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Une étincelle peut mettre le feu à la plaine.

Depuis une bonne dizaine de jours, Edward passait ses journées à fuir la poignée de brigands qui le pourchassaient nuit et jour afin de ramener sa tête à leur boss. Autant dire que cela ne fut pas de tout repos. Lorsque ces fumiers ne ratissaient pas le moindre mètre carré des quartiers les plus pauvres de Saint-Uréa, les voici qui fouillaient les tavernes de fond en comble. Ils avaient bien assimilé le train de vie (des plus déplorables) de notre forban si bien que celui-ci passait désormais le plus clair de son temps au port à observer l'horizon avec sa boisson, ou caché derrière une des caisses en bois ornant l'espace portuaire. Il faut avouer que cette vie de prisonnier était pesante pour Edward et notamment au point de vue du rhum. Lorsqu'il a réalisé qu'il était suivi, il lui a fallu faire une bonne réserve d'alcool afin de tenir la distance. En dix jours, cette réserve s'était dangereusement amoindrie au point que notre pas-encore-mais-bientôt-célèbre pirate sirotait à présent la dernière bouteille de verre.

Assis sur un muret en pierre, Edward observait l'horizon tout en vidant le dernier réceptacle d'eau de vie. Cette scène semblait tirée d'un de ces films ou bouquins à l'eau de rose où le héros fixe la mer tout en réfléchissant à sa vie, à son passé, à son futur, à sa dulcinée. Bon, c'était pas vraiment le cas de Ned et s'il était possible de peindre ce à quoi il pensait, cette peinture représenterait un petit singe en train de jouer de la trompette tout en dansant. Et puis généralement les héros ne picole pas en plein après-midi. Qu'importe, notre protagoniste ne cherchait pas à être un héros. Il voulait simplement vivre sans aucun regret et malheureusement ces dix derniers jours avaient été incontrôlables et inattendus. Il était cependant nécessaire de fuir. Qui serait assez con pour affronter une petite armée de cent hommes et son général, cocu et enragé ? Qui ? Neddy évidemment ! Oui, fini la fuite, il était temps de se battre ou du moins se battre pour ensuite prendre la fuite. Ces dix jours avaient fait germer en lui des remords et Dieu seul savait à quel point cela l'énervait. Le bandit se demandait si cette pensée était réellement la sienne ou si elle était due au fait que la dernière goutte de rhum venait d'atteindre son estomac. Il se releva tout en chancela et s'avança vers le bord de l'embarcadère tout en se grattant le paquet. Une douce odeur marine venait chatouiller ses narines et les rayons du soleil reflétés sur l'eau l'aveuglaient. C'était un joli après-midi, bien ensoleillé. Cinq mouettes volèrent devant lui à environ dix mètres, tout en frôlant la masse bleue. Edward lâcha un rire rauque avant de véritablement lâcher la bouteille qu'il tenait et de l'envoyer dans la gueule d'une des mouettes. Celle-ci plongea, sonnée. Elle se débattait tant bien que mal avec l'eau autour d'elle tout en poussant de petits cris puis parvint finalement à reprendre son envol et à rejoindre ses compagnons qui l'avaient abandonné.

Ravi de sa séance de torture, Edward se retourna et se mit en marche en direction des zones où, justement, les sous-fifres de l'homme qu'il avait contrarié le recherchaient. Faudrait peut-être un plan non ? Un plan ? A quoi bon. Le plan était simple : Ned allait trouver un de ces groupes, lui flanquer une bonne raclée et leur filer un message pour leur patron.


Dernière édition par Edward Rackham le Mer 31 Juil 2013 - 23:16, édité 5 fois
    Le soleil voguait haut dans le ciel sans nuages et ses rayons frappaient le corps tatoué d'Edward. Le pirate marchait paisiblement dans une rue étroite où seul quelques clochards étaient assis à même le sol et quémandaient de l'argent. Les pavés était noir, parsemés de saletés, de fourmis et insectes en tout genre qui aimaient se délecter des rares miettes éparpillés par terre. De çà et là, les contenus des poubelles jonchaient le sol si bien que des épaisses nuées de mouches virevoltaient au-dessus. Ce décor était commun à toutes les rues des quartiers pauvres de Saint-Uréa et c'était devenu normal. Plus personne n'osait s'élever contre les hautes instances de l'île qui gouvernaient, et les divisions de la Marine, et les institutions de la ville. Depuis les incidents de 1622, les résistants se faisaient moins nombreux et plus discrets ce qui était compréhensible compte tenu des sévères et sanglantes répressions. Cette révolution qui a échoué aurait pu changer les choses, changer le monde, le sauver. M'enfin, ces révolutionnaires à la con avaient raté leur coup et maintenant ils étaient six pieds sous terre. Voilà où tout leurs principes et leurs grandes idées les avaient menés et désormais, les surveillances et les contrôles de la population étaient à leur paroxysme menant ainsi la vie dure à de nombreuses familles. De temps en temps, Edward se demandait s'il ne devait pas se battre lui aussi, mais à quoi bon ? Il allait finir brûlé et à la mer. Les seules récompenses accordées aux héros étaient le feu et la souffrance et cela, Ned l'avait bien compris. Jamais il ne tombera dans ce piège à l'apparence si belle.

    Alors que Neddy enchaînait les virages à droite puis à gauche sans que l'arrière-plan ne change, il vira une dernière fois tout en longeant le coin du mur et tomba nez-à-nez avec un homme portant une énorme balafre sur son œil droit. Il était vêtu d'habits, enfin si on peut appeler ça des habits, faits de simples morceaux de tissus. Il avait visiblement recyclé une vieille nappe pour en faire une chemise et de vieux rideaux pour son pantalon. De vieilles sandales cinglaient ses chaussettes à ses pieds. Il n'avait pas l'air très amical d'une part, car il portait un sabre à sa ceinture, mais également parce que ses vingt autres amis derrière lui avaient la même dégaine mi-clochard, mi-gangster. Edward se cogna contre cet homme et celui-ci tomba au sol avant d'observer celui qui l'avait fait chuter. Tous ses amis se regroupèrent autour de lui lorsque son visage pris une teinte rouge tomate et qu'un cri aigu sorti de sa bouche :


    C'est lui ! C'est le type que le patron cherche ! Attrapez-le !

    Ses petits copains levèrent leur tête vers Edward à l'unisson et dégainèrent leurs sabres dans l'étroite rue. Ned recula de deux pas et vit une première vague de cinq individus, ridiculement dangereux et occupant toute la voie, fondre vers lui. Il n'eut pas le temps de comprendre ce qui se passait et reçu un premier coup de poing d'un homme en plein dans son œil. Putain ces mecs ne plaisantaient pas, ils voulaient vraiment faire la peau à notre bandit. Neddy secoua rapidement la tête et se saisit de son pistolet à sa ceinture avant d'abattre un de ses opposants d'une balle dans la tête. A peine était-il au sol, qu'un autre (presque identique) venait prendre sa place, son sabre en l'air et prêt à asséner un coup. Le pirate tatoué esquiva un sabre et envoya un coup de boule à un adversaire puis une série de coup de poing dans des mâchoires et des mentons. En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, six de ses ennemis étaient au sol, se tordant de douleur. Une nouvelle vague arriva, piétinant les vestiges de l'ancienne. Edward sentait son rythme cardiaque s'accélérer et tandis qu'il se demandait s'il allait pouvoir tous les battre, un autre groupe de trente clochards arriva dans son dos. Le voilà qu'il était encerclé par des sabres et des hommes enragés.. Quel merdier... Est-ce qu'il allait crever là, comme un vulgaire chien ? Dire qu'il rêvait de prendre la mer et qu'il n'en avait pas encore eu l'occasion.. Il n'était pas un pirate. Un véritable forban des mers possèdent un navire, un équipage et a navigué dans sa vie et pas seulement sur un bateau de pêche.

    Un des adversaires d'Edward parvint à lui porter un coup à la tête et celui-ci tomba à genou avant de s'évanouir à cause du choc, mais aussi à cause de l'alcool engloutit précédemment. Le voici à présent gisant au sol, les yeux clos et l'esprit engloutit par les ténèbres.


    Dernière édition par Edward Rackham le Mer 31 Juil 2013 - 23:29, édité 1 fois

      Edward ! Edward ! Debout mon garçon.

      Ned ouvrit rapidement ses yeux et fut aveuglé par les rayons du soleil au zénith. Son corps tanguait littéralement et un homme semblait se tenir à sa droite et lui remuer le bras, un énorme sourire sur le visage. Il passa devant le soleil privant ainsi Neddy de son oppressante étreinte et s'adressa de nouveau à lui. Son visage était long et terminé par un large menton carré. De charmants yeux noirs fixaient à présent la personne au sol et un sourire tentait de le rassurer. Une longue chevelure attaché en une queue de cheval virevoltait au gré du vent dans le dos de l'homme. Edward, s'habituant petit à petit à la fraîche pénombre sourit rapidement et se releva avant d'enlacer son père. Sa tête contre ses côtes, ce contact le rassura.

      Cela faisait deux jours à présent que Neddy et son père James étaient en mer afin de pêcher une grosse proie qui les mettraient à l'abri pendant un long moment. Le petit garçon avait convaincu le patriarche de l'emmener avec lui malgré les mises en garde de sa mère. Il voulait savoir ce que cela faisait d'être sur un bateau, de se laisser border au rythme de la houle, d'apprécier un paysage vierge, d'être un marin en somme. Néanmoins cette croisière ne fut pas de tout plaisir depuis son début. En effet, dès lors qu'ils eurent quitté le port, James Rackham ordonna à son fils d'accomplir une série de tâches aussi bien essentielles pour le petit bateau de pêche qu'ennuyantes et la principale d'entre elles était de nettoyer le pont à la main grâce à une brosse et à un seau rempli d'eau. Edward avait l'impression de passer ses journées à exécuter cette tâche et, pour une fois, regrettait de ne pas avoir écouté sa mère.

      La matinée du troisième jour était ensoleillée comme toutes les précédentes et, après avoir éxécuté ses corvées, le petit garçon de dix ans à peine avait décidé de piquer un petit somme adossé au mat à une voile. Le bateau était petit, environ six mètres carré à peine, et très léger. Il semblait qu'il volait à cinq centimètre de la surface de l'eau plutôt qu'il ne flottait véritablement. C'était pour sa maniabilité et son faible poids que James Rackham l'avait acheté contre toutes les économies de la famille. Avec cet outil, il pensait que sa famille n'aurait plus jamais à souffrir de la pauvreté ou de la faim. Le Destin en avait décidé autrement et les quelques petits poissons qu'il ramenait aux revendeurs ne leur permettaient que de subsister. Il fallait trouver une plus grosse proie et c'était justement le but de cette partie de pêche. Le père avait entendu parler d'une bête de deux mètres de long pour trois cent kilogrammes qui rodait à environ un nautique (1800m) des côtes de Saint-Uréa. Si grâce au Seigneur il parvenait à l'attraper, il pourrait subvenir aux besoins de sa famille pendant deux mois sans problème. Il fallait qu'il réussisse, il ne pouvait pas échouer. L'avenir des gens qu'il chérissait en dépendait.


      Sort les filets Edward. On approche du lieu où vit normalement le poisson. Tiens-toi prêt et attends mes ordres.

      Oui papa !

      Edward chercha rapidement les filets du regard avant de courir vers eux et de les démêler minutieusement. Lorsqu'il tourna sa tête vers son père, celui-ci avait attrapé un harpon et une lance tout en fixant l'horizon. Une lueur digne du plus grand des guerriers brillait dans ses yeux. Ned n'avait jamais vu son père avec une telle attitude et il ne pu s'empêcher de sourire tout en exposant ses dents qui était à ce moment d'une blancheur étincelante.

      C'est alors que la bateau reçu un coup sous l'eau qui le fait presque chavirer. Edward s'accrocha à la rambarde. Une ombre émergea des profondeurs et nageait à présent à moins d'un mètre de la surface. Pas de doute possible, c'était la cible des Rackham. Elle semblait avoir compris ce qui se préparait et tournait frénétiquement autour de l'embarcadère.  James fixait l'animal à chaque tour qu'il effectuait, ses phalanges blanchissant de plus en plus autour de ses armes et sa mâchoire se resserrait. Il ordonna à son fils de restait loin du bord du navire et de se tenir prêt à lui lancer le filet mais ses paroles n'arrivaient pas aux oreilles de son fils. Celui-ci était fasciné par les mouvements hypnotiques du poisson et semblait au contraire se rapprocher de plus en plus de l'eau. Quel être magnifique... Quelle rapidité... Quelle beauté, quelle agilité... Si seulement Edward était un poisson, il pourrait aller où il le souhaite, il pourrait même aider directement son père à la pêche et de ce fait sa famille. Pris dans ses pensées, son front venait de toucher la surface de l'eau et ce simple contact lui fit prendre conscience de sa posture. Il appuya de toutes ses forces sur ses petits bras et se propulsa de nouveau à bord du bâtiment. L'énorme proie se précipita grâce à ses puissantes nageoires hors de l'eau, la gueule grande ouverte et les dents aiguisées en direction de l'enfant. Impossible de le rater. La Faucheuse semblait avoir choisi son client du jour. Une lame fendit l'air et vint se planter dans l'abdomen de l'animal. James Rackham venait de toucher sa proie de son harpon et la tirait à bord de son bateau. Il s'approcha, son regard plus noir que jamais. Sa proie perdait tout son sang sur le pont en tentant de s'enfuir. Il lui planta finalement sa lance en pleine tête sans aucune hésitation ni tremblement. Dans un dernier spasme, celle-ci s'immobilisa. Ned avait observé la scène et était paralysé. Il avait échappé de peu à une mort certaine. Son père l'avait sauvé avec une telle rapidité ! Le patriarche s'approchait à présent de sa progéniture ses vêtements plein de sang. Il caressa sa joue avec toute l'affection qu'il pouvait transmettre après avoir tué un être vivant.


      Je serais toujours là pour toi Edward, mon fils.


      Menteur. Cinq ans plus tard James était parti, emporté par une fichu crise cardiaque. Il n'avait pas tenu sa promesse. Connard. Il aurait été préférable qu'Edward meurt ce jour là. Tout aurait été plus simple.

      Les ténèbres entrent de nouveau en scène obscurcissant tout le décor.


      Dernière édition par Edward Rackham le Mer 31 Juil 2013 - 23:49, édité 1 fois
        Il pleut ? Edward était pourtant certain qu'il avait quitté le port sous un magnifique soleil. Il sentait l'eau ruisseler sur son corps et imbiber son vieux pantalon et ses bottes. Puis, un violent choc au niveau de sa joue droite. Il ne savait pas que la pluie pouvait être si violente. Un second choc sur son autre joue le forca à ouvrir les yeux. Une immonde veine sur le front d'un homme visiblement furieux lui faisait face. Il le reconnaissait, c'était le fameux "général cocu". Il faisait un bon mètre quatre-vingt dix et la moitié en largeur. Ses membres musclés faisaient froid dans le dos, beaucoup plus que les dix pistolets à silex qu'il portait à la ceinture. Malheureusement pour lui, il n'avait pas un seul cheveux sur le caillou, deux énormes balafres qui se croisaient sur son énorme menton, de petits yeux de fouines et des oreilles de lutin. Pauvre gars, il n'avait pas été gâté par la nature. On dit souvent que toute personne est belle ou possède de la beauté en elle, et bah ce qui était certain c'est que cet homme était le plus horrible que Ned ai croisé dans toute sa vie. Alors qu'Edward reprenait lentement ses esprits, il sentait une pression sur ses poignets. Il était assis et saucissonné à une chaise en bois tandis que son adversaire le regardait avec, pour la première fois, un large sourire sur son visage. Notre prisonnier avait eu le temps, pendant qu'il se cachait, de se renseigner un peu sur son ennemi. Celui-ci se faisait appeler Ciro et contrôlait un petit quartier pauvre de Saint-Uréa tout en obligeant ses habitants à lui payer une taxe pour rester en vie. Il était trop inoffensif pour inquiéter les grandes instances mais bien assez pour mener la vie dure à une bonne centaine de familles. Derrière lui, tous ses hommes étaient réunis dans ce qui ressemblait à un vieil entrepôt désaffecté. Cent bonhommes, dont la plupart observaient le réveil de Neddy, gardaient ce lieu croulant et puant. Des plaques de métal qui composaient les murs semblaient vouloir se faire la malle et étaient arrachés à quelques endroits. Des vitres étaient cassés et leurs débris étalés sur le sol tandis que de vieux bidons d'essence encore remplis étaient posés au sommet d'une pile de pneus.

        Edward fixa rapidement l'ensemble des personnes qui le scrutaient et déglutit. Comment est-ce qu'il allait se sortir de ce merdier en étant attaché ? Même si ces mecs n'étaient que des guignols, ils pouvaient toujours lui mettre tarif s'il restait saucissonné ainsi. Ciro recula enfin son ignoble visage de celui de son captif et lui adressa enfin la parole. Sa voix grave résonna dans tout le hangar et toutes les têtes suivirent la scène.


        C'est toi qui a osé touché à ma belle Maya. Je vais te le faire payer sale vermine. Personne ne frappe ma fiancée ou ne l'oblige à faire quelque chose qu'elle ne veut pas. Tu vas mourir cafard.

        Bwhahaha, j't'assure qu'elle était consentante ! Et puis quand on avait fini de faire ce qu'on avait à faire, elle en a même redemandé ! Non, attend, j'rigole hein, haha.

        Tu te fiches de moi devant mes hommes en plus connard ?


        Ciro tira un de ses pistolets à silex et plaça l'extrémité de l'arme sur le front de son prisonnier.


        Tu pourrais me tuer, mais tu ne le fera pas. A la place, tu pourrais me forcer à te conduire à mon domicile où tu trouveras un butin monumental.

        Tu me dis ça pour que je t'épargne.

        Bah évidemment, j'ai pas vraiment envie de finir avec du plomb dans la cervelle, j'préfère encore te filer mon or. Alors ça te branche l'ami.


        Edward termina sa phrase avec un large sourire qui laissa apercevoir ses dents jaunes et noirs. Ciro hésita un moment avant de ranger son arme à feu à sa place initiale. Il ordonna à un de ses hommes de détacher sa proie tout en restant sur ses gardes.
        Ned se releva une fois ses liens tranchés puis se massa les poignets. Il attrapa la personne qui venait de le libérer et le plaça entre lui et son chef. Visiblement ça ne fut pas une très bonne idée puisque tous les autres sous-fifres vinrent former un cercle autour de leur chef et du preneur d'otage. Les deux affreuses veines venaient de refaire leur apparition sur le front du boss et celui-ci avait dégainé de nouveau son arme. Il tira dans le corps de l'otage et lança d'un ton rageur :


        Tuez ce fils de pute ! Tuez-le !!

        Les cent hommes encerclant le jeune pirate sortirent leurs sabres en même temps et se jetèrent sur lui. Edward se servit du corps de son otage mort pour encaisser un coup de feu puis un coup de sabre avant de le lâcher. Quel bordel, à un contre cent ça allait être dur. Il ne put terminer le cheminement de sa pensée et esquiva de justesse un sabre qui laissa un filet de sang sur son avant-bras droit.


        Dernière édition par Edward Rackham le Mer 31 Juil 2013 - 23:59, édité 1 fois
          Depuis cinq minutes, Edward se débattait comme un lion, évitant les blessures mortelles de justesse et essayant de survivre à ses agresseurs. Une bonne vingtaine d'entre eux étaient à présent au tapis, KO ou mort, mais les quatre-vingt autres étaient encore plus déterminés afin de venger leurs amis. Il évita un énième coup de feu dans sa direction en se protégeant grâce à un des sous-fifres qui le pris à sa place avant d'en attraper un autre et de lui broyer le cou de ses mains. Ciro observait la scène, légèrement en retrait. Chaque homme tué décuplait sa colère. Alors que Ned continuait de se battre férocement en envoyant des coups de poings, de têtes et de pieds dans toutes les directions, la fatigue commençait à se faire sentir. Ses phalanges le faisaient souffrir. Son front ruisselait de sang tout comme ses arcades et quelques autres endroits de son corps. Ses jambes étaient lourdes. Il avait éliminé la moitié des hommes à présent sans qu'aucun d'eux ne parviennent à lui porter le coup fatal. La seconde moitié allaient être plus difficile, mais il fallait qu'il tienne bon. Il ne pouvait pas mourir dans un endroit comme celui-ci, n'ayant jamais pris la mer. Comment pouvait-il penser être un pirate alors qu'un véritable forban des mers n'aurait fait qu'une bouchée de ces minables. Edward poussa un énorme rugissement qui déstabilisa les ennemis les plus proche de lui avant de redoubler de cruauté dans le combat. Il attrapa le sabre d'un des cadavres gisant au sol et une véritable boucherie sans suivi. Des membres volaient, du sang giclait sur le sol formant ainsi des étendues rouges, des torses étaient transpercés, des têtes quittaient leurs socles. L'Homme s'adonnait à cet instant à un de ses passe-temps préférés : faire souffrir son semblable, et Edward était l'instrument de cette machination. La rage le submergeait et à chaque coup qu'il portait, un rugissement de fauve sortait de sa gueule.

          Le dernier corps inerte venait de tomber au sol en ayant perdu sa tête, décapitée. Elle roula jusqu'au pied de Ciro qui avait perdu son visage furieux pour le troquer contre celui d'un homme effrayé par ce qu'il venait de voir. Edward, lui, était assis sur un cadavre et reprenait son souffle la tête dans ses mains. Son sabre immaculé de sang était planté dans le sol tel le vestige d'un combat laborieux. Comment avait-il pu s'en sortir vivant ? Et surtout, comment pouvait-il être l'auteur d'un tel massacre ? Il n'avait pas eu le choix. La vie n'est pas toute rose et c'était Lui ou ces hommes. Il était plus fort qu'eux mais tomberait forcément un jour sur un individu qui lui ferait subir le même sort ou pire. Qu'importe. A cet instant, il était vivant et n'avait que quelques entailles et coupures de ça et là. Un long filet de sang coulait du début de son cuir chevelu jusqu'à son menton et un énorme hématome maquillait déjà son œil droit. Ses deux arcades sourcilières était ensanglantées et tout ce sang avait coulé sur son torse jusqu'à recouvrir quelques uns de ses tatouages. Il posa sa main droite sur la tête du cadavre et se releva en prenant appui sur celle-ci. Un petit craquement se fit entendre, ce qui fit frémir Ciro, toujours debout, stoïque. Edward s'approcha de lui de son habituelle pas chaloupé, tout en enjambant les cadavres, et failli se viander en marchant sur un bras au sol. Arrivé devant lui, il le regarda droit dans les yeux.


          J'ai... J'ai de l'argent ! Quand tu sortiras de ce hangar, il y a une petite cabane en bois sur ta droite, à environ cinquante mètre. Soulève la deuxième latte de bois en partant de la droite et tu trouvera un coffre avec tout mon butin, je te le jure.

          Casse-toi.


          L'ennemi, bien que musclé, prit ses jambes à son cou jusqu'à la porte de l’entrepôt. Il la défonça d'un coup d'épaule et couru en direction de la ville tout en hurlant de peur.

          Edward avait remarqué les bidons d'essence au sommet de la pile de pneus lorsqu'il était encore attaché et cela allait lui être très utile. Il ne pouvait pas se permettre de laisser des traces de son acte de barbarie. Les autorités en seraient averties et iraient lui chercher des noises. Il grimpa tant bien que mal au sommet de la pile de pneus et s'empara des trois bidons d'essence. Il redescendit la montagne de caoutchouc et débouchonna le premier baril avant d'en renverser le contenu sur les cadavres. Il fit pareil avec les deux autres dans le reste de l'endroit, en n’omettant aucun mètre carré. Une fois à la porte, il plongea sa main droite dans sa botte droite et en extirpa sa fameuse boite d'allumettes. Ned craqua une allumette et la jeta en direction du liquide. Cette action normalement très rapide paraissait interminable. La scène restait gravée aux yeux écœuré d'Edward. Le dégoût se lisait sur son visage. Un dégoût prononcé pour la situation actuelle, pour ses actes mais aussi pour sa vie en général. Le bâton de bois atteint finalement le sol et provoqua l'embrasement de son premier cadavre. Le feu se rependait à vu d’œil et Neddy comprit qu'il ne fallait pas s'attarder ici. Il tourna les talons et sortit de cet enfer. Il marcha cinquante mètres, cinquante mètres qui lui paru être des kilomètres. Tout était flou dans son esprit et le fait de tourner la tête vers l'arrière pour voir l'entrepôt complètement en flammes ne l'aidait pas. Il aperçu enfin la cabane, entra dedans et se pencha sur le sol. Il était encore sous le choc et ne semblait plus contrôler son corps. Edward enleva la latte de bois et découvrit un coffre en métal simple. Il le prit rapidement dans ses mains, replaça la latte et sortit du lieu. Ned regarda un instant autour de lui. La vilaine odeur de chair brûlée arriva jusqu'à ses narines et les restes de son dernier repas remontèrent. Il s'empêcha de lâcher une quiche sur le sol en plaçant sa main sur sur bouche, et se mit en route vers l'auberge la plus proche tout en traînant la patte.

          Durant son voyage en enfer, les nuages s'étaient rassemblés au-dessus de l'île de Saint-Uréa. Les premières gouttes de pluies tombèrent sur le chemin d'Edward en même temps que ses premières larmes.