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Mon royaume pour un simple sourire

Spoiler:

Cela faisait maintenant plusieurs heures que la bataille avait cessé. Que l'équipage des Shinoryuu Kaizoku, du moins ce qu'il en restait, avait du fuir face à un adversaire bien plus puissant qu'eux, ce colonel d'élite. Qu'après avoir fui dans la forêt, Peter nous avait proposé de s'abriter dans le navire de son équipage. Et surtout, que Cheveux-de-Lait, et son amie Cassandre, nous expliquèrent en premier lieu l'explosion du Blue Moon, la perte de Takashi et d'Azraël, et comme un couteau dans une plaie ouverte, la mort d'Izya de par les Longs Bras. Un bien lourd tribut pour une petite sortie dont l'unique objectif n'était que de sauver l'une des leurs. Moi, je n'étais qu'un vulgaire corbeau de compagnie, sans grande envergure, mais je ne pouvais m'empêcher de ressentir de... la compassion face à la scène qui se déroulait sous mes yeux sombres. Tous calés dans une sorte de salle à manger à l'ambiance tamisée et à la composition très rudimentaire, les derniers membres de l'équipage étaient tous installés soit au sol contre un mur, soit à la table au centre de la pièce. Mizukawa et Lion étaient bien évidemment absents, les marines les ayant tout deux capturés. Passé l'action de la bataille, c'était l'instant des regrets et des larmes qui avait sonné. Certains pleuraient, d'autres se contentaient de regarder dans le vide, l'air assombri et brisé. Qu'est-ce qu'il en était de mon maître dans tout ça, me direz-vous ? Aucune surprise là-dessus. Mao Sticks, assis contre un mur, regardait passivement cette ambiance désastreuse, sans la moindre émotion visible. C'était là, bien sûr, sa façon de broyer du noir, comme le faisait tout le reste de l'équipage. On lui avait fait les premiers secours dès son arrivée, y compris lui remettre une jambe en bois neuve, mais intérieurement, Fear Face souffrait atrocement, je le savais.

Certes, ça faisait à peine quelques jours qu'il côtoyait ces gens, et la tragédie qu'ils vivaient en elle-même ne le touchait que légèrement. Tout au plus, la capture de l'homme qui l'avait accueilli malgré lui devait le perturber, mais l'épouvantail n'était pas du genre à déprimer pour ça. Non, ce qui le torturait, c'était les visages effondrés de toutes ces personnes, qui deux jours plus tôt, l'avait accueilli avec le sourire. Les rires de Cheveux-de-Lait, le jeu qu'il avait fait dans l'amusement avec Prince, Mugen, Shinji et Mitsume... Tout ça avait disparu pour laisser place au désespoir. Et cet état de fait, je le savais pertinemment, lui occasionnait bien plus de douleur que les blessures parsemant encore tout son corps. Sa crainte de toujours, plus même que le feu à l'état pur ou la mort elle-même : La tristesse. Et elle parcourait actuellement toute la salle, semblant inébranlable. Calé sur l'épaule de mon maître, j'observais le silence se prolonger depuis maintenant une bonne heure, personne n'étant apparemment décidé à surmonter ce qui venait de se passer, y compris mon maître. Finalement, je décidai qu'il était temps de faire bouger les choses, et croassai légèrement aux oreilles de Mao, qui tourna un air sombre vers moi. Comme à l'accoutumée, nos regards se plongèrent l'un dans l'autre. Mais ce contact fut bref. Il avait très vite compris où je voulais en venir, et tourna vivement sa tête vers l'avant, semblant culpabiliser. Ce qui s'était dit ? Je lui ai juste rappeler ce qu'il m'avait dit quelques heures plus tôt, ses élans de motivation, qui semblaient infondés, et à voir sa réaction, mon maître semblait très bien comprendre de ce dont je parlais. Celui-ci regarda durant un long instant le sol, et patiemment, j'attendis sa réponse. Il ne m'en donna guère. Cependant, il m'offrit bien plus : Un regard, qui lorsqu'il se releva, était forgé dans la détermination et le rage qu'on peut avoir envers soi-même d'avoir failli. Il ne m'était même pas adressé. Il était juste destiné à lui-même, et avec un sourire, je voyais Fear Face surmonter de nouveau l'adversité. Se levant brutalement, l'épouvantail s'avança vers le centre de la pièce, bien qu'il boitait légèrement avec sa nouvelle jambe, et afficha le plus grand des sourires niaiseux. Avec le plus de jovialité possible que son cœur pouvait offrir, Mao lâcha d'une voix forte et se voulant motivante à toute la troupe :

"Allons, les gens, on ne va pas se mettre dans tous ces états pour si peu ! Il faut se remotiver, voyons, on ne va pas passer le reste de notre vie à pleurer comme ça ! Tiens, que diriez-vous d'un petit numéro pour oublier tout ça ? Regardez, regardez, regardez ! Regardez..."

Prenant cinq pommes vertes posées au centre de la table dans un bol en bois, l'épouvantail s'installa sur celle-ci en jonglant avec à une seule main, l'autre dans le dos, répétant frénétiquement "Regardez", d'une voix de plus en plus fragile alors que personne ne semblait sourire à son numéro. Au contraire, certaines personnes semblaient s'enfoncer encore plus dans leur chagrin. Mais Fear Face n'abandonnait pas, faisant la seule chose qu'il savait faire, soit le guignol, alors que sous ses yeux, le tissu semblait mouiller légèrement peu à peu, comme pour des larmes. Sans doute du au fait que personne ne réagissait, et que Mao était incapable malgré tout ce qu'il donnait de redonner la joie à quiconque. Même en balançant des pommes en l'air de façon étonnante et comique. Même en mimant le plus approfondi des rires stupides. Rien ne marchait, et quand finalement Mao termina son numéro dans un grand "Tadaa !", et qu'il vit que personne ne réagissait ou ne prenait la peine de le regarder, mon maître abandonna son enthousiasme, et reposa les pommes dans son bol en descendant de la table, et en se dirigeant vers sa position initiale. Il me vit alors installé à son emplacement, le regardant passivement, et s'arrêta dans sa marche, tremblant et serrant fortement ses mains encore brûlées. Mao resta ainsi un petit moment, et finalement, eut un tic de colère et se remotiva, n'abandonnant pas ce qu'il considérait comme sa mission. Se retournant vers les autres pirates, Fear Face afficha de nouveau le plus grand sourire possible, et lâcha naïvement :

"Bon, d'accord, ce numéro était pas terrible, mais que diriez-vous d'une petite blague ? Ecoutez ! C'est l'histoire d'un homme, qui rentre dans une taverne..."

"Ferme-la !"

Interrompu dans sa future plaisanterie vaseuse, mon maître prit un air intrigué, et l'étant également, je tournai tout comme lui ma tête vers la source de la voix. C'était Cassandra, la navigatrice, et surtout, la fiancée du défunt Takashi, carbonisé par l'un de ces immenses cyborgs, qui venait de parler sur un ton sec et réprobateur. Recroquevillée au sol, entre deux tonneaux, les jambes au niveau du torse, la femme semblait très perturbée par ce qu'il venait d'arriver, et était sans doute celle ayant le plus perdu d'espoir dans cette affaire. D'un air sombre, Cassandra posa ses yeux sur ceux de l'épouvantail, et continua ses dire d'une voix méchante et impitoyable, mais aussi très déstabilisée :

"C'est tout ce que la mort de nos compagnons te fait ? L'envie de jouer avec des fruits et balancer des blagues à tout bout de champ ? Tu n'es vraiment qu'un monstre, je ne vois même pas ce que tu fais dans cet équipage. Mais qu'est-ce que je dis... Notre équipage n'existe plus... Tout est terminé..."

Je devais bien avouer que pour le coup, j'aurais bien picorer les yeux de cette femme pour ses dires infâmes. Mais d'un autre côté, c'était tout de même compréhensible qu'elle réagisse ainsi après un tel traumatisme. En tout cas, ces mots devaient avoir toucher profondément Mao, et au fond, je sentais qu'il allait craquer et tout abandonner lui aussi. A un tel point, ce serait normal, même moi, je ne voyais plus trop quoi y faire. Mais à ma grande surprise, Fear Face n'abandonna pas. Au contraire, il afficha un visage plus déterminé que jamais, mais cette fois, ne sourit pas. Au contraire, il semblait plutôt en colère. D'un ton réprobateur et sérieux, mon maître lâcha fortement à tout l'équipage :

"Alors c'est tout ? Vous abandonnez comme ça ? Vous avez oublié le dernier mot de Mizukawa, avant qu'il ne fasse capturer ? Il voulait qu'on fuit, qu'on survive. Et le sacrifice de Takashi, c'était du vent ça aussi ? Ils se sont tous battus pour nous donner un avenir... Et voilà ce que vous en faîtes ? Vous restez tous à vous apitoyer sur votre sort ? Ils auraient espérer bien plus de vous, je pense !"


Dernière édition par Fear Face le Mar 5 Mar 2013 - 8:28, édité 3 fois
    Dans notre fuite désespérée pour échapper à la Marine, nous sommes tombés par un heureux hasard sur le groupe qui était resté sur le Blue Moon. Ce fut un soulagement pour tous de les retrouver sain et sauf.
    Peter nous invita à venir sur son bateau pour s'éloigner de la zone de troubles, ce que nous fîmes. Après un rapide passage chez le médecin pour certains, nous nous retrouvons tous, Shinoryuu, accompagnés de Peter, dans un petit salon à bord du navire.

    Le plus dur fut de faire aux autres le bilan de l'excursion. Annoncer la mort de trois de nos camarades me tira des larmes, mais ce ne fut rien comparé à la détresse que je lus à ce moment-là dans les yeux de Cassandra, quand elle apprit le destin funeste de son fiancé.
    Une heure, depuis que le silence s'est pleinement installé. Nous sommes disséminés dans la pièce. Je suis adossé contre un mur. A côté de moi, Cassandre est assise en position fœtale, le front posé contre ses genoux. Je peux l'entendre doucement sangloter.

    J'aimerais pouvoir faire quelques choses pour que les visages de mes nakamas changent d'expression. Malheureusement, je ne suis pas dans un bien meilleur état qu'eux, bien au contraire. J'ai le sentiment d'être le responsable de tout ces événements : si je n'en avais pas voulu à Izya d'avoir endommagé ma cuisine, celle-ci ne serais jamais partie en ville avec Cassandre, elle n'aurait pas été tuée, nous n'aurions pas eu à intervenir dans la salle de vente, et nous serions tous réunis, à l'heure qu'il est, sur le Blue Moon...
    Quand bien même je n'aurais pas tous ces remords, je n'ai ni le charisme ni le talent qu'avait Mizu pour remotiver les troupes... Prendre la suite sera dur, très dur...

    Pourtant, Fear Face essaie quand même de détendre l'atmosphère avec ses pitreries qui habituellement me font beaucoup rire, mais là, le cœur n'y est pas. Je préfère même baisser les yeux vers le sol pour ne pas le voir.
    Continuant sur sa lancée, l'épouvantail tente le coup de l'histoire drôle avant d'être interrompue par notre navigatrice, qui balance ses quatre vérités à la figure de l'homme de paille, qui semble sur le coup déstabilisé. Mais celui-ci se reprend en répondant d'un ton dur à la jeune femme. La tension monte, Cassandra se lève et commence à marcher en direction de son interlocuteur...

    Je me retire de ce mur contre lequel je me suis appuyé et m'interpose vivement entre les deux et, avec une voix forte que je n'aurais jamais soupçonné, je lance :

    -ASSEZ !

    Le silence suit mon intervention. Je détends ma posture pour montrer aux autres que je reprends mon calme... D'habitude, j'aurais violemment rougit de honte de me retrouver comme ça au centre de l'attention. Mais pas aujourd'hui cette situation m'a, au moins temporairement, changé.
    Je dresse ma main tendu en direction de Cassandra pour lui dire de ne pas approcher et me retourne vers Mao :

    -Fear, essaie de comprendre... Je sais que tu n'es pas humain et, visiblement, tu ne vois pas les choses de la même manière que nous. Ce n'est pas sur notre sort que nous nous apitoyons, nous faisons le deuil de ceux que nous avons perdu. Notre silence, notre isolement, ce cadre est voué à nous rappeler les sacrifiés... Imagine-toi, si Albert venait à mourir, n'aimerais-tu pas rester seul avec tes souvenirs quelques temps ?

    Puis je me retourne vers la désormais veuve :

    -Mais Mao a raison, Cassandra. Il faut aussi se ressaisir. Non, tout n'est pas terminé : nous sommes encore là, nous sommes vivants, Lion et Mizukawa le sont aussi, nous pouvons les retrouver. Nous pouvons les sauver. Il suffit d'en avoir la volonté, de ne pas baisser les bras et de se donner les moyens d'y arriver. Je sais que ça sera très difficile, mais...

    -Qu'est-ce que tu veux que ça me fasse ?


    Je la regarde, interloqué. Cassandra se rapproche de moi, lentement, et son ton va crescendo :

    -C'est bien beau tes histoires de volonté. Mais Lion et Mizukawa, qu'est-ce que tu crois que j'en ai à faire ? Si je suis ici avec vous, c'est parce que c'est Takashi qui m'a embarqué dans cette histoire. Alors, oui, je suis obligé de reconnaître que j'ai eu de l'affection pour vous, mais plus rien ne m'attache ici ! Pour moi, il n'y a plus de Shinoryu maintenant qu'il n'y a plus Takashi ! Et tout ça parce que vous n'avez pas été foutue de le défendre de cette putain de Marine !

    -La Marine n'a fait que son devoir, Cassandra. Nous sommes des pirates.


    Vlan ! Je me reçois une gifle monumentale qui me fait reculer d'un pas. Le bruit claque violemment dans l'air, tandis qu'une trace rouge apparaît sur ma joue. Je la regarde, attristé. Elle est furibonde et me lance un regard chargé de haine.

    -Mon amour est mort. Je n'ai plus rien à faire ici.

    -Tu m'en vois désolé...


    Alors que je m'attends à recevoir un second coup, Cassandra tourne les talons et retourne s’asseoir à sa place. Elle continue de me regarder avec ses yeux emplis de colère.
    J'aperçois d'ailleurs d'autres regards désapprobateurs dans la salle. J'ai conscience que ce que j'ai dit sur la Marine n'est pas approuvé de tous, mais pourtant, c'est une réalité.

    Je m'avance vers la table qui trône au milieu de la pièce et m'assois dessus, une de mes jambes pend dans le vide, tandis que l'autre est repliée contre moi.
    Je reprends la parole d'un ton calme en fixant le sol devant moi.

    -Certes, l'heure est au recueillement, mais il nous faut maintenant prendre quelques décisions. Une question simple, pour commencer : que faisons nous, maintenant?

    Un silence suit ma remarque. Je pousse un léger soupir et reprend :

    A mon avis, trois choix s'offrent à nous. Nous pouvons arrêter ici nos aventures et nous séparer, ne plus rien avoir à faire les uns avec les autres. Nous pouvons aussi nous placer sous l'autorité de Peter et intégrer son équipage. Enfin, nous pouvons aussi nous reprendre en main, et choisir un nouveau capitaine pour nous guider afin d'aller libérer nos supérieurs. Cette dernière solution me paraît la meilleure, qu'en pensez-vous ?
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    Désespoir et ... Renaissance ?

    Une étrange sensation, mêlant légèreté et lourdeur, avait envahit le corps d'Howard Prince... Il sentait son âme voyager au grès d'un vent illusoire, naviguant sur des vagues abyssales, sur un océan irréel et mélancolique... Bizarrement, il sentait son esprit qui mettait la lumière sur ces visions fantastiques, lui certifiant que ces choses n'étaient pas la réalité, mais bien les constructions de son inconscient... Cependant, comme l'abeille attirée par la majestueuse fleur, il retombait quasi instantanément dans ce royaume ou le chaos et la tristesse n'avait, apparemment, pas leur place. En effet... il était beaucoup plus simple de ne pas lutter, d'arrêter la résistance contre ce concept trop compliqué qu'est la réalité... Oui mais voilà, le pirate au tricorne, le Prince, n'était pas le genre d'homme à abandonner, à se laisser emporter par une facilité illusoire et qui ne faisait en rien avancer les choses.

    Ouvrant doucement ses yeux émeraudes, il fut soudain agressé par une lumière qu'il pensa trop puissante. Luttant pour ne pas s'assoupir et retomber dans le confort du sommeil, le pirate tenta de comprendre où il était, d'observer les éléments afin de remettre les choses correctement dans son esprit. Sa vision, d'abord floue, se stabilisa petit à petit, tout en observant les différents détails qui l'entouraient : la pièce de taille moyenne dans laquelle il se trouvait, n'était composée que d'un lit, celui sur lequel il était allongé, mais également d'une petite commode rudimentaire, sur laquelle était installée une bassine d'eau et divers outils imbibés de sang. Les murs de bois étaient délabrés et quelques trous étaient remarquables ici et là... Enfin, le pirate distingua un détail qui lui en dit un peu plus sur le lieu où il se trouvait : un hublot. Oui, il se trouvait, sans aucun doute, dans un navire...

    Se relevant alors difficilement pour se mettre assis, Prince, poussant la couverture qui recouvrait son corps, vit son torse nue, recouvert de pansements, compresses et autres bandelettes. A divers endroits, des égratignures, brûlures et autres ecchymoses étaient encore visibles et lui rappelèrent presque instantanément le désastre qui s'était déroulé... La bataille, terrible et intense, qui eu raison de deux de ses compagnons : Azraël et surtout, Takashi... A la suite de ces deux tragiques évènements et après avoir été sauvé du monstre mécanique, in extremis, par les hommes de Peter, le pirate gentleman ne se souvenait que de très peu de choses : une douleur effroyable au niveau de sa jambe, puis un souffle, incroyable qui le projeta dans le pays des ombres... C'était tout ce dont son esprit se souvenait.

    Enlevant alors l'ensemble de la couverture pour voir l'état de sa jambe, il remarqua que cette dernière était enfermée dans une sorte de large et épais bandage blanchâtre, allant du bout de son pied, jusqu'à la fin de son tibias. La douleur était toujours présente. Il la sentait, à travers cette bande, mais également à travers les battements de son coeur qui se répercutaient fortement dans l'ensemble de son membre inférieur... Luttant un moment pour sortir de sa couchette, le pirate, dont les douleurs renaissantes furent plus que compliquées à supporter, commença par se positionner au bord de son lit. Respirant un long moment et fortement comme si ce dernier avait combattu pendant des heures, il remarqua alors, sur une chaise, l'ensemble de ses effets personnels, tous, dans un état catastrophique... C'est au moment où il voulu tenter de se mettre debout, que la porte s'ouvrit, laissant deux hommes pénétrer dans la pièce, qui, voyant le pirate réveillé, restèrent sur le seuil, éberlués : un, portait une grande bassine d'eau et l'autre ce qui sembla être, à première vue, divers linges de rechange. S'appuyant sur le rebord du lit, sans vraiment faire attention aux deux nouveaux arrivant, Prince se mit finalement debout, mais sa jambe lui envoya une pique de douleur insupportable : ses pupilles virèrent au transparent pendant un instant, tandis qu'il titubait... Les deux hommes, inquiets, lâchèrent instantanément ce qu'ils avaient dans les mains pour porter assistance au pirate blessé :

    « Ohé ça va aller... Tu ne devrais pas bouger autant tu sais... Tu pourrais aggraver là... »

    Se débattant, avant de brusquement pousser un de ses assistant contre le mur, Prince haletant, envoya froidement :

    « Je n'ai pas besoin de votre aide ! »

    Prit d'un nouveau vertige, le Shinoryuu tomba alors sur le sol, sous les yeux impuissants des deux individus :

    « Mais... Howard... »

    « Où sont mes compagnons ?! Emmenez-moi tout de suite auprès d'eux ! »

    Quelques minutes plus tard, Howard Prince ouvrit la porte de la pièce, où étaient présents l'ensemble de ses compagnons : armé de deux béquilles en bois, le pirate avait enfilé une chemise blanche, qui laissait tout de même ressortir l'ensemble des bandages qui recouvraient son torse et sa tête. Passant son regard émeraude sur l'ensemble des Shino restants, il sentit une telle détresse, un tel désespoir dans les yeux de chacun que les mots étaient, pour le moment inutiles... Oui, il fallait se relever et agir. S'avançant vers le centre de la pièce, Prince scruta l'ensemble de ces têtes égarées... Ces regards qui paraissaient rechercher des réponses... Ces regards, à la fois tristes et absents, portant, en cet instant, tout le poids du monde... Posant alors ses yeux sur le sol avant de fixer Yukisame, gravement, le pirate gentleman lança brusquement :

    « Que voyez-vous ? »

    L'ensemble des Shinos regardèrent alors l'homme au centre de la pièce, soudain interloqués par cette étrange question qui semblait s'adresser à tout le monde :

    « Je vais reposer ma question : que voyez-vous ?! Je vais vous dire ce que je vois... Je vois des hommes bouleversés. Des femmes dévastés... Oui, nous avons perdu cette bataille, nous avons perdu nos compagnons, nos amis... nos frères. D'abord Azraël, mort, en brandissant fièrement son épée, puis Takashi... Oui, Takashi, qui s'est sacrifié pour me sauver la vie... »

    Voyant alors les yeux de Cassandra s'inonder de nouvelles larmes, Prince, continua :

    « Alors, je vous le redemande une dernière fois : que voyez-vous ? Ne voyez-vous pas, dans cette petite salle, vos compagnons, encore debout ? Vos frères, vos soeurs vivants, respirant cet air de liberté pour lequel nous nous battons ? Oui, c'est pour cela que ce drapeau noir flotte dans nos coeurs, pour nous rappeler ce pourquoi nous vivons et luttons chaque jours... »

    Marquant un temps d'arrêt, l'homme aux yeux émeraudes se retourna et conclue son discours en baissant le ton de sa voix, comme si ses mots pouvaient apaiser les âmes de chacun :

    « C'est une dure épreuve... Une très dure épreuve. Mais ensemble, pleurons, crions nos frères défunts et lorsque nos larmes ne pourront plus tomber, lorsque nos cris ne seront que murmures, relevons nous mes amis ! Relevons nous pour de nouveau faire face ! N'oubliez pas que Mizu et Lion sont là, quelque part, sur cet océan, attendant l'instant où nous reviendrons plus forts pour les délivrer, afin de voir, une nouvelle fois, ce drapeau noir flotter au grès de la brise... »

    « Oui, relevons nous, Shinoryuus... »



    Dernière édition par Howard Prince le Jeu 20 Juin 2013 - 23:31, édité 4 fois
      Bizarre ... très bizarre cette sensation. J'ai l'impression d'avancer dans un couloir tout blanc, la silhouette d'un homme me tendant la main comme s'il veut me sortir d'un pétrin. Je me sens léger ... tellement léger que je m'avance vers cet homme sans m'en rendre compte. Je saisis sa main et là ... un plafond. Je me retrouve dans une pièce, allongé sur un lit comme un malade. D'ailleurs j'aperçois deux types qui me regardent.

      - Il ouvre les yeux ...

      Oui j'ouvre les yeux, je ne suis pas mort ... enfin pas encore. Tout à coup, je ressens les multiples douleurs sur mon corps qui me rappelle la bataille rudement mené. Mon bras droit est complètement enseveli de bandage et replié sur mon torse, un autre bandage le relie à mon coup. Je l'ai cassé ? Non ce n'est pas possible, je n'ai rien senti, même pendant la bataille. Je me redresse au bord du lit faisant face aux deux individus. L'un vient à ma rencontre m'expliquant toutes mes blessures ... cela ne m'intéresse qu'à moitié, d'ailleurs la première chose qui m'inquiète c'est Tenshi. Sans attendre la fin de son explication je m'agrippe à son col le plaquant contre un mur d'une violence modéré.

      - Tenshi … mon arme. Je veux mon arme !

      L'homme, surpris par cette agression m'indique une table juste derrière moi. Je le relâche immédiatement pour attacher le holster qui contient Tenshi autour de ma taille. Tendu ... voilà le mot qui peut me décrire à ce moment-là. ,La frustration vient juste derrière, car j'ai quand même perdu gros dans cette bataille. Mon bras cassé, Mizukawa et Lion capturé, pour finir la mort de Takashi et Azraël ... sans oublier Izya. Je n'ai pas du tout le coeur à plaisanter ou à courir derrière les femmes comme j'ai l'habitude de faire.

      - Où sont mes compagnons ?
      - Dans la salle principale.
      - D'accord. J'aimerais rester seul quelques instants.

      Je préfère faire le deuil tout seul ... je ne suis pas habitué à montrer mes sentiments aux autres et surtout pas à mes nakamas. Je m'assois de nouveau sur le lit puis je ferme les yeux repensant à tous les moments que j'ai traversés avec chacun d'entre eux. Un sourire s'affiche sur mes lèvres lorsque je repense aux coups bas pour essayer de voir Izya toute nue ou encore lors des fous rires avec Takashi et le dernier moment c'est le petit tournoi sur la plage avec Azrarël. Tous ces petits moments font que je ne peux oublier ces compagnons qui m'ont apporté quelque chose dans cette aventure. Je prends ma chemise pour la poser sur mes épaules et je lâche un dernier soupir avant de rejoindre les autres dans la pièce principale. Lorsque je rentre, la première chose que je constate c'est les têtes d'enterrements dessinées sur le visage de tout le monde. Même Fear n'arrive pas à changer l'ambiance morbide de la salle. Je m'installe puis je ferme mes yeux à nouveau écoutant les autres. Le petit discours de Cassandra me picote un peu les nerfs et sans m'en rendre compte je lance à cette dernière.

      - Personne ne te retient … la porte est grande ouverte.

      Elle n'est pas la seule à avoir perdu quelqu'un et le fait de se mettre en avant ainsi prouve qu'elle n'a aucune attache envers les autres ... je ne peux supporter un tel comportement. Ensuite vient le tour de Yuki' qui propose quelques plans. Le premier est fort probable, voyant le comportement de Cassandra, c'est possible. La deuxième proposition ne m'intéresse absolument pas, autant continuer l'aventure de mon côté. Par contre, la troisième proposition semble plus accessible. Choisir un Capitaine temporaire est sans doute la meilleure solution, d'ailleurs j'ai une petite idée du prochain capitaine. C'est d'ailleurs ce dernier qui fait son apparition. Un discours digne d'un capitaine. À la fin de son discours, Je me lève de mon siège et je passe à côté de lui.

      - Tu as raison ... Capitaine Howard.

      Comme ça, tout le monde sait qui je soutiens pour ce poste vacant de Capitaine. J'affiche un léger sourire au concerner, puis je me dirige vers la sortie pour prendre l'air et pour fumer une cigarette. L'ambiance de cette pièce ne me plait pas du tout, je préfère m'isoler un petit moment et revenir lorsque le moral de la troupe sera meilleur. Je garde tout de même une certaine distance pour pouvoir écouter ce qu'ils peuvent se raconter.
        "Fear, essaie de comprendre... Je sais que tu n'es pas humain et, visiblement..."

        A son air complètement figé, je compris bien vite que mon maître n'avait pas même écouté la suite, la phrase de Cheveux-de-Lait semblant résonner en lui comme un long tintement de cloche désagréable. Mao trembla quelques instants, puis prit un air des plus passifs, avant de s'éloigner silencieusement du groupe et de se caler contre son mur, se laissant lentement glisser le long de celui-ci pour s'asseoir. Je le regardai d'un air intrigué et me posai face à lui, plongeant mon regard dans celui de Fear Face. En voyant dans le fond de ses yeux de la tristesse, j'eus la confirmation que ces paroles l'avaient touché. Je m'en doutais un peu au fond, bien que ce fut étonnant venant de l'épouvantail. Je veut dire, il avait l'habitude, d'être ainsi insulté ou dénigré par des inconnus... Et même l'insulte colérique de Cassandra ne l'avait que traversé. Alors pourquoi la phrase pourtant pacifique et au maximum amical de Cheveux-de-Lait l'avait ainsi touché ? Car justement, il n'y avait aucune trace d'animosité dans ces mots. Après tout, quand on est frappé par la colère, la peur, la déception, tout ce genre de ressentiments, il est normal de dire des choses irréfléchies, et à chaque fois que quelqu'un l'insultait et fuyait, ou qu'on l'insultait d'un air colérique, Mao pouvait l'assimiler comme tel et se dire que c'était sans fond. Mais là, il n'y avait pas la moindre trace de négativité dans les dires de Yukisame, c'était pour lui une constatation, une affirmation venant d'un camarade, une chose qui semblait sincère et que cet homme pensait vraiment. En voulant adoucir les choses, celui-ci les avait empiré, touchant mon maître en plein cœur. Jusqu'à maintenant, Fear Face avait su encaissé les coups les plus difficiles, mais cette fois-ci, ce devait être la goutte d'eau de trop pour lui, et même moi, actuellement, je ne savais plus quoi dire pour lui remonter le moral. En vérité, lui comme moi, dans cette situation, nous ne savions plus trop quoi faire...

        "Que voyez-vous ?"

        Soudain, une voix forte et charismatique s'éleva au-dessus des autres tribulations, qui fit réagir sur le coup l'épouvantail, qui tourna lentement un air intrigué vers la source de la voix. Evidemment, je fis rapidement de même, aussi curieux que les autres, et vis que tout le monde fixait la même personne. Howard Prince. Recouvert de bandages, en béquilles, mais surtout... debout, face à tous ses camarades résignés et avachis. Encore déterminé malgré la situation, le plus puissant Shinoryuu actuel commença un discours très fort envers toute la petite troupe, afin de les pousser à se relever malgré la douleur. Et je voyais Fear Face le regarder, l'admirant et s'en voulant en même temps. Pas difficile de deviner en quoi, sûrement qu'il se disait que l'homme debout en ce moment-même avait autant souffert que lui, et que ce n'était pas pour autant qu'il avait abandonné. Bien sûr, Mao avait bien failli tout lâcher à l'instant, et en ça, il devait se trouver plus pitoyable que jamais. En fait, j'en étais sûr, ça se lisait clairement sur son visage renfrogné et baissé vers le sol. Suite à ces magnifiques paroles, Prince fut apostrophé par Tokigawa en tant que "capitaine", sur un ton des plus symboliques qui offrait clairement l'avis de ce dernier, jusqu'à ce qu'il parte fumer en dehors de la salle. On pouvait voir dans le regard de certains un peu de détermination remonter après ce beau discours et l'approbation du roux. Mais alors que l'espoir semblait reprendre sa place... Cassandra se releva brutalement, l'air sombre. Essuyant ses larmes du revers de la main, elle regarda sérieusement Prince, se tenant blessé devant elle, et soupira finalement. Puis elle retira le Log Pose, et en s'approchant suffisamment du nouveau prétendant, posa le précieux outil délicatement dans la main de celui-ci. Tremblotant un petit instant, Cassandra sembla retenir une larme, et finalement, lâcha à Prince sur un ton navré mais impitoyable :

        "J'admire ta volonté, Howard... Et pour cette raison, je te rend le Log Pose appartenant à cet équipage que tu veut faire revivre. Cependant... Je n'ai plus ma place dans ce dernier. C'est terminé pour moi..."

        Cassandra s'éloigna ensuite de Prince en reculant, et après une certaine hésitation, s'avança vers la porte de sortie pour l'ouvrir. S'arrêtant sur le seuil de celle-ci, prête à les quitter à jamais, la navigatrice lâcha tout de même de dos, d'une voix solennelle :

        "Je sais... que Takashi est mort en cherchant à te protéger... A vrai dire, jusqu'à peu, je ressentais beaucoup de haine envers toi pour ça... Mais au fond... Il n'aurait pas voulu... que j'en veuille à la personne qu'il a sauvé... Hein ?"

        La main de Cassandra se serra fortement sur le bois du seuil, qu'elle agrippait en frissonnant. Puis finalement, sans un mot de plus, la jeune femme passa la sortie, refermant sans un mot de plus la porte derrière elle, reposant une lourde tension sur l'équipage. En entendant la porte se fermer, je m'attendais à ce que mon maître eut une réaction quelconque en rapport. Mais celui-ci continuait à regarder le sol d'un air sombre, se contentant de serrer fortement ses poings. Il y eut alors un silence d'une dizaine de secondes, tous étant encore sous l'émotion de la scène, jusqu'à ce que finalement, une autre personne, qu'on n'attendait pas, se lève à son tour. Azrel, le médecin de l'équipage, et sans doute le plus faible de l'équipage, il fallait bien l'avouer. Le jeune homme s'approcha timidement de Prince, l'air clairement perturbé, comme-ci il s'en voulait déjà de prononcer ce qu'il allait dire. Finalement, Azrel prit une légère respiration, et yeux baissés, lâcha d'une voix assez troublée :

        "Je... ne peut pas rester non plus. Je vous ai beaucoup apprécié... Mais des situations aussi dangereuses que celle-ci, nous en verrons d'autres... Et je ne veut pas mourir... Je rêve d'aller à Drum, tu comprends ? Je n'ai pas envie... de mourir avant ça. Désolé, vous tous... Adieu..."

        Honteux face à sa propre lâcheté, le médecin n'osa pas lancer un seul regard à l'un de ses anciens camarades, se contentant de serrer fébrilement les mains et de quitter la pièce à la suite de Cassandra, réduisant la taille de l'équipage de deux nouvelles têtes. Pour le coup, cette double démission, la deuxième s'étant révélé de façon soudaine, venait de remettre en doute la motivation que Prince s'était tué à donner à l'équipage, et même la phrase loyale et déterminée de Tokigawa ne semblait plus suffire à débrouiller les esprits. Fear Face, lui, était toujours à côté de moi, dans le même état, et de plus en plus inquiet de la situation, je croassai dans sa direction, attirant son attention. Mao posa alors un regard sérieux et sans sentiments dans les miens, et pour la première fois depuis longtemps... Je fus moi-même dans l'incapacité de comprendre à quoi il pensait, et j'avais l'impression que la fin de cet équipage semblait sonner. Mais je me rendis vite compte que je m'étais trompé en voyant la main se serrer fortement. Plaquant violemment cette dernière sur le sol, l'épouvantail utilisa comme il pouvait ses deux mains abîmés pour se relever, l'air plus sérieux que jamais, chose rare pour Mao. Arrivant finalement à se mettre droit, mon maître se mit alors à marcher lentement vers Prince, en boitant de sa nouvelle jambe de bois. Passant devant Yukisame sans même tourner son regard, il se dirigea solennellement vers Howard, jusqu'à ce que finalement, dans un grand silence ne laissant entendre que les claquements de ses jambes sur le parquet, Fear Face atteigne sa cible, s'arrêtant devant ce dernier, à la place de Cassandra et d'Azrel. Droit et déterminé, les poings serrés, il faisait fièrement face à l'éventuel capitaine, les deux pirates étant tout deux dans le pire état physique possible, mais plus fort psychologiquement que jamais. Car en cet instant, ce n'était ni la joie ni la peur qu'exprimait le visage de Mao Sticks ; c'était la détermination, la volonté d'aller jusqu'au bout et une forme de respect des plus mystérieuses. Finalement, l'épouvantail prit la parole, et dans cet instant, même sa voix aiguë et étrange laissait échapper une source de motivation.

        "... On ne se connait pas depuis longtemps, toi et moi. Après tout, je n'ai jusqu'à maintenant apparu qu'en tant qu'amuse-fête sans sentiments, et apparemment, un être non humain, selon certains, haha... Quant à toi, mystérieux et réservé, il était impossible de savoir qui tu étais vraiment. Bah maintenant, je crois avoir compris. Tu es bien plus brave que moi. Tu as été capable de me relever là où même moi était prêt à tomber..."

        Prenant quelques instants un air sombre penché vers le sol, Fear Face resta absent un petit moment, puis finalement, releva ses yeux vers ceux de Prince, affichant ce coup-ci un grand sourire carnassier, et posa amicalement sa main noircie sur son épaule.

        "Dans ce cas, je sais ce qu'il me reste à faire ! Tu veut redonner la force aux autres de se relever de toute épreuve ? Je te suivrais, Howard Prince, jusqu'au bout du monde s'il le faut ! Pour que quand tu viennes à faillir, je sois là pour te redonner le sourire, et qu'au contraire, quand moi-même je m'affaiblis, tu me rappelles ce qu'est de se battre de toutes ses forces. Deviens mon capitaine... Non, notre capitaine, et je peut t'assurer que je serais toujours à tes côtés, aussi utile qu'un vulgaire épouvantail puisse être !"

        Fear Face souriait désormais gaiement, et cette fois-ci, c'était sincère. Me posant sur son épaule, je croassai en direction du prince pour lui montrer que j'étais du côté de lui et de mon maître. Puis soudain, deux mains vinrent s'ajouter à la discussion, une sur l'épaule de Mao et une sur l'épaule libre d'Howard. Il s'agissait de Mugen et Shinji, qui hésitaient depuis un moment, et qui suite à l'allégeance de l'épouvantail, étaient définitivement décidé. S'étant levés fièrement du banc de la table, les deux aides charpentiers s'étaient avancés autour des deux pirates, et affichèrent un air tout aussi déterminé. Mugen prit finalement la parole sur un ton des plus motivés :

        "On est avec vous aussi, capitaine Howard Prince ! Lion nous attend d'où il est, on ne peut pas le décevoir ! Aussi longtemps qu'on le pourra, on se battra pour le sauver !"

        "On est peut-être pas super forts... Mais on saura se rendre au maximum utile, vous inquiétez pas !... Et vous, vous en pensez quoi ?"

        En disant ça, Shinji s'était tourné vers les personnes n'étant ni parties ni vraiment restées... Enfin, qui n'avaient pas encore fait leur choix, c'est-à-dire Yukisame, Cassandre, Mitsume et Brüno, qui avaient désormais l'attention des quatre pirates.
          Cassandra nous a quitté la tête haute, fière, et ceux malgré l’intervention du Prince pour remotiver les troupes. Néanmoins, cette décision ne me surprend pas et je ne peux lui en vouloir.
          Azrel, quant à lui, m’a beaucoup déçu. Je le savais assez peu courageux, mais je pensais que sa volonté d’explorer le monde le pousserait à rester avec nous. Mais ce lâche, notre médecin, préfère nous abandonner de la façon la plus pathétique qui soit. Je ne peux pas m’empêcher d’être en colère contre lui.

          Notre capitaine et notre second aux mains de la Marine, trois de nos camarades morts et, comme si ce n’était pas assez, voilà que le médecin et la navigatrice se barrent. Ce n’est pas comme si on allait avoir besoin d’eux dans le futur. L’intervention de Tokigawa, qui avait clairement annoncé son envie de voir Howard prendre la tête de l’équipage, se retrouva pour le coup annulée. Le peu de motivation qui avait réussi à émerger des consciences des personnes ici présentes se retrouvait soudainement anéanti. Fear, assis sur le sol, contine de fixer un même point d’un air sombre. Cassandre, quant à elle, pleure à chaudes larmes dans son coin. Mitsume, assise sur une chaise à côté de moi, regarde dans le vague, le visage pâle…

          Je me plonge dans une certaine léthargie relaxante. Mais ce n’est pas le vide qui envahit mon esprit. Des souvenirs émergent de ma mémoire, et tous ont le même point commun : ils concernent mon meilleur ami, le Lion.
          Je nous revois à Suna-Land, quand il m’a accepté au sein des Shinoryuu. Ma première visite de notre regretté Blue Moon… Je nous revois également dans sa chambre, parlant de nos vies respectives. Moi, m’attardant sur Cassandre, lui confiant que j’ai été un certain temps amoureux d’elle. Lui me parlait de sa petite amie Rika, qui attend maintenant un enfant, si celui-ci n’est pas déjà né…
          Emporté par le flot de mes souvenirs, je ne remarque même pas que Mao vient de se lever et s’approche de Prince. Je ne me « réveille » qu’en entendant sa voix.

          Après un discours touchant, le voilà qui demande officiellement au Prince de devenir son capitaine, vite rejoint par Albert, Mugen et Shinji. Ce dernier se retourne vers les derniers qui n’ont pas parlés (moi compris, donc) et nous dit :

          "On est peut-être pas super forts... Mais on saura se rendre au maximum utile, vous inquiétez pas !... Et vous, vous en pensez quoi ?"

          Un léger silence s’installe. Brüno, que je n’avais pas remarqué juste alors, se lève de sa chaise sans un mot. Mitsume semble enfin revenir à la réalité et fixe le Prince. Cassandre, enfin, a relevé la tête de ses genoux. Elle regarde Albert de ses yeux rougis par les pleurs.

          Brüno est le premier à prendre la parole :

          -Je ne vous aie rencontré que très récemment… Normalement, j’aurais sûrement pris la décision de vous quitter, mais je sais qu’Azraël te respectait, Howard. Alors, j’accepte de continuer l’aventure avec vous si tu deviens notre capitaine à tous.

          Ce disant, il va se placer au côté du Prince, le regard déterminé. Puis Mitsume prend à son tour le temps de s’exprimer :

          -Si je suis à vos côtés maintenant, c’est parce que Mizukawa m’a généreusement proposé de vous rejoindre. Je me sentirais coupable si je ne faisais pas tout ce qui était en mon pouvoir pour lui revaloir son présent. Je dois aller à sa recherche. Et comme tu me sembles être le plus apte d’entre nous à nous diriger afin de le retrouver, j’accepte de me mettre sous ton commandement, Capitaine Howard.

          Et elle aussi rejoint le groupe, avec Cassandre sur ces talons. Celle-ci se plante face au Prince et le regarde droit dans les yeux, malgré sa petite taille, en lui disant :

          -Sans toi, j’aurais été exécuté sur une place publique. Tu fais partie de ceux qui m’ont sauvé. Alors, j’te dois bien ça.

          Tous les regards sont désormais tournés vers moi, le seul à ne pas m’être exprimé.
          Je fixe le sol. Pour être honnête, la possibilité qu’Howard devienne notre capitaine ne m’était pas directement venu à l’esprit. Il faut dire qu’il a toujours été très distant, et qu’il n’est parmi nous que depuis peu comparé à d’autres.
          Mais plus j’y réfléchis, plus cela me semble évident. Les plus anciens de l’équipage encore présent sont Tokigawa, Shinji, Mugen et moi-même. Les camarades du Lion n’auraient jamais accepté ce poste. Tokigawa, quant à lui, est trop faible pour assumer cette responsabilité.
          Reste moi. Je peux me targuer d’être aussi fort, si ce n’est plus que le Lion. Mon ancienneté et ma relation avec les autres membres me permettrait de tenir ce rôle sans trop de problème… Oui, je pourrais m’opposer légitimement à Howard. Certes seul contre tous, mais je le pourrais.

          Je regarde autour de moi et vois une bouteille de rhum et un verre sur la table. J’attrape les deux et me sert une rasade. Puis je me retourne vers le Prince.

          -Qu’est-ce qui ferait de toi un meilleur capitaine que moi, Howard ? Bien des hommes ne se laisserait pas dirigés, et certainement pas à tort, par un homme comme toi. Nous ne savons au final que peu de choses sur toi : ton passé, tes véritables intentions… On nage dans le flou complet.

          Je regarde l’assistance. J’aperçois nombre de regard interloqué. Je garde un air calme et une mine assez sombre.

          -Je suis obligé de reconnaître que je te fais confiance néanmoins. Mais une question subsiste : pourquoi plus toi que moi ?

          Je baisse le regard vers mon breuvage, puis je relève la tête. Howard me fixe, impassible, tout comme moi. Impossible de savoir ce qu’il a derrière la tête, ce type.
          Je lève mon verre dans sa direction :

          -Mais je ne recherche pas le pouvoir. A ta santé, capitaine.

          Et j’avale le rhum d’un trait.
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          Capitaine ? Pouvoir ? Diriger... Des mots forts, solides, à l'intérieur desquels ressortaient une certaine puissance, une aura perçante et intense... Les mots qui venaient de sortir de la bouche de Tokigawa, Fear, Yukisame et des autres, avaient tous eu une saveur spéciale, mais différente dans l'esprit du pirate gentleman, englobant ses pensées dans des barrières d'incompréhension, de stupéfaction. Evidemment, les récents évènements ayant eu lieu sur l'île, cette bataille chaotique, dont les blessures resteront à jamais gravées dans les coeurs, avaient sans aucun doute, été le moteur de cette soudaine prise de position, de cet imprévisible choix. Oui, son discours prompt, qui n'avait pourtant aucune arrière pensée quelle qu'elle soit, mise à part mettre la réalité, mais également et surtout l'espoir devant les yeux des pirates de Sutero, avait éveillé chez ces derniers, un inattendu désir de croyance : il voyait en Prince l'homme qui pourrait les conduire à braver cette tempête dans laquelle il n'arrivait pas à sortir, à fendre les ténèbres autour d'eux, afin d'apercevoir cette douce lumière qui les amènerait vers les cieux... Pourquoi lui ? Oui pourquoi ? Il n'était pas le plus ancien des hommes de Mizukawa et surtout pas le même type de pirate... Alors, pourquoi voudraient-ils êtes conduit par un homme comme lui ? Effectivement, ses capacités de combat étaient bien plus développés que l'ensemble des Shino restant et les compétences qu'il avait acquis lorsqu'il avait été l'un des commandant de Sayle Valdean, avec les Fushi Akumas, avait fait de lui un guerrier des mers expérimenté, ayant enregistré un nombre incroyable de connaissances diverses.

          Regardant alors un Yukisame retissant, qui d'une gorgée, fit disparaître le rhum qui remplissait son verre, tout en souhaitant la santé au "nouveau capitaine", Prince regarda gravement par le hublot de la pièce, avant de lancer, de la manière la plus neutre possible :

          « Je ne cherche pas à être un quelconque chef pour le pouvoir, ou pour quoi que ce soit dans le même genre... Mon discours avait simplement pour vocation de faire ouvrir les yeux de nos frères. Si ces derniers me voient comme un homme capable de les mener vers la lumière, alors oui, je peux être cet homme et ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour garantir cela. »

          Marquant un temps d'arrêt, le pirate gentleman ferma les yeux un instant : son visage s'assombrit lentement, en même temps que l'intérieur de la pièce en bois, tandis que de fins nuages blanchâtres passaient devant le soleil qui trônait dans le ciel bleu. Rouvrant les yeux, le pirate continua :

          « Je ne suis pas le plus ancien Shino ni celui qui connait le mieux Sutero... Mais je suis peut-être le seul à pouvoir diriger un équipage vers la voie qui est la sienne... Cependant, me qualifier de "capitaine" serait une insulte envers le Dragon des Mers... Si vous voulez me donner un emblème, donnez-moi celui de Commandant ! »

          Se dirigeant vers la sortie de la pièce, Prince s'arrêta devant la porte. Tout en ouvrant cette dernière, il termina la discussion par une simple phrase, sans tourner la tête vers ses compagnons :

          « N'oubliez pas que notre objectif principal est de retrouver Mizu et Lion vivants... »

          _________________________

          Après quelques heures, Howard Prince, toujours aidé de ses béquilles de bois, convoqua l'ensemble des pirates sur le pont supérieur afin de discuter de la suite des évènements. Le pirate gentleman, malgré la fatigue et la douleur qui parcourait toujours les diverses parties de son corps, s'était longuement entretenu avec Peter, sur ce dont le capitaine des Shinotora disposait comme ressources... Car la priorité était bien là : il fallait obtenir un nouveau bateau.

          « Comme vous le savez... Nous n'avons pas perdu que des frères dans cette bataille... Sur les mers, le Blue Moon a également disparus... Et pour le moment, la priorité est bien là ! Il faut, par n'importe quel moyen, obtenir un nouveau bateau... Néanmoins, la marine est encore trop présente sur l'île pour que nous agissions directement... »

          Regardant Peter, Prince continua :

          « Nous avons, grâce à Peter, obtenu l'aide de trois de ces meilleurs charpentiers... Mais le problème est que nous manquons de ressources. Je propose donc de nous séparer en trois groupes de deux, afin d'obtenir les ressources nécessaires pour la construction d'un navire. »

          S'avançant vers Mugen et Shinji, le pirate gentleman sourit généreusement :

          « Je compte sur vous pour superviser les plans de la construction ! »



          Dernière édition par Howard Prince le Jeu 20 Juin 2013 - 23:38, édité 2 fois
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            Le 28 Décembre 1625
            Cher journal

            C'est décidé. Je t'en avais parlé ces derniers temps, mais je suis partie de Syrup. La vie là bas me fatiguait. Il ne se passait jamais rien, et j'ai un rêve à réaliser: Apprendre à lire les ponéglyphes. Je sais que je n'y arriverai peut-être jamais... Mais avant de partir à l'aventure, seule, je devais absolument rendre hommage à GrandPa, resté sur Hungeria après mon départ. Je ne suis jamais allé lui dire une fois pour toute au revoir. C'est comme si j'avais encore un pied dans mon passé, et l'autre dans mon avenir. Mais je dois aller de l'avant. J'ai rencontré un long-bras sympathique, c'est donc qu'ils ne sont pas tous mauvais... J'ai certes perdu mon passé avec papa, maman et grandpa à cause d'eux, mais je ne vais certainement pas perdre mon avenir !!

            C'est ainsi que je suis montée à bord d'un bateau en direction d'Hungeria. Je pense faire un tour dans ma ville natale voir si tout va bien. J'ai bien sûr emmené mes provisions car ce n'est certainement pas là bas que j'en trouverai... Je leur en donnerai peut-être un peu. Après, j'irai à la tombe de GrandPa et lui déposerai un mimosa, sa fleur préférée. Pour finir je repartirai en mer, seule, même si je dois y laisser ma vie sur GrandLine. Car oui tu dois penser que c'est du suicide de partir sur GrandLine sans accompagnement mais je suis déterminée à réaliser mon rêve, la promesse que j'av


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            Haruna ne put continuer. Dans la cale où elle s'était caché, elle entendit un remue-ménage venant du pont. Elle était arrivée ! Elle était sur son île natale !! Elle se cacha derrière une caisse, sous un drap. Ayant étudié les provisions du bateau, elle savait qu'ils ne toucherait pas à cette partie là de la cale car cela servirait aux provisions de retour. Soudain, un craquement retentit: Les hommes descendaient dans la cale chercher la livraison pour Hungeria, qui s'avérait être... Une pauvre petite caisse de vivres. La terre étant si mauvaise qu'il est impossible de cultiver, les satanistes de son île avaient du commander de la nourriture avec le peu d'argent qu'ils avaient. Les pauvres... Ils sont obligés de se cotiser à plusieurs pour une seule petite barrique de fruits... À Syrup, pour une famille cela faisait un repas. Pour eux, ce serait la ration d'un mois pour tout un village... Et elle savait de quoi elle parlait.

            Par télépathie, elle demanda à une araignée qui passait par là si elle pouvait faire le guet pour attendre que l'équipage descende livrer la caisse, afin qu'elle puisse sortir. L'araignée eut du mal à obtempérer, mais elle s'exécuta au bout d'un certain temps. Il fallait vraiment qu'elle travaille son fruit du démon, il ne lui servait vraiment à rien en ce moment... Elle ne peut même pas se faire obéir par les araignées. Haruna attendit une durée interminable avant que l'araignée ne se daigne redescendre. La voie était libre !! Elle pouvait remonter à la surface !!

            Elle remonta par les escaliers et prit bien soin de remercier chaudement l'araignée. Celle-ci repartit à son travail sans rien dire. Elle devait sûrement avoir d'autres mouche à empoisonner. Haruna prit également le temps de bien vérifier que personne n'était à bord. Il n'y avait qu'un surveilleur qui baillait aux corneilles en baillant tout court. Sans un bruit, elle descendit du bateau. Des odeurs familières lui revint. Haruna eut les larmes aux yeux en pensant à tous ceux qu'elle avait laissé là, dans la pauvreté... Mais elle DEVAIT partir !!



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            Haruna fit quelques pas dans la forêt, quand soudain elle entendit des voix en pleine discussion:

            -... Seigneur Satan.... Pas d'apparitions.... Sacrifice... Offrande ? Mais on a pas.... Jeune fille de notre village... ? Si seulement... Une jolie fille inconnue... Pas de remords à sacrifier... Besoin de seigneur satan.


            Son sang ne fit qu'un tour, et au moment où elle voulu s'enfuir, une branche craqua sous ses pieds.

            -Viens voir ! J'ai entendu quelque chose ! dit l'un des satanistes

            À ce moment, tout la forêt put entendre un cri déchirant: Celui d'Haruna se faisant enlever.
              Après une longue et triste journée, les Shinoryuu, désormais sous l'épaulette d'Howard Prince, suivirent la convocation sur le pont de ce dernier de bon matin. A peu près tout le monde était présent, et écoutèrent passivement les ordres du nouveau capitaine. Bon, certes, la motivation n'était pas à son maximum, mais nous n'étions plus dans cet état de dépression léthargique qu'il y avait la veille au sein de l'équipage. Fear Face, lui, s'était plutôt bien remis des événements. Certes, il n'avait rien oublié, et tourner la page serait difficile, mais il était motivé maintenant, et il ferait tout son possible pour aider l'équipage à se relever. Et ce fut justement le sujet abordé de Prince, qui parla de la première chose à rebâtir dans cette équipage : Le navire. Et qui dit navire dit ressources. La mission semblait donc on-ne-peut-plus clair, et posé tranquillement sur son épaule, je pouvais sentir mon maître s'émoustiller à l'idée de se donner dans cette tâche pourtant si bénigne. Très vite, les trois binômes furent formés. Yukisame se mit tout simplement avec son amie Cassandra, Tokigawa forma un duo avec Mitsume (et je n'osais imaginé pour quelles raisons ce bout-en-train tenait à être avec elle), et enfin, Mao Sticks eut le privilège -haha- de se mettre avec son capitaine chéri. Brüno, lui, s'était désigné pour accompagner Mugen et Shinji dans l'écriture des plans, au cas où ces derniers auraient besoin d'une main d'oeuvre plus disponible que de simples pirates alliés qui ont sûrement d'autres choses à faire sur le propre navire. Les trois binômes ainsi formés, Prince leur donna rendez-vous à tous sur ce pont vers midi, et nous quittâmes le navire, les trois groupes prenant des directions différentes. Bien sûr, moi, corbeau de compagnie que j'étais, je suivis tout simplement l'épouvantail, qui ne cachait plus sa joie de partir ramasser du bois avec Prince. Ca allait partir en fanatisme, ça, un jour, je le sentais. M'enfin, Fear avait besoin d'un soutien psychologique semblable à Prince, et peut-être même que c'était réciproque, donc je laissais passer.

              Le début de matinée se révéla assez calme. Traversant lentement la forêt avoisinant le navire, Prince tenait déjà un immense tas de bois sur ses épaules, alors que Fear Face, un peu derrière, tenait un peu plus petit tas dans ses bras, cherchant avec patience un bout de bois spécifique, celui dont la taille et la forme correspondrait au maximum à sa jambe. Car il n'était pas s'en rappeler que comme Prince avec sa blessure, Mao boitait, car il avait toujours un vulgaire rondin à la place de sa jambe réduite en cendres par le Pacifista. Du coup, pendant toute la matinée, Fear et Prince avait cherché du bois épais pour le vaisseau, et des plus petits pour la jambe de l'épouvantail. Bien que la tâche soit assez éprouvante, il n'y avait eu jusque là aucun vrai problème, hormis un petit cri de fille qui avait effrayé sur le coup mon maître, mais rien de plus. Il fallait savoir aussi que les deux pirates n'avaient pas vraiment cherché à se parler pendant ces plusieurs heures, si ce n'était quelques blagues situationnelles plutôt bien placés de la part de Mao. Mais soudain, alors qu'on approchait de l'heure du midi, un cri de femme s'éleva quelques centaines de mères plus loin de la forêt, avec en fond des cris enragés, faisant de nouveau sursauter Fear Face qui fit tomber ses bouts de bois sur le coup.

              "Aah ! T'as entendu ça, Prince ? Cette fois je suis sûre de moi, quelqu'un a hurlé !"

              Et pour le coup, cela se confirma, les cris enragés de fond se rapprochant progressivement, comme-ci une foule en pleine révolte foncer droit dans leur direction. Finalement, une jeune femme surgit d'entre les arbres, arrivant en courant sur les deux pirates, comme poursuivie, et arriva brutalement face à Fear Face. C'était une femme à la tenue légèrement délabrée, et aux déplacements très aléatoires. Ses cheveux avaient une étrange teinte, entre l'orange et le brun, et avaient une longueur conséquente, à peine entretenu par un immense nœud rouge au niveau de la nuque et une petite queue de cheval en bout. Étrangement, elle semblait avoir un boulet suspendu à sa taille, accroché à ses poignets par une longe chaîne, ainsi qu'un étrange réceptacle, couramment utilisé, à ma mémoire, pour stocker ce que les humains appellent de l'alcool. Mais le plus étrange chez elle, c'était les deux immenses excroissances en bois distordues qu'elle avait sur la tête, avec de mystérieux ornements dessus. Le visage un peu décalqué de la femme croisa celui de Mao, et avec une synchronisation surprenante, les deux personnages sursautèrent en arrière, tombant chacun au sol sous le choc, et lâchèrent d'une voix terrifiée :

              "AAAHH ! Un monstre !"
              "AAAHH ! Un monstre !"

              Sur le coup, j'avais eu le réflexe de m'envoler avant que mon maître s'effondre aussi pitoyablement au sol, et en battant des ailes, je regardai cet étrange spectacle de deux personnes elle-même bizarres, qui s'observèrent longuement, d'abord effrayés, puis peu à peu intrigués. Finalement, Fear comme la femme se calmèrent, se regardant avec interrogation, jusqu'à être interrompus, par l'arrivée soudaine d'autres personnes. Cette fois, c'était une véritable marée d'humains, une bonne cinquantaine armée jusqu'aux dents. Tout de suite, je remarquai leur accoutrement étrange, me faisant clairement penser à un mélange entre des barbares et les derniers membres d'une secte. Il me semblait que ce Peter en avait parler rapidement avant de partir, comme quoi on devrait se méfier d'eux. Apparemment, ce serait un peuple à la pauvreté hyper élevée qui trouverait le salut dans le fanatisme satanique... Bah, chacun ses goûts après tout. Ce qui m'inquiétait le plus, c'était les sabres et les armes à feu pointés sur nous. Certes, elles étaient très rudimentaires et vieillissantes, mais malgré leur pauvreté, ils avaient gardé un bon profit sur l'aspect militaire. Sans doute ont-ils quelque chose à craindre qui les poussent à privilégier cet aspect "économique". En tout cas, en l'occurrence, c'était nous les cibles, enfin, plus précisément, ça semblait être la femme qu'on venait de rencontrer. Les satanistes nous avaient encerclés, mais gardaient visiblement une distance très contrôlée, semblant être assez effrayés par l'apparence horrifique de Mao. Chose qu'étrangement, la jeune femme sembla remarquer, passé l'épouvante de voir des fanatiques débouler vers elle. Elle lança à l'épouvantail un regard narquois, et après quelques instants, se jeta littéralement dans les bras de Fear Face, en imitant avec un talent presque théâtral la fanatique désespérée.

              "Oh ~~ Enfin vous voilà, maître Satan ! Je vous ai longuement cherché, mais ces hommes m'ont ralentis dans ma tâche !"

              "Bon sang, c'était donc bien l'émissaire de Satan ? Je savais que ses cornes cachaient quelque chose..."

              "Elle veut dire... Que cette créature serait Satan ?"


              A la phrase de la fameuse "émissaire de Satan", tous les fanatiques furent déboussolés, et regardaient mon maître d'un air particulièrement intrigué, chacun d'eux attendant clairement une confirmation convaincante de l'épouvantail. Mao, lui, était surtout complètement perdu dans toute cette histoire, ne savant pas trop quoi en penser. La femme se dégagea alors un peu de ses bras, et tournant le dos aux satanistes, ses mains posées sur les épaules de Fear, elle lui lança un regard qui signifiait clairement "Joue le jeu ou tu vas te prendre mon immense boulet dans un endroit désagréable". Habitué à communiquer avec moi par les yeux, Mao n'eut aucun mal à comprendre, et on pouvait dire que pour le coup, cette femme avait une très bonne maîtrise de la langue... Très convaincante aussi. Fear Face déglutit de la paille et regarda autour de lui. De toute évidence, ces satanistes ne les laisseraient pas s'enfuir aussi facilement, et ils avaient le désavantage du nombre. Autant dire que pour le coup, les choix n'étaient pas très nombreux, les chances que ces fanatiques leur en veuillent si cette femme s'avérait mentir étant élevés. Je vis mon maître lancer un regard discret à Prince, qui ne peut que lui donner une légère approbation réticente, et finalement, Mao s'écarta de la femme et se mît à rigoler le plus sombrement possible, tout en disant sur un ton se voulant démoniaque :

              "Bwahahahahah ! Effectivement, je suis le grand méchant Satan, sorti tout droit des enfers pour répondre à votre appel, vulgaires mortels ! Bwahah, bwahah ! Et voici trois de mes plus fidèles assistants, Albert le corbeau gardien des âmes, Howard Prince, le pirate fantôme, et euh..."

              "Alicia Sakegin, prêtresse de la débauche ! Bwahahahah !"

              "Tout à fait ! Tremblez devant notre présence funeste, pauvres mortels. Satan est venu répandre sa terreur, bwahahahah !"

              D'une façon vulgairement ridicule, la dénommée Alicia Sakegin et mon maître se mirent à rire "diaboliquement" en cœur, d'une façon assez peu crédible. Cependant, les deux "monstres" comme ils s'étaient appelés mutuellement devraient suffire à terrifier ces humains et à les faire décamper bien loin. Mais à notre grande surprise, il y eut d'abord un grand silence pesant, et tout à coup... Les satanistes se mirent à hurler de joie et à applaudir, faisant une véritable ovation à leur Satan. Fear Face prit un air très perplexe, mais n'eut même pas le temps de réagir que les fanatiques lâchèrent tous leurs armes et foncèrent sur lui, le soulevant au-dessus de leur bras telle une idole, d'autres faisant de même avec ses "assistants". Bien sûr, par précaution, je m'envolai au-delà de l'hauteur de leurs bras, histoire de ne pas être pris dans cette furie digne des plus grandes stars mondiales. Ces humains se mirent alors à transporter nos chers amis le long de la forêt, certains d'entre eux portant le bois qu'on avait récolté, et nous amenèrent progressivement vers le village, entamant de puissants chants en honneur de Satan durant tout le trajet. A vrai dire, même moi, je ne m'attendais pas une réaction aussi vive et joviale de la part de ces humains, ils devaient vraiment espérer l'arrivée de leur dieu absolu avec une impatience insatiable. Après plusieurs kilomètres de marche "divine", nos deux chers pirates ainsi que cette Alicia arrivèrent au fameux village, où des dizaines de personnes, femmes, enfants, anciens, acclamaient avec effervescence l'arrivée de Satan. Fear Face et moi-même purent voir à ce moment l'état calamiteux des lieux. Si les longs-bras n'étaient pas dans un grand état de richesse, du côté des satanistes, c'était juste cent fois pire. On se demandait presque comment ils pouvaient survivre dans de tels taudis. M'enfin, ce détail nous passa vite au-dessus de la tête, étant donné que les satanistes nous avaient déposé au milieu de la grande place, sur une sorte de piédestal immense semblant destiné aux discours sataniques. Un homme d'une quarantaine d'années, très musclé, avec des cicatrices partout et un air très renfrogné, accueillit alors Mao, Prince et Alicia. De toute évidence, ça semblait être le chef du village, ce qui ne l'empêcha pas de se mettre à genoux devant nous avec humilité, tête plaqué au sol. Face à cet exemple, tous les habitants, les entourant désormais, firent de même, dans une synchronisation presque effrayante. Sa voix était rauque et imposante, montrant clairement que c'était pas le genre de personnes avec qui on déconnait tranquillement au bar du coin.

              "Satan, c'est un honneur de vous accueillir ici. Nous avons longuement attendu votre venue. En guise de notre reconnaissance, nous sommes prêts à faire toute chose vous offrant un quelconque intérêt, et vous offrons cette chair tout fraîchement capturée par nos valeureux chasseurs. Nous espérons sincèrement que vous y verrez une utilisation des plus pratiques, aussi futile soit-elle."

              "Bah, euh... Ce sera un plaisir, mon gars ! En tant qu'entité satanique, je ne dis jamais non à la tentation, et une bonne petite offrande me fera le plus grand plaisir ! Qu'est-ce donc ? Un cerf ? Un cheval ?"

              "Bien mieux, ô maître Satan... Une jeune demoiselle, que nous nous apprêtions à brûler pour vous. Mais vu que vous êtes ici, autant vous la donnez en personne, n'est-ce pas ?"

              Sur ces mots, deux hommes arrivèrent à côté du chef... Une jeune fille blonde devant eux. Enchaînée au niveau des mains, bouche bloquée par un chiffon sale, ils n'avaient pas hésité à la dépouiller de ses objets, ne lui laissant qu'un tissu brun et sale comme seule vêtement, s'arrêtant au niveau de ses jambes et découvrant ses bras, tous meurtris et avec des bleus partout. De tout évidence, elle ne s'était pas laissé faire, et là encore, elle se débattait alors que les deux hommes tirer ses chaînes avec force pour la traîner devant Fear Face. Ils la plaquèrent alors à genoux par les épaules, face à Mao, qui devait offrir un spectacle effrayant pour la pauvre adolescente. Moi, j'étais sur l'épaule de mon maître, impassible, me demandant juste ce qui allait se passer. Mais Fear Face semblait très mal assimilé cette vision. Je le sentais. Les images de la veille qui ressortaient, de cet enfant donné en esclavage à un noble pathétique. L'épouvantail resta figé un moment, comme paralysé et choqué, et ne savait plus quoi dire, alors que tous les satanistes attendaient de voir ce qu'il allait faire. La femme à cornes fronça les sourcils, et donna un discret coup de coude à Mao, histoire de lui faire reprendre les esprits. Bien heureusement pour eux, cela marcha, et en se remémorant la situation, mon maître regarda autour de lui, et je compris ce qui le fit hésiter. D'un côté, il n'avait aucune envie de valider un système d'esclavage quelconque comme ils l'encourageaient à le faire, mais d'un autre côté, ils n'avaient aucune envie de voir toutes ces personnes souriant face à leur dieu déçues. Surtout qu'une mauvaise réaction de sa part pouvait leur coûter la vie à tous. Il soupira discrètement, et finalement, lâcha d'une voix forte et théâtrale :

              "Hahaha, quel magnifique cadeau ! Mais bon sang, vous l'avez tant abîmé ! C'est à cause des chaînes, ça ! Détachez-la, bon sang !"

              "Mais seigneur Satan, elle... elle pourrait s'enfuir..."

              "M'enfin, ne me contredisez pas ! Je suis Satan voyons, une entité absolue ! Cette jeune demoiselle pourra fuir où elle veut, elle sera toujours sous les lourdes chaînes de ma puissance, hahaha !"

              "C'est vrai, vous avez raison... Pardonnez mon impudence..."

              Le chef du village fit un petit mouvement de la tête en direction de ses hommes, et ceux-ci détachèrent la jeune adolescente qui s'écroula lourdement sur le piédestal. De toute évidence, à force de se débattre et se faire maltraitée, elle devait être exténuée. Je sentis Fear Face avoir un léger frisson, mais il sut garder les apparences, et levant les bras au ciel, il continua à parler avec ferveur, tout en s'avançant vers la jeune fille.

              "Merci beaucoup pour ce magnifique présent ! Un très bon choix ! Mais un tel cadeau mérite un dessein particulier... Je pense qu'elle fera une excellente assistante... C'est un plaisir d'avoir des disciples tels que vous. Bwahahahah !"

              Tous se mirent à rire à l'unisson, de la même façon que Mao, comme-ci ce rire démoniaque était une sorte d'"Amen" satanique. Puis tous se mirent à applaudir avec vigueur leur dieu, alors que Fear Face s'avançait vers la jeune fille, lui tendant la main :

              "Enchanté, chère petite ! Je suis Satan en personne. Comment te nommes-tu, chère nouvelle émissaire ? ♪"

              Spoiler:
                Click Here for Sound ! ♪

                Un peu avant sa capture, Haruna était entourée par des satanistes. Elle n’avait pas compris ce qui s’était passé. Tous ces gens, elle les connaissait. Là, le fils de la voisine. Elle avait si souvent joué avec, ils s’amusaient à planter des grains qu’ils trouvaient par ci par là, sans que ça donne jamais rien, mais c’était incroyable de voir à quel point des enfants peuvent s’amuser à planter des graines, à les arroser et à en prendre soin en sachant pertinemment que ça ne donnerai rien. Ici, la vieille folle de l’autre bout du village. Elle n’était pas encore morte ? Non, vraiment, Haruna se demandait comment ses anciens voisins pouvaient s’attaquer à elle sans ni se souvenir d’elle ni raison. Passée sa surprise, elle décida de contre-attaquer. Elle sortit son bâton de combat en sachant qu’elle ne pouvait pas prendre le dessus. Toutefois, si elle pouvait en assommer quelques-uns…

                Spoiler:

                Elle commença l’assaut. Un sataniste, plutôt jeune qu’elle ne connaissait pas, s’était jeté sur elle. La jeune fille lui frappa la tête si fort qu’elle l’assomma. Cela n’impressionna guère les autres qui se jetèrent à la suite de leur compagnon. Elle envoya un coup dans les côtes et avant même d’avoir pu regarder sa réaction, un autre s’en était pris à ses jambes. VLAN ! Un coup dans la colonne vertébrale. Il s’effondra au sol. À ce moment, il n’en resta plus que quelques-uns. Je peux le faire ! se dit-elle. Mais la prochaine personne qui l’attaqua était… Le voisin avec qui elle avait si souvent joué. En personne. Elle baissa sa garde et se fit assommer en poussant un cri de terreur.

                Click Here for Sound ! ♪


                Lorsqu’Haruna se réveilla, elle était enchaînée, bâillonnée et seul un petit tissu couvrait son corps. Elle avait tout perdu. Elle se mit misérablement à pleurer. Comment son propre village avait pu la maltraiter comme cela ? Tout son corps souffrait, on aurait dit que son corps était devenue un peinture taille humaine tant son corps était couvert de bleus. Soudain, un brouhaha incessant commença. Ils semblaient fêter quelque chose, certainement une nouvelle l’arrivée d’un faux-satan. Mais la créature qui apparaissait dans le village accompagnée par les satanistes n’avait rien d’humain. Elle écarquilla les yeux. Non, non, ça ne pouvait pas être possible, Satan ne pouvait pas exister, c’était historiquement impossible pour la jeune archéologue. Pourtant, cet espèce d’épouvantail vivant était si effrayant !! Peu après, le fils du chef du village, certainement devenu chef après la mort de son père fit un discours d’accueil et parla d’une offrande et de chair fraîche. Il ne parle tout de même pas de moi ? pensa-t-elle.

                Eh bien si. Le faux-Satan fit un petit discours élogieux qui sonnait aussi faux que les cloches de l’église de la ville. Le chef s’approcha alors d’Haruna et la libéra violement. Il l’envoyer valser au pieds du faux-satan, qui fit genre que la viande était amochée et qu’il préféra ne pas la manger. Haruna pensa que c’était pathétique et qu’il était un vrai poltron, mais elle n’en dit rien. Elle sentait que son cerveau était en pleine décantation après le coup qu’elle avait reçu à la tête par le sataniste. Elle n’avait pas les idées claires. Puis, le faut Satan dit :

                "Enchanté, chère petite ! Je suis Satan en personne. Comment te nommes-tu, chère nouvelle émissaire ? ♪"

                Elle cru ne pas bien comprendre. Il lui proposait de devenir son assistante ? Son amie ? Cet espèce de faux satan chelou ? Sa tête tournait et elle ne voyait pas très bien. Elle eut une très forte envie de vomir tout d’un coup. Ne pas vomir sur satan, mais elle ne comprenait plus tout trop ce qui se passa et d’ailleurs la narration zarbz que je donnais montre un peu petit son état d’esprit du moment. Elle fronça les sourcils et mis un temps fou pour répondre. La jeune fille devait comprendre la question et dans son état actuel, c’était compliqué. Elle avait l'impression de redevenir une petite fille vulnérable face à cette question. Mais que faire ?

                Spoiler:

                « Je m’appelle Haruna. Enchantée. »

                Celle-ci tendit sa main vers le faux-satan qui paru enchanté de la serrer. Mais au moment même où sa main frôla celle de la créature, son sang ne fit qu’un tour et son cerveau se désactiva pour qu’elle lui envoie le coup de jambe dans ses roubignoles le plus puissant qu’il ait senti de sa vie. Les satanistes pensaient étaient complètement perdus et ne savaient plus où se placer. La jeune fille avait-elle accepté son offre ? Et pourquoi ce coup de pied après ? Etait-elle une alliée ou une amie ? Haruna profita de l’effet de surprise pour s’enfuir à toutes jambes. À ce moment, les satanistes percutèrent. Ils se jetèrent tous en même temps à sa poursuite, sauf quelques-uns qui approchaient de « Satan » pour voir si tout allait bien. Haruna, de son côté, avait une petite longueur d’avance sur ces satanistes, mais sa tête lui tournait… Elle voya double, puis triple. Ses jambes fléchirent et semblèrent se transformer en coton. Elle perdait du sang, ses jambes lui faisait mal, elle voyait de petits points noirs se dessiner et puis … Rien du tout. Elle s’écrasa aux pieds d’un jeune brun blessé, qui semblait rechercher quelqu’un. Elle n’avait pas perdu connaissance, mais toutes ses forces l’abandonnaient et elle aurait été incapable de parler. Le jeune homme n’eut même pas le temps de s’étonner qu’il vit la horde de satanistes aux trousses de la jeune fille.
                  Après quelques minutes passées à regarder Mao se faire acclamer tel une idole, une divinité, par une véritable foule en délire, le pirate au tricorne s'écarta un peu de l'attroupement, laissant son nakama profiter de son nouveau statut d'être exceptionnel. Un léger sourire gravé sur le visage, le "pirate fantôme", toujours aidé dans ses mouvements par des béquilles, arpenta le village, constatant avec stupeur le niveau de vie plus que misérable de cette population fanatique envers l'icône Satanique : des habitations construites de façon rudimentaires, des bâtiments délabrés, voir complètement détruits, dans lesquels étaient installés lits de fortunes et autres meubles. L'homme aux yeux émeraudes continua alors sa visite dans cette bourgade en ruine, avant d'être percuté par une femme, au détour d'un édifice en ruine : cette dernière, habillée comme les autres d'une longue tunique noire, tomba sur le sol, en arrière, soulevant un léger nuage de poussière brunâtre. Rapidement, elle s'excusa, voyant l'homme blessé qu'elle venait de heurter :

                  « Oh mon dieu ! Monsieur, vous allez bien ? Je.. Je suis désolé, je ne regardais pas où j'allais... Je... J'étais pressé de voir Satan Sama en personne et je.. je suis vraiment désolé. Vous n'êtes pas blessé au moins ? »

                  Howard Prince, en véritable gentleman, tendit sa main vers la ravissante jeune femme à la chevelure rouge, avant de l'aider à se relever. Fermant les yeux, il afficha une expression amusée sur son visage, faisant ainsi comprendre à cette dernière qu'aucun mal n'avait été fait :

                  « Je vous en prie ma dame, j'imagine que j'aurais également dû faire attention. Vous n'avez rien j'espère ? »

                  Les joues de la sataniste rougirent brusquement, tandis que ses yeux côtoyaient le visage angélique du Prince :

                  « Non.. Je... Je n'ai rien merci. Mais, je ne vous ai encore jamais vu dans le village ? Qui êtes-vous ? »

                  Derrière un bref instant d'hésitation, Prince se lança, se présentant, non sans difficultées, comme la terreur de l'au-delà, le maître incontesté des esprits défunts et, surtout, comme l'obscure, le sombre, non, le diabolique serviteur de Satan Sama.. Hum.. Oui, comme Howard Prince, le pirate fantôme ! Interprétant maladroitement et de façon un peu trop exagérée son nouveau personnage, passant de la galanterie à un profil faussement luciférien, le pirate au tricorne se sentit tout bonnement ridicule et grotesque... Une fine goutte de sueur lui glissa le long de la tempe, tandis qu'il repensa à Mao, qui était parvenu sans aucun problème à jouer le rôle de Satan, comme si l'épouvantail s'était entraîné toute la vie à devoir, un jour, jouer cette mascarade... Les yeux de la jeune femme s'ouvrirent en grand, ses pupilles devinrent, un bref instant, transparent et pendant plusieurs secondes, elle n'eut aucune réaction. Puis, subitement, cette dernière se mit à genou devant Prince, les bras vers l'avant, exactement comme ces types devant Mao :

                  « Oh grand Prince Sama, seigneur des défunts, terreur de l'au-delà, serviteur de Satan Sama... Je te prie de m'excuser pour cette offense, croit en mes excuses et accorde moi ta pitié, ou prends ma vie de tes propres mains, j'en serais plus qu'honoré, je... »

                  Gêné, Prince invita une nouvelle fois la jeune femme à se relever, se demandant pourquoi toute cette mascarade pour l'icone satanique, chose plutôt curieuse, voir atypique. Reprenant un ton calme et posé, le pirate attendit que la femme, qui n'osait désormais plus le regarder en face, reprenne son calme et ses esprits, avant de la questionner sur le village dans lequel il se trouvait ainsi que sur la cause de leur dévotion pour Satan Sama :

                  « Je... Ici, c'est la seconde partie de l'île, le Royaume d'Haraettania. Comme vous avez pu le remarquer, nous sommes une population très pauvre... Vivant essentiellement grâce à une petite agriculture, nous espérons, chaque jour qui passe, que demain sera meilleur et surtout que chacun de nous sera vivant lorsque le soleil se lèvera... »

                  Elle marqua un temps d'arrêt, ses yeux semblant vouloir fuir la dure réalité, ses lèvres s'enfonçant timidement dans sa bouche comme pour combattre un chagrin, une détresse trop présente. Oui, cette femme criait clairement à l'aide, un message que sembla capter sans aucun mal le pirate au tricorne :

                  « Vous savez, nous n'avons pas toujours été un peuple pauvre... Il y a quelques années, nous étions tous heureux, vivions paisiblement dans ce beau village... Mais un jour, ils sont arrivés : Les Longs-Bras. Armés de plusieurs centaines d'hommes, ils ont commencés par raser Haraettania, avant de tuer d'innocents villageois... Depuis ce jour, nous vivons dans la peur, obligés de payer de lourds impôts chaque mois pour ne pas perdre de nouveaux membres de notre famille... »


                  Un sanglot s'échappa de la sataniste, mais, au dernier moment, elle retint les larmes qui étaient apparues au coin de ses yeux, avant de regarder le pirate de ses grands yeux bleus, plein d'espoir :

                  « Mais maintenant que Satan Sama et ses fidèles sont là, nous allons pouvoir prendre notre revanche sur les Longs-Bras et de nouveau vivre en paix ! N'est-ce pas Prince Sama ?? »

                  Pris au dépourvu par cette question, le pirate ne sut quoi répondre... il hésita un moment et commença à bafouiller quelque chose avant qu'une nouvelle charge ne s'abatte sur ses jambes, faisant renaitre les douleurs de ses nombreuses blessures :

                  « DÉCIDÉMENT ICI !!!! VOUS POURRIEZ FAIRE ATTENTION BORDEL !!!! »

                  Son regard se posa alors en direction de ses jambes, là, où une jeune fille blonde venait de tomber, inerte, avant que, face à lui, une véritable horde de satanistes n'apparaisse, fonçant dans sa direction : les yeux des hommes étaient habités d'une sombre colère et nul doutes que ces types venaient pour cette drôle de fillette briseuse de jambes. Sans préambule, un homme, sabre à la main, se jeta vers la gamine comme un forcené :

                  « On te tient petite peste ! Tu vas revenir avec nous et être sacrifiée !!! »

                  Un "Clign" soudain, résonna dans l'atmosphère, arrêtant, par la même occasion la course des autres fidèles de Satan : Howard Prince, d'un majestueux moulinet, venait, avec l'une de ses béquilles, de désarmer l'aliéné, qui recula de quelques pas, tandis qu'un autre se lança à son tour à l'assaut du pirate. Malgré ses blessures, Prince esquiva facilement l'attaque d'un simple pas, avant d'envoyer, une nouvelle fois sa béquille, qui vint s'écraser dans les côtes de son agresseur. Ce dernier lâcha son sabre et fini à genou, avant de s'écrouler sur le sol, dans un gémissement de douleur, dissuadant apparemment les autres qui reculèrent tous de quelques pas :

                  « Je ne sais absolument pas pourquoi vous en avez après cette gosse, mais je ne penses pas permettre quoi que ce soit vis-à-vis de cette dernière... Si vous voulez l'emmener, il faudra d'abord me passer sur le corps... Des intéressés ? »

                  « Enfoiré ! Laisse nous la fille ! Nous devons la sacrifier pour Satan Sama ! »

                  « D'ailleurs t'es qui bordel ?! »

                  Prince ferma les yeux... Il aimait ce genre de question. Affichant un large sourire, il lança alors :

                  « Moi ? Je suis Mister Pri... »
                  « ARRÊTEZ ! »
                  La femme de tout à l'heure coupa alors le pirate pour se mettre entre lui et son peuple :

                  « Etes-vous devenus fou ?! Cet homme est un des assistant de Satan Sama !! Comment osez-vous le combattre ? Voulez-vous vraiment réduire notre espoir à néant ? »

                  Décontenancé, les hommes se regardèrent, hébétés, avant de se mettre à genou :

                  « Excusez-nous ! Nous ne savions pas que vous étiez un assistant de Satan Sama ! Excusez-nous tricorne sama ! Nous vous supplions de nous accorder votre pardon pour notre stupidité... »

                  « Ça va ça va, relevez-vous, je vous pardonne ! Mais vous devriez remercier cette femme, car sans son intervention, je vous aurais euh... fait subir mon courroux ! Réplique tellement pitoyable... Sur ce, je vais m'occuper de cette fillette ! En espérant ne plus jamais vous voir tourner autour d'elle ! »

                  Le pirate prit alors la jeune fille par le col et la souleva pour la regarder : elle faisait peine à voir, marquée, sur une large partie du corps, par des égratignures et autres ecchymoses, tandis que des traces de larmes étaient encore parfaitement visibles sur ses joues... Au bord de l'inconscience, elle luttait pour garder ses yeux ouverts et sembla vouloir dire quelque chose... Néanmoins, la force même de parler lui échappait... La plaçant sur son épaule, Prince décida de l'emmener jusqu'au navire de Peter, là où elle pourrait recevoir des soins adaptés.

                    Sentant passer de plein fouet le coup de la dénommée Haruna, Mao Sticks sa cabra, ayant sursauter sur le choc, et resta figé sur place, l'air hagard, alors que sa nouvelle "disciple" fuyait en trébuchant, poursuivi par plusieurs satanistes. Je la regardais s'enfuir avec passivité, peu intéressé par son sort, alors que le chef des satanistes, lui, se précipitait sur l'épouvantail, clairement inquiet pour la santé de ce dernier. Celui-ci rigola stupidement, faisant mine qu'en tant qu'enveloppe charnelle du Diable en personne, il n'avait absolument rien senti, alors que son tissu était mouillé en-dessous de l'un de ses yeux, suivant le tracé d'une larme. Sur le coup, tous les satanistes s'étaient offusqués, et étaient prêts à tuer pour venger leur Satan adoré, qui se retrouvait à calmer ses fidèles. Finalement, des hommes vinrent nous annoncer que Prince avait récupéré la fille, ce qui soulagea bien évidemment Fear Face, qui put se concentrer sur son rôle de démon. Le chef des satanistes, s'en voulant de sa couardise d'avoir laissé s'échapper ainsi la jeune fille, fit immédiatement amené un autre cadeau. Mon maître, cette espèce d'alcoolique qui nous avait plongé là-dedans et moi attendions tranquillement le dit présent, mais lorsque celui-ci fut visible, Mao écarquilla les yeux, ébahi, et moi-même, je fus étonné de ce que je vis. Une immense caisse métallique légèrement rouillée mais toujours fermée s'avançait vers nous, portée par deux satanistes solidement bâtis. Pour certains, en la voyant comme ça, cela pouvait ressembler à une caisse banale, mais pour moi et mon maître, ce fut un déclic direct. Les deux hommes posèrent la caisse devant nous et débloquèrent le verrou, le chef lâchant alors, toujours en position de prière :

                    "Pour nous faire pardonner de notre imprudence, voici une caisse retrouvée sur la rive hier matin sur une épave. Nous voulions garder celle-ci pour... Les impôts. Mais puisque vous êtes là, nous vous offrons gracieusement la caisse et son contenu."

                    Ne répondant pas même au chef, l'épouvantail s'avança doucement vers la caisse, l'ouvrant lentement afin d'en révéler le contenu. Celui était d'une diversité sans nom, et avait miraculeusement évité le contact avec l'eau : Des instruments de musique, des quilles, des boules, des déguisements de toute sorte... Le kit de cirque parfait. Et surtout, il s'agissait de celui de Fear. Si la proximité avec les lieux du naufrage que l'épouvantail avait subi encourageait la probabilité qu'il retombe dessus ainsi, il fallait avouer qu'une fois de plus, la chance était à ses côtés. Je me grattais tranquillement l'aile, alors que Mao caressait ses outils chéris avec émerveillement. Il releva alors une tête sérieuse vers le chef, et lâcha d'un air peu gêné :

                    "Ecoutez... Je ne suis pas..."

                    "Ouah, trop classe, le matos ! Merci les gars, vous êtes géniaux ! Par contre, il va falloir que Satan et moi parlions urgemment. Vous n'auriez pas un endroit où on pourrait parler en privé ?"

                    En voyant que Fear Face allait tout déballer, Alicia lui avait sauté dessus, calant son bras sur l'épaule de l'épouvantail, et avait parlé d'une voix forte et joviale afin d'interrompre Satan en pleine révélation. Elle serra alors fortement le cou de mon maître, je le sentais rien qu'en étant posé sur l'autre épaule, mais sans pour autant que ça se voit, puis elle plongea un regard à nouveau très expressif à Mao, qui frissonna légèrement et lâcha finalement sur le même ton jovial et exagéré que sa fausse disciple :

                    "Ah, oui, c'est vrai ! Désolé de vous déranger en pleine célébration, et encore merci pour le cadeau, mais nous avons quelque chose de TOP SECRET à discuter ensemble, et de très important aussi ! Est-ce vous auriez un endroit où nous pourrions en parler sans problèmes ?"

                    "Oh, bien sûr. Je vous propose ma demeure, vous y serez au calme et à l'abri des oreilles indiscrètes, hahaha !"

                    ___________________________________________________

                    Quelques minutes après, nous étions tous les trois dans la dite demeure, une maison basse autant pauvre que les autres, mais un poil plus vaste. On passera évidemment sur les dizaines de masques, symboles et peintures sataniques situés un peu partout dans la pièce. Le chef ferma les volets, puis la porte d'entrée derrière nous, et même alors, on pouvait l'entendre hurler des ordres du genre "Le premier qui s'approche d'eux, je le décapite". Alicia regarda les lieux avec intérêt, l'air tranquille, et finalement, s'installa de façon très décontractée sur un vieux fauteuil rapiécé, seule chose "luxueuse"  de la pièce, avant de lancer un regard malicieux à mon maître. Alors que j'en profitais pour m'installer sur un katana décoratif dédié à Satan, Mao, lui, regardait l'alcoolique d'un air décontenancé. Finalement, après un léger silence, Fear Face prit la parole, de cette voix sérieuse qu'il savait sortir au bon moment :

                    "Ecoute, Alicia, c'est ça ? J'ai bien voulu te filer un coup de main sur le moment, mais je n'ai pas non plus envie de les voler jusqu'à la racine en profitant de leurs biens déjà si légers. Il faudra bien qu'ils apprennent la vérité un jour."

                    "Roh, mais quel rabat-joie ! De quoi te plains-tu ? Ils te prennent pour leur dieu, tu devrais en profiter ! Puis, faut faire face à la réalité, si tu leur dis la vérité, ils te mettront au bûcher. Le bois, ça brûle bien, non ? ♪"

                    "Je te rappelle qu'à la base, c'est toi qu'ils voulaient faire cuire. Et même si tout leur dire est risqué, je ne les ferais pas souffrir davantage."

                    "Souffrir ? Ils ont l'air de souffrir là ?"

                    Fear Face ne sut quoi répondre à cela, et se tourna vers l'extérieur, d'où il entendait les cris de joie des villageois. Je soupirai doucement, secouant délicatement mes ailes. Alicia avait raison, aussi manipulés qu'ils soient, ces satanistes avaient enfin un espoir, une personne à supplier, en qui croire. Leur dire la vérité briserait leur sourire, pour le transformer en désespoir, et ça, mon maître ne le supporterait pas. De plus, sous la colère, il y avait fort à parier que les satanistes s'attaqueraient à nous et au bateau, c'était bien trop dangereux. L'épouvantail soupira lui aussi, se tournant de nouveau vers Alicia, qui souriait tranquillement en voyant qu'elle avait raison. Elle but un peu de la boisson contenu dans son pot, puis se leva de son fauteuil pour se diriger vers Mao, titubant légèrement, le visage enivré.

                    "Ecoute, mon gars, j'ai une idée. A ce que j'ai compris, vous êtes des pirates hein ? J'ignore combien de temps vous allez rester, mais pendant ce dernier, faîtes-vous passer pour Satan et ses satanistes... *hips*... Après, quand sera venu le temps de votre départ, vous leur direz que vous avez une importante mission à réaliser, et je resterais ici en tant qu'émissaire. Comme ça, vous partez sans problèmes, les satanistes sont heureux, et moi, j'en profite ♪ Qu'est-ce que tu en dis ?"

                    Arrivée devant l'épouvantail, Alicia lui tendit la main, comme pour sceller un pacte.  Pour le coup, c'était signer un pacte avec le Diable, si je puis me permettre, kufufu... M'enfin, Fear Face regarda un long moment la main d'Alicia, hésitant. Je me doutais que l'idée l'intéressait, mais le fait de ne pas avoir l'autorisation de Prince, son capitaine, le gênait. L'épouvantail me lança alors un regard interrogateur, comme pour me demander mon avis, ce à quoi je répondis d'un hochement de tête que pour moi, le "pirate fantôme" sera très probablement d'accord du moment que l'on abuse pas trop sur le racket. Mao soupira, et finalement, serra la main d'Alicia, qui eut un petit sourire ravi.

                    "Très bien, je crois qu'ils t'attendent, non ?"

                    Sentant que nous allions bouger, je m'envolai jusqu'à l'épaule de mon maître, qui en répondant positivement à Alicia, se tourna vers la porte d'entrée, prenant une grande inspiration, et l'ouvrit pour quitter la demeure avec son émissaire alcoolique. Tous les satanistes attendaient l'épouvantail avec impatience, se mettant tous à genoux face à lui. Mao afficha un grand sourire se voulant machiavélique, et s'avança jusqu'à l'estrade au centre de la place, où l'attendait toujours la caisse métallique et le chef des satanistes. Ce dernier, en les voyant arriver, attendit silencieusement les paroles de Satan, afin de savoir ce qu'il allait leur demander de faire ou non. Fear Face regarda tout le public amassé autour de lui en réfléchissant à toute vitesse, tandis que la nuit commençait à tomber sur le village. Finalement, après quelques instants de silence, mon maître lança un regard à sa caisse métallique, et s'en approcha tranquillement, y prenant un bâton en fer avec deux bouts sous forme de torches. Puis il alluma les deux extrémités avec la torche du village la plus proche, et commença alors à parler aux villageois d'une voix forte et le plus charismatique possible, alors qu'il tenait à ses mains ce feu qu'il craignait tant, et qui d'ailleurs intriguait actuellement tout son public, en particulier, lorsque l'épouvantail agitait son bâton de façon particulièrement habile.

                    "Cheeeeers satanistes ! Ravi de vous voir toujours autant réunis ! Alors, dîtes-moi donc, vous qui vouliez m'invoquer... Qu'est-ce que vous voulez plus que tout au monde ?"

                    "De la nourriture en masse !"

                    "Une année de culture prometteuse !"

                    "Que vous déchaîniez votre puissance sur les longs-bras !"

                    "De l'or ! Des richesses illimitées !"


                    Fear Face eut un sourire démoniaque en entendant les réponses des satanistes, qui s'amassaient au bord de l'estrade pour crier leurs désirs les plus fous. Mao ricana et tendit la pointe enflammée de son bâton vers son public, qui frémirent sur place face à ce simple geste. Il continua alors son puissant discours, y insérant une pointe de chant.

                    "Dans ce cas, soyez prêts ♪ Pour de la viande. Pour du blé. Pour le pouvoir. Pour l'or. Pour vos familles affaiblies ♪ Maintenant que je suis là... Tous vos problèmes seront réglées ! ♫"

                    Alors qu'il disait cela, il claqua des doigts de sa main libre, le chef se précipitant vers la caisse pour prendre un instrument de musique, commençant à y jouer avec une ambiance sombre et endiablée, tandis que mon maître, lui, commençait à faire tournoyer son bâton enflammé autour de lui à toute vitesse, sans même craindre ses flammes mortelles. Puis il commença à chanter d'une voix forte et enivrante, alors que les satanistes commençaient à danser face à lui :

                    "Faîtes-moi confiance, vos souhaites les plus intenses... Je les exaucerais quand viendra le grand jour ♪ Quand vous m'aurez suffisamment idolé... Je vous sauverais ♫"

                    "Mais, Satan, comment allez-vous faire pour nous apporter tout ça ?"

                    "Imbécile heureux ! Je peut tout faire ! Suivez-moi... Et vous n'aurez plus jamais faim !"

                    Fear Face hurla cette dernière phrase en tendant les bras en l'air, un air de dictateur au visage, Alicia étant pour le coup étonné de comment il pouvait se montrer convaincant alors que cinq minutes auparavant, il n'osait pas même faire cela lui-même. Absorbés par les promesses de l'épouvantail, les satanistes se mirent à hurler d'euphorie, puis lâchèrent dans un chœur diabolique :

                    "OUI ! LONGUE VIE A SATAN ! LONGUE VIE A SATAN ! BWAHAHAHAHAHAHAH !"

                    Désormais, chacun des habitants du village dansait sur un rituel sataniste, qu ce soit homme, femme ou enfant, acclamant avec ferveur et fanatisme leur diable vénéré. Celui-ci, un air diabolique au visage, se mit alors à dire d'une voix un peu plus basse mais toujours aussi frappante :

                    "Bien sûr, en échange, j'attends de vous une aide totale... J'aurais besoin d'un navire pour parcourir les mers sous cette forme charnelle... Pas un navire ordinaire, un bateau façonné par la sueur de mes fidèles. Autant vous dire que si vous ne m'y aidez pas... Vous mourrez de faim pour la vie !"

                    Pour cette dernière phrase, Mao se baissa violemment vers les satanistes juste devant lui, et leur hurla ces mots dessus avec ce visage effrayant qu'il savait tant faire, faisant sursauter et reculer d'effroi les villageois, à la fois terrifiés et admiratifs. Puis, se mettant à danser frénétiquement sur l'estrade, et refaisant tourbillonner son bâton, Alicia se joignant à lui, Fear Face continua son discours mélodieux :

                    "Préparez-vous à un règne de terreur, où nous seront les bourreaux ♪ De la nourriture à profusion... Du blé à chaque saison... De l'or à foison... Des femmes à l'occasion... Sous les ordres du démon le plus craint, respecté, idolé, le seul dieu vivant qu'on acclame ♪ Bientôt vous aurez tout cela... Alors suivez-moiiii ♪ Bwahahahahah !"

                    Mon maître se mit à rire diaboliquement, chaque sataniste le suivant en chœur, dans une nuit qui s'annonçait de fête et de promesses. Quant à moi, je restais perplexe. Les mots avaient suffi. Mais qu'adviendra-t-il quand les actions seront nécessaires...