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Rencontre d'Ecclésiastiques

1er jour:
Elle se fait appeler l'îlot Flottant. Un bout de terre vierge où Dame Nature ne laisse aucune chance aux moindres êtres humains. Une terre sauvage totalement inhabitée. Une île magnifique pour l'explorateur que je suis.
Je viens d'y accoster. Les premières heures ont été difficile. La jungle est dense et un nombre innombrables de moustiques ont élu domicile sur l'île et m'agresse au moindre arrêt de ma part.
L'objectif principal de cette expédition solitaire. Les ruines d'un ancien Temple. Qui dit ancien lieu de prière, dit trésor.
Bien, il est temps pour moi d'arrêter d'écrire et de me remettre en route.

Journal de A. Venturié.

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Les vagues viennent tapoter la coque de la barque, la faisant tanguer dangereusement et faillant me faire tomber à l'eau plusieurs fois. La petite embarcation avance difficilement, progressant à chaque coup de rame du pêcheur. Nous nous approchons de l'îlot flottant. Pourquoi je me retrouve à me diriger en direction d'une île sans une once de civilisation.
La raison, elle remonte à plusieurs jours. J'ai rencontré un vieil homme. Son nom, je m'en souviens plus et cela aurait été inutile de s'en souvenir. Bref, ce vieil homme avait entendu la rumeur qu'un puissant objet magique se trouvait dans les ruines du Temple se trouvant sur cet îlot Flottant. Il m'a aussi raconté que plusieurs pêcheurs avaient découvert des plaques d'écailles sur les plages de cette île ces derniers temps.
Un signe de Looz? C'est la première fois que j'entends parler de ces ruines. Je ne peux pas laisser passer une rumeur pareille et suis obligé d'aller vérifier.

La personne qui est avec moi s'arrête de ramer. Il m'explique qu'il n'avancera pas plus. Une histoire de Malédiction et de Cannibalisme. Nous sommes à une centaine de mettre de la côte. Tant pis, un petit bain ne me fera aucun mal. Je plonge dans la mer d'une couleur bleue foncée. L'eau est fraîche, presque froide. Le froid me lacère la peau mais je continue de nager.
Après quelques minutes d'efforts, j'arrive sur la plage et m'y assois un instant, reprenant mon souffle. Une petite cigarette serait parfaite. J'attrape mon paquet dans la poche intérieure de ma blouse complètement imbibée d'eau. Malheureusement pour moi, mon pêché mignon n'y a pas échappé et dégouline d'eau. Tant pis, pas de nicotine aujourd'hui. Je me relève, essorant ma blouse et la posant sur mon épaule, pensant que ceci la fasse sécher.
Un cri de Souffrance ou d'horreur résonne dans la jungle, un cri humain. Je regarde en direction de l'obscurité de la jungle, essayant de percevoir quelque chose. Il semblerait que je ne sois pas le seul sur cet amas de boue. Eh bien, voilà qui semble être prometteur.

Je m'enfonce dans la densité verdoyante, les recherches peuvent commencer. Déplaçant la verdure se trouvant devant moi d'un mouvement de bras, je fait attention où je met les pieds. L'humidité pesante de la jungle rendant la sol complètement glissant. La Luminosité à l'intérieur y est limité, quelques rayons de soleil traversant le feuillage, chauffant quelques parcelles de mousse se proliférant en masse sur le sol de la jungle.
Quelques minutes plus tard, je marche toujours. Je transpire beaucoup et l'humidité ambiante n'aide en rien l'arrêt. J'enlève tout les vêtements supérieurs de mon corps, laissant mon innombrables cicatrices visibles. Maintenant, ce sont les moustiques qui me grignote, cherchant à se nourrir de mon sang. Sûrement sucré à cause de ma consommation incessante d'alcool.
    Jour 2 :
    Totalement inhabitée ? Il faut le dire vite. Tout comme il m'a fallu courir vite pour échapper à leurs flèches. Et ouvrir, l'œil aussi. Ils ont rempli la forêt de pièges, et maintenant, je bivouaque dans une grotte près de la plage, sans feu et la peur au ventre. Mangeurs d'hommes, ils vont sans foi ni loi. Mais ils ne m'auront jamais. Aussi longtemps que j'écrirai, je resterai éveillé, le fusil coincé sous mon bras engourdi. Je tuerai, je tuerai autant qu'il me faudra tuer. Mais je ne renoncerai pas. L'aventure, c'est aussi savoir en chier.

    Journal de A. Venturier.


    Je marche dans ta lumière, Seigneur.
    Guide moi par-delà les ruelles sinistres
    Par-delà les forêts et les déserts;
    Mais ne m'épargne pas les épreuves,
    Car elles forgent la force conjointement à l'esprit.
    Place des ânes bâtés, des méchants,
    Des mauvais payeurs et le pire des forbans sur ma route.
    Car ils sont tes brebis dont nous sommes les bergers,
    Nous de la très sainte Église de la Juste Violence.




    Merde, j'me souviens plus du reste. Et encore vingt chapelets à faire... j'escalade un arbre tombé en-travers de mon chemin, sans lâcher des yeux le rosaire qui pend à ma robe. Pas pratique. Heureusement que l'ordre autorise les grosses rangers, pour le terrain, c'est mieux. Et on y est toujours, sur le terrain. Il y en a bien qui sont cloitrées, des sœurs. Mais moi, c'est pas trop ce que j'ai cru comprendre, quand ça m'est arrivé. Voir la lumière, le Seigneur, Dieu, tout ça. Dur d'y coller une étiquette, j'ai pris ce qu'on m'a donné. Et j'ai essayé de faire du miel selon mon instinct. « Juste Violence », ça me rappelait un peu Julius. Ça m'allait bien aussi.

    Mais quand j'égraine ce putain de chapelet, y'a des fois où j'ai quand même un peu envie de dire merde. Blasphème, qu'elles diraient, les sœurs ? Boh. Ça, c'est un truc avec lequel j'ai du mal. Le seigneur en boule, les éclairs, tout ça, ça colle moyen à ce que j'ai vécu. Puis, eh. Le signe, la nuit de feu (même qu'il faisait jour), ça m'est tombé dessus alors même que Dieu, je lui crachais dessus et sur sa sainte trinité. J'ai rien fait pour le mériter, je crois.

    Mais bon, les sœurs, elles ont toutes cette petite étincelle dans les yeux, n'empêche. Presque toutes. Je l'ai pas, moi. Sauf quand je prêche... peut-être qu'il faut prêcher beaucoup pour être en rapport constant avec Dieu ? C'est un peu ce que je me suis dit en m'engageant dans cette mission sur l'îlot flottant. J'avais sœur Césarée Clef-Aux-Pâtres avec moi, mais elle s'est faite gniaquer la cheville par une vipère en arrivant. Elle a crié assez fort pour rameuter toute la jungle, même, une bonne chose. Ça devrait m'éviter de trop chercher.
    J'l'ai laissée aux bons soins du frère médicos de la mission. Heureusement qu'on l'avait avec nous, celui-là. Même si j'étais pas pour. Rapport à sa manière de jouer les pères supérieurs en nous rappelant les impératifs du sacerdoce. Un de ces mots que j'ai appris y'a pas longtemps. Aussi moche que la cause est belle.

    Oui, la cause est belle. Parcourir le monde pour apporter un peu de lumière et d'espoir là où il n'y a que de l'ombre. Quand je serais prête, j'essayerai peut-être de monter une mission sur le Grey T. Mais en attendant, je traque les mangeurs d'hommes. Dans mon dos, sous le revers de l'habit, j'ai l'énorme fusil à canon scié confié par la mission. Juste Violence. On est pas idiots au point de se laisser bèqueter pour la plus grande gloire de Dieu. J'suis pas certaine qu'Il approuverait. Mais je me dis, Serena, t'as pas encore assez étudié. J'fais mon possible, mais en même temps, j'sais lire depuis quoi ? Un mois, deux ? Depuis, j'ai pas arrêté. Tous les bouquins avec « Dieu », « Amour », « Mystique », je prends. Et jusque là, j'avoue pas bien avoir avancé. Quand un truc me paraît juste, ça tient en une phrase que je réécris sur un papier que je garde toujours dans une poche de ma grande robe noire de religieuse. Noire... j'apporte une bonne nouvelle, mais j'ai l'impression d'être en deuil.

    Enfin. La cause est belle.

    Bruits de pas, d'un coup. Je m'embusque pas, j'viens en paix. Et j'viens pour les trouver.
    Sauf que ce type qui se fait piacter par les moustiques, il a pas trop la gueule de l'emploi... torse nu, fringues du civil banal, et balafres. Un peu con, aussi, sans doute. Vrai que la jungle, c'est la jungle. Mon habit est trempé, et que je baigne dans mon jus. Mais au moins, j'suis protégée des bestioles. Lui, on dirait qu'il a fait exprès de venir sans préparation, par pur plaisir de se faire dévorer. Alors, j'lui envoie mon salut, et un baume à la citronnelle. Piqué à l'emmerdeur d'infirmier de la mission, qui veut toujours avoir la main-mise sur tout.


    -Magne toi de t'en passer. C'est quand même un peu le seul coin à palu' de North Blue...


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    3ème jour:
    Je suis toujours coincé dans cette grotte. Ils me cherchent, je les sens. Je sens leurs haleines de chair brûlé. J'entend leurs voix et leurs cries parlant dans une langue qui m'est totalement inconnu. J'ai froid, j'ai peur et ma ration est en baisse constante. Si je ne sort pas rapidement de cette grotte sombre, je vais mourir sans rien n'avoir tenté. Donc demain, c'est marche ou crève.

    Journal de A. Venturié.

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    Vous avez déjà ressenti cette impression d'être constamment observé? Non? Parce que c'est mon cas. Quelque chose, quelque chose dans les arbres m'observent. Je lève ma tête, regardant le hauts de arbres. Mais rien, je ne veux que le vert des feuilles et le marron des arbres. J'essaye d'écouter mais rien également. Le simple son du vent sur le sommet de la jungle et le bourdonnement des moustiques me suivant.
    Même si je ne vois et n'entend rien, j'ai toujours cette impression qu'on m'observe. Mhm, de toute façon, qui que ce soit, quoi que ce soit, ça va se montrer bien rapidement. Je continue mon chemin, ne suivant aucun itinéraire, seulement l’instinct et la voix de Looz.
    mon pied glisse sur une mousse fraîche et mouillée et mon corps est entraîné dans une glissade de quelque mètres sur un faux plat. Heureusement pour moi, aucun arbres n'est venu percuté mon cerveau ou mon Sceptre Divin.
    Je me relève et je me retrouve devant une femme. Que pouvait foutre une donzelle au beau milieu de la foret? Qui plus est, une femme en robe de nonne et en Rangers. A vrai dire, un bloc entièrement noir. Une robe noir dans une jungle où la chaleur est pesante? Ben bravo, voilà pourquoi ont prend les ecclésiastiques pour des illuminés du cerveau. Certains donnent le bâton pour se faire battre.
    Son visage. Il est jeune. Bien trop jeune pour être déjà au service d'une entité Immortel. Pas sûr qu'elle ait connu les joies de la jeunesse cette nana.
    Elle me salut. Un salut comme si nous étions potes de longues dates. Elle est seul et elle rencontre un type comme moi dans un endroit où il n'y a personne à des kilomètres et elle me sort un simple salut. Si le Temple n'était pas ma priorité, j'en aurais profité quelques minutes de son corps frais mais comme dirait l'autre, Le Temps c'est de La Souffrance . Elle a beau avoir une belle silhouette, elle en reste pas moins bizarre. Elle me jette une petit flacon d'une pommade sentant une odeur infecte et d'une voix amicale, elle me dit.


    -Magne toi de t'en passer. C'est quand même un peu le seul coin à palu' de North Blue..

    Elle veux s'en passer? Ben pourquoi elle ne s'en débarrasse pas toute seule? Elle a besoin de quelqu'un pour le jeter? Bref, avec un léger élan, je lance le baume dans la profondeur de la jungle puis le regarde disparaître dans la verdure avoisinante. Elle me regard, les yeux écarquillé et le visage perplexe. Ben quoi? J'ai fait ce que tu m'a demandé de faire. Je vous jure, la jeunesse d'aujourd'hui. Ils ne savent plus ce qu'ils veulent. Bande de petit con.[i]

    "Si tu voulait t'en passer, fallait le jeter toi même."
    "Et puis tu devrait réduire cette imposante robe, on est pas au couvant ici."
    [i]Dis-je en lui posant quelques scalpels dans la main pour qu'elle découpe le surplus de tissu.

    Puis, sans faire attention si elle me suit ou non, je continue mon chemin. Une odeur de viande grillé enivre mes narines. Je pensais que ce foutu bordel était inhabité. sûrement des potes à elle qui font un Méchoui sur la plage. Et après ça s'appelle "religieux". Bande de grand con.
      4ème jour :
      Je suis pas mort. La vérité, c'est qu'ils avaient aussi peur de moi, et qu'on s'est battus toute la nuit. Coup de chance, j'ai blessé beaucoup, mais tué personne. Et maintenant, je suis un frère auprès d'eux, pour avoir prouvé que j'étais un guerrier rempli d'honneur. Ici, on ne mange que les faibles, de manière à ce qu'ils se réincarnent dans les forts et que leur âme gagne en dignité. Je crois que je vais m'y plaire, avant de repartir en quête.
      Journal d'A. Venturier.


      * * *

      Sois charitable avec ton prochain, hein...

      Et si mon prochain, c'est un connard qui refuse la main tendue et qu'est même limite insultant, je fais quoi ? Ouais, je sais. Je le laisse tracer sa route et je reprends la mienne. Quitte à revenir quand il aura une fièvre à rendre le feu jaloux, et à lui faire avaler ses comprimés de force. Ou pas. A chacun sa route, j'ai dit.

      Bon, en attendant, j'suis tellement sidérée par autant de bêtise que je suis restée plantée en silence bien dix secondes, avant de passer dix minutes à récupérer le baume. Pas envie de me faire engueuler par le père de la mission.

      Puis avec ça, je sais pas bien quoi faire des machins qu'il m'a filé. De petites lames très tranchantes accrochées au bout d'un manche métallique assez court. Il espère arriver à quoi, avec ça ? Jamais vu. Vaguement, ça m'évoque l'outil de torture, mais j'vois pas bien ce qu'un adepte de ce genre de pratiques ferait dans le coin. Y'en avait quelques uns dans le Grey T., souvent des itinérants. Des mecs de passage, appelés là où y'avait besoin d'eux, et par un peu tous les camps. Ou alors, il espère apprendre des trucs sur les cadavres stockés par les indigènes ? Boarf. Chaque chose en son temps.

      Pour l'heure, y'a comme une odeur de barback qui s'impose sur l'humidité ambiante. Alors je me remets en route en pistant le barbeuc'. Et j'y arrive assez vite, en fait. Le coin de forêt est plus dégagé, on sens qu'il y a du passage fréquent. Je souffle un coup. On a beau avoir un passé pas franchement propre, ça laisse pas forcément de marbre de savoir qu'on va devoir faire face à une scène d'orgie façon bavette d'explorateur et jarret de missionnaire.

      Mais ça surprend encore plus quand on se rend compte que le village prétendu sauvage est parfaitement ordonné et calme, et que ceux qui passent de maison en maison se tiennent droit et se saluent paisiblement, sans même un petit « Houmph ! » ou un modeste « Grrrr ! »

      Trompée sur la marchandise, c'est ce que je me dis. Ceux-là, m'étonnerait qu'ils soient sans Dieu ni maître. Enfin, faut quand même s'assurer qu'ils croient pas n'importe quoi, il paraît. Ou qu'ils mangent pas n'importe quoi. D'un coup, j'suis vaguement prise par la colère. De quel droit que je peux juger, Seigneur, dis-le moi donc, Toi qui est sans jugement et tout en gratuité... En plus, on va pas dire que je suis des masses venue en paix, avec mon canon scié accroché dans le dos. Qu'est-ce que tu souhaites vraiment, d'après mon expérience et mes lectures ? Et qu'est-ce que veut l'Église ?

      Mais j'ai pas l'temps de réfléchir trop longtemps. J'vois le gars de tout à l'heure passer devant moi, qui suis encore cachée par les branchages. Ligoté sur un bâton porté joyeusement par deux jeunes. Bon, là, j'ai pas trop le choix. Faut que j'aide mon prochain, à moins qu'il préfère m'envoyer chier de nouveau. Je sors de ma cachette, bras ouverts en signe de paix. Heureusement que la robe est assez ample pour cacher l'arme à la vue.


      -Bonjour, mes amis. Dites, il vous a embêté ? Parce qu'il est avec moi...

      On me regarde, ça a l'air de comprendre. Une chance, on parle la même langue. Y'a déjà du y avoir du passage dans le coin, 'faut dire.

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      5ème Jour:
      Ils ont attrapés un type qui se baladait dans la jungle. Un pilleur de tombes je crois. Il a bien vu le "gus" que je faisait pas partie de cette tribu et il veux être relâché. Je ne fais comme si je ne comprenais pas. Ils m'ont peut être accepté mais je ne suis qu'un invité pour le moment. Donc, je me tais et je regarde le pauvre homme crier quand sa peau commence à noircir au dessus des flammes. Une sorte de gros Méchoui avec un mouton avec deux bras et deux jambes. Le Chef en découpe un bout. Je ne sais pas de quel morceau, on ne distingue plus quelle partie est le haut et le bas. Il me le met sous le nez, voulant que j'en mange. Sur le moment, j'ai envie de vomir. Il faut que je résisté. J'ai résisté et j'ai croqué.
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      Je continue mon bout de chemin. Je regarde derrière moi, vérifiant si cette nône ma suivit ou non. Rien, même pas la parcelle de nibard ou de robe noir. Tant pis, ça aurait pu être intéressant. "Fuis moi je te suis, suis moi je te fuis". Encore une belle connerie de puceau tout ça.
      Les feuillages sont dense et je ne voit ni où je met les pieds, ni où je vais. Mon pied rate une branche et me voici de nouveau entraîné dans une glissade. Quelques branches et fougères sont sur le chemin, se cassant sous mon passage. La densité de la jungle diminue au fur et à mesure de la descente de la pente et je me retrouve plus sur une coulure de terre, différent du tapis de feuille morte du début. Un bruit. Un bruit d'eau m'interpelle, il vient d'en face. Et en face, la falaise qui arrive à grand pas. Vingt mètres plus bas, de l'eau et beaucoup de rocher.


      Vous avez déjà eu cette envie fugace de sauter quand vous êtes près d'un précipice? Ben moi, à ce moment là, non. Mais malheureusement, je suis déjà au milieu de ma chute, la gravité dirigeant mon corps dangereusement vers une eau sûrement glaciale et des rochers pointues. Je prend de la vitesse et mon corps percute violemment l'eau. Elle est froide comme une catin pendant un jour férié. Heureusement, j'ai évité les rochers . Merci à toi Looz, je devrais te prier mais je n'ai pas le temps, les courants me tirent vers le fond. J'ai beau nager mais je suis entraîné. Je manque d'air et n'arrive pas à remonter à la surface. Je suis à la limite et je perd conscience.

      [...]

      Rencontre d'Ecclésiastiques 415600acteksbysidxartxad3n5xz31

      Je me réveille sur un banc de petit caillou et un visage est au dessus du mien. Un visage? Non, plus un masque qu'autre chose. je peux voir des petits yeux dans les trous du masque. Ils me regardent et m'observent.

      "Qu'es-ce que tu veux? Tu veux du pain?"

      Je finis ma phrase qu'une petite aiguille s'envole du masque et se plante au milieu de mon front. Oh merde, pas encore une fois.

      [...]

      Je me réveille une seconde fois et suis maintenant accroché comme une bête à un vulgaire morceaux de bois, me balançant à rythme des pas de mes ravisseurs. Je regarde autour de moi, c'est un camp de sauvages, assez bien organisé. On dirait bien que je suis leur prochain repas mais une voix les arrêtes.

      "-Bonjour, mes amis. Dites, il vous a embêté ? Parce qu'il est avec moi... "

      C'est la none que j'ai rencontré quelques heures plus tôt. T'es dans une sacré merde Worth. Dit leur que t'es avec elle. Dit lui qu'elle te libère et qu'elle t'emmène loin d'ici. J'ai une nette impression que pour le moment elle est la seule a pouvoir te libérer. Un Rédemptrice, me sauvant de mes cauchemars? Je regarde dans la direction opposée puis d'une voix rocailleuse.

      "Jamais vu cette none aux gros tétons. Continuez votre chemin les gars."

      Oh le con, c'est sortie tout seul
        Jour 5 :
        Un jour, un explorateur est venu avec deux pistolets et l'intention d'en découdre. Nous nous sommes tous battus, même moi. C'est curieux. Ça ne fait pas longtemps, mais jamais encore je n'avais été aussi bien accueilli quelque part. Ces mangeurs d'hommes sont considérés comme des monstres, mais dans le fond, ils ont de l'honneur, savent rire et n'emmerdent personne tant qu'on ne vient pas faucher des reliques sur leur territoire. Ce mec, ce frère, c'est moi qui lui ai donné le coup de grâce. C'est un peu comme si j'avais tué mon propre reflet, mais un reflet qui n'avait déjà plus rien à voir avec le moi d'aujourd'hui...
        Journal d'A. Venturier.


        Alors là, j'suis soufflée. On vient pour sauver une vie, et on vous chie à la gueule en retour... Seigneur, dis, j'vais quand même pas laisser passer ça ? Il crache sur la vie, la vie qui est un don qui vient de Toi. Enfin, je crois. Mais bon, même dans le doute, je vais pas m'abaisser à pécher par indécision. Omission. C'est comme ça qu'on dit. Pécher par action ou par omission.

        Les sœurs de la Juste Violence, elles disent toujours qu'il vaut mieux pécher par action. Alors, quand je vois les deux mangeurs d'hommes se marrer et aller pour se barrer sans poser plus de questions, parce qu'ils ont ce qu'il faut pour ce midi, je sors le canon scié et je braque. J'vais même jusqu'à tirer au sol. Ça fait gicler un peu de terre et de caillasse, juste assez pour qu'en face, on pige que je rigole pas. Et que je vais sauver l'autre con corps, âme et biens, qu'il le veuille ou non.

        Du coup, pas de combat qui tienne. La perche tombe avec son gigot accroché, les cannibales détalent. Pas la peine d'attendre qu'ils reviennent en masse, et tant pis pour la mission. De toutes façons, j'aime pas bien prêcher devant une foule. Le dialogue, ça va un peu mieux.
        Je sors un couteau de combat d'un étui pendu à la ceinture de mon habit, à l'opposé du chapelet. Et d'un seul geste expert, je tranche les liens de ma brebis égarée du jour. Avec la paire baffe de circonstances pour marquer le coup, parce que voilà.
        Et puis sur ce, je le pousse devant moi avec la crosse du flingue. Et je le garde en joue, histoire qu'il me refasse pas le coup de se barrer en courant. J'ai perdu mon troupeau pour un agneau, et celui là je le garderai bien, Seigneur !

        D'ailleurs, je me dis que ses réactions sont assez bizarres pour que ça soit un signe. Venu du ciel, peut-être, j'sais pas trop. Dans le doute, autant essayer. Au pire, je pêcherai par action. Et par action, c'est pas grave.


        -Cours, et fais pas le con.

        J'presse le pas. Pas envie de me ramasser une fléchette empoisonnée derrière la nuque, et pour ça, autant se mettre en lieu sûr. La mission parlait d'un temple en ruines à sanctifier, histoire d'en chasser les divinités malveillantes ou quelque chose comme ça. Pas bien compris, mais on m'a dit que Sœur Césarée Clef-Aux-Pâtres s'en chargerait. Jusqu'à ce qu'elle se fasse mordre et qu'elle m'explique qu'il suffisait de verser une bouteille d'huile sur l'autel en récitant des prières. Pas eu le temps de bien les écrire, je tenterai un chapelet ou deux. Et elle repassera derrière quand elle pourra. En attendant, je trace, je trace en recadrant mon pris... ma brebis égarée d'un coup de crosse dans les côtes quand j'sens qu'il tente quelque chose. Non, non. Tu m'as détruit toute possibilité d'entrer en contact avec les mangeurs d'hommes, mec. Alors maintenant, tu assumes.

        On traverse un petit cours d'eau, et on se pose derrière une grosse souche. Devant nous, un précipice. En bas, le temple. Coup de bol ? Je ne crois pas. Le hasard, c'est Dieu qui bosse incognito. Je crois. On est à peu près en sécurité.


        -On peut savoir à quoi tu joues ? Tu cherches à te faire du mal ?
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        15ème jour: Ils ont jetés toutes mes affaires civilisées et m'ont habillés avec leurs habits locaux. Les femmes du village m'ont peinturlurés le corps et le visage avec un mélange d’extrait de plante et de fiente d'animaux pendant que les hommes me faisaient boire un liquide qui d'après eux, transmet la force de leur clan. Nous avons ensuite festoyé toute la nuit autour d'un feu de camp gigantesque. Ils m'expliquent que demain, je vais avoir une longue journée.

        Journal de A. Venturier

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        J'y étais presque, quelques secondes de plus et les flammes auraient commencées à faire rôtir ma chair. Mais à cause d'elle, les deux bouffeur de vésicule biliaire ont détallés comme des lapins. Qui va allumer le feu maintenant? Faut l'admettre, la gamine a un sacré paquet dans le pantalon. Ben oué, sortir son calibre et tirer un coup de semonce devant deux cannibales qui ont une famille nombreuse, faut vraiment penser que t'a le bon Dieu à tes côtés. Je pourrais presque la prendre pour un mec après ça la nône.
        Ben quoi? Vous avez jamais vu des mecs en habits de nône? On voit que vous vous êtes jamais introduit dans un couvent pour essayer de grignoter de la rustine.

        Enfin, elle s'approche de moi, pointant son arme à feu sous mes yeux. Elle me détache et m'ordonne d'avancer en plaquant le bout du canon sur mon dos squelettique. Oué ben t'es bien mignonne mais pas sans ma blouse. On dirait pas comme ça mais c'est du sur-mesure le truc. Haut de Gamme quoi.

        Elle est en boule par terre, je la ramasse, la dépoussière et avance au rythme des coups de crosses de la religieuse dans mes côtes. Héhéhé, la coquine, elle commence à me plaire. Faudrait que j'essaye de la convertir, elle pourrait devenir une bonne servante pour le Seigneur.

        Elle me dit de me dépêcher. Ah ben fallait pas provoquer cette bande de charognard si elle a peur des conséquences maintenant. Nous traversons un cours d'eau et nous nous asseyons derrière une souche pour nous reposer. Et là, en se tournant vers moi, elle me demande si j'avais cherché à me faire du mal.
        Tout en m'allumant une cigarette et en lui crachant la fumée dans la direction de son visage, je lui répond.


        "J'aurais attendu qu'ils allument le feu pour me libérer, histoire d'en profiter."

        A nos côtés, un précipice. Encore? Pas n'importe lequel car en bas, les ruines du Temple que je recherche sûrement depuis plusieurs heures. Je sort un petit carnet de ma blouse et me tourne vers l'ecclésiastique.

        "Bien, puisque nous nous sommes arrêté pour parler, parlons. Bien, prénom; nom; âge; tour de poitrine; adresse; professions des parents.
        Si vous pourriez l'écrire sur ce petit carnet."
          17e jour :
          J'ai marché en solitaire dans la jungle, sans feu ni couteau ni nourriture. Je devais trouver mon guide céleste, celui qui serait mon conseiller et mon frère pour toute mon existence. Je ne comprenais pas, j'étais comme perdu, et je savais que j'allais endurer la faim, la souffrance, et la solitude aussi longtemps que mon esprit se refuserait à changer radicalement sa manière de voir le monde.
          Et j'ai souffert, et j'ai eu faim, et j'ai été seul.
          Journal de A. Venturier.


          KRRAAACK !

          Ouais, j'crois que t'as décidément pas tout compris, mec. Je te l'ai sauvé, ta putain de vie, oui ou merde ? … non, bon, okay, pas ta putain de vie, ta vie tout court. C'est un don de Dieu, tout ça, faut pas prajurer. Parjurer. Ça doit être ça, oui.
          En attendant, ton ironie de petit connard à la ramasse, je te l'ai faite manger d'un coup de crosse dans les gencives. Juste Violence, on dira pas le contraire. Je t'ai corrigé, ça te remettra les idées en place comme il faut ; enfin, j'espère.
          Puis y'a ta clope qu'est partie en volant. T'en fais pas, j'en prendrais soin. Elle finit de se consumer tranquille, entre mes dents qui se réjouissent un peu de mâcher autre chose qu'un chapelet. Pardon, Seigneur, mais c'est chiant à mourir, je te jure.
          Ah, oui, non. Pas jurer.

          M'embrouille la cervelle, tout ça, mais j'en suis à me dire que c'est normal. Premiers pas hors de la merde, dans un nouveau cadre et un nouvel univers où ça pense sec et où ça agit droit. Juste. J'ai pas franchement l'habitude.

          L'aventurier se masse une mâchoire bien ensanglantée. Fini d'être gentille, tu me redis une sale parole, tu réponds de travers encore une fois, je recommence. Jusqu'à ce que tu ouvres enfin tes oreilles et ton cœur, et qu'on puisse causer en humains plutôt qu'en bêtes.

          Hein, c'est ce que Tu attends de nous ? Hein, que c'est pas un hasard si on s'est rencontré, s'il m'a conduite à foirer tout le projet de la mission ? Hein qu'on me fera jamais le reproche d'avoir suivi ce que je pense être Ta voix, et que si on me le fait, Tu garderas une main sur mon épaule pour me protéger de la honte ?

          Je sais pas trop. Mais j'y crois.


          -On s'arrache. Ils arrivent.

          Et qu'on saute par-dessus un tas de pierres pour s'enfoncer dans de la broussaille épaisse et en pente. On débaroule plus qu'on ne court, et plusieurs fois, mon canon scié me rentre dans la colonne. Ça fait un mal de chien, mais je grogne même pas. J'ai vu pire, et j'ai pas envie de jouer les victimes devant un mec qui m'engueule parce que je l'ai sauvé.

          … en fait, p'têtre qu'il croit qu'il me doit quelque chose, et que ça l'emmerde ?

          Oh, bah ouais, bien sûr. J'y avais pas pensé. Bon, ça tombe bien, on arrive au temple. Un dernier sprint, et on est à l'abri. En espérant qu'on viendra pas nous déloger, je r'garde ma brebis, j'tente même de lui sourire sincèrement.


          -Si c'est ce qui t'emmerde, croit pas que tu me dois quelque chose pour tout à l'heure. C'est normal, de rendre service. J'attends rien en retour.

          Il a pas l'air très réceptif. En même temps, peut-être que ça serait mieux passé la mandale en moins et la dent qu'il vient de me cracher dessus en plus.

          Aller, pour la peine, une baffe. Ça t'apprendra la vie, ducon.
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          17ème jour:
          KRAAAAAAACK

          Un pas sur ce qui était soit disant un tapis de feuilles morte me fait sombrer dans les profondeurs terrestres. Un jour, un seul jour que je suis laissé seul dans cette jungle et c'est déjà la fin pour moi.
          En ce dernier moment, je ne cessais de penser au clan. Pourquoi eux? Je les ai rencontré à peine quinze jours plus tôt. J'essaye tout de même de repenser à ma femme et ma fille. Leurs visages sont si flous dans mon esprit, à peine perceptible.
          Ma chute est amortie par une étendu d'eau. Une nappe phréatique d'eau douce.

          Journal de A. Venturier
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          Héhé, ce coup de crosse en travers les chailles je l'ai senti passer.
          Petite fleure délicate qui se transforme en tigresse. J'ai toujours eu autant de succès avec les donzelles. Elles sont toutes folles de moi. Elle en remet une couche histoire qu'elle me prouve son amour pour moi.
          J'ai la gueule en sang mais j'encaisse avec le sourire. Pas parce qu'on se fait tabasser qu'on doit tirer la gueule, surtout par une gonzesse. Ce genre d'occase ça se présente pas à n'importe qui. La none me subtilise ma clope, tirant dessus en me narguant d'un regard. Pas la peine beauté, j'en ai tout un stock dans ma poche. J'en attrape une énième et l'allume.


          "Vous auriez pu me donner votre nom. Je dis pas que les coups de crosses étaient en trop, bien au contraire mais vous auriez pu l'accompagner de votre blaze.
          Les gens m'appelle Worth, Doc pour les plus intimes."


          Avec cette dernière syllabe, je lui crache ma fumée au visage. Une fumée blanche et épaisse qui vient s'écraser sur son jolie minois.
          Je m'approche d'elle un plus près que d'habitude. Je fais deux pas en avant et elle en fait trois en arrière. Même à cette distance, son parfum m’enivre.
          Une Looziste qui sent la rose, un être unique héhé.


          "Mademoiselle, connaissez vous Looz? Le Purgateur, Seigneur de la Souffrance et du Désespoir.
          Je peux voir sa main sur votre épaule. Vous êtes l'une de ses servantes mais vous ne le savez pas encore. Vous ne vous êtes pas rendu compte mais votre âme lui appartient déjà."


          Je m'approche une nouvelle fois d'elle et je pose mon visage près du sien, ma bouche au niveau de son oreille.

          "Un simple mot suffit beauté: la curiosité."

          Elle me repousse avec dégoût et pointe son arme dans ma direction. Puis avec un sourire je pose mon front transpirant sur le bout du canon.
          Une minute se passe, peut être deux où elle garde son doigt sur la détente. Un simple mouvement de muscle; un sursaut, un courant d'air et c'est retour à la case départ et sans toucher le pactole. Qu'es-ce qu'il disait l'autre vieux con? Etre ou ne pas être? Ah non. Tu es né poussière et tu redeviendra poussière. Un beau tas d'humus en décomposition qu'on ramasse à la pelle et la balayette.
          Tout ça pour dire qu'on est toujours là, chacun regardant l'autre dans le blanc des yeux. Elle baisse finalement son canon et un rire m'échappe. Un truc du genre hystérie passagère qui fait faner la flore et fuir la faune.

          Je m'éloigne maintenant d'elle, posant mon attention sur les ruines du Temple, se trouvant devant nous. Magnifique architecture suintant la Souffrance. On dirait presque que les visages en pierres recrachent un liquide rouge.
          L'entrée est immense et pourrait permettre à un géant de passer. Je m'arrête un instant, en face de moi, un long couloir sombre, s'enfonçant dans les ténèbres oppressantes.
          Je prend un bout de bois par terre puis tête de déchirer un morceau de la tunique de la none qui m'accompagne. Elle se débat quelques instants, me donnant des coups de crosses pour me repousser mais je parviens à subtiliser une lanière de tissu que j'enroule autour du bâton et que je m'empresse d'enflammer avec une allumette.

          Je m'enfonce doucement dans la noirceur, fredonnant un air adéquate. Je me retourne un instant. La religieuse est toujours devant l'entrée.


          "Eh toi, tu ramène tes miches par là ou on va y passer la nuit?"
            Une main que je passe sur mon épaule, presque inconsciemment. Me fait flipper ce grand taré, avec ses histoires de main du purgateur de la souffrance et du désespoir. Complètement jeté, ouais ! J'suis pas allée jusqu'à tirer, p'têtre bien que j'aurais du. Mais je me suis dit un truc, si c'est pas Toi qui me l'a glissé à l'oreille : c'est pour des cas comme ça que l'Ordre existe. Je crois que c'était pas un hasard pour que j'échoue à gagner la confiance des cannibales pour concentrer tous mes efforts sur un seul être : toi, le doc'. Toi qui tire sur mes nerfs, toi qui en a fait assez pour que j'ai envie de t'éviscérer une bonne dizaine de fois depuis le début. Mais en temps que sœur de l'Église de la Juste Violence, je suis responsable de toi sur le sentier des égarés. Je suis ton guide, ta lumière. J'oublie pas.

            C'est drôle comme une petite rencontre peut faire voler en éclat le doute. Oui, c'est vrai que je comprends pas tout dans la logique de l'Ordre, mais il incarne une certaine vérité, c'est certain. Une vérité que toi, tu rejettes en bloc au nom d'un dieu au nom absurde et qui se fonde sur une instance purement physique. La souffrance, hein ? C'est bien pour ça que tu t'étais laissé prendre, que tu as tout fait pour me pousser à te frapper ? Bon, ben soit heureux, j'te toucherai plus que par les mots.

            Je dis ça, mais ça m'empêche pas de resserrer mon emprise autour de la culasse de mon canon scié. J'suis dangereuse, mais lui aussi. Je le suis, ouais, pas question de le perdre de vue maintenant. En plus, il est dans le temple à consacrer... je passe une main dans ma grande poche. J'ai bien la fiole d'huile d'olive et le drap blanc. Ça le fera.


            -Une seconde, ducon.

            Premier couloir emprunté, le doc nous mène sur une impasse. Alors, je profite qu'il fasse demi-tour pour le choper au col et le balancer contre un mur. Non sans récupérer la torche, faut pas déconner, on y voit queud'.

            -C'est pas à moi de te suivre, tu marches sur le sentier des égarés.

            Ca sonne pas si mal, hein ? Guide de la petite sœur missionnaire, chapitre « répliques », c'est toujours utile.

            -Et puis, pas question que je m'éternise là-dedans. Tu voulais mon blaze, hein ? J'suis sœur Hildegarde-Bernadette. Et j'ai une mission, j'suis pas là pour jouer les aventurières. En plus, on a les cannibales au cul et j'ai pas du tout envie d'avoir à leur tirer dessus s'ils nous trouvent avant que j'ai terminé ce que j'ai à faire ici. Et tu vas m'aider, c'est mieux d'être deux.

            J'vois bien qu'il s'en branle, et qu'il cherche un genre de passage secret dans le mur. Il vit dans un rêve gore, ce mec, c'est pas possible autrement. C'est rien qu'un vieux temple en ruine dont on raconte des horreurs pour faire parler les hâbleurs. P't'être bien que les gens du coin continuent à y aller, mais dans ce cas, aucune raison qu'ils aient calé des pièges ou des trucs cachés dedans. Faut pas déconner, non plus.

            -Aller, suis-moi.

            Il râle, mais comme il trouve rien, il vient quand même. Non sans me caler une main au cul qui se transforme aussi sec en coup de crosse dans les côtes. J'veux bien être gentille, mais faut pas pousser.
            On marche un peu à tâtons, il continue ses conneries sur la souffrance, parle un peu d'un truc qui s'appelle « Looz » et qui me regarde. J'l'écoute pas vraiment, mais j'dois bien admettre qu'avec l'obscurité, les chauve-souris et tout le reste, sa voix a quelque chose qui fait flipper. Heureusement qu'on tarde pas à arriver à un semblant d'autel, encadré de deux torches enduites de poix. Que j'enflamme, et qui révèlent... une collection de petites boules poilues. Bizarre. J'me rapproche, et j'ai un geste de recul. Les petites boules ont toutes des yeux et des bouches cousues, des traits profondément ridés, des nez plissés, des expressions crispées. J'en ai vue d'autres, c'est sûr, mais j'm'attendais pas franchement à tomber sur une collection de têtes réduites pendant une consécration...


            -Bon, pas le temps de virer tout ça. Tiens, tu peux foutre ça sur l'autel ? Faut que j'dise un ou deux chapelets, et on se casse d'ici.

            Et j'lui passe l'huile et le drap blanc, en espérant qu'il s'amuse pas à se torcher avec. J'ai pas envie de discuter alors que j'ai un truc urgent à faire, et qu'on a la cavalerie qui nous cherche sans doute déjà...

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