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La nuit de la Soeur

Sur une ile d’une affligeante banalité, une sœur fatiguée s’en allait se reposer dans un établissement respecté plus pour son public désœuvré que pour sa gastronomie raffinée. Parmi la clientèle de l’établissement choisi, composé pour la majorité de vivants débris, la sœur faisait un peu tache, surtout en ayant dans son dos sa hache. Comble de son bonheur, tout le monde semblait avoir peur. Elle put alors se reposer dignement, dans le calme et le recueillement. Car ses précédentes péripéties n’avaient pas été très utiles ! Nombreuses furent ses actions à être futile ! Peu de brigands avaient retrouvé la voie du Seigneur. Ses résultats parlaient d’eux-mêmes : elle était vraiment amateur ! Était-ce la méthode qu’il fallait revoir ? Il ne fallait surtout pas sombrer dans le désespoir ! L’Espoir la soutenait pour l’instant, mais continuer comme cela serait alarmant !
Pour combattre le mal efficacement, il lui fallait réfléchir à une nouvelle méthode dès cet instant. Une bière dans une main, la réflexion pouvait durer jusqu’au lendemain.

Pourquoi ? Pourquoi est-ce si difficile ?! Je pensais que ce serait si facile de pouvoir aider les méchants à devenir des gentils ? Pourquoi est-il si difficile de trouver des méchants alors qu’on en parle toujours ? Pourquoi sont-ils si bornés et qu'ils ne veulent pas entendre ce que je leur dis ? C’est tellement compliqué ! Je ne pensais vraiment pas que ça allait se passer comme ça. Quelqu’un avait dit un jour que les Hommes étaient des moutons. Je suis pourtant la bergère, mais ils ne me suivent pas !
Je dois me tromper quelque part. Peut-être qu’il faudrait passer plus de temps en compagnie de méchant pour qu’il le soit moins ? Le problème, c’est qu’ils bougent beaucoup ! Je me demande comment j’pourrais passer beaucoup de temps avec eux sans qu’ils soient opposés à ma présence. Ça ne doit pas exister, ces gens-là. Un méchant qui veut devenir gentil, c’est rare. Enfin, j’espère que j’vais trouver. La nuit va être longue et avec cette bière affreuse, je ne risque pas de rouler sous la table comme le faisait parfois mon pôpa.

Non pas d’idée. Vraiment.
Autant regarder s’il y a quelque chose d’intéressant dans cette salle. Ce n’est pas le meilleur établissement de l’ile, mais il est déjà bien avec ce que j’ai en poche. Ah ! ça aussi c’est vrai, dur dur de gagner sa vie en faisant ce métier. Elle ne m’avait pas dit ça, la mère supérieure, quand je suis parti. Elle disait que les gens charitables. Tu parles ! Le tavernier m’a fait payer une énormité pour un repas pas très bon. Pourtant, j’ai ma tenue de sœur, ils ne peuvent pas se tromper. Ça doit être la charité seulement quand ça les arrange. Rah ! Il faudrait faire quelque chose pour ces gentils un peu méchants.

Enfin, ce n’est pas trop moche quand même. La salle principale doit faire dans les dix mètres sur vingt. Il y a une demi-douzaine de tables en son centre qui accueille les voyageurs de passages. Près des murs, des alcôves sombrement aménagées abritent les locaux qui ne cessent de jeter des regards froids aux tables centrales. Brrr ! Parfois, leurs rires me font froid dans le dos ! La charité, ils ne doivent pas connaitre eux. En plus, quand je suis rentré, le silence s’est fait tout de suite, comme si j’étais un bataillon entier de marine. J’ai bien cherché une place dans un coin, mais seules les tables du centre étaient vides ; au moins, elles étaient propres. Je m’étais assis sur celle du milieu et, même si je sentais que j’attirais tous les regards, je n’en avais rien laissé paraitre. Enfin, je crois. Le tavernier, un type gros et chauve – le stéréotype du tavernier en réalité – était venu prendre ma commande en souriant d’un air mauvais sous sa moustache qu’il avait assez sale. La vision de cet homme à l’hygiène douteuse contrasté avec la propreté notable de l’établissement. J’ai déjà passé des nuits dans des établissements plus crades que ça ! Parfois, ils étaient même plus chers ! C’est dire comme c’est surprenant !

Enfin, j’ne vais pas me plaindre. Tant que je suis tranquille pour réfléchir à ce que je dois faire, ça ne m’intéresse pas. Peut-être que je pourrais leur parler du Seigneur et des choses bien ? Ils ont quand même des têtes à pas être que gentil. Ils n’arrêtent vraiment pas de faire des commentaires sur mon dos ! Je le sais ! Ça en devient vraiment embêtant ! Il n’y a jamais personne qui passe ici et ils se sentent obliger de mettre autant de pression au visiteur ? J’comprends pourquoi les tables sont propres, si personne n’y passe.
Vite, il faut que je fasse abstraction de tout ça et que je réfléchisse à mon problème. Comment faire ? Comment faire ?! … Rah !

Ainsi commença la nuit qui semblait annoncer des heures d’un mortel ennui.


Dernière édition par Adrienne Ramba le Jeu 17 Nov 2011 - 21:45, édité 1 fois
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Un pied dans le plexus, l'autre sur le sol, et voilà qu'elle poussait le con dans l'établissement, arrachant la porte par le fait même. Sous les applaudissements de sa fille sirène nichée sur son épaule, sa queue écailleuse entourée autour de sa poitrine, Sarah cracha au visage de la brute qui avait osée la reluquer et tenter de lui pincer une fesse. Il pioncerait peut-être pour l'éternité, maintenant, Old Crow ne sachant qu'elle force qu'elle avait usée pour déstabiliser le brigand. Heureusement, son coup la mena dans une autre de ses tavernes. Ça devenait routine de trotter dans ce genre d'endroit, dirait-on. Une réelle habituée. Mais elle en avait de besoin, car si elle voulait un jour ouvrir sa propre brasserie, elle devait connaître sur le bout de la langue les défauts de ses principaux concurrents. Mais pour l'instant, elle n'avait rien à craindre, car nul part ne l'accueillait en reine et nul part le saké méritait d'être acheté. Ce pourquoi elle traînait sa gourde. Crow n'aimait pas boire sans l'ambiance tamisée des ivrognes... Huhuhu.

Mais qu'elle fut pas sa surprise, lorsqu'en rentrant, de voir assis au centre de l'établissement, une nonne à la musculature fort développée ? Elle connaissait ce genre de vautours religieux, qui ne cherchait qu'à s'attirer les bonnes grâces des gens pour ensuite les piller avec leur consentement. Sur son île natale, un émissaire ou deux c'étaient un jour tenté à convertir les païens pêcheurs. De bons coups de rames et quelques hameçons dans les fesses, voilà comment Crow avait appris à apprécier la Sainte Mère (car elle doutait que ce puisse être un grand barbu, là-haut, qui usât un jour de son imagination banale pour façonner ce monde ; seule une femme pouvait créer l'être parfait qu'était la fillette humaine, après tout) et ses colporteurs. Toc Toc à sa porte et c'était Bam Bam dans le ventre.
Prenant aussitôt place, marchant sur le corps évanoui de la petite frappe, Crow déposa Rosianne à ses côtés, déboucha sa grande gourde, se versa une coupe et la présenta à sa fille. Haussant un sourcil, la sirène hésita un instant, avant de tendre les bras. Un Fist of Love de sa mère derrière le crâne, son front percutant la table et ses deux petites mains masquant la bosse grandissante à la vue de la soeur Ramba. Sarah se tourna nonchalamment vers elle, portant à ses lèvres sa coupe et sourit cruellement, en avalant le contenu.

« T'inquiètes pas, ma soeur, ell'a la tête dure d'chez dure, ma p'tite. Est juste trop jeune pour boire... C'pas vrai ? conclut Crow en se tournant vers Rosianne qui éclatait justement de rire, puis en levant la main pour faire signe au barman. Un verre d'lait pour ma fille. Dis moi pas qu't'en a pas, c'faux ça ! Et bah, si t'en as pas, tu d'merdes pour en trouver, presto! C'pas vrai qu'j'vais poireauter ici en t'attendant, Baka! Ah, qu'ils peuvent être cons, c'mecs, hein, ma soeur ? »


Intransigeante et complètement sadique. Pourtant, elle se faisait chier assez, à trouver des mots justes. Elle prenait le temps pour bien expliquer ses points de vue, maintenant, rarement, et à user de mots complexe pour élaborer un peu mieux son vocabulaire. Pourquoi ? Par simple provocation, pour sûr, car elle pouvait se jouer un peu de la bonne devant elle. L'énorme hache l'intriguait, tout autant que sa musculature. Un petit tire au poignet ne lui déplairait pas, et peut-être parier ses dernières économies avec ça achèverait de salir son image face à l'église. Cependant, d'un autre côté, elle voulait parler de choses sérieuses avec cette nonne. Quelques projets trottaient dans sa boîte crânienne et ne demandait qu'un support financier mais aussi gouvernemental. Dans les deux cas elle savait, dans toute sa stupidité, comment régler ces problèmes : trouver des alliées sûres — et potentiellement quelques alliés aussi, qui sait. Une religieuse restait de loin la plus forte des compagnes qu'elle pourrait trouver, pour élaborer son Orphelinat, travail qui lui tenait à coeur.

« Ma soeur, c'quoi qu'ça vous enseigne, vot' religion ? Elle accepte d'faire des bébés ? D'verser l'sang ? Sinon, c't'un peu nul, nah ? »


Sans demander l'avis de la nonne, elle lui chopa sa bière, en vida le contenu au sol et la rempli avec précaution de son saké si délicieux. Puis elle tandis la bouteille à l'honneur redoré vers la religieuse Ramba. Elle ouvrit les bras, amicalement, et sourit.

« Un p'tit verre, ma soeur ? Moi c'est Sarah. »


Puis elle projeta sa tête vers l'arrière, visuellement mécontente.

« 'EST OÙ MON LAIT, BAKA?! »
    Me lier de méchants ? Surement pas ! Ça serait horrible. Les suivre pour mieux les convertir ? Pourquoi pas ? Il y a du potentiel dans tout ça. Une petite gorgée et ça repart. Mh, c'est pas fameux, quand même, la bière d'ici. J'préférais celle sur mon ile. Même le vin de messe du couvent était mieux. J'ai pas envie d'aller demander autre chose au tavernier. Avec sa tête bizarre, ça me hérisse les sourcils. Bref. Revenons au sujet. Si je réussis à me faire accepter par des malfrats, je peux faire mon boulot sur la durée. Maintenant, qui voudra de moi ? Arf. On en revient au point de départ.

    Harassée par les questions répétées dans une boucle censée, mais dont la logique ne pouvait être changée, notre nonne vit s'assoir devant elle un couple de demoiselles bien peu conventionnelles. La première était solide et élancée, telle une femme cachant bien son jeu malgré le fait qu'elle devait souvent faire des envieux. La seconde était plus jeune, telle une enfant rêveuse qui n'avait pas dû avoir une enfance très heureuse. De cette rencontre allait-il naitre une aventure ? La suite ne peut qu'être de mauvais augure !

    Mais qui c'est ces deux-là ? Depuis quand c'est poli de s'assoir à une table sans y être invité. Bon, elles ont l'air d'être différentes de la faune locale. Déjà, la petite fille fait un peu tache dans cet environnement. Pour l'autre, bien que c'est une femme, elle semble être bien à l'aise. Une alcoolique peut-être ? En tout cas, elle a de la classe. Tiens, il y a moins de bruit depuis qu'elle est entrée. J'comprends en même temps. Pour moi, elle en impose en charisme. Pour les hommes, ça doit être encore plus intense. Mmmh. Je me demande si les siens sont plus gros... je me suis jamais demandé si ça avait son importance pour trouver l'homme idéal. Ah ! Pardon, Seigneur ! J'ai mal pensé ! Pardon !
    Enfin, un grand amour, c'est quand même possible, non ? Hein ? On verra ? D'accord.

    C'est alors que, d'un poing brandi, une bosse naquit.

    Oh ! La sauvage ! Je retire tout ce que j'ai bien pu penser ! Comment ose-t-elle frapper une si jolie petite mignonne trop choupinette petite fille ! Vraiment, elle mérite une correction. Euh… non, elle mérite d'écouter la parole du Seigneur et de faire la paix avec elle-même. Ça passe mieux là. Oh, et puis, quel langage ! Que de gros mots. Que de sonorités disgracieuses ! Elle est franchement beaucoup moins charismatique comme ça. Bizarrement, le tavernier semble avoir plus peur de lui que pour moi. L'association de la femme forte avec le langage d'un charretier fait son petit effet on dirait. Je devrais peut-être faire la même chose quand on me dérange un peu trop. Ça évitera de frapper… euh… de partager la bonne parole avec les brebis égarées. Tiens, elle doit pas être très très jeune en fait. Elle a surement l'expérience de ce genre de situation. Avant, elle devait pas être comme ça. C'est la société et la méchanceté qui a dû la corrompre un peu. C'est évident. Brillant même ! Son coeur doit être pur et ce comportement outrageant est là pour se défendre des menaces extérieures, de la vie de tous les jours. Dois-je devenir comme ça ? Mmmh... la mère supérieure sera pas très contente, je pense. Enfin, ce qui compte, c'est qu'elle doit pas être foncièrement méchante en fait.
    Chouette ! Des questions ! C'est le moment de lui apporter un peu de lumière !

    Bonjour quand même. Et bonjour à toi, petite demoiselle ! Petit signe de main en direction de la petite fille. Ma religion, c'est une religion de paix et d'amour ! Parce que, les méchants, il y en a beaucoup, il faut qu'ils arrêtent d'être méchants ! La gentillesse et la paix, c'est bien ! Évidemment qu'on peut faire des bébés ! C'est trop mignon, les bébés ! Toi aussi t'es mignonne ! Petit signe de main en direction de la petite fille. Il faut les protéger, les enfants. C'est pas bien de frapper sa fille ! C'est mal ! Les enfants, c'est sacré, c'est fragile. J'voudrais bien avoir un enfant moi ! AH ! Euh… enfin... quand je pourrais ! Voilà. J'aime beaucoup les enfants ! Il faut arrêter les méchants qui font du mal aux enfants. Les méchants, tout cours même ! C'est vraiment horrible de vouloir le mal aux autres. C'est intolérable !

    Une brève montée d'adrénaline lui monta à la tête. Le poing s'abattit sur la table qui n'était pas à la fête. Le bois craqua. Sa chope sursauta.


    Oups ! Je m'emballe. Eh ! Ma bière ! Par terre ?! C'est pas bien. Enfin, elle était pas bonne… mais c'est pas bien quand même ! Qu'est ce qu'elle met à la place ? Une boisson de son cru ? Une coutume de chez elle surement. En plus, elle me donne son nom. Ça doit être pour faire connaissance. Il faut bien se plier aux coutumes.

    Merci. Moi, c'est Soeur Marie-Thérèse. Mais on m'appelle aussi Adrienne.

    Drôle de boisson. Une petite gorgée ne me fera surement pas de mal. Hop. Un coup dans la bouche.

    Waouh ! Ça brule ! Ah. Je m'étouffe. Ça passe quand même. Mmmh. Ça chauffe dans la gorge. Tiens, c'est plutôt sympa en fait. En s'habituant, ça doit aller tout seul. C'est toujours mieux que la bière d'ici. Papa avait un truc dans le genre à la maison. Il disait que c'était pour les hommes. C'était nul.

    Kof Kof… euh… et sinon… vous faites quoi dans la vie ? Vous avez l'air d'avoir du vécu derrière vous !

    Une bonne entrée en matière que voilà. En arrière fond, voilà que se remit rapidement en place le brouhaha. Alors que l'alcool faisait son bonhomme de chemin, l'heure était au potin.


    Dernière édition par Adrienne Ramba le Sam 5 Nov 2011 - 19:53, édité 1 fois
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    Crow éclata de rire, son bras passant autour des épaules de sa petite. Prenant sa douce sirène sur ses genoux, elle dégomma d'une claque l'épaule du serveur alors que le lait arrivait — enfin ! — et cala sa coupe de saké. Adrienne, soeur Marie-Thérèse, rien à foutre de tout ça ! L'important, c'était le caractère de la nonne, sa naïveté et sa force. Elle serait parfaite dans la piraterie, se dit Crow. Dans SA piraterie. Suivant ses règles, son art, sa façon de vivre, ses exploits, ses peines, ses joies et ses ennuies, elle l'aiderait à accomplir ses rêves et objectifs ! Car Adrienne avait bon coeur. De plus, elle savait reconnaître en Sarah une femme d'expérience, et son ego en était toujours flatté lorsqu'une tierce personne (femme puissante de surcroît) semblait le remarquer. Un gros sourire niais placardé sur son faciès, ses épaules sursautant sur son rire silencieux et sa fille qui affirmait de la tête, comprenant sa mère, son nez plongé dans son breuvage tout immaculé.

    « Moi, dit-elle en se pointant du pouce, j't'un pirate ! La loi, c'moi qu'y'a fait, c'moi qui décide d'ma vie. Les hommes, j'les méprise, j'les casse et j'les buttes. Et t'sais, toi, t'es l'genre d'fille qu'j'recherche. Huhuhu, t'as déjà pensé à d'venir pirate ? Mais t'inquiètes, on est pas forcément mauvais. Caractériel, ouais, sûrement, un peu, mais violent et ben cruel, c'pas dans mes cordes... Quoiqu'parfois... 'Fin, non, j'suis plus du type à frapper pour aider, si tu vois c'qu'j'veux dire. »

    Elle recula — car elle avait avancée le buste pour parler — ses deux bras passant au delà de son dossier. Elle ouvrit la main gauche, comme pour signifier qu'elle en avait finie de ses explications et que la nonne comprenait, de toute façon. Nonchalante, son poing droit se serra encore, ses jointures craquantes, et elle le leva bien au dessus de sa tête. Son chapeau glissa sur le côté opposé de ce bras, Rosianne le récupérant pour le placer sur son front à elle, ne voulant pas que la fierté de sa mère ne soit salie avec ce sol miteux de taverne de troisième ordre. Puis, d'un mouvement véloce et fluide, elle l'abattit sur la table, faisant sursauter ses plus proches voisins.
    Elle déboucha une nouvelle fois son énorme gourde et remplit sa coupe et celle de sa compagne. Elle dit :

    « Alors, ma soeur, Adrienne ou j'ne sais quoi d'autre, tu'me suis ou tu'me suis ? »


    Sourire en coin et nonchalance. Les principaux atouts de l'arrogance. Elle but à grande rasade, vidant encore plus vite sa coupe plate que précédemment. Elle la reposa, s'essuyant avec la grossièreté qui la caractérisait si bien et rota. Puis, l'air apaisé, son corps se détendit. Rosianne finissait son verre de lait et imitait sa mère, se reposant à son tour contre la grosse poitrine de Sarah. Old Crow posa sa main sur la tête de sa fille. Cette-dernière s'endormit rapidement.

    « J'ai un plan, pour l'avenir, ma soeur. J'suis pas si folle qu'l'on dit. C'ben simple, tu verras. En gros, j'veux fonder un orphelinat, pour choupinette et tous les autres enfants malheureux d'avoir d'mauvais pères comme elle. P't-être même une terre d'accueil pour les mères seules. C'pendant, pour ça, il m'faut l'aval des chiens du gouvernement, et pour ça, c'ben simple, j'ai juste à être à leu' solde ! L'plan c'est d'être cap'taine pirate pour eux, corseux ou corsaires, j'sais pus trop. Mais pour être cap'taine — faut pas la tête à Sengoku pour l'savoir — il m'faut un équipage. Et j'prend rien qu'les femmes, Baka! »


    Son plan semblait des plus foireux possibles, car tous semblaient savoir (sauf elle) que pour être Shishibukai, seuls les sept pirates les plus respectables — disons — et les plus bénéfiques au gouvernement pouvaient bénéficier de son appui. Cependant, Crow, bien que pensant à court terme, le disait avec un tel affront, un tel sérieux (dur dur pour un moineau de piailler comme un aigle) que son petit plan d'merdeux semblait être celui d'un roi. En fait, elle le disait avec le coeur, pensant de A à Y que ce qu'elle avouait aujourd'hui se réaliserait bien un jour, ignorant la lettre Z. Peut-être avec une cervelle gros comme une crotte de lapin mais un coeur gros comme celle d'un seigneur des Mers !
      Son interlocutrice semblait au premier abord se présenter sous les meilleurs auspices. La surprise fut grande, quand, en réponse à sa propre demande, elle lui répondit qu'elle était pirate comme on peut avouer être aristocrate.

      Une pirate ? Non ! C'est pas possible ! Elle ne correspond vraiment pas à l'idée que je me faisais des pirates. Ça doit être un canular. Les pirates sont fous, sanguinaires et arrogants. Ils sèment la terreur et la désolation sur leur chemin. Leurs noms sont craints et leur visage est des masques d'horreur digne de l'Enfer. Un pirate ne peut pas être confortablement installé sur une chaise d'un bar miteux en train de révéler sa mauvaise nature à une nonne. Ce n'est pas croyable. M'aurait-on trompé ? Non, ce n'est pas possible. Non, vraiment. On aurait alors trompé tout le monde dans ce cas là. Des pirates gentils, ça ne le fait vraiment pas. Et pourtant, j'ai un exemple de cette catégorie de la piraterie en face de moi. Il y a de quoi briser des mythes ! Tous les pirates avant elle que j'ai rencontrés correspondaient parfaitement à ce qu'on m'avait dit d'eux. Vraiment, cette femme est surprenante. Quelle vision de la piraterie avait-elle ? Il y a en tout cas matière à l'écouter. Sait on jamais, je tiens, peut-être, le moyen d'accomplir mes objectifs. Ou pas.
      Elle a besoin de moi ?!! C'est le meilleur ! Une pirate qui a besoin de moi ! D'habitude, on me fuit, mais, là, c'est presque à regret qu'on me laisserait partir. Est-ce un signe ? Est-ce vous, Seigneur ?! Vous m'aidez en m'envoyant cet être venu de nulle part pour accomplir ma juste mission ? Oh ! C'est gentil ! Devenir pirate ? Ah non, faut pas abuser ! Enfin…, je peux l'accompagner. Je ne serais pas pirate, mais je pourrais surement rencontrer des tas de gens pas bien et les faire devenir bien. Et puis, je pourrais comprendre cette piraterie gentille. Tiens ! Il me vient à l'idée que même ceux qui se prétendent gentil ne le sont pas forcément. Genre, les marines ; il doit en avoir des pas gentils. Un pirate qui aide, ça peut aider le marine, mais les marines ne peuvent pas aider les marines méchants puisqu'ils les considèrent comme des gentils ! C'est évident ! Peut-être qu'elle a eu des griefs avec des marines méchants et, comme elle s'est confrontée à des marines, elle a été considérée comme pirate. Donc… c'est une gentille ! Elle l'est, mais elle s'assume « pirate ». Compliqué, non ? Enfin, c'est vachement intéressant tout ça, il y a matière à faire. Si elle aide les gens et, avec les connaissances qu'elle doit avoir du milieu de la piraterie, j'pourrais faire plus d'effet aux gens !

      Il faut que je fasse une petite pause. Trop d'informations et de points de vue nouveaux. Je bois un petit coup prestement. Waouh ! Ça dégage bien. J'aime bien c'truc !

      L'alcool aidant, l'idée de piraterie faisait son chemin. Malgré les buts au premier abord discordant, être gentil pirate n'est pas si vilain.

      L'idée est tentante, trop tentante même. Que faire ?! Il faut gagner du temps. Je me balance de droite à gauche sur ma chaise en jouant avec mes doigts. Ça me donne l'air d'hésiter et ça tombe bien, j'hésite.

      Je sais pas… euh…

      Je ne sais vraiment pas ! Mon petit manège ne va pas tenir des heures. Il va bien falloir que je me décide. Si c'est un signe, pourquoi refuser ? Il y a pas mal de bonnes choses dans cette idée. Au pire, je peux toujours partir. Le gros problème, en fait, c'est de savoir s'il est vraiment sérieux. Si c'est vraiment une gentille. Si c'est le cas, ne faut pas hésiter ! Elle a l'air sympa en plus ! Ça serait bien de s'en faire une copine !

      Puis vint alors la goutte finale. Le plan explosé rendit son choix trivial.

      Un orphelinat ? Plein de petits bouts'chou ?! Trop mignon ! Ça serait fantastique ! Génial ! Grandiose ! Cette femme ne peut qu'être une gentille forcément ! Je suis tellement contente que je m'arrête brusquement de me balancer sur ma chaise. Ça craque un peu, mais j'm'en fiche. D'un coup, tout s'explique. Les corsaires, c'est des méchants qui font du bien. Si c'est une gentille qu'on prend pour une méchante qui le devient, ça serait super ! Forcément, elle va aider plein de gens comme ça ! Si je l'aide, ça sera encore plus énorme. J'vais aider plein de gens et le monde sera un peu plus gentil ! Elle met tant de fougue et de passion dans ses mots, c'est forcé qu'elle croie ce qu'elle dit. Je ne peux pas passer à côté de ça. C'est la chance de ma vie. De toute façon, si je continue comme ça, je ne risque pas d'accomplir grand-chose. Bon ! Trêve de réflexion, autant dire ce que j'ai à dire.
      Ça a du mal à sortir.

      Euh...

      Allez, On y va !

      Je suis vraiment très surprise ! En disant que t'étais une pirate, je pensais que t'étais l'une de ces crapules qui font plus de mal que de bien. T'as l'air trop gentil en fait ! Tu veux aider les gens et moi aussi ! Je rame un peu actuellement à aider les gens, alors, ça me dit bien de te suivre ! Par contre, faut savoir plusieurs choses. Je veux bien te suivre, mais j'vais pas être une brebis. Si tu commences à faire des crimes et tout le reste, j'vais pas être contente ! Si tu continues, ça voudra dire que j'ai rien à faire avec toi et que ce que tu m'as dit ici était faux ! T'as l'air d'avoir des rêves, je compte bien t'y aider, car ils sont bien, purs et importants ! Me penser « pirate », ça me gêne encore. Corsaire, ça me dit mieux. S'il faut travailler dur pour y arriver, j'travaillerais dur.

      Mais faudra pas oublier, j'compte bien surveiller que tu fasses pas des trucs de méchants pirates !


      Voilà ! C'est dit ! Les dés sont jetés. Je souffle un bon coup après ma tirade. Faut que je me vide l'esprit. Ça tombe bien, j'ai du bon alcool devant moi. Sans penser à ce que j'vais faire, j'prends le verre et je le bois cul sec.
      Ça brule ! Ça brule ! Ça pique ! Mais c'est bon ! Fêtons ça ! Je sens que je rougis sous l'effet de la boisson. J'ai envie de faire un truc pour sceller mon accord. La seule chose qui me vient en tête est stupide, mais qu'importe. Je le fais. Je me lève brusquement en faisant tomber ma chaise en arrière et je fracasse mon verre sur la table.

      À nous deux ! Ensemble !


      Puis je me penche vers elle, une question sur le bout de la langue.

      Comment tu l'appelleras, je veux dire, ton équipage ?

      Ainsi allait être scellé pour un temps, plus ou moins long, le destin d'une nonne peu avenant et d'un pirate prêt à monter les échelons.
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      Elle voulait le suivre, malheureusement, elle ne savait pas comment. Se levant, peut-être un peu trop saoule, soeur Marie-Thérèse écrasa sa chope contre la table, celle-ci éclatant. Rapidement, Sarah porta son bras devant le visage de sa fille où du verre vint écorcher le dos de sa paume. Jurant, la brute se leva à son tour, Rosianne tombant au sol, glissant de ses genoux, surprise. Son verre de lait se répandit au sol. Un regard sombre vers Adrienne, les joues frémissantes de Sarah, ses dents grinçantes. Elle leva un poing, les manches de son manteau ondulants suite à son mouvement véloce. Puis, elle fondit sur la soeur, passant d'un bond au dessus de la table, alors que les regards se tournaient vers les deux femmes. Son poing fusa tel un missile, fonçant droit devant, fendant l'espace. De légères ondes de chocs se rompirent, alors que le bras les traversaient au même moment qu'il les créait. Puis, les jointures de Crow soufflèrent les cheveux de la nonne, passant à quelques centimètres de l'imposant manche de soeur Ramba. Son poing s'écrasa contre le nez d'un brigand, lui déformant toute la figure, lui enfonçant la bouche et lui éclatant les arcades sourcilières. L'os nasal se fendilla, puis explosa, alors que la peau semi-élastique reprenait forme initiale, la figure reculant puis tombant vers l'arrière. Les yeux blancs, la langue sortie, dents virevoltantes, un souffle bref sortant de son gosier en sang... Il était mort, quasi-mort, dans un coma profond. K.O. par un seul coup. Faible. Affreusement faible. Son corps tomba dans les bras d'un acolyte, derrière, hébété. Son couteau se planta dans le sol.
      Old Crow ramena son poing, deux gouttes de sang maculant sa main qu'elle licha. Elle sourit, un rire gras s'échappant d'entre ses lèvres. Elle recula, poussant de son fessier la table maintenant derrière elle, pour distancer son corps de celui de soeur Marie-Thérèse. Sa poitrine rebondit lorsqu'elle la décolla de celle d'Adrienne.

      La belle brute passa à sa bouche sa pipe, et d'une allumette rapide, l'alluma. Elle pompa un peu, puis de ses narines laissa échappé deux grands sillons de boucane blanche.

      « Mmmh... Tu veux m'suivre, mais t'es même pas fichu d'r'garder derrière toi... 'Fin, c'pas si grave, tant qu'j's'rai là, gnuhuhu. C'gus avait juste à pas t'en vouloir. »

      Elle se retourna, posant ses poings sur ses hanches. La taverne était subitement devenue silencieuse. La bagarre frapperait bientôt ce coin paisible. Pourquoi ? Car le gars derrière, knock out, semblait avoir des potes plutôt balèzes dans l'établissement. Rapidement, Crow les dénombra. Une petite dizaine. Enfin, une vingtaine. Mais dix qui se levaient pour affronter les deux — trois en comptant Rosianne — femmes. Ils ne devaient pas apprécier qu'on couche un ami aussi facilement.
      Lorsqu'elle se leva, Adrienne projeta sa chaise un peu trop loin. Tombant dans les pattes d'un gars derrière — voulant sûrement s'alléger la vessie — elle n'entendit sûrement pas la demande d'excuse malpolie. Voyant qu'elle ne répondait pas, le renard de brigand sortit son couteau (canif ou cure-dent serait un terme plus juste) et tenta d'administrer à la bûcheronne une bonne séance de douleur. Cependant, notre cap'taine favorite veillait au grain et sa colère monta d'un cran lorsqu'elle vit qu'on tentait d'assassiner sa toute neuve recrue. Ce pourquoi elle l'explosa.

      « Tiens toi prête, Adri' — tu m'permets qu'j't'appels Adri' ? — car y'aura d'la baston dans pas long. 'Vais voir si tu tiens la route dans mon domaine préféré, gnuhuhu. »

      Et comme de juste, le barman, après une brève ellipse à se cacher derrière son comptoir, ressortait avec un vieux canon scié. Crachant le tabac en trop au sol, Old Crow pesta et agrippa sa fille, levant d'une main la table pour s'y abriter derrière. D'un oeil juste, le vieux moustachu tira fort, ses balles déviant dans le bois et ne touchant aucune de ses cibles. Se relevant vite, Sarah empoigna les quelques chaises autour, cassa la table et pulvérisa à distance le comptoir. Baka! Baka! BAKAA!! Le jus, l'alcool, s'étala sur le sol, tandis que le vieux tombait au sol pour éviter les projectiles massifs. Tournoyant sur elle même, Crow, le plus gros morceau de table entre ses mains, assomma quelques idiots se mêlant à la foulée pour ensuite projeter tel un disque sa dernière munitions. Manque de bol, sans concentration, et grâce à la force centrifuge, le bois tournoya un peu avant de se prendre le mur le plus proche et des habitués avec. Cependant, elle venait se s'ouvrir un chemin.
      Laissant Rosianne aux bons soins d'Adrienne, elle esquiva plusieurs malotrus avant de sauter et de fendre de son talon le comptoir, démasquant ainsi le patron. Elle ne put tout esquiver, elle récolta plusieurs lacérations bénignes sur les épaules et le dos.

      « BIGGUHIRU ! »

      Le coup déchira le comptoir comme du simple papier. Les planches volèrent en éclat. La bagarre s'intensifia. Pour le patron, la silhouette qui leva son poing dans un sourire carnassier n'était rien d'autre qu'un démon !
        D'un coup net et précis, sa nouvelle capitaine venait de mettre une terre à bandit. L'endroit ne semblait plus si calme qu'auparavant. De brandir les armes, il était temps !

        Waouh ! Impressionnant. Un moment, j'ai vraiment cru qu'elle voulait me frapper. Ça aurait été bizarre quand même, non ? Elle me recrute pour me frapper juste après. Ça aurait peut-être une coutume chez elle. Enfin, ce n’était pas ça. Il y avait un type derrière moi qui s'était pris le poing en pleine figure. Misère de misère ! Ce n’était pas beau à voir ! Je me suis retourné pour voir l'état dans lequel il était et c'est là que j'ai aperçu les autres types qui devait accompagner celui qui était effondré sur le sol. Ils tiraient des drôles de têtes. Je devais être tout aussi comique ; j'ai failli me prendre un coup de poing quand même ! Et vu l'état de l'autre type, j'aurais quand même bien souffert ! Le capitaine semble avoir apprécié. La vilaine fille ! À peine que j'ai dit oui et elle se met à faire la méchante. On ne sait même pas ce qu'il voulait, ce type. Peut-être qu'il ne me voulait pas de mal. Bon, c'est vrai, il avait un couteau, et, alors, c'est pas forcément une menace ? Je devrais lui faire la remarque. Mais, je n’ai pas envie. Ça doit être la boisson. Ah ! C'est traitre ! C'est bon, mais ça m'engourdit. J'suis moins sérieuse. Ça m'a peut-être poussée à accepter sa proposition ! Non. L'idée est bien, j'pense que je ne me suis pas trompée là-dessus.
        Tiens, c'est devenu silencieux dans le bar. On est le centre d'attention de tout le monde. En même temps, le cap'taine vient de refaire le portrait à un type. Ah ! Mais j'oublie l'essentiel ! Faut que je m'occupe de lui. Je m'accroupis à côté de lui et je tente de le rassurer, un peu, parce qu'il gémit à moitié ; il doit avoir sacrément mal.

        Vous inquiétez pas ! Je suis sœur Marie-Thérèse. Je vais vous soigner. Bon, je suis pas dentiste, ni docteur, ni même chirurgien esthétique, mais je peux vous soigner ! Au pire, je peux vous faire l'extrême onction. Ça vous rassure, non ?

        Grand sourire. On m'a toujours dit de sourires aux gens blessés, ça fait passer plus facilement la douleur. Je ne sais pas s’il me voit, il a le regard un peu dans le vague. Il ne réagit pas. Il dort peut-être. Il faudrait peut-être que je fasse l'extrême onction en premier, au cas où tu voudrais le ramener rapidement auprès de toi. Je m'approche de mon sac pour en récupérer quand, soudainement, le capitaine me dit de faire attention. Attention à quoi ? Je jetai un coup d'œil vers elle, mais je n'obtins pas d'autres informations. Adri' ? Adri' ?!! Pourquoi pas. C'était moins solennel que Soeur Marie-Thérèse, mais je pouvais m'en passer. Ce n’est pas bien de s'attacher à un titre en particulier, c'est toi qui l'a dit. C'est là que je m'aperçois qu'un type s'approche de moi avec un couteau. Il a quelque chose dans le regard que je n’aime pas trop. On dirait qu'il me veut des trucs méchants. De mes mains, je tente de le calmer. De ma bouche, je lui dis des paroles saintes.

        Tu vas faire une bêtise. Dieu est amour. Ne fais pas le sang, fait la paix !


        Bizarrement, il ne s'arrête pas. Ou plutôt, normal, il continue. Tous les autres méchants à qui j'ai dit ça, on continuait. Il ne semble pas prêt d'accepter une solution pacifique. Tant pis. Quand il faut faire preuve de retenue, je fais preuve de retenue ! Mais quand faut y aller, j'y vais !
        Le type tend brutalement le bras vers moi dans le but de me planter avec son vilain couteau. Avant que ça n'arrive, je lui attrape fermement le poignet de ma main opposée et je lui tords brutalement la sienne. J'entends un craquement qui me fait dire que j'ai peut-être un trop forcé. L'autre cri de douleur et s'écroule par terre, son couteau tombant à ses côtés. Je m'approche de lui en rampant. Il se tient son poignet avec son autre main et pleure de douleur. Oh ! Quel grand garçon qui pleure ! C'est trop chou ! Il faut que je le rassure quand même, que je m'excuse. J'ai un peu trop forcé. Pardon ! Seigneur !

        Désolé. Je ne voulais pas. Vraiment ! Je peux vous soigner ! J'ai des bandages dans mon sac, attendez un peu.

        L'autre s'arrête de pleurer et me regarde fixement. Ses lèvres se changent en un rictus de rage. Il n’a pas l'air content.

        J'vais te crever, salope !


        Oh ! Le gros mot ! Mais je n’ai pas le temps de lui faire la remarque. Il attrape son couteau et veut de nouveau me donner un coup. Les mauvaises pensées ont la peau dure ! Il l'aura cherché. Pardon ! Mais faut que ça rentre, non ?! Et puis, je me sens un peu bien. J'ai bien envie de lui exprimer mon désappointement ! Une nouvelle fois, j'attrape son poignet – l'autre qui tient l'arme – et je lui tords. Sans prendre la peine de m'excuser, je lui file une beigne dans le visage. Je sens quelque chose craqué, encore, puis le type s'écroule à terre, définitivement immobile. Enfin ! J'aurais la paix avec lui.

        Mais c'est que ça devient le foutoir dans cette taverne ! Je m'aperçois seulement maintenant que le barman a ouvert le feu sur le cap'taine et sa fille. Elle est justement en train de foncer sur le tireur afin de lui dire gentiment d'arrêter. Enfin, après ce que je viens de faire, je peux difficilement lui faire des leçons de morales ! Ah ! Elle laisse sa fille sans défense. Des types comme celui que je viens de calmer s'approche d'elle. Qu'est ce qu'ils ont en tête ?! Les méchants ! Ils sont trop nombreux ! J'ne vais pas pouvoir les raisonner tout ensemble. Tant pis. Je prends le raccourci plus tranchant. Je me lève brusquement, j'attrape le manche de ma hache et je la fais tournoyer autour de ma tête le temps d'un tour. Ah ! Tenir cette hache me fait souvenir des ma jeunesse. Le bon vieux temps ! J'en coupais des arbres. Maintenant, je coupe des méchants… euh non ! Ce n’est pas bien ! Pardon Seigneur ! Je ne tue pas ! Enfin, j'essaye. Au pire, je ferais l'extrême onction, promis.

        Je bondis en avant et j'atterris à côté de la petite Rosianne. Les types me voient d'abord en premier, puis lève leurs yeux vers ma hache. Ils ont l'air de moins faire les malins ! Ah ah ! Mais je commence à les connaître ! Ça ne leur suffira pas ! Autant prendre les devants. Je prends ma hache à deux mains et je la place comme si j'allais faire un base-ball. Un type s'approche un peu trop et j'en profite pour le frapper de toutes mes forces du flanc de ma hache. Paf ! Direct dans les côtes ! Le type est propulsé dans les airs sous les yeux médusés de ses amis. J'en profite pour m'approcher des deux plus proche. Je frappe le premier avec le haut de hache direct dans son estomac. Plié en deux, je l'enchaine d'un crochet du gauche dans sa tête. Il part en arrière, les pattes en l'air, et atterrit brusquement sur une table.
        L'autre veut me frapper et y arrive. Paf ! Une beigne pour ma poire ! Il frappe fort ! C'est qu'il est un petit dur ! Je lui réponds du tac au tac avec mon propre poing direct dans le plexus. Il encaisse et attaque à son tour. Ça pourrait continuer longtemps ce petit jeu et je n’ai pas envie de passer la nuit avec lui ! Faut que je protège la fille du cap'taine. Alors que c'est à mon tour après qu'il m'est foutu un uppercut bien senti, je lui envoie mon genou dans les valseuses, puis dans la tête qu'il avait abaissée, s'étant tenu soudainement l'entrejambe.

        Derrière, d'autres s'approchent dont certains avec des lames un peu plus longues que les couteaux d'opérettes d'avant. Ça va être chaud !

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        Alors qu'une soeur se farcit des malfrats à coups de plat de hache, une mère au foyer empoigna un pauvre homme et d'un cri soudain, le balança. Le malchanceux, tournicotant, les jambes et bras mous, en complète extensions dû à la rotation du corps, défiait les dures lois de la physique, amassant tel le bas du cyclone ses confrères passant pas là. Tête en bas, tête en haut, il rebondit sur une table avant de se cogner au plafond et de glisser, au sol, sur le menton. Sa vitesse rapide fit de son cri un simple son, presque inaudible, lorsque, Adrienne assommant des malchanceux, Crow empocha le gros lot en attrapant deux autres gus sautant sur la religieuse. Les tarés s'écrasèrent proche de la porte. Les moins sonnés se relevèrent, tétanisés à l'idée de se jeter corps et âme de nouveau dans la mêlé... Pas avec ces deux folles. Pas avec ces deux démones !

        Son pied s'écrasant sur la tête d'un second importun, Crow encaissait tant bien que mal les coups particulièrement rapides pour le type au gabarit impressionnant qu'il était. Ses doigts, tels des serpents, se faufilèrent entre deux coups, attrapa la première bouteille de rhum du comptoir encore intacte et la fracassa sur la peau à nue du costaud. Croche en pied en enchaînement et il s'étalait de tout son long, se prenant la figure rougeoyante. La belle, de l'espace entre le pouce et l'index, s'essuyait le rebord des lèvres, étalant son sang presque coagulé. Des bleus apparaissaient déjà sur son corps quasi-nu, et son chapeau tentait de tomber vers l'arrière. Elle le replaça. Une des grandes plumes se détacha, glissant sur les couches d'air avant de masquer la vilaine coupure du gros baraqué. Old Crow enjamba le corps.
        Elle n'est pourtant pas la seule à se prendre des coups. Adrienne aussi, son menton cogné brusquement par un de ses nombreux assaillants. Crow sourit. Adri' protège Rosianne, bien que cette dernière n'avait nullement besoin de protection face aux poings de quelques lourdauds. D'un bond sur le côté, elle évita une chaise, et se jeta direct dans les bras d'un semi-géant. Il la souleva rapidement, l'étreignant à la briser. Sa tête frôlait le plafond. Ses bras emprisonnés le long de son corps, elle n'avait plus que l'usage de ses jambes à sa sa disposition. Et l'arrière de son crâne.

        D'un mouvement sec, elle percuta le nez. L'effet escompté fut qu'il délaisse un peu de sa force, et elle en profita pour projeter ses jambes vers le plafond. Poussant de toute ses forces, elle glissa jusqu'au sol, tombant sur le dos. Rapidement, elle évita un coup rageur du semi-géant. Pirouettant à sa façon — soit en bondissant, s'écrasant et se relevant en une sorte de roue maladroite — elle se plaça à bonne distance pour foncer, tête baissée et lui déchaîné un coup dans le bas ventre. Ses bras passant autour de ses hanches, elle le souleva et le fit passer au dessus de son épaule. Le semi-géant s'écrasa sur une table qui éclata, les pattes flanchant momentanément. La brute laissa son fessier finir le travail, lors d'une descente du cul. Morphée accueillit le grand gaillard à bras ouvert.

        Elle fracassa quelques blancs-bec, pour rejoindre Adrienne. Cette dernière était au prise avec de solides gaillards armés de glaives et d'épée. C'était loin, ces armes, de la traditionnelle bagarre de taverne se déroulant à coup de pieds et de poings. Craquant ses jointures, elle cracha dans une main avant de frapper les deux entre elles, s'humectant bien les paumes. Son petit rituel fait, d'un pas souple, elle bondit sur une table. Bien plus lourde de son côté, l'autre se souleva facilement, tombant complètement perpendiculaire au sol. D'un Fist of Love bien précis, Old Crow envoya son nouvel objectif droit devant. Ainsi, elle allait chopper les assaillants se prenant à sa nonne. Pourtant, jamais que la table n'atteignit son point d'impact, car elle se découpa d'elle-même. Puis, glissant en plusieurs morceaux sur le sol, elle démasqua la silhouette d'un gars svelte, qui, les cheveux longs, gardait ses deux lames horizontales à son corps. Crow maugréa.

        « Adri' !! Fais-toi pas chier, hein ! Arrêtes d'glaner et écrases ces gus. J'ai pas l'temps pour pourrir dans c'bar miteux. ET TOI BAKA! Ouais toi, l'barbier avec tes deux rasoirs, écrases si tu veux pas d'mon poing dans l'bide !! »
        « Idiote, c'toi qui va crever ! »

        Bien plus rapide que Crow, il était déjà là, ses deux bras frappant au même moment. Elle tenta de reculer, mais un gars l'attrapa par les épaules. Old Crow le frappa, l'envoya valser. Mais trop tard... Une explosion de sang, en X, aveugla la belle. Elle provenait de sa poitrine. La brute tomba sur le dos...
          Face à ces adversaires, Adrienne ne savait que faire. L'intervention inopinée de sa nouvelle capitaine changea la donne et, même si elle n'en était pas certaine, son action ne pouvait être que bonne.

          Waouh ! Elle est vraiment trop énorme au combat c'te femme ! Son aisance, son style de combat, tout est en harmonie pendant la bataille ! Elle est vraiment faite pour ça ! Je l'admire presque ! Ah non ! Je ne dois pas ! Le combat, c'est mal ! Pardon ! Enfin, c'est bien des fois, non ? Bon. On verra après pour la réponse à cette question. En ce moment, ce n’est pas trop la joie pour réfléchir. J'esquive juste un coup d'épée là. Ah ! Ce n’est pas passé loin. Alors, tu m'excuseras, mais j'ai autre chose à faire que débattre avec toi.
          Avec Crow à côté, la situation s'éclaire un peu. Deux types armés me font face tandis que les autres semblent craindre plus de la part de la plus âgée de nous deux. Ils ont bien raison. Je suis une gentille, moi ! Les deux adversaires attaquent en même temps. Après deux pas, ils lèvent leur épée et les assènent sur moi d'un mouvement vertical sans aucune subtilité. Ce ne sont pas des cadors de l'épée ! Je mets ma hache en opposition et les lames ricochent contre mon arme. D'un mouvement, vers la gauche, j'entraine une des épées qui se place dans le creux de ma lame. Ça me fait un peu mal de le faire, mais je dois lâcher mon arme. Ce que je vais faire me l'oblige. T'n’inquiètes pas ma belle, tu vas retourner dans mes mains très bientôt. Je lâche donc le manche de ma hache qui part sur ma gauche, entrainant l'épée du premier type avec elle. Je m'approche de ce dernier et lui assène mon poing dans la figure. Ça craque au contact et l'homme est projeté en arrière, sonné. L'autre en profite pour m'attaquer. Sa lame fend l'air dans ma direction. Ah ! J'essaie de l'éviter, mais c'est chaud ! L'épée me tranche sur un bon centimètre à vue de nez au niveau du ventre. Pas bon du tout ! Et il est content de lui ! On blesse une gentille demoiselle et c'est comme ça qu'on m'accueille. Tandis que le sang s'écoule de ma blessure, je prends une impulsion et je saute sur moi-même. Je bascule à l'horizontale et je balance mes pieds joints dans le thorax de l'homme qui, à son tour, est projeté en arrière, s'écroulant sur un autre de ses compères. J'ai oublié de penser à ma réception. Je m'écrase durement sur le sol. Ma blessure au ventre se fait plus douloureuse. Elle n'est pas très grave, mais il faut mieux éviter d'en faire trop. Il faut en finir vite avec cette bagarre et sortir rapidement !

          C'est là que je vois que Crow n’est pas dans une situation confortable. Étrange ! Elle est pourtant si forte ! Bon ! Je vais oublier un peu ça ! Il s'agit qu'elle ne trépasse pas pour des peccadilles. Tiens, ce type avec les deux épées semble un peu plus fort que les autres. Aïe ! Crow semble vraiment dans la mouise. Je me relève rapidement ; c'est quand même difficile avec ma blessure et ma corpulence. Au lieu de m'approcher de Crow, je fais quelques pas dans l'autre direction afin de récupérer ma hache qui a valdingué au pied d'un type précédemment assommé. Une fois dans mes mains, je retourne vers Crow. C'est alors là que je vois l'homme aux deux épées tranché sévèrement, ma capitaine.

          Cap' taine !


          C'est trop là ! Ils veulent la tuer ! Ces brutes ! Ces crapules ! Les monstres ! Plus la peine de me calmer, ils vont me le payer ! Je fonce dans le dos du double épéiste et je mets haut ma hache. Des deux mains, je la redescends brutalement dans le dos de l'homme. Ma hache se plante sans coup férir et l'autre crie de douleur. Ça doit faire mal ! Mais il l'on cherchait. Accrochée à ma hache, je balance le corps sur le côté ; cela me permet de libérer le tranchant. En face de moi, Crow est à terre. Le gorille qui l'a attrapé ne semble plus aussi victorieux qu'il y a dix secondes. Je n'hésite pas non plus avec lui. Il a contribué à blesser mon amie, je vais par leur pardonné ! Impardonnable ! Justice ! D'un autre mouvement de ma hache, je plante la lame dans le crâne du type. Des gerbes de sangs partent dans tous les sens alors que je retire brusquement mon arme. Le cadavre sans vie s'écroule par terre.
          Sans me préoccuper d'éventuels autres combattants, je m'agenouille au côté de Crow et je regarde sa blessure. Pas beau à voir du tout ! Pire que la mienne ! Il faut que je la soigne. Mon sac n'est pas loin. Il faut d'abord que je voie si elle va bien.

          Capt'aine ? Z'êtes vivant ? Z'êtes consciente ?
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          Qu'elle accourait, se précipiterait, pleurait ou autre, rien n'y changerait. Crow était belle et bien... endormie ? Une bulle à la narine, se gonflant ou se dégonflant, un coulis de bave entremêlé de sang coulait le long de sa grande bouche ouverte. Les yeux fermés, le visage complètement relâché, voilà donc le sommeil de la femme sans repos, qui devait bien pioncer pour combattre comme elle le faisait. Les deux coups déchirant sa poitrine, Crow y vit un avertissement à son manque de vigilance. Et comme tous savaient si bien, la vigilance, ça se gagnait suite à de délicieux sommes. Ce pourquoi qu'elle s'était écroulée comme une pierre, dormant comme jamais. Le sang commençait à coaguler, doucement, et les bruits s'estompaient. Qu'elle douce mélodie pour une narcose que celle des glaives et canons qui s'entrechoquent. Une chaleur s'en dégage, une chaleur pour l'oreille. Une sorte de rapprochement entre la vraie personnalité féroce de la brute, provoquant un engourdissement de sa bonté. Quelques claques n'ont jamais nuis au sommeil, comme le dit si bien Sarah !

          Adrienne avait beau gueuler dans ses oreilles, ça n'y changeait rien. Qu'on la secoue ou la brûle, sa technique consistait justement à rêver malgré le chaos environnant. Bien qu'à double tranchant, elle procurait tout de même un certain réconfort, car Crow, s'éveillant bien des minutes plus tard (parfois des heures), était de nouveau en forme pour contre-attaquer violemment. Il fallait juste la protéger tout en maintenant le maelström infernal que provoquait les bruits de bagarres. Car... Au moindre son... Petit son... Le démon s'éveillait, saccageant fortement tout ce qui se trouvait sur son chemin, de bien mauvais poil ! Gnuhuhuhu.
          Tout aussi molle qu'un assiettée de pâtes sans assiette, la brune glissait entre les bras d’Adrienne. Retombant soit sur le ventre, soit sur le dos, plus rien à faire pour elle, semblait-il. Mais, dans le dos de la religieuse, un homme se leva, sortant son glaive presque silencieusement. Ce fut la goupille détachée qui ferait exploser la grenade. Ouvrant un oeil — l’autre trop tuméfié par les coups précédemment reçus — elle agrippa Ramba par le col, la faisant glisser au dessus d’elle. Le sabre du chasseur lui entailla le côté du ventre et une nouvelle gerbe de sang éclaboussa le sol. Elle n’avait pas encore totalement récupérée. Elles devaient faire vite pour se sortir de ce guêpier !

          « BaaaaaaaaaaaaaaaaaaKAAAAAAAAAAAAA!!! »


          Son pied s’écrasa dans le ventre du malotru, l’envoyant valser bien au dessus des deux dames. Il tomba sur d’autres gus qui se tapaient sur la gueule.

          « Adri’ ! Bordel ! Aides-moi à sortir d’ici !! On fout l’camp ! »

          Il était rare que la belle Old Crow se casse en pleine bagarre. Mais maintenant, pissant le sang comme jamais, elle n’avait pas d’autre choix que de renoncer à son honneur. Il n’était pas rare de perdre, après plusieurs victoires en chaîne. Cela était, de loin, sa seule consolation.
          Sa fille les avait rejoint. Glissant sur le sol du mieux qu’elle pouvait, heureusement, elle avait échappée aux regards des brigands. La petite s’agrippa à la jambe de sa mère. Elle pleurait de voir ainsi la femme forte lui servant de modèle demander l’abandon à autrui. Crow lui servit son plus resplendissant sourire. Un soleil sur ses lèvres.

          « T’inquiètes pas, petite, Maman n'est pas morte. »


          Se levant tant bien que mal, elle tremblota sur ses jambes peu sûres. Posant un pied à la fois devant l’autre, elle avançait ainsi, avec le peu de support que pouvait lui offrir Rosianne. Parfois, avec une force d'outre-tombe, elle décernait quelques pêches à de parfaits inconnus leur barrant la route. Elle cracha du sang à deux pas de la sortie et s’affala. Ses blessures — surtout celle au ventre, semblait-il — étaient plus profondes qu’elle ne l’aurait cru. Elle se remit à dormir.
          Aussitôt, Rosianna tourna son jolie minois tout en larme vers la nonne baraquée. La bouche en vague, elle avait peine à articuler. Pourtant, elle y parvint, serrant les poings. Elle cria :

          « Madame !... Maman est... Maman est morte ! »

          La mort. Voilà ce que craignait Rosianne. Pas pour elle, pour sûr, mais pour sa mère ! Les sanglots masquèrent bientôt sa vision.



          Les yeux de Crow s’ouvrirent difficilement. Replaçant son bras au côté de son bras, l’enlevant d’au-dessus de son front, elle souffla. Immédiatement, elle sentit une vive douleur lui prendre à la poitrine et au flanc. De même, sa joue la lançait, et elle grimaça. Malgré tout, elle parvint à hisser sa pipe à ses lèvres, l’alluma (d’où venait le tabac ?) et tira longtemps. Puis, mettant ses lèvres en O, elle exécuta parfaitement un cercle de fumée. Elle reposa sa tête sur la queue de poisson qui l’accueillait. Rosianne dormait elle aussi. Seule Adrienne semblait ne pas encore avoir fermée les yeux de toute l’aventure. Crow toussota.

          « Mmmh. J’ai pas l’habitude de... Enfin, de... De ! bordel !.... Marci bien... »

          Puis, d’un effort surhumain, elle parvint à se soulever sur un coude.

          « Ma soeur, j’crois bien qu’pour elle, c’peine perdue... J’arrive pas à croire qu’j’l’ai laissé là-bas, dans c’foutoir... Baka!... Ouais, j’parle d’ma gourde, greuh gneuh gneuh... »

          Elle se leva, plus que difficilement. Les bandages au niveau de son ventre se reteignit de rose. Elle ignora ce détail. Le regard vers l’horizon : elles avaient vue sur la grande mer du Sud. Et elles étaient loin de la bagarre de la taverne. Elles étaient loin de tout... Enfin, non, elles se trouvaient entre deux immeubles empestant l’urine d’ivrognes, pas si loin de pubs que ça, mais bon, le silence régnait en maître ici. De plus, se réveillant enfin, le grand oeil de feu éclairait les premières vaguelettes du lointain. Quelques étoiles se dérobaient cependant encore de la lumière bienfaitrice, dans le dos des X. Crow et de Ramba. Elles illuminaient la mer de l’Ouest encore un peu de leur si belle clarté féerique. Rosianne se réveilla, se frottant les mirettes de ses petits poings. Ses cheveux jaunes étaient quelques peu tâchés de sang. Deux picots rouges caillés sous l’oeil droit.

          Devant la soeur et la fille se trouvait une femme. Une veste rouge flamme sur les épaules, de grandes manches à plat dans le dos de l’habit. Un grand tricorne quelque peu abîmé par cette nuit violente lesté de plumes colorées. Elle montrait ses mollets, les talons chaussés de getas. De trois quart, elle tourna la tête. Un nez fin. Des joues rebondies. Des yeux mordorés. La femme sourit. Puis, son pouce se leva et essuya le sang recommençant à glisser à la commissure de ses lèvres.
          Elle articula :

          « Bienv'nue parmi nous, Adri’ ! BIENV'NUE PARMI LES WALKYRIES !!! »

          Sarah X. Old Crow éclata de rire, sa silhouette dépeinte sur l’ombre de l’orbe pourpre s’éveillant !



          Spoiler:
            Le chaos était total et les blessures pouvaient être fatales. Il était temps de se faire la malle, ça commençait à devenir sacrément salle ! Au milieu des corps inanimés, quelques combattants n'en avaient pas encore terminé. L'heure était à fermer le rideau sur cette honteuse bagarre d'un sombre tripot.


            Capitaine ! Capitaine ! Ah ! Vivante ! Sup… waouh ! Elle me pousse sur le côté. Il se passe quoi ? J'ai fait quoi ? Elle allait mal et puis tout d'un coup, elle va bien, c'est quoi, le truc ? J'comprends vraiment rien. Un ennemi était derrière moi ! Carrément. Il voulait m'attaquer, mais Crow, je ne sais par quel miracle, m'a sauvée sur ce coup là. Je lui dois une fière chandelle. C'est peut-être une action divine du Seigneur ? Merci Boss ! Si tu commences à agir sur la Capitaine, c'est qu'elle est pas si mal que ça, non ? Enfin, on verra ça plus tard ; c'est fou le nombre de choses que je dois voir plus tard, faut dire que j'ai pas une seconde à moi. Crow me dit de partir et je suis bien contente qu'elle le dise. J'ai cru un moment qu'elle n'allait pas quitter cet endroit avant d'avoir étalé tous ceux qui sont attaqués à nous. Avec ses blessures, c'est sage de sa part. La capitaine est sage, faut que je note ça. J'fais de la place tout autour de ma camarade et j'aide à la remettre sur les jambes. Je devrais bien la soutenir pour sortir d'ici, mais il faut que je récupère mon matériel et j'ai ma hache à porter. Il reste encore quelques types debout, ça serait pas bon de se faire attaquer dans le dos pour la dernière ligne droite ! La gamine ne lâche pas sa maman. Brave enfant. Cet amour fusionnel entre eux, ça me fait pleurer ! Non ! Pas maintenant. J'ai vraiment autre chose à faire que de pleurer, même si c'est trop chou !

            Un oeil collé sur Crow, je m'approche de mon paquetage, ma hache dans une main. Je frappe le haut du crâne de tous les types à terre qui ne semblent pas trop dans les vapes, histoire que personne ne se relève pour nous relancer dans la bataille. Pour l'instant, j'vois que quelques types hagards près de l'entrée qui semble pas trop dangereux. Près du comptoir, c'est le calme plat. Crow a fait le ménage. Dans les alcôves, c'est le calme plat aussi. Les clients encore conscients sont une bande de papys solidement retranchés sous leur table et tremblants encore plus vite que leur Parkinson. En fait, il reste plus que deux types sérieusement dangereux. Il y a une paire de types à la porte qui regardent à l'intérieur. Ils ont des têtes à faire partie du reste de la bande. Dans quelques pas, ils vont intercepter Crow qui marche difficilement vers la sortie, sa fille collée à ses Basques. Elle arrive encore à balancer ses poings dans la tronche de quelques survivants ; elle a vraiment de la réserve ! C'est quand même pas bien de taper des gens qui semblent hors d'état de nous faire du mal, même si c'est eux qui ont commencé !

            j'agrippe mon sac d'une main aussitôt arrivé à sa portée et je le lance sur mes épaules. En quelques mouvements, je passe les bras dans les bretelles. J'accroche solidement ma hache à sa place sur mon sac. Comme ça, j'ai les mains libres. Maintenant, je zigzague entre les corps étendus et les ruines de tables et de chaises pour m'approcher de Crow. Ah ! Elle s'écroule ! Elle doit pas être loin de sa limite ! J'accélère le pas malgré les corps. Ça loupe pas, je marche sur le visage d'un des types. Je fais la grimace alors que ça craque. Désolé. Je recommencerais pas, mais c'est urgent. La petite Rosianne crie sa détresse à côté du corps inanimé de sa mère. Je ne perds pas une seconde. Il faut la sortir d'ici au plus vite ! Je passe mes mains sous son corps inconscient et je la prends dans mes bras. Elle pèse son poids ! J'arrive quand même à la porter sans trop en souffrir. Rosianne me regarde avec les yeux humides.

            T'inquiète pas. Je vais soigner maman. Suis-moi. Il faut sortir d'ici.

            Elle m'emboite le pas tandis que je finis ce qui me sépare de la sortie. C'est là que les deux derniers gusses entrent et me barrent la route. Ni une, ni deux, je fonce la tête la première dans le torse du premier et je l'écrase contre le mur. Pas de négociation, pas d'avertissement ; j'en ai vraiment marre ! Pour l'autre, je fais marche arrière en me penchant en avant. Je le plaque contre la porte avec mes fesses, puis je me redresse sèchement. Mon crâne lui fracasse le nez. Les deux zigotos mis hors d'état de nuire, je peux enfin sortir avec Crow dans les bras et Rosianne qui me suit de près. Dehors, c'est le calme plat. Ça fait plaisir que ce soit plus tranquille ! Sans trop m'attarder sur le joli ciel, je nous trouve un endroit pas trop éloigné et pas trop fréquenté afin de déposer la blessée.

            Dans l'heure qui suivit, Adrienne fit de son mieux pour garder Crow en vie. Malgré les blessures, elle y parvint. Elle en était enfin sûre, cette histoire avait une bonne fin.


            Waouh. J'ai besoin de repos, moi. Rosianne s'est endormie depuis un bout de temps. Crow va bien, c'est l'important. J'ai envie de m'endormir, là, même si c'est à même la rue.
            Ah ! Crow se réveille ! Mais ? Mais ! Elle se met à fumer ! C'est pas bien ! Oh et puis zut ! J'suis fatiguée ! Je lui dirais plus tard ! Il faudra chaparder cette vilaine pipe. Quel mauvais exemple pour Rosianne ! Elle se lève en plus. Ça a l'air d'aller. Je regarde. Rassurer ? Ah non. Pas vraiment. C'est encore sérieux. Elle a l'air de bien aller quand même. Elle arrive même à faire de l'humour, c'est dire. Vraiment épatante cette femme ! On verra à l'usure, mais j'pense pas avoir fait d'erreur en acceptant. Pirate ? Brrrrr. Quelle idée sangrenu ! Je serais une gentille pirate !

            Bienvenue parmi les Walkyries ! Oui, c'était fait. Plus moyen de faire machine arrière. Faut que j'aille à fond. Au pire, je change de voie. J'ai envie de faire un truc énorme. Faut que la pression sorte. Ah, tiens, pourquoi pas ça ?

            Et c'est sous la nuit étoilé, qu'en compagnie de la Capitaine Crow, qu'Adrienne se mit a crié ; cela se passait de mot. Un grand moment de la vie d'Adrienne était sur le point de commencer et on ne risquait pas de s'ennuyer !
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