-39%
Le deal à ne pas rater :
SEB Friteuse à huile (1.2 kg de frites)
49.99 € 82.35 €
Voir le deal

Bois sans soif

Alors que la bataille se termine, que les blessés se font ramasser à la petite cuillère et que les autres s'occupent de ranger le vacarme du champ de bataille, toi tu grommelles dans ta barbe comme à ton habitude.

"Pfff... Qu'est ce que je peux bien avoir soif... J'en ai mare... Pourquoi personne n'a d'eau sur lui...

Ah ! Mais qu'est ce qu'il fout là celui là ? Ah mais ! C'est une gourde que j'vois à sa ceinture !"


Tu mires le marine rachitique qui t'avait balancé beaucoup d'informations en te prenant pour un vieillard à moitié fou. Ce guss là tente de se faire la malle et bien comme il faut. Tes pauvres soldats remuent tellement la terre pour nettoyer le bordel qu'ils n'y voient rien et qu'il t'ait trop dur de leur crier d'ouvrir leurs globes. Il ne te reste alors qu'une solution : courir après ce foutu gosse qui se croit assez malin pour t'échapper.

"Oui vas t’essouffler après un gosse aux jambes aussi fraiches et fortes qu’un Super colvert alors que les tiennes, de guibolles, ne tiennent encore debout que par le plus grand des hasards. C’est vrai que tu as tes chances. Fais en encore qu’à ta tête, de toute façon, on a l’habitude depuis l’temps qu’on lit tes aventures. "

Mais dans quelques heures, tu te diras quand même qu'encore une fois tu auras été stupide de ne pas tenter de te faire entendre. Encore ta sale manie de foncer dans le lard. Il t’aurait suffit de gueuler une bonne fois aux révolutionnaires à côté du guss pour l’arrêter. Vrai que ça t’aurait crevé la voix déjà bien abimée par le manque d’eau, mais quand même… Par rapport aux futures conséquences que ta sale réaction de têtu, se péter la voix révèlerai du miracle. Mais non, toi tu n’en fais qu’à ta tête et tu cours pour tenter de le rattraper. Cette bêtise là, de courir après la mouette, tu la payeras comptant ; avec la TVA à 99% et sans plus valu*. Mais ça, tu ne le sais pas encore. Alors tu fais marcher tes guibolles, traversant la plaine à toute vitesse pour ne pas perdre de vue le gosse entrant déjà dans le crâne. Tu sautes par dessus les carcasses, enjambes les traces de sang et les armes abandonnées, zigzague entre les mares de gerbes du géant. Puis tu arrives enfin à l'entrée.

Une petite bouche noirâtre sombre laissant à peine passer quelques rayons de soleil te permet de faire les premiers pas à l’intérieur du grand crâne. La mouette est entrée par cet accès. La mouette ne sortira pas sans toi. Il te faut absolument lui prendre cette satanée gourde d’eau.

"Ahah c’est vrai que tu as soif, tu serais prêt à tuer pour ne serait-ce qu’une goute d’eau. T’as l’air beau tiens, la langue pendante et la gueule abimée par la déshydratation. Oui c’est ça, recommence à courir, tu n’es pas encore assez épuisé. Mais ralentis un peu quand même c’est dangereux le coin où tu t’es embarqué. "

Non pas que tu aies envie que le gosse te sème encore plus, juste que tu préfères laisser le temps à tes globes de s'habituer à la noirceur du couloir.

De grands murs de terre t'entourent de tous parts, creusés à la pelle par des générations de chercheurs d'or venus mourir ici à la recherche d'un rêve inaccessible. Mais toi, de tout ça, tu ne prêtes aucune attention, trop focalisé sur ce foutu marine dont tu aperçois l'ombre au loin. Tu lui coures après jusqu'à ce que sa silhouette disparaisse à la croisée de trois tunnels.


"Tu vas faire quoi là ? La jouer à la pile ou face ? Tu n’as jamais été chanceux de toute façon. Suffirait que tu mires un peu tes pieds pour voir juste à côté les traces de son passage. Mais non, t’es un peu trop bête quand même. On mettra ça sous le coup du manque d’eau, on est sympa. "

« Foutu marine, où est ce que tu es partis ? Am Stram Gram Ce sera cette route là.*

Tes guibolles se remettent à cet exercice dont elles commencent à avoir l'habitude : la course inutile. Tu faufiles ton corps entre d’innombrables murs de terre jusqu'à te perdre en te demandant pourquoi tu as mis ta carcasse dans ce dédale. Le souffle court à cause de ta trop grande course, les lèvres asséchées par le manque d'humidité, les yeux abîmés par la présence de sable virevoltant, tu te retrouves encore dans une sacrée galère.

"Pourquoi tu cours encore ? Alors que tu l’as perdu depuis longtemps ? Tu le fais exprès c’est ça ? D’éteindre ta substance grise ? Fuis l’ami, il te reste encore une chance ! Non ? Tu préfères continuer à tracer ton chemin en comptant encore retrouver ce foutu gosse ? "

Tu continues à courir, encore et encore. Inlassablement. Tu ne comptes même plus les heures que tu passes ainsi. De temps à autre, tu crois apercevoir le gosse avant de t'apercevoir quelques mètres plus loin que ce n'était que ton imagination. Ton cerveau commence peu à peu à fondre sous la chaleur insupportable des tunnels sans que tu ne t'en aperçoives.



« Pfff. Crève de chaud là dedans, j'vais où maintenant ? Pfff c'foutue mouette, j'vais lui faire la peau si je le retrouve. J'en ai mare de courir, un raccourci, vite »

"Tu comptes faire quoi ? Défoncer le mur ? Tu crois vraiment que le gosse est derrière ? Ah oui, tu t’dis qu’il a pris le chemin de droite hein.Oui vas y, explose tes mains contre le mur, fatigue toi encore plus, tu ne l’es pas assez. Et surtout, ne fais pas gaffe à l’or enfouie que tu déterres, ce serait gâcher du temps."

BANG BANG BLING COUING.

« C'quoi ça ? Hmm c'jaune ? Pff, ça se mange ? Y'a de l'eau dedans? D'leau jaune? Solide? Pff si j'croque j'verrai bien.


Dernière édition par Sergueï Suyakilo le Ven 2 Mar 2012 - 16:30, édité 8 fois

    "Dans la série des stupidités en chaine, tu bats des records aujourd’hui. Tu crois vraiment trouver d’l’eau dans un caillou d’or ? T’as pas remarqué ce que c’était ? Ce genre de matière, ça te casse une dent en un rien de temps. Ne croque pas dans ce machin, tu vas le regretter. Non, ne fais pas ça !! Non !!! "

    « f'est quoi f't'histoire ?!! Ferdouille fa fait mal !!!.

    "Trop tard… Fais ta gueule de déçu ouai. Comme si ce n’était pas évident que tu allais morfler. Ça t’arrivera un jour d’avoir un minimum de classe ? Allez, laisse ton égo de côté et chiale ta douleur comme un gosse piquant une crise de nerf, ça ne nous fera pas verser de larme. "

    «J'voudrai bien t'voir manger un truc auffi dûr toi ! Pis c'qui qui parle ?"

    "C’est ta gueule l’ancêtre. T’es tellement crevé que tu te parles tout seul. Ne m’dis pas que tu ne t’en étais pas rendu compte ? Faut vraiment que tu te fasses soigner … Mais qu’est ce que tu fous ? Pourquoi tu frappes encore dans l’pauvre mur ? Tu passes tes nerfs c’est ça ? Tu te défoules ?"

    C'foutue foix ; elle m'bouffe la trogne ! C'foutue voix s'arrêtt'ra pas tant qu'j'aurai pas troufé quelqu'chose à boire. C'foutue fois ne s'arrêttera pas d'raconter c'que j'fais.... Ah ça y'est !! … Pff encore ces trucs jaunes !!

    "Je ne sais pas si t’as vu, mais à force de jouer au malin, tes mains sont vraiment dans un sale état. On croirait voir tes dents après un banquet. J’te jure que si un marine te trouvait là, il te foutrait une balle entre les deux en te confondant avec la puce du géant. Mais ne fais pas attention à ce que je dis surtout, continues à frapper le mur. Il l’a bien mérité.

    En parlant de mur et de trogne, T’es bien avancé maintenant. Les dents en avant et le cerveau en arrière, voilà comment tu as décidé de la jouer? Tes poings ne suffisaient pas à détruire le mur alors tu veux y aller avec le crâne et les quelques gencives qu’il te reste. Ce serait un film qu’on aurait censuré ce passage juste par respect envers le dernier repas des spectateurs. T’as vraiment décidé de la jouer fine... C'est moche, c'est sale et les gravas d'sable n'aident pas à rincer ton bec. Pis forcément tu continues à t’cogner les dents contre les cailloux qui trainent dans l’mur. C’t’une vrai mine d’or cet endroit. M’enfin ça t’en fait perdre quand même un paquet de dents… Déjà que tu n’étais pas le plus beau avant...Tu ne t’en rends peut être pas compte, mais là ton corps crie à la mort. C’qu’il veut, ce n’est pas que tu passes tes nerfs sur le mur comme un damné, c’est boire un coup.
    "

    Le trou maintenant creusé par tes membres est si imposant qu'en état normal, tu aurai déjà compris ton erreur. Alors que tu pensais devoir casser sur moins d'un mètre avant de tomber sur un autre couloir, l'enfoncement est maintenant de plusieurs dizaines de pieds et toujours aucune lueur n'est en vue. Tes doigts, tes lèvres, tes globes se frottent contre toute sorte d'objets d'or et diamant sans que tu n'y prêtes la moindre attention.

    Soudain, ton regard s’arrête sur une forme enfoncée dans la terre à tes pieds. Une forme un peu plus foncée que le sol que ton regard a pour une raison inconnue remarqué.


    Une gourde f'suis sûr que f'est une foutue fourde !! F'dois freuser !!!

    "Déjà que tu creusais pour trouver un couloir alors que ça faisait longtemps que t’aurai dû de te rendre compte de l’erreur… Maintenant tu prends c’t’objet pour un gourde ? T’es serieux ou tu le fais exprès ? Et puis qu’est ce qu’une gourde ferait là hein ? Tu me l’expliques ? Non bien sûr, tu délires bien de trop maintenant. Tellement que tu en deviens intraitable. Allez sors le ton machin, tu comprendras peut être que c’est loin d’être une gourde. "


    Une gourde enfin !!!

    "Non ne me dis pas que tu confonds toujours ce… Ce quoi d’ailleurs ? Mais regarde bon Dieu ! Tu vois bien ces motifs là ? Et la queue verte au bout ? Et la forme étrange ? Non ? Non… Allez croques, mais si tu crèves je t’aurai prévenu. Quoi depuis l’temps… Y’en a certain qui commencent à te croire increvable. Ca y’est, tu as fini de le manger. Vu ta trogne, ça n’avait pas l’air d’être super bon, m’enfin fallait s’y attendre. Pourquoi un truc comestible se trouverait ici hein ? Au moins, ça a l’air de t’avoir un peu reveillé. Devait y avoir un peu d’eau dans ce machin. C’est pas un raison pour hurler et recommencer à cogner le mur hein… Ah bah si. T’as vraiment décidé de t’épuiser contre c’foutu mur…"


    Tu t'écorches ainsi les mains jusqu'à ce qu'un infime trou de lumière apparaisse. Puis le trou s'agrandit encore et encore jusqu'à ce que tu puisses y passer la main, puis le bras, puis la trogne et c'est enfin tout ton corps qui sort de cet enfer. Rampant par terre, la langue pendante, les guibolles branlantes, tu mires ce si joli soleil te pourrir la trogne déjà assez chauffée. Ton calvaire pourrait être fini, tu pourrais te retrouver en face du Mojinzoo, mais non. Tu te retrouves tu ne sais où au milieu d'une plaine de sable où des grains de terre continuent de rafler ton visage, poussés par le vent. Au milieu de cette plaine, une petit puits se laisse vivre. Tes guibolles se laissent marcher toutes seules jusqu'à la divine construction dans laquelle tu plonges tes lèvres. Ça te fait un bien fou. Tu revivrai presque.

    Peu à peu, ton esprit récupère, tes neurones se reconnectent et tu te rends vite compte que pecquer de l'or, ça ne fait pas bien à la mâchoire. Ta trogne te fait un mal de chien, quant à tes doigts, ce serait presque pire. Mais le plus étrange dans l'histoire, c'est cette étrange sensation qui te parcourt le corps, comme si quelque chose avait changé. Alors que tu continues à boire tout ton saoul, tu observes tes bras trempés trembler de fatigue et d'épuisement. Tu t'dis alors que la meilleure chose à faire reste de tenter de retrouver le bateau. Cette île n'est pas si grande après tout.

    Le dernier problème que tu t'poses, c'est comment tu vas faire pour becqueter avec ce foutu Carnivore de Minos......


    _J'fais quand même pas defoir manger d'la fiande à la paille...