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Aie! [Avril 1624]

Alan Carman
Alan Carman

♦ Localisation : West Blue

Feuille de personnage
Dorikis: 800
Popularité: 5
Intégrité: 0

Mer 25 Avr 2012 - 11:23

Aie! [Avril 1624] Articl11
Aie! [Avril 1624] Articl12

Il referma avec lenteur la revue sur la table, ému. Jamais encore il n'avait lu quelque chose d'aussi merveilleux, d'aussi instructif, d'aussi passionnant! Chacun de ces mots avait été choisis avec soin, reportant précisément les résultats principaux du groupe de recherche. Et quels résultats! Ces scientifiques étaient des biologistes de génie, et leurs découvertes révolutionnaires! Ah… Quel sentiment doux, quelle joie inimaginable d'être tombé sur ce trésor. Les yeux brulant sous l'influence de la passion, fixant le vide, son esprit se remémorait chaque phrase, chaque tournure de cet article. Une poésie, une véritable œuvre d'art. Bientôt sa mémoire retint toutes les tirades, à la manière d'un acteur préparant son monologue. Qui se serait douté qu'un Dendenmushi puisse paraître si grand! Oui, ces gens devaient être formidables.

Alan s'imaginait déjà faisant partie de cette élite suprême, parcourant les mers muni des outils les plus sophistiqués. Penché sur une nouvelle espèce, il était plongé dans une conversation des plus sérieuses. Oui, c'était vrai… Ce poisson possédait d'étranges tâches verdâtres en relief, il faudrait les étudier avec attention. Tout en prenant des précautions, le groupe s'afférait avec lui pour percer ces mystères. Magnifique! Il s'agissait de glandes émettrices de venin. Très puissant qui plus est. D'un hochement de tête, il approuva la remarque imaginaire d'une de ses collègues. Ce poison n'était pas mortel, il se contentait de paralyser ses proies et prédateurs. Peut-être que le groupe de recherche médical pourrait en tirer profit… Il fallait leur envoyer les résultats.

Plus que des suppositions, l'enfant respecté qu'il était dans son rêve était écouté avec attention. Chacune de ses idées étaient retenues, et beaucoup de chercheurs venaient demander conseils auprès de lui. Puis, soudainement, un monstre marin surgissait des flots agités, effrayant ses compagnons. Alan partait alors au combat, terrassant avec élégance le roi des mers. Puis, par un élan de passion, il disséquait avec précision l'étrange animal, perçant le secret de son fonctionnement. Seul son comportement dans son milieu naturel restait inconnu. Notre grand et pourtant petit biologiste plongeait alors sous la surface, afin d'observer le spécimen en direct, sans craintes. Tel un héros.

Un verre se brisa sur le sol, sortant le gamin de sa rêverie. Quelques cris d'exaspérations résonnèrent, tandis qu'une serveuse s'excusait prestement, embarrassée. Mais un verre de moins dans l'estomac d'un alcoolique peut rapidement se traduire par une terrible offense, Alan le savait d'expérience. La jolie terrasse ombragée et bordée de fleurs devint sans tarder le théâtre d'une scène forte intéressante. Certains tentaient de contenir l'homme vexé, tandis que le patron venait à la rescousse de son employée. Vraiment, les marins, ils étaient irrécupérables…

Mais ce genre d'événements courants n'attirait pas notre ami. De plus une idée folle venait de s'encrer au fin fond de son cerveau, accaparant son attention. Peu importe comment tournait le monde, son objectif était tout tracé. Il replaça sa vieille casquette sur ses cheveux roux, avant ranger précieusement la revue dans son petit sac en cuir. Un petit ricanement d'excitation lui échappa, ce nouveau but ne lui plaisait que trop. Mais son approfondissement attendrait demain. Pour le moment, l'île et sa biodiversité étaient à découvrir! Il n'y avait posé le pied que peu de temps auparavant, et personne n'avait put le renseigner sur les différentes espèces de ce lieu… Il lui fallait donc faire ce qu'il préférait : étudier ! C'est ainsi que, sur ses joyeuses pensées, il reprit la route.

Longeant dans un premier temps les maisons afin de se protéger sous leur fraicheur, ses pas le firent traverser la rue asséchée. D'ici, on ne pouvait percevoir la mer, uniquement des bâtiments jaunes délavés recouverts de tuiles rougeâtres. Peu importe où son regard pouvait se poser, le village semblait bruler sous le soleil. D'étranges flammes transparentes s'élevaient du sol aride, dansant sur les jambes des rares passants. Elles dévoraient leur eau et mordaient leur chaire. L'astre allait bientôt atteindre son plus haut point, l'heure n'était plus à la promenade mais à la sieste. La température ne cessait de croitre, l'air s'alourdissait.

Pourtant le petit rouquin s'en allait gaiment, contemplant le spectacle de la ville ardente. Jamais il n'avait connu une telle chaleur sur l'îlot Givy, si bien qu'il ne s'exposait que par jeu au danger de ce climat, sans même en comprendre les risques. Mourir de chaud? Pff! Quelle idée bizarre! Son inconscience le poussa même à traverser des champs brulés par le temps, juste pour réaliser quelques observations sommaires de certaines espèces. Sous une intensité lumineuse intense, il réalisait les croquis d'insectes et de plantes avec une difficulté grandissante. Son esprit s'embrumait peu à peu, se plongeant dans la fièvre lourde de l'insolation. Alors qu'il reportait sur son carnet l'anatomie d'une fourmi, l'équilibre du garçon se déstabilisa. Soudainement, la petite bête devint plus arrondie. Les traits fins de son abdomen devinrent grossiers et ses antennes semblable à des fils, alors que les détails de sa tête se dissimulait derrière une étrange brume. Surprit, le gamin se frotta un instant les yeux. Pendant une seconde, l'insecte devint clair, avant de se replonger dans le brouillard. La concentration le quitta face à cette mutation irréelle. La vadrouille avait peut-être assez duré, la soif le tiraillait… Mais parfois, la raison n'intervient que trop tard.

Son regard troublé se posa sur les environs désertiques. De l'ombre… Il n'y avait donc pas d'arbre ici? Même pas un buisson sous lequel s'allonger. Des gouttes de sueurs perlaient sur tout son corps, de plus en plus nombreuses. Son corps lui sembla progressivement sale, collant, puis puant. Il faisait trop chaud, beaucoup trop chaud. Pour la première fois de sa vie, Alan sentit son organisme tout entier se dessécher, arrosant son épiderme de son eau. Le soleil ne représentait plus pour lui une caresse chaleureuse, mais une morsure endiablée et douloureuse. Que se passait-il? Sa respiration lui semblait soudainement plus pesante, ses membres rouillés par un étrange sortilège. Pourquoi? De l'eau… Il devait s'hydrater, il devait boire. Se rendant enfin compte de ce besoin imminent, l'enfant voulu partir à sa recherche. Mais ses pensées ne parvenaient plus à s'exprimer clairement, sombrant peu à peu dans le vide. Il n'avait plus de repères, sa vue l'avait quitté. L'obscurité l'envahit, alors qu'il sentit son corps s'écrouler. Un bruit sourd, amorti par le sable retentit. L'inconscience prit le dessus.

Une sensation de fraicheur s'appropria de sa gorge, elle traversa son œsophage avant de descendre le long de son estomac. L'enfant se réveilla à demi, se croyant plongé dans le sommeil. Un long frisson parcouru son échine alors qu'une main glaciale se posa un court instant sur son front. Elle lui semblait morte. Avec effroi, il tenta de se défendre. Mais la peur l'envahit de plus belle, aucun de ses muscles ne lui répondait. Difficilement il déglutit, sentant avec surprise son corps se réhydrater. Le petit biologiste ouvrit légèrement les yeux après un rude effort. Son regard encore trouble ne put que distinguer une silhouette imposante et familière, dont les traits étaient rendus invisibles par la lumière du contre-jour. Ébloui de nouveau puis consumant ses dernières forces, il referma ses paupières. Seule son ouïe cru percevoir un écho lointain de ferrailles s'entrechoquant. Ce son familier relaxa sa tension, laissant ses membres se détendre dans un soupir.


Dernière édition par Alan Carman le Jeu 18 Oct 2012 - 0:33, édité 1 fois
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Alan Carman
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Lun 4 Juin 2012 - 13:25

°Oo.oO°

L'horizon brulait sous les rayonnements de l'aurore. Le ciel ressemblait à l'enfer, rongé par des nuages enflammés. Sans remord, il présentait aux navires lointains Lucifer et ses douleurs, torturant leurs cœurs d'épreuves insoutenables. Pourtant, cette image ne dégageait aucune violence. La mer apportait à ce tableau une lueur d'espoir, un rêve insondable... Seule l'attraction diabolique persistait, mais son sens prenait une tout autre forme. Il n'y avait aucune peur à ressentir, seulement une envie: l'aventure. Comment résister à ce merveilleux spectacle? Les reflets nouveaux donnaient vie aux vagues houleuses, laissant percevoir leur souffle. Telle une respiration, les flots avançaient puis reculaient calmement. L'océan devenait quelque chose d'indescriptible, d'unique. Ce n'était plus un environnement ou milieu, mais une entité dont le tempérament et le fonctionnement demeurait un mystère. Découvrir une seule de ses facettes pouvait remplir la vie d'un homme de joie. En débusquer deux ravirait un peuple tout entier. Mais les désirs d'Alan étaient bien plus grands; il voulait tout connaître. Ce paysage prenait possession de son être, son destin le poussant déjà au large.

Deux yeux verts et fatigués apparurent alors, fixant l'enfant. Au fond de ces iris, on pouvait percevoir les sentiments du vieux marin. A travers ce miroir de l'âme, on ressentait le reproche qui s'accordait aux rides tendues qu'abordait son visage. Sans aucun besoin de parole, le message transmis était d'une clarté effarante. Les nuages de son regard prévoyaient l'orage, un tonnerre qui grondera bientôt. La faute commise par son neveu était bien trop grande, il méritait plus que tout homme son châtiment. Seulement Alan était parti, non par fuite mais par passion. Aucune mise en garde n'aurait put entraver son départ, il le savait. L'enfant désirait cela depuis bien trop longtemps, l'occasion était à saisir. Pourtant face à ce regard, le biologiste ne pouvait qu'être envahit par la culpabilité. Il ne lui avait apporté que la déception et l'inquiétude, alors qu'il aurait dû lui prouver sa gratitude. Il avait trahit son maître pour le surpasser, sans même prendre le temps d'apprendre les rudiments de la survie. Face à ces yeux, le jeune Carman se sentit fondre.

Soudainement, une brise fraîche souffla sur son visage enfantin, accompagné d'une étrange senteur sablonneuse. Surplombant l'île entière, sous son regard se dévoilait une étendue de verdure d'où s'élevait divers cris. Par jeu, l'enfant tenta d'identifier ces animaux. Un aigle royal, un corbeau, etc. Avec horreur, il comprit soudainement qu'il les connaissait tous. Non, c'était impossible. Comment pouvait-il déjà tout connaître alors qu'il n'avait même pas voyagé? La beauté de ce monde pouvait-elle réellement se limité à si peu de chose? Non, impossible. Si aucune de ces espèces n'était un mystère pour lui, aucune découverte ne ponctuerait sa vie. Plus rien à apprendre, plus rien à comprendre, le néant. Son cœur se serra à l'idée de perdre sa raison de vivre, ses espoirs. La panique lui prit la gorge, tandis qu'il commençait à se débattre. Il voulait fuir, partir de cette île qui ne lui apporterait rien. Il fallait quitter ce lieu sans charme, cet endroit qui ruinait sa vie.

L'horizon se mit alors à bouger. Les flots lointains se levaient étrangement, comme attiré par le ciel. Un long cri perçant s'éleva, propageant son écho sur une distance incroyable. La surprise stoppa la panique jusqu'alors grandissante, bloquant l'enfant dans une contemplation soudaine. A qui appartenait cette voix? Elle semble proche de celle d'un quelconque cétacé, mais pourtant ponctuée de sonorités plus profondes. Cette longue lamentation relatait une mélodie familière au biologiste. Oui, ce chant était la berceuse des Carman, celle dont les paroles avaient été depuis longtemps oubliées. Ému, Alan observait la mer se soulever lentement, avant de se fendre en deux. Un immense roi des mers apparu alors, plongeant l'île dans son ombre. Le plus beau des monstres marins était sous ses yeux. Cet être mythique qui guidait les aînés de sa famille depuis des siècles, celui qui les avait poussés à braver l'inconnu. L'espoir repeupla le cœur de l'enfant perdu. Émerveillé, il ouvrit les yeux. Un plafond sombre se révéla à lui.
.oO°Oo.

"-Hein?"

Difficilement, il se redressa sur son lit de fortune, à même le sol. Il venait de s'éveillé dans une petite pièce sombre, dont l'unique porte laissait passer la lumière nocturne. Un bruit de ferraille perçait le silence de la nuit, accompagnant les grillons bavards. Où était-il? Tentant de se remémorer les évènements de la journée, Alan se souvint soudainement de sa chute. Quelqu'un avait donc dû lui venir en aide. Se relevant péniblement, il se sentit de nouveau torturé par la sécheresse de sa gorge. C'est avec joie qu'il découvrit au pied de sa couche un verre d'eau accompagné d'un bout de pain et du fromage. Délaissant dans un premier temps la nourriture, l'enfant vida la moitié de son verre d'un trait avant de pousser un soupire de soulagement. C'est à cet instant que son estomac rappela sa présence, grondant comme le tonnerre. Ce fut au tour de la bouffe d'y passer, avant de terminer la boisson. Rassasié, le petit biologiste sentit ses forces lui revenir. Le temps était maintenant à l'exploration.

Se redressant sur ses jambes encore un peu faible, il prit la direction de la sortie. Une fois la porte passé, il découvrit les lieux avec émerveillement. Trois petites maisons carrés était situées les unes à coté des autres, réunies autours d'un unique puits. Une seule d'entre elle était éclairée, rougeoyant irrégulièrement sous la luminosité de flammes. Timidement, le petit biologiste s'approcha de la hutte pour découvrir une petite plaque accrochée au mur. "Katami Kal, forgeron". Donc ces bruits de ferraille venait de là, ce n'était pas le son si familier de l'entrainement matinal. S'approchant de quelques pas, il passa sa petite tête rousse à travers l'entrebâillement pour apercevoir une silhouette lui paraissant immense.
L'homme était occupé à marteler un bout de métal incandescent, projetant dans toutes directions des étincelles écarlates. L'enfant ne l'apercevait que de dos, mais cela suffisait pour ce faire une idée sur l'être ici présent. Une taille assez impressionnante -une première estimation la mesurerait à 1 mètre 90- ainsi que de larges épaules nues s'agitant régulièrement. Un buffle, voilà ce à quoi il ressemblait. Son dos était légèrement couvert par un tablier de cuir, mais on pouvait encore percevoir dans l'ombre les dessins de muscles luisants de sueur. Depuis combien de temps martelait-il le fer ainsi? Suivant un rythme bien précis, une de ses mains apparaissait en se relevant. Ses doigts ridés tenaient fermement un marteau imposant, l'abattant sans cesse sur l'enclume. Alan restait sans voix devant ce spectacle qui lui parut merveilleux. Jamais encore il n'avait pénétré une forge et, bien qu'ayant appris dans les livres le mode d'opération, il ne put qu'être interloqué par la force qui s'en dégageait. La luminosité rougeâtre des lieux attirait le regard sur ce travail noble. Le cri du métal était maintenant l'unique son qui pouvait être entendu, accompagné par moment du crépitement de la cheminée. Puis, sans crier gares, une voix roque s'éleva.

"- Alors petit, on aim'bien s'prom'ner en plain cagnard?"

L'enfant ne put retenir un sursaut, ne comprenant pas comment ce forgeron avait put deviner sa présence. N'osant pas répondre, il s'approcha simplement en silence vers son interlocuteur, prenant place sur un tabouret. Kata', qui n'avait pas arrêté sa besogne, plongeant le sabre dans une bassine remplie d'eau. Une vapeur épaisse s'en dégagea, embrumant l'atmosphère quelques instants. Dans un soupire, le vieillard reposa sa massue et le sabre sur un établi avant d'aller s'asseoir à la table. Son visage se révéla enfin sous le regard vert. De longs cheveux gris dénoués se promenaient à leur guise sur un coup de taureau, cachant vaguement deux yeux d'un noir profond. Des lèvres sèches et coupées de toutes parts se dessinaient derrière l'immense barbe emmêlée. Une cicatrice longeait son oreille jusqu'à son nez minuscule. L'homme se servit une bière fraîche avant d'en boire goulûment quelques gorgée, laissant échapper dans sa barbe quelques gouttes.

"-T'es muet? C'quoi ton nom?"

Toujours intimidé, le petit biologiste baissa les yeux avant de marmonner son nom et ses origines.

"- Alan Carman vraiment? De L'îlot Givy? Tiens tiens, le p'tit Carman a d'jà prit la mer. T'pas un peu jeune pour que l'vieux Bob t'laisse partir? Tu m'a l'air bien faiblard…"

Surprit, l'enfant releva la tête. Cet homme connaissait le vieux barman. Bien que toujours perturbé par sa faute envers lui, Alan ne put s'empêcher d'éprouver une curiosité nouvelle pour l'homme qui lui faisait face. Qui était-il? Oubliant soudainement l'appréhension de l'inconnu, il se mit alors à poser des questions diverses. Qui était-il? Est-ce qu'il était le forgeron qui fabriquait les armes de Bob? Comment se connaissaient-ils? Etc. Un flot de question que le petit posait sans même reprendre son souffle. Mais la main du forgeron s'était relevé, lui faisant signe de se taire.

"- J'comprends mieux pourquoi qu't'es là. T'as pas v'lu attendre, non? Et comment t'crois survivre frêle comme t'es? T'aurais dû suivre l'entrainement d'mon pote. Maintenant ç'va être à moi d'me coltiner c'rôle."

Étonné, Alan ne su que répondre. A vrai dire, il n'y avait rien à répondre, car le vieillard partit dans un monologue explicatif. Il avait voyagé un bon bout de temps en compagnie de son oncle, et s'était lié d'une forte amitié avec lui. Il ne voulait pas décrire les circonstances de leur rencontre, mais insistait sur la confiance qu'il portait au barman. Il connaissait bien entendu l'histoire des Carman et leur curieuse manie de partir à la recherche du Vtelif. Haussant les épaules il déclara que tout homme avait besoin d'un but, bien que celui-ci lui paraissait aujourd'hui encore absurde…Mais qu'importait ces divagations, il revint sur le sujet qui concernait le petit. Ce dernier devait comprendre sa situation. Il était pas aussi gentil que son ami, mais il ne pouvait laisser le p'tit n'veux mourir sur la mer, sinon comment pourrait-il regarder son "pote" en face? Le gamin ne pourrait pas quitter les lieux avant d'être capable de se défendre un minimum. L'entrainement commencerait le lendemain dès les premières lueurs, il ferait mieux d'aller se recoucher. L'enfant voulu protester, mais ses mots eurent pour toute récompense un coup de poing sur la tête associé à une série d'insultes. Apeuré, il regagna son lit en courant, s'abritant dans bien que mal sous sa couette. Il était vraiment effrayant ce vieillard…


Dernière édition par Alan Carman le Jeu 18 Oct 2012 - 0:47, édité 1 fois
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Mer 20 Juin 2012 - 12:32

5h.
Le soleil commençait à percer l'horizon, balayant la plus haute colline de l'île par sa douce chaleur. La pleine lune encore présente observait avec mélancolie les premiers oiseaux s'envoler, alors qu'ils débutaient leur concerto matinal. Quelques insectes les accompagnaient -ou plutôt fuyaient à tire d'aile- devant leurs prédateurs, cherchant quelques cachettes. La fraicheur de ce début de journée, sous un ciel de plus en plus lumineux, laissait échapper aux quelques habitants déjà éveillés un soupire de contentement. La douce brise venant du sud faisait danser les arbres de la forêt au rythme de ses palpitations, réveillant calmement et lentement sa belle population. Une sérénité profonde naissait de ce merveilleux décor d'or et de lumière. La rosée laissait luire les feuilles vertes, tandis que nombre d'animaux venait se rassasier de ses gouttelettes. Cette île paisible qui, s'échappant des bras de Morphée en toute douceur, se préparait déjà pour une longue journée aride. Car sur une île ensoleillée telle que...

"-Aaaaaaaaaaaaaaieuuuuuuh"

Une nuée de volatiles s'éleva soudainement dans les cieux, effrayés par ce cri soudain perturbant la paix de leur demeure. Même la chouette qui venait pourtant de s'assoupir rejoint ce balai apeuré… Un silence de mort s'installa sur les bois, laissant sentir l'attente du désastre prochain. Mais rien ne vint, le calme semblait avoir déjà reprit le dessus. Si bien que, peu à peu, tourterelles et autres êtres dotés de plumes revinrent sur leur territoire. Le son de la nature s'éleva de nouveau, oubliant déjà cet immonde sursaut. Mais à présent, plus personne ne dormait sur un kilomètre à la ronde. N'oublions pas après tout que l'ouïe des animaux est beaucoup plus aiguisée que la notre…
Le petit Alan? Peu importe que son oreille ai perçu ce cri ou non, ce n'était pas cela qui l'avait tiré de son sommeil, encore moins les battements d'ailes soudain. A vrai dire, c'était lui-même qui venait de faire trembler la forêt de sa voix. Ne pensez pas que ce genre de blague soit à son goût, à sa place également vous auriez crié de toutes vos forces. Il faut dire que se faire réveiller à 5h du matin par un énorme coup de poing sur le crâne ne serait une partie de plaisir pour personne, surtout à l'âge de 11 ans... Le forgeron était entré silencieusement dans sa chambre pour le réveiller à sa manière. Cette dernière était décidemment bien rude…


5h30.
Alan maudissait intérieurement le vieil homme qui lui faisait endurer tant de souffrance. Tout en marchant dans ses pas, les insultes à son sujet remplissaient son esprit de marmonnement. Pour un vieux fou comme lui, le petit déjeuner correct ne devait même pas exister. Pauvre enfant habitué aux tartines délicieuses recouvertes de beurre et de confiture, elles-mêmes accompagnée d'un grand bol de chocolat chaud et d'une pomme succulente… Le voilà maintenant réduit à un unique bout de pain avec un café crème au goût bizarre avant l'entrainement. Déjà que le café n'était pas une boisson qu'il appréciait, celui-ci avait en plus quelque chose… d'équerrant. Si la boisson des adultes faisait retourner l'estomac dès le matin, autant continuer à prendre du chocolat chaud! C'est donc en crachant sur le monde mûr que l'enfant posa le pied dans une clairière artificielle. Son diamètre était à peu près de 10 mètres, bien que sa forme ne soit pas si arrondie. Les ronces n'avaient que débuter leur invasion, laissant un large espace disponible pour le mouvement. Quelques haches étaient abandonnées au pied du bâtiment, luisant sous l'influence des nouveaux rayons. Le soleil n'éclairait pourtant pas encore son sol jonché de souche, mais uniquement un petit cabanon de bucheron. Étonné, le gamin leva les yeux vers son enseignant, cherchant à comprendre la raison de leur présence ici. Katami regardait également la scène, sourire aux lèvres. Ses yeux reflétaient l'ampleur de sa bonne humeur, ou peut-être la joie de se mettre au travail. Plaçant les mains sur ses hanches, il se tourna fièrement vers son élève.

"- On va s'échauffer pour braver c't'journée chargée! Prend dont une hache, on s'en va couper l'bois!"

La bouche de l'enfant ne put rester close, nous laissant découvrir les belles amygdales de notre héro. Que…?! Pour s'échauffer? … L'image d'un vieux malade échappé d'asile s'imposa à lui. Alan conservait le souvenir d'une histoire comme ça. Croisant les bras pour hocher de la tête, il s'approuva lui-même. Oui, sa mère avait racontée à la voisine d'en face la nouvelle du jour. Un fou âgé d'environ 67 ans avait réussit à s'échapper de l'hôpital, le tout après avoir feint à merveille une crise cardiaque. Il s'agissait en fait d'un ancien bûcheron, dont l'obsession était de couper toutes les forêts qu'il croisait! Le signalement correspondait étrangement à cet homme… Bien que ce dernier soit en fait forgeron. Peut-être une explication logique à son obsession sur les arbres. Bois, feu, forge… Ca collait à l'histoire.
Partant dans ses divagations imaginaires, le petit biologiste n'aperçu pas l'objet volant qui se dirigeait vers lui. Un coup violent le frappa en plein crâne, alors la hache tombait au sol. L'enfant s'étala à sa suite, assommé par cette attaque surprise.

"-Aie…"


6h.
Katama contemplait étonné le corps inanimé de l'enfant. L'était pas très solide ce p'tit! Aucun réflexe, un coup et bim dans les pommes. Un soupire lui échappa, alors qu'il maudissait son pote Bob'. Comment pouvait-il laisser un môme aussi fragile prendre la mer… D'vait pas être très famille finalement. Prenant la direction du cabanon, il partit à la recherche du bidon d'eau. Hm… Quelque chose pour le r'mettre sur pied aussi, il prit aussi une bouteille poussiéreuse. Posant le tout au pied de son élève, sa priorité changea brusquement. Au lieu de réveiller Alan en suivant son plan, son envie le conduit à sortir une chaise sous le soleil. Ce ne fut qu'une fois ses fesses sur du bois qu'il se permit un petit plaisir. Sortant une pipe de sa poche accompagnée de tabac, les mains usées par le temps s'activaient. Peu de temps après un crissement se fit entendre, suivit rapidement par une épaisse fumée acre. Les yeux fatigués se levèrent alors vers le ciel rougeoyant, bercés par sa douce chaleur. Une longue expiration lui échappa alors qu'il se replongea dans ses pensées. Depuis quand ne dormait-il plus?
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Alan Carman
Alan Carman

♦ Localisation : West Blue

Feuille de personnage
Dorikis: 800
Popularité: 5
Intégrité: 0

Ven 22 Juin 2012 - 12:30

6h30.
La tête toujours tournée vers les cieux, le vieillard contemplait l'étendue infinie. Ses pensées sombres ne l'avaient pas quitté, mais un faible sourire s'affichait. Il est étrange de s'dire que la vieillesse vous prend, et qu'vous voulez faire place aux jeunots. Lui qui comptait terminer sa vie tranquillement, forgeant en suivant ses envies, le voilà maintenant protecteur d'une mauviette remplit d'espoir. Un petit rire s'échappa de ses poumons. Bah… Un p'tit peu d'vie dans son monde 'pourra pas faire trop d'mal. Peut-être qu'il lui refilera assez d'pêche pour supporter quelques années, si cette foutue maladie se f'sait discrète. Pourtant, il faut croire que celle-ci aime bien faire ressentir sa présence. Les palpitations de son vieux cœur s'emballaient pour un rien, serrant de douleur sa poitrine musclée. La force du corps ne signifie plus rien lorsqu'un simple essoufflement peut vous anéantir sans peine. Les cris d'un poussin ramenèrent Katama à la réalité, le tout sans retenu et avec bruits. C'est vrai, il y a des oisillons maintenant. Il y en a d'ailleurs un à ses pieds tiens! Rangeant calmement sa pipe tout en dissipant ses doutes, il saisit le bidon d'eau.

Alan tombait dans l'obscurité de l'inconscience, sa chute ne voulant plus s'arrêter. Sans pouvoir penser ou réagir face à cet environnement vide, il se contentait de tournoyer oubliant d'apprécier sa vitesse. Puis, une lumière bleue et diffuse paru au loin, avant de se rapprocher à toute vitesse. La mer…? S'était-il lancé d'un si haut plongeoir? La surface aux reflets lumineux n'était plus très loin, il allait entrée en elle.

Splach!

Complètement trempé, l'enfant se releva soudainement. S'attendant à découvrir un univers marin digne de ses plus beaux rêves, sa surprise fut incroyable à la vue des souches desséchées. Où donc étaient les monstres fantastiques? Les roches vivantes, les algues mouvantes? Une vieille bouteille apparue alors devant ses yeux par miracle, sa gorge étant déjà desséchée. Une bonne rasade du liquide transparent disparu dans le fond de sa gorge, qui s'attendait à l'eau de la plus pure des sources. C'est pourtant une odieuse brulure et non pas une douce fraicheur qui descendit le long de son gosier. D'abord sa bouche se crispa, plaquant ses deux mâchoires l'une contre l'autre. Puis ses poumons décidèrent de tenter une sortie, agitant le biologiste de spasmes irréguliers. En parallèle, son estomac ne pouvait s'empêcher de se tordre, affligeant une nausée infernale à son propriétaire. La chaleur était telle, que l'enfant crut un instant mourir sous son influence. Une seconde douche surprise le fit revenir à la réalité. La température de son corps commençait à retrouver sa stabilité, oubliant peu à peu le passage de l'alcool. Ce fut alors des yeux écarquillés qui se posèrent sur le forgeron, étonné de s'être fait tirer du sommeil par autant de souffrance. Après avoir reprit son souffle, le gamin se permit une légère remarque, tout en frottant la bosse infligée par la hache.

"-Aie…"

Le forgeron n'avait pas quitté des yeux l'enfant et son p'tit cirque. À quoi ils l'avaient entrainé ce gamin, à coup de jus d'orange? Une bonne lichée d'eau a été gaspillée pour stopper le gamin apeuré, et ça fait beaucoup de boulot en prévision. Après tout, ils étaient sur une île ou la sécheresse règne. Un soupire lui échappa alors qu'il posa son regard sur Alan. Avec lui, l'entrainement allait être rude. L'ancien marin regrettait fortement que son apprenti soit en congé… C't'Antoine était jeune, il aurait sut soutenir son vieillard de maître. Actionnant avec peine ses membres engourdis -pas assez bougé depuis l'réveil- Katami se releva de la chaise. Un bref étirement, et tout allait remarcher comme il fallait.

"-Aller p'tit… On a d'jà perdu assez d'temps sur la journée."

Comprenant assez rapidement le message envoyé par les yeux ridés, le gamin s'accroupit pour attraper la hache gisant à ses pieds. Regroupant toutes ses forces, le biologiste tenta de soulever l'instrument.

16h30.
C'est vraiment incroyable, il n'a aucune force dans les bras ce gamin. Ses jambes par contre, il aime bien les faire marcher! Le forgeron avait dû courir après son élève et le persuader de prendre une hache moins lourde, avant de se rendre compte qu'elle n'était toujours pas assez légère… Des haches sur mesure il lui fallait, et cela faisait bien longtemps que le vieillard ne s'embêtait plus avec ça. Trop de boulot et de stress disait le doc, enfin… Au moins maintenant, il savait quoi faire de ses nuits d'insomnie… Finit les moments de déprime en pensant au bon vieux temps et aux amis morts, place à l'expérimentation comme dans le siècle passé! L'homme remontait la colline vers sa forge à toute allure, poussé par un étrange enthousiasme. Des gouttes de sueurs suivaient ses rides tirées, alors que son esprit se troublait parfois d'agacement. Le fait de forger n'était pas tout, il fallait s'occuper du gamin aussi... Bon, pour le moment il pouvait se balader à sa guise, mais demain sera une autre histoire. Le rendre apte à un entrainement était l'objectif premier, décida l'ancien assourdi par le battement ses tempes.

"-Héhé, nous voilà au port…"

Trainant ses pattes sur le chemin rocailleux, Alan avait enfin réussit à trouver son point de repère. L'odeur des poissons fraichement attrapé enveloppait déjà l'atmosphère, tandis que les cris des premiers marchants retentissaient. Les bras ballants, les épaules tombantes, l'enfant portait sur le monde un regard fatigué. Cependant, cet environnement familier le requinqua légèrement, poussant l'aventurier à la recherche d'un beau spécimen. Mais ses forces étaient faibles, une journée entière à tenter de couper des arbres les avait vidées. Chaque pas lui infligeait une douleur musculaire, rappelant qu'un lit serait bien plus utile qu'un poisson. Il voulait malgré tout profiter de cette pause soudaine acquise avec beaucoup de difficulté. Le nombre de coup qu'Alan avait dû recevoir pour que son maître accepte enfin... Il pouvait enfin arrêter de se tuer à la tâche! Le temps était maintenant disponible pour faire des recherches scientifiques, il devait s'entrainer pour rejoindre un jour l'ORSHO après tout.

Un petit ricanement s'échappa du gamin, emporté par l'excitation de son nouveau but. Ce serait vraiment merveilleux de pouvoir en faire partie… C'est ainsi que, sans se laisser convaincre par l'épuisement l'enfant partit à la découverte des quais. Son calepin trônait déjà dans sa main tremblante, tandis que ses yeux recherchaient son prochain sujet d'étude. Le marin ivre mort chantant aurait put être un sujet intéressant, mais notre ami voulait quelque chose de plus aquatique, de plus nouveau. Après avoir déambulé avec lenteur entre les navires sans rien trouver, son impatience reprenait le dessus. Ces pêcheurs ne connaissaient-ils donc pas leur métier?! Aucun poisson incroyable, aucun spécimen intéressant... Était-il vraiment possible que notre ami se retrouve sur la seule île où il ne pourrait étudier? Heureusement, une agréable surprise lui fit reprendre courage. La marchande habillée en vert lui avait offert une sardine grillée pour le consoler, amadoué par l'image de la nouvelle génération affamée et pourtant déterminée. Ce cadeau fit l'effet escompté, allégeant le corps enfantin fatigué de la faim. Peu de temps après, le gamin mâchait tranquillement cette délicieuse nourriture assis les pieds dans l'eau, profitant de son repos mérité. Ses yeux verts contemplait l'horizon.
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Alan Carman
Alan Carman

♦ Localisation : West Blue

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Dorikis: 800
Popularité: 5
Intégrité: 0

Lun 17 Sep 2012 - 19:51

17h37

Une foule de badaud s'était regroupée sur les quais, attirée par l'étonnant spectacle qui s'y déroulait à présent. Tous étaient invités par la voix d'un vieux pêcheur, qui comptait bien tirer profit de cet étrange évènement. Plutôt que de perdre un poisson bon pour la vente, il comptait faire rentrer la monnaie sur le dos d'un innocent. Tout le monde n'est pas honnête dans ce monde de brutes, aux jeunes d'apprendre cela. Comme dirait certains : "C'est le jeu ma pauvre Lucette". Et puis, c'était presque du vol. Vous vous imaginez en train de vendre tranquillement votre récolte, quand un enfant d'une dizaine d'années débarque pour vous demander s'il peut regarder un de vos poissons? Qu'est-ce que vous faites? Bah si vous êtes trop gentil, vous voyez soudainement votre dur labeur se faire découper en miette sous des commentaires de biologiste à la noix…

Après avoir repris quelques forces grâce à une femme très gentille, Alan s'était remis à parcourir les différents établis sur lesquels était entreposée la pêche. Ses muscles le faisaient encore souffrir, mais il voulait apprendre à surpasser sa douleur pour pouvoir rester concentré à chaque instant. Autant commencer par un animal simple qui lui permettrait de se remémorer diverses caractéristiques des poissons. Ou plutôt prendre une espèce qui mettra quand même ses capacités à l'épreuve… Peut-être une d'une taille un peu plus imposante? Il avait la fâcheuse manie de ne s'attaquer qu'à des proies de sa taille. L'heure du combat avec un poisson de plus de 40 centimètres avait sonné. Fini le temps des enfantillages, fini les entrainements de menu fretin. Oui, cet adversaire sera ce Sili Mor trônant brillamment au milieu de ses compagnons!

"Dites, m'sieur, j'peux r'garder votre congre s'il vous plait?"

Dépassant seulement de quelques centimètres, la paire d'yeux verts fixait le pêcheur avec douceur. Prenant l'air impressionné, tout en maculant son visage d'un sourire enfantin, Alan attendrissait le vieil homme de sa petite bouille adorable et fatiguée.
Un petit sourire enfantin et le tour était joué. Merci à toi camarade de classe de m'avoir apprit à faire les yeux doux. Tranquillement l'enfant s'installa près du stand et sortit difficilement son matériel de la sacoche. La bassine était trop petite, si bien qu'il installa sa planche de bois dans une mare d'eau propre. Certes l'odeur de poisson qui s'en dégageait pouvait faire grimacer certains, mais rien ne peut décourager un fils de pécheur, surtout pas ce fumet délicat. Notre ami se munit tout d'abord d'une paire de ciseau avant de prendre le spécimen dans ses mains. Au moment où il s'apprêtait à ouvrir sa bestiole, une petite voix fluette le tira de sa concentration.

"- Tu fais quoi?"

Relevant les yeux, il aperçut une petite fille de son âge observant avec intérêt ses mouvements. Les petites boucles dorées qui tombaient sur les bretelles d'une jolie robe bleue marine aux motifs de poissons. Légèrement intimidé par la mignonne, le gamin rougit avant d'oser lui répondre.

"- J'étudie ce poisson pardi!"

Le regard de la fille semblait ne pas comprendre, si bien que notre ami se mit en tête de tout lui expliquer sur le fameux Sili Mor. Étaler sa science était un exercice que l'ainé des Carman appréciait tout particulièrement, non pas pour se rendre intéressant, mais uniquement par passion. Il étala méticuleusement le congre sur le coté pour permettre à sa nouvelle copine d'observer entièrement le spécimen.

"-Tu vois, il a la forme d'une anguille et n'a pas de nageoire pelvienne ici, donc il appartient à l'ordre des Anguilliformes. Mais c'est pas une anguille du tout, parce qu'on peut voir là que sa nageoire dorsale commence juste après les nageoires pectorales. En plus, c'est la mâchoire supérieure qui domine l'inférieure, et non l'inverse comme chez les anguilles… Alors c'est un conger conger!"

Joignant le geste à la parole, le petit biologiste désigna de la main les différentes parties anatomiques du poisson. Voyant que son auditrice ne comprenait pas tout, il se décida cette fois à apprendre les bases de l'anatomie du poisson à cette ignare de la science. Il ne se rendait pourtant pas compte que deux autres passants s'étaient mis à l'écouter. La queue du congre fut la première désignée sous son nom scientifique, c'est-à-dire la nageoire caudale qui permet à l'animal de créer une impulsion lui permettant de se déplacer. Cette dernière n'est d'ailleurs pour cette espèce pas différenciée de la nageoire dorsale. Au passage, il lui fit remarquer tout en les pointant du doigt que les nageoires anale et pectorales étaient aussi des membres de locomotion… Cette fois, les mains du garçon se stoppèrent juste au dessus l'une nageoire pectorale. Il invita la jeune fille à palper une sorte de lame rigide recouvrant l'organe respiratoire de l'animal.

"Tu vois, ici, c'est l'opercule, ça permet au poisson de protéger ses branchies. Et elles c'est pour respirer mais ça tu l'sais déjà, non?"

Relevant les yeux vers son élève, Alan découvrit avec surprise non pas un mais plusieurs acquiescements suite à sa dernière remarque. Il y avait maintenant derrière lui trois enfants et deux adultes qui contemplaient l'animal dans toute sa splendeur. La petite blonde toujours présente, un gamin de 14 ans aux cheveux bruns, son frère petit et joufflu, ainsi qu'un couple de touriste qui prenait cela pour une attraction assez étrange. Le moins âgé de la bande s'avança un peu vers lui pour lui chuchoter quelque chose à l'oreille, un peu intimidé. Surpris par cette question idiote, Alan prit un air légèrement fâché pour insister sur le fait que la réponse était évidente.

"Mais t'es bête! C'est comme pour nos poumons! Sauf qu'au lieu de filtrer l'air comme nous, c'est de l'eau qui circule assez vite…"

Une deuxième question émergea de ses spectateurs, puis une troisième… Un flot d'incompréhension inonda l'esprit du petit biologique. Ignoraient-ils vraiment les bases de la biologie? Ils ne savaient même pas comment leur propre corps fonctionnait! Comment voulaient-ils qu'ils leur apprennent tout ça avec comme unique exemple un poisson… Des ingénus, voilà ce qu'ils étaient. Heureux les simples d'esprits, qui s'étonnent du moindre exploit de la nature. Un vague sourire se dessina sur les lèvres enfantines, alors qu'il songeait à cela. Il se souvint alors de la raison pour laquelle il s'était mis à étudier les animaux. Toutes les questions qu'il posait à ses parents n'étaient comblées que par des réponses trop vagues à son goût… La bibliothèque avait été alors pour lui une libération.
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Alan Carman
Alan Carman

♦ Localisation : West Blue

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Dorikis: 800
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Intégrité: 0

Mar 18 Sep 2012 - 20:04


20h36
Une grimace de douleur s'afficha sur le visage usé par les années, tandis qu'il posait ses lourdes fesses sur sa chaise. Ses vieux os le faisaient souffrir de plus en plus... Plongeant les yeux dans le liquide ambré lui faisant face, le vieil homme cru y discerner un visage réveillant dans son regard une lueur passée. Depuis combien de temps n'avait-il put s'amuser à créer? Les années s'étaient enchainées tellement rapidement qu'il devenait impossible de les compter, des siècles pouvait bien s'être écoulés. Pourtant, l'arrivée de cet incapable d'enfant lui rendait la mémoire. Comment avait-il put ranger au plus profond de son esprit les joies de la passion, de l'expérimentation? Ses jeunes années refaisaient surface au fond du verre de rhum, embrumées par le temps fuyard. Pensif, le forgeron s'aperçu alors qu'il allait s'agir de sa dernière œuvre… Ce sera un objet surprenant, peut-être pas aussi solide qu'un meitou mais aussi surprenant et résistant qu'un animal mystique…

"- N'est-pas Bob? Comme celui qu'tu cherchais, vieux briguant des mers…"

D'un trait, Katami vida le verre de sa substance, se laissant gagner par la douce chaleur de l'alcool. Le doc' avait raison, il le savait. Mais si ses derniers jours approchaient réellement, le vieillard les écoulerait d'une manière qui lui conviendra. Peu importe si l'échéance s'en verra réduite, l'ennui ne prendra pas possession de son être. Serrant son cœur de sa main ridée, il laissa ses jambes fatiguées se relever pour le diriger vers la chaleur des flammes. Saisissant son marteau, il finalisa la petite hache destinée à Alan, ce p'tit vaurien qui avait bien b'soin d'un peu d'muscle. Où qu'il était passé d'ailleurs ce flemmard? C'est à cet instant que des bruits de pas parvinrent à son oreille…

Trainant ses pieds le long du sentier, le petit biologiste grimpait difficilement la pente menant à l'antre du vieux fou. Une seule idée lui trainait maintenant en tête: dormir. L'appel de Morphée était si grand qu'il succomberait bien immédiatement, au milieu de nulle part si sa raison abdiquait… Même si le soleil venait à peine de disparaitre derrière l'horizon, il lui semblait que des siècles s'étaient écoulés depuis son dernier temps de repos. Incapable de sentir le moindre de ses membres, l'enfant se laissait hypnotiser pas le tintement des pièces lui-même rythmé par ses pas incertains. Jamais il n'aurait pensé gagner ne serait-ce qu'un Berry en expliquant le fonctionnement d'un poisson… Il était même engagé par le pêcheur pour mettre en valeur la récolte de la mer… Au moins, le biologiste allait pouvoir économiser des sous pour se payer un transport vers Ohara… Vers l'ORSHO. Oui, ce sera plus rapide que d'aller d'île en île au gré des voyageurs. Mais ces quelques Berrys ne suffiraient jamais pour traverser West Blue… Peut-être devrait-il trouver un travail au revenu plus élevé, il se renseignerait demain en ville…

Un long soupire lui échappa, alors qu'il se rendait compte que ses dernières forces le quittaient. C'est à cet instant qu'il leva son regard, découvrant avec soulagement les petites maisons du forgeron. L'atelier était éclairé, mais il prit immédiatement la direction de sa chambre. Le lit était son objectif premier, Alan pouvait bien laisser la brute à son insomnie. D'un pas lourd et trainant l'enfant pénétra dans la salle. Alors qu'il se dirigeait dans un ultime effort vers le repos, son pied rencontra un objet lourd et invisible. N'ayant pas l'énergie suffisante pour résister à l'attraction terrestre soudainement plus grande, il s'effondra tête la première en direction de son lit. Son crâne percuta le mur, assommant pour de bon l'enfant.

"-Aie…"

Sur ces derniers mots à la signification si subtile, le biologiste sombra dans les méandres du sommeil. Oubliant même cette dernière douleur, il rejoint l'ORSHO et ses équipes scientifiques. La sourde résonnance de ce choc dans son cerveau l'envoya à une vitesse folle dans son monde. Plus aucun mystère ne pouvait lui résister. Aucun scientifique ne pouvait ignorer son nom s'il voulait pouvoir étudier la vie marine. Chacun de ses travaux était maintenant indispensable pour eux. Ce n'était plus un enfant aux idées farfelues, mais un grand biologiste dont le nom s'étendait sur le monde entier comme l'homme qui découvrit All Blue. C'est de cette manière qu'il rentrait dans la légende du monde, rejoignant sa place au près du Vtelif, auprès de son ancêtre le fameux Kilian Carman…

Le vieil homme faillit mourir de rire devant l'image qui s'affichait maintenant devant lui. Le gamin était installé les fesses vers le ciel, crâne bosselé et plongé contre le mur. Une bien étrange position pour se reposer. Un ronflement régulier laissait pourtant croire que cette position restait confortable… Abritant l'enfant du froid de la nuit en le couvrant d'une couverture, il s'en alla rejoindre son atelier le sourire aux lèves. Qui avait bien put lui foutre un imbécile pareil… Il se demanda si Bob se comportait de la même manière avant de devenir le fameux marin. Kata' repensa alors à sa dette…
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