de ta nuit dans la boue. Maint’nant y a plus ça. L’soleil te tape dessus. D’toute sa chaleur. Ton cerveau qui s’met à bouillir. Tu sues d’l’eau qu’tu sais pas d’où elle vient. T’hésites à t’lécher mais tu sais qu’le sel qu’elle contient s’ra pire que tout. Pis t’es crade. Crade comme l’animal qui dort dans l’fossé. Comme toi qui dors dans l’fossé. Tu sues. Le crâne. Le dos. L’ventre. Les jambes. Tout c’qu’est poilu. Plic ploc ça fait sous tes fringues. T’as l’front brillant aussi. Tu t’vois pas mais tu l’sais. Pire qu’la crasse. Sensation d’être à côté d’sa peau. A côté d’tes bottes. A côté d’ta vie.

Les souv’nirs commencent à r’monter. Ceux d’avant maint’nant. Ceux qu’t’as envoyés un peu plus profond à chaque bouteille sifflée. D’abord l’monde que t’as quitté pour v’nir picoler ici. Tes dernières années comme homme du monde. Comme bête vivante. Puis les histoires d’avant. Moins précis. Pas flous mais fragmentés. Ca passe d’une étape à l’autre. En r’montant. Des visages d’gens qu’t’as presque oubliés. D’autres qu’tu connais encore. T’en es sûr. Mais les noms r’viennent pas. Pis les étrangers complets. Ca bloque. Sont trop loin. Loin d’quand t’étais gamin. Ptêt même avant encore. Dernière étape. Des paysages qu’t’as jamais foulés. Des couleurs qu’existent pas. L’délire. Un gamin qui pourrait être toi. Qui danse comme t’as jamais dansé. Qui t’sourit. Disparaît. Puis un cerf qu’a une lance dans les côtes. Qui t’regarde. T’fixe. Pis qui s’écroule. R’flet sauvage. Mort d’vant tes yeux. Tes yeux fermés. T’es à terre maint’nant. T’as un sursaut. Pas finir comme la bestiole. Trop tôt. T’sais pas pourquoi mais trop tôt. Pourquoi c's’rait pas l’heure ? Qu’est ce qu’y t’reste à attendre à part rien. Qu’est ce qu’tu laisses derrière qui s’ra perdu sans toi. Pas répondre. S’secouer. Y a plus d’soleil. Y a plus d’ciel. Ent' deux trucs multicolores tu vois plus qu’à dix mètres. La porte devant. Impression d’marcher mais en fait tu restes sur place. Muscles trop secs. Plus d’jus nulle part. T’as essayé. Essayé et perdu.

Même les bêtes ont c’genre de journée. C’genre d’journée où elles croient qu’c’est fini.

Parfois ça l’est. Parfois ça l’est pas. Parfois l’destin décide de s’acharner un peu. Genre t’faire payer un truc. Une dette. Ou juste s’marrer. A tes dépends. T’faire rester chez les d’jà morts qui s’croient vivants. Souvent c’pareil. La même forme. Un seau d’eau qu’s’abat sur ta gueule. D’l’eau froide. Ruisseau d’secours. T’réveille assez pour tanguer jusqu’au prochain abreuvoir. Piquer leur flotte aux bêtes. Aux vraies. T’prendre un bain. Ca y est ça r’vient. L’jus. Trempé mais dans tes pompes. Presque. Toujours mort mais encore là. En partie. Toujours poivrot. Ca t’quitte jamais ça. Jusqu’à la dernière ça t’quittera pas. L’bruit aussi r’vient. L’bruit des plus vivants. Ceux qui t’balancent un pain et ceux qui t’balancent du pain. L’bruit du présent qu’est d’jà l’passé. Du futur qu’exist’ra pas. D’la vie qu’est pas la tienne.

Même les bêtes ont c’genre de journée. C’genre d’journée où elles croient qu’enfin. Mais non.
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