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Il est des pierres que l'embrun n'érode pas

Voilà une heure que j'avais débarqué et que je pêchais avec une canne à pêche de fortune. Patientant comme un prédateur qui guettait sa proie avant de l'attaquer, bien qu'il fallait que j'attende qu'un providentiel poisson un plus abruti que les autres veuille gober le ver qui se tordait de douleur sur mon hameçon, je repensais à mon départ, grâce à Mikhail, l'ami de mes parents qui m'avait donné de quoi atteindre cette île, la plus proche, celle du Royaume de Saint Urea.

- Qu'est ce que tu vas faire de lui, ...
- Specter, désormais, je ne vivrais que sous le pseudonyme de Specter.
- Très bien. Qu'est ce que tu vas de lui, Specter ?
- Je pense que je vais le redonner à la Marine. Je vais leur faire parvenir une missive anonyme avec mes raisons et une heure pour venir le récupérer.
- Et tu crois qu'il vont venir à l'heure pétante ? Sans chercher qui se cache derrière celui qui a infiltré leur base et libéré un de leur prisonnier ? Gardes ton anonymat Specter, et relache le.
- Mikhail ! Il a pillé notre village, il nous a enlevés mes parents et moi !
- Je le sais, idiot ! Mais il te l'a dit non ? Il a été employé par Noirepeste, c'est son capitaine qui a accepté de faire ça par cupidité. Laisse le tenter de s'échapper, il sera témoin de ton retour.


Je devais admettre qu'il avait raison, à contre coeur. Alors ce pirate qui était la seule source d'information sur ce qui s'était passé dans mon enfance allait retrouver la liberté ... Ca me fendait le coeur, mais il n'avait pas rechigné à me divulguer tout ce que je cherchais. Désormais, je savais que c'était le Docteur Noirepeste qui expérimentait la génétique sur des humains sur l'île de Tortuga, sur la quatrième voix de Grand Line. Quel homme abominable ! Je lui réserve un tout autre sort à celui-là !
Après avoir parlé à Mikhail, j'occupais du pirate que j'avais fait prisonnier.

- C'est ton jour de chance, maudit pirate !
- ...
- Tu peux remercier celui qui s'occupait de moi, sans lui, tu serais déjà six pieds sous terre.
- Je ..
- Ferme la et écoute moi bien. Je vais te libérer, tu te démerdes comme tu veux mais barres-toi d'ici. N'essaie pas de tenter quoi que soit contre ce village, je ne serai pas loin. Il y a souvent des bateaux marchands, embarque clandestinement, je ne sais pas mais je me soucie plus de ton cas. Autre chose, n'embarque pas sur le mien. Si tu retrouves les tiens, dis leur que les fantômes du passé viendront les hanter.
- M-Merci !


Je défis ses liens, lui donnai de quoi manger et boire et m'éclipsai. Mikhail m'interrompit dans mes préparatifs, il avait une bourse pleine de Berry dans la main.

- Specter ?
- Oui ?
- Tiens, au moins, tu n'auras pas à travailler pour ton premier voyage. Tu embarques bientôt.
- Merci Mikhail ... Comment ...
- Taratata ! Après tout ce que tu as fait pour moi durant ses années, à m'aider comme personne ne l'a fait, je te dois bien ça ...


Mon départ se passa dans la bonne humeur, dans une accolade avec Mikhail. Certaines femmes du village ont pleuré, les hommes m'ont souhaité bon vent ... La nuit s'est déroulée parfaitement bien, puisque après quelques instants, j'avais oublié les ballotements du bateau. Et depuis une heure, je pêchais sur la baie de Saint Urea, pour manger, ou pour vendre. Il me faudrait travailler pour pouvoir voyager jusqu'à la prochaine île, non sans faire un peu de tourisme avant.


Dernière édition par Specter le Jeu 2 Mai 2013 - 7:33, édité 5 fois
    Ma première nuit en ce Royaume de Pierre se déroula sans encombre. Après avoir allumé un feu de camp, je fis griller les quelques poissons qui avaient bien voulu mordre à l'hameçon. Après ce maigre repas, je dormis à la belle étoile, le climat à cette saison étant des plus doux, cela ne pas m'a dérangé. D'ailleurs, d'autres personnes aussi pauvres que moi n'ont pas dérogé à cette condition. Je les voyais m'approcher, mes vêtements étant de bonne qualité et propres, peut être pensaient ils que j'avais quelque chose qui pourrait finir dans leur poche mais à part ma cane ou mon chapeau, je n'avais rien qu'on puisse me voler.

    Les embruns marins me réveillèrent à l'aurore. En cette faste journée, je décidai d'aller picorer quelques baies du boissons non loin en guise de petit déjeuner. Ensuite, je partis visiter la frange sur laquelle j'avais débarquée pour prendre mes marques. Le tour était bien vite accompli, il n'y avait rien de spécial si ce n'est l'effervescence folle des marchands à gesticuler dans tous les sens, parmi les gens les plus pauvres ou parmi les bandits qui pour vivre les détroussaient de leur maigre butin. Les ouvriers, les pêcheurs, les paysans oeuvraient également à gagner leur vie.

    Mais plus loin, plus haut, se dressait fièrement la vraie ville. Bizarrement, les gardes ici appelés les Chiens de Pierre me laissèrent passer. Là s'ouvrait à moi un tout autre mode de vie qui contrastait pleinement avec celui de la frange. D'ailleurs, une pensée humaniste me parcourut et avec elle des frissons : qu'il était bien triste et cruel de vivre sur la frange alors qu'ici se tient un quartier plus riche, presque aveugle pour ne pas voir la misère entre la première et la seconde enceinte. Mais ce n'était pas de la cécité, c'était de la volonté. La volonté de ne pas aider les miséreux et tous les stéréotypes qu'ils pouvaient représenter, et parmi eux, les voleurs. Cela me retournait le coeur. Dans mon petit village, on apprenait dès tout petit toute la valeur de l'humilité, nous nous entraidions ...

    Mais ces noires pensées furent bien vite chassées devant tant de magnificence. Quelle ne fut pas ma surprise en arrivant sur la place de l'obélisque ! Une obélisque qui contemplait l'immense place toute entière du haut de son sommet. Des ruines qui abritaient elles aussi l'effervescence des marchands mais leurs étals regorgeaient de denrées toutes les plus appétissantes les unes que les autres ! Il y en avait vraiment beaucoup et elles étaient vraiment variées.
    Je vis même la spécialité de mon île natale : le poisson grillé aux oignons sauvages ! Mais tout était bougrement bien rangé en quartiers !

    Tous les sens en prenaient un coup ! Les odeurs alléchantes de la viande qui cuisait, le doux fumé des poissons frais, le gout acidulé des fruits qui donnait l'eau à la bouche, la beauté des oeuvres d'art, la finesse des détails des meubles pourtant robustes ! Passer la main dessus, dans chaque angle était un réel plaisir, tout le travail du menuisier en émanait. Les gens se taisaient quand un groupe jouait leur musique ... C'était comme si la place de l'obélisque respirait à chaque fois qu'un groupe jouait.

    Sans oublier les espaces verts ! Les enfants y jouaient et y riaient ! Les parents les veillaient allonger sur une nappe, roucoulant délicieusement avec leur moitié ...

    Toute cette harmonie, toute cette culture, toute cette beauté effarouchée était intacte, demeurait pure grâce aux Chiens de Pierre qui muselaient les troubles-faits. Les gens étaient trop occupés, leurs sens éveillés à ces instants de grâce, pour prêter attention à la misère qui se faisait refouler à chaque tentative de passage. Mais les gardes y allaient avec tact, il ne faudrait pas maculer ces instants de plénitude par quelques taches de sang.

    Alors je redescendis dans les bas quartiers, sur la frange, des étoiles dans les yeux. Je venais de prendre une belle tranche de vie. Mais il me fallait retourner à la réalité : aider les marchands pour pouvoir approcher ma prochaine destination.
      Ça se voyait à l'oeil nu. Autant s'accrocher une pancarte dans le dos, et rajouter des flèches clignotantes un peu partout en sa direction.
      Etranger.
      Sans le sous, sans un bagage, les mains dans les poches.
      En mode touriste.
      Autrement dit, un pigeon.

      Il n'y avait qu'à voir sa façon de tout regarder comme si c'était la première fois qu'il voyait un marché. Cette façon de tripoter, d'examiner les scènes banales du quotidien. Comme s'il n'avait jamais vu la vie à Saint Uréa.
      La vie ici était peut-être belle et agréable, mais cette douceur était fondée sur une réalité bien plus froide et directe : il y a les dominés et les dominants, et ce petit gars ne se donnait même pas la peine de cacher qu'il appartenait au second groupe.
      Parfait.
      Pour survivre, il ne faut pas s'encombrer d'état d'âme.
      Et il fallait profiter des aubaines servies par le destin.

      - « Hé, jeune homme ! » Un geste de la main, un sourire qui montait jusqu'aux yeux, avec un rien de taquinerie. « T'es pas du coin, n'est-ce pas ? Oh, tu ne vas pas dire le contraire ! On ne la fait pas au Vieux Geij. Le Vieux Geij, c'est moi, pour faire la différence avec mon fils, le Jeune Geij. C'est une tradition familiale... »
      Il n'avait pas l'air vieux, le Vieux Geij. Peut-être cinquante ans, les cheveux poivre et sel, et des rides autour des yeux. Ça lui donne un air de vieille branche, au Vieux Geij. Des rides de sympathie, comme on les appelle. Il se tient droit, derrière son étal, et il te regarde avec curiosité, les yeux pétillants de vie. Les bouts de ses doigts sont jaunis, et l'odeur épicée qui s'échappe des nombreux, paniers, sacs et caisses devant lui sont autant d'indices.

      - « La famille, c'est sacré, et je vois bien que toi, tu es loin des tiens. Ne proteste pas, j'vois ça. J'ai bourlingué aussi dans ma jeunesse, avant de revenir ici. L'aventure, c'était pas pour moi, mais c'était sympa. Maintenant, c'est mon fils qui navigue pour la boutique. Tradition, tradition, hein. »
      Il rigole et se tape le ventre. Pourtant, il n'en a pas tant que ça. Peut-être un tic.

      - « Alors, elle te plaît, notre belle ville ? Ouais, c'est un chouette coin. Mais toi, t'as la bougeotte, hein ? Et t'as pas l'air à ton aise ici. Saint Uréa, ce n'est pas la grande aventure, c'est fait pour les vieux comme moi. Tu me fais penser à mon fils, pour le coup. » Il te regarde un peu plus en détail et soupire. « Bah, je radote comme une vieille pie. Mais bon, j't'aime bien, c'est comme ça. Et tout ça pour dire que j'vais te demander un coup de main. T'as l'air d'avoir besoin d'une douche et d'un repas, et moi, j'ai un livreur qui est malade. C't bougre de crétin est allé mangé des huîtres, et il s'étonne qu'elles ne soient pas bonnes. Non, t'y crois, toi, des huîtres en cette saison ? Mais voilà pas que j'ai cette commande à livrer, dans la ville supérieure, et j'ai besoin que ça se fasse rapidement. Alors, le jeune, tu veux aider le Vieux Geij ? Et quand tu reviendras, j'verrai ce que je peux faire pour toi. »

      Il te désigne du menton une petite caisse, avec un bordereau déjà de prêt.
      - « Tu comprends, c'est pour le Palais. Un gros contrat, j'peux pas me permettre de rater ma livraison. Et puis, on va dire que ça te donne l'occasion de voir l'intérieur de la cité ? Qui sait, tu trouveras peut-être de l'aide pour tes aventures là-bas ? »
      Et il rigole encore, puis soupire encore.
        Voilà même pas cinq petites minutes que j'avais regagné les marchands, prêt à travailler pour me payer une traversée qu'un vieil homme m'accosta. Il m'avait l'air sympathique. Malicieux mais sympathique, le genre d'homme qui a bourlingué toute sa vie durant pour gagner son pain quotidien, le genre d'homme qui semblait savoir pleins de choses sur le monde et qui avait un certains nombres d'anecdotes palpitantes, cela se voyait dans son regard, des petites étincelles de malice. Il avait su voir au premier coup d'oeil que je n'étais pas d'ici, il me semblait débonnaire, et son ton dans la voix ... c'était bon enfant.

        L'occasion qu'il me présentait là était fabuleuse ! Livrer le Palais, pouvoir gravir l'échelle des richesses en un rien de temps pour contempler l'opulence des beaux quartiers ...
        Ce vieil homme là travaillait pour le Palais ... Cela m'émerveillait ! Finalement, peut être que les plus grands étaient bienveillant avec les plus démunis. Et puis ils se montraient dévoués sans même attirés l'attention. Tout le monde avait à y gagner. A ce moment là, j'étais loin de tout soupçon.

        J'aurais du le savoir, il parlait, il parlait. Je ne pouvais pas en placer une ! Un tour de phrase et me voilà caisse en main sans même avoir eu le temps de réfléchir : le travail était simple, plaisant pour un touriste qui aurait tout le temps et le droit de visiter les plus riches quartiers, jusqu'au Palais lui même ! Ca ne pouvait pas être quelque chose de malveillant.

        Alors je me pris encore plus rapidement au jeu, remontant jusqu'à la place de l'obélisque, discrètement, en regardant les vrais marchands courir un peu partout, partageant faussement leur effervescence. C'était comme si je partageais leur quotidien, qui changeait du mien, j'étais fier et content de les imiter. Et puis j'atteignis les premiers quartiers bourgeois. Je serpentais dans les ruelles en m'émerveillant sur chaque détail, je passais sur la grande avenue centrale. Les gens me regardaient bizarrement. Je sentais de la compassion et de la moquerie. A y repenser, un jeune homme qui trottine dans la rue, vêtements amples, chapeau zébré, cane à la ceinture, portant une caisse, s'étonnant de la beauté de ce qu'ils voyaient au quotidien ... J'étais un clown.

        Et je ne parle pas du quartier noble où même les gamins ont l'arrogance de leur parents. Avec toutes les étoiles dans les yeux que j'avais, moi n'ayant connu que mon île natale et le laboratoire du Cimetière d'épaves presque uniquement, je me sentais seul dans un rêve ! Rêve qui s'acheva bien vite quand mes pieds foncèrent dans celui d'un petit garçon, la caisse chuta elle aussi, mais sans s'ouvrir ou se cabosser. Par contre, moi, j'en pris plein la tête. Après cet incident, je me demandais s'il ne l'avait pas fait un peu exprès.


        - Bougre d'âne ! Tu ne peux pas faire un attention à où tu mets les pieds ? Voilà une nouvelle paire de chausses que je devrais jeter ! Souillon !


        Je ne voulais pas faire d'éclaboussure.


        - M-Mes excuses, je ne ...
        - Je me fous de ce que vous dites. Vous savez que mon père est influent dans la ville ? Je pourrais vous faire arrêter sur le champ !
        - Veuillez me pardonner ...


        Je lui fis une courbette. L'horrible gamin a qui j'aurais voulu donner une leçon volontiers partit en lâchant un "Sale rêveur !" mais je n'en avais que faire, j'avais une mission. Et puis c'était le début de mes aventures, autant ne pas attirer l'attention.

        Enfin, j'arrivais devant la superbe du Palais de Pierre, immense et magnifique. Je me repris en train de rêver et me corrigeai immédiatement. Et puis, je m'adressai aux Chiens de Pierres gardant jalousement l'entrée.

        - Bien le bonjour, je dois livrer ceci au Palais.

        Je leur tendis la caisse que le vieux m'avait demandé de livrer ...


        Dernière édition par Specter le Jeu 2 Mai 2013 - 7:34, édité 1 fois
          Le nom « Chien de Pierres » leur va à ravir. Deux d'entre eux condescendent à te regarder, fixement, avant que l'un daigne t'aboyer d'un ton suffisant que les livraisons se font par l'entrée de service. A toi de te débrouiller pour la trouver, cette fameuse entrée de service. Les Gardes sont là pour garder, par pour faire le guide touristique, et leur poser une question serait poser une question de trop.

          Comme tu as l'air débrouillard, tu vas la trouver, cette satanée entrée de service. Pour cela, il faut trouver une petite rue qui descend vers un niveau inférieur du Palais, une rue grignotée dans la pierre, enclavée entre une haute paroi de protection et le mur du palais. Une rue sombre donc, marquée par le sillon des charrettes qui passent quotidiennement pour livrer tout ce que le château ne fabrique pas soi-même. Attention, c'est glissant par ici.

          Enfin, une petite cour où deux hommes déchargent des longs rouleaux de tissus, sous l'oeil attentif d'un intendant, reconnaissable à son livre de compte et ses habits de qualité, mais fripés par l'activité de la tâche. Ah ça, il pourrait en parler, des nobles qui ne font rien qui puisse faire un pli à leur tenue...

          Au fond, une porte. Non, LA porte.

          Trois gardes, un par montant de la porte et un troisième que l'on devine plus loin, une fois passé l'embrasure. Trois guerriers, construits sur le même modèle : grands et pleins de muscles. Ils dévisagent tous ceux qui s'approchent, bien qu'on puisse se demander comment ils le peuvent, étant donné qu'ils portent un casque fermé. Pourtant, ils y arrivent très bien. Peut-être un critère de sélection ? La tête de chien pourrait amuser, si elle n'était pas posée sur un corps puissant. Non, ça ne rigole pas trop dans le coin.

          Le premier garde semble se gonfler devant la porte, devenant encore plus grand et musclé, chose paraissant pourtant impossible. Une mouche aurait du mal à se faufiler dans le couloir. Le second s'approche et examine le bordereau, et le tout dans un silence des plus impressionnant. Finalement, il se tourne vers toi.
          - « T'es pas le livreur habituel. T'es même pas le fournisseur habituel. »
          Ceci s'appelle une constatation. Ce n'est pas une question. Mais ça ressemble bigrement à une menace.
            Tout étonné et tout émerveillé que j'étais, je n'en menais pas large devant les Chiens de Pierre. Quand il m'aboya que ce n'était pas ici que les livraisons se faisaient, je savais qu'il ne fallait pas appuyer sur la grosse tempe qui battait sur son front sous peine d'une explosion de testostérone en pleine face.

            En marmonnant un petit merci avec autant de fausse gentillesse que de crainte, je m'éclipsai de leur vue. Où devais-je livrer cette foutue caisse ? Ah, si je lui avais demandé à ce vieil homme !
            Et puis je me mis à raisonner. Si les petites gens livrent le Palais, ce ne doit pas être voyant, comme dans la grand rue. C'est donc dans les ruelles adjacentes au château ...

            Je fis quelques tours complets du château et de ses jardins, de son potager et ses jolis légumes ... Et puis quand mon estomac cessait de me faire voir ce qu'il voulait voir, je remarquai qu'une petite ruelle en pente déclinante menait à un étage inférieur du chariot. Ce qui m'avait mis la puce à l'oreille c'était ces traces de roue que les charrettes laissaient à force de passage sur le pavé. L'on y venait souvent ravitailler un établissement assez riche pour les charrettes laissent une trace de leur trajet sous le poids de leur livraison. Sans aucun doute, on y livrait le château.

            Le pavé était glissant, je pris donc toutes les précautions pour m'y aventurer sans glisser ou trébucher. C'était quelques peux animé, il y avait une ou deux échoppes, des caisses devant leur vitrine. Ici, rien ne payait de mine, et l'on n'aurait pas dit un quartier noble.
            En parlant de noble, en voilà un qui n'avait pas pour cane ou pour sceptre un long poil dans la main. Sa tenue, ses vêtements, son langage faisait de lui un noble mais il ne rechignait pas la tâche, même s'il pestait que ses habits étaient froissés. C'était aussi drôle que ... moi petit oiseau émerveillé de leur quotidien.

            Bref, juste en face de moi : l'impasse. Ou plutôt non, une porte. Ma porte. Cette porte que je cherchais et qui est admirablement bien gardés par trois colosses de pierre, leur casque vissé sur leur tête. C'était risible une tête de chien sur une montagne de muscles, mais je défiais quiconque de se moquer d'eux sous leur nez, d'autant qu'ils en paraissaient très fier. Ce qui en était encore plus risible mais leur muscle le plus développé n'était certainement pas leur zygomatique. Vraiment pas et moi m'approchant, j'avais de moins en moins envie de rire. Après tout, c'était un prestige comme un autre ce casque. Surtout quand on sentait leur regard posait lourd, très lourd sur vous. Je me sentais partir en déconfiture. "
            Allez Specter, t'es un homme, un vr ..." commençais-je à penser. Même si j'étais un homme, un vrai, je l'étais moins que les mecs en face.

            L'un se tourna vers moi et avança. J'en vis un deuxième plus loin, derrière l'embrasure, il devait faire une ronde, il s'éloignait lentement. Vraiment trop lentement à mon gout à ce moment là. Le troisième qui était avec le premier à garder la porte se plaça devant elle et se mit à gonfler non sans m'impressionner. Et moi qui croyait qu'ils avaient atteint leur taille maximale ... Maintenant, plus rien ne pouvait entrer sans qu'il se dégonfle. Donc avec autorisation du premier. Hélas, restant coi, bouche totalement bée, je ne sus dire mot. Silence complet. Il examina le bordereau ...


            - T'es pas le livreur habituel. T'es même pas le fournisseur habituel.

            Quoi ? Le vieux n'était même pas un habitué ! Sale petite enflure de ... !
            Il fallait que je me calme et que je calme le battement visible sur mes tempes sous peine de me faire démolir sur une pression abominable d'un poing aussi gros que ma tête.


            - J-Je ... Euh

            Génial ! J'en avais d'autres des comme en ça en stock ?

            - Je ne suis pas d'ici. Je cherchais du travail pour pouvoir continuer mon voyage et ... et un vieux m'a proposé de vous livrer cette caisse. Vous comprenez, pour un touriste, visiter les beaux quartiers ...

            Mais diable pourquoi ma voix était aussi fluette quand elle sortit ? Je ne pouvais plus bouger, j'étais fasciné. Je voulais fuir mais je ne pouvais pas. Quelque chose me disait que cela empirerait. Surtout que les trois colosses s'étaient arrêtés pour me dévisager ...
              Il se penche vers toi, et là, tu as l'impression d'être tout petit, chétif et en mode crevette. Décidément, chien, mouche, crustacés en tout genre... Saint Uréa donne dans l'animalier et ce n'est pas un domaine qui te réussit.

              Si tu as l'impression que ta remarquable répartie n'a pas spécialement évoqué quoi ce ce soit chez ton interlocuteur, tu es forcément interpellé par le hoquet indigné provenant de la charrette. L'un des marchands de tissu vient de tourner de l'oeil, le visage à moitié vert et l'autre à moitié blanc – un cousin d'un certain Oswald, peut-être ? - absolument malade à l'idée qu'on puisse associer « travail » et « touriste » et « visiter ».
              Mais depuis quand, le travail, c'est plaisant ? Tu ne voudrais pas non plus être bien payé, avec des pauses syndicales ? Et pourquoi pas des congés annuels, pendant que tu y es ? Attention mon p'tit Spectre, tu commences à sentir le révolutionnaire, là !

              Et s'il y a bien un truc que les chiens, ça a de fin, c'est l'odorat.
              Le Brave Toutou en face de toi renifla donc.
              Avec le casque, il y eu comme un écho.
              A se demander si entre ses deux oreilles, il n'y avait pas une grande allée où l'air y était particulièrement pur.
              - « Le vieux ? Quel vieux ?  »

              Malheureusement, cette question restera sans réponse, et tu ne pourras pas argumenter avec le meilleur ami de l'homme. Car l'intendant, après s'être assuré que 1. le marchand n'avait pas vomi sur sa marchandise 2. négocier un rabais de 5% pour le retard à la livraison (y'a pas de petit profit) 3. s'assurer que ledit marchant était encore en vie et donc capable de livrer la seconde partie de la commande, s'approcha de toi.
              - « Jeune homme, on ne plaisante pas avec les choses graves. » Il parle d'un ton docte. Il doit savoir ce qu'il dit, vu que lui, les rides de sympathie, c'est walou. A vrai dire, il te fait penser à un homard blafard, debout sur ses pattes arrières, avec des yeux mal placés, trop à l'arrière de son crâne.

              Mais là, à ce moment précis de son discours, il vire au vert, blanc – ça doit être une mode locale, tu te dis - mais également au violet, au pourpre puis enfin au rouge tomate, rouge pivoine, rouge coquelicot, mais pas rouge homard parce que cela gâcherait l’effet bucolique.
              - « La... la... là, là, la m-m-m-m-marque !  »
              Et il tend son doigt d'un geste dramatique avant de défaillir.
              Bien fait pour lui, c'est moche de montrer du doigt.

              Mais là...
              Horreur !
              Malheur !
              Petit pot de beurre !

              Le troisième Chien, qui est passé on ne sait comment au travers de son copain de la porte, se plante devant toi, puis regarde la scène, et enfin la boite.
              - « Au nom de la loi, je vous arrête pour tentative de meurtre avec préméditation, outrage à agent commercial dans l'exercice de ses fonctions, désordre sur la voie publique et dégradation des biens communs. »
              A sa voix, on a l'impression que c'est ça le plus grave : le vomi sur les dalles de la cour.

              Devant toi, le sort inexorable du condamné coupable. Derrière toi, la ruelle qui remonte vers les grandes artères et un peu plus bas, le marché avec un certain Vieux Geij et un port. Fuir, faire face ou se laisser emmener. Autour de toi, l'impression nette et définitive que ce n'est pas ton jour.
                C'était l'histoire de trois chiens, un homard et un zèbre. Même si les chiens et le homard étaient drôles (quoique), quelque chose me disait que cette histoire n'allait pas bien finir. J'avais beaucoup changé en très peu de temps. Je m'étais fait fier poulain à gambader dans les grandes rues des hauts quartiers, et puis poney devant les gardes. Là, il fallait que je sois un zèbre adulte.

                Sur remarque du noble fébrile qui n'avait eu que pour unique travail quelque chose qui le fit tourner en corvée, je regardais la caisse que je tenais encore. Quoi la marque ? Qu'est ce que c'était cette marque ?
                Il y avait bien eu un moment de grâce durant lequel je m'étais mis à réfléchir : filer et charger comme un zèbre fuirait face à ses traqueurs, faire une petite ruade sur les trois chiens ou bien laisser l'ombre des barreaux telle les zébrures noire de l'animal se matérialiser vraiment ? Fuir, affronter ou laisser aller ? Mais le vomis du noble m'empêchait de prendre ma décision. La situation était risible mais je ne riais pas. J'aurais voulu en rire. Et puis la masse musculaire des chiens me persuada davantage que la sagesse n'aurait pu me convaincre. Un peu de courage, Specter.


                - Je ... Je vous suis. Je n'ai rien contre personne, on m'a juste envoyé faire un mauvais coup.

                Le premier des Chiens de Pierre me poussa d'une tape dans le dos qui me fit décoller de quelques pas pour me glisser entre eux trois.

                - Je vais vous retrouver le nom du vieux ! Je veux juste voyager et retrouver Noirepeste !


                C'était presque de l'inconscience de leur parler à ce moment là. C'était insolent mais il fallait que je le fasse pour ne pas passer le restant de ma vie à l'ombre de ce royaume, si toutefois ma vie ne s'y écourtait pas. Allez Specter, réfléchis ...

                Jack, Axton, Salvador, Maya ? Ah, j'étais zéro sur ce coup là. Mon cerveau entrait en ébullition, je savais que je rentrais dans les régions limitrophes de la prison du royaume. Paige ? Oui, ça y ressemblait. Mais c'était pas Paige ... Gaige ? Geij ! C'était ça ! Geij ! Je pris mon courage à deux mains, c'était ma dernière chance.

                - Ca y est ! Je me souviens ! Sur la frange, le vieux, il s'appelait Geij ! Le vieux Geij ! Je peux peut être vous le coincer ? Si un de vous trois vient avec moi ! Je ne suis arrivé sur l'île que depuis hier ! Je voulais simplement voyager !

                Vu leur tête, je savais que j'en avais trop dit. Mais derrière leur lourd casque ridicule, je sentais leur regard interrogateur sur moi dans le silence le plus complet. Je voulais leur dire que pour le vomis, j'en étais désolé, et que je ne voulais pas, mais maintenant, ça me semblait de trop. C'était vrai, on peut allier le plaisir et le travail. Pas souvent, mais on peut. Décidément, les nobles étaient étriqués, étouffés dans leur bourgeoisie opulente. Ce même travail me rendait joyeux bien qu'un peu clown et quelques instants plus tard nerveux comme jamais, à la limite de finir mes jours entre des barreaux. Finalement, le travail n'est peut être pas ami du plaisir ...
                    Tu voulais visiter ? Ben, tu es servi.
                    Bon, tu pourrais chipoter que tu avais plus en tête la cour d'honneur, les jardins et la rosière, peut-être même un coup d'oeil à la salle d’apparat, après la traditionnelle balade à travers les couloirs et les salles de visites, la salle à manger et la première salle de bal.
                    Au moins, pourras-tu dire que tu n'as pas fait comme tout le monde, puisque tu as l'insigne honneur de voir et tâter les pierres de la cour dite des artilleries, la salle d'armes, la salle de garde d'en haut où tu te vis déposséder de toutes tes possessions, y compris tes vêtements, la première salle d'enfermement où non seulement tu as été conduit le cul à l'air mais aussi où tu as été minutieusement fouillé, puis la salle de garde d'en bas, où tu reçu un magnifique uniforme local marron à pois vert fluo (c'est plus pratique pour viser en cas d'évasion, tu vois, sauf que vu l'accoutrement, tu te dis que personne ne veut s'évader. La prison plutôt que la honte), et enfin, la quatrième cellule du second rang.
                    Petit chanceux, va...

                    Des premières explications, et toutes celles que tu aurais pu donner, ou toute autre forme d'expressions – protestations, plaintes, cris, menaces, etc. - ont été traitées par un silence absolument remarquable. Après tout, le chien n'aboie que quand la caravane passe, et ton cas ne fait aucunement commerce de rumeur. Pourtant, à vue de la longueur des crimes qu'on te reproche, et vu comment tu es traité, tu peux t'enorgueillir d'être traité comme un criminel. Un vrai.

                    Les minutes passent et se ressemblent toutes. Il fait toujours mi-jour, ou mi-noir, mais jamais complètement quelque chose. Tu ne t'ennuies pas vraiment, vu que les cellules d'à-côté sont habitées par des formes sonores à défaut d'être intelligentes, et tu n'as pas vraiment peur, puisque tu n'as pas été particulièrement maltraité. A un moment donné, tu as même eu droit à un broc d'eau, deux tranches de pain, du jambon et une pomme.
                    Le tout, sans que personne ne connaisse ton nom.

                    Au bout d'un moment, et tu ne serais dire combien de temps, un Chien te fait sortir de la prison et t'escorter dans une salle pas totalement ronde, presque ovale, sans fenêtre et une seule porte. Celle par laquelle tu es entré.
                    Une table, un siège, un autre intendant – les mêmes genres de vêtements, mais celui-ci te fait penser à une souris – et un Chien sagement au pied.
                    - « Bien... Et si nous commencions par le début. Des phrases courtes, sujet-verbe-complément. Sans fioriture. »
                    Haha ! Enfin je visitais le Palais de la Reine ! Certes entourés de trois Chiens de Pierre mais si ma livraison aurait été banale, jamais je n'aurais vu tout cela ! Je voyais autre choses que les pièces communes pour un accueil cordial ... Ces jardins, encore ce potager qui me faisait de l'oeil ! Ces couloirs ivoires qui resplendissant, où toutes les bougies se correspondaient symétriquement, les guéridons et leurs pots de fleurs, tous et toutes les mêmes, comme si chaque plant avait été parfaitement identique à l'autre. Cette salle de réception immense où j'aurais volontiers taillé un bout de gras avec la Reine, parce que oui, il commençait à se faire faim ! Je n'avais mangé que des baies ce matin là ! Et cette salle de bal ! Ce parquet idéalement ciré ! Ni trop pour que nous dérapions à chaque pas, ni trop peu que les mouvements des danseurs enlacés avec leur moitiés, invités solennellement par la Reine, ces gens de la Haute, soient fluides. Enfin, c'est ce que j'imaginais. J'aurais là aussi bien volontiers se faire déhancher la Reine.

                    Eh oui, le touriste en moi triomphait encore ... C'était mieux que de penser à ce que j'avais vivre après. Je me donnais le choix, vu qu'ils ne disaient mot : soit mort, soit vivant mais liquéfié (un mélange de chair molle à force de poings gonflés à la testostérone mêlé à mon sang ruisselant), soit emprisonné à tout jamais, avec possibilité de torture et, ou, de peine de mort, ce qui reviendrait au premier choix, mais avec agonie et sadisme.

                    Mais non, je visitais autre chose, réservés à quelques élus : les prisonniers. Oh, l'arsenal. Je le trouvais pas mal ce tromblon. J'avais envie de tenter ma chance de m'en saisir, je descendre les trois gardes, ceux qui se mettraient sur ma route, mais ne trouvant pas de bateau parce que n'ayant plus d'argent ni balles, je me ferais à nouveau arrêté et là, le choix numéro 1 et 2 me semblaient plus probables.

                    Bref, arrivés dans la salle de garde, les Chiens décidèrent de ne communiquer que sous forme de geste du menton. Ils voulaient signifier "Fous toi à poil, enfile ça et rejoins moi." Mais j'avais quand même réussi à comprendre. Bon, il était vrai que je ne voulais me séparer de mon bob zébré. Sans ça, je n'étais plus moi. Je n'étais plus classe. Dans ma tête, je râlais "Nan, tout sauf mon bob !". Mais si, bob, cape de voyage, vêtement amples. Tout. Tout sauf mon caleçon.
                    Comme un idiot, je pensais que la honte à la vue d'un simplet nu devant quatre montagne de muscles serait son paroxysme mais non ! Je me trompais, je pouvais descendre encore plus bas ! Je suis sur que les quatre Chiens de Pierre riaient sous leur masque ! Et là, c'était bon, direction prison ! Dans ma tête, une musique me hantait.

                    https://www.youtube.com/watch?v=_B0CyOAO8y0

                    Oui, parce que j'avais beau avoir l'air ridicule, eux ne l'étaient pas moins, hein. Alors quatre Chiens et un moineau vert fluo à pois, c'était toujours plus drôle que trois têtes de chien chacune montée sur une montagne de muscles ! Sauf que là, j'étais dans le cortège du carnaval carcéral. Mais, s'il vous plait, une geôle un peu mieux que les autres, et sa luminosité me faisait penser à mon surnom : le zèbre. Mi éclairée, mi sombre.

                    Alors pris dans cette douce folie par désarroi plus que par envie de rire, j'imitais le clown avec des pas démesurés, dans ces habits légèrement trop grands. Mais cela me lassa très vite. Alors j'entendais les autres prisonniers. Des demeurés à les entendre. C'était très drôle pendant quelques minutes également. Mais bien vite, la réalité refit surface : qu'est ce qu'il allait m'arriver.

                    A vrai dire, je ne savais combien de temps j'étais déjà présent ici ni même combien de temps j'allais y rester. Mon ventre raisonnait dans la prison, et je reçus quelques quolibets de la part de mes camarades. De toutes façons, autant m'y habituer, quand je me vengerais de Noirepeste, j'aurais surement une prime, si je n'en héritais pas d'une déjà avant, et si toutefois je parvenais, ô miracle, à m'échapper d'ici.
                    Mais ils se turent quand mon repas providentielle se présenta à moi ! Le grand luxe pour quelqu'un qui avait décidé de vivre une vie de bohème : de la nourriture gratuite ! Ce n'était pas de la haute gastronomie, c'était une prison après tout, mais presque une auberge à mes yeux. Du pain, de l'eau, une pomme. Un repas presque complet.

                    Plus tard, un Chien vint me libérer. Et de suite, la musique se mit en route dans ma tête.

                    https://www.youtube.com/watch?v=_B0CyOAO8y0

                    J'aurais voulu défiler avec lui avec des pas de clowns, mais je pensais à raison que cela aurait été de trop. Et puis bien vite, une souris. Enfin, un homme avec un visage qui me rappelait celui d'une souris. C'était très cirque, très animal. Le déclic se fit dans ma tête : la Reine est friande de cirque et elle planque dans son Palais une animalerie ! Mais cet homme interrompit mes idées folles, folles parce que je n'en pouvais plus.


                    - Bien... Et si nous commencions par le début. Des phrases courtes, sujet-verbe-complément. Sans fioriture.

                    J'avais envie de délirer en lui répondant "Chef ! Oui, chef !" avant que je ne saisisse le sens de ses mots et avec lui, la chance qui s'offrait à moi ! Le sérieux reprit sa place de droit avec une force et une rapidité extrême, ma folie chaleureuse et amusante ne tenta même pas une ultime coup, histoire de trouver une chute à son spectacle. Petite déglutition au passage, juste avant de commencer.

                    - On m'appelle Specter. Je viens d'arriver sur votre île. Il y a quelques jours. Je cherchais du travail pour voyager sur la prochaine. Le vieux Geij m'a confié une tâche. Je ne sais pas qui il est. Il est sur la franche. Si j'avais su, je n'aurais pas accepté son travail. Je ne veux de mal à personne. Il a donc abusé de ma naïveté. Si vous le désirez, je peux vous aider à le coincer.


                    Dernière édition par Specter le Jeu 9 Mai 2013 - 8:58, édité 1 fois
                      - « Les registres ne font pas état d'un Geij, vieux ou non. » La voix est neutre, presque détachée. Il aurait lu le menu de la cantine avec plus d'enthousiasme. Il te regarde, tout aussi froid. Presque ennuyé.  « Qu'est-ce que vous fait croire que les forces de Saint Uréa ont besoin de vous pour régler ce problème ? Sachez que les accusations contre vous sont sévères. Et que tout est contre vous. Specter... ce n'est pas un nom. Un pseudonyme, sûrement... D'où venez-vous ? Pourquoi vous dire naïf, si vous avez un pseudonyme ? »

                      Il se penche pour griffonner quelque chose sur la feuille devant lui pour ensuite se redresser contre le dossier de sa chaise. Les coudes sur la table, il croise les mains devant lui, plongeant son visage dans une sorte d'ombre.
                      - « Imaginons que nous vous laissions repartir d'ici. Que feriez-vous ? »
                      Et là, tu as plus que l'impression que tu ne dois pas te planter dans ta réponse. Après, d'où te vient une telle impression, tu ne sais pas. Juste quelque chose qui vient de tes tripes.
                        J'étais déçu. La souris n'avait pas répondu ce que je voulais entendre mais après tout, c'était lui qui menait le jeu, et c'était à moi de m'adapter ...

                        - Hmm ... Un noble dans la ruelle, ils peuvent témoigner,
                        (du menton, je désigne les Chiens de pierre, si tant est qu'il s'agisse bien de ces personnes derrière leur même casque de chien et leur mêmes muscles saillants) durant ma présentation pour la livraison, s'est étonné de la marque sur la caisse ... Je ne sais pas ce qu'elle représente. Quelque soit le nom du vieux qui m'a accosté, je peux vous aider car je saurais le retrouver si je le vois. Car à défaut d'un faux nom, j'ai son visage en tête et je compte bien lui faire payer si je peux me permettre. En cela je peux vous aider.

                        Je pris une longue inspiration, mais ce mensonge, je l'avais sorti tant de fois qu'il ne pouvait sonner faux. Je prononçais cette vraie avec une réaction telle une vérité, je ne cherchais plus mes mots. C'était comme me poser une question banale à laquelle je n'avais pas besoin de réfléchir. C'était la parade que je sortais à chaque fois qu'on me demandait mon vrai nom, vrai nom que j'occulterais jusqu'à ce que je me venge de Noirepeste.

                        - Specter est un pseudonyme car je ne me souviens pas de mon vrai prénom. Il y a dix ans de cela, je m'échappais du laboratoire d'un certain Noirepeste, d'après un pirate qui avait travaillé pour lui en tant que mercenaire. Si j'ai pris la mer dernièrement, c'est pour m'en venger. Donc si toutefois vous me libérez, je compte déjà faire payer ce soit disant "Vieux Geij" et reprendre la mer. Je vous l'ai dit, je cherchais à travailler pour me payer le voyage sans avoir à lustrer le pont. Je n'ai rien contre personne.Si vous voulez fouiller mon passé entre la fuite du labo et aujourd'hui, je me faisais appeler Specter. Et je n'ai chasser que du bandit depuis, sans m'éloigner vraiment de mon île natale. Donc si jamais vous me libérez, vous me retrouverez sous le pseudonyme de Specter.

                        Jamais à ce moment là je n'aurais imaginer prononcer tant de mots devant eux. Je crois que je m'accrochais à la seule parcelle d'espoir qu'il me restait, prêt à coopérer avec eux pour mon bien.