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C'est la maison qui offre !




Il fait beau et chaud ce jour. On est en fin d'après midi et aujourd'hui c'est mon jour de congé. En fait je ne suis pas officiellement en congé, je suis interdit de séjour au restaurant depuis ce matin. Le patron, de retour de son voyage à but lucratif, n'était déjà pas de très bonne humeur car il n'avait pas obtenu ce qu'il souhaitait c'est à dire la permission d'ouvrir une annexe sur l'ile voisine. En entrant dans son bar il tomba des nues. Il était sans dessus dessous après le passage de la tequila compagnie. Et moi, je dormais à point fermé sur le comptoir avec une pinte vide qui comme par magie semblait fixée à ma main droite. Les chaises étaient renversée et les tables pleines de verres sales et de bouteilles vides. Il ne connaissait rien à la situation et à force d'association d'idée il en a conclu que j'étais responsable de tout ce tintouin. Je ne lui en veux pas. J'appris plus tard que les villageois s'étaient occupés de chasser les pirates du port et jugeant que j'en avais assez fait m'avaient laissé me reposer. Après un bon réveil au sceau d'eau et une bonne tarte à cinq doigts derrière la tête il beugla de toutes ses forces qu'il ne voulait pas me revoir de ci tôt. Je n'eus ni la force, ni la lucidité de lui expliquer la situation.

- «Tu as même réussi à casser une étagère petit morveux, je retiendrais ça sur ta payes !» me lançât il alors que je franchissais la porte en titubant.

Je ne voulais pas rentrer chez moi pour le moment imaginant déjà ma grand mère, attendant le signal sonore de la porte d'entrée se refermant en grinçant. Furtivement cachée quelque part dans la maison, casseroles à la main, prête à me rendre le jugement qu'elle me réserve à chacune de mes nuits dans la nature. Non il valait mieux pour moi attendre qu'elle ai bu son premier rosé de la journée c'est à dire peu avant midi. Tiens, un bon rosé ne serait pas de refus. Ce n'est pas trop violent de bon matin. Cela me permettrait d'étancher la soif que me cause l'astre du jour qui, à peine levé vous prends le chou si vous omettez de vous le couvrir.
En déambulant dans les rues peu fréquentées en début de journée je m'arrêtes dans un petit commerce qui tient lieu d'épicerie à toutes heures. Les rayons sont étroits et je m'y sens mal. Faisant au plus vite j'attrape un citron et me diriges à la caisse. Pour éviter aux plus jeunes de tomber dans les joies de l'alcoolémie toutes les bouteilles sont placées dans le dos du gros épicier . Sa trombine me dit quelque chose mais il m'est impossible de me souvenir d'où je l'ai croisé. Pas facile pour quelqu'un qui travaille dans un troquet de re-situer tout le monde, il faut voir l'affluence à la journée. Imaginez le nombre de têtes que je croise. La pitanche ne m'aides pas non plus à développer ma qualité de physionomiste. En outre je ne reconnais que les habitués. C'est tête baissée que je m'approche de lui, un peu par honte de mon état. Je suis sâle et en lendemain de cuite, ça ne donnes pas très envie généralement.

- « Alors p'tit gars, tu ne prends qu'un citron ? Mais attends voir … Tu s'rais pas … Tu s'rais pas l'apprenti de Sammy par hasard ? Celui qui a donné une bonne leçon à un équipage de pirates hier ?

- Hum , ouaip c'moi, combien j'vous dois? J'vais vous prendre deux bouteilles de rosé avec ça siouplaît.

- C'est la maison qui offre, j'étais présent hier et j'te félicite, t'es sur la bonne voie gamin !»


Je sors de la petite échoppe un peu surpris. Dans la rue j'ai le droit à des sourires et des salutations inhabituelles de gens que je ne connais pas. Cela ne durera qu'un temps songeais-je, jusqu'à mon prochain concert improvisé face à la mer. C'est d'ailleurs la direction que je prends. Quoi de plus appréciable que de déguster une lampée ou deux de grenadine pour adulte sur une plage? Dans le sable je prends place sous un grand arbre qui me cachera du soleil cet après midi. C'est la saison des amours chez les makis de notre île. Les makis sont des petits singes au poil court et clair. De nature commode et joueur il est déconseillé de les ennuyer lors de leurs accouplements car ils possèdent des dents vivement acérées. Avec ma chance légendaire j'ai choisi le seul endroit de la plage où deux de ces petits animaux ont décidé de se tourner autour. Le mâle me fixe du regard, je fixe la femelle du regard, la femelle fixe le mâle du regard. Aucun d'entre nous ne fait le moindre mouvement jusqu'au moment où la femelle décide sans doute que je ferais la meilleure des diversions et me saute dessus. D'un geste du bras je l'envoie valser quelques mètres plus loin sur le sable. La réaction du Don Juan aux quatre mains ne se fait pas attendre, il pousse des cris de fureurs et montre les crocs au ciel pour bien me faire comprendre que je vais passer un sale quart d'heure. S'en suit un spectacle bien ridicule. Le bougre me court après et moi je fais de grands cercles sur la plage en espérant qu'il perde patience et me laisse à mes deux amis de verre qui m'attendent à l'ombre.

- «Laisse moi tranquille macaque ! J'te la laisse ta boule de poils et puis j'en ai déjà une moi, elle s'appelle Méli, tu m'crois pas ? Va demander à mon chef ! Merde mais comment tu fais pour courir si longtemps hein ?! Et puis d'abord t'es qu'un singe alors tu devrais pas m'faire peur ...»

Tout d'un coup je réalise, c'est vrai bordel j'devrais simplement lui en coller une et basta ! Je m'arrêtes sur le champ. Il en fait de même, grognant et bavant en signe d'intimidation.

« C'est bon ?! T'es calmé ? Tu veux boire un coup avec moi ? Nan ? Ben fiches le camps allez oust !»

Il se passe un temps fou durant lequel la boule de poils et moi restons en phase d'observation. Finalement mon opposant, voyant sa douce se faire la belle, tourne les talons et s'en va remonter sur son arbre. Calmement et les bras bien en évidence je récupère toutes mes affaires et m'installe au soleil. Je suis en paix, seul, mes yeux rouges dans le grand bleu. C'est une joie de courte durée malheureusement. Une petite heure plus tard quelqu'un approche. C'est une silhouette titubante, au crâne blanc qui viens vers moi. Je me frotte les yeux, me pince le bras. Rien à faire ce n'est pas le soleil, ni le rosé qui m'insufflent une sorte de mirage. Bientôt la distance entre nous deux se réduit et je peux mieux apprécier les détails. Apparemment il sagît d'un homme, je ne peux le vérifier car son visage entier est recouvert de bandes blanches. C'est effrayant ,mamie me racontait souvent que, dans les temps anciens des hommes morts et importants, se faisaient couvrir de parfums et de bandelettes. Ils finissaient par se relever mi vivant mi macchabée et par errer les bras en avant. Mieux valait ne pas tenter le câlin gratuit avec eux d'après les dires. Il crie. Sa voix est étouffé par le tissu qui le couvre. Après un rapide calcul, il n'a pas l'air très dangereux. Je ne bouge pas de ma place, calme. Quand il stoppe sa course il est a porté de trinquage et je ne manque pas d'entamer la conversation par le saluer à ma manière. Je ne le regarde pas , mais lui tends la bouteille. C'est un geste simple qui permet de calmer le jeu et de mettre à l'aise la personne inconnue qui se tien en face de vous. J'avoue que cela me permet aussi de tirer mes premières conclusions sur un nouveau venu. S'il accepte c'est qu'il est de bonne consistance, je veux dire qu'il à de bonnes manières. C'est un cliché qui me trompes souvent, et c'est le cas ici. La tête de momie s'empare de mon breuvage tout en respirant fort du chemin qu'il vient de parcourir. Pour introduire le goulot dans son gosier il relève l'une des bandelettes ce qui lui permet aussi de parler désormais.
"Salut Leî ! Bravo pour hier soir . Une gorgée. J'ten dois une belle, j'ai gagné un bateau moi dans l'histoire ! Quelle plaie j'ai vraiment mal à la tête … Une gorgée. Cette foutue étagère ne m'a pas loupée, mais j'avoue que les infirmières non plus. Une autre. Elles ont pas trop appréciée que je veuilles sortir de suite pour te retrouver et m'en on collé une ou deux.

- Sammy ?!"
Dis-je les yeux ronds comme une queue de pelle.

- Bah oui évidemment tu t'attendais à qui ? Quoi qu'il en soi viens au O'kay west ce soir j'organise une réunion avec Alex ( notre patron ) et le staff. J'ai peut être un projet qui peut nous rapporter gros. Payer un emplacement dans le port de l'île voisine pour notre nouveau bateau et ouvrir l'annexe du O'kay west la bas !»


C'est quand il eu fini sa phrase que le chef se rendit compte qu'il avais finit le rosé. Il haussa les épaules et annonçât qu'il allait aller en chercher d'autres, que de toutes façon ,pour lui travailler dans ces conditions n'était pas possible. Et encore il n'avais pas vu l'état de la salle et de la cuisine après le passage des pirates. Il ajouta qu'il souhaitait entendre cette histoire de ma bouche. Que je serais le plus près de la vérité. Je penses que le coup qu'il a prit sur la tête a du lui faire oublier le nombre de verres qu'il m'a servi la veille.

«Je reviens dans une heure p'tit gars !»

Une heure c'est bien trop long me dis-je. Il y à bien longtemps que j'aurais terminé la seconde. Boarf, temps pis, avec un peu de chance je trouverais des partenaires de beuverie sur la plage. Ou j'prendrais l'apéro avec les singes ...
    Bon, voila ! Encore une ile à cocotiers perdu au milieu de nulle par. Y’a des fois, on n’est pas verni. Sam ronchonnait à l’idée de devoir courir après ses primes dans cette moiteur subtropicale.

    Le problème, ce n’était pas tant l’ile en elle-même mais ce bon dieu de soleil. Son arrivée dans West Blue promettait pourtant des jours plus sombres, un temps couvert, des nuages noirs, du froid, des tempêtes et tout, et tout, mais non ! Encore un putain d’atoll paradisiaque qui empeste le karité et l’ylang ylang. Au moins, les cinq pots de « Coconut solar cream » qu’il avait piqué à un pirate albinos la semaine passée allaient lui être utiles. Mais bon, les bleds perdus, il en avait son gonfle. Une chaleur à crever, sous un soleil de plomb. Perdu au milieu de nulle part. là c’était le pompon.

    Mais vu la prime promise par la marine, l’équipage des « Tequila’s Pirates » était vraiment un bon coup. Le problème de tous les bons coups en matière de piraterie, c’est qu’on les trouve la plus part du temps à picoler dans les rhumeries paumées, et comme toutes les rhumeries paumées, elles se trouvent la plus part du temps dans des trous encore plus paumés…Comme cette ile par exemple. Bon ceci dit, s’il réussissait cette prise, il serait tranquille pendant au moins deux mois, parce que là, pour le moment, il était plutôt raid. Il lui fallait faire le plein de Berrys pour rejoindre la Team Rocket.

    Sitôt débarqué, Sam avait payé son dû aux bateliers qui lui avaient souhaité « bon vent » en se poilant, et enlevant l’encre aussitôt. Faut croire qu’eux non plus n’avaient pas envie de moisir ici.

    Sam avait alors mis son baluchon noir sur le dos, et sitôt déposé sur la plage avait pris la direction du bled qui pointait un peu plus loin. Il commençait à afficher une mauvaise humeur palpable. Au fur et à mesure qu’il avançait, il se rendait compte que ce qu’il prenait pour un amas de case construite à la va vite était finalement plus proche du port de plaisance que du bouiboui. Des bâtiments en pierre taillée, un peu d'animation, pas mal de garrottes, finalement ça n’avait pas l’air si mal…D’ailleurs, un petit verre ne serait pas de refus, le voyage avait été long et un verre de rhum lui ferait du bien, ou à défaut, lui ferait peut-être passer sa mauvaise humeur. Il, pénétra dans le premier troquet dont le nom lui parla un peu: « Le O’key West ».De dehors ça paraissait pas mal…

    Il poussa la porte et contempla la pièce, c’était un innommable bordel ! Les débits qui jonchaient le sol et les vapeurs d’alcool coco/banane qui flottaient dans l’air expliquaient à Sam qu’une soirée bien arrosée avait finalement du finir en bagarre.

    *Bah si, finalement, c’est bien un bled pourris ! * se dit Sam.

    Au milieu des chaises renversées et des choppes brisées, un bonhomme rondouillard balayait en mugissant, s'acharnant avec un pauvre balais à décoller des bouts de verre du plancher, probablement collés au jus de fruit. Il avait l'air passablement énervé et marmonnait un truc du style:

    Grmbll…P’tit moveux…Grmbl… Retiendrai sur sa paye….Grr !

    Sans même entrer, Sam referma là porte d’un air dépité et fit demi tour. Rebroussant chemin, il espérait que l’équipage de «l’étoile filante» soit encore là. Tant pis pour les pirates, pas question de perdre son temps chez les ploucs.
    A son arrivée sur la plage, «L’Etoile filante », qui portait bien son nom cela dit, filait déjà au loin.
    Contrarié, Sam fila un coup de latte à un pauvre palmier qui sous le choc, se délesta d’une noix de coco. Sam tendit la main et attrapa, l’air toujours aussi renfrogné. Puis il sortit sa machette et décalotta le pauvre fruit d’un coup. Histoire de ne pas griller, il s’assit sous le palmier pour boir le jus tiède de la coco et, juste après avoir fini, se remit une couche de crème solaire. Maintenant qu’il était coincé ici, il n’avait plus qu’à trouver ces pirates.

    Pas très loin de lui, sous un autre arbre se tenait un bonhomme plutôt maigrichon, une bouteille à la main et qui était en train de causer à des singes. Sam se demandait bien ce qu’on pouvait bien avoir à dire à un singe. Cette ile avait l’air de vouloir tenir ses promesses…

      Le liquide rosâtre ne mit pas longtemps à faire effet. Ceci ajouté au soleil qui tape sur mon crâne depuis bientôt deux heures. Les primates sont revenus. Ils se sont assis à quelques mètres de moi, sans bouger mais en me fixant avec des yeux de cocker. Je pense que c'est une habitude qu'ils ont pris car elle leurs permet de manger à l’œil pendant la période touristique. Dans l'esprit collectif des humains, les singes sont des bestioles un peu stupide. Faux ! Ce sont des rusés, les gens oublient vite l'expression " malin comme un singe". Je m'en méfie mais je n'ai rien contre eux finalement.
      Je me rends compte que l'alcool à fait son travail quand je me surprend à crier sur les deux animaux.

      - " (...) Et puis de toutes façon , vous êtes que des profiteurs, barrez vous ! J'ai rien à daller et j'partage pas la picole avec un macaque qui cours plus vite que moi !" Les deux tête de mes victimes, d'un mouvement synchrone d’incompréhension, se penchent sur le coté.

      Je pointe le mâle du doigt en beuglant que " Je veux ma revanche demain soir au coucher du soleil, sur la colline, juste toi, moi et deux grosses bananes ! Heuu nan oublies ... Toi moi et ... Une bouteille pardi ! vous êtes sur que vous picolez pas ?" Il se trouve que j'aurais finit par prendre l'apéro avec les singes ... Enfin, j'ai pris l'apéro, les singes se contentant de reproduire les gestes verticaux de mon coude. je ris. Je suis à l'aise avec eux, le calme règne .
      J'oublie mes deux auditeurs pour un temps et survole la plage du regard. Je plisse les yeux pour tenter de définir mieux la silhouette qui avance vers la mer. Il regarde au loin un navire s'éloigner . Puis son regard se porte sur moi .C'est les yeux grands ouverts que je me demande si le marchand à ajouté quelque chose dans son vin, sérieusement, je vois des morts vivants partout aujourd'hui ! Entre les bandelettes de tout à l'heure et ce mec tout blanc y à de quoi flipper ! Il est en train de défoncer un palmier en plus !Il va s'faire bouffer par les singes s'il continu !Cette fois ci je me lève, bouteille vide à la main. J'avance vers lui tranquillement. C'est un homme "Normal" mais qu'il est pâle ! A destination ( à deux longueur de bras ), je lui tends le goulot sans le regarder pour le saluer et entâme :

      - " C'est quoi cette blague ?! tu fou les j'tons ! t'es pâle comme une "ruche blanche" ! si j'avais pu j'ten aurais bien fait une, la vodka t'aurais redonné des couleurs.Pour l'instant faut se contenter de ça. Et puis comment tu fais pour couper une noix de coco net avec une machette ?!"

      Je suis surpris, je sent qu'il prend la bouteille. Il accepte, j'aurais finalement trouver quelque chose à faire de mon jour de congé. Je relèves la tête tout sourires à l'idée de prendre l'apéro avec quelqu'un. Les gens énervés, tristes ou déçus sont des cibles faciles, il suffit en général d'un verre pour en faire un compagnon de beuverie! comme j'ai l'habitude de dire " un verre en entrainant un autre ... ". Le spectacle qu'il m'offre alors me fait l'effet d'un couteau dans l'abdomen, enfin j’imagine que ça fait quelque chose dans ce genre. Je suis figé , le regard droit face a moi, le souffle coupé net. Il n'avait pas dit mot mais agitait lentement la bouteille devant mon nez ... Vide. Je suis à moitié dépité , à moitié honteux.

      - "haa Désolé ! Si tu veux j'te payes un coup dans le restaurant où je travaille ?Le patron ne doit plus m'en vouloir s'il à vu des clients qui lui ont racontés pour les pirates ... D'ailleurs t'es pas un pirate pas vrai ? parce que j'ai pas assez picolé pour foutre une raclée à un pirate fantôme. 'Fin j'ai rien contre toi hein? J'ai rien contre les blancs ... ni le blanc d'ailleurs !
      "

      Je me rends immédiatement compte que ma tentative de plaisanterie est pitoyable en scrutant son visage impassible. Heureusement pour moi Sammy est de retour avec le ravitaillement. J'enchaine un demi tour net. Les deux singes sont juste derrière moi. Ils ont toujours leurs yeux larmoyant et rond, j'en conclut rapidement qu'ils ne sont pas dangereux. En revanche je suis copié à chaque mouvement. Quand je marche vers le chef, ils me suivent l'un derrière l'autre. La proximité avec l'alcool me rends joyeux, je chante :


      - " Aahh vous pouvez chercher loin,
      Boire et r'boire dans tout les coins
      Jamais bière n'aura si bon goûûûûûûûût
      Que celle que l'on trouve par chez nous !"



      J'empoigne la plus poussiéreuse des bouteilles qui se trouve dans le sac du chef, et la tends sur le champ au nouveau venu.

      - " Finalement on picole au soleil jusqu'à ce soir, l'apéro c'est ici HAHA !"Criais-je plein d'entrain en dansant sur place.
        Ce qui est certain quand on arrive dans un endroit qu’on ne connaît pas c’est qu’il faut éviter de faire mauvaise figure avec les « locaux », et ce, pour une raison simple : on ne sait jamais qui on a en face de soi. Une fois, Sam était tombé sur un village dans une ile reculée dont les habitants s’étaient révélés être des cannibales. C’était cette fois où il avait retrouvé le révolutionnaire qu’il pourchassait transformé en rôti aux pommes. Il avait fallu la jouer fine pour leur subtiliser leur repas sans se faire croquer. La marine avait d’ailleurs rechigné à payer la prime, du fait de la difficulté à identifier le client.

        En fait il y a des règles quand on arrive en terre inconnue. D’abord, cela ne sert à rien de se montrer inamical si l’autochtone se montre courtois. Tant que la personne en face de vous ne démontre aucune envie de vous détrousser, de vous taper ou de vous manger, il n’y a aucune raison de se montrer agressif. C’est autant d’ennuis inutiles qu’on évite. L’habitant est souvent un allié utile. Il sait en général comment trouver à manger, un logement, et surtout, il connait le terrain!

        Sam avait une prédisposition naturelle à saper ses relations sociales avec les autres humains. C’était l’occasion de voir un il en était, socialement parlant car le type qui causait aux singes s’approchait de lui.
        Celui ci avait un drôle d’air. A voir ses yeux injectés de sang et la façon dont ils’ exprimait, on comprenait aisément que le bonhomme était passablement éméché. Il semblait toutefois de bonne composition et en plus d’être plutôt jovial, avait un visage plutôt sympathique.
        Sam, décida donc de se montrer poli et décida d’abord, de ne pas relever les remarques sur son look de cadavre animé, puis accepta la bouteille que lui tendait l’inconnu.
        Il se força même à sourire, intérieurement…

        Bon jusqu’ici, la prise de contacte semblait plutôt pas mal. C’est sur que socialement, Sam progressait de jour en jour ! Bon, le bonhomme lui avait tendu une bouteille vide, mais c’était tout de même un début.
        Il lui agita la bouteille sous le nez et se décida à lui parler, alors qu’un nouveau venu avec des gros pansements sur la tête les rejoignaient, bouteille à la main.

        Sam avait toujours eu une drôle de voix, aigue et rocailleuse à la fois, comme s’il avait une grosse laryngite. Une voix taillée sur mesure pour lui. Il décida de s’en servir.

        Euhh ! J’m’appelle Sam.
        Pour la noix de coco, c’est juste que j’aie fait longtemps la tambouille au restaurant de Papa.
        Tu dis que t’as vu des pirates ? Je suis à la recherche d’un gros cochon alcoolique avec un accent hispanique. Ca ne te parle pas des fois? Et pour répondre, chuis pas un Pirate, au contraire, je les chasse.

        Le type regarda un instant les singes et se retourna vers Sam, le toisant de haut en bas.
          Bon, le bonhomme qui s’était présenté comme un certain Leî avait passé un bon quart d’heure à lui expliquer comment les pirates avaient déguerpi après un duel de beuverie. Leî était plutôt sympa,il l’avait invité à continuer de se saouler, Sam avait préféré décliner l’offre. Il préférait partir à la nage plutôt que de rester dans ce coin perdu : même les pirates ne voulaient pas y rester !

          Fallait maintenant qu’il trouve un moyen de rejoindre James et les autres. D’après ce que Leî lui avait dit, il ne passait pas un bateau tous les jours. Fallait trouver une solution.
          Seul sur le ponton, Sam regardait se coucher le soleil. Puis la lune pointa le bout de son nez. Sam attendit, perdu dans ses pensées, ruminant, bougonnant…
          Lorsque le premier rayon de soleil éclaira l’horizon, Sam plissa les yeux. Il avait passé toute la nuit à ruminer sans bouger d’un pouce. Alors qu'il s'étirait en baillant, un bruit attira son attention sous le ponton. Couché sur le plancher, Sam passa la tête en dessous pour voir ce qu’il s’y passait. Une grosse tortue verte était en train de ramper sur le sable. Sam sauta de son perchoir et s’approcha de la bestiole qui le regardait d’un air placide.

          Spoiler:
          -Salut la tortue.

          -…

          -Quoi de neuf.

          -…

          Sam avait tenté une approche la plus chaleureuse possible mais là bête ne semblait pas très réceptive.

          *Sam, mon pote, tu deviens barjo, tu parles avec une tortue.*

          -Bon voila, je ne vais pas y aller par quatre chemins, t’es une tortue et moi je suis un chasseur de prime paumé sur une ile déserte.

          -…

          -Bon ça à pas bien l’air de te secouer ce que je te raconte là mais j’ai une proposition à te faire :

          -…

          -Je suis le meilleur pêcheur de poulpe, de seiche et de pieuvres de tout Southblue !

          La tortue sembla écarquiller les yeux.
          -… ...

          -Voila je vois qu’un se comprend. J’ai un marché à te proposer.

          Sam regarda autour de lui pour s’assurer qu’il était bien seul, il n’aurait pas bien aimé que qui que ce soit le voit en pleine conversation avec une tortue verte, il se sentait déjà assez ridicule comme ça.
          Sam se mit accroupis et s’approcha de la tortue.

          -Si tu m’aide à rallier une ile civilisée tu pourras manger autant de poulpes que tu voudras…

          Contre toute attente, Sam vit la tortue frissonner, ses grands yeux brillants étaient grands ouverts, attentifs et plein de désir, pour un peu, elle en aurait salivé !
          Sam en restât bouche bé, il était presque certain que la tortue avait compris ce qu’il venait de lui dire !
          Puis la tortue se détourna de lui et rampa vers la mer. Sitôt qu’elle eut pénétré dans l’eau, elle tourna la tète dans sa direction et lui dit :

          -…

          Sam Les yeux écarquillés n’en revenait pas, pour peu, il en aurait souri…
          Il ramassa son baluchon en quatrième vitesse, fourra trois noix de cocos, ses bottes et ses couteaux et mis les pieds dans l’eau. Il avança vers la tortue qui avait reprise son air placide, elle semblait toutefois l’attendre. Sam leva une jambe et la passa prudemment par dessus la carapace de la tortue et s’essayai dessus. La tortue ne broncha pas.

          -Si c’est bon pour toi, on peut y aller coco.

          La tortue se mit doucement à nager, Sam n’en revenait toujours pas.
          Tu verras, quand on sera arrivé, je te donnerai tellement de poissons et de pieuvres que tu pourras plus bouger.

          -…

          Le voyage était plutôt agréable, en à peine une heure, l’ile de San Kokomo était déjà loin à l’horizon.

          -Eh au fait, je fais partie d’une équipe de Chasseurs de primes, « la Team Rocket », ça te dirait de faire un bout de chemin avec nous ? Chuis certain que Sören sera content, James peut être un peu moins.

          -…

          -Et pis va falloir te trouver un nom, qu’est que tu penses de euhhh… « Cerbère » ! Ca claque non ?


          -…