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Des batons dans les pattes.

    Quand on est chargé de faire régner l'ordre on fait des patrouilles. Et pour ça on a besoin de gardes. Y'a des bons gardes, et des mauvais gardes. Sur l'ile du capitaine John, un mauvais garde c'est un type qui rode pendant la journée pour surveiller les mineurs. Et s'il en voit un qui pique un caillou plutôt que le mettre dans la caisse, il lui refait la gueule. Alors qu'un bon garde lui, c'est plutôt un type qui rode pendant la journée pour surveiller les mineurs. Et lui, s'il en voit un qui pique un caillou plutôt que le mettre dans la caisse... Ben, forcément... Il lui refait la gueule. Mais c'est un bon garde...

    Depuis quelques jours qu'il était chargé de la sécurité sur l'ile, Serguei avait levé pas mal de gardes, des bons, mais surtout des mauvais. Et l'ennui avec les mauvais grades, c'est que toutes les patrouilles peuvent virer à l'embrouille.

    Et à peine partie celle d’aujourd’hui sent déjà le faisandé.

    Serguei est en train de régler un énième cas d'appropriation illégitime de bien communautaire quand il sent le cercle des mineurs qui l'entourent s'ouvrir derriére lui. Avec le genre de bruit de fond que fait une foule de types qui viennent soudain de se rappeler qu'ils seraient mieux ailleurs. Genre à un endroit ou ils ne risquent pas de se faire casser la gueule

    Le vieux se retourne tranquillement, déja certain de tomber sur un malabar quelconque venu protester contre le système économique de mise en commun équitable des gains de prospection. Et niveau malabar, pour une fois il n'est pas déçu.

    Des batons dans les pattes. 12030711

    En face de lui se dresse une véritable statue d’athlète, un type noir, énorme, balèze, au moins deux mètres quarante de muscles profilés soigneusement enduits d'huile. Un malabar muni d'un bâton qui le regarde de trés haut avec un air de suprême dédain inscrit sur la figure...

    Peut étre que ce n'est pas l'égalité des parts qui le préoccupe mais en tout cas le client a l'air sérieux. Et la façon dont les mineurs s'écartent craintivement hors de sa portée de bâton confirme que ce n'est pas un rigolo.

    -Je suis Mambata N'Koula Bassai. Le grand guerrier noir.

    Une longue seconde de flottement pendant que le type attend visiblement un signe de reconnaissance.

    -Tu ne sais pas te battre au bâton.

    Décidément le mec n'est pas évident à suivre, deux affirmations c'est n'est quand même pas le top pour lancer une conversation constructive... Ou est ce qu'il veut en venir ?
    Toi qui a toujours refusé d'avoir des gosses. Toi qui a toujours fui les responsabilités, zig-zagant entre tous les croche-pattes que t'a fait la vie pour te poser.

    Toi, le vieux Sergueï, âgé d'un tel nombre de printemps que tes gâteaux d'anniversaires devraient faire la taille d'un terrain de football pour y placer toutes les bougies.

    Toi, qui n'a jamais rien eu à foutre de la vie et qui envoyait ton poing valser dès qu'une chose t'ennuyait.

    Ahahah, tu te retrouves maintenant sous la responsabilité d'une centaine d'hommes. Le pire dans cette histoire, c'est la bouche béate et les yeux pétillants de ta gueule quand le Grand Minos t'a ordonné Chevalier. La vie ne t'a pas faite beaucoup de cadeau et tu lui en a bien rendu, à cette garce. Mais là, tu crois bien être heureux. Tu fais ton travail et tu le fais bien, parce que le tonton Barbie te l'a confié et que tu ne veux pas le décevoir. Peut être que ce n'est pas le bonheur, c'en est même encore loin, mais c'est quand même ce qui s'en rapproche le plus de toute ta vie. Tu ne t'es jamais sentis chez toi nul part et c'est bien ici, sur cette île entouré de ces centaines d'hommes que tu crois avoir trouvé ta place. Bien sûre que t'es loin d'sourire tout le temps, et t’arracher un haussement de lèvre continue à tenir du miracle, mais de toute façon t'es bien de trop concentré sur ton travail à faire pour penser à autre chose.

    Tu as beau avoir encore la tête abîmée par ton périple dans le crâne et la grande bataille, tu fais comme si de rien et chaque minute passée éveillé est une minute d'offerte à la révolution. Aujourd'hui, comme chacun des jours depuis ta montée en hiérarchie, tu fais le tour de l'île pour calmer des histoires de riches trop pauvres et d'égos trop grands. La plupart du temps, il te suffit d'un peu faire voler tes poings pour faire taire les gueules trop ouvertes, parfois ta seule présence suffit à calmer les plus peureux. Avoir étaler l'un des frères albinos, ça fait un joli mot dans le CV. Ces gars étaient d'une telle sauvagerie que t'auras beau faire toutes les crasses du monde, tu n'arriveras jamais à leur cheville pour ce qu'il s'agit de méchanceté. Du coup bon nombre de mineurs te respectent, parce que malgré que tu les emmerdes un peu, tu risques pas de les égorger histoire de t'occuper.

    Et ça, ça soulage le sommeil de tous les mineurs.

    Mais certains d'entre eux ne semblent pas se rendre compte du service qu'ils te doivent. Ceux là croient encore possible de garder toute l'or qu'ils trouvent pour eux. T'as beau tout faire pour qu'ils comprennent, ils n'y arrivent pas. Alors plutôt que de gâcher de la salive, tu préfères souvent la simplicité, frapper vite et frapper bien, puis vider les poches. Ça calme les plus hargneux et ça rappelle les règles aux autres, au cas où certains tenteraient la même chose.

    Tandis que tu te prépares à jouer encore une fois cette scène là, alors que tes doigts se mettent à craquer gentiment en attendant le premier coup, tu sens un mouvement étrange derrière toi.

    Tu t'attendais à un autre gars ayant décidé de sentir tes gentilles caresses, mais tes globes voient quelque chose de bien plus dangereux. En fâce de toi, une masse bien de trop bien scultée apparais, le genre d'homme qui t'aurai fait bien peur il y a de ça 50, 20 ou 10 ans. Mais aujourd'hui, t'en as tellement vu de gosses sculptés par la musculation, que ça ne te fait plus rien.

    T'as beau devoir le mirant en levant grandement la trogne, t'as beau être deux fois moins large d'épaule que lui, tu continues à ouvrir tes globes comme si la personne en fâce n'était rien d'autre qu'un bouse un peu trop odorante.


    -Je suis Mambata N'Koula Bassai. Le grand guerrier noir.

    _Connais pas.

    -Tu ne sais pas te battre au bâton.

    _Tu m'caches le soleil.

    Alors que vous vous admirez en chien de façade, le temps s'écoule sans qu'aucun autre mineur n'intervienne, sans même que les pauvres insectes et moustiques pourtant d'habitudes si présents ne viennent rompre le silence s'étant installé. Le seul mouvement du secteur consiste en de grandes boules de poussière venant voler au gré du vent les poussant vers l'est.

    Tu ne sais pas ce que ce gosse te veut. Tu ne sais même pas s'il est là en ami ou ennemi, tu sais juste que lui tourner le dos serait trop dangereux. Le temps continue ainsi jusqu'à ce que ta patience vienne briser le silence. Ça veut dire que tu as perdu, que tu es le plus tendu, mais tu te dis simplement que tu n'as jamais été patient.


    _Bon qu'est c'que tu m'veux ? Tu veux te battre ? Tu veux taper la causette ? Ça t'embête pas d'déranger quelqu'un en trin de bosser ?
        Parfaitement immobile, Mambata Koula N'Bassai ne répond pas, continuant à regarder fixement Serguei de toute sa hauteur sans même cligner des yeux. Il a probablement écoulé son forfait mots de la semaine et se retrouve obligé de trouver d'autres manières de communiquer.

        Sa main se resserre insensiblement sur le manche de son bâton, et bam, Mambata N'koula Bassai passe a l'action tellement soudainement que même ceux qui le voient bouger on l'impression qu'il est encore à sa place.

        Mambata l'a saisi d'une main dans son milieu et balance un fouetté latéral droit sur la tempe du senior.
        Le coup de baton est parti vite et fort, tellement vite et tellement fort que l'air qu'il déplace soulève le sable entre les deux hommes, à moins que ce ne soit qu'un effet de style. Pour les connaisseurs c'est le genre de frappe qui mène direct au KO quand elle est assenée à la main avec suffisamment de conviction. Mambata ne manque pas de conviction, et il a mieux que des poings, il a un bâton, un gros bâton.

        Mais on n'accumule pas l'expérience d'un type comme Serguei en se faisant avoir comme un bleu. Et au lieu de lui enfoncer l'oreille dans le crane le bâton frappe l'avant bras que le vieux à immédiatement levé pour se protéger.

        La musique se rajuste un cran plus haut pour suivre la douloureuse tension de l'instant. Les sourcils se froncent pendant que les deux hommes se livrent un à intense duel de regard sous les yeux écarquillés des mineurs. Une goutte de sueur perle lentement depuis le front de Mambata, glisse le long de sa bouche jusqu'a son menton... Et tombe sur le sol ou elle explose au ralenti dans un silence de mort.

        D'un mouvement de poignet plus rapide qu'une attaque de cobra Mambata N'KOula bassai fait tourner verticalement son bâton. Éloignant l'une des extrémités du poignet de Serguei pour remonter brutalement l'autre bout du bâton droit vers l'entrejambe de Serguei. Entrejambe qu'il atteint avec assez de force pour faire décoller légèrement du sol le vieux révo. Et manquer lui broyer les couilles.
        Pendant que Serguei se plie en deux, suivi de façon très solidaire par l'intégralité de l'assistance masculine qui vide ses poumons en même temps que lui en imaginant le choc qu'il vient de subir.
        Et puis Serguei s'aperçoit qu'en fait le bâton s'est arrêté juste avant d'handicaper définitivement ses futures chances de reproduction. A un cheveux prés en fait. Bloqué par les deux mains qu'il a descendu juste à temps ? Ou simplement stoppé par son maitre ? Va savoir...
        L'arme repart et revient se poser verticalement devant Mambata.

        -Un bâton a deux bouts, quand l'un s'éloigne, l'autre se rapproche.

        Tiens, il lui reste encore un peu de son forfait dialogue finalement...

        -Prends ton bâton.



      Dernière édition par PNJ Requiem le Mer 14 Mar 2012 - 17:46, édité 1 fois
        Là, tu chiales. Un vrai gosse venant de se faire punir. Aucune larme ne coule, aucun rictus de douleur n’apparaît mais à l’intérieur ce n'est pas la même histoire. Le molosse en face a sortis les dents, sans que tu ne saches pourquoi. Mais il a déclaré la guerre et ce n'est pas pour plaire à tes réflèxes. Les pauvres sont mis à rude épreuve, mais grâce à eux tu es encore en vie. Si ton bras n'avait pas décidé de bouger tout seul, tu serai sûrement mort à l'heure qu'il est.

        Ta main chuinte à ta place de grosse larme rougeoyantes et parsemées de terre arrivée là par tu ne sais quel hasard, mais toi tu ne t'en occupes pas, trop concentré à prévoir le prochain coup.

        Ton esprit entre dans une phase que tu ne t'expliques pas toi même, ton corps se met à apercevoir, à toucher des choses que tu n'aurai jamais remarqué avant. Comme si ton esprit et la terre ne faisaient plus qu'un. Le sol devient plus tangible, comme si tes pieds en faisaient partie, tes mains caressent les grains de terres qui volent jusqu'à elle d'une manière si sensuelle que tu les crois tiennes. Tout ton « moi » intérieur se penche sur ces choses et ces détails, le reliant d'une façon presque harmonieuse à son entourage.

        Le coup suivant, tu le voies venir, mais tu ne sais pas où il frappera. Où et quand surtout, alors quand le bâton se met à remonter, armé d'une force et d'une vitesse inimaginable, tu as juste le temps d'interposer la paume de tes deux mains pour sauver ce qui peut l'être. A ton âge, avoir d'autres enfants n'est pas la priorité, mais t'aimerai pas devoir t’asseoir pour vider les bières avalées. Rien n'empêche c'est tes mains qui risquent de ne plus pouvoir faire le travail si ça continue ainsi.

        Rien qu'à la douleur, tu devines qu'un bon nombre de nerfs ont sauté, et qu'il te faudra un moment pour ne plus grincer des dents lorsque tu fermeras ta paume.

        Et les choses arrivent toujours plus vite qu'on ne le croit.

        Les mineurs ont maintenant formé un cercle autour de vous deux et les liasses de billets s’échangent entre deux chuchotement. En un coup d'oreille tu comprends que les mises sur ta victoire ne sont pas nombreuses. A croire qu'ils n'ont toujours pas compris qui tu étais que tu te dis. L'un des gars te lance quand même un bâton, histoire d'équilibrer le combat. Toi, tu ne le remercies pas, tu ne lui adresses même pas un regard, trop focalisé sur l'armoire à glace.


        _Tu disais que je n'sais pas me servir d'un bâton, c'est ça ? Tu t'prends pour qui pour dire ça ? Tu crois quand même pas m'avoir fait mal avec tes piqûres d'insecte ? Mais bon si tu dis t'y connaître, alors j'te laisse une chance. Quand un bout s'éloigne, l'autre se rapproche, c'est ça ? Ça veut dire quoi ton charabia ?

        Tu te mets à manier l'arme la faisant tournoyer dans ta main pour dire que le combat peut commencer, que la phase d'échauffement est fini. Les coups peuvent maintenant pleuvoir, tu es prêt. Rien que de tenir l'arme te fait mal mais rien y fait, tu ne te laisseras pas impressionner par ce foutu mineur.
            Mambata te regarde faire tourner ton bout de bois, et d'un pas glissé en arrière il se met en garde. Jambes légèrement fléchies, buste de trois quart, son arme tenue le long de son avant bras dans la main qu'il te cache.

            D'un geste il ramène le bâton devant lui et se met le faire tournoyer autour de lui, mais plus vite que toi, tellement vite que le bâton semble se dédoubler pour former une roue qui semble pleine, tel un bouclier surgi de nulle part, et que le vent qu'il produit vient remuer les quelques cheveux qu'il te reste...

            -Tu ne dois pas apprendre à manipuler le bâton, tu dois apprendre à devenir le bâton.

            Le mouvement se fait moins rapide et le bâton redevient visible, Mambata continue à le faire tourner mais d'une façon presque ralentie, juste assez pour que tu lises certains de ses mouvements, un mouvement de poignet plus souple que le tien, une positionnement légèrement différent des mains qui se relaient sur le manche de l'arme... Déjà tu modifies ta prise pour coller à ce que tu vois. Juste à temps.

            -Le bâton frappe !

            Interrompant son mouvement Mambata vient de saisir son arme d'une seul main, et profitant de la vitesse qu'a créé son mouvement il te frappe au coté d'un coup que tu connais déjà et que tu réussis à bloquer. Un coup assez puissant pour te faire redouter une frappe directe ...

            -Le bâton rebondit !


            Profitant de l'impact qu'il vient de balancer sur ton arme, Mambata N'Koula Bassai fait volter son arme au dessus de sa tête pour la ramener encore plus fort de l'autre coté, une nouvelle fois tu bloques le coup, découvrant que pour un homme suffisamment fort, l’élasticité du bâton permet d'enchainer les coups à une vitesse précieuse...

            -Le bâton contre !

            Tu frappes de face pour briser l'enchainement mais Mambata N'Koula Bassai s'est déjà préparé, ramenant son arme à la verticale et se contentant d'une frappe légère sur la tienne, ne déviant ton coup que juste assez pour que tu frappes le sol à coté de lui au lieu de lui éclater la tête.

            -Et le bâton perce !

            Reculant d'un deux pas Mambata semble un instant rompre l'engagement mais fait soudain glisser le bâton entre ses mains jusqu'a le tenir par son extrémité, bénéficiant brusquement d'une allonge bien supérieure à la tienne, avantage qu'il accentue encore en projetant le bâton vers toi, ne tenant plus que l'extrémité de son arme au bout de son bras tendu pendant que l'autre vient te frapper durement au milieu du torse, te coupant la respiration et t'envoyant bouler dans la poussière...

            C'est sûr, le gros bonhomme se débrouille beaucoup mieux, plus rapide, plus agile et avec plus de force que toi, il déroule son jeu comme s'il ne cherchait qu'à t'humilier. Et ça, tu es loin d'aimer. A la manière d'un gosse apprenant le vélo, tu retournes en enfance et tentes de l'imiter. Tu te forces à plus de souplesse, relachant un peu ta poigne jusqu'alors fermement serrée contre le bâton.

            Mais le bougre ne te laisse pas le temps de roupiller, sans pitié pour le vieillard que tu es. Il recommence la même attaque mais cette fois tu es préparé, enfin tu crois. Tu pars le premier coup, profitant de ta plus grande vitesse puis tu resseres le poing pour mieux subir le choc, tu le relaches pour récupérer de la souplesse et enfin tu observes.
            Parce que tu ne t'es jamais laissé faire et que tenter de te marcher sur les pieds, c'est trop se moquer de ta trogne pour que tu le supportes, tu envoies ton bâton vers les globes du guss. La réponse est imméiate, simple et efficace. Tes poumons l'ont bien comprise en tout cas et ta trogne affalée dans la poussière aussi. Il te faudra être plus fort, plus agil et mieux te servir de l'arme si tu veux ésperer toucher ton adversaire.

            Te relevant difficilement, l'égo au plus bas et la gueule salie, tu te dis qu'il ne peut qu'y avoir vengeance. On ne se fout pas de ta trogne sans subir ton courou. Alors tu te concentres, et cette fois tu n'utilises plus tes épaules, mais ton poignet et tes coudes, accelerant alors ton bâton dans une grande spirale en huit devant toi. Tu as compris, enfin tu crois, comment garder de la souplesse tout en ayant le bâton serré entre tes deux mains.


            "Deve'nir le bâton" que tu répètes sans t'en rendre compte. "C'quand il sera dans ta gueule que tu deviendras bâton" que tu penses.

            Pas sûr de l'utilité qu'il ne l'entende, tu préfères garder cette reflexion pour toi et continues à avancer ves ses abdominaux tout en gardant ton bouclier en huit au cas où il ne tente de se défendre.

            Alors que tu es presques à porté de l'homme, ton coude gauche se déplace d'un mouvement presque invisible en avant, enfin invisible, c'est sûrement exagéré, le bodybuldé devait même sûrement s'attendre à un coup du genre, mais tu le tentes.

            Tu deviens le bâton, l'arme est le prolongement de ton corps. Tu as compris. C'est au moment où ton outil torgnole son buste que le bodybuldé mire son erreur mais aussi comprend qu'il aurait dû faire professeur de combat au bâton. Son travail a été efficace, tes remerciements aussi.


            Dernière édition par Sergueï Suyakilo le Mer 4 Avr 2012 - 21:22, édité 1 fois
                Pendant l'heure qui suit tu as l'impression de te faire plus marteler qu'un sac de frappe dans une salle d'entrainement. Les coups pleuvent comme si l'enfoiré de Mambata voulait te ravaler la façade façon steak tartare. Mais même si tu encaisses trois coups quand lui t'en mets un, tu en apprends plus que tu ne croyais possible sur le maniement de ce que tu prenais pour un simple bout de bois pratique à trimballer.

                Il t'éclate les doigts et tu apprends que la plus grosse faiblesse du bâton est l'absence de garde. Et pour éviter les coups suivant tu apprends aussi à les déplacer et à les tourner pour te couvrir. Il t'apprend à utiliser les différentes allonges que te permet ton arme, frappant de la pointe quand tu tentes de te reculer, sautant pour augmenter sa force quand il t'attaque et t'abat le bâton à deux mains sur le crane. Et tu apprends à en changer instantanément pour t'adapter et réussir à le surprendre.

                Il t'apprend à ne pas être gêné par la taille de ton arme quand on te sert de trop prés, tenant le bâton vertical devant lui et protégeant tout son corps de tes frappes pendant qu'il t’assène des coups rapides sur les jambes et les épaules.

                Il t'apprend les frappes opportunistes propres à perturber un combattant classique. te broyant l'orteil d'un coup de pointe au moment ou tu t'avances vers lui, ou te faisant décoller en te glissant le bâton entre les genoux avant de le tourner.

                Il t'apprend à faire virevolter ton bâton autour de toi et à utiliser les parades de l’adversaire pour augmenter la vitesse de tes coups. Transformant un simple bout de bois en une arme aussi rapide que précise, capable de faire pleuvoir sur l'adversaire une véritable avalanches de coups.

                Il t'apprend à jouer de la matière même du bâton, à profiter de sa souplesse pour atteindre des zones que l'adversaire croit couverte. A frapper un poignet ou une tête quand l'ennemi croit avoir réussi à parer le coup


                Et quand vous finissez par marquer une pause tu as l'impression que vous vous battez depuis au moins une semaine et qu'un troupeau complet de gnou t'es passé longuement sur le corps. Au moins Mambata doit avoir sensiblement la même impression...En tout cas il à l'air aussi haletants, couverts de marque d'impacts de transpirations et de poussière que toi. Bon, peut être un peu moins, mais pas sur...

                Mambata prend une longue inspiration, instinctivement reprise par tous les mineurs qui vous contemplent toujours les yeux écarquillés. Puis il te lance son regard de défi et se décide à lâcher quelques mots de plus.

                -Je suis Mambata N'Koula bassai. Et au bâton, je suis le meilleur.

                D'un seul geste les mineurs autour de vous se couvrent les yeux de leur mains en baissant le regard, consternés par l'absence totale de progrès de la discussion. Et Mambata consent un mince sourire.

                -Mais, c'est vrai que tu n'es pas mauvais non plus.

                Il ne te laisse pas savourer ta victoire de lui avoir asséné un coup et il recommence aussi sec sa ribambelle de frappes. Cette fois il ne te lance plus de discours incompréhensibles. Il ne cherche plus à te montrer ses mouvements. Il ne cherche qu'à te mettre à genoux. Mais toi et ton sale caractère de vieillard aigri, vous ne vous laissez pas faire. Vous répondez à la violence par la violence.

                Ahah ça la violence, tu en connais un rayon. Le problème c'est que le grand bonhomme aussi, et qu'aujourd'hui tu reçois en plus des coups quelque chose que tu as perdu l'habitude de recevoir : un joli cours comme à l'école. Bien sûr tu n'as plus le cul assis sur un banc à écouter déblatérer un fichu prof, mais le résultat est le même. Tu es toujours aussi perdu, tu subis toujours plus que tu ne crées et malgré tes efforts pour tenter de répliquer, tu n'y arrives que très rarement. Les bleus fleurissent sur ton corps déjà bien abîmé aussi vites que la respiration des mineurs ne se coupent sous l'admiration du combat.

                Chaque frappe lancée, chaque coups paré, chaque mouvement de bras part si vite et revient à une telle vitesse qu'un œil non expérimenté ne verrait que la moitié de l’effort que vous faîtes. Mais toi tu rd au summum de ton art. Tu calcules chacun de tes gestes au millimètre, parce que tu sais que te tromper d'un infime mouvement signifie te prendre un énorme bâton dans les côtes. Tu ne calcules plus l'effort, parce que tu aurais autrement lâché prise depuis trop longtemps.

                Le gros bonhomme en face semble fonctionner au solaire. Tu ne sais même plus depuis combien de temps vous combattez ainsi, mais il ne lâche toujours rien, c'est à peine si sa garde laisse plus de trous, c'est à peine si ses gestes sont plus lents. Tu sens quand même qu'il se fatigue un peu, son souffle est plus court et lorsque pendant un instant incommensurablement court vous vous arrêtez, tu crois voir sa main presque trembler. Mais rien y fait, tu descends peu à peu dans les abysses de la fatigue plus vite que lui.

                « Peut être bien que tu t'fais trop vieux, p't'être bien qu'il est trop tard. Tu s'ras jamais qu'une vieille larve coulante. A quoi ça t'sert d'apprendre à te servir d'un bâton, alors que tu n'as juste besoin que d'un déambulateur ? »

                Ça, c'est encore ta foutue conscience, ton foutu orgueil même qui vient te réveiller alors que tu étais prêt à t'écrouler comme une bouse sur le sol poussiéreux du capitaine John. Mais non, l’orgueil a encore gagné et tu ne flancheras pas. Tu reprends ton souffle et tu attaques. Encore, encore et encore.

                Encore, encore et encore.

                Puis tu t’arrêtes. Le gros bonhomme a enfin compris que tu n’abandonneras pas. Lui aussi se retrouve maintenant autant sur les rotules. Vous êtes tous les deux aussi moches, aussi puants, aussi assassinés.

                Tu crois bien que c'en est fini, pour le combat tout du moins. A regarder le gros bonhomme, tu sens qu'il ne va pas tarder à sortir une de se phrases philosophiques et tu ne te trompes pas.

                -Je suis Mambata N'Koula bassai. Et au bâton, je suis le meilleur.

                _...

                -Mais, c'est vrai que tu n'es pas mauvais non plus.

                Alors que tout le monde s’esclaffe tu comprend qu'ils n'ont pas l'habitude de voir cette amas de muscle tenter le sourire. Mais tu sais aussi que tu dois être dans les seuls à avoir rivaliser avec ce type. Rien n'empêche ce tas de nerfs décide de partir sans un mot, profitant du moment de rigolade général pour s’éclipser tout en discrétion. Toi, tu restes là à la regarder partir en marmonnant dans ta barbe comme tu as toujours sû le faire.

                _Pfff... Toujours pas compris comment il s'appelle...


                Au fond, que ce soit Mamboutou ou Falballa, là n'est pas l'important. Ce qui l'est par contre, c'est que tu aies réussi à faire face à cet homme. C'est grâce à ce genre de chose qu'un vieillard comme toi arrivera à se faire respecter et à protéger Tonton Barbie des dangers que vous rencontrerez. Pour réussir à tracer la route du mi-géant, tu comptes bien utiliser les cours de la brute.