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[P]umped Up Kicks

Lilou B. Jacob
Lilou B. Jacob
Loutre Queen

♦ Localisation : Grand Line
♦ Équipage : Attrape-rêve

Feuille de personnage
Dorikis: 10099
Popularité: -855
Intégrité: -700

Sam 3 Mar 2012 - 15:59

Kage Berg.
Combien de jour pour y arriver ? C’était même plus la peine de compter : nous avions été véritablement mauvais pour débarquer ici, tant ça nous avait semblé un périple sans nom, sans instant de répit. Un Ersatz d’Enfer. Bee et moi y avions posé pied après plus de trois mois d’expédition, à zigzaguer d’un endroit à l’autre, à chercher des informations sur la direction à prendre pour rejoindre l’île en question, à se retrouver sur des terres vierges de toutes civilisations mais pas d’affreux animaux dangereux et affamés, d’autres pleines de malfrats en tout genre qui avaient songé, en me voyant, à me revendre au plus offrant.
Bon dieu, ce que j’en avais bavé.
La vraie question était de savoir à quel moment est-ce que j’avais le plus risqué ma peau. Unanimement, moi, moi et moi-même étions d’accord pour affirmer que c’était après la rencontre avec une tribu d’indigène qui avait tenté de faire cuir Bee à la broche et me dévorer cru. Fort heureusement, ils n’avaient réussi ni l’un ni l’autre grâce à une ruse de la part de mon coéquipier, nous permettant de nous sauver de l'endroit, et en vitesse.
J’avais frôlé la mort à maintes reprises, mais le plaisir d’être enfin arrivé était plus fort que les mauvais souvenirs de ce parcours.

Alors voilà.
Ça faisait trois mois que j’avais quitté les jupons de Papi Harry.
Parfois en me disant que j’avais eu raison. Souvent à regret. La vie n’avait rien à voir avec ce que je m’étais imaginée. L’aventure n’était pas une partie de plaisir, pas tout le temps. Je n’étais tombée que sur des rustres, des crétins, des arrogants, des menteurs, des voleurs, des abrutis, des ratés, j’en passe et des meilleurs. A croire que j’avais un don pour choisir mes relations et que dans ce vaste monde, je n’attirais que ceux qui me cherchaient des noises.
La poisse.
Voilà pourquoi j’avais eu envie de revenir sur mes pas, de rentrer au pays et de ne plus jamais en partir, de ne plus tenter l’expérience. Puis, l’image de moi, mère au foyer, femme de Jerronimo, suffisait à me faire immédiatement changer d’avis et me pousser à continuer pour ne pas me réduire à cette fichue bonne fille. Ça, c’était l’enfer et la facilité. Ce que je vivais actuellement était autre chose, d’autrement plus énorme. Alors pas question de rentrer, pas question d’abandonner. J’avais réussi la plus terrible des épreuves : m’orienter dans les mers du monde, et arriver quelque part, à bon port. Si ça, ce n’était pas merveilleux ! Certes, j’avais mis trois mois, mais lorsqu’on savait que j’étais capable de me perdre dans quatre mètres carrés, on me félicitait.

Voilà l’histoire. Voilà, tout.
J’avais dix-huit ans, un compagnon immense et jaune, un sens de l’orientation déplorable, mais j’étais à Kage Berg. Donc, j’avais réussi.

Je me tournai et regardai la barque qui venait se fondre sur le rivage. Celle-ci était pas mal endommagée, elle avait bien vécu. De quoi prendre un repos mérité dans un coin aussi paisible.
Devant nous, la mer. Derrière nous, une clairière et quelques habitations qui montraient le sommet de leurs toits.
Pas de doute, c’était le bon port. Je fis un clin d’œil à Bee et lui demandai d’une voix ferme de me suivre jusqu’au village le plus proche. Il n’était qu’à deux kilomètres à pied, vraisemblablement. Avec un peu de chance nous y serions bientôt, pour peu que je ne tombe pas dans un trou, sur une vache ou que je ne perde pas dans le champ qui s’étendait sous mes yeux (ce qui pouvait sembler improbable mais tout à fait possible).

Lorsque nous arrivâmes dans la ville, l’agitation était palpable, à un tel point ou je faillis percuter à plusieurs reprises des gens qui courraient à gauche à droite.
Des moustiques, partout. Des moustiques bleus.
Mon éducation me poussait à me méfier de l’endroit, mais je revins très vite sur terre, en me disant que j’avais fait des progrès et que j’étais devenue, après toutes ses années en bonne compagnie, une personne respectable. Mais le trouble ambiant avait de quoi m’amener à me poser des questions. Autant de marin pour un concours ? Étrange. Autant de nervosité pour si peu ? Très étrange. J’avais des questions à poser, mais personne pour y répondre.

Un soupir. Prenant mon courage à deux mains, j’allai jusqu’à l’hôtel le plus proche. Le Village était minuscule, mais des gens y allaient et venaient. L’endroit était digne de ces petites villes de campagnes, reposante et agréable. Autre que tout ce que j’avais pu voir jusqu’ici. Pas énormément de mauvais bougres, quelques pochtrons (que tous les villages avaient) mais surtout des paysans et des gens souriants. Un régal.
Sur le porche de l’hôtel, je demandais à Bee de ne pas bouger, que j’allai réserver une chambre pour les trois nuits à venir. Pénétrant à l’intérieur, le gérant était près du comptoir et affichait une mine abattue. Son regard était vide, triste. Il renifla et se tourna vers l’horloge en coin.
Horloge qui ne marchait plus.
Puis, il releva le regard vers moi et afficha son plus beau sourire. Sa voix tonitruante perça le silence, voix qui pourtant était teinté d’une amertume saisissante :

« BIENVENUE MAD’MOISELLE ! UNE CHAMBRE VOUS F’REZ PLAISIR ?! »

Bon dieu, et quel coffre. Etait-il obligé de crier comme ça ? Je m’approchai et sortis ma bourse et les maigres économies qui me restaient.

« Oui, pour trois nuits. Serait-il possible d’être en bas ? Je suis avec un ami, mais ses quatre mètres l’empêchent de rentrer.
- Haha, pas de soucis ma p’tite dame !
- Dites, fis-je en me raclant timidement la gorge. Est-ce normal toute cette agitation ? »

L’homme se renfrogna immédiatement, perdant sa fausse mine réjouie. Il me fixa avec des yeux rougis par les larmes, avant de fondre en sanglot. J’ouvris des mirettes rondes, soudainement prise au dépourvu. Je ne m’attendais pas à un tel revirement de situation.
Entre deux sanglots, il lâcha :

« C’est pour protéger les filles du village snif… Depuis six mois, il y a des enlèvements. Snif… Deux filles disparaissent pendant chaque concours de la plus belle vache, snif…
- Oh.
- Le mois dernier, snif… C’était… C’était ma petite fille bouhouhou snif ! »

Le gros bonhomme s’effondra sur son comptoir. Sa femme surgit du couloir et se pencha vers lui avec une mine aussi attristée que celle de son mari, tapotant sur son épaule.

« Oh voyons, mon amour…
- Mon petit bébé ! Snif !
- Veillez nous excuser mademoiselle, je vais vous conduire à votre chambre. Si vous voulez bien me suivre. »

Elle attrapa les clefs et m’intima de l’accompagner. L’homme resta effondrer sur son bureau, sanglotant toujours. La femme tourna dans un couloir et m’ouvrit la porte en me tendant les clefs. Je lui fis un sourire timide et pénétrai dans les lieux. Elle m’arrêta en m’attrapant le coude :

« Soyez prudente mademoiselle. Cet homme qui enlève nos enfants est un monstre. Si mon mari est aussi triste, c’est parce que les autres jeunes filles ont été retrouvé morte… Nous… Nous craignions pour notre bébé, vous comprenez ? »

J’hochai la tête rapidement, regardant la femme me quitter après m’avoir souhaité une bonne journée. Je me précipitai vers la fenêtre et l’ouvris en grand, appelant Bee. Le robot ne tarda pas à se baisser vers moi et à regarder à l’intérieur. La chambre était plutôt étroite, vieillotte, mais confortable.

« Je sais pas trop ce qui se trame dans le coin, mais ça serait chouette de trouver Jamie Will. Très rapidement. »

Il haussa les épaules et approuva d’un caquètement puissant.


Dernière édition par Lilou B. Jacob le Dim 4 Mar 2012 - 0:27, édité 1 fois
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Sam 3 Mar 2012 - 16:01

Bon dieu, mais qu’est-ce qui se passait ici ?
Les gens étaient bizarres, regardaient les jeunes filles fixement, comme pour ne jamais les voir disparaitre. Chacun veillait, surtout ne pas cligner des yeux, surtout ne pas les quitter des yeux.
Moi-même, je me sentais observée. C’était un sentiment étrange que de constater ces regards sur soi, qui miraient, inlassablement sans jamais lâcher. Etrange mais surtout dérangeant. J’avais l’impression que cette folie était contagieuse, qu’elle avait gangréné tous les habitants de l’île. La psychose avait presque atteint un point de non-retour. Et je n’avais aucune envie d’être là, encore moins mitraillé par des ahuris terrorisés qui disaient veiller à ma survie.
Ok, je pouvais comprendre l’inquiétude des habitants, et elle était légitime. Mais n’y avait-il pas assez de Marines qui parcouraient les rues et qui veillaient à la sécurité de tous ?

Bee à mes côtés, lui, regardait le concours avec un avis très pointu sur les vaches en compétition. Qui tombait juste sur le classement, remarquai-je avec un sourire lorsqu’il me communiquait ses pronostics en les mimant.
Moi, mon souci était tout autre que des jeunes filles kidnappées (même si cela pouvait paraitre affreusement choquant de ma part, je ne me sentais absolument pas concerné par la psychose actuelle. Je n’en avais rien à faire, même si je compatissais à la douleur de mon hôte en lui espérant une fin heureuse) ou un concours de Vaches. Moi, je voulais trouver le Jamie de mes souvenirs, celui dont on m’avait parlé plusieurs fois.
Et il était où, ce con-là ?
J’avais interrogé des personnes par dizaines pour savoir s’ils le connaissaient, s’ils l’avaient vu dans le coin. Beaucoup me disaient qu’il devait se trouver au concours, faisant l’éloge du personnage en signifiant qu’il était agréable, un très bon ingénieur par la même occasion.
Au moins, j’étais sûre de chercher la bonne personne. Surtout, que j’étais sur la bonne voie.

Mes pas me menèrent (après plusieurs détours dans des rues désertes et des champs peuplés seulement de vaches tachetées) au bar en centre-ville. Bondé pour l’heure, j’allai jusqu’au comptoir au fond du commerce et m’adressai directement au barman :

« Pourriez-vous me dire si Jamie Will est là ? »

L’homme, plutôt trapus avec le crâne rasé et une fine moustache, hocha la tête et pointa du doigt vers un autre à une table. Le Jamie en question était vieux, le crâne dégarni, mais un visage sympathique et souriant. Je remerciai le barman d'une petite voix et me dirigeai vers celui qu’on m’avait indiquée. Avançant vers la table, attrapant la chaise à ses côtés, je la tirai d’un mouvement sec et m’y asseyais en gardant mes yeux rivés sur le vieux à mes côtés.
Celui-ci leva ses yeux vers moi en fronçant les sourcils, ce qui eut pour conséquence de rider son grand front. Il me fit un sourire et m’interrogea du regard. Comment est-ce que je voulais l’aborder ? Aucune idée. J’étais intimidée, mais assez audacieuse pour tenter quelque chose. Le but ? Ne pas l’effrayer. Etre… Diplomate.

« Jamie Will ? Demandai-je timidement en essayant de me faire entendre malgré les bruits de la salle. »

Il me fit « oui » de la tête, avec toujours ce même sourire. Comment me présenter à lui ?

« Vous connaissez Yumen, il me semble ?
- Yumen. Ahum. Pourquoi me parler de lui, ici ? »

Son teint avait blêmit. Il plissa les yeux et perdit rapidement son sourire.

« Je suis… Disons… sa fille ?
- Oh ? »

Son sourire revint.

« Il a parlé de vous, oui. A plusieurs reprises. J’ai appris que vous vous étiez enfuis de chez lui. Li… Lilou, c’est bien ça ? »

A moi de sourire, maintenant. L’homme me semblait sympathique. Et plus surprenant encore : Yumen avait gardé dans son esprit le nom que j’avais donné à Bee lors de notre première rencontre. Et de mon départ, d'ailleurs.

« Je n’ai appris votre nom que récemment. Lorsqu’il parlait de vous, il disait toujours « la gamine », ou « la petite », parfois « ma fille ». Il me semble que vous êtes fâché. Que me vaut votre… visite ?
- La situation est compliquée, mais disons que nous sommes en froid. Et que je suis là pour apprendre. »

Clair, direct, franc. Il fronça à nouveau un sourcil et son sourire s’étendit, dévoilant des dents blanches et parfaitement alignées.

« Apprendre ? répéta-t-il curieux.
- Vous êtes ingénieur. Il parait que vous êtes même excellent. Je voudrais apprendre auprès de vous. »

Il rit, reprenant à la suite :

« Quelle délicieuse enfant ! Je ne suis pas un excellent professeur mais… pourquoi pas. Viens chez moi à dix heures demain matin. Tu me permets de te tutoyer ? »

J’hochai la tête avec une risette de plus en plus grande. Le courant passait bien entre nous. Etrange, parce que le portrait que m’avait peint Yumen du personnage était tout à fait différent de ce que je voyais en face.




Le soleil était tombé derrière les clairières.
La nouvelle aussi était tombée. Le corps d’une autre des jeunes disparues avait été découvert, gisant près d’une des clairières. La psychose était montée d’un cran encore et les autorités avaient du mal à contenir la terreur locale. Je me sentais moi-même conquise par l’inquiétude.
Je poussai un soupir et regagnai mes quartiers, passant par l’entrée de l’hôtel. Le gérant était toujours là, fixant son horloge. Je m’approchai, me demandant ce que pouvait bien avoir cette fameuse horloge pour qu’il la fixe ainsi.
Il leva un regard penaud vers moi puis me dit d’une voix douce :

« L’aiguille n’avance plus. Le mécanisme est cassé. Il affiche l’heure et la date de la disparition de ma petite fille. »

Dur.
Dur coup du destin.

« C’est… c’est elle qu’ils ont retrouvé aujourd’hui ? Demandai-je, hésitante.
- Non, dit-il avec un petit sourire et la larme à l’oeil. »

Comme si c’était une compensation, maigre, dans son malheur.

« Voulez-vous que je vous la répare ? »

Il leva le regard vers moi. Puis hocha la tête.
Oui.
Il le voulait.

Avec l’espoir, maigre comme la compensation, de revoir son enfant dans les jours à venir.
Vivante.


Dernière édition par Lilou B. Jacob le Dim 4 Mar 2012 - 0:34, édité 1 fois
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Sam 3 Mar 2012 - 16:40

« J’suis rentré !
- Yumen ! »

Elle se précipita vers lui et l’accueillit d’une pirouette digne des rois. Celui-ci lui tapota le sommet du crâne et la pria de bouger d’où elle était. Il fixa sa petite tête rousse, ses cheveux qu’elle avait coupé récemment pour ne pas qu’ils ne la gênent. Ils étaient de plus en plus courts à chaque fois, lui donnant un air de garçon manqué. Ses vêtements étaient toujours trop grands : elle portait une de ses chemises, ainsi qu’un short qui lui tombait en dessous des genoux et était serrer par une ceinture de fortune.
Elle lui faisait pitié. Mais il l’aimait bien.
Il éclata de rire en tombant dans son canapé miteux. D’un rire gras et tonitruant. Un rire fort. Un rire qui le proclamait roi des lieux, brigands des bas étages, mais rois des brigands dans cette maison. Elle et sa tête rousse lui amenèrent une bière. Il ne la remercia pas.

« Comment s’est passé votre voyage ? Questionna-t-elle timidement mais avec beaucoup d’intérêt. »

Il plissa le nez. Avait-il envie de parler ? Inconsciemment, une pointe de colère perça dans son regard.

« Mal. »

Drôle de conclusion. Elle ne chercha pas plus loin, ne voulant pas se recevoir une mornifle.

« Mais j’ai l’pièces qu’il t’faut pour l’robot. »

Elle lui fit un sourire et attendit qu’il les lui donne en tendant les mains pleines de cambouis et de griffures. Docile petite, pensa-t-il.

« Tu travaill’ras demain. »

Elle ouvrit des yeux ronds. Première fois qu’il lui accordait une pause.

« Jamie est vr’ment un fils de chien, lâcha-t-il froidement, comme pour vider son sac.
- Vous ne l’aimez pas ?
- Nt. Il est sale. Y’a q’que chose qui tourne pas rond chez lui. Ça m’fait chier de d’voir m’adresser à lui pour avoir c’que je veux. Mais quand y’a pas l’choix.
- Sale ? »

Elle regarda ses mains pleines de cambouis, se demandant si elle était aussi sale que ce Jamie.

« Nan, pas comme toi p’tite. Laisse tomber. Il veut toujours qu’j’parle de toi. J’sais pas c’qu’il te veut. J’crois qu’avoir une esclave dans ton genre, ça l’intéresserait. Il se rencarde quoi.
- Ah oui ? Je pourrais peut être le ren…
- Ni pense même pas, trancha-t-il froidement avec un regard assassin. Et ne cherche même pas à l’voir, tu piges ? C’est un malade et il te découpera en p’tit morceau avant qu’t’es eu le temps de dire ‘ouf’ ! Il est encore plus dingue qu’moi, ok ?! Alors reste loin d’lui. J’irai à la rencontre de ces gars. Toi, tu restes là et puis c’tout. »





Je poussai un long soupir, regardant l’aiguille de l’horloge parcourir le cadrant. Elle était en état de marche. Pourvu que ça rassure le gérant, songeai-je en remballant mes outils.
Je n’avais pas dormi de la nuit, j’étais épuisée. Mais l’heure de rejoindre mon prof était bientôt venue. Mettant mon sac sur mon dos et réveillant Bee qui lui, avait très bien dormi, nous nous mîmes en route jusqu’à la maison de Jamie.
Cette dernière était, selon ses mots, éloignée du village, près de la plage.
Il me fallut une bonne heure avant de la trouver. La faim me tenant le ventre, la fatigue fermant mes yeux, je me sentais assez bien pourtant pour apprendre, même si j’allai avoir du mal.
Je tapai timidement à la porte, il ouvrit immédiatement, comme surexcité. Il avait enfilé une tenue pour ne pas salir ses vêtements : une salopette. Je pénétrai dans son logis, détaillant l’endroit : c’était coquet, bien entretenu. Loin de l’image que j’avais de lui, très loin. L’homme était bien portant, propre sur lui, agréable, limite maniaque. Lui faisant un sourire, il m’invita à aller jusqu’à son garage.
Puis il vit Bee à l’entrée de la porte et ses yeux se mirent à pétiller.

« Tu l’as construit ? Alors, c’est lui le fameux robot !
- Euh… Beh oui. »

Il en fit le tour et le détailla sous tous les angles.

« Laisse-moi ouvrir le garage. »

Il fonça jusqu’à une porte qui donnait sur la pièce en question. Il y eu un bruit de ferrailles et il revint en nous priant de passer par l’extérieur pour rejoindre le garage. L’endroit était spacieux, plein d’outils en tout genre, de colonnes organisées.

« Que veux-tu apprendre, Lilou ? »

Sa voix était chaude et mielleuse. Il m’invita à m’assoir à une table sur tréteaux.

« J’avais dans l’idée de faire un autre robot, dis-je doucement. Mais il faudrait probablement refaire des plans, plus le perfectionner. Mon but est… Disons de m’imprégner des autres ingénieurs que je croiserais pour améliorer Bee et en créer un autre comme lui. »

Un éclat perça son regard, un éclat que je n’aurais su dire bon ou mauvais.

« Très bien, ne bouge pas. »

Il partit au fond du garage et revint avec des feuilles immenses.

« Il nous faut des plans, avant d’entamer la construction, n’est-ce pas ? Je ne crois pas avoir grand-chose à t’apprendre, Lilou. Tu as construit ce chef-d’œuvre, tu as eu Yumen comme prof pendant tout ce temps. J’ai moi-même beaucoup appris de lui. Je peux juste… t’aider dans ta tâche. »

Il me fit un sourire et me tendit un crayon et une règle.

« Que dirais-tu de faire ces plans, pendant que je m’occupe de Bee ? »

Je le fixais. Oui, c’était une bonne idée. Hochant la tête, il amena mon ami plus loin et je me mis au travail.




« Dis-moi Lilou, pourquoi être venu me voir moi ? »

Je levai les yeux de mon plan. Il était tard, mais j’avais bien progressé. L’homme à côté se frottait les mains dans une serviette, me regardant avec un air doux et avenant. Bee était dans le fond de la salle, je ne le voyais pas d’où j’étais, mais il ne faisait pas de bruit. Donc tout avait l’air d’aller.

« Yumen parlait beaucoup de vous. Je voulais vous connaitre. »

Il s’installa à côté de moi, les mains toujours dans sa serviette.

« Pourquoi ?
- Parce que… Yumen disait que vous étiez doué.
- Ah ? Intéressant. Il sait que tu es là ? »

Je plissai les yeux, me détournant complètement de ce que j’étais en train de faire. Ou est-ce qu’il voulait en venir avec ses bêtises ?

« Bien sûr que non, vous savez qu’on est en froid lui et moi.
- Tu ne voudrais pas le revoir ?
- Que.. Quoi ? »

Il avait un drôle de sourire, mais toujours un air tendre.

« Bien sûr que non ! Yumen est tout sauf fréquentable pour une enfant…
- Il t’a fait du mal ? »

Son sourire s’étendait pendant que mon trouble s’approfondissait. Qu’est-ce qu’il voulait ? Ou voulait-il en venir ? Je ne comprenais pas ses questions. Certainement parce qu’elles faisaient mal. Me raclant la gorge, je serrais fort mon crayon dans ma main :

« Ça ne vous regarde pas, désolée.
- Je voudrais savoir. Est-ce qu’il te frappait ? Souvent ? Pourquoi ? Jusqu’à quel point il a pu te briser ? »

Ok.
Là, ça n’allait plus.
La nuit était tombée dehors probablement. Je tournais le regard pour remarquer qu’il avait fermé le garage. Je ne voyais rien de l’extérieur et je n’avais pas remarqué son manège. Il posa l’une de ses mains sur la mienne, pendant qu’une inquiétude soudaine me saisit. Bordel. Bordel de merde.

« Dis-moi tout, Lilou. »

Lorsque je tournais les yeux vers lui, enlevant ma main précipitamment de sous la sienne, il sauta sur moi. Je voulus crier, mais il appuya sur mes lèvres pour éviter qu’on ne m’entende.
Bee ne réagissait pas. Je tombai à terre et tentai de me débattre, mais sa poigne était forte. Et puis, il planta une aiguille dans mon cou.
Je m’accrochai, je luttai.
Et puis mes forces me quittèrent.
Mes muscles arrêtèrent de lutter avec moi.
Mes yeux se fermèrent, ma voix s’étrangla dans ma gorge.
Et je sombrai.


Dernière édition par Lilou B. Jacob le Dim 4 Mar 2012 - 0:41, édité 1 fois
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Sam 3 Mar 2012 - 17:57

Ah putain.
Ah putain ma tête.
Ça tournait, ça faisait mal. Très mal. J’avais la nausée et beaucoup de peine à revenir sur terre. Je planai complètement. J’avais l’impression d’avoir la bile au bord des lèvres, et à chaque fois que je tentai d’ouvrir les yeux, ils se refermaient automatiquement, comme trop lourds. Mon estomac dansait le tango avec mes intestins, mon cœur battait le rythme pendant que mon cerveau envoyait tout plein de signaux à mes nerfs, histoire de mettre l’ambiance qui allait avec. C’était comme si un douze tonne venait de me rouler dessus. Genre, pire que ça même. Ma respiration était lente, trop lente. Tellement que j’avais du mal à immerger. Impossible de savoir ce que ce couillon m’avait injecté. Ça picotait autour de là où il avait fait la piqure. Et qu’est-ce que j’avais mal aux bras, aux épaules et aux poignets. Non, la position n’était absolument pas confortable. D’ailleurs, ou est-ce que j’étais ?
Enième tentative pour ouvrir les mirettes. Tentative réussi. La salle était blanche, immaculée. Parfaitement nettoyée. Du carrelage dans tous les coins. Devant moi, une table. Derrière moi ? Attendez que je regarde. Beh, je n’arrivais pas à me retourner pour voir. Levant la tête (qui me semblait affreusement lourde) je remarquai que mes bras étaient tendus au-dessus de moi, tenus et accrochés à un pic qui sortait du plafond. Des… des menottes aux poignets.
Bordel.
Ah bordel !
Dans quoi est-ce que je m’étais fourrée encore ? J’avais le gout du sang dans la bouche. Ma lèvre était fendue. Un dommage de la lutte de tantôt. Et puis, à côté de moi, on gémissait. Un glapissement, un truc que les petites bêtes faisaient lorsqu’elles se sentaient en danger. Quelque chose qui implorait la pitié. Je regardai, pour voir à quoi j’avais à faire.

Elle. Là, à côté. Juste, là. Une jeune fille aux longs cheveux noirs, fine, belle comme un cœur. Et mon intuition me poussait à croire qu’elle était la fille du gérant de l’hôtel ou je logeai.
Ah, c’était bien ma veine, ça. Au moins, la donzelle était en vie, sauve. Plus très seine, surtout en songeant à ce que l’autre pervers avait dut lui faire pendant son mois de captivité. Elle posa les yeux sur moi, elle ne pouvait pas parler. Mais son regard en disait assez long sur sa fatigue, son désespoir. Son espoir aussi en me voyant. Une pointe de résignation. Nous n’étions que des têtes sur un tableau de chasse.
Elle se mit à pleurer, pendant que moi, je tentais vaguement de reprendre conscience. J’avais énormément du mal à rester éveillé. Je tirai un coup sec sur mes menottes. L’acier se frotta à ma peau. Ça faisait mal. Mais jetant un regard de nouveau vers mes liens, je remarquai que l’une de mes mains avait largement la place de glisser.
Quelle andouille.

« Tu es réveillée, Lilou ? »

Sa voix de connard. Je pris une grande inspiration et posai mes yeux sur lui.

« Tu as peur ? »

J’avais surtout envie de te botter ton gros cul. La colère me tenait. Il oubliait à qui il avait à faire.

« Tu m’imploreras, ne t’inquiète pas. »

Rêve, du con. Tu pouvais te gratter, te brosser les miches comme il le fallait, parce qu’il n’était pas question que je plis face à toi. Ouais, il avait vraiment oublié. Complètement omis que j’avais été élevé par un gars certainement plus violent et colérique que lui. Un homme dont il avait peur. Je serrais les dents et remarquai enfin le bâillon qu’il m’avait posée. J’eus un rictus de mépris, fronçant le nez. J’avais pris cette habitude à force de fréquenter Yumen. Trois ans en sa compagnie, ça laissait des marques. Je fronçais le nez à chaque fois que je sentais une vague de haine monter en moi. J’allai lui faire avaler ses yeux et son putain de sourire…
Il se tourna violemment vers nous, une pince dans la main, un sourire sur le visage. Ses yeux montraient son excitation, ils brillaient d’une lueur malsaine qui me laissa pourtant indifférente. J’avais peur, oui. Je ne pouvais pas le nier. J’étais terrifiée. Mais ma colère était beaucoup plus forte que ma peur, et elle s’écoulait en moi, imprégnant mon sang. Ma respiration était lente et contrôlée. C’était bien la première fois que j’avais autant envie de tuer quelqu’un.

« C’est de loin le plus beau cadeau qu’ait pu me faire Yumen. Je pensais qu’il me haïssait. Il ne voulait pas que je te rencontre Lilou, il disait que si je t’approchai, il me tuerait. Mais tu es venue à moi, comme une grande et tu m’as demandé de l’aide. Tu es si… si touchante, Lilou. Je t’aime énormément. »

Pas moi. Enfoiré. Fils de… Se calmer. Rester calme. Oui, rester calme.

« J’ai fantasmé sur toi des dizaines et des dizaines de fois, je ne pensais pas un jour te rencontrer. Quand Yumen m’a dit que tu t’étais enfuie, j’étais aussi triste que lui, voire plus. Pas pour les mêmes raisons. Et puis, pouf. Un jour, tu apparais devant moi et tu me parles. Et tu es si belle. Il ne m’avait pas dit que tu étais aussi mignonne. »

Il s’approcha et caressa ma joue, avant de se pencher pour déposer un baiser sur mes lèvres. Je détournai le regard, évitant ce dernier contact. Mes yeux le foudroyèrent. Comme je refusai, il agita sa pince sous mon nez et l’approcha d’un de mes doigts avant d’en saisir une phalange. Je le regardai, soutenant les yeux péniblement. Je savais ce qu’il allait faire, et je savais que je pouvais endurer. Et puis, il appuya, très fort, le métal perfora ma peau et brisa l’une de mes phalanges d’un bruit sec. J’arrêtai de respirer, vidant mes poumons de l’air qu’ils contenaient pour ne pas crier. Mais putain, ça faisait mal… J’avais envie de vomir, putain de putain de putain ! Ce fut la jeune fille à côté qui hurla, le suppliant d’arrêter.

« TA GUEULE TOI !... »

Elle se stoppa net. Fermant les yeux, elle était complètement apeurée.

« Par contre, il m’a prévenu que tu étais du genre fragile. Hihihi. Je t’avoue que je ne savais pas comment est-ce que je pourrais t’attraper Lilou. Mais tu m’as rendu la tâche facile. J’ai anesthésié ton canard de compagnie et puis, je t’ai eu toi. J’ai découvert que c’est beaucoup plus amusant lorsqu’elles se débattent, grâce à toi. Notre petite lutte de tout à l’heure était… grisante. On recommencera. Dans cinq minutes. Oui, toi et moi, encore une fois. Mais avant ça… »

Il se retourna et parti vers la table, attrapant un petit objet que j’avais du mal à discerner. Il s’approcha à nouveau et me présenta un petit escargophone. Il composa un numéro et une voix perça le silence pesant au bout de quelques secondes.

« Ouais ?
- Yumen. »

Putain. Cette voix. Putain, putain. Je voyais rouge. Il allait me le payer. Il attrapa le bâillon et le fit glisser sur mon menton. Puis il pressa mes joues et susurra :

« Parle lui, Lilou. »

Ma respiration était beaucoup plus saccadée, tant ma colère prenait le pas sur mon calme. Une seule envie : le planter.

« Jamie ? Jamie, c’toi ? J’aime toujours pas tes sales blagues ni ta sale gueule. T’as intérêt à m’déranger pour une très bonne raison. T’parle à qui, pauvre tache ?!
- Du calme Yumen, j’ai une amie à toi avec moi. Une très bonne amie.
- … De qui tu parles, connard ? »

Un silence.

« DE QUI TU PARLES ?!
- Hihihi. Ta fille ?
- J’VAIS TE PLANTER, SALE CON ! »

J’hurlai. Je perdai de plus en plus patience. Et la réaction, la voix de Yumen, ne se fit pas attendre. Il m’avait reconnu, et très bien. En beauté. Putain.

« LILOU ? GAMINE ?!
- NAN C’EST PAS MOI, CASSE TOI ! »

Crédible Lilou. Merci pour l’intervention.

« J’arrive. Tututut. »

De nouveau, le rire du pervers.

« Voilà. Des retrouvailles. Il sera là dans quelques heures. Je te tuerais sous ses yeux. Puis après, je le tuerais. Mais avant, j’entends bien profiter de toi. »

Il se retourna. Riant toujours aux éclats. Je luttai, doucement, faisant glisser mon poignet, faisant passer ma main le long de l'acier. Puis, je me libérai. Mon poignet hors de sa tenaille. L'autre aussi, mais toujours menotté. Touchant le sol doucement, un sourire sadique perça mon visage :

« Eh, connard. »

Il se retourna mais n’eut pas le temps de réaliser : Je lui assenai un violent coup entre les jambes, puis attrapai son col avant qu’il ne tombe par terre pour lui collai mon poing dans les dents. J’avais tapé fort, avec ma main au doigt brisé. Si fort qu’une de ses dents de devant se brisa. Il tomba à terre et cracha du sang sur son carrelage parfaitement blanc. Je me précipitai sur lui et arrachai son trousseau de clef qui pendait à sa ceinture. J’enfonçai l’une des clefs dans les menottes de l’autre fille et la libérai. Elle me regarda, m’implora, se demandant quoi faire. Elle s’effondra en larme, toujours effrayée. J’attrapai son visage à deux mains et la fixai, captivant son attention de cette manière :

« Ce n’est pas le moment de plier, ma jolie ! Maintenant, tu sors d’ici et tu cours aussi vite et aussi loin que tu peux. Tu appelles les villageois, tu les réveilles et tu leurs dis ou on est. Je vais le retarder. Il ne te fera plus rien. »

J’avais un sourire qui se voulait rassurant.

« Qu’est… Qu’est-ce que tu vas lui faire ?
- T’inquiète pas pour ça, coupai-je en lui fourrant le trousseau de clef dans la main. Maintenant, tire-toi de là. »

Elle s’exécuta, démarrant en trombe pour quitter la pièce. Elle prit l’escalier en colimaçon qui menait vers l’extérieur. Elle sortit, me laissant en tête à tête avec l’autre ahuri. Ce que j’allai lui faire ? C’était une toute autre histoire. Mais il allait douiller. Et sévèrement.
Je m’approchai de lui et lui collai une autre droite, histoire de l’assommer. Serrant le poing, j’allai ensuite vers la table ou je me saisis d’une corde. Je revins et lui ligotai les poignets fermement, derrière son dos. Puis, j’attrapai la pince qu’il avait toujours dans les mains. Je le mis sur le ventre et m’installai sur lui avec une mine réjouie. Lui, l’était beaucoup moins.

« Tu sais mon gros, je n’ai pas l’habitude de faire ça. Et je n’aime pas vraiment.
- Pitié, me fais pas de mal... ! »

Il glapit, soudainement conscient de sa bêtise.

« Mais tu m’as cherchée. Faut le dire, tu m’as poussée à bout.
- Pitié ! Pitié ! »

J’attrapai sa main et son doigt, le même qu’il m’avait brisé, le mis entre les pinces de son outil. Œil pour œil, dent pour dent. Avec les intérêts en prime. Une pression sèche, son os craqua. C’était plus dur à briser qu’un des miens, c’est sûr. Mais ça faisait drôlement plus mal pour quelqu’un qui n’en avait pas l’habitude. Il hurla.

« Allez mon gros. J’ai une heure et demie devant moi pour te faire absolument tout ce que je veux. Crois-moi que j’aimerais pas être à ta plac- Ouh ! »

J’avais sous-estimé son instinct de survie. Le gros se releva précipitamment et me fit tomber en arrière. J’heurtai le sol brutalement. Il prit le pas vers la porte, montant les escaliers et poussa la trappe qui menait à l’extérieur. Mais il se stoppa net et revint sur ses pas. Si rapide ? Je ne pensais pas la gamine aussi vive…
A moins que…

« Bee ? »

Un bruit me fit douter. Le coup violent qu’il lui assena dans la tête me confirma l'identité du gus en haut. Et celui-ci me jeta un regard : il était trop grand pour rentrer dans la pièce.

« Laisse-moi avec lui, surveille l’entrée. Dans une heure, on décampe. »

Il haussa les épaules et s’exécuta.


Dernière édition par Lilou B. Jacob le Dim 4 Mar 2012 - 0:53, édité 1 fois
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Sam 3 Mar 2012 - 18:42


Il avança péniblement, les mains toujours ligotées dans son dos, l’air penaud. Il savait qu’il n’allait pas s’en tirer aussi facilement, en tout cas, pas après tout ce qu’il avait fait. J’allai vers la table et me saisit d’un couteau aiguisé. Il m’implora du regard, me demanda de prendre pitié de lui, qu’il arrêterait de faire du mal…

« Ce que j’admire, avec les gens comme toi, Jamie, c’est leur lâcheté. »

Ses yeux étaient vides. Il avait peur. Il avait peur d’une des proies qu’il traquait.

« Ça fait quoi ? »

Il m’interrogea du regard, certifiant qu’il ne comprenait pas.

« Ça fait quoi d’être la victime ?
- Je… Je suis désolé ! Ne me fais pas de mal ! »

J’attrapai un couteau sur la table et m’approchai de lui. Et il ne lui en fallut pas plus pour s’évanouir devant moi.

« Bon dieu, quel courage. »

Je l’attrapai par les cheveux et le trainai jusqu’à un pan de mur ou un crochet était placé, puis le ligotai à celui-ci. Il se réveilla quelques minutes après, en hurlant, en suppliant toujours. Je fis la sourde oreille et le fixai toujours avec la lame du couteau entre les mains.

« T’aurais dut comprendre plus tôt, soufflai-je. Le pire, c’est que j’aurais pu ne jamais remarquer ni interrompre tes conneries si tu t’en étais pas pris à moi. T’es trop con. T’as pensé que c’était malin de m’attaquer ? Tu pensais satisfaire quoi ?
- Je… Je plaisantais, je ne voulais pas…
- La ferme ! »

Je lui collai une baffe. Une simple claque. Il me fit des yeux ronds, se sentant doublement humilié.

« Je veux faire un bel accueil à Yumen. Je pense qu’il sera là avant les villageois. Le temps que la donzelle arrive à articuler quelque chose, qu’ils viennent ici… Tu seras sûrement déjà mort. Yumen n’avait pas l’air de bonne humeur. »

Je marquai une pause, un petit sourire aux lèvres.

« Il le sera encore moins, en voyant que j’aurais disparu. »

Il renifla bruyamment. J’approchai mon couteau de la bretelle de sa salopette et la coupai. Fit de même pour l’autre. Et puis, je me débattis avec lui pour lui enlever son vêtement. Il se retrouva en caleçon et en T-shirt devant mes yeux, pris soudain d’une pudeur qu’il ne se connaissait pas lui-même. Approchant toujours le couteau, il ferma les yeux en pensant que j’allai le blesser. Mais je le fis glisser sous son haut et le déchirai.

« J’ai dit, un bel accueil. Oh, et je vais m’arranger pour que tu ne parles pas, histoire qu’il n’ait pas une once de pitié. »

Je me relevai et allai jusqu’à la table. Là, je me saisis d’une clef à molette et la regardai. Ce n’était d’habitude pas l’outil pour ça, mais tant pis. Je revins vers lui et me penchai, tenant toujours fermement l’instrument dans mes mains.

« Quelque chose à dire avant de… ne plus pouvoir rien dire du tout ? »

Son regard afficha une terreur assumée et revendiquée.

« Je t’en prie ! Ne fais pas ça ! Tu… tu ne peux pas voyons ! Tu n’es pas comme ça ! Je… »

Le coup parti plus vite que prévu. Plus fort aussi. L’outil percuta sa mâchoire et la dévia complètement. Le sang commença à couler sur ses lèvres. Je pris son T-shirt et le posai contre sa bouche pour arrêter l’hémorragie. Ses yeux pleuraient, il reniflait, gémissait. J’avais du mal, moi-même, à faire ce que je faisais. Mais étrangement, je ne pouvais pas m’arrêter. Je laissais évacuer la colère que je gardais en moi.
J’étais un peu toutes ces filles qu’il avait persécutées et tuées, pendant des mois.
Devant mon geste, il eut une lueur d’espoir. Mais je le coupai tout de suite :

« Je t’ai dit. Je ne veux pas que tu meurs. Yumen devra te tuer lui-même. »

Je me relevai et épongeai mes mains dans le T-shirt de l’homme.

« Ça ira. »

J’allai jusqu’à la table et me saisis d’un Stylo, marquant un mot sur un papier qui trainait là. Je revins et le posai sur le torse du bonhomme. Il me regarda, regarda le mot et m’interrogea des yeux.

« T’occupe. Et bonne nuit. »

J’attrapai sa tête et l’envoyai violemment heurter le mur derrière. Il perdit connaissance.




Je sortis du garage, Bee sur mes talons. Nous ne devions pas rester là. Yumen n’allait pas tarder à débarquer. J’attrapai les plans que j’avais fait avant d’être assommée et m’en allai en compagnie du canard. Lorsque nous fûmes dehors, il prit sa forme animale et me mit sur son dos avant de s’envoler vers le village. En quelques minutes, nous nous retrouvâmes près de l’hôtel, en centre-ville.
Je fis quelques pas et passai la porte d’entrée de l’hôtel, ou la famille était réunie. La jeune fille, la mère, le père. Tous les trois dans l’entrée à pleurer et à se serrer dans les bras. Je me sentis gêné, de trop. Mais la jeune fille vint très vite vers moi et me prit dans ses bras, pleurant à chaudes larmes.

« Tu-Tu… Tu as sauvé notre fille ! fit l’homme en m’attrapant à son tour. »

La mère sanglota avec un sourire béat.
Ok.
J’étais vraiment de trop.

« Euh… Oui, ‘fin, c’est normal hein.
- Tu… tu as réussi à t’échapper ! fit la jeune fille en me regardant fixement, une joie vivante dans ses yeux.
- Euh oui. Mais il faut que je m’en aille maintenant.
- Pour… pourquoi ?!
- Il ne vaut mieux pas que tu le saches. Avez-vous prévenu le village ?
- Non pas encore, mais nous étions sur le point de…
- Alors c’est très bien. Ne le faites que dans une heure, environ. C’est important. Et il faut vraiment que je parte maintenant.
- Que s’est-il passé avec lui ? Demanda-t-elle à nouveau, me tenant par les bras.
- Je… »

Je ne savais pas quoi lui répondre. Je ne savais pas quoi lui dire. La vérité ?

« L’homme qu’il a appelé va venir, tu sais. J’ai juste fait en sorte… qu’il n’échappe pas à son sort. »

Ils me regardèrent. Fixement. Les parents ne comprenaient pas vraiment, me posèrent d’autres questions. Une chose était sûre, leur enfant savait exactement de quoi je parlais. Et c’était déjà suffisant. Elle était le témoin de mes méfaits. Elle déglutit péniblement et baissa les yeux, me laissant partir. Je fonçai vers la chambre et pris mes affaires avant de les lancer à Bee à travers la fenêtre.

« Tu reviendras ? »

Elle se tenait dans l’encadrement de la porte, un petit sourire aux lèvres. Ses bras nus étaient meurtris par les coups qu’elle avait enduré, je n’osais imaginer le reste de son corps. Je lui rendis son sourire, et soufflai d’une voix douce :

« Probablement. Il y a de chouettes concours dans le coin. Puis les vaches, c’est un peu ma passion. »

Elle rit et ferma la porte derrière moi, tandis que je passai par la fenêtre et bondis sur Bee. Celui-ci s’envola. Direction une autre île. Un autre endroit. Pourvu que ce soit loin d’ici.




Il passa les entrées, les portes, les allées. Il avança jusqu’à la trappe ouverte au fond du garage. Il avait fait tout ce chemin en un temps record, pour la voir. Elle. Lui. Ils étaient là, tous les deux. Mais l’endroit était étrangement silencieux. Il n’entendait que les battements de son gros cœur à ses tympans, que l’impatience qui s’écoulait dans ses veines.
Il se savait partager. Entre deux feux. L’un qui brulait de colère, pour ce Jamie. Qu’il voulait anéantir. L’autre, d’une paix retrouvée. Pour elle.
Rien que de penser qu’il avait pu la toucher le rendait dingue. Cette gosse. Comment était-elle, maintenant ? Douze ans avaient passé. Douze ans qu’il n’avait plus vu sa frimousse et ses cheveux roux. Avaient-ils poussé ? Les gardait-elle longs ? Il avait du mal à l’admettre, mais durant toute son existence, elle avait été un semblant de famille. Tout ce qu’il lui restait. Et qu’importait ce qu’elle avait pu faire, il en était immensément fier.
Son cœur se serra.

Il descendit les escaliers et arriva dans cette salle. Il n’y avait que lui. Jamie. Sur le sol. Nu. Il gémissait. Elle l’avait salement amoché. Un sourire perça le visage du nouveau. Il se pencha vers le corps de son collègue, attrapa le papier qu’il y avait sur son buste et le lu pour lui-même.

A une prochaine fois, peut-être.
Lilou.

Il sourit, sortit son revolver, le pointa sur la tête de Jamie et dit :

« Une prochaine fois, Jamie. Merci quand même. »

Et le coup parti.
Et puis rien.
Et puis, juste le silence et la nuit.
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