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Comme un parfum de révolte


Comme un parfum de révolte


Hayato se promenait. Voilà déjà plusieurs jours qu'il avait posé le pied sur le « Sultanat de Pétales », avant de laisser sa curiosité naturelle le pousser à explorer les lieux. Il avait été surpris par de nombreuses caractéristiques de l'île, à commencer par sa non affiliation au gouvernement mondial. Il avait d'ailleurs pris bonne note de cette information capitale : le pari était possible, sans être instantanément rayé de la carte. Par ailleurs, le choc architectural et culturel avait été total, par rapport à son île natale de Las Camp !

Il avait débarqué à Rosetta, après avoir voyagé plusieurs jours avec des pêcheurs amicaux. La ville l'avait émerveillé, construite grâce à des champignons géants venus de Grand Line. Des heures durant, il avait sinué dans les rues végétales, ébahis devant ces prouesses techniques. Il n'avait pas mis un pied dans la forêt, cela dit, du fait des nombreuses rumeurs lui prêtant une dangerosité sans pareille. L'épéiste avait, par contre, quitté sans un regard en arrière les vizirats de Verminia et d'Essence. Si le premier était dépourvu d’âme, le second avait assailli les sens du vagabond jusqu'à lui en donner la nausée, à force d'effluves toutes plus exotiques les une que les autres.

Ses pas le dirigeaient actuellement vers Tricastin. Evidemment, il ne s'attendait pas à se voir ouvrir les portes de l'écrin de velours où les nobles locaux se prélassaient. Il avait suffisamment laissé traîner ses oreilles, ces derniers jours, pour comprendre le gouffre qui séparaient leurs mondes respectifs. En jouant les curieux, il avait d'ailleurs glané d'autres informations intéressantes. L'histoire de cette nation avait été marquée par la guerre civile, jusqu'à ce que la nouvelle famille régnante d'émerge. Des rumeurs qu'Hayato avait pu glaner, même si les Pavois avaient remis à flot le pays, certains grognaient dans l'ombre. D'aucuns prétendaient même que les aristocrates au pouvoir avaient eu recours à des intrigues politiques, en lieu et place de l'histoire traditionnellement contée, pour accéder au trône. L'ancienne famille royale aurait été destituée par la ruse, avant que la nouvelle ne s'élève.

Par expérience, Hayato savait quel genre de personne distillait ce genre d'écho sous cape. Si son instinct ne s'y trompait pas, l'armée révolutionnaire devait avoir un pied dans l'île. Quant à savoir où ils se terraient, il s'agissait d'une tout autre affaire ! Mais pour l'heure, les révolutionnaires ne l'intéressaient pas plus que cela. L'épéiste était bien plus intrigué par Castinlet, le point de rassemblement de la caste en bas de l'échelle : les serviteurs. Serviteurs, ou bien esclaves. Car s'il en croyait les ragots, la pratique était légale sur ces terres. L'idée lui fit froid dans le dos. Lui qui vivait libre comme l'air, avait du mal à s'imaginer la souffrance qu'une telle vie représentait.


*Je ne pourrais pas leur apporter une grande aide, seul, mais peut être pourrais-je en apprendre un peu plus sur eux... et revenir les aider dans quelques années.*, se dit-il en pensée.


Petit à petit, il aperçut les champimaisons grandir. Au fur et à mesure qu'il progressait dans la direction de Castinlet, Hayato découvrit tout un village. Ce dernier semblait littéralement pousser depuis le sol de la forêt, en une botte immense d'habitations aux toits sphériques. Pourtant, ces maisons particulière semblait receler un minimum de confort : elles toutes éclairées et isolées grâce à la main de l'homme. Pour autant, là s'arrêtait cette impression chaleureuse.

Si l'intérieur pouvait avoir été aménagé, les rues dégageaient une impression sordide d'insécurité. Partout où se posait son regard, le voyageur découvrait des hommes et des femmes aux mines fermées. Il sentait des regards lorgner vers lui, avant de glisser ailleurs, devant son aspect dépenaillé. Après tout, un étranger en kimono bleu rapiécé et aux sandales élimées n'avait sans doute rien à offrir. Le fait qu'il porte un bokken à sa ceinture devait finir de décourager les plus téméraires.

Hayato soupira.


*Je ne m'attendais pas à un comité d'accueil, mais tout de même...*, songea-t-il .


D'un pas leste, l'épéiste avança vers un champignon orné d'un écriteau. Apparemment, même au sein de la misère, une taverne poussait sans mal. Il passa la porte en bois, inséré dans le mur végétal, et embrassa l'assistance du regard. Quelques mines curieuses se levèrent dans sa direction, avant de retomber bien vite dans leur verres. L'odeur de la sueur, de l'alcool et de l'humus lui assaillit les narines. Il passa outre et s'avança jusqu'au bar en bois, avant de s'y installer et de saluer l'homme chauve et bedonnant derrière le bar:


- Bonsoir patron, est ce que vous auriez un verre d'eau, s'il vous plait ?
- Si tu consommes autre chose, ouais.


Après un rapide grattement de barbe, l'épéiste tenta avec un sourire bon enfant :


- Vous acceptez les échanges de bon procédés, en guise de paiement ?
- Pas vraiment. Réessaie quand tu pourras payer.


Et le patron se désintéressa totalement de lui, avant de retourner remplir les verres de ses clients payeurs. Habitué à ce genre de réponse, le sabreur inclina la tête avant de se trouver un coin au calme. Il en profita alors pour se faire tout petit et écouter les conversations autour de lui. Avec un peu de chance, il trouverait une occasion de se rendre utile.


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Cette matinée, je me levais de bonne humeur. Déjà, la saison du printemps était en pleine effervescence, donnant lieu à des paysages qui stimulaient mes motivations artistiques. Ecartant des feuilles disséminées un peu partout sur mon bureau, je retrouvais finalement ma palette de peinture. La nuit dernière s'était légèrement éternisée, et la peinture avait séché au fond des creux de la planche de bois. Je soupirais, consternée par les actions que la moi de la nuit passée avait entreprises. Bon, il était temps de faire un peu de nettoyage. La journée avait déjà été bien entamée, en témoignaient la vaisselle du repas du midi que mes parents avaient laissé trainer.

"- Aller, un brun de ménage ne fera pas de mal à cet endroit. Ni à mes outils." soufflai-je.

Je déposai alors tous les récipients sales dans l'évier, ainsi que mes ustensiles de peinture et me mis à la tâche sans plus attendre. Mes yeux s'égarèrent sur le calendrier accroché au mur, dans le coin du jour, une fleur à la teinte violette avait été grossièrement dessinée. Mince, j'avais oublié ! Je me hâtai de frotter ici et là, le reste attendra. Coup de chiffon au dessus et en dessous et je m'enfonçai au fond de mon sac de fournitures la palette et les pinceaux qui allaient avec. Je m'habillai un peu plus dignement, on ne savait jamais sur qui je pourrai tomber dans les rues, puis je me mis à courir en direction de la boutique de mes parents.

"- Rahhh tu m'as pas réveillée maman, je suis déjà en retard ??" m'écriai-je en rentrant en trombe dans la bâtisse fleurie.

Il me restait encore deux heures de marge. Soulagée, je reposais mon sac et j'aidais alors ma mère à organiser les étagères. Puis vers le milieu de l'après-midi, je confiai entre de bonnes mains l'endroit pour me diriger vers là où ma présence avait été demandée. Direction Castinlet, où j'étais supposée représenter je ne sais plus trop qui. Heureusement que ma mère pensait toujours à indiquer sur le calendrier les dates de mes commissions, sinon mon organisation légendaire m'aurait déjà fait raté un bon nombre de commande.

Après une bonne marche, je me trouvais enfin à destination, visiblement à l'heure, tandis que la porte s'ouvrait dans mon dos. Un homme, une quarantaine d'années sans doute, dont le visage ne m'était définitivement pas inconnu, m'invitait à entrer dans la demeure.

"- Je vous en prie, c'est au fond." m'indiquait-il en m'ouvrant la voie.

Dans la pièce à l'éclairage plutôt sombre, se trouvait le fils de l'homme, et d'un coup, j'eus le déclic. L'inconnu qui m'avait ouvert était passé une semaine auparavant à la boutique, après avoir longuement expliqué à ma mère que son pauvre fils devait absolument se trouver une compagne afin de sauver l'honneur de la famille ou une histoire du genre. Apparemment, il pensait qu'une peinture élogieuse de ce dernier lui donnerait un avantage pour faire la cour. La seule chose que j'en pensais, c'était que des berries ça ne se refusait pas, surtout quand il était possible d'entraîner mon coup de pinceau par la même occasion. Quelques heures passèrent et la nuit tombait déjà à l'extérieur des champimaisons.

"- Merci pour votre hospitalité messieurs, sur ce je vais devoir vous laisser. Je vous propose de prendre rendez-vous à la boutique pour une prochaine séance afin de terminer cette peinture. N'ayez crainte, le prix restera le même, je cherche encore mon style de dessin, d'où le rythme un peu plus lent." m'excusai-je alors que je rangeais mes affaires précautionneusement.

"- Il est tard, vous ne voulez rien prendre à manger avant de partir ? Je peux vous offrir un rafraichissement à la taverne si cela vous convient, pour vous remercier de votre patience." insistait le quarantenaire.

Ne sachant trop quoi répondre je me laissais guider par l'homme, tout en étant un peu mal à l'aise. Il faut dire que je n'avais pas vraiment l'habitude de fréquenter des tavernes, encore moins le soir. J'aurai préféré être bien au chaud chez moi, avec une petite infusion dans un calme parfait. Mais voilà que l'homme mature à moitié saoul me parlait sans que je ne comprenne vraiment le sens de ses mots. Je crois qu'il me demandait si je ne connaissais personne à présenter à son fils ou un truc du genre. Je me contentais de siroter ma boisson, cherchant des yeux une solution, un moyen de me sortir de cette situation. Quand mon regard finit par croiser celui d'un homme en kimono bleu.
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Comme un parfum de révolte


Les yeux de l'épéiste épiaient les tables une à une, tandis que ses oreilles grandes ouvertes tentaient de capter les conversations aux alentours. Dans le brouhaha ambiant, il était difficile de relever des phrases entières, aussi devait il se contenter de quelques mots qui lui parvenaient, au gré des discussions. À force d'inspection, Hayato finit par remarquer un couple atypique. Une jeune femme blonde sirotait silencieusement sa boisson, tandis qu'un homme plus âgé et visiblement éméché gesticulait et semblait monopoliser la parole. Soudain, le regard de la jeune femme croisa le sien, et le vagabond crut y reconnaître un appel à l'aide ou, tout du moins, son malaise perceptible.

Hayato se leva.

D'un pas assuré, il se dirigea vers la table en question. À mesure qu'il s'approchait, le sabreur captait plus en plus facilement la teneur du monologue : ils cherchait à épouser la jeune femme ? Non, il cherchait plutôt à lui faire épouser son fils ? De sa démarche souple, l'épéiste réduit la distance jusqu'à arriver juste à coté de l'homme en question. Ce dernier n'en finissait pas de vanter les qualités de son fils qui, malgré tout, ne trouvait aucune compagne. Hayato se racla la gorge ostensiblement, forçant le père insistant à arrêter son laïus et à se retourner.


- Je m'excuse de vous interrompre, monsieur, mais je n'ai pas pu m'empêcher d'entendre vos éloges concernant votre fils...
- Ah... C'est que... je... Je suis flatté pour lui, vraiment, hein. Mais... euh... Mon fils préfère les femmes.


Un instant, le vagabond crut qu'il se moquait. Mais l'air aviné et le feu aux joues de son interlocuteur finirent de le convaincre du contraire. Il soupira avant de reprendre posément :


- Je ne suis pas intéressé par votre fils, monsieur.
- Bah c'est bien ça l'problème ! déclara-t-il avant d'hoqueter. Personne ne veut de lui... pourtant, vous savez, il est...
- Beau, intelligent, gentil... entre autres qualités indéniables. Je comprends, ça doit être frustrant et, surtout, la situation doit vous attrister.


L'homme attrapa le kimono d'Hayato d'un geste brusque, avant de l'attirer vers lui d'un coup sec. En un instant, le quadragénaire se retrouva à le gratifier d'un câlin aussi gênant qu'indésirable. Ce dernier fondit en larmes, le serrant de toutes ses forces contre sa poitrine, non sans repartir dans son énumération sans fin des mérites de son rejeton. Tentant de garder contenance, malgré les regards goguenards des autres clients, le vagabond reprit d'une voix apaisante :


- Vous êtes sans aucun doute très attaché à l'idée de lui trouver une femme. Loin de moi l'idée de vous critiquer, ou de remettre en question les vertus de votre fils, mais... vous êtes vous déjà demandé s'il s'agissait de la meilleur tactique ?
- Tactique ? répéta l'homme, dévisageant Hayato d'un regard bovin.
- Imaginez-vous à la place des femmes que vous abordez. À force de vendre votre fils avec tant de fougue, n'avez vous pas pensé qu'elles pourraient prendre peur ? Elles pourrait imaginer que vous embellissez la vérité ou...
- Mon fils est parfait, jeune homme ! renifla le père en s'écartant.
- Le problème n'est pas votre fils, rattrapa bien vite Hayato. Je pense qu'il s'agit plutot de votre méthode pour le mettre en avant, afin d'attirer la convoitise de prétendantes.


Voyant, au regard du benêt, qu'il n'arriverait à rien ainsi, le calme vagabond opta pour une autre approche :


- Imaginez un artisan qui se vanterait d'être le meilleur au monde, auriez vous envie de lui faire confiance sans hésiter ?
- Absolument pas ! Z'êtes bêtes ou quoi ? Il faut d'abord voir de quoi il est capable !
- Précisément, sourit l'épéiste. Vous positionnez votre fils sur un pied d'estale, mais vous le présentez aussi comme un célibataire recherchant une femme. Cette discordance vous dessert. Votre stratégie n'est donc pas la bonne ! Il faut que les femmes aient envie qu'il leur fasse la cour, qu'elles ressentent le besoin d'attirer son attention. Pas l'inverse.
- Ooooh ! C'est pas bête, ça ! Et... comment je fais ?
- Vous positionnez actuellement votre fils en tant que demandeur auprès de toutes les femmes que vous croisez. Des hommes comme ça, il y en a pléthore ! Aucune d'entre elle ne sera intéressée. Plutôt que de vanter ses mérites, aidez-le à prouver qu'il est exceptionnel par ses actions. Il deviendra alors un homme qui sortira du lot, qui attirera le regard et l'envie. Fatalement, le rapport de force s'inversera.


Son interlocuteur se remit soudain à pleurer et à le prendre dans ses bras, le remerciant à grand renfort de cris de joie. Il finit par s'excuser auprès de la jeune femme et s'éloigna au plus vite, d'une démarche chaloupée. Lorsque le calme revint enfin autour de la tablée, Hayato se gratta l'arrière du crane, se demandant si l'homme avait bien comprit ce qu'il lui avait dit... Enfin, ce n'était pas vraiment son problème. Il était étonnant que son savoir mercantile, et les enseignements de Jinro-san à propos, par exemple, des lois de l'offre et de la demande, aient pu l'aider dans cette situation. Cela étant, il n'allait pas se plaindre : l'homme insistant et collant était enfin parti. Le vagabond se retourna vers la jeune femme blonde au teint mat, avant de reprendre la parole, avec un sourire en coin :


- J'espère qu'il ne cherchera pas de nouveau à vous marier à son fils de sitôt, mademoiselle. Je vais vous laisser profiter de votre soirée.


Il inclina légèrement son buste, avant de se diriger vers sa propre place. Il espérait ne pas avoir loupé de discussion importante, pendant qu'il éconduisait le père éméché. Après tout, son voyage initiatique pouvait certes l'amener à aider une demoiselle confrontée à un homme ivre, mais il recherchait bien plus. Le transcendement du corps et de l'âme, en vue de se renforcer et d'honorer feu son bienfaiteur, voilà ce qui motivait l'épéiste. Il s'assit sans un bruit dans son siège, avant que l'aubergiste ne dépose un verre d'eau devant lui :


- Pour avoir fait partir le moulin à paroles. Mais le prochain, faudra payer.
- Je vous remercie, déclara Hayato avec un sourire.


L'hospitalité locale n'était pas si mauvaise que ça, finalement.


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Je regardais l'inconnu user de son bagou afin de faire partir le pochtron avec une admiration non dissimulée. Cette manière de renvoyer les gens d'où ils viennent, en se jouant d'eux et sans qu'ils ne s'en rendent compte, c'en était remarquable. Cela me donnait presque envie d'essayer avec d'autres sujets, mais l'occasion me manquerait sûrement. Quoiqu'il en soit, j'étais finalement débarrassée de ce lourdaud et je pouvais enfin rentrer chez moi, alors que la nuit commençait à s'étendre sérieusement. Je rassemblais alors mes affaires étalées au pied de la table, prête à partir, lorsque je ressentis comme un besoin d'exprimer ma gratitude envers l'inconnu en kimono. Je dégageais alors de mon sac une pâtisserie que j'avais emportée en partant de chez moi mais que je n'avais pas pris le temps de déguster. Je posai la viennoiserie sur le comptoir, au niveau du verre de l'homme.

"- Pour vous remercier de votre habilité et de votre dévotion envers une inconnue." lui dis-je en souriant.

Je me dirigeai vers la sortie quand je remarquai dans un coin de la taverne un duo de personnes parlant à voix basse, mais ricanant suffisamment fort pour laisser certains mots s'échapper de leurs chuchotements.

"- Sans bannière... esclaves...."

Si cela ne devenait pas tout de suite intéressant. J'étais tiraillée entre simplement rentrer chez moi ou en découvrir plus sur cette affaire. Me connaissant, je n'arriverai pas à trouver le sommeil si je ne possèdais pas le fin mot de cette histoire. Je me réinstallai alors discrètement à une table décemment proche de la leur, mon dos leur faisant face, tandis que je me trouvais orientée en direction du comptoir. Je fis signe à une serveuse de me servir à nouveau une boisson non alcoolisée, tandis que je sortais de mon sac un carnet de croquis et de quoi dessiner. Enfin, surtout de quoi prendre des notes pour être honnête. Pour ne pas griller ma couverture, j'esquissais sans grande attention ce qui se trouvait sous mes yeux alors que mes oreilles se concentraient sur les mots qui s'échangeaient en arrière plan.

"- Attends répète les premières étapes, tu parles trop bas je comprends que dalle !" râlait un des hommes, visiblement dur de la feuille.

"- Roh mais c'est pas vrai, qui me l'a dégotté celui-là encore. Bon, première étape, tu prends des notes sur les rondes des gardes. Les guignols qui ressemblent à des châtaignes ambulantes, tu vois le genre ? Bon, ensuite nous on se faufile déguisés en esclaves dans les murs. On aura qu'à se rouler dans la boue ou un truc du genre pour que ça soit plus réaliste. La suite tu l'as, c'est bon ?" répétait alors l'homme dont j'avais saisi quelques bribes avant de m'installer.

"- Oui, on se tient prêt et dès qu'on en a l'occasion, on-" était en train de compléter l'autre interlocuteur avant qu'il ne s'arrête brusquement de parler.

Pour quelle raison s'était-il tu ? La main qui venait de se poser sur mon épaule m'apporterait sans aucun doute la réponse à cette question. Je tournais lentement la tête par dessus ladite épaule, craignant ce que j'y verrai. Un homme balafré, avec une mine bien en rogne, me dévisageait tout en examinant ce que j'avais entre les mains. Fort heureusement, je n'avais finalement rien noté de cet échange suffisamment concis pour que je parvienne à m'en souvenir sans problème. Sur ma feuille ne se trouvait qu'une ébauche du comptoir, avec la silhouette de l'inconnu bienveillant de dos, un verre et mon encas à proximité de lui.

"- Bon-bonsoir, je peux vous aider ?" laissai-je s'échapper à travers mes lèvres crispées et terrifiées.

"- J'ai vu ce que t'as fait gamine, ta manière de changer de place pour te rapprocher de nous. Qui t'envoie nous espionner, l'ASB ? Un haut placé ? Tu ferais mieux de tout nous raconter si tu veux voir le prochain lever de soleil." murmurait-il de sa voix grave.

Dans quel bourbier ma curiosité m'avait-elle encore fichu. Vite une excuse, quoi que ce soit.

"- Ahah je crois qu'il y a un sacré quiproquo entre nous messieurs, du calme, du calme. Voyez-vous je ne suis qu'une jeune artiste en quête d'expérience. Et.. je... euh.... C'est cet homme là-bas, il voulait un portrait, de dos, du coup je me suis arbitrairement installée ici pour avoir un meilleur point de vue, vous savez, le genre un peu mystérieux, aventurier intriguant, la bagatelle quoi..."

Je n'avais aucune idée de ce qui venait de me prendre. Était-ce le numéro de l'autre inconnu qui m'avait motivée à tenter ce tour de passe-passe ? Mais si c'était le cas, pourquoi est-ce que je désignais à présent cet homme du doigt, lui qui venait de m'épargner d'une longue soirée ennuyante. Peu importe, le bourru se dirigeait déjà en direction de l'homme en kimono, tandis que le second restait à côté de moi pour s'assurer que je ne fuis pas la scène.

"- Eh toi, c'est vrai ce que dit l'autre fouineuse ?" criait désormais l'homme à travers la taverne, tandis que je m'épongeais déjà le front transpirant de sueur, le regard fuyant.
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Comme un parfum de révolte


Hayato esquissa un sourire. Non seulement le patron lui offrait un verre d'eau fraiche, mais en plus la jeune fille accompagnait sa boisson d'une pâtisserie ! Lui qui raffolait du sucre était comblé. Il eut a peine le temps de la remercier qu'elle s'éloignait déjà en direction de la sortie. Soudain, elle bifurqua avant de s'asseoir à coté d'un duo d'hommes qui conversaient à voix basse. L'épéiste fronça les sourcils, étonné par pareil revirement, mais la promesse alléchante de se remplir l'estomac fut la plus forte. Il regarda ce cadeau sous toutes les coutures, savourant d'avance une telle douceur. Lui qui, ces derniers temps, était bien plus habitué aux restes et à l’aumône qu'aux grandes tables... il salivait déjà !

Le vagabond but une gorgée d'eau, puis attaqua avec une petite bouchée. Instantanément, les arômes d'agrumes, l'acidité bien maîtrisée, le gras et le sucre équilibrés le firent chavirer. Ah ! Qu'il adorait ce genre de petit plaisir ! La dure vie qu'il s'infligeait depuis plusieurs années, en vue de se renforcer, portait peu à peu ses fruits. Tant sur le plan mental que physique, il avait radicalement changé. Et il n'en était pas encore à la moitié de son parcours. Puisque la discipline avait toujours fait partie de sa vie, s’entraîner sans relâche, voyager dans des conditions précaires, se frotter à la lie de l'humanité pour en sortir grandi... tout cela ne le gênait guère. Mieux encore, il s'en servait avec plaisir pour progresser. Cependant, sa grande faiblesse demeurait le manque de nourriture. Il avait toujours requis des repas gargantuesques pour se sentir rassasié. Aussi, se voir ainsi frappé du sceau de la famine était le plus grand défi de son périple. Raison pour laquelle il se délectait de ce genre de présent.

Alors qu'il prenait son temps pour en déguster chaque bouchée, une voix l'interpella dans son dos :


- Eh toi, c'est vrai ce que dit l'autre fouineuse ?


La bouche à moitié pleine, l'épéiste se retourna et dévisagea un homme à l'air passablement énervé. Alors qu'il continuait de mâcher ostensiblement, Hayato se pencha sur le coté pour apercevoir sa bienfaitrice, toujours assise à table. Cette dernière semblait de nouveau dans de beaux draps ! Il ne s'en émut pas, sans doute sous l'effet du sucre et, après avoir levé sa pâtisserie dans sa direction, lui lança d'un air guilleret :


- Merci encore, c'est délicieux !
- Oi ! le reprit l'homme d'un ton dur. On est pas dans un salon de thé, là ! C'est vrai ou pas ?
- Bah... répondit le goinfre en avalant tout rond. Ça dépend de ce qu'elle vous a dit, vous savez ?
- T'es avec elle ?
- On vient de se rencontrer. Mais, si on veut, notre relation se base déjà sur l'échange de bons procédés.


Sans plus attendre, il porta la viennoiserie à sa bouche pour la croquer à pleine dents. C'est alors que l'impensable se produisit. La main de son interlocuteur fusa, avant de frapper celle de l'épéiste. L'objet de tout son désir fut violemment jeté à terre, avant que l'homme ne le piétine.


- Répond-moi sérieusement, connard ! hurla-t-il.


Un froid glacial tomba sur l'assemblée, tandis que tous les regards étaient braqués sur le duo d'hommes. Interdit, Hayato regardait son repas impromptu finir sous une botte boueuse, irrémédiablement gâché. Il leva les yeux pour soutenir le regard de son vis-à-vis, avant de calmement rétorquer :


- Je vous ai répondu. Posez des questions plus précises, si vous voulez obtenir plus d'informations. Maintenant, retirez votre botte de mon diner.
- Tu te fous de moi, en plus ? s'emporta l'homme en attrapant Hayato par le col.


Instantanément, le bougre se retrouva la tête en bas. Sans comprendre ce qui lui arrivait, l'agresseur devint la victime et, la seconde d'après, il était affalé au sol. Tandis qu'il se relevait pour se battre, il vit, médusé, Hayato en train de ramasser les restes de son repas et l'épousseter, d'un air fermé. Interdit, l'homme jeta un coup d'oeil vers son comparse, comme pour chercher une réponse à cette scène improbable. Autour d'eux, les civils faisaient place nette, s'éloignant de ce qui risquait de devenir le théâtre d'une bagarre. Sous les regards médusés de l'assistance, l'épéiste souffla sur la bouillis de gâteau, avant de l'engouffrer tout entière. Après quelques secondes à mastiquer bruyamment, le vagabond soupira :


- C'est toujours mangeable... mais, il faut avouer que le goût n'y est plus vraiment.


Il rinça alors son gosier avec son verre d'eau, avant de se tourner vers le responsable. Sans se départir de son calme, le sabreur lui lança :


- C'était un coup bas, de jouer avec ma nourriture.
- Tu... Tu te paies vraiment ma tronche ! s'empourpra son adversaire.
- Laisse tomber, Pierrot ! Tu vois bien qu'il a un grain !
- J'ai peur de ne pas comprendre, répondit Hayato, toujours serein. Vous me dérangez en plein repas, me posez des questions on ne peut plus vagues, puis vous vous énervez quand je ne vous donne pas une réponse précise. Messieurs, ce ne serait pas plutôt vous, ceux qui ont « un grain » ?


Comme un seul homme, les deux compères se jetèrent sur l'épéiste en l'insultant. Ce dernier soupira derechef, avant de dégainer son bokken d'un geste fluide. En deux mouvements, les assaillants finirent à terre avec deux belles bosses sur le crane. Tout en rengainant son arme, Hayato se tourna vers le propriétaire :


- Désolé pour le dérangement, patron. Je vous les emmène dehors, et je m'en vais aussi.
- V... Vaut mieux, ouais ! lança l'intéressé, plutôt rassuré à cette idée.


Sans demander son reste, Hayato attrapa les deux énergumènes par leurs cols, avant de les traîner à l'extérieur. En passant, il gratifia une nouvelle fois la jeune femme d'un sourire et d'un remerciement, la complimentant sur la pâtisserie. Une fois dans la rue, il adossa les deux idiots au mur de la champimaison, avant de se redresser.


*Bon... et maintenant, où est ce que je vais ?*, se demanda-t-il en pensée.


KoalaVolant


Dernière édition par Suisou Hayato le Dim 31 Déc 2023 - 21:34, édité 1 fois
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Tout s'était passé à une vitesse ahurissante, à un tel point que je restais figée sur ma chaise, les jambes encore tremblantes. Je repris mon souffle et me levais lentement sous le regard désapprobateur du tavernier, qui avait bien compris que j'étais l'élément perturbateur de ses lieux, et je me dirigeais d'un pas fébrile vers la sortie. Je poussai la porte battante pour assister aux deux hommes suspects en train de détaler. Mon sauveur, quant à lui, restait planté là, cherchant visiblement une direction qui pourrait le porter.

"- Je suis vraiment confuse monsieur, mille excuses pour cette situation dans laquelle je vous ai forcé la main. Tout part de cette vilaine manie à laisser traîner mes oreilles, j'ai entendu quelques mots pour le moins intéressants et je n'ai pas pu m'empêcher de me rapprocher de leur table. Mais bon, j'imagine que ces personnes ont l'habitude de se faire discrète, et ça n'allait pas être une gamine de 15 ans qui leur mettrait des bâtons dans les roues, n'est-ce pas ?" disais-je en passant ma main dans mes cheveux clairs comme pour cacher une gêne qui se faisait de plus en plus grande.

"- Bon, maintenant que vous êtes plus ou moins mêlé à cette histoire, autant que je vous partage ma découverte ! Vous n'en donnez pas l'air, mais je suis certaine que vous adorez les potins vous aussi !" riais-je, alors que je lui exposais les quelques mots que j'avais interceptés.

"- Si vous voulez mon avis, et dans le cas contraire je vous en fais quand même part, cela ne laisse rien présager de bon. Je commence à avoir quelques commissions à Castinlet et Tricastin, j'aimerai que la situation reste aussi calme que possible, c'est pas bon pour les affaires sinon..." épiloguais-je. "- Pour ma part, j'arriverai pas à laisser tomber cette histoire, alors on peut se donner rendez-vous à cet endroit demain matin si ça vous intéresse aussi..."

Alors que je continuais mon monologue, je constatai la lune montante dans le ciel étoilé.

"- Bon, je dois absolument vous laisser, ma mère va encore se faire un sang d'encre si je ne rentre pas bientôt, à demain peut-être, et merci à nouveau grand sauveur !" criais-je en m'éloignant à grandes foulées.

Je rebroussais chemin alors que je répétais en boucle les mots que j'avais pu entendre. Il n'y avait aucun doute, ça risquait d'être dangereux. D'un autre côté, je ne pouvais plus m'arrêter ici, j'en savais déjà trop pour faire marche arrière. Je poussais la porte du domicile doucement, mais malgré ma discrétion sans égal, ma mère m'attendait assise à la table de la cuisine.

"- Tu pourrais revenir plus tôt ma chérie, je me faisais du soucis. Tout s'est bien passé à Castinlet ?" demandait ma génitrice, inquiète de mon retard.

"- Euh oui oui, disons qu'un client voulait des explications sur une technique de peinture, tu me connais, dès qu'il s'agit de parler pinceaux..." bredouillais-je, non fière de mon mensonge.

Mais elle qui était trop protectrice et soucieuse à mon égard ne pouvait absolument pas être mise au courant de mon expédition en cours de conception.

"- Je monte me coucher, je t'aime !" déclarais-je en montant les escaliers trois par trois.

Ma toilette effectuée, je plongeai sous la couette. Moi qui avais pour habitude de veiller tard, j'étais étonnamment sérieuse pour être certaine d'être à l'heure demain matin. Après quelques minutes à compter les étoiles par la fenêtre, la journée arrivait enfin à son terme.

Bien requinquée, le doux fumet du petit déjeuner me tirait du lit. Qu'est-ce que j'étais censée emmener pour ce genre de sortie ? Dans le doute, j'emportai un carnet de note et de quoi écrire.

"- Je t'emporte deux gâteaux à l'orange m'man, à plus !" dis-je en empruntant la route d'un pas assuré.

J'arrivais finalement au lieu de rendez-vous, j'étais seule pour le moment, je décidai donc de commencer à entamer mon petit déjeuner, espérant que je n'aurai pas à mener cette mission en solitaire.
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Comme un parfum de révolte


Hayato réfléchissait. Il avait attrapé son menton de la main droite, tandis que sa bouche s'était déformée en une moue songeuse, sous l'effort mental. La visite du sultanat prenait décidément une tournure étonnante. Après une rencontre délicieuse avec la pâtisserie locale, la bêtise de l'homme était venu tout gâcher, ici aussi. Lui qui cherchait comment se rendre utile, se retrouvait attristé par ce constat navrant. Il fut tiré de ses pensées par la voix de la jeune femme qu'il avait aidée. Il tourna la tête pour voir non seulement les deux larrons détaler la queue entre les jambes, mais également sa bienfaitrice s'excuser.


- Ne vous inquiétez pas pour moi, j'ai connu pire. Concernant votre « vilaine manie », je ne pense pas que la curiosité soit un vilain défaut. Tout dépend du fond de votre pensée : si vous cherchez à aider votre prochain, ou à profiter des informations ainsi gagnées pour nuire.


Après un bref instant de silence, pendant lequel elle passa une main dans ses cheveux, Hayato laissa la jeune femme lui expliquer ce qu'elle avait capté des échanges. Il ne releva pas son insinuation, selon laquelle il aimerait lui aussi laisser ses oreilles traîner, et préféra se concentrer sur le fond du problème. Repérer les rondes des gardes, se déguiser pour s'infiltrer au sein d'un endroit interdit... c'était suspect, mais bien maigre, en l'état. Cependant, la réaction des deux hommes après avoir découvert qu'ils étaient épiés était bien plus importante. Le malaise et l'agressivité de ces deux bougres s'expliquait sans mal, à présent.


- Je vois... finit par répondre Hayato, pensif.


Il n'eut pas vraiment le temps de donner son accord, de s'enquérir d'informations supplémentaires, ni même de lui demander son nom. L'adolescente s'enfuyait déjà. S'imaginer une jeune fille de quinze ans trainer dans un quartier aussi lugubre, seule, l'inquiétait. Il la suivit donc discrètement, de loin, afin de s'assurer qu'il ne lui arrive rien. Certains habitants patibulaires la regardèrent passer d'un air intéressé, mais retournèrent rapidement à leurs occupation lorsqu'ils aperçurent le vagabond les fixer d'un œil inquisiteur. Lorsqu'enfin elle passa le pas de porte d'une maison, l'épéiste soupira d'aise. Elle avait beau avoir l'air de connaître le pays comme sa poche, cette jeune fille semblait attirer les ennuis.

La conscience tranquille, le bretteur rebroussa chemin et chercha un endroit à l'abri pour dormir. Il finit par repérer une champimaison vide, avec un chapeau suffisamment proéminent pour le garder à l'abri du vent et de la pluie. Hayato s'assit, dos à la façade, dans un coin d'ombre. Il garda son bokken dégainé, posé sur une de ses épaules. Depuis qu'il avait entreprit son voyage, il avait développé l'habitude de dormir d'un seul œil, les sens en alerte et l'arme déjà au clair. Compte tenu de l'état actuel du monde, on n'était jamais trop prudent.

Le lendemain, il se réveilla lorsque les rayons du soleil vinrent caresser son visage. Après quelques étirements, il rengaina son arme et trouva une petite rivière où se désaltérer. Une fois sa soif apaisée, il se dirigea sans se presser vers le point de rendez-vous. La jeune femme était déjà là, en plein déjeuner. Le vagabond la salua, avant de prendre la parole :


- Vous êtes matinale. Je n'ai pas eu le temps de vous demander votre prénom, hier. Je m'appelle Hayato, Suisou Hayato. Enchanté.


Il lui laissa l'opportunité de répondre, avant de continuer d'un air sérieux :


- Vous savez, je suis un peu mal à l'aise à l'idée d'emmener une adolescente dans un endroit potentiellement dangereux. J'ai déjà vu des jeunes gens capables de se défendre, et loin de moi l'idée d'être sexiste, mais que comptez vous faire, si jamais on vous attaque ?


Même si elle tenait à protéger la tranquillité des yeux, pour ses affaires ou pour sa conscience, l'emmener volontairement vers le danger sans aucun plan lui était inconcevable. La noblesse de cœur ne protégeait pas, en ce bas monde. Si son bras pouvait lui porter secours, lui même avait ses propres limites. Ainsi, avant d'entamer la moindre action pour élucider le mystère de ces deux hommes, Hayato préférait prendre les devants. Était-elle prête à faire face aux conséquences de ses actes ? En avait-elle le cran et, surtout, les capacités ? Où devrait il se charger de tous les ennemis potentiels ? La question se devait d'être posée.


- Comprenez-moi, reprit-il, je ne veux pas vous dissuader, mais plutôt être certain que vous comprenez parfaitement dans quoi nous nous lançons.


Le ton d'Hayato n'était ni moralisateur ni paternaliste. Loin de tout préjugé, il aimait juste jauger les personnes avec qui il allait faire équipe, comprendre leurs forces et leurs faiblesses pour mieux se préparer. Certaines personnes étaient capables de le comprendre d'un coup d'oeil, ou bien d'y réagir dans le feu de l'action. L'épéiste ne possédait malheureusement pas ce type de capacité d'analyse. Dans le feu de l'action, il laissait son sabre, son expérience et son instinct parler. Qu'en était il pour elle ?


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Je continuais de mâcher ma pâtisserie alors que j'aperçus l'homme de la veille arriver.

"- Enchantée Hayato, je me prénomme Calypso !" articulai-je entre deux bouchées. "Si nous devions en venir aux mains, ou au sabre dans votre cas, je pense que je serai assez habile pour ne pas me faire trop amocher. Pour autant je préfère être honnête avec vous, je ne me pense pas en position de mettre hors d'état de nuire qui que ce soit, surtout si on parle bien de membres de l'armée révolutionnaire. Mais n'allez pas croire que je suis effrayée pour autant, après tout, je suis celle qui vous a convié ici aujourd'hui." je continuai, voulant être certaine qu'on ne me prendrait pas à la légère.

Bon, évidemment je mentais légèrement, une petite boule au ventre faisait son apparition au fur et à mesure que la conversation se poursuivait. Cependant je ne craignais pas tant pour moi mais plutôt pour mon commerce et celui de mes parents. Ne me pensez pas vénale, au prix des commissions que j'effectue, cela se saurait si ma motivation tournait autour de l'argent. Cependant, si le complot en cours menace la pérennité déjà relativement floue de la haute sphère, alors je pourrai dire au revoir à tout cet entraînement à portée de main.

"- Mais je ne suis pas venue les mains vides non plus, regardez.." chuchotai-je alors que je sortais d'une poche de mon pantalon ce qui ressemblait à un pinceau ou un crayon classique, dont la pointe avait été remplacée par une lame aiguisée de quelques centimètres. "Cela me sert habituellement à couper avec précision le papier ou les toiles. Cependant, ma maladresse de débutante de l'époque peut vous confirmer que cet outil peut également trancher sans souci la peau. Ah oui, je vous ai ramené une autre pâtisserie d'ailleurs, je me sentais mal que la dernière ait fini sa route sur le plancher de la taverne" dis-je en lui tendant la sucrerie en question tout en rangeant mon arme de fortune.

"- J'aimerai ne pas avoir à me servir de mon scalpel de la sorte évidemment, mais constatez que je me suis préparée au pire !" déclarai-je avec une fierté non dissimulée. Puis, je me mis à plisser les yeux en apercevant un groupe d'esclaves approcher au loin. "Attendez, cet homme, c'est..."

Sans hésiter je nous emmenai au détour d'une ruelle à la hâte. Cet homme, il était présent hier à la taverne. Il s'agissait de celui qui n'y comprenait rien à rien.

"- L'homme en loques parmi le groupe d'esclaves, celui au centre et qui boîte de manière clairement exagérée, il était de la partie hier soir. On dirait que notre mission peut enfin commencer !" je m'écriai en faisant de mon mieux pour me contenir. "Bon, pour autant, bien que je sois déjà allée à Tricastin à quelques reprises, j'étais toujours accompagnée par un de ses résidents, je ne possède pas de passe-droit pour y accéder..."

Comment faire en sorte d'accéder à la cité sans se faire intercepter désormais.

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Comme un parfum de révolte



Devant la confiance en elle de la jeune femme, Hayato ne put qu’acquiescer. Même si un surin, ou tout du moins son équivalent, pouvait sembler bien peu, qui était-il pour juger, alors qu'il se battait à l'aide d'un simple morceau de bois ? Les apparences pouvaient se révéler trompeuse ; il espérait seulement que Calypso ne jouait pas sur de la simple esbroufe. Cependant, lorsque l'adolescente lui offrit une autre pâtisserie exquise, son esprit sérieux et ses considérations bassement pragmatiques s'envolèrent pour laisser place à la légèreté et l'insouciance. Il remercia abondamment sa bienfaitrice, avant de savourer une nouvelle fois l'équilibre de cette petite douceur aux agrumes. Tout à sa dégustation, l'épéiste se fit surprendre et faillit en laisser tomber son trésor sucré, lorsque la peintre l'emmena dans une ruelle. D'un coup d'oeil, il confirma qu'il s'agissait du rustre qui avait martyrisé la petite sœur de la merveille qu'il tenait dans ses mains. Il finit par revenir à la situation présente et engouffra le reste de son petit déjeuner, avant de se lécher les doigts d'un air distrait.


- De ce que j'ai cru comprendre, cette partie de la ville est effectivement difficile d'accès, pour des quidams tels que nous.


En voyant les esclaves en guenilles marcher devant lui, Hayato se demanda tout de même comment ils souhaitaient procéder. Ils n'avaient absolument pas l'air de noble, ni même de gardes ou d'expert en mission. Ou alors, souhaitaient ils justement se fondre dans la masse d'esclaves, et profiter du passe-droit de l'un d'entre eux ? Après tout, cela semblait le plus logique : en général, les gardes se fichaient éperdument des esclaves. Si l'un d'entre eux montrait patte blanche pour le groupe, ou lui était assez connu pour lui faire confiance, la plupart des hommes en faction se désintéressait totalement de la troupe. Néanmoins, de leur coté, ils n'avaient aucun moyen de se joindre à eux sans éveiller les soupçons. Pourtant, de peur de les perdre de vue et de louper leur chance d'empêcher un sale coup, l'épéiste les suivit à travers les rues parallèles. Ils prirent bien soin d'adopter une démarche anodine, de sembler flâner innocemment, sans pour autant se faire bêtement repérer. Pendant tout le chemin, l'esprit du bretteur s'activa. Il avait beau chercher furieusement, aucun plan décent ne lui vint. Lorsqu'enfin ils aperçurent la porte d'entrée vers Tricastin et les gardes, il jura en silence devant son manque de réussite.


- Ils passent sans problème, murmura Hayato à l'attention de Calypso. Il va falloir s'approcher et tenter quelque chose, sinon nous allons les perdre.


Joignant le geste à la parole, le couple disparate s'avança en direction des gardes. Secrètement, il espérait ainsi forcer son esprit à un trait de génie ; que sous l'effet du stress, ses pensées s'éclaircissent et découvrent un moyen d'accéder à la ville des nobles, in extremis. Grand mal lui en prit. Lorsqu'il arriva finalement devant le garde, sa tête demeura certes calme, mais désespérément vide. Il sourit benoîtement au garde, qui le regarda d'un air perplexe. Avant qu'il ne puisse ouvrir la bouche, une voix familière s'éleva derrière eux :


- Les voilà ! Mes amis, comme il est bon de vous revoir.
- Je... oui, je suis ravi de vous retrouver également.


L'épéiste se retrouver nez à nez avec un trio d'hommes, dont le père fort enthousiaste dont il pensait s'être débarrassé hier. Ce dernier était accompagné d'une version plus jeune et menue que lui, sans aucun doute le fils prodigue, ainsi que d'une dernière personne. Ce fut sur elle qu'Hayato concentra toute son attention. Le port altier, des habits princiers, un regard dédaigneux et un nez froncé devant les frusques du voyageur... Oui, c'était sans aucun doute un noble.


- Ah! reprit leur connaissance de la veille. J'en oublie toutes mes manières. Permettez-moi de vous présenter messire Zay-sakha Ben Lid'naa, mon très cher maître. Maître, ce sont les jeunes gens dont je vous ai parlés !
- Eux ?! manqua de s'étouffer le noble. Il y a certainement erreur !


Ostensiblement, il les jaugea des pieds à la tête, avant de secouer fermement le chef, et de reprendre la parole :


- Un mendiant et une fillette ?
- Maître, je vous jure...
- Assez ! S'ils sont aussi exceptionnels que tu me l'as laissé entendre, qu'ils le prouvent ! Toi, le va-nu-pieds, Farid m'a dit que tu y entendais plus que la plèbe aux façondes des marchands. Lorsque je te vois, tu me sembles bien plus apte à faire l'aumone... Qu'en est il réellement ?


Hayato reçut l'insulte sans sourciller. Il se fendit d'un sourire à s'en faire plisser les yeux, avant de s'incliner respectueusement, malgré le comportement dégradant de l'homme en face de lui :


- Monsieur, je me nomme Suisou Hayato, fils adoptif de Suisou Jinro, patriarche respecté d'une famille d'entrepreneurs de Last Joy, sur l'ile de Las Camp. J'ai suivi son instruction depuis mon plus jeune âge, jusqu'à son tragique décès. Si mon apparence négligée peut vous choquer, sachez qu'elle est la marque de mon deuil, ainsi que le sceau de ma résolution. Sur son lit de mort, il m'a confié la mission de le rendre fier. Je parcours donc le monde dans la privation la plus totale, afin d'arpenter la même voie que lui.


Il marqua une courte pause, avant de relever son buste et de fixer le noble dans les yeux, sans aucune trace d'animosité. Comme à son habitude, l'épéiste dégageait naturellement une aura de sérénité qui ne laissait personne indifférent. Il reprit la parole sans ciller :


- Ce voyage initiatique terminé, j'entends bien profiter de tous ces précieux enseignements, afin de me forger une destinée qui le remplira de fierté.


Un instant, le noble cligna des yeux, hébété par ce qu'il venait d'entendre. Il finit par se racler la gorge, hocher la tête sèchement, comme pour signifier son approbation, avant de se tourner vers Calypso. Il la toisa moins durement que l'homme qui venait de lui donner à quoi penser, malgré son apparence dépenaillée. Toujours ferme, mais moins agressif,  Zay-sakha Ben Lid'naa lui demanda :


- Et toi, jeune fille, on m'a vanté ton talent artistique. Te sens-tu capable de rendre honneur à ma personne ? Mon emploi du temps est chargé, mais si tu t'estimes assez douée, j'aurais un travail pour toi ce soir.


Du coin de l’œil, l'épéiste repéra le groupe d'esclaves qui s'éloignaient peu à peu, mais restaient néanmoins à portée de filature. Avec un peu de chance, ils pourraient manœuvrer assez finement pour rentrer à Tricastin.


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Le voilà notre ticket pour rentrer et avec un peu de chance il fera même office de billet de retour. Je m'inclinais alors en signe de respect, dans une révérence que je souhaitais aussi classe que possible.

"- Messire Zay-sakha Ben Lid'naa, c'est un honneur que de faire votre connaissance. Farid n'a fait que chanter vos louanges lorsque j'étais affairée à poser son fils sur ma toile. Il me semble que vous avez la chance de faire partie du conseil de Notre grand Sultan. Je suis ravie de pouvoir vous rencontrer en personne."

Bla bla bla, j'avais beau aimer traîner dans la haute société pour avoir des potins à me mettre sous la dent, je n'avais que faire de leurs histoires de supériorité des classes, de fausses manies et d'hypocrisie. Enfin, il semblerait que je finissai également par rentrer dans leur jeu en adoptant une telle réflexion.

"- Et bien si vous exprimiez la magnanimité de nous accorder un peu de votre précieux temps, nous pourrions en discuter et trouver une pose et un angle qui sauraient mettre au mieux en valeur votre grandiosité, qu'en dites-vous ?" tentai-je en espérant gonfler suffisamment son ego pour qu'il nous accorde une petite balade.

"- Hum, vous me plaisez. Fort bien, gardes, laissez-les passer, je me porte garant de leur présence en ces hauts-lieux. Mathys, veuillez indiquer le chemin de ma demeure à ces gens. Farid, continuons, nous avons à faire ailleurs. Sur ce, il me hâte de vous revoir lorsque le soleil déclinera." déclara-t-il en sortant de Tricastin accompagné de Farid.

Le fils nous salua à son tour et prit les devants. Coup de chance pour nous, notre destination semblait être dans la même direction que les mouvements de la cohorte d'esclaves. Nous marchions à une rue d'écart du groupe, les apercevant à chaque ruelle perpendiculaire que nous dépassions, tournant discrètement la tête pour s'assurer de ne pas perdre nos cibles de vue. Puis, quelques minutes plus tard, la troupe en guenilles semblait différente. Il en manquait, elle était légèrement plus dispersée, aérée. Je ralentissais quelque peu, pour m'assurer de ne pas être biaisée par ma vision partielle sur le groupe, mais c'était bel et bien le cas. Nous continuâmes jusqu'à notre arrivée devant une somptueuse bâtisse, haute d'au moins 2 étages à en juger par les rangées de fenêtres.

"- Merci infiniment de votre compagnie Mathys, nous avons bien retenu le chemin. Nous ne voudrions pas gêner davantage votre journée, nous prenons donc congés de vous. N'hésitez pas à repasser avec votre père chez mes parents pour poursuivre votre portrait." lui souriai-je alors que le benêt rougissait.

Nous nous éloignâmes en rebroussant chemin, tandis que je tournai à la première ruelle rencontrée.

"- Monsi- Hayato" me repris-je, "Vous l'avez remarqué vous aussi, ce moment où le groupe d'esclave s'est séparé de notre suspect ? Il se pourrait qu'ils soient tous complices de leurs manigances, après tout, le silence d'un esclave ne doit pas valoir bien cher. Cela ne m'étonnerait pas qu'il y ait d'autres révolutionnaires dans le groupe dont nous ignorons le visage. Une simple loque suffit à dissimuler une arme, je nous en ai fait la preuve en début de journée, restons prudent." lui murmurai-je.

Nous arpentâmes les rues jusqu'à arriver là où nous pensions avoir constaté la séparation du groupe d'esclave. Nous nous efforcions de ne pas avoir l'air suspect, mais ce n'était pas chose aisée en nous déplaçant de manière si saccadée et sans connaître exactement l'emplacement de ce que nous cherchions.

"- Dites, vous pensez qu'ils aient pu installer une base ici ? Cachée entre tous ces aristocrates, ça me paraît grandement risqué, mais c'est que leur plan a l'air bien rôdé quand même. Si même l'endroit le plus dur d'accès de l'île est sous la menace, je ne sais pas si je saurai me sentir encore en sécurité ici." commençai-je à m'inquiéter.

Nous continuâmes jusqu'à arriver à une demeure, située plus ou moins là où mes premiers soupçons s'étaient éveillés. A première vue elle ressemblait à n'importe quelle habitation de la zone, cependant il y avait disposé un tapis à quelques mètres de la porte, un peu en travers, chose qui attira mon attention. Une ville si prestigieuse, si noble, avec un détail aussi grossier, c'était louche. Je déplaçai alors le pauvre tissu du bout de mon pied, laissant place à une trappe en bois. Je la soulevais en m'accroupissant, révélant une échelle descendant vers ce qui ressemblait au sous-sol de la maison, d'où se dégageaient de la lumière et des voix.

"- On dirait que nous avons trouvé la suite de notre enquête. Je n'ai pas peur hein, mais.. Vous voulez-bien passer en premier ?" lui dis-je, comprenant que cela devenait sérieux.
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Comme un parfum de révolte



Combiner les talents artistiques de Calypso et le verbe d'Hayato avait finit par leur ouvrir les portes de Tricastin. Le fils tant encensé les mena vers la demeure du noble, alors que le duo d'enquêteurs improvisés surveillait les esclaves qu'ils avaient pris en filature. Une fois sur place, Calypso sut éconduire en douceur Mathys, avant de faire remarquer à l'épéiste un fait qu'il avait lui-même noté : le groupe d'esclaves s'était éclairci en cours de route. Ils finirent par retrouver le fameux endroit suspect, pour mettre la main sur une trappe dissimulée, qui menait très certainement vers un passage dérobé qu'avaient arpenté les disparus. Hayato sourit face à la demande de l'artiste.


*Courageuse, mais pas téméraire.*, comprit-il en pensée.


Pour tout dire, cette décision le soulageait. Il préférait lui aussi avancer de front et limiter les dangers qui pouvaient assaillir Calypso durant leur filature. Sans demander son reste, le bretteur hocha la tête avant de descendre le long de l'échelle, le plus silencieusement possible. À mesure qu'il s'enfonçait dans les profondeurs, les échos de voix se faisaient de plus en plus nets. Il reconnut celle de son agresseur de la veille, qui s'énervait de devoir attendre. Prenant bien garde à ne pas trahir sa présence, il foula du pied le sol de pierre, avant de faire signe à sa comparse de descendre à son tour. D'un coup d'oeil aux alentours, il se rendit compte qu'il se trouvait dans une cave, ou un tunnel au sol et aux murs de pierres. L'humidité ambiante et la poussière rendait l'air plus lourd et frais. Alors que sa partenaire du jour devait le rejoindre, Hayato tendit l'oreille.


- … m'énerve, avec ses grands airs !
- Plus pour longtemps...


Les échos de voix lui parvenaient atténuées par la distance. Il s'avança discrètement, suivant un petit couloir jusqu'à un embranchement qui lui laissait le choix entre continuer tout droit où aller sur sa droite. Il passa lentement sa tête pour regarder, et tomba sur un autre couloir. Les bruits de discussions semblaient venir de ce coté ci. Après un bref coup d'oeil en arrière, pour s'assurer que Calypso le suivait, il lui fit signe, avant de placer son index sur sa bouche. Il reprit son avancée pour arriver à un autre carrefour. Trois choix s'offraient à lui : tout droit, à gauche ou à droite. Il eut beau tendre l'oreille, il ne put déterminer avec précision où se situaient ceux qu'ils traquaient. Néanmoins, puisqu'ils avaient bien réduit la distance, la discussion devenait limpide.


- … attendre Farul, qui ramène les clés. Ensuite on rentre par l'entrée des égouts, on se planque et on attend qu'il rentre, puis on assomme tout le monde et on les ligote. On le réveille et on lui fait cracher ce qu'il sait ! C'est quand même pas compliqué ! Combien de fois j'vais devoir te le dire !
- Mais y'a beaucoup de choses à retenir... Pourquoi c'est lui et pas un autre, déjà ?


Un soupir exaspéré résonna sur les parois du couloir, avant que la voix exaspérée ne s'élève de nouveau :


- Ben Lid'naa fait partie du conseil du Sultan. C'est juste ?
- Ouais...
- C'est le seul qui a une maison avec une ouverture sur les égouts. C'est juste ?
- Euh... Oui !
- C'est le seul chez qui on a un infiltré, vrai ou pas ?
- Ah ouais !
- Alors, qu'est ce qu'il y a de compliqué à comprendre, bordel ?!
- Je... bah... ouais. C'est plus simple de l'interroger, lui, ouais. C'est pas faux ! Ouais. C'est donc vrai.
- Oh par les dieux, qui m'a foutu un empoté pareil...


L'épéiste lança un regard ennuyé vers Calypso : ils avaient mis le nez dans une sale histoire. Sans compter qu'un autre larron devait les rejoindre, selon toute évidence. Mais par quel coté allait il arriver ? Ainsi positionnés, ils étaient potentiellement en danger ! Ils pouvaient se faire prendre en tenaille, en infériorité numérique. Il approcha sa tête de l'oreille de Calypso, afin de lui murmurer ses craintes :


- Nous sommes dans une mauvaise posture. Mais nous savons après qui ils en ont. Nous pouvons rebrousser chemin avant que ce Farul n'arrive, pour les stopper lors de leur tentative, ce soir. Ou alors nous pouvons nous cacher pour les prendre à revers, une fois qu'ils seront passés à l'action. Ou bien encore les prendre par surprise dès maintenant, pour leur couper l'herbe sous le pied. Qu'est ce qui vous semble le plus réaliste ?


Hayato avait sa propre idée, mais préférait choisir un plan avec lequel Calypso serait à l'aise. Après tout, malgré ses bravades, il se doutait que la tournure des événements commençait à prendre des proportions peu habituelles pour elle. Alors que, de son coté, le vagabond avait déjà connu plusieurs aventures rocambolesques. Il attendit donc patiemment que la jeune femme fasse son choix, puis il la soutiendrait de son mieux.


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Rebrousser chemin ou opter pour la confrontation directe, que faire. Je m'étais préparée à prendre des décisions, mais il semblerait que je gérais mal la pression tout d'un coup. Vite, vite, choisis, choisis.

"- Faisons demi-tour, je préfère prendre notre temps plutôt que de nous brusquer et de faire un faux pas" murmurai-je alors, les lèvres tremblotantes.

Par faire un faux-pas j'entendais évidemment finir embrochée sur une dague ou je ne sais quel ustensile tranchant. J'avais besoin d'un peu plus de préparation mentale pour ce qui allait arriver. J'avais évidemment déjà assisté à des rixes, sans en prendre part bien sûr, mais de là à être les témoins d'une tentative de chantage, on était sur un tout autre niveau de gravité. Devrions-nous en parler aux autorités ? Nous croiraient-elles seulement, un vagabond et une gamine, nous serions plus suspects qu'autre chose. Quoi qu'il en soit, la priorité pour l'instant était de remonter à la surface et de s'éclipser aussi vite que possible. Hayato m'invita à monter à l'échelle la première tandis qu'il couvrait nos arrières, puis nous parvinrent à partir rapidement vers la propriété Ben Lid'naa.

"- Bon, prenons le temps de souffler et de réfléchir à ce que nous venons d'entendre" commençai-je, bien que je semblais être la seule ayant besoin de reprendre ma respiration. "Il m'est d'avis que de nous préparer à toutes les éventualités. Dans un premier temps, je pense qu'il serait bon de rester dans le secret quant à cette infiltration révolutionnaire, je pense que nous ne sommes pas assez crédibles pour gagner la confiance de Zay-sakha, le mettre au courant nous garantirait sûrement une expulsion et il n'y a rien que nous ne pourrons faire pour le sauver dans ce cas." continuai-je.

Voilà que je monopolisai la parole, mais mon nouvel équipier semblait vouloir entendre le bout de mon raisonnement ; mais je dois avouer que je n'avais pas eu le temps de réfléchir à toutes les éventualités et étapes à prendre en compte.

"- Je vous propose que nous nous retrouvions devant la demeure à l'heure convenue, soit lorsque le soleil commencera à décliner. Disons 18h30, je dois prévenir mes parents que je ne serai pas là ce soir, si je manque encore de les mettre au courant c'est ma mère qui finira par m'égorger. Et puis, je suis supposée réaliser un portrait, je ferai mieux d'apporter tout mon matériel." fini-je en me dirigeant à mon rythme vers Castinlet.

Dans quel bourbier je m'étais fourrée encore. Il était trop tard pour faire demi-tour, non ? Je ne pouvais pas laisser Hayato en plan, et encore une fois, si ce complot cherche réellement à atteindre messire Zay-sakha Ben Lid'naa, mes affaires n'en seraient que plus impactées, de part la relation qui le lie à mon client actuel, quelle galère. Non et puis ce vagabond a l'air d'être quelqu'un de droit et fiable, je lui fais confiance, j'irai l'épauler ce soir. La matinée touchait presque à sa fin lorsque je rentrai finalement chez mes parents. Je n'allais pas avoir beaucoup de temps pour me reposer avant de devoir partir à nouveau, décidément. Je pénétrai dans le salon où ma mère se reposait, tandis que j'entendais les coups de marteau de mon père en provenance de son atelier.

"- Coucou maman, la matinée s'est bien passée ? Tiens, papa bricole encore un truc ?" lui demandai-je.

"- Oui, rien d'inhabituel, on a eu un peu moins de clients que d'habitude, mais rien d'alarmant. Et oui, ton père fabrique une nouvelle étagère à accrocher au mur pour supporter de plus gros bouquets." me répondit-elle.

"- Oh cool. Pour ma part je repartirai en milieu d'après-midi, j'ai réussi à décrocher une commande d'un noble de Tricastin, j'y mangerai ce soir d'ailleurs alors m'attendez pas. Et t'inquiète pas un ami devrait me raccompagner." dis-je en montant dans ma chambre.

Je préparai alors une toile vierge, mon trépied et le reste de mes ustensiles. Quelques heures plus tard, j'enfilai une robe que je trouvais adaptée à la situation puis je me mis en route, déterminée à élucider ce mystère, et éventuellement m'en sortir indemne.
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Comme un parfum de révolte


L'épéiste hocha la tête d'un air approbatif, lorsque sa jeune partenaire opta pour la solution la plus sécuritaire. Effectivement, se précipiter risquait de les faire tomber de Charybde en Scylla ! Il feignit de ne pas remarquer le tremblement dans la voix de Calypso, avant de rebrousser chemin en silence. Sans un bruit, le duo sortit des égouts et se dirigea naturellement vers la propriété du noble qu'ils avaient rencontré un peu plus tôt. Une fois en sécurité, ils purent soupirer d'aise et préparer la suite de leur plan, afin de déjouer les machinations de ce groupuscule.


- Je vous rejoins, Calypso. Nous sommes des parias, dans ce secteur, et ne devons notre présence ici qu'au bon vouloir du maître de Farid. Il va falloir enquêter par nos propres moyens. Je n'ai pas d'obligation comme les vôtres, donc je resterai à monter la garde discrètement dans le secteur. Prenez garde sur le chemin.


Alors que la jeune fille s'éloignait, l'épéiste se trouva une occupation. Pour être plus précis, il choisit d'errer dans le quartier, en s’attardant à de multiples reprises sur tous les étals ou les points d'intérêt, afin de sembler légitimer au mieux sa présence dans cette zone pourtant réservée aux nobles. Si la manœuvre fonctionna pendant un temps, un groupe de gardes finit par interpeller, sans doute dépêchés par des citoyens inquiets. À dire vrai, il comprenait bien qu'un homme dépenaillé comme lui dépareillait au milieu des hommes richement habillés et des femmes parées de bijoux. Pour parachever son manque de chance, il ne s'agissait pas des troupes qui les avaient laissés rentrer, Calypso et lui, ce qui allait rendre la discussion un peu plus difficile encore.


- Ola, toi là, en guenilles bleues ! Qui es tu et que fais-tu ici ?
- Bonjour, messieurs les gardes. Je m'appelle Suisou Hayato, et je me promène en...
- Tu te promènes ? Dans Tricastin ? Tu te moquerais pas de moi, là ?
- Je puis vous assurer que non, commença Hayato avant d'être coupé.
- Qu'est ce que tu prépares ? Qu'est ce que tu fais là ?!


À présent le ton montait, de même que l'agressivité passive de la foule autour d'eux. Les regards pesants s'accumulaient sur la nuque du vagabond, tandis que les patrouilleurs semblaient approcher leurs mains des poignées de leurs armes, prêt à s'en servir au moindre geste louche. Hayato leva lentement les mains, en signe d’apaisement, avant de reprendre d'une voix maîtrisée :


- J'attends messire Zay-sakha Ben Lid'naa, qui nous a invité une jeune peintre et moi-même dans...
- Tu te paies vraiment notre tête, là ! fulmina un garde, prêt à dégainer.


Le voyageur sentait la discussion glisser lentement mais surement vers un territoire hostile, duquel il ne pourrait se sortir aisément. Il avait beau se creuser les méninges, il ne trouva aucune solution simple à cette situation inextricable. Soudain, une voix s'éleva derrière lui :


- Aahh ! Mon cher ami Hayato ! Vous êtes en avance !


La totalité de l'assistance resta sans voix, lorsqu'ils découvrirent Farid, le serviteur du noble Ben Lid'naa s'adresser ainsi à un pauvre gueux. Ce dernier reprit d'une voix amicale :


- Mais je vous en prie, entrez, entrez ! Mon maître m'a envoyé commencer les préparatifs pour vous recevoir, vous et la douce Calypso.


Alors seulement, le père particulièrement lent à la détente finit par repérer les gardes et les postures austères de la foule autour de son invité.


- Ah. Oui. C'était à prévoir. Je suis désolé, messieurs, nous aurions dû vous prévenir !
- Ce... Ce pauvre mendiant est invité chez... maître Ben Lid'naa ? C'est une plaisanterie, Farid ?
- Surveillez vos paroles, gardes ! Cet homme vaut cent fois plus que son apparence ne le laisse penser ! Voyez !


D'un geste de la main, le quadragénaire montra d'une main tremblante d'excitation son fils, au bras d'une charmante demoiselle. Toute l'assistance tomba à la renverse, bouche bée, à la vue de cette scène improbable. Après des mois - des années même - de poussives déclarations pour faire mousser son fils... Farid avait réussi ! Le premier surpris par la nouvelle, en réalité, fut le vagabond. Il ne s'attendait pas du tout à ce que ces deux là réussissent ce tour de force, et encore moins aussi rapidement ! Le père, fou de joie, secoua vivement la main de l'épéiste :


- Merci encore, pour vos conseils ! Vous serez l'invité d'honneur du mariage !
- Je... Euh... Merci, bredouilla l'intéressé.


Sous les yeux éberlués de la plèbe, tout ce petit monde passa un portail doré, puis disparut en claquant la porte gigantesque de la demeure du noble. Une fois à l'intérieur, Hayato ne sut trop où se mettre. Certaines personnes aimaient étaler leurs richesses, dans une cascade d’opulence et de décorations qui laissaient entendre, plus ou moins subtilement, qu'ils avaient les moyens de s'offrir ce qu'ils souhaitaient. Dans le cas présent, l'épéiste jugea que son hôte avait largement dépassé ce stade ! Tout ici n'était qu'une surenchère, qu'une démesure dans le faste et le luxe les plus malvenus. Il foulait un sol en marbre, qui s'étalait à perte de vue dans un hall d'entrée dantesque. Devant les colonnes sculptées, les moulures en or, les miroirs démesurés, les pièces d'art à la valeur inestimable, mais également les serviteurs par dizaines... Le vagabond se sentit mal à l'aise comme jamais. Lui qui avait juré de vivre simplement, en parcourant le monde, se retrouvait devant la philosophie à l'exact opposée de la sienne.


- Essuyez-vous les pieds, lui intima Farid. Et les mains. Et le visage, aussi... Voulez vous prendre un bain ?
- Je... je pense que ce sera nécessaire, oui.


Avait il seulement le choix ? Dans sa condition actuelle, il n'aurait même pas osé s'asseoir sur les coussins en soie richement décorés. Une poignée de serviteurs le conduisit donc dans une salle de bain immense, où trônait en plein milieu une baignoire dorée gigantesque. Il remercia les serviteurs, et refusa catégoriquement qu'ils le lavent, non seulement par pudeur mais également par une gêne profonde d'être ainsi infantilisé. Après avoir fait changer par deux fois l'eau du bain, qui s'était saturée de crasse, Hayato ressortit propre comme un sou neuf. Il trouva son kimono reprisé et lavé, plié sur une chaise. Ses sandales avaient été réparées, mais également récurées de fond en comble. Il remercia les serviteurs présents, qui échangèrent des regards étonnés. Sans un mot, le vagabond s'habilla avant de demander à l'un d'entre eux de le guider vers Farid pour une raison fort simple : il lui était strictement impossible de retrouver son chemin, dans cette maison aux proportions démesurées.

Une fois de retour dans le salon jouxtant le hall d'entrée, Hayato allait se lancer dans une conversation avec son hôte, lorsqu'on frappa à la porte.


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Je revenais gaiement au niveau de la demeure du rendez-vous, les lumières éclairaient toute la route en passant à travers les vitraux colorés aux motifs fleuris. J'aurai pu rester dehors et étudier ce jeu de lumière toute la nuit si seulement je n'étais pas attendue à l'intérieur. A peine eu-je toqué une fois sur la luxueuse double porte, un déclic de verrou se fit entendre alors que les deux portes laissaient maintenant transparaître un intérieur qui semblait presque plus grand que la bâtisse elle-même.

"- Oh parfait, vous arrivez pile à la bonne heure chère Calypso" m'adressa Farid. "Et vous semblez bien plus présentable que votre compagnon de route, pas la peine de faire un tour par les salles d'eau. Je vous en prie, nous allions débuter la soirée, suivez moi." poursuiva-t-il.

Je le suivis sans hésiter, étant ébahie par la splendeur et le luxe de l'endroit, manquant de me prendre les pieds dans un tapis à force de garder les yeux en l'air. Nous arrivions rapidement dans le salon où la vue ne faisait que me rajouter une touche de paillettes dans mes yeux déjà scintillants. Je retrouvai à côté de moi Hayato en ramenant mon regard à ma hauteur.

"- Tiens, vous avez changé un truc vous. Nouveau shampooing ? Ou est-ce autre chose ? Hmm quoi qu'il en soit, vous avez bonne mine !" lui disai-je en essayant de déterminer ce qui avait pu changer.

Assis autour de la table à dîner se trouvaient le fils de Farid, accompagné d'une belle demoiselle, il semblait que ce dernier avait finalement réussi à trouver chaussure à son pied. Descendant d'un escalier tout de pourpre recouvert, leur hôte les salua d'un geste pompeux mais qui se voulait sans aucun doute accueillant.

"- Mes chers invités, soyez les bienvenus dans ma somptueuse demeure. Impressionnante n'est-ce pas ? C'est un trésor familial, ayant survécu aux époques les plus dures de l'histoire de cette haute ville. Vous faites désormais partie des rares individus ayant la chance de vous promener sur des parures authentiques et de poser vos fesses sur du mobilier réalisé par les meilleurs ébéniste d'East Blue." s'exclama Zay-sakha Ben Lid'naa.

Je continuais d'observer les murs décorés sur toute leur longueur et largeur. Ils étaient ornés de moults tableaux aux cadres somptueux, sûrement des portraits des ancêtres de notre hôte. Je restais bouche bée devant tant de talent et de précision. C'était ce genre de niveau que je voulais désormais atteindre. Je m'assis par la suite à côté de Hayato et en diagonale du jeune fils accompagné de sa nouvelle compagne.

"- on dirait que je vais devoir agrandir ma toile pour votre peinture Mathys. Il me paraît inimaginable de na pas immortaliser cette belle union, n'est ce pas Farid ?" déclarai-je.

"- Oh oui, naturellement Calypso, ça serait un plaisir que de passer commande pour commémorer ce nouvel amour !"  me répondit-il.

Parfait, plus de berries et d'expérience en vue.

"- Assez parlé des autres, parlons plutôt de moi, voulez-vous donc ? Voyez vous ces portrait accrochés aux murs, j'ose espérer que oui, même un aveugle serait ébloui de leur splendeur. Si vous êtes un minimum observatrice, vous constaterez qu'il manque une personne à cette rangée de bustes, et il ne s'agit de personne d'autre que moi. Vous me suivez ?" disait il sur un ton aussi posé qu'agacé.

"- Je suis très flattée Messire, vraiment, mais je suis encore loin d'avoir le niveau de maîtrise des peintres ayant réalisé ces œuvres. Je vous ai ramené des croquis pour des tableaux que j'ai pu terminer, vous reconnaîtrez sûrement Mathys sur celui-ci par exemple." répondis je honorée, mais quelque peu gênée. Je n'imaginais pas qu'on me demanderait une tâche aussi complexe que celle-ci.

"- Je mentirai si je disais ne pas être déçu. Cependant il ne fait aucun doute que vous avez du potentiel jeune fille. Dites moi, quel profil me met le plus en valeur ?" demanda-t-il en agitant son visage de gauche à droite et de haut en bas.

"- De ce que j'observe, chaque angle a le potentiel pour devenir une peinture splendide." le complimentai je, je commençais à cerner le personnage qu'il était.

"- Parfait. Je vous autorise donc à passer au buffet." dit-il en sonnant une clochette, un son rapidement couvert par le bruit des portes que les domestiques ouvraient pour amener les plats sur la table.
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Comme un parfum de révolte



L'arrivée de Calypso lança définitivement le début de la soirée. Si la jeune fille lui adressa une pique sans même s'en rendre compte, Hayato ne prit pas la mouche et, au contraire, éclata de rire en se frottant l'arrière du crane. Il répondit d'un ton dégagé :


- C'est ce qu'un bain en bonne et due forme fait à un homme, Calypso.


Leur hôte les accueillit avec la grandiloquence qu'on lui connaissait, ajoutant au faste superfétatoire de sa demeure. Cet homme leur confirma, sans que Calypso et Hayato en ait réellement besoin, qu'il était imbu de sa personne au dernier degré. Les échanges furent systématiquement ramenés à lui mais, fort heureusement, la peintre sut tirer profit de cette inclinaison pour rentrer dans ses bonnes grâces. Habile, la jeune femme réussit à lui vendre son potentiel et arracher une futur promesse d'embauche. Mais plus important encore, elle leur ouvrit les portes du buffet. L'estomac du vagabond cria famine et, même s'il tenta de le cacher, ses hôtes l'entendirent. Malgré tout grand prince, le noble ne releva pas et les invita à se restaurer.

Si l'immense habitation de Zay-sakha Ben Lid'naa l'avait surpris, la taille gargantuesque du buffet le ravit au plus haut point ! L'épéiste prit malgré tout sur lui et, dans un calme relatif, entreprit de faire honneur à chaque plat disposé sur une table à la longueur aussi démesurée que l'ego de leur hôte. Viandes juteuses, semoules épicées, crèmes onctueuses, pains plats exotiques, salades rafraîchissantes... Chaque assiette le ravissait. Mais, comme à son habitude, Hayato trouva réellement son bonheur en dévorant les gourmandises, pâtisseries et confiseries proposées. Tout à ses dégustations, l'épéiste en avait presque oublié pourquoi lui et la jeune femme se trouvaient ici. Malheureusement pour lui, la vie reprit bien vite son cours.

Un vacarme s'éleva brutalement derrière eux. Lorsqu'il se retourna, l'épéiste aperçut plusieurs gardes, à terre, tandis que des hommes qu'il reconnut les menaçaient avec des sabres :


- Messire Ben Lid'naa, rendez-vous sagement, et personne ne sera...
- QU'EST CE QU'IL FOUT LA, LUI ?! lança soudain une voix qu'il ne reconnut que trop bien.


La bouche toujours pleine de pâtisseries au miel, le cerveau d'Hayato était noyé sous le sucre. Lentement, les rouages de son esprit se reconnectèrent et, soudain, l'évidence le percuta :


- OH ! Votre excellence ! Ils sont là pour vous !
- CRETIN ! ON VIENT D'LE DIRE !
- Ah... Hum. Un instant, s'il vous plait.


L'épéiste déglutit bruyamment son repas et, sous les regards atterrés de l'assistance, se servit un verre d'eau pour faire passer le tout. Enfin, sans se départir de son calme, le voyageur soupira d'aise, avant de se tourner vers les intrus au nombre de quatre :


- C'est une marotte, chez vous, d'interrompre les repas...
- Pierrot ! Calme toi ! Il a un grain, tu te rappelles ?


Alors que le dénommé Pierrot fulminait, tout en étant retenu par ses comparses, leur hôte se tourna avec un regard sévère vers Calypso et Hayato :


- Vous connaissez ces vils gredins ?
- J'ai dû les empêcher de s'en prendre à Calypso, hier soir. Et aujourd'hui, nous les avons suivis pour déjouer leurs plans. Nous les avons entendu dire qu'ils souhaitaient enlever un membre du conseil du sultan.
- Qu'est ce que vous dites ? s'étouffa-t-il. Farid ! Chassez-moi ces... Farid ?
- Votre grâce, je vous en conjure, pardonnez-moi...


Sous l’œil éberlué d'Hayato, Farid venait de sortir une lame qu'il pointait, les yeux embués de larmes, vers le ventre du conseiller.


- Penser que vous me trahiriez ainsi, Farid ! Je suis outré !
- Il n'a pas vraiment le choix, votre « grâce », lança une voix, en insistant d'un air mauvais sur le titre.


Du coin du regard, Hayato aperçut la fiancée de Mathys le menacer, depuis son dos, d'un poignard sur sa gorge. À présent, tout le scénario prenait clairement forme dans l'esprit du vagabond. Il jura en silence, devant sa propre stupidité. Ou bien était-ce un sursaut d'ego, pour croire aussi benoîtement que quelques conseils prodigués dans un bar suffiraient à attirer une jeune femme, en moins de vingt quatre heures ? Il fut tiré de ses réflexions par la voix chevrotante de Farid :


- Votre grâce, je vous en conjure... ils tiennent mon fils !
- C'est vous ! accusa le noble d'un doigt tendu vers Hayato. C'est vous l'instigateur de ce forfait !
- J'ai bien peur que non, votre grâce... Je suis venu vous aider.
- Mensonge ! Vous paierez pour cette vile trahison !
- LA FERME ! C'est nous qui avons tout prévu ! Ce crétin est même pas foutu de savoir quand s'énerver ! Il trouverait pas son cul au milieu de sa chemise !
- Pierrot, t'as encore mélangé deux expressions... C'est "trouver son nez au milieu de son visage", ou "s'entendre comme cul et chemise". tenta de glisser son comparse.
- ON S'EN FOUT ! J'vais pas laisser ce débile tout gâcher !


En quelques ordres clairs et précis, il mit de l'ordre dans la situation ubuesque :


- Farid, tu amènes le conseiller du sultan dans les égouts avec nous. Isilda, tu gardes Mathys en otage, si la jeune ou le pouilleux font mine de se rebeller, tu lui fais un deuxième sourire ! Maintenant tout le monde se calme, et les hippopotames seront bien gardés !
- Les moutons...
- LES HIPPOPOTAMES !


Comme un silence de mort retombait dans la pièce, Hayato soupira. Pour l'heure, il n'avait pas vraiment le choix : ils s'étaient fait avoir en beauté !


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Je réalisais en même temps que mon partenaire dans quel piège nous avions sauté à pieds joints. Les éléments s'emboîtaient les uns à la suite des autres, tout était plus logique et évident. La situation avait dégénéré aussi rapidement que Hayato s'empiffrait de pâtisseries, et nous n'étions désormais plus que quatre dans cet immense hall. Cependant, notre temps était compté, il fallait sauver notre hôte tout en essayant de garder Mathys sain et sauf. Je réfléchissais aux quelques œuvres de fiction que j'avais pu lire et qui abordaient une situation similaire. Il fallait tenter d'établir un contact humain, comprendre ses motivations personnelles, créer un lien émotionnel qui permettrait de la surprendre.

"- Bon, et bien recommençons les présentations, vous voulez-bien Isilda-" je commençai, alors qu'on m'interrompit.

"- Ferme là ! J'en ai rien à carrer de comment tu t'appelles ou de quel âge t'as." me répondit-on sèchement.

Bon, il semblerait que les étapes du contact humain et de la négociation tombaient déjà à l'eau. Que nous restait-il, nous ne pouvions pas appeler à l'aide ni coopérer, auquel cas leur plan aboutirait. Il fallait faire diversion. On m'avait disposée de mon matériel de peinture encombrant, toile, chevalet, à mon arrivée, mais je gardais toujours avec moi ma sacoche comportant pinceaux, tubes de peinture et autres outils, tel que le scalpel que j'avais présenté plus tôt à mon partenaire. J'étais encore assise à la table qui nous séparait de l'agresseuse, et je tentais de me faire parvenir en mains ladite sacoche qui se trouvait aux pieds de ma chaise. Un tour d'habileté avec les pieds plus tard, j'ouvrais le contenant sans quitter des yeux la faiseuse d'otage, couvert par la longue nappe.

Devais-je lancer ma lame en sa direction ? Cela risquait de blesser le jeune homme et j'avais tout de même peu de chance d'atteindre ma cible précisément. Cependant il n'y avait pas grand chose d'autre me permettant une telle diversion dans ce sac. Alors me vint une idée qui me fit aussi mal au cœur qu'elle ne m'inspira. Je tâtonnais à l'aveugle pour trouver le scalpel, que je finis par attraper en me piquant l'index sur sa pointe. Puis de l'autre main je me saisis d'un tube de peinture à l'huile, en priant pour que cela soit n'importe lequel sauf le bleu roi, ce pigment étant une plaie sans nom à se procurer. J'entailla la protection du tube, sentant couler petit à petit le liquide froid et encore un peu visqueux de son contact soudain avec l'air ambiant.

Sans attendre davantage que le tube ne se vide de tout son contenu, je le lança en direction des deux individus en face de moi, espérant que cela soit suffisant pour que mon allié prenne le relai. Quelques millisecondes plus tard, un splendide bleu lapis-lazuli éclaboussait le visage de Mathys et de sa ravisseuse, alors que je contemplais avec un pincement au cœur la magnifique couleur que je préservais depuis si longtemps.

"- A vous monsieur Hayato !" m'écriai-je, une larme à l'œil qui n'était en rien due à la pression du moment mais uniquement à ma perte soudaine de ce coloris tant aimé.
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Comme un parfum de révolte



La situation était critique.

Non seulement leur hôte venait de se faire enlever, et ce malgré le clair avantage qu'ils étaient censés avoir, en ayant eu vent du plan des malfaiteurs à l'avance... mais, surtout, un innocent était menacé. Hayato se morigéna pour sa propre stupidité. Il avait encore bien des progrès à faire ! Trop confiant en ses capacités, certain d'avoir le dessus physiquement après leur altercation de la veille, il n'avait pas relevé le détail incongru de la fiancé ! S'il avait été plus vif d'esprit, peut être aurait-il pu y voir une arrivée bien trop suspecte, le jour même de l'enlèvement du noble ! Il soupira, avant de se resservir distraitement une pâtisserie qui traînait.


*Que faire...*, se demandait-il tout en mastiquant pensivement.


La tentative de lien lancée par Calypso s'était soldée par un cuisant échec. Non contente d'être une vipère, Isilda semblait user de sa langue de serpent aussi bien que de sa dague, toujours coincée sous le cou de Mathys. L'épéiste, tout à ses réflexions, continuait de grignoter avec un appétit d'ogre. Il fallait dire qu'il n'avait pas fait aussi bonne chère depuis des lustres ! Aussi, devant le comportement déplacé de ce malotrus en kimono bleu, Isilda finit par tiquer :


- Mais... mais c'est vrai que t'as un grain ! Est ce que tu comprends seulement la situation, débile ? Tu vas arrêter de bouffer oui ?!
- À vous monsieur Hayato !


Le cri avait pris par surprise tant la jeune bandit que le bretteur. Si la première reçut en pleine tête un tube de peinture, qui explosa dans une gerbe de liquide bleu poisseux, le second réagit au quart de tour. Isilda, dans un réflexe malheureux, avait relâché sa prise sur Mathys pour s'essuyer d'un revers de manche. Profitant de cet instant de répit, le jeune homme écrasa le pied de sa fausse dulcinée, de son talon vengeur. Alors que la mégère hurlait de rage et de douleur, l'ancien captif en profita pour plonger en avant et éviter un coup de dague malencontreux. Enfin libérée de son aveuglement passager, la demoiselle vit avec horreur un bokken s'écraser sur son beau visage. La seconde d'après, elle gisait au sol, inconsciente, la tête ornée d'une bosse démesurée.


- Merci à tous les deux ! s'exclama le fils de Farid. Vous vous êtes coordonnés à merveille ! La distraire en vous comportant comme un rustre, pour permettre à votre coéquipière de l'aveugler et de vous ménager une ouverture... Vous êtes extraordinaires, tous les deux !
- Hum... oui, c'est... l'expérience qui parle, balbutia Hayato, les joues rosies.


Le vagabond se racla la gorge et retourna à la situation présente. Leurs péripéties n'étaient malheureusement pas terminées ! Un des conseillers du sultan avait été enlevé et, pour l'heure, il leur incombait la lourde tache de lui prêter assistance. Immédiatement, Hayato lança à la jeune fille :


- C'était bien joué, Calypso ! Vite, maintenant ! Ils sont partis par cette porte dérobée. Si nous nous pressons, nous pourrons sans doute les rattraper.


Contre tout attente, Mathys emboîta le pas de l'épéiste. Il invoqua une raison fort simple : son père ferait un bon allié, une fois qu'il serait rassuré de le voir sain et sauf. Ne trouvant pas de contre-argument probant, Hayato opina du chef avant de se presser. Il franchit la porte qu'avaient empruntée les ravisseurs, puis descendit le plus vite possible des escaliers menant au sous-sol. Une fois en bas, il prit le temps d'inspecter les lieux et de tendre l'oreille. La grande pièce en pierre était percée de deux portes, ainsi que d'une grille entrouverte. Il entendit les échos s'échappant de derrière la grille. Il fonça. Au bout de quelques mètres, il se retrouva de nouveau face à un carrefour, à l'image de celui qu'il avait rencontré un peu plus tôt dans la journée. Se guidant à l’ouïe, il conclut qu'il rattrapait peu à peu les criminels. Il ralentit donc et se fit plus discret, intimant à ses coéquipiers de faire de même.

Au bout de plusieurs tours et détours, ils retombèrent à l'endroit où Calypso et lui avaient découvert les viles intentions des malfrats, quelques heures plus tôt. Un long tunnel pavé et humide s'étendait devant eux, avec des couloirs perpendiculaires à droite et à gauche. L'épéiste entendit clairement les échos de voix s'élever, sur sa gauche :


- Bon ! Maintenant qu'on est au calme, on va pouvoir discuter, « votre grâce » !
- Je n'ai rien à vous dire, chiens !
- Oooh, mais je crois au contraire que vous avez pleiiiin de choses à nous raconter !
- Farid ! Je te sommes de m'aider immédiatement !


Des ricanements infâmes s'élevèrent, en même temps que des sanglots. La voix du père éploré retentit sur les murs :


- Maître Ben Lid'naa, je vous assures que je le ferai... mais... mon fils ! Je ne peux pas abandonner mon fils à une mort certaine !
- Tu oses laisser ton maitre en pature à des roquets, insolent ?!
- Voilà pourquoi on a besoin de remettre de l'ordre dans cette ville, hein les gars ?!


Un tonnerre d'applaudissement fit vibrer les égouts, avant que le kidnappeur ne repprenne :


- Farid tient à son fils comme à la prunelle de ses yeux, tout le monde le sait ! Que vous, les nobles, pensiez encore que votre vie est tellement plus importante que celle des autres, qu'un tel père irait jusqu'à trahir son propre fils... Peuh ! Vous avez rien dans le crane !
- Comment osez-vous... Qu'est ce que vous faites ! Arrêter, je vous l'ordonne !
- Tout doux, messire, c'était juste une petite injection pour nous assurer que vous nous direz tout ce qu'on voudra savoir. Bien, en attendant que ça agisse, mettez vous à l'aise ! Et après... on aura quelques questions à vous poser !


À ces mots, Hayato se retourna vers ses compagnons, la mine grave. Il chercha du regard à savoir s'ils étaient prêt. Par geste, il leur expliqua qu'il allait passer devant, et qu'ils devraient lui porter assistance. Il attendit calmement leurs réponses et, lorsque le moment opportun serait venu, ils porteraient secours au noble.


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Ca c'était du travail d'équipe ! Je ne croyais pas vraiment en mon initiative au moment de sa réalisation, mais Hayato avait su profiter de l'opportunité créée pour mettre à terre la mécréante. Je m'accroupis au niveau de cette dernière, contemplant une dernière fois avec tristesse cette si belle couleur, mais qui aura eu la chance de nous sauver de cette situation. Je m'emparai de la dague gisant au sol, puis je me mis à la suite de mon compagnon. A la surprise générale, l'homme encore otage quelques minutes plus tôt, était désormais devenu notre allié, mais cela ne faisait que renforcer nos chances de victoire.

Nous nous enfonçâmes alors dans ce qui semblait être des souterrains à l'odeur rance, sûrement l'endroit duquel les agresseurs provenaient. Des traces de pas et d'activité humaine parsemaient les longs couloirs, et c'est en les suivant que je compris que nous étions déjà venu dans ce passage plus tôt dans la journée. Nous arrivions enfin au niveau des voix alors que je serrai avec plus de force la dague que je dissimulais dans les plis de ma robe. J'avais beau réfléchir, je ne pourrai pas leur être d'une grande aide avec mon expérience de combat quasi inexistante. Si ce genre d'évènements était amené à se répéter, je devrai définitivement songer à prendre des cours pour pouvoir me défendre seule à l'avenir... Il me restait encore ma stratégie consistant à asperger le visage de mes agresseurs de peinture, mais il allait sans dire que cette dernière était très coûteuse et nécessitait que je sois presque au corps à corps de ma cible. Deux raisons en faisant une technique de dernière solution.

"- Je vous fais confiance Hayato. Je ferai au mieux pour ne pas vous gêner" chuchotai-je.

Je penchais la tête sur le côté, tentant d'en voir un peu plus. L'éclairage émanait du fond du passage et ricochait sur les parois humides par endroit, la scène m'était vraiment appréciable. Si la situation n'était pas aussi tendue, je n'aurai pas hésité à esquisser quelques croquis en gravant cette image dans ma mémoire comme sur le papier. Mais le temps n'était pas à l'art, ou alors si art il y avait, celui-ci risquait de prendre une tournure assez particulière. J'attendais alors entre Hayato et Mathys pour mettre en place ce sauvetage aux allures d'embuscade.
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Comme un parfum de révolte


La froide humidité des tunnels contrastait avec l'ambiance électrique qui les agitait. Alors que le trio d'improbables sauveurs avançait, Hayato endossait son rôle de leader. Puisqu'il était le plus expérimenté, en terme de combats et d'aventures, le vagabond s'était naturellement imposé. De son coté, Calypso montra le peu de confiance qu'elle portait en ses talents, qui leur avaient pourtant été d'un fidèle secours.


- Ne vous sous-estimez pas, Calypso, la rassura Hayato. Vous avez déverrouillé la prise d'otage de Mathys. Vous avez plus de ressources que vous voulez le croire.


De son coté, le fils de Farid commençait à s'impatienter, tant et si bien que l'épéiste dut passer à l'action, de peur de voir le jeune homme foncer tête baissée au devant du danger. Faisant fi de ses habitudes, Hayato avança le plus discrètement possible. Il passa la tête sur le coté gauche et découvrit une pièce circulaire, au milieu de laquelle trônait une chaise en métal. Sur celle-ci avait été attaché leur hôte qui, une fois n'était pas coutume, s'évertuait à user de sa langue bien pendue pour malmener ses ravisseurs. Le bretteur tenta de lui signifier, par signes, de rester coi et de ne pas trahir leur position... en vain. En y réfléchissant un tant soit peu, l'un des kidnappeurs avait pourtant dit qu'il lui avait injecté un produit pour lui délier la langue... Aussi, Hayato soupira en l'entendant crier :


- AH ! Voyez comme vos misérables machinations tombent à l'eau ! Les secours sont déjà là pour vous ôter la vie, vauriens !


Comme un seul homme, les trois malfrats et Farid se retournèrent, pour faire face à leur nemesis. Loin de se démonter, l'épéiste partit à l'assaut et, avant qu'il ne puisse dégainer, réussit à assommer l'un des deux hommes de la veille d'un puissant coup sur le crane. Les deux autres contre-attaquèrent et le harcelèrent de leurs dagues. Le dénommé Pierrot, en particulier, mettait toute sa hargne dans ses attaques vicieuses, de sorte qu'Hayato dut se contenter de parer et esquiver, sur la défensive ! Derrière eux, il aperçut Farid hésiter, oscillant du regard entre messire Ben Lid'naa qui s'égosillait, et le combat à un contre d'eux que le vagabond livrait. Alors que son maître lui hurlait de le détacher, Farid finit par céder à son conditionnement de serviteur et obéit à son maître. La seconde d'après, la nature profonde du père de famille reprit le dessus :


- Hayato ! Qu'en est-il de mon fils ? Ou est il ?


Ainsi mis à mal par deux adversaires, le guerrier n'arrivait pas à se laisser assez de temps pour répondre aux inquiétudes de Farid. Il esquiva un estoc sur la gauche, pour se faire taillader par une attaque de taille au niveau du flanc. Par réflexe, il dévia assez la lame pour éviter une blessure grave, mais il s'en était fallu de peu. L'épéiste amorça une contre-attaque avec son bokken, qui se mua bien rapidement en une parade d'un coup à la gorge. Hayato lança alors une attaque horizontale pour repousser son deuxième adversaire. Le bretteur souffrait mais tenait bon. Il n'aurait jamais pensé qu'une fois armés, ces deux hommes puissent lui donner autant de mal ! Il avait encore bien des progrès à faire, apparemment...

Mais, malgré tout, Hayato restait confiant. Dans sa situation, il n'avait qu'à tenir en respect ses deux adversaires assez longtemps pour que ses coéquipiers ne se saisissent d'une ouverture... et ne les mette hors d'état de nuire. Entre Calypso, Farid, son fils et leur maître, le nombre de ses alliés dépassait de loin celui de ses adversaires. Il espérait seulement ne pas se faire poinçonner d'ici là.


KoalaVolant
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J'avais suivi mon partenaire à la trace, sans trop m'avancer de manière à ce qu'il n'ait pas à penser à me protéger lors de son affrontement. Enfin, par affrontement, je voulais dire une leçon, il mettait à l'amende chaque offensive des tortionnaires qui attaquaient sans relâche. Le serviteur s'inquiéta alors de la situation de son fils en apercevant le sabreur.

"- Nous l'avons sauvé Farid, n'ayez crainte il est sorti indemne de ce malheureux incident !" criai-je en sortant de l'obscurité, talonné par Mathys qui couvrait mes arrières.

"Ohh le Sultan soit loué, fini de me faire chanter, foutus révolutionnaires ! soufflait le serviteur, dont le soulagement s'était rapidement transformé en une haine courageuse à l'encontre des intrus.

Se saisissant d'un caillou plus gros que sa propre main, il l'abattit sur le crâne d'un ennemi lui faisant dos, qui s'écroula immédiatement. Il semblerait qu'entre temps mon partenaire s'était fait toucher, mais il continuait de bloquer de son mieux les attaques qui affluaient. Je voulais aider, mais m'impliquer dans l'affrontement pouvait potentiellement signer ma mort, et je n'avais pas prévu de casser ma pipe aussi tôt. Alors que je m'apprêtais tout de même à sauter dans la mêlée, Mathys m'écarta de son chemin d'un geste du bras attentionné, me tendit sa main dans laquelle je déposai ma dague sans le questionner et il partit prêter main forte à Hayato. Leurs coups de lame en quinconce surmontaient petit à petit le dernier révolutionnaire qui était désormais en infériorité numérique. Les légères étincelles de l'acier s'entrechoquant, les sons métalliques ricochant sur les parois et la tension de la situation, tous les éléments étaient réunis pour qu'une idée me jaillisse en tête.

Le voilà ce chef d'œuvre dont j'avais besoin. Depuis toujours je n'avais dépeint que des sujets soit inanimés soit immobiles, à travers des portraits notamment. Rendre dynamique une scène en la posant sur une toile, en voici un défi digne de ce nom. Il me fallait mémoriser tous ces détails, visuels comme auditifs, je m'assurais même de garder en tête l'odeur de l'endroit. Alors que mon esprit s'était égaré, l'absence soudaine de chahut me sortit de mon imagination. Les trois malfrats gisaient au sol, tous inconscients, bien que l'un d'entre eux, dont le crâne semblait se vider petit à petit de son contenu, allait avoir plus de mal que les autres à se réveiller.

"- Et bien, en voilà une affaire rondement menée ! Voilà ce qui arrive lorsque l'on cherche à s'en prendre à Zay-sakha Ben Lid'naa, que cela serve de leçon à tous ceux qui se sentent d'humeur révolutionnaire. Je vous dois une fière chandelle à vous quatre, et en particulier à mes deux hôtes." nous remerciait le noble. "Retournons vite dans ma demeure, je crois que j'ai besoin de changer de bas. Mais qu'est-ce que-" s'exclama-t-il, visiblement surpris lui même de l'efficacité du sérum de vérité.

Je rigolais discrètement en suivant le groupe mené par Farid et Mathys, tandis que Hayato fermait la marche en m'accompagnant.

"- Très impressionnant, je ne vous imaginais pas aussi habile bien que j'avais eu le droit à certain avant-goût de vos capacités ! Vous êtes vraiment la définition de la force tranquille on dirait. D'ailleurs votre blessure ne vous fait pas trop souffrir ? Je peux demander à ma mère de vous soigner si vous en ressentez le besoin, elle sait y faire." chuchotai-je dans les couloirs humides.

"- Mathys, va donc prévenir les gardes des ronces, veux tu, je ne veux pas que ces tunnels empestent davantage la révolution. Quant à nous, il me semble que nous avions un repas à finir, non ?" continua notre hôte alors que nous étions de retour dans l'immense salle à manger. Il fallait dire que tant de pression m'avait à nouveau ouvert l'appétit, et les serviteurs ayant été assommés semblaient reprendre leurs esprits peu à peu.
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