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La musique est la langue des émotions (Pv Enaro Saya)


Royaume de Saint Urea, Quartier populaire, hôtel « Aubade ».
    L’hôtel Aubade est un de ces endroits envoutants qui ne laisse personne indifférent. Dans le Royaume de Saint Urea c’est probablement l’hôtel qui rassemble les meilleurs musiciens. Chaque jour de nombreux curieux viennent faire le détour par cet endroit magique où la musique semble ne jamais s’interrompre. L’hôtel est idéalement situé au milieu d’une rue très passante du quartier populaire. L’édifice de deux étages est d’un blanc immaculé et à travers les nombreuses fenêtres de bois noir l’on peut distinguer une salle richement décorée. Le premier étage est en effet constitué d’une partie privative destinée au personnel et d’une partie publique. La partie ouverte à tous dispose d’un magnifique parquet de bois et est agrémenté de nombreuses tables de tailles diverses destinées à accueillir les clients. En entrant dans l’hôtel on constate le bar de bois au fond de la salle où se tient toujours un serveur tiré à quatre épingles. Derrière ce bar se trouve une multitude de bouteilles aux couleurs vivifiantes. Les tables sont disposées aléatoirement dans la salle mais l’on relève l’existence d’un coin privé dans le fond droit, là bas se trouve de magnifiques fauteuils destinés à accueillir les clients les plus aisés. La salle est richement décorée et l’on trouve de nombreux tableaux retraçant l’histoire du Royaume. L’étage supérieur regroupe les chambres mais, nous pouvons l’affirmer, c’est loin d’être l’attraction incontournable de l’hôtel.

    La musique est la langue des émotions (Pv Enaro Saya) 44098032

    Au rez de chaussée, dans l’un des sièges luxueux du coin privé, l’on pouvait voir le Tigre Rouge. Celui-ci était immobile et contemplait avec délice la jeune femme qui jouait si élégamment du violon. Le chasseur de primes était un habitué des lieux et un client des plus généreux, il bénéficiait donc toujours d’un traitement de faveur qui ne semblait pas au gout de tous. Mais si certains s’agaçaient devant un homme qui dépensait si ostensiblement son argent aucun ne désirait s’opposer au redoutable combattant. Ainsi donc l’homme se vit offrir un « morceau » pratique habituelle au sein de cette hôtellerie.

    Alors que les dernières vibrations s’éteignaient dans le vide le chasseur de primes salua la présentation d’un air digne. Il fit également signe à la jeune violoniste de s’approcher, ce qu’elle fit avec joie. Il lui glissa quelques compliments avant de la congédier. Rapidement un serveur se mit de nouveau à la disposition de son client qui s’empressa de commander.

      -«Remettez donc une bouteille de ce vin fort agréable. Et offrez donc à cette violoniste ce qu’elle désirera.»

    Le serveur s’inclina plus bas que terre et prit la direction des cuisines, en son for intérieur il pensa que son client avait encore eu une bonne journée. Et souvent lorsque Rydd Steiner avait gagné une forte somme, il dépensait plus que quiconque...

    En vérité la journée fut plutôt calme et le chasseur de primes commençait à être las de cette vie stationnaire à Saint Urea. Voilà fort longtemps qu’il n’avait pas eu l’opportunité d’affronter de sérieux adversaires. Tel un animal sauvage que l’on nourrit tous les jours, Rydd perd peu à peu ses repères...

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La musique est la langue des émotions : Emmanuel Kant
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Spoiler:

C’en était fini de l’attente, trois années à attendre d’avoir achevé son entraînement furent suffisante pour Enaro. Il en était de même avec les quelques temps qu’elle avait à nouveau passés à Logue Town à attendre le retour de son ami. Celui-ci avait manifestement oublié leur promesse de prendre la mer ensemble, ce n’est pas pour autant que la jeune sabreuse devait se détourner des objectifs qu’ils s’étaient fixés. C’est ainsi que quelques jours plus tôt, elle avait à nouveau sollicité un vieux marin de son entourage pour lui demander de l’emmener jusqu’à South Blue, sans destination précise. Et celui-ci, par excès de gentillesse, avait accepté de l’y conduire sur son petit bateau de pêche, avant de la laisser au Royaume de Saint Urea en insistant bien pour savoir s’il devait vraiment rentrer à Logue Town sans elle. Il aurait été plus qu’incorrect de demander à cet homme de l’attendre tel un chauffeur de taxi, et qui plus est, la rousse n’avait aucune intention de rentrer à East Blue pour le moment. Elle irait tout simplement là où ses pas la guideraient, à la recherche de cet idiot de Kenji, et en quête d’un équipage à rejoindre, avec ou sans lui. Même si le fait qu’il ne se soit pas présenté à elle au point de rendez-vous qu’ils s’étaient fixés l’embêtait grandement, elle n’avait pas le temps de s’embêter avec ce type de détails.

Ainsi, une fois débarquée sur cette île quasi inconnue pour elle, qu’elle n’avait vu que sur des cartes marines, la jeune femme décida de se mettre en quête d’une auberge, ou encore d’un hôtel, peu importe tant qu’elle avait un toit au-dessus de la tête pour le petit temps qu’elle passerait là. Sans prêter de réelle attention à l’architecture plutôt atypique de la ville, un endroit capta son attention, ou plutôt son ouïe étant donné que de la musique en provenait. Un coup d’œil sur la devanture lui permit de voir qu’il s’agissait d’un hôtel. Parfait ! Quoique, une fois entrée, l’environnement laissait supposer que, bien que situé dans un quartier populaire, le prix de la nuit ne devait pas être un cadeau. Dans le pire des cas, dormir à la belle étoile ne la dérangerait pas plus que ça, mais tant qu’elle était là autant se renseigner sur les lieux, ou sur n’importe quoi d’autre. Le comptoir lui faisait face, elle n’avait qu’à s’y installer et attendre que le barman ne vienne demander ce dont elle avait besoin. Après l’avoir poliment salué, l’absence de photo ne jouant pas en sa faveur, elle fit une rapide description de son ami à l’homme, lui demandant s’il était passé sur cette île. La réponse négative n’était pas très surprenante. Au moins, elle aurait essayé.

Après avoir commandé un simple cocktail d’agrumes, la jeune femme se retourna et, adossée au comptoir, sirota sa boisson. Face à elle, une jeune violoniste jouait. Le son du violon faisait partie de ses choses qu’on pouvait écouter des heures durant sans jamais se lasser, même pour une sabreuse qui n’avait jamais été très sensible à la musique. On ne lui en avait jamais donné l’occasion. La musicienne s’éloigna et, suivant la scène des yeux, elle la vit discuter courtement avec un homme isolé dans un coin de la salle. Tout de rouge et de noir vêtu, à visage couvert. Drôle de manière de s’habiller pour aller dans un lieu public. Peut-être que cela faisait partie des us et coutumes locales dont la rousse ignorait tout, n’ayant jamais quitté South Blue durant les 21 premières années de sa vie. Quoiqu’à l’attitude du serveur face à cet homme, celui-ci devait tout simplement être puissant sur l’île et ça se savait.

Quel m’as-tu-vu, pensa Enaro. Il n’y avait pas vraiment d’autre terme pour qualifier quelqu’un vêtu comme l’as de pique, devant lequel on s’incline presque jusqu’à ce que son nez touche le sol. C’était plus fort qu’elle, elle se retourna et interpella le barman derrière le comptoir, lui demandant qui était ce type, sans faire attention au fait que ledit type pouvait l’entendre de là où il était. On lui répondit qu’il s’agissait d’un chasseur de prime, assez important sur l’île. Et bien que cela ne soit pas formulé, au ton employé par l’employé des lieux, ils ne lui faisaient pas des courbettes que pour sa réputation mais plutôt pour son portefeuille. Exactement le type de personne qui pouvait lui taper sur les nerfs. Enfin soit, bien qu’elle se revendique pirate, elle n’était pas primée et ne risquait donc rien ici. La présence même de ses katanas à son flanc n’indiquait pas clairement dans quel camp elle se trouvait.
      Alors que Rydd s’apprêtait à partir de l’établissement son regard tomba sur une jeune femme portant des sabres. Si la profession de chasseur de primes permettait de rencontrer de nombreuses personnes il était toujours très rare de rencontrer des femmes se déplaçant équipées d’armes de ce genre. Les bretteurs étaient rarement des femmes, c’était donc très intéressant de rencontrer une de ces dernières « résistantes ». Rydd contempla quelques temps l’épéiste qui se trouvait non loin, elle restait une jeune femme très séduisante. Le chasseur de primes n’y tenant plus se leva et prit la direction du comptoir.

      Tout en se levant il avait prit la liberté de ramasser ses propres sabres qui trônaient fièrement à côté de lui durant sa phase assise. Il les plaça dans son dos d’un geste machinal. Arrivé à hauteur du comptoir il posa un coude sur celui-ci et plaça sa tête non loin de celle de son interlocutrice. Rydd était un homme qui ne pouvait décemment révéler son visage au grand jour mais cet état n’était pas sans conséquences sociales. Difficile de transmettre une émotion lorsque l’on dissimule son visage. Néanmoins l’homme décrivit un large sourire afin que celui-ci apparaisse à travers la cagoule. Au final le résultat fut peu probant, le faciès du chasseur de primes s’apparentaient maintenant plus à celui d’un clown qu’à celui d’un séducteur ; les risques du métier...

      Ne se rendant pas compte de cet état de fait, Rydd entreprit la conversation et se lança dans un monologue particulièrement enflammé.

      «Bonjour jeune demoiselle. Permettez moi de vous dire que vous êtes sans nul doute l’une des plus belles fleurs que j’ai eu l’occasion de rencontrer dans ma vie. Ce visage, ces courbes ! Vous êtes la perfection incarnée, la personnification même de la beauté ! Et vous portez des armes ! Décidément vous êtes faites pour me plaire. Puis-je connaitre votre nom ? Une si jolie personne ne peut qu’avoir un magnifique prénom.»

      Le chasseur de primes était persuadé que son petit discours avait fait mouche et qu’il n’allait pas rentrer seul ce soir. Il pensa même que la gente féminine était bien naïve pour se laisser prendre par de tels discours mielleux. Mais la nature était ainsi faite pensait-il ! Il poursuivit donc afin de « ferrer » définitivement sa proie.

        -«Je vous offre un verre bien évidemment jeune colombe des îles. Dites moi, que faites vous donc avec de telles armes ma belle, vous savez que sa coupe fortement ces choses là ! Attention !»

      Rydd se pencha alors vers l’oreille de la jeune demoiselle.

        -«Désirez vous que l’on s’isole afin que je vous fasse une démonstration de mes talents de bretteur ?»

      « C’est dans la poche !» se dit Rydd avec une certaine satisfaction.
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    Une fois son verre vidé, la sabreuse le reposa sur le comptoir sans pour autant se lever, profitant encore un peu de la musique ambiante. Cela aurait pu être un moment tranquille, calme et reposant, mais tout ne se passe pas toujours comme on le voudrait. En effet, sans même avoir à reporter son attention sur le coin isolé de la salle où se trouvait le chasseur de prime, elle l’avait vu se lever et pensa tout naturellement qu’il allait quitter la salle. Sauf qu’à son grand damne, celui-ci se dirigeait vers elle. Inutile de perdre son calme ou encore de penser qu’elle était repérée, après tout elle n’était qu’une pirate solitaire sans la moindre prime. Faisant mine de ne pas l’avoir remarqué, les bras croisés sur le comptoir, son regard allait de bouteille en bouteille, comme si elle en lisait les noms l’un après l’autre. Pendant ce temps-là, l’étrange personnage qui se tenait non loin d’elle s’était accoudé au comptoir avant de se lancer dans un monologue d’une lourdeur sans nom. Non seulement ce type était un m’as-tu-vu de premier ordre, mais en plus c’était un dragueur doublé d’un baratineur. Décidemment, il cumulait les défauts, celui-ci. Conservant une expression totalement indifférente, Enaro se demandait bien ce qu’elle pouvait répondre à un tel blabla dépourvu de tout intérêt. Pourquoi pas la vérité, tout simplement ? Cela devrait être suffisant pour éloigner ce type. Absolument pas atteinte par ses multiples compliments plus stéréotypés les uns que les autres, elle daigna enfin tourner la tête vers lui et répondit d’un ton détaché.

    « Je me nomme Enaro Saya. Merci de me prévenir, je sais que les katanas peuvent être dangereux, mais en tant que pirate il vaut mieux que je sois armée, non ? »

    Se déclarer officiellement ennemie des chasseurs de prime, c’est fait. Mais hélas, face à tant d’insistance et de lourdeur, la rousse n’avait pas su quoi répondre d’autre. Et comme dit précédemment, n’ayant pas de prime, elle n’avait pas grand-chose à craindre venant de ce … guignol. En toute logique, de toute façon, il n’oserait pas générer un esclandre en public, qui plus est dans un lieu comme celui-ci. Elle se leva donc, les bras le long du corps, faisant face au chasseur de prime, et acheva de lui faire comprendre qu’elle n’avait que faire de son petit discours.

    « Inutile de me faire une démonstration, je viens de passer trois ans dans un dôjô à Shimotsuki, proposez donc cela à d’autres qui risquent davantage de s’extasier devant vos ‘talents’. J’allais partir, de toute façon. »

    Elle appuya ses dires d’une voix plus ferme et posa sa main droite sur l’un de ses deux katanas, comme en signe d’avertissement. Peut-être que le nom de Shimotsuki ne lui dirait rien, puisque cette île est surtout connue sur East Blue, mais si ce n’est pas un sabreur amateur il devrait bien savoir ce que sous-entend ce nom. S’il ne le devinait pas et insistait, il l’apprendrait bien à ses dépends.
        Une pirate ? La demoiselle se revendiquait être une des cibles privilégiée du chasseur de primes. Orgueil ou inconscience ? N’avait elle pas prit conscience de sa qualité de traqueur de têtes ? Ou alors elle n’avait tout bonnement pas cru être une cible si elle n’avait pas de primes.

          -«Une experte au maniement du sabre, intéressant... Bien ! Habituellement je ne chasse que les proies entrainant rémunération mais il y a des exceptions. Parfois je laisse partir des cibles qui valent très cher, il m’arrive aussi de m’en prendre à ceux qui n’ont pourtant pas encore de quoi éveiller mon attention...»

        L’attitude de Rydd changea, ses mouvements amples et son apparente joie de vivre avaient disparues. Il ne restait plus qu’un être au discours froid et impersonnel. Une certaine concentration semblait s’être emparée de lui tandis qu’il s’approchait d’une table proche où discutait plusieurs hommes. D’un coup de pied ferme il brisa l’un des pieds de la table ce qui provoqua le basculement de celle-ci. Le tigre rouge ramassa le pied ainsi brisé et le fit tournoyer dans sa main.

          -«L’important dans un combat, c’est de ne pas négliger le décor. En de nombreuses fois l’on peut constater qu’un combat banal a basculé à l’avantage d’un combattant du fait de son utilisation intelligente des choses qui l’entoure. Bref... Voyons ce que tu vaut, pirate !»

        Rydd se tourna vers l’assistance médusée.

          -«TOUT LE MONDE DEHORS ! ET VITE ! »

        Un homme à l’aspect frêle mais au visage déterminé s’approcha de Rydd.

          -«Monsieur Steiner enfin ! Vous ne pouvez pas congédier tous les clients de l’hotêl...»

        Le chasseur de primes toisa quelques secondes son interlocuteur. Il expira ensuite longuement avant de s’approcher de l’homme. Sans crier gare il lui administra un violent coup à l’aide de la paume de sa main ce qui fit proprement décoller l’homme du sol qui retomba lourdement sur le dos quelques mètres plus loin. Plusieurs cris éclatèrent tandis que certaines personnes s’étaient précipitées sur le blessé qui était maintenant inconscient.

          -«J’AI DIS TOUT LE MONDE DEHORS !»

        Il envoya valser du pied une table qui traversa l’une des fenêtres pour atterrir dans la rue. Aussitôt la population commença à quitter en rang serré l’hôtel devant un propriétaire curieusement amusé.

          -«Monsieur Rydd... Je fais passer cela comme une réservation privative de l’hôtel ? Avec indexation des coûts de réparation ?»

          -«Ouais, ouais je réglerai la note pas de soucis directeur. Mais maintenant je vous prie de sortir comme les autres.»

        Le directeur s’inclina le plus bas possible et se dirigea vers la sortie. Pour lui cet excentrique qu’était Rydd représentait une véritable mine d’or. Il devait maintenant aller dédommager les autres clients afin que ceux-ci ne se sentent pas lésés, de toute façon tout serait ajouté à la note du Tigre Rouge...

        Rydd pendant ce moment dévisagea la jeune sabreuse, il tenait toujours son pied de table dans la main qu’il expédia d’un geste franc en direction de celle-ci.

          -«Voyons voir comment tu te débrouille !»

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      Ce coup-ci, impossible de prévoir à quelle réaction la sabreuse allait avoir à faire face. Ca se jouait à pile ou face, c’est le cas de le dire. Pile, il la laissait partir, face il lui barrait la route. Visiblement, c’était face. Qu’importe, il fallait bien savoir prendre des risques dans la vie, et ce n’est pas ce qui faisait peur à la jeune pirate solitaire, même s’il était plutôt surprenant qu’elle se retrouve être la cible d’un chasseur de prime sans avoir la moindre prime sur sa tête. Quoiqu’il en soit, il désirait la combattre ? Très bien ! D’un geste vif, elle s’empara du katana sur lequel elle avait déjà posé sa main droite, et dégaina le second dans la foulée tout en écoutant son opposant faire tout un laïus sur l’utilisé du décor dans un combat. Faire basculer la situation à son avantage en utilisant les éléments du décor ? En temps normal, Enaro aurait qualifié un tel discours de tissu de conneries, mais en observant la salle, le chasseur de prime n’avait peut-être pas tort sur toute la ligne. L’affrontement promettait d’être intéressant, si toutefois son adversaire achevait de discuter avec celui qui semblait être le maître des lieux. Celui-ci se souciait de ce qui pouvait advenir de son établissement suite à un duel entre deux sabreurs, ce qui était normal, et la jeune femme s’en serait excusée si elle s’estimait responsable de la situation. Or, ici, c’était l’habitué des lieux qui avait provoqué une telle situation, à lui de se débrouiller. Prête à l’attaque, elle n’appréciait néanmoins pas la manière dont il avait convaincu tous les occupants des lieux de sortir.

      « Et bien, en voilà des manières ! Incroyable que tu sois encore acceptés en ces lieux en générant un bordel pareil et en brutalisant les personnes présentes ! Et après, ça critique les pirates … Laissez-moi rire. Je ne supporte pas les types dans ton genre, alors à partir de maintenant j’en fais une affaire personnelle. »

      Sans davantage de cérémonies, elle resserra sa prise sur le manche de ses lames, bien décidée à faire comprendre à ce dénommé Steiner qu’il aurait mieux fait d’aller s’en prendre à quelqu’un d’autre. Voyant arrivé le pied de table dans sa direction, elle le trancha en plein vol d’un geste rapide, l’envoyant valser quelques mètres plus loin.

      « T’as rien de mieux que de me lancer le mobilier à la figure ? Tu ferais mieux de dégainer. »

      Désormais, à elle de lancer l’offensive. Elle s’avança de quelques pas, qui résonnèrent dans la grande salle désormais désertée de tout civil. Getas contre parquet, bois contre bois. Puis, avec une rapidité surprenante par rapport à l’attitude calme qu’elle avait adoptée jusqu’à présent, elle prit appui sur son pied droit et se jeta d’un bond sur sa proie, ses deux lames croisées devant elle. Elle était quasi sûre que le chasseur de prime répliquerait sans problème face à cette attaque, mais il fallait bien que l’un d’eux donnât le premier coup.
          Un flash survint l’espace de quelques secondes. Rydd voyait son mentor, Manfred Tigan, il avait l’air plus sévère que jamais et dispensait une ènième leçon à un jeune blond manifestement ennuyé. « N’oublie pas, la force de ton adversaire n’est pas ce que tu dois combattre. Cherche et affronte ses faiblesses et tu auras l’avantage ! Dis tu m'écoutes !?»

          Tandis que le faciès rigoureux de Manfred disparaissait dans l’esprit de Rydd apparaissait celui de la jeune sabreuse, élancée telle une furie. Le chasseur de primes analysa succinctement la situation. Plusieurs choix possibles, le combat au corps à corps ou le combat à distance. Une épéiste avait davantage de chance d’être dominée sur un affrontement distant.

          Un coup de pied puissant du Tigre Rouge envoya valser une petite table de quatre personnes dans la direction de son adversaire du moment. Tandis que la table progressait à vive allure vers la tête de la rouquine, un pistolet fut tiré de son étui. Rydd estima la distance et le déplacement de son adversaire puis il fit feu par deux fois. Deux dénotations se firent entendre tandis que le chien de l’arme se mettait en action, les balles traversèrent la salle avec une vélocité impressionnante.

          Profitant de cette attaque, le chasseur de primes prit encore davantage de distance.

            -«La majorité des épéistes sont pas très doués pour les combats à distance. Mais si j’en crois mes informateurs, il existe des gars capables d’envoyer des lames d’air sur plusieurs dizaines de mètres. C’est vachement impressionnant ce genre de techniques ! J’espère néanmoins que tu n’es pas de ceux-ci, j’ai pas encore prévu de parade pour ce genre d’attaques...»

          Alors qu’il discutait Rydd cherchait surtout un moyen rapide de mettre un terme à ce combat. Il ne désirait pas particulièrement éterniser la chose. En premier lieu parce qu’il devrait rembourser l’intégralité des dégâts occasionnés par le duel mais aussi parce que la marine risquait de se présenter rapidement. Difficile alors de s’expliquer sur un combat de cet acabit. Le chasseur de primes s’imaginait déjà devant son maitre, se faisant rabrouer pour les nouveaux dégâts occasionnés et pour la mauvaise publicité effectuées par ces actes...

          D’un geste alerte et habitué il fit virevolter son pistolet entre ses doigts avant de le ranger dans son étui. Il était temps de passer aux choses sérieuses et de ne pas éterniser la chose. Rydd porta la main sur ses deux katanas, il réfléchissait... Style nitoryu ou itoryu ? Choix ardu ! Finalement l’homme prit le parti d’une défense à un sabre et d’une attaque physique puissante pour calmer les ardeurs de cette femme aux cheveux flamboyants. La lame glissa alors hors de son fourreau dans une sonorité macabre...

            -«Voyons le style de Shimotsuki...»

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        En plein bond pour attaquer son adversaire, Enaro avait négligé un détail important : lancée de cette façon, sans prise sur le sol, sa défense s’en trouvait considérablement diminuée. On le lui avait suffisamment rabâché lors de son apprentissage à Shimotsuki, mais en trois ans elle n’avait pas été fichue de le retenir. Probablement parce qu’aucun de ses combats là-bas ne l’aurait réellement mise en danger. Tant pis, elle apprendrait sur le tas, comme tout le reste. Steiner venait de lui envoyer un nouvel élément du mobilier au visage, et la rousse n’eut d’autre choix que de l’intercepter à l’aide de ses katanas, qui se plantèrent dans le bois de la table, tout en se baissant pour éviter un choc avec ladite table si jamais elle manquait sa tentative d’arrêt. Dans le même temps, alors que le projectile était intercepté, elle entendit tirer deux détonations et presqu’au même moment sentit deux puissants impacts sur la table encore au bout de ses lames. Bon, il était temps de se faire une raison. Non seulement le combat à coup de meubles ne l’avantageait pas, mais si son adversaire avait des armes à feu, la jeune femme était sérieusement désavantagée. Pour la première fois depuis le début de l’affrontement, elle fronça les sourcils en essayant de dégager ses katanas plantés dans la surface de bois. Finalement, tout en écoutant le chasseur de prime parler d’une oreille – que c’était inutile de déblatérer autant au cours d’un combat – elle cala son pied droit contre la table pour la maintenir en place, et tira d’un coup sec pour dégager ses armes. D’un mouvement brusque, elle envoya la table s’écraser plus loin et répondit à nouveau.

        « Navrée de te décevoir, mais je suis encore loin d’avoir les capacités suffisantes pour envoyer des lames d’air en guise d’attaque. Dis-toi bien que si je disposais de compétences aussi élevées, je m’en serais déjà servi contre toi. »

        Oui, seulement voilà, ce n’est pas le talent qui l’étouffait, et même après trois ans d’apprentissage du combat au sabre, son niveau était loin d’être excellent. Si Kenji, son ami d’enfance, la voyait aujourd’hui, il serait très certainement en train de se moquer d’elle. Alors que son adversaire sortait une lame de son fourreau, la rousse énumérait rapidement les possibilités qui s’offraient à elle. Elle pouvait toujours combattre avec ses armes, mais était en « territoire ennemi », elle ne parviendrait pas à prendre l’avantage. Attendre que la Marine arrive ? L’idée n’était pas mauvaise, mais il lui faudrait prendre ses jambes à son cou pour ne pas se faire embarquer. La meilleure option restait de jouer selon les règles des lieux et d’utiliser tout ce qui pouvait lui tomber sous la main. Sachant que la casse passerait sur la note de frais du chasseur de primes, elle ne se priverait pas. Assez plaisanté. Enaro bondit sur le comptoir du bar dans un mouvement fluide, ses katanas dans sa main gauche, et de la main droite saisit quelques verres à pied qu’elle envoya à la figure de son adversaire. La jeune femme ne pouvait pas se permettre de salir le nom de son dojo, alors elle ferait un maximum de dégâts possible.
            Cristal et faïence voltigeaient dans la salle jusqu’à se briser dans un grand fracas. Mais ce bruit était couvert par une voix, celle de Rydd. Complètement atterré par une telle attitude il regardait la scène avec stupéfaction. Rejetant virilement les verres prenant sa trajectoire il commença tout bonnement à hurler.

              -«TU SAIS QUI VA PAYER POUR LA CASSE ?»

            Le chasseur de primes voyait la note grimper à mesure que les verres du bar s’amenuisaient. Alors que l’homme avait d’ores et déjà rengainé son arme à feu, il envisagea clairement de la ressortir afin de calmer les ardeurs de la jeune demoiselle. Mais comme il l’avait prévu il n’était pas question de se relancer dans un nouveau duel distant. Mais les verres continuaient à affluer et rapidement le sang monta à la tête du tigre rouge. N’écoutant plus que son cœur il rengaine son sabre et s’abaissa pour ramasser des verres brisés. Rapidement il les renvoya avec force face à son adversaire tout en ponctuant ses attaques de commentaires acerbes.

              -«C’est ça un vrai lancé ! Je vais t’appendre comment on lance les verres moi !»

            Quelques badauds s’étaient risqués à regarder le combat par l’une des fenêtres de l’hôtel. Ce qu’ils virent les laissa pantois. Le combat avait prit une tournure on ne peut plus enfantine, les deux adversaires se lançant des objets au visage tels de jeunes garnements au jardin de jeu. Soudain, alors que les évènements semblaient inéluctablement verser dans le grotesque, Rydd constata lui-même la situation. Si sa tenue l’avait permit il aurait rougit telle une magnifique tomate. Les règles de son métier voulaient qu’il ne s’éternise pas dans un combat déjà engagé. Se relevant rapidement il attrapa une nouvelle fois son sabre.

            Sans plus de cérémonies il s’approcha de son adversaire, garde haute il attaque de taille de bas en haut. Dans le même mouvement il s’adressa à son ennemie d’une voix glaciale.

              -«C’était le dernier intermède.»

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          Non seulement casser la vaisselle permettait à la sabreuse de gagner du temps et de tenter de reprendre l’avantage, mais en plus, elle prenait un plaisir malsain à se dire que tout ce qu’elle détruirait ici passerait sur la note de frais de son adversaire. Ainsi, lorsque celui-ci perdit son calme à ce sujet, Enaro se contenta de hausser les épaules en répondant avec une pointe d’amusement dans la voix.

          « C’est toi qui va payer, c’est bien pour ça que je contribue à la casse. »

          Et avec désinvolture, elle continua à jeter chaque verre qu’elle saisissait vers le chasseur de prime, n’éprouvant pas le moindre remords à l’idée de mettre les employés et occupants des lieux dans l’embarras. S’ils étaient mécontents, ils n’avaient qu’à aller déposer leur plainte à tour de rôle au guignol vêtu de rouge et de noir. De toute manière, il n’y avait qu’un guignol pour être capable de ramasser les verres cassés au cours d’un combat. Lorsqu’il se mit à lui renvoyer les morceaux de verre à la figure, la rousse les esquiva tantôt en se baissant, ou en se décalant sans descendre du comptoir, voire en les arrêtant d’un coup de sabre. Il faudrait plus que du verre brisé pour arrêter quelqu’un comme elle. Cela aurait pu la désavantager si elle avait combattu pieds nus, comme elle le fait régulièrement, mais vu qu’ici elle portait des getas, les morceaux de verre jonchant le sol n’étaient qu’un insignifiant détail. Enfin, Steiner s’était relevé, visiblement décidé à cesser de combattre de manière ridicule. Enaro reprit ses katanas bien en main afin de pouvoir parer l’attaque qui était dirigée contre elle, les positionnant horizontalement face à sa taille afin de bloquer l’offensive ennemie. Une fois la lame adverse bloquée, elle prononça rapidement quelques mots.

          « En effet, achevons ce combat, je n’ai pas que ça à faire. »

          Tout en achevant sa phrase, elle bondit rapidement dans le dos de son adversaire depuis le comptoir sur lequel elle se trouvait toujours, et tout en faisant volte-face, elle tenta une attaque horizontale dans le dos de son adversaire, les deux lames frappant à un court instant d’intervalle.
              L’hôtel Aubade disposait maintenant d’une salle en piteux état. Quelques tables étaient renversées et des débris de verre jonchaient le sol. Le chasseur de primes et la pirate aux cheveux de feu avaient réalisé de nouveaux aménagements au fil du combat. L’endroit n’était maintenant que désordre et l’on entendait les deux combattants hurler à la mort tels deux animaux livrant un combat à mort.

              A l’extérieur il y avait maintenant foule. La relative sécurité procurée par le mur du bâtiment avait permis à de nombreuses personnes de s’approcher. Toutes les fenêtres du rez-de-chaussée étaient maintenant assaillies par de multiples spectateurs. L’on se collait aux vitres pour mieux voir le combat et admirer les passes d’armes. L’on entendait beaucoup le nom de Rydd Steiner qui était un habitué des lieux, un chasseur de primes réputé du Royaume et surtout un trouble fête de première catégorie ! Mais de nombreuses personnes s’interrogeaient également sur l’adversaire du très connu Tigre Rouge, l’on s’étonnait de la durée du combat. Habituellement le chasseur de primes à la tenue rougeoyante finissait plus rapidement ses duels.

                -«Elle tient ferme la ptite !» Commenta un vieillard à l’œil espiègle.
                -«Non mais il s’amuse le Rydd, c’est évident !» Affirma un homme d’une trentaine d’année.
                -«On entends pas ce qu’ils disent ! Taisez-vous !» Surenchéri un troisième spectateur agacé.

              Soudain un homme de belle taille et à l’air roublard s’approcha de la foule et couvrit le brouhaha de sa voix puissante.

                -«JE PREND LES PARIS ! LA COTE EST A 1 CONTRE 3 EN FAVEUR DU TIGRE ROUGE ! ALLONS Y MESSIEURS DAMES !»

              De nombreux spectateurs quittèrent les fenêtres tout en mettant la main à la poche, les berry passaient maintenant de main en main avec une célérité étonnante.

              Dans le même temps, dans la salle principale de l’hôtel Aubade, les deux combattants rivalisait d’adresse. La jeune sabreuse venait de réaliser un bon digne des meilleurs acrobates et, tout en atterrissant dans le dos de son adversaire, profita de sa position pour attaquer le dos de Rydd. Celui-ci constata rapidement le saut mais considéra qu’il lui était impossible de parer l’attaquer, se retourner serait une erreur également puisqu’il était préférable d’être blessé du côté osseux que du côté musculaire. Il s’avança donc rapidement afin de passer hors de porter de l’attaque, néanmoins les lames étaient trop proche et les pointes de celles-ci glissèrent le long du dos du chasseur de primes. Au dehors on entendit de nombreuses acclamations tandis que l’organisateur des paris annonçait une modification de la côte suite à cette attaque.

              La blessure était superficielle mais Rydd n’appréciait jamais être touché au combat, c’était une marque de faiblesse. N’écoutant néanmoins que sa raison il resta concentré. Tenant son sabre en main droite il attaque une nouvelle fois de taille tout en étant légèrement sur le côté droit de son adversaire. La lame attaquait le flanc droit de la jeune femme mais Rydd ne voulait pas en rester là, convaincu que sa lame allait être bloquée par celles de son ennemie, il continua de se décaler et envoya un stupéfiant coup de paume dans les côtes de son adversaire. Ce coup de paume était une de ces techniques favorites, en ciblant les bonnes parties du corps il pouvait administrer des coups dévastateurs. Le fait d’attaquer avec les côtes permettait de couper la respiration, voir de briser les côtes. De plus les côtes flottantes étant très fragiles, l’attaque de cette zone causait également une certaine douleur. Mais au final c’était surtout la coupure efficace de la respiration qui était recherchée.
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            Malgré l’écart de niveau et le désavantage qu’avait la sabreuse en terrain ennemi, la chance ne l’avait pas encore abandonnée. Alors qu’à l’extérieur, les citoyens tranquilles observaient l’affrontement entre les deux sabreurs et pariaient tantôt sur l’un, tantôt sur l’autre, et que la jeune femme retombait habilement au sol, elle sentit que ses lames avaient atteint leur cible. Evidemment, une attaque comme celle-ci n’aurait pas permis de toucher un point vital de son ennemi ou de le mettre hors d’état de nuire, mais le simple fait d’avoir pu le blesser superficiellement redonna soudainement confiance à la rousse. Ne pas même réussir à atteindre son ennemi aurait sali le nom de Shimotsuki, et elle ne pouvait pas se le permettre. Bien ! A l’extérieur, quelques personnes semblaient impressionnées de voir qu’une jeune sabreuse était capable de tenir tête au chasseur de prime des lieux, mais pour l’heure, ladite sabreuse s’en moquait pas mal. Ce n’est pas l’admiration d’autrui qui la motivait, qui plus est elle n’était pas très fière de n’avoir réussi qu’à le blesser dans le dos. Pour l’heure, elle ne baissa pas sa garde, et voyant Steiner diriger une attaque vers son flanc droit, elle ramena ses deux lames contre son côté gauche pour parer le coup, ce qui n’était pas compliqué en soi. Cependant, l’attaque qui suivait celle-ci de peu ne pouvait pas être évitée totalement, et elle eut tout juste le temps de ramener son bras droit contre elle pour encaisser le puissant coup qui venait de lui être asséné. L’impact fût tel que le coude de la rousse vint heurter violemment ses côtes, ce qui provoqua une certaine douleur forte mais gérable, surtout localisée dans son bras droit.

            C’est surtout par reflexe qu’Enaro avait paré le coup avec son bras, mais au vu de la puissance de l’impact, heureusement qu’elle ne l’avait pas encaissé directement dans les côtes, les dommages auraient certainement été plus important que là. Certes, son bras la faisait souffrir, mais elle s’efforçait de ne pas le montrer et le supporterait bien le temps qu’il faudrait. De toute façon, elle n’aurait pas le choix, mais il lui faudrait finir ce combat le plus vite possible. N’étant plus en position dite stratégique, il lui fallait trouver quelque chose rapidement, mais surtout ménager son bras droit, c’est pourquoi elle rengaina l’un de ses deux katanas. Bien qu’elle ne soit pas ambidextre, elle se débrouillerait bien comme ça. Les deux mains tenant fermement le katana qu’elle avait gardé dégainé, elle tenta une nouvelle attaque frontale, tranchant de haut en bas, bien décidée à briser la défense de son ennemi.
                L’attaque de Rydd fut brillamment parée par une demoiselle aux capacités plus impressionnantes que prévues. Le combat allait être serré et les deux combattants étaient maintenant touchés, le chasseur de primes avait quelques picotement dans le dos du fait de la coupure. La jeune sabreuse semblait sonnée bien qu’elle ait réussie à parer quelque peu l’attaque de son adversaire. Elle laissa néanmoins de côté un style à plusieurs sabres pour en revenir au classique Itoryu. Rydd restait en position défensive attendant qu’une ouverture se déclare.

                La jeune femme attaque de nouveau, c’était une de ces attaques frontales à une main qui est d’une incroyable force mais d’un classicisme inégalable. Rydd fronça les sourcils par-dessous sa cagoule, il s’attendait à mieux de la part de cette femme. Manifestement son attaque avait tout de même quelque peu réduit ses capacités physiques. L’attaque rectiligne partait de si haut au dessus de sa tête qu’il n’était pas difficile d’anticiper la trajectoire de la lame. Le chasseur de primes effectua un rapide pas de côté.
                Dans la suite de son mouvement d’esquive il attaqua directement le flanc de son adversaire à l’aide de son propre katana. La lame de son adversaire terminait d’achever sa course tandis que Rydd hurlait tout en attaquant.

                  -«Il va falloir être plus imaginative pour me surprendre !»

                Alors que la lame de Rydd se rapprochait dangereusement du tronc de son ennemie la foule au dehors hurlait en tout sens. Une bonne partie de la population regardait le combat avec un grand intérêt et beaucoup attendaient un vainqueur pour éventuellement remporter des gains issus du pari.

                Mais d’autres cris ne provenaient pas d’une foule intéressée par un combat violent. C’était les cris d’une escouade de l’armée de Saint Urea qui se déplaçait avec vivacité jusqu’à l’hôtel Aubade. Une quinzaine d’hommes arrivaient par l’entrée de la rue principale, ils étaient tous vêtus d’une armure d’écaille et portaient des lances de tailles respectables. Un homme courait un peu en retrait du groupe, c’était un officier à l’air mauvais et qui, à la différence de ses hommes, portait un fusil dans le dos.

                Le groupe de l’armée allait arriver d’une minute à l’autre maintenant, les duellistes avaient tout intérêt à finir au plus vite leurs petites affaires...

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              Spoiler:

              Bien que cela ne lui apparaisse pas comme une évidence sur le moment, le simple fait de voir ses capacités physiques réduites par sa blessure au bras droit l’avait considérablement affaiblie. En effet, non seulement la sabreuse n’était pas ambidextre mais droitière, mais en plus c’est son bras droit qui avait été blessé par la dernière attaque du chasseur de prime. En somme, Enaro Saya se retrouvait considérablement affaiblie, et de surcroît, elle était incapable de se battre convenablement avec un seul katana tenu de la main gauche. Et pour preuve, son adversaire n’avait eu aucun mal à parer son attaque, mais en plus, un instant après, sans qu’elle n’ait le temps de faire quoi que ce soit, la lame ennemie entailla ses côtes, et la rousse dût se contenir pour ne laisser échapper aucune plainte. Des attaques aussi basiques ne pourraient pas le surprendre ? Tiens donc.

              « Reviens donc me dire la même chose le jour où ce sera toi qui aura un bras hors service ! »


              A l’extérieur de l’hôtel, la jeune femme constata que la foule observant l’affrontement n’était plus la seule à crier. D’autres cris non loin parvenaient à ses oreilles, il y avait de fortes chances que ce soit la Marine. Aucune personne saine d’esprit ne se précipiterait sur les lieux de l’affrontement de cette manière. Il y avait donc deux manières de percevoir cette arrivée : certains trouillards se penseraient dans le pétrin jusqu’au cou, d’autres saisiraient l’occasion pour disparaître. Même si la seconde option blesserait l’amour propre de la rousse, elle s’avérait sympathique, puisqu’affaiblie comme elle l’était il n’y avait aucune chance qu’elle remporte le combat. Sans même chercher à dissimuler ses intentions, d’un coup de pied, elle envoya une chaise en direction de Steiner, et profita de la feinte pour se hâter vers la sortie. Ayant rengainé son katana, et tâchant de faire abstraction de la douleur des derniers coups, elle cria à l’attention de son adversaire tout en feignant l’enthousiasme.

              « Je te laisse t’occuper de l’armée, on finira ce combat un autre jour ! Ciao ~ ! »

              Et sur ces mots, elle se précipita dans la direction opposée de celle d’où venait l’armée, sans vraiment savoir où elle allait, ignorant les cris d’indignations de la foule. Restait plus qu’à espérer que le chasseur de prime ne la rattrape pas. Maintenant, sa priorité était de se cacher de ce guignol rouge et noir et de l’armée de l’île. Et accessoirement, de quitter l’île, aussi.
                  Le coup d’épée atteignit sa cible et arracha un sourire au cagoulé. La jeune femme avait néanmoins d’incroyables ressources pour être capable de se battre après avoir subit différents coups relativement importants. Elle semblait même désireuse de poursuivre le combat et envoya valser une chaise au visage de Rydd. Celui la repoussa avec violence et la laissa s’écraser sur le sol dans un grand fracas. Derrière les vitres le propriétaire de l’hôtel Aubade notait scrupuleusement toutes les pertes qu’il pouvait remarquer, c’est ainsi que certains le virent écrire chaise en bois sur un petit calepin de cuir.

                  Pendant ce temps un petit contingent de l’armée de Saint Urea se déplaçait toujours vers les lieux et serait sur place d’une minute à l’autre. On entendait déjà la foule commenter l’arrivée des soldats avec vivacité. Rydd comprit qu’il valait mieux expédier rapidement la petite plutôt que d’être prit en plein combat. Mais contre toute attente la jeune épéiste avait déjà atteint la porte de l’hôtel grâce à sa subtile diversion à base de mobilier. Elle gratifia son ennemi d’un sourire avant de tirer sa révérence. Le chasseur de primes, profondément agacé, envoya valser une autre chaise qui traversa une fenêtre. Une nouvelle fois le directeur de l’hôtel hocha de la tête tout en griffonnant sur son calepin « Chaise en bois, fenêtre du rez-de-chaussée ».

                  Enfin l’armée arriva devant l’hôtel et chassa tous les importuns. L’officier en charge du détachement entra dans la bâtisse suivit de près par le tenancier qui se frottait avidement les mains. Rydd avait rengainé et attendait assis près du comptoir, une bouteille et un verre à côté de lui.

                  L’officier questionna le chasseur de primes d’un bref mouvement de la tête, Steiner était connu au sein du Royaume et bénéficiait d’une protection assez importante.

                    -«Ah ! Vous arrivez un peu tardivement ! J’ai bien peur que vous ayez raté une importune. Une demoiselle d’une vingtaine d’année, la peau claire et les cheveux rougeoyants. Bien faite, très jolie je dois l’admettre mais assez violente. Fort tempérament pour sûr ! J’ai tenté de l’arrêter mais comme vous pouvez le constater elle à prit la fuite. Regrettable...

                    Monsieur le Directeur je vous prie de bien vouloir accepter mes excuses pour les dégâts occasionnés. Vous serez dédommagé pour vos pertes.»

                  Le directeur se ploya fortement avant de se redresser et de laisser apparaitre une rangée de dents immaculées.

                    -«Monsieur Steiner, vous êtes un de nos clients les plus réguliers ! Il serait étonnant que vous partiez ici sans payer, nous vous connaissons si bien !»

                  L’officier, toujours plongé dans un profond silence, adressa un regard éloquent au chasseur de primes. Rydd comprit que le directeur de l’hôtel Aubade avait subtilement joué ses cartes et ne tenta pas de combattre davantage.

                    -«Et bien ! Combien ?»

                  Le directeur sortit rapidement son calepin.

                    -«Oh et bien, de l’argenterie pour 2000 Berry, une soixantaine de verres pour 4000 Berry...»

                    -«Pitié épargnez nous l’énumération venez en au but !»

                    -«20.000 Berry, Monsieur Steiner ! Et croyez bien que j’ai réduit la somme au mieux afin de ne pas...»

                    -«Oui, oui fort bien ! Voilà votre argent.»

                  Rydd plongea la main dans une des pochettes qu’il conservait à sa ceinture et en sortir une impressionnante liasse de billets. Il donna la somme exigée par le directeur à celui-ci et prit la sortie accompagnée de l’officier. Avant de passer la porte Rydd donna discrètement une somme équivalente au chef du groupe de soldats. Pour la première fois celui-ci sortit de son mutisme.

                    -«Beau carnage à l’intérieur !»


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