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 La nuit des morts-vivants.
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Galowyr Dyrian
Le Sable Rugueux
Mousse

♦ Équipage : Fantine et les garçons

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Sam 5 Nov 2016 - 19:11

La journée était étonnamment calme. Allongé sur le pont, la tête contre le mât, je grillais les cigarettes les unes après les autres bercé par le roulement des vagues et le rythme régulier des roues à aube sans qu'aucune chanson débile ne viennent gâcher cette harmonie. Je me laissais aller à user de mon haki pour observer les membres de l'équipage.  Kurn, à l'autre bout du pont, balançait des coups de son hachoir dans tout les sens dans ce qui ressemblait plus ou moins à un entraînement. Le crocodog semblait avoir trouvé en Toupie, le nouveau bizut de l'équipage, un spectacle rotatif particulièrement fascinant. Quant à Fantine, elle traînait dans la cale depuis beaucoup trop longtemps pour que ça n'en devienne pas inquiétant. Mais si j'avais bien appris quelque chose sur ce maudit navire, c'était à apprécier à fond chaque seconde de calme que la terreur aux cheveux bleus voulait bien m'accorder. Et ça faisait bien trois heure que j'avais pas entendu un « mousse » suivi d'un ordre absurde. La journée était décidément bien trop calme. Un calme que vint briser Parabole qui s’écriât à plusieurs reprises.

-Terre en vue !

Et avant que je n'ai le temps de lui dire de la fermer. J'entendis des bruits de pas tambourinant de plus en plus près. Le calme était semble-t-il définitivement terminé lorsque la porte menant à la cale s'ouvrit brusquement. Notre fier capitaine en surgit en hurlant tout enjouée :

-On est arrivé à la fête ?
-L'île en fête Fantine. Lança Kurn dans une vaine tentative de la calmer.
-Bah c'est pareil, on va faire la fête !
-On sait même pas s'il y a vraiment une fête, tu sais …
-Et pourquoi ça s'appellerait l'île en fête s'il n'y en a pas ?  
-C'est peut être pas tout le temps la fête.
-T'es restée trop longtemps avec le mousse, Groot, tu deviens aussi débile que lui … Si c'était pas tout le temps la fête ça s'appellerait pas comme ça et puis c'est tout.

Et ça pouvait continuer comme ça pendant au moins une heure. Je tâchais de rester le plus discret possible, la gamine avait eu le bon goût de ne pas m'inclure dans la conversation et je comptais bien ne pas y rentrer de moi même.

-Puis on a qu'à demander au Mousse son avis tiens !
Mais tu viens de dire qu'il était débile.
-J'ai jamais dis ça Groot. Alors Mousse t'en pense quoi ?

Pris en parti et peu désireux de me retrouver impliquer dans ce débat sans intérêt, j'utilisais une technique certes lâche mais incroyablement efficace lorsqu'il s'agissait d'une conversation avec Fantine. Une astuce qui tenait en une phrase et qui permettait de se sortir de n'importe quelle conversation périlleuse avec la petite peste.

-Je suis tout à fait d'accord avec vous capitaine.
-Bah tu vois Groot !
-Pff il a juste dis ça pour être tranquille le lèche-botte.
-Pas du tout, le mousse sait juste reconnaitre à quel point j'ai toujours raison.
-Je suis tout à fait d'accord avec vous capitaine.

Et ça continua comme ça un bon quart d'heure, bref une situation normale sur ce navire quoi. Lorsque je pensais que la conversation était enfin terminée, le capitaine s'exclama en tapant du pied.

-Puis vous comptez pas aller à la fête habillés comme ça j'espère ? Vous êtes habillés comme des sacs
-C'est pas un sac, c'est une tenue traditionnelle homme poisson que m'a cousu ma grand mère à partir d'alg...
-Je suis tout à fait d'accord avec vous capitaine.

Méthode efficace, mais j'en avais un peu trop facilement abusé. Malheureusement compris dans le lot des mal fagotés, j'ouvris l’œil en direction de la patronne la scrutant de haut en bas. Je venais de comprendre ce qu'elle faisait depuis tout ce temps. Parabole avait prévu l'arrivée dans la soirée et elle avait semble-t-il passé tout l'après midi à se préparer. Le capitaine est aussi coquette que casse-pied et c'est pas peu dire. Ça faisait parti de son côté amusant. Aspect qui allait vite disparaître pour le côté emmerdeur lorsqu'elle se donna pour mission de nous préparer Groot et moi pour la soirée.

-Qu'est ce qui va pas avec ma tenue d'abord ?
-Tout …
-Tout ?
-Tout ! Déjà que t'es plus tout jeune mousse, si t'arrive comme ça habillé comme un plouc, on nous laissera pas rentrer.
-Bah on rentrera de force, comme d'habitude quoi.

Elle me jeta ce regard furieux dont elle avait le secret, je fit ce que toute personne pas très courageuse aurait fait dans ma situation. Céder, mais non sans pousser un long soupir. Reddition qui fut suivit rapidement par celle de la rascasse qui avait fait déjà preuve d'assez d’insubordination pour la journée. Je fut rapidement dépouillé de mon manteau noir et de mon cache-œil pour une tenue jugée plus appropriée par le capitaine. Affublé comme le pire des surfers révolutionnaires de South Blue, ma cicatrice masquée par des lunettes de soleil de frimeur du genre qu'on porte même quand il n'y a que des nuages dans le ciel, je ne put quand même m’empêcher de pouffer à la vue de Groot. On aurait dit une parodie de ces rockeurs homme-poisson dont les jeunes raffolent, il portait tellement de cuir sur lui qu'on avait sans doute tuer une vache des mers pour fabriquer sa tenue. Il semblait assez mal à l'aise du fait de la petitesse de la veste, mais ses protestations n'atteignait pas (comme d'habitude) les oreilles du capitaine.

-Bon je vais me changer maintenant. Dégagez !
-Mais tu t'es pas déjà changé Fantine ?
-Ouais vous êtes pas déjà sur votre 31 là capitaine ?  
-T'es bête Mousse. Ça c'est juste la tenue de pré-soirée. Maintenant faut que je mette la vraie tenue.


Questionnez les choix de vêtements du patron, c'était comme questionnez quoi que ce soit sur ce navire. Une très très mauvaise idée.

Le bateau atteignit l'île en fête quelques dizaine de minutes plus tards, il en fallut encore près du double pour voir le capitaine « toute apprêtée » sortir encore plus surexcitée que d'habitude de sa cabine en hurlant.

-Groot, Mousse ! On se bouge ! C'est la fête !

Au moins elle ne chantait plus …


Dernière édition par Galowyr Dyrian le Dim 28 Mai 2017 - 22:59, édité 1 fois
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Kurn
Groot

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Mar 27 Déc 2016 - 11:31


Les humains, du moins autant que possible avec deux fruits du démon et un homme-poisson, s’étaient déjà échappés depuis plusieurs minutes quand le percepteur s’approcha du quai. Armé de son cahier dans lequel il évaluait toutes les cargaisons des navires qui accostaient sur l’île en fête, il remontait le ponton en sifflotant, ce qui était déjà assez extraordinaire pour un comptable. L’atmosphère de l’île, sûrement, souffla une roue à aubes.

« Ohé, du bateau ? C’est la capitainerie pour inspection de la cargaison et paiement de la taxe d’utilisation du port. »

Seul le silence lui répondit. Il en avait l’habitude, les gens ne voulaient généralement pas payer et faisaient les morts.

« Hého, du bateau ? Je vais monter à bord.
- Psst, on le laisse monter ?
- La patrone a dit de pas laisser monter les gens chiants.
- Quelqu’un qui fait des comptes, il est pas chiant par définition ?
- Si, je crois que ça colle.
- Bon bah on le dégage, alors. »
Alors que le percepteur posait son pied sur la planche, celle-ci se déroba soudainement et il chuta à l’eau. Il lui fallut plusieurs minutes pour remonter, dégoulinant d’eau, et ses feuilles de papier totalement imbibées. Mais il ne se laissa pas abattre. C’était son métier de percevoir, donc il percevrait.

Sa seconde tentative fut également sans succès, donc il commença à envisager qu’il s’agissait d’un piège.

Une bonne demi-heure s’écoula comme cela avant qu’il ne se décide à aller chercher des renforts.

« Hé, les gars, commença la roue babord.
- Oui, qu’est-ce qu’il y a ?
- Ben les patrons sont partis faire la fête, pas vrai ?
- Ouais.
- Et pourquoi nous on pourrait pas s’amuser ?
- Alors je tiens à rappeler, à toutes fins utiles, que nous sommes un bateau…
- Un navire, s’il te plaît. Bateau, c’est très péjoratif.
- Bref, c’est pour ça qu’on ne peut pas aller faire la fête avec eux sur terre. »

Il y eut un long silence, au point que certains observateurs, s’ils avaient été là, auraient pu se dire que l’effet du fruit venait de disparaître.

« Si on ne peut pas aller à la fête, peut-être que le fête peut venir à nous ? Proposa timidement une porte. »
Tous les objets animés à bord hochèrent doucement la tête, avant de commencer à s’affairer en silence, mais avec le bourdonnement d’une ruche.

En à peine dix minutes, avec la participation de la décoration elle-même, le fier navire se retrouva transformé en péniche-boîte de nuit du plus bel effet. Parabole se percha à la proue et, utilisant son amplificateur, commença à attirer le chaland.
« Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs ! Amateurs de festivités, de soirées, et de folie ! Mon équipe et moi-même avons le plaisir de vous convier sur notre Navire ultra-in, pour la modique somme de… »
Un brusque effet Larsen couvrit le son mais Parabole ne se démonta pas et continua à haranguer la foule. A l’entrée, la planche d’embarquement faisait videur et s’assurait que seuls les bons payeurs grimpaient à bord, tels que validés par un carnet, un coffre et un stylo qui comptabilisaient les gains.

La roue à aubes appela sa sœur par-dessus le fracas de la fête qui commençait.
« Nous sommes en direct de Navire Party, la célèbre fête célébrée sur toutes les mers et tous les océans du monde.
- Et, effectivement, il y a du beau monde ce soir. On peut dire que les organisateurs se sont dé-chi-rés pour faire une soirée au top !
- Tu peux dire ça, chère collègue. Et nous sommes là pour couvrir l’événement.
- Le très fameux duo Roaob lui-même !
- La soirée est pilotée par DJ Parabole, aux platines !
- Magic Toupie enflamme d’ors et déjà la piste de danse !
- Croco la Saumure a commencé à dealer dans un coin !
- On avait de la drogue à bord ?
- C’est la laitue sous-marine hachée menue.
- Ils vont planer ! »

La foule se pressait déjà sur le ponton, et le percepteur aidé de ses petits camarades regardait sans trop savoir comment réagir le bateau se transformer en boutique. Cela devait rentrer dans le cadre d’un autre régime d’imposition mais il faudrait qu’il consulte ses dossiers pour…

Leurs préoccupations à des années-lumières de là, les humains et homme-poisson vagabondaient dans les ruelles de l’île, à la recherche d’une fête qui valait le coup d’être vécue.
« C’est tout nul ici !
- Je suis tout à fait d'accord avec vous capitaine.
- Tu feras gaffe, Mousse, tu vas finir par te faire cramer.
- On bouge vers le centre !
- Vous sentez pas un genre de tremblement dans le sol ?
- Comment ça, Groot ?
- Comme si y’avait un truc en-dessous de nous qui voudrait remonter.
- N’importe quoi, Groot.
- Tu peux pas savoir, t’es sur mes épaules, je te signale…
- Je vois pas le rapport. »

« Là ! Ca a l’air bien ! On rentre !
- Hep, faut payer l’entrée, fait le videur.
- Groooooot ! Tu payes !
- Pourquoi moi ?
- Parce que je veux rentrer vite et que si on attend que le Mousse compte, on sera encore là demain !
- Ah ouais d’accord, j’ai rien dit et j’me prends des commentaires comme ça. Ca fait toujours plaisir, y’a pas à dire.
- T’as un problème, le Mousse ?
- Non, Capitaine, tout va bien, Capitaine.
- Humpf. »
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Galowyr Dyrian
Le Sable Rugueux
Mousse

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Dim 28 Mai 2017 - 23:38

La fête … Les effusions joie de collective m'ont toujours mis mal à l'aise, pour ne pas dire qu'elles me débectent complètement. Ces abrutis qui hurlent, sautent sur place, dansent mal et descendent godet sur godet. Ces tentatives pathétiques d'oublier leur vie misérable et à quel point ce monde est cruel et sans pitié me dégouttait, sauf la partie impliquant les godets j'imagine. Et pourtant en pénétrant dans cette petite sauterie, mon cœur fut comme empoigné. Elle était là, rayonnante comme une flamme transperçant la pénombre. Comment l'insecte que j'étais, aurait il put résister à cette hypnose. Et tandis que mon cœur cognait de plus en vite dans ma poitrine, j'oubliais cet équipage de pirate grotesque, ces toupies qui parlent, la laitue marine et cette furie capricieuse qui me servait de capitaine. Elle effaçait tout. Laissant derrière moi Groot et Fantine, je m'élançais vers elle, comme happé par la fatalité, mon cœur m'ordonnait de s'élancer vers elle comme l'ambition lance les conquérants vers la guerre. Savais-je déjà, au moment où je fis le premier pas, le destin tragique qui nous attendait tout les deux ? Cet amour impossible, entre l'amoureux de la mer et la mère amoureuse ? Ces grands yeux bleus qui me supplierait de rester avec elle face à l'appel irrésistible de l'immensité bleutée de l'océan … Tant pis, c'était un pas que je devais franch …

"COMMENT CA C'EST PAS ASSEZ ?"

Je plaisante hein, c'est le genre d'histoire que j'aurais pu raconter si ma vie avait eu le moindre intérêt. En réalité on était toujours dehors et la patronne et son nouvel ami le videur semblait avoir une conversation des plus normales. Si on la prenait bien sûr comme référentiel …

"C'est à dire que là mademoiselle, vous avez à peine de quoi vous payer un verre d'eau. Alors une entrée pour trois personnes."

Nous avions évidemment oublié de nous équiper comme tout honnête citoyen de moyens de paiement. Vous savez les mauvaises habitudes de voleurs … Enfin c'est surtout que nos billets étaient rester dans nos vêtements habituels, ceux que Fantine nous avait forcé à enlever. Mais si je voulais garder l’œil qu'il me restait et une certaine tranquillité, c'était un point qu'il valait mieux ne pas soulever.

"Aller laissez nous rentrer, on vous amènera l'argent demain. On a plus le temps de retourner au bateau, si on veut faire la fête.

Écoutez mademoiselle, c'est une maison de prestige ici. On n'accueille que la crème de la crème et on ne fait pas crédit. Si vous n'avez pas assez pour payer, il fau...

C'est parce que Groot est un homme poisson ? Au pire on le laisse dehors.

C'est pas très sympa ça Fan …" tenta d'ajouter le principal intéressé.

"Groot. Tu vois bien que je négocie là !

Ah non mais on n'a rien contre les hommes poissons ici vous savez, j'ai moi même un très bon ami … "

La capitaine devenait écarlate. Cela me faisait presque (j'insiste sur le presque), de la voir ainsi toute apprêtée selon ses critères, se voir refuser le droit d'aller faire la fête. Connaissant tout de même maintenant assez bien le personnage, il ne s'agissait bientôt plus que de quelques minutes avant qu'elle ne se débarrasse sauvagement de l'obstacle entre elle et son objectif festif . C'est là où pour notre tranquillité à tous, je me décidait à intervenir.

"La crème de la crème vous dites ? Genre des célébrités ?"  

Enlevant mes lunettes de soleil et arborant mon sourire le plus charmeur, je lançais goguenard au vigile.

"Vous me reconnaissez non ?

Votre visage me dit effectivement quelque chose. Ah mais oui je m'en souviens maintenant. Ajouta-t-il après quelques seconde de réflexion. Je vois très bien qui vous êtes même . A se demander comment j'ai pu oublier."

J'imagine que mon visage affichait un air plutôt satisfait, il allait bien nous laisser rentrer, après tout ce n'est pas tout les jours qu'il rencontrait un acteur célé …

"Vous m'aviez vomis dessus, il y a quelques années quand j'étais videur sur Luvneel. Mes chaussures, mon costume, et même la cravate que m'avais offerte ma femme tout y était passer. Vous me devez une sacrée note de pressing croyez moi."

De légèrement écarlate, la capitaine devint du plus vif des rouges. Ses cheveux se dressaient presque sur sa tête. Je l'avais rarement vu dans cette état. Elle grommela entre ses dents. Avant de se mettre à hurler.

"On est venu ici parce que ça s'appelle l'île en fête. C'est pourtant simple non …

JE !

VEUX !

FAIRE !

LA FÊTE !"

Je sentis alors comme une onde traverser l'espace, un frisson parcouru tout mon corps. Sa colère me semblait faire trembler l'île tout entière. Mon haki hurla au danger, elle allait sans doute se jeter sur le vigile.

"Attendez capitaine, doit sans doute y avoir une fête bien plus sympa un peu plus loin. C'est pas si bien que ça ici vous savez.

Ferme là le mousse, je vais me le faire l'ordure."

La gamine s'élança, le videur émit un cri effrayé. Mais ce n'était pas Fantine qui en était à l'origine. Non c'était une main qui venait de surgir du sol, juste entre les deux protagoniste. La fête commençait. Enfin la nôtre.
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Kurn
Groot

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Dim 4 Juin 2017 - 17:40


Tout le monde s’arrêta pour regarder cette main qui grattait la terre, au sol. Les ongles jaunis par le temps étaient brisés aléatoirement, probablement à force de creuser. Dans un soubresaut, elle attrapa tout d’un coup la cheville du videur, et serra. Il essaya de dégager sa jambe en tirant dessus, sans succès. En deuxième recours, il donna des coups de pieds sur le poignet, sans le moindre effet. Fantine et les Garçons observaient tout cela avec une fascination morbide.

Une deuxième main jaillit du sol, suivie d’un coude, d’une tête, d’une épaule. Le crâne était à moitié décomposé. Quelques cheveux s’y accrochaient encore, pleins de terre. Le vigile attrapa sa batte de baseball, et la fracassa sur la tête du mort. Au troisième coup, tous les spectateurs présents notèrent que la peau et l’os s’étaient écartés pour laisser voir la cervelle en-dessous.

Mais la créature ne s’arrêta pas pour autant. Elle finit d’émerger de la terre, et se hissa sur le pauvre gorille, qui commença sincèrement à paniquer. Il se débattit, tapa sur tout ce qui passait à sa portée, avant que les bras du cadavre ne l’immobilisent. La gueule de la bestiole s’ouvrit sur une bouche remplie de chicots noirs, jaunes au mieux.

Elle mordit sauvagement à la base du cou, et d’un coup de tête, arracha un énorme morceau de chair. Le sang se mit à couler tandis qu’elle avalait goulûment sa bouchée. Le vigile laissa échapper un hurlement alors qu’il se faisait mordre à nouveau, directement au cou cette fois. Fantine et les Garçons observaient la scène, yeux écarquillés, bouche légèrement entrouverte, incapables de détourner le regard.

Il ne leur vint pas à l’idée un seul instant d’intervenir. Après tout, il leur avait refusé l’entrée, puis avait essayé de racketter leur Mousse. Dans un ultime gargouillis, il tomba au sol avec le cadavre toujours perché sur lui, qui se mit à le dévorer vivant, puis mort.

« Bien fait pour lui, commenta Fantine avec détachement.
- C’est rude, quand même. Tout ça pour un costard, finalement, il aurait mieux de nous laisser entrer.
- D’ailleurs… »

Sur ces entrefaites, ils contournèrent les formes et pénétrèrent dans la boîte. A l’intérieur, tout était comme ils le voulaient : la sono était poussée à fond, les gens présents dansaient avec abandon, discutaient à côté du bar, ou consommaient des produits originaux aux quelques tables présentes sur les bords de la salle. Quand les premières notes de L’An 1999 retentirent, la foule entra en trace. Le DJ semblait comme flotter dans son monde alors que ses mains s’agitaient sur les platines.

« Voià, c’est ça qu’on veut ! S’exclama la jeune capitaine.
- Euh…
- Je préfère la musique sous-marine.
- Tu préfères toujours les trucs sous-marins, non ?
- Est-ce vraiment surprenant ?
- Certes non, acheva le Mousse en allumant une cigarette. »

Les pirates commençèrent par se diriger vers le bar pour commander des boissons avant de rejoindre la fête et semer le chaos. Hélas, ils n’eurent même pas le temps d’atteindre le comptoir qu’un cri suraigu difficilement différenciable du chant de l’artiste s’éleva. Il fut rapidement rejoint par d’autres. Pas dérangés pour un sou, le trio héla un barman qui leur servit promptement une bière, un alcool d’algues macérées et un cocktail virgin rose rigolo avec une paille.

Un couple passa à côté d’eux en courant, les premiers de la débandade. Un homme trébucha et fut piétiné sans aucun scrupule par ceux qui le suivaient. N’y prêtant pas la moindre attention, ils regardèrent s’ils pouvaient aller s’asseoir quelque part pour siroter leurs boissons, en attendant d’aller s’ambiancer sur la piste de danse pour la capitaine, en attendant d’aller chercher d’autres verres pour les autres.

« C’est bizarre, non ?
- Pfft, t’y connais rien, c’est une boîte.
- Non, j’ai connu mon lot de lieux de débauche et j’peux vous dire que…
- Tais-toi le Mousse, c’était juste comme ça à ton époque !
- Arrêtez de dire que j’suis vi… »

Puis ils les virent. Malgré les projecteurs qui clignotaient. Malgré ce qui restait de la foule en train de s’enfuir. Les gueules ouvertes, les mains tendues devant eux qui essayaient de saisir tout ce qui passait à leur portée, et un regard fixe digne des plus grands consommateurs de drogues, et surtout des blessures a priori mortelles pour n’importe quel être normalement constitué.

Les morts étaient en marche. Celui qui était en tête leur rappela immédiatement quelqu’un qu’ils avaient vus il y a peu : le vigile était immédiatement revenu de l’au-delà et, dès qu’il les aperçus, il infléchit sa course dans leur direction.
« Oh, merde, je vais te le payer, ton costume, si c’est que ça.
- Avec quel argent ?
- Ah. Oui. Capitaine, je peux avoir une avance sur salaire ?
- Quel salaire ?
- Evidemment, suis-je bête…
- On te permet déjà d’apprendre la piraterie avec la meilleure capitaine de Grand Line, à savoir moi. Tu pourrais être reconnaissant, Mousse. »

Une fêtarde en train de se faire dévorer écarta un zombi d’une baffe avant de se relever et regarder autour d’elle. Les autres morts-vivants s’écartèrent légèrement, puis elle pointa du doigt vers Fantine et les Garçons.

« On devrait peut-être y aller…
- Sans déconner.
- Au moins on n’a pas payé. »

Ils jetèrent leurs boissons sur les cadavres sans les ralentir une seule seconde, y compris la bière du Mousse qui fut subtilement subtilisée par Fantine, avant de prendre la poudre d’escampette vers l’extérieur.
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