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Le Concombre de mer convoité ou Philibert III en détresse

Une petite fille, les pieds dans l’eau, plongeant ses mains, manches retroussées, patauge sur la plage de son île natale en solitaire. Le sourire aux lèvres, l’enfant recherche avec beaucoup d’énergie le mollusque le plus hideux qu’elle puisse trouver. La petite peste prépare une nouvelle bêtise après avoir échappé à sa gouvernante pendant le Carnaval de Saint-Uréa. Cet événement annuel est synonyme de liberté pour la jeune Capulina car elle peut voir autre chose que la cité intérieure, la parfumerie familiale et les amies de sa sœur Alice qui sont d'un ennui !

Madame Doctrovée doit déjà retourner ciel et terre pour la retrouver. La pauvre gouvernante en voit de toutes les couleurs avec une puce aussi excitée. Elle devait la garder car sa maîtresse lui a demandé de surveiller sa fille assignée à résidence. Une énième punition pour avoir gâché l’anniversaire de sa sœur, la mère de Capulina sait à quel point sa fille aime sortir du cocon étouffant de la vie bourgeoise puritaine. Attaquant là où cela fait mal, la chipie profite son échappée pour préparer sa vengeance bien réfléchie.

Sa génitrice a horreur des mollusques. Une peur viscérale sûrement due à un passé traumatisant. Le pire d’entre tous est le poulpe, provoquant des vomissements presque instantanés chez elle. Mais, on lui dit que c’était pas si facile à trouver. La petite blonde a appris ce point faible et compte bien l’exploiter aujourd’hui.

Elle cherche ainsi au bord de la plage, s'enfonçant un peu plus dans la mer à la recherche d’un mollusque hideux. Sans se soucier de sa petite robe trempant dans cette eau, l’enfant plonge la tête pour mieux voir. Étant habitué, ses yeux lui piquent forts mais sa détermination est sans équivalent. Sortant la tête de l’eau brusquement, ses pupilles brillent au soleil. Capulina lève les bras érigeant sa trouvaille comme un trophée. Elle jubile déjà.

Ouah ! Qu’il est moche. Hihihihi !

Le pauvre animal, ne trouvant grâce à la vue de cette enfant que par sa laideur, n’est autre qu’un concombre de mer. Celui-ci est étrangement attaché à une corde que la petite regarde curieusement de premier abord. Elle tire ensuite dessus par curiosité.


Dernière édition par Agent Tarentule le Lun 8 Jan 2024 - 12:33, édité 2 fois
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- "On est presque à la moitié !"

Une jeune sirène, soulevant en l'air son mollusque et seul ami, tournait sur elle-même dans son bassin. Cela ne faisait que quelques minutes que le pont s'était vidé, laissant ses parents et les autres membres de l'équipage vaquer à leur occupation sur l'île. Elle, elle était condamnée à rester au centre du bâtiment, dans sa chambre marine autrefois conçue pour accueillir sa mère mais qui maintenant était devenue la principale, si ce n'est, la seule pièce du bateau qu'elle pouvait visiter. Seulement, après quatorze ans, elle avait bien fini d'en faire le tour et après avoir mandata sa mère pour qu'elle lui rapporte de nouveau livre, elle n'avait plus vraiment d'occupation autre que de soulever Philibert III dans les airs, tel l'élu d'une prophétie divine.

- "Dans à peine plus de 15 ans, j'aurais des jambes Philibert ! Ce sera merveilleux ! Je pourrais courir, marcher et ... recourir !"

Ses idées de ce qu'elle pourrait faire d'une paire de jambes se limitaient à ça, mais l'idée même de simplement sentir le sable sous ses futurs pieds la mettait en extase. Elle ramena alors ses bras près d'elle, faisant redescendre le concombre de mer avant de le serrer contre son cœur. Puis, replongeant au fond de son bassin, une idée aussi génial que stupide lui parcouru l'esprit.

- "Tu te souviens de l'histoire du petit Cousset Philibert ?"

Yvraline soulevait l'animal à hauteur de ses yeux. Aucune réponse ne vint de l'intéressé autre qu'un suintement de sa peau visqueuse plus important. Le mucus se dissipa rapidement dans l'eau salée avant que la sirène ne reprenne :

- "C'est exactement ça, on va faire tout pareil. Sans les cailloux et la forêt mais avec une corde et dans l'océan ... donc pas tout à fait pareil ... mais tu as compris l'idée !"  

Il s'agissait de son deuxième animal de compagnie, le premier ayant péri dans un terrible accident. Cette fois, la jeune sirène ne voulait pas prendre de risque de le perdre à cause d'une terrible erreur. Elle déposa donc son ami sur le fond de son bassin avant de retourner les différents objets qui prônaient au fond et créant une sorte de désordre organisé. Sortant une longue corde recouverte d'un dépôt vert -surement des algues- la jeune sirène s'empressa de l'attacher autour du concombre de mer. La nature avait voulu que Philibert ne puisse pas nager, alors soit, Yvraline le ferait pour lui.

Remontant doucement à la surface de son bassin, elle guetta les environs. Elle savait que si jamais quelqu'un la voyait, il l'empêcherait de réaliser sa promenade dans l'océan. Et personne ne devait se mettre entre elle et son objectif. Sinon ! Sinon cela n'était pas sympa. Et Yvraline n'aimait pas trop les gens pas sympas.

Une fois qu'elle fut sûre que la voie était bien libre, elle prit de l'élan pour sauter sur le plancher de bois du navire. Puis en quelque roulade, elle tombait dans l'océan, se glissant entre pilier des barrières faisant le tour du pont principal. Elle tirait derrière elle le concombre de mer qui, non s'en mal et après avoir cogné quelques objets traînants, se retrouva à son tour, dans un grand plouf, au milieu de l'eau chaude de South Blue. Maintenant, elle pouvait procéder à son exploration. Les eaux de cet océan lui étaient inconnues. Après tout, c’était bien la première fois que le navire de ses parents voguait sur ces flots et il était donc normal pour elle de découvrir l’endroit pour la première fois. Les coraux des fonds étaient bien plus colorés que ceux de Est Blue. Surement du au climat plus chaud et aux rayons du soleil perçant plus profondément dans l’eau bleutée de l’océan. Les rochers étaient tapissés de Condylactis ou d’Heteractis toutes plus colorées et magnifiques les unes que les autres. Et bien qu’Yvraline connaissait ces anémones de ces nombreuses lectures, les voir étaient tout autre chose. Si la terre lui avait toujours fait envie, la mer n’avait rien à envier en termes de beauté. Pourtant, rapidement, la sirène se désintéressa des nombreuses espèces marines pour se rapprocher de la rive. Après avoir longé la côté au fond de l’eau, tirant toujours au bout de sa corde le pauvre concombre de mer virevoltant au fil de l’eau. Jusqu'à ce qu'on tire au bout du fil …

Yvraline se tourna rapidement vers l’arrière, l’inquiétude la gagnait alors qu’elle imaginait déjà Philibert III dans la gueule d’un gros poisson vorace. Pourtant, cela ne fut pas le cas. Qui aurait pu prévoir que traîner un concombre de mer par un fil dans l’océan le ferait voltiger dans tous les sens ? Philibert avait dérivé plus proche du bord que la sirène, roulant sur le fond sableux avant que sa course soit arrêtée par des mains. Du point de vue d’Yvraline, la corde remontait juste à la surface et elle voyait une silhouette flou saisir son meilleur ami. Pour Philibert, il s’agissait là de l’arrivée d’une divine sauveuse, stoppant sa course folle dans l’océan.

- “Oh, bonjour !”

Remontant rapidement à la surface, la sirène n’avait pas assez de place pour nager correctement mais arrivait tant bien que mal à se stabiliser sur le sable. Sa première approche se voulait gentil, et calme. Il n’y avait aucune raison de paniquer.

- “Il s’appelle Philibert.” Dit-elle en souriant à pleine dents. “C’est mon concombre de mer. Tu veux bien me le rendre ?”

Sa demande était calme bien que son cœur battait la chamade. Elle avait peur de perdre à nouveau son ami. Elle tendit alors ses mains pour que l’étrangère lui remette son animal.


Dernière édition par Yvraline le Mer 21 Juin 2023 - 22:14, édité 1 fois
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La petite fille sursaute en voyant une étrange personne sortir de l’eau. Perturbant la joie de sa trouvaille, cette créature dont elle n’avait jamais eu l’occasion de contempler. Capulina ayant de l’eau jusqu’à la taille, elle observe bien la partie anormale de son anatomie à travers les eaux troubles. La maladresse dans les déplacements de la créature ne fait que confirmer cette observation. Son émerveillement d’enfant se traduit par une grande curiosité à son égard. La petite blonde la reluque avec d’approcher son petit nez pour renifler les mains que l’on lui tend. Elle daigne ensuite enfin répondre, avec un sourire moqueur.

Oh! Vous êtes une vraie sirène ! Maman a raison, ça pu le poisson. Hihi !

La petite peste blottit la pauvre bestiole sur sa poitrine. Accaparant le mollusque dans ses bras, elle montre son dos à la petite sirène. Ne laissant qu’un regard malicieux en coin, Capulina tire la langue.

Hum? On m’a toujours dit de ne pas faire les choses que des inconnus me demandent. Nah !

Bien qu’elle aime jouer sur sa position de force, la maligne sait qu’elle peut tirer bien plus d’avantage que de contempler le regard dépité d’une sirène. Une créature aquatique sera bien mieux débusquer un poulpe, l’objet de la pire phobie de sa mère. Imitant une mine interrogative, Capulina se lance dans un petit chantage.

Mais si tu trouves un truc plus hideux que ce machin tout moche. Genre un truc plein de tentacules visqueuses. Alors peut-être queuh… Hihi !

Qui sait ce qu’elle pourrait obtenir d’une fille de la mer. La petite blonde pense déjà aux nombres de poulpes qu’elle pourrait acquérir sans effort. Elle penche la tête vers l’étrangère comme pour la narguer. Finalement, son carnaval ne sera pas entièrement gâché.
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Les mots étaient durs. Yvraline ramènait ses mains vers elle, la mine basse. Il était rare qu’on la critique. Personne n’avait le droit de dire du mal d’elle sur le bateau. Tout du moins, pas devant l’enfant. Sa mère veillait à ça chaque jour. Cependant, elle était seule face à une étrangère désagréable. Yvraline sentait des pincements dans son cœur. Mais pas ceux décrits dans ces romans d’amour. Cela, il ne faisait que mal. Elle regardait l’eau trouble alors que son interlocutrice lui attribuait une mission. Elle redressa alors la tête, un sourire , suivant son soupir de soulagement. Elle n’était pas bête, elle savait que si la jeune fille sortait de l’eau, elle ne pouvait pas la suivre. Mais aller chercher un animal aux tentacules visqueux ne lui posait pas de problème. Elle en avait croisé pleins en nageant jusqu’à cette plage.

- “D’accord !” Répondit-elle avec entrain avant de plonger dans l’eau.

Lâchant la corde, elle descendit plus profondément dans l’océan, remontant la route qu'elle avait prise à l'aller. Rapidement, elle retrouvait le récif qu’elle avait admiré plusieurs minutes plus tôt. Il était toujours couvert de ces coraux et anémones. Elle commença donc à chercher son animal plein de tentacules visqueuses. Elle survola de nombreux animaux, réfléchissant à ce que sa camarade souhaitait. Venimeux, venimeux, … aussi venimeux. Elle faisait l’inventaire de ces possibilités. Elle ne souhaitait pas prendre de risque inutile. Pour elle, mais aussi pour l’enfant à qui elle allait le remettre.

Puis, au détour d’un très gros rocher, elle en trouvait un qui n’était ni venimeux, ni dangereux d’aucune façon. Elle le saisit, tira dessus avec force. Elle tournait sur elle-même pour décrocher cet animal de son support Grimaçant à l’effort, elle finit par gagner cette bataille et remonta à la surface accomplir sa mission et récupérer Philibert.

- “Et voilà !” Clama-t-elle tout sourire.

Elle tendit alors à la jeune fille une petite anémone violette. Les tentacules de l’animal tombaient sur les mains de la sirène et son odeur iodé attaquait les narines même des plus habitués.
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Les yeux de la petite blonde s’écarquillent. Ses pupilles observent beaucoup de nouveauté aujourd’hui. Plein d’idées de farces lui viennent en tête en contemplant cette bestiole étrange. Au-delà des pirates, la mer renferme bien des choses moches qui puent. Il n'en faut pas plus pour que Capulina voit cette petite sirène comme un filon de créatures étranges et dérangeantes. Approchant son visage pour mieux reluquer les contours de l’anémone, le bleu de ses iris semble briller.

Woah ! Tu dois t’y connaître en truc tout moche. Toutes les sirènes sont comme ça? "

Elle se redresse subitement en gardant le pauvre concombre de mer dans ses bras. Le sourire de peste, elle ne laisse même pas l’étrangère répondre à son interrogation.

Attends! En fait, je m’en fiche. Hihi !

La petite fille à l'avis changeant. Son émerveillement du début est remplacé par une sensation de pouvoir obtenir bien plus. Ce n’est toujours pas assez satisfaisant selon elle. Dès son jeune âge, elle vise l’excellence dans ses bêtises. La pauvre enfant n’a que peut l’occasion d’en faire, elle compte bien en profiter, aujourd’hui. Levant la tête en l’air, Capulina témoigne de son refus.

Il est trop petit ton machin. Il faut des plus grosses tentacules et bien plus moches !

Son exclamation s’accompagne d’un ample mouvement de ses bras qu’elle étire dans les airs. Le concombre de mer plonge malgré lui dans l’eau.

Oups.

La petite le rattrape rapidement dans ses mains avec une expression insouciante. Ses mots n'en sont pas moins menaçants.

Tellement gluant qu’il m’a glissé des mains. Va donc, il ne faudrait pas que cela arrive quand tu es absente. Qui sait, il pourrait se perdre. Hihi !

Elle en profite pour rassembler la corde de cette laisse de fortune autour de son propre bras. Le concombre de mer est totalement à sa merci, même quand il lui arrive de se disperser.
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Yvraline ne prêtait aucune attention au propos méchant de la jeune terrestre et rapprochait l’anémone d’elle pour la tremper dans l’eau salée et la déposer au fond de l’eau. Elle réfléchissait à ce que sa camarade attendait d’elle. Puis, relevant la tête pour la regarder jouer avec Philibert, la sirène ne put s'empêcher de tendre la main vers le concombre de mer lorsqu’il fit son vol plané. Elle n’arriva pas à l’attraper et devant une nouvelle provocation de son interlocutrice, Yvraline faisait la mou. Décidément, elle sentait au fond d’elle que cette fille n’était pas très gentille. Mais elle ne pouvait se résoudre à renvoyer des critiques et remarques aussi piquantes qu’elle recevait. Surtout qu’Yvraline savait pertinemment que Philibert pouvait respirer sous l’eau et que même si la chipie mettait ses menaces à exécution, l’animal n’aurait rien.

- “Les plus grosses anémones sont venimeuses, c’est dangereux …” Dit-elle d’une voix basse.

Elle ne voulait pas remettre en question les paroles de la jeune fille mais elle ne voulait pas non plus lui faire courir de risque inutilement. Après tout, être inculte sur les êtres marins n’était pas un crime mais la sirène sentait que le caractère mesquin de son interlocutrice aurait pu la pousser à mal prendre ses propos.

La tête basse, elle regardait ses mains sous l’eau qui se frottait l’une contre elle. Elle triturait ses doigts, de nervosité mais aussi car elle cherchait comment contenter la demande de la jeune fille. Pourtant, elle n’arrivait pas à comprendre ce qu’elle voulait au travers de “tentacules plus grosses et plus moches” …

Au bout de plusieurs secondes, une nouvelle idée lui vint. Elle dressa un doigt, une expression plus heureuse sur le visage. Elle était sûr d’elle, cette fois elle avait compris. Elle replongea vers le récif qu’elle avait exploré jusque-là. Fouillant le fond, creusant le sol sableux et écartant de nombreuses algues, elle cherchait un autre animal présent dans les récifs et qui pourrait peut-être contenter la terrestre. Au bout d’une quinzaine de minutes, elle finit par apercevoir entre les rochers des tentacules épaisses et couleur sable serpentant doucement. Elle plongea ses deux mains entre les pierres, sans une once d’hésitation. Elle saisit sa proie et remonta de puissant coup de nageoire vers la surface.

- “Voilà, des tentacules plus grosses.”

Elle tendit sa nouvelle trouvaille, bien plus imposante que la petite anémone. Une base circulaire et plate portait, à des intervalles réguliers, cinq long bras qui gesticulaient dans les airs et essayaient tant bien que mal de s’entourer autour des avant-bras de la sirène.

- “C’est une Ophiure.” Dit Yvraline, un grand sourire au lèvre.

Maintenant qu’elle avait compris que sa camarade n’avait que des connaissances sommaires sur les animaux de la mer, elle se sentait obligée de lui présenter le spécimen qu’elle venait de lui rapporter.
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Toujours autant fasciné par le nombre de mocheté qui se trouvent sous l’océan, Capulina comprend maintenant pourquoi on décrit les sirènes comme les plus êtres des océans. Elles sont les seules à vraiment ressembler à quelque chose. Approchant sa petite tête, elle reluque cette nouvelle bestiole avec dédain. Cette chose lui est moins agréable pour les yeux que la précédente.

Ophitruc? C’est son nom? Je vais me contenter de l'appeler étoile de mer immonde. Hihi !

D’un mouvement de rejet, la petite fille fait la moue. Clairement insatisfaite, elle commence à presser le pauvre concombre de mer sur sa poitrine. Dans ce geste menaçant, Capulina montre toute son impatience de la façon dont elle sait si bien le faire.

Meh… C’est trop petit. Bon, comme tu ne sembles pas trop saisir. Je vais utiliser des mots simples.


Elle commence à mimer ses mots avec des mouvements exagérément amples et exagérés. Ne tenant que la bestiole du bout de la corde, l’enfant gesticule sans se soucier un seul instant de son bien être. D’un grand sourire, ses agissements ne font qu’attaquer l’intégrité de cette petite sirène et cela l’amuse.

Tentacules, grosses, ventouses, mou, visqueux, moche… ah non tu ne dois pas savoir ce que cela veut dire. Grosse tête, Poulpe. Pieuvre.


Comme une information percutant son esprit mesquin, la petite Capulina comprend que le petit cerveau de la fille à queue de poisson nécessite plus de précision. Elle va encore lui ramener des choses minuscules sinon. Croisant les bras étranglant le pauvre animal par la même occasion, elle ajoute une indication qui lui tient particulièrement à cœur.

Oh et pour la taille, il faut que cela tienne dans une culotte de mam… d’adulte ! Ne pose pas trop de question, c’est des affaires de grandes filles avec des jambes. Hihi !

Regardant sa chercheuse de trucs moches avec beaucoup de suffisance, elle finit son discours par un geste de la main, tel un parfait petit tyran.

Aller. Hop, hop ! Plus vite que ça. Tu n’auras pas de dernière chance. La prochaine fois, ce sera : Trouver, c’est trouvé, reprendre, c’est volé. Et ce caca de mer sera à moi ! Haha.
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- "Bien sûr que je sais ce que ça veut dire moche !" Clama Yvraline.

Si jusqu'ici elle avait réussi à garder son calme, la description faite par la terrestre et ses piques supplémentaires avaient fini par atteindre son moral. Pourquoi disait-elle des choses si blessantes ?

- "Philibert n'est pas un caca de mer ! C'est toi le caca de mer !"

Elle était perdue. Son cœur s'embalait et elle n'arrivait plus à contenir une colère montante. Elle faisait de son mieux pour garder le sourire et être gentille mais cette terrestre ne respectait rien, ni personne. La jeune sirène avait beau faire de son mieux pour les chasser, les émotions qui grandissaient en elle n'étaient pas positives. Alors elle fuyait le retour de flammes auquel elle s'exposait avec sa critique. Elle plongeait à nouveau dans l'océan de South Blue pour dépasser le récifs de coraux et descendre plus profond. Elle suivait une crête rocheuse et longeait le fond sableux. Elle en avait marre de cette situation.

- "Si elle avait dit tout de suite ce qu'elle voulait, je lui aurais trouvé depuis longtemps !" Pestait la jeune sirène.

Il était dur de l'agacer, mais cette situation l'énervait autant que l'angoissait. Le rude mélange des deux sur un esprit jeune rendrait n'importe qui plus agressif qu'il ne l'était au naturel. Elle ne pensait pas les mots qu'elle avait prononcés mais elle n'était pourtant pas triste de l'avoir fait. Peut-être que plus tard, elle regretterait de s'être comportée de la sorte mais pour le moment, l'émotion parlait plus qu'autre chose.

Tapant de la queue, elle faisait se soulever d'épais nuages de sable. Elle longeait les rochers, cherchant des crevasses larges où un poulpe aurait pu se poser. Ces animaux étaient intelligents et bien meilleurs pour se cacher que ceux qu'elle avait attrapés jusque là. Il lui fallait de la patience, et surtout un appât. Quelque chose qu'elle pouvait attraper facilement. Comme une étoile de mer …

Une fois de plus, l’idée avait son chemin et Yvraline s’appliquait à la réaliser. Trouver une étoile de mer n’était pas plus compliqué que de trouver un grain de sable au fond de l’océan. Le climat chaud de South blue favorisait grandement cet animal la présence d’un récif encore plus. Alors entre deux oursins piquants et après avoir admiré pendant une dizaine de minute deux concombres de mers rampant côte à côte comme un étrange couple, la sirène se saisit d’une étoile de mer à peine plus grosse que sa main.

En quelques coups de nageoires, elle était tournée près de cette crête rocheuse qui devait sûrement accueillir quelques poulpes. Elle esquiva un groupe de méduses, saisissant son appât par une patte pour la présenter devant toutes les cavités qui se présentaient à elle. Pourtant rien n’y fit. Aucun poulpe n’avait élu domicile dans ces crevasses. Cependant, elle n’avait aucune envie de retourner à la surface les mains vides pour s’exposer aux remarques acerbes de la terrestre. Elle retourna au récif, reposant sur la roche calcaire la pauvre étoile de mer qu’elle avait maltraité injustement. Elle commençait à remettre en question ses actions. Faisait-elle bien d’agir de la sorte pour cette jeune fille désagréable ? Oui, car Yvraline était gentille. Et au fond d’elle, elle sentait que cette terrestre l’était aussi. Il fallait seulement l’aider à le montrer.

Elle s'apprêtait alors à remonter à la surface quand elle aperçut l’objet de son plongeon s’approcher du récif plus loin, dans des mouvements lents sur le sable. L’animal avait perdu une tentacule mais il était difficile de se tromper sur l’espèce. Sans hésitation, elle se jetait dessus avec rapidité. Dès qu’elle eut saisi le crâne mou du poulpe, elle remonta en vitesse à la surface. Le pauvre spécimen gesticulait pour se dégager, mais la sirène avait fondu sur lui comme un rapace sur sa proie et il n’avait pas eu le temps de répondre à cette agression. Yvraline émergea au milieu de l’océan avant de rejoindre la rive, soulevant l’animal au-dessus de l’eau pour montrer à son interlocutrice qu’elle avait trouvé l’objet de sa demande.

- “Tiens.” Elle tendit le poulpe à deux main à la jeune fille. “Maintenant, rends moi Philibert.”

Son sourire avait disparu, elle était simplement fatiguée de la situation et regrettait fortement avoir quitté son bassin et prit autant de risque inutile.
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A force de frotter le paillasson, il finit par réagir. Au grand damne de la petite Capulina surprise que l’on lui renvoie l’insulte. Cependant, elle n’est pas une enfant comme les autres. Cette petite blonde perçoit l’agacement de la sirène comme une invitation à jouer à la plus mesquine. Et elle adore ce jeu, surtout quand il n’y a aucun adulte pour surveiller. Surement, la seule et la raison pour laquelle elle se retrouve à la plage fuyant sa gouvernante, sans aucun ami pour l’entourer. Même les gamins des rues la fuient. Néanmoins, cette interaction lui donne un mince espoir. Peut-être que les étrangers sont moins ennuyeux.

Ses yeux brillent attendant impatiemment son retour. Sa petite vengeance contre sa mère semble être passée au second plan. Il lui est venu une superbe idée en trifouillant la corde qui tenait le Philibert - comme l’a désigné la sirène. Un moyen de jouer et même de prolonger le temps de jeu si elle gagne. Guettant le moindre mouvement sous les eaux, la sirène lui apparaît enfin avec dans ses mains la créature tant désirée.

Oh oh oh ! Il est parfait. Tiens, ne bouge pas.

Elle ne prend pas le poulpe qui encombre sa chercheuse de bestioles. Étrangement, la petite peste souriante dépose le concombre de mer sur ses avant-bras sans sa laisse de fortune. La corde, quant-à-elle, enroule les bras de la chipie dans un nœud coulissant, qu’elle laisse glisser sur les poignets de sa nouvelle amie en rétrocédant le Philibert. Capulina laisse échapper des gloussements en brandissant les bouts de la corde fermement tenu dans ses mains.

Tâche de ne pas laisser ton Philibert s’échapper. Hihi !

D’un seul coup, la petite blonde montre le dos en riant. Passant sur son épaule, elle tire dessus brusquement. Le nœud se resserre aux poignets de la pauvre sirène tombant en avant par la force de l’enfant et son incapacité à se mouvoir comme elle le souhaite aussi proche du rivage. Capulina tire comme une bête de somme sur le lien en riant aux éclats, traînant sa victime au plus proche de la plage.

Je vais avoir le poulpe, l’argent du poulpe et la sirène qui pue avec son caca de mer. Gnihihihi !

Un nouveau jeu innocent de la petite Dubal occupe maintenant son temps.
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Lorsque la terrestre tirant sur la corde, Yvraline sentit les liens se resserrer autour de ses poignets. Avec force, elle fut trainé dans l'eau jusqu'au sable chaud. La surprise laissa rapidement place à la panique alors que sirène regardait à droite et à gauche. Elle cherchait désespérément quelqu'un pour l'aider. Seulement, personne d'autre que les deux jeune fille ne se trouvait sur la plage. Rien de plus que les deux enfants, dont une kidnappant l'autre en tout impunité. La sirène n'avait jamais autant souhaité croiser la marine qu'à cet instant même.

- "Mais, qu'est-ce que tu fais !" Cria la jeune sirène.

Philibert roula le long des bras de la sirène avant d'atterrir à la base de son coup. Yvraline utilisa donc son menton pour bloquer le pauvre concombre de mer près d'elle et éviter qu'il ne tombe sur le sol.

- "Arrête ! Philibert a besoin d'eau pour survivre. Il va se dessécher !"

Ce fait angoissait surement plus Yvraline que sa propre condition. Elle n'avait aucune idée de où elle était destiné à aller et l'esprit de plus en plus malveillant de la terrestre ne la rassurait pas. Mais Philibert passait avant dans ses pensées. Elle fléchissait ses bras, tirant de son côté sur la corde pour offrir une opposition à la terrestre et montrer son mécontentement.

- "Je t'ai donné ce que tu voulais alors maintenant lâche moi !"

Elle tirait, gesticulait, secouait la corde dans tous les sens. Elle rapprochait sa queue, se tournant pour essayer de la faire passer devant et ainsi s'assoir dans le sable. Elle tournait sur elle-même, cherchant la position pour lui permettre d'opposer plus de résistance. Pourtant, elle n'arrivait qu'à tourner dans le sable et recouvrir ses vêtements et sa queue humide de grains. Qu'est-ce qu'elle aurait aimé que sa mère arrive pour la sauver. Elle regrettait d'avoir quitté le bateau.
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Mais pourquoi tu pleures. Hihi ! On va s’amu…

Un caillou percute soudainement le front de la petite tortionnaire. Sa tête se balance en arrière avant de se baisser en silence. Du sang coule le long de son nez jusqu’au menton. Son élan jovial vient d’être totalement brisé. Les bras tombant,  elle ne tient la corde que d’une seule main. La responsable de cet acte se montre à quelques mètres. Une petite voix derrière celle-ci se fait entendre.

La sorcière qui rit ! Lache la princesse sirène !

Cette enfant, plus âgé que Capulina, est accompagnée de son groupe d’amis tous entre six et treize ans pour le plus grand. Ils ont visiblement déjà eu affaire à la petite chipie pour l’attaquer à vue. La cheffe de ce petit gang de gamins réarme sa fronde d’un ton menaçant.

On te laissera pas faire Sorcière jaune. Chevaliers, tirez !

Visiblement, l’imagination débordante, ce groupe de gamins n’en est pas moins très hostile à la petite peste. Tous lui jettent des cailloux, des coquillages ou même des déchets à la figure. Acculée, Capulina se protège comme elle peut, mais elle finit par tomber sur son postérieure les larmes aux yeux à cause de la douleur.

Je ne suis pas une sorcière. Laissez moi tranquille !
-Si tu l’es ! C’est le Carnaval, et tu es méchante. Chevaliers, chargez !


Les enfants armés d’un bâton courent en posture menaçante vers leur sorcière qui rit. Prise de peur devant la petite bande qui se ruent vers elle, la petite blonde abandonne la corde et essaie tant bien que mal de reculer en se redressant. Dans sa précipitation, elle ne parvient pas à se mettre debout, le sable rendant ses appuis incertains. Les enfants se jettent sur elle. Rué de coups de bâton et de pied, le nez de la petite est esquinté. En pleurant, elle se met en boule dans le sable, résignée à devoir subir le courroux des enfants de la cité basse.

Leur capitaine, quant à elle, accourt vers la pauvre sirène pour la libérer. Dans un sourir compatissant, elle apparaît plus douce que lorsqu’elle dirige sa petite armée.

N’ai pas peur, Princesse-Sirène. Je m’appelle Elsa. Tous les gens d’ici ne sont pas comme cette folle. Tu nous donnes enfin l’occasion de la ratatiner. Tu veux aussi y participer?

Elsa de Saint-Uréa lui tend le bâton qu’elle a accroché à sa taille, ne prêtant guère attention aux créatures que la petite fille des océans a dans ses bras.
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La situation qui semblait désespérée avait vrillé si vite qu’Yvraline n’avait pas eu le temps de sécher ses larmes de peur qu’elle pleurait maintenant devant la violence des enfants battant celle qui lui avait fait du mal. Pourtant, elle ne pouvait supporter cette vision. Tout lui semblait injuste dans ce traitement. Ses yeux se plongeaient dans ceux d’Elsa. Elle voyait bien la gentillesse et la compassion dont pouvait faire la jeune fille mais pourtant tout cela n’avait pas de sens avec ses actes. Elle venait de monter une véritable battue terrestre.

Yvraline se saisit du bâton tendu, déposa Philibert à même le sable, puis le jeta au loin dans l’eau. Elle ne voulait pas participer. Elle voulait que cela s’arrête. Peut-être était-ce un plaisir égoïste que de ne plus infliger à son regard tant de violence mais elle rassembla le peu de force qu'elle avait encore pour se projeter en avant et venir couvrir de son corps la blonde martyrisée.

- “Non arrêtez ça ! Arretez d’être méchant !”

Le geste stupide de la sirène ne fit pas s’arrêter les coups tout de suite. Frappée à son tour pendant quelques secondes, elle sentait une douleur lancinante percer ses côtes. Elle entendait les larmes et les reniflements de la jeune fille qu’elle cherchait maintenant à protéger alors qu’elle sentait les autres enfants s’arrêter les un après les autres de la frapper.

- “Pourquoi vous faites ça ?” Dit-elle en pleurant de plus belle. “C’est pas gentil d’être méchant !”

Elle renifla d’une traite, ravalant sa mouquire dans un bruit dégoûtant certains enfants l’entourant. Elsa s’approcha alors du groupe. Un air interrogateur avait pris place sur son visage alors qu’elle déclamait :

- “C’est la sorcière qui est méchante. Il faut la punir pour avoir essayé de kidnapper la princesse-sirène !”

Décidément, Yvraline ne comprennait pas les terrestres. Pendant un instant, elle douta de son action. Peut-être s’agissait-il là d’une coutume des habitants de la surface ? Pourtant, rapidement elle réfléchit à ses nombreuses lectures et non. Non ! Elle savait que cela n’était pas une coutume de cette île ou de ce peuple. Et elle était sûre, tout cela était injuste.

- “Je vais bien. Laissez-moi retourner dans l’océan et laissez la partir. Il n’y a pas besoin d’être aussi violent.”

Elle se relevait avant de s'asseoir sur sa queue, laissant la petite fille faire de même. Elle chercha du regard son concombre de mer qui n’avait pas bougé. Elle voulait rentrer chez elle maintenant.


Dernière édition par Yvraline le Mer 21 Juin 2023 - 22:23, édité 1 fois
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Le groupe d'enfants est unanimement embarrassé par la situation. À la fois perturbé de voir quelqu'un prendre la défense de cette blonde insupportable et frustré d'être interrompue dans leur défoulement, ils se sentent, tout de même, touchés par la grande gentillesse de la Princesse qu'ils ont choisis. Pour Elsa, il ne fait aucun doute qu'elle doit devenir leur amie. Elle réagit pour le groupe avec une idée en tête.

"Chevaliers, la Princesse-Sirène a demandé d'arrêter.
-Oooh…
-Nous allons donc lui proposer un marché ! Maintenant qu'on a une super Princesse, va ramener le trône, Titouan.
-Aaah !
-Je reviens de suite !
-Il nous faut une couronne aussi.
-Je m'en occupe."


Deux enfants de la bande partent avec beaucoup d'entrain réunir les objets de la royauté selon leur imagination. La petite Commandante essaie de convaincre la petite sirène avec beaucoup d'amicalité.

"Ne pars pas si vite, Princesse-Sirène, c'est le Carnaval. Le seul moment de faire payer la Sorcière jaune, tout le temps protéger par les adultes. On accepte de ne plus la taper, si tu acceptes notre trône. Nous serons tes gardes et tes guides. On pourra visiter la fête tous ensemble et te faire découvrir plein de trucs !
-Oui, Princesse-Sirène ! Tu es trop jolie ! Ce sera trop cool, les autres vont être tellement jaloux."


Il en vient la question de Capulina que l'un des enfants fixe ardemment. Celle-ci s'est redressé, toujours assise. Elle tente de sécher ses larmes discrètement. La douleur n'est pas atténuée. Elle va rentrer couverte de bleus. Sa mère et sa gouvernante ne risque pas de laisser passer cette fois. La petite peste n'a aucune envie de rentrer, mais, coincée avec des brutes ennuyeuses, elle ne peut qu'attendre le moment propice pour fuir.

"On fait quoi de la sorcière du coup?
-On lui attache les mains. Et on l'attache au trône, elle est sous la protection de la Princesse-Sirène. Sinon, les autres vont aussi la tabasser en la voyant. "


Prise au dépourvu, Capulina prend conscience qu'ils ne vont pas la lâcher si facilement. Ce qu'elle ne retient pas, néanmoins, est le fait que beaucoup de groupes de gamins des rues veulent lui donner la leçon qu'elle mérite pour toute la frustration qu'elle leur inflige. Il est arrivé à la petite blonde de tourmenter quelques enfants de la basse cité. Comme tout se paye, sa réputation auprès des enfants en fait l'ennemie public numéro un. Elle va devoir s'en remettre à sa nouvelle amie, la pleurnicheuse des mers. L'enfant soupire de dépit.

Les deux enfants partis plus tôt reviennent enfin de leur quête. Essoufflés d'avoir autant couru sous cette chaleur, le premier traîne une charrette de petite taille, mais assez pour y installer un enfant, aménagée avec des vieux coussins de paille et de tissus, tandis que la deuxième ramène au bout des bras un ornements de branches, de tiges et de fleurs tissés ensemble en couronne. Elsa bombe le torse fièrement.

"Allez, faut bien tout faire pour la faire venir. Place à la présentation. À genoux, Chevaliers."

Le petite bande agit comme s'il avait déjà répété cette scène aux allures officielles. Il s'aligne maladroitement devant la sirène, posant un genou à terre et un poing au sol. Leur Commandante indique du bras chacun d'entre eux pour en faire les présentations.

"Le porteur du trône, c'est Sieur Titouan. Il est fort et grand, il aide son papa à la forge. Il est un peu timide aussi.
-...
-La porteuse de Couronne, c'est Dame Lucie. Sa sœur adore les fleurs mais elle préfère les bâtons.
-Héhé.
-Le lanceur de coquillage, c'est Sieur Jacques. Son papa est pêcheur, il lui en ramène pour sa collection.
-Je peux te faire un collier en cadeau, si tu veux.
-Enfin, Sieur Dorian l'orphelin, c'est le plus jeune mais courageux.
-J'aime chasser les vilaines sorcières pas belles."


Il est, enfin, à son tour d’imiter dans la même posture, en avant de ses camarades, en face de la Sirène.

"Moi, Dame Elsa, Capitaine de l'ordre chevaleresque des… des… on avait dit quoi déjà.
-Des cailloux destructeurs de la mort qui tuent !
-Voilà ! Alors, Princesse-Sirène?"

Le visage de Capulin dépeint un certain mépris devant une scène aussi pittoresque. Les bouseux décrédibilisant autant la chevalerie lui est amusant, mais elle ne veut pas montrer à ses brutes une once de complicité, la douleur au nez encore persistante. Tout ce qui décrédibilise les valeurs de sa mère est divertissant pour elle. Elle joue ainsi, sans le savoir, le parfait rôle de la sorcière moqueuse.

"Pouah ! Votre nom est aussi nul que vos costumes.
-On t'a pas sonné, toi. Tu as de la chance que notre Princesse-Sirène soit gentille."


En effet, le budget déguisement est très réduit pour les enfants des basses villes. Ils ont tous une sorte de sacs à patate percés pour faire passer leur bras et leur tête. Cet uniforme doit signifier pour eux un simili de cotte de maille. Le seul signe distinctif est l'écharpe rouge d'Elsa.
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Yvraline se sentait honorée autant que gênée de la situation. Elle regardait les enfants se présenter, suivant du regard le bras d’Elsa. Elle souriait sincèrement à chacun d’eux. Seulement, elle était aussi troublée. Comment des humains qui, quelques secondes auparavant frappaient sans vergogne l’un des leurs pouvaient, tout à coup, se montrer si polies et sympathiques. Rapidement, ses pensées et son regard se dirigeaient à nouveau vers son concombre de mer. Elle ne pouvait pas le laisser là. Hors de question. Et même si l’envie de retourner à l’océan et regagner son bateau la démangeait, elle ne se sentait pas de refuser l’invitation de sa sauveuse.

Elsa lui tendit la main. Croisant le regard de l’enfant, Yvraline adopta une mine inquiète. Cependant, elle lui donna tout de même la sienne, posant ses doigts délicats au milieu de la terre et du sable couvrant la peau de la jeune fille.

- “Je veux bien vous suivre, mais il me faut un seau d’eau de mer.”

Une demande curieuse qui ne manqua pas de faire soulever un sourcil interrogatif aux enfants réunis. Pourtant, sans questionner davantage la sirène, Elsa tourna la tête et, ordonné par un simple regard, ce fut Sieur Jacques qui partit s’enquérir de l’objet. Plusieurs minutes s’écoulaient alors où un silence pesant commençait à naître. Yvraline fixait la, nouvellement nommée, “sorcière” avant de lui sourir aussi, la tête se penchant légèrement sur le côté. Non, elle n’avait pas oublié les paroles blessantes mais elle ne pouvait se permettre de rester bloquée dessus sans accorder une nouvelle chance à son interlocutrice. Cette dernière se contenta de détourner les yeux, refusant presque la gentillesse de la sirène.

Sir Jacques revint avec un seau en bois abimé, cerclé de bande de métal rouillé et la anse produisant un bruit de crissement caractéristique d’un objet surutilisé. Il courut maladroitement dans le sable, progressant jusqu’à l’océan. Puis, il remplit son seau jusqu'à ce que le poid de ce dernier lui pèse sur les bras. Une fois déposé près de la sirène, cette dernière rampa jusqu’à son animal pour venir le déposer doucement dans le seau. Les enfants la regardaient, certains montrant du dégoût devant le concombre humide et couvert de sable gesticulé maladroitement entre les doigts de la sirène. Caressant la peau flaque de la créature sous immergé dans le seau, Yvraline retirait le sable collé sur l’animal. Puis, sans une once d’hésitation, elle fit un baisé sur le haut de la tête de Philibert avant de le déposer au fond du seau. Cet acte fit naître une nouvelle expression de dégoût chez les enfants.

- “Beurk.” Laissa échapper Titouan.

Il reçut alors un coup de coude dans les côtes de la part d’Elsa, le rappelant à l’ordre sur l'attitude que le chevalier devait avoir devant leur princesse.

- “ On peut y aller.” Dit alors Yvraline en tendant sa main à Elsa pour que cette dernière l’aide à monter sur le trône de fortune.

Deux autres enfants vinrent alors les assister. La sirène étant plus âgée elle était aussi plus lourde. De plus, elle ne pouvait fournir aucune aide aux enfants. Elle était complètement dépendante de leur force. Une fois en place dans sa charrette, Titouan déposa le seau d’eau contenant Philibert près d’Yvraline. Deux enfants prirent place autour de la sirène, Elsa en tête pour les guider alors que les derniers se dépêchaient d’attacher la sorcière comme convenu. Si la sirène n’était pas très fière du traitement de la blonde, elle était tout de même heureuse de pouvoir visiter une cité humaine.
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La troupe se met donc en marche quittant la plage avec une grande fierté. La petite Capulina se demande pourquoi ces trouble-fêtes ont débarqué soudainement sur la plage. Ce coup du sort en fait maintenant une captive de circonstances. Il ne paie rien pour attendre, le moment venu. Les protecteurs de la Princesse-Sirène entrent dans la frange de la ville par la grande porte. Il y a foule sur cette avenue importante menant au port. De multiples commerçants ou voyageurs sont venus profiter de cette célébration nationale. Dans toute cette agitation, les enfants sont laissés à leur jeu dans la journée.

Elsa, ouvrant la marche, guide la garde princière vers des rues moins fréquentées. Ils arrivent devant une première bâtisse, quelque peu isolée. L'indiquant de son bras, elle est contente de pouvoir montrer des lieux peu communs à leur nouvelle amie.

"Voici une base secrète ! Le monsieur Tigre rouge y habite. Mon papa m'a dit qu'il attrape des gens méchants. Ils nous donnent des gâteaux quand on répond bien à ces questions. Mais, il ne faut pas le dire trop fort.
-Je veux être comme lui quand je serai grand!
-On continue. "

Titouan tire toujours la charrette à travers les rues. La petite blonde en profite pour dénouer son lien pendant que les enfants détournent leur attention. Une fois le nœud déserré, elle garde la corde aux mains pour tromper la vigilance de ses ravisseurs. Le groupe arrive devant un attroupement de multiples personnes tous déguisé avec extravagance ou, justement, habillé pour simuler une pauvreté grotesque. Elsa pointe le bâtiment du doigt.

"Et voilà l'Église, toutes les mamans font des cadeaux pour aider les gens pauvres, ici. Et ça aide aussi ceux qui n'ont plus de parents. Le prêtre est un gentil monsieur.
-Il y a du monde…
-Beaucoup de gens viennent donner en ce jour. C'est la tradition. Et puis, ensuite, les dames discutent de choses ennuyeuses.
-Qui t'a dit de parler, sorcière ?
-Viens donc me couper la langue. Hihi!
-La Princesse-Sirène a dit pas méchant !"


L'attitude de Capulina montre qu'elle s'est remise de l'humiliante défaite sur la plage. Son sourire caractéristique revient au grand damne de Sieur Dorian, l’orphelin, qui ne la porte absolument pas en amitié. L'ordre des chevalier de la mort qui tue continue d'écouter leur Princesse à travers la basse ville. La petite blonde profite de ce chemin pour ramasser un pierre de bon poids, feignant d'avoir trébucher. Les enfants parviennent enfin à atteindre le poumon de Saint-Uréa.

"Et maintenant la Place de l'Oblixe !
-L'Obélisque. Hihi !
-C'est pareil. Bref, c'est là que tout le monde se rencontre et se réunit pour faire la fête. Y a plein de gardes aussi pour surveiller.
-Une surveillance facile à déjouer. Savez-vous que je suis recherché?
-Qui voudrait de toi, en fait, à part pour te taper ?
-Elle parle trop, je trouve.
-Laissez là faire son intéressante."


De plus en plus entreprenante, la petite peste semble presque essayer de les provoquer. Calmant ses troupes avant que la sirène ne réagisse, Elsa n'est pas vraiment sensible à ce genre de choses. Elle a l'air plus intéressée à faire passer un bon moment à cette nouvelle amie sortie des Océans.

"Il faut maintenant la guider dans le Palais.
-Le palais? Oooh, oui. Le palais. Héhé."


Dame Lucie fait un clin d'œil à la chef de la troupe, comprenant l'allusion. Elle chuchote à l'oreille de Titouan qui acquiesce sans hésiter. Le groupe se met en marche passant à côté de quelques étables et commence. La sorcière jaune en profite pour subtiliser un sac de farine en même temps. Circulant entre les ruelles, les Chevaliers de la Princesse-Sirène parviennent à un cul de sac, couvert par une vieille voile abîmée protégeant du soleil, avec une sorte de trône fait de planches de récupération. Enthousiaste, la première des Chevaliers dévoile cette planque.

"Et voilà notre…
-Oh, y a la bande à Elsa. Et ils ont la Sorcière jaune avec. Bien joué !"


Un nouveau groupe de jeunes sortent de la pénombre. Capulina reconnaît celui qui se met en avant. Ce n'est autre que le fils du boulanger. Il lui est arrivé de le tourmenter parfois. Étant un garçon peu potelé et facilement irritable, la petite blonde s'est amusée à en faire de ses victimes. Néanmoins, ce n'est arrivé qu'une seule fois. La jeune fille rencontre les enfants de la basse ville que lors du Carnaval ou d'autres événements majeurs, malgré sa réputation. Ceux qui subissent le plus ses travers sont sa famille et son entourage. Elsa paraît déçue de voir cette autre bande, ici.

"Tiens, qu'est-ce que vous faites ici?
-Bah, je suis le Roi.
-N'importe quoi ! On avait dit qu'il n'y a pas de roi. On a mieux, nous. Une Princesse-Sirène !
-Mais c'est nul sans roi. Alors,  je suis roi. Et votre princesse doit se marier avec moi.
-Me… marier?
-C'est pas du jeu ! Égoïste.
-Bon d'accord. On vous laisse le Palais mais, laissez-nous la sorcière moqueuse, on veut aussi la punir.
-On peut pas. Elle est protégée par la Princesse-Sirène.
-Non, mais c'est vous qui êtes égoïste, en fait ! On vous a aidé pour le Palais et on a même laissé la quête de la plage pour vous, tout seul.
-Mais on a trouvé mieux, c'est tout. Laisse nous tranquille, maintenant.
-Non ! On prendra la sorcière, quand-même. Gardes !"


Les tensions internes au Royaume des enfants font rage. Capulina, toute sourire, détache entièrement la corde et l'attache à la pierre en son extrémité, pendant la dispute. Il ne faut pas longtemps pour que tous les gamins prennent leur bâton, prêt à en découdre.

"Chevaliers ! En garde, protéger la Princesse-Sirène, coûte que coûte !
-Non ! Ne vous faites pas mal !
-Gnihihihi !"

Les hommes du Roi-boulanger chargent les Chevaliers déjà en sous nombre. Cependant, Elsa a l'avantage d'avoir deux bons éléments pour tenir et même avoir l'ascendant. En effet, Sieur Titouan et Dame Lucie peuvent gérer deux larbins du roi en solo. La bataille fait donc rage sous le regard horrifié de la Princesse-Sirène, impuissante.

L'occasion tant attendu de Capulina. Tous ses ennemis lui montrent le dos. La vengeance arrive plus vite que prévu. Agitant sa corde avec une pierre au bout, la petite peste prend de l'élan pour frapper, dans un premier temps, le flan de Sieur Titouan. Le coup bien placé le met à terre en se tordant de douleur. Viser le foie ou les couilles comme dit souvent son oncle.

Dame Lucie ne tarde pas à être elle aussi prise en traître. Projetant sa corde autour du cou de cette combattante, celle-ci s'enroule la prenant de cours. Capulina tire violemment dessus. Un mouvement si brutal que la corde se rompt. Lucie finit à terre, l'arrière du crâne cognant le sol. Elle saigne et ne peut que se tenir douloureusement l'arrière de la tête.

Sans perdre de temps, la blonde se rue vers Elsa tentant de se débattre contre un autre enfant. Celle-ci reçoit un coup de pied au dos la propulsant sur le ventre. Ensuite un nouveau coup dans le bide achève la combativité de la chef. Pendant que sa victime peine à respirer, Capulina prend le temps de jubiler.

"La sorcière rit toujours en dernier. Et elle rit très bien. Gnihihihi !"

Les troupes du roi finissent par submerger le reste de la bande. Les fiers Chevaliers ne sont plus que des troupes gémissantes au sol. La peste recule pour se positionner à côté de la Sirène apeurée. Jetant un œil sur Philibert, l'enfant à une idée en tête pour tirer meilleur parti de la situation. Elle effectue une révérence comme sa mère lui a appris dès son plus jeune âge.

"Majesté, je vous propose un marché où tout parti trouvera son compte.
-J'ai pas compris.
-Pff. Vous vouliez un mariage princier. Je vous laisse la Princesse, si vous me laissez partir avec son seau. De toute manière,  son espèce est destiné à l'esclavage en tant normale. Comme vous redeviendrez le simple fils du boulanger, le lendemain. Hihi !
-Doucement, sorcière ! Tu connais la règle du Carnaval.
-Oui, oui. Alors, marché conclu?
-Laisse-moi réfléchir. Euuuh… c'est non !
-J'ai bien fait de prévoir votre débilité. A trop être gourmand, tu n'auras rien, porcinet. Hihihi !"


Capulina lève soudainement les bras haut dans le ciel, dévoilant un instant le sac de farine. Puis, elle le projette de toutes ses forces sur le sol. Une fumée blanche se lève. La fillette en profite pour prendre les commandes de la charrette. Elle se lance dans une course effrénée jusqu'à la plage, malgré le poids de la sirène.

"Ne les laissez pas s'échapper!"
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Si la promenade était agréable, la situation avait fini par déraper rapidement. Yvraline ne savait pas quoi faire et la panique la gagnait. Le déferlement de violence dû aux actions de la blonde la terrorisait et elle préféra se recroqueviller dans la charrette, cachant à ses yeux le sang et masquant ses oreilles de ses mains pour ne plus entendre les gémissements des autres enfants. La terre ferme portait des humains si violents. Yvraline ne voulait pas y penser.

La charrette se remit en mouvement. Tiré par la jeune fille anciennement prisonnière, Yvraline se redressait pour regarder la direction dans laquelle elle était nouvellement emmenée. Elle était angoissée par la situation. Elle avait accepté de suivre les enfants, sans même se douter que la perfidie de la “sorcière” permettrait un tel retournement de situation. Maintenant, elle était condamnée à se rendre là où Capulina le souhaiterait. Incapable de se déplacer seule et de fuire la folie clairement visible sur le visage de sa ravisseuse. Des larmes coulèrent devant cette fatalité. Elle serra fort le seau qui se trouvait à côté d’elle et dans lequel Philibert était balloté de droite à gauche.

Sans prévenir, la charrette s’arrêta nette, projetant Yvraline vers l’avant. Elle fixa alors Capulina, elle-même au sol, causée par une chute provoquée par l’arrêt brutal. La blonde lutta quelque instant pour se redresser et attraper les bras de la charrette pour la tirer et reprendre sa course vers la plage. Pourtant, rien n’y faisait, l’embarcation ne bougeait pas. Le pied d'une inconnue appuyait fortement sur le bras de bois, laissant le bois grincer et menacer de céder. Les enfants relevèrent la tête pour faire face à une adulte. Le teint clair, la peau de nacre. Ses yeux bleutés étaient soutenus par le regard sévère qu’elle portait à la blonde. Elle se redressa sans relacher la pression qu’elle infligeait à la charrette.

- “Yvraline ! Je me suis terriblement inquiétée ! Tu sais très bien que tu n’as pas le droit de quitter le bateau !”

Le ton la femme était ferme mais laissait transparaitre une forme d’inquiétude. Elle tendit alors les bras à la sirène pour l’inviter à la rejoindre. Sans discuter, Yvraline attrapa son concombre de mer dans son seau d’eau salée avant de se rapprocher de son interlocutrice, la laissant alors la soulever dans les airs.


- “Pardon Maman …”
- “Mais …”

Les paroles de Capulina se stoppèrent nettes lorsque son regard croisa celui de la mère de la sirène. La colère visible accablait la jeune fille et l'empêchait de rétorquer le moindre mot devant cette situation. Déplaçant sa fille sur son flanc, la bloquant contre sa taille, la mère dégagea une de ses mains pour venir saisir son sabre. Elle dégaina et dessina une entaille sur la joue de capulina avec le bout de sa lame d’un geste rapide et fluide puis elle rengaina. Elle ne cherchait qu’à effrayer davantage la blonde.

- “Tâche de ne plus t’en prendre aux autres enfants. Tu pourrais amèrement le regretter.”

Sans une seconde de réflexion, la pirate avait mis sur le dos de Capulina les malheureux ayant fait pleurer son enfant. Et si elle n’avait pas tort d’arriver à cette conclusion, cela était plus motivé par un fort instinct maternel d’une quelconque analyse de la situation.

- “Madame Maman.” Une voix rauque et assurée se dégagea des vêtements de la sirène. “Yvraline ne souhaitait que découvrir le monde qu’elle lit depuis longtemps dans ces livres que vous lui fournissez. Vous pouvez difficilement la punir de …”
- “La ferme Philibert. Si je veux ton avis, je te le demanderais !”

Le concombre de mer avait pris place au milieu des morceaux de tissu dessinant la robe de la jeune sirène. Il avait sorti sa tête, composé de son unique orifice, se mouvant dans un bruit de suintement écoeurant. Seulement, lui aussi devant les paroles froides et emprunt à la colère, il préférait se raviser.

Alertés par l’agitation, les habitants avaient commencé à se regrouper autour de la pirate et de la blonde. Des murmures commençaient déjà à s’élever et ils n’allaient pas en faveur de la sirène et sa mère. Un homme d'une trentaine d'années approchait alors de Capulina, tendant ses bras pour l’aider à se relever alors que la pirate filait pour éviter d’autres problèmes.

Les aventures de la sirène sur Saint-Uréa s'arrêtaient ici et, fixant sa mère la ramenant au bateau, elle n’était capable d’articuler que des excuses supplémentaires.
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Capulina n’a pas eu le temps de voir cette femme venir. En un seul regard, elle a commencé à la détester viscéralement. De la défiance à la menace, la petite fille commence déjà à vouloir répondre aux adultes. Néanmoins, celle-ci a une sale dégaine. Touchant sa joue entaillée, l’enfant sait qu’elle est bien trop forte pour pouvoir s’en moquer. La frustration montre. Heureusement, les habitants de la cité protègent ainsi l’une de leur enfant des représailles. Elle fixe l’étrangère, sa fille sirène et le caca de mère qui parle fuir. Capulina découvre à quel point, elle déteste le sentiment d’impuissance. Dans la foule, une dame déguisée en noble se dégage, poussant l’homme qui voulait aider la petite chipie.

"Capulina ! Mais, enfin, que vous est-il arrivé ?! Je vous cherche partout. Ce sera rapporter à votre mère. Depuis quand êtes vous devenus si désobéissante?
-Madame Doctrovée?
-Il suffit. Vous avez été confiné dans vos appartements. Il est temps de respecter votre sentence, jeune fille. J’ai été trop gentil et vous voilà blessée.
-Mes excuses…
-Vous faîtes.


Sa gouvernante regrette d’avoir lâché la bride. Elle se baisse pour lui essuyer les ses mains souillées avec un mouchoir en tissu. La foule se disperse une fois la situation réglée et la servante ramène la petite blonde à son domicile.

Blessures pansés, le corps nettoyé et habillé, la jeune fille est enfermée dans sa chambre, tout le reste de cette journée festive. Elle s’occupe comme elle peut en habillant des poupées ou en jouant seule aux échecs. L’expression maussade, Capulina s’ennuie cruellement. Dans la soirée, elle entend enfin ses parents rentrer. La petite court jusqu’à sa porte espérant que l’on vienne la sortir de sa prison dorée. Madame Doctrovée, qui gardait la porte, interpelle donc la matriarche Dubal. Juste assez près pour que l’enfant perçoive la discussion.

"Dame Dubal. C'est au sujet de votre fille, Capulina.
-Hum? Qu'a-t-elle fait, encore ?
-Elle semble s'être battu avec d'autres enfants de la basse ville.
-Vous me dérangez pour cela ? Cela lui fait une bonne leçon, que voulez-vous que je vous dise?
-Je pensais que vous en auriez eu gare.
-Je n'ai plus le temps pour cette cause perdue. Elle me pompe trop d'énergie. Contentez vous de limiter les dégâts.
-Très bien.
-Nous allons dîner chez de bons amis. Qu’elle ne sorte pas.
-Je vais lui préparer son dîner.
-Si vous le souhaitez. Vous ne voulez pas profitez du Carnaval, vous aussi? Je vous ai offert ce beau costume.
-J'aurais tout ce loisir l'an prochain.
-Elle ne vous mérite pas, Doctrovée."


Comme un dernier coup de poignard sur les sentiments qui la reliait encore à sa mère, des larmes coulent le long des joues de la petite blonde incomprise. Elle qui pensait s’excuser auprès de sa génératrice, sa peine devient rapidement de la colère. Dire qu’elle a perdu le poulpe pour s’amuser avec la sirène. Que du regret ! Abandonné et méprisé par sa propre mère, Capulina passe sa furie en déchiquetant un de ses oreillers. Elle se calme rapidement pour se blottir son sa couette, broyant du noir en sanglot.

Je la déteste.
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